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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Place Gustave Toudouze. Ancienne place Bréda. Montmartre.
Place Gustave Toudouze. Ancienne place Bréda. Montmartre.

     C'est un des endroits de Paris qui a retrouvé son charme depuis que la place a été agrandie avec la disparition d'une voie le long des immeubles qui ne laissait aux piétons qu'un terre-plein triangulaire, une île entre les voitures!

    Partout où l'on rend la ville aux piétons, la vie revient avec l'envie de flâner ….

Place Gustave Toudouze. Ancienne place Bréda. Montmartre.

     Comme la rue de Navarin, la rue Henry Monnier et la rue Clauzel qui l'encadrent, la place date de l'époque romantique, 1830, quand le "Sieur Bréda" obtint la permission de lotir les terrains qu'il possédait. La place s'appela alors Place Bréda.

Place Gustave Toudouze. Ancienne place Bréda. Montmartre.

    En 1905, elle "disparut" pour faire partie de la rue Henry Monnier. Ce n'est qu'en 1954 qu'elle redevint "place" et qu'elle prit le nom de Gustave Toudouze.

Gustave Toudouze

Gustave Toudouze

Place Gustave Toudouze. Ancienne place Bréda. Montmartre.

     Le prénom "Gustave" a été précisé afin d'éviter la confusion avec un autre Toudouze, Georges, fils du premier, écrivain lui aussi qui a mis de la Bretagne dans de nombreux romans et qui était atteint de bretonite aigue, au point de militer dans le "Framm Ketiek Breizh" mouvement indépendantiste soutenu pendant la guerre par les nazis.

Maison des Goncourt à Auteuil.

Maison des Goncourt à Auteuil.

      Gustave, lui, était très parisien; il avait pour amis Zola et Alexandre Dumas fils et il était assidu aux "dimanches" de Flaubert comme il aimait participer au "grenier" des frères Goncourt après qu'ils eurent quitté la rue Saint-Georges voisine pour s'installer à Auteuil. On sait que dans ce "grenier" aménagé pour recevoir les amis écrivains, est née la future Académie qui porte leur nom.

      

Camaret. Quai Gustave Toudouze.

Camaret. Quai Gustave Toudouze.

… Gustave quittait parfois Paris pour passer des vacances à Camaret, charmant port de pêche dont le curé est resté fort célèbre .

Place Gustave Toudouze. Ancienne place Bréda. Montmartre.

     La numérotation de la place comptait 4 numéros, du 2 au 8. On constate qu'elle s'est inversée, le 8 faisant aujourd'hui partie du 2 comme on peut le voir sur cette photo de bougnat. Le commerce faisait transition sur un pan coupé, entre la rue Clauzel et la place.

 

     Aujourd'hui, le no stress l'a remplacé et a effacé le petit Africain de ses panneaux qui n'est pas sans rappeler le "Y'a bon Banania" de la publicité de l'époque.

 

Le 2.

Le 2.

     Le 4, seul immeuble classé, représentatif de la belle architecture de la première moitié du XIXème siècle (1839) est aussi le seul à nous raconter une histoire.

 

     Celle  des 400 coups, le film de Truffaut où le jeune Antoine vit chez sa mère et son beau père dans cet immeuble.

 

     Les liens de Truffaut avec le quartier sont étroits. Il passa une partie de sa jeunesse, à 50 mètres de la place, 33 rue de Navarin.

                                                      33 rue de Navarin  

         Ses grands- parents Jean et Geneviève de Montferrand habitaient rue Henry Monnier… au 21

                                                 21 rue Henry Monnier

Le jeune Antoine (Léaud) et sa mère (Claire Maurier). Les 400 coups.

Le jeune Antoine (Léaud) et sa mère (Claire Maurier). Les 400 coups.

     Le dernier immeuble qui a pour adresse la place Toudouze est le 6.

 

     Il n'y a, du 2 au 6 que des restaurants adaptés à ce quartier recherché pour son image culturelle et branchée…

Place Gustave Toudouze. Ancienne place Bréda. Montmartre.

      Il convient de mentionner la fontaine Wallace et son filet d'eau fraîche qui coule entre les cariatides de bronze. On sait que ces fontaines sont un don de Richard Wallace, Anglais amoureux de Paris, horrifié par la condition des habitants de Montmartre privés d'eau pendant le siège de Paris et la Commune.

                                       Richard Wallace en fontaine. Caricature de Lafosse.

Place Gustave Toudouze. Ancienne place Bréda. Montmartre.

     D'autres enfants jouent sur la place comme le fit sans doute le jeune François Truffaut. Souhaitons qu'il y ait parmi eux un futur cinéaste de son acabit!

Liens

La rue Henry Monnier

La rue de Navarin

La rue Clauzel

Liste des rues de Montmartre

                                                       

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Premier portrait de Victorine Meurent par Manet (1862). Museum of fine arts, Boston.

Premier portrait de Victorine Meurent par Manet (1862). Museum of fine arts, Boston.

     Elle a vécu dans le quartier de la Nouvelle Athènes, rue Bréda (aujourd'hui Henry Monnier) où elle inspira quelques grands peintres avant de réaliser son rêve d'adolescente : devenir peintre elle-même dans un monde qui laissait peu de place aux femmes.

Victorine Meurent. Modèle et peintre. Femme libre et artiste. Manet, Stevens...

     Victorine Louise Meurent (1844-1927) est connue dans le monde entier grâce à deux chefs d'œuvre qui ont marqué l'histoire de l'art : "Le Déjeuner sur l'Herbe" et "Olympia" de Manet. Deux tableaux où elle posa nue et qui eurent un retentissant succès de scandale!

 

     Les réactions outrées devant le "Déjeuner sur 'herbe" amusent aujourd'hui et prouvent que Manet avait vu juste en reprenant un thème classique et le modernisant. Il était sûr alors de choquer le bourgeois qui se repaissait de nus mythologiques grâce à  l'alibi culturel!

 

     Victorine Meurent est assise, nue, et regarde avec aplomb le spectateur tandis qu'à l'arrière-plan, un autre modèle, Alexandrine-Gabrielle Meley, représente une femme qui s'apprête à se soulager. Cette Alexandrine deviendra Madame Zola, épouse fidèle et tolérante de son écrivain de mari.

Olympia (Manet)

Olympia (Manet)

      Avec Olympia, tableau peint la même année mais exposé en 1865, le scandale fut plus grand encore. Les critiques ne reconnurent pas, comme pour le Déjeuner l'œuvre dont Manet s'était inspiré. Ils ne virent qu'une prostituée prête à recevoir l'homme qui lui envoie des fleurs. "Elle n'est pas jolie" dirent-ils! "C'est une cocotte dans toute sa vulgarité." Eh oui! pas d'alibi mythologique ou historique mais une femme de chair et d'os, une femme réelle qui a un nom réel : Victorine Meurent!

 

     Bien que la vie du célèbre modèle ait été romancée par des écrivains, américains pour la plupart, on ne connaît pas grand chose de sa jeunesse, sinon qu'elle est née à Paris dans une famille modeste, son père étant brunisseur de bronze et sa mère modéliste. 

Etude de Victorine Meurent (Stevens)

Etude de Victorine Meurent (Stevens)

    A 16 ans, elle travaille comme modèle dans l'atelier de Thomas Couture puis dans celui d'Alfred Stevens qui aurait été son amant. Le peintre belge la représente à plusieurs reprises.

Victorine Meurent. Modèle et peintre. Femme libre et artiste. Manet, Stevens...

                                  Le sphinx parisien (Stevens) 1867

     Deux de ses tableaux sont connus sous le même nom de "sphinx parisien". Le premier est peint en 1867 et le second en 1870 pendant la Commune de Paris. 

                                             Le sphinx parisien (Stevens 1870)

 

     Peu importe qu'elle ait été ou non la maîtresse de Stevens, comme on prétend qu'elle le fut de Manet, il y eut en réalité entre elle et lui une forte relation qui resta amicale et attentive bien après que Victorine eut cessé de poser.

                                                                Alfred Stevens

 

     Le peintre habitait un petit hôtel particulier rue Victor Massé, immeuble qui allait devenir célèbre en abritant le 2ème Chat Noir.

                                                 12 rue Victor Massé  

     Victorine vivait à deux cents mètres de là, 25 rue Bréda dans un petit immeuble qui a été détruit pour être remplacé par un opulent immeuble de style 1900 bourgeois, orné d'amours joueurs.

 25 rue Henry Monnier (emplacement du 25 rue Bréda où vécut Victorine Meurent)

 

    On admet en général que c'est dans l'atelier de Stevens qu'elle rencontra Manet et que le peintre belge proposa à son ami de la choisir pour modèle. Ce qui convenait à Manet à la recherche de figures féminines naturelles et non stéréotypées. Il ne fut pas arrêté par sa petite taille et son manque de rondeurs qui lui valurent d'être surnommée 'la crevette".

                                           Edouard Manet

Edouard Manet

    Manet l'apprécia et la représenta sur plusieurs toiles (outre le Déjeuner et Olympia). La première toile où elle apparaît, elle pose pour lui dans l'atelier de Stevens costumée avec des déguisements entreposés là par une troupe de théâtre madrilène de passage à Paris. Il s'agit de "Mlle V. en costume d'Espada" (1862).

Etrange tableau où la femme est tournée vers le spectateur, son épée pointée vers le vide, alors que le combat se déroule à l'arrière-plan. Elle attend le moment où le picador aura fait son sale boulot et affaibli la bête que le torero n'aura plus qu'à exciter une dernière fois avec sa muleta et à achever avec son épée.

Vous voulez du sang, vous allez en avoir! C'est ce que semble dire la femme en noir, comme pour inviter le spectateur à prendre la place du taureau!

 

La chanteuse de rue. (Musée des Beaux Arts de Boston)

La chanteuse de rue. (Musée des Beaux Arts de Boston)

     La même année 1862, toujours chez Stevens, Manet peint "La chanteuse de rue". Il aurait eu l'intention de faire poser une artiste de cabaret qu'il avait croisée quittant la nuit l'établissement où elle travaillait. Elle aurait refusé sa proposition et il se serait écrié, cachant sa déconvenue :  "Peu importe, j'ai Victorine!"

Victorine Meurent. Modèle et peintre. Femme libre et artiste. Manet, Stevens...

     C'est une œuvre forte, un moment de vie, un mouvement saisi et arrêté… La femme sort du cabaret, la guitare sous le bras, des cerises tenues dans l'angle du coude. Son visage est blanc, inexpressif. Il fait penser à un visage de madone qui tiendrait non pas un enfant mais une guitare et des cerises. La figure est à la fois hiératique et instable, la robe soulevée laissant apparaître le jupon. 

Victorine Meurent. Modèle et peintre. Femme libre et artiste. Manet, Stevens...

     En 1866, Manet peint "la Femme au perroquet", une de ses plus belles œuvres. Victorine Meurent dans un déshabillé rose se tient debout, hiératique et triste à côté d'un perroquet gris sur un perchoir.

Une fois encore la référence à la Vierge est présente. On songe à la Vierge de Van Eyck qui tient, comme le modèle de Manet un bouquet de violettes à côté d'un perroquet.

                                                    Détail de Van Eyck.

La lecture. Manet (1865). Suzanne Manet (Leenhof).

La lecture. Manet (1865). Suzanne Manet (Leenhof).

  Dans les mêmes années, Manet travaille avec d'autres modèles, et l'un d'eux, Suzanne Leenhof devient sa concubine puis son épouse (1863). Comme celle qu' a choisie Zola, elle a toutes les qualités: égalité d'humeur, tolérance, acceptation des infidélités de son mari!

Cependant c'est bien Victorine qui est la principale inspiratrice du peintre dans ces années déterminantes.

                                       Le Chemin de fer (1870)

Le Chemin de fer (1870)

     En 1870, Manet peint pour la dernière fois celle qui a participé à plusieurs de ses chefs d'œuvre. Il s'agit  du "Chemin de fer". C'est un adieu à la femme qui l'a inspiré et qu'il a sans doute aimée. Elle est habillée en bourgeoise et tient sur les genoux un petit chien endormi, bien différent du chat étonné et sensuel d'Olympia. La grille barre le tableau. L'avenir est de l'autre côté, dans la direction des fumées du train que regarde l'enfant. Cet autre côté où va s'éloigner Victorine qui quitte Paris pour vivre quelques années aux Etats-Unis. Son regard une fois encore est tourné vers le spectateur qui est aussi le peintre. Comme sur un quai, on regarde aussi longtemps que possible celui que l'on quitte.

Victorine Meurent. Modèle et peintre. Femme libre et artiste. Manet, Stevens...

    Victorine Meurent passe plusieurs années loin de la France. Il y a peu de traces de son séjour aux Etats Unis et de ce qu'elle y fit. Le mystère qui entoure cet épisode de sa vie a inspiré des écrivains américains qui ont tenté d'imaginer sa biographie. Parmi ces derniers, on peut citer Eurice Lipton, "Alias Olympia" (1992), Debra finerman, "Mademoiselle Victorine" (2007), V.R. Main "A woman with no clothes on" (2008)…. sans oublier l'écrivain irlandais George Moore qui fait d'elle un des personnages de son roman "Memoirs of my dead life" (1906) où elle vit une passion lesbienne avec un courtisane célèbre.

Dans l'atelier du peintre (Etienne Leroy)

Dans l'atelier du peintre (Etienne Leroy)

     De retour à Paris, Victorine qui avait observé pendant des années les peintres qui se servaient d'elles, se lance à son tour dans la peinture. Elle prend des cours à l'Académie Julian, dans l'atelier d'Etienne Leroy et commence à réaliser plusieurs œuvres.

Dans la Serre. (Manet) 1879

Dans la Serre. (Manet) 1879

     Le plus étonnant, elle voit un de ses autoportraits accepté au Salon de 1876 alors que Manet y est refusé!

Elle participera ainsi à quatre salons : en 1879 avec "Une bourgeoise de Nuremberg au XVIème siècle", en même temps que Manet qui est cette fois accepté avec "Dans la serre". Les deux toiles sont dans la même salle, celle des "M".

     Artiste appréciée par la critique, elle prend sa place dans la vie artistique et elle fait partie en 1903 de la "Société des Artistes Français"

Victorine Meurent. Modèle et peintre. Femme libre et artiste. Manet, Stevens...

     Malheureusement il est difficile aujourd'hui d'avoir une idée juste de son talent car la quasi totalité de ses œuvres ont disparu. On sait seulement qu'elle était classique, plus proche d'Ingres que de Manet. La seule toile qui subsiste, "Le jour des Rameaux", est aujourd'hui au musée de Colombes.  

    Si elle cesse de poser pour Manet qui s'est éloignée d'elle, elle le fait pour  Norbert Goeneutte dont l'atelier est situé dans l'immeuble où elle habite, 21 rue Bréda.

                                       Boulevard de Clichy (Norbert Goeneutte)

Victorine Meurent (Norbert Goeneutte) 1884.

Victorine Meurent (Norbert Goeneutte) 1884.

    Elle vit désormais librement ses amours féminines. Sa grande amie au début du XXème siècle est Marie Dufour, professeur de piano. Elles quittent Paris pour habiter dans un pavillon à Colombes. Victorine pour mieux gagner sa vie se spécialise dans la peinture d'animaux de compagnie qui était alors fort prisée de la bourgeoisie. Elle donne également des cours de guitare, instrument qu'elle n'a jamais quitté et dont elle jouait pour ses amis.

     A la mort de Manet, elle écrivit à sa femme afin de réclamer un don que le peintre lui aurait promis. En effet, comme il ne payait pas cher ses séances de pose, il lui aurait dit à plusieurs reprises que si un jour les toiles où elle était présente avaient du succès et se vendaient bien, elle recevrait une juste rétribution en signe de reconnaissance. Elle ne reçut aucune réponse de la veuve...

 

Sans doute voulait-elle en recevant ce cadeau avoir l'impression d'être associée au-delà de la mort, à celui dont le génie avait utilisé son corps, son visage, son regard qui pour toujours nous interpelle.

Liens:

Montmartre: artistes, peintres, célébrités.

Montmartre, les rues.

Hommage moderne à Victorine et Manet, ce portrait de Macnaughton

Sur le conseil d'un lecteur pertinent, je reproduis la signature de Victorine… Qui sait? Un chineur découvrira t-il enfin une de ses toiles?

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON
Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.

   Le petit Village fait partie de la commune du Grand Village et n'en est séparé que par la route qui, en été, voit passer à la queue leu leu, comme des fourmis véloces, les voitures venues du viaduc.

Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.

   Oublions le lotissement qui a dévoré l'espace libre où poussaient les herbes sauvages et les roses trémières. Toutes les maisons s'y ressemblent et forment un de ces innombrables "mitages" qui enlaidissent et banalisent l'île d'Oléron.

Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.

     Il y a encore quelques vieilles demeures comme celle qui fait l'angle avec la rue du petit village et la rue principale. Elle possède le fameux escalier extérieur caractéristique de l'habitat ancien mais elle a été "restaurée" brutalement avec un tartinage d'enduit…

     La porte du premier a été obstruée et l'escalier bute désormais sur un mur!

 

Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.

Allée des pinsons

Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.
Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.
Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.
Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.

     Il n'y aurait rien à dire de plus si n'avait été créé le port des salines, espace écologique et pédagogique avec écomusée, marais salants, sentier de balade le long des canaux, bornes d'information, location de barques…. commerces… et restaurant sur pilotis.

 

   L'ensemble bien conçu attire de nombreux touristes en quête d'authenticité et bien que tout soit reconstitué, satisfaits de ce contact "naturel" qui alerte notre espèce sur la bio diversité et la nécessité de la préserver.

 

Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.

    Le petit musée est organisé pour intéresser les enfants, avec jeux et questionnaires. C'est idéal, les jours de pluie, pour les occuper et faire naître peut-être en eux une vocation d'ostréiculteur ou de saliculteur!  

 

Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.
Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.

   Les marais salants rappellent modestement ceux qui s'étendaient jadis entre Grand Village et Saint -Trojan.

Il est possible d'y voir travailler le saulnier et même de le rencontrer et d'apprendre avec lui à récolter le fameux or blanc qui participa, il y a bien des décennies, à la richesse d'Oléron.

 

Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.
Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.

    Un entrepôt à sel, une "salorge", accueille les visiteurs heureux d'acheter un petit cadeau, salière, pot à sel, sachets de fleur de sel… de quoi donner du goût à leurs souvenirs.

Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.
Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.
Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.

   Des barques vous invitent à ramer dans les canaux sinueux et d'apercevoir, quand les promeneurs sont discrets, quelques oiseaux des marais. Aigrettes, hérons, canards…. paisibles avant la saison de la chasse et les coups de feu qui crépitent autour de l'enclave minuscule des Salines.

 

Les aigrettes

Les aigrettes

    Parce que ça canarde dur dans l'île d'Oléron où les canardeurs se réjouissent d'avoir pour président de la République un défenseur de leurs intérêts qui vient d'allonger la période de la chasse aux oies sauvages! Hulot, dans son cabinet ministériel fait la hulotte!

Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.
Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.
Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.
Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.

    Le centre névralgique de ce "port des salines", c'est la place sur laquelle s'ouvrent quelques boutiques : bijoux, souvenirs, épices.

 

Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.

    Au centre du centre, fièrement campé sur ses pilotis, un restaurant affiche une carte alléchante de produits du pays. Il annonce la couleur et prévient que les prolos ne seront pas acceptés! Enfin! Avec plus de délicatesse il annonce que soucieux de la noble  tradition oléronaise, il ne servira ni moules ni frites prolétariennes!

 

… Et pourtant! Réussir des frites n'est pas à la portée de tous et quelques restaurants, parmi les meilleurs n'y parviennent pas toujours. 

Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.

    Le site ne manque pas de charme grâce aux cabanes colorées, au ciel immense et au jeu du soleil sur les canaux. Il se veut soucieux de la préservation de l'île et participe à l'obtention par la commune du pavillon bleu.

 

Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.
Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.

    Chaque mercredi pendant la saison se tient un "marché des producteurs" tout petit mais qui attire les foules.

La piste cyclable passe par Petit Village. D'un côté elle file vers la forêt, les plages, SaintTrojan et de l'autre vers le Château, Dolus etc...

 

 

Petit Village (commune de Grand Village) Marais salants, ecosystème, musée.

    Elle passe devant un élevage de biquettes où l'on peut acheter un délicieux fromage. C'est avec ce goût et cette odeur authentiques que nous laissons le Petit Village!

Liens

Grand Village Le vieux bourg

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #CHARENTE MARITIME, #MONTMARTRE. Rues et places.
Gustave Guillaumet photographié en bédouin.

Gustave Guillaumet photographié en bédouin.

     Le montmartrois que je suis ne peut ignorer ce peintre orientaliste (1840-1887) qui est enterré au cimetière de Montmartre et dont la tombe s'orne d'une belle statue de Louis Barrias qui s'inspire de ses tableaux de fileuses.

 

     Guillaumet découvre l'Algérie par hasard et non par désir de connaître cette terre colonisée brutalement. Il est aussitôt séduit par la beauté du pays et surtout par la simplicité et l'authenticité de ses habitants.

               Campement dans la forêt de cèdres de Teniet el Had dans le massif de l'Ouarsenis

    On peut dire qu'il lui consacre toute sa vie de peintre. S'il a un atelier à Sèvres (puis Cité Pigalle) et un appartement dans le quartier de la Nouvelle Athènes au pied de la Butte, c'est à l'Algérie qu'il pense en terminant les tableaux esquissés pendant ses voyages. Pas moins de dix longs séjours pendant sa courte vie d'artiste!

                                                          Portrait d'homme

    Les villes de la colonisation ne l'intéressent pas et s'il a besoin d'être protégé lors de ses périples, c'est avec regret. La seule fois où il assiste à une razzia, expédition punitive, il est bouleversé. 

                                                           Aveugle mendiant

     Il s'attache d'abord à l'Oranie avant de descendre vers le sud, le désert, les oasis. A la fin de sa courte carrière, il ne peindra que le sud où il trouve une réponse à ses questions existentielles.

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

La veillée (1866).

    Il ne représente pas les troupes françaises qui l'escortent. Il préfère montrer les Algériens faisant partie des unités supplétives. Le paysage nocturne est quasi onirique et empreint d'une atmosphère quasi mystique.

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

  Campement d'un goum à la frontière du Maroc (1869)

     Même atmosphère avec ce bivouac dans ce paysage qu'affectionne Guillaumet sous un ciel gris où semble planer une sourde menace.

(Le Goum est une unité de combattants marocains faisant partie des troupes supplétives.)

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

Le Labour (1869)

    Toile qui montre la pauvreté des paysans, la femme conduisant l'attelage, un bébé sur le dos. Ce n'est pas une représentation pittoresque mais au contraire une "rencontre" en sympathie avec de simples gens du peuple qui peinent pour survivre.

Une fois encore la dimension contrastée avec cette ligne de fuite et ce ciel tourmenté participent au romantisme (réalité tragique de la destinée humaine) de l'œuvre. 

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

Le Labour (1882)

    Il est intéressant de retrouver une scène de labour peinte plusieurs années plus tard. L'aspect tragique, à la Delacroix, a disparu. Le ciel s'est apaisé et le soleil couchant éclaire d'une lumière dorée l'homme au travail.

La brochure de l'exposition compare cette métamorphose à celle que l'on retrouve chez Millet dont les paysans sont sublimés. 

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

La Famine (1869)

     C'est un des rares tableaux historiques de Guillaumet. La famine régnait en Algérie, aggravée par des épidémies peut-être liées à l'arrivée des occidentaux et par le manque de réserves de céréales. Entre 1866 et 1869, elle va faire des ravages et on estime qu'un tiers de la population fut décimée.

     Le tableau est une violente critique envoyée à la face de ceux qui affirmaient que la conquête était une œuvre émancipatrice et ne voulaient voir que "l'Algérie heureuse". Elle déplut au public et fut critiquée sans mesure.  Guillaumet abandonnera dès lors les représentations historiques comme il se libérera de l'influence trop manifeste de Delacroix (on pense ici aux Massacres de Scio).

                                        Détails de Guillaumet et de Delacroix (en-dessous)

     D'autres tableaux évoquent la rudesse de l'existence et la  misère d'une façon plus symbolique.

Comme ce désert avec une charogne au premier plan, peint en 1868 pendant la famine. Au loin apparaît comme un mirage une oasis ou une caravane, perdue dans l'immensité incandescente. 

 

    Peint quinze ans plus tard, avec pour décor les falaises des grottes d'El Kantara, le cheval blanc dévoré par les chiens, est comme une allégorie du pays. Le cheval fier a tenté de lutter et puis il est tombé, épuisé. Guillaumet raconte cette agonie dans son texte "Une razzia dans le djebel Nador".

 

     Le peintre ayant besoin pour voyager d'une protection militaire aura l'occasion de visiter des lieux habités par les supplétifs, c'est à dire les populations qui se sont ralliées à la France.

Il visite des villages de spahis et a l'occasion d'y peindre des femmes.

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

La source du figuier à Aïn Kerma, smala de Tiaret.

    Scène paisible qui évoque un paysage biblique. L'ombre y protège les villageois de la chaleur qui règne dans l'azur du ciel et la blancheur aveuglante des murs. Les femmes se penchent vers la source dont on imagine la fraîcheur...

 

 

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

Marché arabe dans la plaine de Tocria (1865)

     Ici Guillaumet joue avec les couleurs ocres et les blancs pour donner cette impression de vie dans un décor immuable. Il aime peindre les populations nomades qui continuent de vivre comme elles l'ont toujours fait.

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

Guerriers arabes au repos (1886)

Etude pour un grand tableau représentant une noce arabe qui ne sera jamais peint, interrompu par la mort de Guillaumet.

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

     Bivouac des chameliers (1875)

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

L'inspecteur des moissons (non daté)

 

Tisseuses à Bou Saâda

Tisseuses à Bou Saâda

     Dans les villages, le peintre peut entrer dans les maisons, occasion pour lui de montrer la pauvreté certes, mais surtout la dignité des femmes qui travaillent. Les femmes qu'il peint n'ont rien à voir avec celles de Delacroix qui sont telles que les imaginent les occidentaux, plus proches de courtisanes que de paysannes.

                                     Scène de gourbi à Biskra (1882)

     C'est au cours des derniers voyages qu'il entre ainsi dans l'intimité de ces maisons de terre. 

 

 

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

Fileuse (1874)

     Il s'agit d'une étude pour un tableau plus important représentant une famille arabe nomade sous une tente. Les fileuses de Guillaumet auront l'heur de plaire et c'est à l'une d'elles que Louis Barrias confiera de jeter des fleurs sur la tombe du peintre au cimetière Montmartre.

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

La nativité de Bou Saâda.

     Une des plus étonnantes scènes d'intérieur nous donne à voir une nativité. Nous sommes ici devant le mystère de l'interprétation que nous nous faisons des autres cultures.  "On se figure parfois entrer dans une étable" écrit Guillaumet.

  Le chrétien qu'il est voit  dans la pauvreté et la simplicité une image qui le renvoie à sa foi.  De nos jours, il s'expose à la critique de ceux qui considéreraient cette "interprétation" comme non respectueuse de la foi des indigènes. L'interprétation des œuvres peut ainsi changer avec le temps alors que dans ce cas précis on ne peut soupçonner Guillaumet de quelque sentiment de supériorité… Au contraire.

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

Laghouat (1879)

     C'est peut-être la plus belle œuvre de l'exposition. Elle est l'aboutissement des tentatives du peintre pour rendre la lumière du sud, si difficile à saisir. Ici hommes et paysages sont liés comme embarqués sur le pont d'un immense navire qui naviguerait sur les sables. A la proue apparaît un minaret. Les habitants sont paisibles dans le soir qui tombe et apporte un peu de fraîcheur. Ils semblent être là depuis des siècles. 

On voit ici tout ce qu'une grande œuvre peut suggérer. Elle s'inscrit dans une lignée de peintres qui saisissent la magie surréelle de l'univers. On pense à certains Dali et surtout à Chirico. Mais chez Chirico, c'est l'architecture qui semble l'emporter et éliminer les vivants. Ici tout le monde est embarqué dans le même mystère

La toile eut un grand succès et fut tout de suite considérée comme un chef d'œuvre..

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

Autre chef d'œuvre: La Séguia, près de Biskra (1885)

     Le tableau est peint deux ans avant la mort de Guillaumet. Il est l'image même qu'emporte avec lui le peintre de ce pays. La paix, la beauté des habitants et particulièrement des femmes. L'eau, les murs de terre, le ciel se partagent sans se heurter l'espace. Vision idéale d'un monde antique et pourtant actuel.  

D'autres œuvres nous montrent ces paysages du sud  avec des laveuses.

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

L'oued à Bou Saâda. Trois laveuses.

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

Laveuses dans l'oued de Bou Saâda. 1882

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

Jeunes filles dans l'oued de Bou Saâda. 1882

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

L'oued Mzi, Laghouat.

Mais je termine aves deux de mes tableaux préférés : l'oued de Mzi avec ce paysage épuré, en lignes de fuite vers un horizon vers lequel se tournent les deux silhouettes… Le symbolisme est présent dans cette œuvre du silence ainsi que l'épure et la simplification quasi abstraite.  La touche picturale y est déjà impressionniste.

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

Femmes dans une oasis.

     Comme dans ce dernier tableau des femmes dans une oasis. L'eau est miroir où se reflète l'argent du ciel gris. Le silence, la paix du soir envahissent le paysage. Tous les détails ont disparu. Ces femmes sont là, immuables et fragiles dans un monde sans brutalité.

Elles sont ce pays qu'aime Guillaumet et dont il emporte l'image dans son dernier voyage lorsqu'il meurt en 1887.

L'Algérie de Gustave Guillaumet. Musée des Beaux Arts de La Rochelle. Exposition.

     Cette belle exposition est présentée au musée des Beaux Arts de La Rochelle jusqu'au 17 septembre 2018. Elle le sera ensuite au musée des Beaux Arts de Limoges du 19 octobre au 4 février 2019, puis à la Piscine-musée d'Art et d'industrie André Diligent de Roubaix du 8 mars au 2 juin 2019.

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Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

     Le Grand-Village attire chaque été les amoureux des plages immenses où l'on ne se bat pas pour un mètre carré de serviette et où les surfeurs de tout gabarit s'en donnent à vague joie….

 

     On oublierait qu'à l'origine, il y avait là un hameau, entre marais et forêt. Si modeste qu'il n'avait aucune indépendance et faisait partie de la commune de Saint-Trojan les Bains.

 

     Une fronde des habitants des différents bourgs situés au nord de St-Trojan (Les Allassins, Petit-Village, Grand-village, Trillou, le Maine) entraîna une quasi sécession qui aboutit à l'indépendance, le 14 décembre 1949.

C'est donc la date de naissance officielle de Grand-Village et de ses hameaux environnants.

Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

Passage des îles. Gd Village.

     Le magazine de la Communauté de communes de l'île en parle dans son numéro d'août 2018 :

"La légende raconte que , furibarde, la municipalité de Saint-Trojan offrit à Grand-Village en cadeau de rupture un ...corbillard."

le symbole funèbre tomba fans l'eau puisque la population du Grand-Village croît plus vite que celle de St-Trojan et l'égalera bientôt si la tendance persiste (1300 habitants à St Trojan, 1050 au Grand-Village)….

Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

     Aujourd'hui la commune est entièrement vouée au tourisme avec terrain de camping, meublés, commerces, concentrés dans la partie "moderne" dont l'architecture n'a rien d'éblouissant ni même d'harmonieux si l'on excepte le musée qui sera inauguré le 15 septembre 2018.

La chatte Plume sur les toits du vieux village;

La chatte Plume sur les toits du vieux village;

    C'est à l'ancien bourg que nous consacrons cette première visite (prochains articles : le centre, la forêt et la plage, Petit-Village, le musée et la maison paysanne.)

    Le vieux village était un regroupement modeste de maisons construites, comme presque toujours dans l'île autour d'un lacis de venelles et d'allées.

     Si l'on remonte dans le passé, nous trouvons au coeur du vilage quelques maisons typiques avec leur escalier extérieur. Assurément les plus belles. 

               Les plus vieilles maisons du vieux bourg. Pierres et escalier extérieur.

      Belle maison faisant partie du même groupe central.

Belle maison faisant partie du même groupe central.

    Une rue (celle où j'habite) porte le nom des saulniers, en souvenir de ceux qui travaillaient dans les marais salants de Saint-Trojan.

 

Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

Rue des Saulniers.

Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

Notre petite maison et son laurier rouge rue des saulniers.

Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

Une maison pour contes de fées charentaises, rue des saulniers.

 

     Les marais salants s'étendaient de Grand-Village à Saint-Trojan. Nous verrons que pour les touristes, certains ont été recréés au Petit-Village, avec écomusée et vente de sel à la salorge (entrepôt réservé au sel).

Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.
Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

D'autres habitants avaient des métiers liés à la vigne, à la silviculture ou à la mer...

     Une maison du village, récemment restaurée rappelle la présence d'un résinier qui exploitait la forêt voisine.

 

Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

    On trouvait également quelques viticulteurs et quelques ostréiculteurs:

 

Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.
Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.
Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.
Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.
Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.
Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

   Un palmier s'épanouit par-dessus les maisons basses. Il est le roi du village , au centre géographique. Il est comme une fontaine végétale, un jeu de palmes qui s'élèvent et retombent avec des éclats de soleil.

 

Le seul "monument historique" du village, indiqué par un panneau trompeur est la petite chapelle.

Le "monument"  en effet n'a pas un poil du XVIIIème! 

Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.
Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

Le hameau dépendant jadis de Saint-Trojan, c'est l'église de ce village qui servait de clocher aux grands villageois. Mais, par goût de l'indépendance, ces derniers voulurent avoir leur petit clocher bien à eux!

 

     Une chapelle fut donc construite entre bourg et marais au début du XIXème. Elle tomba en ruines et fut reconstruite vaille que vaille mais il fallut attendre la fin du siècle pour qu'elle soit remaniée de fond en comble avec un petit clocher fiérot et la cloche que les enfants n'essayèrent plus d'atteindre avec des cailloux pour la faire tinter. Ce jeu innocent avait provoqué l'effondrement de la toiture sous l'amoncellement des projectiles !

 

     Elle est aujourd'hui bien entretenue et régulièrement restaurée par des habitants du village. Elle n'est plus isolée mais au bord d'une route entre les nouveaux lotissements qui la cernent.

Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.
Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

     En 1990, un peintre qui habitait rue du Canton la recouvrit de fresques qui représentaient la commune et ses hameaux environnants: les Allassins, Trillou, le Maine, le Chaudron...

 

Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.
Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.
Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

     Il s'agit d'Elie Murat (1914-1999) qui sans esbrouffe, à sa manière simple et réaliste, réalisa cette œuvre, comme on illustre un livre pour enfants... 

 

     Les animaux domestiques ou sauvages parcourent l'espace librement et les goélands s'envolent dans le ciel...

 

Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.
Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

    Un ex voto se balance sous les voutes. Il a été offert par un ancien marin qui naviguait sur le porte-missiles, le Duquesne, dans les eaux minées pendant la guerre du golfe et qui vit sauter devant lui un remorqueur américain. A cent mètres près c'est lui qui sautait avec sa cargaison explosive et  ses deux cents hommes.

Il a construit cette maquette en souvenir des 2 Américains tués et des 200 Français préservés!

Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

     Il y  a rue du canton, dans le jardin de la maison qui fut celle d'Elie Murat une fresque de coquillages et de pierres qui témoigne de la créativité et de l'esprit d'enfance du peintre qui repose aujourd'hui dans le petit cimetière de la forêt.                       

Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

     Si vous vous promenez dans le vieux village, vous découvrirez encore quelques jolies rues paisibles comme la rue du Four banal (souvenir du temps où il y avait un four que tous les villageois pouvaient utiliser)

                                          Belle maison rue du Four Banal   

Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

     D'autres rues sont bordées de maisons qui se ressemblent, comme la rue du puits neuf ou de maisons plus anciennes comme  la grande rue où se cache l'ancien four à pain de la vieille boulangerie.

 Mais nous aurons vite fait le tour du vieux village qui tourne le dos à la partie plus riche et plus récente de la commune et qui lézarde au soleil avec ses vieilles pierres et ses roses trémières….  

à suivre!... Petit Village...

Le Grand-Village Plage. 1- Le vieux village.

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Publié le par chriswac
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Rue Henry-Monnier

Rue Henry-Monnier

     Nous retrouvons ici un riche propriétaire dont nous avons déjà cité le nom, le sieur Bréda qui possédait les terrains où sont construites les actuelles rue Clauzel et Henry-Monnier, reliées par la place Toudouze.

                                                 La rue prise de la rue Massé

                                                       La même aujourd'hui

La même aujourd'hui

     En 1830 notre homme retira une somme considérable du lotissement de son terrain et non content de la bonne opération financière, voulut que son nom fût immortalisé en rue Bréda, place Bréda et rue Neuve Bréda! 

Rue Monnier, à droite la rue Clauzel et la place Toudouze (anciennes rue Neuve Bréda et place Bréda)

Rue Monnier, à droite la rue Clauzel et la place Toudouze (anciennes rue Neuve Bréda et place Bréda)

     Cette immortalité fut provisoire puisque la rue Neuve Bréda devint Clauzel en 1864, la place Bréda devint Toudouze en 1954 et la rue Bréda devint Henri Monnier en 1905 puis Henry Monnier avec un "y" en 2003.

Henry Bonaventure Monnier

Henry Bonaventure Monnier

     Henry Monnier (1799-1877) est un caricaturiste et illustrateur qui marqua son époque en dessinant pour les plus grands écrivains, notamment Balzac, et en créant un personnage qui n'a pas fini d'être actuel : Mr Prud'homme.

                                Mr Prud'homme  peint par Henry Monnier

Mr Prud'homme peint par Henry Monnier

     Mr Prud'homme! Un gros bonhomme bourgeois, aisé, sûr de lui, conformiste et pour tout dire stupide, de cette stupidité vaniteuse et satisfaite. Je ne sais pourquoi je pense à Trump, Mr Prud'homme américain, désarmant de certitudes qui vient de déclarer que pour éviter les incendies monstrueux de Californie, qui selon lui n'étaient pas dus à un réchauffement climatique bidon, il fallait déforester!

 

     Balzac dit de ce personnage qu'il est "l'illustre type des bourgeois de Paris". 

Monnier (et non Prud'homme) a servi de modèle à l'auteur de la Comédie Humaine pour un personnage récurrent, Jean-Jacques Bixiou qui fait sa première apparition dans "les Employés". Il est dépeint avec sympathie comme un fonctionnaire caricaturiste, amateur de bons mots.

"Bixiou croquait la femme appuyée sur un parapluie".  (Un Ménage de Garçons. Balzac) dessin de Monnier.

     Notons que Monnier a influencé de nombreux créateurs. Il suffit de citer Sacha Guitry et sa pièce : "Mr Prud'homme a t-il vécu?" ou Franquin, le créateur de Gaston Lagaffe, qui donne au maire de Champignac les traits de Mr Prud'homme.

 

Quelques citations de Monnier-Prud'homme que Coluche aurait pu revendiquer :

"C'est mon opinion et je la partage."

""Je ne connais pas d'endroits où il se passe plus de choses que dans le monde."

"La mer : une telle quantité d'eau frise le ridicule… et encore on n'en voit que le dessus."

"La nature est prévoyante, elle a fait pousser la pomme en Normandie, sachant que c'est dans cette région qu'on boit le plus de cidre."

"Je l'ai toujours dit, les hommes sont égaux. Il n'y a de véritable distinction que la différence qui peut exister entre eux."

                                                         Le 2.

Le 2.

     Le 2 est un des plus anciens immeubles et date du début du lotissement. C'est là que vécut la poétesse, la grande amoureuse Louise Colet (1810-1876).

                                                  Louise Colet (Courbet)          

 

 

     Reconnue en son temps puisqu'elle reçut plusieurs fois le prix de l'Académie, elle tenait un salon littéraire fréquenté par quelques uns des plus grands écrivains de la première moitié du XIXème siècle : Victor Hugo, Vigny, Musset, Baudelaire.

 

     On lui prête beaucoup d'amants parmi cette élite des lettres. Ce qui est sûr c'est que sa fille Henriette n'a pas eu de père officiel puisque le mari de Louise ne l'a pas reconnu, pas plus que son amant Victor Cousin.

                                                           Victor Cousin

     Parmi ses amoureux les plus célèbres figure le jeune Flaubert qui est en train d'écrire l'Education Sentimentale et dont on peut lire les lettres, nombreuses qu'il écrivit à son amante :

"Ne m'aime pas tant, ne m'aime pas tant, tu me fais mal! Laisse-moi t'aimer, moi; tu ne sais donc pas qu'aimer trop, ça porte malheur à tous deux; c'est comme les enfants que l'on a trop caressés étant petits, ils meurent jeunes; La vie n'est pas faite pour cela; le bonheur est une monstruosité! Punis sont ceux qui le cherchent." (8 août 1846)

 

       C'est dans l'atelier de Pradier non loin de chez elle, rue Bréda qu'elle a fait sa rencontre.

     Après la fin de leur liaison, il ne fut pas très gentleman et dit beaucoup de mal des "qualités" littéraires de celle qu'il avait encensée du temps de ses jeunes amours.

                                                  Louise Colet (Pradier)

    Celle qui reçut au contraire des compliments du premier des poètes, Victor Hugo, eut des années difficiles et fut heureusement aidée par Victor Cousin. Aujourd'hui, après des décennies pendant lesquelles elle fut ignorée, elle connaît un renouveau avec la réédition de certains de ses romans et recueils.

 

  Elle ne devrait plus être oubliée dans les anthologies de la poésie romantique.

"Qui n'a pas un amour sans limites n'aime point" (Lui 1859)

………….

"Ton amour m'a donné comme un second baptême. Ton amour c'est ma foi." (Corinne et Oswald 1829)

…………..

"Le malheur m'a jeté son souffle desséchant

De mes doux sentiments la source s'est tarie

Et mon âme incomprise avant l'heure flétrie

En perdant tout espoir perd tout penser touchant."

Rue Henry-Monnier. Paris. Montmartre.

Le 3. Bel immeuble 1830

                                                              Le 4

Le 4

     Le 4 fut en son temps une adresse bien connue et très fréquentée. C'était le bordel de Louise Brémont dont un des visiteurs les plus illustres fut Emile Zola.

En tout bien tout honneur pourrait-on dire puisque le romancier qui avait besoin de documentation sur le fonctionnement d'une maison close avait jeté son dévolu sur celle-là, dans la quartier que sa Nana sillonne le soir venu.. 

Rue Henry-Monnier. Paris. Montmartre.
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Le 16

Le 16

     Le 16 fut l'adresse d'un restaurant qui avait ses fidèles parmi lesquels Henry Monnier lui-même, Nadar, Mürger, Baudelaire qui habitait le quartier et venait souvent accompagné de Jeanne Duval.

                                           Jeanne Duval (Manet)

     Le restaurant était minuscule et dans son unique pièce tendue de papier rouge velouté recevait une douzaine de personnes autour d'une table unique en fer à cheval où l'on servait une excellente cuisine traditionnelle concoctée par la mère Dinochau.

Les Goncourt

Les Goncourt

     Les Goncourt, toujours vipérins, décrivent les propriétaires : " Le père Dinochau un vieil abruti, la mère Dinochau qui avait de gros yeux saillants comme des tampons de locomotive et le fils devenu célèbre plus tard en voyoucrate intelligent".

Le 20

Le 20

Le 21

Le 21

     Le 21 est un opulent immeuble construit en 1907 par les architectes Guyon et fils et orné de sculptures réalisées par Ardouin. Malgré son harmonie et le sourire des visages de pierre, il écrase un peu les immeubles plus modestes de la première moitié du XIXème siècle.

 

   Il  a été édifié à l'emplacement du premier immeuble qui abritait l'externat de Perot, instituteur socialiste qui habitait à la même adresse et qui reçut Gustave Lefrançais et Pauline Roland avec lesquels il créa l'Association fraternelle des instituteurs socialistes.

Rue Henry-Monnier. Paris. Montmartre.

    On est étonné en lisant aujourd'hui le programme d'enseignement rédigé par Pérot de constater à quel point il était moderne et respectait les enfants. Pauline Roland bien sûr y avait contribué et en féministe convaincue, insisté sur l'importance de l'égalité des sexes et la mise en cause des clichés et des habitudes culturelles concernant les genres.

     Gustave Lefrançais sera un des acteurs de la Commune, ce qui ne sera pas le cas de Pauline Roland, morte trop tôt, en 1851, après un emprisonnement et un exil dans la prison de Bône (Algérie) qui mina sa santé.

                                                              Pauline Roland

Victor Hugo lui a consacré un des beaux poèmes des Châtiments, écrit à Jersey :

"Elle ne connaissait ni l'orgueil ni la haine

Elle aimait, elle était pauvre, simple et sereine."

(…) Tendre, elle visitait, sous leur toit de misère,

Tous ceux que la famine ou la douleur abat,

Les malades pensifs, gisant sur leur grabat,

La mansarde où languit l'indigence morose;

Quand par hasard, moins pauvre, elle avait quelque chose,

Elle le partageait à tous comme une sœur;

Quand elle n'avait rien, elle donnait son coeur." (…)

Rue Henry-Monnier. Paris. Montmartre.

     Toujours au 21, vivaient les grands-parents de François Truffaut, Jean et Geneviève de Monferrand. On sait que le jeune François vint au monde (1932) après la grossesse cachée de sa mère et qu'il fut d'abord confié à une nourrice avant de vivre chez ses grands parents jusqu'en 1942, année de la mort de sa grand-mère. 

Antoine Doisnel entre rue Monnier et place Toudouze.

Antoine Doisnel entre rue Monnier et place Toudouze.

     Ce quartier est vraiment celui du réalisateur puisque c'est l'école de la rue Clauzel qu'il fréquenta, c'est, après la rue Monnier, rue de Navarin qu'il habita, chez sa mère et son père adoptif, c'est au collège Rollin (Jacques Decour) qu'il fut élève …. et ce sont ces lieux et ces rues qu'il filma dans les 400 coups, Antoine Doisnel habitant place Toudouze, à quelques dizaines de mètres de la rue Monnier et de la rue de Navarin!

Le 25

Le 25

Le bel immeuble restauration du 25 a été détruit et à sa place a été édifié le jumeau somptueux du 21, dû aux architectes Guyon et fils et au statuaire Ardouin.

 

     Dans l'immeuble d'origine vécut une grande amoureuse des femmes qui pourtant suscita bien des émotions chez les mâles.

   Elle est la femme nue du déjeuner sur l'herbe de Manet, elle est l'Olympia étendue sur son sofa...

Le déjeuner sur l'herbe

Le déjeuner sur l'herbe

Olympia

Olympia

    Victorine Meurent (1844-1921) qui posa pour Degas et Stevens, fut le modèle favori de Manet pendant presque dix ans. Parmi les chefs d'œuvre qui la représentent, outre les toiles déjà nommées, on peut citer la femme au perroquet, portrait en pied à la fois sensuel et hiératique, l'Espada, le Chemin de fer...

 

   Avant d'aller habiter avec son amie Marie Dufour à Colombes, elle voulut peindre à son tour et obtint un certain succès.

                                                         La femme au perroquet

 

Le 28

Le 28

     Au 28 se trouvait l'atelier de Jules Dupré (1821-1889), peintre de l'école de Barbizon qui en fut l'un des chefs de file et qui partageait avec Théodore Rousseau une grande amitié faite de beau fixe et de tempêtes.

Rue Henry-Monnier. Paris. Montmartre.

     Il donna à ses paysages et à ses marines un relief sombre, quelque chose de tourmenté et pour tout dire romantique. Son admiration pour Courbet qui fit son portrait se ressent dans ses toiles.

                                                     Jules Dupré (Courbet)

     Van Gogh qui le cite plus de dix fois dans ses lettres à Théo le tenait en grande estime et le considérait comme le grand peintre romantique français.

 

     Son premier atelier se situait rue Frochot avant de migrer deux cents mètres plus bas, 28 rue Bréda (Henry Monnier). Il le quitta pour s'installer dans sa ville natale de l'Isle Adam.

Le 30

Le 30

     Un compositeur basque espagnol vécut de 1855 à 1857 dans cet immeuble. Son nom Sebastian Iradier n'est peut-être pas connu de tous mais deux de ses œuvres le sont assurément!

 

     Il s'agit de "La Paloma", un des plus grands tubes internationaux et bien que la paternité ne lui en fût pas attribuée, de la habanera de Carmen : "l'amour est un oiseau rebelle"!

Rue Henry-Monnier. Paris. Montmartre.

     Bizet lorsqu'il reprit cet air au premier acte de son opéra était persuadé qu'il ne pillait personne et reprenait une très ancienne chanson folklorique. En réalité, il s'agissait de "El Arreglito", chanté en 1863 au théâtre italien de Paris et composé par Iradier. C'est aujourd'hui un air mondialement connu.

Le 34

Le 34

     La rue se termine en apothéose avec le magnifiques immeuble du 34 dont l'entrée principale est 27 rue Victor Massé et qui est classé comme ses voisins du 23 et 25.

    Ils ont été construits par Davrange et Durupt entre 1847 et 1850 dans le style Louis-Philippe néo Renaissance. Ils sont parmi les plus "souriants", les plus mélodieux du quartier... 

 

     Au 34 le peintre Théodore Chassériau (1819-1856) eut un atelier dans les dernières années de sa vie qui fut courte.

                                                          Autoportrait

Il habitait alors rue Fléchier, un peu plus bas, dans un immeuble qui donnait sur l'église Notre-Dame de Lorette.

Alice Ozy (Chassériau)

Alice Ozy (Chassériau)

    Il eut pour maîtresse Alice Ozy, célèbre comédienne qui fut courtisée en vain par Victor Hugo à qui pourtant peu de femmes résistaient. Le poète en garda un fort ressentiment envers son rival heureux.

Les deux soeurs (Chassériau 1843)

Les deux soeurs (Chassériau 1843)

Odalisque couchée (Chassériau)

Odalisque couchée (Chassériau)

     Chassériau dont le maître, Ingres, disait qu'il serait "le Napoléon de la peinture" est influencé pour la forme par son professeur et pour la tonalité intense et contrastée par Delacroix. On peut dire qu'il est un romantique classique!

                                         Hero et Léandre (la Poésie et la Sirène)

     C'est avec lui que nous quittons cette courte rue qui n'en finit pas de nous raconter des histoires de poésie, de peinture, d'amour, d'utopie, dans un quartier qui fut une pépinière de création et de rêve.

Fin de la rue Henry Monnier

Fin de la rue Henry Monnier

Place Kaspereit depuis la rue Henry Monnier

Place Kaspereit depuis la rue Henry Monnier

Liens :

Liste des rues de Montmartre

Artistes et célébrités de Montmartre

Vitrail art déco place Kaspereit. Ancien cabaret chinois le Shangaï.

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Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.

     Les roses trémières se haussent du col pour jeter leur œil en couleur au-dessus des murs du Bastion et apercevoir les chats qui vivent là, pas tout à fait comme des pachas mais comme des rescapés du malheur.

Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.

    Ils ont été trouvés dans les rues ou les terrains vagues, abandonnés,  blessés ou faméliques…

   Chacun a son histoire et son mystère. Chacun a ses angoisses et parfois ses souvenirs de maîtres aimés. Tout cela donne à leur regard cette intensité, cette tristesse, cet appel qui bouleversent les hommes attentifs à d'autres existences que la leur propre.

Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.

    C'est Supervielle qui a écrit :

"Visages des animaux

Si bien modelés du dedans à cause de tous les mots que vous n'avez su dire."

Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.

      Je connais depuis quatre ans ce refuge d'où viennent les deux chattes qui vivent chez moi.

 

     Une dizaine d'articles de ce blog ont été consacrés à ce refuge qui existe grâce aux bénévoles qui lui consacrent  de leur temps, de leurs forces .

    Leur dévouement, leur modestie, leur fidélité font d'eux (et surtout elles) les premiers de cordée du cœur. 

Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.

     Rourou le glouton..

    Je l'ai rencontré dans l'infirmerie où il est cantonné pendant que l'on nourrit tous les pensionnaires. C'est pour le protéger de sa boulimie qui fait de lui un gros pépère, ronronnant et affectueux!

Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.

    Miel est presque aveugle mais malgré son handicap,  il est heureux de vivre et il manifeste son intérêt et son désir de caresses à tout humain qui l'approche! J'ai rarement rencontré une telle demande de tendresse.

Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Ulysse

Ulysse

    Ulysse fait partie de la "bande des 9".

    Ce sont neuf chats qui viennent d'une caravane où ils ronronnaient avec une femme qui les avait ramassés dans la rue. Ils vivaient sans problème jusqu'au jour où leur maîtresse est partie.

  Ils sont là, tous les neuf, doux et philosophes. Ils ont leur petit domaine, leurs couchettes, leurs jeux. Seule leur manque la femme qui,  il n'y a pas si longtemps, donnait à chacun son comptant de caresses. Sans doute apparaît-elle dans leurs rêves de chats.

Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.

    Il y a tous ceux dont j'oublie le nom. Je ne suis pas comme Cosette qui a créé ce refuge et comme bien des bénévoles qui savent nommer chacun d'eux et connaît son histoire.

Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Garou

Garou

    Garou, je le reconnais. C'est un des plus gentils, des plus attentifs. Un bonheur de chat...

Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.

   Un matin de ce mois, alors que je photographiais ces pachas, Cosette est arrivée avec une panière. Une nouvelle chatte faisait son entrée. Elle avait été signalée par une personne moins indifférente que les autres car elle errait, famélique, la patte coincée dans un collier antipuces.

 

     Elle avait sans doute été adoptée puis relâchée dans la nature. Elle avait voulu se débarrasser de son collier et s'était pris la patte dans ce piège. Elle avait une plaie ouverte à force de tenter de se libérer. Cosette l'a récupérée. Le vétérinaire a douté de pouvoir la sauver tant elle était faible.

Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.

     Elle a été perfusée sous anesthésie.  Il semble qu'elle reprenne vie, confiance.. elle a mangé. Elle est sans doute sauvée!

   Elle s'appellera Hella comme dans la chanson de France Gall, mais avec un H...

"Ella, elle l'a

Ce je ne sais quoi

Que d'autres n'ont pas…"

Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.

     Gamin a 24 ans!

    Il est l'ancêtre du refuge. Il a un traitement de faveur avec couchette dans la cuisine et se promène dans l'allée. Il ronronne de plaisir quand on prend son corps léger dans les bras. 

Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.
Chats. Refuge des Pachats du Bastion. Le Château d'Oléron.

     Refuge des Pachats, petite enclave d'humanité… rendue possible grâce à une municipalité intelligente et sensible… grâce à ces belles personnes qui si le paradis existe, y seront conduites un jour qui peut attendre, par les anges…

Car, comme chacun sait, les anges sont des chats!

 

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Publié le par chriswac
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Rue Fromentin. Montmartre.

     C'est une courte rue étroite (100 mètres de long et 12 de large qui va de la rue Duperré au boulevard de Clichy.

Elle ne paie pas de mine et pourtant comme tant de rues parisiennes, elle nous réserve bien des surprises.

Rue Fromentin. Montmartre.

     Elle a été ouverte en 1850 et portait à son baptême le nom de rue Neuve Fontaine Saint Georges. Un nom un peu longuet qui se simplifia en Neuve Fontaine.

Eugène Fromentin. Autoportrait.

Eugène Fromentin. Autoportrait.

    En 1870, elle cessa d'être Neuve-Fontaine pour rendre hommage au peintre-écrivain Eugène Fromentin.

Rue Fromentin. Montmartre.

    Je connais cet artiste pour avoir vu le monument à sa gloire érigé au centre de la Rochelle (sa ville natale) et  le musée qui présente une trentaine de toiles peintes en Algérie, pays qu'il aima et dont il admira les fiers cavaliers.

                                                        Le Simoun (Fromentin)

     La rue commence au 1 avec une façade du somptueux Hôtel Halévy dont l'entrée se situe rue de Douai.

     L'immeuble a été construit sous le 2nd Empire pour la famille Halévy.

Rue Fromentin. Montmartre.
Rue Fromentin. Montmartre.Rue Fromentin. Montmartre.Rue Fromentin. Montmartre.

     Parmi ses plus célèbres occupants figure Georges Bizet qui s'y installa après son mariage avec Geneviève Halévy en 1869.

Il y travaille à la composition de Carmen. Il y accueille aussi la naissance de son fils, Jacques qui sera le grand ami de Proust

                                              Jacques Bizet par Elie Delaunay 1878

      Il meurt d'un infarctus en 1875, après les représentations catastrophiques de son œuvre, atteint par l'échec de cet opéra qui est aujourd'hui le plus représenté dans le monde!

Rue Fromentin. Montmartre.

     Le 5 est aujourd'hui l'atelier d'arts plastiques Rrose Sélavy.  Pas étonnant qu'il s'appelle ainsi puisque c'est là que le créateur de ce personnage, Marcel Duchamp eut son atelier.

                                      Marcel Duchamp en Rrose Sélavy par Man Ray

     Ce nom avec lequel il signa certaines de ses œuvres, notamment des "ready-made" a pour homophone, sa signification réelle : "Eros c'est la vie".

   On sait l'importance que le nom de Rrose Sélavy  eut chez les surréalistes et les dadaïstes, Desnos le reprenant à son compte.

                                                    Desnos par Man Ray

 

Rue Fromentin. Montmartre.

     Au 7, vécut pendant deux années, de 1899 à 1900, Maurice Ravel adolescent. Il connaissait déjà le 9ème arrondissement puisque sa famille avait habité six ans rue Victor Massé, l'ancienne rue du Chat Noir.

 

Rue Fromentin. Montmartre.

     Le 8 vit pendant quelques années s'ouvrir les portes d'un cabaret, le Monte Cristo qui abrita les rendez-vous clandestins des membres du groupe de résistants l'OCM (Organisation Civile et Militaire) dirigée par Jacques Arthuys et dont Vicky (la princesse russe Véra Obolensky) fut une des figures les plus héroïques. La plupart des membres de ce groupe furent arrêtés et exécutés. Vicky fut guillotinée en 1943 dans les prisons nazies.

                                                       Véra Obolensky (Vicky)    

 

Rue Fromentin. Montmartre.

     Au 10, il y eut le laboratoire pharmaceutique "Scientia" dirigé par un certain Perraudin, pharmacien de 1ère classe!

 

Rue Fromentin. Montmartre.

     Le 11 fut fréquenté par de joyeux noctambules au temps où il était cabaret et s'appelait "le Don Juan"! Nous sommes à deux pas de la place Blanche où l'on ne compte plus le nombre de cabarets qui apparurent, disparurent, ressuscitèrent, moururent à nouveau… comme autant de phénix!

 

     Le Don Juan naquit en 1891 et devint très vite un des hauts lieux où l'on vénérait la Fée Verte, quitte à lui offrir en sacrifice son foie, son cerveau et sa raison! L'absinthe y était dégustée selon le rituel immuable avec cuillère-passoire et sucre.

                                                         L'absinthe (Degas)

 

Rue Fromentin. Montmartre.

     Le cabaret garda la même adresse après la destruction du premier immeuble et l'érection (terme adapté au Don Juan!) du nouvel immeuble des années 30.

Rue Fromentin. Montmartre.

     Aujourd'hui l'hôtel Royal Fromentin garde mémoire du cabaret dont il a conservé le grand salon avec ses poutres et sa cheminée.

 

Rue Fromentin. Montmartre.

     Le 12 malgré son apparence bourgeoise a abrité dans ses murs un auteur prolifique de pièces sanglantes et terrifiantes : André de Lorde.

 

Rue Fromentin. Montmartre.

    Ce bibliothécaire débonnaire se transformait quand il rentrait chez lui en écrivain à l'esprit torturé. Il a écrit 150 pièces pour le Grand Guignol, théâtre voisin, rue Chaptal.

 

Rue Fromentin. Montmartre.

    Le 14 est le dernier immeuble qui ait quelque chose à nous raconter. C'est là que le peintre Giuseppe Palizzi (1812-1888) eut son premier atelier parisien.

Forêt de Fontainebleau (Palizzi)

Forêt de Fontainebleau (Palizzi)

     Ce romantique qui aimait les paysages napolitains, vint à Paris où il fréquenta Corot et Courbet. Il avait besoin de grand air et de nature et il fut un des premiers à apprécier la forêt de Fontainebleau et à s'y rendre avec Millet.

Retour de noce. (Palizzi)

Retour de noce. (Palizzi)

     Il s'installa à Grez sur loing et se fit construire une maison, "la villa Palizzi".  Il ne fréquenta donc la rue Fromentin que quelques années, à l'époque où elle s'appelait Neuve-Fontaine.

     C'est avec lui que l'on surnomma parfois le "peintre des ânes et des chèvres" tant il aimait les représenter, que nous quittons la rue Fromentin, peintre des chevaux arabes….

Rue Fromentin. Montmartre.

     Mais avant d'atteindre le boulevard de Clichy, nous passons entre les deux derniers immeubles : un Sex Shop et Jésus Maria!

 

Rue Fromentin. Montmartre.Rue Fromentin. Montmartre.

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La croix Cottin. Parvis de l'église Saint-Pierre de Montmartre. Philippe Cottin.

 

   Cette croix de pierre, plantée sur le parvis de l'église Saint-Pierre, près de la grille du cimetière du Calvaire, ne manque pas d'intriguer.

La croix Cottin. Parvis de l'église Saint-Pierre de Montmartre. Philippe Cottin.

    Elle semble ne pas être à sa place, à l'écart, comme penaude d'être là et n'assumant pas sa haute taille !

La croix Cottin. Parvis de l'église Saint-Pierre de Montmartre. Philippe Cottin.

    Peut-être n'ignore t-elle pas qu'elle n'a rien à faire en ce lieu où elle a été transportée par les amis de la Société du vieux Montmartre à la fin du XIXème siècle.

La croix Cottin. Parvis de l'église Saint-Pierre de Montmartre. Philippe Cottin.

   Si l'on est curieux et que l'on s'approche, on peut lire, gravée dans la pierre, cette inscription :

"Cette croix a esté faite et plantée par Philippe Cottin ancien marguillier de sa paroisse La Chapelle S.Denis le 25 may 1763.... Est décédé le 29 may 1764 M.O. Un De profundis."

La Chapelle. Eglise Saint-Denis.

La Chapelle. Eglise Saint-Denis.

     Eh oui! Elle n'est pas montmartroise notre croix mais elle vient de la commune qui était voisine : La Chapelle… 

La croix Cottin. Parvis de l'église Saint-Pierre de Montmartre. Philippe Cottin.

   Le sieur Philippe Cottin était marguillier, ce qui sous l'ancien régime désignait les membres d'un conseil paroissial chargés d'en gérer les affaires. 

La croix Cottin. Parvis de l'église Saint-Pierre de Montmartre. Philippe Cottin.

     Le marguillier prévoyant l'heure inéluctable de son décès, fait édifier dans le cimetière paroissial, le 25 mai 1763, cette croix qui un an après son installation l'accueillera et fera de l'ombre sur sa tombe. Il meurt en effet le 29 mai 1764!

La croix Cottin. Parvis de l'église Saint-Pierre de Montmartre. Philippe Cottin.

     La croix s'apprête à voyager car le cimetière paroissial trop petit est désaffecté en 1804 tandis qu'un autre, plus grand, s'ouvre sur des terres agricoles. C'est le cimetière Marcadet (qui occupe à peu près l'emplacement de la rue Pierre Budin actuelle).

 

     Nous retrouvons notre croix dans le nouveau cimetière où elle coule des jours paisibles jusqu'en 1849, année où le nouveau cimetière, à son tour jugé insuffisant, est fermé. Tant pis pour la croix qui ne reçoit plus de visites jusqu'en 1871 et les massacres de la Commune.

La croix Cottin. Parvis de l'église Saint-Pierre de Montmartre. Philippe Cottin.

     En effet, le cimetière ouvre de nouveau ses portes et ses fosses aux centaines de cadavres, hommes, femmes, adolescents dont on ne sait que faire. Ils auront le droit de reposer en paix (!) jusqu'en 1887 où nul ne voit l'intérêt de continuer à entretenir ce lieu de mémoire et où l'on ferme définitivement le cimetière Marcadet.

La croix Cottin. Parvis de l'église Saint-Pierre de Montmartre. Philippe Cottin.

     La croix est menacée de destruction quand les promoteurs s'abattent sur les terrains libérés comme des corbeaux sur un champ de maïs.

La croix Cottin. Parvis de l'église Saint-Pierre de Montmartre. Philippe Cottin.

     Mais les amoureux de Montmartre, membres de la Société du vieux Montmartre, veillent au grain et font transporter la croix menacée au sommet de la Butte, sur le parvis de Saint-Pierre, église qui elle aussi avait été menacée de destruction.

 

… Et notre croix est toujours là, modeste malgré sa haute taille. Les touristes ne la remarquent pas mais les pigeons parfois s'attardent sur sa branche.

La croix Cottin. Parvis de l'église Saint-Pierre de Montmartre. Philippe Cottin.

     Elle a peut-être la nostalgie de son village d'origine. C'est ce que pensent les habitants de La Chapelle qui ont pétitionné en 2002 pour qu'elle redescende et retrouve son lieu de naissance, près de l'église St Denis.

 

     Apparemment ils n'ont pas été entendus.

     La croix s'est donc habituée à sa condition d'exilée.

 

    Philippe Cottin ne doit pas être mécontent!

    Son nom est pour l'éternité (relative) gravé au cœur de Montmartre. Ce qui ajoute à sa notoriété, plus peut-être que le petit passage qui porte le nom de sa famille, un peu plus bas et qu'Utrillo a peint deux ou trois fois.

 

La croix Cottin. Parvis de l'église Saint-Pierre de Montmartre. Philippe Cottin.

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Rue Clauzel (1902) début à partir de la rue des Martyrs.

Rue Clauzel (1902) début à partir de la rue des Martyrs.

Rue Clauzel (juin 2018)

Rue Clauzel (juin 2018)

...La rue Clauzel, comme les rues de Navarin et Henry Monnier voisines, a été tracée en 1830 sur les terrains qui appartenaient au "sieur Bréda".

   Elle s'appelait à l'origine rue Neuve Bréda.

Rue Clauzel. Fin. Rue Henry Monnier et place Toudouze (à gauche)

Rue Clauzel. Fin. Rue Henry Monnier et place Toudouze (à gauche)

     Longue de 184 mètre et large de 9,75, elle change de nom en 1864 pour rendre hommage à un chef de guerre, le maréchal de France Bertrand Clauzel.

Bertrand (de) Clauzel.

Bertrand (de) Clauzel.

     Ce guerrier qui vécut de 1772 à 1842 a eu une carrière qui l'a mené de la Révolution à l'Empire en passant par Napoléon et Louis Philippe! De campagne d'Italie, en expédition de Saint-Domingue et en conquête de l'Algérie, il est de toutes les guerres coloniales. Il s'illustre au point d'être anobli par Napoléon et d'être nommé Maréchal de France par Louis-Philippe.

 

3 rue Clauzel.

3 rue Clauzel.

4 rue Clauzel. Un arbre! un arbre!

4 rue Clauzel. Un arbre! un arbre!

     Dans la Nouvelle Athènes, on aimerait que les rues évoquent plutôt les peintres, les poètes, les philosophes qui ne manquaient pas dans ce quartier.

Le 6

Le 6

    Le 6 a été l'adresse de Léon Roger-Milès (1859-1928) professeur au collège Rollin (aujourd'hui Jacques Decour) et homme aux multiples talents : journaliste, poète, critique d'art, écrivain….

           Salon de vente de Madeleine Chéruit, place Vendôme (Léon Roger-Milès)

      Il s'est intéressé à Rosa Bonheur à qui il a consacré une étude, à Millet et à l'histoire de l'art.

Rue Clauzel. Paris 9ème.

     C'est à la même adresse que vécurent, à partir de 1972, Jean Toussaint Desanti (1914-2002) et Dominique Desanti (1914-2011).

Rue Clauzel. Paris 9ème.

       Ces deux figures marquantes de la résistance et de la vie intellectuelle ont comme Sartre et Beauvoir vécu leur vie commune dans le respect de la liberté de l'autre. Leur livre le plus émouvant et le plus éclairant est sans doute "la liberté nous aime encore" dialogues (à trois!) avec Michel Droit.

   

Le 7

Le 7

     Le magasins du 7, les P'tits Bo' Bo, est bien adapté à ce quartier aimé des jeunes cadres dynamiques et néanmoins cultivés ! La rue des Martyrs et la rue des Abbesses répondent à leurs goûts: commerces de bouche luxueux, salons de coiffure branchés, magasins bio, boutiques pour les enfants et restaurants exotiques.

    L'architecte post haussmannien J. Biehler en est l'auteur comme de plusieurs autres immeubles un peu plus haut, rue Ordener ou rue des Cloys. 

Le 7 bis

Le 7 bis

Le 7 bis

Le 7 bis

    Le 7 bis est un bel immeuble aux proportions harmonieuses. Il a été transformé en résidence-autonomie, EHPAD sans le "D" de dépendance!

7ter rue Clauzel

7ter rue Clauzel

     Le 7ter, classé au plan de protection patrimoniale est un hôtel particulier construit en 1897 dans un style néo Renaissance. Il a été l'adresse pendant les quatorze dernières années de sa vie de  François Châtelet (1925-1985) plus historien de la philosophie que philosophe lui-même. Il est connu aussi par sa femme, Noëlle, sœur de Lionel Jospin.

 

7ter rue Clauzel

7ter rue Clauzel

  On sait qu'il a été l'initiateur avec Deleuze et Foucault (qui fut élève de Desanti)  du département de philo de l'Université de Vincennes.

Le 9

Le 9

    Au 9 a vécu un acteur à la filmographie impressionnante et à l'activité théâtrale foisonnante, parfaitement oublié aujourd'hui : Jules Mondos.

 

 

     

     Voici la une de Comoedia du 24 septembre 1832 qui relate les circonstances de la découverte de son cadavre.

Documents transmis par M.B. alors que je ne trouvais rien sur cet acteur. Merci à lui !

Documents transmis par M.B. alors que je ne trouvais rien sur cet acteur. Merci à lui !

         L'acteur  (1867-1932) qu'un critique vipérin surnomma "l'homme à la tête en caoutchouc" connut des difficultés après la première guerre pour trouver des engagements.

     Ses dernières années furent difficiles et il ne survécut pauvrement que grâce à ses économies. Quand, n'ayant plus de nouvelles de lui depuis cinq mois, des parents (pas si proches j'imagine) prévinrent la police, la porte de son appartement 9 rue Clauzel fut forcée. On découvrit son corps en décomposition dans son lit où sans doute il avait été victime d'une crise cardiaque.

    Parmi ses films, deux sont de Maurice Tourneur : Monsieur Lecoq et Maison de danse avec Charles Vanel et Gaby Morlay.

     On rencontre, toujours à cette adresse un personnage qui a son importance dans l'aventure artistique du XIXème siècle, le Père Tanguy. Nous le retrouverons un peu plus loin dans la rue, au 14 mais, commençons par la fin, c'est en 1891 que sa boutique est transférée pour les trois dernières année de sa vie, au 9.

                                                 Père Tanguy (Emile Bernard. 1887)

     Extrait du Mercure de France : "La maison Tanguy dépositaire des tableaux des principaux impressionnistes est transférée 9 rue Clauzel. Elle possède en ce moment une merveilleuse collection de toiles de Vincent Van Gogh (…"

Le 11

Le 11

     Le petit immeuble du 11 a été celui d'Alphonse Boudard (1925-2000), ancien résistant tombé dans la délinquance et qui grâce à la prison découvrit dans la bibliothèque de Fresnes, le goût de la littérature.

 

     Il écrit dans un langage naturel, direct, sans fioritures, brut et souvent argotique. Son premier succès est "La métamorphose des cloportes" adapté au cinéma par Granier-Deferre.

 

     Pour le plaisir quelques citations de Boudard qui ne sont pas exactement proustiennes mais sentent le vécu :

"Je pense qu'il faut se conduire en homme du monde avec les putes et en julot avec les bourgeoises"

"Un psychanalyste est un hommes qui va au Crazy Horse Saloon et qui regarde les spectateurs." 

Rue Clauzel. Paris 9ème.

     Au 14 nous retrouvons le Père Tanguy qui y eut sa boutique avant de déménager au 9. C'est un endroit historique dont l'importance n'est pas assez soulignée (sauf par le site de Bernard Vassor "Autour du Père Tanguy"). 

 

Rue Clauzel. Paris 9ème.
Rue Clauzel. Paris 9ème.

     Tanguy, communard, anarchiste, ami des peintres recevait là quelques uns des plus importants créateurs de son époque. La liste est impressionnante : Van Gogh, Monet, Pissarro, Renoir!

Le père Tanguy par Van Gogh.

Le père Tanguy par Van Gogh.

     Il avait été broyeur de couleurs avant de s'installer à son compte pour les vendre et exposer dans son arrière boutique les toiles des peintres qu'il aimait et qui lui confiaient des toiles en espérant qu'elles trouverait acquéreurs.

   Il avait, avant bien d'autres, aimé les peintres japonais dont il possédait des estampes  qu'il présentait rue Clauzel...

Le 15

Le 15

Le 16

Le 16

     Qui connaît aujourd'hui Arsène de Cey (1803-1887) romancier, auteur de vaudevilles qui vécut au 16. Parmi ses romans qui dépeignent les mœurs de son temps, on retiendra "La fille du curé" ou "La jolie fille de Paris".

 

Le 19

Le 19

     Il y eut longtemps une plaque commémorative sur l'immeuble du 19 qui prétendait que Maupassant y avait vécu pendant 5 ans.

   Grâce à la perspicacité de Bernard Vassor (site Autour de Tanguy) on sait qu'il s'agissait d'une erreur.

Le 17

Le 17

     C'est au 17 que Maupassant vécut, au 2ème étage et demi côté rue Clauzel et, à cause de la déclivité, au 4ème sur la rue Laferrière, à l'arrière de l'immeuble.

Bernard Vassor a consulté les Archives et a eu confirmation de ce qu'il pressentait. Une lettre de Maupassant à un ami lui avait mis "la puce à l'oreille".

Maupassant

Maupassant

       L'auteur de Bel Ami écrivait en effet qu'il était souvent importuné par des coups de sonnette intempestifs et insistants de gens qui croyant aller au Lupanar, se trompaient d'étage ! Or le lupanar avait pour adresse ce fameux 17!

   Un seul regret: la plaque enlevée du 19 n'a pas migré sur le 17!

   Amis de Maupassant, mobilisez-vous!

Rue Clauzel. Paris 9ème.

     Si nous revenons au 19, nous trouvons un autre artiste que nulle plaque ne commémore. Il s'agit d'Achille Mélandri (1845-1905), lié à l'histoire montmartroise puisqu'il fit partie des hydropathes d'Emile Goudeau et publia plusieurs poèmes dans leur journal.

Photo de Melandri

Photo de Melandri

     Il avait son appartement et son atelier photographique au 19. C'était un lieu de rencontres et de joyeuses soirées avec, entre autres, André Gill et Jules Jouy.

Des gloires de l'époque venaient se faire tirer le portrait, parmi lesquelles Sarah Bernhardt ou Victor Hugo.

                                            Sarah Bernhardt par Melandri

    Nous pourrions quitter la rue sur ce beau cliché de la star posant pour l'éternité s'il n'y avait encore une curiosité à mentionner, dix numéros plus loin, au 29.

                                                                        Le 29

 

     Un peintre allemand bien oublié y habitait : A. F. Korner (1815-1859).

Son titre de gloire est d'avoir proposé à Engels lors de son séjour à Paris en 1846, alors qu'il était étroitement surveillé, de lui servir de boîte aux lettres. C'est donc au 29 qu'Engels recevait le courrier de Karl Marx!

Rue Clauzel. Paris 9ème.

     Engels bien que pris en filature fréquentait les bals parisiens dont il garda un bon souvenir puisqu'il écrivit à Marx :

"Si les Françaises n'existaient pas, la vie ne vaudrait même pas la peine d'être vécue."

La lutte des classes oui, la lutte des genres non!

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