1er juin. Le théâtre et son double! (Répétition aux arènes de Montmartre)
2 juin. L'escalier de la rue Méthivier mis en couleur par les enfants de l'école Lepic. Alerte au changement climatique et menace sur les ours polaires et les pingouins.
3 juin. Square Louise Michel. Sous un parapluie il fait toujours beau à Paris!
4 juin. Les parapluies de la rue Foyatier.
5 juin. Square Louise Michel. L'amour à trois.
6 juin. Miroir magique, suis-je la plus belle sur mon fier coursier?
7 juin. L'homme aux corneilles.
8 juin. Enfants, heureux enfants...
9 juin. Paris sur grand écran.
10 juin. "Et pourtant je vous dis que le bonheur existe..."
11 juin. M'enfin il y a un funiculaire!
12 juin. Les pompes matinales avant d'aller voter.
13 juin. Le matin à 8h et demie.... Avant les touristes.
14 juin. La vie sauvage rue Muller.
15 juin. Amoureux sur une île déserte!
16 juin. Le petit Chaperon Rouge a pris de la bouteille..
17 juin. Papa est un super héros!
18 juin. Montmartre sur mer. (La fontaine de Gasq).
19 juin. Une bonne douche dans la fontaine aux tritons.
20 juin. Le bonheur à poils.
21 juin. Le chien de sable.
22 juin. Tant qu'il y aura des chiens...
23 juin. Le soir en technicolor!
24 juin. Le Triton n'a pas l'air d'apprécier ce qu'il voit!
25 juin. Art des rues pas très joyeux, rue André del Sarte.
26 juin. Mais comment va t-il passer dans cette rue? Il va y avoir du jus de tomates!
27 juin. Accordez accordez donc l'aumône à l'accordéon!
28 juin. Classe écolo?
29 juin. Halte au sommet.
30 juin. Métro Black and White!
Et maintenant trois mois loin de Montmartre qui vivra loin de mon objectif mais qui gardera une part de moi-même!
Qui ne connait Madame Arthur? Le premier cabaret de travestis de Paris (1946) a très vite rencontré une célébrité qui lui a permis de traverser les décennies sans disparaître comme tant de ses semblables.
Si l'on remonte au début du XIXème siècle, à l'emplacement du Divan du Monde et de Madame Arthur, on trouve un bal populaire, le Bal des Chiffonniers. Nous n'énumérerons pas toutes ses transformations mais nous nous attarderons un instant en 1873 lorsqu'après la Commune Théophile Lefort crée le Divan Japonais.
C'est en effet sur la scène de ce cabaret que se produit Yvette Guibert, immortalisée par Toulouse Lautrec et par la chanson qu'écrivit pour elle Paul de Kock "Madame Arthur".
Cette chanson célébrissime reprise depuis sa création par bien des interprètes reste un tube qui illustre à merveille le Paris frivole de la fin du XIXème siècle.
Patachou la chante dans "French-Cancan" de Renoir et Barbara la reprend entre malice et dérision.
"Madame Arthur est une femme
Qui fit parler, parler, parler, parler d'elle longtemps,
Sans journaux, sans rien, sans réclame
Elle eut une foule d'amants,
Chacun voulait être aimé d'elle,
Chacun la courtisait, pourquoi ?
C'est que sans être vraiment belle,
Elle avait un je ne sais quoi !(...)"
Nous sommes toujours au "Divan Japonais" devenu "Divan du Monde" quand cette chanson est choisie en 1946 par Marcel Wutsman, Monsieur Marcel, pour servir d'enseigne au cabaret de travestis qu'il ouvre de l'autre côté du mur mitoyen.
Joseph et Olia Ginsburg
Dès le début le pianiste de la maison n'est autre que Joseph Ginsburg, père de Lucien le futur Serge Gainsbourg. Bien que pianiste classique de concert, il a besoin de ce travail pour faire vivre sa petite famille qui habite à quelques rues de là, rue Chaptal. Il n'a pas vraiment de goût pour les spectacles qu'il accompagne et ne peut se départir de sa discrète réprobation. "Joseph Ginsburg qu'on appelait le père Jo, était très gentil mais quand il se déplaçait, on aurait dit un croque-mort."
Les premiers animateurs, Floridor et sieur Bigoudi restent peu de temps, tous deux tirant leur révérence pour aller à la rencontre des anges qui comme chacun sait vivent dans les nuages où leur sexe indéfinissable ne leur pose pas de problème.
C'est Maslowa, "la Maslowa" qui leur succède avec son complice Loulou.
Elle est vêtue d'un pyjama de satin rose, ses lèvres sont maquillées en forme de cœur à la mode 1925. Ses yeux immenses et verts fascinent les clients...
Ancien danseur professionnel, elle devient le pilier de l'établissement et elle le reste pendant presque 30 ans. Elle aurait pu le rester plus longtemps encore si elle n'avait sombré dans la dépression après que son amant, encore un "Marcel" ne s'était pas marié.
Quand en 1954 Serge Gainsbourg remplace son père, il écrit pour elle une chanson qui sera sa préférée , "Zita la panthère". Serge écrira d'ailleurs plusieurs chansons dont la plupart sont perdues. Exception faite pour "Antoine le casseur" qu'il écrit pour un travesti qui avait fait partie des danseurs de Mistinguett :
"C'est pour lui qu'j'fais l'tapin......Que j'vends mon valseur et toutim....Et si lui c'est un chaud lapin....On peut dire que moi j'suis une chaude lapine
Elle meurt le 7/07/77 comme le relate Bambi, amie et meneuse de revue, dans son livre "J'invente la vie". Elle précise qu'il y avait 7 personnes à son enterrement. Il faut croire qu'elle avait de la chance.
Son compère, Loulou a eu une plus longue vie, 55 ans de bonheur avec son ami travesti. Jeune, il désirait être prêtre et avait été séminariste. Il ne l'avait pas oublié et quand il rentrait chez lui, il s'agenouillait dans l'oratoire qu'il avait installé dans son appartement.
Plusieurs personnages marquent l'histoire du cabaret. En voici quelques uns, à commencer par Bambi, femme trans, de son vrai nom Jean-Pierre (Marie Pierre après sa mutation).
Elle est meneuse de revue pendant presque 20 ans et a marqué pour toujours le cabaret par sa beauté, son humour et son intelligence. Elle a 33 ans quand elle passe le bac pour poursuivre des études et devenir prof de français. Elle écrit plusieurs, ouvrages dont des livres de mémoire qui font revivre "Madame Arthur".
Parmi les fortes personnalités qui ont laissé, leur empreinte rue des Martyrs il y aurait beaucoup de noms à citer car le monde le l'artifice et de la nuit attire les artistes à la créativité et la sensibilité exacerbées, hors du commun, des conventions, de la banalité.
Coccinelle en fait partie bien sûr! Elle est célèbre et il est inutile de retracer sa carrière. Contentons-nous d'évoquer sa présence chez Madame Arthur où elle est amie de Bambi.
Elle est la première à faire une vaginoplastie. De son vrai nom Jacques Charles Dufresnoy, elle devient officiellement Jacqueline Charlotte Dufresnoy et elle est assistée dans les combats juridiques qu'elle doit mener par Robert Badinter.
Elle connaît une riche carrière, de revues, tournages et performances théâtrales qui la mènent loin du cabaret de ses débuts. Elle y reviendra pourtant pendant quelques années, en 1986, presque 40 ans après y avoir débuté.
En mai 2010, une promenade est baptisée de son nom sur le boulevard Marguerite de Rochechouart.
Pour la première fois en Europe le nom d'une femme trans était inscrit sur une plaque !
Alors que le XXème siècle s'achève, Madame Arthur connaît quelques difficultés due à une gestion approximative. Le cabaret doit fermer boutique pour des vacances qui vont durer une dizaine d'années. Il faut attendre 2009 pour qu'il retrouve une nouvelle jeunesse.
Aujourd'hui le cabaret ne compte plus les créations originales sous la direction de Fabrice Laffon.
Talent, humour, inventivité, dérision, fantaisie, sensibilité sont au rendez-vous, incarnés par des artistes qui nous ouvrent les frontières du monde de la nuit où revivent les stars du passé et où s'inventent celles du futur!
l'exposition que propose la Halle Saint-Pierre (22 janvier-31 décembre 2022) en collaboration avec la revue HEY ne manquera pas de vous faire réagir. Non pour vous séduire mais pour vous remuer, vous exaspérer, vous interroger, vous arrêter ou vous faire fuir. Bref, elle joue pleinement son rôle d'agitatrice et de grenade dans le ronron et la grisaille établie.
Autoportrait (Leslie Lipton)
La folie, la déprime, l'enfermement y sont présents dans des dessins créés par ceux qu'on appelle fous ou par d'autres qui essaient d'échapper aux prisons où ils ont été incarcérés.
Aujourd'hui je voudrais parler d'une artiste évidente, d'une créatrice puissante qui si elle n'a que quelques œuvres exposées dans la Halle, n'en est pas moins, à mon avis la plus créatrice et la plus dérangeante.
Il s'agit de Laurie Lipton (née en 1953 à New York).
Un court métrage qui a reçu de nombreux prix ouvre l'exposition. Il ne faut pas le manquer. Laurie y est montrée en train de dessiner et c'est elle qui nous raconte sur un ton neutre son histoire, ses études, sa fuite vers l'Europe où elle a vécu 36 ans.
C'est là qu'elle découvre les peintre flamands du XVème siècle et qu'elle est fascinée par la précision et la lumière de leurs tableaux. Comme eux qui obtiennent la netteté et le rayonnement grâce à une infinité de touches très fines, elle transposera cet art dans ses dessins par des millions et des millions de minuscules coups de crayon.
Chaque œuvre (souvent de grands formats) nécessite des mois et des mois de travail. Elle ne peut se conduire que dans l'isolement, l'éloignement de l'agitation et du bruit.
Le court métrage étonne par le contraste entre la figure vivante et colorée de Laurie et le noir et blanc de ses dessins peuplés de squelettes.
Danse macabre (Niklaus Manuel, 1516)
Le thème de la vanité a souvent été traité dans la peinture. Les têtes de mort que l'on voit à profusion sur les Tee shirts, les tatouages, les accessoires, grimaçaient déjà dans les danses macabres des fresques gothiques.
Laurie ne cherche pas à donner de leçons, non, elle partage sa vision du monde social, du monde en représentation du passé comme du monde contemporain, occupé de lui même, sûr de sa technologie, inconscient d'être habité par des squelettes rivés à leurs smartphones et leurs ordinateurs.
C'est la fin du court métrage qui va nous donner une des clés de l'obsession de Laurie. Elle qui n'a pas voulu se marier, qui n'a pas voulu d'enfants, elle qui a choisi la solitude et la création, nous parle de son enfance, de sa famille.
Sur un ton simple, de conversation banale où l'on peut aussi bien parler de la pluie que des vacances, elle raconte ce jour de soleil où elle jouait dans la nature avec une bande de gamins quand survint un homme, grand, impressionnant qui demanda qui voulait l'accompagner pour jouer avec lui.
Laurie, bravache malgré ses cinq ans, se désigna et suivit l'homme tandis que les autres gosses marchaient à distance sur leurs pas. C'est donc sous leur regard qu'elle fut brutalisée.
L'univers de la fillette bascula alors sans qu'elle en prît pleinement conscience. Le monde de l'enfance et des contes deviendra dans ses dessins un univers de frayeurs et de menaces...
La famille figée dans des représentations traditionnelles, des photos qu'on encadre, des moments de fêtes, sera marquée par la mort, évidente, souriante de toutes ses dents.
les tableaux du passé, des reines et des saints, s'ils gardent leur pompe vestimentaire, leurs bijoux et leurs riches étoffes, ne pourront dissimuler la réalité de leur finitude.
Quand le squelette ne perce pas sous l'apparence, l'inquiétude n'en est pas moins grande, les corps devenant mannequins réalistes, poupées aux yeux fixes...
Nous chercherons en vain un contrepoint souriant à ces dessins où le noir domine. Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir. Les fêtes foraines sont des fêtes macabres. Les mariages sont des étreintes d'ossements, les enfants dominés par des adultes mutants sont eux mêmes porteurs de menaces.
Et les trains bondés rappellent ceux qui avaient pour terminus Auschwitz.
Vision effrayante et sans illusions d'une humanité dont la seule certitude est ce terminus.
Le titre du court métrage projeté à la Halle Saint-Pierre est "Love Bite". Morsure d'amour, dévoration d'amour...
Il est une référence claire au "Saturne (assimilé à Cronos) dévorant son fils" de Goya. Le même que l'on rencontre chez Rubens. Mais avec Laurie il devient une femme qui semble croquer une pomme, une mère qui en donnant la vie donne aussi la mort.
Si l'on voulait terminer par une note moins sombre, on pourrait avec ce "dernierenlacement" imaginer que les os gardent le souvenir des moments heureux du temps où ils animaient des êtres de sang et de sens.
Mais Laurie Lipton sourirait sans doute de notre romantisme!
Comme chaque année au printemps, les enfants des écoles sont pendant une journée, propriétaires de quelques escaliers où avec des craies, ils mettent en couleurs les marches grises. Si les escaliers de la Butte sont durs aux miséreux, ils sont pour les poulbots terrains de jeux!
Rue Jules Méthivier, ils accueillent des ours polaires et des pingouins sur la banquise qui disparaît jour après jour.
Rue Barsacq
Rue Barsacq ce sont des gosses de l'école de la Plaine dans le XXème arrondissement qui sont venus dessiner cet arbre de vie aux fruits colorés comme des oiseaux.
Rue Gabrielle, l'école élémentaire Torcy va droit au but avec un cœur sur des marches couleurs de l'Ukraine.
Rue Girardon, les petits artistes du centre de loisirs Constantin Pecqueur n'ont pas cherché le réalisme!
Des plages de couleurs où l'on est libres de voir des oiseaux, des palais, ou simplement des paysages de craie. Un croissant de lune est pourtant reconnaissable, celle que chantait Bruant, "La lune en croissant qui brillait blanche et fatidique, sur la p'tite croix d'la basilique..."
Rue du Mont-Cenis, les petits de la maternelle ont imaginé leurs vacances, sable jaune, vagues bleues, palmier, soleil orange et ciel d'azur.
Rue Patureau, les marches se transforment en un mur de briques multicolores organisées comme les motifs d'un tapis ou les ailes d'un papillon géométrique!
Rue Chappe, longeant les arènes, l'école Maurice Genevoix a jeté ces couleurs dans des rectangles et des carrés, pastels abstraits, caresses de craie qui me font penser à la palette de Marie Laurencin.
Voilà un des escaliers les plus rudes et les plus célèbres de Montmartre, la rue Foyatier. Impossible aux petits artistes de peindre ses 222 marches!
La première partie est un escalier dans l'escalier, savant trompe l'œil qui a dû amuser les enfants.
La 2ème volée correspond mieux à l'imaginaire enfantin avec ce débonnaire mille pattes sur l'herbe verte, sous le ciel bleu.
Rue Paul Albert, l'école Christiani a déjà la tête dans les jeux Olympiques de 2024.
L'école Cugnot a planté un lion au bas de la rue Becquerel, la rue que tous les amoureux connaissent car c'est celle où vivait Nadja "aux yeux de fougère" de l'Amour Fou.
André Breton aurait aimé ce lion débonnaire capable de veiller sur son amoureuse guettée par la folie.
Dans les volées supérieures, les mains ouvertes laissent échapper des cœurs. "L'amour est toujours devant vous. Aimez." (André Breton)
Rue du Chevalier de La Barre, l'école Flocon (quel joli nom!) raconte le Petit Chaperon Rouge.
Le loup bien sympa malgré ses crocs est dominé par un Chaperon rouge immense. C'est comme ça que les enfants conjurent la peur que pourrait inspirer le prédateur.
Au-dessus, un petit bonhomme qui ressemble au Petit prince vole dans les nuages.
... Salut les p'tits poulbots!
Merci pour vos sourires, pour vos couleurs, et merci à vos profs qui vous font gravir des marches en jouant.
En ce lieu central de Montmartre, près de la place du Tertre, une pierre sculptée voit passer la foule des visiteurs rue du Mont-Cenis au tournant de la plus ancienne ruelle du village, la rue Saint-Rustique.
Elle semble être là de toute éternité, avant que la Butte ne fût devenue romaine autour des temples de Mars et de Mercure, avant le cheminement de Saint-Denis portant sa tête ensanglantée et de ses compagnons Rustique et Eleuthère....
Elle évoque des temps primitifs où les pierres ne jouaient pas à faire joli mais étaient porteuses de forces venues du profond de la terre pour que dialoguent le ciel et les hommes.
Je me suis souvent arrêté devant elle et quand Montmartre retrouve en hiver la paix et l'humilité de ses origines, j'ai posé les mains sur elle comme on les pose sur le tronc d'un arbre centenaire.
Et le 15 mai 2022, jour de soleil et de fanfare, j'ai appris son histoire... au cours d'une "ré-inauguration" et de la pose d'une plaque qui paraît-il exista avant de disparaître.
Comme on le sait nous sommes dans le quartier du "passe-murailles"! Ce qui est vrai pour les hommes peut l'être pour les plaques!
L'histoire commence loin de la Butte, là où un pont-viaduc franchissait la Seine reliant la gare d'Auteuil à la gare de Grenelle-ceinture. Ouvrage imposant, construit (en 1867) par l'architecte Bassompierre, il faisait l'admiration des Parisiens. Théophile Gautier parlait d'une "merveilleuse résurrection de l'architecture romaine".
Avec la disparition du chemin de fer de ceinture, il fut jugé démodé et peu pratique. Donc on le démolit comme on aime démolir à Paris ce que l'on trouve ringard. Période de vandalisme qui aura son âge d'or sous Pompidou, maire de la ville, donnant son accord à la destruction des Halles de Baltard, du cirque Médrano, du Palais de marbre rose.... et la liste peut se dérouler longtemps.
Démolition du viaduc d'Auteuil par Pierre Louis Jamet
Les démolisseurs se mirent au travail et l'ouvrage majestueux fut jeté à bas, pierre à pierre. C'est alors qu'apparaît une femme qui, comme le colibri participe avec sa goutte d'eau à éteindre l'incendie, va avec sa passion, redonner vie à ce pont, ce viaduc qui justement, comme son nom l'indique, était fait pour permettre à la vie de circuler.
Elle s'appelle Anna Waisman. Elle est belle et légère et forte et fragile. Adjectifs qui définissent bien les danseurs, car elle a été danseuse, de celles qui touchent les étoiles.
De celles qui sont frappées et qui tombent soudain parce le corps a ses limites et qu'il cède quand on exige trop de lui.
La danseuse privée de danse a par chance une autre passion, celle de la création bien sûr, non plus de l'éphémère des corps qui s'envolent, mais de l'éternité des pierres qui se transforment par la volonté du sculpteur.
Anna Waisman trouve avec le chantier du viaduc une carrière de belles pierres où elle va s'installer, dans une cabane de planches, et jour après jour donner une vie nouvelle aux pierres sacrifiées.
Zadkine (La Sainte Famille)
Elle a connu Zadkine qui vivait dans le même quartier qu'elle. Son œuvre ne va cesser d'évoluer et il faudrait un livre pour en parler. Aujourd'hui contentons nous de cette sculpture que ce 15 mai remet en valeur.
Jour de fête, de fanfare, un peu foutraque, montmartrois donc, où "les Joyeux Lurons" dont la devise est un art de vivre : "Pour ce qui est contre et contre ce qui est pour" avec les autorités du folklore local, maire de Montmartre en tête, après des discours plus ou moins inspirés re-dévoilent la sculpture d'Anna Waisman.
En effet le dévoilement inaugural a eu lieu, il y a belle lurette, le 26 mai 1960 avec le maire Pierre Labric et ses adjoints Gabriello et Fred Bretonnière.
En 2022 le fils d'Anna, Samuel et sa femme Sibylle sont présents, heureux et émus. Le soleil aussi est là et comme il brille pour tout le monde et rayonne pour la foule des touristes qui tentent de se frayer un chemin pour passer vaille que vaille rue Saint Rustique. Pieds écrasés, côtes endolories, petits noms d'oiseaux.... Tout est là pour que la fête soit complète!
La maire de Montmartre, le député, Samuel fils d'Anna, le fils de Fred Bretonnière, Sibylle la femme de Samuel.
La sculpture s'est exprimée par la voix des orateurs, elle qui est là, muette et impassible depuis 62 ans. Elle a été amenée à cet endroit par celui qui dirige l'entreprise de démolition qui a mis à bas le viaduc, Jean Valentin, lui aussi adjoint au maire.
Tableau de Renoux
Il l'offrit à la Commune de Montmartre qui l'installa devant le Grenier 7 rue du Mont Cenis. Le patron du bistro, Fred Bretonnière, était peintre et marin et vénérait Gauguin. La référence à Gauguin n'est pas anodine quand on voit notre sculpture.
Le Ceni's ou la statue prise en otage
Le tableau de Renoux nous permet de voir comment la sculpture était mise en valeur au temps pas si lointain où le Grenier la respectait. Aujourd'hui un nouveau restaurant, le Ceni's n'a pas la même éthique et prend possession de l'espace sans égard pour l'œuvre qui ne lui appartient pas mais fait partie du patrimoine. Des tables sont installées autour d'elle. Certains jours elles envahissent une partie de l'étroite rue Saint-Rustique. Il y a du vandalisme à traiter ainsi cette sculpture. Tout Montmartrois et tout amoureux de l'art ne peut que pousser un coup de gueule.
Après cette juste colère revenons à Jean Valentin, le donateur, à qui l'on prêta un lien familial avec Valentin le Désossé dont il aurait été le petit-fils.
Une galéjade de plus direz-vous, non, une légende de plus sur une Butte qui les adore.
La statue est dédiée aux démolisseurs, plus exactement à leur gloire. On y voit un marteau et on y ressent la force des figures qui l'entourent. Etrange dédicace à ceux qui ont jeté à bas un ouvrage d'art qui était admiré de tous. Ou bien accusation indirecte à ceux, politiques, urbanistes, qui ont planifié cette démolition. Les ouvriers n'avaient pas le choix. Ils exécutaient un ordre. Anna a sympathisé avec eux et leur a rendu justice.
Aujourd'hui la statue est là, bien plantée au sommet de la Butte. Une plaque a été apposée qui lui redonne mémoire.
Et nous attendrons la paix du matin pour poser de nouveau nos mains sur ces têtes de pierre et entendre le fracas des pierres qui tombent, le marteau de celle qui les ressuscita, et plus ténu, à peine audible, le pas léger d'une danseuse qui à défaut d'atteindre l'inaccessible étoile a conquis l'Himalaya parisien, notre Butte sacrée!
Vite, il faut se hâter si l'on veut découvrir un tout jeune peintre à la Commanderie du Clos Montmartre rue Norvins.
Il n'a que 18 ans et déjà il crée avec ses pinceaux un univers original, entre enfance et symbolisme.
La voyageuse
On n'est pas sérieux quand on a 17 ans écrit Rimbaud. Quand on a 18 ans, est-on sérieux de croire en son étoile et de consacrer une partie de son temps à l'atteindre, à la peindre?
La cité perdue
J'ai rencontré cet artiste qui m'a impressionné par sa simplicité et par l'évidence qui l'habite, comme on respire, que vivre c'est créer, sans se poser de question.
Le pays effondré
Ou plutôt en se posant des questions sur le sens de la vie, sur le temps qui s'enfuit sans les rendre tragiques mais en leur donnant les couleurs du rêve.
Le renouveau
Je lui ai demandé quels peintres avaient pu le guider. Il m'a parlé de Gustave Moreau, des surréalistes, de Miyazaki.
L'oiseau sage
On voit qu'il va d'une in spiration à l'autre et que bientôt il se découvrira, comme on quitte une mue. Voilà seulement deux ans qu'il peint et déjà il s'affirme.
Le gardien de nuit
Le pacifiste incompris
Je vous laisse le découvrir et peut-être comme moi, sortir de cette exposition, rajeuni, ragaillardi de voir notre Butte accueillir comme elle le fit dans le passé un jeune peintre qui a bien raison de choisir le point culminant de Paris pour prendre son envol!
Depuis le 6 avril et jusqu'au 4 septembre le musée de la vie romantique rue Chaptal présente une exposition dont le titre ambitieux laisse espérer découvertes et émerveillements.
En réalité, si l'on abandonne cet espoir (peu d'œuvres exceptionnelles ayant fait le voyage et certaines n'ayant accompli un périple que de quelques mètres entre le musée et les salles d'exposition) on se laissera agréablement guider au long d'un parcours pédagogique, modeste et séduisant.
"La mort d'Antigone" (Victorine Genève-Rumilly 1830). Antigone vient de se donner la mort, son fiancé Hémon s'apprête à se poignarder.
Dans la première pièce, nous rencontrons des héroïnes mythologiques ou historiques vues par des artistes du début du XIXème siècle. Si l'un des intérêts de l'exposition vient de la place faite également aux femmes peintres pour la plupart méconnues, leur regard sur les héroïnes, amoureuses, appelées à une fin tragique, est conforme à celui des hommes.
"Sapho à Leucate" (Gros 1801)
Sapho tenant sa lyre contre son visage va se jeter dans les flots par amour pour Phaon. Ciel parcouru de nuages, mer houleuse, lune en miroir, voiles blancs, feu du sacrifice allumé sur la tour, tout correspond dans cette toile à l'idée que nous nous faisons du romantisme. L'originalité vient de la posture de Sapho, tête levée, pied appuyant sur le sol dans un élan qui évoque plus l'ascension que la chute. La mort d'amour est une transfiguration.
Les héroïnes sont séduisantes, vêtues de voiles qui les dévoilent.
"Velléda dans la tempête", tableau de Léon Cogniet fidèle à la description de Chateaubriand dans Les Martyrs. La prêtresse germanique apparaît à Eudore l'homme qu'elle aime, blanche, les seins nus, indifférente aux éléments déchaînés.
Alexandre Evariste Fragonard. "Jeanne au bûcher" (1822)
Jeanne d'Arc a un statut à part parmi les héroïnes romantiques. Si elle est amoureuse c'est de son Dieu, sinon, elle se dépouille de tous les attributs féminins pour devenir la pucelle guerrière et les peintres romantiques se gardent bien de "l'érotiser".
Dans le tableau conventionnel et ennuyeux de Claudius Jacquand "Jeanne d'Arc conduite en prison (1827)", elle est masculine, campée fermement sur ses jambes musclées. Elle regarde vers la lumière, lourde image de sa sainteté tournée vers la divinité.
Un détail échappe à la banalité du tableau, c'est cet homme au premier plan, accompagné de son chien. Eclairé comme un La Tour, le regard tourné vers nous, il tient la flamme vacillante à l'entrée des souterrains.
Esquisse pour "Médée furieuse" (Delacroix avant 1838)
Une deuxième salle évoque la violence qui pour les hommes de cette époque ne pouvait convenir à la douceur, la fragilité, le dévouement féminins! Le sujet est rare et représente des mères coupables d'infanticide.
C'est Delacroix et sa "Médée furieuse" sacrifiant ses enfants pour se venger de Jason. L'aile noire de la mort semble flotter derrière elle qui tourne le dos à la lumière, prête à descendre dans l'ombre où elle entraîne ses enfants confiants, blottis contre elle.
"Marguerite tenant son enfant mort" (Ary Scheffer 1846)
C'est Marguerite tuant l'enfant né de son amour pour Faust par Ary Scheffer qui fut l'habitant de cette maison.
Méphisto la tête contre Faust et l'enveloppant dans ses bras l'entraîne dans un sabbat où il peut voir la femme qu'il aime, blanche comme la mort tenant comme un poids mort le petit cadavre qui s'accroche encore à sa mère.
Alors que les événements révolutionnaires sont encore présents dans bien des mémoires, les femmes remarquables, les vraies héroïnes de ces temps terribles n'inspirent pas les peintres. Ni olympe de Gouges, ni Théroigne de Méricourt ne sont représentées...
Henry Scheffer esquisse de "l'Arrestation de Charlotte Corday" 1830
Une exception pour Charlotte Corday qui ne trouvera cependant aucun peintre capable de lui donner la stature de courage et d'effroi que nous trouvons chez David.
Dans l'esquisse d'Henry Scheffer, elle se tient droite parmi les hommes furieux qui s'excitent contre elle. Celle que Lamartine qualifia d'"ange de l'assassinat" ne cesse de brouiller le regard de ceux qui la jugent.
Pierre-Jérôme lordon "La communion d'Atala" 1808.
La dernière salle, la plus riche nous présente quelques héroïnes imaginées par les écrivains. Il a bien fallu faire un choix tant elles sont nombreuses. Chateaubriand bien sûr avec Atala.
Le peintre Pierre-Jérôme Lordon nous montre le moment où avant de mourir Atala, jeune indienne convertie au christianisme qui a préféré s'empoisonner plutôt que de succomber à sa passion pour Chactas, reçoit la communion. Le tableau est romantique par sa lumière lunaire et par l'intensité de la scène. Une fois encore l'héroïne romantique ne peut vivre librement son amour, ici contrarié par la religion.
Eugénie Henry. Quasimodo sauvant Esmeralda des mains du bourreau. 1832.
Esmeralda a sa place dans cette galerie. Femme libre qui refuse d'aimer sans amour, elle est typiquement tout ce que depuis des siècles les hommes reprochent aux femmes : elle les attire par sa sensualité, les fascine par ses pouvoirs. Elle est accusée de sorcellerie bien sûr. Mais cette sorcière au bûcher, nouvelle Jeanne d'Arc, guerrière non pas de Dieu mais de l'amour, est une des plus belles figures de femme que la littérature ait donnée.
Lélia (Delacroix)
Georges Sand si présente dans ce musée a inspiré Delacroix dans cette scène où le moine Magnus découvre Lélia devant le corps du jeune Sténio qui par amour pour elle qui le refusait s'est suicidé.
Parmi les grandes figures romantiques une place importante est donnée aux héroïnes shakespeariennes. C'est en effet en pleine période romantique qu'est redécouvert et aimé le dramaturge élisabéthain.
"Desdémone maudite par son père" (Delacroix 1852)
Les scènes les plus tragiques sont choisies par les peintres comme celle où Desdémone est maudite par son père.
C'est une des belles oeuvres de l'exposition par sa composition et son intensité. Le père debout, puissant, rejette sa fille. Sa posture est l'exact contraire de celle du père prodigue de Rembrandt accueillant son enfant. Desdémone, vêtue de noir, éplorée, à genoux tend la main vers le coeur de son père.
"Lady Macbeth" (Charles Muller)
Le peintre prête à Lady Macbeth les traits de Rachel, la tragédienne la plus célèbre de l'époque romantique. Elle est représentée au moment où elle sombre dans la folie et se tord les mains qu'elle ne parvient pas à laver du sang du roi assassiné.
"Rachel dans le rôle de Phèdre" (Frédérique O'Connell. 1850)
"Roméo et Juliette au tombeau des Capulet." (Delacroix 1850)
Petite toile originale de Delacroix qui montre Roméo serrant sans pouvoir le retenir le corps de Juliette qu'il croit morte et qui est à moitié vêtue de son linceul. Roméo habillé de noir regarde dans le vide, avant de se donner la mort, et Juliette dont la tête est tournée vers le tombeau semble, de la jambe gauche esquisser un pas. Ce tableau noir et blanc oppose la vie et la mort et le peintre donne plus de vie à celle qui n'a que l'apparence de la mort qu'à celui qui n'a plus que l'apparence de la vie.
Ophélia (Leopold Burthe 1852)
Ophélie, héroïne inventée par Shakespeare a inspiré poètes et peintres du romantisme. Dans cette représentation, celle qui est devenue folle se couche dans un ruisseau, la main saisissant une branche légère qui représente la vie. Son visage est paisible. Sujet romantique s'il en est que celui de la mort et de la beauté. Ici la beauté semble l'emporter l'espace d'un instant.
En sortant dans le jardin, nous restons de plain pied dans le romantisme, dans le jardin de la maison où Ary Scheffer reçut nombre d'artistes parmi les plus grands, Chopin, Delacroix, Rossini, Tourgueniev...
Dans la rue Chaptal, nous rencontrerons les ombres d'autres artistes qui après le romantisme ont aimé ce quartier de la Nouvelle Athènes : Xenakis, Frehel, Gainsbourg...
On ne perd jamais son temps à arpenter les rues de ce quartier romantique. Ici ou là le charme intact des lieux contredit un instant la fameuse phrase de Baudelaire :
"La forme d'une ville change plus vite hélas que le cœur des mortels".
La mairie du village de Montmartre située sur la place des Abbesses a été construite en 1836-37, en un temps où Montmartre n'imaginait pas qu'un jour il serait annexé à la capitale.
Elle donnait sur la rue de la Cure, ancien nom de la rue des Abbesses et sur la rue de la mairie, devenue rue de la Vieuville.
L'impasse qui s'ouvre dans le coude de cette rue rappelle par son nom la présence de la mairie disparue : "Cité de la Mairie".
Son architecte, Paul-Emile Lequeux est en vogue dans la première moitié du XIXème siècle. Classique et sobre, il ne dérange personne par d'éventuelles audaces!
La liste de ses réalisations est éloquente : des mairies, des églises et un asile d'aliénés. Parmi les mairies, deux au moins ont été détruites, celle des Abbesses et celle des Batignolles. Parmi les églises, la plus connue des Montmartrois est Notre-Dame de Clignancourt, maigre et sans grâce (ce qui est le comble pour une église) face à la nouvelle mairie luxueuse et ostentatoire construite à partir de 1888 par Marcelin Varcollier.
La mairie eut pour premier maire Véron qui a aujourd'hui sa rue, parallèle à celle des Abbesses.
Seveste, du Théâtre de Montmartre aurait donné, le jour de l'inauguration une représentation gratuite si l'on en croit André Roussard et sa bible montmartroise. Le hic c'est que l'année de l'inauguration, 1837, Seveste était mort depuis 12 ans! Donc oublions!
Le bâtiment comportait un rez de chaussée avec porte centrale et trois fenêtres de chaque côté, un premier étage et un attique de 7 fenêtres surmonté d'un lanternon. Il s'étendait sur 32 mètres rue de la Cure (Abbesses) et 35 sur la rue de la Mairie (Vieuville).
La seule salle décorée de peintures était celle des mariages qui comme l'on sait est toujours la plus ornée et la plus somptueuse dans les mairies.
La vieille mairie avant de disparaître a connu quelques heures de gloire.
Inaugurée par le préfet de la Seine le comte de Rambuteau, elle a vu passer quelques personnages illustres parmi lesquels Georges Clémenceau n'est pas le moindre.
Il est nommé maire du XVIIIème par Etienne Arago lui-même nommé maire de Paris en 1870 par Gambetta.
Mairie de Montmartre mars 1871
C'est à la mairie qu'il rencontre Louise Michel et retrouve Blanqui. Homme de justice il tente en vain de s'opposer à la foule qui livre les généraux Thomas et Lecomte au peloton, d'exécution, rue des rosiers (Chevalier de la Barre aujourd'hui) comme il protège les gendarmes poursuivis par les fédérés et cachés dans les caves de la mairie.
La vieille mairie peinte par Maclet
Le 23 mars il est expulsé de la mairie par le Comité de vigilance qui n'a pas apprécié ses tentatives de conciliation. Ici s'arrête son court passage place des Abbesses. Il continuera de travailler pour les habitants de Montmartre en dirigeant non loin de la place son dispensaire de la rue des Trois Frères.
23 rue des 3 frères, le dispensaire de Clémenceau
Homme de dialogues et de paix, il aura tenté en vain de concilier les inconciliables. La Semaine Sanglante lui prouvera qu'il avait sous estimé l'intransigeance et la cruauté du camp adverse.
Exécution sommaire des Communards
Homme intègre et juste, il est contre la colonisation comme il sera un peu plus tard dreyfusard.
Il est à notre époque où les politiques jouent avec le feu identitaire, un exemple de rigueur et d'honnêteté. Farouche défenseur de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, Laïc sans concession et sans "oui mais", adversaire de la peine de mort... un grand homme assurément qui a préféré pour sa dernière demeure un humble cimetière de sa Vendée natale à la gloire glacée du Panthéon.
La mairie a connu un autre personnage célèbre qui est présenté sur les plaques de rue comme maire du XVIIIème à partir du 19 mars 1871 (lendemain du départ de Clémenceau) jusqu'au 20 mai.
C'est une erreur historique puisque la Commune ne voulut pas élire de maire. Jean Baptiste Clément, ardent communard, occupa à la mairie le poste de délégué à la commission aux subsistances puis aux ateliers de fabrication des munitions mais ne fut jamais maire quoi qu'en dise la plaque qui n'est pas à une erreur près!
La 2ème erreur est dans le trait d'union entre Jean et Baptiste. En effet le père du poète, s'appelant Jean-Baptiste lui aussi mais avec trait d'union, déclara son fils sans ce trait d'union, afin qu'il n'y eût pas d'erreur administrative.
Jean Baptiste Clément est l'immortel auteur du Temps des cerises dont il remania le texte écrit avant la Commune afin de lui donner le sens qu'il a aujourd'hui pour nous, un hymne au courage et au sacrifice des insurgés.
Prise de la dernière barricade, rue de la fontaine au roi.
Il est dédié à Louise, ambulancière héroïque rencontrée sur la dernière barricade, rue de la Fontaine au roi.
Un autre homme célèbre serait, selon certaines hypothèses hasardeuses, passé par la mairie. Il s'agit de Paul Verlaine pour son mariage avec Mathilde de Mauté. Les de Mauté habitaient dans le 18ème, rue Nicolet et abritaient dans leur hôtel le jeune couple. le mariage eut bien lieu en août 1871 en l'église Notre-Dame de Clignancourt mais il n'y a aucune trace de son passage dans la vieille mairie. En revanche la mairie de Clichy a enregistré ce mariage le 24 juin 1871.
La mairie a mal vieilli. Non seulement elle est trop petite pour un arrondissement dont la population ne cesse de croître mais encore elle subit comme beaucoup d'immeubles montmartrois, des dégâts provoqués par la proximité des carrières. Elle se lézarde, menace de s'écrouler malgré de lourds étais. Elle est finalement détruite en 1890 et remplacée par la nouvelle mairie rue Ordener.
Malgré la rapacité des promoteurs elle ne cède pas la place à de nouveaux immeubles de rapport. Le terrain qu'elle laisse libre deviendra un jardin aménagé en 1936 et restructuré en 1994, le square Jehan Rictus dans lequel a été édifié en 2000 le fameux mur des "je t'aime' qui écrit ces mots en 311 langues ou dialectes. Les couples du monde entier se font photographier devant les carreaux émaillés
En hommage à Clémenceau qui avait de l'humour et un sens aigu de la répartie, quelques citations qui montrent à quel point il avait l'esprit montmartrois....
"La guerre! C'est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires."
"La vie m'a appris qu'il y a deux choses dont on peut très bien se passer : la présidence de la République et la prostate."
Clémenceau par Manet
"La France est un pays extrêmement fertile, on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts".
"Un escalier de ministère est un endroit où des gens qui arrivent en retard croisent des gens qui partent en avance."
"Les femmes vivent plus longtemps que les hommes, surtout quand elles sont veuves."
Clémenceau maire de Montmartre (Carjat)
"L'anglais n'est jamais que du français mal prononcé".
"Pour mes obsèques je ne veux que le strict nécessaire, c'est à dire moi."
Sur Lyautey : "Voilà un militaire qui a des couilles au cul. L'ennui c'est que ce ne sont pas toujours les siennes."
"Je connais un tas de types à qui je ne pardonnerai jamais les injures que je leur ai faites."