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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Articles avec #montmartre. rues et places. catégorie

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Rue choron. Paris 9ème arrondissement. Choron, Manzana-Pissaro, Hanriot.

     Rue Choron!

Mais serait-ce la rue du professeur Choron? 

Une rue "essentielle" comme on dit aujourd'hui!

Une rue qui sonne humour, irrévérence, rire énorme, mauvais goût et joie de vivre!

Le professeur  Choron

Le professeur Choron

... Et non!  Ce n'est pas le professeur es-humour noir qui lui a donné son nom mais c'est elle qui le lui a donné. Enfin disons plutôt que c'est lui qui le lui a "emprunté"!

   Il n'était pas né quand cette courte artère fut créée en en 1866 à l'emplacement d'une impasse : la cour Saint-Guillaume.

Une précieuse photo de Marville nous montre cette cour en impasse avec, au fond, les immeubles qui seront démolis en 1896 pour permettre la jonction avec la rue des Martyrs.

La cour Saint Guillaume en 1866.

La cour Saint Guillaume en 1866.

Rue choron. Paris 9ème arrondissement. Choron, Manzana-Pissaro, Hanriot.

   La nouvelle rue mesure 230 mètres. La photo nous permet de voir que rien ne subsiste de la cour Saint-Guillaume sinon l'immeuble d'angle sur la droite (aujourd'hui 5 rue Rodier et 6 rue Choron). Toute la partie gauche de la rue (numéros impairs) a été détruite pour permettre l'élargissement de la voie à 12 mètres.

Rue choron. Paris 9ème arrondissement. Choron, Manzana-Pissaro, Hanriot.

    En 1868 la rue est baptisée du nom d'Alexandre Emile Choron (1771-1834) musicien et pédagogue, auteur de nombreux ouvrages sur la musique. Sous Napoléon 1er il fut nommé Directeur de la Musique des Fêtes Religieuses. Plus tard il devint régisseur de l'Opéra avant de créer en 1817 l'Institution Royale de Musique Classique et Religieuse.

Rue choron. Paris 9ème arrondissement. Choron, Manzana-Pissaro, Hanriot.

    Le premier immeuble "historique" de la rue Choron est le 4, à proximité de la rue de Maubeuge.

Rue choron. Paris 9ème arrondissement. Choron, Manzana-Pissaro, Hanriot.

     Il s'agit de l'immeuble qui abrita Hara-Kiri à ses débuts en 1960. Georget Bernier (1929-2005) qui en fut le créateur avec Cavanna et Fred, choisit de prendre pour patronyme le nom de la rue. Cavanna donne pour titre cette adresse au livre qu'il écrit en 65.

 

Cavanna et Choron

Cavanna et Choron

Quelques uns des meilleurs dessinateurs et caricaturistes de l'époque les rejoignent : Wolinski, Reiser, Cabu...

On sait que le journal fut interdit après la couverture jugée irrévérencieuse "Bal tragique à Colombey, un mort" qui présentait ainsi la mort de De Gaulle, associée à l'incendie de la discothèque qui fit 146 morts à Saint Laurent du Pont.

   

 Mais le journal avait déjà quitté la rue Choron pour la rue Montholon voisine. Le professeur Choron et ses complices créérent alors Charlie...

Cabu

Cabu

Rappelons-nous en passant quelques unes des pensées du professeur Choron qui pourront nous plonger dans un abîme de réflexion intense!

"C'est terrible d'allonger la vie en prolongeant seulement la vieillesse."

"C'est toujours le chauve qui trouve le peigne dans la galette des rois."

"Celui qui écoute aux portes la prend souvent en pleine gueule."

"Comme la tartine, l'ivrogne tombe toujours du côté qui est complètement beurré."

"Qui sème le vent court après son chapeau."

Rue choron. Paris 9ème arrondissement. Choron, Manzana-Pissaro, Hanriot.

     Nous traversons la rue Rodier, ancienne rue Neuve Coquenard. On voit sur la photo de Marville, sur la gauche au milieu du cliché l'immeuble d'angle de la cour Saint Guillaume, seul rescapé de l'ensemble des maisons.

Rue Choron 1910

Rue Choron 1910

Rue choron. Paris 9ème arrondissement. Choron, Manzana-Pissaro, Hanriot.

Peu d'immeubles remarquables dans cette rue qui commençait en fanfare!

5 rue Choron

5 rue Choron

     Au 5 nous trouvons le bureau de poste typique des années 30 qui privilégient les baies vitrées et le rythme simplifié des façades.

Le 7

Le 7

     Le 7 est un bel immeuble post haussmannien, un des rares dans la rue à porter l'année de construction, 1879, et la signature de son architecte: H. Descaves. 

Henry Arsène Descaves (1840-1896), fils d'architecte, était installé à Paris où il réalisa plusieurs immeubles de rapport dont le 8 rue Hippolyte Lebas dans la rue parallèle à la rue Choron.

Les 8 et 8bis
Les 8 et 8bis

Les 8 et 8bis

     Le 8 bis abrite le secrétariat de l'église Notre-Dame de Lorette ainsi qu'une grande chapelle et des salles de réunion.

Le 9

Le 9

Le 10

Le 10

Les 9 et 10 presque jumeaux...

Le 14

Le 14

     Avec le 14 nous arrivons au carrefour avec la rue Milton. Les immeubles sont à pan coupé, donnant l'impression qu'ils entourent une placette. 

Le 16

Le 16

Autre immeuble à pan coupé le 16....

Rue choron. Paris 9ème arrondissement. Choron, Manzana-Pissaro, Hanriot.

    Il abrite une galerie aux trésors "l'estampe moderne" où sont proposées de rares affiches guettées par les amateurs.

 

     C'est à cette adresse que vécut quelques années et mourut le peintre Jules Armand Hanriot (1853-1930).

                                            Nymphe endormie (Hanriot)

Cet artiste connu pour ses tableaux de nus féminins et ses illustrations de livres érotiques, fait partie à son corps défendant de l'histoire de la peinture.

Madame Manet (Suzanne Leenhoff) par Manet

Madame Manet (Suzanne Leenhoff) par Manet

     En effet, jeune et sans le sou il est accueilli et hébergé par Manet et il a une aventure comme on dit avec Suzanne Leenhoff la femme de son hôte.

Nu dans la clairière (Hanriot)

Nu dans la clairière (Hanriot)

     Il est plus jeune qu'elle de 24 ans, ce qui a endormi la méfiance du mari lui même volage mais qui entra dans une rage folle quand il apprit cette liaison. Il menaça de mort l'ingrat qui prit ses jambes à son cou et disparut.

Il se réfugia à Arcachon où il continua à peindre des femmes nues et à illustrer des ouvrages divers et variés, parfois érotiques.

Angle Milton-Choron, l'école publique.

Angle Milton-Choron, l'école publique.

    De l'autre côté on trouve des bâtiments de l'école publique du 5 rue Milton. En 1870, c'est un temple protestant, une école mixte et un pensionnat qui furent édifiés à cette adresse, entre les rues Lebas, Milton et Choron.

                                Façade du temple protestant rue Hippolyte Lebas

    Les bâtiments conservés ont été transformés en école primaire en 1962.

Le 15

Le 15

    Côté impair il ne reste qu'un long immeuble un peu pesant qui se termine avec son pan coupé sur la rue des Martyrs et qui porte gravée son année de construction : 1895.

 

Le 18

Le 18

Rue choron. Paris 9ème arrondissement. Choron, Manzana-Pissaro, Hanriot.

Côté pair le 18, harmonieux avec une belle entrée ornée d'un  macaron....

Le 20

Le 20

     Le 20 porte la signature en partie effacée de son architecte et sa date de construction : E. Guigardet 1881. Cet architecte est très actif à Paris dans le dernier quart du XIXème siècle. On lui doit entre autres le 2 rue Belgrand, Place Gambetta, 227 boulevard voltaire...

Georges Manzana Pissarro

Georges Manzana Pissarro

    Dans cet immeuble le fils de Camille Pissarro, Georges Manzana-Pissarro (1871-1961) eut pendant quelques années son atelier.

Louveciennes (Manzana-Pissarro)

Louveciennes (Manzana-Pissarro)

    Evidemment influencé par son père et les nombreux artistes qu'il fréquentait il commença à peindre comme néo impressionniste.

Son engagement politique le rapprochait des libertaires.

Rue choron. Paris 9ème arrondissement. Choron, Manzana-Pissaro, Hanriot.

     Par une ironie du sort, il commence à avoir du succès avec ses toiles néo impressionnistes alors qu'au début du vingtième il s'en détachait et changeait de style.

Influencé par Gauguin et par l'art japonais, il crée un univers particulier, orientalisant. Il s'intéresse aux objets, meubles, tapis, tapisseries, verreries. Cette partie de son oeuvre reste à redécouvrir.

Rue choron. Paris 9ème arrondissement. Choron, Manzana-Pissaro, Hanriot.

    Je ne résiste pas au plaisir de partager quelques unes de ses toiles où l'on peut rencontrer Matisse, Gauguin, les estampes japonaises dans un univers qui est pourtant bien à lui! 

Rue choron. Paris 9ème arrondissement. Choron, Manzana-Pissaro, Hanriot.
Rue choron. Paris 9ème arrondissement. Choron, Manzana-Pissaro, Hanriot.
Rue choron. Paris 9ème arrondissement. Choron, Manzana-Pissaro, Hanriot.

     Après de telles merveilles, nous passons vite devant l'immeuble de briques du 22 avant d'arriver devant le 24, dernier numéro pair de la rue dont l'adresse principale est rue des Martyrs.

 

C'est l'Ariel, bar tabac au décor d'ancienne brasserie avec comptoir de zinc, rendu célèbre par les Garçons bouchers, groupe rock alternatif :

"Dans la salle du bar tabac de la rue des Martyrs

Y a des vieux gars tatoués qui racontent leurs souvenirs..."

Rue choron. Paris 9ème arrondissement. Choron, Manzana-Pissaro, Hanriot.

     La rue Choron s'arrête là, rue des Martyrs, un peu penaude de n'avoir pas retenu tous les oiseaux flamboyants de Manzana-Pissarro pour mettre de la couleur dans le gris parisien!

Rue choron. Paris 9ème arrondissement. Choron, Manzana-Pissaro, Hanriot.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Place Jean Baptiste Clément Montmartre.
Place Jean Baptiste Clément Montmartre.

     Elle a du mal à se donner l'allure d'une place malgré son nom. Large espace sans unité architecturale, elle est pourtant, au cœur de Montmartre un lieu riche en histoires et en histoire!  

Place Jean Baptiste Clément Montmartre.

    En son centre, un maigre square triangulaire  a été transformé en "espace de bio diversité" laissé savamment à l'abandon. Il se veut outil pédagogique avec panneaux explicatifs, photos et invitation à regarder de loin "l'hôtel à insectes" mieux lotis que les artistes bohêmes du Montmartre d'antan!

 

Place Jean Baptiste Clément Montmartre.

     Prenons la place par le sud, là où les rues Ravignan et Gabrielle font leur jonction. Ce qui nous permet de rappeler que les Montmartrois appelaient Place Ravignan celle qui allait se métamorphoser en Jean Baptiste Clément en 1905.

     C'est dans cette maison du 38 rue Gabrielle que Picasso eut en 1901 son premier atelier qu'il partageait avec Casagemas et qu'il ne quitta qu'après le suicide de son ami.

                                              Casagemas (Picasso)

 

 

 

      La place commence par une grosse maison divisée en plusieurs lots.

                                             19 rue Ravignan

La maison dont une partie donne sur la rue Ravignan forme avec ses trois numéros impairs le côté ouest de la place!

                                        1 à 5 place Jean Baptiste Clément

                    l'ensemble a été construit en 1911 sur les plans de L. Defais.

 

                 Il est un peu incongru au sommet de la Butte et fait penser aux grosses maisons en meulières ornées de céramiques qui "fleurissaient" dans les banlieues de bonne bourgeoisie. Il est clair qu'elle nous procure un dépaysement de plus dans ce Montmartre qui n'en manque pourtant pas. 

Place Jean Baptiste Clément Montmartre.

      On le voit représenté par Elysée Maclet qui lui donne des proportions plus modestes! Son interprétation d'artiste remodèle la ville ! 

Rue de la Mire

Rue de la Mire

Rue Lepic

Rue Lepic

     Après cette maison, on trouve la rue de la Mire et la rue Lepic. Les numéros impairs de la place se poursuivent dans la continuation de la rue Lepic.

Le 7

Le 7

Le 9

Le 9

    Le 7 et le 9 sont des pavillons qui évoquent eux aussi la banlieue. Ils ont remplacé les modestes maisons du village derrière leur jardinet. On peut les apercevoir avant la tour du réservoir sur cette carte de 1904. 

 

C'est le jardin du  réservoir qui termine ce côté de la place bien que le réservoir ait pour adresse officielle le 9bis rue Norvins.

Utrillo (on peut voir encore une des petites maisons de la place)

Utrillo (on peut voir encore une des petites maisons de la place)

                      Le réservoir côté place Clément.

Le réservoir côté place Clément.

  Le vieux réservoir qui avait été rehaussé pour répondre aux besoins en eau des Montmartrois a été désaffecté après la construction du grand réservoir près du Sacré- Cœur et son adjonction de briques détruite en 1969. Aujourd'hui l'élégant bâtiment orné d'une fontaine sert de salle d'exposition et de siège de la Compagnie du Clos de Montmartre qui promeut la piquette folklorique vendangée plus bas dans les vignes les plus photographiées au monde!

                     Haut de la place vers la rue Norvins.

Haut de la place vers la rue Norvins.

La folie Sandrin

La folie Sandrin

     Nous arrivons rue Norvins dominée par la Folie Sandrin et devons redescendre de quelques pas pour retrouver la place qui nous intéresse aujourd'hui. Cette partie haute a été peinte maintes fois par Utrillo, par tous les temps.

 

 

Place Jean Baptiste Clément Montmartre.

     Ce côté de la place (numéros pairs) fut jadis la rue Feuchère.

La vieille boulangerie qui restait un des rares commerces utiles aux habitants du quartier a été remplacée par une boutique pour touristes (fermée en ce moment pour cause de corona virus).

 

 

Place Jean Baptiste Clément Montmartre.

    Toujours au numéro 12 une pelle Stark signale qu'à cet emplacement fut érigée la mire du nord.

Place Jean Baptiste Clément Montmartre.

 

 

   En réalité, ce n'est pas à cet endroit que l'on peut voir la fameuse mire dite de Cassini, mais à deux cents mètres dans une propriété privée de la rue Girardon.

 

    Les spécialistes du balisage touristico-historique ne sont pas à une erreur près. Prenons l'exemple du panneau de cette place Jean Baptiste Clément....

   Elle contient deux erreurs. La première est ce trait d'union fautif entre Jean et Baptiste. En effet le père de notre "héros de la Commune" s'appelait Jean-Baptiste Clément et pour qu'il n'y ait pas de confusion avec son fils sur les documents écrits, il le déclara Jean Baptiste sans trait d'union. Et de fait notre "auteur du Temps des Cerises" n'écrivit son prénom qu'ainsi! 

Place Jean Baptiste Clément Montmartre.

     La deuxième erreur est d'en faire le maire du XVIIIème arrondissement alors qu'il ne le fut jamais et qu'à la date indiquée c'est Clémenceau qui occupait le poste!

Clément fut élu au Comité de Vigilance du XVIIIème puis à la Commune à la Commission des Services Publics. Maire il ne le fut jamais!

Place Jean Baptiste Clément Montmartre.

      Il n 'empêche qu'il mérite amplement l'honneur de cette place en plein Montmartre, lui qui fut un Montmartrois de coeur, n'ayant pas moins de douze adresses sur la Butte, lui qui fut un Communard généreux et utopiste comme Louise Michel, lui enfin qui réécrivit son  poème "Le Temps des Cerises" après la Commune, pour Louise une ambulancière rencontrée sur la barricade de la rue de la Fontaine au Roi, une des dernières de la Commune, et qui refusa de quitter son poste au mépris de la mort.

Place Jean Baptiste Clément Montmartre.

"Cerises d'amour aux robes pareilles

Tombant sur la feuille en gouttes de sang"

(...)

"C'est de ce temps-là que je garde au cœur

Une plaie ouverte..."

Place Jean Baptiste Clément Montmartre.

    Après le 12, un immeuble sans grâce, le 10 a pour intérêt un stuc au-dessus de sa porte. Il représente la Tour Montmartre, 114 rue de l'Empereur.

Place Jean Baptiste Clément Montmartre.

    La rue de l'empereur (ancien nom de la rue Lepic) aboutissait rue Norvins. Le 114 aurait été situé approximativement au milieu de la place Clément, sur la pelouse du square maigrelet et bio. 

La tour Montmartre

La tour Montmartre

     La tour Montmartre qui permettait aux amateurs de piquette et de billard de jouir d'un point de vue imprenable sur Paris agrémentait une guinguette située comme bien des immeubles de Montmartre sur un  sol qui à cause des carrières de gypse s'apparentait à du gruyère.

La tour s'écroula comme le firent plusieurs maisons et moulins et ne fut pas reconstruite. Il ne reste pour s'en souvenir que le décor de stuc du 10 place Clément.

La tour Solférino

La tour Solférino

    Elle est parfois confondue avec la tour Solférino située plus à l'est à l'emplacement de la rue Lamarck et de la rue de la Fontenelle (aujourd'hui Chevalier de la Barre)

Place Jean Baptiste Clément Montmartre.

       Les 8 bis et 8 font partie des petites maisons rescapées de l'ancien village. Elles nous permettent d'imaginer ce que fut la Butte avant l'invasion des promoteurs.

 

Place Jean Baptiste Clément Montmartre.
Le 6

Le 6

     Le 6 est un petit immeuble de rapport avec sur sa façade un "témoin" placé sur une fissure, spécialité des maisons de la Butte contraintes pour ne pas être avalées par un fontis de consolider leur sous-sol.

Place Jean Baptiste Clément Montmartre.

    Le 4 ne brille pas par son originalité architecturale. Pas étonnant c'est une école.  elle a été construite dans les années 90-91.

Place Clément (Gen Paul) les 4-6-8-10 et 12 actuels.

Place Clément (Gen Paul) les 4-6-8-10 et 12 actuels.

     Sur un terrain qui s'étendait vers l'est jusqu'à la rue Poulbot actuelle. Il y avait là quelques maisons de un ou deux étages, des entrepôts... qui furent rasés sans état d'âme.

Place Jean Baptiste Clément Montmartre.

     Il ne reste plus que le 2, immeuble qui fait l'angle avec la rue Gabrielle et construit en 1932. Sur sa façade des noms badigeonnés sans égards révèlent à qui réussit à les déchiffrer le nom des architectes : Boucher et Bouriquet. On penserait presque à Bouvard et Pécuchet!

Schifrine

Schifrine

     Et voilà! Nous avons fait le tour de cette place atypique! Il ne reste plus qu'à la retrouver sous le pinceau des peintres, essentiellement Utrillo qui venu en voisin de la rue Cortot a su la voir avec ses yeux d'artiste.

Utrillo

Utrillo

Place Jean Baptiste Clément Montmartre.
Place Jean Baptiste Clément Montmartre.
Place Jean Baptiste Clément Montmartre.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #MONTMARTRE. Rues et places.
Max Jacob à Montmartre. rue Ravignan, rue Gabrielle...

     Ce grand poète, cet homme d'exception a sa place, une des premières, dans l'épopée montmartroise. Loin de nous la prétention de le "saisir" dans sa complexité, ses ombres et ses chatoiements, nous nous proposons de l'approcher dans ses années Montmartroises, dans les liens qu'il y tissa avec les peintres et les poètes.

33 boulevard Barbès

33 boulevard Barbès

     Son arrivée dans notre quartier date de 1903, année où Apollinaire qui sera son ami écrit "la Chanson de mal-aimé".

"Et je chantais cette romance

En 1903 sans savoir

Que mon amour à la semblance

Du beau phénix s'il meurt un soir

Le matin voit sa renaissance."

Si l'on parle beaucoup de sa présence 7 rue Ravignan, le 33 boulevard Barbès est moins souvent cité. Nous sommes aux limites de Montmartre, sur un boulevard en pleine mutation où les immeubles de pierres post haussmanniens bousculent les petites maisons crayeuses.

33 boulevard Barbès (à droite rue Poulet).

33 boulevard Barbès (à droite rue Poulet).

    Certes Max Jacob a connu plusieurs adresses parisiennes auparavant mais c'est là sa base quand il fréquente le milieu artistique Montmartrois, là qu'il rencontre au Chat Noir du boulevard de Clichy Braque, Matisse , Modigliani...

                                                Max Jacob (Modigliani)

    Il n'a pas le sou et pour survivre accepte de petits métiers qui l'épuisent et le découragent. Pendant ces années noires, son amitié avec Picasso, le jeune peintre catalan rencontré en 1901 est pour lui un bien précieux...

L'amitié indéfectible de ces deux-là a prêté parfois à des interprétations superficielles. Certes Max jacob était homosexuel mais le sentiment qu'il éprouvait pour Picasso, homme à femmes, était un amour-admiration qui jamais ne se démentit et qui influença son art. On a pu dire que certains textes du poète relevaient du cubisme que Picasso (avec Braque) avait inventé!

                                                       Max Jacob (Picasso)

     Picasso vit une période difficile après le suicide de son ami Casagémas et l'attention prévenante de Max jacob lui est d'un grand secours. Dès la première rencontre, Max Jacob qui était la générosité même avait donné au jeune peintre tout ce qu'il avait de plus précieux, dont des gravures sur bois de Dürer. Quand en 1902 Picasso était revenu à Paris, c'est chez Max Jacob qu'il trouva refuge dans la chambre du boulevard Voltaire. Max Jacob évoque cette cohabitation :  "Picasso vint habiter dans ma chambre. Il dessinait toute la nuit et quand je me levais pour aller au magasin, il se couchait pour se reposer."

                                                 Max Jacob Picasso

On dit que pour la célèbre sculpture du "Fou" Picasso aurait pris pour modèle son ami qu'il aurait coiffé d'un bonnet de bouffon, un soir qu'ils revenaient tous deux du cirque Médrano sur le Rochechouart (détruit sauvagement pendant les années pompidoliennes).

 

    De la période du Barbès il nous reste également une carte adressée à Max Jacob par Apollinaire, un autre de ses amis essentiels, un autre de ses coups de foudre. Apollinaire a rencontré Marie Laurencin avec qui il vit rue Léonie (aujourd'hui Henner) près de la place Blanche. Max jacob est jaloux en amitié et il a pris ses distances avec celui qui allait devenir le plus grand poète français de ce début du XXème siècle.

Max Jacob à Montmartre. rue Ravignan, rue Gabrielle...

    Apollinaire rédige une carte qu'il envoie au 33 boulevard Barbès... une carte venue jusqu'à nous.

                                  7 rue Ravignan

7 rue Ravignan

     En 1907 Max jacob quitte le Barbès pour une petite chambre 7 rue Ravignan. "Ma chambre est au fond d'une cour et derrière des boutiques. Le n° 7 de la rue Ravignan! tu resteras la chapelle de mon souvenir éternel!" 

Il se rapproche ainsi de Picasso qui depuis 1904 a trouvé un logement-atelier dans l'immeuble hétéroclite qui sera connu sous le nom que Jacob lui donna "le Bateau Lavoir". L'adresse en est alors 14 rue Ravignan. La place sur laquelle il donne ne recevant le nom d'Emile Goudeau qu'en 1911.

Le bateau lavoir en 1904

Le bateau lavoir en janvier 2021

Le bateau lavoir en janvier 2021

On oublie parfois que Max Jacob aimait dessiner et peindre malgré le manque de lumière de son réduit.

                                  Dans un théâtre de Montmartre (Max jacob)

 

     C'est Picasso qui le dissuada de tenter une carrière de peintre. Il lui fit comprendre que là n'était pas sa vocation mais dans l'écriture. Il ne se trompait pas même si quelques uns de ses dessins ne manquent pas d'originalité...

 

     Fernande Olivier qui commençait une liaison amoureuse avec Picasso fut témoin de la présence affectueuse de Max Jacob : "Il l'a soutenu, encouragé, aidé quand tout jeune il connaissait une immense tristesse". Max Jacob qui fut pauvre et le resta, donna toujours le peu qu'il avait. On peut dire que son affection généreuse pour le "génie" catalan ne fut pas vraiment payée en retour!

Max Jacob à Montmartre. rue Ravignan, rue Gabrielle...

     C'est dans la chambre du 7 rue Ravignan qu'eut lieu l'événement qui allait bouleverser la vie du poète. C'est le 22 septembre 1909 : "Je suis revenu de la Bibliothèque Nationale, j'ai déposé ma serviette; j'ai cherché mes pantoufles et quand j'ai relevé la tête, il y avait quelqu'un sur le mur! Il y avait quelqu'un! Il y avait quelqu'un sur la tapisserie rouge. Ma chair est tombée par terre! J'ai été déshabillé par la foudre! Oh impérissable seconde! Oh vérité! Inoubliable vérité! Le Corps Céleste est sur le mur de la pauvre chambre!"

                          Crucifixion (Max jacob)

Crucifixion (Max jacob)

    Cette "conversion" qui n'est pas sans rappeler celle de Claudel, non pas dans la splendeur d'une cathédrale mais dans la vétusté d'un logis de pauvre va conduire le poète juif vers le baptême cinq ans plus tard, avec Picasso pour parrain à Notre-Dame!

                                                            Max jacob

    Après sa conversion, Max Jacob se sentira un peu plus écartelé entre ses aspirations et sa sexualité, il culpabilisera mais restera soumis à ses pulsions! Il continuera de draguer les garçons mais après consommation il ira se confesser, comme l'écrit Julien Green, quand il le connaît  plus tard à Montparnasse:

"Il passait toutes les soirées dans les cafés à courir après un garçon qu'il ramenait chez lui. Le lendemain il allait se confesser à l'église..."

Max Jacob (Elysée Maclet)

Max Jacob (Elysée Maclet)

    Son "mysticisme" lui même se fait sensuel (comme tout mysticisme authentique). Imaginant qu'il saisit le Christ déposé de la croix : "J'aime sentir ton corps dans mes bras. Ton ventre est dur lui aussi. Dieu jeune homme plus que charmant, plus que séduisant, plus que génial (...) Corps de mon coeur, coeur de mon corps, reviens que je t'aime encore."

   

 Notons que cette rue Ravignan où Max jacob reçut la vision qui marqua sa vie a pour nom un jésuite, Xavier de la Croix de Ravignan (1795-1858) qui fut notamment prédicateur à Notre-Dame.

 

 

17 rue Gabrielle.

17 rue Gabrielle.

     Chaque lundi, les soirées de la rue Ravignan rassemblent peintres et poètes dans la pauvre chambre... Ces réunions vont se poursuivre le mardi quand Max jacob quitte le 7 rue Ravignan en janvier 1913 pour le 17 rue Gabrielle, cette rue où Picasso avait vécu avec son ami Casagémas au 49.

17 rue Gabrielle

17 rue Gabrielle

     Le logis n'est pas reluisant pour autant. Hubert Fabureau qui connaissait la Bohême de la Butte et s'intéressait aux poètes le décrit ainsi : "Une pièce dans un sombre rez-de-chaussée au fond d'une cour pleine d'enfants sordides qui exploitent sa bonté".

 

La Savoyarde

La Savoyarde

    Les réunions ne peuvent y avoir lieu et Max jacob convoque ses amis dans les salons d'un café aujourd'hui disparu, à l'angle des rues Utrillo (alors Muller) et Lamarck. Il s'agit de "La Savoyarde" où se rendent volontiers Artaud, Radiguet, Malraux...

Emplacement de la Savoyarde aujourd'hui

Emplacement de la Savoyarde aujourd'hui

    La rue Gabrielle sera la dernière adresse de Max Jacob à Montmartre. En 1921 il part pour Saint-Benoit sur Loire. C'est une autre histoire qui commence...

Il reviendra à Paris en 1928 mais ce ne sera plus sur la Butte. "Montmartre n'est plus pour moi que les environs de la Basilique où je vais chaque matin m'entraîner à une vie qui paraît plus noble et l'est peut-être moins."

                                              Max Jacob (Pierre de Belay)

Il y a chez lui une nostalgie mêlée de rejet de ses années de bohême, dominée par des amitiés décevantes et des amours sans clarté. 

Il pourra écrire   "Je te regrette ô ma rue Ravignan!

La rue Ravignan est celle que j'adore

Pour les coeurs enlacés de mes porte-drapeaux.

Là, taillant des dessins dans les perles que j'aime,

Mes défauts les plus grands furent ceux de mes poèmes."

                              Rue Ravignan vers la rue des Abbesses

Comme il pourra exprimer un sentiment contraire :

"Ah non je n'aime pas à me souvenir de Montmartre! C'était le séjour de la crasse et de la honte. Ah! Que l'on construise des immeubles neufs! Qu'on arrache jusqu'au dernier arbre! Qu'on supprime tout ce qui perpétue les souvenirs soi-disant attendrissants de ce que vous appelez la Bohême et que j'appelle la misère, qu'on invite tous les sous-Mürger à se taire..."

Peut-être avait-il pressenti ce que risquait de devenir un quartier qui commençait à se parer pour mieux se vendre des noms des artistes misérables qui y avaient vécu. Peut-être refusait-il la vision romantique telle que plus tard Aznavour la chanterait, d'une bohême idéalisée. Peut-être avait-il mal à son passé qui l'avait blessé et que les baumes de la religion ne parvenaient pas à cicatriser?

A t-il pensé à la rue Ravignan, à Picasso, Apollinaire... aux amis qu'il avait aimés, à ceux qui tentaient de le sauver après qu'il avait été arrêté à Saint-Benoit et interné à Drancy en attente d'un convoi pour Auschwitz?

Max Jacob à Montmartre. rue Ravignan, rue Gabrielle...

Toujours est-il qu'un ange noir lui permit de mourir à l'infirmerie lui évitant de vivre la nuit et le brouillard, les chiens allemands, la nudité, la chambre à gaz.

Max Jacob à Montmartre. rue Ravignan, rue Gabrielle...

Il est aujourd'hui une des étoiles qui brillent sur le pavé mouillé de Montmartre.

 

"Seigneur tout est fini

Voilà que tout commence"

 

"La mort est donc céleste pour la première fois"

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Publié le par chriswac
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La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.
La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.

     Elle est connue et inconnue de tous cette rue qui passe entre le Sacré-coeur et le square Louise Michel...

Connue parce que tout visiteur de Montmartre l'a empruntée, inconnue parce qu'aucun habitant ne l'a pour adresse!

Début de la rue Lamarck, aujourd'hui rue Cardinal Dubois.

Début de la rue Lamarck, aujourd'hui rue Cardinal Dubois.

Marchandes rue Lamarck (Cardinal Dubois aujourd'hui)

Marchandes rue Lamarck (Cardinal Dubois aujourd'hui)

    Elle faisait partie de le rue Lamarck dont elle était le début sur 125 mètres avant de recevoir en 1930 le nom du cardinal Dubois.

La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.

     Louis Ernest Dubois (1856-1929) est un de ces hommes d'église qui essayait de mettre en pratique sa foi. Il pensait que là où était la beauté, là était Dieu et il consacra une partie de son temps à écrire des ouvrages d'Art et d'Archéologie.

La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.

     Il ressentait une forte compassion pour l'humanité souffrante et comme chez Louise Michel, cette compassion s'étendait à toute la création. Il ne supportait pas les souffrances infligées aux animaux et ne comprenait pas qu'on puisse jouir du spectacle de la corrida :

"Il n'est pas douteux que les catholiques doivent s'abstenir d'assister à ces spectacles essentiellement cruels."

     Il se montra ennemi farouche de l'Action Française (mouvement nationaliste, royaliste, antisémite, anti Francs Maçons, anti protestants et xénophobe de surcroît).

 

     Si la rue montmartroise porte son nom c'est qu'il assista à la consécration de la basilique en 1919, peu avant d'être nommé archevêque de Paris (ce qui lui vaudra d'être inhumé dans la crypte de Notre-Dame et d'avoir son gisant contre la clôture du chœur).

 

    La rue qui porte son nom commence à la hauteur de la rue Utrillo qui vient la croiser avec ses escaliers qui mènent à la basilique...

La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.
La rue Lamarck. Sur la droite et la gauche la rue Muller (aujourd'hui Utrillo)

La rue Lamarck. Sur la droite et la gauche la rue Muller (aujourd'hui Utrillo)

    A l'angle entre l'ancienne rue Muller (Utrillo) et la rue Lamarck un restaurant attirait la clientèle en vantant sa vue, une des plus belles sur Paris. C'était "la Savoyarde" du nom de la cloche installée dans le campanile.

La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.
La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.

    Il a été peint par Utrillo qui aimait poser son chevalet devant la terrasse et qui connaissait bien "le roi des photographes de la Butte", François Gabriel qui habitait un peu plus bas dans la rue Muller aujourd'hui rue Utrillo.

 

    Le restaurant a disparu transformé en appartement. Ne restent que quelques photos, quelques menus et la toile (pas la meilleure) d'Utrillo.

 

La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.

     Un coup d'oeil en passant sur cette rue Utrillo qui comme l'échelle de Jacob va de la terre au ciel! Une des plus montmartroise des rues de la Butte (ce qui lui vaut de servir de décor à de nombreux films...dont l'inusable Amélie Poulain!)

Rue Utrillo 1ère partie

Rue Utrillo 1ère partie

Rue Utrillo 2ème partie.

Rue Utrillo 2ème partie.

     La rue du Cardinal commence donc à cet endroit, après la rue Utrillo.

La légende de la carte serait aujourd'hui : Escaliers Utrillo, rue du Cardinal Dubois...

 

     Une des entrées du square Louise Michel donne sur la rue. Ce square que la rue va longer jusqu'au funiculaire offre des échappées sur Paris que l'on peut découvrir avec son océan de toits et ses monuments remarquables.

Square Saint-Pierre avant les plantations.

Square Saint-Pierre avant les plantations.

     Ce grand jardin a été commencé en 1877 alors que la basilique n'existait pas encore. Le terrain instable et menacé d'effondrement à cause des carrières de gypse surexploitées fut réaménagé par Alphand en 1889, à la mode romantique avec ponts rustiques, rocailles, grottes...

La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.

     Paul Abadie, fidèle au projet inachevé d'Alphand prit sa relève avant que Formigé en 1900 ne termine l'aménagement du square de presque 24 000 m2.

La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.

    La guerre interrompit cette transformation et ce n'est qu'en 1927 que le square fut inauguré, prenant le  nom de Willette, peintre de Montmartre, créateur du Pierrot...

 

     Exit Willette en 2004 quand le Conseil de Paris le chassa du lieu pour cause d'antisémitisme notoire (il s'était présenté aux élections législatives de 1889 sur le seul programme de chasser les Juifs!)

La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.

    Apparut Louise Michel, tout à fait à sa place en ce lieu qu'elle aima, non loin de l'école où elle enseigna, plus près encore des terribles événements de la Commune.

La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.

     Rappelons que nous sommes à l'emplacement du "champ des Polonais" où étaient gardés les fameux canons que les Montmartrois défendirent pour empêcher les Versaillais de s'en emparer.

La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.

     Le square mérite une visite que nous ferons plus tard. Il abrite quelques trésors comme la fontaine de Gasq, les oeuvres de Derré (la fontaine dite des Innocents, la grotte des amoureux).

La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.

     On y trouve quelques arbres remarquables parmi lesquels un marronnnier de 120 ans, un ptérocaryer du Caucase plus vieux encore et bien d'autres qui font de ce lieu un arboretum! Ma préférence va au ginkgo qui ensoleille l'automne....

La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.
Photo prise à partir de la rue Dubois.

Photo prise à partir de la rue Dubois.

     Nous parcourons une cinquantaine de mètres et arrivons devant les escaliers qui au nord mènent à l'esplanade du Sacré-coeur et au sud offrent une vue époustouflante sur Paris. 

La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.

   Les escaliers sont comme des gradins qui donnent sur une scène ayant le ciel pour décor. C'est un endroit idéal pour les jeunes artistes... 

...Ou pour des films publicitaires qui y sont tournés, comme ce jour-là pour les bas DIM!

 

     La rue continue ensuite jusqu'à la station du funiculaire et la rue Foyatier.

Funiculaire, rue Foyatier et ancien Repos de Béthanie.

Funiculaire, rue Foyatier et ancien Repos de Béthanie.

    Le funiculaire qui à l'origine était prévu pour un plus long trajet et devait être ponctué par six stations monte sur 108 mètres évitant aux pélerins les 220 marches abruptes de la rue Foyatier.

 

La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.

     Il a été ouvert en 1900. Il était alors hydraulique.

Rénové en 1935, il se modernise et devient électrique et c'est en 1991 qu'il prend l'allure qu'il a aujourd'hui, brave funiculaire à vitres panoramiques, un peu poussif et le plus souvent chargé de touristes dans une boite de sardines!

Gare haute en 1912

Gare haute en 1912

La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.
Gare haute, rue Dubois, aujourd'hui.

Gare haute, rue Dubois, aujourd'hui.

Gare basse

Gare basse

     Les stations actuelles ont été dessinées par l'architecte François Deslaugiers, celui-là même qui dessina le TGV atlantique! Le lièvre et la tortue!

La rue du Cardinal Dubois. Montmartre. Entre Sacré coeur et jardins.

     Il transporte plus de 3 millions de passagers chaque année (exception faite des tristes périodes de confinement). Il apparaît dans plusieurs films, parmi lesquels "Ripoux contre ripoux" de Claude Zidi, "Les randonneurs" de Philippe Harel, "Une affaire d'état" d'Eric Valette ou "Bob le flambeur de Melville".... 

 

    Il s'est fait tirer le portrait par le peintre Jean Marchand (musée d'Art moderne). Il n'a pas dédaigné de jouer les vedettes dans "L'énigme du funiculaire" de Boileau Narcejac...Bref il n'est pas sans avoir sa petite notoriété!

                                            Jean Marchand. Le funiculaire

     Je ne résiste pas au plaisir d'ajouter un autre tableau de ce peintre cubiste que j'aime bien. Il s'agit des escaliers de Montmartre. Lesquels? A vous de jouer!

(Pierre qui est un vrai Montmartrois m'a donné la réponse que je m'empresse de joindre à l'article. Il s'agit de la rue du Mont Cenis avant destruction de la maison de Berlioz...)

 

Rue Foyatier

Rue Foyatier

      Rue Foyatier s'arrête notre balade dans une rue au sommet de la Butte où nul n'habite mais où on rencontre des amoureux du monde entier!

 

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Publié le par chriswac
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Rue saint-Eleuthère. Montmartre.
Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

Qui connaît saint Eleuthère?

Qui donnerait aujourd'hui ce prénom à son garçon?

Par chance une des rues montmartroises en conserve le souvenir et garantit à ce prénom une survie temporaire.

Rue du Cardinal Dubois. Au niveau des vélos, début de la rue Saint-Eleuthère.

Rue du Cardinal Dubois. Au niveau des vélos, début de la rue Saint-Eleuthère.

     Une rue qui commence dans le prolongement de la rue du Cardinal Dubois, entre les raides escaliers de la rue Foyatier .....

...et se termine rue du Mont-Cenis (place Jean Marais) en plein cœur du vieux village.

Fin de la rue Saint-Eleuthère, jadis rue du Pressoir.

     La partie la plus ancienne, longue de 70 mètres est celle qui prolongeait jadis une voie qui conduisait à l'église Saint-Pierre. Cette voie s'appelait rue du pressoir et fut rattachée à la capitale en 1863.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     La partie le plus récente (80 mètres) à partir de la rue Foyatier, ouverte en 1867 s'appela d'abord rue Saint-Paul avant d'être deux années plus tard réunie à la rue du pressoir pour former la rue saint Eleuthère.

Eleuthère! Eleuthère! Vous avez dit Eleuthère!

                                         Statue de St-Eleuthère (XIVème siècle)

      Pas si bizarre en réalité ce nom bizarre!  L'église catholique qui possède un catalogue hors concours de saints du monde entier, propose un choix non négligeable d'Eleuthères, des évêques et des martyrs des premiers siècles... et mystère... le nôtre ne figure pas sur la liste. 

Saint-Denis square Suzanne Buisson

Saint-Denis square Suzanne Buisson

    Pourtant il a tenu jusqu'au bout, sans faillir, son rôle de martyr comme le narre la légende qui pour nous Montmartrois n'en est pas une. Prêtre et compagnon de Denis, le premier évêque de Paris, il fut décapité avec lui sur la Butte sous la persécution de Dèce ou Valérien au 3ème siècle. 

Rue Saint-Rustique

Rue Saint-Rustique

    Il partagea ce triste sort avec Rustique, un diacre dont la rue pittoresque est proche de la sienne. Tous deux après avoir perdu la tête comme Denis l'accompagnèrent sur quelques kilomètres jusqu'à l'endroit où l'évêque s'arrêta et où sera édifiée la basilique-nécropole des rois de France.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Ce curieux panneau de bois sculpté qui fut longtemps exposé au musée de Montmartre avant d'être hélas récupéré par le musée Carnavalet représente librement la Butte et la décapitation des trois martyrs tandis qu'un moulin vire au vent...

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

On retrouve sur le tympan nord de la basilique les trois saints en voie de décapitation.

Et dans l'église, le reliquaire de saint Eleuthère ....

    Le premier numéro de la rue, le 2, est à lui seul une histoire! Il s'agit à l'origine d'un pavillon de l'exposition universelle de 1900 remonté à flanc de Butte pour servir de halte aux pèlerins que l'on attendait par milliers : Au Repos de Béthanie.

 

2020

2020

2015

2015

     En cette période de confinement l'établissement qui vend des souvenirs kitsch et des sandwiches élastiques est fermé. Elle est loin l'animation du début du siècle!

Restaurant de 2ème classe.

Restaurant de 2ème classe.

    Tout le bâtiment était occupé par le Repos de Béthanie, avec salles de restaurant, de détente... qui n'oubliaient pas de séparer riches et pauvres en réservant tel ou tel espace à la première classe ou à la deuxième! 

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Le succès ne fut pas au rendez-vous et le Repos prit sa retraite, remplacé par le Montmartre Belle Vue... 

Un café occupait alors la rotonde et proposait aux noctambules de prolonger la soirée au "grenier de la Butte", installé dans une sorte de hangar, un peu plus loin, à la pointe actuelle du square Nadar.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

    En 1929, le bâtiment est remanié, enlaidi et si le café subsiste encore, c'est un atelier qui occupe l'essentiel de l'espace qui donne sur la rue Foyatier. Pas n'importe quel atelier!

Lacourière et Lapoujade

Lacourière et Lapoujade

     C'est Roger Lacourière (1892-1966) qui le crée et qui en fait un centre rayonnant de l'art de la gravure. Grâce à lui de nombreux artistes s'y initient et l'utilisent dans leurs créations : Braque, Chagall, Miro, Dali, Matisse....

   

 Sans oublier Picasso fidèle à ce Montmartre où il a débarqué et où il a vécu. Lacourière le guide dans l'utilisation du burin et lui fait découvrir l'aquatinte au sucre!

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Le collaborateur de Lacourière, Jacques Frélaut est associé à la direction de l'entreprise qui en 1957 prend le  nom d'"Atelier Lacourière-Frélaut". A la mort de Lacourière, Frélaut poursuit avec fidélité et passion la collaboration avec de grands artistes. son neveu prendra sa suite et il faudra attendre 2008 pour que les portes soient définitivement fermées...

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     .... fermées puis rouvertes sur  l'univers moins artiste mais plein "d'esprit" des amateurs de whisky. Le "Corcoran" est particulièrement bruyant les jours des matches de rugby France-Irlande... où la bière prend le relais du whisky. 

La rue Chappe

La rue Chappe

   Passé ce numéro 2, plus de numérotation sur 80 mètres... Nous passons devant l'escalier de la rue Chappe...

Les arènes

Les arènes

    Puis, donnant en partie sur cette rue, devant les arènes de Montmartre... qui heureusement n'ont jamais accueilli de corrida! 

Il y avait là une pommeraie dont subsistent dans le jardin quelques rescapés à côté de prunus, d'oliviers et de quelques pieds de vigne.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Il avait été nécessaire, sous risque de glissement de terrain, de consolider le sol en forte pente qui subissait le poids considérable du réservoir. Les P'tits Poulbots intervinrent pour qu'à cette occasion soit créé un théâtre de plein air, idéal pour les répétitions. Ce qui fut fait en 1941.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Le lieu est aujourd'hui accueillant aux jeunes troupes, aux artistes circassiens, aux chanteurs. Plusieurs festivals montmartrois l'ont choisi pour cadre et c'est un plaisir, pendant les douces soirées d'été d'assister, face à Paris, avec pour mur de scène les immeubles de la rue Gabrielle, à un spectacle dont l'atmosphère magique est telle que l'on ne l'oublie pas!

Paris nous appartient (Rivette)

Paris nous appartient (Rivette)

     Plusieurs scènes de "Paris nous appartient" de Rivette y ont été tournées (film rare où on peut voir Brialy, Giani Esposito, Betty Schneider et le dieu Godard himself!

 

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Côté sud toujours, la vue sur Paris se dégage peu à peu et après jardins et vieilles maisons, la star apparaît au loin, photographiée en temps normal par des milliers de touristes....

 

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.
Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

    Du côté nord de cette première partie de la rue s'ouvre le square Nadar. Inutile de présenter ce pionnier de la photographie, auteur de clichés célèbres, véritable galerie de tout ce que le monde artistique du XIXème siècle comptait de créateurs. 

                                                Nadar. (Victor Hugo en 1870)

     Le square a une double particularité sympathique : il est accueillant à la gent canine, ce qui en fait un rendez-vous des promeneurs accompagnés de leur toutou et une aire de jeux rêvée pour tout un monde qui va du minuscule chi hua hua à l'impressionnant danois!

 

    Sa deuxième particularité est d'avoir vu s'installer en 2007, avec l'aide d'une association de défense des animaux, un pigeonnier 5 étoiles.

 

     Le square est orné d'une statue du Chevalier de La Barre, jeune homme qui fut torturé, brûlé, décapité pour avoir en 1766 refusé de saluer le Saint-Sacrement lors d'une procession.

 

     Les combattants de la laïcité qui voyaient d'un mauvais œil l'érection du Sacré-Coeur à l'endroit où commença la Commune, obtinrent que la rue qui menait à la basilique et la contournait portât le nom du jeune martyr, en même temps qu'une statue fût érigée face au monument qu'ils vouaient aux gémonies.

 

     En 1905 la statue fut installée, faisant grincer les dents des pèlerins et du clergé. Elle représentait un jeune homme attaché à un poteau au pied duquel un bûcher était préparé prêt à détruire le blasphémateur et le Dictionnaire philosophique honni, posé en évidence sur le côté.

   

 En 1926 après de nombreuses interventions de l'église, la statue fut déplacée et installée dans le square. Là ne s'arrêta pas son calvaire! En effet, le gouvernement Pétain la déboulonna en 1941 et la fit fondre, comme si le supplice initial n'avait pas suffi!

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Il faut attendre 2001 pour qu'une nouvelle statue réapparaisse sur le socle d'origine qui n'avait pas bougé. Des Associations laïques étaient à l'origine de cette résurrection qui provoqua quelques débats, certains voulaient une reproduction à l'identique, d'autres optaient pour une représentation plus impertinente.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     C'est le Chevalier que nous voyons aujourd'hui, adolescent, campé sur ses deux jambes, les mains dans les poches, le chapeau bien vissé sur une tête qui refusait de se courber. Elle est l'œuvre d'Emmanuel Ball et en ces temps incertains où bien des hommes et femmes politiques nous vendent une laïcité de compromis, une liberté de caricaturer MAIS... elle rappelle que la liberté de pensée, la liberté de critiquer, la liberté de se moquer n'est pas un acquis définitif et que des Chevalier de La Barre paient de leur vie aujourd'hui encore le seul fait de la défendre.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Dans le tournant qui grimpe vers le centre du vieux village commence la 2ème partie (70 mètres) de notre rue Saint-Eleuthère.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Sur la droite, longeant la rue Azaïs et dominant le paysage urbain comme une forteresse apparaît le Réservoir construit de 1887 à 1889 dans un style néo byzantin qui s'accorde avec la basilique. Le bâtiment massif ne manque pas d'allure et semble couronner Montmartre d'une citadelle imprenable.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     Il est l'œuvre de l'architecte Arthur Stanislas Diet à qui l'on doit le 36 quai des orfèvres ainsi que la reconstruction de l'Hôtel Dieu

                                                            Hôtel Dieu (Diet)

Il est construit avec la fameuse pierre de Souppes (comme le Sacré cœur) qui s'auto nettoie avec la pluie.

Le réservoir est en lien avec l'usine élévatrice de la place Saint-Pierre qui fait monter les eaux de la Seine et de la Dhuys jusqu'au réservoir qui reçoit 11 000m3.

 

     Des compartiments distincts reçoivent l'eau de rivière utilisée pour le lavage des rues et l'eau de source réservée aux heureux habitants de Montmartre!

Construction du réservoir (1887)

Construction du réservoir (1887)

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

       Le réservoir a pris la place du vieux pressoir de l'abbaye. La rue Azaïs actuelle s'appelait justement rue du pressoir et elle continuait jusqu'à la rue du Mont-Cenis, sur la portion haute de la rue Saint-Eleuthère actuelle.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     On voit sur la droite de la rue Saint-Eleuthère, jadis rue du pressoir,   l'impressionnant réservoir et la maison du gardien.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

     La rue longe ensuite la salle paroissiale de l'église Saint-Pierre (ancienne chapelle divisée en deux horizontalement pour créer des espaces de rencontre). Avant d'arriver devant l'église Saint-Pierre, elle change de nom au profit de la rue du Mont-Cenis et de la placette baptisée "Jean Marais" en 2008.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

    De l'autre côté de la rue, les maisons font partie d'un même ensemble qui date du XVIIIème siècle. L'entrée principale se faisant par la place du Tertre, il n'y a qu'un seul numéro rue Saint-Eleuthère, le 1.... ce qui est surprenant car il est du même côté que le 2, l'ancien Repos de Béthanie. Ne cherchons pas à comprendre! Les deux font la paire et sont les seuls numéros de cette rue!

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

    C'est à cet endroit qui avait été l'ancien presbytère que fut installée la première mairie de Montmartre dont l'entrée se faisait place du Tertre. On comprend le désarroi (!) du Montmartrois qui découvre la plaque de cette 1ère mairie en trois endroits différents : rue Saint-Eleuthère, rue Norvins et Place du Tertre!

Rue Saint-Eleuthère... La pelle Stark et la mention de la mairie à cet endroit...

La rue Norvins et la plaque mentionnant la mairie à cet endroit!

La place du Tertre et la plaque rzevendiquant la mairie!!!

 

Quel imbroglio!

C'est qu'il s'agit  en réalité du même ensemble de maisons, propriété de Desportes et que nous ne sommes pas tout à fait sûrs de la situation exacte des locaux communaux, Desportes ayant consacré une partie de son vaste logement à la mairie dont l'adresse incertaine se trouve ainsi trinitaire!

                                        

                                Mairie 3 place du Tertre.

Mairie 3 place du Tertre.

     En 1789, l'Assemblée Nationale avait publié un décret obligeant toute ville à créer une municipalité. Montmartre venait d'être amputé par le mur des Fermiers Généraux de toute sa partie basse devenue parisienne. La Commune de Montmartre fut créée en 1790  avec ce qui subsistait de l'ancien village au nord de l'enceinte.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

    Félix Desportes fut nommé maire et il le resta pendant deux ans. Il était patriote et proposa, comme nous l'avons vu, que soit installée la mairie dans une partie de sa maison (entrée 3 place du Tertre). Il était populaire, très apprécié des 400 habitants que comptait alors Montmartre.

 

     Il appela une de ses filles Pierrette de Montmartre, tant il était attaché à sa commune et à sa maison proche de l'église Saint-Pierre. Trop proche peut-être car il fut accusé sous la Terreur d'avoir entretenu de bonnes relations, donc suspectes, avec l'abbesse Mme de Montmorency Laval (guillotinée en 1794).

 

     Desportes sut se tirer d'affaires et après s'être fait oublier pendant l'année terrible, il commença une longue carrière sous des régimes différents. Sa fille Pierrette de Montmartre devint baronne après avoir épousé Anne-François de Boucheporn dont le père avait été guillotiné lui aussi en 1794. Il faut croire que le martyr de Saint Denis inspirait beaucoup le Tribunal révolutionnaire!

                             Tombe de Desportes dans le vieux cimetière du calvaire, contre l'église Saint-Pierre, dans ce Montmartre qu'il aimait.

Rue saint-Eleuthère. Montmartre.

    Et voilà! nous avons parcouru les 150 mètres d'une rue montmartroise en plein ciel, un balcon sur Paris qui s'étend à ses pieds! 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.
Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

     Voilà une petite rue qui, bien que n'ayant pas à raconter d'histoires extraordinaires, est typiquement montmartroise 

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

    Elle a été ouverte sur des terrains occupés par de pauvres constructions de bric et de broc aux confins du maquis, en 1897, année où triomphe la pièce qui va devenir la préférée des Français "Cyrano de Bergerac" d'Edmond Rostand.

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

     Mais le nom qui lui est donné rend hommage, non pas au héros romantique de la pièce mais à l'écrivain Savinien Cyrano de Bergerac (1619-1655), libertin qui n'a rien de gascon étant tout ce qu'il y a de parisien. Rostand s'inspira avec beaucoup de liberté de ce que l'on savait de lui ! Parmi ses œuvres les plus novatrices, on cite bien sûr son roman de science-fiction dont le langage audacieux et poétique séduit aujourd'hui encore : "Les Etats et empires de la lune et du soleil".

 

     Notre courte rue va sur une centaine de mètres de la rue Francœur à la rue Marcadet avec au premier tiers un escalier qui lui confère son côté montmartrois.

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

    A l'angle avec la rue Francœur, un restaurant italien "In bocca al lupo" et un autre restaurant réputé pour ses brunches "Les Inséparables".

"In bocca del lupo" est une formule superstitieuse pour les Italiens et son équivalent français serait notre mot de Cambronne, ce qui pour un restaurant est assez culotté!

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

  Le 1 et le 3 vont jusqu'à la rue Jouy. Immeubles construits comme toute la rue pour une petite ou moyenne bourgeoisie qui ne peut s'offrir les appartements post-haussmanniens de la rue Caulaincourt voisine. Aucun immeuble de la rue ne porte, gravé sur sa façade le nom de son architecte. La plupart sont dans le même style, vaguement renaissance avec leur appareillage de briques et pierres.

                                                    Palais de l'Industrie (Atget)

Un article du Figaro de 1901 nous apprend qu'une partie des immeubles des rues Cyrano, Jouy, Francoeur et Caulaincourt ont utilisé les pierres de l'immense Palais de l'Industrie de l'exposition universelle.

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

     Le pan coupé du 3 nous réserve une petite surprise.

Un ancien commerce en rez de chaussée a été transformé en appartement, avec sur le trottoir un jardinet et un gardien à poils qu'il ne faut pas toucher comme l'exige un avis écrit sur une feuille!

Le 2

Le 2

Le 2 a conservé la ferronnerie qui portait une enseigne disparue. modeste vestige d'un commerce disparu.

Le 4

Le 4

Le 4 est un bâtiment qui fait partie de la FEMIS. C'est tout un pan de la culture française qui s'élève en cet endroit et on ne peut qu'être ému en pensant aux chefs d'œuvre qui furent tournés dans les studios Pathé qui occupaient un hôtel particulier et des bâtiments industriels, la plupart rue Francœur.

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

Parmi plus de cent films parmi lesquels "le déjeuner sur l'herbe" de Renoir, "Pépé le Moko" de Duvivier, "les Dames du bois de Boulogne" de Bresson, je ne peux m'empêcher de privilégier Carné et ce chef d'œuvre absolu que sont "les Enfants du paradis". C'est donc là que Garance-Arletty avec son accent parigot répondit en se moquant de Frédérick Lemaître qui la draguait et craignait que Paris soit trop grand pour la retrouver si elle ne donnait pas son adresse : " Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment comme nous d'un aussi grand amour"! 

L'escalier vers Marcadet

L'escalier vers Marcadet

     Nous tombons ensuite sans nous faire de mal sur l'escalier d'où l'on a une vue complète sur le reste de la rue jusqu'à la rue Marcadet. On peut voir que le lotissement s'est fait rapidement, ce qui confère à la rue son unité (et sa monotonie).

L'escalier vers Francoeur

L'escalier vers Francoeur

Ici et là tout au long de la rue des cartons incitent les passants à utiliser poubelles et cendriers afin de ne pas réciter le poème de Prévert et sa contrepèterie : "Je vous salis ma rue". 

 

    C'est une initiative sympathique et citoyenne qui parfois ne rencontre pas l'adhésion de tous, apparemment...

 

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

 Contre l'escalier, un panneau peint en mai 2020 rappelle le premier confinement 

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

     Il porte les dates de début et de fin de l'épreuve infligée par le virus perfide. Le blason a pour armes une guitare et une palette tandis que le chien noir du jour et le loup blanc de la nuit veillent sur le "village" Cyrano de Bergerac. Sur le fond, on chante au balcon, on applaudit les soignants "vous n'êtes pas seuls, on vous aime"

Couleurs vives, goût de vivre... un beau partage qui donne envie de boire une flûte de champagne avec les villageois!

L'oeuvre est signée Rupert Shrive, artiste britannique qui vit entre Londres et Paris.

Les immeubles n'ont pas la même imagination!

Côté pair :

Les 6 et 8

Les 6 et 8

Le 10

Le 10

Le 12

Le 12

Le 12 en pierres de taille est un peu plus cossu, comme le sont souvent les immeubles à pan coupé. 

Côté impair :

Le 7

Le 7

Le 9

Le 9

Le 11

Le 11

Les 11 et 12 en partie rue Marcadet marquent avec leur pan coupé la fin de la rue Cyrano de Bergerac.

 

Une rue à flanc de Butte, assez loin du cœur de Montmartre pour n'avoir pas à subir les invasions touristiques, mais assez près pour en respirer l'atmosphère chère à Arletty!

Montmartre. La rue Cyrano de Bergerac.

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Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Le cimetière Saint-Vincent est celui du vieux village...

Il en a gardé les proportions modestes et l'aspect tranquille.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Et pourtant!

Il raconte bien des histoires.

Il abrite des Montmartrois qui aimèrent leur village et participèrent à sa célébrité.

Cette première visite en annonce de nombreuses autres.

Elle nous mènera devant les tombes les plus célèbres, celles qui font partie du circuit minimal obligatoire!

Le lapin Agile vu du cimetière

Le lapin Agile vu du cimetière

    Le cimetière fut  créé sur un terrain en friche par Jacques Bazin (1762-1833) qui fut maire de Montmartre de 1829 à 1831. Il fut inauguré en 1831 par son adjoint qui lui succéda, Jean-Louis Véron.

Jacques Bazin mourut peu après, en 1833 et y fut enterré. Il n'est pas nommé parmi les personnalités du cimetière alors que sans lui ce lieu n'existerait pas! Sa tombe qui a perdu, depuis presque deux siècles, toute inscription, peut se voir division 12, 1ère ligne...

Il serait temps qu'une plaque rappelle que sans lui il n'y aurait à cet endroit que des immeubles semblables à ceux de la rue Caulaincourt!

      Le cimetière était entouré de murs qui subsistent aujourd'hui mais l'entrée était alors située 40 rue Neuve Saint-Denis, à l'emplacement de la rue Saint-Vincent actuelle et non comme aujourd'hui rue Lucien Gaulard à proximité de la place Constantin Pecqueur ...

Une visite rapide nous mènera devant les tombes des "célébrités" locales

Nous aurons le temps (une éternité) de nous recueillir plus tard devant des personnalités moins connues mais qui ont joué un rôle dans l'histoire montmartroise.

Avenue transversale, le vieux calvaire

Avenue transversale, le vieux calvaire

Voici par ordre alphabétique les "stars" auxquelles nous rendrons visite dans ce premier article :

Marce Aymé (10ème division)

Harry Baur (9ème)

Eugène Boudin (12ème)

Marcel Carné et Roland Lesaffre (4ème division)

Jules Chéret (5ème)

Dorgelès (13ème)

Dumesnil (8ème division)

Arthur Honnegger (8ème division)

Claude Pinoteau (3ème division)

Steinlen (14ème division)

Utrillo (4ème division)

Je rajoute en cette Toussaint 2020 Michou figure emblématique du Montmartre des cabarets (division 12)

Tombe de Marcel Aymé (10ème division)

Tombe de Marcel Aymé (10ème division)

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Marcel Aymé (1902-1967)

Inutile de présenter cet écrivain à part, indépendant, libre de style et d'esprit!

Enfant on a pris plaisir aux Contes du Chat perché, plus tard on a souri avec sa Jument verte et malgré les critiques qui le considéraient comme un petit écrivain douteux, on s'est réjoui de son indépendance et de sa truculence.

N'oublions pas son combat contre la peine de mort (la Tête des autres, mise en scène par Barsaq au théâtre de l'Atelier, de l'autre côté de la Butte)

Place Marcel aymé. Le Passe-Muraille (Jean Marais)

Place Marcel aymé. Le Passe-Muraille (Jean Marais)

Le "terrien" attaché à sa Franche-Comté a choisi de vivre à Montmartre.

Il a d'abord habité 9 ter rue Paul Féval, à quelques mètres du cimetière, puis 26 rue Norvins. La rue a changé de nom au niveau du 26 et s'appelle désormais place Marcel Aymé. Une sculpture de Jean Marais représentant l'auteur en passe-muraille veille sur le lieu...

Il se peut que la nuit Marcel Aymé passe à travers le marbre noir de sa tombe pour se balader dans le quartier qu'il aimait!

Tombe de Marcel Carné et Roland Lesaffre. (4ème division)

Tombe de Marcel Carné et Roland Lesaffre. (4ème division)

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Marcel Carné (1906-1996). 10ème division. (voir plan)

comment l'imaginer étendu sous ce marbre triste, lui le magicien de la lumière.

Avec Prévert il a réalisé quelques uns des plus beaux films du cinéma français : Drôle de drame, Le Quai des brumes, Hôtel du nord, Le jour se lève... et surtout le chef d'oeuvre absolu et indémodable : Les Enfants du paradis!

Les Enfants du paradis! Arletty et J.L. Barrault.

Les Enfants du paradis! Arletty et J.L. Barrault.

Sous le même marbre est enterré Roland Lesaffre (1927-2009) second rôle dans les films de Carné mais premier dans son coeur!

Au point d'être le légataire universel du cinéaste... et de passer la nuit infinie avec lui!

Roland Lesaffre (L'Air de Paris de Marcel Carné)

Roland Lesaffre (L'Air de Paris de Marcel Carné)

Tombe de Harry Baur (9ème division)

Tombe de Harry Baur (9ème division)

Sous un marbre noir sinistre, repose un acteur dont on imagine mal quelle fut la gloire dans la première moitié du XXème siècle.

Harry Baur (1880-1943) a investi de sa nature sensible et puissante des héros légendaires et populaires comme Jean Valjean ou Vidocq.

Il a tourné dans de nombreux films de metteurs en scène de son époque, Dréville ou Tourneur. Il a incarné Beethoven chez Abel Gance et Volpone (avec Jouvet) chez Tourneur.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

La fin de sa vie fut tragique puisque, après avoir tourné (sans état d'âme) en 1942 à Berlin, il fut accusé par la presse française malodorante d'être Juif.

Il s'en défendit mais ne put éviter d'être arrêté et déporté avec sa femme. Après quatre mois d'enquête, les Nazis, convaincus qu'il n'avait pas commis le crime de naître juif, le libérèrent.

Mais l'épreuve avait atteint l'acteur en profondeur et il mourut 4 mois plus tard.

Tombe d'Eugène Boudin (12ème division)

Tombe d'Eugène Boudin (12ème division)

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Qu'elle est triste la tombe d'Eugène Boudin (1824-1898)!

Lui, l'homme du grand large, des ciels immenses, des météores.... il est enterré sous une pierre grise, à un endroit que caresse rarement le soleil!

Ce précurseur (involontaire et modeste) de l'Impressionnisme, cet amoureux de la mer (il fut mousse) et des plages immenses, lorsqu'il sentit la mort approcher, demanda qu'on l'emmenât à Deauville pour mourir face à la mer.

C'était par un jour lumineux du mois d'août, le 8. Il y avait des voiles blanches sur la mer et des amoureux sur la plage.

L'Impératrice Eugénie sur la plage à Trouville (Eugène Boudin)

L'Impératrice Eugénie sur la plage à Trouville (Eugène Boudin)

Admiré de Baudelaire, de Zola, inspirateur de Monet... il fait partie de la grande histoire de l'art français.

Quel mystère que ce sombre carré où dort sous la terre celui qui a ouvert tant de fenêtres sur l'espace et le rêve!

Eugène Boudin

Eugène Boudin

Dans la 5ème division un monument plus opulent avec des médaillons de bronze qui pleurent sur la pierre signale la tombe de Jules Chéret.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Jules Chéret (1836-1932) est un peintre connu pour son talent d'affichiste.

Il est un des premiers à avoir transformé un art mineur en art à part entière et il n'est pas étonnant que Toulouse Lautrec l'ait admiré et ait été influencé par lui.

Si on peut voir à Paris ses décors peints pour l'Hôtel de Ville ou pour le théâtre du musée Grévin, ce sont ses affiches qui constituent le meilleur de sa production.

Elles donnent l'image la plus éclatante de le Belle Epoque.

Elles sont "en mouvement" comme celles de Lautrec sans pour autant chercher à aller au-delà de la surface trompeuse des visages.

Lautrec est mouvement et mélancolie.

Chéret est mouvemen et insouciance.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Revenons à la littérature avec Roland Dorgelès (1885-1973) 5ème division.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Si un écrivain est à sa place au coeur de Montmartre, c'est bien lui!

On connaît les blagues qu'il aimait faire avec ses amis de la bohême et notamment la présentation au Salon des Indépendants d'une toile de Boronali peinte par l'âne Lolo, alias Aliboron, dont la queue avait été trempée dans des seaux de peinture! C'était juste de l'autre côté du mur du cimetière, au Lapin Agile!>

Il est ami des plus illustres Montmartrois : Carco, Mac Orlan, Utrillo, Max Jacob....

Il a eu plusieurs adresses sur la Butte ou dans le IXème arrondissement : rue Lepic, rue La Bruyère, rue Victor Massé ou rue Camille Tahan, près du cimetière Montmartre.

On lui doit des pages vives et nostalgiques sur notre quartier : "Au beau Temps de la Butte"

"Cet après-midi-là j'étais monté sur la Butte, promenade dont je ne me lasse pas. Parfois, c'est la joie qui m'entraîne, comme si je devais retrouver ma jeunesse là-haut; certains jours, en revanche, ce sont les regrets qui me poussent et je vais à Montmartre comme on se rend au cimetière."

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

"Les Croix de Bois" sont le plus connu de ses romans, oeuvre composite, kaléidoscope de destins où les hommes tiennent debout grâce à la camaraderie et sont spectateurs de l'horreur, symbolisée par ces croix hâtivement plantées sur les cadavres.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

La tombe la plus spectaculaire se signale par un groupe de bronze remarquable en bordure de l'allée d'entrée du cimetière pompeusement appelée "Avenue Caulaincourt".

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

L'oeuvre du sculpteur Emile Bailly représente un ange qui invite avec tendresse une femme à se laisser prendre par la main et guider vers la lumière. Elle évoque un mouvement de danse.

Elle est à sa place sur la tombe d'un homme, René Dumesnil (1879-1967) qui consacra une partie de sa vie à étudier des oeuvres et des musiciens qu'il aimait.

Il fut aussi un grand spécialiste de Flaubert auquel il consacra plusieurs ouvrages.

Malgré la qualité de son travail, René Dumesnil serait sans doute ignoré de la plupart des visiteurs si le groupe de bronze qui danse sur sa tombe n'attirait leur attention.

Tombe de marbre rose d'Arthur Honegger (8ème division)

Tombe de marbre rose d'Arthur Honegger (8ème division)

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

On n'enterre pas la musique sous le marbre, fût-il rose!

Arthur Honegger (1892-1955) est joué aujourd'hui dans le monde entier. Sa tombe simple et claire est souvent fleurie par des admirateurs.

L'homme est séduisant, généreux, humaniste. Bien que Suisse, il a adopté Paris, alors que des Parisiens fortunés choisissaient déjà le pays des banques sans morale!

Pendant l'occupation, il choisit de rester à Paris et de résister avec ses moyens, ceux de la musique.

Jeanne d'Arc au bûcher. Ingrid Bergman écrit : " Dans les bras de Honegger, la main sur le coeur de Claudel, où pourrais-je me trouver mieux?"

Jeanne d'Arc au bûcher. Ingrid Bergman écrit : " Dans les bras de Honegger, la main sur le coeur de Claudel, où pourrais-je me trouver mieux?"

Parmi ses oeuvres les plus populaires, citons le Roi David (1921), Pacific 231 (1923), Jeanne d'Arc au Bûcher (1938) sur le poème de Claudel.

A Montmartre, il a aimé rencontrer Cocteau, Satie, Picasso...

Le petit cimetière Saint-Vincent se console avec lui de n'avoir pas été choisi par Berlioz qui habitait pourtant à moins de 100 mètres. L'inspiratrice de la Symphonie Fantastique, Harriet Smithson y fut quelque temps inhumée avant que Berlioz ne transférât le corps de celle qui avait été sa femme et la mère de son fils au nouveau cimetière de Montmartre.

Tombe de Pinoteau (3ème division)

Tombe de Pinoteau (3ème division)

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Dans la 3ème division, repose depuis huit ans et demi un cinéaste populaire, Claude Pinoteau (1925-2012).

Peut-être aurait-il été plus à sa place au cimetière de Neuilly, ville où il vécut et mourut. Il est vrai qu'il y a peu de cinéastes à Saint-Vincent, à part le génial Carné et Méliès!

(Attention, il ne s'agit pas de Georges Méliès le magicien mais de son frère Gaston, lui même cinéaste aux Etats-Unis!)

La Gifle.Adjani, Girardot. (1974)

La Gifle.Adjani, Girardot. (1974)

Ses films les plus célèbres restent "La Gifle" et "La Boum". g>

Pas sûr que dans un siècle on en parle encore!

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

L'ordre alphabétique garde pour la fin deux artistes emblématiques de Montmartre: Steinlen et Utrillo.

La tombe de Steinlen (1859-1923) dans un angle du cimetière est constituée de pierres à peine taillées, posées les unes sur les autres et disloquées par les racines d'un arbuste.

Elle convient à celui qui resta marginal et lutta toute sa vie pour les déshérités, les victimes d'un ordre social inique. Il habitait non loin de là, sur ce qui fut le Maquis et devint la rue Caulaincourt. Son Cat's Cottage était accueillant aux crève-la-faim et aux chats. Des dizaines de chats efflanqués y trouvèrent refuge et inspirèrent à leur bienfaiteur des croquis et des dessins qui restent inégalés.

Personne mieux que Steinlen n'a dessiné les chats! Il n'est pas étonnant qu'au premier rayon de soleil, ils viennent se coucher sur sa tombe!

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

A tout Seigneur tout honneur... une des plus belles tombes est celle d'Utrillo.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

Inutile de présenter notre Montmartrois!

Rappelons qu'il est né rue du Poteau au bas de la Butte et qu'il a vécu longtemps au coeur du vieux village. Il a peint des dizaines de toiles représentant les rues et les places de notre quartier. Selon les périodes, ses oeuvres sont plus ou moins naïves, plus ou moins mélancoliques. Parfois les immeubles forment un décor de théâtre, sans acteurs, d'autres fois de petits personnages passent et disparaissent.

Utrillo n'est pas décoratif, il n'est pas pittoresque et quand il s'inspire des clichés, il donne à voir une ville où la tristesse suinte sur les murs malgré les couleurs. Son oeuvre est comme suspendue entre l'enfance et la mort.

Suzanne Valadon et son fils

Son monument funéraire est adossé au mur qui le sépare de la rue des Saules et du Lapin Agile qu'il a souvent fréquenté et peint.

Rue Saint Vincent, le Lapin Agile et les murs du cimetière.

Rue Saint Vincent, le Lapin Agile et les murs du cimetière.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.
Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

    Et voilà en ce novembre 2020, le plus jeune des hôtes célèbres du cimetière. Il s'agit de Michou que tous les Montmartrois connaissaient appréciaient et aimaient. 

Ce picard venu à 20 ans à Paris où il pouvait vivre plus aisément son homosexualité dirigera un  cabaret de drag-queens talentueuses aptes à se métamorphoser en Bardot, Dalida, Vartan... 

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

     Il a imposé sa personnalité avec sa veste bleue, ses lunettes démesurées et sa chevelure hyper oxydée. 

Son originalité ne dissimulait pas un cœur plus gros que lui et beaucoup sur la Butte peuvent témoigner de l'attention qu'il portait aux personnes âgées ou isolées.  les invitations qu'il leur adressait pour venir partager champagne et repas dans son cabaret faisaient partie de ces moments de gaité et de partage qui mettent du soleil dans la grisaille.

Cimetière Saint-Vincent. Montmartre. (1). Les "célébrités"- Marcel Aymé-Harry Baur-Eugène Boudin-Marcel Carné et Roland Lesaffre-Jules Chéret-Dorgelès-Dumesnil-Arthur Honegger-Steinlen-Utrillo.

     Il est mort le 26 janvier 2020, un mois et demi avant le grand confinement.

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.
Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

      C'est une petite rue qui va de la rue Condorcet à la rue Pétrelle et qui, si elle n'a pas abrité d'artistes remarquables ni de célébrités, est intéressante par son architecture de la fin du XIXème siècle, véritable catalogue de grands architectes représentatifs de la transition entre Haussmann et l'art nouveau. 

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

    C'est le plaisir des amoureux de Paris de se balader dans une ville toujours surprenante, toujours nouvelle dont la beauté évoque Baudelaire "Je suis belle ô mortels comme un rêve de pierre"!

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

    La pierre ici forme les falaises entre lesquelles coule la rue pavée. Ce ne sont ni les vents ni les pluies qui les ont façonnées mais des architectes et des sculpteurs qui sans se connaître ni se concerter se font écho, se répondent, se distinguent...

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

     La rue est construite sur des terrains qu'occupaient les fameux ateliers Godillot disparus dans l'incendie de 1895.

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

     Elle porta d'abord le nom d'Alphonse Poittevin, ingénieur chimiste et photographe, considéré comme aussi important dans l'histoire de la photo Niepce et Daguerre.

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

     En juin 1897 Poittevin est éclipsé par le lieutenant colonel Jean-Louis Lentonnet (1840-1895)

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

     Nous sommes dans la grande période colonialiste de la France qui tente d'égaler la Grande Bretagne, championne toutes catégories! Lentonnet s'est illustré à Madagascar et c'est sur le navire qui le ramène au pays qu'il meurt. Il est immergé dans la Mer Rouge.

Début de la rue Lentonnet. Les deux immeubles au lion

Début de la rue Lentonnet. Les deux immeubles au lion

    Tout commence avec deux immeubles qui se font face avec leurs pans coupés originaux. Ils forment une entrée harmonieuse dans la rue Lentonnet. 

Le 1 rue Lentonnet

Le 1 rue Lentonnet

    Nous les avons déjà rencontrés lorsque nous explorions la rue Condorcet sur laquelle l'un des deux (le 16) a son entrée tandis que l'autre a préféré être le premier numéro de la rue Lentonnet.

Lion du 1 rue Lentonnet

Lion du 1 rue Lentonnet

     Ils  ont été construits en 1895 par l'architecte A. Wolfrom. La partie sculpture est l'œuvre de Rousseau. Un sculpteur qui a de commun avec le Douanier du même nom d'avoir aimé les lions!

 

     Le 1 rue Lentonnet avec son lion et ses décors se retrouve presque identique à l'autre bout de la rue, au 9 avec le dernier immeuble qui donne en partie sur la rue Pétrelle  (mêmes architecte et sculpteur). 

                                        Le 9 rue Lentonnet

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

     Le pan coupé du 9 avec son lion superbe et généreux...

     Sans doute était-il prévu à l'origine que les deux immeubles de début de rue et les deux derniers soient semblables.

                                                Le 16 (Maechler)

     Un lion pourtant, un seul manque à l'appel, au 16. Le dernier immeuble en effet est dû à un autre architecte (L. Maechler) qui tout en respectant l'aspect général de celui qui lui fait face n'a pas eu la chance de connaître Rousseau. Son pan coupé est donc vierge de lion!

Les 3 et 5

Les 3 et 5

Le 5 détail.

Le 5 détail.

    Les 3 et 5 (le trois était caché par des échafaudages mais je le photographierai quand il sera sorti de sa chrysalide) sont la réalisation du même architecte : Philippe Lobrot (1845-1907).

5 rue Michelet.

5 rue Michelet.

     Cet architecte a créé de nombreux immeubles dans la capitale : 27 et 28 rue La Boétie, 60 rue Saint-Lazare, 24 rue Mogador...

 

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.
Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

    Le 4, élevé en 1897 est l'œuvre de E. Hennequet. Il est plus simple et laisse peu de place à la sculpture. L'architecte a réalisé plusieurs immeubles dans le quartier, notamment avenue Trudaine et rue Condorcet. 

Le 6 (1897)

Le 6 (1897)

     Et voilà le 6 !

     Le plus "moderne" en cette fin du XIXème siècle et aussi le plus original, le plus beau...

Le 6 (1897)

Le 6 (1897)

Le 6 (1897)

Le 6 (1897)

     Il est de l'architecte Jules Lombard, plus audacieux et plus novateur que bon nombre de ses confrères parisiens. Il est vrai qu'il est l'un des fondateurs de l'Ecole de Nancy, alors à l'avant garde de l'Art Nouveau (parmi ses membres Daum, Majorelle, Gallé!)

                                   Immeuble Lombard à Nancy

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

     Le 7 construit en continuité avec son voisin le 5 : larges fenêtres, puissantes consoles… une certaine monotonie dans une façade très longue.

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.
Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

    Le 8 et le 10 ont le même architecte  G. Farcy. Ces  deux jumeaux assez classiques se distinguent cependant par une belle ferronnerie.

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

Pour le 12 de style Louis XIII, je n'ai pas trouvé le nom de l'architecte (appel au lecteur!)

Le 14

Le 14

Le 14 est moins mystérieux puisqu'il porte, gravé, le nom de son auteur, Maechler que nous avons déjà rencontré avec le dernier immeuble privé de lion, le 16.

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

     Il est plus original que son voisin et il a gardé au-dessus de son entrée une marquise qui se déploie comme un éventail ...

Un autre nom apparaît sur la façade : F. Bondennet et fils, sculpteurs.

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

     Avec le 16 de L. Maechler s'achèvent les 118 mètres de la rue Lentonnet, musée vivant de l'architecture des cinq dernières années du XIXème siècle. Rien de spectaculaire ni d'exceptionnel sinon la variété, l'imagination, l'ostentation et la créativité des architectes et des sculpteurs qui ont fait de Paris cette ville où toute balade est découverte.

Rue Lentonnet Paris 9ème arrondissement. Musée vivant de l'architecture de la fin du XIXème siècle.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.
Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

    Rien ne nous consolera de la destruction sauvage du cirque Médrano qui fut indépendamment de son architecture remarquable un lieu historique que fréquentèrent quelques uns des plus grands peintres qui vivaient alors à Montmartre...

                                                                   Picasso

    Aucun amoureux de paris ne se consolera du vandalisme des années Pompidou qui écrasa les Halles de Baltard, le Palais de marbre rose, les quais historiques…

Les promoteurs connurent avec ce président agrégé et amateur d'art leur âge d'or!

Le cirque est l'école de la fraternité.

Le cirque est l'école de la fraternité.

   Sur l'indigent immeuble qui a pris la place du cirque Médrano, une fresque a été peinte, côté rue des Martyrs. Elle rend hommage à ce que fut ce lieu sans prétendre le remplacer.

                           L'enlaidissement irrémédiable de notre ville!

Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

    La mairie du IXème a confié la réalisation à deux artistes, sur le thème de la fraternité. Audrey Feuillet et Oscilia Glé sont ces ceux magiciennes qui eurent l'idée pour illustrer ce thème de rendre hommage au cirque disparu en imaginant un monde réconcilié où les hommes et les animaux vivraient en bonne amitié.

Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

     Beaucoup d'humour dans la représentation des artistes et des animaux, tous occupés, face au public, à faire leur numéro ou à flemmarder en regardant la piste.

Sur la droite, Monsieur Loyal est un cheval qui annonce l'entrée des artistes...

Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

     Tandis qu'à côté de lui trois castors aux yeux brillants sont bien décidés à "buller"...

Les bulles irisées qui réjouissent les enfants sont partout présentes dans la fresque, comme autant d'invitations à la légèreté et au rêve.

Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

     L'éléphant spectateur est assis sur les gradins d'un cirque en plein ciel, en plein voyage sur un fond de ciel et de carte du monde avec les océans et les continents...

Les enfants des écoles ont participé par leurs suggestions à la réalisation et c'est sans doute pourquoi l'éléphant tient des pop-corns sur les genoux. Les insupportables pop-corns qui envahissent les salles de cinéma….

Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

    L'hippopotame, le zèbre, la girafe et le lion, côte à côte dans un monde où il n'y a ni prédateur ni proie… Le lion n'oublie pas qu'il est le "roi" et roupille sur le dos à l'abri de la girafe!

Il n'est pas intéressé par les deux acrobates-cyclistes qui unissent leur adresse et leur couleur...

Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

     Les orangs-outans font leur cinéma et la ramènent en rappelant à tous le secret du bonheur : Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire... 

Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

     Au centre de la piste, un lion-dompteur fait passer un homme à travers le cerceau. Inversion de la tradition qui veut que ce soit l'homme qui exploite les animaux et non le contraire. Y aurait-il un message dans ce numéro?

Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

    Le clown et le cochon. Et pas n'importe quel clown!

Il s'agit de Boum Boum! Géronimo Médrano. Ici avec un cochon dressé d'après une photo. Clin d'oeil au célèbre clown qui dort pour l'éternité au cimetière de Montmartre et à un animal intelligent, plus que le chien.

Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

     Le prestidigitateur ne fait sortir que des bulles de son chapeau tandis qu'il est porté par le lapin blanc qui habituellement prend la place des bulles!

Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

     L'ours n'est plus l'animal cruellement dressé par un montreur de foire mais un spectateur attentif à qui un enfant offre des ballons.

Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

                    Le crocodile va à la pêche!

Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

    Le tigre fait des bulles...

Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

Personne ne fera la peau au jeune phoque qui se roule dans les nuages...

Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

   Il ne reste plus à nos trapézistes qu'à jouer avec l'espace tandis que le grand rideau rouge s'ouvre pour nous laisser voir un pays où la fraternité concerne toutes les créatures, un monde idéal comme nos rêves!

Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

     ...et où c'est un minuscule oiseau qui aide à écarter les tentures, rappelant à chacun l'histoire du colibri qui lorsque l'incendie dévore la forêt, va et vient porteur d'une simple goutte d'eau dans son bec: "je fais ma part" dit-il.

      Ici il s'agit de promouvoir la fraternité, chacun y a sa part!

Fresque du cirque rue des Martyrs. Médrano.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #album, #MONTMARTRE. Rues et places.
Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

Ier juin: Raoult à Montmartre! Le Messie?

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

2 juin. Clowns déconfinés. Rue des Abbesses.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

3 juin. Gym matinale sur le toit. Rue Picard.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

4 juin. Eclaircie rue Muller.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

5 juin. Retour d'un  peintre place du Tertre.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

6 juin. Montmartre 1942 rue Androuet. Décor de "Adieu monsieur Haffman".

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

7 juin. Rue La Vieuville.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

8 juin Miss Tic rue Lepic-Véron.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

9 juin. Retour au cimetière Montmartre.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

10 juin. La statue fait des petits. 

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

11 juin. Rue des saules. Glissade immobile.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

12 juin. A pleine voix place Emile Goudeau.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

13 juin. Pandémie terrassée… Ravignan-Goudeau.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

14 juin. La ville qui navigue. Parvis du Sacré-Coeur.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

15 juin. La petite fille-modèle. Place du Tertre.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

16 juin. Les cheminées de la rue Gabrielle.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

17 juin. Place Emile Goudeau.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

17 juin. Rue Poulbot.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.
Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

18 juin. La rue Nobel en noir et en couleur!

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

19 juin. Secrets. Square louise Michel.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

20 juin. Musicien en herbe. Place des Abbesses.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.
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21 juin. Fête de la musique. Rue André Del Sarte. Le rappeur Réta.

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22 juin. Sportifs sauteurs sur les marches du parvis.

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23 juin. Le lotus. Jardins Renoir rue Cortot.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

24 juin. Les amants de St-Jean. Rue Utrillo.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

25 juin. 35° à Paris. Le point d'eau place Valadon.

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

26 juin. "Amour aveugle" collage de Levalet rue d'Orsel sur le mur du théâtre de l'Atelier

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

27 juin. Repos avant l'ascension de la rue Foyatier!

Photos de juin 2020. Montmartre. Album.

28 juin. Le jour naissant...

    Et voilà! Le mois s'achève avant la fin! Demain c'est le départ pour Oléron avec les chats. Depuis octobre nous n'avons pas quitté notre perchoir… Il est temps de respirer l'océan et de passer des moulins de la Butte à ceux de l'île aux cent moulins!

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