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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

peintres

Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON, #Peintres, #Paris
Rue d'un village oléronais (Christian Couillaud vers 1940)

Rue d'un village oléronais (Christian Couillaud vers 1940)

    Une belle exposition au musée de l'île d'Oléron à Saint-Pierre permet de voyager avec les peintres qui ont, de la fin du XIXème siècle au milieu du XXème aimé notre île dont ils ont voulu fixer sur la toile les lumières. 

Entrée du hameau de Sauzelle. (Gaston Boucart - 1910)

Entrée du hameau de Sauzelle. (Gaston Boucart - 1910)

    Si Oléron n'a pas en ce domaine les lettres de noblesse de la Normandie ou de la Provence, toutes deux immortalisées par les plus grands peintres, c'est qu'elle n'était pas à la mode et n'avait pas aux yeux des parisiens les qualités des régions susnommées (proximité de Paris pour l'une, charme dépaysant de la Méditerranée pour l'autre).

Sur la plage de La Cotinière. Louis Lessieux (1919)

Sur la plage de La Cotinière. Louis Lessieux (1919)

    L'île a néanmoins inspiré des artistes, comme elle continue de le faire aujourd'hui, et la richesse de l'exposition en est une preuve éclatante.

Port de La Cotinière vu des tamarins. (Louis Lessieux -1920)

Port de La Cotinière vu des tamarins. (Louis Lessieux -1920)

    Je n'ai pas voulu suivre le parcours proposé organisé par thèmes : Les ports, la côte, les moulins etc... mais j'ai sélectionné quelques unes des toiles qui m'ont particulièrement plu. Un choix subjectif bien sûr que je qualifierais d'amoureux. Je suis en effet amoureux d'Oléron et je pourrai chanter, un collier de langoustines autour des reins : "J'ai deux amours, Oléron et Montmartre..."

                                      Départ des pêcheurs du Château d'Oléron (1938)

 

    L'exposition s'ouvre avec une toile remarquable de Balande qui représente les pêcheurs quittant le port du Château. Le ciel tourmenté est de ceux que j'aime, comme j'aime ce paysage d'avant le pont, avec le fort Louvois et au loin le clocher de Marennes.

  Balande qui est un enfant de Charente (Saujon) s'est formé à Paris, notamment dans l'atelier de Cormon à Montmartre. Quand il habite près de La Rochelle il se noue d'amitié avec Marquet dont l'influence est sensible dans son travail.

Le Phare de Chassiron (Balande. 1950)

Le Phare de Chassiron (Balande. 1950)

   Une autre de ses toiles représente dans un style à la fois vigoureux et coloré le phare de Chassiron, le point extrême de l'île.

Anse et prieuré de La Perroche (Louis Alphonse Combe-Velluet 1880)

Anse et prieuré de La Perroche (Louis Alphonse Combe-Velluet 1880)

     Beau paysage qui traduit bien la lumière précise de l'île surnommée "la lumineuse". Si l'influence de Corot y est manifeste c'est qu'Alphonse Velluet le connut et sur ses conseils décida de se consacrer aux paysages. Un petit détail amusant sur le nom du peintre qui se transforma en Combe-Velluet, s'inspirant du nom de sa femme Lucie lacombe. Cette modification visait à figurer dans les premières lettres afin d'être exposé dans les salons dans les premières salles qui avaient l'habitude de classer les peintres par ordre alphabétique. 

Rue de village (Louis Suire - 1950)

Rue de village (Louis Suire - 1950)

    Plus moderne dans son épure la rue de village de Louis Suire va à l'essentiel par sa composition entre lumière sur les murs blancs et ombre. Deux oléronaises coiffées de leur quichenotte animent sans prendre la vedette cette scène ensoleillée.

Louis Suire (1899-1987) est un peintre charentais qui avait connu à Paris le fauve Albert Marquet. Il avait une maison dans l'île de Ré mais explora à plusieurs reprises Oléron, notamment pour illustrer le livre d'Yvan Delteil paru en 1935 : "L'île d'Oléron, la dernière escale de Pierre Loti".

Moulin des Anglais à La Brée-Les-Bains. (Mario Pinetti - vers 1950)

Moulin des Anglais à La Brée-Les-Bains. (Mario Pinetti - vers 1950)

                                            Sortie du chenal de Boyardville (Mario Pinetti)

    Loin des scènes ensoleillées dont on a l'habitude, Pinetti privilégie les ciels gris et les nuances vertes des chenaux.

Italien d'origine Pinetti (1895-1964) remporta de nombreux prix dont une médaille d'or au Salon des Artistes Français. Grand voyageur, c'est à Oléron qu'il choisit de se fixer avec sa famille et d'installer son chevet dans les marais dont il aimait les nuances de gris soudain pailletés de soleil.

Moulin de La Cotinière (Louis Lessieux 1920)

Moulin de La Cotinière (Louis Lessieux 1920)

    Les deux peintres oléronissimes sont le père et le fils Lessieux. Il y a souvent confusion entre les deux car l'un se prénomme Ernest Louis (1848-1925) et l'autre Louis Ernest (1874-1938)! Nous sommes allés à la rencontre de Louis Lessieux dans un article que nous lui avons consacré.

                                    Plage nord de La Cotinière (Louis Lessieux. 1921)

Après les deux tableaux du fils, voici deux tableaux du père

                            Rue du Colombier à La Cotinière (Ernest Lessieux 1910)

Ce dernier tableau je le préfère aux innombrables aquarelles qui donnent parfois dans le cliché!

Anse de Maumusson (Ernest Lessieux vers 1910)

Anse de Maumusson (Ernest Lessieux vers 1910)

Vers le pertuis de Maumuson (Jean-Baptiste Castaignet - 1910)

Vers le pertuis de Maumuson (Jean-Baptiste Castaignet - 1910)

     Peu de tableaux de tempêtes ou d'océan dans cette exposition. Parfois comme ici le jeu de la lumière sur l'eau qui ressemble à une rivière dans le pertuis. Tous les amoureux des rivages aiment ces moments où le soleil dessine à la surface de la mer ces grands chemins qui brillent comme des miroirs.

                       Anse de Saint-Trojan vue de Marennes (Castaignet - 1919)

Jean-Baptiste Castaignet (1852-1934) est clerc de notaire à Bordeaux et peintre une fois hors de son étude. Il aime les contrastes et les teintes sombres à la Courbet.

Bien que l'île d'aujourd'hui se prêtât aux représentations naîves avec ses petites maisons, ses cabanes de couleurs, ses bateaux bariolés et ses roses trémières, nous trouvons peu de représentants de cette école, comme celui, resté anonyme de cette rue de Saint-Pierre :

 

Ou comme cette vue de la plage du Château due à Willy, peintre sur lequel je n'ai rien trouvé. 

Paysages d'Oléron par les peintres de la première moitié du XXème siècle. Exposition du musée de l'île d'Oléron.

Peut-être est-ce lui qui représenta ces navires de pêche sur l'océan à St Jean de Monts.

 

    Toujours dans cette sensibilité nous découvrons une belle toile de Camille Laroche peinte en 1910 au nord de l'île. La plupart des oeuvres représentées sont peintes au sud de l'île, si on excepte Chassiron et Saint-Pierre, partie plus touristique et plus proche....

                                             Place de l'église à Saint-Denis

      Parmi les toiles qui m'ont intéressé figurent celles d'Yvon Massé :

Plage du port du Château ('Massé - 1944)

Quai et cabanes du port de St-Trojan (Yvon Massé - 1942)

Quai et cabanes du port de St-Trojan (Yvon Massé - 1942)

    Les paysages sont peints avec légèreté et en ce qui concerne le quai de St-Trojan quelque chose de naïf là encore. Notons que le quai n'a pas beaucoup changé même si quelques cabanes se sont métamorphosées en restaurants (dont le très bobo "Poissons Rouges) et en galeries d'art. 

Le port aujourd'hui

Le port aujourd'hui

    On retrouve le quai aux cabanes de Saint-Trojan dans la toile d'Ernest chevalier. Le port modeste aux cabanes de planches a plu aux peintres, comme il plaît aujourd'hui aux photographes amateurs dont je suis.

                  Ernest Chevalier. Port et cabanes de Saint-Trojan (1900)

Ernest Chevalier (1862-1917) est un artiste très lié aux peintres de son temps, que ce soit Puvis de Chavannes ou, à Montmartre, Toulouse Lautrec et Satie.

Café l'Océan à Saint-Georges (Auguste Heiligenstein -1930)

Café l'Océan à Saint-Georges (Auguste Heiligenstein -1930)

  Une toile nocturne et onirique d'Auguste Heiligenstein (1891-1976) qui vient de Saint-Denis, non pas celui d'Oléron mais celui de la Seine-Saint-Denis! Il est céramiste, émailleur, maître vitrier et peintre. 

Sortie du port de Saint-Trojan (P. Bonnin, 1884)

Sortie du port de Saint-Trojan (P. Bonnin, 1884)

    Deux toiles me paraissent fort belles, signées de P. Bonnin sur qui je n'ai rien trouvé et dont l'exposition ne nous dit pas un mot.

Port de Saint-Trojan (P. Bonnin - 1884)

Port de Saint-Trojan (P. Bonnin - 1884)

    Je voudrais terminer par une aquarelle sans grand intérêt sinon celui de nous montrer deux moulins dans la ville du Château :

           Le moulin de la quille de chien, au Château. (François Desnoyers - 1920)

Desnoyers (1894-1972) fut élève de Bourdelle avant de découvrir à Paris le fauvisme dont il sera un représentant.

     L'intérêt de cette aquarelle est de nous montrer deux moulins parmi les nombreux moulins que comptait l'île (une parenté avec ma butte favorite). Celui qui est au 2ème plan a été sacrifié aux appétits des promoteurs, le second qui faillit être détruit a été sauvé ainsi que la maison du meunier. Il est aujourd'hui au milieu d'un  parking de supermarché!

 

Je préfère terminer sur ce paysage incertain, animé par les pêcheuses à pied coiffées de leur quichenotte qui accrochent la lumière.

                              Départ de pêche à pied au Château d'Oléron (1914)

     Un coup de chapeau aux organisateurs de l'exposition qui propose des fiches sur la plupart des peintres exposés et qui a sélectionné des œuvres de grand intérêt, déclarations d'amour à cette île changeante, miroitante, entre vents et marées. Une île qui supporte mal le pont qui l'enchaîne et semble ruer les jours de tempête pour se libérer et prendre le large!

                                   Plage de Vert-Bois (Ernest Lessieux. 1910)

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #Peintres

 

    Sans Toulouse Lautrec, on aurait sans doute oublié ce personnage hors-normes des nuits montmartroises, à la fois danseuse, contorsionniste et clownesse : Cha-U-Kao.

 

Son nom pourrait faire penser qu'elle est Japonaise en un temps où le pays du Soleil levant inspirait les peintres et les artistes  (à commencer par Lautrec lui-même).

Mais il n'en est rien! Son nom vient d'une danse dérivée du cancan, très en vogue au Moulin Rouge : le chahut, mis à la mode par la Goulue et Valentin le désossé. Quant au chaos, il s'agit de l'agitation et des cris qui s'élevaient de la salle quand les artistes faisaient leur entrée.

 

                                                                           Au Moulin Rouge. Entrée de Cha U Kao. (1896)

Parce qu'elle était spectaculaire l'entrée de la dame!

 Perchée sur une mule, encadrée de gardes, elle déboulait dans le hall du Moulin Rouge et gagnait la salle, sous les ovations! 

Sans Lautrec il n'y aurait presque plus de traces (quelques rares photos) de cette femme à laquelle il a offert une "éternité" dans quelques-uns des plus grands musées...

 

... Mais que savons-nous d'elle? Si peu de choses!

Quel était son véritable nom? D'où venait-elle? Pourquoi n'a t-elle suscité aucune recherche d'un quelconque plumitif soucieux de faire revivre le passé glorieux du Moulin Rouge?

     Elle s'est produite au Nouveau Cirque de la rue Saint-Honoré, établissement très à la mode grâce à son éclairage électrique et à sa piste escamotable et transformable en piscine..

Le Nouveau Cirque qui aimait exhiber nains et lilliputiens, avait aussi l'habitude de ponctuer ses spectacles par des apparitions de clowns, parmi lesquels les célèbres Footit et Chocolat. 

                                     cha-u-kao-006.JPG

Une photo nous montre la danseuse nue au temps de sa splendeur. Elle a sur ce cliché une petite allure de Cambodgienne!

     Quand elle se produit au Moulin Rouge, elle n'est plus la jeune et svelte danseuse de ses débuts. Les années ont empâté son visage et alourdi son corps.

C'est alors que ne pouvant plus séduire par sa nudité, elle se déguise, se campe sur ses jambes, prend une allure canaille et apostrophe les spectateurs... Elle devient pour la postérité :  la clownesse Cha U Kao...

       Sur cette toile de 1895, on la voit arriver, avec son costume de scène, au bras de Gabrielle qui ressemble à une concierge mais qui est en réalité une prostituée et modèle que Lautrec a représentée maintes fois comme sur cette huile sur carton: le sofa...

                                     Le Sofa (1894). Au premier plan, Gabrielle.

 

Sur "l'entrée au Moulin Rouge",Cha U Kao est légèrement tournée vers l'arrière comme si elle retardait le moment de son exhibition alors que Gabrielle avance sans hésitation comme une paroissienne allant à la messe!

La clownesse a le regard triste malgré le maquillage et les rubans jaunes de sa coiffure grotesque.

Lautrec n'essaye pas de l'embellir ni de tricher sur son âge. Pourtant ce portrait loin d'être une caricature comme sait les réaliser brillamment le peintre est empreint d'une douceur et d'une mélancolie qui émeuvent. 

                                                                                     La clownesse assise. British Museum. Londres

Là encore, elle sourit, comme surprise par le regard d'un client, alors qu'elle se repose un instant sur la banquette rouge, lasse peut-être d'avoir une fois de plus fait son numéro d'amuseuse. Il y a dans ce sourire de coin quelque chose de désabusé et d'ironique à la fois, l'air de dire que le véritable clown n'est pas celui qu'on pense!

 

            Et cette toile... Une des plus belles, par sa composition, ses couleurs...

La clownesse qui a contraint son corps à entrer dans son déguisement, semble ici sortir de son carcan, la poitrine libérée, le soleil de tulle jaune glissant sur ses hanches.

Elle représente pour Lautrec tout ce qui remet en cause un ordre et des conventions qui font souffrir ceux qui ne correspondent pas aux normes (ce qu'était le peintre).

Cha U Kao est une femme qui joue le rôle réservé aux hommes, celui de clown...

                   Cha U kao est aussi une femme qui aime les femmes.

                                                                              Les deux valseuses. Prague.

Lautrec la peint en train de valser avec une compagne :                                        

Moment de paix, intervalle de tendresse. Le monde des plaisirs et des fêtes frelatées s'efface un instant. Aucune caricature dans cet instant volé, dans cette chaude complicité.

Cha U Kao, sobrement habillée, son déguisement au vestiaire, guide son amie dont la main est posée sur son épaule.

                                                              Le baiser. (1892)

                                                                                              Les deux amies. Albi. (1894)

 

Pour nous, Cha U kao garde son mystère et pour toujours émerge de sa collerette de soleil...

Liens: 

Montmartre: Jane Avril, Toulouse Lautrec.

Montmartre. La Goulue et Toulouse Lautrec.

 

Tous les articles sur les peintres et les personnages montmartrois :

Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique.

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #Peintres

  

             Jardin de Paris: Jane Avril, 1893. Lithographie 4 couleurs (124 x 91,5 cm)

 Jane Avril est à part dans le monde nocturne de Montmartre. Elle n'a pas la sensualité débridée de Nini patte en l'air ou de la Goulue. Elle séduit sans se prostituer; elle danse sans se déshabiller. Etrange et mystérieuse, elle traverse la nuit comme un navire traverse un détroit houleux.  

 

         Toulouse Lautrec ne s'y trompe pas... Il la reconnaît comme une soeur douloureuse. Pour elle, il délaisse la Goulue à la sensualité débordante. Il la regarde, il l'aime, il saisit sa solitude, son désarroi, sa dignité. Il la montre telle qu'elle est quand elle danse, avec cette énergie qui stupéfie, avec cette distinction qu'on retrouvera plus tard chez Marlène dietrich...

    Dans la rue, elle marche seule, avec son lourd passé de petite fille mal aimée, d'enfant battue par une mère alcoolique qui n'était préoccupée que d'elle et d'elle seule. Elle se sait fragile, à la merci d'une crise d'épilepsie. Elle a rendu visite à Charcot à la Salpétrière. Elle a espéré qu'il la guérirait de ses angoisses et de cette hystérie qui parfois la submerge et lui vaut des surnoms sans pitié : Jane la folle, Mélinite...

                                              Jane-Avril-008.JPG

      Entre artistes on se comprend. On voit ce que les autres ne voient pas. Cette tristesse, ce refuge du corps dans les étoffes fermées.

     Ce désir inexprimé d'un ailleurs. D'une vie avec un homme aimé, loin des paillettes et des bulles de champagne.

                               Jane-Avril-012.JPG

 

     Comment imaginer que ce visage-là déchaîne l'enthousiasme et la passion?

C'est qu'elle est double Jane Avril. Elle est la danseuse montmartroise, du Divan Japonais, des Folies Bergères... Elle est en même temps l'amie d'écrivains rares comme Huysmans ou Alphonse allais qui rêve de l'épouser...

       Sur l'affiche du Divan Japonais, elle est assise devant la scène où Yvette Guilbert croise ses gants noirs, mais c'est elle la vedette. Elle est la longue dame noire. Elle est l'élégante à l'éventail vers qui se penche Edouard Dujardin, ami de Mallarmé et passionné de Wagner ...

      Elle est l'ambassadrice d'un French-Cancan qui serait dansé par une reine. C'est elle qui à Londres ou à Madrid, en donnera l'image la plus vive et la plus poétique. Une danse violente de sexe et de passion, mais aussi une danse de l' immédiat, du moment réel contre l'éternité abstraite.

                                   Jane-Avril-018.JPG

Jusqu'à la mort du peintre, elle restera son amie. Il y eut entre eux une proximité plus forte que l'union des corps.

 

                       Le peintre l'a vue, l'a peinte comme un voyant sait peindre. Le mouvement, l'ondulation, le jeu, la tragédie...

Le serpent qui frôle le sein sur la robe noire. Le serpent de Cléopâtre. Le serpent du temps qui glisse...

 

      Jane Avril a fini par trouver l'homme de sa vie, le journaliste et dessinateur Maurice Blais qu'elle a suivi à Jouy en Josas pour y vivre 16 années plus paisibles...

                                                        Jane Avril par Maurice Blais

Quand il meurt, il la laisse sans un sou et Jane n'a même pas la ressource de vendre les dessins et les croquis que Toulouse Lautrec lui a offerts. Il y a longtemps déjà qu'elle en a fait cadeau à des amants de passage...

Sacha Guitry interviendra pour la faire entrer dans un hospice où elle passera les dix dernières années de sa vie.

 Elle dansera une ultime fois, à 67 ans, invitée par Max Dearly.

     Elle mourra huit ans plus tard et sera enterrée au Père Lachaise.

            Sans doute eût-elle préféré Montmartre où elle rencontra son  grand ami, Toulouse Lautrec, celui grâce à qui elle est vivante aujourd'hui....

 

 

Liens :

Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique.

Musée de l'érotisme. Pigalle.

Poulbot. Panneaux de Faïence. Rue Damrémont. Montmartre.

 

avril-005.JPG

 

 

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Publié le par chriswac
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Louise Weber est devenue une légende montmartroise et c'est grâce à Toulouse Lautrec qu'elle est aujourd'hui connue dans le monde entier.

Elle ne pouvait naître qu'en été (juillet 1866) dans une banlieue populaire (Clichy La Garenne).

Ses parents sont des Juifs alsaciens modestes qui ne se doutaient certes pas que leur fille poserait ainsi, les seins offerts aux regards avides de ses admirateurs.

 

.la goulue nue

     Elle passe à la postérité sous le nom de "La Goulue" que lui aurait valu sa propension à vider tous les verres qui se trouvaient sur son passage. Peut-être se souvint-on également, en la baptisant, qu'elle fut plus ou moins découverte par un dénommé Goulu-Chilapane qui l'accueillit dans son hôtel particulier de l'avenue du Bois.

Son corps sensuel, un peu provocant correspond au goût de l'époque qui appréciait la féminité généreuse.

goulue st vincent 056

                                      La Goulue (à droite) et Casque d'or (à gauche)

    C'est au Moulin Rouge qu'elle rencontre la gloire, après avoir dansé au Moulin de la Galette, à l'Elysée-Montmartre et au Jardin de Paris.

Il est difficile d'imaginer en voyant ces photos, avec quelle vitalité canaille elle danse le cancan. Elle en est le vedette et elle a toutes les audaces, interpellant les mâles quel que fût leur rang.

Elle n'hésite pas à lancer au prince de Galles, futur Edouard VII : "Hé Galles! Tu paies l'champagne! C'est  toi qui régales ou c'est ta mère qui invite?"

     Imaginez la meneuse de revue du Moulin-Rouge, lançant une telle question à notre président ? 

goulue st vincent 053

                         La Goulue et Valentin le Désossé à l'Elysée-Montmartre

Valentin le désossé en fait son élève préférée. C'est avec elle qu'il danse le chahut. Toulouse Lautrec les représente tous les deux sur la célèbre afffiche du Moulin rouge.

 

Etonnante affiche d'une simplicité qui n'est qu'apparente. Valentin apparaît, silhouetté en gris au premier plan tandis qu'à l'arrière des ombres chinoises suggèrent tout un monde de noceurs, chapeaux hauts- de-forme et aigrettes, tournés vers la vedette, celle qui saute comme "une chèvre" et lève la jambe comme aucune autre, faisant tourbillonner ses jupons affolants.

Le regard est attiré vers ses cuisses, vers la corolle blanche qui accroche la lumière. En quelques traits Lautrec suggère le mouvement et l'audace.

                                                       La Goulue et Valentin

                   Le peintre reste l'ami de la Goulue bien après les triomphes.

               Sur cette photo, ils sont côte à côte, comme un couple de bons vivants...

    Elle est représentée sur cette litho, croquée de dos, silhouette nerveuse et coiffure portée comme un emblème, une plume d'apache!

La femme à ses côtés a parfois été prise pour sa soeur car elle l'accompagnait souvent. Il s'agit en réalité de la Môme Fromage, grande amie de la Goulue.

                                                        Au Moulin-Rouge ou la Promenade (La Goulue). 1892. Peinture sur carton

                                                                        La goulue entrant au Moulin-Rouge. 1892. Huile sur carton.

C'est un des portraits les plus célèbres de la Goulue. Lautrec ne l'a pas flattée. Elle arrive en tenue provocante, les seins presque nus, le corps souple et cambré.

  Elle est saisie à son insu, un sourire amer, un sourire qui tourne à la grimace et qui est empreint de lassitude sur un visage fatigué. Le corps joue toujours le jeu mais le visage tombe le masque. Le temps commence à gagner la partie...  

     Bientôt la goulue plaira moins. Elle se mettra à son compte et s'exhibera dans les foires foraines. Son ami peint pour elle les grands panneaux décoratifs exposés en façade de sa baraque.                                

                                          La danse au Moulin rouge 1895

           Pour attirer le passant, il rappelle le prestigieux passé de l'artiste. Il la représente au Moulin-Rouge avec Valentin le Désossé (Jane Avril apparaît à l'arrière-plan, avec son immense chapeau).

                                                              La danse mauresque, les Almées, 1895.

     Le deuxième panneau est une annonce de son nouveau spectacle donné dans la baraque. On reconnaît au premier plan Jane Avril, Lautrec lui-même, blotti contre elle, le critique Félix Fénéon.

Quelques années plus tard, la Goulue endettée devra vendre ces panneaux qui seront découpés par un marchand cupide et stupide. Ce n'est qu'en 1929 qu'ils seront rachetés et restaurés par le Louvre. Ils sont aujourd'hui exposés au musée d'Orsay.

    Les dernières année de La Goulue ressemblent à un roman tragique. Elle apprend à dompter les fauves qui  l'agressent au cours d'un spectacle. Son mari, Joseph Nicolas Droxler, épousé en 1900, magicien de métier,  ne parvient pas à s'escamoter devant les balles prussiennes et meurt à la guerre de 1914.

        Le Petit Journal. La Goulue et son mari agressés par un puma le 24 janvier 1904

            

               Son fils, né de père inconnu mais qu'elle prétend "prince"meurt à 27 ans.

Goulue-et-Simon.JPG

                                                      La Goulue fait la parade à côté de son fils Simon... 

Elle va vivre dans une roulotte à Saint-Ouen. Elle recueille sans rancune des animaux de cirque éclopés, des chiens et des chats qu'elle nourrit en se privant du nécessaire. 

 

Elle retourne au Moulin-Rouge mais sans y entrer, sur le trottoir où elle vend des cacahuètes et des cigarettes.

Elle meurt à l'hôpital Lariboisière en janvier 1929 et elle est enterrée à Pantin. C'est en 1992 que ses restes sont transférés à quelques dizaines de mètres du Moulin-Rouge, au cimetière de Montmartre où sa tombe est toujours fleurie.

 

          A en croire les nuages qui juponnent si souvent dans le ciel de Paris, La Goulue danse toujours le french-cancan avec les anges tandis que Lautrec, un verre d'absinthe (herbe sainte) dans une main et fusain dans l'autre crayonne sur le ciel blanc.

 

 

Liens : Montmartre: Jane Avril, Toulouse Lautrec.

 

Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique

 

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Publié le par chriswac
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La vachalcade de Montmartre (Pelez)

La vachalcade de Montmartre (Pelez)

   Fernand Pelez (1848-1913) est contemporain de Toulouse Lautrec et de Degas. Comme eux il s'est intéressé aux artistes mais plus qu'eux son regard a été marqué par la fraternité et la compassion. Pas étonnant qu'il ait eu peu de succès, ses toiles ne montrent pas les lumières des théâtres, ni les belles passantes des rues. Elles disent la misère et le rude labeur de survivre.

 

   Celui qui dans le Montmartre du XXème siècle lui ressemblera le plus, non par le style, non par la palette mais par la générosité du regard, c'est Poulbot, le peintre des gosses.

 

 

   Parce que les gosses, il les connait Fernand Pelez. Il voit sur le boulevard de Clichy où il a son atelier les mendiants qui espèrent attendrir les noctambules et les amateurs de jolies danseuses.

le martyr. Le marchand de violettes.

le martyr. Le marchand de violettes.

... Et quand il peint le petit vendeur de violettes, épuisé, affamé, presque mort, il appelle sa toile : le martyr. Quand il y a martyr, il y a bourreau. On ne peut s'empêcher de le rechercher ce bourreau, devant ces victimes dont la tristesse détruit la joie et la vitalité.

 

                                              Le petit marchand de citrons

   Certes Fernand Pelez a dû regarder Murillo et ses mendiants exposés au Louvre, mais le choix qu'il a fait après des études académiques avec pour maître un grand peintre, Cabanel, c'est un engagement, un renoncement au succès, à la fortune, alors que ses toiles avaient été remarquées et honorées au salon.

Adam et Eve. Première période de Fernand Pelez, encore académique.

Adam et Eve. Première période de Fernand Pelez, encore académique.

    Il y a au Petit Palais une toile exceptionnelle qu'il faut voir à tout prix pour mesurer le génie de Fernand Pelez "Grimaces et misère" de 1888.

Fernand Pelez. Un grand peintre de Montmartre à la Belle époque. Le peintre des pauvres.

     Et quelle toile!

 Sept mètres de largeur! (2 mètres 61 de hauteur). Présentée au salon de 1888, elle fit sensation. Elle resta dans l'atelier du peintre jusqu'à sa mort. Elle entra alors au musée où elle continue d'impressionner les visiteurs.

La toile dans l'atelier du peintre, 62 boulevard de Clichy.

La toile dans l'atelier du peintre, 62 boulevard de Clichy.

      Elle représente une troupe foraine telle qu'on en voyait sur les boulevards. Les dix forains sur une estrade font face aux spectateurs et sont censés leur donner envie d'entrer sous le petit chapiteau pour assister au spectacle. 

Fernand Pelez. Un grand peintre de Montmartre à la Belle époque. Le peintre des pauvres.

    À gauche, un garçon qui tient un tambour pleure tandis que des adolescentes en maillot, attendent le début du spectacle qui commencera comme l'indique le panneau tenu par la plus âgée, dans trente secondes.

 

    Les visages sont las, comme ailleurs. Ils ne regardent pas les curieux qui les fixent. Les animaux font partie du spectacle, perroquets et singes. Privés de liberté, enchaînés, ils connaissent le même sort que les enfants. 

Fernand Pelez. Un grand peintre de Montmartre à la Belle époque. Le peintre des pauvres.

      Au centre, un nain réduit à son rôle de "curiosité", de petit monstre amusant, a le visage fermé, seule façon de résister à l'humiliation.

Un clown blanc au costume coloré déclame sans baisser la tête vers les spectateurs. 

Un "bonimenteur" plus âgé prend un air exagérément réjoui.

Fernand Pelez. Un grand peintre de Montmartre à la Belle époque. Le peintre des pauvres.

     À droite sous la banderole "orchestre français" (sur laquelle un singe enchaîné, compagnon de misère, tourne le dos), trois vieillards amaigris sont assis. Ils sont accablés. Deux semblent dormir, le 3ème fixe le vide. leurs instruments sont la clarinette, le trombone et l'ophicléide (ancêtre du tuba).

Le petit berger endormi (Jules Bastien-Lepage)

Le petit berger endormi (Jules Bastien-Lepage)

    Dans cette attention aux humbles, à ceux que la société ne veut pas voir, le peintre a été proche d'un artiste qui l'influença et qui comme lui fréquenta l'atelier de Cabanel : Jules Bastien-Lepage.

                                             Jules Bastien-Lepage

    Mais si Jules Bastien-Lepage reste fidèle à ses origines paysannes et représente des campagnards dans leur rude condition, Fernand Pelez est citadin et c'est la misère des villes qu'il veut peindre.

Fernand Pelez. Un grand peintre de Montmartre à la Belle époque. Le peintre des pauvres.

    Comme dans cette toile : "sans asile - les expulsés". Une œuvre toujours actuelle qu'appréciera un autre montmartrois connu pour son amour des chats, Steinlen, qui fut aussi un homme engagé dans la défense des pauvres du maquis.

 

     Parmi les autres toiles de Pelez comment ne pas citer "la victime ou l'asphyxie" qui représente une femme que les émanations d'oxyde de carbone d'un mauvais poêle ont tuée.

Pelez ne pouvait savoir que quelques années après cette représentation, un écrivain qu'il admire, Zola, mourrait de la même manière. Il s'agirait alors d'un crime.

Un nid de misère. (Pelez)

Un nid de misère. (Pelez)

     Une exposition de 2009 au Petit Palais a remis dans la lumière ce grand peintre.

    Patrick Cauvin écrivait alors : "Montmartrois, foncez au petit Palais! Courez voir Pelez, ne serait-ce que pour le temps d'un regard, faire revivre, par un peintre oublié, le carnaval des traîne-savates".

 

Liste des liens:

Artistes, peintres célébrités de Montmartre

Etude de toiles de grands peintres

                                                    Les lingères. (Pelez 1880)

 

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Byblis changée en source. Hu

Byblis changée en source. Hu

     Ce peintre alsacien fait partie de l'histoire montmartroise puisque pendant des années c'est à Pigalle qu'il travailla, au 11, aujourd'hui disparu, sur cette place où tant d'artistes vécurent.

C'est rue La Bruyère qu'il mourut et c'est au cimetière de Montmartre qu'il repose.

                            Atelier de Jean-Jacques henner, 11 place Pigalle

     Nous l'avons déjà rencontré, loin de la Butte, au musée Fabre de Montpellier avec une de ses plus belles oeuvres, "le bon samaritain".

 

   Un chef d'oeuvre qui ne représente qu'un aspect de l'art et de l'originalité de Jean-Jacques Henner (1829-1905).

Autoportrait (1866. Huile sur toile)

Autoportrait (1866. Huile sur toile)

    S'il ne fallait retenir que quelques éléments de sa vie féconde, il faudrait bien sûr parler de son séjour en Italie après l'obtention du Prix de Rome en 1858 pour sa toile "Adam et Eve trouvant le corps d'Abel".

 

     Comme tout artiste, il est fasciné par l'Italie et passe des heures dans les musées à reproduire les oeuvres des peintres qu'il admire. Il a le temps pendant son séjour de 5 années de parcourir le pays. La dernière année ce sont Titien et Corrège qui l'attirent.

                                               La femme au miroir (Titien)

     Certains verront dans l'influence de Titien le goût de Henner pour les femmes rousses si présentes dans son oeuvre.

                                                 Le Corrège (Noli me tangere)

Du Corrège il retiendra le contour adouci, comme nimbé, des corps. On le retrouvera dans ses toiles avec ce savant "fumato" qui leur donne un aspect onirique. 

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

    Henner est bouleversé par la chute de l'Empire qui entraîne la perte de la région qu'il aime plus que toutes, l'Alsace. Il peint alors une toile qui devient célèbre et même iconique : l'Alsace, elle attend attend.

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

    Une jeune alsacienne en deuil porte sur sa coiffe la cocarde tricolore. L'oeuvre devient vite populaire et assure à son auteur la gloire!

     

                                 Alsacienne tricotant (1871. Huile sur toile)

     Henner ne manquera pas de peindre de jeunes alsaciennes parmi lesquelles sa nièce Eugénie à laquelle il était très attaché.

Eugénie Henner en alsacienne.

Eugénie Henner en alsacienne.

Il reçoit de nombreuses commandes et ses femmes nues à la rousseur incandescente rencontrent un grand succès.

Les Naïades (1861. Peint pour la salle à manger des Soyer, 43 fbg Saint-Honoré)

Succès tel qu'il donne parfois dans la facilité et reproduit les mêmes toiles.

                 Femme nue couchée dans une fourrure (1892. Huile sur bois)

Aujourd'hui ces "rousseurs" bien que remarquables nuisent à son oeuvre en faisant oublier ou négliger les autres facettes de son talent.

                                            Femme au voile rouge (1870)

                                                  Judith (1887. Huile sur carton)

     Pourtant nous pouvons admirer avec ces toiles un art qui, sans adhérer aux mouvements picturaux de son temps, est tout à fait moderne. Gustave Moreau n'est pas loin, ni le symbolisme. Déjà la touche picturale se fait plus audacieuse, peu soucieuse de réalisme. N'oublions pas que Henner reste proche de ses contemporains et qu'il admire Manet qu'il impose à un jury du Salon.   

                           Mlle Dodey (1893)

Mlle Dodey (1893)

                         La Vérité (Pour la Sorbonne)

La Vérité (Pour la Sorbonne)

     Lorsqu'il faut illustrer Zola, disant à propos de l'affaire Dreyfus "La vérité est en marche et rien ne l'arrêtera", c'est encore une femme rousse qui incarne l'allégorie de ce credo.

 

Le peintre ne manque pas de recevoir également des commandes de tableaux religieux, comme nous l'avons vu avec le Bon Samaritain du musée Fabre.

                             Le Christ au tombeau (1884)

Le Christ au tombeau (1884)

     Le paysage disparaît ou ne se laisse qu'à peine deviner sur un fond uni.

La série des Saint-Sébastien au corps androgyne montre à l'évidence la parenté avec Gustave Moreau, même si à l'inverse de ce dernier Henner ne se soucie pas de décor et d'ornementations.

 

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

Henner a également peint des paysages.

Route de Galfingen avec le vieux cerisier et la croix. (1876)

Route de Galfingen avec le vieux cerisier et la croix. (1876)

    Ils sont à peine esquissés et annoncent l'impressionnisme et les touches picturales peu soucieuses de précision réaliste.

                                     Paysage d'Alsace (1890)

     Il serait injuste de ne pas mentionner l'engagement féministe de Henner qui faisait partie de ceux, trop rares à l'époque, qui ne comprenaient pas que l'école des Beaux Arts pût être interdite aux femmes. Il créa avec Carolus Duran "l'atelier des dames" où il eut pour élèves bien des artistes de talent.

 

Louise Abbéma que nous avons rencontrée sur ce blog est l'une d'elles et non la moindre! 

Les repasseuses (Marie Petiet)

Les repasseuses (Marie Petiet)

Citons encore Marie Petiet 

                              Madame Silvestre et ses enfants (Joséphine Houssaye)

Joséphine Houssaye

Juana Romani (qui fut aussi son modèle)

                                            His first offence (Dorothy Tennant)

ou Doroty Tennant.

   Comme pour Gustave Moreau rue La Rochefoucaud, la rencontre du peintre et de ses oeuvres se fait dans un hôtel particulier.

Mais contrairement à Moreau qui avait pour demeure son propre hôtel devenu musée, Henner n'a jamais vécu avenue de Villiers.

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

   C'est un autre artiste, neveu de Gounod, Guillaume Dubufe (1853-1909) qui, enrichi par de nombreuses commandes, put l'acquérir.

                                          Hôtel de Sarah bernhardt

L'hôtel a été construit en 1840 par un architecte-peintre-décorateur de grand talent, Félix Escalier, qui réalisa également, entre autres, celui de Sarah Bernhardt rue Fortuny.

Hall et jardin d'hiver

Hall et jardin d'hiver

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

La visite dans cette maison qui semble toujours habitée est un plaisir...

Dans l'atelier inondé de lumière qui restitue l'original, le visiteur a l'impression que le peintre va pousser la porte et s'asseoir devant son chevalet. 

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

Je ne résiste pas au plaisir de terminer cette visite avec le mimétisme "gardienne-statue" dans une des salles du musée!

 

Liens:

Artistes, peintres, célébrités de Montmartre.

Peintres et oeuvres étudiées

                                Le lévite d'Ephraïm et sa femme morte (1895)

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Publié le par chriswac
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Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

     Je suis étonné qu'Oléron, l'île lumineuse, ait inspiré si peu de peintres... bien sûr il y a le plus célèbre, Omer Charlet qui créa quelques chefs d'oeuvre d'inspiration religieuse (exception faite de l'émouvante "orphelines de la mer") mais à part lui, il est difficile de nommer d'autres artistes de valeur.

                               Les orphelines de la mer (musée Hèbre, Rochefort)

    Et pourtant le musée de Saint-Pierre consacra en 2008 une exposition à deux d'entre eux. Deux et pourtant un puisqu'ils sont père et fils et portent le même nom : Lessieux.

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

    Le premier Ernest-Louis, né en 1848 et le second Louis-Ernest en 1874. Ils ne sont pas toujours facile à différencier et leurs prénoms facilitent la confusion! 

Luois Lessieux dans son atelier parisien

Luois Lessieux dans son atelier parisien

     Aujourd'hui intéressons-nous au plus jeune que l'on a l'habitude d'appeler Louis, gardant Ernest pour le père.

Le Comombier (Louis Lessieux)

Le Comombier (Louis Lessieux)

     Notons, n'en déplaise à la fierté oléronnaise qu'Ernest se fixa à Menton où il mourut et où la ville reconnaissante érigea un buste en son honneur. Il est vrai cependant qu'il fit l'acquisition d'une maison au village du Colombier à la Cotinière où il aima séjourner. Louis y passa plus de temps que son père, heureux de trouver un refuge où se reposer de la vie parisienne.

Les ajasses.

Les ajasses.

     La maison s'appelait "les ajasses", ce qui en patois local désigne les pies.

                                                       Pie jeune (Louis Lessieux)

Petite émotion au passage car la maison de mes grands parents, dans le Pas-de-Calais s'appelait "les agasses", presque le même mot d'un  patois à l'autre.

La maison des Ajasses (Louis Lessieux)

La maison des Ajasses (Louis Lessieux)

    Louis fut en partie parisien. Il avait son atelier Villa Brune. Il me ramène un instant à Montmartre car il fut en 1890 à l'Ecole des Arts Décoratifs de Paris élève de Luc Olivier Merson, l'auteur de l'immense et spectaculaire mosaïque du Sacré-Coeur.

La Cotinière (Louis Lessieux)

La Cotinière (Louis Lessieux)

Femmes au puits (Louis Lessieux)

Femmes au puits (Louis Lessieux)

    Il fut influencé par son père et peignit, surtout à ses débuts, de nombreuses aquarelles. Plusieurs sont exposées dans le petit musée de Saint-Pierre. Celles d'Ernest comme de Louis ne sont pas très originales et peinent à traduire la lumière si paticulière de l'île. 

Effets du soir à Oléron (Louis Lessieux)

Effets du soir à Oléron (Louis Lessieux)

     Cependant Louis sut parfois se détacher de l'influence paternelle et se montrer plus audacieux, ne cherchant plus à reproduire la réalité mais n'hésitant pas à utiliser des couleurs plus franches qui le rapprochent parfois des nabis. Il fut d'ailleurs plus que son père oléronnais et séjournait plus souvent que lui dans l'île.

La Cotinière (Louis Lessieux)

La Cotinière (Louis Lessieux)

Certaines de ses plus belles oeuvres ont La Cotinière pour sujet. Cette huile est selon moi une de ses plus belles toiles, plus expressive et plus vivante que ses aquarelles. On y voit une parenté avec Pont-Aven et surtout les Nabis.

Barque à La Cotinière (Louis Lessieux)

Barque à La Cotinière (Louis Lessieux)

La jetée de la Cotinière (Louis Lessieux)

La jetée de la Cotinière (Louis Lessieux)

Quai de la Loge (Louis Lessieux)

Quai de la Loge (Louis Lessieux)

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

Une de ses réalisations les plus spectaculaires fut la décoration des salles de l'hôtel de l'Horizon.


 

Il aimait la Cotinière où il posait souvent son chevalet et il n'est pas étonnant qu'un tel décor lui eût été confié pour cet établissement qui donnait sur le port. 

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.
Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

Louis Lessieux réalisa les fresques et les toiles entre 1925 et 1932. Il y représentait quelques sites de l'île et quelques uns de ses habitants. 

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

Ce n'est qu'en 1977 que le nouveau propriétaire "débarrrassa" les murs de toiles qu'il jugeait démodées. Elles furent démontées et vendues à la salle des ventes!

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

Le propriétaire précédent avait gardé pour lui quelques oeuvres qui ornaient la petite salle et qui de ce fait ont été sauvegardées. 

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

L'hôtel de l'Horizon a changé de nom plusieurs fois mais il existe toujours sur le port. Il s'appelle depuis 1987 "L'Ecailler" et sa décoration manque totalement d'intérêt! 

 

On connaît d'autres aspects de l'oeuvre de Louis Lessieux qui réalisa quelques affiches comme celle du cognac Otard

   C'est une des plus réussies, associant femme et alcool dans la même sensualité délicate.

 

     Il reçut commande d'affiches touristiques assez traditionnelles.... Plusieurs de ses aquarelles servirent à illustrer des calendriers!

Enfin il accompagna parfois son père dans ses voyages en Europe et en Afrique du nord.

 

Il s'inscrit dans la tradition des peintres orientalistes et n'est sans doute pas le plus inspiré. 

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

     Mais nous voilà loin de l'île qu'il aima et qui fut son véritable port d'attache. Il lui a déclaré son amour sans se lasser, toujnours ému par sa beauté et sa lumière changeante. C'est à Paris qu'il mourut en 1938, Villa Brune, loin de son île lumineuse.

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

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Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     C'est un beau portrait exposé dans la galerie des peintures du musée Hèbre de Rochefort. Je cherchais en vain un autre portrait, celui d'un enfant aux cerises auquel j'avais consacré un petit article quand ce jeune garçon, son chien dans les bras attira mon attention.

 

     Un garçon sérieux, doux et triste, jette un regard de côté, comme son chien abandonné au bien-être d'être installé sur les genoux de son petit maître, le museau entre les pattes.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     J'ai eu envie de connaître cet enfant mélancolique au sourire à peine esquissé. J'ai commencé par découvrir qu'il était le fils de l'auteur du tableau, Pascal Dagnan-Bouveret (1852-1929).

     Un peintre dont j'ignorais l'existence bien qu'ayant eu l'occasion de voir sans les lui attribuer certaines de ses réalisations à la Sorbonne, à l'Odéon ou à l'hôtel de ville où y peignit quelques fresques.

     Voici en quelques mots les étapes marquantes de sa vie de peintre. 

     En 1869, il étudie aux Beaux-Arts dans l'atelier de Cabanel. La guerre et la Commune pendant lesquelles j'ignore tout de son engagement éventuel, interrompent ses études qu'il reprend, la paix revenue. Il ne fréquente plus alors l'atelier de Cabanel mais celui de Gérôme. Dans les deux cas, il a été à bonne école!

     La première oeuvre qui le fait remarquer au Salon des Artistes (1875) est "l'Atalante", Sujet féministe s'il en est! Une jeune femme met au défi ses adversaires masculins dans une course à pieds qu'elle remporte aisément.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

      Il est ensuite attiré par les scènes de la vie quotidienne et se range du côté des Naturalistes, admirateurs de Zola. Une de ses toiles "le pardon en Bretagne" est remarquée à l'expo de 1889 où elle obtient la médaille d'honneur.

 

     C'est peu après qu'il évolue vers une peinture proche des Symbolistes et s'intéresse aux sujets religieux.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

    A la fin de sa carrière, peintre à la mode et couvert d'honneur, il se consacre essentiellement aux portraits.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     Tombé dans l'oubli, il est remis dans la lumière en 2002 grâce à une rétrospective organisée à New-York, les musées américains possédant de nombreuses toiles, comme des particuliers qui lui avaient commandé leur portrait.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     Mais revenons à notre garçon au chien! Il a été peint en 1890 et représente donc Jean, le fils du peintre.

     Jean Dagnan-Bouveret a alors 7 ans (il est né en 1883). La ligne oblique du décor place son visage entre noir et blanc. L'enfant est tourné vers le noir mais regarde vers la lumière.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     La lumière ce sont les dons qu'il possède et qui feront de lui un philosophe et un grand médecin, interne des hôpitaux de Paris.

     "L'Histoire de la folie" reprend un de ses articles de 1912 sur la dépersonnalisation et l'aboulie.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     La partie sombre, c'est la guerre de 14 pendant laquelle il est mèdecin aide-major. Il ne meurt pas au combat mais il est considéré comme victime de cette guerre, frappé en 1917 par la grippe espagnole.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     Son père vivra douze ans encore, portant le deuil  de ce fils aimé et admiré. Peut-être avait-il gardé le portrait de l'enfant, entre ombre et lumière, tenant contre lui l'animal fidèle, symbole d'un lien indéfectible et d'un amour total. 

 

     J'ai repensé à mon enfant aux cerises qui a disparu du musée de Rochefort et je me suis demandé pourquoi, si souvent, les portraits d'enfant étaient doux et mélancoliques, comme résignés. L'enfance aurait-elle un vague pressentiment des blessures à venir?

 

Liens : Charente Maritime. Musée Hèbre de Rochefort

Peintres et oeuvres

                               Fontaine de Rochefort. Place Colbert.

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                                                       L'ange de l'Annonciation (l'archange Gabriel)

                                                              L'église

Pourquoi les fresques de l'église de Saint-Sornin sont-elles si peu connues alors qu'elles sont un témoignage remarquable de la peinture religieuse de la fin de la Renaissance?

 

Il faut s'asseoir dans le choeur et les regarder se détacher peu à peu, prendre vie et couleurs...

 

On a l'impression en découvrant ce qui a pu en être sauvé après le retrait de plusieurs couches de badigeon, de sentir la main de l'artiste qui les a créées.

Un artiste inconnu, un spécialiste des anges qu'il devait côtoyer, perché sur son échafaudage. J'ai lu quelque part qu'il s'agirait d'un certain Gaultier. je n'en ai trouvé aucune confirmation. Mais pourquoi pas Gaultier? Un nom de vieux terroir et de poètes médiévaux.

Bien qu'à l'évidence plusieurs peintres aux styles différents aient participé à la réalisation de ces fresques...

Dans la belle église romane, l'ancien choeur détruit par les Anglais a été reconstruit au XVème siècle. Un choeur gothique donc, composé de deux travées voûtées d'ogives, terminées par un chevet plat. C'est sur les murs du choeur qu'ont été peintes les scènes que nous découvrons aujourd'hui.

                                                  L'Adoration des Mages

  Sur le mur du chevet, à droite, c'est la partie la mieux conservée. La comète comme un trait de feu désigne l'enfant qui est déjà un petit homme occupé à bénir ceux qui se prosternent devant lui.

 

Les corps penchés autour de l'enfant( la vierge et Joseph à gauche, les mages à droite) font autour de lui un cercle chaleureux. 

 

Les visages sont doux et graves. Le peintre s'est sans doute inspiré des gens qu'il côtoyait. Ce sont des visages réels, individualisés, sans formalisme. La vierge aux grands yeux baissés fait une moue un peu ridicule, comme celle que l'on voit sur le visage des mamans qui grondent tendrement leurs petits. 

                                                    Les bergers (nativité)

                                                             

Sur le côté gauche, la fresque a été plus endommagée. Elle représente les bergers adorant l'enfant que l'on peut deviner, vague forme blanche dans les bras de sa mère. On peut tenter de voir derrière les mains jointes de l'homme du premier plan la tête du boeuf de la crêche.

 

Comme on peut imaginer l'âne aux oreilles grises  à côté de l'épaule de Marie.

Ainsi devant ces fresques parvenues jusqu'à nous malgré vicissitudes et dégradations, sommes-nous invités à créer, à être peintre, à être poète.

La vierge a les yeux baissés et les mains jointes, tandis que dans les hauteurs l'ange qui a guidé les bergers, chante la gloire de dieu.

 

 

 

                                                                        

                                               L'Annonciation

 

Toujours sur la mur du chevet, au-dessus des deux fresques de la Nativité, est peint l'archange Gabriel aux ailes rouges, descendant au milieu des nuages, fleur de lys à la main pour annoncer à Marie qu'elle va devenir mère de Dieu...

Cette fresque à elle seul assurerait à l'ensemble sa renommée... L'ange est beau, à la fois aérien et solide. Il apparaît entre ses ailes de feu comme l'ange de la Résurrection.

J'interprète sans doute mais j'aime penser que le peintre a voulu que cet ange de Noël fût aussi celui de Pâques.

 

Marie agenouillée reçoit bras ouvert l'apparition. Son visage déjà est tourné vers la terre.

Au-dessus de cette scène, sous la voûte piquée d'étoiles, on peut distinguer un ange un peu dodu qui porte la couronne destinée à la servante du seigneur

De l'autre côté, une assemblée d'anges contemplent et commentent... comme s'ils étaient installés dans un salon de nuages, en train d'échanger les dernières nouvelles!

La tonalité brun rouge de l'ensemble me fait penser sans chercher de cohérence aux murs de Pompéi et à l'effacement des images. Ici aussi il y a eu incendies, morts, destructions... et cette présence obstinée de la trace humaine, de la peinture comme d'un entêtement de la vie et de la beauté.

 

A suivre : les fresques des murs latéraux.  Saint-Sornin. Eglise. Fresques. (2)

 

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Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.
Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

     Les lettres noires comme des coups de poing, des coups de gueule, ont fait leur apparition sur les murs de Montmartre un peu avant le grand confinement.

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

     Elles ne restent pas longtemps en place, vite arrachées, vite recouvertes de tags, vite oubliées...

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

    Mais avec acharnement elles reviennent comme une herbe qu'on voudrait déraciner et qui s'entête à renaître...

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

     C'est à Marseille qu'elles ont pour la première fois fait parler les murs. C'était en août 2019. 

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.
Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

        Marguerite Stern, féministe radicale des Femen en est à l'origine. Lorsqu'elle apprend qu'une jeune femme corse, après avoir porté plainte par cinq fois à la police, a été assassinée, elle transforme sa rage en lettres noires peintes sur des feuilles A4.

La nuit tombée elle les colle sur les murs. Le mouvement est lancé.

 

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.
Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

      Dans un squat d'artiste du 14ème arrondissement, des femmes alignent les lettres pour en faire des phrases dénonciatrices, des cris.

"Elle le quitte, il la tue" revient souvent. C'est la première raison donnée par les assassins. Comme si leur "possession" leur "bien" leur échappait, remettant en cause leur statut de maître, de mâle dominant...

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.
Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

      Quand la ville peu à peu s'endort, les volontaires vont avec les seaux de colle, les pinceaux et les feuilles afficher les lettres noires en essayant de ne pas être vues et verbalisées.

      

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.
Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

   L'action des femmes de ce collectif est pourtant plus respectueuse de l'environnement que bien des tags laids et pollueurs.  Les feuilles s'arrachent, se décollent sans abîmer leur support. C'est du moins ce que les "colleuses" espèrent. Souvent là où une lettre a été arrachée, apparaît une autre lettre, peinte cette fois directement sur le mur. La belle idée de départ est difficile à réaliser tant est rapide et acharnée la réaction de ceux qui se sentent agressés par ces dazibaos.

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.
Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

       Il y a aujourd'hui plus de cent femmes engagées dans le combat des lettres noires. Les hommes, d'après ce que je sais, ne sont pas admis. Je le regrette. Il me semble que ces combats se gagnent par l'union de tous. 

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

Parfois les messages excluent les hommes comme s'ils étaient forcément les ennemis. 

"Ni dieu, ni mec, ni patron" me semble être de ceux-là, inspiré par le devise anarchiste dont une des plus belles figures, Louise Michel luttait à égalité avec les hommes.

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

    Mais là, j'entre dans un autre débat sur certains mouvements féministes ouvertement lesbiens et pour lesquels tout mâle est suspect. 

Je préfère n'en pas parler et tirer mon chapeau que je n'ai pas à ces combattantes de la nuit qui jettent à la figure de tous ces faire-part de deuil, ces lettres noires qui claquent comme des drapeaux.

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

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