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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES Chats.. photos..articles
Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.

    Depuis plus de dix ans, je rends visite au refuge du Château d'Oléron dans un des bastions des remparts de la ville.  J'y ai adopté deux des chattes de ma vie.

                      C'est un lieu où se heurtent en moi des sentiments divers.

    L'admiration pour le dévouement de bénévoles qui ne comptent pas leur temps pour laver, changer les litières, nourrir les chats, leur parler, les nommer chacun par son nom....

...et la tristesse  devant les regards des rescapés du malheur. Chacun raconte une histoire que nous ne comprenons pas, abandon, maltraitance, errance... Les bêtes ont le malheur discret.

Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.

    Dans la nurserie il y a les chatons. Ils vous regardent avec des yeux qui interrogent et attendent.

   Ils ont été trouvés dans des poubelles ou ramassés, faméliques, dans des rues où ils sont nés parce qu'il y a encore des gens qui refusent d'opérer leurs chats et qui se débarrassent des petits en les jetant dans des jardins ou, dans le moins triste des cas, en les déposant devant le refuge. 

Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.
Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.

    Depuis l'année dernière le bastion a connu des décès bien sûr. Les chats atteints de calicivirose  sont tous morts. Ils ont été soignés aussi longtemps qu'a duré leur maladie. Il y a 10 ans nous avonsi adopté dans ce refuge la petite Plume atteinte elle aussi de cette maladie.

Nous l'avons opérée (toutes les dents arrachées) aimée. Elle a été heureuse et sa mort récente nous a fait mal.

Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.
Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.

    Parmi le nouveau-venus, il y a Alix. La petite chatte rousse s'était réfugiée dans une bouche d'égout d'où elle refusait de sortir. Cosette l'a apprivoisée en lui apportant de la nourriture, la nuit tombée, de peur que des enfants ne découvrent sa cachette. Après trois semaines elle a pu la saisir et l'apporter précieusement au refuge. Elle y a sa place mais reste à la fenêtre dès qu'elle sent que Cosette est présente, elle miaule, gratte au carreau... Un chat n'oublie jamais l'humain qui l'a considéré et a estimé que sa petite existence avait du prix.

Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.
Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.

    Voilà Caramel. Il se cachait où il pouvait, fuyait toute approche, sans doute renseigné sur la bonté du voisinage par toutes les rebuffades, les caillasses, les menaces. Il avait une peur panique de tout ce qui ressemblait à un humain.

 

    Les bénévoles qui l'avaient vu ne pouvaient s'approcher de lui. Un soir l'une d'elles essaya mais il partit comme une flèche et trouva un abri dans l'église dont la porte était ouverte. On tenta de l'amadouer mais il s'était tapi sous un confessionnal. On décida de poser une cage-piège avec de la nourriture. Pendant la nuit, guidé par la faim ou par un ange chat, il y entra. Et voilà, Caramel est au refuge où peu à peu il apprend à faire confiance à notre espèce.

Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.

J'ai rencontré Pirate qui, né à La Gaconnière, faubourg du Château d'Oléron, se plantait devant les portes, l'une après l'autre, et attendait. Il ne reçut pas de coups mais de l'indifférence. 

Etienne, lui, était si angoissé qu'il se mordait la queue. Ce que nous faisons nous sans que cela ne nous nuise! Mais lui, c'était du sérieux, avec plaies, suppuration, douleurs. Il a fallu l'opérer. Maintenant il vit heureux et sans queue.

 

Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.
Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.
Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.

Lily est une vieille chatte aujourd'hui. Elle a vécu des années en liberté sur le port. Une petite cabane lui avait été construite.

Mais il y a toujours des malveillants qui s'en prennent pour s'amuser aux animaux. Il fallut la mettre à l'abri. Sa petite maison a été transportée au refuge.

Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.
Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.

    Quelques photos encore des chats rencontrés au bastion.

   J'aurais aimé photographier chacun d'entre eux et ceux qui sont dans un enclos isolé, séparés des autres car atteints du sida des chats. Dans leur malheur auront-ils au moins la sécurité, l'attention, les caresses que n'ont pas tous les chats errants qui se sentant malades se cachent pour mourir.

Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.
Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.
Le refuge des Pachas du Bastion. Oléron. 2023.

     J'évoquais en ce début d'article mon double sentiment d'admiration et de tristesse. Cette tristesse s'atténue lorsque je quitte le bastion parce que j'y ai vu des chats qui bien qu'entravés dans leur liberté sauvage mènent leur vie de chats, curieux, joueurs, éveillés ou dormeurs. C'est un lieu où l'homme aussi peu que ce soit, tente d'atténuer son incommensurable cruauté envers les animaux. 

Le bastion vu de l'extérieur

Le bastion vu de l'extérieur

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON

  Je republie cet article à l'occasion du centenaire de la mort de Pierre Loti... en regrettant que l'exposition qui lui est consacrée au musée de l'île ne dise pas un mot de l'importance qu'eurent pour l'écrivain ses vacances à La Brée.




      Elle existe bien la maison où pierre Loti, enfant, a passé des vacances inoubliables qu'il a racontées avec émotion dans Le roman d'un enfant.
     Je l'avais cherchée en vain l'été dernier et puis, fin novembre, j'ai reçu grâce à Christine qui habite Saint-Pierre, là où, derrière un grand mur, l'écrivain passe son éternité, avec ses chats, des photos de la fameuse maison.




    J'y suis allé en cette fin novembre et je me suis demandé comment j'avais fait pour passer à côté d'elle, alors qu'un chat blanc prenait le soleil sur le trottoir...
   Un chat blanc!  Mais bien sûr! j'aurais dû y penser!
   Pierre Loti, l'amoureux de ses chats pour lesquels il faisait imprimer des cartes de visite, avait délégué un de ces petits félins pour me montrer le chemin!




    Au cas où je n'aurais pas compris, un bon chien, à la fenêtre d'en face, m'indiquait de la tête la direction à prendre.


 

    A l'angle de la rue du Général de Gaulle (comment s'appelait-elle du temps de Loti?) et de la rue de Saint-Denis, je l'ai vue cette maison qui appartenait alors au maire de Saint-Georges dont dépendait le village de la Brée.
    J'ai ouvert le livre de Pierre loti  et j'y ai lu les mots qu'il emprunte à sa soeur, Marie, pour la présenter....




C'était au milieu du village, sur la place, chez M. le maire.
Car la maison de M. le maire avait deux ailes, bien étendues sans mesurer l'espace.
Elle éclatait au soleil, éblouissante de chaux; ses contrevents massifs, tenus par de gros crochets de fer, étaient peints en vert foncé suivant l'usage de l'île.



     J'ai lu ces pages en m'approchant de la maison. C'était à la fois très doux et très triste de confronter les époques, l'été merveilleux de l'enfance et la réalité d'aujourd'hui. 


 

Un parterre était planté en guirlande tout alentour, poussant vigoureusement dans le sable. 


 

Des belles-de-jour , qui dépassaient de leurs jolies têtes jaunes, roses ou rouges, des fouillis de résédas, et qui s'épanouissaient à midi, avec une douce odeur d'oranger.



 

En face, un petit chemin creux ensablé descendait rapidement à la plage.



Pierre Loti parle longuement de la grand'côte:

  Cette partie de l'île qui regarde le large, les infinis de l'océan; partie sans cesse battue par les vents d'ouest. Ses plages s'étendent sans aucune courbure, droites, infinies, et les brisants de la mer, arrêtés par rien, aussi majestueux qu'à la côte saharienne, y déroulent, sur des lieues de longueur, avec de grands bruits, leurs tristes volutes blanches.

C'est à La Brée que le jeune garçon connaît son premier amour pour une petite fille du village, Véronique, que sa sœur décrit longuement :

     A peu près de son âge, un peu plus jeune peut-être, six ou sept ans. Un petit visage doux et rêveur, au teint mat, avec deux admirables yeux gris; tout cela abrité sous une kichenote blanche (kichenote, un très vieux mot du pays, désignant une très vieille coiffure : espèce de béguin cartonné, qui s'avance comme les cornettes des bonnes soeurs, pour abriter du soleil). Véronique se glissait tout près de Pierre, finissait par s'emparer de sa main et ne la quittait plus. Ils marchaient comme des bébés qui se plaisent, se tenant ferme à pleins doigts...Puis un baiser, par-ci par-là. Voudris ben vous biser (je voudrais bien vous embrasser), disait-elle en lui tendant ses petits bras avec une tendresse touchante.



      Mais les vacances prennent fin. Pierre ramasse tous ses trésors, ses coquillages et ses cailloux. Il prend place avec Marie dans la voiture qui les emmène. Il voit s'éloigner le village, et, debout sur le chemin de la plage, Véronique qui sanglote...

Marie écrit  :  
                          Alors je me sentis prise d'une rêverie inquiète en regardant Pierre. Je me demandai : "Que sera-ce de cet enfant?"
"Que sera-ce aussi de sa petite amie, dont la silhouette apparaît, persistante, au bout du chemin? Qu'y a-t-il de désespérance dans ce tout petit coeur; qu'y a-t-il d'angoisse, en présence de cet abandon?"

 

Je n'ai pas cherché à revoir cette maison en cet été 2023 pris de vertige devant le passage si rapide et si indifférent du temps. Il y a dix ans déjà! C'était à la Toussaint...




Lien : Oléron. La Brée. L'église.

Promenade dans Saint-Georges. Oléron.

Oléron. Eglise de Saint-Georges.  

Oléron.Eglise de Saint-Denis.

 

....

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON, #CHARENTE MARITIME
Louis Suire

Louis Suire

La maison des aïeules en 1910

La maison des aïeules en 1910

Article de 2019 repris et complété après l'exposition de l'été 2023 au musée de Saint-Pierre d'Oléron.

Aujourd'hui

Aujourd'hui

     La maison des aïeules à Saint-Pierre d'Oléron où Pierre Loti est enterré sous une simple pierre, ne vous ouvrira pas ses portes.

La maison des aïeules. Pierre Loti. Saint-Pierre d'Oléron.

     L'écrivain qui a exprimé ses dernières volontés dans son testament, après avoir décrit l'emplacement de sa sépulture a dressé la liste de la dizaine de personnes qui seraient autorisées à lui rendre visite, au maximum deux fois par an.

La maison des aïeules. Pierre Loti. Saint-Pierre d'Oléron.

     Cette précaution qui pourrait passer pour de la modestie renforce le mystère et l'attrait du lieu interdit aux "profanes". Toutes proportions gardées (et lesquelles!) il en est de la maison comme de la pyramide où le pharaon repose au plus secret du monument devenu sanctuaire.

Arrivée du convoi funéraire dans le jardin de la maison des aïeules.

Arrivée du convoi funéraire dans le jardin de la maison des aïeules.

Cercueil devant la maison des aïeules

Cercueil devant la maison des aïeules

     Autant Pierre Loti s'expose dans la maison de Rochefort devenue musée (livrée à une interminable restauration) autant il veut garder privé cet endroit à la fois précieux et douloureux où il a voulu reposer après avoir été emporté par la mort, "la reine des épouvantements".

La maison des aïeules. Pierre Loti. Saint-Pierre d'Oléron.
Le petit bois où repose Pierre Loti

Le petit bois où repose Pierre Loti

     Pierre Loti est dès l'enfance obsédé par le temps qui passe et par la mort qui triomphe toujours. Il collectionne les insectes, les coquillages, les menus objets comme pour les soustraire à la menace. Les chères aïeules font partie de ce monde menacé et précieux.

La maison des aïeules. Pierre Loti. Saint-Pierre d'Oléron.
La maison des aïeules. Pierre Loti. Saint-Pierre d'Oléron.

    La maison des aïeules, comme il la nomme, a appartenu à la famille de sa mère, les Renaudin, dès 1677. Ce n'est qu'en 1834 qu'elle est vendue. Sa grand-mère, sa tante Claire et sa cousine Corinne viennent alors vivre à Rochefort où elles parlent souvent de la maison perdue.

Maison de Loti à Rochefort. La mosquée...

Maison de Loti à Rochefort. La mosquée...

    

Le petit Julien les entend raconter les vieilles histoires oléronaises et peu à peu l'île prend place dans son imagination d'enfant. Malgré ses vacances à la Brée à quelques kms de la maison de Saint-Pierre, il la connaît peu. 

La maison des aïeules. Pierre Loti. Saint-Pierre d'Oléron.
La maison des aïeules. Pierre Loti. Saint-Pierre d'Oléron.

     Avant de quitter la France pour son "premier départ de marin" il se rend dans l'île pour dire adieu à ses tantes qui vivent non loin de l'ancien domicile familial.

tableau peint par Marie soeur de Pierre Loti. Au centre le petit Julien Viaud (Pierre Loti)

tableau peint par Marie soeur de Pierre Loti. Au centre le petit Julien Viaud (Pierre Loti)

"Ma grand-tante Clarisse, quatre-vingts ans, soeur de ma grand-mère et ruinée définitivement comme elle, m'attendait dans l'un de ses toujours mêmes fauteuils Louis XIV en tapisserie, les plus luxueux débris qu'elle possédât encore de l'aisance ancienne(…) Près d'elle se tenaient ses deux filles, mes tantes à la mode de Bretagne, déjà d'une soixantaine d'années et les cheveux très gris, mais qui cependant se coiffaient d'une manière moins archaïque".

La maison des aïeules. Pierre Loti. Saint-Pierre d'Oléron.

     A cette occasion, il se rend dans la vieille maison habitée alors par le pasteur : "On me laissa errer seul dans le grand jardin enclos de murs, où des buis centenaires bordaient les allées, et, tout au fond, dans le bois où dorment  nos aïeux huguenots qui furent exclus des cimetières catholiques  (...)

La maison des aïeules. Pierre Loti. Saint-Pierre d'Oléron.
La maison des aïeules. Pierre Loti. Saint-Pierre d'Oléron.

   Plus tard, en 1899, après la mort des aïeules, le succès littéraire lui permet de racheter la maison. C'est pour lui l'aboutissement, la dernière escale définitive après tant d'autres. C'est là qu'il retournera dans l'enfance heureuse, dans l'amour de sa mère. C'est là qu'il se mêlera à la vieille terre des ancêtres. Il demandera que son cercueil soit défoncé "après sa descente dans la fosse, pour être mieux et plus vite mélangé à la terre". 

                                               Tombe de Pierre Loti

    C'est au cours de ce voyage d'avril 1899 qu'il retourne dans la maison dont il est devenu propriétaire.

"Elle est là, devant moi, l'antique maison familiale (…) Elle semble être l'âme de ce vieux petit quartier mort qui l'entoure et qui, en plus de sa tristesse d'abandon, exhale aussi l'inexprimable tristesse des îles"...

La maison des aïeules. Pierre Loti. Saint-Pierre d'Oléron.

Il franchit le porche et entre dans la cour :

"Oh! Comment dire l'émotion de voir réapparaître, sous ces nuages de deuil, cette cour silencieuse des ancêtres!... (…) Et voici que j'ai le sentiment de pénétrer chez les morts, chez les aïeules mortes. Nulle part autant qu'ici et à cette heure le passé ne m'avait enveloppé de son linceul."

 

    Il gravit avec respect les marches du perron "où, vers la fin du XVIIème siècle, à ce que l'on m'a souvent conté, de joyeuses petites filles (qui furent mes grand-tantes, mon aïeule, et moururent octogénaires) avaient pour jeu favori de monter et de descendre en courant, sur des échasses."

 

    De l'autre côté de la cour s'élèvent les bâtiments des chais, des pressoirs ainsi que la demeure des domestiques. Il y a là une pièce où comme on le lui a raconté, les enfants se réfugiaient les jours de pluie. Sa mère, avec une bague a gravé son nom sur une vitre.

"Je n'espérais point retrouver cela; mais le carreau a miraculeusement résisté à soixante années de possession étrangère, et la précieuse inscription y est encore! (…) NADINE!...Alors je ferme les yeux et me recueille plus profondément pour me représenter, dans sa petite toilette surannée, l'enfant qui écrivit cela, vers 1820, un soir d'ennui sans doute, en regardant tristement cette même rue de village toujours pareille, un soir où la pluie devait tomber comme aujourd'hui."

Pierre Loti et son fils Samuel

Pierre Loti et son fils Samuel

     C'est ensuite dans le jardin et le petit bois que Loti marche, habité par les vieilles histoires racontées au cours de veillées familiales. Son fils Samuel qui a fait le voyage avec lui est enthousiasmé par cette nature et fait promettre à son père qu'ils reviendront habiter la maison.

Pierre Loti (Lévy Dhurmer)

Pierre Loti (Lévy Dhurmer)

"Résider ici, fût-ce même en passant (…) voir chaque matin à mon réveil ce jardin-cimetière, non je ne pourrais plus!... A moins que ce ne soit plus tard dans la suite des années, si, quelque part en Orient, je ne tombe pas au bord d'un chemin… Oui plus tard, qui sait, rentrer pour le déclin de ma vie, puis dormir dans ce vieux sol où gisent des ossements d'ancêtres…"

Départ du cercueil à Rochefort

Départ du cercueil à Rochefort

Samuel à qui il promet cependant de revenir avec lui ne peut savoir que son père dit vrai. Ils y reviendront tous deux et c'est Samuel qui se chargera de défoncer le cercueil dans la fosse où il aura été descendu, afin de respecter les dernières volontés de son père.

La maison des aïeules. Pierre Loti. Saint-Pierre d'Oléron.

On comprend devant l'intensité des sentiments de Pierre Loti confronté à l'irréparable saccage que la disparition des êtres chers provoque en nos vies, qu'il ait voulu s'entourer de silence et que soit refermée la porte "comme on scellerait une entrée de sépulcre".

Et pourtant, il exprime dans  Le Roman d'un enfant son désir fou, sa certitude illusoire que l'amour est plus fort que la mort :

 

Le petit bois et la Lanterne des morts.

Le petit bois et la Lanterne des morts.

     En quittant ce lieu simple et hanté, j'ai remarqué qu'au-dessus des arbres du petit bois, on apercevait là-bas, la lanterne des morts, tour romane qui veillait sur le cimetière de Saint-Pierre. On sait qu'une flamme y était allumée chaque nuit pour guider les défunts.

J'aime penser que chaque nuit, elle éclaire Pierre Loti et ses chers fantômes.

La maison des aïeules. Pierre Loti. Saint-Pierre d'Oléron.

Liens :

Oléron

 

Pierre Loti (Douanier Rousseau)

Pierre Loti (Douanier Rousseau)

En complément de cet article, voici quelques peintures et dessins de la maison des aïeules qui font partie de l'exposition proposée par le musée de Saint-Pierre en cette année qui marque le centenaire de la mort de Loti.

 

Cour intérieure. Louis Suire

Cour intérieure. Louis Suire

Louis Suire

Louis Suire

Lessieux

Lessieux

Lessieux

Lessieux

Enard

Enard

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON, #Peintres, #Paris
Rue d'un village oléronais (Christian Couillaud vers 1940)

Rue d'un village oléronais (Christian Couillaud vers 1940)

    Une belle exposition au musée de l'île d'Oléron à Saint-Pierre permet de voyager avec les peintres qui ont, de la fin du XIXème siècle au milieu du XXème aimé notre île dont ils ont voulu fixer sur la toile les lumières. 

Entrée du hameau de Sauzelle. (Gaston Boucart - 1910)

Entrée du hameau de Sauzelle. (Gaston Boucart - 1910)

    Si Oléron n'a pas en ce domaine les lettres de noblesse de la Normandie ou de la Provence, toutes deux immortalisées par les plus grands peintres, c'est qu'elle n'était pas à la mode et n'avait pas aux yeux des parisiens les qualités des régions susnommées (proximité de Paris pour l'une, charme dépaysant de la Méditerranée pour l'autre).

Sur la plage de La Cotinière. Louis Lessieux (1919)

Sur la plage de La Cotinière. Louis Lessieux (1919)

    L'île a néanmoins inspiré des artistes, comme elle continue de le faire aujourd'hui, et la richesse de l'exposition en est une preuve éclatante.

Port de La Cotinière vu des tamarins. (Louis Lessieux -1920)

Port de La Cotinière vu des tamarins. (Louis Lessieux -1920)

    Je n'ai pas voulu suivre le parcours proposé organisé par thèmes : Les ports, la côte, les moulins etc... mais j'ai sélectionné quelques unes des toiles qui m'ont particulièrement plu. Un choix subjectif bien sûr que je qualifierais d'amoureux. Je suis en effet amoureux d'Oléron et je pourrai chanter, un collier de langoustines autour des reins : "J'ai deux amours, Oléron et Montmartre..."

                                      Départ des pêcheurs du Château d'Oléron (1938)

 

    L'exposition s'ouvre avec une toile remarquable de Balande qui représente les pêcheurs quittant le port du Château. Le ciel tourmenté est de ceux que j'aime, comme j'aime ce paysage d'avant le pont, avec le fort Louvois et au loin le clocher de Marennes.

  Balande qui est un enfant de Charente (Saujon) s'est formé à Paris, notamment dans l'atelier de Cormon à Montmartre. Quand il habite près de La Rochelle il se noue d'amitié avec Marquet dont l'influence est sensible dans son travail.

Le Phare de Chassiron (Balande. 1950)

Le Phare de Chassiron (Balande. 1950)

   Une autre de ses toiles représente dans un style à la fois vigoureux et coloré le phare de Chassiron, le point extrême de l'île.

Anse et prieuré de La Perroche (Louis Alphonse Combe-Velluet 1880)

Anse et prieuré de La Perroche (Louis Alphonse Combe-Velluet 1880)

     Beau paysage qui traduit bien la lumière précise de l'île surnommée "la lumineuse". Si l'influence de Corot y est manifeste c'est qu'Alphonse Velluet le connut et sur ses conseils décida de se consacrer aux paysages. Un petit détail amusant sur le nom du peintre qui se transforma en Combe-Velluet, s'inspirant du nom de sa femme Lucie lacombe. Cette modification visait à figurer dans les premières lettres afin d'être exposé dans les salons dans les premières salles qui avaient l'habitude de classer les peintres par ordre alphabétique. 

Rue de village (Louis Suire - 1950)

Rue de village (Louis Suire - 1950)

    Plus moderne dans son épure la rue de village de Louis Suire va à l'essentiel par sa composition entre lumière sur les murs blancs et ombre. Deux oléronaises coiffées de leur quichenotte animent sans prendre la vedette cette scène ensoleillée.

Louis Suire (1899-1987) est un peintre charentais qui avait connu à Paris le fauve Albert Marquet. Il avait une maison dans l'île de Ré mais explora à plusieurs reprises Oléron, notamment pour illustrer le livre d'Yvan Delteil paru en 1935 : "L'île d'Oléron, la dernière escale de Pierre Loti".

Moulin des Anglais à La Brée-Les-Bains. (Mario Pinetti - vers 1950)

Moulin des Anglais à La Brée-Les-Bains. (Mario Pinetti - vers 1950)

                                            Sortie du chenal de Boyardville (Mario Pinetti)

    Loin des scènes ensoleillées dont on a l'habitude, Pinetti privilégie les ciels gris et les nuances vertes des chenaux.

Italien d'origine Pinetti (1895-1964) remporta de nombreux prix dont une médaille d'or au Salon des Artistes Français. Grand voyageur, c'est à Oléron qu'il choisit de se fixer avec sa famille et d'installer son chevet dans les marais dont il aimait les nuances de gris soudain pailletés de soleil.

Moulin de La Cotinière (Louis Lessieux 1920)

Moulin de La Cotinière (Louis Lessieux 1920)

    Les deux peintres oléronissimes sont le père et le fils Lessieux. Il y a souvent confusion entre les deux car l'un se prénomme Ernest Louis (1848-1925) et l'autre Louis Ernest (1874-1938)! Nous sommes allés à la rencontre de Louis Lessieux dans un article que nous lui avons consacré.

                                    Plage nord de La Cotinière (Louis Lessieux. 1921)

Après les deux tableaux du fils, voici deux tableaux du père

                            Rue du Colombier à La Cotinière (Ernest Lessieux 1910)

Ce dernier tableau je le préfère aux innombrables aquarelles qui donnent parfois dans le cliché!

Anse de Maumusson (Ernest Lessieux vers 1910)

Anse de Maumusson (Ernest Lessieux vers 1910)

Vers le pertuis de Maumuson (Jean-Baptiste Castaignet - 1910)

Vers le pertuis de Maumuson (Jean-Baptiste Castaignet - 1910)

     Peu de tableaux de tempêtes ou d'océan dans cette exposition. Parfois comme ici le jeu de la lumière sur l'eau qui ressemble à une rivière dans le pertuis. Tous les amoureux des rivages aiment ces moments où le soleil dessine à la surface de la mer ces grands chemins qui brillent comme des miroirs.

                       Anse de Saint-Trojan vue de Marennes (Castaignet - 1919)

Jean-Baptiste Castaignet (1852-1934) est clerc de notaire à Bordeaux et peintre une fois hors de son étude. Il aime les contrastes et les teintes sombres à la Courbet.

Bien que l'île d'aujourd'hui se prêtât aux représentations naîves avec ses petites maisons, ses cabanes de couleurs, ses bateaux bariolés et ses roses trémières, nous trouvons peu de représentants de cette école, comme celui, resté anonyme de cette rue de Saint-Pierre :

 

Ou comme cette vue de la plage du Château due à Willy, peintre sur lequel je n'ai rien trouvé. 

Paysages d'Oléron par les peintres de la première moitié du XXème siècle. Exposition du musée de l'île d'Oléron.

Peut-être est-ce lui qui représenta ces navires de pêche sur l'océan à St Jean de Monts.

 

    Toujours dans cette sensibilité nous découvrons une belle toile de Camille Laroche peinte en 1910 au nord de l'île. La plupart des oeuvres représentées sont peintes au sud de l'île, si on excepte Chassiron et Saint-Pierre, partie plus touristique et plus proche....

                                             Place de l'église à Saint-Denis

      Parmi les toiles qui m'ont intéressé figurent celles d'Yvon Massé :

Plage du port du Château ('Massé - 1944)

Quai et cabanes du port de St-Trojan (Yvon Massé - 1942)

Quai et cabanes du port de St-Trojan (Yvon Massé - 1942)

    Les paysages sont peints avec légèreté et en ce qui concerne le quai de St-Trojan quelque chose de naïf là encore. Notons que le quai n'a pas beaucoup changé même si quelques cabanes se sont métamorphosées en restaurants (dont le très bobo "Poissons Rouges) et en galeries d'art. 

Le port aujourd'hui

Le port aujourd'hui

    On retrouve le quai aux cabanes de Saint-Trojan dans la toile d'Ernest chevalier. Le port modeste aux cabanes de planches a plu aux peintres, comme il plaît aujourd'hui aux photographes amateurs dont je suis.

                  Ernest Chevalier. Port et cabanes de Saint-Trojan (1900)

Ernest Chevalier (1862-1917) est un artiste très lié aux peintres de son temps, que ce soit Puvis de Chavannes ou, à Montmartre, Toulouse Lautrec et Satie.

Café l'Océan à Saint-Georges (Auguste Heiligenstein -1930)

Café l'Océan à Saint-Georges (Auguste Heiligenstein -1930)

  Une toile nocturne et onirique d'Auguste Heiligenstein (1891-1976) qui vient de Saint-Denis, non pas celui d'Oléron mais celui de la Seine-Saint-Denis! Il est céramiste, émailleur, maître vitrier et peintre. 

Sortie du port de Saint-Trojan (P. Bonnin, 1884)

Sortie du port de Saint-Trojan (P. Bonnin, 1884)

    Deux toiles me paraissent fort belles, signées de P. Bonnin sur qui je n'ai rien trouvé et dont l'exposition ne nous dit pas un mot.

Port de Saint-Trojan (P. Bonnin - 1884)

Port de Saint-Trojan (P. Bonnin - 1884)

    Je voudrais terminer par une aquarelle sans grand intérêt sinon celui de nous montrer deux moulins dans la ville du Château :

           Le moulin de la quille de chien, au Château. (François Desnoyers - 1920)

Desnoyers (1894-1972) fut élève de Bourdelle avant de découvrir à Paris le fauvisme dont il sera un représentant.

     L'intérêt de cette aquarelle est de nous montrer deux moulins parmi les nombreux moulins que comptait l'île (une parenté avec ma butte favorite). Celui qui est au 2ème plan a été sacrifié aux appétits des promoteurs, le second qui faillit être détruit a été sauvé ainsi que la maison du meunier. Il est aujourd'hui au milieu d'un  parking de supermarché!

 

Je préfère terminer sur ce paysage incertain, animé par les pêcheuses à pied coiffées de leur quichenotte qui accrochent la lumière.

                              Départ de pêche à pied au Château d'Oléron (1914)

     Un coup de chapeau aux organisateurs de l'exposition qui propose des fiches sur la plupart des peintres exposés et qui a sélectionné des œuvres de grand intérêt, déclarations d'amour à cette île changeante, miroitante, entre vents et marées. Une île qui supporte mal le pont qui l'enchaîne et semble ruer les jours de tempête pour se libérer et prendre le large!

                                   Plage de Vert-Bois (Ernest Lessieux. 1910)

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Publié le par chriswac
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Album photo juin 2023 Montmartre jour après jour

Glaces oecuméniques !

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Narcisse et son double

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Les trois grâces

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6 juin. Le sourire jaune.

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7 juin. Toujours rue des Saules, le violoniste qui séduit par son talent et sa beauté les touristes....

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8 juin. Une bénédictine montant vers le ciel, enfin vers le Sacré-Coeur!

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9 juin. La dernière valse. Square Nadar.

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10 juin. pèlerinage pour la Fête-Dieu.

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11 juin. Avant l'orage.

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12 juin. Un poulbot dans le bassin des Tritons.

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13 juin. La Butte estivale!

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14 juin. On rencontre toute sorte de touristes, rue de Steinkerque.

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15 juin. L'eau bienfaisante des fontaines Wallace.

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16 juin. Mené par le bout de la truffe. (Square Nadar)

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17 juin. La "star" de la place du Calvaire.

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18 juin. Danse avec le Triton.

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19 juin. S'abreuver à la source?

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20 juin. spider children!

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21 juin. Un âne à Montmartre! Rue Paul Féval.

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22 juin. Les chiens ont soif!

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23 juin. La robe-journal. Rue du Calvaire.

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24 juin. Mon pote! (Square Nadar).

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25 juin. Un peu d'air! (rue Yvonne le Tac).

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26 juin. La main d'or. (Place Marcel Aymé)

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27 juin. Café rue Gabrielle.

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28 juin. Les mains de l'amour. Square Nadar.

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29 juin. Bouddhistes joyeux. (rue Azaïs)

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30 juin. Dernier baiser du mois, place du Calvaire.

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Et voilà! Juin s'en est allé avec ses jours brûlants, ses averses diluviennes. Annonciateur du nouveau climat sur notre petite planète, il laisse à Montmartre des pelouses desséchées et des arbres qui déjà prennent des couleurs d'automne.

Je pense à Apollinaire, mon pote, mon poète :

Juin ton soleil ardente lyre
Brûle mes doigts endoloris
Triste et mélodieux délire
J'erre à travers mon beau Paris
Sans avoir le cœur d'y mourir

 

 

 

 

 

 

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