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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Rue saint-Eleuthère. Montmartre.
Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

Qui connaît saint Eleuthère?

Qui donnerait aujourd'hui ce prénom à son garçon?

Par chance une des rues montmartroises en conserve le souvenir et garantit à ce prénom une survie temporaire.

Rue du Cardinal Dubois. Au niveau des vélos, début de la rue Saint-Eleuthère.

Rue du Cardinal Dubois. Au niveau des vélos, début de la rue Saint-Eleuthère.

     Une rue qui commence dans le prolongement de la rue du Cardinal Dubois, entre les raides escaliers de la rue Foyatier .....

...et se termine rue du Mont-Cenis (place Jean Marais) en plein cœur du vieux village.

Fin de la rue Saint-Eleuthère, jadis rue du Pressoir.

     La partie la plus ancienne, longue de 70 mètres est celle qui prolongeait jadis une voie qui conduisait à l'église Saint-Pierre. Cette voie s'appelait rue du pressoir et fut rattachée à la capitale en 1863.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     La partie le plus récente (80 mètres) à partir de la rue Foyatier, ouverte en 1867 s'appela d'abord rue Saint-Paul avant d'être deux années plus tard réunie à la rue du pressoir pour former la rue saint Eleuthère.

Eleuthère! Eleuthère! Vous avez dit Eleuthère!

                                         Statue de St-Eleuthère (XIVème siècle)

      Pas si bizarre en réalité ce nom bizarre!  L'église catholique qui possède un catalogue hors concours de saints du monde entier, propose un choix non négligeable d'Eleuthères, des évêques et des martyrs des premiers siècles... et mystère... le nôtre ne figure pas sur la liste. 

Saint-Denis square Suzanne Buisson

Saint-Denis square Suzanne Buisson

    Pourtant il a tenu jusqu'au bout, sans faillir, son rôle de martyr comme le narre la légende qui pour nous Montmartrois n'en est pas une. Prêtre et compagnon de Denis, le premier évêque de Paris, il fut décapité avec lui sur la Butte sous la persécution de Dèce ou Valérien au 3ème siècle. 

Rue Saint-Rustique

Rue Saint-Rustique

    Il partagea ce triste sort avec Rustique, un diacre dont la rue pittoresque est proche de la sienne. Tous deux après avoir perdu la tête comme Denis l'accompagnèrent sur quelques kilomètres jusqu'à l'endroit où l'évêque s'arrêta et où sera édifiée la basilique-nécropole des rois de France.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Ce curieux panneau de bois sculpté qui fut longtemps exposé au musée de Montmartre avant d'être hélas récupéré par le musée Carnavalet représente librement la Butte et la décapitation des trois martyrs tandis qu'un moulin vire au vent...

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

On retrouve sur le tympan nord de la basilique les trois saints en voie de décapitation.

Et dans l'église, le reliquaire de saint Eleuthère ....

    Le premier numéro de la rue, le 2, est à lui seul une histoire! Il s'agit à l'origine d'un pavillon de l'exposition universelle de 1900 remonté à flanc de Butte pour servir de halte aux pèlerins que l'on attendait par milliers : Au Repos de Béthanie.

 

2020

2020

2015

2015

     En cette période de confinement l'établissement qui vend des souvenirs kitsch et des sandwiches élastiques est fermé. Elle est loin l'animation du début du siècle!

Restaurant de 2ème classe.

Restaurant de 2ème classe.

    Tout le bâtiment était occupé par le Repos de Béthanie, avec salles de restaurant, de détente... qui n'oubliaient pas de séparer riches et pauvres en réservant tel ou tel espace à la première classe ou à la deuxième! 

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Le succès ne fut pas au rendez-vous et le Repos prit sa retraite, remplacé par le Montmartre Belle Vue... 

Un café occupait alors la rotonde et proposait aux noctambules de prolonger la soirée au "grenier de la Butte", installé dans une sorte de hangar, un peu plus loin, à la pointe actuelle du square Nadar.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

    En 1929, le bâtiment est remanié, enlaidi et si le café subsiste encore, c'est un atelier qui occupe l'essentiel de l'espace qui donne sur la rue Foyatier. Pas n'importe quel atelier!

Lacourière et Lapoujade

Lacourière et Lapoujade

     C'est Roger Lacourière (1892-1966) qui le crée et qui en fait un centre rayonnant de l'art de la gravure. Grâce à lui de nombreux artistes s'y initient et l'utilisent dans leurs créations : Braque, Chagall, Miro, Dali, Matisse....

   

 Sans oublier Picasso fidèle à ce Montmartre où il a débarqué et où il a vécu. Lacourière le guide dans l'utilisation du burin et lui fait découvrir l'aquatinte au sucre!

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Le collaborateur de Lacourière, Jacques Frélaut est associé à la direction de l'entreprise qui en 1957 prend le  nom d'"Atelier Lacourière-Frélaut". A la mort de Lacourière, Frélaut poursuit avec fidélité et passion la collaboration avec de grands artistes. son neveu prendra sa suite et il faudra attendre 2008 pour que les portes soient définitivement fermées...

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     .... fermées puis rouvertes sur  l'univers moins artiste mais plein "d'esprit" des amateurs de whisky. Le "Corcoran" est particulièrement bruyant les jours des matches de rugby France-Irlande... où la bière prend le relais du whisky. 

La rue Chappe

La rue Chappe

   Passé ce numéro 2, plus de numérotation sur 80 mètres... Nous passons devant l'escalier de la rue Chappe...

Les arènes

Les arènes

    Puis, donnant en partie sur cette rue, devant les arènes de Montmartre... qui heureusement n'ont jamais accueilli de corrida! 

Il y avait là une pommeraie dont subsistent dans le jardin quelques rescapés à côté de prunus, d'oliviers et de quelques pieds de vigne.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Il avait été nécessaire, sous risque de glissement de terrain, de consolider le sol en forte pente qui subissait le poids considérable du réservoir. Les P'tits Poulbots intervinrent pour qu'à cette occasion soit créé un théâtre de plein air, idéal pour les répétitions. Ce qui fut fait en 1941.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Le lieu est aujourd'hui accueillant aux jeunes troupes, aux artistes circassiens, aux chanteurs. Plusieurs festivals montmartrois l'ont choisi pour cadre et c'est un plaisir, pendant les douces soirées d'été d'assister, face à Paris, avec pour mur de scène les immeubles de la rue Gabrielle, à un spectacle dont l'atmosphère magique est telle que l'on ne l'oublie pas!

Paris nous appartient (Rivette)

Paris nous appartient (Rivette)

     Plusieurs scènes de "Paris nous appartient" de Rivette y ont été tournées (film rare où on peut voir Brialy, Giani Esposito, Betty Schneider et le dieu Godard himself!

 

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Côté sud toujours, la vue sur Paris se dégage peu à peu et après jardins et vieilles maisons, la star apparaît au loin, photographiée en temps normal par des milliers de touristes....

 

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.
Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

    Du côté nord de cette première partie de la rue s'ouvre le square Nadar. Inutile de présenter ce pionnier de la photographie, auteur de clichés célèbres, véritable galerie de tout ce que le monde artistique du XIXème siècle comptait de créateurs. 

                                                Nadar. (Victor Hugo en 1870)

     Le square a une double particularité sympathique : il est accueillant à la gent canine, ce qui en fait un rendez-vous des promeneurs accompagnés de leur toutou et une aire de jeux rêvée pour tout un monde qui va du minuscule chi hua hua à l'impressionnant danois!

 

    Sa deuxième particularité est d'avoir vu s'installer en 2007, avec l'aide d'une association de défense des animaux, un pigeonnier 5 étoiles.

 

     Le square est orné d'une statue du Chevalier de La Barre, jeune homme qui fut torturé, brûlé, décapité pour avoir en 1766 refusé de saluer le Saint-Sacrement lors d'une procession.

 

     Les combattants de la laïcité qui voyaient d'un mauvais œil l'érection du Sacré-Coeur à l'endroit où commença la Commune, obtinrent que la rue qui menait à la basilique et la contournait portât le nom du jeune martyr, en même temps qu'une statue fût érigée face au monument qu'ils vouaient aux gémonies.

 

     En 1905 la statue fut installée, faisant grincer les dents des pèlerins et du clergé. Elle représentait un jeune homme attaché à un poteau au pied duquel un bûcher était préparé prêt à détruire le blasphémateur et le Dictionnaire philosophique honni, posé en évidence sur le côté.

   

 En 1926 après de nombreuses interventions de l'église, la statue fut déplacée et installée dans le square. Là ne s'arrêta pas son calvaire! En effet, le gouvernement Pétain la déboulonna en 1941 et la fit fondre, comme si le supplice initial n'avait pas suffi!

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Il faut attendre 2001 pour qu'une nouvelle statue réapparaisse sur le socle d'origine qui n'avait pas bougé. Des Associations laïques étaient à l'origine de cette résurrection qui provoqua quelques débats, certains voulaient une reproduction à l'identique, d'autres optaient pour une représentation plus impertinente.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     C'est le Chevalier que nous voyons aujourd'hui, adolescent, campé sur ses deux jambes, les mains dans les poches, le chapeau bien vissé sur une tête qui refusait de se courber. Elle est l'œuvre d'Emmanuel Ball et en ces temps incertains où bien des hommes et femmes politiques nous vendent une laïcité de compromis, une liberté de caricaturer MAIS... elle rappelle que la liberté de pensée, la liberté de critiquer, la liberté de se moquer n'est pas un acquis définitif et que des Chevalier de La Barre paient de leur vie aujourd'hui encore le seul fait de la défendre.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Dans le tournant qui grimpe vers le centre du vieux village commence la 2ème partie (70 mètres) de notre rue Saint-Eleuthère.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Sur la droite, longeant la rue Azaïs et dominant le paysage urbain comme une forteresse apparaît le Réservoir construit de 1887 à 1889 dans un style néo byzantin qui s'accorde avec la basilique. Le bâtiment massif ne manque pas d'allure et semble couronner Montmartre d'une citadelle imprenable.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Il est l'œuvre de l'architecte Arthur Stanislas Diet à qui l'on doit le 36 quai des orfèvres ainsi que la reconstruction de l'Hôtel Dieu

                                                            Hôtel Dieu (Diet)

Il est construit avec la fameuse pierre de Souppes (comme le Sacré cœur) qui s'auto nettoie avec la pluie.

Le réservoir est en lien avec l'usine élévatrice de la place Saint-Pierre qui fait monter les eaux de la Seine et de la Dhuys jusqu'au réservoir qui reçoit 11 000m3.

 

     Des compartiments distincts reçoivent l'eau de rivière utilisée pour le lavage des rues et l'eau de source réservée aux heureux habitants de Montmartre!

Construction du réservoir (1887)

Construction du réservoir (1887)

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

       Le réservoir a pris la place du vieux pressoir de l'abbaye. La rue Azaïs actuelle s'appelait justement rue du pressoir et elle continuait jusqu'à la rue du Mont-Cenis, sur la portion haute de la rue Saint-Eleuthère actuelle.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     On voit sur la droite de la rue Saint-Eleuthère, jadis rue du pressoir,   l'impressionnant réservoir et la maison du gardien.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     La rue longe ensuite la salle paroissiale de l'église Saint-Pierre (ancienne chapelle divisée en deux horizontalement pour créer des espaces de rencontre). Avant d'arriver devant l'église Saint-Pierre, elle change de nom au profit de la rue du Mont-Cenis et de la placette baptisée "Jean Marais" en 2008.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

    De l'autre côté de la rue, les maisons font partie d'un même ensemble qui date du XVIIIème siècle. L'entrée principale se faisant par la place du Tertre, il n'y a qu'un seul numéro rue Saint-Eleuthère, le 1.... ce qui est surprenant car il est du même côté que le 2, l'ancien Repos de Béthanie. Ne cherchons pas à comprendre! Les deux font la paire et sont les seuls numéros de cette rue!

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

    C'est à cet endroit qui avait été l'ancien presbytère que fut installée la première mairie de Montmartre dont l'entrée se faisait place du Tertre. On comprend le désarroi (!) du Montmartrois qui découvre la plaque de cette 1ère mairie en trois endroits différents : rue Saint-Eleuthère, rue Norvins et Place du Tertre!

Rue Saint-Eleuthère... La pelle Stark et la mention de la mairie à cet endroit...

La rue Norvins et la plaque mentionnant la mairie à cet endroit!

La place du Tertre et la plaque rzevendiquant la mairie!!!

 

Quel imbroglio!

C'est qu'il s'agit  en réalité du même ensemble de maisons, propriété de Desportes et que nous ne sommes pas tout à fait sûrs de la situation exacte des locaux communaux, Desportes ayant consacré une partie de son vaste logement à la mairie dont l'adresse incertaine se trouve ainsi trinitaire!

                                        

                                Mairie 3 place du Tertre.

Mairie 3 place du Tertre.

     En 1789, l'Assemblée Nationale avait publié un décret obligeant toute ville à créer une municipalité. Montmartre venait d'être amputé par le mur des Fermiers Généraux de toute sa partie basse devenue parisienne. La Commune de Montmartre fut créée en 1790  avec ce qui subsistait de l'ancien village au nord de l'enceinte.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

    Félix Desportes fut nommé maire et il le resta pendant deux ans. Il était patriote et proposa, comme nous l'avons vu, que soit installée la mairie dans une partie de sa maison (entrée 3 place du Tertre). Il était populaire, très apprécié des 400 habitants que comptait alors Montmartre.

 

     Il appela une de ses filles Pierrette de Montmartre, tant il était attaché à sa commune et à sa maison proche de l'église Saint-Pierre. Trop proche peut-être car il fut accusé sous la Terreur d'avoir entretenu de bonnes relations, donc suspectes, avec l'abbesse Mme de Montmorency Laval (guillotinée en 1794).

 

     Desportes sut se tirer d'affaires et après s'être fait oublier pendant l'année terrible, il commença une longue carrière sous des régimes différents. Sa fille Pierrette de Montmartre devint baronne après avoir épousé Anne-François de Boucheporn dont le père avait été guillotiné lui aussi en 1794. Il faut croire que le martyr de Saint Denis inspirait beaucoup le Tribunal révolutionnaire!

                             Tombe de Desportes dans le vieux cimetière du calvaire, contre l'église Saint-Pierre, dans ce Montmartre qu'il aimait.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

    Et voilà! nous avons parcouru les 150 mètres d'une rue montmartroise en plein ciel, un balcon sur Paris qui s'étend à ses pieds! 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.
Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

     Voilà une petite rue qui, bien que n'ayant pas à raconter d'histoires extraordinaires, est typiquement montmartroise 

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

    Elle a été ouverte sur des terrains occupés par de pauvres constructions de bric et de broc aux confins du maquis, en 1897, année où triomphe la pièce qui va devenir la préférée des Français "Cyrano de Bergerac" d'Edmond Rostand.

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

     Mais le nom qui lui est donné rend hommage, non pas au héros romantique de la pièce mais à l'écrivain Savinien Cyrano de Bergerac (1619-1655), libertin qui n'a rien de gascon étant tout ce qu'il y a de parisien. Rostand s'inspira avec beaucoup de liberté de ce que l'on savait de lui ! Parmi ses œuvres les plus novatrices, on cite bien sûr son roman de science-fiction dont le langage audacieux et poétique séduit aujourd'hui encore : "Les Etats et empires de la lune et du soleil".

 

     Notre courte rue va sur une centaine de mètres de la rue Francœur à la rue Marcadet avec au premier tiers un escalier qui lui confère son côté montmartrois.

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

    A l'angle avec la rue Francœur, un restaurant italien "In bocca al lupo" et un autre restaurant réputé pour ses brunches "Les Inséparables".

"In bocca del lupo" est une formule superstitieuse pour les Italiens et son équivalent français serait notre mot de Cambronne, ce qui pour un restaurant est assez culotté!

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

  Le 1 et le 3 vont jusqu'à la rue Jouy. Immeubles construits comme toute la rue pour une petite ou moyenne bourgeoisie qui ne peut s'offrir les appartements post-haussmanniens de la rue Caulaincourt voisine. Aucun immeuble de la rue ne porte, gravé sur sa façade le nom de son architecte. La plupart sont dans le même style, vaguement renaissance avec leur appareillage de briques et pierres.

                                                    Palais de l'Industrie (Atget)

Un article du Figaro de 1901 nous apprend qu'une partie des immeubles des rues Cyrano, Jouy, Francoeur et Caulaincourt ont utilisé les pierres de l'immense Palais de l'Industrie de l'exposition universelle.

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

     Le pan coupé du 3 nous réserve une petite surprise.

Un ancien commerce en rez de chaussée a été transformé en appartement, avec sur le trottoir un jardinet et un gardien à poils qu'il ne faut pas toucher comme l'exige un avis écrit sur une feuille!

Le 2

Le 2

Le 2 a conservé la ferronnerie qui portait une enseigne disparue. modeste vestige d'un commerce disparu.

Le 4

Le 4

Le 4 est un bâtiment qui fait partie de la FEMIS. C'est tout un pan de la culture française qui s'élève en cet endroit et on ne peut qu'être ému en pensant aux chefs d'œuvre qui furent tournés dans les studios Pathé qui occupaient un hôtel particulier et des bâtiments industriels, la plupart rue Francœur.

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

Parmi plus de cent films parmi lesquels "le déjeuner sur l'herbe" de Renoir, "Pépé le Moko" de Duvivier, "les Dames du bois de Boulogne" de Bresson, je ne peux m'empêcher de privilégier Carné et ce chef d'œuvre absolu que sont "les Enfants du paradis". C'est donc là que Garance-Arletty avec son accent parigot répondit en se moquant de Frédérick Lemaître qui la draguait et craignait que Paris soit trop grand pour la retrouver si elle ne donnait pas son adresse : " Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment comme nous d'un aussi grand amour"! 

L'escalier vers Marcadet

L'escalier vers Marcadet

     Nous tombons ensuite sans nous faire de mal sur l'escalier d'où l'on a une vue complète sur le reste de la rue jusqu'à la rue Marcadet. On peut voir que le lotissement s'est fait rapidement, ce qui confère à la rue son unité (et sa monotonie).

L'escalier vers Francoeur

L'escalier vers Francoeur

Ici et là tout au long de la rue des cartons incitent les passants à utiliser poubelles et cendriers afin de ne pas réciter le poème de Prévert et sa contrepèterie : "Je vous salis ma rue". 

 

    C'est une initiative sympathique et citoyenne qui parfois ne rencontre pas l'adhésion de tous, apparemment...

 

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

 Contre l'escalier, un panneau peint en mai 2020 rappelle le premier confinement 

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

     Il porte les dates de début et de fin de l'épreuve infligée par le virus perfide. Le blason a pour armes une guitare et une palette tandis que le chien noir du jour et le loup blanc de la nuit veillent sur le "village" Cyrano de Bergerac. Sur le fond, on chante au balcon, on applaudit les soignants "vous n'êtes pas seuls, on vous aime"

Couleurs vives, goût de vivre... un beau partage qui donne envie de boire une flûte de champagne avec les villageois!

L'oeuvre est signée Rupert Shrive, artiste britannique qui vit entre Londres et Paris.

Les immeubles n'ont pas la même imagination!

Côté pair :

Les 6 et 8

Les 6 et 8

Le 10

Le 10

Le 12

Le 12

Le 12 en pierres de taille est un peu plus cossu, comme le sont souvent les immeubles à pan coupé. 

Côté impair :

Le 7

Le 7

Le 9

Le 9

Le 11

Le 11

Les 11 et 12 en partie rue Marcadet marquent avec leur pan coupé la fin de la rue Cyrano de Bergerac.

 

Une rue à flanc de Butte, assez loin du cœur de Montmartre pour n'avoir pas à subir les invasions touristiques, mais assez près pour en respirer l'atmosphère chère à Arletty!

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Cimetière., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
La houppa. Cimetière de Montmartre. Marcelle Capronnier.

     Qui se souvient encore de la Houppa? Peut-être quelques octogénaires qui l'acclamaient pendant les "Six jours" dont elle fut la reine? Mais qui se souvient des Six jours? Le temps fait passer les couleurs, ronge la mémoire et puis éteint la lumière.

La houppa. Cimetière de Montmartre. Marcelle Capronnier.

     C'est par hasard que je suis tombé sur sa tombe au cimetière de Montmartre,  27ème division. J'étais venu saluer Berlioz installé dans son monument de marbre noir quand mon regard fut attiré par une croix du même marbre. Un nom se dédorait, gravé dans la pierre :

 

La houppa. Cimetière de Montmartre. Marcelle Capronnier.

    Hé bien cette Marcelle  Capronnier (1900-1987) qui choisit de s'appeler "la Houppa" à cause de sa chevelure blonde qui lui faisait une houppe de lumière, fut une des artistes les plus populaires de son temps, dans les années 1930...et après guerre.

 

   Non pas pour sa carrière d'actrice qui fut modeste et la vit participer à quelques films comme "Les Misérables" de Raymond Bernard en 1934 ou aux "Casse-pieds" de Dréville en 1948  (où elle est une prostituée qui chante) mais pour son activité à la radio et pour ses talents de chanteuse fantaisiste.

 

    Elle débuta au music-hall, au Petit Casino boulevard Montmartre et à L'Empire avec des chansons aussi peu intellectuelles que possible, simples et joyeuses, parfois un peu lourdingues dans le sous-entendu comme on les aimait alors.

 

     Un de ses titres de gloire fut sa participation aux Six jours de Paris qui étaient une véritable fête populaire, course créée par Bob Desmarets directeur du Vel d'Hiv.

La houppa. Cimetière de Montmartre. Marcelle Capronnier.

   C'est en 1936 qu'elle obtient sa consécration, les coureurs reprenant en chœur avec elle ses chansons! Evidemment le lieu ignorait quel triste symbole il allait devenir six ans plus tard et qui resterait cousu à son souvenir comme une triste étoile.

La houppa. Cimetière de Montmartre. Marcelle Capronnier.

     Pendant l'occupation, La Houppa se réfugie dans le sud où elle participe à l'animation de Radio Nïmes.

 

La houppa. Cimetière de Montmartre. Marcelle Capronnier.

     Après la guerre elle retrouve son appartement modeste du 55 faubourg Saint-Denis où elle est venue vivre dès 1928 et où elle mourra.

 

    Les cyclistes l'apprécient et il n'est pas étonnant qu'ils lui demandent de devenir Présidente d'honneur des "Roule-Toujours" (surnom donné aux porteurs de journaux) qui organisent une grande course annuelle qui les conduit jusqu'à la place du Tertre après l'ascension héroïque de la rue Lepic.

 

Avec Malcuit vainqueur en 1958

Avec Malcuit vainqueur en 1958

     Les femmes participent aussi à la compétition dans leur catégorie. La plus grande championne fut Andrée Régnier qui remporta la coupe onze années consécutives ( de 1948 à 1958)!

 

La Houppa et Andrée Regnier!

La Houppa et Andrée Regnier!

   Avec le temps, va tout s'en va et peu à peu la Houppa cessa d'être la chanteuse populaire et flamboyante qu'elle avait été. Dans son quartier elle organisa une commune libre, clin d'œil à celle de Montmartre et comme Michou plus tard, elle n'eut de cesse de venir en aide aux déshérités, notamment aux personnes âgées sans ressources.

 

    Elle meurt en 1987, âgée de 87 ans. Une plaque a été apposée sur son immeuble :

"Ici a habité Marcelle Capronnier dite "La Houppa", artiste de music-hall, femme d'action engagée, pionnière de la radiodiffusion"

La houppa. Cimetière de Montmartre. Marcelle Capronnier.

   Des mots d'hommage qui éveillent de moins en moins d'écho dans les mémoires et qui ne disent rien de cette femme sensuelle et généreuse, gouailleuse et optimiste, une des incarnations populaires de la parisienne! 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux
Mosaïques du chœur. Olivier Merson. Sacré-cœur de Montmartre.

     C'est ce qu'il y a de plus spectaculaire dans la décoration de la basilique, c'est aussi par sa composition, ses couleurs, sa précision une grande réussite. L'immense mosaïque du chœur attire le regard dès que l'on a franchi la porte de bronze.

Mosaïques du chœur. Olivier Merson. Sacré-cœur de Montmartre.

     Le bleu et l'or dominent et créent une voute poétique où l'on s'attend à voir filer les étoiles.

Basilique Saint-Marc.

Basilique Saint-Marc.

     Il y eut d'âpres discussions pour savoir quel type de décor serait choisi. La fresque ou la mosaïque. La seconde fut choisie pour répondre à la cohérence du monument romano-byzantin voulu par Abadie.

Ravenne

Ravenne

     Le projet initial était plus modeste. Abadie aurait souhaité un Christ surmonté d'anges et à ses pieds une procession de pauvres et de riches représentant l'humanité conduite vers la vie éternelle. Sorte d'inversion de la danse macabre où riches, hommes d'église, paysans sont entraînés vers la mort. 

   

Dès 1911 le programme se fait plus ambitieux lorsqu'il est décidé de faire appel à un des peintres les plus en cour auprès des responsables religieux : Luc Olivier Merson (1846-1920) qui est présenté en cette première moitié du XXème siècle comme "le grand artiste chrétien"!

Mosaïques du chœur. Olivier Merson. Sacré-cœur de Montmartre.

La source (Luc Olivier Merson) étude pour les fresques de l'Opéra Comique.

    Il a pourtant commencé sa carrière comme peintre proche du symbolisme. Et peu à peu il s'est spécialisé dans les sujets historiques et religieux. Mais il est aussi auteur de fresques dans le goût fin de siècle, à l'Opéra comique de Paris :

                            Plafond de l'escalier d'honneur. (Merson)

 

Parmi ses réalisations marquantes, citons, proche de son travail pour le Sacré-Cœur, la chapelle byzantine de l'Institut Pasteur destinée à recevoir le tombeau de Pasteur et de sa femme.

Mosaïques du chœur. Olivier Merson. Sacré-cœur de Montmartre.

  Il reçoit pour adjoints les Magne père et fils (Lucien architecte de la basilique et Henri-Marcel peintre (1877-1944). Ce dernier est chargé de la maquette et des cartons grandeur nature réalisés à partir des peintures de Merson. Les ateliers du mosaïste René Martin reçoivent les premiers cartons en 1918.

Mosaïques du chœur. Olivier Merson. Sacré-cœur de Montmartre.

Une des premières études de Merson pour le Christ de la mosaïque.

    En 1920 Merson meurt et il est remplacé par son élève Marcel Imbs (1882-1935). On verra que l'élève est fortement influencé par son maître quand il conçoit une mosaïque pour l'arc triomphal de l'église Saint-Jean Baptiste de la Salle!

     Les travaux de préparation de la voûte prennent beaucoup de temps car elle doit supporter le poids des tesselles en pâte de verre, plus de 68 tonnes!

   Merson qui avait réalisé les dessins de la partie centrale (Christ, Esprit, Dieu) n'a fait qu'ébaucher les parties latérales. Le relais est donc pris par Magne et Imbs. La mosaïque sera terminée en 1923.

Mosaïques du chœur. Olivier Merson. Sacré-cœur de Montmartre.

     Elle couvre une superficie de 474 m2 d'un seul tenant. La seule tête du Christ fait deux mètres de haut!

 

     Le Christ est debout, les bras ouverts, dévoilant son cœur .... Il apparaît dans la mandorle qui rayonne derrière lui et qui a pour épicentre le cœur couronné d'épines. Les bras ouverts évoquent la croix.

Mosaïques du chœur. Olivier Merson. Sacré-cœur de Montmartre.
Mosaïques du chœur. Olivier Merson. Sacré-cœur de Montmartre.

     Au-dessus du Christ l'Esprit rayonne lui aussi, les ailes ouvertes. Il fait le lien avec la dernière mandorle dont on ne voit qu'une partie et dans laquelle apparaît Dieu, couronné d'or et de gloire.

Mosaïques du chœur. Olivier Merson. Sacré-cœur de Montmartre.

Autour du Christ, sa mère est debout à  sa droite tandis qu'à gauche c'est Saint Michel.

    Tous deux sont de même échelle, ils sont les plus grands personnages après le Christ, tandis que plus petits, on voit devant la Vierge le pape Léon XIII et devant Saint-Michel, Jeanne d'Arc et la France portant la couronne.

                                           Léon XIII, Jeanne d'Arc, la France....

Les autres parties de la mosaïque ne sont plus l'oeuvre de Merson bien que s'inspirant pour certaines d'esquisses qu'il avait eu le temps de dessiner. Dans la partie basse, le monde terrestre, dans la partie haute le divin...

A la droite du Christ est représenté le cortège des saints et des bienheureux de l'Eglise universelle :

Mosaïques du chœur. Olivier Merson. Sacré-cœur de Montmartre.

Les auréoles portent le nom des élus : Pierre, Jean, Paul, Ignace d'Antioche, Agnès, Augustin, Dominique, François d'Assise, Ignace de Loyola, Gertrude, Catherine de Sienne, Rose de Lima, Thérèse d'Avila

Mosaïques du chœur. Olivier Merson. Sacré-cœur de Montmartre.

A la gauche du Christ ce sont les saints de l'église de France qui cheminent dans le ciel :

Lazare de Marseille, Marie-Madeleine, Marthe, Denis dont l'auréole reste accrochée sur la tête coupée), Martin, Geneviève, Bernard, Louis, François de Sales, Vincent-de-Paul, Marguerite-Marie, Jean-Eudes, Madeleine-Sophie Barrat. Ces trois derniers liés au culte du Sacré-cœur.

Madeleine, Marthe, Denis, Martin, Geneviève, Bernard, Louis...

Madeleine, Marthe, Denis, Martin, Geneviève, Bernard, Louis...

    Dans la partie inférieure, entre des arcades qui font penser à des décors de Ravenne, on peut voir, sous le cortège des saints de l'église universelle trois scènes qui rappellent ,avec des personnages plus petits, l'institution du culte du Sacré-      cœur :

Mosaïques du chœur. Olivier Merson. Sacré-cœur de Montmartre.

     C'est sans doute la partie la plus faible de la mosaïque, réaliste, peu inspirée: Clément VII institue la fête du Sacré-Coeur. Pie IX étend cette fête à toute l'église. Léon XIII consacre le genre humain au Sacré-Coeur.

Mosaïques du chœur. Olivier Merson. Sacré-cœur de Montmartre.

    Sous le cortège des saints de France, les scènes historiques représentent (de droite à gauche) la grande peste de Marseille qui en 1720 poussa les autorités politiques et religieuses à prononcer le voeu qui plaçait la ville sous la protection deu Sacré - cœur.

 

Mosaïques du chœur. Olivier Merson. Sacré-cœur de Montmartre.

    Louis XVI et la famille royale au Temple. Le roi confie son sort et celui du pays au Sacré-cœur.

 

    Le voeu national par lequel les autorités religieuses, morales, politiques veulent consacrer la France au Sacré-coeur...

 

     Un souci de réalisme habite la composition assez plate : les généraux Soris et de Charrette tiennent la bannière, devant eux se tiennent les initiateurs de la basilique, Legentil et Rohault de Fleury, enfin on reconnaît les trois cardinaux qui ont présidé à la construction : Guibert, Richard et Amette.

Mosaïques du chœur. Olivier Merson. Sacré-cœur de Montmartre.

     Malgré l'évidente influence des mosaiques byzantines, il est vain de comparer cette oeuvre à celles qui ne cessent de nous émerveiller et de nous émouvoir à Ravenne comme à Venise. Cependant il est juste de reconnaître la réussite de cette immense mosaïque qui projette en avant le Christ vêtu de blanc, avec la même efficacité que se projette dans le ciel de Paris la basilique blanche. Le ciel bleu, les vibrations de l'or donnent à l'ensemble une dimension poétique et quasi onirique.

Mosaïques du chœur. Olivier Merson. Sacré-cœur de Montmartre.

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Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Le cimetière Saint-Vincent est celui du vieux village...

Il en a gardé les proportions modestes et l'aspect tranquille.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Et pourtant!

Il raconte bien des histoires.

Il abrite des Montmartrois qui aimèrent leur village et participèrent à sa célébrité.

Cette première visite en annonce de nombreuses autres.

Elle nous mènera devant les tombes les plus célèbres, celles qui font partie du circuit minimal obligatoire!

Le lapin Agile vu du cimetière

Le lapin Agile vu du cimetière

    Le cimetière fut  créé sur un terrain en friche par Jacques Bazin (1762-1833) qui fut maire de Montmartre de 1829 à 1831. Il fut inauguré en 1831 par son adjoint qui lui succéda, Jean-Louis Véron.

Jacques Bazin mourut peu après, en 1833 et y fut enterré. Il n'est pas nommé parmi les personnalités du cimetière alors que sans lui ce lieu n'existerait pas! Sa tombe qui a perdu, depuis presque deux siècles, toute inscription, peut se voir division 12, 1ère ligne...

Il serait temps qu'une plaque rappelle que sans lui il n'y aurait à cet endroit que des immeubles semblables à ceux de la rue Caulaincourt!

      Le cimetière était entouré de murs qui subsistent aujourd'hui mais l'entrée était alors située 40 rue Neuve Saint-Denis, à l'emplacement de la rue Saint-Vincent actuelle et non comme aujourd'hui rue Lucien Gaulard à proximité de la place Constantin Pecqueur ...

Une visite rapide nous mènera devant les tombes des "célébrités" locales

Nous aurons le temps (une éternité) de nous recueillir plus tard devant des personnalités moins connues mais qui ont joué un rôle dans l'histoire montmartroise.

Avenue transversale, le vieux calvaire

Avenue transversale, le vieux calvaire

Voici par ordre alphabétique les "stars" auxquelles nous rendrons visite dans ce premier article :

Marce Aymé (10ème division)

Harry Baur (9ème)

Eugène Boudin (12ème)

Marcel Carné et Roland Lesaffre (4ème division)

Jules Chéret (5ème)

Dorgelès (13ème)

Dumesnil (8ème division)

Arthur Honnegger (8ème division)

Claude Pinoteau (3ème division)

Steinlen (14ème division)

Utrillo (4ème division)

Je rajoute en cette Toussaint 2020 Michou figure emblématique du Montmartre des cabarets (division 12)

Tombe de Marcel Aymé (10ème division)

Tombe de Marcel Aymé (10ème division)

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Marcel Aymé (1902-1967)

Inutile de présenter cet écrivain à part, indépendant, libre de style et d'esprit!

Enfant on a pris plaisir aux Contes du Chat perché, plus tard on a souri avec sa Jument verte et malgré les critiques qui le considéraient comme un petit écrivain douteux, on s'est réjoui de son indépendance et de sa truculence.

N'oublions pas son combat contre la peine de mort (la Tête des autres, mise en scène par Barsaq au théâtre de l'Atelier, de l'autre côté de la Butte)

Place Marcel aymé. Le Passe-Muraille (Jean Marais)

Place Marcel aymé. Le Passe-Muraille (Jean Marais)

Le "terrien" attaché à sa Franche-Comté a choisi de vivre à Montmartre.

Il a d'abord habité 9 ter rue Paul Féval, à quelques mètres du cimetière, puis 26 rue Norvins. La rue a changé de nom au niveau du 26 et s'appelle désormais place Marcel Aymé. Une sculpture de Jean Marais représentant l'auteur en passe-muraille veille sur le lieu...

Il se peut que la nuit Marcel Aymé passe à travers le marbre noir de sa tombe pour se balader dans le quartier qu'il aimait!

Tombe de Marcel Carné et Roland Lesaffre. (4ème division)

Tombe de Marcel Carné et Roland Lesaffre. (4ème division)

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Marcel Carné (1906-1996). 10ème division. (voir plan)

comment l'imaginer étendu sous ce marbre triste, lui le magicien de la lumière.

Avec Prévert il a réalisé quelques uns des plus beaux films du cinéma français : Drôle de drame, Le Quai des brumes, Hôtel du nord, Le jour se lève... et surtout le chef d'oeuvre absolu et indémodable : Les Enfants du paradis!

Les Enfants du paradis! Arletty et J.L. Barrault.

Les Enfants du paradis! Arletty et J.L. Barrault.

Sous le même marbre est enterré Roland Lesaffre (1927-2009) second rôle dans les films de Carné mais premier dans son coeur!

Au point d'être le légataire universel du cinéaste... et de passer la nuit infinie avec lui!

Roland Lesaffre (L'Air de Paris de Marcel Carné)

Roland Lesaffre (L'Air de Paris de Marcel Carné)

Tombe de Harry Baur (9ème division)

Tombe de Harry Baur (9ème division)

Sous un marbre noir sinistre, repose un acteur dont on imagine mal quelle fut la gloire dans la première moitié du XXème siècle.

Harry Baur (1880-1943) a investi de sa nature sensible et puissante des héros légendaires et populaires comme Jean Valjean ou Vidocq.

Il a tourné dans de nombreux films de metteurs en scène de son époque, Dréville ou Tourneur. Il a incarné Beethoven chez Abel Gance et Volpone (avec Jouvet) chez Tourneur.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

La fin de sa vie fut tragique puisque, après avoir tourné (sans état d'âme) en 1942 à Berlin, il fut accusé par la presse française malodorante d'être Juif.

Il s'en défendit mais ne put éviter d'être arrêté et déporté avec sa femme. Après quatre mois d'enquête, les Nazis, convaincus qu'il n'avait pas commis le crime de naître juif, le libérèrent.

Mais l'épreuve avait atteint l'acteur en profondeur et il mourut 4 mois plus tard.

Tombe d'Eugène Boudin (12ème division)

Tombe d'Eugène Boudin (12ème division)

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Qu'elle est triste la tombe d'Eugène Boudin (1824-1898)!

Lui, l'homme du grand large, des ciels immenses, des météores.... il est enterré sous une pierre grise, à un endroit que caresse rarement le soleil!

Ce précurseur (involontaire et modeste) de l'Impressionnisme, cet amoureux de la mer (il fut mousse) et des plages immenses, lorsqu'il sentit la mort approcher, demanda qu'on l'emmenât à Deauville pour mourir face à la mer.

C'était par un jour lumineux du mois d'août, le 8. Il y avait des voiles blanches sur la mer et des amoureux sur la plage.

L'Impératrice Eugénie sur la plage à Trouville (Eugène Boudin)

L'Impératrice Eugénie sur la plage à Trouville (Eugène Boudin)

Admiré de Baudelaire, de Zola, inspirateur de Monet... il fait partie de la grande histoire de l'art français.

Quel mystère que ce sombre carré où dort sous la terre celui qui a ouvert tant de fenêtres sur l'espace et le rêve!

Eugène Boudin

Eugène Boudin

Dans la 5ème division un monument plus opulent avec des médaillons de bronze qui pleurent sur la pierre signale la tombe de Jules Chéret.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Jules Chéret (1836-1932) est un peintre connu pour son talent d'affichiste.

Il est un des premiers à avoir transformé un art mineur en art à part entière et il n'est pas étonnant que Toulouse Lautrec l'ait admiré et ait été influencé par lui.

Si on peut voir à Paris ses décors peints pour l'Hôtel de Ville ou pour le théâtre du musée Grévin, ce sont ses affiches qui constituent le meilleur de sa production.

Elles donnent l'image la plus éclatante de le Belle Epoque.

Elles sont "en mouvement" comme celles de Lautrec sans pour autant chercher à aller au-delà de la surface trompeuse des visages.

Lautrec est mouvement et mélancolie.

Chéret est mouvemen et insouciance.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Revenons à la littérature avec Roland Dorgelès (1885-1973) 5ème division.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Si un écrivain est à sa place au coeur de Montmartre, c'est bien lui!

On connaît les blagues qu'il aimait faire avec ses amis de la bohême et notamment la présentation au Salon des Indépendants d'une toile de Boronali peinte par l'âne Lolo, alias Aliboron, dont la queue avait été trempée dans des seaux de peinture! C'était juste de l'autre côté du mur du cimetière, au Lapin Agile!>

Il est ami des plus illustres Montmartrois : Carco, Mac Orlan, Utrillo, Max Jacob....

Il a eu plusieurs adresses sur la Butte ou dans le IXème arrondissement : rue Lepic, rue La Bruyère, rue Victor Massé ou rue Camille Tahan, près du cimetière Montmartre.

On lui doit des pages vives et nostalgiques sur notre quartier : "Au beau Temps de la Butte"

"Cet après-midi-là j'étais monté sur la Butte, promenade dont je ne me lasse pas. Parfois, c'est la joie qui m'entraîne, comme si je devais retrouver ma jeunesse là-haut; certains jours, en revanche, ce sont les regrets qui me poussent et je vais à Montmartre comme on se rend au cimetière."

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

"Les Croix de Bois" sont le plus connu de ses romans, oeuvre composite, kaléidoscope de destins où les hommes tiennent debout grâce à la camaraderie et sont spectateurs de l'horreur, symbolisée par ces croix hâtivement plantées sur les cadavres.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

La tombe la plus spectaculaire se signale par un groupe de bronze remarquable en bordure de l'allée d'entrée du cimetière pompeusement appelée "Avenue Caulaincourt".

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

L'oeuvre du sculpteur Emile Bailly représente un ange qui invite avec tendresse une femme à se laisser prendre par la main et guider vers la lumière. Elle évoque un mouvement de danse.

Elle est à sa place sur la tombe d'un homme, René Dumesnil (1879-1967) qui consacra une partie de sa vie à étudier des oeuvres et des musiciens qu'il aimait.

Il fut aussi un grand spécialiste de Flaubert auquel il consacra plusieurs ouvrages.

Malgré la qualité de son travail, René Dumesnil serait sans doute ignoré de la plupart des visiteurs si le groupe de bronze qui danse sur sa tombe n'attirait leur attention.

Tombe de marbre rose d'Arthur Honegger (8ème division)

Tombe de marbre rose d'Arthur Honegger (8ème division)

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

On n'enterre pas la musique sous le marbre, fût-il rose!

Arthur Honegger (1892-1955) est joué aujourd'hui dans le monde entier. Sa tombe simple et claire est souvent fleurie par des admirateurs.

L'homme est séduisant, généreux, humaniste. Bien que Suisse, il a adopté Paris, alors que des Parisiens fortunés choisissaient déjà le pays des banques sans morale!

Pendant l'occupation, il choisit de rester à Paris et de résister avec ses moyens, ceux de la musique.

Jeanne d'Arc au bûcher. Ingrid Bergman écrit : " Dans les bras de Honegger, la main sur le coeur de Claudel, où pourrais-je me trouver mieux?"

Jeanne d'Arc au bûcher. Ingrid Bergman écrit : " Dans les bras de Honegger, la main sur le coeur de Claudel, où pourrais-je me trouver mieux?"

Parmi ses oeuvres les plus populaires, citons le Roi David (1921), Pacific 231 (1923), Jeanne d'Arc au Bûcher (1938) sur le poème de Claudel.

A Montmartre, il a aimé rencontrer Cocteau, Satie, Picasso...

Le petit cimetière Saint-Vincent se console avec lui de n'avoir pas été choisi par Berlioz qui habitait pourtant à moins de 100 mètres. L'inspiratrice de la Symphonie Fantastique, Harriet Smithson y fut quelque temps inhumée avant que Berlioz ne transférât le corps de celle qui avait été sa femme et la mère de son fils au nouveau cimetière de Montmartre.

Tombe de Pinoteau (3ème division)

Tombe de Pinoteau (3ème division)

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Dans la 3ème division, repose depuis huit ans et demi un cinéaste populaire, Claude Pinoteau (1925-2012).

Peut-être aurait-il été plus à sa place au cimetière de Neuilly, ville où il vécut et mourut. Il est vrai qu'il y a peu de cinéastes à Saint-Vincent, à part le génial Carné et Méliès!

(Attention, il ne s'agit pas de Georges Méliès le magicien mais de son frère Gaston, lui même cinéaste aux Etats-Unis!)

La Gifle.Adjani, Girardot. (1974)

La Gifle.Adjani, Girardot. (1974)

Ses films les plus célèbres restent "La Gifle" et "La Boum". g>

Pas sûr que dans un siècle on en parle encore!

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

L'ordre alphabétique garde pour la fin deux artistes emblématiques de Montmartre: Steinlen et Utrillo.

La tombe de Steinlen (1859-1923) dans un angle du cimetière est constituée de pierres à peine taillées, posées les unes sur les autres et disloquées par les racines d'un arbuste.

Elle convient à celui qui resta marginal et lutta toute sa vie pour les déshérités, les victimes d'un ordre social inique. Il habitait non loin de là, sur ce qui fut le Maquis et devint la rue Caulaincourt. Son Cat's Cottage était accueillant aux crève-la-faim et aux chats. Des dizaines de chats efflanqués y trouvèrent refuge et inspirèrent à leur bienfaiteur des croquis et des dessins qui restent inégalés.

Personne mieux que Steinlen n'a dessiné les chats! Il n'est pas étonnant qu'au premier rayon de soleil, ils viennent se coucher sur sa tombe!

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

A tout Seigneur tout honneur... une des plus belles tombes est celle d'Utrillo.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Inutile de présenter notre Montmartrois!

Rappelons qu'il est né rue du Poteau au bas de la Butte et qu'il a vécu longtemps au coeur du vieux village. Il a peint des dizaines de toiles représentant les rues et les places de notre quartier. Selon les périodes, ses oeuvres sont plus ou moins naïves, plus ou moins mélancoliques. Parfois les immeubles forment un décor de théâtre, sans acteurs, d'autres fois de petits personnages passent et disparaissent.

Utrillo n'est pas décoratif, il n'est pas pittoresque et quand il s'inspire des clichés, il donne à voir une ville où la tristesse suinte sur les murs malgré les couleurs. Son oeuvre est comme suspendue entre l'enfance et la mort.

Suzanne Valadon et son fils

Son monument funéraire est adossé au mur qui le sépare de la rue des Saules et du Lapin Agile qu'il a souvent fréquenté et peint.

Rue Saint Vincent, le Lapin Agile et les murs du cimetière.

Rue Saint Vincent, le Lapin Agile et les murs du cimetière.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

    Et voilà en ce novembre 2020, le plus jeune des hôtes célèbres du cimetière. Il s'agit de Michou que tous les Montmartrois connaissaient appréciaient et aimaient. 

Ce picard venu à 20 ans à Paris où il pouvait vivre plus aisément son homosexualité dirigera un  cabaret de drag-queens talentueuses aptes à se métamorphoser en Bardot, Dalida, Vartan... 

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

     Il a imposé sa personnalité avec sa veste bleue, ses lunettes démesurées et sa chevelure hyper oxydée. 

Son originalité ne dissimulait pas un cœur plus gros que lui et beaucoup sur la Butte peuvent témoigner de l'attention qu'il portait aux personnes âgées ou isolées.  les invitations qu'il leur adressait pour venir partager champagne et repas dans son cabaret faisaient partie de ces moments de gaité et de partage qui mettent du soleil dans la grisaille.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

     Il est mort le 26 janvier 2020, un mois et demi avant le grand confinement.

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #album, #MONTMARTRE Saisons. Divers
Album photos. Montmartre octobre 2020. Au jour le jour.

     Le 4 octobre.

Retour à Paris passé à l'écarlate avec le Covid! Pourtant la couleur de la ville n'a pas changé. Les toits sont gris, les toits sont bleus, la lumière est opaline... Paris mon beau Paris je te retrouve après t'avoir trompé trois mois avec une belle maîtresse qui a une partie de mon cœur, l'île d'Oléron!

Album photos. Montmartre octobre 2020. Au jour le jour.

Le 5 octobre.

La nuit montmartroise

Album photos. Montmartre octobre 2020. Au jour le jour.

6 octobre. Rayon de soleil au sommet.

Album photos. Montmartre octobre 2020. Au jour le jour.

7 octobre. Un air de vacances sur la Butte.

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8 octobre. La marée des toits de Paris. Le seul paysage de ma ville qui me rappelle l'océan!

Album photos. Montmartre octobre 2020. Au jour le jour.

9 octobre. C'est toujours le printemps pour les amoureux. Place du Calvaire!

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10 octobre. Cours de boxe dans les escaliers de la rue Foyatier.

Album photos. Montmartre octobre 2020. Au jour le jour.
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11 octobre. Hip hop sur l'esplanade du sacré-Cœur.

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12 octobre. Les baladins enchantent le monde malgré tout!

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13 octobre. le SDF et son vieux chien. Rue de Liège

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14 octobre. De la musique avant toute chose... Place Suzanne Valadon.

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15 octobre. Une griffe sur le ciel! Rue Saint Eleuthère. 

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16 octobre. Hitchcock à Montmartre? Rue Cardinal Guibert.

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17 octobre. Si belles qu'on n'ose pas leur demander de se retourner! Escaliers du square Louise Michel.

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18 octobre. Solitude de l'artiste de rues. Mais que revienne le temps des cerises...et des touristes!

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19 octobre. Paris appartient aux amoureux.

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20 octobre. Rue Paul Albert, la rue qui danse.

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21 octobre. Lumière d'automne rue Lamarck.

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22 octobre. Rue Norvins!

Album photos. Montmartre octobre 2020. Au jour le jour.

23  octobre. Ma rue (André del Sarte) et son jardin vertical

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24 octobre. Cinéma muet place Valadon.

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25 octobre. Le cheval blanc et les masques.

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26 octobre. Insouciance heureuse et à roulettes, square louise Michel.

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27 octobre. 

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28 octobre. Avant le discours de Macron et le nouveau confinement.

Album photos. Montmartre octobre 2020. Au jour le jour.

29 octobre. Personne pour regarder la statue vivante. Elle s'envole!

Album photos. Montmartre octobre 2020. Au jour le jour.

30 octobre. Après les égorgements de Nice, le Sacré-cœur sous protection... 

Album photos. Montmartre octobre 2020. Au jour le jour.

31 octobre. Depuis le début du nouveau confinement, les chiens sortent beaucoup plus souvent!

     Les cinémas fermés, les théâtres, les opéras... toutes ces fêtes de musique, de poésie et d'images auxquelles nous étions impatients de participer avec nos masques, notre gel, la distance de sécurité... mais rassurons-nous les grandes surfaces avec leurs fêtes de papier toilette, de nouilles, de boustifaille vont continuer avec nos masques, notre gel et sans la distance de sécurité.

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Publié le par chriswac

Maison de Mimi pinson par Utrillo

     Si Berlioz a bien habité rue du Mont Cenis, ancienne rue Saint-Denis, il n'en est pas de même pour Mimi Pinson qui fait partie de la légende, ô combien foisonnante de Montmartre.

Photo 1901

Photo 1901

     La modeste maison du village qu'on lui attribue a été détruite en 1925 ainsi que celle de Berlioz.

Mimi pinson. Sa maison rue du Mont Cenis à Montmartre.

Mais qui est donc cette Mimi Pinson qui n'exista pas et à qui on attribue cette adresse pittoresque?

Utrillo

Utrillo

    La demoiselle n'est pas orpheline, elle a un père célèbre, Alfred de Musset qui la fit naître sous sa plume dans un conte écrit en 1845 dans Le Diable à Paris publié par Hetzel (revue qui ne vécut que deux ans et à laquelle collaborèrent Nodier et Nerval).

 

Mimi pinson. Sa maison rue du Mont Cenis à Montmartre.

   

Le conte nous présente une jeune fille aussi charmante que pauvre qui vit dans une mansarde et dont Eugène, poète bohême, évidemment sans le sou, va tomber amoureux.

 

    Musset fait chanter à son héroïne un poème qui devint vite populaire :

Mimi Pinson porte une rose

Une rose blanche au côté

Cette fleur dans son cœur éclose,

Landerinette!

C'est la gaité.

Quand un bon souper la réveille,

Elle fait sortir la chanson

De la bouteille!

Parfois il penche sur l'oreille

Le bonnet de Mimi Pinson (...)

                                                      Gavarni

    Le personnage charmant, insouciant, heureux de vivre malgré la pauvreté, connaît une grande popularité et son nom est vite repris dans des opérettes, des films où elle est le prototype de la grisette, jeune modiste sans le sou mais au cœur généreux.

                            Gustave Charpentier

Gustave Charpentier

     Quand Gustave Charpentier, Montmartrois d'élection et révolté par les injustices sociales, crée le Conservatoire Populaire pour l'éducation artistique des jeunes ouvrières, il l'appelle "Conservatoire de Mimi Pinson"! 

                      On reconnaît à l'arrière plan, à droite, Gustave Charpentier

"Vous chantez ô Musettes

Ainsi que des fauvettes

Et comme des pinsons

Mimis Pinsons!"

(...)

Je suis sûr que plus d'une

Possède une fortune

Dans le joli casier

De son gosier."                                             Charpentier

 

     Mais pourquoi diable cette maison-là fut-elle choisie par les Montmartrois comme étant celle de Mimi Pinson?

                              Vachalcade 1897

Vachalcade 1897

     C'est la Vachalcade de 1897 (défilé carnavalesque organisé par les artistes montmartrois) qui en est responsable! En effet, un des chars représentait en carton-pâte la lucarne en chien assis de la modeste maison qui était nommée "la maison de Mimi-Pinson".

   Et voilà! la légende était née! C'est donc à la mi-Carême 1897 que la maisonnette  devint officiellement celle de Mimi Pinson et le resta jusqu'à sa démolition, dans les années où les spéculateurs détruisaient les rues du village pour édifier de gros immeubles sans grâce.

Mimi pinson. Sa maison rue du Mont Cenis à Montmartre.

     Le gros immeuble laid qui s'élève à sa place et a écrasé également la maison où Berlioz composa "Harold en Italie" comme par mauvaise conscience rappelle par des médaillons plâtreux sur sa façade la petite maison qui avant le vandalisme avait connu plusieurs locataires fauchés dont le peintre Van Dongen.

 

 A l'emplacement du jardin de Mimi s'élève le château d'eau de Montmartre, dans un square qui porte le nom de Claude Charpentier et non Gustave. Mais nous sommes dans la continuité puisque cet architecte urbaniste qui rebâtit le Bateau-Lavoir construisit également le conservatoire de musique du XVIIIème arrondissement où des mimis pinsons modernes rêvent de succès.

 

     Si aujourd'hui cette maison reste présente malgré sa destruction, elle le doit bien sûr aux peintres et surtout à Utrillo qui venait en voisin de la rue Cortot pour la "croquer" saison après saison. La maison rose qu'il a peinte également, rue de l'abreuvoir et qui a échappé aux promoteurs est mitraillée par les touristes du monde entier. Celle de Mimi Pinson ne survit que grâce aux vieilles photos et aux toiles plus ou moins réussies qui l'ont honorée.

 

Mimi pinson. Sa maison rue du Mont Cenis à Montmartre.
Mimi pinson. Sa maison rue du Mont Cenis à Montmartre.
Mimi pinson. Sa maison rue du Mont Cenis à Montmartre.

Liens :

Montmartre les rues

Montmartre les personnages célèbres

                                         la maison de Mimi Pinson (Pelletier)

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux
La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

     Peu à peu s'atténuent les jugements péremptoires sur cette basilique que certains exècrent pour des raisons de "bon goût" ou plus souvent pour des raisons historiques, pensant, à tort, qu'elle a été élevée pour rendre grâce après la défaite de la Commune.

Les canons de Montmartre, champ des Polonais au sommet de la Butte.

Les canons de Montmartre, champ des Polonais au sommet de la Butte.

     Il est vrai que l'emplacement qu'elle occupe est celui où étaient alignés les canons de Montmartre, prêts à riposter aux Prussiens. C'est là que commença la Commune quand les troupes versaillaises voulurent confisquer les canons "populaires".

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

Mais la basilique fut édifiée pour demander la protection divine sur la France après la victoire des Prussiens en 1870 et non pour "fêter" l'écrasement de la Commune.

Question esthétique, elle est le dernier grand monument de Paris avec Beaubourg à exciter encore les gens de goût qui comme on le sait n'ont de bon goût que le leur.

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

     Pour le Montmartrois indécrottable que je suis, elle est une ville orientale avec ses coupoles et ses tours, un décor onirique qui accroche le soleil au point de faire cligner les yeux et qui la nuit apprivoise les ombres qui se couchent contre ses formes blanches.

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

    La façade est à n'en pas douter une réussite architecturale. Précédée d'un porche qui l'anime, elle n'essaie pas de voler la vedette aux coupoles et à l'élévation du monument qu'elle laisse se développer de part et d'autre. Elle est édifiée dans le prolongement du seul chœur et non de toute la largeur de la basilique comme d'autres projets retenus le prévoyaient.

Narthex bras nord. Saint-Front de Périguerux.

Narthex bras nord. Saint-Front de Périguerux.

    Paul Abadie a été vertement critiqué pour son parti pris inspiré par le roman de Saintonge.  Pour le porche, il n'a pas oublié la restauration qu'il assura du narthex nord de Saint-Front de Périgueux.

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

    Sur les murs latéraux du  narthex de Saint-Front Abadie voulait que deux cavaliers soient installés. Ce projet resta à l'état de projet alors qu'à Montmartre il se réalisa avec bonheur. Les deux statues équestres faisant oublier la lourdeur des contreforts. 

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

     Ces deux statues font partie des œuvres remarquables du monument. Elles sont dues à Hippolyte Lefèvre (1863-1935). Prix de Rome et médaille d'or à l'exposition universelle de 1900. Ce sculpteur, malgré un certain académisme, sait animer la pierre ou le bronze d'un vigueur charnelle. 

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

     La statue côté ouest représente Saint-Louis, épée dirigée vers le sol. Il symbolise la justice.

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

Côté est, Jeanne d'Arc, épée levée prête à bouter l'Anglais hors de France, symbolise la Sainteté!

Abadie s'est inspiré des édifices byzantins comme Sainte-Sophie dont les célèbres chevaux volés par les Vénitiens pour Saint-Marc, volés par les Français pour l'arc de triomphe du Carrousel du Louvre, restitués à Venise... font l'admiration de tous!

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

La tempérance

   Le porche est percé de trois baie en plein cintre. On voit sur le bandeau supérieur des bas-reliefs représentant les 4 vertus cardinales, inspirées de l'Antiquité grecque : la Prudence, le courage, la tempérance et la justice.

                                                          Le courage

Le courage qui au lieu de maîtriser le lion de Némée comme dans les représentations antiques, tue le serpent qui cherche à occuper l'église.

La prudence

La prudence

   La prudence qui tient un miroir symbole de réflexion! Dans l'Antiquité ces vertus platoniciennes étaient représentées par des femmes, ici Sacré-Cœur oblige, ce sont des anges... (mais au fait, quel est le sexe des anges?)

La justice.

La justice.

Le porche

Le porche

les coupoles du porche

les coupoles du porche

     Une fois sous le porche d'où on jouit d'une vue époustouflante sur Paris, on pourra admirer les lourdes portes de bronze et leurs six panneaux historiés dus à Hippolyte Lefèvre.

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

Portail central : La Cène 

 

Portail central : La multiplication des pains.

 

Portails latéraux : La guérison du paralytique

 

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

Marie Madeleine aux pieds de Jésus.

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

Jésus au milieu des enfants

 

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

La guérison du fils de la veuve de Naïm.

 

Tous ces panneaux sont chargés d'illustrer l'amour  du Christ.

  On remarquera encore, au-dessus des portes, les tympans sculptés, à mon avis académiques et sans étincelle d'originalité. De plus, étant à l'abri des pluies qui nettoient la pierre blanche, elles subissent la pollution qui monte depuis les boulevards encombrés jusqu'au sommet de la Butte.

Deux des trois tympans sont sculptés par Léon Fagel (1851-1913) :

 

La transfixion (le soldat romain perce le flan du crucifié)

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

Moïse faisant jaillir l'eau du rocher.

     Léon Fagel est un sculpteur bien oublié qui fut très apprécié en son temps. Il reçut des commandes pour le Muséum, la Sorbonne et le Théâtre français. La Bible l'a beaucoup inspiré, beaucoup plus que son époque!

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

Le tympan du portail occidental est dû à Hippolyte Lefèvre et illustre l'incrédulité de Saint-Thomas qui touche les plaies du Christ.

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

La façade au dessus du porche reprend le rythme de trois baies en plein cintre abritant des vitraux et dont les tympans ouest et est sont sculptés

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

    Sur le tympan ouest on peut voir Marie-Madeleine aux pieds du Christ, sculpture de Louis Noël. Un sculpteur artésien (je ne peux donc que l'aimer!) dont de nombreuses oeuvres se trouvent dans sa région d'origine et notamment à Saint-Omer.

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

Le tympan oriental représente Jésus et la Samaritaine. La sculpture est due à André d'Houdain (1859-1904) lui aussi homme du nord dont on peut voir quelques réalisations au musée d'Orsay, au musée des Beaux Arts de Lille ou à Carnavalet. 

L'ensemble des sculptures est une bonne représentation des tendances de la fin du XIXème siècle et des influences des arts byzantin-roman-gothique et renaissance, excusez du peu, entre lesquelles hésitent les sculpteurs quand ils n'ont pas le génie d'un Rodin ou d'un Carpeaux.

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

    La partie supérieure de la façade, entre les tourelles, abrite une niche chargée d'accueillir la statue la plus emblématique, celle du Christ découvrant son cœur. Elle est mise en valeur plus que dans plusieurs des projets initiaux. C'est Abadie qui a tenu à ce qu'elle soit là, en vedette, et non perchée au sommet.

                                      Christ perché du projet de Raulin et Dillon

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

La statue a connu plusieurs avatars...

La première statue de Georges Thomas, a été détruite accidentellement lors de la Fête du Sacré-Cœur en 1900. Elle était plus originale que celles qui lui succédèrent mais déplaisait aux membres du Comité. 

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

La deuxième statue commandée à Gustave Michel fut à son tour reléguée au profit d'une troisième, définitive, due à Seguin qui s'inspirait de la statue du "Beau Dieu" de la cathédrale d'Amiens.

Elle est une copie affadie de l'original et il faut reconnaître que malgré sa place d'honneur, elle n'a que peu de ressemblance avec la grande sculpture gothique amiénoise. 

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

De part et d'autre de la niche, poule et pélican rappellent métaphoriquement l'amour divin :

La poule qui couve ses petits.

"Jérusalem! Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes?"

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

Et le pélican prêt à se sacrifier pour nourrir ses petits en leur donnant son cœur. Pélican qu'on retrouve à l'intérieur sur les mosaïques :

 Il nous rappelle, version laïque, le poème de Musset :

(...) "Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;

En vain il a des mers fouillé la profondeur;

L'océan était vide et la plage déserte;

Pour toute nourriture il apporte son cœur."

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

C'est donc toute une histoire chrétienne et symbolique qui se déploie sur la façade. Mais ce qui frappe avant tout c'est l'harmonie et la simplicité de cette proue qui semble s'avancer dans le ciel pour voguer sur la mer des toits argentés de Paris!

La façade et le porche du Sacré-Cœur.  Architecture, sculptures.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Cimetière.
Cérémonie (1947)

Cérémonie (1947)

     A l'occasion de la très riche exposition proposée par le musée d'art moderne de Paris, une visite s'imposait dans le cimetière-jardin où Victor Brauner repose.

Cimetière de Montmartre. Tombe de Victor Brauner. Exposition musée d'Art moderne.
Cimetière de Montmartre. Tombe de Victor Brauner. Exposition musée d'Art moderne.

   Sur la tombe blanche, une tête de marbre, réplique d'une de ses sculptures, semble posée sur son propre reflet au ras de l'eau. Est-elle la double réalité, matérielle et spirituelle, de notre vie?

                                         Signe (le vent) 1942-1945

   La tête du dessus a les yeux ouverts en grand sur le monde réel où fourmillent les signes que l'on ne voit pas quand on manque d'attention. Il faut être aussi affûté qu'un chat pour détecter le moindre mouvement, le moindre bruit dans la forêt du quotidien.

La tête du dessous a les yeux clos, comme les yeux des statues de Bouddha endormi. Les paupières baissées sont le rideau tombé sur la scène où se joue pendant la nuit des opéras fantastiques. 

Cimetière de Montmartre. Tombe de Victor Brauner. Exposition musée d'Art moderne.
Cimetière de Montmartre. Tombe de Victor Brauner. Exposition musée d'Art moderne.

    Le corps de Victor Brauner (1903-1966) après avoir été torturé par un cancer, est venu reposer ici (3ème division, ancien cimetière juif), dix-neuf ans avant que sa femme, Jacqueline Abraham ne l'y rejoigne.  

 

Cimetière de Montmartre. Tombe de Victor Brauner. Exposition musée d'Art moderne.

Jacqueline au grand voyage (1946)

    Brauner fait partie de ces artistes roumains venus vivre à Paris dans la première moitié du XXème siècle et qui ont contribué au rayonnement de la France : Brancusi, Ionesco, Tristan Tzara, Cioran, Mircea Eliade...  

L'orateur (1932)

L'orateur (1932)

     Il arrive à Paris en 1925 et se convertit peu à peu au surréalisme, à l'importance des rêves. C'est de 1931 que date son autoportrait qui va impressionner Breton et les poètes attentifs au mystère des prémonitions.

 

   Il se représente avec un œil crevé dont le sang coule sur la joue. Sept ans plus tard, voulant séparer deux de ses amis au cours d'un rixe violente, il reçoit un éclat de verre dans l'œil et devient borgne. Plusieurs de ses œuvres d'avant cet accident montrent à quel point était présent chez lui ce thème de la vue et de l'œil.

                                                     L'œil (1937)

     Sa première exposition à Paris est préfacée par André Breton en 1934. Après un retour malheureux en Roumanie où il se détourne du communisme après les procès de Moscou et où il sent monter les menaces fascistes et antisémites (les deux font la paire!), il repart avec dans sa valise de petits tableaux, faciles à montrer et à vendre.

                                                 Sur le motif (1937)

                                                      Femme fleur (1938)

     Il fuit Paris en 1940 pour le sud de la France puis n'obtenant pas de visa pour les Etats-Unis, il se réfugie dans les Hautes Alpes où il vit dans la clandestinité comme d'autres peintres menacé comme lui par Vichy et le nazisme. Son travail est fécond, marqué par son univers onirique...

                                          La femme en chatte (1940)

                                           Souffrance souffrance (1941)

                                                     Arc en ciel (1943)

     Après la guerre, le peintre s'installe dans l'ancien atelier du douanier Rousseau rue Perrel. Une rue aujourd'hui disparue, dévorée par la gare Montparnasse.

                          La rencontre du 2bis rue Perrel (1946)

L'univers de Rousseau et celui de Brauner se rencontrent, ce qui ne peut être une simple coïncidence mais une manifestation du "hasard objectif" cher à Breton.

Cimetière de Montmartre. Tombe de Victor Brauner. Exposition musée d'Art moderne.

Rencontre avec moi-même aux quatre chats du monde (1946)

     Entre 46 et 48 il peint quelques unes de ses toiles les plus étonnantes, les plus colorées, les plus énigmatiques. 

                                  Mythologie du poète 2ème naissance 1947

                                  Mythologie du poète 3ème naissance 1947

Solivan (1946)

Cimetière de Montmartre. Tombe de Victor Brauner. Exposition musée d'Art moderne.

Le poète en exil (1946)

    Pourtant en 1948, il rompt avec le groupe surréaliste, par fidélité à son ami Roberto Matta excommunié par le pape Breton qui l'accuse d'avoir, par sa liaison avec la femme du peintre Arshile Gorki causé le suicide de ce dernier!

Cimetière de Montmartre. Tombe de Victor Brauner. Exposition musée d'Art moderne.

Victor Victorach doublé d'angoisse regarde son coeur tremblant (1949)

Cimetière de Montmartre. Tombe de Victor Brauner. Exposition musée d'Art moderne.

Victor Victorel coiffé du con le couronné (1949)

     Peut-être ne faut-il pas y voir de relation mais c'est alors que l'œuvre de Brauner prend le grand large, plus imaginative, plus onirique que jamais, avec un esprit d'enfance qui s'exprime dans des découpages comme de grands jouets.

                                          

Horizon perdu (1965)

Cimetière de Montmartre. Tombe de Victor Brauner. Exposition musée d'Art moderne.

L'automoma (1965)

    C'est pendant les deux années qui précèdent sa mort qu'il peint ces merveilles de sensualité et de jeu, alors que son cancer lui impose de terribles souffrances.

Cimetière de Montmartre. Tombe de Victor Brauner. Exposition musée d'Art moderne.

Tableau à quatre pattes (1969)

     Une tendresse particulière pour le "tableau à quatre pattes" que j'ai toujours vu (en affiche hélas!) dans la chambre de ma femme depuis les années de Sorbonne jusqu'à maintenant! Brauner fait partie de la famille!

                                 Nicole et le tableau à quatre pattes

   Quelques mois après avoir peint ce tableau, Victor Brauner ferme les yeux comme la statue qui orne sa tombe. Comment imaginer qu'il ne continue pas de rêver dans le monde des mystères?

 

 

                                                         L'aéroplapla (1969)

Il écrivait à Breton "Je suis le rêve, je suis l'inspiration". Imaginait-il qu'il le serait aussi pour nous qui n'avons pas de gros efforts à fournir pour voir sa tombe blanche partir à quatre pattes et nous emmener faire un tour en aéroplapla dans le ciel de Montmartre?

Cimetière de Montmartre. Tombe de Victor Brauner. Exposition musée d'Art moderne.

Pour rencontrer Brauner, ailleurs que dans la troisième division du cimetière, il suffit d'aller lui rendre visite au Musée d'art moderne où jusqu'au 10 janvier 2021 se tient l'exposition qui lui est consacrée.

                                                

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.
Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

      C'est une petite rue qui va de la rue Condorcet à la rue Pétrelle et qui, si elle n'a pas abrité d'artistes remarquables ni de célébrités, est intéressante par son architecture de la fin du XIXème siècle, véritable catalogue de grands architectes représentatifs de la transition entre Haussmann et l'art nouveau. 

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

    C'est le plaisir des amoureux de Paris de se balader dans une ville toujours surprenante, toujours nouvelle dont la beauté évoque Baudelaire "Je suis belle ô mortels comme un rêve de pierre"!

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

    La pierre ici forme les falaises entre lesquelles coule la rue pavée. Ce ne sont ni les vents ni les pluies qui les ont façonnées mais des architectes et des sculpteurs qui sans se connaître ni se concerter se font écho, se répondent, se distinguent...

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

     La rue est construite sur des terrains qu'occupaient les fameux ateliers Godillot disparus dans l'incendie de 1895.

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

     Elle porta d'abord le nom d'Alphonse Poittevin, ingénieur chimiste et photographe, considéré comme aussi important dans l'histoire de la photo Niepce et Daguerre.

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

     En juin 1897 Poittevin est éclipsé par le lieutenant colonel Jean-Louis Lentonnet (1840-1895)

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

     Nous sommes dans la grande période colonialiste de la France qui tente d'égaler la Grande Bretagne, championne toutes catégories! Lentonnet s'est illustré à Madagascar et c'est sur le navire qui le ramène au pays qu'il meurt. Il est immergé dans la Mer Rouge.

Début de la rue Lentonnet. Les deux immeubles au lion

Début de la rue Lentonnet. Les deux immeubles au lion

    Tout commence avec deux immeubles qui se font face avec leurs pans coupés originaux. Ils forment une entrée harmonieuse dans la rue Lentonnet. 

Le 1 rue Lentonnet

Le 1 rue Lentonnet

    Nous les avons déjà rencontrés lorsque nous explorions la rue Condorcet sur laquelle l'un des deux (le 16) a son entrée tandis que l'autre a préféré être le premier numéro de la rue Lentonnet.

Lion du 1 rue Lentonnet

Lion du 1 rue Lentonnet

     Ils  ont été construits en 1895 par l'architecte A. Wolfrom. La partie sculpture est l'œuvre de Rousseau. Un sculpteur qui a de commun avec le Douanier du même nom d'avoir aimé les lions!

 

     Le 1 rue Lentonnet avec son lion et ses décors se retrouve presque identique à l'autre bout de la rue, au 9 avec le dernier immeuble qui donne en partie sur la rue Pétrelle  (mêmes architecte et sculpteur). 

                                        Le 9 rue Lentonnet

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

     Le pan coupé du 9 avec son lion superbe et généreux...

     Sans doute était-il prévu à l'origine que les deux immeubles de début de rue et les deux derniers soient semblables.

                                                Le 16 (Maechler)

     Un lion pourtant, un seul manque à l'appel, au 16. Le dernier immeuble en effet est dû à un autre architecte (L. Maechler) qui tout en respectant l'aspect général de celui qui lui fait face n'a pas eu la chance de connaître Rousseau. Son pan coupé est donc vierge de lion!

Les 3 et 5

Les 3 et 5

Le 5 détail.

Le 5 détail.

    Les 3 et 5 (le trois était caché par des échafaudages mais je le photographierai quand il sera sorti de sa chrysalide) sont la réalisation du même architecte : Philippe Lobrot (1845-1907).

5 rue Michelet.

5 rue Michelet.

     Cet architecte a créé de nombreux immeubles dans la capitale : 27 et 28 rue La Boétie, 60 rue Saint-Lazare, 24 rue Mogador...

 

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.
Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

    Le 4, élevé en 1897 est l'œuvre de E. Hennequet. Il est plus simple et laisse peu de place à la sculpture. L'architecte a réalisé plusieurs immeubles dans le quartier, notamment avenue Trudaine et rue Condorcet. 

Le 6 (1897)

Le 6 (1897)

     Et voilà le 6 !

     Le plus "moderne" en cette fin du XIXème siècle et aussi le plus original, le plus beau...

Le 6 (1897)

Le 6 (1897)

Le 6 (1897)

Le 6 (1897)

     Il est de l'architecte Jules Lombard, plus audacieux et plus novateur que bon nombre de ses confrères parisiens. Il est vrai qu'il est l'un des fondateurs de l'Ecole de Nancy, alors à l'avant garde de l'Art Nouveau (parmi ses membres Daum, Majorelle, Gallé!)

                                   Immeuble Lombard à Nancy

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

     Le 7 construit en continuité avec son voisin le 5 : larges fenêtres, puissantes consoles… une certaine monotonie dans une façade très longue.

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.
Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

    Le 8 et le 10 ont le même architecte  G. Farcy. Ces  deux jumeaux assez classiques se distinguent cependant par une belle ferronnerie.

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

Pour le 12 de style Louis XIII, je n'ai pas trouvé le nom de l'architecte (appel au lecteur!)

Le 14

Le 14

Le 14 est moins mystérieux puisqu'il porte, gravé, le nom de son auteur, Maechler que nous avons déjà rencontré avec le dernier immeuble privé de lion, le 16.

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

     Il est plus original que son voisin et il a gardé au-dessus de son entrée une marquise qui se déploie comme un éventail ...

Un autre nom apparaît sur la façade : F. Bondennet et fils, sculpteurs.

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

     Avec le 16 de L. Maechler s'achèvent les 118 mètres de la rue Lentonnet, musée vivant de l'architecture des cinq dernières années du XIXème siècle. Rien de spectaculaire ni d'exceptionnel sinon la variété, l'imagination, l'ostentation et la créativité des architectes et des sculpteurs qui ont fait de Paris cette ville où toute balade est découverte.

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

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