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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières



    A l'orée de la forêt maritime, le petit cimetière de Saint-Trojan se fait aussi modeste que possible.
   Pas de monuments ostentatoire, une seule chapelle familiale.
   De simples pierres et quelques croix...
   Le calvaire offert par une veuve éplorée fait exception avec ses statues dorées qui brillent dans le soleil.



  Il ne parvient pas à atteindre la cime des grands arbres.



    La tombe la plus massive est celle de Henri Masse, notable local.
   Ce conseiller général, maire de Dolus et Saint-Trojan repose sous un bas relief (oeuvre d'Yvon) représentant des pêcheurs accablés et des femmes en quichenotte penchées sur le caveau...
 Tout un peuple inconsolable d'avoir perdu son conseiller général...



   A côté du monument, le sable reprend ses droits...



  Car les dunes ne sont pas éloignées qui ont déjà recouvert l'ancien village et son église et qui un jour peut-être recouvriront le cimetière.



  Sur les croix de pierre, les oiseaux chantent avec des cris de pierre.



  Un ange est tombé de son piedestal et s'est brisé. Voilà ce qui arrive aux anges des cimetières qui essaient de s'envoler.



   Une main affectueuse a déposé un poisson de couleurs près d'un proche qui aimait la pêche...



  Arbre mort et croix de pierre.



 Croix de lierre...



    Et comme dans tous les cimetières, un chat...
    Petite vie inquiète et vigilante... dont le passage léger sur les tombes est la seule caresse que reçoivent encore les morts.





Lien Eglise de Saint-Trojan. Oléron.



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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES. ALZHEIMER PERE






                                     Retraite


Il s'arrête un instant
Il tremble sur ses jambes
Comme un chevreuil qui vient de naître

Il hésite il repart dans la salle commune
Patineur débutant sur le lino de glace

Il va vers la porte vitrée
Vers le jardin fermé où survit une rose

Il tâtonne il s'appuie sur les panneaux de verre 
Sa main est un oiseau qui se cogne affolé
Contre les vitres

Enfin la porte cède
Le vieil homme se lance 
À petits pas sur la terrasse

Il écarte les bras
Il respire le vent
Il s'offre à la lumière 

La maison de retraite 
Au loin s'évanouit
Dans son odeur de pissotière

Il incline la tête
Sans lever les paupières
Un sourire léger
Lui écarte les lèvres :

"Non ma chérie
Il fait trop frais ce soir
Nous ne mangerons pas dehors".










Lien :

Liste et liens des poèmes Alzheimer. Mon père.

Poème. Alzheimer (3). Mon père, mon disparu.


...




 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux




     La chapelle, dans l'axe du choeur, semble vous entraîner vers les hauteurs célestes.
    Il faut d'ailleurs gravir plusieurs marches pour y accéder et découvrir sa voûte étoilée.
    Elle est plus chaleureuse que la grande église un peu glaçante. Les peintures sont dues à Romain Cazes, élève d'Ingres dont il a retenu les leçons d'académisme mais ni le génie, ni l'inquiétude diffuse. Il a été, comme bien des peintres conventionnels de son temps, très apprécié par la bourgeoisie pieuse qui lui a confié la décoration de nombreuses églises.

    Cinq panneaux nous donnent un raccourci de la vie de Marie.



    L'annonciation : Marie, les bras ouverts reçoit, à genoux, les paroles stupéfiantes de l'ange qui ne manque pas d'allure dans sa belle tunique vieux rose mais dont les ailes seraient bien incapables de le soutenir dans les airs.
   Etrange, cette habitude de doter les créatures divines d'ailes minuscules.

    Le deuxième panneau représente la visitation : Marie et Elisabeth se rencontrent, sous le vol immobile de l'Esprit Saint.
    Le petit que porte Elisabeth remue et s'enthousiasme dans le ventre maternel. Il a reconnu à quelques centimètres de lui, un autre petit, dont il annoncera plus tard la venue...

    Peinture convenue, aussi peu spirituelle que possible. 



     Le couronnement de la Vierge : Père et fils sont assis confortablement comme s'ils trônaient dans un canapé Second Empire.
     L'Esprit volète au-dessus d'eux et les réunit dans le triangle trinitaire tandis que Marie, agenouillée, reçoit la couronne des mains de son fils...



     Marie au pied de la croix: Le plus médiocre tableau de la série.
     Marie est plantée devant le crucifié comme si elle lui reprochait d'avoir fait une bêtise.
     Le peintre lui a donné l'allure d'une lourde ménagère.
     Nous sommes très loin de l'absolu chef d'oeuvre qu'est la Piéta d'Avignon qui représente la vierge de douleur comme peu d'artistes ont su le faire. Nous sommes très loin aussi de Pasolini qui fit jouer le rôle de Marie à sa propre mère, comme s'il pressentait qu'elle se tiendrait un jour devant le corps martyrisé de son fils, ramassé dans un terrain vague.

    Nous sommes très loin de la souffrance indicible de toutes les mères du monde devant la mort de leur enfant



Le dernier panneau : l'Assomption de Marie.

     Des anges vigoureux entraînent vers les cieux, celle qui ouvre déjà les bras pour serrer contre elle son fils. 
     La scène est peinte bien avant la proclamation du dogme qui ne sera institué que sous Pie XII, en 1950.
     Mais depuis des siècles, l'église fêtait la Vierge, le 15 août. Au VIème siècle, à Byzance, l'empereur Maurice avait inauguré ce jour-là, la fête de la Dormition de la Vierge.
     L'iconographie orthodoxe, profondément spirituelle, représente Marie "endormie" tandis que son fils emporte dans ses bras un nouveau-né emmailloté. C'est l'âme de sa mère. Extraordinaire image que celle de ce fils portant sa mère, comme il avait été porté par elle. Pressentiment de l'achèvement et de l'éternité. Notre assomption catholique est bien fade, comparée au vertige de la Dormition orthodoxe.



    Un vitrail rouge et bleu adresse une prière à la Vierge en majesté. 

    A l'entrée de la chapelle deux fresques représentent, à gauche, la naissance de Marie et à droite, sa présentation au Temple.





    Tableaux de bonne facture mais théâtralisés et peu inspirés.

    Signalons encore les fresques des évangélistes dans le choeur, plates et convenues.


    
   Saint-Jean se tourne vers le ciel comme pour écrire sous la dictée céleste... Son aigle familier veille à ses côtés.

    Enfin, avant de quitter l'église, jetez un oeil dans le transept gauche sur les représentations de Saint-Ignace de Loyola, lié à Montmartre par le voeu fameux, prononcé dans l'abbaye d'en-bas, et que rappelle une plaque dans l'actuelle crypte du martyrium, rue Yvonne le Tac. (voir: Montmartre. Crypte du martyrium.)  


François-Xavier est envoyé en mission, en Inde, par Ignace avec lequel il pria, le fameux 15 août 1534.

Dans l'autre transept, un autre saint lié à l'histoire de Montmartre : Saint-Denis...



   ...Ce qui peut vous inciter à prendre le métro, avant de perdre la tête, et vous rendre à St Denis, visiter la basilique, véritable merveille qui vous réconciliera avec l'art sacré!


Lien: Eglise Notre Dame de Clignancourt. (1) Extérieur, entrée.




...







 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux




     Après avoir visité les chapelles de l'entrée, il est temps de lever la tête vers les vitraux.
     Ils ont une certaine force expressive et font défiler dans la nef, une procession de saints et d'images pieuses.

     Le Sacré-Coeur voisin m'incite à commencer par cette vision de Marguerite-Marie Alacoque (ce nom m'a toujours réjoui) à laquelle apparaît Jésus désignant sa poitrine :
"Voici ce coeur qui a tant aimé les hommes..."



     Les vitraux de Lorin ont été créés dans les années 1930. Leur style vigoureux avec, parfois quelques réminiscences Art Déco, jette ses couleurs franches dans une église un peu terne.


 

     En commençant par la travée de gauche, le premier vitrail représente Jean-Baptiste : "Je suis la voix qui crie dans le désert..."



    Il est suivi d'Adélaïde. C'est la composition, à mon avis, la plus proche du style art-déco. Simplification, géométrie, le rouge et le bleu...

    Adélaïde, reine d'Italie et d'Allemagne, fut la première Impératrice du Saint-Empire-Romain-Germanique.
   Elle fut à deux reprises régente et s'imposa par son sens de la Justice et son attention aux plus pauvres.
   Elle est représentée ici, comme la Vierge dont le manteau protège à la fois l'empereur agenouillé (Othon Ier) et le fils (Othon II) dont elle assura la régence.
Elle mourut en odeur de sainteté en 999... 



    La suivante, c'est Odile "Fille de lumière". Après la guerre, cette Sainte Patronne de l'Alsace est souvent représentée dans les églises.
    Elle mourut en 720 après avoir retrouvé miraculeusement la vue.
    Elle est représentée ici avec un livre (sans doute la règle bénédictine) sur lequel s'impriment les yeux qui vont lui être rendus.
    A ses genoux, Saint Erhard, moine irlandais, guidé par une vision vient lui donner le baptême au cours duquel s'opère le miracle.


 

     Dans une lumière de mousse et de sous-bois, Hubert le massacreur de bêtes innocentes, voit apparaître entre les bois du cerf qu'il s'apprête à tuer, le crucifix rayonnant.
     Il tombe à genoux et lâche son arme.
     Il ne la reprendra plus.
     Il a compris de quel côté était le Christ : celui des victimes, des pourchassés, des torturés... Bêtes et hommes.
     Hubert se convertit et se tourne vers les humbles et les rejetés.
     Il consacre sa vie aux pauvres et respecte la vie animale au point de devenir végétarien.

   Allez comprendre pourquoi les chasseurs ont choisi pour patron celui qui leur montre par son exemple la cruauté de leurs méfaits!
   L'ont-ils fait par provocation ou par bêtise?

   Les deux sans doute...


 

    Sainte Eugénie, martyre chrétienne et romaine, eut la tête tranchée après avoir triomphé de plusieurs supplices.
    Elle est un des plus anciens "travestis" puisque, pour avoir la paix, elle se déguisa en homme et prit le nom d'Eugène.
    Une femme dont elle repoussa les avances, l'accusa de l'avoir violée...       Pour faire triompher, la vérité, Eugénie se dévoila devant la foule des spectateurs du cirque, éblouis de découvrir une poitrine parfaite.
    La vérité sort toujours toute nue des épreuves...

 

     Jules est là, lui aussi.
     Rien à voir avec Jules Joffrin, proche station de métro et Place sur laquelle s'élève l'église (Place qui, au moment de la construction se nommait  Sainte-Euphrasie).
     Jules premier est un pape, réputé pour sa bienveillance (les autres papes n'en seraient-ils pas pourvus?) et pour sa lutte contre les ariens.



    Sainte Cécile, martyre des premiers temps, résolut de rester vierge et se refusa à son mari qu'elle parvint à convertir et qui accepta d'avoir pour rival un ange qui apparut au moment du supplice, environné d'une céleste musique.
    Cécile devint la patronne des musiciens et des luthiers. 
    La musique divine ne sut pourtant adoucir les moeurs des bourreaux... comme elle n'avait su convaincre Cécile que la sexualité était de nature divine quand l'amour s'y mêlait...



     Le dernier vitrail de la travée représente la Sainte Famille.
     Jésus, blondinet, bien que juif de Palestine, s'initie aux joies du rabotage.
     Combien plus rude sera le bois qui le portera et le hissera, cloué et sanglant, contre le ciel!



     La travée de droite s'ouvre avec Saint-Michel au regard sévère, penché vers l'abbaye, édifiée au péril de la mer, que lui présente Saint- Aubert, évêque d'Avranches.
     Aubert avait l'habitude de se retirer pour prier sur le Mont Tombe (tel était alors le nom du futur Mont Saint-Michel) où l'Archange lui apparut.
     La représentation est ici un tantinet étriquée. La carapace, le visage mécontent ne collent guère avec la jeunesse solaire de l'archange foudroyant.


 
    Comme dans un conte de fées, la petite Jeanne se promène sous les feuillages remués par la voix de Michel, Catherine et Marguerite, qui lui confient la mission de bouter les Anglais hors de France. 

 

    Saint Louis a royalement droit à deux vitraux.
    Il est assis sous son chêne et rend la justice.
    Il est vêtu de la tunique bleue parsemée de fleurs de lys.
    Peut-être pour rappeler qu'il imposa aux Juifs de France de porter sur leur habit la rouelle jaune, censée représenter les deniers de Judas.
    Il ignorait alors quelle serait la sinistre postérité de cette humiliation.



     Saint-Denis ne pouvait manquer de figurer dans la galerie.
     Il  a cheminé non loin de là, portant sa tête dans les mains et se dirigeant vers la plaine où sera édifiée la Basilique qui porte son nom.
     A l'arrière, deux de ses compagnons, Rustique et Eleuthère attendent de connaître la même mort. 



     Saint Jérôme et Sainte Paule partagent le même vitrail.
     Jérôme, traducteur de la Bible en latin (la Vulgate), s'emportait facilement et fulminait conte le christianisme mondain.
     Il choisit d'aller vivre en Palestine dans un monastère qu'il fonda au IVème siècle.
         Paule, riche romaine devenue veuve, le suivit jusqu'à Bethleem et l'aida grâce à sa fortune et à sa grande patience, car le Jérôme prenait feu comme bois d'amadou...


    Un dernier vitrail orne la chapelle de la Vierge (voir article III). Ne prêtons pas trop d'attention au vitrail du choeur qui représente la colombe du Saint Esprit et qui est aussi peu spirituel que possible...

    Cette galerie de saints fait voler avec le soleil, des ailes de couleurs sous les voûtes grises. Si l'inspiration n'est pas toujours au rendez-vous, elle a le mérite d'être un livre d'images et de lumière. 


Lien :

Notre-Dame de Clignancourt (3) (chapelle de la Vierge)

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux



     Elle n'est pas vraiment belle cette église dont la construction fut décidée peu d'années avant le rattachement de Montmartre (dont dépendait le village de Clignancourt) à Paris.
    Malgré ses dimensions (presque cent mètres de long), elle paraît, de l'extérieur, étriquée et ingrate.



     Les grands travaux du Baron Haussmann battent leur plein...
     C'est le Baron lui-même qui vient poser la première pierre le 2 mai 1859.
     On ne peut s'empêcher de penser aux gares parisiennes devant cette façade due, comme l'ensemble du bâtiment, à l'architecte Paul-Eugène Lequeux,  élève de Baltard, qui a eu le temps de réaliser quelques mairies et églises, avec un grand souci de fonctionnalité et peu d'inventivité créatrice (mairie de Saint-Ouen, de Puteaux, église de la Villette, de Villetaneuse...).



     Le clocher étroit et le chevet donnent sur une rue de Paris qui m'est chère. Elle ne comporte que deux numéros, le 2 et le 4. C'est une des plus courtes de Paris et pourtant son nom est tout un programme : Aimez la vie!
Enfin... presque...

 

     La construction de l'église s'impose car les villageois de plus en plus nombreux rechignent à grimper jusqu'au sommet de la Butte, pour atteindre l'église Saint-Pierre, perchée sur son belvédère.

 

     C'est en 1863 que la paroisse est créée par décret impérial et que Notre-Dame de Clignancourt ouvre ses portes aux fidèles.
     La construction a été rapide, grâce aux largesses de l'Empereur qui a cassé sa tirelire, et à celles de l'Impératrice qui a offert l'ameublement et les ornements liturgiques.

Et maintenant, passons le portail...

 

 

   Impression d'espace un peu ombreux...  Le bronze des suspensions et le faux marbre des colonnes sont les seules touches de luxe dans la nef dépouillée.

   La première surprise vient de la chapelle de droite : La Piéta de Michel-Ange se détache sur un fond de ciel nocturne et de croix. Le linceul semble couler, comme une montre molle de Dali vers la mère et son fils mort pour les recouvrir...

   La chapelle est dédiée aux morts de la première guerre dont les noms par centaines sont gravés sur le mur de la nef.



    Sur la gauche, le soldat foudroyé, aperçoit dans le ciel, Jeanne d'Arc, prête à l'accueillir, comme les walkyries accueillaient dans le walhalla les valeureux guerriers...

 

  Sur la droite, la veuve s'agenouille avec l'orphelin sur la tombe, croix de bois mort parmi les autres croix... forêt qui ne sortira plus de l'hiver.

 

...Ou qui en sortira si l'on en croit le monument, érigé entre les listes interminables des noms des jeunes gens sacrifiés. Le tombeau est ouvert, le mort reprend vie.
  Cela s'appelle la Résurrection...




    Le vitrail, comme un oeil au plafond de la chapelle représente Dieu lui-même, dans les nuées, consterné de voir ses créatures s'entre déchirer... Et pourtant depuis Abel et Caïn, il aurait dû en avoir une certaine habitude!



 

Au début de la nef mais sur la gauche, une autre chapelle attire l'attention. un incendie l'a ravagée récemment et elle offre un spectacle désolant. Le Christ aussi noir qu'un arbre calciné, se dresse devant des murs écaillés.

 

     La cloche, dont le bronze, à force de résonner pour les alertes, les fêtes et les deuils, s'est fêlé, a été remplacée par une consoeur plus jeune en 1991. Elle porte, gravées pour l'éternité, des inscriptions qui rappellent son origine.
                     "
Amédée Constance sont les noms que m'ont donnés mon parrain, Amédée Thayer, pieux et illustre sénateur de l'Empereur et ma marraine, Constance Lequeux, épouse très dévouée de l'architecte de cette église."  



     Le sacré-Coeur apparaît sur le mur de droite. Il a résisté aux flammes mais il semble s'élever au-dessus d'un Montmartre de cendres! 



   Une autre toile a subsisté vaille que vaille. Peut-être grâce à l'eau du baptême versée sur Sainte-Geneviève!
  Elle est due au talent théâtral de Glaize (Pierre-Paul-Léon), peintre montmartrois qui réalisa, entre autres une partie du salon des Arts de l'Hôtel de Ville et la salle des mariages de la mairie du XXème.  Le musée d'Orsay expose deux de ses toiles.



  La chapelle abritait les fonts baptismaux. Le baptistère a été transporté au bas des marches du choeur, mais la mosaïque du sol continue de faire tourner ses poissons dans le courant...

   N'allez pas mettre sur le dos des communards cet incendie dévastateur! D'abord parce que les toiles ont été peintes après la Commune, ensuite parce que s'il est vrai que l'église fut perquisitionnée en avril 1871, l'édifice lui-même n'eut guère à en souffrir. Ne disparurent que les linges et les objets sacerdotaux. Les officiers utilisèrent les glands en or des étoles pour en faire des dragonnes à leur sabre, ce qui n'a pas suffi, hélas, à leur donner la victoire!





   Suite de la visite dans les prochains articles : les vitraux (2), la chapelle de la Vierge(3)






Lien : Eglise Notre-Dame de Clignancourt (2) Les vitraux.

   

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES. ALZHEIMER PERE






Tu me regardes tu ne me connais pas
Suis-je méchant suis-je bon
Suis-je venu te tourmenter
Te saisir par le bras
Te conduire à la douche
Suis-je venu pour t'emmener
Dans le couloir aux portes noires

Tu m'écoutes tu ne me comprends pas
Les noms que je te jette
N'atteignent pas ton coeur
Ils tombent dans tes yeux
Cailloux gris dans un puits
Ils ne font pas un bruit
Pas une ride à la surface

Tu me souris tu ne me connais pas
Tu me souris comme un enfant
Qui craint la punition
Et demande pardon
Sans être sûr du mal qu'il a pu faire

Je te regarde  Je te connais
Tu es celui qui souvent me manqua
Celui que j'espérais quand j'avais peur la nuit
Celui qui habitait une terre étrangère
Dont je ne savais pas traverser la frontière
Celui qui me donna si peu que j'ai gardé
Ces quelques braises comme un feu

Je t'écoute et je t'entends
J'entends les mots qui ont perdu leurs feuilles
Les mots de bois brûlé que les oiseaux désertent
J'entends le froid la faim la question et la peur
La fuite et le désir de se cacher sous terre
Comme une bête en terrain découvert
Comme un enfant perdu qui appelle sa mère

Je te souris je te connais
Tu es celui qui fuit sur le chemin
Que je prendrai demain
Quand tu l'auras quitté

Tu es celui qui a donné
tout ce qu'il possédait
Et que la mort déçue
Observe avec dédain

Tu es celui que j'aimerai
jusqu'à l'heure dernière
Tu es mon disparu
Ma souffrance
Mon père.





Lien :

Liste et liens des poèmes Alzheimer. Mon père.

Alzheimer. Un poème. (2)





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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON



     Sur le port du Château, cohabitent en bonne intelligence des cabanes ostréicoles et des  cabanes reconverties en ateliers de création. Aujourd'hui, j'ai voulu privilégier les premières .



    Les couleurs sont souvent étonnantes. Elles sont la plupart du temps dues au hasard des fonds de pots de peinture utilisés pour les bateaux.



     J'ai parfois pensé devant l'audace des rapprochements de couleurs aux saris des femmes du Rajasthan...
     Vous voyez qu'Oléron peut nous emmener  vers des rivages inattendus!











































...Et je quitte le port avec cette cabane et cette barque fantômes, couleur de la cendre et du passé. Quelques traces tenaces sur la porte violentée... comme une nostalgie, un adieu.
Les cabanes meurent aussi...







Lien : Cabanes ostréicoles. Saint-Trojan. Oléron. Photos. (I)

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER


     Ne plus parler de toi, comme je me l'étais promis, je n'en suis pas capable.

    J'ai besoin de parler de toi. 

    Je tairai la déchéance physique, cette dépossession qui est nudité et secret

    La semaine dernière quand je t'ai revu après les vacances, Mauricette m'a accueilli avec des reproches:
"Il ne faudrait pas vieillir pour ne pas être ainsi abandonné de ses enfants... Aucune nouvelle de vous ni des autres, pas de coup de téléphone, on n'a plus qu'à mourir dans notre coin...
- Mauricette, vous me cassez les couilles."
 
    Oui, je l'ai dit, pour m'en repentir aussitôt.
    J'ai retenu sur ma langue la réalité de sa propre famille : un fils unique qui ne vient la voir, dans le meilleur des cas qu'une fois par mois.
    Non, je n'avais pas envie de parler, de lui parler.
    C'est mon père que je regardais, lui qui ne me reconnaissait pas et qui souriait humblement, comme pour s'excuser. Comme pour excuser ma grossièreté.



   Aujourd'hui, quand je suis entré dans le studio, il s'est tourné vers moi un instant, puis il s'est enfoncé dans son fauteuil, sans un mot. Aucun éclat dans ses yeux.

 Je l'ai embrassé. il s'est laissé faire. "Dad, veux-tu que je te rase, tu es un vrai hérisson!
-Encore!
-Bon d'accord, si tu veux, je ne te rase pas. Tu en as sans doute assez de tous ces gens qui veulent te couper les poils!

  Mauricette intervient : " Mais si! Il faut le raser. Il y a la messe ce soir à la Résidence et puis moi je n'aime pas l'embrasser quand il est comme ça. C'est humide et piquant. "

Je le rase donc, aussi doucement que je le peux. C'est difficile et j'ai du mal à ne pas trembler.Ensuite j'ouvre la bouteille de champagne. C'est le rituel. je tiens à boire avec lui: "leheim"! comme disent les Juifs, "A la vie!

"Je viens d'avoir 90 ans, me dit Mauricette.
-Alors nous buvons aussi à votre vie!
-Oui! Quelle vie!
-Allons! à vos quatre vingt dix printemps!
- A mes quatre vingt dix hivers!



   Pendant le repas, aucun dialogue avec mon père. Il reste sur sa planète. 

  A un moment la main de Mauricette et la main de mon père se rejoignent 

  Je me sens intrus.
  Intrus aussi dans ma démarche de chercher pour mon père une autre résidence où il serait mieux soigné.
  Et si ce lien, ce dernier lien, ce dernier amour, était ce qui lui permettait de respirer encore...

  A la fin du repas, il me regarde longuement.

  Lui qui n'a pas prononcé un mot depuis une heure, il me dit : "Ah! Christian!"

  Il se rappelle mon nom, il m'appelle... 

  Mauricette intervient une dernière fois : "Vous savez, il se perd de plus en plus!"

  Et moi, je m'entends répondre : "Plus il se perd et plus Dieu le trouve."


....


Lien :
Visite. Mon père. 90 ans... Alzheimer.


 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON PLAGES



    Fin septembre sur la plage de Grand Village , les vagues accueillent de jeunes kayakistes venus  jouer avec elles...

 















...

Lien : Les plages d'Oléron :

Oléron. Les Plages. Classement alphabétique.



... 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers



Etoile noire


Mes enfants je suis née sept fois en vous mettant au monde
Avant vous je n'étais que moi
Je n'avais qu'un village et vous m'avez ouvert les frontières
Je n'avais qu'un amour et vous m'avez donné l'amour
Sept fois j'ai appris à marcher
Sept fois j'ai appris à parler
sept fois j'ai été amoureuse pour la première fois

Mes enfants je suis morte deux fois quand la mort vous a pris
J'ai refermé ma porte et je me suis pendue un soir d'automne
Après avoir en vain appelé au secours
J'ai cessé de respirer dans la nuit de Noël
Et j'ai replié mes poumons 
Comme un oiseau dans le goudron

Mes enfants vous avez détaché ma corde
Vous m'avez donné vos poumons 
J'ai continué de vivre
Malgré l'étoile noire
Cousue à vif sur ma poitrine

Mes enfants grâce à vous je suis encore au monde
J'ai joie de votre joie et j'ai peur de vos peurs
Je ris avec vous dans les vagues
Je prends avec vous des avions
Je m'endors avec vous près du Gange
Et quand le temps malade se pend à mes genoux
Et tire mes paupières
Je marche avec vos jambes
Je vois avec vos yeux

Mes enfants je vivrai avec vous dans le monde
Bien après que la mort m'aura couchée en terre
Je serai dans l'éclat d'un miroir
Dans un de vos sourires
Ou dans un de vos gestes
Dans la veilleuse auprès du lit
Dans le chat qui dormira contre vous
Je serai dans le vent léger qui passera sous vos yeux
Quand vous ne pourrez pas y retenir vos larmes






....



Poème. Ma mère (3) Anniversaire.



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