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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

peintres

Publié le par chriswac
Publié dans : #Peintres, #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
La vachalcade de Montmartre (Pelez)

La vachalcade de Montmartre (Pelez)

   Fernand Pelez (1848-1913) est contemporain de Toulouse Lautrec et de Degas. Comme eux il s'est intéressé aux artistes mais plus qu'eux son regard a été marqué par la fraternité et la compassion. Pas étonnant qu'il ait eu peu de succès, ses toiles ne montrent pas les lumières des théâtres, ni les belles passantes des rues. Elles disent la misère et le rude labeur de survivre.

 

   Celui qui dans le Montmartre du XXème siècle lui ressemblera le plus, non par le style, non par la palette mais par la générosité du regard, c'est Poulbot, le peintre des gosses.

 

 

   Parce que les gosses, il les connait Fernand Pelez. Il voit sur le boulevard de Clichy où il a son atelier les mendiants qui espèrent attendrir les noctambules et les amateurs de jolies danseuses.

le martyr. Le marchand de violettes.

le martyr. Le marchand de violettes.

... Et quand il peint le petit vendeur de violettes, épuisé, affamé, presque mort, il appelle sa toile : le martyr. Quand il y a martyr, il y a bourreau. On ne peut s'empêcher de le rechercher ce bourreau, devant ces victimes dont la tristesse détruit la joie et la vitalité.

 

                                              Le petit marchand de citrons

   Certes Fernand Pelez a dû regarder Murillo et ses mendiants exposés au Louvre, mais le choix qu'il a fait après des études académiques avec pour maître un grand peintre, Cabanel, c'est un engagement, un renoncement au succès, à la fortune, alors que ses toiles avaient été remarquées et honorées au salon.

Adam et Eve. Première période de Fernand Pelez, encore académique.

Adam et Eve. Première période de Fernand Pelez, encore académique.

    Il y a au Petit Palais une toile exceptionnelle qu'il faut voir à tout prix pour mesurer le génie de Fernand Pelez "Grimaces et misère" de 1888.

Fernand Pelez. Un grand peintre de Montmartre à la Belle époque. Le peintre des pauvres.

     Et quelle toile!

 Sept mètres de largeur! (2 mètres 61 de hauteur). Présentée au salon de 1888, elle fit sensation. Elle resta dans l'atelier du peintre jusqu'à sa mort. Elle entra alors au musée où elle continue d'impressionner les visiteurs.

La toile dans l'atelier du peintre, 62 boulevard de Clichy.

La toile dans l'atelier du peintre, 62 boulevard de Clichy.

      Elle représente une troupe foraine telle qu'on en voyait sur les boulevards. Les dix forains sur une estrade font face aux spectateurs et sont censés leur donner envie d'entrer sous le petit chapiteau pour assister au spectacle. 

Fernand Pelez. Un grand peintre de Montmartre à la Belle époque. Le peintre des pauvres.

    À gauche, un garçon qui tient un tambour pleure tandis que des adolescentes en maillot, attendent le début du spectacle qui commencera comme l'indique le panneau tenu par la plus âgée, dans trente secondes.

 

    Les visages sont las, comme ailleurs. Ils ne regardent pas les curieux qui les fixent. Les animaux font partie du spectacle, perroquets et singes. Privés de liberté, enchaînés, ils connaissent le même sort que les enfants. 

Fernand Pelez. Un grand peintre de Montmartre à la Belle époque. Le peintre des pauvres.

      Au centre, un nain réduit à son rôle de "curiosité", de petit monstre amusant, a le visage fermé, seule façon de résister à l'humiliation.

Un clown blanc au costume coloré déclame sans baisser la tête vers les spectateurs. 

Un "bonimenteur" plus âgé prend un air exagérément réjoui.

Fernand Pelez. Un grand peintre de Montmartre à la Belle époque. Le peintre des pauvres.

     À droite sous la banderole "orchestre français" (sur laquelle un singe enchaîné, compagnon de misère, tourne le dos), trois vieillards amaigris sont assis. Ils sont accablés. Deux semblent dormir, le 3ème fixe le vide. leurs instruments sont la clarinette, le trombone et l'ophicléide (ancêtre du tuba).

Le petit berger endormi (Jules Bastien-Lepage)

Le petit berger endormi (Jules Bastien-Lepage)

    Dans cette attention aux humbles, à ceux que la société ne veut pas voir, le peintre a été proche d'un artiste qui l'influença et qui comme lui fréquenta l'atelier de Cabanel : Jules Bastien-Lepage.

                                             Jules Bastien-Lepage

    Mais si Jules Bastien-Lepage reste fidèle à ses origines paysannes et représente des campagnards dans leur rude condition, Fernand Pelez est citadin et c'est la misère des villes qu'il veut peindre.

Fernand Pelez. Un grand peintre de Montmartre à la Belle époque. Le peintre des pauvres.

    Comme dans cette toile : "sans asile - les expulsés". Une œuvre toujours actuelle qu'appréciera un autre montmartrois connu pour son amour des chats, Steinlen, qui fut aussi un homme engagé dans la défense des pauvres du maquis.

 

     Parmi les autres toiles de Pelez comment ne pas citer "la victime ou l'asphyxie" qui représente une femme que les émanations d'oxyde de carbone d'un mauvais poêle ont tuée.

Pelez ne pouvait savoir que quelques années après cette représentation, un écrivain qu'il admire, Zola, mourrait de la même manière. Il s'agirait alors d'un crime.

Un nid de misère. (Pelez)

Un nid de misère. (Pelez)

     Une exposition de 2009 au Petit Palais a remis dans la lumière ce grand peintre.

    Patrick Cauvin écrivait alors : "Montmartrois, foncez au petit Palais! Courez voir Pelez, ne serait-ce que pour le temps d'un regard, faire revivre, par un peintre oublié, le carnaval des traîne-savates".

 

Liste des liens:

Artistes, peintres célébrités de Montmartre

Etude de toiles de grands peintres

                                                    Les lingères. (Pelez 1880)

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #Peintres
Byblis changée en source. Hu

Byblis changée en source. Hu

     Ce peintre alsacien fait partie de l'histoire montmartroise puisque pendant des années c'est à Pigalle qu'il travailla, au 11, aujourd'hui disparu, sur cette place où tant d'artistes vécurent.

C'est rue La Bruyère qu'il mourut et c'est au cimetière de Montmartre qu'il repose.

                            Atelier de Jean-Jacques henner, 11 place Pigalle

     Nous l'avons déjà rencontré, loin de la Butte, au musée Fabre de Montpellier avec une de ses plus belles oeuvres, "le bon samaritain".

 

   Un chef d'oeuvre qui ne représente qu'un aspect de l'art et de l'originalité de Jean-Jacques Henner (1829-1905).

Autoportrait (1866. Huile sur toile)

Autoportrait (1866. Huile sur toile)

    S'il ne fallait retenir que quelques éléments de sa vie féconde, il faudrait bien sûr parler de son séjour en Italie après l'obtention du Prix de Rome en 1858 pour sa toile "Adam et Eve trouvant le corps d'Abel".

 

     Comme tout artiste, il est fasciné par l'Italie et passe des heures dans les musées à reproduire les oeuvres des peintres qu'il admire. Il a le temps pendant son séjour de 5 années de parcourir le pays. La dernière année ce sont Titien et Corrège qui l'attirent.

                                               La femme au miroir (Titien)

     Certains verront dans l'influence de Titien le goût de Henner pour les femmes rousses si présentes dans son oeuvre.

                                                 Le Corrège (Noli me tangere)

Du Corrège il retiendra le contour adouci, comme nimbé, des corps. On le retrouvera dans ses toiles avec ce savant "fumato" qui leur donne un aspect onirique. 

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

    Henner est bouleversé par la chute de l'Empire qui entraîne la perte de la région qu'il aime plus que toutes, l'Alsace. Il peint alors une toile qui devient célèbre et même iconique : l'Alsace, elle attend attend.

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

    Une jeune alsacienne en deuil porte sur sa coiffe la cocarde tricolore. L'oeuvre devient vite populaire et assure à son auteur la gloire!

     

                                 Alsacienne tricotant (1871. Huile sur toile)

     Henner ne manquera pas de peindre de jeunes alsaciennes parmi lesquelles sa nièce Eugénie à laquelle il était très attaché.

Eugénie Henner en alsacienne.

Eugénie Henner en alsacienne.

Il reçoit de nombreuses commandes et ses femmes nues à la rousseur incandescente rencontrent un grand succès.

Les Naïades (1861. Peint pour la salle à manger des Soyer, 43 fbg Saint-Honoré)

Succès tel qu'il donne parfois dans la facilité et reproduit les mêmes toiles.

                 Femme nue couchée dans une fourrure (1892. Huile sur bois)

Aujourd'hui ces "rousseurs" bien que remarquables nuisent à son oeuvre en faisant oublier ou négliger les autres facettes de son talent.

                                            Femme au voile rouge (1870)

                                                  Judith (1887. Huile sur carton)

     Pourtant nous pouvons admirer avec ces toiles un art qui, sans adhérer aux mouvements picturaux de son temps, est tout à fait moderne. Gustave Moreau n'est pas loin, ni le symbolisme. Déjà la touche picturale se fait plus audacieuse, peu soucieuse de réalisme. N'oublions pas que Henner reste proche de ses contemporains et qu'il admire Manet qu'il impose à un jury du Salon.   

                           Mlle Dodey (1893)

Mlle Dodey (1893)

                         La Vérité (Pour la Sorbonne)

La Vérité (Pour la Sorbonne)

     Lorsqu'il faut illustrer Zola, disant à propos de l'affaire Dreyfus "La vérité est en marche et rien ne l'arrêtera", c'est encore une femme rousse qui incarne l'allégorie de ce credo.

 

Le peintre ne manque pas de recevoir également des commandes de tableaux religieux, comme nous l'avons vu avec le Bon Samaritain du musée Fabre.

                             Le Christ au tombeau (1884)

Le Christ au tombeau (1884)

     Le paysage disparaît ou ne se laisse qu'à peine deviner sur un fond uni.

La série des Saint-Sébastien au corps androgyne montre à l'évidence la parenté avec Gustave Moreau, même si à l'inverse de ce dernier Henner ne se soucie pas de décor et d'ornementations.

 

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

Henner a également peint des paysages.

Route de Galfingen avec le vieux cerisier et la croix. (1876)

Route de Galfingen avec le vieux cerisier et la croix. (1876)

    Ils sont à peine esquissés et annoncent l'impressionnisme et les touches picturales peu soucieuses de précision réaliste.

                                     Paysage d'Alsace (1890)

     Il serait injuste de ne pas mentionner l'engagement féministe de Henner qui faisait partie de ceux, trop rares à l'époque, qui ne comprenaient pas que l'école des Beaux Arts pût être interdite aux femmes. Il créa avec Carolus Duran "l'atelier des dames" où il eut pour élèves bien des artistes de talent.

 

Louise Abbéma que nous avons rencontrée sur ce blog est l'une d'elles et non la moindre! 

Les repasseuses (Marie Petiet)

Les repasseuses (Marie Petiet)

Citons encore Marie Petiet 

                              Madame Silvestre et ses enfants (Joséphine Houssaye)

Joséphine Houssaye

Juana Romani (qui fut aussi son modèle)

                                            His first offence (Dorothy Tennant)

ou Doroty Tennant.

   Comme pour Gustave Moreau rue La Rochefoucaud, la rencontre du peintre et de ses oeuvres se fait dans un hôtel particulier.

Mais contrairement à Moreau qui avait pour demeure son propre hôtel devenu musée, Henner n'a jamais vécu avenue de Villiers.

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

   C'est un autre artiste, neveu de Gounod, Guillaume Dubufe (1853-1909) qui, enrichi par de nombreuses commandes, put l'acquérir.

                                          Hôtel de Sarah bernhardt

L'hôtel a été construit en 1840 par un architecte-peintre-décorateur de grand talent, Félix Escalier, qui réalisa également, entre autres, celui de Sarah Bernhardt rue Fortuny.

Hall et jardin d'hiver

Hall et jardin d'hiver

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

La visite dans cette maison qui semble toujours habitée est un plaisir...

Dans l'atelier inondé de lumière qui restitue l'original, le visiteur a l'impression que le peintre va pousser la porte et s'asseoir devant son chevalet. 

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

Je ne résiste pas au plaisir de terminer cette visite avec le mimétisme "gardienne-statue" dans une des salles du musée!

 

Liens:

Artistes, peintres, célébrités de Montmartre.

Peintres et oeuvres étudiées

                                Le lévite d'Ephraïm et sa femme morte (1895)

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Publié le par chriswac
Publié dans : #Peintres, #CHARENTE MARITIME, #OLERON
Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

     Je suis étonné qu'Oléron, l'île lumineuse, ait inspiré si peu de peintres... bien sûr il y a le plus célèbre, Omer Charlet qui créa quelques chefs d'oeuvre d'inspiration religieuse (exception faite de l'émouvante "orphelines de la mer") mais à part lui, il est difficile de nommer d'autres artistes de valeur.

                               Les orphelines de la mer (musée Hèbre, Rochefort)

    Et pourtant le musée de Saint-Pierre consacra en 2008 une exposition à deux d'entre eux. Deux et pourtant un puisqu'ils sont père et fils et portent le même nom : Lessieux.

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

    Le premier Ernest-Louis, né en 1848 et le second Louis-Ernest en 1874. Ils ne sont pas toujours facile à différencier et leurs prénoms facilitent la confusion! 

Luois Lessieux dans son atelier parisien

Luois Lessieux dans son atelier parisien

     Aujourd'hui intéressons-nous au plus jeune que l'on a l'habitude d'appeler Louis, gardant Ernest pour le père.

Le Comombier (Louis Lessieux)

Le Comombier (Louis Lessieux)

     Notons, n'en déplaise à la fierté oléronnaise qu'Ernest se fixa à Menton où il mourut et où la ville reconnaissante érigea un buste en son honneur. Il est vrai cependant qu'il fit l'acquisition d'une maison au village du Colombier à la Cotinière où il aima séjourner. Louis y passa plus de temps que son père, heureux de trouver un refuge où se reposer de la vie parisienne.

Les ajasses.

Les ajasses.

     La maison s'appelait "les ajasses", ce qui en patois local désigne les pies.

                                                       Pie jeune (Louis Lessieux)

Petite émotion au passage car la maison de mes grands parents, dans le Pas-de-Calais s'appelait "les agasses", presque le même mot d'un  patois à l'autre.

La maison des Ajasses (Louis Lessieux)

La maison des Ajasses (Louis Lessieux)

    Louis fut en partie parisien. Il avait son atelier Villa Brune. Il me ramène un instant à Montmartre car il fut en 1890 à l'Ecole des Arts Décoratifs de Paris élève de Luc Olivier Merson, l'auteur de l'immense et spectaculaire mosaïque du Sacré-Coeur.

La Cotinière (Louis Lessieux)

La Cotinière (Louis Lessieux)

Femmes au puits (Louis Lessieux)

Femmes au puits (Louis Lessieux)

    Il fut influencé par son père et peignit, surtout à ses débuts, de nombreuses aquarelles. Plusieurs sont exposées dans le petit musée de Saint-Pierre. Celles d'Ernest comme de Louis ne sont pas très originales et peinent à traduire la lumière si paticulière de l'île. 

Effets du soir à Oléron (Louis Lessieux)

Effets du soir à Oléron (Louis Lessieux)

     Cependant Louis sut parfois se détacher de l'influence paternelle et se montrer plus audacieux, ne cherchant plus à reproduire la réalité mais n'hésitant pas à utiliser des couleurs plus franches qui le rapprochent parfois des nabis. Il fut d'ailleurs plus que son père oléronnais et séjournait plus souvent que lui dans l'île.

La Cotinière (Louis Lessieux)

La Cotinière (Louis Lessieux)

Certaines de ses plus belles oeuvres ont La Cotinière pour sujet. Cette huile est selon moi une de ses plus belles toiles, plus expressive et plus vivante que ses aquarelles. On y voit une parenté avec Pont-Aven et surtout les Nabis.

Barque à La Cotinière (Louis Lessieux)

Barque à La Cotinière (Louis Lessieux)

La jetée de la Cotinière (Louis Lessieux)

La jetée de la Cotinière (Louis Lessieux)

Quai de la Loge (Louis Lessieux)

Quai de la Loge (Louis Lessieux)

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

Une de ses réalisations les plus spectaculaires fut la décoration des salles de l'hôtel de l'Horizon.


 

Il aimait la Cotinière où il posait souvent son chevalet et il n'est pas étonnant qu'un tel décor lui eût été confié pour cet établissement qui donnait sur le port. 

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.
Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

Louis Lessieux réalisa les fresques et les toiles entre 1925 et 1932. Il y représentait quelques sites de l'île et quelques uns de ses habitants. 

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

Ce n'est qu'en 1977 que le nouveau propriétaire "débarrrassa" les murs de toiles qu'il jugeait démodées. Elles furent démontées et vendues à la salle des ventes!

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

Le propriétaire précédent avait gardé pour lui quelques oeuvres qui ornaient la petite salle et qui de ce fait ont été sauvegardées. 

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

L'hôtel de l'Horizon a changé de nom plusieurs fois mais il existe toujours sur le port. Il s'appelle depuis 1987 "L'Ecailler" et sa décoration manque totalement d'intérêt! 

 

On connaît d'autres aspects de l'oeuvre de Louis Lessieux qui réalisa quelques affiches comme celle du cognac Otard

   C'est une des plus réussies, associant femme et alcool dans la même sensualité délicate.

 

     Il reçut commande d'affiches touristiques assez traditionnelles.... Plusieurs de ses aquarelles servirent à illustrer des calendriers!

Enfin il accompagna parfois son père dans ses voyages en Europe et en Afrique du nord.

 

Il s'inscrit dans la tradition des peintres orientalistes et n'est sans doute pas le plus inspiré. 

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

     Mais nous voilà loin de l'île qu'il aima et qui fut son véritable port d'attache. Il lui a déclaré son amour sans se lasser, toujnours ému par sa beauté et sa lumière changeante. C'est à Paris qu'il mourut en 1938, Villa Brune, loin de son île lumineuse.

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

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Publié le par chriswac
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Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     C'est un beau portrait exposé dans la galerie des peintures du musée Hèbre de Rochefort. Je cherchais en vain un autre portrait, celui d'un enfant aux cerises auquel j'avais consacré un petit article quand ce jeune garçon, son chien dans les bras attira mon attention.

 

     Un garçon sérieux, doux et triste, jette un regard de côté, comme son chien abandonné au bien-être d'être installé sur les genoux de son petit maître, le museau entre les pattes.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     J'ai eu envie de connaître cet enfant mélancolique au sourire à peine esquissé. J'ai commencé par découvrir qu'il était le fils de l'auteur du tableau, Pascal Dagnan-Bouveret (1852-1929).

     Un peintre dont j'ignorais l'existence bien qu'ayant eu l'occasion de voir sans les lui attribuer certaines de ses réalisations à la Sorbonne, à l'Odéon ou à l'hôtel de ville où y peignit quelques fresques.

     Voici en quelques mots les étapes marquantes de sa vie de peintre. 

     En 1869, il étudie aux Beaux-Arts dans l'atelier de Cabanel. La guerre et la Commune pendant lesquelles j'ignore tout de son engagement éventuel, interrompent ses études qu'il reprend, la paix revenue. Il ne fréquente plus alors l'atelier de Cabanel mais celui de Gérôme. Dans les deux cas, il a été à bonne école!

     La première oeuvre qui le fait remarquer au Salon des Artistes (1875) est "l'Atalante", Sujet féministe s'il en est! Une jeune femme met au défi ses adversaires masculins dans une course à pieds qu'elle remporte aisément.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

      Il est ensuite attiré par les scènes de la vie quotidienne et se range du côté des Naturalistes, admirateurs de Zola. Une de ses toiles "le pardon en Bretagne" est remarquée à l'expo de 1889 où elle obtient la médaille d'honneur.

 

     C'est peu après qu'il évolue vers une peinture proche des Symbolistes et s'intéresse aux sujets religieux.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

    A la fin de sa carrière, peintre à la mode et couvert d'honneur, il se consacre essentiellement aux portraits.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     Tombé dans l'oubli, il est remis dans la lumière en 2002 grâce à une rétrospective organisée à New-York, les musées américains possédant de nombreuses toiles, comme des particuliers qui lui avaient commandé leur portrait.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     Mais revenons à notre garçon au chien! Il a été peint en 1890 et représente donc Jean, le fils du peintre.

     Jean Dagnan-Bouveret a alors 7 ans (il est né en 1883). La ligne oblique du décor place son visage entre noir et blanc. L'enfant est tourné vers le noir mais regarde vers la lumière.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     La lumière ce sont les dons qu'il possède et qui feront de lui un philosophe et un grand médecin, interne des hôpitaux de Paris.

     "L'Histoire de la folie" reprend un de ses articles de 1912 sur la dépersonnalisation et l'aboulie.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     La partie sombre, c'est la guerre de 14 pendant laquelle il est mèdecin aide-major. Il ne meurt pas au combat mais il est considéré comme victime de cette guerre, frappé en 1917 par la grippe espagnole.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     Son père vivra douze ans encore, portant le deuil  de ce fils aimé et admiré. Peut-être avait-il gardé le portrait de l'enfant, entre ombre et lumière, tenant contre lui l'animal fidèle, symbole d'un lien indéfectible et d'un amour total. 

 

     J'ai repensé à mon enfant aux cerises qui a disparu du musée de Rochefort et je me suis demandé pourquoi, si souvent, les portraits d'enfant étaient doux et mélancoliques, comme résignés. L'enfance aurait-elle un vague pressentiment des blessures à venir?

 

Liens : Charente Maritime. Musée Hèbre de Rochefort

Peintres et oeuvres

                               Fontaine de Rochefort. Place Colbert.

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Publié le par chriswac
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                                                       L'ange de l'Annonciation (l'archange Gabriel)

                                                              L'église

Pourquoi les fresques de l'église de Saint-Sornin sont-elles si peu connues alors qu'elles sont un témoignage remarquable de la peinture religieuse de la fin de la Renaissance?

 

Il faut s'asseoir dans le choeur et les regarder se détacher peu à peu, prendre vie et couleurs...

 

On a l'impression en découvrant ce qui a pu en être sauvé après le retrait de plusieurs couches de badigeon, de sentir la main de l'artiste qui les a créées.

Un artiste inconnu, un spécialiste des anges qu'il devait côtoyer, perché sur son échafaudage. J'ai lu quelque part qu'il s'agirait d'un certain Gaultier. je n'en ai trouvé aucune confirmation. Mais pourquoi pas Gaultier? Un nom de vieux terroir et de poètes médiévaux.

Bien qu'à l'évidence plusieurs peintres aux styles différents aient participé à la réalisation de ces fresques...

Dans la belle église romane, l'ancien choeur détruit par les Anglais a été reconstruit au XVème siècle. Un choeur gothique donc, composé de deux travées voûtées d'ogives, terminées par un chevet plat. C'est sur les murs du choeur qu'ont été peintes les scènes que nous découvrons aujourd'hui.

                                                  L'Adoration des Mages

  Sur le mur du chevet, à droite, c'est la partie la mieux conservée. La comète comme un trait de feu désigne l'enfant qui est déjà un petit homme occupé à bénir ceux qui se prosternent devant lui.

 

Les corps penchés autour de l'enfant( la vierge et Joseph à gauche, les mages à droite) font autour de lui un cercle chaleureux. 

 

Les visages sont doux et graves. Le peintre s'est sans doute inspiré des gens qu'il côtoyait. Ce sont des visages réels, individualisés, sans formalisme. La vierge aux grands yeux baissés fait une moue un peu ridicule, comme celle que l'on voit sur le visage des mamans qui grondent tendrement leurs petits. 

                                                    Les bergers (nativité)

                                                             

Sur le côté gauche, la fresque a été plus endommagée. Elle représente les bergers adorant l'enfant que l'on peut deviner, vague forme blanche dans les bras de sa mère. On peut tenter de voir derrière les mains jointes de l'homme du premier plan la tête du boeuf de la crêche.

 

Comme on peut imaginer l'âne aux oreilles grises  à côté de l'épaule de Marie.

Ainsi devant ces fresques parvenues jusqu'à nous malgré vicissitudes et dégradations, sommes-nous invités à créer, à être peintre, à être poète.

La vierge a les yeux baissés et les mains jointes, tandis que dans les hauteurs l'ange qui a guidé les bergers, chante la gloire de dieu.

 

 

 

                                                                        

                                               L'Annonciation

 

Toujours sur la mur du chevet, au-dessus des deux fresques de la Nativité, est peint l'archange Gabriel aux ailes rouges, descendant au milieu des nuages, fleur de lys à la main pour annoncer à Marie qu'elle va devenir mère de Dieu...

Cette fresque à elle seul assurerait à l'ensemble sa renommée... L'ange est beau, à la fois aérien et solide. Il apparaît entre ses ailes de feu comme l'ange de la Résurrection.

J'interprète sans doute mais j'aime penser que le peintre a voulu que cet ange de Noël fût aussi celui de Pâques.

 

Marie agenouillée reçoit bras ouvert l'apparition. Son visage déjà est tourné vers la terre.

Au-dessus de cette scène, sous la voûte piquée d'étoiles, on peut distinguer un ange un peu dodu qui porte la couronne destinée à la servante du seigneur

De l'autre côté, une assemblée d'anges contemplent et commentent... comme s'ils étaient installés dans un salon de nuages, en train d'échanger les dernières nouvelles!

La tonalité brun rouge de l'ensemble me fait penser sans chercher de cohérence aux murs de Pompéi et à l'effacement des images. Ici aussi il y a eu incendies, morts, destructions... et cette présence obstinée de la trace humaine, de la peinture comme d'un entêtement de la vie et de la beauté.

 

A suivre : les fresques des murs latéraux.  Saint-Sornin. Eglise. Fresques. (2)

 

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Liens : Charente Maritime. tous les articles :

Charente Maritime. Classement alphabétique. Liens.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #Peintres
Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.
Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

     Les lettres noires comme des coups de poing, des coups de gueule, ont fait leur apparition sur les murs de Montmartre un peu avant le grand confinement.

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

     Elles ne restent pas longtemps en place, vite arrachées, vite recouvertes de tags, vite oubliées...

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

    Mais avec acharnement elles reviennent comme une herbe qu'on voudrait déraciner et qui s'entête à renaître...

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

     C'est à Marseille qu'elles ont pour la première fois fait parler les murs. C'était en août 2019. 

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.
Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

        Marguerite Stern, féministe radicale des Femen en est à l'origine. Lorsqu'elle apprend qu'une jeune femme corse, après avoir porté plainte par cinq fois à la police, a été assassinée, elle transforme sa rage en lettres noires peintes sur des feuilles A4.

La nuit tombée elle les colle sur les murs. Le mouvement est lancé.

 

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.
Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

      Dans un squat d'artiste du 14ème arrondissement, des femmes alignent les lettres pour en faire des phrases dénonciatrices, des cris.

"Elle le quitte, il la tue" revient souvent. C'est la première raison donnée par les assassins. Comme si leur "possession" leur "bien" leur échappait, remettant en cause leur statut de maître, de mâle dominant...

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.
Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

      Quand la ville peu à peu s'endort, les volontaires vont avec les seaux de colle, les pinceaux et les feuilles afficher les lettres noires en essayant de ne pas être vues et verbalisées.

      

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.
Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

   L'action des femmes de ce collectif est pourtant plus respectueuse de l'environnement que bien des tags laids et pollueurs.  Les feuilles s'arrachent, se décollent sans abîmer leur support. C'est du moins ce que les "colleuses" espèrent. Souvent là où une lettre a été arrachée, apparaît une autre lettre, peinte cette fois directement sur le mur. La belle idée de départ est difficile à réaliser tant est rapide et acharnée la réaction de ceux qui se sentent agressés par ces dazibaos.

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.
Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

       Il y a aujourd'hui plus de cent femmes engagées dans le combat des lettres noires. Les hommes, d'après ce que je sais, ne sont pas admis. Je le regrette. Il me semble que ces combats se gagnent par l'union de tous. 

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

Parfois les messages excluent les hommes comme s'ils étaient forcément les ennemis. 

"Ni dieu, ni mec, ni patron" me semble être de ceux-là, inspiré par le devise anarchiste dont une des plus belles figures, Louise Michel luttait à égalité avec les hommes.

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

    Mais là, j'entre dans un autre débat sur certains mouvements féministes ouvertement lesbiens et pour lesquels tout mâle est suspect. 

Je préfère n'en pas parler et tirer mon chapeau que je n'ai pas à ces combattantes de la nuit qui jettent à la figure de tous ces faire-part de deuil, ces lettres noires qui claquent comme des drapeaux.

Féministes. Les lettres noires contre le féminicide.

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Publié le par chriswac
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Les peintres naïfs. Exposition du musée Maillol. Ferdinand Desnos, René Rimbert, Jean Eve, Louis Vivin, Dominique Peyronnet,  André Bauchant, André Bombois, Rousseau, Seraphine.

     Quel rapport avec Montmartre?

     Ni Rousseau ni Séraphine ne sont de notre village et pourtant… Les peintres que l'on appelle "naïfs"l ont toujours aimé Montmartre.

La Butte est déjà un tableau qui leur ressemble, avec ses dômes blancs, ses arbres en son jardin  vertical où s'accrochent de petits personnages...

Jean Eve. Le Sacré-Coeur de Montmartre de face. 1946.

Jean Eve. Le Sacré-Coeur de Montmartre de face. 1946.

… Et puis… c'est à Montmartre qu'eut lieu pendant des années la "foire aux croûtes" où les peintres qui ne vendaient pas leurs toiles les exposaient en espérant trouver un acheteur providentiel! 

 

Louis Vivin. Paris, basilique du Sacré-Coeur de Montmartre. 1930.

Louis Vivin. Paris, basilique du Sacré-Coeur de Montmartre. 1930.

     Le Sacré-Coeur que certains continuent de décrier est en lui-même un monument naïf, une ville orientale, un narthex ouvert sur la houle des toits...

    Louis Vivin le peignit plus de dix fois! Il fit partie avec Bombois des vendeurs de la "Foire aux croûtes".

Cette toile paraît simple et pourtant, rien de réaliste… le monument est déplié, vu simultanément de face et de côté… On peut remarquer le même personnage démultiplié gravissant la Butte. L'inattendu, l'étrange sont présents dans un paysage qui semblait sans mystère.

Les peintres naïfs. Exposition du musée Maillol. Ferdinand Desnos, René Rimbert, Jean Eve, Louis Vivin, Dominique Peyronnet,  André Bauchant, André Bombois, Rousseau, Seraphine.

    Lorsque Uhde (le découvreur de Séraphine Louis) organisa une exposition des peintres qu'il aimait et qu'il avait souvent rencontrés à Montmartre, il l'intitula "Les peintres du cœur sacré".

C'était un beau titre. Référence au monument emblématique en même temps qu'à l'aspect amoureux du geste de peindre sans prétention, avec un regard clair, avec le cœur simple.

Ferdinand Desnos. Autoportrait aux chats. 1953.

Ferdinand Desnos. Autoportrait aux chats. 1953.

     Dans cette riche exposition j'ai choisi quelques œuvres que j'ai particulièrement aimées. Je n'ai  pas insisté avec Rousseau qui connaît la gloire qu'il mérite ni avec Séraphine la mystique aux fleurs tourmentées aujourd'hui mondialement reconnue.

Voilà Ferdinand Desnos, cousin du poète. Un autoportrait qui fait penser à Chagall, avec des chats joueurs, amis des artistes. 

Ferdinand Desnos. Portrait de Paul Léautaud et ses chats. 1953.

Ferdinand Desnos. Portrait de Paul Léautaud et ses chats. 1953.

     Il a été ami des écrivains et poètes (il a fait un portrait d'André Breton) et a représenté Léautaud avec qui il partageait l'amour-passion des chats.

André Bauchant. Autoportrait aux dahlias. 1922.

André Bauchant. Autoportrait aux dahlias. 1922.

     André Bauchant s'est réfugié dans la peinture à son retour du front en 1918. Lui qui était pépiniériste et aimait ses fleurs, lui qui était amoureux fou de sa femme, il retrouva sa pépinière saccagée et sa femme frappée de folie.

    Il y a dans ses toiles de la douceur et de la tristesse mêlées.

André Bauchant. Les baigneuses. 1923.

André Bauchant. Les baigneuses. 1923.

Dominique Peyronnet. La falaise. Non daté.

Dominique Peyronnet. La falaise. Non daté.

    J'ai découvert un peintre que je ne connaissais et qui m'a plu avec ses rivages oniriques et ses vagues d'opéra : Dominique Peyronnet.

  Il peint avec application et sans effets. Ses paysages ont la précision inquiétante des rêves.

Dominique Peyronnet. Après le bain. 1931.

Dominique Peyronnet. Après le bain. 1931.

Dominique Peyronnet. Mer brumeuse à marée basse. Non daté.

Dominique Peyronnet. Mer brumeuse à marée basse. Non daté.

…. Et maintenant nous entrons dans une salle consacrée à une des stars de la peinture naïve : André Bombois.

Nous lui avons déjà consacré un article lors de l'exposition qu'organisa en son honneur le musée Maillol... 

    Il est assurément le plus sensuel des peintres de cette exposition. Le seul à peindre des femmes nues et à réaliser à sa manière son "origine du monde!

 

    Il va droit au but et n'essaie pas d'atténuer son intérêt pour ce sexe qui l'attire (pas de censure s'il vous plaît, notre homme n'agressa personne et prit pour modèle sa femme dont il aima les rondeurs sensuelles).

 

     Bien différent est René Rimbert qui fut dessinateur pour l'Etat Major pendant la première guerre mondiale. Il eut pour admirateur Max Jacob et s'il fut classé parmi les naïfs c'est après avoir exposé une toile représentant l'apothéose du douanier Rousseau.

 

    On y voit le douanier s'élever, palette à la main, vers les nuages où la muse est entourée d'Ingres, Delacroix, Courbet, Cézanne et Renoir. Ces maîtres sont ceux qu'admire Rimbert qui a compris avant bien des critiques d'art qu'il n'y avait pas de frontière hermétique entre le Douanier et les grands maîtres reconnus.

On devine en bas du tableau, Rimbert derrière sa fenêtre jouant de la flûte et accompagnant ainsi le Douanier dans son voyage glorieux!

Les peintres naïfs. Exposition du musée Maillol. Ferdinand Desnos, René Rimbert, Jean Eve, Louis Vivin, Dominique Peyronnet,  André Bauchant, André Bombois, Rousseau, Seraphine.

la plupart de ses toiles représentent la ville, avec ici et là de rares passants esquissés. Le silence, l'espace font penser à Chirico. 

 

    Pour terminer cette visite personnelle il faut bien saluer le douanier Rousseau et Séraphine Louis, les seuls peintres nommés dans le titre de l'exposition.

   Par leur prestige  ils attireront au musée Maillol des amateurs d'art "naïf" et leur permettront peut-être de voir briller au ciel de leur panthéon personnel quelques étoiles nouvelles!

Séraphine Louis. Le bouquet de feuilles. 1929.

Séraphine Louis. Le bouquet de feuilles. 1929.

Le Douanier Rousseau. Deux lions à l'affût dans la jungle 1909.

Le Douanier Rousseau. Deux lions à l'affût dans la jungle 1909.

Les peintres naïfs. Exposition du musée Maillol. Ferdinand Desnos, René Rimbert, Jean Eve, Louis Vivin, Dominique Peyronnet,  André Bauchant, André Bombois, Rousseau, Seraphine.

 J'ai oublié d'ajouter cet autoportrait de Jean Eve que Nicole aime particulièrement pour sa douceur mélancolique. Il y a  quelque chose  chez ce peintre de la précision trompeuse de Magritte. Le paysage est tableau et le tableau sur le chevalet est paysage. Entre les deux le peintre incertain  hésite à effacer un peu plus les contours de la réalité menacée où il vit.

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Publié le par chriswac
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Bouguereau. Cathédrale de La Rochelle. Chapelle de la Vierge.

Voilà un peintre qui fut accusé d'académisme, moqué par les critiques et les écrivains (Zola, Huysmans), oublié pendant plus d'un siècle...

Le premier deuil. (Adam et Eve découvrent le cadavre de leur fils Abel).

Le premier deuil. (Adam et Eve découvrent le cadavre de leur fils Abel).

     William Bouguereau (1825-1905) est né et mort à La Rochelle dont il a aimé la lumière. Les acheteurs américains qui n'avaient pas de parti pris ont aimé ses œuvres et ont acheté la plus grande partie de ses toiles qui se trouvent aujourd'hui dans les musées américains...

Dante et Virgile

Dante et Virgile

     Certes il fut "académique" c'est à dire dans la grande tradition picturale réaliste, multipliant les portraits d'enfants un peu sucrés, les scènes mythologiques fleuries... mais il ne fut pas que ça. Il y avait parfois dans son inspiration une force noire, un romantisme brutal. C'est ce que rappela le musée d'Orsay qui mit en valeur son "Dante et Virgile" lors de l'exposition "L'Ange du bizarre" en 2013...

Les Saintes Femmes au tombeau

Les Saintes Femmes au tombeau

    Et bien avant, c'est ce qu'affirma Salvador Dali qui avait pour lui la plus grande admiration et qui sans souci des époques, l'opposa à Picasso "qui fabriquait du laid par peur de Bouguereau"!

Bouguereau. Cathédrale de La Rochelle. Chapelle de la Vierge.

     Après avoir perdu sa femme et deux de ses enfants en 1877, Bouguereau se consacra à la peinture religieuse. De cette période date la coupole de la chapelle de la Vierge dans la cathédrale St-Louis de La Rochelle. Un ensemble remarquable que je n'avais pas remarqué depuis tant d'années où je vais à La Rochelle!!! Il est vrai qu'il fut longtemps caché par les échafaudages de la restauration...

Bouguereau. Cathédrale de La Rochelle. Chapelle de la Vierge.

     Le plafond représente, en bas, la découverte par les apôtres du tombeau vide de la vierge, tandis que dans le ciel les anges l'emportent vers le divin séjour. La représentation est conventionnelle mais la perspective est pertinente qui place les apôtres là où se pose le regard du spectateur qui devient l'un d'eux et n'a plus qu'à lever un peu plus la tête pour découvrir les anges élégants et vigoureux qui propulsent la Vierge vers les hauteurs plus sûrement que les moteurs d'Ariane à Kourou.

Bouguereau. Cathédrale de La Rochelle. Chapelle de la Vierge.

     Bouguereau aime les anges.. Il leur donne une beauté botticellienne et il soigne attentivement leurs ailes et leur tunique. Dans l'assomption, ils sont différenciés et leurs robes sont de couleurs différentes. Nous verrons qu'ils évoluent avec les scènes représentées autour de cette apothéose.

Bouguereau. Cathédrale de La Rochelle. Chapelle de la Vierge.

La vie de la Vierge est représentée par 6 scènes autour de l'Assomption.

Chronologiquement :  L'Annonciation :

 

     La vierge un peu conventionnelle reçoit de l'ange habillé de parme, la fleur de la pureté à la main, la nouvelle qui semble ne provoquer en elle qu'un mouvement de tendresse..

2ème scène : La visite à Elisabeth. (La Visitation)

 

     C'est peut-être la tenue sombre des deux femmes qui étonne ici comme si elles pressentaient les souffrances à venir. La présence de Joseph est aussi une originalité. Il veille sur sa femme qu'il a accompagnée. 

La 3ème scène est la Nativité :

 

     L'enfant au bas de la composition est le centre d'un rayonnement qui éclaire le visage de Marie et Joseph, et en arrière plan celui des anges vêtus de blanc ou de gris pâle dont la chevelure semble touchée par le vent qui  semble naître du rayonnement...

La 4ème scène est la fuite en Egypte.

 

     Le représentation est conventionnelle. Marie est de face, comme une icône. Elle tient son fils endormi contre elle. Joseph conduit l'âne qui comme on le sait sera plus tard l'animal qui portera l'enfant devenu homme sur son dos, pour entrer à Jérusalem où il vivra sa passion. 

La 5ème scène est l'évanouissement :

 

     A droite le Christ qui est tombé sous le poids de la croix est violemment frappé par un de ses bourreaux.  A gauche, la mère ne supporte plus les souffrances infligées à son enfant, elle perd connaissance et est recueillie dans les bras de Jean, agenouillé qui ressemble aux anges. C'est elle qui a les bras en croix, comme si elle voulait endurer elle-même le supplice de son fils...

La 6éme scène est la déposition.

 

     C'est la plus forte des scènes. la composition est remarquable. La vierge est crucifiée, mais ses bras sont libres, emportés dans un mouvement ascendant comme un envol. Elle porte son fils sur ses genoux comme elle portait l'enfant contre son ventre sur l'âne. La mort commence à raidir le cadavre. On pense aux plus grandes représentations de cet épisode comme la Piéta d'Avignon.

Bouguereau. Cathédrale de La Rochelle. Chapelle de la Vierge.

     La seule tache rouge est celle de la tunique de Jean. Le rouge c'est la passion aux deux sens du terme, la souffrance du martyre et le plus grand amour.

     Au pied du Christ, Madeleine embrasse celui dont elle lavait les pieds avec les parfums et les essuyait de sa chevelure.

     Derrière le groupe dévasté, les anges aux ailes couleur de cendres se lamentent, les yeux clos.

 

Remarquable scène qui à elle seule suffirait à Bouguereau pour être considéré comme un des grands peintres du XIXème siècle...

Bouguereau. Cathédrale de La Rochelle. Chapelle de la Vierge.

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Les ex-votos de La Rochelle (cathédrale Saint-Louis)

     Les ex voto de la cathédrale de la Rochelle sont regroupés dans une chapelle latérale, la chapelle des marins, protégés par une lourde grille depuis que l'un d'entre eux a été volé. Il est donc difficile de les regarder face à face!

Les ex-votos de La Rochelle (cathédrale Saint-Louis)

Un vitrail les éclaire… Il représente un navire voiles déployées, surmonté d'un médaillon rappelant l'épisode évangélique du Christ apaisant la tempête.

    La prière des disciples effrayés est écrite sous le médaillon : "Salva nos perimus" (Sauvez-nous, nous allons mourir).

 

On ne peut voir correctement que les tableaux qui sont face à nous sous ce vitrail. Ils sont au nombre de 5.

La Fée

La Fée

 

     Le 1er en partant de la droite représente la navire "La Fée" commandé par Mr Thomas Bertrand. 1748.

Le bâtiment est en mauvaise posture; il enfourne dans une mer démontée. Un homme s'adresse à la Vierge, son dernier recours, tandis qu'un autre s'active. 

Les ex-votos de La Rochelle (cathédrale Saint-Louis)

     Le 2ème est exceptionnel dans cette chapelle consacrée aux gens de mer. Rappelons que beaucoup de ces ex votos ont été offerts par des marins qui ont échappé aux tempêtes et représentent donc leur navire. Ici, pas de mer démontée mais un puits d'où sort une jeune fille qui a échappé à la mort.

"Une Demoiselle Etant Tombée Dans un Puis en Est Sortie miraclusement Sans Le Secours de Personne Mais Par l'intersession De La Ste Vierge. 1741."

    Si l'orthographe n'est pas toujours correcte, la profusion des majuscules est à la hauteur du miracle et de l'Immense Reconnaissance dont veut témoigner la famille de la jeune rescapée.

Le Stella Maris

Le Stella Maris

    Vient ensuite le "Stella Maris"... Le navire est démâté et il est chahuté par la tempête. Certains hommes sont à la mer et attendent d'être secourus tandis que d'autres sur le pont s'activent avec des haches pour séparer les mâts du bâtiment. Un autre homme sur la droite implore le ciel. 

 

Le Bel Amy

Le Bel Amy

    Le "Bel Amy" commandé par M. Rullier 1749. Les voiles hautes sont affalées et sur le pont, une fois de plus les hommes n'ont plus de recours que de se tourner vers la miséricorde divine. En général ils s'adressent à la Vierge que l'on voit sur la grande majorité des ex votos, avec, le plus souvent son fils dans les bras.

 

 

     Le dernier tableau sur ce mur représente une barque de Trouville qui navigue paisiblement.

Il date de 1866 et ne présente pas beaucoup d'intérêt. On peut lire au-dessus du dessin : Alexandre, patron Hailey.

Les ex-votos de La Rochelle (cathédrale Saint-Louis)

Sur le mur latéral droit, "La Fortune" 1729.

Le navire file par bon vent sur une mer calme. Un des marins est sur le pont, peut-être pressent-il ou redoute t-il un danger imminent ou bien plus simplement fait-il sa prière, en chrétien consciencieux, pour que le voyage se poursuive sans encombres.

 

Le Saphir

Le Saphir

"Le Saphir", capitaine H.D. Rossal. 1741.

Après 4 mois et demi de traversée, le navire se trouve pris dans un calme plat. On voit ici un des navires négriers qui fit la fortune de son propriétaire. Ce "commerce" qui paraissait "normal" en son temps jette une ombre sur la fortune de La Rochelle qui a participé à ce crime contre l'humanité.

Les ex-votos de La Rochelle (cathédrale Saint-Louis)

Ici, ce n'est pas la Vierge qui est implorée mais le Christ . Comble d'humour "noir", certains esclaves supplient en même temps que les marins un dieu que pour la plupart ils ignorent, d'autres sont tournés vers le capitaine et attendent de lui un salut temporaire.

La Louise de Canada.

La Louise de Canada.

     "La Louise de Canada", commandée par Mr de Bonaventure. Ce navire spécialisé dans le transport des fourrures en provenance du Canada est menacé par la tempête. Il en est sorti indemne avec sa cargaison de peaux. Les animaux du Canada ont eu moins de chance que lui. 

L'Orphée

L'Orphée

"L'Orphée" commandé par Pierre DO...T (lettres illisibles) est pris dans la tempête. Dans les mâts, au péril de leur vie, les marins replient les voiles.

Les ex-votos de La Rochelle (cathédrale Saint-Louis)

    Une grande toile, au-milieu du mur représente la Vierge et son fils au-dessus de La Rochelle. Elle ne possède pas le même caractère naïf des ex-voto qui l'entourent. Les photos prises à travers les grilles déforment un peu la toile qui est assez conventionnelle.

 

La Vierge entourée d'angelots veille sur la ville de La Rochelle. Ici la métaphore du refuge, le Port de Salut, convient à La Vierge dont c'est un des noms comme à la ville qui accueille les navires menacés entre ses tours.

Le Bon Pèreon

Le Bon Pèreon

Sous la grande toile du Port de Salut, se trouvent quatre ex-voto: 

"Le Bon Père" Capitaine Knell jeune, 1799. Le navire est pris dans la tempête et les hommes supplient le Ciel, bras levés.

La facture naïve du tableau est cette fois plus expressive, plus stylisée, pour tout dire plus originale et plus proche du Douanier Rousseau.

                                                     Douanier Rousseau

Notre Dame de grase (grâce)

Notre Dame de grase (grâce)

     "Notre Dame de grase" commandée par F. (un capitaine modeste qui n'a pas voulu que son nom soit inscrit!).  1755. Une fois encore le navire est pris dans la tempête et "miraculeusement" sauvé. Son nom le prédisposait à cette protection divine!

Les ex-votos de La Rochelle (cathédrale Saint-Louis)

La "Louise Ester" commandée par M. Vaullemarin, 1738. Le navire est menacé par les vagues immenses qui le malmènent.

Le tableau porte le nom de son auteur, ce qui est rare sur les ex-voto. Il s'agit d'un dénommé Frizie. ("Frizie le fit").

La Suzanne Marguerite

La Suzanne Marguerite

     La "Suzanne Marguerite" a pour commandant M. Hardy en 1768. Ce tableau est un des trois avec l'"Orphée" et l'"Aimable Louise" (plus bas) à avoir été réalisé par le même peintre. Dans les trois on retrouve le sens du contraste et la grande liberté dans la manière expressive de peintre les vagues.

                                                       Dans l'église de Saint-Martin de Ré

Un tableau représentant le même navire est conservé dans l'église de Saint-Martin dans l'île de Ré. Il est exposé derrière une maquette ex-voto dont les mâts se confondent avec ceux du tableau!

Les ex-votos de La Rochelle (cathédrale Saint-Louis)

Il reste encore 4 tableaux, à droite de Notre Dame du Port de Salut. Ce sont les plus difficiles à photographier. 

La Gloire

La Gloire

     "La Gloire" commandée par Mr de La Place. 1745. Le navire échappe à la tempête. On le voit ici bien assuré, comme apaisé après les épreuves. 

L'Aimable Louise

L'Aimable Louise

     Il n'en est pas de même de l'Aimable Louise, commandée par le Capitaine François en 1784.  Elle est en fâcheuse posture, couchée par babord, un mât brisé. Les barriques sont emportées par les vagues et un canot de sauvetage a été mis à la mer. Les hommes ont survécu mais l'Aimable Louise a sans doute sombré. Comme pour le Père Félix, le peintre montre un talent plus original, sans souci du réalisme.( Il est l'auteur de l'Orphée et de la Suzanne Marguerite.)

Le "Marquise de Surgère"

Le "Marquise de Surgère"

     Le "Marquise de Surgère" est un bâtiment commandé par le capitaine Beauregards, 1751. L'originalité du tableau tient en la triple représentation d'une traversée périlleuse. En-haut, le navire passe entre de terribles écueils. En-bas à gauche un homme tombe à la mer, à droite le navire affronte la tempête.

                                             Un homme tombe à la mer

Une traversée mémorable! Pas étonnant que cette fois, les hommes aient demandé l'intervention du Christ en personne, croix à la main!

Le Saint-Pierre

Le Saint-Pierre

Le dernier en haut, le plus difficile à photographier est le "Saint-Pierre". Le navire se démène dans la tempête. On devine dans les mats le scintillement des feux de Saint-Elme, annonciateurs d'orage. Les marins y voyaient la protection du saint.

Les ex-votos de La Rochelle (cathédrale Saint-Louis)

     Espérons qu'un jour il sera possible de mieux voir ces tableaux qui ne cessent de nous toucher parce qu'ils racontent des drames surmontés, des tempêtes et des périls avec une foi et une naïveté qui en font des poèmes en peinture!

Les ex-votos de La Rochelle (cathédrale Saint-Louis)

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Safet Zec. Exposition EMBRACES. Venise. Les amants de Sarajevo.

Chemises blanches, chemises de fête et de  noces...

Mais la boue et le sang comme des balafres qui lient les corps des amoureux dans la souffrance et la mort.

Safet Zec. Exposition EMBRACES. Venise. Les amants de Sarajevo.

L'exposition du peintre bosniaque Safet Zec (né en1943) devenu vénitien rend hommage à deux amoureux fauchés en pleine jeunesse en 1993 à Sarajevo.

Safet Zec. Exposition EMBRACES. Venise. Les amants de Sarajevo.

     Ils sont les Roméo et Juliette victimes d'une guerre non pas entre deux familles mais entre deux "peuples" qui avaient appris avant la folie meurtrière à s'apprécier et à vivre en paix.

Safet Zec. Exposition EMBRACES. Venise. Les amants de Sarajevo.

    Bosko est serbe et chrétien. Sa famille a quitté Sarajevo pour se réfugier à Belgrade mais lui n'a pas voulu fuir. Il est resté parce qu'il aime Admira, bosniaque et musulmane, qui lui rend son amour.

Les deux amoureux devant le danger de plus en plus menaçant et le risque d'être torturés et assassinés par les factions qui n'admettent pas que l'on puisse trahir son camp, décident de partir, de franchir le pont de Vrabna vers la Tchécoslovaquie.

Safet Zec. Exposition EMBRACES. Venise. Les amants de Sarajevo.

     Les soldats serbes et bosniaques les autorisent à passer. Est-ce l'un d'eux, est-ce un sniper? Bosko est abattu le premier, il tombe face contre terre. Admira rampe vers lui et l'enlace avant d'être tuée à son tour. Les amoureux vont rester ainsi une semaine entière, liés l'un à l'autre, avant d'être ramassés et inhumés.

Photo d'Admira et Bosko

Photo d'Admira et Bosko

Safet Zec. Exposition EMBRACES. Venise. Les amants de Sarajevo.

    Safet Zec qui en 2017 exposait dans la même église de la Piéta sur le quai des Schiavoni, à deux pas de la place Saint-Marc, des toiles racontant le voyage souvent mortel des migrants (Exodus) nous invite cette année à être témoins de l'assassinat des deux amoureux pour qui les luttes politiques et les intransigeances religieuses comptaient peu devant la liberté d'aimer.  

Safet Zec. Exposition EMBRACES. Venise. Les amants de Sarajevo.

S'embrasser, s'enlacer, s'accrocher l'un à l'autre pour ne pas se séparer… 

Les toiles nous donnent à voir cette urgence de l'étreinte que la mort n'interrompt pas.

Safet Zec. Exposition EMBRACES. Venise. Les amants de Sarajevo.

Parfois ce n'est que le jaillissement de la couleur rouge qui nous rappelle que nous sommes devant une étreinte tragique. Un éclat, une zébrure, un trait de feu...

Safet Zec. Exposition EMBRACES. Venise. Les amants de Sarajevo.

Quelques œuvres évoquent la descente de croix et le corps supplicié reçu par la femme aux bras et au cœur ouverts qui porte l'homme et le tient debout.

 

Safet Zec. Exposition EMBRACES. Venise. Les amants de Sarajevo.

Sur d'autres toiles, la couleur du sang n'apparaît pas. Le blanc des linges domine. Linge de linceul ou tumulte des vêtements sous l'urgence des caresses?

 

 Dans la contemplation des œuvres qui sont à leur place dans cette église, le spectateur comprend que si la violence impose sa loi c'est la force inouïe de l'amour qui s'exprime… 

Safet Zec. Exposition EMBRACES. Venise. Les amants de Sarajevo.

C'est bien ce qui domine dans cette exposition, ce sentiment de la vérité des corps qui se tiennent l'un à l'autre face à la barbarie.

Safet Zec. Exposition EMBRACES. Venise. Les amants de Sarajevo.

"Embraces" 

Embrassements c'est le nom de l'exposition qui dans cette biennale 2019 exceptionnelle de Venise fait écho aux ponts construits par Lorenzo Quinn, ces mains qui se réunissent par dessus les eaux vertes.

Safet Zec. Exposition EMBRACES. Venise. Les amants de Sarajevo.

 

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