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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

paris

Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON, #Peintres, #Paris
Rue d'un village oléronais (Christian Couillaud vers 1940)

Rue d'un village oléronais (Christian Couillaud vers 1940)

    Une belle exposition au musée de l'île d'Oléron à Saint-Pierre permet de voyager avec les peintres qui ont, de la fin du XIXème siècle au milieu du XXème aimé notre île dont ils ont voulu fixer sur la toile les lumières. 

Entrée du hameau de Sauzelle. (Gaston Boucart - 1910)

Entrée du hameau de Sauzelle. (Gaston Boucart - 1910)

    Si Oléron n'a pas en ce domaine les lettres de noblesse de la Normandie ou de la Provence, toutes deux immortalisées par les plus grands peintres, c'est qu'elle n'était pas à la mode et n'avait pas aux yeux des parisiens les qualités des régions susnommées (proximité de Paris pour l'une, charme dépaysant de la Méditerranée pour l'autre).

Sur la plage de La Cotinière. Louis Lessieux (1919)

Sur la plage de La Cotinière. Louis Lessieux (1919)

    L'île a néanmoins inspiré des artistes, comme elle continue de le faire aujourd'hui, et la richesse de l'exposition en est une preuve éclatante.

Port de La Cotinière vu des tamarins. (Louis Lessieux -1920)

Port de La Cotinière vu des tamarins. (Louis Lessieux -1920)

    Je n'ai pas voulu suivre le parcours proposé organisé par thèmes : Les ports, la côte, les moulins etc... mais j'ai sélectionné quelques unes des toiles qui m'ont particulièrement plu. Un choix subjectif bien sûr que je qualifierais d'amoureux. Je suis en effet amoureux d'Oléron et je pourrai chanter, un collier de langoustines autour des reins : "J'ai deux amours, Oléron et Montmartre..."

                                      Départ des pêcheurs du Château d'Oléron (1938)

 

    L'exposition s'ouvre avec une toile remarquable de Balande qui représente les pêcheurs quittant le port du Château. Le ciel tourmenté est de ceux que j'aime, comme j'aime ce paysage d'avant le pont, avec le fort Louvois et au loin le clocher de Marennes.

  Balande qui est un enfant de Charente (Saujon) s'est formé à Paris, notamment dans l'atelier de Cormon à Montmartre. Quand il habite près de La Rochelle il se noue d'amitié avec Marquet dont l'influence est sensible dans son travail.

Le Phare de Chassiron (Balande. 1950)

Le Phare de Chassiron (Balande. 1950)

   Une autre de ses toiles représente dans un style à la fois vigoureux et coloré le phare de Chassiron, le point extrême de l'île.

Anse et prieuré de La Perroche (Louis Alphonse Combe-Velluet 1880)

Anse et prieuré de La Perroche (Louis Alphonse Combe-Velluet 1880)

     Beau paysage qui traduit bien la lumière précise de l'île surnommée "la lumineuse". Si l'influence de Corot y est manifeste c'est qu'Alphonse Velluet le connut et sur ses conseils décida de se consacrer aux paysages. Un petit détail amusant sur le nom du peintre qui se transforma en Combe-Velluet, s'inspirant du nom de sa femme Lucie lacombe. Cette modification visait à figurer dans les premières lettres afin d'être exposé dans les salons dans les premières salles qui avaient l'habitude de classer les peintres par ordre alphabétique. 

Rue de village (Louis Suire - 1950)

Rue de village (Louis Suire - 1950)

    Plus moderne dans son épure la rue de village de Louis Suire va à l'essentiel par sa composition entre lumière sur les murs blancs et ombre. Deux oléronaises coiffées de leur quichenotte animent sans prendre la vedette cette scène ensoleillée.

Louis Suire (1899-1987) est un peintre charentais qui avait connu à Paris le fauve Albert Marquet. Il avait une maison dans l'île de Ré mais explora à plusieurs reprises Oléron, notamment pour illustrer le livre d'Yvan Delteil paru en 1935 : "L'île d'Oléron, la dernière escale de Pierre Loti".

Moulin des Anglais à La Brée-Les-Bains. (Mario Pinetti - vers 1950)

Moulin des Anglais à La Brée-Les-Bains. (Mario Pinetti - vers 1950)

                                            Sortie du chenal de Boyardville (Mario Pinetti)

    Loin des scènes ensoleillées dont on a l'habitude, Pinetti privilégie les ciels gris et les nuances vertes des chenaux.

Italien d'origine Pinetti (1895-1964) remporta de nombreux prix dont une médaille d'or au Salon des Artistes Français. Grand voyageur, c'est à Oléron qu'il choisit de se fixer avec sa famille et d'installer son chevet dans les marais dont il aimait les nuances de gris soudain pailletés de soleil.

Moulin de La Cotinière (Louis Lessieux 1920)

Moulin de La Cotinière (Louis Lessieux 1920)

    Les deux peintres oléronissimes sont le père et le fils Lessieux. Il y a souvent confusion entre les deux car l'un se prénomme Ernest Louis (1848-1925) et l'autre Louis Ernest (1874-1938)! Nous sommes allés à la rencontre de Louis Lessieux dans un article que nous lui avons consacré.

                                    Plage nord de La Cotinière (Louis Lessieux. 1921)

Après les deux tableaux du fils, voici deux tableaux du père

                            Rue du Colombier à La Cotinière (Ernest Lessieux 1910)

Ce dernier tableau je le préfère aux innombrables aquarelles qui donnent parfois dans le cliché!

Anse de Maumusson (Ernest Lessieux vers 1910)

Anse de Maumusson (Ernest Lessieux vers 1910)

Vers le pertuis de Maumuson (Jean-Baptiste Castaignet - 1910)

Vers le pertuis de Maumuson (Jean-Baptiste Castaignet - 1910)

     Peu de tableaux de tempêtes ou d'océan dans cette exposition. Parfois comme ici le jeu de la lumière sur l'eau qui ressemble à une rivière dans le pertuis. Tous les amoureux des rivages aiment ces moments où le soleil dessine à la surface de la mer ces grands chemins qui brillent comme des miroirs.

                       Anse de Saint-Trojan vue de Marennes (Castaignet - 1919)

Jean-Baptiste Castaignet (1852-1934) est clerc de notaire à Bordeaux et peintre une fois hors de son étude. Il aime les contrastes et les teintes sombres à la Courbet.

Bien que l'île d'aujourd'hui se prêtât aux représentations naîves avec ses petites maisons, ses cabanes de couleurs, ses bateaux bariolés et ses roses trémières, nous trouvons peu de représentants de cette école, comme celui, resté anonyme de cette rue de Saint-Pierre :

 

Ou comme cette vue de la plage du Château due à Willy, peintre sur lequel je n'ai rien trouvé. 

Paysages d'Oléron par les peintres de la première moitié du XXème siècle. Exposition du musée de l'île d'Oléron.

Peut-être est-ce lui qui représenta ces navires de pêche sur l'océan à St Jean de Monts.

 

    Toujours dans cette sensibilité nous découvrons une belle toile de Camille Laroche peinte en 1910 au nord de l'île. La plupart des oeuvres représentées sont peintes au sud de l'île, si on excepte Chassiron et Saint-Pierre, partie plus touristique et plus proche....

                                             Place de l'église à Saint-Denis

      Parmi les toiles qui m'ont intéressé figurent celles d'Yvon Massé :

Plage du port du Château ('Massé - 1944)

Quai et cabanes du port de St-Trojan (Yvon Massé - 1942)

Quai et cabanes du port de St-Trojan (Yvon Massé - 1942)

    Les paysages sont peints avec légèreté et en ce qui concerne le quai de St-Trojan quelque chose de naïf là encore. Notons que le quai n'a pas beaucoup changé même si quelques cabanes se sont métamorphosées en restaurants (dont le très bobo "Poissons Rouges) et en galeries d'art. 

Le port aujourd'hui

Le port aujourd'hui

    On retrouve le quai aux cabanes de Saint-Trojan dans la toile d'Ernest chevalier. Le port modeste aux cabanes de planches a plu aux peintres, comme il plaît aujourd'hui aux photographes amateurs dont je suis.

                  Ernest Chevalier. Port et cabanes de Saint-Trojan (1900)

Ernest Chevalier (1862-1917) est un artiste très lié aux peintres de son temps, que ce soit Puvis de Chavannes ou, à Montmartre, Toulouse Lautrec et Satie.

Café l'Océan à Saint-Georges (Auguste Heiligenstein -1930)

Café l'Océan à Saint-Georges (Auguste Heiligenstein -1930)

  Une toile nocturne et onirique d'Auguste Heiligenstein (1891-1976) qui vient de Saint-Denis, non pas celui d'Oléron mais celui de la Seine-Saint-Denis! Il est céramiste, émailleur, maître vitrier et peintre. 

Sortie du port de Saint-Trojan (P. Bonnin, 1884)

Sortie du port de Saint-Trojan (P. Bonnin, 1884)

    Deux toiles me paraissent fort belles, signées de P. Bonnin sur qui je n'ai rien trouvé et dont l'exposition ne nous dit pas un mot.

Port de Saint-Trojan (P. Bonnin - 1884)

Port de Saint-Trojan (P. Bonnin - 1884)

    Je voudrais terminer par une aquarelle sans grand intérêt sinon celui de nous montrer deux moulins dans la ville du Château :

           Le moulin de la quille de chien, au Château. (François Desnoyers - 1920)

Desnoyers (1894-1972) fut élève de Bourdelle avant de découvrir à Paris le fauvisme dont il sera un représentant.

     L'intérêt de cette aquarelle est de nous montrer deux moulins parmi les nombreux moulins que comptait l'île (une parenté avec ma butte favorite). Celui qui est au 2ème plan a été sacrifié aux appétits des promoteurs, le second qui faillit être détruit a été sauvé ainsi que la maison du meunier. Il est aujourd'hui au milieu d'un  parking de supermarché!

 

Je préfère terminer sur ce paysage incertain, animé par les pêcheuses à pied coiffées de leur quichenotte qui accrochent la lumière.

                              Départ de pêche à pied au Château d'Oléron (1914)

     Un coup de chapeau aux organisateurs de l'exposition qui propose des fiches sur la plupart des peintres exposés et qui a sélectionné des œuvres de grand intérêt, déclarations d'amour à cette île changeante, miroitante, entre vents et marées. Une île qui supporte mal le pont qui l'enchaîne et semble ruer les jours de tempête pour se libérer et prendre le large!

                                   Plage de Vert-Bois (Ernest Lessieux. 1910)

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Publié le par chriswac
Publié dans : #Paris, #album
15 janvier

15 janvier

     La Seine, malgré ses débordements n'est pas près de monter jusqu'à Montmartre.

    Il faut donc quitter la Butte et passer la frontière des boulevards pour assister à ses divagations.

23 janvier

23 janvier

15 janvier

15 janvier

23 janvier

23 janvier

23 janvier

23 janvier

    A la pointe du Vert-Galant, elle n'a aucune considération pour les amoureux dont c'est le rendez-vous romantique.

     Le saule a beau pleurer, il ne l'attendrit pas. Il se retrouve seul au milieu du courant.

15 janvier

15 janvier

15 janvier

15 janvier

     A la proue de l'île Saint-Louis, l'arbre et le réverbère partagent le même destin. 

4 février

4 février

4 février

4 février

23 janvier Le pont des Arts

23 janvier Le pont des Arts

    Les ponts se croient à l'abri mais il est devenu impossible d'y chanter la vieille goualante : 

"Sous les ponts de Paris lorsque descend la nuit,

Comme il n'a pas de quoi s'payer une chambrette,

Un couple heureux vient s'aimer en cachette."

23 janvier Passerelle Léopold Sedar Sanghor

23 janvier Passerelle Léopold Sedar Sanghor

23 janvier Pont Marie

23 janvier Pont Marie

23 janvier

23 janvier

4 février. Pont Louis-Philippe.

4 février. Pont Louis-Philippe.

23 janvier. Quai François Mitterand.

23 janvier. Quai François Mitterand.

23 janvier

23 janvier

    Les bateaux-mouches ont jeté l'ancre, les bateaux-bus sont remisés, les péniches-restaurants, les péniches-boîtes de nuit, les péniches-maisons sont à quai! 

Mais.... Il n'y a plus de quais! 

23 janvier

23 janvier

23 janvier. Quai de Montebello.

23 janvier. Quai de Montebello.

23 janvier

23 janvier

23 janvier. Quai des Tuileries.

23 janvier. Quai des Tuileries.

23 janvier

23 janvier

23janvier

23janvier

23 janvier

23 janvier

23 janvier

23 janvier

15 janvier

15 janvier

4 février. Île Saint-Louis. Quai aux Fleurs.

4 février. Île Saint-Louis. Quai aux Fleurs.

Île Saint-Louis.

Île Saint-Louis.

Île Saint-Louis.

Île Saint-Louis.

Île Saint-Louis.

Île Saint-Louis.

...  Les oiseaux sont à la fête! Les mouettes, les cormorans, les colverts... Ils sont en vacances à Paris!

 

23 janvier

23 janvier

     Le zouave en a vu d'autres et si la Seine le harcèle, il ne balancera pas son port!

    De toutes les façons, il ne s'alarme guère et ne craint rien pour sa virilité bien trempée.

Pont des Arts.

Pont des Arts.

Et.... les ponts de Paris sans dessous accueille plus que jamais ceux qui s'aiment... 

 

"Y a la Seine

A n'importe quelle heure

Elle a ses visiteurs

Qui la regardent dans les yeux

Ce sont ses amoureux

A la Seine".

 

Crue de la Seine. Hiver 2018. Îles de la cité, Saint-Louis, les quais....

Avenue Montaigne...

      Quelques images de la crue de 1910... en attendant la prochaine!

                                                          Gare Saint-Lazare...

Crue de la Seine. Hiver 2018. Îles de la cité, Saint-Louis, les quais....

Photo prise de la tour de l'Horloge de la gare de Lyon

Crue de la Seine. Hiver 2018. Îles de la cité, Saint-Louis, les quais....

Le pont Alexandre III

Crue de la Seine. Hiver 2018. Îles de la cité, Saint-Louis, les quais....

Boulevard Haussmann

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Publié le par chriswac
Publié dans : #Paris

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C'est une des curiosités de cette église : les panneaux de lave émaillée peints par Pierre Jules Jollivet (1794-1871), installés en 1860, enlevés en 1861, stockés dans les réserves de la ville et réinstallés sur la façade en juin 2011!

Quelle aventure!

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Hittorf, l'architecte de l'église avait voulu ce décor de façade qui selon lui renouait avec la tradition des basiliques anciennes polychromes. Le peintre qu'il choisit, Pierre Jules Jollivet, élève de Gros innove avec un nouveau procédé de peinture sur plaques de lave.

A peine terminée, son oeuvre fait scandale! Les paroissiens, les prêtres se voilent pudiquement la face ou regardent en douce à travers les doigts écartés de leur main chastement posée devant leurs yeux, les corps dénudés d'Eve et d'Adam...

Le scandale devient tel que le préfet Hausmann en personne ordonne l'enlèvement des peintures qui sont envoyées à l'ombre, dans le dépôt de la ville où elles se morfondent jusqu'à leur redécouverte et leur retour en fanfare un jour ensoleillé de juin 2011!

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Au-dessus du porche, la première composition (posée dès 1846) représente la Trinité : le Père, beau brun à longue barbe, le Fils, jeune bellâtre rouquin et l'Esprit à plumes en suspension entre les deux...

Père et fils trônent dans la gloire et dans un manteau de ciel, entourés des prophètes et des évangélistes...

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Ils n'ont pas l'air heureux et du haut de leur perchoir, ils regardent, les sourcils froncés, l'humanité pécheresse...

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A leur gauche (donc à droite du portail) on peut voir trois scènes de l'Ancien Testament qui ont pour correspondantes de l'autre côté, trois scènes des Evangiles: La Création d'Eve - l'Adoration des mages.                                                                Le péché d'Adam - le Baptême du Christ.                                                                         Le châtiment - la Cène...

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La Création d'Eve provoqua le scandale. Adam nonchalamment endormi ne voit pas Dieu qui fait naître de son côté une femme dont les cheveux ne suffisent pas à dissimuler la nudité. La scène ne manque pas de force, loin de l'imagerie religieuse saint sulpicienne qui commence à s'imposer. 

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Les protestations des paroissiens nous paraissent aujourd'hui bien pudibondes et bien hypocrites.

Dans une lettre adressée au curé, l'un d'eux s'exprime ainsi :

"Ces peintures fort inconvenantes sont dégoûtantes à la porte d'une église où une jeune fille doit pouvoir tout regarder... Vous prêtres, est-il convenable que vous examiniez des peintures aussi décolletées? "

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Le tableau suivant provoque lui aussi des réactions indignées, preuve s'il en était besoin que les yeux des braves paroissiens étaient aimantés vers ces scènes ...

Eve dont les cheveux caressent le sexe tend à son benêt de compagnon le fruit défendu dont Satan, nu et musclé dans son arbre, lui vante la suavité et les pouvoirs...

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Il faut croire que les spectateurs indignés n'avaient pas bien lu la Bible puisque la honte soudaine de la nudité n'atteignait l'homme et la femme qu'après avoir mangé le fruit...

... Avant cette "faute", leur nudité naturelle les habillait de beauté et de sensualité. Nos paroissiens, avaient-ils perdu, malgré la confession censée les purifier, l'innocence de leur regard?

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Le troisième tableau nous montre Adam et Eve revêtus de peaux de bêtes, chassés de l'Eden.

Leurs pas parallèles les entraînent vers le bas, vers le monde où il sera si difficile de vivre, où l'on gagnera son pain à la sueur de son front et où l'on enfantera dans la douleur.

Leurs pieds sur les rochers rugueux ont perdu la légéreté de ceux de l'ange qui volète dans l'air et leur montre la sortie.

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De l'autre côté, les peintures illustrent la vie du Christ venu racheter ce monde perdu. Il apparaît nu lui aussi sur les genoux de sa mère entre les bergers et les mages. Sa naissance inaugure la re-création du monde...

De la série des trois consacrées au Nouveau testament, c'est la plus réussie avec sa composition qui met l'enfant au centre , cible et coeur à la fois... L'enfant a déjà les bras écartés et son flanc qui sera percé par la lance est protégé par la main maternelle...

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Une trentaine d'années plus tard, il est baptisé par Jean-Baptiste. Le volatile-Esprit-Saint plane au-dessus des eaux. Jean idéalement musclé fait son office, le Christ rose pâle, les mains jointes, le corps grassouillet revêt sa nudité de candeur et de linge blanc artistement drapé, tandis qu'un garçonnet l'imite, le sexe dissimulé par une feuille de roseau. 

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Le dernier tableau, c'est la Cène. La boucle est presque bouclée. Dans quelques heures, sur la croix, c'est la malédiction du péché et de la chute qui sera vaincue.

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Le péché sera vaincu... chaque eucharistie le rappellera aux chrétiens, à commencer à ceux qui poussaient des cris d'orfraie devant la nudité d'Eve...

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Signe des temps, la réinstallation des laves émaillées sur la façade de l'église n'a provoqué aucune indignation. Les jeunes filles les regardent à peine et la nudité d'Eve et d'Adam n'intéresse plus que quelques curieux de l'histoire de l'art et quelques amoureux de Paris...

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Liens : Eglise St-Vincent de Paul

Eglise Saint Vincent de Paul. Paris (1). Sculpture Fronton. Charles Leboeuf Nanteuil.

Eglise Saint Vincent de Paul. Paris (2). Vitraux. Saints.

 

 

Montmartre :

Listes des liens des monuments et lieux typiques de Montmartre historique et moderne.

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #Paris

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                                                                Saint Jean-Baptiste

L'intérieur de l'église Saint-Vincent de Paul s'est assombri avec le temps. Il est difficile d'imaginer aujourd'hui sa splendeur dorée, tant les couleurs se sont ternies, recouvertes par la poussière, la fumée des cierges et l'incessante pollution de la rue Lafayette toujours embouteillée...

Les vitraux ne connaissent pas pareil outrage... ils continuent de jouer avec la lumière et à faire miroiter leurs couleurs dans les chapelles qu'ils éclairent.

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Le premier vitrail côté nord représente Jean-Baptiste et le Christ. C'est l'un des plus beaux, par sa composition et par ses couleurs. Le saint est au premierr plan, tourné vers celui qu'il baptise. Il paraît puissant et son bras levé au-dessus du Christ semble le protéger. 

Il est habité par une force qui vient d'en haut. Il est le délégué du Père qui par l'Esprit baptise son fils. C'est ce que montre ce beau vitrail où le saint est à la fois puissance et tendresse.

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                                                                          Saint Martin

Laurent-Charles Maréchal (1801-1887) en est l'auteur. Cet artiste qui participa à plusieurs salons et en qui Baudelaire reconnut le meilleur représentant de "l'Ecole de Metz" se spécialisa dans la peinture de vitrail au point de devenir un des plus grand spécialistes de cet art au milieu du XIXème siècle. 

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A paris, il travailla pour Saint-Germain l'Auxerrois, la sacristie du Chapitre à Notre-Dame... 

On voit ici Saint Martin, figure de la Charité. Sur un fond de bleu, d'or et de rouge. Le motif de la crosse est repris comme un rinceau de feuillage.

Le visage simple et grave, tourné vers les autres, émerge de la riche chasuble de l'évêque. 

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                                                                            Sainte Elisabeth

Le vitrail suivant représente une autre figure de la Charité : Elisabeth de Hongrie. Celle qui consacra sa vie et sa fortune aux pauvres en suivant l'exemple de Saint-François, est représentée ici en princesse couronnée...

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...Dans sa main gauche une bourse et dans la droite la cordelette et les noeuds qui symbolisent les voeux franciscains de pauvreté.

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                                                            Saint François de Sales

Le vitrail suivant représente Saint François de Sales, autre figure de la Charité. Lui aussi est richement vêtu, paré de précieuses étoffes. Il n'est pas représenté dans sa pauvreté, lorsqu'il abandonne tous ses titres pour se consacrer à Dieu, mais en évêque de Genève.

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De même qu'Elisabeth portait de riches atours, il est revêtu de vêtements somptueux. Cette splendeur, cette richesse ne sont pas celles des hommes. C'est Dieu qui en revêt ceux qui le servent, afin qu'ils soient serviteurs des autres et leur montre la splendeur qui leur est réservée. Comme le promet Dieu "Je te revêtirai du manteau royal".

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                                                                                 Saint Sauveur

Côté sud, le premier vitrail qui fait face à Jean-Baptiste, est celui du Sauveur. Il est le seul avec celui qui lui fait face côté nord à représenter le Christ dont le manteau bleu se détache sur un fond rouge et or.

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Le Sauveur tire du tombeau un homme qui se réveille peu à peu à la vie et retrouve la souplesse et la chaleur.

Le christ fixe dans les yeux le fidèle qui entre dans l'église et lui rappelle que lui aussi connaîtra le triomphe de l'amour, plus fort que la mort.

 

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                                                                       Saint Denis

Le vitrail suivant nous montre Saint-Denis, si présent dans ce nord de Paris. On ne le voit pas lors de son supplice sur la Butte Montmartre qui n'est qu'à quelques pas, mais dans la splendeur de sa fonction de premier évêque de Paris. Le rouge évoque cependant le martyre, comme la palme tenue dans la main gauche.

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Alors que les vitraux du côté nord sont consacrés à des figures de la Charité : Martin, Elisabeth, François, ceux du sud le sont à des figures de la Foi : Denis, Clotilde, Charles Borromée... 

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                                                                    Sainte Clotilde

Clotilde, épouse de Clovis, reine des Francs peut faire un signe à Martin qu'elle vénérait au point d'avoir désiré vivre ses dernières années près de son tombeau, à Tours.

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                                                          Saint Charles Borromée

Le dernier vitrail est dédié à Saint Charles Borromée, archevêque de Milan qui n'hésita pas à risquer sa vie pendant la peste de 1576 en parcourant les rues  pour venir en aide aux malades et leur porter la communion.

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Son visage paraît un peu caricatural et n'est pas la plus grande réussite du peintre.

Le beau portrait de Franz Liszt dont la place sur laquelle ouvre l'église porte le nom, rendra mieux justice au talent de Charles-Emile Laurent...

liszt laurent

 

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Liens :

Eglise Saint Vincent de Paul. Paris (1). Sculpture Fronton. Charles Leboeuf Nanteuil.

Eglise Saint Vincent de Paul. Paris (3). Façade peintures. Lave émaillée..Pierre Jules Jollivet.


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Montmartre :

Rues de Montmartre. Classement alphabétique.

Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique.

Cimetière Montmartre. Classement alphabétique. Calvaire et Saint-Vincent.

 

Listes des liens des monuments et lieux typiques de Montmartre historique et moderne.

 

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Publié le par chriswac
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L'église Saint-Vincent de Paul est un des monuments les plus intéressants du Paris du XIXème siècle, capitale de la modernité et des arts.

Elle est construite sur la butte Saint-Lazare où aimait se promener Saint Vincent dans ce quartier de l'enclos où s'élevait la maison Saint-Lazare où il habitait...   

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C'est Hittorf l'architecte de la gare du Nord voisine qui succède en 1831 à jean Baptiste lepère, son beau père, pour mener à bien cette construction imposante.

Le fronton au-dessus du porche aux douze colonnnes (12 apôtres) qui donne à l'édifice son aspect de temple grec représente la glorification de Saint-Vincent.

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Au centre, ce n'est pas le Christ en gloire mais Vincent qui accueille le visiteur. Il est entouré de deux anges. On pourrait appeler cette église le refuge des anges, tant ils sont nombreux, sculptés ou peints... 

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A la droite du saint sont représentés des hommes : prêtre, galérien, "infidèle".

Le prêtre est agenouillé, la main sur le coeur dans une pose théâtrale. Il symbolise la Congrégation de la Mission créée par le saint, communément appelée "les Lazaristes" et dont la vocation était de porter assistance aux populations démunies.

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Le galérien rappelle que Vincent a été aumônier des galères...

Le malheureux a perdu son avant-bras gauche et aurait besoin pour le retrouver d'un miracle ou plus prosaïquement de crédits débloqués pour sa restauration...

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"L'infidèle", comme on nommait alors le non-chrétien s'incline et reconnaît la vérité d'amour incarnée par le saint. L'époque ne se posait pas trop de questions et considérait comme acquise la prééminence du catholicisme! Ce qui ne correspond pas vraiment à la vie de Vincent qui pendant les guerres de religion vint en aide aux réformés persécutés.

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Un mourant est étendu à l'extrémité du fronton. A côté de lui, l'assiste le seul personnage féminin de cette partie consacrée aux mâles, si on excepte l'ange dont le sexe est indéterminé!

Cette femme est une Fille de la Charité, ordre créé par Vincent. On la connaît mieux sous le nom de Soeur de Saint-Vincent.

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A la gauche du saint, symétrique du prêtre agenouillé à droite, une soeur joint les mains, rappelant que dans toute action "charitable" la prière est nécessaire... 

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Autres personnages : une soeur entraînant une "dame du monde" vers les pauvres.

Aujourd'hui nous portons un regard critique sur cette "charité". Pourtant à l'époque où des enrichis refusent de participer à l'effort solidaire en s'expatriant, on en vient à regretter ces riches qui comme Elisa Roy donnait toute sa fortune pour créer l'hôpital Lariboisière voisin...

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Une mère et ses enfants... bien des abandons étaient provoqués par la misère. Les enfants étaient déposés sur les marches des églises. C'est vers ces enfants "trouvés" que se tourne Vincent que l'on représente souvent avec un nourrisson dans les bras. Manière de rappeler l'évangile et la parole du Christ : ce que vous faites au plus petit d'entre vous, c'est à moi que vous le faites.

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A l'extrémité du fronton, une soeur donne à des petits le soin et la tendresse dont ils ont été privés ...

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                                                         Fronton de Notre-Dame de Lorette

L'ensemble est représentatif de la spiritualité du milieu du XIXème siècle. Esthétiquement il nous paraît académique.

C'est cependant un art qui s'intègre bien à l'architecture qu'il accompagne. Comme au fronton de Notre dame de Lorette, dû lui aussi à Charles Leboeuf (dit Nanteuil)

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                                                        Alexandre combattant (1836) Tuileries

Charles Leboeuf (1792-1865) était un sculpteur apprécié et on peut voir certaines de ses oeuvres dans les jardins du Palais Royal, des Tuileries, au Musée du Louvre, au Panthéon...

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                                                          Lille. Gare du Nord. 

Et n'oublions pas la gare du Nord voisine conçue par Hittorf, l'architecte de l'église. Les figures allégoriques (un peu raides et sévères) des villes de Beauvais et de Lille sont elles aussi dues à son ciseau... pas toujours inspiré!

 

Liens : Saint-Vincent de Paul :  Eglise Saint Vincent de Paul. Paris (2). Vitraux. Saints.

Eglise Saint Vincent de Paul. Paris (3). Façade peintures. Lave émaillée..Pierre Jules Jollivet.

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Liens : Paris :

Listes des liens des monuments et lieux typiques de Montmartre historique et moderne.

Rues de Montmartre. Classement alphabétique.

Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique.

Cimetière Montmartre. Classement alphabétique. Calvaire et Saint-Vincent.

 

Le maquis de Montmartre en photos.

 

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       Un jour clair de février, en passant sur le pont Saint-Michel, j'ai rencontré les mouettes rieuses.

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Celle-là a revêtu avant les autres son plumage nuptial (tête noire).

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D'autres, moins pressées gardent encore leur costume internuptial....

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Mais les plumes commencent à changer de couleur... Bientôt les noces! 

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L'heure du sandwich... et l'espoir de quelques miettes....

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     J'ai été heureux de voir mes amies les mouettes dans l'île de la Cité. Elles m'ont donné des nouvelles de mon île d'Oléron où je les retrouverai au printemps...



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Goélands et autres oiseaux.... Oléron  



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    Camille Bombois dont le nom est déjà promesse de partage et de chaleur a aimé sa femme et l'a peinte de nombreuses fois. Chair opulente, chair attirante, femme accueillante... Le grain de la toile est grain de la peau.
 Les mains de l'homme sont faites pour se poser en coupe sous les mamelles opulentes.
 Le téton appelle le baiser.


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Le peintre est fasciné par les femmes, fasciné par ce qu'elles révèlent sans toujours le vouloir, de leur intimité.
 Fesses des femmes, jambes des femmes...
 Nature bienfaisante
 Mère primitive
 Femme première
 Epouse inépuisée...

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    Et cette cachette-là
    refuge de mousse où le temps s'abolit, où la peur disparaît, où l'éternité devient un instant concevable...
 Origine du monde pour Courbet.
 Permanence du monde pour Bombois.
 Brahma pour l'un,
 Vishnu pour l'autre.
 Shiva le destructeur sera plus à l'aise avec Schiele par exemple, mais il n'a rien à voir avec notre Bombois pour qui la nature est permanence, avec ses saisons et ses rythmes, pour qui la femme est présence rassurante et désirée.


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  Certes il aime regarder les jeunes filles. Mais son regard ne recèle aucune perversité.
  Elles sont les femmes que d'autres auront la chance d'aimer plus tard.
 Il voit en elles les promesses de l'amour.
 Elles sont cueilleuses de cerises, ces fruits que l'on prend entre les lèvres...
  Les cerises posées sur la jupe, entre les jambes, comme une toison, comme l'annonce en cet endroit d'un autre fruit...


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Et ce regard rieur... et cette main qui semble découvrir le plaisir...


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Fille encore qui tombe, jambes ouvertes, au pied de l'arbre et parmi les pommes qu'elle essayait de gauler.
Fruits défendus
Fruits désirés


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Tandis que son amie ne peut s'empêcher de rire et de conjurer, les mains sur le ventre et le sexe, l'envie pressante que suscite son hilarité.


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   Plus tard, devenue femme, elle sera entourée des enfants de l'amour. Mère et épouse, ses mains tricoteront la laine chaleureuse
Ses jambes écartées et paisibles resteront le refuge
Douceur de la laine aux couleurs de cerise
Douceur du sexe


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 Les paysages pour Bombois sont femmes.
 Il peint des rivières nonchalantes qui se glissent sous les ponts
 Il peint des confluents comme des jambes 
 Il peint le ciel et le château dans l'ouverture touffue des feuillages


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Il peint sur ce vase au ventre fécond le sexe de la femme
 La possibilité de tous les bouquets, tous les feuillages, tous les rêves...





Lien : Camille Bombois peintre à Montmartre  







Vous pouvez voir les tableaux de Camille Bombois (la plupart de ceux reproduits dans cet article) au musée Maillol, 59 rue de Grenelle.
Tel : 01 42 22 59 58
Fax : 01 42 84 14 44
Email : contact@museemaillol.com
Métro : Rue du Bac
Autobus : 63--68--69--83--84--94

Ouverture :
Tous les jours de 11 h à 18 h sauf mardi et jours fériés 


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Feuilles, fleurs, fruits, vers 1929 (huile sur toile).

     Sans avoir jamais appris la peinture ou le dessin, Séraphine Louis a peint des toiles qui nous font entrer dans un monde de lumière, de couleurs, de vie et d'exubérance.
     Un monde d'inquiétude aussi, avec dans son foisonnement, une angoisse diffuse.

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Feuilles.... (détail)

    Il est difficile d'imaginer femme plus modeste.
    Sa mère est fille de ferme et son père petit horloger.
    A 13 ans, elle est placée comme bonne à Paris.
    A 18 ans, elle est engagée comme femme à tout faire par les soeurs du couvent Saint-Joseph-de-Cluny à Senlis. Elle y reste 20 ans. Et Dieu sait(!) combien les religieuses alors étaient dures avec leur domesticité...
    Elle est ensuite bonne à Senlis.


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 Les marguerites. Huile.

       C'est là qu'elle est remarquée par un amateur éclairé, un allemand à la sensibilité et au goût rares qui est un des premiers à "voir" le jeune Picasso, le douanier Rousseau et cette étonnante Séraphine.
   Cet allemand, c'est Wilhelm Uhde qui prend Séraphine à son service, surtout pour lui permettre d'exercer sa passion de peindre.

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 Buisson de feuilles. 1925-1928. Huile.

   Anne-Marie Uhde (soeur de Wilhelm) écrit a propos de Séraphine Louis : " Elle s'adressait au ciel, aux nuages, aux arbres, aux fleurs des champs, à tous les êtres de la nature. Elle était directement en communication avec les puissances cosmiques."

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Buisson... (détail)

   Ce lien avec la nature la conduit à ne peindre que des feuilles, des fleurs, des plumes, des coquillages, qu'elle fait vivre sur d'étranges arbres ou des buissons touffus.
  Une de ses toiles représente l'arbre de vie, mais on peut penser aux arbres mystiques comme celui de Jessé qui relie ciel et terre et dont elle  voit une représentation chatoyante sur les vitraux de la cathédrale de Senlis où elle va souvent prier.

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 Bouquet de feuilles. Huile.

     Son ange gardien s'adresse à elle pour la pousser à peindre. Séraphine vit dans un univers aux frontières floues, entre réalité et surnaturel.
   Elle a souvent des visions, des apparitions.
   Il lui arrive, comme à Jeanne d'Arc, d'entendre des voix célestes lorsqu'elle regarde les vitraux.

  Nul doute que la profondeur lumineuse des verrières gothiques n'ait influencé son art.
 Le passage du soleil à travers les vitraux... l'aspect mouvant et vivant qu'il confère aux personnages et aux paysages de verre coloré...
  Comme si le soleil traversait la matière, en mélangeant les formes, en les faisant  mouvoir, en les projetant selon l'intensité, vers l'intérieur ou vers l'extérieur.

   Séraphine juxtapose et emmêle ses feuilles, ses fleurs, ses plumes, au point de leur donner un mouvement, un foisonnement de planètes. 


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Bouquet. Détail.

  Feuilles, fleurs, fruits... C'est la création qui tourne et monte vers son créateur.
  Il y a dans ses toiles la vitalité, la richesse, l'imagination médiévales.    Certaines ressemblent à des tapisseries.
 Elles en ont presque la texture, l'épaisseur des laines colorées.


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     La "matière" des oeuvres de Séraphine est unique. On la reconnait sans mal, comme on reconnait la "pâte" et la patte de Van Gogh.
    Nul ne pourra la reproduire.
    L'artiste était jalouse de ses préparations dont elle gardait le secret.    Elle pouvait utiliser de la peinture industrielle, comme du Ripolin, et des mélanges de couleurs et de laque.

   Ce tableau de feuilles part de la terre avec ce vase de roches en fusion, ce volcan qui projette les feuilles qui tournoient et relient dans leur mouvement le ciel et la terre.


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  Séraphine se recueillait longuement et priait avant de peindre. Cette concentration lui permettait ensuite de se libérer, de libérer ses forces, ses pulsions. 
  Elle en sortait, épuisée, comme après l'amour.



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Feuilles diaprées sur fond bleu. 1929. Huile.

Ces feuilles diaprées sont comme un broderie de soie et de perles sur du velours.



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Grappes de raisin. 1930.

       Les grappes de raisin sont portées par un tronc de palmier qui donne naissance à des feuilles et des fleurs. L'arbre est entouré de petites antennes végétales qui le font vibrer.
      Les grappes sont souvent représentées dans les églises.
      Elles donnent le vin qui est corps du Christ.
      Le vin, c'est la communion et l'ivresse.
      La toile se fait vibration et chair.
      Le fruit mystique est fruit érotique.

 



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Grappes de raisin; Détail.

     La peinture épuise Séraphine qui donne des signes de dérèglement psychique.
    Elle doit être internée en 1932.
    On diagnostique alors une psychose hallucinatoire.
    Elle a 68 ans.



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Fleurs et fruits. 1920.

"Idées délirantes systématisées de persécution, hallucinations psycho-sensorielles, troubles de la sensibilité profonde."
 L'ange gardien a les ailes coupées et les pieds enchaînés.
 Il ne peut plus aider Séraphine qui est internée dans l'asile de Clermont-de-l'Oise.

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Fleurs et fruits; Détail.

Séraphine ne peindra plus. 
Elle vivra encore dix ans entre les murs de l'asile.


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Bouquet de fleurs sur fond rouge. 1925-1930

Elle meurt à 78 ans et elle est jetée dans la fosse commune.





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Pommes aux feuilles.

Son corps se mêle à la terre. Il devient fleur, feuille, fruit...


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Il est là, modeste et puissant, charnel et rêveur...
Il est dans chacune de ses toiles
Et comme un ange, il nous entraîne vers les étoiles
Toile-étoile
Univers de vie intense, corps et âme.



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Toutes les toiles de cet article peuvent être vues au musée Maillol.

59-61 rue de Grenelle.
Paris 75007.
Tous les jours de 11 h à 18 h sauf mardi et jours fériés.




Lien :Camille Bombois peintre à Montmartre 




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