Depuis quelques moi sans que jamais on ne la voie, une fée (bien que se désignant au pluriel) pose sur les murs de Montmartre des carreaux blancs qui ressemblent à ceux du métro.
Rue Seveste
Quelques mots, quelques jeux de mots souvent y sont écrits, accompagnés d'un petit personnage, une jeune femme sportive en bleu de travail.
Evidemment elle nous fait penser à l'artiste que nous avons tant aimée et qui faisait cadeau à Montmartre de ses femmes sensuelles et ironiques, Miss.Tik
La filiation paraît évidente même si la réalisation, plus rapide, plus minimaliste ne saurait rivaliser avec la précision, le délié, le génie tout simplement de Miss.Tik dont je ne cesse de regretter que le vandalisme communal ait lessivé certaines des plus belles œuvres
La fresque lessivée par les services de nettoyage, rue Véron.
Et quand ce n'est pas le vandalisme, c'est le vol tout simplement, car ses œuvres sont désormais exposées dans les musées.
Fresque volée en décembre 2025 rue Houdon
Mais revenons à "Fées des Rues" et à la surprise qu'elle nous réserve à chacune de nos balades sur la Butte.
Je guetterai chaque jour de nouvelles apparitions pour étoffer cet article et remercier ces artistes qui enchantent nos rues.
C'est une rue dont le nom et l'emplacement sont peu connus des Montmartrois, surtout de ceux qui tracent des frontières autour d'un Montmartre qui se limiterait à quelques rues du vieux village. Ils oublient que l'ancienne commune était très étendue et que le village allait au-delà de Barbès au sud est.
Rue Boissieu vers la rue Belhomme
C'est dans le périmètre à la limite des boulevards Marguerite de Rochechouart et Barbès que se situe notre rue Boissieu.
Créée en 1868, elle est modeste avec ses 41 mètres de long et ses 12 mètres de large. Modeste comme celle qui lui est parallèle vers le sud, la rue Bervic.
Elle commence au 3 boulevard Barbès et se termine après son court chemin, 8 rue Belhomme.
Elle est baptisée du nom d'un peintre et graveur lyonnais qui fut en son temps célèbre : Jean-Jacques Boissieu (1736-1810).
(Autoportrait avec la gravure de sa femme)
Il fut même appelé "le Rembrandt français" et Goethe qui l'admirait acquit plusieurs de ses œuvres.
Le bouillon
Son talent se révéla principalement dans les eaux fortes car il devint peu après la quarantaine allergique à la peinture à l'huile, ce qui, admettons le, est fort ennuyeux lorsque l'on est peintre!
(Le bouquet de fête)
Ses toiles cependant révèlent son admiration pour la peinture flamande et pour les intérieurs domestiques. Sur cette toile l'agneau est émouvant, d'autant plus que l'on devine qu'il est là pour servir de repas à la fête.
La rue modeste ne peut dire son histoire et pourtant elle aurait quelques souvenirs à raconter !
Sur cette photo on peut voir les trois rues, Boissieu (dte), Bervic (gauche) et Belhomme (arrière plan), là où se tenait la place.
Avant d'être cette rue ignorée elle fit partie d'une place vivante sur les terrains qui englobaient ses futures voisines les rues Bervic et Belhomme.
Bervic (1756-1822) était un graveur de renom à qui l'on doit une gravure qui figurait souvent dans nos livres d'histoire, celle de Louis XVI.
Belhomme n'a pour titre de gloire que d'avoir été le propriétaire des terrains où se situait la place. Il est raconté, chez wikipédia notamment, qu'il a été maire de Montmartre.
Il faut toujours vérifier les informations wikipédiesques!
On ne trouve nulle part la moindre trace d'un Belhomme à la mairie, sinon dans une lettre de novembre 1831 dans laquelle Jean Louis Véron, le véritable maire, lui demande de passer récupérer un brevet pour une décoration. Belhomme avait été, en effet, récompensé par une médaille pour sa participation aux Trois Glorieuses, ces journées révolutionnaires qui inspirèrent à Delacroix sa célèbre "Liberté guidant le peuple".
Il y avait un cabaret très fréquenté sur la place Belhomme, à l'emplacement de la rue Boissieu actuelle.
Comme tous les cabarets de Montmartre, il bénéficiait de sa proximité de Paris, avant la barrière de l'octroi. Ce qui l'exonérait des taxes qui frappaient les marchandises et notamment le vin qui entraient dans la capitale.
Il fut un lieu de ralliement pour ceux qui, dès 1840, fomentaient une révolution et préparaient déjà la liste des ministres nouveaux.
Ce qui est savoureux, c'est que le patron était lié aux services de police qu'il renseignait avec diligence grâce à l'agent secret du préfet Delessert, Lucien De La Hodde qui avait gagné la confiance des conspirateurs.
Les arrestations ne tardèrent pas et le cabaret fut fermé pour deux ans.
Notons qu'un des conspirateurs, Marc Caussidière, se retrouvera sur les barricades de 48, ainsi qu'Alexandre Albert Martin, dit "l'ouvrier Albert. Tous deux feront partie du gouvernement provisoire.
Caricature de Caussidière par Cham
C'est Marc Caussidière qui démasquera et dénoncera l'agent secret Lucien de la Hodde. Comble d'ironie le même Caussidière sera nommé Préfet de police par Ledru Rollin!
Alexandre Martin dit l'Ouvrier Albert
Le cabaret après sa fermeture provisoire rouvrira avec pour tenancier Bastié qui s'était illustré en 1848. Pendant la Commune, les gardes nationaux le fréquentent et en font un de leur cabaret favori.
Mais la Commune durera moins longtemps que le Temps des Cerises et ni le cabaret ni Bastié ne lui survivront.
Il ne reste rien de ce lieu qui aurait été digne d'inspirer Balzac!
La rue Boissieu est aujourd'hui bien calme malgré la proximité de Barbès toujours nerveux.
Pourtant, sans le savoir, la brasserie Barbès perpétue à sa manière, le souvenir du cabaret Belhomme. Peut-être (qui sait?) des conspirateurs s'y réunissent ils pour préparer la future révolution?
4 janvier rue Androuet. Une petite rue en couleurs et en poésie.
5 janvier. Compagnons de misère.
6 janvier. Pour mon anniversaire, le cadeau de la neige!
7 janvier. Tempête de neige très tôt le matin mais l'après midi, déjà un presque souvenir!
7 janvier toujours. Dans le jardin Renoir.
8 janvier. Un collègue photographe rue Pierre Picard.
9 janvier. Duo. Square Nadar.
10 janvier : Trio. Square Nadar.
11 janvier: Trio et Haendel dans l'église lors d'une répétition.
12 janvier. Solitude du guitariste place Jean Marais.
13 janvier. La nuit, la pluie font de l'art abstrait!
14 janvier. Rencontre. Le chat de la Place du Tertre sur la place du Calvaire.
15 janvier. Un des rares endroits de Montmartre où l'on voit le coucher de soleil sur la Tour Eiffel (rue Saint Eleuthère).
16 janvier. Avis de mort programmée du magnifique marronnier des Indes (1902) classé arbre remarquable et victime d'un sale champignon mortel
17 janvier. Chaque jour, ils sont là, tous les deux. Ils ne font qu'un
18 janvier. Les 10 kilomètres de Montmartre. La Butte est très télégénique et de plus en plus d'évènement sportifs s'y déroulent dans la bonne humeur
19 janvier. Le peintre démiurge
20 janvier; Lapin et poules du Jardin Junot ouvert depuis peu et toujours objet de polémiques violentes.
21 janvier. Le superbe marronnier d'Inde, va être débité en morceaux. Il est condamné par un parasite virulent qui le rend dangereux à cause des risques de chute de lourdes branches sur les passants. Je l'aimais ce vieux copain. Je ne pourrai pas chanter à côté de lui "Auprès de mon arbre, je vivais heureux."
22 janvier. La terre est bleue comme une orange
23 janvier. Il es beau, il danse.
24 janvier. Rouge est la couleur de l'amour
25 janvier. l'armure et la mer!
26 janvier. Pas de Montmartre sans amoureux
27 janvier. Un jour paisible comme rarement depuis les Jeux sur Montmartre
28 janvier. Soleil couchant sous protection
29 janvier. Les poulbots vont-ils assurer la relève?
30 janvier. La fête se prépare en couleurs au Marché Saint Pierre.
31 janvier. Le mois se termine en rousseur dans la square Nadar.