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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux
Parc de la Turlure

Parc de la Turlure

Allez savoir pourquoi cet endroit de la Butte porte le nom de Turlure?

La Turlure. Le moulin. le parc. le square Bleustein Blanchet.

   Ce qui est avéré c'est qu'au XVIIIème siècle y fut construit le treizième et dernier moulin montmartrois, à proximité du moulin de la Lancette qui serait aujourd'hui à l'emplacement des bâtiments annexes du Sacré-Coeur et du moulin Paradis qui serait en léger contrebas.

                                              Moulin de la Lancette

Emplacement du moulin de la Lancette

Emplacement du moulin de la Lancette

    Le meunier Pierre Debray et sa femme Catherine Blanchard achetèrent ce terrain en 1769 pour y édifier un moulin qui prit le nom de son lieu de naissance. 

Tombe des meuniers Debray au cimetière paroissial du Calvaire.

Tombe des meuniers Debray au cimetière paroissial du Calvaire.

    Ce nom désignait au Moyen-Âge une tirelire. Il était également porté par une sorte de cornemuse  ("Ture" étant un instrument de musique et "Loure" une grande musette).

    Nous passerons sous silence ou presque "la turlute" québécoise qui est une façon de chanter par onomatopées sur un air de violon et "la turlute" française qui est comme chacun sait une fantaisie dont la haute tenue morale de mon blog m'interdit de dire plus!

Parc de la Turelure.

Parc de la Turelure.

      Pourtant...vous connaissez les Montmartrois! Ils ont souvent la langue qui fourche et il leur arrive de parler du "parc de la turlute" avant de se reprendre, l'air penaud  : Euh ! Pardon! De la Turlure! 

La Turlure. Le moulin. le parc. le square Bleustein Blanchet.

    Ce moulin de la Turlure ne fut pas une tirelire pour les Debray car après  une soixantaine d'années il fut vendu par la veuve Debray et disparut corps et ailes comme avait disparu quelques années plus tôt, en 1817, le moulin Paradis englouti par les carrières de plâtre.

La Turlure. Le moulin. le parc. le square Bleustein Blanchet.

Tel fut le sort de nombreux moulins, fragilisés par les carrières quand ils n'étaient pas avalés par elles.

Le moulin de la Lancette connut le même sort et fut détruit avant de risquer d'être aspiré comme Jonas par la baleine mais sans espoir de résurrection!

La Turlure. Le moulin. le parc. le square Bleustein Blanchet.

     Toujours est-il que le seul des trois disparus dont on se rappelle le nom c'est notre moulin !

   Le parc actuel étant toujours appelé "parc de la Turlure" par les Montmartrois malgré sa métamorphose en 1988 en "square Marcel Bleustein- Blanchet". 

La Turlure. Le moulin. le parc. le square Bleustein Blanchet.

    Malgré ce que prétend le panneau informatif, le moulin ne fut pas élevé "sur les terrains appartenant aux sœurs du Cénacle" pour la bonne raison que les susnommées ne s'installèrent en ces lieux qu'à la fin du XIXème siècle.

                               Le Cénacle, rue Lamarck

 

Elles en restèrent propriétaires jusqu'à ce la mairie les incite à en vendre une partie, aussitôt transformée en logements sociaux et en résidence pour personnes âgées.

La grotte du parc.

La grotte du parc.

    De leur sainte occupation ne subsiste qu'une grotte, ancienne réplique miniature de celle de Lourdes. Les statues sulpiciennes en ont été enlevées et l'accès a été protégé par des grilles qui en interdisent l'accès aux enfants pour lesquels une aire de jeux a été installée.

 

Le parc s'étend côté sud rue du Chevalier de la Barre :

 

Entrée rue du Chevalier de La Barre
Entrée rue du Chevalier de La Barre

Entrée rue du Chevalier de La Barre

    L'entrée principale est ornée d'un éphémère pochoir de Louise Michel. La Vierge Rouge est pour toujours présente, à proximité des fameux canons et non loin de l'école qu'elle dirigea. 

La Turlure. Le moulin. le parc. le square Bleustein Blanchet.
Rue de la Bonne

Rue de la Bonne

Le côté ouest du parc longe la rue de la Bonne dont le nom rappelle la fontaine de la bonne eau située dans sa partie basse.

Côté nord vers la rue Lamarck.

Côté nord vers la rue Lamarck.

    Le côté nord donne sur l'escalier de la rue de la Bonne et la résidence pour personnes âgées.

La Turlure. Le moulin. le parc. le square Bleustein Blanchet.

    Faisons un petit tour dans le parc apprécié des enfants et des amoureux…

Plusieurs espaces sont bien délimités : 

La Turlure. Le moulin. le parc. le square Bleustein Blanchet.

La partie haute est "le grand salon" qui jouxte l'allée sous les tonnelles de glycines.

Le jardin a été conçu par l'architecte Antoine Grumbach, celui-là même qui a restructuré le centre de Shangaï! Il a sur, sur un terrain relativement réduit, donner l'impression de variété et d'espace. 

La Turlure. Le moulin. le parc. le square Bleustein Blanchet.

...L'allée verte qui relie le "grand salon" au "salon vert".

La Turlure. Le moulin. le parc. le square Bleustein Blanchet.

    "Le salon vert" abrite un  amphithéâtre trop peu utilisé.

Il y avait jadis en fond de scène un mur d'eau qui est malheureusement tari aujourd'hui et qui n'est plus qu'un mur...

La Turlure. Le moulin. le parc. le square Bleustein Blanchet.

La partie basse est occupée par l'aire de jeux...

La Turlure. Le moulin. le parc. le square Bleustein Blanchet.

Par une pente quasi sauvage...

La Turlure. Le moulin. le parc. le square Bleustein Blanchet.

Et par le boulodrome sur lequel donnent les fenêtres de la résidence pour les seniors...

Marcel Bleustein-Blanchet

Marcel Bleustein-Blanchet

     Pourquoi la Turlure a t-elle reçu le nom de Bleustein-Blanchet?

    C'est que l'homme est lié à Montmartre où il a passé son enfance. C'est aussi sur le Barbès qu'il commença à vendre des meubles avant d'être attiré par la publicité (la réclame!)

Edouard Vaillant

Edouard Vaillant

   Notons que sa femme est la petite fille d'Edouard Vaillant, élu de la Commune dont on sait à quel point elle est liée à l'histoire de Montmartre.

Pas étonnant de retrouver le jeune Marcel dans la Résistance, en première ligne pendant l'occupation (pendant laquelle il prend le nom de Blanchet).

Rue du Chevalier de La Barre. A gauche la crèche Marcel Bleustein-Blanchet

Rue du Chevalier de La Barre. A gauche la crèche Marcel Bleustein-Blanchet

… Une crèche porte son nom rue du Chevalier de la Barre à 200 mètres du square. Elle doit son existence, pour l'essentiel à une donation considérable qu'il lui a faite.

On s'amusa en remarquant que ses initiales étaient prémonitoires  M.B.B. "Aime bébés"!

La Turlure. Le moulin. le parc. le square Bleustein Blanchet.

Et voilà comment nous sommes passés de la Turlure à la tututte! 

    Retenons encore que sur ce haut-lieu de Montmartre où l'on fusilla sans procès pendant la Commune, le parc porte le nom d'un homme dont la fille Elisabeth Badinter soutint sans relâche son mari qui obtint grâce à son courage et sa volonté l'abolition de la peine de mort.

La Turlure. Le moulin. le parc. le square Bleustein Blanchet.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #VOYAGES...
Depuis le Palais des Doges

Depuis le Palais des Doges

Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.

Depuis des années on annonce que leur fin est proche...

Les monstres d'acier qui font trembler les fondations fragiles de Venise seraient bientôt interdits...

Voilà combien de temps que l'on entend cette promesse?

Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.

Promis juré, en 2016, ils ne passeront plus devant la place Saint-Marc...

Ils n'emprunteront plus le canal de la Giudecca ...

Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.

Nous sommes en été 2019, et ils sont toujours là!

Parce que les "Costa" et autres compagnies vendent le passage au cœur de Venise aux touristes qui, massés sur les ponts dominent les toits et les campaniles qu'ils mitraillent à qui mieux mieux...

Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.

Savent-ils que les vibrations du monstre qui les porte cognent contre les pieux de bois sur lesquels la ville a été bâtie?

Imaginent-ils les dégâts causés par leur palace en ferraille?

Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.
Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.

Si les amateurs de croisière concentrationnaire refusaient un tel passage, ce serait le début de la sagesse!

Si les promoteurs de vacances de masse respectaient un patrimoine qui appartient à tous et non à quelques actionnaires et à quelques sociétés dont les comptes sont à l'abri aux îles Caïman, ce serait le début de l'intelligence...

Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.

Mais ne rêvons pas!

Si le scandale dure depuis si longtemps c'est que l'argent fait la loi, comme partout, et que les trésors menacés de Venise ne font pas le poids!

Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.

La ville elle-même a longtemps profité de la manne déversée par les Armadas polluantes...

Léo Ferré qui vécut près de Florence, l'a dit mieux que quiconque quand il a parlé du capital qui jouait aux dés notre royaume.

Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.
Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.

On se révolte devant les barbares qui font sauter les bouddhas de Bamyan, qui détruisent les villes antiques de Mésopotamie, mémoire de notre humanité...

D'autres barbares, pour le profit, fragilisent sans scrupules Venise...

Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.
Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.

Guidés par le fanatisme ou le goût du profit, les barbares menacent ce qu'il y a de plus précieux sur notre terre : la beauté, la poésie, l'héritage que depuis des millénaires l'homme offre à ses enfants pour les aider à vivre et à s'émerveiller...

Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.
Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.
Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.
Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.
Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.
Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.
Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.
Venise le scandale des paquebots de croisière. Juin 2016.

Liens : les articles classés sur l'Italie, la France, l'Asie etc...

http://http://www.montmartre-secret.com/article-liste-des-liens-voyages-nice-montpellier-cuba-perigord-art

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Publié le par chriswac
Rue Foyatier

Rue Foyatier

Les escaliers de craie décorés par les enfants des écoles en mai 2019.

     Comme chaque année, tradition montmartroise, les enfants des écoles du XVIIIème arrondissement ont pris possession des escaliers de la Butte.

Les escaliers de craie décorés par les enfants des écoles en mai 2019.

    Le 22 mai ils sont venus avec leurs profs, leurs boîtes de craie, leurs sourires, pour dessiner sur les contremarches les formes et les figures préparées en classe, comme ce Sacré-Coeur zébré de bleu et de blanc...

Rue Foyatier

Rue Foyatier

Rue Foyatier

Rue Foyatier

     Le marsupilami a toute la place pour déployer sa queue!

Les escaliers de craie décorés par les enfants des écoles en mai 2019.

     Et rue Barsacq, une baleine qui a échappé aux harponneurs japonais remonte le courant...

Les escaliers de craie décorés par les enfants des écoles en mai 2019.

     Rue Chappe, peut-être en connivence avec le fameux sémaphore inventé par le susdit, un phare se hisse vers le sommet de la Butte...

Les escaliers de craie décorés par les enfants des écoles en mai 2019.

    Tandis que tout un monde un peu foutraque de fantômes et de créatures étranges tente de mordre aux mollets les passants...

Les escaliers de craie décorés par les enfants des écoles en mai 2019.
Rue du Mont-Cenis

Rue du Mont-Cenis

Les escaliers de craie décorés par les enfants des écoles en mai 2019.

     La rue du Mont-Cenis moins inventive que l'année dernière dans sa partie haute pose des oiseaux nocturnes, yeux grand-ouverts... 

Les escaliers de craie décorés par les enfants des écoles en mai 2019.

… Et les ballons de couleur permettent à la ville de s'envoler en plein ciel...

Les escaliers de craie décorés par les enfants des écoles en mai 2019.
Les escaliers de craie décorés par les enfants des écoles en mai 2019.

     Le bas de la rue fait tourner les ailes du Moulin Rouge...

Les escaliers de craie décorés par les enfants des écoles en mai 2019.
Rue Chevalier de La Barre

Rue Chevalier de La Barre

Les escaliers de craie décorés par les enfants des écoles en mai 2019.

    La rue du Chevalier de la Barre invite une créature plantureuse, une sirène émancipée dont les rondeurs opulentes font concurrence au dôme de la basilique!

Rue Chevalier de La Barre

Rue Chevalier de La Barre

Rue Utrillo

Rue Utrillo

     Le soleil joue avec la tour colorée de la rue Utrillo dont on ne sait ce quelle veut représenter. Peu importe! Ce qui compte ce sont les couleurs arc en ciel, la fantaisie qui transforment les marches en tapisserie volante!

Rue Paul Albert

Rue Paul Albert

Les escaliers de craie décorés par les enfants des écoles en mai 2019.

     La rue Paul Albert fait éclore une grande fleur qui s'épanouira aussi longtemps que la pluie ne ruissellera sur les marches pour emporter les dessins de craie vers les caniveaux où ils disparaîtront avec les rires et la joie des enfants qui, un bel après-midi de mai, les ont tracés sans penser au lendemain!

Les escaliers de craie décorés par les enfants des écoles en mai 2019.

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La Gaîté-Rochechouart. Un music-hall disparu.
Simone Valéry à la Gaîté Rochechouart

Simone Valéry à la Gaîté Rochechouart

     Ils sont nombreux les music-halls dont ne subsistent que le nom dans la mémoire de notre quartier… La Gaîté Rochechouart est un de ceux-là.

La Gaîté-Rochechouart. Un music-hall disparu.

     Ce n'était à l'origine, au 15 du boulevard de Rochechouart, qu'un vaste hangar qui servait d'entrepôt. Un dénommé Flécheux l'acquit pour le transformer en music-hall. Disons plutôt pour y installer chaises, tables, estrade rudimentaire. Le lieu était triste et banal, une bonne raison pour l'appeler "La Gaîté"!

Nous sommes en 1867, date de naissance de ce "music-hall" qui l'année suivante compléta son nom et devint "La Gaîté-Rochechouart".

Emilie Bécat

Emilie Bécat

     Il passa ensuite entre les mains de plusieurs propriétaires parmi lesquels, la plus originale fut Emilie Bécat, chanteuse aux nombreux admirateurs fascinés par son talent et son énergie. 

Paulus qui l'aimait beaucoup a parlé d'elle dans ses mémoires : "C'était du vif argent. Elle courait, bondissait, se tordait avec des gestes câlins et canailles". elle inaugura un genre qu'on qualifia d'épileptique!

 

     C'est en 1876 que grâce à un riche protecteur, elle put réaliser son rêve et acquérir ce music-hall. Elle en prit possession comme un capitaine ignorant des règles de la navigation.

Elle présenta sur scène Jean Richepin qui interprétait ses textes et qui malgré son succès populaire fut poursuivi par la justice à cause de ses "Chansons des gueux". Amende et prison pour avoir décrit une étreinte entre deux clochards!

 

Jean Richepin

Jean Richepin

 La jeune Mistinguett y fit ses débuts en 1876 mais n'y chanta que quelques mois avant de choisir l'Eldorado dont le nom et le renom nom lui promettaient une riche carrière!

    Ni Richepin ni Mistinguett ne suffirent à assurer la rentabilité de la salle qu'Emilie ne savait gérer. Elle perdit l'argent que ses charmes lui avaient rapporté et elle quitta Paris pour Saint-Pétersbourg où elle espérait se refaire une santé!

Jane d'Alma à la Gaîté Rochechouart

Jane d'Alma à la Gaîté Rochechouart

     La salle fut reprise par Auguste Richard qui créa les premiers cafés- concerts jusqu'en 1892 où les Varlet prirent le relais et firent de la Gaîté un des lieux les plus vivants et les plus appréciés des amateurs.

Roussel à la Gaîté Rochechouart

Roussel à la Gaîté Rochechouart

Mauricette d'Arbois à la Gaîté Rochechouart

Mauricette d'Arbois à la Gaîté Rochechouart

    Pendant 24 ans la Gaîté-Rochechouart vécut sa grande période. La plupart de ses vedettes d'une saison sont aujourd'hui oubliées mais il suffit de regarder leurs photos pour que revive la Belle Epoque avec sa fantaisie, son kitsch, ses artifices et ses charmes.

De Vincenzi à la Gaîté Rochechouart

De Vincenzi à la Gaîté Rochechouart

Ces "beautés" fin de siècle nous étonnent parfois tant elles sont, pour la plupart, éloignées des canons actuels. 

De morlaix à la Gaîté Rochechouart

De morlaix à la Gaîté Rochechouart

    Parmi les vedettes les plus appréciées, une certaine Merelli occupa une des premières places si l'on en juge au grand nombre de cartes postales la représentant. 

Léotor à la Gaîté Rochechouart

Léotor à la Gaîté Rochechouart

Verly à la Gaîté Rochechouart

Verly à la Gaîté Rochechouart

Sterly à la Gaîté Rochechouart

Sterly à la Gaîté Rochechouart

     Pendant cet âge d'or, la Gaîté faisait sa publicité sur les murs de Paris et recevait parmi ses spectateurs des poètes et des peintres de Montmartre.

 

                                       

 

     Certes les autres music halls du boulevard, surtout après l'ouverture du Moulin Rouge, avaient-ils plus de succès et plus de "stars" que la Gaîté mais on connaît au moins un dessin de Lautrec y représentant Nicolle en pierreuse (prostituée de la rue)

 

 

     Une autre artiste qui marquera l'histoire de la chanson française passa par la Gaîté en 1910.

Il s'agit de Fréhel. Elle venait de divorcer d'un comédien bellâtre, Roberty qui après avoir fait un enfant qui ne survivra que quelques mois, lui avait préféré Damia, la grande rivale aux accents tragiques, voire mélodramatiques.

 

    Fréhel qui avait abandonné son nom de scène "Pervenche" pour celui du cap breton qui lui rappelait ses origines, impressionne encore aujourd'hui par sa voix forte et populaire, par ses textes réalistes qui avec le temps ont pris une teinte poétique et mélancolique.

Le bas Montmartre où elle a vécu et où elle est morte, misérable, dans une chambre sordide d'un hôtel de Pigalle, reste lié à son histoire. Elle a d'ailleurs chanté le quartier saccagé par la spéculation immobilière:

"Mais Montmartre semble disparaître

Car déjà de saison en saison

Des Abbesses à la place du tertre

On démolit nos vieilles maisons.

Sur les terrains vagues de la Butte

De grandes banques naîtront bientôt,

Où ferez-vous alors vos culbutes,

Vous les pauvres gosses à Poulbot? (…)"

Colette

Colette

     Une autre grande dame se produisit à la Gaîté. Il s'agit de Colette qui y donna ses pantomimes avec un certain succès.

La Gaîté-Rochechouart. Un music-hall disparu.

Elle évoque cette période de sa vie dans son roman "La Vagabonde" où la Gaîté-Rochechouart est appelée "L'Empirée-Clichy". La romancière y a rencontré de nombreuses artistes fauchées et a porté sur elles un regard fraternel (on dirait aujourd'hui sororal) et quelques fois amoureux.

"L'espèce n'est pas rare en ce pays montmartrois de ces filles qui vivent de misère et d'orgueil, belles de leur dénuement éclatant."

La Gaîté-Rochechouart. Un music-hall disparu.

    En 1923 un incendie détruisit le théâtre qui fut remanié et reconstruit.

Pendant quelques années de nombreuses pièces légères y furent données comme "Quand on a fait ça une fois"... "La mariée en vadrouille"... Certaines y furent créées : "C'est un enfant de l'amour", "Jojo le livreur d'amour", "L'Ecole des courtisanes"...

La Gaîté-Rochechouart. Un music-hall disparu.

    Mais comme la plupart des théâtres du boulevard, la Gaîté ne faisait plus recette. L'avènement du cinématographe lui porta le coup de grâce. Tout en gardant son nom, la salle se transforma en cinéma en 1932.

La Gaîté-Rochechouart. Un music-hall disparu.

   En attendant que la télévision à son tour ne le détrône et provoque la fermeture des grandes salles aux trois-quarts vides.

Le nom même de  "Gaîté -Rochechouart" disparut définitivement en 1988.

La Gaîté-Rochechouart. Un music-hall disparu.

    Des commerces variés et éphémères se sont installés à sa place. Aujourd'hui, c'est une enseigne de vêtements masculins, sans fantaisie ni originalité qui ouvre ses portes à des hommes qui ignorent que leurs aînés venaient là, au temps du music hall, non pour acheter des jeans et des joggings mais pour rêver devant des femmes vêtues de plumes, de strass et de lumière.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #album, #OLERON
Plage de Grand-Village

Plage de Grand-Village

     C'est la période de l'année où l'île est la plus belle avec ses floraisons, ses ciels où les nuages voyagent, ses plages libres….

Grand-Village

Grand-Village

Grand-Village

Grand-Village

Saint-Trojan Grande Plage

Saint-Trojan Grande Plage

     Déjà des amoureux de la mer se risquent dans les vagues… 

Saint-Trojan Grande Plage

Saint-Trojan Grande Plage

Plage de Grand-Village

Plage de Grand-Village

La Perroche

La Perroche

La Perroche

La Perroche

La Perroche

La Perroche

Grand-Village

Grand-Village

Vert-Bois

Vert-Bois

    Mais le vent du nord-ouest est aux aguets, avec les pluies et la froidure...

Saint-Trojan

Saint-Trojan

Saint-Trojan

Saint-Trojan

Grand-Village

Grand-Village

Vert-Bois

Vert-Bois

La Perroche

La Perroche

     Peu importe! 

Les changements de lumière, les brusque éclats de soleil, les tombées de grisaille, le frémissement du vent sur le sable… l'île vit intensément chaque moment, sans souci du lendemain...

Le Château

Le Château

Les Saumonards Boyardville

Les Saumonards Boyardville

Les Saumonards

Les Saumonards

Les Saumonards

Les Saumonards

Pointe de Maumusson
Pointe de Maumusson

Pointe de Maumusson

Gatseau

Gatseau

    Tantôt grise, tantôt bleue, toujours en voyage malgré le pont qui la retient comme une chaîne...

Marais d'Ors

Marais d'Ors

La Cotinière
La Cotinière

La Cotinière

Plage de la Giraudière

Plage de la Giraudière

Les Allassins.

Les Allassins.

Grand-Village

Grand-Village

Gatseau

Gatseau

    Je l'aime simplement

    Humble et fière, familière et sauvage

   Avec mon enfance de dunes et d'oyats, de jeux et de peurs…

   Avec la maison de mon père comme un feu dans la cheminée.. 

   Avec mes deux chats recueillis dans le refuge du bastion…

   Avec  ma femme qui est méditerranéenne mais qui accepte par amour de vivre avec moi près du Vieil Océan

Oléron. 15 jours en mai. Album photos.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #MONTMARTRE. Rues et places.
Gabrielle d'Estrées à Montmartre. Légende et réalité.

Gabrielle d'Estrées et sa sœur. 

     Elle est passée par ici, elle est revenue par là... Comme le furet, la Belle Gabrielle a été aperçue à différents endroits de Montmartre!

Gabrielle d'Estrées à Montmartre. Légende et réalité.

    Les Montmartrois qui, comme chacun sait, aiment se parer des plumes du paon n'ont pas manqué de la "montmartriser" et d'embellir avec elle la légende de la Butte.

Pardonnons leur ce péché mignon (bien que nous soyons au temps d'Henri IV et non d'Henri III)! 

Rue Cortot.

Rue Cortot.

     Les lieux qui ont reçu son nom sont pour la plupart situés au cœur de la Butte, à quelques pas de l'ancienne abbaye. Ils s'étendent rue Cortot (côté pair) du début à la fin de la rue, englobant la maison où Satie a vécu, le musée et ses jardins jusqu'à la dernière maison à l'angle de la rue des Saules, emplacement de celle où vécut Aristide Bruant.

Rue Cortot. La 1ère maison à gauche a été bâtie sur les ruines de celle qu'habita Aristide Bruant.

 

On trouve dans ce pâté de maisons : le parc de la Belle Gabrielle :

                                 Entrée du parc de la Belle Gabrielle

                            Une partie du parc de la Belle Gabrielle et la "maison"

Dans le même parc, la maison de Henri IV :

 

La maison de la Belle Gabrielle (parfois appelée "manoir") :

 

 

     Cette photo nous montre la maison qui est en fait celle du Bel Air  (XVIIème siècle) et qui fait partie aujourd'hui du musée.

Le parc est devenu la vigne de Montmartre.

La vigne au printemps

La vigne au printemps

Le Puits de la Belle Gabrielle :

 La vérité sort-elle toute nue de ce puits? Apparemment non!

 

   N'oublions pas, en bas de la rue du Mont-Cenis, un autre  Manoir de Gabrielle d'Estrées!

 

Qui était parfois appelé bergerie!

 

Le "manoir" peint par Utrillo.

Le "manoir" peint par Utrillo.

Un dernier endroit porta le nom de la Belle Gabrielle...

 

Gabrielle d'Estrées à Montmartre. Légende et réalité.

     Il s'agit du cabaret au rez-de chaussée d'un immeuble toujours debout à l'angle des rues St Vincent et du Mont-Cenis. Il a été peint et repeint par Utrillo qui aimait y boire quelques verres d'absinthe et qui avait pour payer son ardoise recouvert de fresques les murs des toilettes. Elles furent lessivées par la propriétaire qui ne supportait pas l'odeur de la peinture.

Gabrielle d'Estrées à Montmartre. Légende et réalité.

  Cette présence si importante de la Belle Gabrielle à Montmartre dans ce périmètre bien délimité entre les rues Cortot, Saint-Vincent et du Mont-Cenis peut nous intriguer. 

Tentons, en historien que nous ne sommes pas de démêler le vrai du faux (car nous le verrons, il y a plus qu'un nuage de vrai).

Je remercie mon ami Pierre qui sans qu'il eût été besoin d'un clair de lune m'a prêté non pas sa plume mais son érudition! 

Gabrielle d'Estrées à Montmartre. Légende et réalité.

    Gabrielle est passée dans le ciel de l'histoire, comme une météorite, éblouissante et fugace. Neuf années de sa courte vie lui ont permis, grâce à l'amour que lui portait le roi, d'éclairer le ciel souvent ténébreux de son époque.

Gabrielle d'Estrées à Montmartre. Légende et réalité.

     En 1590, Henri de Navarre assiège Paris et pour avoir une vue stratégique sur la ville établit son camp sur la Butte. Il choisit de loger dans l'abbaye où vit la jeune et belle abbesse Claude de Beauvilliers.

 

    Les adversaires, nombreux, du Navarrais, prétendent qu'il aurait eu avec elle une liaison passionnée (on ne prête qu'aux riches) tandis que ses capitaines, pour suivre comme il se doit l'exemple de leur chef, auraient à leur tour butiné les jeunes nonnes. L'abbaye aurait été appelée "le magasin à putes de l'armée"!

     Rabelais n'est pas mort depuis longtemps qui en avait autant pour les monastères d'hommes et écrivait qu'il suffisait qu'une femme passât à l'ombre de leurs murs pour tomber enceinte! Pas forcément du Saint-Esprit!

Gabrielle d'Estrées à Montmartre. Légende et réalité.

     Claude de Beauvilliers qui sera récompensée de ses bons et loyaux services en recevant du roi la juteuse abbaye de Couilly Pont-aux-Dames avait pour cousine la belle Gabrielle d'Estrées qu'elle eut l'imprudence de présenter à son royal amant.

Gabrielle d'Estrées à Montmartre. Légende et réalité.

     Entre les deux, arriva ce que l'on sait et Gabrielle mena pendant neuf ans une vie de reine (le roi étant séparé de la reine en titre, la fantasque Marguerite de Valois)

Maison de Gabrielle d'Estrées (Utrillo)

Maison de Gabrielle d'Estrées (Utrillo)

     Voilà donc la légende montmartroise qui dans son désir de servir de décor à une amour historique attribua à Gabrielle un manoir, une maison, un parc, un puits...

Gabrielle d'Estrées à Montmartre. Légende et réalité.

     La réalité historique est tout autre.

     Oublions la grande confusion sur des sites divers entre Marie-Catherine et Claude de Beauvilliers, toutes deux sœurs et abbesses de Montmartre.

Le choeur des Dames dans l'église de l'abbaye.

Le choeur des Dames dans l'église de l'abbaye.

     Admettons qu'une relation biblique ait uni le roi et Claude de Beauvilliers, acceptons de reconnaître la réputation sulfureuse de l'abbaye… mais ce qui est certain c'est que jamais Claude de Beauvilliers ne provoqua la rencontre de  sa cousine et du Vert Galant.

Gabrielle d'Estrées à Montmartre. Légende et réalité.

     On sait que c'est au château de Coeuvres que Roger de Bellegarde, grand Ecuyer de France, présenta sa maîtresse, Gabrielle, au roi qui avait entendu parler de sa beauté.

                                             Roger de Bellegarde

     Il y eut un coup de foudre, du moins pour le roi qui lui fit la cour pendant des mois avant de faire craquer celle qui le trouvait laid et odorant, sentant puissamment "de l'aile et du gousset". Sans doute les riches perspectives qu'offrait cette liaison vinrent-elles à bout de ses réticences et transformèrent-elles le "fumet" en parfum!

Gabrielle d'Estrées à Montmartre. Légende et réalité.

     On sait que l'amour du roi ne se démentit pas pendant neuf années et que seule la mort sépara les amants. Gabrielle mit au monde trois enfants et c'est pendant la quatrième grossesse qu'elle rendit l'âme. Quelque temps avant, le roi avait en public déclaré que contre vents et marées et malgré l'opposition du pape, il épouserait Gabrielle. Il lui avait offert à l'occasion son anneau d'or du sacre, celui là même qu'elle tient entre les doigts sur le fameux tableau où sa sœur lui saisit le téton pour vérifier qu'elle est bien enceinte. 

 

     Elle mourut dans d'atroces souffrances, présentant tous les symptômes d'un  empoisonnement (les adversaires à son mariage étaient légions (Parisiens catholiques partisans de Guise, aristocrates scandalisés par l'argent dépensé pour la dame…)

Gabrielle d'Estrées à Montmartre. Légende et réalité.

     Vraisemblablement l'empoisonnement fait lui aussi partie de la légende et selon toute probabilité, elle mourut d'éclampsie.

Rue Gabrielle. (photo Montmartre-secret)

Rue Gabrielle. (photo Montmartre-secret)

     Il y a à Montmartre une rue Gabrielle qui n'a rien à voir avec celle qui fut aimée par Henri IV (il s'agit de la fille d'un propriétaire lotisseur) et tous ces lieux que nous avons énumérés....

    Pourquoi cette présence si forte de la Belle? Pourquoi les Montmartrois l'ont-ils vue à tant d'endroits? 

     

     A quelques mètres de l'ancien cabaret, à l'angle des rue St-Vincent et du Mont-Cenis une école a été construite à l'emplacement d'une autre école, communale, où Louise Michel fut directrice .

Cette école était elle-même à l'emplacement d'un hôtel particulier qui figure sur les anciens plans de Montmartre sous le nom de "Pavillon de Gabrielle d'Estrées". C'est lui qui va nous donner la résolution de l'énigme...

 

Gabrielle d'Estrées à Montmartre. Légende et réalité.

    En effet, mon cher Whatson, la Belle a effectivement vécu à Montmartre, dans un hôtel loué par sa cousine Claude de Beauvilliers qui ne voulait pas abriter dans les murs de l'abbaye la maîtresse du roi qui était marié!

L'école à l'emplacement de la maison de Gabrielle.

L'école à l'emplacement de la maison de Gabrielle.

    En 1593, avant sa conversion, Henri IV évitait de se montrer avec sa maîtresse et c'est la raison pour laquelle il l'exila hors de Paris, sur cette Butte champêtre qu'il pouvait apercevoir depuis les fenêtres du Louvre. De nombreux historiens corroborent ce fait...

Le Louvre d'Henri IV

Le Louvre d'Henri IV

    Gabrielle y demeura pendant plus d'une année avant de redescendre dans ce Paris où son amant s'ennuyait d'elle et trouvait harassantes ses chevauchées pour la rejoindre. 

Gabrielle d'Estrées à Montmartre. Légende et réalité.

    L'hôtel montmartrois que l'on voit sur le vieux plan de Montmartre sous le nom de "pavillon de Gabrielle d'Estrées" était bâti le long de la rue Saint-Denis (Mont-Cenis) et Saint-Vincent. Ses jardins s'étendaient  jusqu'à la rue de la Bonne.

Gabrielle d'Estrées à Montmartre. Légende et réalité.

   Voici la seule photo connue de ce qui restait de cette "maison" au milieu du XIXème siècle avant sa destruction et l'édification de l'école communale. 

 

     Gabrielle profita plus d'une année du bon air de la Butte, de sa verdure et des chants d'oiseaux avant de regagner Paris, rappelée par le roi qui lui trouva un hôtel près du Louvre.

Hôtel Du Bouchage. Détruit comme tant d'autres au XIXème siècle.

Hôtel Du Bouchage. Détruit comme tant d'autres au XIXème siècle.

.....Il s'agit de l'hôtel Du Bouchage situé entre la rue du Coq (aujourd'hui rue Marengo) et la rue de l'autruche (aujourd'hui rue de l'Oratoire).

Gabrielle d'Estrées à Montmartre. Légende et réalité.

Mais c'est une autre histoire… et notre enquête est  terminée!

     Tout n'était donc pas faux dans la légende de la Belle Gabrielle et Montmartre peut s'enorgueillir d'avoir abrité la maîtresse du roi Henri IV! 

      Pas de doute Montmartre sera toujours Montmartre! Une colline où légende et vérité sont indissociables comme le vent et les ailes des moulins!  

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Publié le par chriswac
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Photos de Montmartre, fin mars et avril.
Photos de Montmartre, fin mars et avril.

Le 23  mars Montmartre a jauni! Tout a commencé par une épaisse fumée et s'est achevé par un arrêt prolongé sur les pelouses du square Louise Michel.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.
Photos de Montmartre, fin mars et avril.
Photos de Montmartre, fin mars et avril.

     Je ne sais pas ce que la "Vierge Rouge" si elle était revenue du cimetière de Levallois aurait pensé de ce mouvement.

Je pense à elle, amie des hommes et des bêtes, persuadée que la poésie sauverait le monde : " Je voudrais que tout le monde fût artiste, assez poète pour que la vanité humaine disparût."

 

Photos de Montmartre, fin mars et avril.
Photos de Montmartre, fin mars et avril.

    Il n'y a pas eu de violence cette fois, ni infâmes quenelles sur les marches. Les marchands de tissus du Marché Saint-Pierre n'ont pas baissé le rideau de fer.

Les Gilets jaunes sont repartis comme ils étaient venus et la floraison printanière a pris le relais de leur couleur!

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

24 mars. Jaune printemps. Rue Ronsard.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

25 mars. Attente-inquiétude. Rue des Abbesses.

26 mars. La cariatide vous a à l'œil! (Fontaine Wallace, place des Abbesses).

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

29 mars. Christ footballeur. Esplanade du Sacré-Coeur.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

30 mars. Amour inconditionnel. Devant le Sacré-Coeur.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

31 mars. Les serpents de ciel! Esplanade du Sacré-Coeur.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

1er avril. D'un dôme à l'autre. Square Louise Michel.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

2 avril. La rue Paul Albert depuis le square Louise Michel.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

3 avril. Contre-ciel rue Utrillo.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

4 avril. Le marchand fait grise mine! Place du Tertre.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

5 avril. La rue qui tourne. Rue Feutrier.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

6 avril. Le sourire. Rue Chevalier de La Barre.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

7 avril. Petits chapeaux chinois. Rue André Del Sarte.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

8 avril. Le SDF et les touristes. Place Marcel Aymé.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

9 avril. Place Dalida. Un inconsolable.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

10 avril. Sens interdit rue Gabrielle.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

12 avril. Selfie avec le Sacré-Coeur entre les doigts!

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

13 avril. Un cœur prêt à éclater. Rue du Calvaire.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

14 avril. Dimanche des Rameaux au Sacré-Coeur.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

15 avril. Prendre un enfant par la main.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

16 avril. D'une dame couronnée à la Dame sans couronne… Là-bas, à gauche, Notre-Dame sans toiture...

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

17 avril. A fleurs de peau. Parvis du Sacré-Cœur.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

19 avril. La foule du Chemin de Croix. Vendredi Saint.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

20 avril. S'embrasser devant la porte d'Erik Satie. Rue Cortot.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

21 avril. Fleur et fleurs. Lundi de Pâques square de la Turlure.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

23 avril. Pigeon à cheval. Square Louise Michel.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

24 avril. Le repos du "jogger". Rue du Chevalier de La barre.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

25 avril. Le temps des cerises à la guitare et à l'accordéon. Place du Calvaire.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

26 avril. Pique nique rue du Calvaire.

Photos de Montmartre, fin mars et avril.

27 avril. Le triton n'est pas de pierre. fontaine de Gasq.

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Publié le par chriswac

    Nous repartons à la découverte de la rue La Bruyère qui nous réserve comme la plupart des rues de la Nouvelle Athènes de belles surprises.

Le 15

Le 15

    Le 15 est un immeuble haussmannien où ont vécu un grand écrivain Roland Dorgelès et un journaliste et critique d'art André Warnod . Ils étaient amis et n'avaient pas un grand chemin à parcourir pour se rencontrer !

 

Dorgelès

Dorgelès

     Roland Dorgelès (1885-1973) est un amoureux de ce Montmartre qui a fait l'objet de plusieurs de ses livres. Il a vécu rue Lepic, rue Truffaut, rue Victor Massé. C'est dire qu'il connaissait bien le quartier!

  C'est en1912 qu'il vient habiter rue Labruyère, deux ans après le fameux canular qu'il organisa chez Frédé, au Lapin Agile.

 

    Est-il utile de rappeler qu'il accrocha un pinceau à la queue de l'âne de Frédé. Il la trempa dans un seau de peinture et approcha une toile que les battements caudaux de l'animal recouvrit de couleurs qui donnèrent naissance à un chef d'œuvre aussitôt nommé "Coucher de soleil sur l'Adriatique" exposé au Salon des Indépendants où il reçut des critiques élogieuses! 

 

    L'auteur des "Croix de Bois" gardera un souvenir ému de sa vie de bohême montmartroise. Son ami André Warnod fréquenta comme lui Carco et Mac Orlan. Il illustra des livres consacrés à la Butte, dans un style précis et sans grande originalité

 

Le 21

Le 21

Le 21 est un bel exemple de l'architecture romantique...

Croisement avec la rue de La Rochefoucauld

Croisement avec la rue de La Rochefoucauld

    Le premier immeuble côté pair après le croisement avec la rue de La Rochefoucauld, le 26, porte une plaque commémorative.

 

     Auguste Renoir est très lié à Montmartre;  après son premier atelier rue Saint-Georges, il a vécu de 1875 à 1877 au coeur du vieux village, rue Cortot, dans l'hôtel qui abrite aujourd'hui le musée de Montmartre et qui fut une pépinière de grands peintres. Il occupait  un deux pièces dans l'aile gauche et utilisait un appentis au rez de chaussée où il entreposait une toile de grande dimension, un de ses chefs d'œuvre : "Bal au Moulin de la Galette"

                                                    Rue Cortot. Partie occupée par Renoir.

Il a vécu également au Château des Brouillards, rue Girardon où naquit son fils Jean.

Quand il déménage pour la rue Labruyère, il est un peintre reconnu et sa situation financière lui a permis d'acquérir une propriété à Essoyes près de Troyes. C'est là qu'il a un accident de bicyclette et se fracture le bras droit. Les années qui suivent ne sont pas les plus créatrices. Peut-être à cause de son succès, se répète t-il sans innover comme il le fit dans ses années difficiles.

                                                                             La lettre (Renoir)

Parmi ses toiles peintes pendant ses années rue Labruyère en voici quelques unes …. 

                                                                    Yvonne et Jean (1899)

Elles portent en elles en même temps que le grand art du peintre, les signes de l'affaiblissement de sa créativité et d'une facilité que le succès commercial encourage.

                                                        Claude Renoir (1901) Auguste Renoir.

En 1902, il quitte Paris pour aller vivre à Cagnes sur mer, quittant définitivement Montmartre.

Le 28

Le 28

  Le 28 pose un petit problème. D'après plusieurs sites par ailleurs sérieux, il aurait abrité le poète-acteur génial et embrasé Antonin Artaud à partir de 1928.

Il s'agit sans doute d'une erreur due à la confusion avec la date. En effet un document indéniable, une lettre manuscrite d'Artaud indique de sa main avant de signer le 38 rue Labruyère.

                                                                       Le 38

    Quoi qu'il en soit, il est émouvant de savoir qu'il a vécu un temps dans notre quartier. Nous savions déjà qu'il fut proche de Dullin avant de se brouiller avec lui et qu'il joua à l'Atelier, notamment dans l'Avare. Peu avant d'habiter rue Labruyère, il fonda le théâtre Alfred Jarry. 

                                                      Antonin Artaud. Autoportrait.

    Cet homme incandescent au corps torturé par des douleurs incessantes due à une syphilis héréditaire nous a laissé son image grâce aux films dans lesquels il joua (Tourneur, Abel Gance, Dreyer). Nul ne peut oublier sa présence dans le chef d'œuvre de Dreyer "La Passion de Jeanne d'Arc".

                                                           La Passion de Jeanne d'Arc. 

Le 31

Le 31

     Au 31 a vécu le peintre Pino della Silva (1904-1987) quand il vint habiter à Paris en 1931.

Son œuvre est sous estimée aujourd'hui peut-être parce qu'elle a beaucoup évolué, passant des portraits à la peinture sociale puis au surréalisme et à l'abstraction. Il a été également graveur comme on peut l'apprécier avec ce chat d'Henriette Korner :

 

Le 41

Le 41

     Au 41 a vécu pendant les dernières année de sa vie le peintre Jean-Jacques Henner (1829-1905). 

Grand Prix de Rome en 1858, il mène une carrière brillante et reconnue à l'écart des courants picturaux de son temps dont il n'ignore pas l'ambition et les qualités.

                                                      Jean-Jacques Henner par Nadar

Il défend notamment Manet. Mais il reste à sa manière un romantique à l'image de ses femmes nues aux chevelures de feu.

Rue La Bruyère. 2ème partie  du 15 au 53. Dorgelès, Berlioz, Cocteau...

    On a pu dire de lui qu'il était le peintre des rousses!

Son atelier est place Pigalle, dans le même immeuble que Puvis de Chavannes. Et sa dernière demeure sera le cimetière de Montmartre. De nombreux musées exposent ses toiles mais le musée qui porte son nom se situe dans un hôtel particulier à une adresse où il n'a jamais vécu (43 avenue de Villiers). 

Le 42

Le 42

   Le 42, d'apparence plus modeste, fut le siège de la JAC, la jeunesse agricole catholique, mouvement soucieux de défendre les jeunes ruraux contre la tentation de l'athéisme!

Le 45

Le 45

Le 45 est l'immeuble de la rue Labruyère qui a le plus d'histoires à nous raconter mais il a joué les grands timides devant ma curiosité et il s'est abrité derrière échafaudages et bâches de plastique!

 

     Il aurait à nous raconter comment il fut construit en écrasant un petit hôtel particulier de deux étages sur jardin, propriété d'Eugène Lecomte, grand-père de Jean Cocteau. C'est dans cet hôtel que le poète, cinéaste, dessinateur, metteur en scène… passa les 16 premières années de sa vie et en fut durablement marqué.

 

     Ses parents, Georges et Eugénie occupaient le 1er étage :

"Mes grands-parents habitaient à l'étage supérieur un appartement que les caprices de l'architecte avaient distribué de telle sorte qu'il fallait suivre des couloirs, monter et descendre des escaliers à pic afin de passer d'une chambre à l'autre."

Rue La Bruyère. 2ème partie  du 15 au 53. Dorgelès, Berlioz, Cocteau...

     Son père Georges, avocat, est un artiste dans l'âme, amateur de musique, dessinateur. Il apprend à son fils le maniement du crayon et du pinceau.

                                      Dessin. Jean par son père Georges. Année du suicide.

C'est l'époque heureuse où l'enfant s'amuse à construire dans la cour des théâtres de carton. Le 5 avril 1898, le malheur frappe comme un coup de tonnerre : un coup de feu tiré par le pistolet que Georges pointe sur sa tempe. 

Rue La Bruyère. 2ème partie  du 15 au 53. Dorgelès, Berlioz, Cocteau...

     Il y aura plusieurs hypothèses sur les raisons qui l'ont poussé au suicide. Celle que formulera Jean sera la plus sensible et la plus douloureuse. L'enfant se sentait si proche, si ressemblant de ce père aimé qu'il ne peut s'empêcher de penser qu'il était comme lui homosexuel et qu'il avait dissimulé au prix de la plus grande souffrance ce penchant :

"J'ai toujours pensé que mon père me ressemblait trop pour différer sur ce point capital. Sans doute ignorait-il sa pente et au lieu de la descendre en montait-il péniblement une autre sans savoir ce qui lui rendait la vie si lourde. À cette époque on se tuait pour moins. Mais non, il vivait dans l'ignorance de lui-même et acceptait son fardeau."

La mère de Cocteau. Eugénie.

La mère de Cocteau. Eugénie.

     Après la mort de son père, Jean se rapprochera de son grand-père, mélomane, collectionneur d'art. Il vit dans ce milieu privilégié auquel participe sa mère, musicienne de talent qui reçoit dans son salon les Daudet, la princesse Murat…

                                        Portrait de Jean Cocteau par Lucien Daudet

     Ces années sont encore celles de la scolarité de Jean au petit Condorcet puis au grand dont il est renvoyé, alors qu'il a 15 ans à cause de ses absences répétées. On sait que c'est dans ce lycée qu'il fait la rencontre décisive avec Dargelos.

                                                                         Dargelos

"Un des élèves, nommé Dargelos, jouissait d'un grand prestige à cause d'une virilité très au-dessus de son âge. Il s'exhibait avec cynisme et faisait commerce d'un spectacle qu'il donnait même à des élèves d'une autre classe en échange de timbres rares ou de tabac."

Rue La Bruyère. 2ème partie  du 15 au 53. Dorgelès, Berlioz, Cocteau...

     Le grand-père meurt en 1906 et une année plus tard la famille quitte la rue Labruyère. Jean Cocteau y reviendra plus tard et retrouvera les saveurs du passé en faisant le chemin qui allait du domicile au lycée, touchant de la main ces murs et ces portes qu'il avait effleurées jadis...

Le 53

Le 53

     Au 53 a vécu pendant 7 ans Hector Berlioz. Il avait quitté en 1849 la rue La Rochefoucauld pour cette adresse. Il vivait alors avec Marie Recio.

C'est à cet endroit qui était à l'époque le 19 de la rue Boursault qu'il composa son oratorio "L'Enfance du Christ" et  sa cantate "l'Impériale". Il y acheva son "Te Deum" et y rédigea "Les soirées de l'orchestre".

 

     On aimerait quitter la rue avec ce génie romantique, si lié à Montmartre, mais en nous approchant pour lire la plaque apposée à gauche de l'entrée, alors que nous étions persuadés qu'elle nous parlerait de Berlioz, c'est une autre réalité que nous avons découverte, et combien triste :

 

La rue s'arrête au croisement avec la rue Blanche… mais c'est avec la couleur rouge de la décapitation que nous la quittons.

Liens :

1ère partie de la rue Labruyère

Les rues de Montmartre par ordre alphabétique.

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Cimetière.
Une photo du cimetière Montmartre. Le jour de Pâques. Pascale, Ludivine et le chien Gégé.

Cimetière de Montmartre.

C'est un jardin fleuri avec ses allées sous les grands arbres et sa ville de chapelles comme autant de maisonnettes qui se tiennent chaud.

Une photo du cimetière Montmartre. Le jour de Pâques. Pascale, Ludivine et le chien Gégé.

     Je m'y suis promené sous le soleil pour dire bonjour à quelques amis, Stendhal, Heine, Berlioz, Truffaut, Jeanne Moreau, Monique Morelli… sans oublier les chats...

Une photo du cimetière Montmartre. Le jour de Pâques. Pascale, Ludivine et le chien Gégé.
Une photo du cimetière Montmartre. Le jour de Pâques. Pascale, Ludivine et le chien Gégé.

     Et puis je suis passé devant une tombe modeste, en bord d'allée et mon regard a été attiré par une photo fixée sur le marbre.

Une photo du cimetière Montmartre. Le jour de Pâques. Pascale, Ludivine et le chien Gégé.

     Une jeune-femme tient dans ses bras une fillette. Elles sont au bord de la mer par un beau jour paisible. Un petit chien, heureux et attentif se tient à côté d'elles.

Une photo du cimetière Montmartre. Le jour de Pâques. Pascale, Ludivine et le chien Gégé.

     La femme fait un signe de la main, sans doute à celui qui la photographie. elle sourit. On sent la douceur du soleil, le vent léger, l'odeur de la mer.

Une photo du cimetière Montmartre. Le jour de Pâques. Pascale, Ludivine et le chien Gégé.

     Je m'approche et je lis, gravés dans le marbre le nom de Pascale, 36 ans, Ludivine 10 mois, Gégé le petit chien.

 

    C'est le 16 juin 2000 que tous trois moururent. Un accident de voiture peut-être, une tragédie brutale….

Une photo du cimetière Montmartre. Le jour de Pâques. Pascale, Ludivine et le chien Gégé.

     Je les regarde, si proches, si familiers, si présents dans ce moment de bonheur où ils sont photographiés par celui qui les aime...

Une photo du cimetière Montmartre. Le jour de Pâques. Pascale, Ludivine et le chien Gégé.

   La main de Pascale ressemble soudain à ce geste que l'on fait pour dire au revoir sur le quai d'une gare.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #MONTMARTRE. Rues et places.
Rue La Bruyère. Première partie. Du 1 au 11. Osiris. Lévy Dhurmer. Desbordes Valmore...

    La rue La Bruyère prend naissance place Saint-Georges au cœur d'un quartier qui a gardé l'empreinte de son riche passé culturel et historique.

   C'est en 1824, dans le Paris romantique que son tracé fut dessiné en même temps que celui de la rue Fontaine….

Les 1 et 3 rue La Bruyère

Les 1 et 3 rue La Bruyère

   La rue Pierre Fontaine rendant hommage à l'architecte-décorateur de l'Empire, il fut proposé de donner à la rue voisine le nom de son ami et complice Charles Percier, à ce point lié à lui dans le travail qu'il est difficile sinon impossible d'attribuer à l'un ou à l'autre ce qui lui revient dans leurs multiples collaborations. 

                         L'arc de Triomphe du Carrousel (Percier Fontaine)

Mais l'homme, insensible aux honneurs, contrairement à Pierre Fontaine, le refusa et ce fut le moraliste du Grand Siècle, célèbre pour ses Caractères, La Bruyère qui fut choisi! 

                                      La Bruyère (Largillière)

     La rue a été habitée par tant d'artistes, hommes célèbres etc... que nous lui consacrons deux articles.

 

     Commençons par le 1, siège aujourd'hui de la Fondation Taylor qui depuis 1844 œuvre à la défense des artistes qu'elle aide et promeut. C'est dans cet immeuble que vécut Albert Maignan (1845-1908) qui fut président de la Fondation à laquelle il légua son immeuble. Il est connu surtout pour ses talents de décorateur. Il reçut de nombreuses commandes, pour l'hôtel de ville, pour le Palais du Luxembourg, pour l'Opéra Comique…

              Les notes. (Plafond du foyer de l'Opéra Comique)

… et pour l'extraordinaire "Train Bleu" de la gare de Lyon. Certains pourront s'amuser à reconnaître dans son "Théâtre d'Orange", Sarah Bernhardt, Réjane et Edmond Rostand :

                         Théâtre d'Orange (Albert Maignan)

     La chronologie et les règles de préséance auraient dû présenter le beau père avant le gendre!

Il s'agit de Charles Philippe Larivière (1798-1876) dont la fille Etiennette épousa Albert Maignan. Il fut un peintre reconnu, grand prix de Rome en 1824.

                   La mort d'Alcibiade (Charles Philippe Larivière)

A la fois néo-classique et romantique, il finit par se spécialiser dans les scènes historiques qui, il faut bien l'avouer, nous lassent aujourd'hui. Il peignit trois des grandes toiles de la Galerie des Batailles de Versailles et il décora une des chapelles de Saint-Eustache.

La Petite Loge 2 rue La Bruyère.

La Petite Loge 2 rue La Bruyère.

     Au n°2 La Petite Loge s'enorgueillit d'être "le plus petit théâtre de Paris". Comme quoi on peut être riquiqui et avoir la folie des grandeurs! Surtout quand on se pare des plumes du paon car il y a plus petit à Paris, à Montmartre...

Il s'agit du Petit théâtre du Bonheur qui n'a que 20 places alors que la Petite Loge en compte 25! Mais soyons plus sérieux, c'est un lieu sympathique, ouvert aux jeunes spectateurs et spécialisé dans les "Seul en scène" (ça vaut mieux).

Le 3bis

Le 3bis

     Le 3bis abrita plusieurs hôtes illustres. Le plus proche de nous est Albert Brasseur (1862-1932) non pas le père de Pierre Brasseur comme l'affirment certains sites dont celui des rues de Paris. Il est vrai qu'il fut lui aussi comédien et chanteur d'opérette. De son vrai nom Albert Jules Dumont il fut apprécié pour son humour et sa décontraction.

                   Albert Brasseur, Ménélas dans "La Belle Hélène".

 

 

     Un autre habitant célèbre de l'immeuble fut le journaliste et écrivain Aurélien Scholl (1833-1902). Un homme plein d'esprit et de mordant qui aimait dans ses chroniques souligner les travers de ses contemporains. On l'appelait "le chroniqueur étincelant"!

Il créa des journaux, participa à "la Justice" de Clémenceau avec qui il avait alors en commun des idées et une maîtresse, l'actrice Léonide Leblanc qui n'en était pas à un amant près puisqu'elle avait accroché à son tableau de chasse le Prince Napoléon et surtout le Duc d'Aumale qui lui offrit une fortune et lui resta fidèle dans la vieillesse. 

 

Scholl changea de bord avec la Commune dont il fut un adversaire haineux, capable de dénoncer Lavalette, mari de la sœur de sa femme. Il est tombé dans les oubliettes malgré son humour vachard et parfois absurde….

Pour Sarah Bernhardt qu'il n'aimait pas, il écrivit :

-Un fiacre vide s'arrête devant le théâtre; Sarah Bernhardt en descend.

Rue La Bruyère. Première partie. Du 1 au 11. Osiris. Lévy Dhurmer. Desbordes Valmore...

Autres citations :

-Il fut un temps où les bêtes parlaient; maintenant elles écrivent.

-Non je ne crains pas la mort. Seulement je trouve que la Providence a mal arrangé les choses. Ainsi je préférerais de beaucoup qu'on enterre mon âme et que ce soit mon corps qui soit immortel"

-Voyons si Dieu n'existait pas comment aurait-il eu un fils?

Medusa (Lévy-Dhurmer) Musée d'Orsay

Medusa (Lévy-Dhurmer) Musée d'Orsay

     Le 3ème homme du 3bis fut un peintre de grand talent : Lévy-Dhurmer (1865-1953). En artiste curieux de différentes formes de création il se consacra pendant des années à la céramique. Quand il privilégia la peinture, c'est vers le symbolisme qu'il se tourna.

                              Rodenbach (Lévy-Dhurmer)

Il a été proche de Rodenbach dont il peignit le portrait le plus connu et de Pierre Loti qui le complimenta en affirmant que c'était la seule image de lui qui resterait.

                              Pierre Loti (Lévy-Dhurmer)

     Le 5 est l'adresse du théâtre La Bruyère qui était à l'origine une salle de conférence reprise en 1943 par de jeunes comédiens pour être transformée en théâtre.

Le succès de Robert Dhéry et de ses "Branquignols" en fit une salle branchée qui programma Audiberti puis les dramaturges anglo-saxons. Le théâtre collectionne depuis les Molière! 

Le 8

Le 8

     Au 8 a vécu avec sa famille, pendant deux ans une des grandes poétesses françaises : Marceline Desbordes Valmore (1786-1859).

 

     C'est alors qu'ils revenaient ruinés d'Italie que les Valmore choisirent cet appartement relativement modeste. Ils y restèrent jusqu'en 1840  avec leurs enfants dont Ondine qui est sans doute la fille de l'amant de Marceline, Henri Latouche,  présent comme une ombre discrète et blessée dans son oeuvre.

Cet acteur et écrivain fut sa grande passion. Il resta en relation (au moins épistolaire) avec elle pendant une trentaine d'années.

Médaillon de Latouche par David d'Angers, daté de l'année de sa mort, 1851.

Marceline Desbordes Valmore publia pendant les années de la rue La Bruyère un roman "Violette" et un recueil de poésies "Pauvres Fleurs".

    Verlaine la tient pour une poétesse novatrice et sensible, Baudelaire écrit qu'elle est "une âme d'élite qui est et sera toujours un grand poète", enfin Sainte Beuve écrit le plus beau compliment, hommage à son naturel et sa sensibilité : "Elle a chanté comme l'oiseau chante"

Marceline Desbordes Valmore par Antoine Carrière (1823)

Marceline Desbordes Valmore par Antoine Carrière (1823)

Qu'en avez-vous fait?  (Pauvres Fleurs)

 

 

Vous aviez mon cœur,

Moi j'avais le vôtre :

Un cœur pour un cœur ;

Bonheur pour bonheur!

 

Le vôtre est rendu,

Je n'en ai plus d'autre,

Le vôtre est rendu,

Le mien est perdu!

(…)

Savez-vous qu'un jour

L'homme est seul au monde?

Savez-vous qu'un jour

Il revoit l'amour?

 

Vous appellerez,

Sans qu'on vous réponde;

Vous appellerez,

Et vous songerez!...

 

Vous viendrez rêvant

Sonner à ma porte;

Ami comme avant,

Vous viendrez rêvant.

 

Et l'on vous dira :

"Personne! … elle est morte."

On vous le dira ;

Mais qui vous plaindra?

Le 9

Le 9

     Le 9 est un bel hôtel particulier néo-Renaissance. C'est celui où vivait Daniel Iffla, connu sous le nom d'Osiris.

Cinq hôtels de la rue La Bruyère lui appartenaient.

                               Etages supérieurs de l'hôtel Osiris, avec dans les sculptures du balcon supérieur le  "I" d'Iffla et le "O" d'Osiris.

 

      La vie de cet humaniste et mécène est faite de générosité et de dévouement. Jeté dans la vie active alors qu'il était encore adolescent, il réussit grâce à son intelligence des affaires. Il faudrait un volume pour détailler toutes ses donations. Notons qu'il fut le premier qui créa des "restos du cœur" ouverts aux hommes et femmes sans moyens… Il mit à la disposition du maire du IXème arrondissement ses cinq hôtels pour que soient accueillis les réfugiés pendant le siège de 1870… il légua sa fortune à l'Institut Pasteur qui put créer grâce à cette donation l'institut du radium où travaillera Marie Curie… Il légua à l'Etat son domaine viticole du bordelais afin que soit créée une école d'œnologie et de viticulture, l'école de la Tour blanche.. il légua toujours à l'Etat le château de la Malmaison… Bref! Quelle différence avec les richissimes privilégiés qui aujourd'hui n'ont de cesse de dénicher des paradis fiscaux et de se réfugier à l'étranger pour échapper à l'impôt de leur pays!

Cet homme-là était exceptionnel en tout. Amoureux fou de sa femme qu'il perdit alors qu'il n'avait qu'une trentaine d'années, il conserva intact le décor où elle avait vécu et il ne voulut jamais se remarier.

 

Sa tombe est une des plus spectaculaires du cimetière de Montmartre, surmontée d'un immense Moïse, réplique de celui de Michel Ange. Mais ce qui nous interpelle aujourd'hui c'est qu'Osiris dut se battre pendant plus de trente ans pour obtenir l'emplacement où il a été érigé. Juif assigné à la partie du cimetière réservée aux juifs, il tenait à reposer à la limite extrême, à côté de la partie chrétienne, afin d'être le plus près possible de sa femme comme il le lui avait promis.. Triste époque où les préjugés étaient si forts qu'ils empêchaient deux êtres qui s'étaient aimés de partager la même tombe! Et quelle ingratitude envers un homme qui avait tant donné à son pays! Il est vrai que nous sommes encore dans les miasmes de l'affaire Dreyfus qui empoisonna l'atmosphère pendant plus de 12 ans! 

Rue La Bruyère. Première partie. Du 1 au 11. Osiris. Lévy Dhurmer. Desbordes Valmore...

Heureusement, avant sa mort le mur fut détruit et les règles radicales des religions purent être contournées.

Aujourd'hui le couple et ses enfants morts nés vit  dans la même terre son éternité temporaire.

Rue La Bruyère. Première partie. Du 1 au 11. Osiris. Lévy Dhurmer. Desbordes Valmore...

"J'ai lutté avec mon cœur de mari. Je suis arrivé après 33 ans de luttes de toute sorte à occuper définitivement et perpétuellement le terrain qu'elle avait désigné. Je viens de reconnaître ma place. C'est à ses pieds que je dormirai de mon dernier sommeil"

Le 11.

Le 11.

    Au 11 a vécu plusieurs années Adolphe Tavernier, journaliste (au Gil Blas, à l'Evènement) et… escrimeur! Il a écrit un livre préfacé par Aurélien Scholl : "L'art du duel".

Rue La Bruyère. Première partie. Du 1 au 11. Osiris. Lévy Dhurmer. Desbordes Valmore...

     Mais ce qui le caractérise mieux que le fleuret c'est son goût très sûr pour la peinture de son temps et pour son amitié indéfectible avec Sisley dont il collectionna les toiles.

Première neige à Veneux-Nadon (Sisley). Toile ayant appartenu à Adolphe Tavernier.

Première neige à Veneux-Nadon (Sisley). Toile ayant appartenu à Adolphe Tavernier.

     Il ne s'en sépara qu'à contre cœur quand il quitta Montmartre pour acheter un vaste appartement dans le XVIème arrondissement!

Meule de paille en octobre (Sisley)

Meule de paille en octobre (Sisley)

    Nous faisons halte à ce niveau de la rue dont nous reprendrons la visite après avoir admiré quelques Sisley qui appartenaient à Tavernier!

(à suivre…)

                                 L'inondation (Sisley)

Maisons au bord du Loing (Sisley)

Maisons au bord du Loing (Sisley)

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