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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 08:25

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L'église de Marennes ne survécut pas aux guerres de religions.

 L' église romane, reconstruite au XIVème siècle dans le style ogival (voir le clocher) fut saccagée de fond en comble en 1570 et les Dames de Saintes dont elle dépendait décidèrent de la raser ...

 

 

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L'abbesse Françoise de la Rochefoucauld la fit reconstruire sur des plans nouveaux. Les travaux se sont étendus sur plus d'un siècle.

 Des compagnons étaient encore occupés à voûter le choeur en 1750!

 

L'église a un aspect sévère, avec ses contreforts puissants.  Elle garde un aspect défensif, comme si elle s'attendait à de nouveaux assauts. 

 

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  L'intérieur donne une impression de clarté grâce à ses larges baies vitrées. Les dimensions sont harmonieuses : 58 mètres de longueur, 28,50 de largeur et 16 mètres de hauteur sous voûte.

 

Il semble convenir au navire ex-voto qui y voyage, immobile, vaisseau de bois à l'intérieur du vaisseau de pierres. 

 

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  La tribune du XVIIème siècle ne manque pas de grâce...

 

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  Comme les galeries dont les pierres vivantes accueillent la lumière si claire du pays charentais.

 

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Les travées sont voûtées en ogives à huit branches qui semblent ne pas peser mais jeter une toile de navire sur la nef...

 

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A l'entrée de l'église, près des anciens fonts baptismaux, un certificat de baptême est exposé...

Une plaque gravée nous rappelle le nom de l'illustre paroissien qui y reçut ce sacrement : François Fresneau, père du caoutchouc, bienfaiteur de l'humanité!

 

J'avoue humblement que j'ignorais l'existence de ce grand homme né et mort dans la bonne ville de Marennes.

Il habitait le château de la Gataudière où il revint après ses séjours dans les colonies, et notamment en Guyane où il découvrit l'hévéa Brasiliensis, l'arbre à caoutchouc.

Il était vraiment, par son esprit et sa curiosité, "un honnête homme" du XVIIIème siècle. De retour en Charente, il s'intéressa à la culture des huîtres, et bien avant Parmentier, à celle de la pomme de terre...

Il faudrait donc compléter sa plaque commémorative : François Fresneau, père du caoutchouc et grand père de la pomme de terre! 

 

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  Au-dessus des anciens fonts, une fresque  du baptême du Christ  perd doucement ses couleurs....

 

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Dans la première chapelle de gauche, un vitrail est dédié à Saint Vincent de Paul. Il est comme les autres vitraux de l'église, assez conventionnel et bien représentatif de l'art religieux du XIXème siécle lorsqu'il manque d'inspiration...

 

 

 

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Une pierre exposée dans la chapelle attire l'attention.  C'est un décor de voûte qui menaçait de se détacher et qui fut donc  déposé. On y voit le blason des tailleurs de pierres étrangers, ceux-là mêmes qui travaillèrent dans l'église et laissèrent de nombreuses traces de leur passage, comme des symboles et des signatures gravés sur les arc doubleaux.

 

On peut lire sur la pierrre : "les anfans de Salomon".

Les tailleurs de pierre se regroupaient en trois familles : les enfants de Salomon, de Maître Jacques ou du père Soubise.  Les premiers se référaient à la bible et à la construcion du Temple par  Salomon (Rois,  livre 3, chapitre 5...) 

 

 Ils se faisaient appeler compagnons étrangers, compagnons libertins ou loups...

 

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  Dans la chapelle suivante, un tableau nous montre le crucifié se dressant sur un ciel de nuit, tandis que sous la terre des pécheurs émergent des flammes...

 

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Jeunes ou vieux, hommes ou femmes, nul n'échappe à ce sauna infernal. Quoi que...

 

 

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En priant la vierge de Montligeon, nous pouvons les aider à échapper à la rôtissoire et à monter vers les nuages rafraîchissants... 

 

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  Les vitraux de la chapelle suivante représentent la mort de Saint Joseph et son mariage mystique. L'ange qui était venu rassurer et conseiller le brave homme, est de nouveau à ses côtés pour le tenir tendrement, alors que son épouse garde les mains jointes. Pour le mariage, les mains des époux s'effleurent à peine et Joseph porte le lys de la virginité qu'on attribue habituellement à Marie.

 

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  Un coup d'oeil sur la très belle grille classique de la chaire...

   

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  Un grand tableau  théâtral représente le Christ remettant à Saint-Pierre les clés symboliques et lui donnant mission d'être le socle de l'Eglise : "Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon église"...

La toile est maniérée. Le christ y est autoritaire et sévère et Pierre à genoux, engoncé dans sa tunique, ne semble pas rayonner de joie!

 

 

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Le grand vitrail du choeur le représente encore. Il empoigne la fameuse clé et prend sa pose pontificale....

 

Il est le patron de l'église de Marennes qui se dressait à l'origine dans un faubourg de la ville dont elle portait le nom : Saint Pierre de Sales.

 

  

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  Une belle surprise vous attend dans la première chapelle qui ressemble à un court transept, côté sud. C'est une toile d'Omer Charlet, gloire oléronaise et peintre de grand talent (voir :Omer Charlet à Oléron. )

 

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  La toile représente le martyre de Saint Adrien (au début du IVème siècle à Nicomédie) qui va être découpé comme une pièce de boeuf sur un étal en forme de croix. Sa jeune femme, Natalie (future sainte Nathalie) est à ses côtés et l'encourage.

Saint Adrien, officier de l'empereur Galère, chargé, comme le fut Saint Paul de poursuivre et mettre à mort les Chrétiens, se convertit, impressionné par leur courage et par leur foi. Il est à son tour martyrisé, pieds et jambes tranchés... 

Adrien est représenté ici comme un jeune athlète, taillé pour l'amour.  Troublante sensualité de ce corps viril, jambes ouvertes...

 

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  Dans la chapelle du Saint Sacrement, des anges adorateurs s'élèvent dans un ciel d'or au-dessus des nuages...

 

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Laissons les voleter en paix et quittons cette belle église pour retrouver le ciel  réel et les battements d'ailes des goélands...

 

 

 

Lien :Oléron. Marennes. Le clocher.

Eglises de l'île d'Oléron :

Oléron. La Brée. L'église.

La Perroche. Oléron. Le prieuré, chapelle et cloître.

Oléron. Eglise de Saint-Georges.

Eglise Saint-André. Dolus. Oléron.

Eglise Notre-Dame Le Château d'Oléron. Le retable.


 

 

 

 

 

 

 

...

 

 

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commentaires

Chimène 18/07/2010 13:03



Je trouve cette église intéressante et surtout les tableaux que vous aidez à voir. Merci



Frederique 27/05/2010 14:37



Pour un peintre, comment suggérer l'érotisme et parfois même l'amour "interdit" tout en restant très pieux? Les tableaux de Saint Sébastien percé de flèches surpassent encore dans ce domaine les
tableaux des autres martyrs.



alliance 30/04/2010 13:43



Belle visite avec des étonnements et des mystères



olépied 29/04/2010 10:35



J'aime beaucoup le tableau d'Omerr Charlet. Je ne le connaissais pas, bin qu'étant à La Rochelle. Vous avez raison, il est très sensuel.



ali-alo 27/04/2010 10:40



Une visite très fructueuse. On peut remarquer des détails auxquels on ne fait pas attention.



alicante 26/04/2010 10:47



Une belle visite de cette église que je connaissais sans en avoir vu tout ce que vous montrez. Le tableau de Charlet est remarquable; meric de cet enrichissement.



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