1er mai. On commence le mois par un baiser! En mai fais ce qu'il te plaît!
2 mai. le side car et la 2 CV sont devenus des symboles montmartrois! Pourquoi?
3 mai. Les rues en étages (Joseph de Maistre)
4 mai. Jour de pluie à Montmartre!
5 mai. Avant la descente de la mort sous la pluie
6 MAI. boîte à l'être passage des Abbesses.
7 MAI. Quant le peintre prend les couleurs de ses dessins.
8 mai. Rue Antoine. Ce qui fut un relais de chasse, puis un hôtel particulier des Rochechouart et enfin la demeure de la Brinvilliers. Un endroit que peu de Montmartrois connaissent, à l'ombre de Saint Jean des briques.
9 mai. Enterrement de vie de jeune fille, place Pigalle.
10 MAI. Fresque de la crêperie rue Antoine/Véron.
11 mai. Rue des Abbesses.
12 MAI. peinture du décor du commerce qui va ouvrir rue Norvins. Encore des macarons et les plus chers, ceux de Ladurée!
13 MAI. Sortie du récit terrible des derniers jours de Samuel Paty.
14 mai. Adoration (Sacré-Coeur)
15 mai. Balade amoureuse à l'abri de la basilique.
16 MAI. Le joli mai ou les giboulées de mars?
17 mai. Notre pain quotidien partagé. (Boulevard Marguerite de Rochechouart)
18 mai. La leçon près du Bateau Lavoir.
19 mai. La noce a perdu la tête rue Belhomme.
20 mai. Visite chez Dalida qui est partie en voyage.
21 MAI Dalida aurait pu prendre ce modèle de voiture dans sa rue d'Orchampt
22 mai. Il lit "La libération des intelligences" de Mamadou Ndiaye. En 4ème de couverture l'auteur nous dit qu'il veut déconstruire des notions telles que civilisation, justice, démocratie.... Je ne sais pas si je le lirai car je n'ai pas trop envie de déconstruire la démocratie!
23 mai. Le bétail recherche l'ombre!
24 mai. Notre Dame des Artistes patronne de Montmartre. Un endroit de fraîcheur quand il fait 36 dehors!
25 MAI. La croix verte avant la croix rouge? (rue d'Orsel)
26 mai. Il scrolle, elle lit Les Royaumes Sauvages Square d'Anvers-Eugène Carrière
27 MAI. Ensauvagement du square d'Anvers qui n'en finit pas d'essayer de se réinventer depuis le saccage des années 1970 et l'arrachage des marronniers et des platanes séculaires.
28 mai. La démesure des décorations florale artificielle! Un vrai Paris en vrai kitch!
30 mai. Futures stars pour le festival de Cannes (Square Louise Michel)
31 mai. Pour le dernier jour du mois et dernier jour d'une canicule intense, la brocante a envahi le quartier Saint Pierre et le boulevard Marguerite de Rochechouart.
Et maintenant c'est juin et son "ardente lyre". Espérons qu'elle sera, moins enflammée que celle de mai!
2 avril. Eclats de printemps (rue Utrillo, square Louise Michel, allée des Brouillards, square Suzanne Buisson). Avril est tel qu'Apollinaire le décrit : "Le printemps clair, l'avril léger".
3 avril. Chemin de croix dans le square Louise Buisson par un jour glacé. Retour en hiver pour ce vendredi Saint.
4 avril. Une pause pas tout à fait naturelle!
5 avril. Ours blanc et Moulin Rouge. Des baudruches gonflées par l'air du métro pour alerter sur la disparition des espèces menacées par le dérèglement climatique.
6 avril. Danseur noir aux Abbesses. Entre souffrance et joie, une danse qui dit l'urgence de vivre.
7 avril. Le début de l'enchantement des glycines. (Rues de l'Abreuvoir et Norvins).
8 avril la glycine de la rue de la Mire
9 avril. La catastrophe de la mode des fleurs artificielles sur la place du Tertre. Un lieu devenu parc d'attraction bas de gamme. Quelle tristesse!
10 avril square Suzanne Buisson. Le printemps pour tout le monde!
11 avril. L'accordéon et le Triton
12 avril. Un nouveau petit train couleur pompiers (rue André Del Sarte)
13 avril. La violoniste solitaire. (Rue Chevalier de La Barre). Elle m'a dit son nom Eglantine Chatton (avec 2 T). Tout un poème!
14 avril. L'homme-statue balayeur se débarrasse de sa teinture dans le square Nadar. Couleur de plomb il se fige devant les touristes.
14 avril. La meilleure place pour bébé! (Square Nadar).
15 avril. Le chien fait salon. (Rue d'Orsel)
16 avril. Devant le passage Cottin.
16 AVRIL. Montmartre est bleu comme une orange. (Rue Ronsard)
17 avril. Auprès de mon arbre, nous vivions heureux.
18 AVRIL. Je suis comme je suis. (Rue Lamarck)
19 avril. Je vole! (rue de l'Armée d'Orient)
20 avril. Quand un toutou rencontre un autre toutou! (Square Nadar)
21 avril. Acteurs et spectateurs à la sortie du théâtre Galabru. (Rue de l'Armée d'Orient)
22 avril. L'homme au soleil et la femme à l'ombre (rue d'Orsel)
23 avril. La halte.
24 AVRIL. Janus enfant. (Rue Norvins)
25 avril. Débarquement des bérets rouges à Montmartre.
26 avril rue Audran. La cabine indiscrète.
27 avril. Allo, allo tu m'entends?
28 AVRIL. Nadar, square de la Tendresse.
29 avril. Gregos impoli passage des Abbesses
30 avril. Un baiser pour terminer ce mois d'un printemps qui va si bien à la Butte
Montmartre a gardé dans certaines de ses rues un aspect villageois avec cours et jardins qui fleurissent au printemps.
La glycine qui est une liane vigoureuse aime s'enrouler autour des grilles. C'est en avril qu'elle se couvre de grappes, mauves le plus souvent, pluie de fleurs légères, mouvantes, riches de parfum, aussi fluides que leur liane est rude et vigoureuse.
Sur les grilles de la Folie Sandrin, elle aime son exposition plein soleil. Elle accueille les touristes en cet endroit mythique du vieux village. Elle n'existait peut-être pas quand Nerval y séjourna mais sans aucun doute elle connut Jean Marais.
Elle plut très vite aux peintres qui la découvrirent après qu'elle se fut implantée en France, à la fin du XVIIème siècle, à Versailles où Le Nôtre reçut de missionnaires venus de Chine ses précieuses graines...
Sur la place du Calvaire, la glycine centenaire qui recouvrait la terrasse de Plumeau a provoqué une petite révolution lorsqu'elle a été sacrifiée par les jardiniers de la ville. Il paraît qu'elle se portait mal malgré la splendeur de sa floraison.
Elle a donc été tronçonnée sauvagement et du ciment a été coulé sur ses racines sans même qu'en ait été averti le propriétaire du restaurant. La mairie devant l'émeute provoquée par cet acte sacrilège en a planté une nouvelle. Cette année elle a commencé à fleurir mais elle devra attendre longtemps avant d'égaler la splendeur de son ancêtre.
La nouvelle glycine chez Plumeau
Par chance sa voisine n'a pas été inquiétée. Elle se mêle au lierre et recouvre la façade entière de la maison qu'elle a colonisée!
Les fleurs blanches et les fleurs mauves rivalisent en haut de la rue Lepic, là où a été aménagée la place Jean Baptiste Clément et où s'élevait la fameuse Tour Montmartre dont il ne reste presque plus de souvenir sinon une ou deux photos.
La rue-escalier est bordée de murs et de jardins dont un des côtés fait pleuvoir sur les touristes fatigués de gravir tant de marches ses pétales couleur pastel.
le fils de Suzanne Valadon n'a jamais peint les glycines de cette rue (jadis Muller), en haut de laquelle il plantait parfois son chevalet, pour la bonne raison que comme nous le montrent les photos prises par François Gabriel pendant des dizaines d'années, elle n'existait pas.
Après avoir fouiné longtemps je n'ai trouvé chez Utrillo que cette peinture hâtive où figure peut-être une glycine qui n'ajoutera rien à sa gloire!
Ce jardin que les Montmartrois continuent d'appeler "La Turlure" du nom du moulin qui y était établi, possède quelques glycines somptueuses dont celles qui couvrent les colonnades.
La vieille rue chantée par Bruant est en partie occupée par les vignes et le jardin sauvage. Côté Lapin Agile, elle a échappé à la construction de hauts immeubles gris semblables à ceux qui ont saccagé la rue Norvins pourtant proche du cœur de Montmartre. Des maisons cossues s'y sont élevées, d'un charme tout provincial. La glycine en a profité pour y accrocher une touche nostalgique.
Une des rues les plus photographiées de la Butte. Les plus peintes aussi. Le printemps lui va bien et sa glycine s'étend sur plusieurs maisons...
C'est avec elle que nous descendrons vers l'allée des Brouillards, bien décidé à revenir le printemps prochain pour rendre visite à toutes les belles que nous avons négligées en cet avril 2025.
La voie fut créée en 189I sous le nom de Passage Lamarck.
(ancien tracé de la rue qui tournait en équerre à gauche )
Elle partait de la rue du Mont Cenis et rejoignait la rue Caulaincourt par un tracé en équerre.
En 1933, le Passage Lamarck est prolongé jusqu'à la rue des Saules et elle est appelée rue Paul Féval.
La partie en équerre prend alors son indépendance sous le nom de rue de l'Abbé Patureau et rejoint par plusieurs escaliers la rue Caulaincourt
Toute cette transformation de la Butte se fait sur les vieilles maison du village et sur une partie du Maquis et des terrains plus ou moins vagues.
L'écrivain Paul Féval (1816-1887), alors populaire et bien vu par les autorités religieuses, auteur de 70 romans, 70 nouvelles, 30 pièces de théâtre fut choisi pour la nommer.
Son abondante production est tombée dans l'oubli, exception faite de son roman Le Bossu (1857) maintes fois porté à l'écran. Parmi les plus célèbres acteurs incarnant Lagardère : Pierre Blanchar, Jean Marais, Daniel Auteuil.
Certains sites font de Paul Féval un habitant du XVIIIème, rue Marcadet. Je n'en ai trouvé aucune confirmation.
Gil qui a mis un lapin sur le cabaret voisin de la rue le caricature en chouan sur un fond de gibets, de conspirations et de sombres machinations. Il est vrai que Féval a écrit la plus célèbre chanson royaliste "Monsieur de Charrette" à la gloire du général de l'Armée Catholique pendant la guerre de Vendée.
Prends ton fusil Grégoire Prends ta gourde pour boire Prends ta vierge d'ivoire Nos messieurs sont partis Pour délivrer Paris
Commençons la visite de la rue par le commencement rue du Mont Cenis, à hauteur d'une école construite à l'emplacement de celle dont Louise Michel fut directrice.
Un escalier fait l'ascension jusqu'à l'église St Pierre, bordé de gros immeubles tous construits dans les années 1920-30 qui ont détruit la maison de Berlioz, celle dite de Mimi Pinson et les anciens jardins.
Le 1
Nous commençons notre visite de la rue Paul Féval par les numéros impairs. le 1 est un immeuble qui donne sur trois rues, les escaliers de la rue du Mont Cenis, la rue St Vincent à l'arrière.
Le 3
Le 5
Le 7
Pas de célébrités à mentionner avant d'arriver au 9. Je devrais écrire AUX 9 car ils sont trois! Le troisième ayant abrité pendant des années une des gloires montmartroises Marcel Aymé.
Le 9
Les 9 bis et ter
Le 9ter
Le 9 ter mérite une plaque qu'il recevra peut-être malgré la controverse sur l'attitude de Marcel Aymé pendant l'Occupation. Il aurait fait jouer une pièce "Et Vogue la Galère" dont l'idéologie aurait été proche de celle de la Collaboration. Je ne l'ai pas lue mais ce que je sais c'est qu'il fut violemment hostile aux lois de Vichy. Jeanson en témoigne :
« L'apparition de l'étoile jaune souleva la colère des Parisiens et ils surent la manifester, cette colère, à leur risques et périls. Je me souviens très bien que Marcel Aymé le silencieux, que Marcel Aymé dont l'impassibilité n'était qu'apparente, écrivit alors sous le coup d'une émotion qu'il ne put ni ne voulut maîtriser, un article d'une violence inouïe contre les responsables de ces mesures ignobles et humiliantes qui nous atteignaient tous. Cet article, il le proposa en toute innocence à un journal. L'article fut accepté, composé et soumis à l'obligatoire censure allemande qui, comme prévu, en interdit la publication. À l'imprimerie, les typos en tirèrent alors de nombreuses épreuves à la brosse et se firent un devoir de les distribuer autour d'eux avec prière de faire circuler. »
Marcel Aymé y habitait, au 5ème étage avec vue directe sur le vieux Montmartre..
Et puis de grosses maisons furent construites sur la rue St Vincent, là où donnaient les fenêtre de l'écrivain.
L'une d'elles servira de logement à des officiers de la Kommandantur.
Et comme sa voisine, haute de plusieurs étages, elle confisqua la vue qu'avait Marcel Aymé sur le vieux Montmartre (on peut voir son immeuble derrière les maisons).
Il décida donc de prendre ses valises et de s'installer dans un gros immeuble du même style rue Norvins, sur une place qui aujourd'hui porte son nom.
Jean Marais y a sculpté Dutilleul, le fameux Passe muraille auquel il donna les traits de l'écrivain.
Dans le même immeuble vit Boris Bergman, poète, musicien, parolier de génie qui collabora avec Bashung venu de la Goutte d'Or. Ce créateur aux dons multiples, théâtre, musique, poésie lança la carrière de Bashung avec notamment "Gaby,Gaby" et "Vertige de l'Amour". Bien qu'habitant un immeuble bourgeois il est à sa place à quelques pas du Lapin à, Gill dans ce Montmartre qui fut épicentre de l'audace culturelle.
Un mystère nous attend après le 9ter. L'immeuble suivant est le 15! Les 11 et 13 ont disparu! Mon hypothèse est qu'avant le brutal lotissement des années trente, il y avait là de petits immeubles villageois. Le 13 notamment aurait abrité un peintre célèbre, Charles Picart le Doux (1881_1959).
Il vécut à Montmartre au début du XXème siècle et fréquenta assidument le Lapin à Gill voisin. Il aurait donc trouvé un atelier à proximité. Il aima Montmartre et participa à de nombreux canulars. Il fit notamment partie de l'UMBM l'Union Maritime de la Butte Montmartre dont le siège était à l'hôtel du Tertre. Après la Ière guerre, il alla vivre de l'autre côté de la Seine et poursuivit une carrière brillante. Ainsi décora t-il des salons du Normandie et des murs du lycée Hélène Boucher.
Il reste encore deux immeubles côté impair :
Le 17
Le 19
Et nous arrivons au bout de la rue qui s'étrangle et passe de 12 mètres de largeur à 4 mètres! Passage étroit qui débouche sur la rue des Saules et le mur du cimetière St Vincent
Et maintenant retournons sur nos pas, côté pair! Nouvelle surprise! alors qu'il y a des immeubles jusqu'à l'autre bout de la rue, nous ne trouvons que trois numéros pairs!
Le premier immeuble a son adresse rue du Mont Cenis au 28 et il donne en grande partie sur la rue Féval, avant le 16 qui lui a bien son entrée sur la rue. C'est un gros immeuble post art déco, très apprécié des riches investisseurs pour leur modernité, grandes fenêtres, ascenseur, électricité... Le même architecte a conçu cet ensemble qui continue sur la première rue que nous rencontrons, la rue Gaston Couté.
La rue Gaston Couté avec les mêmes immeubles.
L'architecte qui a signé son œuvre en 1925 est Jean Boucher (1879-1935) à qui l'on doit une vingtaine d'immeubles d'envergure dans Paris, dans ce style difficile à définir qui tente de faire de faire cohabiter sans trop de heurts, Haussmann, l'Art Nouveau et l'Art Déco, mais qui en retient surtout l'aspect cossu et imposant, oubliant la fantaisie et l'innovation.
Le 16 est précédé, selon une logique propre à cette rue, par le 10. En effet les immeubles sur la rue Couté continuent de posséder une façade mais non pas une adresse sur Paul Féval.
Le 10
La rue Patureau qui faisait à l'origine partie de cette voie est maintenant indépendante. Elle aussi voit ses immeubles posséder une façade sur Féval mais pas d'adresse. J'ai du mal à comprendre cette numérotation surréaliste! Le brave abbé Patureau, curé de Saint Pierre et sauveur du vieil édifice, en perdrait son latin.
La rue Patureau
Enfin le dernier numéro pair sera le 4
Qui ne sera pas précédé du 2! Mais d'une partie de l'immeuble qui donne 39 rue du Mont Cenis!
Et voilà une rue très fantaisiste par sa numérotation, un peu par son histoire et pas du tout par son architecture.
Elle est à l'image de ce que devient Montmartre dans le deuxième quart du XXème siècle. Un quartier de bourgeois que l'on n'appelle pas encore bohème bien qu'ils aient pris la place des artistes sans le sou et des simples gens qui habitaient là quand le Lapin Agile faisait le plein et que les petites maisons villageoises se délabraient lentement en attendant les démolisseurs et les promoteurs.
C'est une rue dont le nom et l'emplacement sont peu connus des Montmartrois, surtout de ceux qui tracent des frontières autour d'un Montmartre qui se limiterait à quelques rues du vieux village. Ils oublient que l'ancienne commune était très étendue et que le village allait au-delà de Barbès au sud est.
Rue Boissieu vers la rue Belhomme
C'est dans le périmètre à la limite des boulevards Marguerite de Rochechouart et Barbès que se situe notre rue Boissieu.
Créée en 1868, elle est modeste avec ses 41 mètres de long et ses 12 mètres de large. Modeste comme celle qui lui est parallèle vers le sud, la rue Bervic.
Elle commence au 3 boulevard Barbès et se termine après son court chemin, 8 rue Belhomme.
Elle est baptisée du nom d'un peintre et graveur lyonnais qui fut en son temps célèbre : Jean-Jacques Boissieu (1736-1810).
(Autoportrait avec la gravure de sa femme)
Il fut même appelé "le Rembrandt français" et Goethe qui l'admirait acquit plusieurs de ses œuvres.
Le bouillon
Son talent se révéla principalement dans les eaux fortes car il devint peu après la quarantaine allergique à la peinture à l'huile, ce qui, admettons le, est fort ennuyeux lorsque l'on est peintre!
(Le bouquet de fête)
Ses toiles cependant révèlent son admiration pour la peinture flamande et pour les intérieurs domestiques. Sur cette toile l'agneau est émouvant, d'autant plus que l'on devine qu'il est là pour servir de repas à la fête.
La rue modeste ne peut dire son histoire et pourtant elle aurait quelques souvenirs à raconter !
Sur cette photo on peut voir les trois rues, Boissieu (dte), Bervic (gauche) et Belhomme (arrière plan), là où se tenait la place.
Avant d'être cette rue ignorée elle fit partie d'une place vivante sur les terrains qui englobaient ses futures voisines les rues Bervic et Belhomme.
Bervic (1756-1822) était un graveur de renom à qui l'on doit une gravure qui figurait souvent dans nos livres d'histoire, celle de Louis XVI.
Belhomme n'a pour titre de gloire que d'avoir été le propriétaire des terrains où se situait la place. Il est raconté, chez wikipédia notamment, qu'il a été maire de Montmartre.
Il faut toujours vérifier les informations wikipédiesques!
On ne trouve nulle part la moindre trace d'un Belhomme à la mairie, sinon dans une lettre de novembre 1831 dans laquelle Jean Louis Véron, le véritable maire, lui demande de passer récupérer un brevet pour une décoration. Belhomme avait été, en effet, récompensé par une médaille pour sa participation aux Trois Glorieuses, ces journées révolutionnaires qui inspirèrent à Delacroix sa célèbre "Liberté guidant le peuple".
Il y avait un cabaret très fréquenté sur la place Belhomme, à l'emplacement de la rue Boissieu actuelle.
Comme tous les cabarets de Montmartre, il bénéficiait de sa proximité de Paris, avant la barrière de l'octroi. Ce qui l'exonérait des taxes qui frappaient les marchandises et notamment le vin qui entraient dans la capitale.
Il fut un lieu de ralliement pour ceux qui, dès 1840, fomentaient une révolution et préparaient déjà la liste des ministres nouveaux.
Ce qui est savoureux, c'est que le patron était lié aux services de police qu'il renseignait avec diligence grâce à l'agent secret du préfet Delessert, Lucien De La Hodde qui avait gagné la confiance des conspirateurs.
Les arrestations ne tardèrent pas et le cabaret fut fermé pour deux ans.
Notons qu'un des conspirateurs, Marc Caussidière, se retrouvera sur les barricades de 48, ainsi qu'Alexandre Albert Martin, dit "l'ouvrier Albert. Tous deux feront partie du gouvernement provisoire.
Caricature de Caussidière par Cham
C'est Marc Caussidière qui démasquera et dénoncera l'agent secret Lucien de la Hodde. Comble d'ironie le même Caussidière sera nommé Préfet de police par Ledru Rollin!
Alexandre Martin dit l'Ouvrier Albert
Le cabaret après sa fermeture provisoire rouvrira avec pour tenancier Bastié qui s'était illustré en 1848. Pendant la Commune, les gardes nationaux le fréquentent et en font un de leur cabaret favori.
Mais la Commune durera moins longtemps que le Temps des Cerises et ni le cabaret ni Bastié ne lui survivront.
Il ne reste rien de ce lieu qui aurait été digne d'inspirer Balzac!
La rue Boissieu est aujourd'hui bien calme malgré la proximité de Barbès toujours nerveux.
Pourtant, sans le savoir, la brasserie Barbès perpétue à sa manière, le souvenir du cabaret Belhomme. Peut-être (qui sait?) des conspirateurs s'y réunissent ils pour préparer la future révolution?
Depuis elle a accueilli plusieurs artistes et s'est habituée à son image si particulière de rue originale, vivante et accueillante. Une rue si montmartroise que je ne peux m'empêcher de l'emprunter chaque fois que je fais l'ascension de la Butte par la rue des Trois Frères et la rue Berthe.
Elle est une des plus courtes rues de Montmartre!
Une quarantaine de mètres entre la rue des Trois Frères et la rue Berthe et huit mètres de large...
Elle s'appelait rue de l'Arcade lorsqu'elle fut ouverte en 1840 sur le territoire de l'ancienne commune et descendait jusqu'aux Abbesses..
En 1864, elle reçut son nom en hommage au graveur et architecte Jacques Androuet du Cerceau (1515-1585) connu surtout pour ses dessins et ses illustrations. Une certaine confusion règne quant à ses réalisations car un Androuet peut en cacher un autre! Jacques fut père de deux architectes, Baptiste et Jean et grand-père de deux autres, Jacques II Androuet et Salomon de Brosse!
Au n°1 nous trouvons une des épiceries les plus célèbres de Montmartre depuis que Jamel Debbouze y a été employé et qu'Amélie Poulain venait y acheter des fruits. Encore aujourd'hui, bien que le film date de 2001, de nombreux touristes, surtout japonais viennent y faire des selfies.
Le 2 qui était occupé par une galerie d'Art, "Studio Paris" (qui exposa Jacques Servoz) accueille maintenant une boulangerie pâtisserie, bienvenue dans ce village qui n'en avait plus depuis la fermeture de celle de la rue Norvins, remplacée par un bazar de souvenirs montmartrois authentiquement made in China.
Ancienne boulangerie du vieux village
Elle fait partie d'un concept urbain "Alley" qui choisit d'aménager un espace en y invitant des activités gourmandes et artistiques sans les dissocier. Une boutique peut vous proposer des galettes en même temps que des sculptures, des toiles, tout en donnant leur place vivante aux plantes, fleurs et arbres.
C'est ce qui donne à cette rue cet aspect si original et si joyeux.
Mitoyenne de la boulangerie, une galerie d'art expose des dessins et des toiles bien à leur place dans ce quartier qui fut aimé des peintres.
C'est Diane Rosaz et son univers de couleurs et de poésie qui y accueille d'autres peintres au gré des expositions.
Du passage de celui là il reste dans la rue une façade bleue qui malheureusement commence à se dégrader.
5 rue Androuet
Bric à Brac Rose Chevalier, 6 rue Androuet.
Le 6 porte toujours le nom de Bric à Brac, Rose Chevalier. Il met les chats à l'honneur sur sa façade.
La Cantine de Sam est un des trop rares restaurants végétariens de la Butte. Les carnivores devraient l'essayer afin de se convertir grâce à la shakshouka ou aux succulents rouleaux d'aubergines.
Le 9 rue Androuet.
Barkers and Brothers, La dernière adresse côté pair est un endroit unique où les chiens sont les rois.
Comme l'indique le slogan peint sur les vitres : DOG GOODS FOR GOOD DOGS!
Les chiens s'y font gâter par leurs maîtres après être allés jouer dans le parc canin du square Nadar.
Ils trouveront tous les cadeaux que voudront leur offrir leurs maîtres pour se faire plaisir! Les chiens n'ont besoin que de tendresse et par amour acceptent de porter les petites tenues ridicules qui leur sont offertes.
Une salle de toilettage permet à leur maître de les bichonner avec à disposition shampoing, lotion, brosses, serviettes, séchoirs, coupe griffes.
Enfin quand il fait beau, sur la terrasse les humains sirotent leur café, chocolat ou thé tandis que leur chien dégustera en trois coups de langue, la boisson créée pour lui, le célèbre "puppucino".
Du côté impair dont les murs aiment recevoir les créations des peintres exposés dans la galerie, se trouve le siège de "Montmartre Addict" qui depuis une quinzaine d'années se consacre à la vie de la Butte, donnant des informations et promouvant les commerces.
Evidemment nous préférerions une enseigne en français comme "Fous de Montmartre" ou "Passion Montmartre" mais il est vrai que le mot anglais est employé aujourd'hui en français pour désigner une personne esclave de la drogue. Et il est vrai que nous sommes nombreux à être addicts à Montmartre, avec ou sans la neige!
Le 7, dernier immeuble de la rue avant la rue Berthe est le seul immeuble (à ma connaissance) qui ait abrité une personnalité montmartroise. Et non des moindres !
Jean-Baptiste Clément, auteur comme chacun sait ,de l'immortel "Temps des Cerises" et de la poignante "Semaine Sanglante.
Une place voisine porte son nom.
Et voilà une rapide visite de cette courte rue qui est pourtant si riche en couleurs et en fantaisie. Il s'y passe toujours quelque chose en fonction des artistes invité à s'y exprimer. En ce sens elle est aujourd'hui une des rues les plus montmartroises, plus que la Place du Tertre défigurée par les hangars des bistrotiers.
Je republie cet été quelques articles qui datent de plusieurs années. En privilégiant cette année la rue de l'abreuvoir.
Le 14 rue de l'abreuvoir. Maison Georges.
La rue de l'abreuvoir, une des plus pittoresques de Montmartre, n'a pas échappé aux destructions du XXème siècle et aux transformations du vieux village en quartier résidentiel et touristique.
Une adresse a résisté un peu plus longtemps que les autres (si l'on excepte la Maison Rose, sauvée par les peintres qui l'ont souvent représentée), c'est le 14, la Maison Georges.
Ce fut jusqu'au début du XXème siècle, une épicerie de village, spécialisée comme de nombreuses épiceries d'alors dans la vente de vin. L'enseigne et le panneau peint sur le mur pignon ont subsisté après la vente de son commerce par monsieur Georges.
Vente qui eut lieu en 1924 lorsque les époux Baillot s'en firent acquéreurs. Henri Baillot, ancien combattant de la première guerre, le transforma en bar-restaurant : "l'Abreuvoir".
Un nom bien choisi! L'abreuvoir qui a donné son nom à la rue était utilisé par les paysans pour y faire boire leurs bêtes, le bar dut étancher d'autres soifs!
Pendant l'occupation, les Baillot qui ont vu les bars du bas-Montmartre spoliés de leur comptoir de zinc par l'occupant nazi, s'empressent de dissimuler le leur en le murant derrière une paroi de plâtre.
Le comptoir échappe à la fonte et réapparaît à la Libération, nimbé de son aura de résistant.
C'est lui que nous voyons aujourd'hui au musée de Montmartre!
Le couple Baillot accueillait dans son restaurant le 2ème mardi de chaque mois le dîner du Dernier Carré de Montmartre, des amoureux de la Butte qui essayaient de lutter contre le vandalisme architectural des années d'après-guerre.
La belle cabaretière (Marcel-François Leprin. 1924)
En 1957 le restaurant ferma ses portes et fut transformé en maison d'habitation. Louis Baillot, le fils des restaurateurs qui y avait vu le jour en 1924 y habita et c'est lui qui offrit le fameux comptoir au musée de Montmartre.
Louis Baillot faisait partie de la Société du Vieux Montmartre et se sentait Montmartrois d'âme et de cœur.
L'essentiel de son engagement, résistance, lutte contre la politique coloniale, députation… l'inscrit dans la tradition humaniste et généreuse de la Butte.
Le 14 rue de l'Abreuvoir est bien différent aujourd'hui mais son vieux comptoir de zinc, nostalgique, nous parle encore, à deux cents mètres de là, d'un temps "que les moins de 80 ans ne peuvent pas connaître!"
Rue du Chevalier de La Barre avant l'escalier qui descend vers la rue Lamarck, le passage Cottin et la rue Paul Albert.
Bernard Lamotte né à Paris en 1903 et mort à New York en 1983 est un peintre de talent qui a laissé quelques témoignages du Montmartre des années d'avant la 1ère guerre. J'avoue avoir longtemps ignoré son existence.
Il reste dans la tradition des nombreux peintres de Montmartre qui ont porté leur regard sur la fée verte qui permettait de s'évader du quotidien.
Picasso (1901)
L'atelier de Suzanne Valadon rue Cortot.
C'est en découvrant sa toile sur l'atelier de Suzanne Valadon que j'ai fait sa connaissance et que j'ai eu envie de le connaître mieux car sa représentation du lieu m'a paru la meilleure parmi les quelques unes qui existent. De style vigoureux et coloré à la manière des Fauves, elle est un hommage à Valadon.
La rue Saint Eleuthère est émouvante pour tous les amoureux de Montmartre. L'Hôtel du Tertre qui joua un grand rôle dans l'histoire artistique de la Butte, est encore debout! Nous sommes donc avant sa vente en 1930 et la construction de l'immeuble actuel en 1938, immeuble qui nuit à l'harmonie de la place du Tertre.
La rue Saint Vincent avant la rue des Saules et les vignes. Faut-il y voir avec les enfants du 1er plan un clin d'œil à Poulbot? Et l'immeuble rose prophétise t-il la métamorphose de la fameuse maison de la rue des Saules qui à l'époque était d'un blanc crayeux très montmartrois?
En arrière plan les toits du Bateau Lavoir, puis les arbres de la place Emile Goudeau. C'est donc peint à partir de la rue Berthe qu'on a du mal à reconnaître tant elle paraît plus large que dans la réalité.
Montmartre sous la pluie. Souvent Bernard Lamotte représente un Paris sous la pluie! Ce n'est pourtant pas en Californie qu'il choisit de vivre mais à New York où il connut le succès.
Encore la pluie! Comme me le confirment des amoureux de Montmartre, il s'agit de la rue des Saules avec la rue Saint Vincent sur la gauche et les murs du vieux cimetière. Quelques doutes m'ont gagné à cause des escaliers rue Saint Vincent alors qu'il n'y en a pas actuellement. Mais selon le témoignage d'une authentique Montmartroise, ils ont existé jusqu'au début des années 1950.
La rue Lepic
C'est en 1935 que Bernard Lamotte quitte Paris. Ses représentations de Montmartre sont donc bien datées. Dommage qu'il ne soit pas resté plus longtemps pour témoigner de la brutale transformation de notre village.
Place du Bateau Lavoir
Les marchands appelèrent ce tableau afin d'aguicher l'amateur "La place du Bateau Lavoir" alors que depuis 1911 elle porte le nom, après s'être nommée "place Ravignan", du fameux poète hydropathe Emile Goudeau!
La Place du Bateau Lavoir.
Nous pouvons reconnaître le début de la place, la rue d'Orchampt dans la perspective et à droite la rue Ravignan. Les grilles sont toujours là, à l'angle avec la rue Berthe. Le pavoisement des rues laisse penser que nous sommes un jour de commémoration, peut-être, à en juger parapluies et manteaux un 11 novembre.
Rue Tholozé et Moulin de la Galette
La rue Tholozé plus large que dans la réalité et sans les marches qui la séparent de la rue Lepic, pavoisée elle aussi.
Confirmation de la commémoration de l'armistice avec cette toile "Paris le 11 novembre"!
La rue du Calvaire, toujours par temps gris et pluvieux!
Lorsqu'il étudiait à l'école des Beaux Arts, Bernard Lamotte connut Saint Exupéry et noua avec lui une véritable amitié. C'est en allant chez lui, quai Malaquais qu'il eut le désir de peindre depuis la fenêtre la vue sur la Seine.
Un tableau peuplé d'ombres qui n'est pas sans rappeler Albert Marquet.
Avec Saint Exupéry, il connut le Paris des fêtes. Quand ils se retrouvèrent à New York, ils connurent le New York des fêtes!
Après avoir écrit "le Petit Prince", Saint Exupéry eut l'intention dans un premier temps d'en confier l'illustration à son ami, avant de donner lui même une existence à son petit personnage qui allait conquérir le monde.
Clin d'oeil à son ami, un allumeur de réverbère!
Bernard Lamotte illustra cependant plusieurs ouvrages dont "Pilote de Guerre".
Il épousa une américaine et devint américain. Montmartre dut lui paraître bien éloigné quand il reçut commande de la Maison Blanche pour la décoration des murs de la demeure présidentielle.