Sur la plage de la Giraudière à Grand-Village, les hautes marées apportent des épaves, branchages, arbres morts... des forêts déracinées qui ont perdu le chant de leurs feuillages.
Cette saison, un tronc couché a été redressé comme un totem et un estivant de passage y a mis des dessins. Art éphémère, art brut qui transforme pour quelques jours un arbre mort en poteau de couleurs.
Une pensée pour le Bateau ivre de Rimbaud :
"Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs."
Côté sud le visage est abstrait et fait penser à un masque africain, les yeux ronds et ouverts, comme une chouette.
Côté nord notre chef indien et une lointaine cousine de Betty Boop.
Entre les deux une figure mystérieuse de femme avec un arbre enraciné sur le crâne et une tête d'oiseau, entre aigle et goéland
Ainsi l'arbre s'anime, porteur de formes et de rêves : l'enfance des jeux d'indiens, le mystère du masque aux yeux de chouette, la sensualité de la femme aux lèvres rouges, la familiarité de l'oiseau qui fait de l'oeil ....
Et puis... renouvelant le feuillages, des plumes de goélands et de mouettes prennent naissance au sommet du tronc.
Soyez en sûr, elles se multiplieront
Deviendront des ailes
Emporteront l'arbre échoué dans les nuages où il reprendra racine et continuera son voyage....
Les fresques des murs latéraux sont plus endommagées que celles du chevet. Elles représentent les évangélistes au-dessus de scènes presque effacées, sur fond ocre rouge sur lesquels émergent des évêques.
I Mur latéral gauche.
Saint-Jean rédige son évangile. Il tient délicatement une plume d'oie, à moins que ce ne soit une plume de Saint-Esprit.
L'aigle, peut-être pour préserver son plumage, s'est envolé de la fresque.
Mathieu a gardé son ange qui le conseille et lui désigne le mur de la Nativité.
Il ne reste quasiment plus rien de ce qui a dû être un évêque.
Notons que tous les sujets choisis affirment, après les Guerres de Religion qui ont tant marqué la région, l'autorité et le dogme catholiques contestés par les réformés : la Vierge, les évêques, le pape...
Cet évêque-là n'est plus qu'une idée d'évêque ! Une vague silhouette, la ligne oblique d'une crosse, la silhouette possible d'un cheval...
Celui-là, sous la fresque de saint-Mathieu est plus visible. Il tient fermement sa riche crosse, il est vêtu d'habits brodés de fils d'or...
Et il ressemble bien malgré lui, après les dégradations des siècles, à une allégorie des vanités humaines, proche des danses macabres médiévales.
Il suggère un squelette habillé de précieuses étoffes et porteur des symboles du pouvoir et de la richesse...
Sous la voûte, les anges presque nus portent les armes du Christ...
II Le mur latéral droit
Saint-Luc (gauche) et Saint-Marc (droite)
Saint-Marc
Saint-Marc. Je crois deviner sur la droite, une grosse bête grise au visage renfrogné sensée représenter un lion.
Saint-Luc et son taureau. Curieusement, Luc, l'évangélistes qui nous parle le plus de Marie est le seul, sur ces murs à ne pas être tourné vers elle.
Au-dessous, très dégradé, le pape s'avance avec sa crosse à trois branches, insigne de sa fonction.
Il ne reste rien sur ce panneau, sinon cette tache rouge, coiffure épiscopale qui a survécu au visage qu'elle coiffait!
Peut-être s'agit-il de Saint-Saturnin, alias Sernin, alias Sornin à qui l'église est dédiée... le rouge étant la couleur du martyre et Saint Saturnin, comme chacun sait ayant été au 3ème siècle, traîné par un taureau sauvage et réduit en bouillie.
Et sous la voûte, les anges qui résistent mieux à l'outrage du temps, continuent de sourire et de porter vers le ciel étoilé les armes de Marie...
Dans leur écrin de pierres, les fresques aux couleurs chaudes, irradient doucement, comme des braises qui témoigent d'un grand feu qui s'éteint...
Pourquoi les fresques de l'église de Saint-Sornin sont-elles si peu connues alors qu'elles sont un témoignage remarquable de la peinture religieuse de la fin de la Renaissance?
Il faut s'asseoir dans le choeur et les regarder se détacher peu à peu, prendre vie et couleurs...
On a l'impression en découvrant ce qui a pu en être sauvé après le retrait de plusieurs couches de badigeon, de sentir la main de l'artiste qui les a créées.
Un artiste inconnu, un spécialiste des anges qu'il devait côtoyer, perché sur son échafaudage. J'ai lu quelque part qu'il s'agirait d'un certain Gaultier. je n'en ai trouvé aucune confirmation. Mais pourquoi pas Gaultier? Un nom de vieux terroir et de poètes médiévaux.
Bien qu'à l'évidence plusieurs peintres aux styles différents aient participé à la réalisation de ces fresques...
Dans la belle église romane, l'ancien choeur détruit par les Anglais a été reconstruit au XVème siècle. Un choeur gothique donc, composé de deux travées voûtées d'ogives, terminées par un chevet plat. C'est sur les murs du choeur qu'ont été peintes les scènes que nous découvrons aujourd'hui.
L'Adoration des Mages
Sur le mur du chevet, à droite, c'est la partie la mieux conservée. La comète comme un trait de feu désigne l'enfant qui est déjà un petit homme occupé à bénir ceux qui se prosternent devant lui.
Les corps penchés autour de l'enfant( la vierge et Joseph à gauche, les mages à droite) font autour de lui un cercle chaleureux.
Les visages sont doux et graves. Le peintre s'est sans doute inspiré des gens qu'il côtoyait. Ce sont des visages réels, individualisés, sans formalisme. La vierge aux grands yeux baissés fait une moue un peu ridicule, comme celle que l'on voit sur le visage des mamans qui grondent tendrement leurs petits.
Les bergers (nativité)
Sur le côté gauche, la fresque a été plus endommagée. Elle représente les bergers adorant l'enfant que l'on peut deviner, vague forme blanche dans les bras de sa mère. On peut tenter de voir derrière les mains jointes de l'homme du premier plan la tête du boeuf de la crêche.
Comme on peut imaginer l'âne aux oreilles grises à côté de l'épaule de Marie.
Ainsi devant ces fresques parvenues jusqu'à nous malgré vicissitudes et dégradations, sommes-nous invités à créer, à être peintre, à être poète.
La vierge a les yeux baissés et les mains jointes, tandis que dans les hauteurs l'ange qui a guidé les bergers, chante la gloire de dieu.
L'Annonciation
Toujours sur la mur du chevet, au-dessus des deux fresques de la Nativité, est peint l'archange Gabriel aux ailes rouges, descendant au milieu des nuages, fleur de lys à la main pour annoncer à Marie qu'elle va devenir mère de Dieu...
Cette fresque à elle seul assurerait à l'ensemble sa renommée... L'ange est beau, à la fois aérien et solide. Il apparaît entre ses ailes de feu comme l'ange de la Résurrection.
J'interprète sans doute mais j'aime penser que le peintre a voulu que cet ange de Noël fût aussi celui de Pâques.
Marie agenouillée reçoit bras ouvert l'apparition. Son visage déjà est tourné vers la terre.
Au-dessus de cette scène, sous la voûte piquée d'étoiles, on peut distinguer un ange un peu dodu qui porte la couronne destinée à la servante du seigneur
De l'autre côté, une assemblée d'anges contemplent et commentent... comme s'ils étaient installés dans un salon de nuages, en train d'échanger les dernières nouvelles!
La tonalité brun rouge de l'ensemble me fait penser sans chercher de cohérence aux murs de Pompéi et à l'effacement des images. Ici aussi il y a eu incendies, morts, destructions... et cette présence obstinée de la trace humaine, de la peinture comme d'un entêtement de la vie et de la beauté.
L'église de Marennes ne survécut pas aux guerres de religions.
L' église romane, reconstruite au XIVème siècle dans le style ogival (voir le clocher) fut saccagée de fond en comble en 1570 et les Dames de Saintes dont elle dépendait décidèrent de la raser ...
L'abbesse Françoise de la Rochefoucauld la fit reconstruire sur des plans nouveaux. Les travaux se sont étendus sur plus d'un siècle.
Des compagnons étaient encore occupés à voûter le choeur en 1750!
L'église a un aspect sévère, avec ses contreforts puissants. Elle garde un aspect défensif, comme si elle s'attendait à de nouveaux assauts.
L'intérieur donne une impression de clarté grâce à ses larges baies vitrées. Les dimensions sont harmonieuses : 58 mètres de longueur, 28,50 de largeur et 16 mètres de hauteur sous voûte.
Il semble convenir au navire ex-voto qui y voyage, immobile, vaisseau de bois à l'intérieur du vaisseau de pierres.
La tribune du XVIIème siècle ne manque pas de grâce...
Comme les galeries dont les pierres vivantes accueillent la lumière si claire du pays charentais.
Les travées sont voûtées en ogives à huit branches qui semblent ne pas peser mais jeter une toile de navire sur la nef...
A l'entrée de l'église, près des anciens fonts baptismaux, un certificat de baptême est exposé...
Une plaque gravée nous rappelle le nom de l'illustre paroissien qui y reçut ce sacrement : François Fresneau, père du caoutchouc, bienfaiteur de l'humanité!
J'avoue humblement que j'ignorais l'existence de ce grand homme né et mort dans la bonne ville de Marennes.
Il habitait le château de la Gataudière où il revint après ses séjours dans les colonies, et notamment en Guyane où il découvrit l'hévéa Brasiliensis, l'arbre à caoutchouc.
Il était vraiment, par son esprit et sa curiosité, "un honnête homme" du XVIIIème siècle. De retour en Charente, il s'intéressa à la culture des huîtres, et bien avant Parmentier, à celle de la pomme de terre...
Il faudrait donc compléter sa plaque commémorative : François Fresneau, père du caoutchouc et grand père de la pomme de terre!
Au-dessus des anciens fonts, une fresque du baptême du Christ perd doucement ses couleurs....
Dans la première chapelle de gauche, un vitrail est dédié à Saint Vincent de Paul. Il est comme les autres vitraux de l'église, assez conventionnel et bien représentatif de l'art religieux du XIXème siécle lorsqu'il manque d'inspiration...
Une pierre exposée dans la chapelle attire l'attention. C'est un décor de voûte qui menaçait de se détacher et qui fut donc déposé. On y voit le blason des tailleurs de pierres étrangers, ceux-là mêmes qui travaillèrent dans l'église et laissèrent de nombreuses traces de leur passage, comme des symboles et des signatures gravés sur les arc doubleaux.
On peut lire sur la pierrre : "les anfans de Salomon".
Les tailleurs de pierre se regroupaient en trois familles : les enfants de Salomon, de Maître Jacques ou du père Soubise. Les premiers se référaient à la bible et à la construcion du Temple par Salomon (Rois, livre 3, chapitre 5...)
Ils se faisaient appeler compagnons étrangers, compagnons libertins ou loups...
Dans la chapelle suivante, un tableau nous montre le crucifié se dressant sur un ciel de nuit, tandis que sous la terre des pécheurs émergent des flammes...
Jeunes ou vieux, hommes ou femmes, nul n'échappe à ce sauna infernal. Quoi que...
En priant la vierge de Montligeon, nous pouvons les aider à échapper à la rôtissoire et à monter vers les nuages rafraîchissants...
Les vitraux de la chapelle suivante représentent la mort de Saint Joseph et son mariage mystique. L'ange qui était venu rassurer et conseiller le brave homme, est de nouveau à ses côtés pour le tenir tendrement, alors que son épouse garde les mains jointes. Pour le mariage, les mains des époux s'effleurent à peine et Joseph porte le lys de la virginité qu'on attribue habituellement à Marie.
Un coup d'oeil sur la très belle grille classique de la chaire...
Un grand tableau théâtral représente le Christ remettant à Saint-Pierre les clés symboliques et lui donnant mission d'être le socle de l'Eglise : "Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon église"...
La toile est maniérée. Le christ y est autoritaire et sévère et Pierre à genoux, engoncé dans sa tunique, ne semble pas rayonner de joie!
Le grand vitrail du choeur le représente encore. Il empoigne la fameuse clé et prend sa pose pontificale....
Il est le patron de l'église de Marennes qui se dressait à l'origine dans un faubourg de la ville dont elle portait le nom : Saint Pierre de Sales.
Une belle surprise vous attend dans la première chapelle qui ressemble à un court transept, côté sud. C'est une toile d'Omer Charlet, gloire oléronaise et peintre de grand talent (voir :Omer Charlet à Oléron.)
La toile représente le martyre de Saint Adrien (au début du IVème siècle à Nicomédie) qui va être découpé comme une pièce de boeuf sur un étal en forme de croix. Sa jeune femme, Natalie (future sainte Nathalie) est à ses côtés et l'encourage.
Saint Adrien, officier de l'empereur Galère, chargé, comme le fut Saint Paul de poursuivre et mettre à mort les Chrétiens, se convertit, impressionné par leur courage et par leur foi. Il est à son tour martyrisé, pieds et jambes tranchés...
Adrien est représenté ici comme un jeune athlète, taillé pour l'amour.Troublante sensualité de ce corps viril, jambes ouvertes...
Dans la chapelle du Saint Sacrement, des anges adorateurs s'élèvent dans un ciel d'or au-dessus des nuages...
Laissons les voleter en paix et quittons cette belle église pour retrouver le ciel réel et les battements d'ailes des goélands...
Elles se trouvent si bien dans l'île d'Oléron qu'elles seraient capables d'oublier leur instinct migrateur et d'y vivre aussi longtemps que les chasseurs les épargneraient!
Mais dès la mi-septembre elles sont leur proie facile n'étant pas farouches. Lentes à l'envol elles sont la cible idéale des novices et des maladroits!
"Si les bernaches avaient des fusils, il y aurait beaucoup moins de chasseurs"!
Encore ont-elles plus de chance que leurs presque jumelles, les oies cendrées dont le lobby des chasseurs demande chaque année la prolongation du canardage, un mois de plus en pleine période de migration! Malgré les directives européennes, malgré les condamnations du Conseil d'Etat, chaque année, le gouvernement prononce cette prolongation illégale avant d'être condamné et de payer des amendes que ne devraient régler que les chasseurs et non les opposants à la chasse!
Oie cendrée (cliché Anser anser)
Revenons à notre bernache qu'on appelle parfois "oie noire" et qui au Canada porte le nom d'outarde. Nous la trouvons dans un des beaux poèmes de Félix Leclerc.
Photo La presse
La Vie
Plus fragile que la feuille à l'arbre
La vie
Plus lourde que montagne au large
La vie
Légère comme plume d'outarde si
Tu la lies à une autre vie
Ta vie
La plume de l'outarde si elle est légère est également solide et elle sert à confectionner les becs (plectres) des clavecins. Ainsi quand vous écoutez Bach, Purcell, Couperin ou Rameau c'est grâce à ces oiseaux majestueux que s'envolent les notes.
Si on ne les massacre pas pendant leur migration, les bernaches peuvent vivre jusqu'à 24 ans et mettre au monde cinq à sept petits à chaque couvaison.
La plupart du temps elles vivent en couple et restent fidèles. Quand la femelle s'absente du nid, le mâle prend la relève.
Les quatre croupions!
Je souhaite longue vie à celles que je rencontre dans l'île d'Oléron bien que leur espérance d'échapper aux chasseurs soit une question de chance. On tire sur la première qui dirige le vol en formation de V. La deuxième prend sa place. On tire sur la deuxième, la troisième prend sa place.... parfois il n'en reste pas une.
Et on est fier d'avoir abattu un oiseau royal dont l'envergure peut atteindre presque deux mètres.
La bernache n'étant pas méchante, ses 5 ou 6 kilos n'atterrissent pas sur la tête de ses tueurs. Si tel était le cas, peut-être cesserait-elle d'être criblée de plombs.
Consolons-nous en écoutant "le clavecin bien tempéré" dont la musique grâce aux outardes est autrement vivante et harmonieuse que les pétarades des chasseurs.
Avec le confinement je n'ai pu revoir le refuge en avril comme chaque année. Il a fallu attendre l'été pour retrouver cet endroit que j'aime et d'où sont venues deux des plus mystérieuses et des plus tendres chattes avec qui Nicole et moi ayons jamais eu la chance de vivre.
Comme chaque fois que j'écris sur le lieu où je les ai recueillies, je publie une de leur photo, avec un pincement au coeur puisque la tricolore Bella est morte en septembre dernier et dort sous les roses trémières du jardin.
J'ai retrouvé avec bonheur Cosette la créatrice du refuge, infatigable combattante toujours sur le chemin de ronde, à guetter les appels déchirants ou silencieux des chats en détresse.
Beaucoup de nouvelles depuis la dernière fois... des morts, des guérisons, des sauvetages...
Quelques uns de ces sauvetages parmi d'autres :
Le premier dit beaucoup de l'indifférence de certains à la condition animale. Une femme arrive avec un carton contenant quatre minuscules chatons d'à peine quinze jours. Cosette lui demande de les rapporter à leur mère car ils ne sont pas sevrés et risquent de mourir. Tant pis dit la femme, je vais les mettre à la poubelle.
(C'est triste mais il y a pire... ceux qui n'essaient même pas de les apporter au refuge et se débarrassent des chatons sans état d'âme, sans état de coeur!)
Les bénévoles du refuge vont se relayer pendant des jours et des jours, biberonnant et câlinant jusqu'à ce que les quatre abandonnés soient sortis d'affaire et adoptés.
Ekky
Un autre sauvetage a eu pour origine l'arrestation à un barrage d'un jeune homme recherché par la police. Il fut aussitôt emmené au poste et incarcéré, sa voiture restant garée près de l'endroit où il avait été arraisonné. Quatre jours après l'événement, des miaulements avertirent les passants de la présence de chats à l'intérieur du véhicule. Ils étaient deux. L'un disparut quand on le libéra, l'autre fut recueilli aux Pachats. Il était pucé, soigné. Il s'appelle Ekky. Peut-être retrouvera t-il un jour son maître...
Une des rescapées de Saint-Trojan
Le sauvetage le plus spectaculaire et le plus triste a eu lieu à Saint-Trojan. Une kiné de la ville qui vivait avec une trentaine de chats s'était laissée mourir après le décès de sa vieille maman qui habitait dans la même maison. Les héritiers débarquèrent pour récupérer la villa mais pas les chats dont ils ne voulaient pas. Une vingtaine d'entre eux se volatilisèrent. On ne tient pas à savoir quel fut leur sort tandis qu'une dizaine réussit à s'enfuir et se réfugier chez une voisine. Le refuge des Pachats vint les chercher. Ils sont maintenant à l'abri et retrouvent soins et caresses même si dans leurs rêves ils entendent toujours la voix de leurs anciennes maîtresses.
Enfin, la dernière aventure du refuge concerne une adorable chatte abandonnée, nourrie par une personne de St-Trojan qui fut prise de pitié pour l'état lamentable où elle était. Une maladie (prolapsus anal) provoquait la sortie de plusieurs centimètres de son colon qui traînaient dans le sable. Elle aurait été condamnée si Cosette ne l'avait accueillie et n'avait contacté le vétérinaire qui veille sur la santé des Pachats.
Victoire encore apeurée
L'opération était telle qu'il refusa d'abord. Une des opérations les plus risquées et les plus délicates... Il accepta enfin sans s'engager sur le résultat. Les frais d'une telle intervention étaient élevés et une fois encore les bénévoles se liguèrent pour l'assumer. Aujourd'hui la petite chatte est sauvée. Elle a été baptisée Victoire!
Victoire! comme on aimerait pousser ce cri pour chaque animal sauvé! Pour la fin des corridas! Pour la fin des chasses à courre, la fin du piégeage à la glu..... et tant d'abominations! Notre quatrième ministre de l'écologie flanquée bientôt d'un ministre du bien-être animal parviendra t-elle à redresser la barre? Rien de moins sûr quand on apprend que ses premiers invités ont été les sinistres représentants des chasseurs, ceux-là même qui provoquèrent la démission de Hulot!
Que Victoire nous aide à croire en un monde meilleur avec des responsables politiques qui auraient le coeur aussi grand que celui des bénévoles du refuge des Pachats!
Rien ne nous consolera de la destruction sauvage du cirque Médrano qui fut indépendamment de son architecture remarquable un lieu historique que fréquentèrent quelques uns des plus grands peintres qui vivaient alors à Montmartre...
Picasso
Aucun amoureux de paris ne se consolera du vandalisme des années Pompidou qui écrasa les Halles de Baltard, le Palais de marbre rose, les quais historiques…
Les promoteurs connurent avec ce président agrégé et amateur d'art leur âge d'or!
Le cirque est l'école de la fraternité.
Sur l'indigent immeuble qui a pris la place du cirque Médrano, une fresque a été peinte, côté rue des Martyrs. Elle rend hommage à ce que fut ce lieu sans prétendre le remplacer.
L'enlaidissement irrémédiable de notre ville!
La mairie du IXème a confié la réalisation à deux artistes, sur le thème de la fraternité. Audrey Feuillet et Oscilia Glé sont ces ceux magiciennes qui eurent l'idée pour illustrer ce thème de rendre hommage au cirque disparu en imaginant un monde réconcilié où les hommes et les animaux vivraient en bonne amitié.
Beaucoup d'humour dans la représentation des artistes et des animaux, tous occupés, face au public, à faire leur numéro ou à flemmarder en regardant la piste.
Sur la droite, Monsieur Loyal est un cheval qui annonce l'entrée des artistes...
Tandis qu'à côté de lui trois castors aux yeux brillants sont bien décidés à "buller"...
Les bulles irisées qui réjouissent les enfants sont partout présentes dans la fresque, comme autant d'invitations à la légèreté et au rêve.
L'éléphant spectateur est assis sur les gradins d'un cirque en plein ciel, en plein voyage sur un fond de ciel et de carte du monde avec les océans et les continents...
Les enfants des écoles ont participé par leurs suggestions à la réalisation et c'est sans doute pourquoi l'éléphant tient des pop-corns sur les genoux. Les insupportables pop-corns qui envahissent les salles de cinéma….
L'hippopotame, le zèbre, la girafe et le lion, côte à côte dans un monde où il n'y a ni prédateur ni proie… Le lion n'oublie pas qu'il est le "roi" et roupille sur le dos à l'abri de la girafe!
Il n'est pas intéressé par les deux acrobates-cyclistes qui unissent leur adresse et leur couleur...
Les orangs-outans font leur cinéma et la ramènent en rappelant à tous le secret du bonheur : Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire...
Au centre de la piste, un lion-dompteur fait passer un homme à travers le cerceau. Inversion de la tradition qui veut que ce soit l'homme qui exploite les animaux et non le contraire. Y aurait-il un message dans ce numéro?
Le clown et le cochon. Et pas n'importe quel clown!
Il s'agit de Boum Boum! Géronimo Médrano. Ici avec un cochon dressé d'après une photo. Clin d'oeil au célèbre clown qui dort pour l'éternité au cimetière de Montmartre et à un animal intelligent, plus que le chien.
Le prestidigitateur ne fait sortir que des bulles de son chapeau tandis qu'il est porté par le lapin blanc qui habituellement prend la place des bulles!
L'ours n'est plus l'animal cruellement dressé par un montreur de foire mais un spectateur attentif à qui un enfant offre des ballons.
Le crocodile va à la pêche!
Le tigre fait des bulles...
Personne ne fera la peau au jeune phoque qui se roule dans les nuages...
Il ne reste plus à nos trapézistes qu'à jouer avec l'espace tandis que le grand rideau rouge s'ouvre pour nous laisser voir un pays où la fraternité concerne toutes les créatures, un monde idéal comme nos rêves!
...et où c'est un minuscule oiseau qui aide à écarter les tentures, rappelant à chacun l'histoire du colibri qui lorsque l'incendie dévore la forêt, va et vient porteur d'une simple goutte d'eau dans son bec: "je fais ma part" dit-il.
Ici il s'agit de promouvoir la fraternité, chacun y a sa part!
Chaque début d'été c'est une fête et un plaisir de retrouver les ruelles fleuries de l'île d'Oléron.
Mais cette année 2020 décidément différente des autres années, les roses trémières toujours belles ont cependant un petit air fatigué, comme si le confinement leur avait porté un coup sur le pétale!
Cela est dû sans doute à un mois de mai de plein soleil et de chaleur estivale suivi d'un mois de juin pluvieux à l'excès. Les roses en ont gardé un côté chiffonné et las.
J'ai photographié quelques unes d'entre elles sur le port de Saint-Trojan où les cabanes de couleurs leur offrent le cadre idéal qui sied à leur beauté fragile.
Sur la tombe de notre chatte Bella morte en septembre dernier, une rose trémière s'est élancée vers le ciel. C'est la seule de notre petit jardin.
j'offre à ces fleurs fidèles le poème que j'ai écrit pour elles. Je le redis chaque année quand je les retrouve, droites contre vents et marées, la tête dans le soleil.
La rose trémière
La rose dans mon île est rose du vertige
Sur sa dernière fleur il pousse une autre fleur
Qui se hausse du col au sommet de sa tige
Et par-dessus le mur jette un oeil en couleur
La rose dans mon île est la rose trémière
Elle est née au printemps sur le chemin de pierres
Dans la ruelle étroite au pied des maisons blanches