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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

charente maritime

Publié le par chriswac
Publié dans : #Peintres, #CHARENTE MARITIME, #OLERON
Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

     Je suis étonné qu'Oléron, l'île lumineuse, ait inspiré si peu de peintres... bien sûr il y a le plus célèbre, Omer Charlet qui créa quelques chefs d'oeuvre d'inspiration religieuse (exception faite de l'émouvante "orphelines de la mer") mais à part lui, il est difficile de nommer d'autres artistes de valeur.

                               Les orphelines de la mer (musée Hèbre, Rochefort)

    Et pourtant le musée de Saint-Pierre consacra en 2008 une exposition à deux d'entre eux. Deux et pourtant un puisqu'ils sont père et fils et portent le même nom : Lessieux.

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

    Le premier Ernest-Louis, né en 1848 et le second Louis-Ernest en 1874. Ils ne sont pas toujours facile à différencier et leurs prénoms facilitent la confusion! 

Luois Lessieux dans son atelier parisien

Luois Lessieux dans son atelier parisien

     Aujourd'hui intéressons-nous au plus jeune que l'on a l'habitude d'appeler Louis, gardant Ernest pour le père.

Le Comombier (Louis Lessieux)

Le Comombier (Louis Lessieux)

     Notons, n'en déplaise à la fierté oléronnaise qu'Ernest se fixa à Menton où il mourut et où la ville reconnaissante érigea un buste en son honneur. Il est vrai cependant qu'il fit l'acquisition d'une maison au village du Colombier à la Cotinière où il aima séjourner. Louis y passa plus de temps que son père, heureux de trouver un refuge où se reposer de la vie parisienne.

Les ajasses.

Les ajasses.

     La maison s'appelait "les ajasses", ce qui en patois local désigne les pies.

                                                       Pie jeune (Louis Lessieux)

Petite émotion au passage car la maison de mes grands parents, dans le Pas-de-Calais s'appelait "les agasses", presque le même mot d'un  patois à l'autre.

La maison des Ajasses (Louis Lessieux)

La maison des Ajasses (Louis Lessieux)

    Louis fut en partie parisien. Il avait son atelier Villa Brune. Il me ramène un instant à Montmartre car il fut en 1890 à l'Ecole des Arts Décoratifs de Paris élève de Luc Olivier Merson, l'auteur de l'immense et spectaculaire mosaïque du Sacré-Coeur.

La Cotinière (Louis Lessieux)

La Cotinière (Louis Lessieux)

Femmes au puits (Louis Lessieux)

Femmes au puits (Louis Lessieux)

    Il fut influencé par son père et peignit, surtout à ses débuts, de nombreuses aquarelles. Plusieurs sont exposées dans le petit musée de Saint-Pierre. Celles d'Ernest comme de Louis ne sont pas très originales et peinent à traduire la lumière si paticulière de l'île. 

Effets du soir à Oléron (Louis Lessieux)

Effets du soir à Oléron (Louis Lessieux)

     Cependant Louis sut parfois se détacher de l'influence paternelle et se montrer plus audacieux, ne cherchant plus à reproduire la réalité mais n'hésitant pas à utiliser des couleurs plus franches qui le rapprochent parfois des nabis. Il fut d'ailleurs plus que son père oléronnais et séjournait plus souvent que lui dans l'île.

La Cotinière (Louis Lessieux)

La Cotinière (Louis Lessieux)

Certaines de ses plus belles oeuvres ont La Cotinière pour sujet. Cette huile est selon moi une de ses plus belles toiles, plus expressive et plus vivante que ses aquarelles. On y voit une parenté avec Pont-Aven et surtout les Nabis.

Barque à La Cotinière (Louis Lessieux)

Barque à La Cotinière (Louis Lessieux)

La jetée de la Cotinière (Louis Lessieux)

La jetée de la Cotinière (Louis Lessieux)

Quai de la Loge (Louis Lessieux)

Quai de la Loge (Louis Lessieux)

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

Une de ses réalisations les plus spectaculaires fut la décoration des salles de l'hôtel de l'Horizon.


 

Il aimait la Cotinière où il posait souvent son chevalet et il n'est pas étonnant qu'un tel décor lui eût été confié pour cet établissement qui donnait sur le port. 

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.
Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

Louis Lessieux réalisa les fresques et les toiles entre 1925 et 1932. Il y représentait quelques sites de l'île et quelques uns de ses habitants. 

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

Ce n'est qu'en 1977 que le nouveau propriétaire "débarrrassa" les murs de toiles qu'il jugeait démodées. Elles furent démontées et vendues à la salle des ventes!

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

Le propriétaire précédent avait gardé pour lui quelques oeuvres qui ornaient la petite salle et qui de ce fait ont été sauvegardées. 

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

L'hôtel de l'Horizon a changé de nom plusieurs fois mais il existe toujours sur le port. Il s'appelle depuis 1987 "L'Ecailler" et sa décoration manque totalement d'intérêt! 

 

On connaît d'autres aspects de l'oeuvre de Louis Lessieux qui réalisa quelques affiches comme celle du cognac Otard

   C'est une des plus réussies, associant femme et alcool dans la même sensualité délicate.

 

     Il reçut commande d'affiches touristiques assez traditionnelles.... Plusieurs de ses aquarelles servirent à illustrer des calendriers!

Enfin il accompagna parfois son père dans ses voyages en Europe et en Afrique du nord.

 

Il s'inscrit dans la tradition des peintres orientalistes et n'est sans doute pas le plus inspiré. 

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

     Mais nous voilà loin de l'île qu'il aima et qui fut son véritable port d'attache. Il lui a déclaré son amour sans se lasser, toujnours ému par sa beauté et sa lumière changeante. C'est à Paris qu'il mourut en 1938, Villa Brune, loin de son île lumineuse.

Louis Lessieux. Peintre oléronnais.

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Publié le par chriswac
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Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     C'est un beau portrait exposé dans la galerie des peintures du musée Hèbre de Rochefort. Je cherchais en vain un autre portrait, celui d'un enfant aux cerises auquel j'avais consacré un petit article quand ce jeune garçon, son chien dans les bras attira mon attention.

 

     Un garçon sérieux, doux et triste, jette un regard de côté, comme son chien abandonné au bien-être d'être installé sur les genoux de son petit maître, le museau entre les pattes.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     J'ai eu envie de connaître cet enfant mélancolique au sourire à peine esquissé. J'ai commencé par découvrir qu'il était le fils de l'auteur du tableau, Pascal Dagnan-Bouveret (1852-1929).

     Un peintre dont j'ignorais l'existence bien qu'ayant eu l'occasion de voir sans les lui attribuer certaines de ses réalisations à la Sorbonne, à l'Odéon ou à l'hôtel de ville où y peignit quelques fresques.

     Voici en quelques mots les étapes marquantes de sa vie de peintre. 

     En 1869, il étudie aux Beaux-Arts dans l'atelier de Cabanel. La guerre et la Commune pendant lesquelles j'ignore tout de son engagement éventuel, interrompent ses études qu'il reprend, la paix revenue. Il ne fréquente plus alors l'atelier de Cabanel mais celui de Gérôme. Dans les deux cas, il a été à bonne école!

     La première oeuvre qui le fait remarquer au Salon des Artistes (1875) est "l'Atalante", Sujet féministe s'il en est! Une jeune femme met au défi ses adversaires masculins dans une course à pieds qu'elle remporte aisément.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

      Il est ensuite attiré par les scènes de la vie quotidienne et se range du côté des Naturalistes, admirateurs de Zola. Une de ses toiles "le pardon en Bretagne" est remarquée à l'expo de 1889 où elle obtient la médaille d'honneur.

 

     C'est peu après qu'il évolue vers une peinture proche des Symbolistes et s'intéresse aux sujets religieux.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

    A la fin de sa carrière, peintre à la mode et couvert d'honneur, il se consacre essentiellement aux portraits.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     Tombé dans l'oubli, il est remis dans la lumière en 2002 grâce à une rétrospective organisée à New-York, les musées américains possédant de nombreuses toiles, comme des particuliers qui lui avaient commandé leur portrait.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     Mais revenons à notre garçon au chien! Il a été peint en 1890 et représente donc Jean, le fils du peintre.

     Jean Dagnan-Bouveret a alors 7 ans (il est né en 1883). La ligne oblique du décor place son visage entre noir et blanc. L'enfant est tourné vers le noir mais regarde vers la lumière.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     La lumière ce sont les dons qu'il possède et qui feront de lui un philosophe et un grand médecin, interne des hôpitaux de Paris.

     "L'Histoire de la folie" reprend un de ses articles de 1912 sur la dépersonnalisation et l'aboulie.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     La partie sombre, c'est la guerre de 14 pendant laquelle il est mèdecin aide-major. Il ne meurt pas au combat mais il est considéré comme victime de cette guerre, frappé en 1917 par la grippe espagnole.

Pascal Dagnan-Bouveret. Portrait de Jean Dagnan-Bouveret. Musée de Rochefort.

     Son père vivra douze ans encore, portant le deuil  de ce fils aimé et admiré. Peut-être avait-il gardé le portrait de l'enfant, entre ombre et lumière, tenant contre lui l'animal fidèle, symbole d'un lien indéfectible et d'un amour total. 

 

     J'ai repensé à mon enfant aux cerises qui a disparu du musée de Rochefort et je me suis demandé pourquoi, si souvent, les portraits d'enfant étaient doux et mélancoliques, comme résignés. L'enfance aurait-elle un vague pressentiment des blessures à venir?

 

Liens : Charente Maritime. Musée Hèbre de Rochefort

Peintres et oeuvres

                               Fontaine de Rochefort. Place Colbert.

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Publié le par chriswac
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Les tapisseries de la Genèse à l'abbaye des Dames de Saintes. Jean-François Favre.

Il y a quelques années j'avais été impressionné par l'ensemble des treize tapisseries de la Genèse dans l'église de l'abbaye aux Dames. Je leur avais consacré un premier puis un deuxième article.

Les tapisseries de la Genèse à l'abbaye des Dames de Saintes. Jean-François Favre.

J'ai tenu à les revoir cette année où les visiteurs entrent masqués dans la nef vouée à la musique pendant le festival de juillet. C'est justement pour que le son se répartisse mieux sans résonnance que naquit le projet à la fin des années 80 de couvrir de tapisseries une partie des murs.

Figure centrale de la 3ème tapisserie

Figure centrale de la 3ème tapisserie

     Jean-François Favre, passionné d'art roman, fut choisi pour réaliser les 13 cartons qui seront fidèlement reproduits sur canevas de lin par des brodeuses et brodeurs enthousiasmés de participer à une oeuvre communautaire. De 1982 à 1996, plus de 700 personnes s'y impliquèrent.

Les tapisseries de la Genèse à l'abbaye des Dames de Saintes. Jean-François Favre.

La 1ère tapisserie : "L'esprit de Dieu planait sur les eaux"

Le visage de Dieu est au centre. Sa concentration va faire jaillir de la nuit le feu d'artifice de la vie. Mais tout est calme encore. Le silence règne mais l'immobilité frémit déjà autour de lui comme les ondes autour d'un caillou tombé dans l'eau.

Les tapisseries de la Genèse à l'abbaye des Dames de Saintes. Jean-François Favre.

La 2ème tapisserie :  "Dieu sépara la lumière et les ténèbres".

Les ténèbres commencent à vibrer et à être percées par les yeux grands ouverts du hibou, tandis qu'au-dessous la lumière s'éveille, jouant avec les formes. Un visage sort de la nuit et garde un oeil encore nocturne tandis que se soulève la paupière de l'autre, comme un nouveau soleil sur l'horizon.

Les tapisseries de la Genèse à l'abbaye des Dames de Saintes. Jean-François Favre.

La 3ème tapisserie : "Qu'il y ait un firmament au milieu des eaux et qu'il sépare les eaux d'avec les eaux."

Les eaux d'en haut, celles qui sont portées par les nuages, les eaux d'en-bas, celles des lacs, des rivières et des mers. Larmes de tristesse, larmes de joie... déjà se prophétisent l'abondance et l'irrigation mais aussi l'inondation et le déluge.

Les tapisseries de la Genèse à l'abbaye des Dames de Saintes. Jean-François Favre.

La 4ème tapisserie : "Que les eaux inférieures au ciel s'amassent en un seul lieu et que le continent paraisse."

Magma, soulèvement des montagnes, jaillissement des eaux... Le visage de Dieu est au centre comme un soleil. On retrouve dans ce dessin l'inspiration des arts dits primitifs, la géométrie, les couleurs aussi bien d'Afrique que d'Amérique du sud. 

Les tapisseries de la Genèse à l'abbaye des Dames de Saintes. Jean-François Favre.

La 5ème tapisserie : "La terre produisit des herbes portant semence selon leur espèce."

On voit la montée des plantes vers le ciel et le délire ordonné des feuilles et des fleurs. La gamme des couleurs surprend. Le douanier Rousseau peignait la jungle plus verte que verte. Ici le rouge et le violet dominent. Le rouge couleur de la pulsion de vie, de la sève comme du sang.  Le violet couleur du mystère, dans la liturgie couleur d'avant Noël et d'avant Pâques. Avant la naissance, avant la mort, avant la résurrection. C'est le cycle de la nature, de la graine à la plante qui s'épanouit, qui meurt et qui renaît.

Les tapisseries de la Genèse à l'abbaye des Dames de Saintes. Jean-François Favre.

La 6ème tapisserie : "Qu'il soit des luminaires au firmament du ciel pour éclairer la Terre"

Un visage qui me fait penser à mon chat, ouvre les yeux pour assister à l'apparition des astres, constellations, lunes... comme un soir de 14 juillet mais avec des feux qui ne s'éteignent pas après nous avoir éblouis.

Les tapisseries de la Genèse à l'abbaye des Dames de Saintes. Jean-François Favre.

La 7ème tapisserie : "Que les eaux grouillent de bêtes vivantes."

Le visage a des yeux qui ressemblent aux poissons, il n'a pas de bouche étant dans les profondeurs, dans le monde du silence. La tapisserie représente moins un grouillement qu'une harmonie de vies, petits soleils des semences, passage dans un sens et dans l'autre des poissons muets. 

Les tapisseries de la Genèse à l'abbaye des Dames de Saintes. Jean-François Favre.

La 8ème tapisserie : "Que les oiseaux volent au-dessus de la Terre contre le firmament du ciel."

Au-dessus de la terre sombre avec ses maisons aux toits pointus, les aigles-totems font la liaison entre le monde des hommes et le ciel. Les visages montent comme des montgolfières et battent des ailes.

Les tapisseries de la Genèse à l'abbaye des Dames de Saintes. Jean-François Favre.

La 9ème tapisserie : "Que la Terre produise des êtres vivants selon leur espèce."

     Le visage a les yeux presque clos, comme si le créateur était trop concentré sur son oeuvre pour la regarder se réaliser. Les animaux apparaissent : éléphant, buffle, gazelle, lion, partageant paisiblement la même nature. Vision idyllique de l'oeuvre divine à laquelle Victor Hugo opposera ses vers : "Le monde est une fête où le meurtre fourmille et la Création se dévore en famille." Mais restons confiants, le prophète Isaïe nous annonce des temps où le petit de la vache dormira avec le lion!

Les tapisseries de la Genèse à l'abbaye des Dames de Saintes. Jean-François Favre.

10ème tapisserie : "Dieu fit toutes les bestioles selon leur espèce."

Les bestioles! Tous ces petits êtres qui ont un rôle essentiel dans le renouvellement des plantes... les insectes avec leur carapace, leurs antennes, leurs mille pattes, courent et vrombissent parmi les autres animaux, parmi les oiseaux, sous le regard du lièvre qui replie ses oreilles comme le lapin d'Alice au pays des merveilles. 

Les tapisseries de la Genèse à l'abbaye des Dames de Saintes. Jean-François Favre.

11ème tapisserie : "Faisons l'homme à notre image comme à notre ressemblance"

Et voilà celui que l'on attendait et pour lequel tout a été créé dans l'espoir naïf qu'il prendrait soin du trésor qu'on lui confiait : L'homme. Le fond a la couleur de la terre avec laquelle il a été modelé. Double visage, il est homme et il est femme. 

Les tapisseries de la Genèse à l'abbaye des Dames de Saintes. Jean-François Favre.

12ème tapisserie : "Dieu vit tout ce qu'il avait fait. Il bénit le septième jour et le sanctifia."

La Création terminée, Dieu peut la bénir et se reposer. Les yeux éclosent, démultipliés, sur la beauté du monde. On peut reconnaître quelques symboles du peuple de la Bible, la ménorah, l'étoile de David. Le rouge et le bleu se complètent et chantent l'harmonie de la vie.

Les tapisseries de la Genèse à l'abbaye des Dames de Saintes. Jean-François Favre.

13ème et dernière tapisserie : Les sept jours de la Création.

Sept jours et sept visages, attentifs, étonnés, satisfaits. Dieu est content de lui, "Il vit que cela était bon". La dernière tapisserie beaucoup plus grande est à part, dans le transept. Elle est un résumé des douze tapisseries de la nef. Chant de couleurs, de formes, elle ramasse la semaine dans un ovale, une mandorle qui annonce celle qui entourera le Christ dans la sculpture romane ou dans les icônes.

Les tapisseries de la Genèse à l'abbaye des Dames de Saintes. Jean-François Favre.

Je suis sorti de l'église de pierres blanches avec un sentiment étrange. Cette belle histoire de la Création du monde m'enchante évidemment comme un livre d'images, comme un conte pour enfants. Mais elle m'évoque une lointaine époque où l'homme ne voyait que profit infini dans la nature inépuisable.

Aujourd'hui, nous avons sous les yeux une nature blessée. les animaux disparaissent victimes du goût insatiable des hommes pour l'argent et la puissance. Les glaciers fondent, les forêts brûlent. Peut-être les tapisseries de l'Apocalypse d'Angers sont-elles plus d'actualité!

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Publié le par chriswac
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C'est une des curiosités de la région : la croix hosannière de Moëze...

Elle se dresse dans le cimetière, à quelques pas du clocher gothique rescapé des Guerres de Religion et que les Réformés épargnèrent pour la seule raison qu'il pouvait servir d'amer et guider les navires.

L'église ancienne n'a pas eu la même chance, elle a disparu corps et âme!

 

La croix hosannière a l'allure d'un petit temple grec carré surmonté d'une pyramide.

Elle a été élevée au XVIème siècle (on avance la date de 1530) à proximité de l'église où se trouvait l'ancien cimetière.

 

C'est un édifice funéraire, comme les lanternes des morts.

On en trouve dès le Xème siècle dans l'ouest de la France. On peut en voir une cinquantaine dans la région Poitou-Charente et 31 dans le seul département des deux-Sèvres.

                              Croix hosannière de Gourgé (Deux-Sèvres)

 

                                          Croix hosannière d'Aulnay de Saintonge

 

Mais la plus belle, la plus monumentale, unique en son genre, est bien celle de Moëze! 

Il est facile de comprendre pourquoi on l'appelle aussi "le temple" de Moëze. 

Sur une base carrée, le péristyle est formé de vingt colonnes corinthiennes à fût cannelé, dont 4 sont en retrait, à l'intérieur.

 

Moëze- Soubise 041

On s'interroge sur la destination de ce monument. On a pu penser qu'il abritait un ossuaire ou qu'il s'élevait sur une fosse commune mais ce n'est qu'une hypothèse fragile. Ce qui est sûr c'est qu'il servait de point de ralliement lors de la procession du Dimanche des Rameaux qui ouvre la Semaine Sainte.

Son nom de "croix hosannière" viendrait des cantiques à la gloire de Dieu que l'on chantait alors : "Hosanna in excelsis Deo" en brandissant des palmes qui rappelaient celles avec lesquelles la foule avait salué l'entrée du Christ à Jérusalem.

Moëze- Soubise 040

Une autre hypothèse plus contestée suggère que le nom viendrait de l'hosanne, nom que l'on donne dans le Poitou au buis que l'on bénissait aux Rameaux et qu'on déposait au pied du monument.

Une inscription latine court sur les quatre côtés:

 

                                          "Pueri hebraeorum..." 

Les enfants des Hébreux

 

                                     "...portantes Ramos olivarum..." 

...portant des rameaux d'olivier

                                        " ...obviaverunt Dominus clamantes..."

...allèrent à la rencontre du Seigneur en chantant

                                     " ...et dicentes Hosanna in excelsis."

et en disant : hosanna au plus haut des cieux.

 

Ce n'est qu'en 1629 que le "temple" fut surmonté d'une croix sur un support pyramidal à bossages, un peu maigrelet de proportions.

Les conventionnels rochefortais obtinrent qu'elle fût démontée... Il fallut attendre 1825 pour qu'elle retrouvât sa place.

Mais ses mésaventures n'étaient pas terminées!

La tempête de 1999 l'abattit et il fallut la remonter de nouveau là où elle est décidée à ne plus broncher en attendant le Jugement Dernier!

On peut voir sur un des côtés une pierre saillante qui servait d'autel pour la célébration des offices.

Il y est gravé : "Occurunt turbae cum floribus et palmis".

        "Les foules accoureront avec des fleurs et des palmes."

 

Notons enfin que les auteurs de cet élégant édifice seraient les architectes italiens ramenés dans ses malles par Madame de Soubise, gouvernante de Renée de France, duchesse de Ferrare...

Ainsi aurions-nous un peu d'Emilie en Saintonge!

Il paraît que traditionnellement on enterrait les prêtres au pied de la croix hosannière mais à Moëze, il y a, à proximité une tombe plus originale et touchante.

Des mains aimantes ont cassé les belles assiettes de la défunte pour composer un puzzle naïf et vivant.

Moeze--Soubise-044.JPG

En attendant qu'un jour d'avril tous ces morceaux se réassemblent pour un repas joyeux qui ressuscitera les fêtes du passé!

Une autre tombe, récente porte le même nom de famille que Pierre Loti enterré dans le jardin de la maison des aïeules dans l'île d'Oléron.

Le défunt dont l'âme s'élève avec le goéland avait-il un brave chien qui l'attend sur le rivage, et deux chats gris, deux chattes peut-être comme celles de Pierre Loti qui leur consacra un de ses plus beaux livres.

Pas étonnant que les morts soient si vivants à l'ombre de la croix hosannière de Moëze!

 

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Liens : 

Charente Maritime. Classement alphabétique. Liens.

Moëze. Le clocher.

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                               Cygnes sauvages dans les marais de Moëze

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #CHARENTE MARITIME

Quand vous quittez l'île d'Oléron à la recherche d'une ville digne de ce nom, vous n'avez qu'une vingtaine de kilomètres à parcourir pour entrer dans Rochefort "ville nouvelle du XVIIème siècle". 

Rochefort, depuis que Jacques Demy l'a réveillée avec ses Demoiselles, nous attire vers sa grande place, la place Colbert qu'enchantèrent Catherine Deneuve et Françoise Dorléac...

 

Sur cette place large et lumineuse, typiquement charentaise avec ses façades claires, ses toits de tuiles et ses grands arbres, un arc de triomphe surmonté d'une indolente sculpture nous attire.

                        Carte postale (1907)

Il s'agit en réalité d'une fontaine monumentale érigée en 1757 sur la place Colbert qui portait alors le nom des Capucins avant d'être "baptisée" à la Révolution, Place de la Liberté et d'être par la même occasion dotée d'une guillotine très active.

Au sommet du monument, un homme couronné et une femme joignent leurs mains et poussent de l'avant-bras comme pour un bras de fer.

 

Le royal personnage n'est autre que l'Océan Atlantique qui se prend pour Poséidon.

La femme, modeste et consentante, est la Charente. Peut-être ressent-elle quelque crainte avant de s'engager avec un époux si imposant.

 

Le bras de fer n'en est pas un mais au contraire union des mains pour le mariage de cet époux considérable et de la Charente, la nonchalante Charente, la capricieuse Charente qui transforma en s'en retirant, le port de Brouage voisin en un village campagnard en pleine terre, étonné de ses inutiles remparts.

Le groupe représente ce mariage entre les deux célébrités, la réunion de leurs eaux, le moment où l'une se jette dans l'autre pour s'y perdre.

Royale sculpture qui porte bien la marque de son siècle et qui est due à Victor Bourguignon, illustre artiste dont je ne connais aucune autre production.

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Rochefort-fontaine-Colbert-007.JPG

Sur les piliers de l'arc, sont représentés des symboles de la rivière et de la mer. Roseaux, coquillages, fleurs des rives...

Les cartes postales anciennes permettent de voir qu'il y avait une vasque sur pied au milieu de l'arc. Elle a aujourd'hui disparu pour être remplacée par un jet d'eau maigrelet...

 

La Charente s'exprime en termes choisis pour remercier les Rochefortais :

"Nymphe heureuse, j'errais depuis longtemps au milieu des campagnes variées                                           Plus heureuse aujourd'hui je coule dans vos murs"

Elle ne dira pas que depuis son mariage que rappelle cette sculpture, elle s'est amenuisée et a perdu de sa superbe devant un océan qui ne compte plus le nombre de ses conquêtes.

Méfiez-vous du mariage mesdames!

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 Liens : Charente maritime:

Charente Maritime. Classement alphabétique. Liens.

 

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Publié le par chriswac
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Août 2021.

     Je republie cet article qui date de 2013! Je croyais alors que ce manège "monument historique" resterait à La Rochelle qui le conserverait jalousement. Il n'en est rien. Il n'y a plus de manège Bayol à La Rochelle. Vous verrez à la place une vilaine attraction et des sanitaires.

 

........................................................................................................................................................................Août 2013.

      La Rochelle ne manque pas de monuments qui font de la ville un des sites les plus visités de France. Parmi les trésors qu'elle recèle, il n'y a pas que les monuments historiques architecturaux, il y a près du port, un manège qui réjouit les petits et les amateurs d'art forain : le carrousel de Bayol...

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La revue "Louvre" parle de lui comme d'un "bijou rarissime"...

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      Il faut dire qu'il ne reste presque plus de manèges intacts de la fin du XIXème siècle et que parmi eux, ceux d'Auguste Bayol, artiste angevin de génie, ne sont plus que deux. L'un est à Vienne au Prater, l'autre à la Rochelle... 

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Il n'est donc pas surprenant que ce témoin précieux d'une époque et d'un art perdus ait été classé et fasse désormais partie du patrimoine français.

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Bayol a sculpté bien des animaux mais ce sont les chevaux qu'il préférait et dont il savait rendre la nervosité et l'élan.

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Il n'existe pas de plus beaux chevaux forains que les siens. Ils sont à la fois réalistes et magiques, ils s'échappent des contes de l'enfance et nous regardent avec des yeux doux et sauvages...

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La ville de la Rochelle consciente de leur valeur a tenté de les racheter mais leur propriétaire a refusé de s'en séparer comme il avait refusé quelques années plus tôt de les céder à un riche américain qui lui offrait plusieurs millions de dollars...

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Le carrousel reste en France et ne connaîtra pas le triste sort des cloîtres romans du sud-ouest démontés pierre à pierre pour être remontés à New York loin du soleil doré qui donnait vie aux chapiteaux sculptés...

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Créé en 1883, Il est aujourd'hui le plus ancien manège de France.

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Moi qui suis montmartrois, je rêverais de le voir tourner sur la place des Abbesses où un ignoble manège en plastique fluo s'est échoué depuis quelques mois...

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Mais je dois reconnaître qu'il est mieux à la Rochelle (où il a élu domicile depuis 1975) dans la lumière claire et vibrante de l'Atlantique, avec pour voisins les voiliers et les goélands...

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Parmi les animaux favoris de Bayol, on trouve le chat, le coq, le cygne, le cochon et l'âne...

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Le chat plaît particulièrement aux petites filles...

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Bayol 054

La tempête de 1999 s'abattit sur le manège et endommagea quelques sculptures ainsi que l'orgue de Gasparini de 1870.

Cet orgue exceptionnel est depuis en réparation et l'on s'impatiente de cette convalescence interminable.

Les automates, emprisonnés et muets, sont protégés par un grillage...

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c'était à l'origine un instrument à cylindre, transformé en 1900 en orgue à cartons...

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Souhaitons que le carrousel de Bayol continue longtemps son voyage, lui qui a déjà franchi plusieurs fois la distance de la Terre à la Lune!

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Liens : Bayol

Art forain (IV). Le manège de Bayol. La Rochelle.

 

La Rochelle

La Rochelle. Tour de la Lanterne. Architecture.

Richard Texier. La Rochelle. Angel Bear. L'ours Ailé. Sculpture.

La Rochelle. Tour de la Lanterne. Les graffitis.

La Rochelle. Monument Eugène Fromentin. Ernest Dubois.

Omer Charlet. La Rochelle. Saint Barthélémy.

 

Charente Maritime. Classement alphabétique. Liens.

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Publié dans : #CHARENTE MARITIME

 

     

                                        

      Les fresques des murs latéraux sont plus endommagées que celles du chevet. Elles représentent les évangélistes au-dessus de scènes presque effacées, sur fond ocre rouge sur lesquels émergent des évêques.

                                              I Mur latéral gauche.

                                                                  

Saint-Jean rédige son évangile. Il tient délicatement une plume d'oie, à moins que ce ne soit une plume de Saint-Esprit.

L'aigle, peut-être pour préserver son plumage, s'est envolé de la fresque.

 

                                                        

Mathieu a gardé son ange qui le conseille et lui désigne le mur de la Nativité.

 

Il ne reste quasiment plus rien de ce qui a dû être un évêque.

Notons que tous les sujets choisis affirment, après les Guerres de Religion qui ont tant marqué la région, l'autorité et le dogme catholiques contestés par les réformés :  la Vierge, les évêques, le pape...

Cet évêque-là n'est plus qu'une idée d'évêque ! Une vague silhouette, la ligne oblique d'une crosse, la silhouette possible d'un cheval... 

 

Celui-là, sous la fresque de saint-Mathieu est plus visible. Il tient fermement sa riche crosse, il est vêtu d'habits brodés de fils d'or...

Et il ressemble bien malgré lui, après les dégradations des siècles, à une allégorie des vanités humaines, proche des danses macabres médiévales.

Il suggère un squelette habillé de précieuses étoffes et porteur des symboles du pouvoir et de la richesse...

 

Sous la voûte, les anges presque nus portent les armes du Christ...

 

                                            II Le mur latéral droit

 

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                                                 Saint-Luc (gauche) et Saint-Marc (droite)

 

                                                                          Saint-Marc

Saint-Marc. Je crois deviner sur la droite, une grosse bête grise au visage renfrogné sensée représenter un lion.

 

Saint-Luc et son taureau. Curieusement, Luc, l'évangélistes qui nous parle le plus de Marie est le seul, sur ces murs à ne pas être tourné vers elle.

 

Au-dessous, très dégradé, le pape s'avance avec sa crosse à trois branches, insigne de sa fonction.

 

Il ne reste rien sur ce panneau,  sinon cette tache rouge, coiffure épiscopale qui a survécu au visage qu'elle coiffait!

Peut-être s'agit-il de Saint-Saturnin, alias Sernin, alias Sornin à qui l'église est dédiée... le rouge étant la couleur du martyre et Saint Saturnin, comme chacun sait ayant été au 3ème siècle, traîné par un taureau sauvage et réduit en bouillie.

 

Et sous la voûte, les anges qui résistent mieux à l'outrage du temps, continuent de sourire et de porter vers le ciel étoilé les armes de Marie...

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Dans leur écrin de pierres, les fresques aux couleurs chaudes, irradient doucement, comme des braises qui témoigent d'un grand feu qui s'éteint...

Lien : Saint Sornin. Eglise. Fresques XVIIème siècle(1)

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Publié le par chriswac
Publié dans : #CHARENTE MARITIME, #Peintres, #WACRENIER

 

                                                       L'ange de l'Annonciation (l'archange Gabriel)

                                                              L'église

Pourquoi les fresques de l'église de Saint-Sornin sont-elles si peu connues alors qu'elles sont un témoignage remarquable de la peinture religieuse de la fin de la Renaissance?

 

Il faut s'asseoir dans le choeur et les regarder se détacher peu à peu, prendre vie et couleurs...

 

On a l'impression en découvrant ce qui a pu en être sauvé après le retrait de plusieurs couches de badigeon, de sentir la main de l'artiste qui les a créées.

Un artiste inconnu, un spécialiste des anges qu'il devait côtoyer, perché sur son échafaudage. J'ai lu quelque part qu'il s'agirait d'un certain Gaultier. je n'en ai trouvé aucune confirmation. Mais pourquoi pas Gaultier? Un nom de vieux terroir et de poètes médiévaux.

Bien qu'à l'évidence plusieurs peintres aux styles différents aient participé à la réalisation de ces fresques...

Dans la belle église romane, l'ancien choeur détruit par les Anglais a été reconstruit au XVème siècle. Un choeur gothique donc, composé de deux travées voûtées d'ogives, terminées par un chevet plat. C'est sur les murs du choeur qu'ont été peintes les scènes que nous découvrons aujourd'hui.

                                                  L'Adoration des Mages

  Sur le mur du chevet, à droite, c'est la partie la mieux conservée. La comète comme un trait de feu désigne l'enfant qui est déjà un petit homme occupé à bénir ceux qui se prosternent devant lui.

 

Les corps penchés autour de l'enfant( la vierge et Joseph à gauche, les mages à droite) font autour de lui un cercle chaleureux. 

 

Les visages sont doux et graves. Le peintre s'est sans doute inspiré des gens qu'il côtoyait. Ce sont des visages réels, individualisés, sans formalisme. La vierge aux grands yeux baissés fait une moue un peu ridicule, comme celle que l'on voit sur le visage des mamans qui grondent tendrement leurs petits. 

                                                    Les bergers (nativité)

                                                             

Sur le côté gauche, la fresque a été plus endommagée. Elle représente les bergers adorant l'enfant que l'on peut deviner, vague forme blanche dans les bras de sa mère. On peut tenter de voir derrière les mains jointes de l'homme du premier plan la tête du boeuf de la crêche.

 

Comme on peut imaginer l'âne aux oreilles grises  à côté de l'épaule de Marie.

Ainsi devant ces fresques parvenues jusqu'à nous malgré vicissitudes et dégradations, sommes-nous invités à créer, à être peintre, à être poète.

La vierge a les yeux baissés et les mains jointes, tandis que dans les hauteurs l'ange qui a guidé les bergers, chante la gloire de dieu.

 

 

 

                                                                        

                                               L'Annonciation

 

Toujours sur la mur du chevet, au-dessus des deux fresques de la Nativité, est peint l'archange Gabriel aux ailes rouges, descendant au milieu des nuages, fleur de lys à la main pour annoncer à Marie qu'elle va devenir mère de Dieu...

Cette fresque à elle seul assurerait à l'ensemble sa renommée... L'ange est beau, à la fois aérien et solide. Il apparaît entre ses ailes de feu comme l'ange de la Résurrection.

J'interprète sans doute mais j'aime penser que le peintre a voulu que cet ange de Noël fût aussi celui de Pâques.

 

Marie agenouillée reçoit bras ouvert l'apparition. Son visage déjà est tourné vers la terre.

Au-dessus de cette scène, sous la voûte piquée d'étoiles, on peut distinguer un ange un peu dodu qui porte la couronne destinée à la servante du seigneur

De l'autre côté, une assemblée d'anges contemplent et commentent... comme s'ils étaient installés dans un salon de nuages, en train d'échanger les dernières nouvelles!

La tonalité brun rouge de l'ensemble me fait penser sans chercher de cohérence aux murs de Pompéi et à l'effacement des images. Ici aussi il y a eu incendies, morts, destructions... et cette présence obstinée de la trace humaine, de la peinture comme d'un entêtement de la vie et de la beauté.

 

A suivre : les fresques des murs latéraux.  Saint-Sornin. Eglise. Fresques. (2)

 

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Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières, #CHARENTE MARITIME

 

 

L'église de Marennes ne survécut pas aux guerres de religions.

 L' église romane, reconstruite au XIVème siècle dans le style ogival (voir le clocher) fut saccagée de fond en comble en 1570 et les Dames de Saintes dont elle dépendait décidèrent de la raser ...

 

L'abbesse Françoise de la Rochefoucauld la fit reconstruire sur des plans nouveaux. Les travaux se sont étendus sur plus d'un siècle.

 Des compagnons étaient encore occupés à voûter le choeur en 1750!

 

L'église a un aspect sévère, avec ses contreforts puissants.  Elle garde un aspect défensif, comme si elle s'attendait à de nouveaux assauts. 

 

 

 

  L'intérieur donne une impression de clarté grâce à ses larges baies vitrées. Les dimensions sont harmonieuses : 58 mètres de longueur, 28,50 de largeur et 16 mètres de hauteur sous voûte.

 

Il semble convenir au navire ex-voto qui y voyage, immobile, vaisseau de bois à l'intérieur du vaisseau de pierres. 

 

 

 

 

  La tribune du XVIIème siècle ne manque pas de grâce...

 

 

 

  Comme les galeries dont les pierres vivantes accueillent la lumière si claire du pays charentais.

  

Les travées sont voûtées en ogives à huit branches qui semblent ne pas peser mais jeter une toile de navire sur la nef...

 

A l'entrée de l'église, près des anciens fonts baptismaux, un certificat de baptême est exposé...

Une plaque gravée nous rappelle le nom de l'illustre paroissien qui y reçut ce sacrement : François Fresneau, père du caoutchouc, bienfaiteur de l'humanité!

 

J'avoue humblement que j'ignorais l'existence de ce grand homme né et mort dans la bonne ville de Marennes.

Il habitait le château de la Gataudière où il revint après ses séjours dans les colonies, et notamment en Guyane où il découvrit l'hévéa Brasiliensis, l'arbre à caoutchouc.

Il était vraiment, par son esprit et sa curiosité, "un honnête homme" du XVIIIème siècle. De retour en Charente, il s'intéressa à la culture des huîtres, et bien avant Parmentier, à celle de la pomme de terre...

Il faudrait donc compléter sa plaque commémorative : François Fresneau, père du caoutchouc et grand père de la pomme de terre! 

 

  Au-dessus des anciens fonts, une fresque  du baptême du Christ  perd doucement ses couleurs....

 

Dans la première chapelle de gauche, un vitrail est dédié à Saint Vincent de Paul. Il est comme les autres vitraux de l'église, assez conventionnel et bien représentatif de l'art religieux du XIXème siécle lorsqu'il manque d'inspiration...

 

 

Une pierre exposée dans la chapelle attire l'attention.  C'est un décor de voûte qui menaçait de se détacher et qui fut donc  déposé. On y voit le blason des tailleurs de pierres étrangers, ceux-là mêmes qui travaillèrent dans l'église et laissèrent de nombreuses traces de leur passage, comme des symboles et des signatures gravés sur les arc doubleaux.

On peut lire sur la pierrre : "les anfans de Salomon".

Les tailleurs de pierre se regroupaient en trois familles : les enfants de Salomon, de Maître Jacques ou du père Soubise.  Les premiers se référaient à la bible et à la construcion du Temple par  Salomon (Rois,  livre 3, chapitre 5...) 

 Ils se faisaient appeler compagnons étrangers, compagnons libertins ou loups...

 

 

  Dans la chapelle suivante, un tableau nous montre le crucifié se dressant sur un ciel de nuit, tandis que sous la terre des pécheurs émergent des flammes...

 

Jeunes ou vieux, hommes ou femmes, nul n'échappe à ce sauna infernal. Quoi que...

 

 

En priant la vierge de Montligeon, nous pouvons les aider à échapper à la rôtissoire et à monter vers les nuages rafraîchissants... 

 

 

  Les vitraux de la chapelle suivante représentent la mort de Saint Joseph et son mariage mystique. L'ange qui était venu rassurer et conseiller le brave homme, est de nouveau à ses côtés pour le tenir tendrement, alors que son épouse garde les mains jointes. Pour le mariage, les mains des époux s'effleurent à peine et Joseph porte le lys de la virginité qu'on attribue habituellement à Marie.

 

  Un coup d'oeil sur la très belle grille classique de la chaire...

   

 

  Un grand tableau  théâtral représente le Christ remettant à Saint-Pierre les clés symboliques et lui donnant mission d'être le socle de l'Eglise : "Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon église"...

La toile est maniérée. Le christ y est autoritaire et sévère et Pierre à genoux, engoncé dans sa tunique, ne semble pas rayonner de joie!

 

Le grand vitrail du choeur le représente encore. Il empoigne la fameuse clé et prend sa pose pontificale....

 

Il est le patron de l'église de Marennes qui se dressait à l'origine dans un faubourg de la ville dont elle portait le nom : Saint Pierre de Sales.

 

  Une belle surprise vous attend dans la première chapelle qui ressemble à un court transept, côté sud. C'est une toile d'Omer Charlet, gloire oléronaise et peintre de grand talent (voir :Omer Charlet à Oléron. )

 

  La toile représente le martyre de Saint Adrien (au début du IVème siècle à Nicomédie) qui va être découpé comme une pièce de boeuf sur un étal en forme de croix. Sa jeune femme, Natalie (future sainte Nathalie) est à ses côtés et l'encourage.

Saint Adrien, officier de l'empereur Galère, chargé, comme le fut Saint Paul de poursuivre et mettre à mort les Chrétiens, se convertit, impressionné par leur courage et par leur foi. Il est à son tour martyrisé, pieds et jambes tranchés... 

Adrien est représenté ici comme un jeune athlète, taillé pour l'amour.  Troublante sensualité de ce corps viril, jambes ouvertes...

 

  Dans la chapelle du Saint Sacrement, des anges adorateurs s'élèvent dans un ciel d'or au-dessus des nuages...

 

Laissons les voleter en paix et quittons cette belle église pour retrouver le ciel  réel et les battements d'ailes des goélands...

 

 

 

Lien :Oléron. Marennes. Le clocher.

Eglises de l'île d'Oléron :

Oléron. La Brée. L'église.

La Perroche. Oléron. Le prieuré, chapelle et cloître.

Oléron. Eglise de Saint-Georges.

Eglise Saint-André. Dolus. Oléron.

Eglise Notre-Dame Le Château d'Oléron. Le retable.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers, #OLERON, #CHARENTE MARITIME
Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.
Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.
Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.

      Chaque début d'été c'est une fête et un plaisir de retrouver les ruelles fleuries de l'île d'Oléron.

Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.
Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.
Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.

     Mais cette année 2020 décidément différente des autres années, les roses trémières toujours belles ont cependant un petit air fatigué, comme si le confinement leur avait porté un coup sur le pétale!

Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.
Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.
Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.

    Cela est dû sans doute à un mois de mai de plein soleil et de chaleur estivale suivi d'un mois de juin pluvieux à l'excès. Les roses en ont gardé un côté chiffonné et las.

Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.
Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.

     J'ai photographié quelques unes d'entre elles sur le port de Saint-Trojan où les cabanes de couleurs leur offrent le cadre idéal qui sied à leur beauté fragile.

Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.

     Sur la tombe de notre chatte Bella morte en septembre dernier, une rose trémière s'est élancée vers le ciel. C'est la seule de notre petit jardin.

 

   j'offre à ces fleurs fidèles le poème que j'ai écrit pour elles. Je le redis chaque année quand je les retrouve, droites contre vents et marées, la tête dans le soleil.

Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.

                  La rose trémière

 

La rose dans mon île est rose du vertige

Sur sa dernière fleur il pousse une autre fleur

Qui se hausse du col au sommet de sa tige

Et par-dessus le mur jette un oeil en couleur

 

La rose dans mon île est la rose trémière

Elle est née au printemps sur le chemin de pierres

Dans la ruelle étroite au pied des maisons blanches

Ou sur le port autour des cabanes de planches

 

La rose dans mon île est une passagère

Devant les volets bleus devant les volets verts

Elle hésite un moment et part vers la lumière

Plus haut que la maison où s'agrippe le lierre

 

La rose dans mon île accepte de mourir

Après avoir fleuri à côté du soleil

Comme elle après l'amour je voudrais m'endormir

A côté de ton corps dans un même sommeil

Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.
Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.
Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.
Roses trémières d'Oléron. Juillet 2020. Photos et poème.

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