De retour à Paris le 3 octobre avec dans les yeux les vagues de l'Atlantique en fusion dans le soleil. Pas évident de retrouver la grande ville et ses murailles d'immeubles. Vite je monte sur la Butte pour retrouver l'horizon et la houle des toits parisiens.
4 octobre. Soir de vent sur la Butte. Photo prise de la fenêtre de mon bureau.
5 octobre. Boire dans les mains de son maître... Qui dira jamais le lien vital qui unit hommes et chiens?
6 octobre. Montmartre-village. Rue Poulbot (ancienne impasse Traînée.
7 octobre. Quelques escaliers de la Butte ont été décorés par les enfants des écoles pour la fête des vendanges. (1ère et 2ème photos rue Foyatier, 3ème photo rue Barsacq).)
8 octobre. La fête des vendanges est annoncée...
9 octobre. Rencontre improbable. Avenue Junot, défilé des vendanges.
9 octobre. Des mères survoltées! Défilé des Vendanges.
10 octobre. Artistes en herbe.
11 octobre. Les demoiselles de Rochefort à Montmartre!
12 octobre. Balade d'une robe boulevard Marguerite de Rochechouart.
13 octobre. J'ai tout donné au soleil sauf mon ombre.
14 octobre. Comédie musicale. Square de la Turlure (Bleustein-Blanchet).
15 octobre. La vigne rouge, rue Girardon et rue des Saules.
16 octobre. Des mariés sur le trottoir le plus étroit de la rue St-vincent.
17 octobre. Les chiens japonais sont de retour à Montmartre!
18 octobre. Pour être parisienne il faut porter un béret! avant d'acheter une baguette! (marches du sacré-Coeur).
19 octobre. Jour de soleil square Nadar. Une trinité.
20 octobre. Au coeur de Montmartre, le cité des artistes (rue Norvins). Un peu du vieux Montmartre préservé!
21 octobre. L'enfant et le triton (fontaine de Gasq)
22 octobre. Le pigeon mélomane.
23 octobre. La maison de Monique Morelli, ma voisine quand j'habitais rue Paul Albert.
Elle est morte en 1993. La maison est restée inhabitée. Son chapeau de soleil est toujours accroché à la fenêtre.
Dimanche 24 octobre. Un petit air estival sur la Butte.
25 octobre. Square Nadar où les chiens et les enfants sont dans leur royaume.
26 octobre. Il faut de toi pour faire un monde.
27 octobre. Matin brumeux.
28 octobre. L'amour dévorant de la vigne vierge pour le réverbère.
Ce peintre alsacien fait partie de l'histoire montmartroise puisque pendant des années c'est à Pigalle qu'il travailla, au 11, aujourd'hui disparu, sur cette place où tant d'artistes vécurent.
C'est rue La Bruyère qu'il mourut et c'est au cimetière de Montmartre qu'il repose.
Atelier de Jean-Jacques henner, 11 place Pigalle
Nous l'avons déjà rencontré, loin de la Butte, au musée Fabre de Montpellier avec une de ses plus belles oeuvres, "le bon samaritain".
Un chef d'oeuvre qui ne représente qu'un aspect de l'art et de l'originalité de Jean-Jacques Henner (1829-1905).
Autoportrait (1866. Huile sur toile)
S'il ne fallait retenir que quelques éléments de sa vie féconde, il faudrait bien sûr parler de son séjour en Italie après l'obtention du Prix de Rome en 1858 pour sa toile "Adam et Eve trouvant le corps d'Abel".
Comme tout artiste, il est fasciné par l'Italie et passe des heures dans les musées à reproduire les oeuvres des peintres qu'il admire. Il a le temps pendant son séjour de 5 années de parcourir le pays. La dernière année ce sont Titien et Corrège qui l'attirent.
La femme au miroir (Titien)
Certains verront dans l'influence de Titien le goût de Henner pour les femmes rousses si présentes dans son oeuvre.
Le Corrège (Noli me tangere)
Du Corrège il retiendra le contour adouci, comme nimbé, des corps. On le retrouvera dans ses toiles avec ce savant "fumato" qui leur donne un aspect onirique.
Henner est bouleversé par la chute de l'Empire qui entraîne la perte de la région qu'il aime plus que toutes, l'Alsace. Il peint alors une toile qui devient célèbre et même iconique : l'Alsace, elle attend attend.
Une jeune alsacienne en deuil porte sur sa coiffe la cocarde tricolore. L'oeuvre devient vite populaire et assure à son auteur la gloire!
Alsacienne tricotant (1871. Huile sur toile)
Henner ne manquera pas de peindre de jeunes alsaciennes parmi lesquelles sa nièce Eugénie à laquelle il était très attaché.
Eugénie Henner en alsacienne.
Il reçoit de nombreuses commandes et ses femmes nues à la rousseur incandescente rencontrent un grand succès.
Les Naïades (1861. Peint pour la salle à manger des Soyer, 43 fbg Saint-Honoré)
Succès tel qu'il donne parfois dans la facilité et reproduit les mêmes toiles.
Femme nue couchée dans une fourrure (1892. Huile sur bois)
Aujourd'hui ces "rousseurs" bien que remarquables nuisent à son oeuvre en faisant oublier ou négliger les autres facettes de son talent.
Femme au voile rouge (1870)
Judith (1887. Huile sur carton)
Pourtant nous pouvons admirer avec ces toiles un art qui, sans adhérer aux mouvements picturaux de son temps, est tout à fait moderne. Gustave Moreau n'est pas loin, ni le symbolisme. Déjà la touche picturale se fait plus audacieuse, peu soucieuse de réalisme. N'oublions pas que Henner reste proche de ses contemporains et qu'il admire Manet qu'il impose à un jury du Salon.
Mlle Dodey (1893)
La Vérité (Pour la Sorbonne)
Lorsqu'il faut illustrer Zola, disant à propos de l'affaire Dreyfus "La vérité est en marche et rien ne l'arrêtera", c'est encore une femme rousse qui incarne l'allégorie de ce credo.
Le peintre ne manque pas de recevoir également des commandes de tableaux religieux, comme nous l'avons vu avec le Bon Samaritain du musée Fabre.
Le Christ au tombeau (1884)
Le paysage disparaît ou ne se laisse qu'à peine deviner sur un fond uni.
La série des Saint-Sébastien au corps androgyne montre à l'évidence la parenté avec Gustave Moreau, même si à l'inverse de ce dernier Henner ne se soucie pas de décor et d'ornementations.
Henner a également peint des paysages.
Route de Galfingen avec le vieux cerisier et la croix. (1876)
Ils sont à peine esquissés et annoncent l'impressionnisme et les touches picturales peu soucieuses de précision réaliste.
Paysage d'Alsace (1890)
Il serait injuste de ne pas mentionner l'engagement féministe de Henner qui faisait partie de ceux, trop rares à l'époque, qui ne comprenaient pas que l'école des Beaux Arts pût être interdite aux femmes. Il créa avec Carolus Duran "l'atelier des dames" où il eut pour élèves bien des artistes de talent.
Louise Abbéma que nous avons rencontrée sur ce blog est l'une d'elles et non la moindre!
Les repasseuses (Marie Petiet)
Citons encore Marie Petiet
Madame Silvestre et ses enfants (Joséphine Houssaye)
Joséphine Houssaye
Juana Romani (qui fut aussi son modèle)
His first offence (Dorothy Tennant)
ou Doroty Tennant.
Comme pour Gustave Moreau rue La Rochefoucaud, la rencontre du peintre et de ses oeuvres se fait dans un hôtel particulier.
Mais contrairement à Moreau qui avait pour demeure son propre hôtel devenu musée, Henner n'a jamais vécu avenue de Villiers.
C'est un autre artiste, neveu de Gounod, Guillaume Dubufe (1853-1909) qui, enrichi par de nombreuses commandes, put l'acquérir.
Hôtel de Sarah bernhardt
L'hôtel a été construit en 1840 par un architecte-peintre-décorateur de grand talent, Félix Escalier, qui réalisa également, entre autres, celui de Sarah Bernhardt rue Fortuny.
Hall et jardin d'hiver
La visite dans cette maison qui semble toujours habitée est un plaisir...
Dans l'atelier inondé de lumière qui restitue l'original, le visiteur a l'impression que le peintre va pousser la porte et s'asseoir devant son chevalet.
Je ne résiste pas au plaisir de terminer cette visite avec le mimétisme "gardienne-statue" dans une des salles du musée!
C'est une petite rue parallèle à l'avenue Trudaine qui court entre la rue Bochart-de-Saron et la rue Lallier.
Elle est construite sur les terrains des anciens abattoirs de Montmartre libérés à la suite des plaintes des riverains importunés par les cris de souffrance et d'agonie. Ce qui conduira l'industrie de la viande à cacher hors des villes ces camps de mise à mort.
Elle prend en 1858 le nom de Jean-Baptiste Say (1767-1832), économiste libéral qui eut une grande influence et dont on a oublié aujourd'hui la carrière d'auteur dramatique.
Il est juste, dans ce quartier de la Nouvelle Athènes, de rappeler ses œuvres oubliées : "la tante et le prétendu" (courte pièce) "le Curé amoureux"(pièce anticléricale) "les deux perdrix" (opéra comique.)
Quelques "pensées" non sucrées de celui dont le frère Louis créa les fameuses raffineries qui portèrent son nom et existent toujours, devenues en 1972 Beghin-Say:
"Tout peut se dire, seule la manière de s'y prendre fait tout passer."
"Une des preuves de la médiocrité, c'est de ne pas savoir reconnaître la supériorité là où elle se trouve."
"L'exagération dans les discours révèle la faiblesse, comme le charlatanisme décèle l'ignorance."
"Un bon esprit vaut mieux qu'un bel esprit."
"Le cachet de la médiocrité, en tout genre, est de ne savoir pas se décider."
Le 1
Le n°1 est l'arrière d'un des plus beaux hôtels particuliers du quartier dont l'entrée se trouve 14 avenue Trudaine.
Il a été construit pour lui-même par l'architecte Léon Ohnet (1813-1874) à qui l'on doit plusieurs hôtels particuliers parisiens et la restauration de quelques monuments comme la cathédrale de Carcassonne (avec Viollet-le-Duc, son voisin de la rue Condorcet).
Léon Ohnet (par Couture)
C'est dans son hôtel qu'il mourut en 1874. Son fils Georges y habita quelques années. Georges Ohnet (1848-1918) fut un écrivain à succès. son ouvrage le plus populaire est "le Maître des Forges".
Le 2
Le 2-4
Côté pair le deux a la même entrée que le 4. C'est un immeuble post-haussmannien de belle facture.
Le 3
Le 3 a pour originalité de n'avoir pas d'entrée sur la rue mais de dépendre du 16 avenue Trudaine.
Le 16 avenue Trudaine
Le 5
De la même manière le 5, petit hôtel particulier dont la façade a été maltraitée, a pour entrée principale le 18 avenue Trudaine élevé en 1850! Il faut croire que l'adresse sur l'avenue était plus prestigieuse!
Le 18 avenue Trudaine
Le 6 construit en 1885.
Le 7
Le 7 comme ses voisins a une entrée sur l'avenue Trudaine, au 20.
Adresse qui fut celle d'une actrice bien oubliée aujourd'hui, Amélie Villetard (1853-1888) qui écrivit quelques pièces courtes et qui s'illustra en interprétant Dame Rose dans "Les Neiges d'antan" de Jules Marthold, son mari! Mais où sont les neiges d'antan?
Le 8
Le 8 construit en 1860
Les 9 et 11, deux jumeaux.... très classiques et sans relief.
Le 10 se distingue par son ornementation et son harmonie. Il est surmonté d'un décor d'angelots encadrant un écusson avec les lettres enlacées. Il est un des plus anciens de la rue dont il a la même date de naissance (1858).
Construit à l'origine pour un propriétaire dont les initiales sont P et L et qui je l'avoue me reste inconnu, il a abrité jusqu'à sa mort le peintre Jean-Joseph Bellel (1816-1898) qui y avait son atelier.
La fuite en Egypte (Bellel)
Bellel eut une certaine renommée qui lui permit de recevoir des commandes officielles pour le palais de l'Elysée ou pour l'Hôtel de ville. Les panneaux de ce dernier disparurent pendant la Commune dans l'incendie qui ravagea le bâtiment construit sous François 1er.
Bellel a également dessiné un projet de tapisserie réalisée par les Gobelins pour le Sénat.
Il aimait voyager en Italie et en Algérie. Ses toiles dites "orientalistes" connurent un grand succès.
C'est dans cet immeuble de la rue Say qu'il aimait recevoir son ami Théophile Gautier.
Regardez bien le 11 construit en 1865 comme son voisin le 11 bis. Un personnage célèbre y habite. Vous pouvez le découvrir avec un minimum d'attention.
C'est lui, installé sur un garde-corps du 1er étage, c'est Mister Cat qui surveille tout ce qui se passe dans la rue et tape sur les vitres quand il désire rentrer...
Le 12
Le 12 donne en partie sur la rue Lallier avant le 14, dernier immeuble de la rue Jean-Baptiste say, à pan coupé comme il se doit.
Cette petite rue sans histoire est bien caractéristique d'un quartier qui, proche de l'animation des boulevards, s'arrange néanmoins pour mener une vie paisible et confortable.
Une petite rue préservée de l'invasion des rats et des souris par Mister Cat.
Annulé l'année dernière pour cause covidienne, le défilé des vendanges était attendu cette année par les Montmartrois et les touristes comme une fête de retrouvailles....
La foule était au rendez-vous sous le soleil pour voir descendre du clos des vignes les groupes bigarrés des confréries pinardières et des associations culturelles ou sportives.
Une petite frustration bien compréhensible alors que le virus court encore,, les confréries ne tendaient pas aux spectateurs amateurs de bons vins, les gobelets de dégustation. Nous attendrons l'année prochaine pour nous enivrer!
Nous retrouvons cette année les mêmes groupes, un peu moins nombreux mais souriants et généreux...
L'Ukraine, la Géorgie, le Japon... mais pas encore les 67 nationalités représentées dans notre arrondissement!
Ni géants ni marionnettes cette année, une part de poésie a manqué peut-être. Un danseur sur échasses et sa partenaire sans échasses a apporté une part de rêve!
J'aurais dû commencer par le commencement et la reine de la fête, Miss Vendanges 2021! Les élus féministes de Paris, dont la douce Alice Coffin doivent être verts de rage devant cette tradition patriarcale qui se perpétue!
La marraine de cette année est la chanteuse Keren Anne et c'est elle qui préside cette fête dans "un jardin d'automne".
Un moment joyeux et festif avant le grand bal populaire qui sera donné dans le square Louise Michel!
La tradition de confier aux petits des écoles la décoration des escaliers de la Butte a été pendant deux ans interrompue par un virus qui n'aime pas les artistes...
C'est d'habitude pour accueillir en couleurs le printemps que les contremarches se mettent à chanter mais cette année elles le font pour les Vendanges retrouvées.
C'est "pour fêter le futur" que les élèves et leurs profs d'art plastique ont réalisé ces peintures éphémères.
Il leur a été donné le nom de "montées futuristes". Oublions que ce sont aussi des "descentes" !
Plusieurs écoles ont participé à la métamorphose des escaliers.
La rue Foyatier reprend quatre fois le même motif du Sacré-Coeur pastellisé sur lequel vont et viennent les coureurs et les promeneurs.
Rue Barsacq un arbre a été planté par l'école Cavé...
Rue Gabrielle (école Houdon) c'est un robot en mosaïque qui semble assis face au funiculaire.
Le CM1 de la rue Lepic a signé son oeuvre!
Joyeuse symphonie de couleurs et de formes, fruits, animaux, visages dans une tapisserie imaginative et foutraque...
Enfin, le dernier escalier est celui de la rue Becquerel (école Hermel)
Le plus beau peut-être et c'est normal dans une rue où vécut Nadja et qu'empruntèrent souvent Gala, Eluard, Dali...
Un petit clin d'oeil à Eluard (même si la Terre ici n'est pas bleue comme une orange) et à Dali et son obsession du temps et des montres...
Maintenant, libre à vous d'emprunter ces "montées futuristes" que les pluies d'automne effaceront bientôt.
En attendant qu'au printemps les escaliers de la Buttes redeviennent la palette géante des enfants!
Septembre! C'est encore l'été et c'est presque l'automne.
"Les ardeurs de l'été s'éloignent et voici que s'avance vers nous la saison surannée..."
3 septembre. L'infini pour moi tout seul!
4 septembre. Voyage à deux!
4 septembre. La sirène.
Les vacanciers sont partis pour la plupart et ne restent que les anciens et les très jeunes. La plage change d'aspect et accueille des solitaires ou des couples. Les photos témoignent de ce grand remplacement!
5 septembre. Le sable, la forêt, le ciel et les nuages.
6 septembre. Tous les deux sur une île déserte.
7 septembre. Un p'tit coin d'parapluie.
7 septembre. Couleurs.
L'animation revient pendant le week-end et le mercredi. Les activités sportives, notamment le surf, repeuplent les immenses plages.
8 septembre. Coucher du soleil, 20h30.
9 septembre. Tiendrons-nous debout devant la grande marée?
10 septembre. Drôle de bestiole sur la plage de Saint-Trojan.
11 septembre. Seuls face à l'immensité.
12 septembre. Un dimanche d'été! Les chiens ne sont plus interdits sur la plage.
Mais rien n'y fait, nous avons changé de monde. Coquillages et crustacés ne pleurent pas la fin de l'été. Ils reprennent possession de leur royaume avec les goélands et les vents de noroît.
13 septembre. Rayon d'argent sur le surf!
14 septembre. Grand chien et petite maîtresse!
15 septembre. Il est là le bonheur, il est là!
16 septembre. Le bonheur de vivre dans la nature avec les animaux!
Les chiens, les chevaux sont de nouveau autorisés à tutoyer les vagues....
17 septembre. Les "baignassoutes" partis, c'est le tour des chevaux! (les "baignassoutes" sont en langage oléronnais le terme qui désigne les baigneurs.)
18 septembre. Matin gris et voiles rouges.
19 septembre. Icare prêt à l'envol.
20 septembre. Les goélands prennent le vent.
21 septembre. On se protège du soleil!
22 septembre. Un film de Bergman?
23 septembre. Surf-vitrail.
24 septembre. Le goéland et son reflet.
25 septembre. Les pêcheurs de tellines (les "louisettes" à Oléron).
26 septembre. 18H sur la plage de grand Village. Seul dans la beauté du monde.
27 septembre. Le marais aux oiseaux de Dolus. Les oies au pas de l'oie et les bernaches du Canada. Une halte avant la migration et le viseur des chasseurs.
Les bernaches sont appelées "outardes" au Canada.
"Plus légère que la plume d'outarde si tu la lies à une autre vie, ta vie".(Félix leclerc).
28 septembre. Tentative d'envol!
29 septembre. Surfeurs du mercredi sur la Grande Plage de St-Trojan.
30 septembre. Dernier jour. Un couple dans le soir. Dernière photo. Dans un mois dans un an quand nos reverrons-nous?
Je suis étonné qu'Oléron, l'île lumineuse, ait inspiré si peu de peintres... bien sûr il y a le plus célèbre, Omer Charlet qui créa quelques chefs d'oeuvre d'inspiration religieuse (exception faite de l'émouvante "orphelines de la mer") mais à part lui, il est difficile de nommer d'autres artistes de valeur.
Les orphelines de la mer (musée Hèbre, Rochefort)
Et pourtant le musée de Saint-Pierre consacra en 2008 une exposition à deux d'entre eux. Deux et pourtant un puisqu'ils sont père et fils et portent le même nom : Lessieux.
Le premier Ernest-Louis, né en 1848 et le second Louis-Ernest en 1874. Ils ne sont pas toujours facile à différencier et leurs prénoms facilitent la confusion!
Luois Lessieux dans son atelier parisien
Aujourd'hui intéressons-nous au plus jeune que l'on a l'habitude d'appeler Louis, gardant Ernest pour le père.
Le Comombier (Louis Lessieux)
Notons, n'en déplaise à la fierté oléronnaise qu'Ernest se fixa à Menton où il mourut et où la ville reconnaissante érigea un buste en son honneur. Il est vrai cependant qu'il fit l'acquisition d'une maison au village du Colombier à la Cotinière où il aima séjourner. Louis y passa plus de temps que son père, heureux de trouver un refuge où se reposer de la vie parisienne.
Les ajasses.
La maison s'appelait "les ajasses", ce qui en patois local désigne les pies.
Pie jeune (Louis Lessieux)
Petite émotion au passage car la maison de mes grands parents, dans le Pas-de-Calais s'appelait "les agasses", presque le même mot d'un patois à l'autre.
La maison des Ajasses (Louis Lessieux)
Louis fut en partie parisien. Il avait son atelier Villa Brune. Il me ramène un instant à Montmartre car il fut en 1890 à l'Ecole des Arts Décoratifs de Paris élève de Luc Olivier Merson, l'auteur de l'immense et spectaculaire mosaïque du Sacré-Coeur.
La Cotinière (Louis Lessieux)
Femmes au puits (Louis Lessieux)
Il fut influencé par son père et peignit, surtout à ses débuts, de nombreuses aquarelles. Plusieurs sont exposées dans le petit musée de Saint-Pierre. Celles d'Ernest comme de Louis ne sont pas très originales et peinent à traduire la lumière si paticulière de l'île.
Effets du soir à Oléron (Louis Lessieux)
Cependant Louis sut parfois se détacher de l'influence paternelle et se montrer plus audacieux, ne cherchant plus à reproduire la réalité mais n'hésitant pas à utiliser des couleurs plus franches qui le rapprochent parfois des nabis. Il fut d'ailleurs plus que son père oléronnais et séjournait plus souvent que lui dans l'île.
La Cotinière (Louis Lessieux)
Certaines de ses plus belles oeuvres ont La Cotinière pour sujet. Cette huile est selon moi une de ses plus belles toiles, plus expressive et plus vivante que ses aquarelles. On y voit une parenté avec Pont-Aven et surtout les Nabis.
Barque à La Cotinière (Louis Lessieux)
La jetée de la Cotinière (Louis Lessieux)
Quai de la Loge (Louis Lessieux)
Une de ses réalisations les plus spectaculaires fut la décoration des salles de l'hôtel de l'Horizon.
Il aimait la Cotinière où il posait souvent son chevalet et il n'est pas étonnant qu'un tel décor lui eût été confié pour cet établissement qui donnait sur le port.
Louis Lessieux réalisa les fresques et les toiles entre 1925 et 1932. Il y représentait quelques sites de l'île et quelques uns de ses habitants.
Ce n'est qu'en 1977 que le nouveau propriétaire "débarrrassa" les murs de toiles qu'il jugeait démodées. Elles furent démontées et vendues à la salle des ventes!
Le propriétaire précédent avait gardé pour lui quelques oeuvres qui ornaient la petite salle et qui de ce fait ont été sauvegardées.
L'hôtel de l'Horizon a changé de nom plusieurs fois mais il existe toujours sur le port. Il s'appelle depuis 1987 "L'Ecailler" et sa décoration manque totalement d'intérêt!
On connaît d'autres aspects de l'oeuvre de Louis Lessieux qui réalisa quelques affiches comme celle du cognac Otard
C'est une des plus réussies, associant femme et alcool dans la même sensualité délicate.
Il reçut commande d'affiches touristiques assez traditionnelles.... Plusieurs de ses aquarelles servirent à illustrer des calendriers!
Enfin il accompagna parfois son père dans ses voyages en Europe et en Afrique du nord.
Il s'inscrit dans la tradition des peintres orientalistes et n'est sans doute pas le plus inspiré.
Mais nous voilà loin de l'île qu'il aima et qui fut son véritable port d'attache. Il lui a déclaré son amour sans se lasser, toujnours ému par sa beauté et sa lumière changeante. C'est à Paris qu'il mourut en 1938, Villa Brune, loin de son île lumineuse.
A l'entrée de la Grande Plage de Saint-Trojan, du côté de la Giraudière et de Grand-Village, les touristes s'interrogent sur une épave imposante qui n'a émergé des sables qu'en 1987, avec la modification de la côte et le recul de la plage.
l'imposant squelette d'acier se couvre d'une colonie de moules que l'on vient cueillir à marée basse.
Dans la nuit du 18 au 19 novembre 1916, la tempête fait rage sur les côtes. Un vapeur américain de 14 000 tonneaux, originaire de Montevideo et arrivant de New-York, le Presidente Viera, est victime d'une avarie et s'échoue sur la plage où il se casse en deux.
L'équipage de 25 hommes est sauvé. Pour le renflouement du navire, on fait appel aux prisonniers allemands internés dans la citadelle du Château d'Oléron.
Et depuis cette nuit de novembre, le navire échoué attend que peu à peu les vagues couvrent de rouille son souvenir...
Quelques photos de l'épave le 11 novembre 2010. La marée d'équinoxe permet de la voir en entier...
Naufrage du Presidente Viera. Aquarelle d'Ernest Lessieux (1917) coll. part.
Les grandes plages de l'île sont un paradis pour les chiens et leurs "maîtres". Un paradis qui leur est interdit pendant la saison estivale.
Saint-Trojan.
Les Allassins.
Vertbois.
Saint-TRojan
Les soirs d'été, quand rassasiés de soleil et de vagues, les baigneurs rentrent dans leurs villas ou leurs campings, on ne compte plus les mégots, les canettes, les "poches" (comme on dit ici) en plastique. Sans parler des couches abandonnées sur le sable...
St-Trojan.
La Perroche.
Plage de Maumusson.
. Phare de Chassiron.
Pointe de Maumusson
. Grand-Village.
Grand-Village
Mais même pendant la saison, les plages sont si vastes que l'on pourrait délimiter des espaces réservés aux personnes accompagnées de leur chien, comme on réserve des espaces aux naturistes. Il suffirait de marcher quelques centaines de mètres...
Plage de la Giraudière. Grand-Village.
Les Allassins.
Je ne sais pas si cette initiative simple éviterait tous les abandons d'avant les vacances mais même si elle n'en empêchait que quelques uns, ce serait autant d'angoisses, de souffrances, de panique et de mort en moins pour quelques chiens...
Les quelques photos prises pendant la période estivale l'ont été en dehors des heures interdites( qui sont celles de la présence des sauveteurs) le matin avant 10 heures ou le soir après 19h...
Se promener avec son vieux chien aveugle
Elles rendent hommage à ces animaux qui ne sont qu'affection et dévouement et qui, abandonnés, continuent de n'aimer que leur maître.
Il y a des croyants qui affirment que l'amour de Dieu est immense et inépuisable.
C'est un beau portrait exposé dans la galerie des peintures du musée Hèbre de Rochefort. Je cherchais en vain un autre portrait, celui d'un enfant aux cerises auquel j'avais consacré un petit article quand ce jeune garçon, son chien dans les bras attira mon attention.
Un garçon sérieux, doux et triste, jette un regard de côté, comme son chien abandonné au bien-être d'être installé sur les genoux de son petit maître, le museau entre les pattes.
J'ai eu envie de connaître cet enfant mélancolique au sourire à peine esquissé. J'ai commencé par découvrir qu'il était le fils de l'auteur du tableau, Pascal Dagnan-Bouveret (1852-1929).
Un peintre dont j'ignorais l'existence bien qu'ayant eu l'occasion de voir sans les lui attribuer certaines de ses réalisations à la Sorbonne, à l'Odéon ou à l'hôtel de ville où y peignit quelques fresques.
Voici en quelques mots les étapes marquantes de sa vie de peintre.
En 1869, il étudie aux Beaux-Arts dans l'atelier de Cabanel. La guerre et la Commune pendant lesquelles j'ignore tout de son engagement éventuel, interrompent ses études qu'il reprend, la paix revenue. Il ne fréquente plus alors l'atelier de Cabanel mais celui de Gérôme. Dans les deux cas, il a été à bonne école!
La première oeuvre qui le fait remarquer au Salon des Artistes (1875) est "l'Atalante", Sujet féministe s'il en est! Une jeune femme met au défi ses adversaires masculins dans une course à pieds qu'elle remporte aisément.
Il est ensuite attiré par les scènes de la vie quotidienne et se range du côté des Naturalistes, admirateurs de Zola. Une de ses toiles "le pardon en Bretagne" est remarquée à l'expo de 1889 où elle obtient la médaille d'honneur.
C'est peu après qu'il évolue vers une peinture proche des Symbolistes et s'intéresse aux sujets religieux.
A la fin de sa carrière, peintre à la mode et couvert d'honneur, il se consacre essentiellement aux portraits.
Tombé dans l'oubli, il est remis dans la lumière en 2002 grâce à une rétrospective organisée à New-York, les musées américains possédant de nombreuses toiles, comme des particuliers qui lui avaient commandé leur portrait.
Mais revenons à notre garçon au chien! Il a été peint en 1890 et représente donc Jean, le fils du peintre.
Jean Dagnan-Bouveret a alors 7 ans (il est né en 1883). La ligne oblique du décor place son visage entre noir et blanc. L'enfant est tourné vers le noir mais regarde vers la lumière.
La lumière ce sont les dons qu'il possède et qui feront de lui un philosophe et un grand médecin, interne des hôpitaux de Paris.
"L'Histoire de la folie" reprend un de ses articles de 1912 sur la dépersonnalisation et l'aboulie.
La partie sombre, c'est la guerre de 14 pendant laquelle il est mèdecin aide-major. Il ne meurt pas au combat mais il est considéré comme victime de cette guerre, frappé en 1917 par la grippe espagnole.
Son père vivra douze ans encore, portant le deuil de ce fils aimé et admiré. Peut-être avait-il gardé le portrait de l'enfant, entre ombre et lumière, tenant contre lui l'animal fidèle, symbole d'un lien indéfectible et d'un amour total.
J'ai repensé à mon enfant aux cerises qui a disparu du musée de Rochefort et je me suis demandé pourquoi, si souvent, les portraits d'enfant étaient doux et mélancoliques, comme résignés. L'enfance aurait-elle un vague pressentiment des blessures à venir?