Elles sont emblématiques de l'île, au point de décorer les ronds-points, d'abriter des commerces divers et variés, de servir de repaires à des artisans de tout poil!
Rond-point de la Chevalerie. Décor!
Le Château
A l'origine, elles étaient modestes, constructions de planches au toit de tuiles plates… elles servaient de remise aux ostréiculteurs et aux pêcheurs.
Saint-Trojan
Saint-Trojan
On y entreposait du matériel, on y triait les huîtres...
Le Château Fort pâté
Fort pâté
Certaines sont toujours utilisées à cette fin.
Elles sont moins pimpantes que celles qui sont devenues des lieux d'exposition ou de commerce.
Petit Village. Port des Salines.
Mais toutes, rénovées ou de guingois, décolorées ou rutilantes, font partie du paysage oléronais, entre ciel et marais….
Le Château
Le Château
Chenal d'Ors
Comme dans un tableau de peintre naïf, elles osent les couleurs….
Je n'ai trouvé d'équivalent à cette poésie et à cette audace sans calcul que les saris multicolores des femmes du Rajasthan...
Et dans le patchwork des maisons de Burano près de Venise...
Chenal d'Ors
Elles sont posées au bord des chenaux, comme les maisons-jouets de nos trains d'enfance le long des rails….
Le Château
Si vous voulez les rencontrer, je vous conseille cinq des plus beaux sites…
1 - Tout d'abord le Château, ville où il n'y a plus de château depuis les guerres de religion et la destruction de celui d'Aliénor d'Aquitaine...
Le Château
Vous verrez autour du fort Pâté d'authentiques cabanes d'ostréiculteurs… et sur le port ostréicole au pied de la citadelle, des cabanes vernissées aux couleurs vives qui abritent des restaurants et des ateliers-magasins d'artistes.
Le Château
Le Château
Le Château
Le Château
Le Château
Le Château
Le Château
Le Château
2 - Le Chenal d'Ors, tout de suite après le viaduc c'est peut-être le plus authentique des sites. Il est un lieu d'intense activité et peu de cabanes sont décorées pour les touristes.
Chenal d'Ors
Ors
Ors
Ors
Ors
Ors
Ors
Ors
3- Moins authentique est le Port des Salines qui a été entièrement fabriqué à des fins pédagogiques et touristiques et qui a eu le bon goût d'installer musée, boutiques et restaurant dans un décor de cabanes.
Petit Village. Port des Salines.
Salines
Salines
Salines
4- La Baudissière est un bel exemple de site à la fois conservé et reconstitué! Les cabanes sur la route touristique sont occupées par des créateurs, notamment un étonnant inventeur de lampes animales, tandis que l'autre côté sur les marais est resté occupé par les pêcheurs...
Baudissière
Baudissière
Baudissière
Baudissière
Baudissière
5- Nous terminerons avec le port de Saint-Trojan dont le quai sud est enlaidi par de vilains restaurants et heureusement prolongé sur le chemin de promenade par des cabanes d'artistes, et le quai nord partagé entre cabanes d'ostréiculteurs et cabanes-atelier d'exposition….
St Trojan
St Trojan
St Trojan
Port de St Trojan
Port de St Trojan
Port de St Trojan
St Trojan
St Trojan
St Trojan
St Trojan
St Trojan
Toutes ces maisonnettes fragiles sur notre île d'Oléron qui cède, année après année du terrain à l'océan, nous rappelle l'éphémère de notre éternité… mais elles le font en couleurs!
Le musée de Montmartre a enfin rouvert ses portes après des mois de confinement. Les fleurs et le soleil font des jardins Renoir un hâvre de douceur et de beauté où il fait bon s'attarder, là où vécurent Renoir, Valadon, Utrillo et quelques autres dont Dufy qui est à l'honneur aujourd'hui dans les salles d'exposition.
Peu après son arrivée à Paris, il habite en 1900 avec Othon Friesz au 12 rue Cortot où le musée nous propose l'exposition qui lui est consacrée.
Autoportrait au chapeau mou (1898)
Il est au coeur de Montmartre et il n'oubliera jamais sa découverte depuis le sommet de Paris du panorama de la capitale avec ses monuments et la houle des toits.
Paris (1937)
Il peint en 1902 une vue de Montmartre en posant son chevalet place Jean Baptiste Clément.
Nous sommes loin encore du style qui sera le sien, libre, aérien, léger, joyeux. Mais déjà son geste qui esquisse la Tour Eiffel annonce la vivacité à venir.
Le 14 juillet (1912)
Il ne cache pas son admiration pour les peintres qui vécurent à Montmartre, rue Cortot comme lui, et notamment Renoir qui y peignit son fameux bal du moulin de la Galette.
Atelier de Dufy 5 impasse Guelma.
Il quitte la rue Cortot et change de logement plusieurs fois avant de trouver en 1911, 5 impasse Guelma, un atelier qu'il gardera toute sa vie et où il reviendra entre voyages ou longs séjours dans le midi.
Immeuble du 5
On ne soupçonne pas en passant dans l'impasse un peu tristounette que quelques grands peintres vécurent dans cet immeuble. Parmi eux Suzanne Valadon, Gino Severini et Braque, ami de Dufy qui occupa l'atelier au-dessus du sien.
Dans son port d'attache parisien Dufy peignit de nombreuses toiles qui permettent de suivre son évolution. Parfois le seul décor de l'appartement se suffit à lui-même comme un autoportrait, comme un espace qui n'a pas besoin de représenter son occupant pour parler de lui.
Atelier de l'impasse Guelma
Le thème de l'atelier sera souvent repris avec lui celui des fenêtres, frontières transparentes entre deux univers. Dans ce lieu à la fois ouvert et clos, le peintre met en scène des nus familiers et étranges...
Les nus semblent faire partie du décor, comme un motif, comme un tableau sur les murs. Leurs contours sont souples et ne se veulent en rien anatomiques. Ils sont proches de ceux de Matisse, à la fois sensuels et imaginaires.
Nu sur fond bleu (1930)
Nu couché (1930)
Dans ce même atelier dont il a peint les murs en bleu, Dufy représente son épouse habillée d'une robe dont il a réalisé lui-même le dessin.
Le "Panorama de Paris" est une vraie surprise de cette exposition. J'avoue que je ne connaissais pas ce paravent tissé par la manufacture de Beauvais. Il reprend la mode des panoramas du XIXème siècle (il y en avait plusieurs sur la Butte).
Sans souci de réalisme, il survole Paris et capte ses maisons et ses monuments. L'ensemble est joyeux, dansant, et le motif floral le rend plus gai encore, reprenant la tradition des tapisseries "aux mille fleurs" du Moyen-âge.
Toujours pour la manufacture de Beauvais, Dufy crée le décor d'un salon qui malgré son allure Louis XVI ne manque pas de fraîcheur "naïve".
Carton pour les sièges de la Manufacture de Beauvais.
Il y dessine les principaux monuments parisiens parmi lesquels le Montmartrois qu'il fut quelques années n'oublie pas le moulin de la galette.
Le grand canapé préfère s'orner de fleurs, de poissons et d'oiseaux...
L'exposition nous entraîne également hors de Paris, au bois de Boulogne, dans la proche campagne où les parisiens aimaient canoter ou déjeuner sur l'herbe.
Le regard de Dufy sur ces paysages n'est pas conventionnel et ne s'encombre pas de réalisme. Il peut s'attarder sur un détail, mettre en avant les volutes d'un grillage ou la forme tourmentée d'un arbre.
Il parvient sans tenter de restituer ce qu'il voit à donner l'impression que chaque élément est à sa place et participe à un équilibre musical.
"Nous avons l'arbre, le banc, la maison. Mais ce qui m'intéresse le plus c'est ce qu'il y a autour des objets. Comment faire tenir cela ensemble."
Dufy peint de nouveau le paysage de Paris à la fin des années trente. Il survole la ville et aligne à la manière cubiste les maisons qui se serrent autour des monuments représentés frontalement.
On pense à Apollinaire : "Bergère ô Tour Eiffel, le troupeau des ponts bêle ce matin."
C'est encore Paris que Dufy représente avec cette gouache sur papier pour le livre d'or du restaurant "Chez Marianne"
Toujours Paris pour une représentation plus tourmentée. La guerre commence à pointer son groin. La Seine a perdu de sa nonchalance et le drapeau tricolore tente de flotter contre un ciel aux étoiles grises.
Quelques années plus tard, la Libération euphorique fera battre les drapeaux sur Paris comme des milliers d'ailes!
L'exposition se termine avec le ciel, comme si d'avoir survolé Paris chaque fois qu'il voulait le représenter, le peintre avait fini par filer dans les étoiles!
Il s'agit d'une huile peintre en 1948 pour servir d'affiche au Palais de la découverte dont le planétarium fermé pendant 15 ans devait de nouveau accueillir le public en 1952, un an avant sa mort.
Pour la dernière fois Paris apparaît dans l'oeuvre de Dufy, un Paris baigné de lumière rose et de douceur qui contraste avec la nuit de l'infini. "Le soleil au zénith, c'est le noir. On est ébloui. En face on ne voit plus rien."
En disant ces mots, on a l'impression que Dufy parle de la mort qui laisse derrière elle comme dans un songe les couleurs et les formes qu'il a créées et qui dansent toujours pour nous dans les musées.
Exposition "Le Paris de Dufy" au musée de Montmartre, 12 rue Cortot, jusqu'au 2 janvier 2022.
On passe devant cet immeuble du 66 sans le remarquer, éclipsé qu'il est par son voisin du 64, en retrait derrière son jardinet avec ses niches qui abritent des statues à l'antique.
Et pourtant... Cet immeuble a été un haut lieu de la création artistique dans un Montmartre qui n'en était pas avare.
De 1911 à 1932, il fut le laboratoire théâtral "Art et Action". Il convient d'en rappeler brièvement l'histoire.
Ses créateurs furent Louise Lara et Edouard Autant. Leurs noms vous mettront la puce à l'oreille et vous feront deviner peut-être qu'ils sont les parents d'un certain Claude Autant-Lara, cinéaste connu pour avoir été indifférent à la Nouvelle Vague et qui donna cependant quelques beaux films. Nous n'en citerons pour rappel que quelques uns : Le diable au corps, L'auberge rouge, La traversée de Paris, En cas de malheur (mon préféré pour Brigitte Bardot, bouleversante).
Edouard Autant dont le père Alexandre était architecte, pratiquait lui même cet art et c'est en collaboration avec son père qu'il a donné à Paris, 14 rue d'Abbeville, un de ses plus beaux immeuble Art Nouveau. Signalons qu'il était admirateur des Lumières et bien loin des positions que prendra son fils....
Louise Lara (1876-1952) est un personnage hors normes, une artiste jusqu'au bout des ongles. Passionnée de théâtre, elle commence sa carrière aux côtés de Sarah Bernhardt (il y a pire comme partenaire!). Elle entre à la Comédie Française où elle devient sociétaire. Elle ne la quittera malgré elle qu'en 1919, congédiée pour une faute impardonnable : "bolchevisme en art"!
Elle est également actrice de cinéma et joue dans plusieurs films d'Henri Pouctal, considéré comme cinéaste naturaliste. On la voit aussi dans le premier film de son fils,"Fait-Divers".
Edouard et Louise partagent la même passion et ils animent dès 1911 une compagnie qu'ils appellent "Art et Liberté" avant de créer en 1919, comme nous l'avons vu "Art et Action".
Tous deux s'engagent pour défendre et diffuser des oeuvres modernes. On peut dire qu'ils appliquent à la lettre leur programme! Ils créent un espace théâtral, au 6ème étage, appelé "le grenier jaune" où les représentations sont gratuites.
Dans ce lieu toute création est bienvenue et toute forme d'expression théâtrale, ombres, mannequins, marionnettes... L'idée centrale est l'importance donnée avant tout au texte qu'une mise en scène trop interprétative ne doit pas éclipser.
Création de Liluli de Romain rolland le 31 décembre 1922
On doit à leur action l'introduction en France du théâtre futuriste mais aussi la diffusion de textes poétiques. La liste de leurs créations est longue et impressionnante. Elle est faite d'adaptations d'oeuvres qui n'étaient pas écrites pour le théâtre (Une nuit au Luxembourg de Rémy de Gourmont) comme de pièces (Partage de midi de Claudel) et de poésie (Le Bateau ivre de Rimbaud).
Dans cette longue liste d'auteurs on trouve, entre autres, Apollinaire, Gide, Romain Rolland, Byron, Rimbaud, Péguy, Mallarmé...
Parmi les artistes associés à cette action théâtrale figure Akakia-Viala, nièce d'Edouard Autant et Louise Viala. Elle crée des masques, des costumes, des décors qui assurent aux représentations une dimension poétique souvent surréaliste. Elle s'illustre également en écrivant avec Bataille un pastiche rimbaldien "La Chasse spirituelle" qui trompera plus d'un critique. Bonne occasion pour remettre en cause leur assurance!
En 1939, le Grenier jaune ferme ses portes. Les années sombres imposent aux artistes le silence ou la collaboration. Il n'y a pas de dilemme pour Edouard et Louise. Le 66 rue Lepic cesse d'être un lieu de création et de liberté. Aujourd'hui aucune plaque ne rappelle son existence dans un Montmartre qui pourtant les collectionne.
Alors que les Montmartrois qui passent devant la modeste porte rouge en préservent la mémoire!
,,L'île d'Oléron par un jour gris...
J'espère trouver un peu de lumière en m'approchant de la Lanterne. Elle est plantée en pleine ville de Saint-Pierre depuis bientôt neuf cents ans. Elle est un des rares vestiges romans d'une île qui fut en proie aux incursions anglaises et aux joyeuses destructions fratricides des guerres de religion.
Ruelle à Saint-Pierre et clocher de l'église qui servit de phare.
Elle est là, comme un cierge de pierre, comme un phare en pleine terre... Elle est svelte et nerveuse et je la crois capable, dans les nuits d'hiver, quand tous les volets sont fermés, de jouer les fusées et d'aller se balader dans les étoiles...
Un amateur averti vous dira qu'elle n'est en réalité qu'une tour octogonale de vingt-cinq mètres de haut (avec son tertre) et que ses faisceaux de fines colonnes se terminent par des chapiteaux réunis par des arcades. Mais l'amateur averti n'aura rien dit de son mystère, son élégance, son harmonie de pierres vivantes, son élan vers les nuages.
Elle n'est pas la seule dans la région à avoir résisté aux affronts du temps et elle a quelques soeurs plus petites, à Fenioux (Charente maritime) ou à Cellefrouin (Charente)
Lanterne de Fenioux
Lanterne de Cellefrouin
Saint-Pierre
A l'intérieur de la tour, un escalier permet d'accéder à la petite terrasse sous le lanternon. Il faudrait aujourd'hui être médaillé d'or du saut à la perche pour accéder à la porte d'entrée. Mais comme nous sommes au centre d'un ancien cimetière, il y a fort à parier que les revenants n'éprouvent aucune difficulté pour voleter jusque là!
Chaque fois que quelqu'un mourait dans la commune, un feu était allumé au sommet de la tour, dans le lanternon. Et le feu brûlait jusqu'à l'inhumation du défunt.
Un autel, au pied de la tour permettait au prêtre de célébrer la messe avant que le corps ne soit porté en terre, afin de rappeler à ceux qui avaient la foi qu'il ne fallait pas chercher parmi les morts celui qui était vivant, comme cette flamme au-dessus d'eux. Il allait de soi que tout le monde croyait au ciel, même ceux qui n'y croyaient pas!
Quelques signes gravés dans la pierre... Une croix, un coeur, un cercle, des seins peut-être...J'avoue ne pas savoir déchiffrer ces hiéroglyphes. Mais est-ce bien nécessaire?
Le tertre sur lequel est élevé la tour servait d'ossuaire et permettait de faire un peu de place dans le cimetière pour accueillir de nouveaux défunts.
Aujourd'hui le cimetière a disparu. Vous pensez que la municipalité, pour mettre en valeur ce monument unique a dessiné à ses pieds un jardin de fleurs et de lauriers. Vous vous méprenez. La lanterne des morts veille depuis quelques dizaines d'années sur.....UN PARKING!!!
1er juin. Le pont Caulaincourt a été repeint de bleu. Il passe entre la ville et le cimetière Montmartre. Morts et vivants cohabitent.
2 juin. Rencontre surprise avec Cali aux arènes de Montmartre. Il répète son spectacle du soir.
3 juin. Singing in the sun. (rue St-Eleuthère)
4 juin. On se croise avec indifférence! Square louise Michel.
5 juin. Entraînement pour le french-cancan?
6 juin. Black beauty.
7 juin. Petits gilets jaunes très disciplinés.
8 juin. L'oreille du bébé dans le hamac maternel! C'est drôle mais c'est cette oreille qui m'attire et me fascine dans cette photo!
9 juin. Par 30°, un pipi rafraîchissant. (Fontaine du Gai Savoir, square Louise Michel).
10 juin. Tradition montmartroise.
11 juin. La tête dans le ciel.
12 juin. La Butte rustique.
13 juin. Saint-Pierre sous les moutons.
14 juin. Montmartre-plage.
15 juin. Bouddha à Montmartre.
16 juin. Les chiens vont faire pipi...
17 juin. l'ami des pigeons fidèle au rendez-vous quotidien.
18 juin. Une diva sur les marches. Rencontre imprévue avec une soprano (Dessy Stefano).
19 juin. L'escalier de la rue du Calvaire prend des vacances.
20 juin. Le musée de Montmartre comme un domaine secret
21 juin. Barbès. Femme libérée!
22 juin. Des tresses, des tresses....
23 juin. Mary Poppins version catholique!
24 juin. Le célèbre cabaret porte fermée malgré la joyeuse invitation du lapin agile!
Le 25 juin. La promenade du singe.
Le 26 juin. Voilà des roses blanches.... Devant une tombe du cimetière de Montmartre.
Le 27 juin. L'arbre, chandelier de vie à douze branches.... Cimetière de Montmartre.
Le 28 juin. Sur l'herbe verte...
29 juin. La cité Veron sous les fleurs...
30 juin. La Halle Saint-Pierre (banderole de Speedy Graphito)
Ici s'arrête mon mois de juin montmartrois. Je quitte ma butte aimée pour l'été. Nul doute que je penserai à elle sur le rivage atlantique comme je pense à l'Atlantique quand je suis à Montmartre. L'idéal serait de transporter la Butte, comme le mont saint-Michel dans l'estuaire de la Charente!
Chaque mois de juin dans l'île d'Oléron les roses trémières s'élancent vers le soleil.
Il y en a plus que d'Oléronais!
Elles sont plus accueillantes que les Charentais qui voient débarquer les vacanciers comme des envahisseurs qu'ils traitent de "baignassoutes"
En voici quelques unes rencontrées
- sur le port de Saint-Trojan où elles égaient de leurs couleurs toujours renouvelées les cabanes ostréicoles qui s'écaillent (ce qui est naturel pour des cabanes ostréicoles!)
-d'autres dans les ruelles et les remparts du Château d'Oléron, la capitale méridionale de l'île
-d'autres enfin au Grand Village où elles sont mes voisines avec les bignones et les albizias...
J'ai écrit pour elles un poème que je leur dédie après ces photos de notre rencontre...
I SUR LE PORT DE SAINT-TROJAN
II AU CHÂTEAU D'OLERON (le bastion, la porte du refuge des Pachats)
Les remparts
Les remparts.
Le Château. les cabanes d'artisans
III LE GRAND VILLAGE. Passage des ïles
Le Grand Village. Rue des Saulniers
La rose trémière
La rose dans mon île est rose du vertige
Sur sa dernière fleur il pousse une autre fleur
Qui se hausse du col au sommet de sa tige
Et par-dessus le mur jette un oeil en couleur
La rose dans mon île est la rose trémière
Elle est née au printemps sur le chemin de pierres
Dans la ruelle étroite au pied des maisons blanches
Sur un mur de la Galerie d'art de la place du Tertre, un grand panneau est apparu en avril 2021 avec les lettres de l'amour.
Montmartre qui a déjà élevé dans le square Jehan-Rictus de la place des Abbesses le mur des "Je t'aime" semble vouloir mériter une réputation qui attire les amoureux du monde entier.
Le nom de l'auteur est écrit en-dessous, sur un fond blanc : Patrick Rubinstein.
Ce créateur né en 1960 est désormais célèbre et on peut voir ses oeuvres dans divers musées du monde.
On pense aux tableaux de Vasarely, père de l'art optique, qui nous donnait à voir une réalité trompeuse, mouvante, différente selon les angles de vision (il a sa photo sur le tableau).
Il suffit de bouger pour découvrir, surgissant d'un fond qu'on croyait uni et abstrait tout un monde concret.
Rubinstein pour moi, c'était Arthur, un immense pianiste que j'ai eu l'occasion d'applaudir au théâtre des Champs Elysées. C'est étrange mais je pense à lui devant ces lamelles de couleur qui racontent une histoire dès que nos yeux s'y fixent, comme les touches de piano le font dès que les doigts du pianiste s'y posent.
Ainsi avons-nous l'impression de participer à une création qui est aussi un jeu, un puzzle de l'humanité dont chaque pièce est un visage.
Sur le côté de l'oeuvre nous sont données les clés, les réponses à nos interrogations avec le nom de chaque visage révélé par les lames. Il y a neuf panneaux et neuf listes avec numérotation...
Des visages de la terre entière, d'époques différentes, d'hommes et de femmes qui se sont illustrés dans divers domaines
Des peintres, écrivains, poètes, musiciens, cinéastes, artistes, hommes et femmes politiques....
...et mêlés à eux des visages imaginés par des peintres comme celui de Vénus de Botticelli...
Tous participent à l'enchantement du monde. Tous font notre humanité dans son universalisme. Tous sont unis sous les quatre lettres de LOVE.
On rêve que notre monde leur ressemble et que tous les humains se réunissent sous le même drapeau, sans préjugés, sans race.... Humains tout simplement.
L'impasse Girardon n'est pas une impasse et elle ne devrait plus s'appeler Girardon puisqu'elle forme en réalité le côté pair de l'avenue Junot.
Mais enfin, elle est là, faussement modeste mais fière au fond de rappeler son histoire aux Montmartrois souvent oublieux.
A l'origine il y avait Montmartre, un village où jaillissait une source au fond de l'impasse actuelle. Elle était sacrée, plus que les autres fontaines du village, car Saint-Denis en personne s'y était arrêté pour laver son chef décapité tout ruisselant de sang, avant de reprendre sa marche vers la plaine et s'arrêter là où on élevera en son honneur une des plus belles églises gothiques de France.
La fontaine fut vénérée et elle produisit des miracles si nombreux qu'elle s'épuisa et disparut en 1810 dans les sous-sols crayeux pour ne jamais revenir. Elle avait eu le temps de donner son nom à la petite rue qui fut pendant des siècles la rue de la fontaine miraculeuse.
En 1850 une nouvelle fontaine fut aménagée à quelques dizaines de mètres plus au nord, dans ce qui est aujourd'hui le square Suzanne Buisson. Une statue de Saint-Denis portant devant lui sa tête mitrée y fut élevée.
Fontaine du But
La rue avait déjà changé de nom et s'appelait rue de la Fontaine du But, sans raison, car cette fameuse fontaine du but se situait en bas de la rue de l'abreuvoir actuelle.
Impasse Girardon
En 1863 l'impasse reçut enfin le nom que nous lui connaissons toujours.
Impasse Girardon
La Butte n'était pas encore écrasée par les immeubles qui allaient bientôt se précipiter sur elle comme une horde barbare. Partout où ils s'installèrent, l'herbe ne repoussa pas.
Evidemment nous regrettons cette époque où Montmartre appartenait aux artistes sans le sou et aux pauvres gens mais c'est une vision romantique que nous en avons et qui fait fi de la grande misère qui y régnait du temps du maquis dont les baraques de bric et de broc venaient jusque là, constituant en partie notre impasse Girardon.
Une des baraques les plus connues était la maison du philosophe ainsi nommée par les maquisards moqueurs car elle ressemblait à un gros tonneau et que son propriétaire, barbu et à moitié nu, se prenait pour Diogène. Il cherchait un homme, il trouva des promoteurs!
Avenue Junot (Leprin 1912)
Promoteurs qui vinrent avec leurs plans et leurs banquiers pour faire du bidonville et du chemin de terre qui grimpait entre les moulins le quartier huppé de la rue Caulaincourt et de l'avenue Junot.
Photo 1925. Début de l'avenue Junot et côté droit notre impasse Girardon.
Une partie de l'impasse Girardon fut détruite au bénéfice de l'avenue mais une autre partie resta debout car s'y étaient construites des maisons plus solides habitées par des artistes bien décidés à ne pas se laisser faire. C'est comme ça que notre impasse garda son nom modeste qui fait le pied de nez à l'avenue prestigieuse.
Avenue Junot (le théâtre 13 de Lelouch). Le côté pair est occupé dans sa première partie par l'impasse Girardon.
Plusieurs personnages ou personnalités de Montmartre ont vécu à cette adresse. Tout d'abord, au temps du maquis, nous trouvons le baron Pigeard dont l'atelier est situé au fond de l'impasse. Artiste qui ne vend pas ses toiles et préfère confectionner des maquettes de bateau, il aime monter des canulars avec ses copains de l'hôtel Bouscarat. Il est ainsi le fondateur de la célèbre UMBM, Union Maritime de la Butte Montmartre.
Il disparaît en même temps que les cabanes du Maquis.
S'il est difficile de trouver aujourd'hui des toiles de Pigeard, il n'en est pas de même d'un autre peintre qui débarqua à la fin du XIXème siècle et sans un sou en poche trouva refuge dans une roulotte de tziganes au fond de l'impasse Girardon.
Femme couchée (Van Dongen) Guus, sa femme. 1904.
Il s'agit de Van Dongen, un des peintres qui contribua à la renommée de la Parisienne sensuelle, mangée par ses yeux, à la fois gaie et mélancolique. Avant de vivre au Bateau-lavoir, il resta pendant 5 ans dans l'impasse avec sa femme Guus et sa fille Dolly. Il survécut grâce à de petits métiers et à la vente de quelques aquarelles sur le trottoir du cirque Médrano sur le boulevard de Rochechouart.
Les fêtards 1903. Van Dongen)
En 1904, il exposa avec Matisse chez Vollard et commença à être reconnu des amateurs.
Le guitariste (Paco Durrio) par Gauguin
Un autre artiste a trouvé refuge dans l'impasse. Il s'agit de Paco Durrio, sculpteur, céramiste, orfèvre, ami de Picasso.
Après avoir vécu au Bateau Lavoir où Picasso reprit son atelier, il habita place de l'Abreuvoir (aujourd'hui place constantin Pecqueur) dans une petite maison villageoise qui y subsistait encore mais d'où il fut expulsé quand furent construits les gros immeubles que nous voyons aujourd'hui.
Maison de Paco Durrio, impasse girardon.
Il trouva alors une maison dans l'impasse et il y fit construire un four pour ses céramiques. Il ne quittera cette maison qu'en 1939, un an avant sa mort.
Signalons encore la présence pendant deux ans (1910-1912) d'un garçon qui deviendra un grand écrivain : Jules Romains. Son père Henri Farigoule avait été nommé instituteur en 1887, il déménagea plusieurs fois dans le quartier à la recherche d'un loyer modeste. Il habita rue Marcadet, rue Simard, rue Lamarck et enfin impasse Girardon.
Le jeune Louis Farigoule a donc été enfant de la Butte et il put y assister à la métamorphose du quartier. Peut-être a t-il joué dans les rues avec les petits poulbots!
D'autres peintre encore ont vécu plus ou moins longemps dans cette impasse Girardon. Parmi eux, Jules Pascin, en 1909. Ce peintre qui a transformé sur le conseil de Picasso son nom de Pincas en Pascin est arrivé à Paris en 1905 où il a acquis très vite la réputation d'être le peintre des nuits parisiennes. "Anarchiste déguisé en dandy", il a connu le fauvisme, le cubisme, et s'est créé son propre univers. Après une vie mouvementée, il se suicida dans son atelier du 36 boulevard de Clichy.
Mais s'il n'a été qu'une étoile filante impasse Girardon, ce ne fut pas le cas de celui dont le nom reste attaché au lieu, Gen Paul (1895-1975), le seul à avoir sa plaque sur le mur!
Eugène Paul dit Gen Paul est un vrai montmartrois, né rue Lepic, vivant et peignant pendant 58 ans (de ses 22 ans à sa mort) dans l'impasse Girardon.
Il est doué pour la peinture quasi spontanée, comme née d'un élan physique qui jette sur la toile les touches rapides et nerveuses. Il laisse presentir un art abstrait que cependant il ne tentera pas. Ami de Juan Gris au Bateau Lavoir, il subit diverses influences avant de trouver son propre style. Ses meilleures oeuvres datent des années 1925-1930. Il tombera ensuite dans la répétition et la facilité.
Personnellement je n'aime pas son travail mais ce n'est qu'un avis personnel. Il paraît que les goûts et les couleurs ne se discutent pas! Ce qui est idiot, car de quoi discuterions-nous?
Il est connu également pour avoir été ami de Céline qui lui demanda d'illustrer ses deux meilleurs romans, "le Voyage au bout de la nuit"et "Mort à crédit."
Bardamu-Céline (Gen Paul)
Il partageait avec lui un antisémitisme virulent et les deux copains restaient des soirées entières à partager leur passion raciste. Gen Paul appelait son voisin de la rue Girardon Ferdine. Il apparaît sous les traits d'un cul de jatte dans "Féérie pour une autre fois" de Céline. Il est vrai qu'il claudiquait depuis qu'il avait perdu une jambe pendant la guerre de 14.
Le Vigan dans "Les bas-fonds" de Renoir
On ne peut s'empêcher de penser à ces deux "amis" qui n'avaient que quelques pas à faire pour se retrouver. On peut penser à un troisième, l'acteur Le Vigan qui vivait lui aussi, comme Céline, rue Girardon, partageant la même haine des Juifs. C'est plutôt son chat que nous avons envie d'évoquer, parce que les chats ignorent le racisme!
Le chat c'est Chibaroui que Le Vigan et son amie Tinou ont acheté à la Samaritaine. Il est laissé en semi liberté et il aime se dorer au soleil de l'impasse qui s'ouvre devant l'immeuble où habitent ses maîtres. Lucette Almanzor tombe amoureuse de l'animal et convainct sans mal Céline de l'adopter. Il ne sait pas Chibaroui qu'il va devenir Bébert, le chat le plus célèbre de la littérature!
Il n'a pas sa plaque sur les murs mais c'est à lui que je pense en quittant l'impasse Girardon!
Voilà un petit square qui survit vaillamment dans le bruit et la pollution de la rue Lafayette toujours encombrée et nerveuse.
Adolphe Alphand par Alfred Roll
Il est là depuis qu'Alphand "le père des espaces verts parisiens" l'a terminé en 1863 comme 23 autres dans paris. Notre homme était écologiste dans l'âme et il aménagea quelques uns des plus beaux jardins de Paris : parc Monceau, des Buttes Chaumont, bois de Boulogne et Vincennes, jardins des Champs-Elysées.....
Auparavant le terrain où le square est implanté faisait partie des jardins de l'hôtel particulier de Charles Sanson, 2ème du nom et bourreau officiel de la ville de Paris. Il succèda à son père en 1707 et il eut à son palmarès la décapitation d'une femme et l'exécution de Cartouche, le brigand légendaire. Son palmarès néanmoins reste modeste comparé à celui de son petit fils Charles-Henri Sanson qui, la guillotine aidant fit tomber dans le panier de son quelques 3000 têtes dont celle, découronnée de Louis XVI.
Le square ne garde aucune trace du bourreau qui repose avec sa dynastie dans le grand jardin qu'est le cimetière de Montmartre, à moins d'un km de là.
Du square des origines peu d'éléments subsistent car l'espace a été remodelé en 1981 et découpé en carrés et rectangles, espaces de jeu pour les petits, de sport pour les ados... L'harmonie initiale a disparu comme dans de nombreux squares parisiens qui finissent par se ressembler,
Ont subsisté quelques arbres dont deux magnifiques platanes âgés de plus de 150 ans.
Les grilles également sont d'origine, en forme de coeur avec entrelacs de fleurs et d'épis. Les lignes centrales autour d'une fleur-soleil dessinent une lyre.
Elles sont dues à Gabriel Davioud (1824-1881) qui fut un architecte très actif pendant le 2nd Empire et qui a laissé à Paris quelques unes de ses plus belles fontaines: fontaine Saint-Michel, fontaine des quatre parties du monde (avec Carpeaux), fontaine de la place du Châtelet...
Sans compter des bâtiments remarquables comme les deux théâtres de la place du Châtelet.
En 1879, la ville fit l'acquisition d'une statue qu'elle plaça au centre du square, au milieu d'une pelouse : "Gloria Victis" d'Antonin Mercié.
La statue réalisée après la défaite de 1871 était vite devenue populaire. "Vae victis" (malheur aux vaincus) la célèbre formule de Brennus devient "Gloria victis" (gloire aux vaincus). La renommée ailée et cuirassée emporte vers le ciel un jeune soldat dénudé dont la main droite tient un sabre brisé. Statue patriotique s'il en est! Le héros mort pour la patrie entre dans l'immortalité...
La statue dont plusieurs villes réclament aussitôt une copie ne reste que cinq ans square Montholon avant de s'envoler à tire d'ailes jusqu'à l'Hôtel de ville où elle séjourne jusqu'en 1930. Elle est alors cachée dans le dépôt d'Auteuil, ce qui lui épargne l'humiliation d'être fondue pendant l'occupation par les descendants des Prussiens de 1871. Enfin, en 1930, elle s'envole une dernière fois vers le Petit Palais où elle se trouve bien, sur ces Champs Elysées où comme l'on sait les héros antiques trouvent le repos.
Il reste dans le square un groupe qui depuis son installation en 1925 n'a pas bougé. Il est vrai qu'il n'est pas ailé contrairement à lastatue dont il apris la place. Il s'agit de "La sainte Catherine" marbre sculpté par Julien Lorieux en 1908 et acheté par la Ville.
Il représente cinq catherinettes qui ont mis leur plus belle tenue, coiffé le fameux chapeau avec fleurs d'oranger et sortent de l'atelier, le 25 novembre, pour se rendre au bal et rencontrer peut-être l'homme de leur vie.
C'est souvent dans les milieux modestes (couturières, modistes) que les femmes restaient plus longtemps célibataires. Cet aspect social, Julien Lorieux ne l'ignore pas, lui qui est né et a vécu dans le IXème arrondissement. Voilà pourquoi il complète le nom qu'il donne à son groupe par une dédicace "à l'ouvrière parisienne".
Julien Lorieux avait été élève d'Antonin Mercié dont le "Gloria victis" a laissé la place libre pour "la sainte Catherine". Or, Julien Lorieux, tel le jeune soldat dénudé, est mort en 1915, touché à la tête par un éclat d'obus. La Renommée ailée a peut-être emporté vers les Champs-Elysées ce jeune mort pour la patrie. Ou plus simplement, ce sont les sourires juvéniles de ses catherinettes que se sont chargés de sa renommée!
On aimerait quitter le square avec ces sourires mais avant de pousser les belles grilles de Davioud, nous découvrons entre les buissons en fleurs une plaque de verre que nous n'avions pas remarquée.
Elle égrène les noms des enfants juifs arrêtés sous Vichy et assassinés dans les chambres à gaz. Ils étaient trop jeunes pour être scolarisés et leurs noms ne figuraient donc pas sur les plaques apposées sur le mur des écoles. Ils ont trouvé place sur cette plaque de verre, légère, fragile, à peine visible.... dans ce jardin où leur mère n'osaient plus s'asseoir sur un banc, comme les autres mères, pour les regarder sourire sous les feuillages des platanes centenaires.