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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités

 

                                          

 

Montmartre abrite derrière ses façades bien des jardins et des royaumes. C'est un de ces royaumes que j'ai visité aujourd'hui et d'où je reviens avec des images de terre et de turquoise.

 

                                        

 

 Certains reconnaîtront ce masque conçu par Hélène pour un spectacle de son frère Claude Nougaro, plus précisément pour l'une de ses chansons : L'Amour Sorcier :

 

     "Venez à moi par milliers

       La terre et le ciel on va les marier"...  

                                            

 

 C'est encore pour Claude qu'Hélène donna naissance à cette statue.

                                                                      

 La terre enceinte d'elle-même plonge ses racines au plus profond du mystère et fait remonter la sève jusqu'aux étoiles. Le squelette des côtes s'ouvre sur le souffle qui donnera vie aux cuivres du Jazz.

 

                                    

      La femme est coiffée d'une corne qui griffe le ciel, comme "la trompette de Miles, épine de la lune".

 

"Avec un J de joie dans un D de détresse

Un A comme Amérique et l'Afrique au milieu

Et deux Z pour que les cuivres glissent mieux

Ouvrez les gaz, voici l'Altesse

Laissez passer Sa Majesté le Jazz"

 

                                        

 

                        

         Après la mort de Liette sa mère, Hélène sculpta cette femme en prière en  pensant à Marie que sa mère aimait;  Le visage aux yeux clos évoque les longs masques africains en même temps que la sérénité de Bouddha endormi. Il dit la gravité de vivre. Il dit la douceur et la fragilité.

 

                          Encore la terre et le ciel avec cette femme Dinka dont le corps de liane s'élève à n'en plus finir mais dont le visage se penche vers le sol. Regard inquiet et inquiétant avec en lui le rayonnement de forces magiques.

                                            

 

                                                

      
Adolescente, Hélène aimait modeler des personnages. Elle retrouva ce goût bien plus tard. Il était resté ancré au plus secret d'elle-même et quand elle réalisa sa première oeuvre il s'exprima avec force et désir. Il fit naître cette femme libérée qui danse et s'ouvre aux vents qui girouettent sur son corps.

  

                                      

 

 

                                          

              Le tourbillon qui jette le pied vers le ciel et pointe les seins vers le monde comme des obus de vie ne peut dissimuler la gravité du visage qui interroge. Les yeux noirs un jour seront creux, les os se débarrasseront de la peau tendue sur le crâne et les mâchoires. Il y a dans cette femme qui tourne et danse en portant ses offrandes comme un flambeau de liberté, la volonté impuissante de tenir la mort à distance.

 

                        

 Non loin de là, est assis un poète égaré parmi nous. C'est le berger qui compte et recompte ses nuages pour n'en perdre aucun. Ils lui appartiennent et sont ses brebis à féconder....

 

 

                               

      Voici la Nouba au regard de chasseresse, prête à tuer ou à atteindre au coeur un passant inattentif.

  Il ne faudrait pas s'attarder trop longtemps. Je sens que la magie opère et que je risque d'être happé par cet univers magique. Une étrange créature se détache des murs et me met en garde...

 

 

 

                        

 

  Je m'en vais sur la pointe des pieds, très ému d'avoir fait connaissance de ce peuple sorcier qui vit à deux pas de chez moi. Je jette un dernier coup d'oeil à ma préférée, celle qui veille en silence comme une flamme.

 

 

Liens : Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique.

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.

   Rue  Ramey, par ce jour gris et froid je découvre, à l'angle de la rue du baigneur, un marin qui met soudain du rouge dans l'uniformité du paysage. Il tient contre vents et marées sur le mur d'une ancienne poissonnerie des années trente.

 

 

 

 

 

 

 Il est venu dans cet océan de pierres et de pavés avec le ciel et les nuages de sa Bretagne idéale, avec le phare et les oiseaux.

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un goéland guette sa proie 

  

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Le pêcheur est vigilant et surveille son poisson. Pas question de le laisser emporter dans le ciel. Il est destiné aux braves gens du quartier.

....Mais le quartier a changé. Les vieilles boutiques disparaissent au profit de grandes surfaces  et leur saumon d'élevage. Les poissons sauvages se font rares; ils sont comme cette mosaïque  qui peu à peu se dégrade et perd ses écailles une à une. 

 

Un jour il ne restera plus rien du pêcheur et de son décor.  Paris perd peu à peu sa mémoire.

  

 

 

 

 

 

 

Dans la boutique, des chats ont élu domicile. Sans doute ont-ils été attirés par la poissonnerie et l'espoir de proies bien fraîches. Mais ils n'ont rien trouvé et se sont vitrifiés sous les caresses de leur amie Agathe qui a offert à certains d'entre eux des "charcophages" multicolores.  

 

 

 

 

 

 Alors tout espoir n'est pas perdu. Si une artiste a pris possession de la poissonnerie avec ses animaux fantaisistes et sérieux, le pêcheur au ciré rouge et le goéland criard seront peut-être protégés et continueront de mettre des couleurs dans la grise rue Ramey!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER
     Aujourd'hui  je rends visite comme chaque vendredi à ma mère. Je prépare un petit repas comme elle les aime et je me prépare moi-même, ce qui est beaucoup plus délicat. Il me faut me blinder, mettre du cuir sur mes fragilités. Je sonne chez elle. Elle arrive à pas immobiles ou presque. Chaque geste du quotidien est un exploit. Pour aller avec elle à la poste et au super-marché, tous deux distants de quelques deux cents mètres, il nous faut une heure et demie. Dans la rue, sur les trottoirs, nous suscitons des mouvements d'impatience quand nous obstruons le passage. La lenteur des vieux irrite et exaspère notre quotidien rapide et djeune. Courage maman, tu fais partie d'une génération en voie de disparition et un de ces quatre nous prendrons place dans le cortège pour cheminer à notre tour à petits pas souffrants. Moi qui ai la chance ou la malchance de n'avoir pas d'enfants, je n'aurai pour m'appuyer que ma femme si petite  et elle n'aura que moi. Tant qu'on sera deux, on marchera...
Ma mère, mon exaspérante mère, je t'aime. avec difficulté, avec emportement, sans patience...mais
je t'aime.

















    Minouche est là, toujours près de toi. C'est la petite rescapée d'Oléron, la chatte crottée et meurtrie qui s'était réfugiée dans votre jardin et qui aujourd'hui te tient compagnie le jour et la nuit. Tu ne peux vivre sans un petit compagnon. Je te soupçonne d'avoir eu tant d'enfants parce que tu aimais les petits êtres soumis et sans défense. Beaucoup moins intéressants quand ils grandissent et affirment leur personnalité indocile.

















      Parmi les photos qui t'entourent figurent celles de Black le brave chien d'ivrogne que Jean-Loup un jour amena chez toi pour le sauver de sa vie enfumée. Il t'a plu tout de suite même si, la première fois tu nous confias que tu l'aurais préféré blanc afin qu'il ne salisse pas tes rideaux! Il y a Bassoum, la libanaise rescapée de Tripoli. Une crème de chienne qui méritait son nom. Ses babines se relevaient et laissaient voir ses dents sur un large sourire dès qu'elle te voyait! Et Bassoum en arabe signifie "souriant". Etant femelle, elle aurait dû s'appeler "Bassima" mais j'ai préféré ce nom qui était celui de mon directeur à l'Université Libanaise et qui se lavait sept fois quand un chien l'effleurait. Le petit chat gris et blanc, c'est Flash, le chat de Marianne à qui tu ne pus jamais le céder quand elle quitta la maison. Quand il a fallu le piquer, tu t'es absentée et nous nous sommes mis à trois pour le saisir et l'euthanasier. Un sale souvenir.



















     Que Minouche t'accompagne maman et qu'elle donne toujours sa chaleur à tes pauvres jambes qui meurent. Tu nous a donné à Bruno et à moi cet amour des bêtes qui a transformé notre vie. Je n'ai jamais oublié comment tu racontais le jour de ton mariage, en février, sous l'occupation allemande. Ta petite chienne Iris qui t'adorait et ne te quittait pas d'un poil, comprenant que tu aimais ailleurs s'enfuit de ta maison. On retrouva son corps disloqué sous les roues d'un camion allemand. Et tu pleuras toute la journée de ton mariage... Certains pensèrent que c'était l'émotion provoquée par le sacrement!


















     Je t'ai demandé à quoi tu tenais le plus dans ton appartement. Tu m'as montré le portrait de Jean-Loup, notre aîné, le plus beau, le plus doué d'entre nous et qui bientôt sera le plus jeune. Comme il est triste ce portrait et comme elle me glace cette écharpe autour du cou!


















     Tu m'as montré ton père. tu m'as dit que depuis que tu avais récupéré ce portrait chez tes neveux qui portent son nom mais qui n'y attachent aucune valeur affective, tu lui parlais chaque jour et que tu éprouvais du réconfort. Tu m'as dit qu'il te répondait.
















Et puis tu as pris ta photo préférée, celle de tes petits enfants, tes soleils, tes sourires. Tu n'as jamais dit que de belles choses sur eux. Chacun t'est précieux et vital. Il manque sur la photo trois d'entre eux, mais ils sont bien présents
 dans ton coeur.

















    Tu m'as montré aussi une icône que je t'avais offerte. Je l'avais achetée en Bulgarie où j'étais en poste. Je venais d'avoir 40 ans et tu m'avais téléphoné : Es-tu heureux de vivre? - Oui maman je suis heureux! -Alors c'est à moi que tu le dois, c'est toi qui dois me faire un cadeau!
Et je t'ai rapporté cette icône. Elle dit que la vie est plus forte que la mort, que l'amour est plus fort que la mort. Ce n'est pas facile à croire mais pour toi je veux y croire...



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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux

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 Cette belle journée d'automne invite à la balade dans un Montmartre toujours surprenant. Je rends visite à une vieille dame du début du siècle dernier, une vieille dame que je n'avais jamais vraiment regardée, l'ayant vite jugée disgracieuse et de peu d'intérêt.  Il est temps pour moi de lui rendre justice et de la regarder vraiment. L'église Saint-Jean est aujourd'hui au coeur d'un quartie branché très différent de ce qu'il était quand fut décidée la construction de l'édifice. La seule église de Montmartre était alors Saint-Pierre, perchée au sommet de sa butte et dont l'état était si pitoyable qu'elle dut être fermée au culte sur ordre de la Préfecture. Aucune restauration n'était alors prévue et il fallut donc envisager la construction d'une nouvelle église, d'autant plus nécessaire que la population s'était accrue et était devenue l'une des plus denses de Paris depuis le décret d'annexion de Montmartre à la capitale par décret de Napoléon III en 1859.

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 Etrange église en vérité dont l'architecte, disciple de Viollet le Duc, était en son temps révolutionnaire. Il prônait l'utilisation des matériaux modernes comme la fonte ou le ciment armé et n'appréciait en rien les tendances architecturales à la mode, marquées par les sièces précédents et soucieuses de respecter des règles classiques. Il admirait par contre un Baltard, génial architecte des Halles détruites sous le règne d'un certain Pompidou qui se piquait d'être un homme de goût et qui n'eut aucun scrupule, pour adapter Paris à la bagnole (comme il disait) de transformer les voix sur berges en autoroutes et le coeur palpitant de Baltard en forum mercantile et foutraque.  Anatole de Baudot donc, l'architecte de Saint-Jean, était un homme socialement engagé, libre penseur et rationnaliste qui tenait à promouvoir une architecture sociale liée aux progrès de son temps. Citons parmi ses réalisations le lycée Victor Hugo dans le Marais, le lycée Lakanal à Sceaux, le théâtre et le lycée de Tulle...
Il va donc utiliser le ciment armé et non le béton qui deviendra la règle par la suite. L'édifice apparaît grâce à cette technique comme un monolithe, un seul bloc où tout est solidaire, les murs ne supportant aucune charge mais étant un remplissage entre les piles.

 
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Mais Baudot était aussi sensible à la mode orientaliste de son époque et les pastilles de grès coloré commandées à Bigot, fixées sur le ciment encore frais, évoquent toutes proportions gardées les céramiques bleues des mosquées persanes, un décor d'écailles et de miroirs... Des anges Art nouveau s'envolent immobiles dans leurs ailes de grès.

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       C'est un fort contraste avec le ciment et les briques que cette mosaïque bleutée et vibrante qui évoque la danse de Salomé et le miroitements des étoffes orientales!  L'intérieur de l'église peut surprendre par l'aspect gris vert des murs. La lumière cependant s'invite par les immenses baies des vitraux. Le vitrail du choeur est assez fade mais tous les autres dus au maître-verrier Jac Galland d'après des dessins de Pascal Blanchard sont remarquables de précision et de couleurs. 48 vitraux curvilignes sont dédiés à Marie.


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    Celui-ci nous montre la bête de l'apocalypse terrassée par la Vierge symbolisée par les lys. Parmi les autres vitraux, de part et d'autre du buffet d'orgue, nous découvrons les cavaliers de l'Apocalypse .


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      Nous avons en haut le cheval du quatrième sceau : "C'était un cheval blême. Celui qui le montait, on le nomme "la mort". Pouvoir lui fut donné sur le quart de la terre pour tuer par l'épée, la famine, la mort et les fauves de la terre."

En-dessous, c'est le cheval rouge du deuxième sceau : " Alors surgit un cheval rouge feu. A celui qui le montait fut donné le pouvoir de ravir la paix de la terre pour qu'on s'entretue et il lui fut donné une grande épée."

Les vitraux de la nef représentent entre autres, la multiplication des pains et Jésus et la femme adultère.

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                                                     La multiplication des pains.

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                                                     Jésus et la femme adultère.


 La femme se croit condamnée et se cache le visage tandis que Jésus dessine sur le sol et qu'autour de lui la foule se prépare à jeter des pierres pour massacrer l'accusée. C'est un beau passage de l'Evangile où sont renvoyés ceux qui jugeaint et voulaient tuer sans état d'âme celle qui avait aimé.
De nombreuses peintures ornent les murs de l'église. Elles ne sont pas au mieux de leur forme. tout un esemble était prévu dont seule une petite partie fut réalisée. Elles se détachent à peine de l'ombre et semblent environnées de brumes.

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 Saint Jean et son aigle me montrent la direction de la sortie. J'allume une petite flamme pour tous ceux que j'aime et je rentre à la maison par la place des Abbesses où m'accueille un sympathique soleil!
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lien : Saint Jean de Montmartre. L'autel d'Anatole de Baudot.

 

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