Depuis quelques moi sans que jamais on ne la voie, une fée (bien que se désignant au pluriel) pose sur les murs de Montmartre des carreaux blancs qui ressemblent à ceux du métro.
Rue Seveste
Quelques mots, quelques jeux de mots souvent y sont écrits, accompagnés d'un petit personnage, une jeune femme sportive en bleu de travail.
Evidemment elle nous fait penser à l'artiste que nous avons tant aimée et qui faisait cadeau à Montmartre de ses femmes sensuelles et ironiques, Miss.Tik
La filiation paraît évidente même si la réalisation, plus rapide, plus minimaliste ne saurait rivaliser avec la précision, le délié, le génie tout simplement de Miss.Tik dont je ne cesse de regretter que le vandalisme communal ait lessivé certaines des plus belles œuvres
La fresque lessivée par les services de nettoyage, rue Véron.
Et quand ce n'est pas le vandalisme, c'est le vol tout simplement, car ses œuvres sont désormais exposées dans les musées.
Fresque volée en décembre 2025 rue Houdon
Mais revenons à "Fées des Rues" et à la surprise qu'elle nous réserve à chacune de nos balades sur la Butte.
Je guetterai chaque jour de nouvelles apparitions pour étoffer cet article et remercier ces artistes qui enchantent nos rues.
C'est une rue dont le nom et l'emplacement sont peu connus des Montmartrois, surtout de ceux qui tracent des frontières autour d'un Montmartre qui se limiterait à quelques rues du vieux village. Ils oublient que l'ancienne commune était très étendue et que le village allait au-delà de Barbès au sud est.
Rue Boissieu vers la rue Belhomme
C'est dans le périmètre à la limite des boulevards Marguerite de Rochechouart et Barbès que se situe notre rue Boissieu.
Créée en 1868, elle est modeste avec ses 41 mètres de long et ses 12 mètres de large. Modeste comme celle qui lui est parallèle vers le sud, la rue Bervic.
Elle commence au 3 boulevard Barbès et se termine après son court chemin, 8 rue Belhomme.
Elle est baptisée du nom d'un peintre et graveur lyonnais qui fut en son temps célèbre : Jean-Jacques Boissieu (1736-1810).
(Autoportrait avec la gravure de sa femme)
Il fut même appelé "le Rembrandt français" et Goethe qui l'admirait acquit plusieurs de ses œuvres.
Le bouillon
Son talent se révéla principalement dans les eaux fortes car il devint peu après la quarantaine allergique à la peinture à l'huile, ce qui, admettons le, est fort ennuyeux lorsque l'on est peintre!
(Le bouquet de fête)
Ses toiles cependant révèlent son admiration pour la peinture flamande et pour les intérieurs domestiques. Sur cette toile l'agneau est émouvant, d'autant plus que l'on devine qu'il est là pour servir de repas à la fête.
La rue modeste ne peut dire son histoire et pourtant elle aurait quelques souvenirs à raconter !
Sur cette photo on peut voir les trois rues, Boissieu (dte), Bervic (gauche) et Belhomme (arrière plan), là où se tenait la place.
Avant d'être cette rue ignorée elle fit partie d'une place vivante sur les terrains qui englobaient ses futures voisines les rues Bervic et Belhomme.
Bervic (1756-1822) était un graveur de renom à qui l'on doit une gravure qui figurait souvent dans nos livres d'histoire, celle de Louis XVI.
Belhomme n'a pour titre de gloire que d'avoir été le propriétaire des terrains où se situait la place. Il est raconté, chez wikipédia notamment, qu'il a été maire de Montmartre.
Il faut toujours vérifier les informations wikipédiesques!
On ne trouve nulle part la moindre trace d'un Belhomme à la mairie, sinon dans une lettre de novembre 1831 dans laquelle Jean Louis Véron, le véritable maire, lui demande de passer récupérer un brevet pour une décoration. Belhomme avait été, en effet, récompensé par une médaille pour sa participation aux Trois Glorieuses, ces journées révolutionnaires qui inspirèrent à Delacroix sa célèbre "Liberté guidant le peuple".
Il y avait un cabaret très fréquenté sur la place Belhomme, à l'emplacement de la rue Boissieu actuelle.
Comme tous les cabarets de Montmartre, il bénéficiait de sa proximité de Paris, avant la barrière de l'octroi. Ce qui l'exonérait des taxes qui frappaient les marchandises et notamment le vin qui entraient dans la capitale.
Il fut un lieu de ralliement pour ceux qui, dès 1840, fomentaient une révolution et préparaient déjà la liste des ministres nouveaux.
Ce qui est savoureux, c'est que le patron était lié aux services de police qu'il renseignait avec diligence grâce à l'agent secret du préfet Delessert, Lucien De La Hodde qui avait gagné la confiance des conspirateurs.
Les arrestations ne tardèrent pas et le cabaret fut fermé pour deux ans.
Notons qu'un des conspirateurs, Marc Caussidière, se retrouvera sur les barricades de 48, ainsi qu'Alexandre Albert Martin, dit "l'ouvrier Albert. Tous deux feront partie du gouvernement provisoire.
Caricature de Caussidière par Cham
C'est Marc Caussidière qui démasquera et dénoncera l'agent secret Lucien de la Hodde. Comble d'ironie le même Caussidière sera nommé Préfet de police par Ledru Rollin!
Alexandre Martin dit l'Ouvrier Albert
Le cabaret après sa fermeture provisoire rouvrira avec pour tenancier Bastié qui s'était illustré en 1848. Pendant la Commune, les gardes nationaux le fréquentent et en font un de leur cabaret favori.
Mais la Commune durera moins longtemps que le Temps des Cerises et ni le cabaret ni Bastié ne lui survivront.
Il ne reste rien de ce lieu qui aurait été digne d'inspirer Balzac!
La rue Boissieu est aujourd'hui bien calme malgré la proximité de Barbès toujours nerveux.
Pourtant, sans le savoir, la brasserie Barbès perpétue à sa manière, le souvenir du cabaret Belhomme. Peut-être (qui sait?) des conspirateurs s'y réunissent ils pour préparer la future révolution?
4 janvier rue Androuet. Une petite rue en couleurs et en poésie.
5 janvier. Compagnons de misère.
6 janvier. Pour mon anniversaire, le cadeau de la neige!
7 janvier. Tempête de neige très tôt le matin mais l'après midi, déjà un presque souvenir!
7 janvier toujours. Dans le jardin Renoir.
8 janvier. Un collègue photographe rue Pierre Picard.
9 janvier. Duo. Square Nadar.
10 janvier : Trio. Square Nadar.
11 janvier: Trio et Haendel dans l'église lors d'une répétition.
12 janvier. Solitude du guitariste place Jean Marais.
13 janvier. La nuit, la pluie font de l'art abstrait!
14 janvier. Rencontre. Le chat de la Place du Tertre sur la place du Calvaire.
15 janvier. Un des rares endroits de Montmartre où l'on voit le coucher de soleil sur la Tour Eiffel (rue Saint Eleuthère).
16 janvier. Avis de mort programmée du magnifique marronnier des Indes (1902) classé arbre remarquable et victime d'un sale champignon mortel
17 janvier. Chaque jour, ils sont là, tous les deux. Ils ne font qu'un
18 janvier. Les 10 kilomètres de Montmartre. La Butte est très télégénique et de plus en plus d'évènement sportifs s'y déroulent dans la bonne humeur
19 janvier. Le peintre démiurge
20 janvier; Lapin et poules du Jardin Junot ouvert depuis peu et toujours objet de polémiques violentes.
21 janvier. Le superbe marronnier d'Inde, va être débité en morceaux. Il est condamné par un parasite virulent qui le rend dangereux à cause des risques de chute de lourdes branches sur les passants. Je l'aimais ce vieux copain. Je ne pourrai pas chanter à côté de lui "Auprès de mon arbre, je vivais heureux."
22 janvier. La terre est bleue comme une orange
23 janvier. Il es beau, il danse.
24 janvier. Rouge est la couleur de l'amour
25 janvier. l'armure et la mer!
26 janvier. Pas de Montmartre sans amoureux
27 janvier. Un jour paisible comme rarement depuis les Jeux sur Montmartre
28 janvier. Soleil couchant sous protection
29 janvier. Les poulbots vont-ils assurer la relève?
30 janvier. La fête se prépare en couleurs au Marché Saint Pierre.
31 janvier. Le mois se termine en rousseur dans la square Nadar.
Depuis elle a accueilli plusieurs artistes et s'est habituée à son image si particulière de rue originale, vivante et accueillante. Une rue si montmartroise que je ne peux m'empêcher de l'emprunter chaque fois que je fais l'ascension de la Butte par la rue des Trois Frères et la rue Berthe.
Elle est une des plus courtes rues de Montmartre!
Une quarantaine de mètres entre la rue des Trois Frères et la rue Berthe et huit mètres de large...
Elle s'appelait rue de l'Arcade lorsqu'elle fut ouverte en 1840 sur le territoire de l'ancienne commune et descendait jusqu'aux Abbesses..
En 1864, elle reçut son nom en hommage au graveur et architecte Jacques Androuet du Cerceau (1515-1585) connu surtout pour ses dessins et ses illustrations. Une certaine confusion règne quant à ses réalisations car un Androuet peut en cacher un autre! Jacques fut père de deux architectes, Baptiste et Jean et grand-père de deux autres, Jacques II Androuet et Salomon de Brosse!
Au n°1 nous trouvons une des épiceries les plus célèbres de Montmartre depuis que Jamel Debbouze y a été employé et qu'Amélie Poulain venait y acheter des fruits. Encore aujourd'hui, bien que le film date de 2001, de nombreux touristes, surtout japonais viennent y faire des selfies.
Le 2 qui était occupé par une galerie d'Art, "Studio Paris" (qui exposa Jacques Servoz) accueille maintenant une boulangerie pâtisserie, bienvenue dans ce village qui n'en avait plus depuis la fermeture de celle de la rue Norvins, remplacée par un bazar de souvenirs montmartrois authentiquement made in China.
Ancienne boulangerie du vieux village
Elle fait partie d'un concept urbain "Alley" qui choisit d'aménager un espace en y invitant des activités gourmandes et artistiques sans les dissocier. Une boutique peut vous proposer des galettes en même temps que des sculptures, des toiles, tout en donnant leur place vivante aux plantes, fleurs et arbres.
C'est ce qui donne à cette rue cet aspect si original et si joyeux.
Mitoyenne de la boulangerie, une galerie d'art expose des dessins et des toiles bien à leur place dans ce quartier qui fut aimé des peintres.
C'est Diane Rosaz et son univers de couleurs et de poésie qui y accueille d'autres peintres au gré des expositions.
Du passage de celui là il reste dans la rue une façade bleue qui malheureusement commence à se dégrader.
5 rue Androuet
Bric à Brac Rose Chevalier, 6 rue Androuet.
Le 6 porte toujours le nom de Bric à Brac, Rose Chevalier. Il met les chats à l'honneur sur sa façade.
La Cantine de Sam est un des trop rares restaurants végétariens de la Butte. Les carnivores devraient l'essayer afin de se convertir grâce à la shakshouka ou aux succulents rouleaux d'aubergines.
Le 9 rue Androuet.
Barkers and Brothers, La dernière adresse côté pair est un endroit unique où les chiens sont les rois.
Comme l'indique le slogan peint sur les vitres : DOG GOODS FOR GOOD DOGS!
Les chiens s'y font gâter par leurs maîtres après être allés jouer dans le parc canin du square Nadar.
Ils trouveront tous les cadeaux que voudront leur offrir leurs maîtres pour se faire plaisir! Les chiens n'ont besoin que de tendresse et par amour acceptent de porter les petites tenues ridicules qui leur sont offertes.
Une salle de toilettage permet à leur maître de les bichonner avec à disposition shampoing, lotion, brosses, serviettes, séchoirs, coupe griffes.
Enfin quand il fait beau, sur la terrasse les humains sirotent leur café, chocolat ou thé tandis que leur chien dégustera en trois coups de langue, la boisson créée pour lui, le célèbre "puppucino".
Du côté impair dont les murs aiment recevoir les créations des peintres exposés dans la galerie, se trouve le siège de "Montmartre Addict" qui depuis une quinzaine d'années se consacre à la vie de la Butte, donnant des informations et promouvant les commerces.
Evidemment nous préférerions une enseigne en français comme "Fous de Montmartre" ou "Passion Montmartre" mais il est vrai que le mot anglais est employé aujourd'hui en français pour désigner une personne esclave de la drogue. Et il est vrai que nous sommes nombreux à être addicts à Montmartre, avec ou sans la neige!
Le 7, dernier immeuble de la rue avant la rue Berthe est le seul immeuble (à ma connaissance) qui ait abrité une personnalité montmartroise. Et non des moindres !
Jean-Baptiste Clément, auteur comme chacun sait ,de l'immortel "Temps des Cerises" et de la poignante "Semaine Sanglante.
Une place voisine porte son nom.
Et voilà une rapide visite de cette courte rue qui est pourtant si riche en couleurs et en fantaisie. Il s'y passe toujours quelque chose en fonction des artistes invité à s'y exprimer. En ce sens elle est aujourd'hui une des rues les plus montmartroises, plus que la Place du Tertre défigurée par les hangars des bistrotiers.
1er décembre. Marché de Noël aux Abbesses. (semblable à tous les bazars de Noël partout en France).
2 décembre. Promenade de Noël pour le chien invalide. (Rue Custine)
3 décembre. Le regard du chien ou l'infini de l'innocence
4 décembre. Notre ami Vladimir et son compagnon. Moment de repos.
5 décembre . Le mendiant et ses chiens. Depuis des années il porte ses deux petits compagnons qui se réchauffent à son ventre généreux.
6 décembre. Jour de la Saint Nicolas sur la Butte (ici place du Calvaire). Ce que je préfère chez St Nicolas, c'est son âne!
7 décembre. Orchestre de Noël place Foyatier.
9 décembre. Le marié s'envole!
10 décembre. Les braises de la nuit.
11 décembre. Il n'y a pas que des chiens dans le parc à chiens du square Nadar!
12 décembre. Rue de Steinkerque by night.
13 décembre. Les escaliers de la Butte sont légers aux chiens aimés.
14 décembre. Une petite admiratrice des deux colverts familiers de Montmartre. Les mâles s'appellent Yesse et Oui. La femelle, Cane. Ils reviennent depuis trois ans.
15 décembre. Encore et toujours les amoureux.
16 décembre. M'accorderez vous cette valse?
17 décembre. Rue des Saules. La mariée était en rouge.
18 décembre. Des Père Noël en avance!
19 décembre. Malgré le froid, danser devant les marches et les pigeons. Square Louise Michel.
20 décembre. Dalida châtelaine des brouillards.
21 décembre. Soleil d'hiver sur un banc bien garni
22 décembre. La cour de récré.
23 décembre. L'Elysée Montmartre et sa danseuse de quadrille à gauche, l'immeuble de la famille Casadesus à droite, la rue de Steinkerque vers le Sacré-Coeur au milieu.
24 décembre. Jour de tendresse. Décidément je deviens de plus en plus obsédé par les chiens du square Nadar!
25 décembre. Jour de Noël glacé mais avec le soleil et la foule!
26 décembre. Il fait 2° mais que ne ferait-on pas pour une photo?
27 décembre. Un peu de soleil et surtout un compagnon pour traverser l'hiver. (Boulevard de Rochechouart)
28 décembre. Un peu de givre sur le Blute Fin, le seul moulin rescapé de Montmartre (avec son petit voisin le Radet), tous deux Moulins de la Galette aujourd'hui!
29 décembre. Tournant rétro rue Berthe!
30 décembre. Le violoniste et son ombre. Devant le Sacré Coeur
31 décembre. Pour le dernier jour de l'année, l'Inde Chavire rue Cortot!
Au rez de chaussée de l'hôtel de Bel Air au musée de Montmartre une petite exposition affiche un titre un tantinet provocateur : "Sous les Jupes de Montmartre".
Elle porte un regard actuel sur le French Cancan qui a été une étape de la libération féminine pour celles qui l'ont illustré.
Ce n'est pas sur la Butte qu'il trouve ses origines mais dans les bals populaires parisiens qui se terminent par "le chahut", jambe levée, dans la première moitié du XIXème siècle.
Moment de défoulement et de liberté, parfois appelé coin-coin.
Figure impertinente s'il en est à une époque où les femmes portent des culottes fendues.
Le Chahut inspire le fameux quadrille, danse populaire et provocatrice, emblématique du Second Empire. Offenbach a composé celui qui sera le plus célèbre : le galop infernal d'Orphée aux enfers.
Nous avons sur la façade de l'Elysée Montmartre une illustration de ce quadrille que les touristes prennent à tort pour le french cancan. Il est venu du bal Mabille pour élire domicile à Montmartre.
Céleste Mogador en fut, notamment au bal Mabille, la plus célèbre interprète. Elle fit une tournée en Angleterre où les british baptisèrent sa danse si "parisienne" French Cancan.
Quadrille à l'Elysée Montmartre
C'est ce quadrille naturaliste qui débarqua à Montmartre en 1885 avant de devenir définitivement French Cancan avec des danseuses vedettes comme la Goulue et Grille d'égout.
la Goulue et Grille d'Egout.
L'exposition montre à quel point cette danse jugée scandaleuse a été un moment de libération de la femme. Ce qui va à l'encontre des jugements féministes qui l'assimilent à une utilisation à des fins mercantiles du corps des danseuses.
La plus célèbre de ses interprètes est assurément Louise Weber, La Goulue.
Le Moulin Rouge fait d'elle sa tête d'affiche.
Elle séduit par son franc parler, sa liberté de gestes et de réparties.
Toulouse Lautrec la transforme en icône de la Belle Epoque.
Mais elle n'est pas la seule! Des dizaines de cancaneuses participent à ce tsunami de gaité et d'impertinence.
Les noms qu'elles choisissent sont révélateurs de leur esprit moqueur.
Jane Avril
Nini Pattes en l'Air, la Môme Fromage, la Panthère, Demi Siphon, la Torpille, Cascade, la Bombe, la Vorace, Mimosa, Eglantine, Saphir, Reine des Prés, la Fauvette...
Elles ont leurs fans qui collectionnent les cartes de visite avec dessin ou photographie de leurs préférées.
La Môme Fromage
L'affiche de Chéret représente dans des médaillons quelques unes des célébrités du bal du Moulin Rouge.
Avec le succès, le french cancan se diversifie et s'enrichit.
Une vraie chorégraphie s'élabore avec de nombreuses figures qui requièrent un grand entraînement et beaucoup de souplesse.
Ces figures portent un nom précis : le croisement, le chahut, le port d'armes, le brisement assis, la charge, le salut militaire, le sceptre, la cathédrale, le pape, le moulinet, la mayonnaise...
Le chahut
Le croisement
L'exposition présente plusieurs gravures de Louis Legrand qui fut proche de Nini Pattes en l'Air..
Le brisement assis
Willette publie lui aussi quelques dessins dans les revues satiriques.
Le sceptre
Le même Willette (dont le square Louise Michel portait le nom avant d'être débaptisé en raison de l'antisémitisme revendiqué par l'artiste) nous montre une jeune femme qui lève la jambe pour indiquer au passant la direction d'une rue connue alors pour ses maisons de rendez vous.
La rue Navarin... aux Pommes?
Ce dessin souligne avec humour l'ambiguïté de la danseuse de cancan.
Elle fascine, elle est symbole de liberté et d'audace en même temps qu'elle suscite les jugements moraux d'une bourgeoisie qui n'en est pas à une contradiction près.
L'exposition ne prétend pas épuiser le sujet! Elle est utile en ces jours où certains voudraient censurer la chanson de Souchon "Sous les jupes des filles"!
Alors n'hésitez pas à aller "Sous les jupes de Montmartre" et honni soit qui mal y pense!
1er novembre. Le seul jour de l'année où le portail sur la rue Joseph de Maistre est ouvert. Les amis de Dalida n'ont que quelques mètres à parcourir!
2 novembre. Les hangars des bistrotiers de la place du Tertre sont en voie de démontage. 5 mois pendant lesquels nous allons retrouver notre place villageoise.
3 novembre. Ben Hur rue d'Orsel
4 novembre. Plaisir de retrouver l'accordéoniste et son copain le chat noir aux chaussons blancs rue Norvins.
5 novembre. Descente tout schuss rue Lamarck
6 novembre. Complicité. Bonheur. Square Nadar.
7 novembre. Mystère que cet homme rose square Nadar. Il paraît que sa métamorphose est en rapport avec des jeux vidéo, domaine qui m'est parfaitement inconnu.
8 novembre. Le petit accordéoniste.
9 novembre. Le regard du chien. Square Nadar.
10 novembre. La leçon avec un bon élève.
11 novembre. Adoration (Sacré-Cœur)
12 novembre. En fanfare. (Place Valadon)
13 novembre. Soir rue Saint Rustique.
14 novembre. En haut de la rue Chappe, soleil couchant.
15 novembre. Franchissement du ruisseau rue Lamarck.
16 novembre. Encore mon ami l'accordéoniste et son compagnon un jour gris sans doute.
17 novembre. Le soir depuis la rue St Eleuthère.
18 novembre. Chanteuse à la baguette! (Marches du Sacré Coeur)
19 novembre. Mère à l'enfant. Square Louise Michel.
20 novembre. Deux vieux amis. (Square Nadar)
21 novembre. Rencontre.
22 novembre. Le trouple de canards, Yesse, Oui et Cane qui reviennent chaque année depuis 3 ans sur le bassin de la fontaine des Tritons.
23 novembre. Rue Drevet.
24 novembre. Ma boulangerie rue André Del Sarte.
25 novembre. Le gingko du square Louise Michel.
26 novembre. Courage fuyons! (rue du Chevalier de La Barre)
27 novembre. Marché de Noël place des Abbesses.
28 novembre. Le saut du cheval d'or.
29 novembre. Le monde et ses visages.
30 novembre. Soleil pour le dernier jour de novembre, avec l'or du gingko biloba.
Une exposition commencée le 12 septembre et qui ne s'achèvera qu'en juillet 2026 est proposée à la Halle Saint Pierre : "L'étoffe des rêves".
Alireza Asbahi Sisi (Sans titre)
L'invitation au voyage sur des toiles fragiles est bien à sa place dans un quartier connu pour son "Marché" aux tissus!
Nek (Inde)
Des artistes, des créateurs ont utilisé le support textile pour inventer des mondes nouveaux et inviter les curieux à embarquer sur l'onde des étoffes.
Sirène repentante
L'exposition est riche et contrastée.
Je n'ai retenu pour que cet article ne soit pas trop long que quelques artistes sur les 36 qui présentent leurs œuvres.
Saint Georges et ses gentils dragons
Je commence par Marion Oster, née en 1960. Elle a passé son enfance en Afrique (Mauritanie puis Mali), ce qui a marqué à vie sa sensibilité. Le mystère, le sacré, la couleur sont présents dans ses créations.
C'est comme si l'Afrique s'exprimait dans une cathédrale byzantine. Les mosaïques sont remplacées par des perles et des boutons mais le miroitement des couleurs est bien là.
Mère à l'enfant
Le sujet peut être religieux ou profane : la vierge, Saint Georges, une sirène...
Sirène repentante
.... Il y a toujours dans le scintillement et l'étrange quelque chose d'un mystère sacré.
Voilà maintenant un univers bien éloigné de celui de Marion Oster, celui de Micheline Jacques qui sculpte le tissu comme d'autres le marbre.
Solitude (tissu de nylon sur mousse)
Mais sa main est légère, arachnéenne. Elle enveloppe la proie comme l'araignée dans un cocon transparent qui la préserve ou la tue.
Je ne la connaissais pas, cette artiste belge qui vit en Bourgogne aujourd'hui.
Elle présente un alignement de momies repliées sur elles mêmes, dans une attitude de souffrance. "Solitude". L'isolement sur soi même, le silence, les étoffes qui vous emprisonnent et vous empêchent d'ouvrir les yeux....
J'ai été impressionné par cet alignement de morts vivants, non, de vivants en sursis. De vivants qui se consument sur eux mêmes, dévorés par leur propre feu.
Loin de cette désespérance, Marie Thérèse Chevalier (1939-2009) donne aux étoffes toute la sensualité que leur douceur et leur souplesse suggèrent.
Ses réalisations sont présentées dans des boites de plexiglass, comme derrière des vitrines. Sensuelles plus qu'érotiques.
L'installation suivante est bien éloignée de cette sensualité. Elle est l'œuvre d'Hervé Bonhert. Ce boulanger pâtissier semble obsédé par la mort comme l'étaient les peintres des vanités de la Renaissance. La tête de mort, de la plus petite à la plus grande, du bébé au vieillard est modelée avec des tissus. La mort n'est pas ossifiée mais adoucie par les textiles. Fragilisée à son tour.
Les squelettes sont toujours rieurs, ou pour le moins "sourieurs". Vanité des vanités, ils nous rappellent s'il en était besoin que nous sommes en transit.
Moi qui suis gourmand comme un vieux chat, je m'amuse à penser que c'est un pâtissier, champion des crèmes et des chouquettes qui, sorti de sa pâtisserie, confectionne ces alignements de morts qui rappellent les cryptes des couvents italiens.
La mort, c'est aussi l'oubli. C'est pour lutter contre cet oubli que Shao Liyu Chen nous invite avec ses broderies dans un monde de traditions et de couleurs.
Scène de rue
L'artiste est née et a vécu à Pékin dans la ville historique avec ses enchevêtrements de murs, de maisons, de tours.
Chez le photographe
Peu à peu le Pékin moderne a détruit la vieille ville. Des avenues rectilignes, de hauts immeubles ont écrasé les ruelles anciennes. Quand Shao Liyu Chen a découvert l'art de la broderie (elle est par sa formation professeur de philosophie) elle a voulu recréer ses souvenirs d'enfance.
Le chant des oiseaux
Tout un monde disparu que les tissus fragiles tentent de faire revivre.
Le bonhomme de neige
Loin de cet univers nostalgique et harmonieux, Stephane Blanquet, peut être le plus connu des artistes de cette expo, nous donne quelques exemples de son imagination exubérante.
Mort et vie mêlées, indissociables; objets et corps pris dans un magma sans horizon.
Il excelle dans la BD et il a également créé des films d'animation. Son univers saturé laisse émerger quelques figures tatouées en voie d'anéantissement.
L'art de Barbara d'Antuono est plus naïf et plus brut.
Prétexte pour fond rouge
Elle a été marquée par des années de vie à Haïti.
Les yeux noirs
Pensées chaotiques sur fond noir
La vitalité et les couleurs, la religiosité et le vaudou, l'homme et l'animal, la foi et les superstitions tout se superpose et s'amalgame dans un univers de poupées magiques et de signes.
L'exposition se clôt avec un brodeur dessinateur musicien suisse (ouf!) Ficht Tanner.
Il laisse aller son improvisation dans des formes et couleurs qui chantent. Il est sans doute l'artiste qui est le moins tourmenté de tous ceux qui présentent leurs œuvres dans la halle.
C'est une de ses broderies qui a été choisie pour l'affiche de "L'Etoffe des rêves".
Attirés par ses couleurs et sa fantaisie les visiteurs seront amenés à découvrir des artistes qui avec des tissus et des fils les entraîneront dans leur voyage.
Christine Sefolosha (Ascension)
Ils embarqueront pour le rêve mais aussi pour le cauchemar.
L'étoffe des rêves
L'étoffe des cauchemars
L'étoffe de la mariée
L'étoffe du linceul
La vie tout simplement avec ses joies et ses peurs
5 octobre. Le mois d'octobre à Montmartre commence pour moi le 5 octobre, jour de mon retour après trois mois avec les vagues et les goélands. Les nuages m'accueillent avec leur fumée d'écume.
6 octobre. Rue Cortot. C'est à se demander si la 2CV comme le chat noir ou Bruant est devenue indissociable de la Butte!
7 octobre. Une date sanglante. Pourtant il fait bleu et clair, comme si les massacres n'avaient pas eu lieu.
8 octobre. Au pied du funiculaire.
9 octobre. Pas tout à fait Marilyn!
10 octobre. Repos.
11 octobre. Défilé des Vendanges.
12 octobre. Les escaliers sont aussi durs aux monarques qu'aux manants!
13 octobre. Echappé d'un film de Miyazaki!
14 octobre. Le cimetière Saint Vincent séparé par un mur du Lapin Agile. Steinlen et Utrillo sont là, contre le mur.
15 octobre. La statue en hommage à Steinlen, square Joël Le Tac. Le Cat's Cottage était près de là.
16 octobre. Le square Nadar fermé pendant la semaine des festivités vinicoles a rouvert ses portes et ses bisous!
17 octobre. La rue Feutrier entre ombre et lumière.
18 octobre. La balançoire de Renoir dans les jardins. Déception pour les enfants, elle ne bouge pas, fixée au sol.
20 octobre. La partie la plus belle du square Louise Michel, interdite depuis 5 ans! (Des travaux annoncés n'ont pas commencé.)
21 octobre. Pas d'âge pour devenir artiste.
21 octobre. Des visiteurs au repos au musée de Montmartre!
22 octobre. Une famille en selfie! (Square Louise Michel)
23 octobre. Avis de grand vent. Saint Denis protège son chef! (Square Suzanne Buisson).
24 octobre. Audrey Hepburn rue d'Orsel.
25 octobre. Rue André Antoine.
26 octobre. Rue Germain Pilon.
27 octobre rue Ronsard
28 octobre. La belle et la belle rue des Abbesses
29 octobre. Station Blanche.
30 octobre. Matin rose. (rues Muller et Feutrier).