15 ans après la mort de Fred, je retrouve cet article que j'avais publié alors. Aujourd'hui il est d'actualité puisque celle qu'il aimait et qui l'aima jusqu'au bout de sa vie l'a rejoint quelque part, dans les étoiles ou ailleurs.
Tombe de Fred Chichin. Cimetière Montmartre, 12ème division. Avenue Travot.
Avant que ne soit posée la pierre lourde et blonde et la stèle gravée, la tombe de fred Chichin n'était couverte que de ce léger ciment. Léger... facile à briser, facile à franchir...
Des amis avaient posé quelques fleurs, quelques bougies, quelques mots d'au revoir et une guitare :
"Quelques vents lunaires t'ont emporté gratter sur une étoile".
Alors nul doute qu'il y est allé, Fred, sur son étoile. Nul doute qu'il y gratte et qu'il se penche pour éclairer de son sourire le chemin de Catherine et Thomas, Simone et Raoul...
Alors quand le lourd monument de pierre a été posé plus tard sur la tombe, il n'a pas pesé sur lui, parce qu'il n'y était plus!
Et parce qu'il est musicien Fred Chichin...
...Et la musique ne s'enterre pas! Pas plus que l'amour!
Visite à Fred, le 5 février 2015. La guitare peu à peu se dégrade... Une étoile d'ardoise porte le nom des Rita Mitsouko....
Et, un petit écran s'allume et s'éteint sur la pierre tombale. Il porte le nom de Frédéric et il bat comme un coeur vivant.
Le nom de Frédéric comme un coeur qui bat....
Un petit signe de Fred....
Nicole, ma femme est assise dans le métro ligne 4. Elle lève les yeux sur sa voisine au moment où elle se lève. C'est Catherine Ringer!
Nicole veut lui dire quelques mots mais elle est si émue qu'elle prononce : "Je vous aime"
Catherine est déjà descendue, station Châtelet. Elle se retourne et au moment où les portes se referment, elle envoie à Nicole un baiser qu'elle souffle sur sa main.
Un homme qui a marqué la Butte de sa gouaille et de sa fantaisie. Un épouvantail, un ivrogne, un dépravé, un magouilleur...
Clochard sublime, roi de la bohême, mythomane kleptomane, affabulateur narquois... Que n'a-t-on dit de lui !
De son vrai nom, André Joseph Salis de Saglia, Bibi La Purée était un trouble personnage, fascinant et repoussant à la fois...
Il était mendiant, pique-assiettes, cireur de chaussures, entremetteur et selon certaines langues vipérines (ou non), indic !
Ce qui est certain c'est qu'il errait dans Montmartre, entre deux vins ou deux absinthes, vêtu de hardes malodorantes. Il assurait aux passants qu'il était en mesure de leur fournir tout ce dont ils avaient besoin. Ainsi était-il souvent chargé d'objets hétéroclites, selon les demandes qu'il avait reçues.
Il s'était spécialisé dans les vols de parapluie et le cirage des pompes.
Bibi cireur de chaussures (Jacques Villon)
Ce Bibi (1847- 1903) fut aussi compagnon de Verlaine qu'il rejoignait au Quartier latin. Il prétendait être son secrétaire et avoir été son amant. On ne prête qu'aux riches !
Verlaine, Bibi et Mallarmé au Procope. (1890, Serafino Macchiati)
C'est en partie grâce à cette relation avec le poète que l'on parle encore de lui aujourd'hui.
C'est aussi parce qu'il a attiré l'attention de peintres et de poètes qui fréquentaient la Butte et le choisirent pour modèle...
Bibi la Purée. Picasso.
Bibi la Purée assis. Picasso.
Bibi (Jacques Villon)
Bibi la purée (Bottini)
Bibi à la pittoresque allure a été peint par Picasso, jacques Villon, Bottini et croqué par Steinlen qui avait l'habitude des matous efflanqués...
Il aurait pu l'être par Renoir dont il fréquentait la cuisine, rue Girardon, où Adèle le laissait vider un bocal de cornichons et un litre de rouge, en écoutant d'une oreille distraite les poèmes qu'il débitait pour payer son écot !
Il a même été immortalisé dans le bronze par Bailleul!
...Et il apparaît ici ou là dans des poèmes ou des romans.
Jehan Rictus lui consacre une complainte :
Dessin de Steinlen pour "Les Soliloques du Pauvre" de Rictus.
Complainte pour complaire à Bibi-La-Purée
"Stupeur du badaud, gaîté du trottin,
Le masque à Sardou, la gueule à Voltaire,
La tignasse en pleurs sur maigres vertèbres
Et la requinquette au revers fleuri
D'horribles bouquets pris à la poubelle,
Ainsi se balade à travers Paris,
Du brillant Montmartre au Quartier latin
Bibi-La-Purée, le pouilleux célèbre,
Prince des crasseux et des Purotins.
(...) Va comédien, noble compagnon,
Cabot de misère, ami de Verlaine,
Errant de Paris, spectre d'un autre âge
Que ne renieraient Gringoire ou Villon."
Dessin de Sophie Pimberton
Paul Fort le cite dans son poème "L'Enterrement de Verlaine", comme compagnon fidèle et garde du corps du poète !
Poème que Brassens enregistrera un demi siècle plus tard !
L'enterrement de Verlaine.
(...) N'importe ! Je suivrai toujours, l'âme enivrée
Ah ! Folle d'une espérance désespérée
Montesquiou-Fezensac et Bibi-la-Purée
Vos deux gardes du corps - entre tous moi dernier."
Bibi par Géo Dupuis
Raoul Ponchon lui consacre un poème sans concession :
(...) "Qui étais-tu? D'où venais-tu?
Espèce de Bibi têtu,
Entre le vice et la vertu.
Paresseux jusqu'au délire
Et maigre au point qu'on pouvait lire
Toutes les cordes de ta lyre !
Que le Seigneur et Notre-Dame
Prennent pitié de ta pauvre âme
Ta pauvre loque et chiffe d'âme !"
Voilà qui n'est pas très flatteur, mais que savait Ponchon de l'âme de Bibi?
Ce Bibi qui lui-même se prétendait poète. Ce qui à en juger par ses vers n'est pas évident...
Portrait d'homme (Bibi la purée) Picasso.
La Lettre à deux sous
"Depuis Monsieur Grévy, l'on corne à nos oreilles
Des journaux, chaque matin
Qu'on nous mijote un beau destin
Tout de velours, d'or, de satin :
Des impôts pour la frime et des lois sans pareilles,
Du pain garni de beurre, au-dessus, en-dessous,
Rien que des folles nuits, après des jours bien calmes,
Des rubans et des croix, des poireaux et des palmes
Et surtout la lettre à deux sous !!!" (...)
Portrait de Bibi (Sophie Pimberton)
Après la mort de Verlaine, en 1896, Bibi se transforme en revendeur officiel d'objets, de lettres, ayant appartenu au poète. Il en fait un commerce lucratif, comme le fut le celui des reliques de la vraie croix au Moyen-Âge!
Ainsi, parvint-il à fourguer plusieurs dizaines de cannes ayant appartenu à Verlaine
Bibi meurt quelques années plus tard à l'hôpital de la Pitié. Pendant quelques années son souvenir reste vivace à Montmartre et au Quartier latin. Un char à son effigie est promené par les étudiants lors d'un carnaval et plus tard, en 1934, le film de Léo Joannon portera son nom!
Personnage étrange qui semble faire un pied de nez à la mort avec son sourire matois et sa dégaine de j'menfoutiste, il n'a pas disparu de la Butte...
Vous le rencontrerez peut-être, rue Lepic ou rue Norvins, et comme il pleut souvent sur la Butte, vous aurez l'occasion de lui acheter un parapluie!
6 août. Le cheval blanc et le héron. Marais de St Trojan.
7 août. L'appel de la vague (Grand Village)
8 août. L'âme à la vague.
9 août. Le port de St Trojan à marée basse
10 août. Danse avec le vent
11 août. Le chenal d'Ors
12 août. L'éclipse.
13 août. Nouvelle vague
15 août. Les aigrettes. (marais d'Ors)
16 août. Sorti des sables, un géant peu rassurant!
17 août. Futurs champions?
17 août. La voile bleue
18 août. La valeur n'attend pas le nombre des années
19 août.
20 août. Le port du Château, un petit frère de Burano dans la lagune de Venise!
21 août. Danser avec les éléments
21 août. Les chars à la queue leu leu.
22 août. Le repos du sportif!
22 août le port de St Trojan
23 août. La roue
24 août. Résiste!
25 août. Le Marais aux oiseaux (Dolus). On y voit quelques rapaces qui ont été blessés, quelques échassiers rares et surtout un peuple vivant et cancanant d'oies et de colverts qui ont intérêt à rester dans ce sanctuaire alors qu'approche l'ouverture de la chasse.
26 août. La complicité avec les vagues
27 août. Voler avec la balle!
28 août. Soir sur la plage
29 août. La tempête est un spectacle
30 août. Le goéland de La Cotinière
31 août. Le soleil revenu sur la cabane jaune de St Trojan. Un mois s'achève. L'île a retrouvé sa tranquillité. Les vacanciers y ont apporté leurs rires et leur bonheur. Ils sont repartis avec des images de soleil et d'écume.
La fin d'été me rend toujours mélancolique. Elle mesure le temps qui passe. Un été de nos vies s'achève. Dis moi pourquoi la vie est brève.
1er juillet. Plage de Gatseau. Le côté méditerranéen de l'île d'Oléron.
Bonheur de retrouver l'île d'Oléron. Tant de souvenirs y parlent de mes parents, d'Aline qui écrivait des poèmes comme on donne des baisers à ceux qu'aime ou qu'on a aimés . Aline dont j'ai recouvert la tombe de cailloux blancs ramassés sur la plage.
2 juillet. La chapelle St Joseph à Grand village.
Aline morte il y a déjà une douzaine d'années.
Je me rappelle son petit chien Timy que nous avions amené à l'hôpital et qui fut pris d'une frénésie de joie, de folie de bonheur quand il la revit après une longue absence.
3 juillet. La spatule et le goéland sur l'étang de Montravail.
Quand elle habitait près de Lyon, elle eut pour voisin un homme de 25 ans plus jeune qu'elle. Il tomba amoureux d'elle au point de la suivre quand elle vint vivre dans l'île d'Oléron.
4 juillet. le ballon bleu. Solidarité avec l'équipe de France en ce mondial?
5 juillet. Famille olympique.
Après plus de vingt ans de vie commune, ils choisirent de se séparer mais restèrent proches et unis par ce passé qui avait affronté les critiques et les vilénies des gens bien.
6 juillet. Complicité.
7 juillet. Comme une image du lien avec la mère et la mer.
9 juillet. Mère et bébé. Le pied.
Quand Aline partit pour Fontainebleau où elle espérait se rapprocher de ses enfants, il lui rendit visite régulièrement. Et quand Aline fut hospitalisée il prit son chien, Timy qui devint son petit copain quotidien, la présence amoureuse auprès de lui.
11 juillet. Un nouveau monde.
12 juillet. La serviette de bain pour marcher à l'ombre!
13 juillet. Ciel de rencontre avec les extra terrestres! Plage de Grand Village
C'est lui qui ramena Aline dans l'île d'Oléron, lui qui s'occupa d'arranger le studio de la maison de retraite où elle emménagea avec son petit chien retrouvé.
14 JUILLET. Une créature estival oléronnaise
15 juillet. Le vent comme compagnon de jeu (Grande Plage)
Aline mourut un soir d'automne à l'hôpital de Rochefort dont la réputation est loin d'égaler celle des Demoiselles.
16 JUILLET. Ciel d'orage rue des Saulniers à Grand Village
16 JUILLET. La cabane jaune à Saint Trojan
17 juillet. Par où commencer? (plage de Grand Village)
A quelques mètres de son ancienne maison, Aline fut enterrée dans un petit cimetière sous les pins, sous le souffle des vents marins et la complainte, les jours de haute marée des vagues de l'océan.
18 juillet. Lutteurs sur le sable.
19 juillet. Tel maître tel chien! Plage des Allassins.
Pendant douze années, il vint chaque mardi sur sa tombe où j'avais peint des coeurs rouges sur les galets blancs. Il apportait des fleurs. Il arrachait les mauvaises herbes. Il lui parlait sans doute. Et comme elle était poète, nul doute qu'elle lui répondait.
20 juillet; Coup de tête pour venger les Bleus dans 4 ans
21 juillet. Le premier matin du monde. (Plage de St Trojan)
Il y a peu de jours, il allait à vélo au cimetière, un mardi bien sûr, le 21 juillet. Il traversait le carrefour dans le village entre l'allée de la forêt et l'allée des gros joncs. Il fut violemment heurté par la voiture de la police municipale.
22 juillet. Mon oiseau favori. Une princesse sur fond d'étang. (Etang de Montravail. Le Château)
23 juillet. Les cabanes murent aussi. (Port de St Trojan)
Sa tête frappa violemment le sol. Malgré l'hélicoptère, l'hôpital de Poitiers, les urgences, il ne put sortir du coma. Il mourut deux jours plus tard.
24 juillet. Silence on tourne
25 juillet. Plage de Grand village
Selon sa volonté, il sera incinéré. Ses cendres seront mêlées au sable de la tombe d'Aline.
26 JUILLET. La balle rose.
27 juillet. Ciel d'orage sans orage! (Plage de Grand Village)
Je l'ai rencontré deux jours avant son accident. Il m'a parlé de son chat, un sacré animal qui vivait près des marais et avait choisi un jour de venir chez lui. Il s'était imposé par la douceur et par le jeu, au point que sur la maison, il y avait écrit "Je vis chez mon chat".
28 juillet. S'envoler avec le cerf volant!
29 juillet. Les aigrettes à St Trojan
Alors sur fond d'incendie de fin du monde, de canicule tenace, ce mois de juillet restera marqué pour moi par des cendres venues d'un feu de vie qu'on appelle l'amour. J'irai à mon tour sur leur tombe pendant l'été. J'écrirai son nom PASCAL sur un des cailloux blancs. J'écouterai ce que le vent et l'océan auront à me dire.
2 juin. Chien de sable rue du Chevalier de La Barre
3 juin. La rue Foyatier pour ceux qui aiment l'alpinisme!
4 juin. Perchés côte à côte (plutôt derrière à derrière) place du Calvaire
5 juin. Montmartre plaît aux amoureux. (Rue Saint Eleuthère)
6 juin. Brocante aux Abbesses
7 juin. Sportif montmartrois escalier entre la place Dalida et Constantin Pecqueur
8 juin. Le Château des Brouillards sous le soleil
9 juin. Les touristes ont soif! (place Emile Goudeau)
10 juin. Rue Saint Rustique
11 juin. Pas très optimiste!
12 juin. Charlot a fait des petits. (Rue Saint Eleuthère)
13 juin. Répétition aux arènes de Montmartre.
14 juin. Une pose très naturelle! (Square Louise Michel)
15 juin. Un massif de fleurs qui essaie de résister à la chaleur. (Square Louise Michel vers la rue Ronsard)
16 juin. Cette année les enfants des écoles ont vu leurs créations dans les escaliers lessivées par un violent orage une heure après avoir été terminées! (Ici rue du Mont Cenis).
17 JUIN. L'âge où l'on vit dans l'imagination. (Square de la Turlure)
18 JUIN. Devant le funiculaire. Le side car est devenu comme la 2CV une attraction montmartroise!
19 juin. La piste cyclable Magenta Barbès. De l'ombre pour les cyclistes.
20 JUIN. Tenue canicule place du Delta
21 JUIN Fête de la musique sous la canicule.
22 JUIN. Je ne sors pas! Depuis plusieurs jours je ne suis pas retourné dans mon vieux Montmartre. Loulou se réfugie sur les poutres blanches.
23 JUIN. Rue de Steinkerque pour une fois presque déserte. Au bonheur des marchands de glace.
24 JUIN. Désert autour de la station Anvers.
25 JUIN. Merci Sir Wallace!
26 juin. Ici Paul et Mathilde vécurent et eurent leur fils Georges avant que ne débarque à Paris un ange, un diable, un poète enfant, Arthur.
27 juin. La recherche de l'ombre rue Paul Albert
28 juin. Le bébé de la fontaine des Innocents continue de faire pipi et de rafraîchir les malheureux touristes (40 ° aujourd'hui)
29 juin. Rue André Antoine déserte.
30 juin. Pour le dernier jour brûlant de juin un clin d'oeil à Montaigne et La Boétie!
1er mai. On commence le mois par un baiser! En mai fais ce qu'il te plaît!
2 mai. le side car et la 2 CV sont devenus des symboles montmartrois! Pourquoi?
3 mai. Les rues en étages (Joseph de Maistre)
4 mai. Jour de pluie à Montmartre!
5 mai. Avant la descente de la mort sous la pluie
6 MAI. boîte à l'être passage des Abbesses.
7 MAI. Quant le peintre prend les couleurs de ses dessins.
8 mai. Rue Antoine. Ce qui fut un relais de chasse, puis un hôtel particulier des Rochechouart et enfin la demeure de la Brinvilliers. Un endroit que peu de Montmartrois connaissent, à l'ombre de Saint Jean des briques.
9 mai. Enterrement de vie de jeune fille, place Pigalle.
10 MAI. Fresque de la crêperie rue Antoine/Véron.
11 mai. Rue des Abbesses.
12 MAI. peinture du décor du commerce qui va ouvrir rue Norvins. Encore des macarons et les plus chers, ceux de Ladurée!
13 MAI. Sortie du récit terrible des derniers jours de Samuel Paty.
14 mai. Adoration (Sacré-Coeur)
15 mai. Balade amoureuse à l'abri de la basilique.
16 MAI. Le joli mai ou les giboulées de mars?
17 mai. Notre pain quotidien partagé. (Boulevard Marguerite de Rochechouart)
18 mai. La leçon près du Bateau Lavoir.
19 mai. La noce a perdu la tête rue Belhomme.
20 mai. Visite chez Dalida qui est partie en voyage.
21 MAI Dalida aurait pu prendre ce modèle de voiture dans sa rue d'Orchampt
22 mai. Il lit "La libération des intelligences" de Mamadou Ndiaye. En 4ème de couverture l'auteur nous dit qu'il veut déconstruire des notions telles que civilisation, justice, démocratie.... Je ne sais pas si je le lirai car je n'ai pas trop envie de déconstruire la démocratie!
23 mai. Le bétail recherche l'ombre!
24 mai. Notre Dame des Artistes patronne de Montmartre. Un endroit de fraîcheur quand il fait 36 dehors!
25 MAI. La croix verte avant la croix rouge? (rue d'Orsel)
26 mai. Il scrolle, elle lit Les Royaumes Sauvages Square d'Anvers-Eugène Carrière
27 MAI. Ensauvagement du square d'Anvers qui n'en finit pas d'essayer de se réinventer depuis le saccage des années 1970 et l'arrachage des marronniers et des platanes séculaires.
28 mai. La démesure des décorations florale artificielle! Un vrai Paris en vrai kitch!
30 mai. Futures stars pour le festival de Cannes (Square Louise Michel)
31 mai. Pour le dernier jour du mois et dernier jour d'une canicule intense, la brocante a envahi le quartier Saint Pierre et le boulevard Marguerite de Rochechouart.
Et maintenant c'est juin et son "ardente lyre". Espérons qu'elle sera, moins enflammée que celle de mai!
C'est une église qui après avoir été longtemps ignorée sinon décriée est devenue un monument incontournable de la Butte par son architecture, sa décoration, ses fresques murales et ses vitraux.
Elles devaient être au nombre de quatre mais le manque d'argent les a limitées à trois, comme il a réduit à deux les fameux cavaliers.
Le maître verrier qui en est l'auteur est Jac Galland (1855-1922) parfois appelé Louis Jacques Galland qui fut peintre, essentiellement portraitiste, et maître verrier exceptionnel.
Il réalisa les vitraux de Saint Jean à partir de cartons du peintre Ernest-Pascal Blanchard (1861-1945).
Ste Louise de Marillac (Blanchard)
Ce dernier est loin d'être un inconnu puisqu'il fut choisi pour réaliser des mosaïques et des vitraux dans le Sacré Coeur.
St François de Sales établit St Vincent comme supérieur des religieuses de la Visitation
Ainsi est il l'auteur de la chapelle de Saint-Vincent de Paul dans la basilique. Mosaïques qui toutefois semblent bien conventionnelles et figées quand on songe à l'interprétation que Jac Galland fera des cartons du peintre.
Sur les 4 grandes verrières de la nef qui étaient prévues, Trois furent réalisées. La 2ème guerre ne permit pas la réalisation de la quatrième.
La première verrière à gauche du choeur représente la multiplication des pains. Ce qui frappe tout de suite, c'est la richesse des coloris, le profondeur de la scène et la souplesse des dessins. Rien de fade ni d'édulcoré dans la scène.
Les couleurs s'imposent comme s'imposent les bleus et les rouges dans les vitraux médiévaux. La partie haute sera plus proche des teintes aimées par les symbolistes, les roses, les mauves,...
La composition est claire avec ses figures qui se détachent de l'ensemble. Le Christ est placé le plus haut, bénissant d'une main et saisissant un pain de l'autre.
Sur la droite, dans le chatoiement des étoffes, quelques disciples assistent au prodige. Sourire étonné et reconnaissant aux lèvres, un homme, peut être Jean, se penche sur un panier empli de poissons. Rappel s'il en était besoin que les poissons aussi ont été multipliés. Symboles des futurs convertis.
De rouge vêtu un disciple, sans doute Pierre le pêcheur, appelé à devenir "pêcheur d'hommes" tient une large corbeille pleine de pains. Une femme à gauche veille sur ses petits.
L'expression des visages est à la fois personnelle et expressive. Chacun est particulier, chacun est unique. L'ensemble irradie une impression de calme et de douceur.
La femme adultère.
Cette fois le Christ ne domine pas. Il se penche au contraire vers la terre et désigne une pierre. "Que celui qui n'a jamais pêché jette la première pierre". Penché derrière lui un disciple est sans doute Jean, le plus proche, le bien aimé.
La femme menacée se cache le visage, retenue par un gardien qui lui serre le bras. Autour d'elle les hommes tiennent des pierres dans leurs mains, prêts pour la lapidation.
Si les couleurs restent éclatantes, la composition est plus serrée. Le paysage ne s'ouvre pas sur une mer turquoise comme dans le vitrail précédent. Impression d'enfermement, de menace.
Les mains sont suspendues, arrêtées net par la parole du Christ. Quel est celui des bourreaux qui pourra prétendre être sans péché?
Le Christ penché, humble et grave, ne condamne pas. Il est dans cet abaissement, "le Très Bas" comme l'appelle Christian Bobin, celui qui s'approche des plus petits et des plus menacés. Ceux qui jugent et condamnent, ceux qui sont prêts à tuer sont debout, sûrs encore de leur bon droit.
La Résurrection de Lazare.
Cette belle verrière est visible depuis peu. Elle était en partie démontée depuis des années afin d'être restaurée. C'est donc une résurrection!
Le Christ occupe la même position que dans la première verrière. Il est un peu au dessus. Il lève le bras et commande à Lazare de sortir de son linceul. Autour de lui, les plus proches ont compris. Une des soeurs de Lazare embrasse sa tunique. Jean est à sa droite, les mains jointes.
Lazare comme emmailloté à la manière d'un nouveau né, semble jaillir de son linceul. C'est une nouvelle naissance, une floraison, un printemps dont il porte la couronne. Son visage est grave, attentif, un peu circonspect.
Autour de lui les visages des spectateurs, comme dans les vitraux précédents sont tous distincts, exprimant surprise, gravité, stupéfaction.
Ces visages nous regardent et nous invitent à entrer dans le mystère.
Voilà donc un aperçu des remarquables vitraux de l'église St Jean, créés à une époque où renaissait l'art du vitrail en grande partie à l'initiative de Puvis de Chavannes qui fut Montmartrois pendant des années.
Colorés, originaux, sans miévrerie, ils sont à leur place dans ce Montmartre dont l'histoire religieuse et artistique est si forte!
2 avril. Eclats de printemps (rue Utrillo, square Louise Michel, allée des Brouillards, square Suzanne Buisson). Avril est tel qu'Apollinaire le décrit : "Le printemps clair, l'avril léger".
3 avril. Chemin de croix dans le square Louise Buisson par un jour glacé. Retour en hiver pour ce vendredi Saint.
4 avril. Une pause pas tout à fait naturelle!
5 avril. Ours blanc et Moulin Rouge. Des baudruches gonflées par l'air du métro pour alerter sur la disparition des espèces menacées par le dérèglement climatique.
6 avril. Danseur noir aux Abbesses. Entre souffrance et joie, une danse qui dit l'urgence de vivre.
7 avril. Le début de l'enchantement des glycines. (Rues de l'Abreuvoir et Norvins).
8 avril la glycine de la rue de la Mire
9 avril. La catastrophe de la mode des fleurs artificielles sur la place du Tertre. Un lieu devenu parc d'attraction bas de gamme. Quelle tristesse!
10 avril square Suzanne Buisson. Le printemps pour tout le monde!
11 avril. L'accordéon et le Triton
12 avril. Un nouveau petit train couleur pompiers (rue André Del Sarte)
13 avril. La violoniste solitaire. (Rue Chevalier de La Barre). Elle m'a dit son nom Eglantine Chatton (avec 2 T). Tout un poème!
14 avril. L'homme-statue balayeur se débarrasse de sa teinture dans le square Nadar. Couleur de plomb il se fige devant les touristes.
14 avril. La meilleure place pour bébé! (Square Nadar).
15 avril. Le chien fait salon. (Rue d'Orsel)
16 avril. Devant le passage Cottin.
16 AVRIL. Montmartre est bleu comme une orange. (Rue Ronsard)
17 avril. Auprès de mon arbre, nous vivions heureux.
18 AVRIL. Je suis comme je suis. (Rue Lamarck)
19 avril. Je vole! (rue de l'Armée d'Orient)
20 avril. Quand un toutou rencontre un autre toutou! (Square Nadar)
21 avril. Acteurs et spectateurs à la sortie du théâtre Galabru. (Rue de l'Armée d'Orient)
22 avril. L'homme au soleil et la femme à l'ombre (rue d'Orsel)
23 avril. La halte.
24 AVRIL. Janus enfant. (Rue Norvins)
25 avril. Débarquement des bérets rouges à Montmartre.
26 avril rue Audran. La cabine indiscrète.
27 avril. Allo, allo tu m'entends?
28 AVRIL. Nadar, square de la Tendresse.
29 avril. Gregos impoli passage des Abbesses
30 avril. Un baiser pour terminer ce mois d'un printemps qui va si bien à la Butte
Montmartre a gardé dans certaines de ses rues un aspect villageois avec cours et jardins qui fleurissent au printemps.
La glycine qui est une liane vigoureuse aime s'enrouler autour des grilles. C'est en avril qu'elle se couvre de grappes, mauves le plus souvent, pluie de fleurs légères, mouvantes, riches de parfum, aussi fluides que leur liane est rude et vigoureuse.
Sur les grilles de la Folie Sandrin, elle aime son exposition plein soleil. Elle accueille les touristes en cet endroit mythique du vieux village. Elle n'existait peut-être pas quand Nerval y séjourna mais sans aucun doute elle connut Jean Marais.
Elle plut très vite aux peintres qui la découvrirent après qu'elle se fut implantée en France, à la fin du XVIIème siècle, à Versailles où Le Nôtre reçut de missionnaires venus de Chine ses précieuses graines...
Sur la place du Calvaire, la glycine centenaire qui recouvrait la terrasse de Plumeau a provoqué une petite révolution lorsqu'elle a été sacrifiée par les jardiniers de la ville. Il paraît qu'elle se portait mal malgré la splendeur de sa floraison.
Elle a donc été tronçonnée sauvagement et du ciment a été coulé sur ses racines sans même qu'en ait été averti le propriétaire du restaurant. La mairie devant l'émeute provoquée par cet acte sacrilège en a planté une nouvelle. Cette année elle a commencé à fleurir mais elle devra attendre longtemps avant d'égaler la splendeur de son ancêtre.
La nouvelle glycine chez Plumeau
Par chance sa voisine n'a pas été inquiétée. Elle se mêle au lierre et recouvre la façade entière de la maison qu'elle a colonisée!
Les fleurs blanches et les fleurs mauves rivalisent en haut de la rue Lepic, là où a été aménagée la place Jean Baptiste Clément et où s'élevait la fameuse Tour Montmartre dont il ne reste presque plus de souvenir sinon une ou deux photos.
La rue-escalier est bordée de murs et de jardins dont un des côtés fait pleuvoir sur les touristes fatigués de gravir tant de marches ses pétales couleur pastel.
le fils de Suzanne Valadon n'a jamais peint les glycines de cette rue (jadis Muller), en haut de laquelle il plantait parfois son chevalet, pour la bonne raison que comme nous le montrent les photos prises par François Gabriel pendant des dizaines d'années, elle n'existait pas.
Après avoir fouiné longtemps je n'ai trouvé chez Utrillo que cette peinture hâtive où figure peut-être une glycine qui n'ajoutera rien à sa gloire!
Ce jardin que les Montmartrois continuent d'appeler "La Turlure" du nom du moulin qui y était établi, possède quelques glycines somptueuses dont celles qui couvrent les colonnades.
La vieille rue chantée par Bruant est en partie occupée par les vignes et le jardin sauvage. Côté Lapin Agile, elle a échappé à la construction de hauts immeubles gris semblables à ceux qui ont saccagé la rue Norvins pourtant proche du cœur de Montmartre. Des maisons cossues s'y sont élevées, d'un charme tout provincial. La glycine en a profité pour y accrocher une touche nostalgique.
Une des rues les plus photographiées de la Butte. Les plus peintes aussi. Le printemps lui va bien et sa glycine s'étend sur plusieurs maisons...
C'est avec elle que nous descendrons vers l'allée des Brouillards, bien décidé à revenir le printemps prochain pour rendre visite à toutes les belles que nous avons négligées en cet avril 2025.