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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Miss.Tic à Montmartre. Art urbain.

     Avec le succès, Miss Tic ne hante plus les rues comme elle le faisait jadis.

     Elle s'expose dans les galeries et il est rare aujourd'hui de la rencontrer sur les murs des ruelles ou l'asphalte des trottoirs.

     Période révolue où on avait l'impression que c'était pour nous seuls qu'elle sortait la nuit pour nous offrir son ironie sensuelle!

 

    Aussi est-ce avec un plaisir redoublé que l'on tombe nez à nez avec une de ses créatures, comme rue Androuet...

..où elle nous fait penser à Anna Karina dans "Une femme est une femme" :

Je ne suis pas infâme, je suis une femme!

    Elle est présente sur les devantures de quelques boutiques de Montmartre , non plus en squatteuse mais en "Guest-Star" ... 

Miss.Tic à Montmartre. Art urbain.

Rue Véron....

 

Miss.Tic à Montmartre. Art urbain.

Rue Houdon... au 19

 

Miss.Tic à Montmartre. Art urbain.

Rue Lepic

 

Miss.Tic à Montmartre. Art urbain.

Rue Lepic

 

Rue Lepic, un clin d'œil à Barbara...

 

Miss.Tic à Montmartre. Art urbain.

Rue Lepic

 

Rue Véron

 

Rue Véron

 

Rue Audran ! (Oser ironiser avec Lacan! My god!)

 

 

Rue Durantin...

Miss Tic deviendrait-elle amère?

 

Miss.Tic à Montmartre. Art urbain.

     Souhaitons que l'amour qui donne des ailes n'éloigne pas longtemps Miss Tic du Sacré-Cœur mystique....

    Un cheval blanc l'attend pour cavaler à travers les rues et survoler les escaliers en y semant ses sourires et ses jeux de mots poétiques!

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux
Notre-Dame de Lorette et le Sacré-Coeur.

Notre-Dame de Lorette et le Sacré-Coeur.

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

     Si vous entrez dans l'église par la porte de gauche, vous vous retrouvez devant la loge de l'accueil installée dans la chapelle de la Mort et de la Résurrection. L'endroit est si détérioré, si sinistre que l'on craint un instant que la Mort l'ait emporté!

 

     La résurrection artistique est de l'autre côté, vers la porte de sortie, dans l'or et le bleu de la chapelle des Baptêmes récemment restaurée!

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.
Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

     Il s'agit d'un ensemble remarquable qui prend place dans l'histoire de la peinture du XIXème siècle à Paris....

     N'en déplaise à ceux qui font la fine bouche devant les fresques religieuses de cette époque!

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

     Quand il fallut décorer l'église, dans un quartier en pleine expansion, apprécié des artistes et des femmes légères qu'on appellerait bientôt "lorettes", la peinture de trois chapelles, après concours, fut confiée en 1832 à des peintres de renom qui formaient une école picturale appelée Ecole des Nazaréens.

Chapelle de la Vierge (Victor Orsel)

Chapelle de la Vierge (Victor Orsel)

Chapelle de l'Eucharistie (Alphonse Périn)

Chapelle de l'Eucharistie (Alphonse Périn)

     Il s'agit de Victor Orsel (chapelle de la Vierge, aujourd'hui dégradée), Alphonse Périn (chapelle de l'Eucharistie) et Adolphe Roger (chapelle des Baptêmes).

     Seule a été restaurée celle des Baptêmes grâce à un fonds américain : le World Monument Fund, notre pays ne faisant pas toujours de la préservation de son patrimoine une priorité absolue!

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

     Les trois peintres étaient amis et admiraient les Nazaréens allemands qui, comme eux, avaient fait le voyage en Italie pour étudier les Primitifs qu'ils considéraient comme leurs maîtres. Les sujets religieux étaient pour eux symboliques de la condition même de l'homme et susceptibles de concerner tous les hommes, même incroyants. La Vierge et son enfant pouvait représenter toute maternité humaine et le Christ en croix toute agonie. 

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

     Adolphe Roger (1800-1880) choisit de représenter les rites du baptême en mettant en valeur les protagonistes, sans que l'œil soit attiré par un paysage d'arrière plan. En cela il est influencé par les icônes byzantines plus que par les peintres primitifs qui, en rupture avec leurs prédécesseurs, introduisirent la nature, montagnes, fleuves, arbres dans leur composition. 

 

Le fond d'or semble fait de plaques du métal précieux...

 

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.
Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

     De part et d'autre, Adam et Eve sont représentés. A gauche sous l'arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, après avoir mangé le fruit défendu, et à droite au moment où ils sont chassés du Paradis....

     La composition est symétrique... D'un côté l'arbre et le serpent, la branche s'élevant au-dessus du couple, de l'autre le bras de l'ange. D'un côté Adam et Eve, parallèles, dans une position identique de repli sur eux-mêmes, de l'autre s'en allant, douloureux, vers l'inconnu. 

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

   La tête penchée sur la main droite, ils se ressemblent et pourtant, la bouche d'Eve reste ouverte tandis qu'Adam la recouvre du poing comme s'il voulait effacer ce moment où il a mordu dans le fruit ...

   La bienséance du temps a conduit le peintre à cacher la nudité du couple. Eve est recouverte de ses cheveux et d'une inutile ceinture de feuilles, la même que l'on retrouve sur Adam.

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

  De l'autre côté, les voilà déjà vêtus de peaux de bêtes. Adam se dissimule toujours, tête baissée tandis que sa femme lève la tête. On pense à la fresque de Masaccio où l'homme se cache le visage dans les mains tandis que la femme se tourne, visage nu et comme aveugle vers le ciel...

 

Les deux fresques sont, selon moi,  les réalisations les plus belles de la chapelle...

 

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

     La scène du baptême est plus convenue. Au centre le Christ, les bras écartés et qui semblent devoir s'élever jusqu'à leur position sur la croix.

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

A la droite du Christ, Jean Baptiste accomplit le rituel, entouré par des anges un tantinet inexpressifs.

 

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

    Au-dessus de la scène, la Trinité, Père, fils et Esprit couronnent l'âme du nouveau baptisé qu'ils accueillent dans leur lumière. L'ensemble est assez convenu mais c'est la couleur franche et la clarté de la composition qui frappent. Adolphe Roger a retrouvé ici quelque chose de la magie naïve et savante des primitifs.

     Parmi les autres décorations de la chapelle, les plus originales représentent les rites du baptême ( certains aujourd'hui tombés dans les oubliettes).

Le SEL... 

Dans la bouche de l'enfant étaient déposés quelques grains de sel, élément vital qui protège de la corruption. 

L'EAU...

     A l'origine le baptisé était plongé dans l'eau, symbole de la mort de l'homme ancien et naissance de l'homme nouveau. 

 

Le SOUFFLE... ou exorcisme...

    Le prêtre souffle sur la tête du bébé afin de chasser au loin le mal ...

 

    Le peintre a représenté au-dessus  l'ange du Mal, un serpent enroulé autour de lui, poursuivi par le bon ange qui tape dans les mains comme s'il voulait effrayer une vulgaire vipère!

Et comme souvent (j'allais écrire "toujours") le mal a plus d'allure, plus de caractère quant il apparaît sous le pinceau des peintres que le bien, fade et conventionnel!

LA SALIVE...

    Le prêtre mouille son doigt de salive et touche les oreilles et les narines de l'enfant. 

Le rite porte le nom d'Ephpheta, ce qui en araméen signifie "Ouvre-toi".

 

LE SAINT CHRÊME....

    Avec l'huile sainte, le signe de croix est tracé sur le crâne de l'enfant. 

 

     On comprend, à voir l'étendue des surfaces peintes qu'il ait fallu plus de quatre ans à Adolphe Roger pour les réaliser. Notons ici qu'il innova dans la technique puisqu'il mit au point avec Orsel un procédé "à la cire froide" qui associait les qualités de la fresque (vivacité, naturel des coloris) à celles de l'encaustique ou cire chaude (vertus hydrofuges). Malgré ces précautions, les deux peintres ne purent éviter "l'irréparable outrage" des années!

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

    D'autres scènes ornent les piliers. Elles rappellent des baptêmes célèbres et des conversions de populations lointaines.

... Tout d'abord le baptême de Clovis et Clotilde par Saint-Rémi... avec intervention volatile de l'Esprit Saint qui bénit le Saint chrême et l'ampoule qui servira à oindre les rois de France!

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

... Le baptême des Péruviens avec l'ange et le saint évangélisateur François Solano qui avait des dons divinatoires puisqu'il sut prédire la date de sa mort et le tremblement de terre qui dévasta le Pérou!

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

... Le baptême de l'empereur Constantin qui selon nombre d'historiens ne lui aurait été administré que sur son lit de mort.

    La légende veut qu'après avoir vu des signes miraculeux apparaître dans le ciel avant une bataille décisive, il eût décidé de se faire chrétien et eût été baptisé par Saint Sylvestre.

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

... Enfin, le baptême des Ethiopiens par Saint Philippe (qui fait allusion à un passage des Actes des Apôtres où Philippe baptise un eunuque éthiopien).

     L'aspect académique de ces scènes peut lasser mais la couleur, le relief des personnages sur le fond bleu, la simplicité des visages peuvent nous toucher.

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

     Pour terminer la visite de la chapelle, il faut lever les yeux au ciel et découvrir la coupole bleue avec ses étoiles. Les grandes figures qui tournent avec elles bien qu'assises sur leur trône, s'envolent dans un bruissement rose et blanc, couleurs mystiques.

"Un soir fait de rose et de bleu mystique"  (Baudelaire.)

 

Eglise Notre-Dame de Lorette. La chapelle du baptême. Adolphe Roger.

     Grâce à cette belle restauration, Adolphe Roger va peut-être retrouver sa place dans l'histoire de la peinture du XIXème siècle.

   Parmi les peintres proches du courant nazaréen, seul Ingres n'est pas tombé dans l'oubli et c'est dommage.

... Il y a dans son œuvre, servie par la science de son art, une naïveté qui le rapproche de ses maîtres Primitifs. Sur le ciel d'or ou sur le ciel bleu, les visages graves ou sereins sont ceux d'hommes et de femmes qui, délaissant un instant leurs soucis quotidiens, entrent de plain pied dans une légende, un conte de fées pour les uns, une vérité religieuse pour les autres!

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Van Gogh. Vue de Montmartre, carrières et moulins. 1886.

Van Gogh. Vue de Montmartre, carrières et moulins. 1886.

Tout a été dit ou presque sur ce géant... mais on a tendance à privilégier ses périodes les plus géniales, celles de Provence et d'Auvers, en n'insistant pas sur ses années montmartroises, celles qui ont été décisives et où il est devenu le peintre de la lumière tourmentée et de "l'explosante fixe"!

Van Gogh. Le jardins de Montmartre 1887.

     Car c'est bien ici, à Montmartre qu'il est devenu Van Gogh! C'est ici qu'il a laissé sa mue de peintre du nord, adepte de Rembrandt et de sa sombre lumière, compagnon des peintres de son pays habitués des intérieurs et des besogneux...

 

     Il ne reste que deux années à Montmartre, de 1886 à 1888. Et quelles années! Quelles amitiés! Quelles rencontres! Quelle métamorphose!

                   Van Gogh. Montmartre. Carrières et moulins 1887.

      C'est en mars qu'il débarque (certains parlent de février, mais quelle importance?) sur l'invitation de son frère Théo qui travaille chez Goupil, le fameux marchand d'art plus attiré par les peintres à la mode que par les novateurs.

                                                              Théo Van Gogh.

     Théo qui avait été embauché par Goupil pour être responsable de sa succursale de La Haye (Goupil et Cie est un des plus importants marchands d'art européen) est appelé sur sa demande à Paris où il rêvait de vivre pour rencontrer les peintres nouveaux qui écrivaient sans que les gens de goût s'en rendissent compte, l'histoire de la peinture moderne.

                                         Goupil et Cie boulevard Montmartre.

     En 1881 il devient gérant de la succursale du boulevard Montmartre qui s'intéresse à ces novateurs alors que la maison Goupil, pour satisfaire sa clientèle continue de vendre rue Chaptal les peintres pompiers qui sont alors à la mode. Un Edouard Detaille par exemple, peintre de scènes militaires,  se vend 50 000 francs (125 000 euros) alors qu'un Monet, s'il trouve preneur, part à 680 francs (1650 euros)!

                                Edouard Detaille. Commandant Berbegier.

                   Théo admire son frère et tient, après la mort de leur père,  à le faire venir à Paris où se joue la modernité. Quand Vincent arrive, il a déjà 33 ans et il s'est affirmé, enfermé, dans une tradition qui ne lui convient pas.

25 rue Victor Massé. Première adresse de Vincent (chez Théo) à Paris.

25 rue Victor Massé. Première adresse de Vincent (chez Théo) à Paris.

     Théo habite alors 25 rue Victor Massé et c'est donc là que débarque Vincent, dans cette rue où au n°12 le cabaret du Chat Noir s'était installé en 1885. C'est un des plus beaux immeubles de la rue, de style Louis-Philippe Renaissance, construit par Davrange et Durupt. Le plus beau des immeubles parisien où Vincent séjournera. Pour peu de temps!  Trois mois!

 

54 rue Lepic. 2ème adresse de Vincent chez Théo.

54 rue Lepic. 2ème adresse de Vincent chez Théo.

     La deuxième adresse de Vincent, toujours chez Théo, sera un peu plus haut sur la Butte, au 54 de la rue Lepic. C'est là qu'il passera la plus grande partie de son temps parisien (de 1886 à 1888) jusqu'à son départ pour la Provence.

3ème étage (volets fermés).

3ème étage (volets fermés).

L'appartement était au troisième étage et la fenêtre de Vincent donnait vers le sud-ouest, sur les immeubles d'en face et le mur pignon qu'il a peints à plusieurs reprises.

Van Gogh à Montmartre
Van Gogh à Montmartre
Van Gogh à Montmartre
Van Gogh à Montmartre
               Atelier de Cormon, 10 rue Constance.

Atelier de Cormon, 10 rue Constance.

      Les premiers mois, Vincent fréquente l'atelier de Cormon, non loin de la rue Lepic, 10 rue Constance.

    Cormon se décourage vite de corriger un étudiant qui n'a plus l'âge ni le caractère de recevoir ses conseils. 

 

                                                   Le harem (Cormon)

    Il est alors à la mode et parmi ses élèves, Van Gogh va faire la connaissance de plusieurs jeunes peintres, attentifs aux leçons du maître, comme Emile Bernard qui va devenir un véritable ami et un confident.

                                                Emile Bernard (Autoportrait)

      Il est le vrai "copain" de Vincent et lui rend fréquemment visite rue Lepic. Ils vont ensemble chez le père Tanguy et font tous deux son portrait :

 

Le père Tanguy par Bernard (gauche) et Van gogh (droite)
Le père Tanguy par Bernard (gauche) et Van gogh (droite)

Le père Tanguy par Bernard (gauche) et Van gogh (droite)

     Le père Tanguy est un personnage haut en couleurs (c'est le cas de le dire!). Ouvrier broyeur de couleurs puis marchand lui même, cet ardent communard est un admirateur des peintres novateurs qui se rencontrent dans sa boutique 14 rue Clauzel et voient dans l'arrière salle les toiles qu'il expose et qu'il essaie de vendre. Pissaro, Monet, Renoir,  Gauguin, Lautrec et Vincent font partie de ses clients et amis!

     Le portrait de lui le plus célèbre est celui que Vincent a peint sur fond d'estampes japonaises qui provoquaient son admiration et dont on sait quelle influence elles eurent sur son art.

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      Vincent découvre peu à peu l'importance de la couleur et de la lumière. C'est pas à pas, jour après jour que la mutation s'accomplit. Parmi les artistes qu'il admire, il y a un peintre dont on parle peu et qui a eu sur lui une influence considérable, c'est Monticelli dont les toiles sont vendues rue de Provence, chez Debarbeyrette et dont Théo sur les conseils de son frère fait l'acquisition d'une d'entre elles.

                                                   (Monticelli)

 

     Un peu plus tard, une fois dans cette Provence qui est le pays de Monticelli, Vincent écrira à son frère : "Je suis sûr que je continue son œuvre, ici, comme si j'étais son fils ou son frère (...) reprenant la même cause, continuant la même œuvre, vivant la même vie, mourant la même mort."

    Il me semble pourtant que ce peintre a une touche lourde et peu lumineuse. Peut-être représente t-il pour Vincent une transition entre les deux époques de sa propre peinture, un sas vers la liberté du geste et l'audace. 

     Parmi les autres peintres que Vincent rencontre à Paris, Gauguin, son aîné aura une importance toute particulière. Il est le maître quand Emile Bernard est le compagnon! Gauguin, comme Van Gogh est fasciné par les Japonais que l'on découvre alors. 

 

     Sur ce cliché exceptionnel pris à l'initiative d'André Antoine (debout) dans son théâtre Libre de la rue Blanche, on peut voir à l'extrême droite Gauguin, à l'extrême gauche Emile Bernard et à côté d'Antoine, la pipe à la bouche Van Gogh.

   La photo a été pris en décembre 1887. Un an plus tard, après une dispute, Vincent se tranchera l'oreille, à Arles. On distingue sur la table le fameux bonnet en lapin avec lequel il se représentera avec les pansements qui entourent son visage.

 

   Pendant les quelques mois qu'il vit à Paris, Van Gogh, comme Gauguin et quelques autres peintres fréquentent les mêmes lieux parmi lesquels un restaurant du boulevard de Clichy, le Tambourin.

               Le cabaret des Quat Z' Arts en 1893, à l'emplacement du Tambourin.

                         Aujourd'hui des dessous féminins remplacent le restaurant!

 

  Imaginez que pour payer sa pension dans ce restaurant sans prétention, Vincent s'était engagé à fournir deux à trois toiles par semaine, des natures mortes, que la dame du lieu espérait vendre (en vain)!

     Cette dame est un ancien modèle professionnel (peint par Manet ou Corot), la Segatori. Nous avons d'elle deux portraits réalisés par Van Gogh :

                                                   La Segatori (Van Gogh 1887)

L'Italienne (Van Gogh) 1887

L'Italienne (Van Gogh) 1887

    Elle a été sa maîtresse dès leur rencontre au printemps 1887. Leur "passion durera quelques mois et elle reste la femme qui a le plus compté pour lui lors de son séjour parisien.

 

     C'est dans son établissement  qu'il expose ses toiles sans succès. C'est encore là que ses amis Emile Bernard et Louis Anquetin, ayant plus de chances, vendent leur première toile lors d'une exposition collective avec lui et Gauguin.

                                         Louis Anquetin. Le Mirliton (chez Bruant) 1886-7

 

Le restaurant périclita et la Segatori dut se résoudre à brader pour quelques sous les dizaines d'œuvres de Vincent qu'elle possédait!

 

      C'est chez elle qu'il avait exposé des dizaines de gravures japonaises achetées avec Théo rue Chauchat, chez Siegfried Bing, un fou de Japon!

                                                 Maison Bing, rue Chauchat.

     L'influence des artistes japonais sur les Impressionnistes est connue mais il importe, pour comprendre la peinture de Van Gogh, de se rendre compte à quel point il fut marqué par cet art. Ce sont ses peintures provençales qui en seront les plus évidentes preuves, à tel point qu'il écrira à Théo que si les Impressionnistes allaient dans le midi c'était qu'ils y trouvaient "l'équivalent du Japon"!

           Vincent commence par reproduire fidèlement les œuvres qu'il admire (notamment celles de Hiroshige)

                                  Le pont sous la pluie (inspiré d'Hiroshige). 1887. Van Gogh.

                              Prunier en fleurs (1887) Van Gogh

Prunier en fleurs (1887) Van Gogh

     A Montmartre, à l'instar des Impressionnistes, il va poser son chevalet en plein air. Le "village" lui plaît, avec ses terrains vagues, ses jardins qui résistent encore  à la grande spéculation immobilière.

     Un de ses thèmes de prédilection est le moulin de la Galette. On sait que le meunier-homme d'affaires Debray donna ce nom à deux moulins. Tout d'abord à l'ancien Radet, transporté à l'angle des rues Lepic et Girardon, puis à l'ancien Blute-Fin et sa terrasse sur tout Paris.

Vincent encore "hollandais" dans sa peinture commence par peindre l'ancien Radet. Trois toiles le représentent dans une tonalité sombre, assez sinistre.

 

 

 

 

 

    

 

Il suffit de quelques mois pour que le virus impressionniste ait fait son chemin et lorsque Vincent peint l'ancien Blute Fin, la couleur, la lumière, l'atmosphère ont changé! Du ciel, de l'air, des courants de soleil vont vibrer ses paysages. 

 

 

Potagers et moulins à Montmartre

Potagers et moulins à Montmartre

Le Blute-Fin (moulin de la Galette)

Le Blute-Fin (moulin de la Galette)

La terrasse du Blute-Fin 1887

La terrasse du Blute-Fin 1887

Le Blute fin. 1886

Le Blute fin. 1886

     Les restaurants et les cabarets montmartrois fréquentés par Vincent sont évidemment nombreux mais ils ne font pas, sauf exception, le sujet de ses peintures.

     Nous avons vu le Tambourin où il a peint la Segatori. Il a également peint le jardin des Billards en Bois, rue Saint Rustique (aujourd'hui "La Bonne Franquette"). 

 

Van Gogh à Montmartre

    Le lieu était apprécié des peintres qui s'y retrouvaient fréquemment. Toulouse Lautrec y invite Vincent pour y siroter la Fée Verte, l'absinthe...

                                Croquis de Van Gogh pour "la Guinguette".  (1886)      

          Vincent y peint une toile "la Guinguette" aujourd'hui exposée à Orsay.

 

     C'est le plus souvent en se promenant autour de la rue Lepic qu'il trouve son inspiration, dans ce Montmartre où les potagers entourent les moulins, où les carrières ouvrent des brèches dans le paysage, où le maquis continue d'attirer les pauvres et les originaux. Ce Montmartre d'après la Commune dont les amoureux de notre quartier ne cessent de rechercher les vestiges.

                                       Chemin en pente à Montmartre (1886)

 

Scène de rue à Montmartre. Le moulin à poivre.

Scène de rue à Montmartre. Le moulin à poivre.

Parmi les tableaux qu'il réalise alors, on trouve cette "Scène de Montmartre : 

     Le moulin à roues servait de support publicitaire, quant au moulin à Poivre, entre les drapeaux tricolores il avait été construit en 1830 près du moulin de la Galette. Il servait à moudre les grains et les pigments pour les couleurs. Il a été détruit en 1911 pour permettre le percement de l'avenue Junot.

Le tableau de Vincent est remarquable par son apparente naïveté qui annonce Utrillo, par ses couleurs franches et par ce ciel tourmenté. 

Quelques fois, Vincent peint le boulevard de Clichy 

                                                         Boulevard de Clichy

 

Ou la ville qui apparaît mouvante, immense depuis les hauteurs de Montmartre. 

 

Van Gogh à Montmartre
Van Gogh à Montmartre

     Bientôt il va prendre la direction du sud et c'est là que son génie va éclater, c'est là qu'il va dépasser tout ce qu'il a appris à Paris, s'émanciper de ceux qui l'ont impressionné pour devenir le peintre unique, celui qui déjà se représentait par touches rapides, par éclats de couleurs comme un soleil en expansion , en risque de dissolution...

 

     Son histoire avec Montmartre n'est pas tout à fait terminée cependant. Le 17 mai 1890, il revient à Paris, chez Théo qui a changé d'adresse et habite 8 Cité Pigalle, au troisième étage.

 

     Vincent Van Gogh est né le 31 janvier à cette adresse!

    Oui, Théo a eu un fils avec sa femme Johanna et c'est le prénom de Vincent qu'il a choisi!

    Ce choix ne plaît pas au peintre qui souffre d'avoir reçu en 1853 le prénom de son frère mort l'année de sa naissance en 1852. Mais dans cette famille les "Théo" et les "Vincent" se donnent de génération en génération!

     Vincent ne reste que trois jours à Pigalle avant de partir pour Auvers.

                                                                      Cité Pigalle

     Sur l'invitation insistante de Théo, il revient à Pigalle le 5 juillet 1890. Il devait y rester une semaine mais il part le jour même après avoir rendu visite à Tanguy rue Clauzel, être allé chez un brocanteur où Théo avait remarqué un Bouddha intéressant, avoir passé un moment chez Lautrec et avoir déjeuné en famille Cité Pigalle. 

     Il ne reviendra pas à Montmartre.

    Son coeur cessera de battre à Auvers, deux jours après le coup de pistolet qu'il se tirera le 27 juillet dans la poitrine, peignant de rouge sa chemise et faisant s'envoler les oiseaux.

 

 

       Ce n'est pas à Montmartre mais à Auvers qu'il sera enterré.

      Théo mourra quelques mois après lui dans une clinique psychiatrique d'Utrecht.

      En 1914, Johanna le fera inhumer à côté de son frère.

     

 

La vigne rouge. Le seul tableau de son frère que théo parvint à vendre.

La vigne rouge. Le seul tableau de son frère que théo parvint à vendre.

     C'est pourtant ici, à Montmartre, que s'est joué son destin de peintre, grâce à ce frère attentif et amoureux qui l'invita à se lancer dans une des plus grandes aventures artistiques du XIXème siècle.

Van Gogh à Montmartre

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Publié le par chriswac
Publié dans : #album, #MONTMARTRE Saisons. Divers
Photos jour après jour. Mars à Montmartre.
Photos jour après jour. Mars à Montmartre.

1er mars. Stalactites rue d'Orchampt et mimosa allée des Brouillards! C'est le premier jour du printemps météorologique! 

                                                    Allée des Brouillards

Photos jour après jour. Mars à Montmartre.

2 mars. L'hippocampe et le trompettiste, rue du Calvaire, devant la maison de Nagui!

Photos jour après jour. Mars à Montmartre.
Photos jour après jour. Mars à Montmartre.

3 mars. Le passe muraille veut caresser le feuillage. Place Marcel aymé. (statue par Jean Marais)

Photos jour après jour. Mars à Montmartre.

4 mars. "Monsieur s'il vous plaît! Une crêpe au chocolat!"  Rue du Mont-Cenis.

Photos jour après jour. Mars à Montmartre.

5 mars. Moderne solitude. Rue Antoine.

Photos jour après jour. Mars à Montmartre.

6 mars. Théâtre d'ombres. Rue du Mont-Cenis.

Photos jour après jour. Mars à Montmartre.

7 mars. Le rêve. Un ange chaussé de Nike passe au-dessus....

Photos jour après jour. Mars à Montmartre.

8 mars. Sœurs Sourires. Parvis de l'église Saint-Pierre.

Photos jour après jour. Mars à Montmartre.

9 mars. Rue du Chevalier de La Barre.

Photos jour après jour. Mars à Montmartre.

9 mars. Place Dalida. Les yeux dans les... yeux!

Photos jour après jour. Mars à Montmartre.

10 mars. Rue Norvins. Retraite d'un poulbot...

Photos jour après jour. Mars à Montmartre.

11 mars. Pique nique sur les flancs de la Butte. (Emplacement des canons de Montmartre!)

Photos jour après jour. Mars à Montmartre.

11 mars. Petit chien en bandoulière.

Photos jour après jour. Mars à Montmartre.

12 mars. Le violoniste et les pigeons mélomanes. Escaliers du Sacré-Coeur.

Photos jour après jour. Mars à Montmartre.

13 mars. Paris en bleu. 

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14 mars. La pente est raide rue du Calvaire!

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15 mars. Danser pour le Triton. Fontaine de Gasq. Square Louise Michel.

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16 mars. Femme papillon rue Girardon.

 

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17 mars. Le Passe-muraille a besoin d'amour. Place Marcel Aymé.

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18 mars. Singing in the snow. Square Louise Michel.

                                                 La "tortue"!  Place jean Marais

 

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19 mars. Retour de la neige. Blancs bonnets sur le Fontaine des Innocents. Square Louise Michel.

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19 mars. Rue Paul Albert.

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20 mars. Soleil sur les valises. Marches du Sacré-Coeur.

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21 mars. Marche nuptiale rue Yvonne le Tac.

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22 mars. Evangile laïque rue Ramey.

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23 mars. Méduse et son compagnon médusés par Paris. Esplanade du Sacré-Coeur.

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23 mars. Oui mais il parle aux oiseaux. Place du Tertre.

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Au lendemain de l'attentat de Trèbes. Rue Paul Albert.

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24 mars. Week-end du Sidaction. Rue Paul Albert.

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25 mars. Sur la tombe de Steinlen, le dessinateur amoureux des chats! Cimetière Saint-Vincent.

 

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26 mars. Au poil!

     L'éphéméride photographique de Montmartre s'arrête aujourd'hui pour le mois de mars car en amoureux infidèle je quitte la Butte pour quelques jours, direction le Siam. 

      "Mars qui rit malgré les averses (de neige) prépare en secret le printemps"

      Nul doute qu'il sera là à mon retour ce sacré printemps qui met des couleurs dans le cœur et des fleurs sur les cerisiers!

Liens

Albums de Montmartre et saisons.

Neiges d'antan et d'aujourd'hui à Montmartre

 

 

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