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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES. ALZHEIMER PERE


Elle a bu comme on sirote un Bloody Mary
Comme on aspire la moelle dans un os
Comme on gobe les oeufs

Elle a décollé les images et léché les photos des albums
Elle y a mélangé les mots de tes poèmes
Elle t'a regardé dormir sur leur sable noir

Elle a détaché un à un tes enfants
En coupant chaque fil qui les nouait à toi

Elle a tué les morts que tu aimais encore
Le père dont tu sentais la main sur ton épaule
Ce garçon trop chéri dont tu portais la corde

Elle est descendue dans ta mémoire
Pour y déchirer les miroirs

Elle a soufflé la brume sur les plages du Nord
Elle a tenu sous l'eau ton île d'Oléron
Elle a réduit en cendres les beffrois et les places

Elle a mis dans les trains
Les vivants de ta vie
Pour les mener au crématoire

Elle est partie de toi quand tu n'avais plus rien
Plus un sou à laisser plus une pièce d'or
Plus un baiser plus une larme

Et toi tu te réveilles dans la chambre étrangère
Tu poses tes pieds nus sur les dalles glacées
tu vois la porte ouverte et le couloir
Et tu as peur.

 

giraudière soir 016

 

 

 

 

...............................................................................................

 

 

Liste et liens des poèmes Alzheimer. Mon père.
Poème. Alzheimer (3). Mon père, mon disparu.



Lien :Louis Wacrenier par Maurice Fombeure


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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES. AMOUR.


7 mars 2009. Anniversaire de Nini.



Un poème d'amour


Comment?

Comment fais-tu pour m'aimer encore
Comment ton coeur et ton corps
Tremblent-ils en ma présence
Comme dans la chambre d'Ispahan
Où nous avons fait l'amour
Pour la première fois?

Comment fais-tu pour découvrir encore
Cet étudiant au pull marin
Venu s'asseoir à tes côtés
Et dont aussitôt tu compris
Qu'il prenait place dans ta vie?

Comment fais-tu pour me désirer encore
Après mes années de mépris et de courtisans travestis
Après le fol amour que j'avais préféré
A l'amour fou que tu m'offrais?

Comment te dire que je t'aime
Alors que la nuit vient endeuiller l'été
Comment te dire que sur le marbre
Qui couvrirait la terre où l'on t'aurait jetée
Je viendrais me coucher
Pour dormir près de toi?










                                                                                                                                                                                                                      





Lien :

Liens : poèmes d'amour de Christian Wacrenier.

Un autre poème d'amour. Square Louise Michel.


A Nini for ever.

... 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE

Encore quelques images de ce Laos que j'ai bien du mal à quitter.  J'aime ce garçon et son petit chien qui pose la tête dans le soleil. 




Quelques visages de Laotiens qui ont l'âge d'avoir connu la colonisation française. Pas de ressentiment envers nous bien que des récits peu flatteurs parlent de notre brutalité, notamment pour la construction des routes, de la fameuse route 13 par exemple qui servira un  jour aux combattants pour acheminer de l'aide vers Dien Bien Phu et chasser les Français du Vietnam. Une vieille femme nous a confié qu'elle avait pu grâce aux Français aller à l'école jusque là réservée aux garçons. Serait-ce un aspect positif de la colonisation? Bon! Je ne vais quand même pas devenir réac! Non, mais il est frappant de voir que les peuples d'Asie qui ont subi une colonisation souvent très dure ne vivent pas dans la rancune ou l'amertume

.
La modestie de cette femme, la douceur et la tristesse de son sourire, je les garde en moi comme l'image même de ce pays.



Les dunes de sable, les pirogues légères, l'eau qui s'écoule, les sourires fragiles...




Dernières images de moines. L'élégance, la simplicité, le calme... Une sacrée leçon pour l'impatient que je suis si souvent!
Allez vite voir ce pays mais allez-y les pieds nus, le coeur ouvert et l'âme disponible. C'est ainsi que j'espère y retourner un jour.

Lien : Laos statues de Bouddha  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE

Dans la grotte de Pak Ou sur une falaise qui domine le Mékong, des milliers de statues ont été apportées par des fidèles. Il paraît que certaines d'entre elles d'une grande valeur artistique ont été volées ou dans le meilleur des cas transportées dans des musées. Ne reste donc qu'une foule de petits personnages poussiéreux dont chacun est venu ici porté par des mains respectueuses et messager d'un voeu secret ou d'une espérance profonde.

Souvent dans les temples, à côté de l'effigie principale, devant et derrière elle, vit tout un peuple de statues. Bouddha sous toutes ses formes. Celui qui tient les bras le long du corps, légérement écartés, les mains vers la terre, c'est la plus laotienne de ses représentations. Il figure le don, la charité, les faveurs répandues. On l'appelle aussi Bouddha de la pluie. Il est élégant, androgyne. Il porte sur le sommet du crâne, une protubérance effilée qui en Thaïlande prendra forme de flamme. Son visage est long, la bouche mince et le nez fin et étroit.

Dans le Vat Visoun, le grand Bouddha est représenté dans la pose de l'illumination, la main droite, paume en dedans touche la terre pour la prendre à témoin.Il symbolise la victoire sur Mâra qui est à la fois la mort et le dieu des désirs. Mâra tente d'interrompre la méditation de Bouddha en lui présentant toutes sortes de distractions sensuelles. Le sage touche la terre pour la prendre à témoin et lui demander de l'aider. 

Il  est entouré de statues debout dans la pose de l'argumentation, une main levée, paume en dehors. Je dois avouer que la multiplication des bouddhas, leur prolifération, leur répétition ont sur moi un effet soporifique. Ils sont partout. D'immenses statues couronnent des collines, de minuscules effigies s'entassent dans les grottes.... Je finis par avoir une overdose. Le bouddhisme souvent présenté comme une philosophie a-t-il besoin de toutes ces idoles? Les  jeunes occidentaux réfractaires aux saint-sulpiceries et aux pratiques bigotes d'un certain christianisme semblent accepter sans problème les superstitions et les rituels magiques du bouddhisme. Ainsi en est-il de cette religion comme des autres... elle apporte à ceux qui en ont besoin tout un attirail de gestes et de pratiques superstitieuses et à ceux qui veulent aller plus loin un enseignement qui se moque des pratiques... Jésus et Bouddha sont frères. Ils n'ont besoin ni de statues, ni de cierges, ni d'encens, ni de formules magiques.

En contournant la statue principale, je découvre une autre statue qui forme avec son frand frère un couple d'oursins.
Ce petit temple, je l'ai beaucoup aimé. Il est à l'écart d'un village, au-dessus du Mékong. c'est le Vat Lonkhoune. De jeune moines habitent  dans son enclos. A l'intérieur, une atmosphère calme et dorée vous accueille. Vous pouvez vous y asseoir et écouter tourner la terre.

La statue de taille humaine vous regarde et vous sourit. Prends le temps de t'arrêter. Débarrasse-toi de tes préoccupations vaines. Ecoute respirer le monde et toutes ses créatures. Tu fais partie de cette respiration qui porte avec elle tant d'illusions et de souffrances. Un jour peut-être, toi aussi tu atteindras l'illumination. Tu t'assiéras, jambes croisées, la main vers le sol. Tu atteindras le Nirvâna. Tu n'existeras plus.
Bon! C'est pas tout, j'ai bien envie d'un petit verre de rouge et d'un bon sandwich...

Au Vat Xieng Dong, les Bouddhas de la pluie sont si nombreux qu'une inondation est à craindre... Ici et là, vous apprenez que Bouddha est passé. Il a laissé son empreinte, une immense trace de pied... Il y en a au bord du fleuve au Vat Tich (que j'aime beaucoup car il porte le nom de ma chatte et que j'y ai vu effectivement plusieurs petits félins se prélassant dans les chars de procession), il y en a sur la falaise du Vat Phou, il yen a.... A croire que Bouddha était chaussé des bottes de sept lieues et qu'il mesurait quelques dizaines de mètres. Nicole fut irritée en Thaïlande de ne pouvoir pénétrer dans le temple qui abritait une de ces traces... Interdit aux femmes.

Les deux mains levées, c'est le geste de l'apaisement, de l'absence de craintes.

A Vientiane (Ville de la Lune ou Ville du Santal) ils sont plus de deux mille au Vat Sisaket. Assis, debout, couchés....et toujours souriants.
Je reconnnais humblement mon manque de connaissance profonde de cette religion qui à en juger par la gentillesse, le sourire, l'accueil de ses pratiquants a bien des vertus sociales et humaines. Pas de foules fanatisées, pas de tristes intégristes...

Et puis, je crois comprendre que le véritable bouddhiste, respectueux de toute vie et sensible à toute souffrance devrait être végétarien. J'en ai vu au Sri Lanka et parfois au Népal. Mais que dire de la Chine où tout animal provoque des désirs d'accommodation et de dégustation. Au Laos même où vous rencontrerez les êtres les plus doux et les plus attachants, cochons, poulets et poissons passent à la casserole.  Nobody is perfect.
Il y a une histoire que j'ai entendue ici et que j'ai bien aimée. Bouddha et ses compagnons furent contraints de manger du porc. Les compagnons moururent en se tordant de douleur. Bouddha s'éloigna en se tenant le ventre, persuadé qu'il était menacé du même sort. Il essaya de s'apaiser, de calmer ses entrailles. La libération lui fut apportée : il mit au monde une belle crotte qui le débarrassa de tous ses maux. Un temple s'élève aujourd'hui à l'endroit précis où le colombin atterrit. Cette histoire nous dit peut-être que nous nous empoisonnons à manger des animaux, que nous ajoutons de la souffrance à la souffrance et qu'il est très possible de changer nos habitudes et de rendre le monde moins cruel...

Le grand Bouddha naïf qui a remplacé Shiva dans le temple Khmer du Vat Phou m'a fait un petit clin d'oeil. Il veut sans doute me dire gentiment que j'ai encore beaucoup à apprendre
... 

Lien : Laos. Le Mékong. Photos.  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE


Il y a des fleuves qui vous entraînent dans des contrées sauvages où le temps n'est pas le nôtre, où les les hommes, les animaux et les esprits se partagent et se disputent parfois le territoire mouvant des eaux. Le Mékong est de ceux-là. Il traverse plusieurs pays, naît au Tibet, passe sans rancune par la Chine avant d'être frontière entre Birmanie et Laos, Thaïlande et Laos, faire un tour au Cambodge et se perdre dans la mer au Vietnam. Son nom laotien signifie : "Mère des eaux". Une mère qu'on a violentée en de certains endroits, en coulant du béton dans son lit pour jeter d'une rive à l'autre des barrages, gros fournisseurs d'hydroélectricité et de catastrophes écologiques. Ainsi des villages ont-ils été rayés de la carte et des territoires où vivaient des espèces rares et parfois non encore recensée ont-ils été noyés.

 

Sur les 4 400 km qu'il parcourt, presque 1 900 sont au Laos qui est donc le pays où il semble être le plus à l'aise malgré ces violences. Il est vrai que la traversée de la Chine l'avait bien préparé à ces brutalités. 


 Un jeune pêcheur jette son filet. Le rêve de chacun est de capturer un de ces poissons chats mythiques (le pa beuk ) dont on dit que certains pèsent plus de 350 kg. Les Thaïlandais les payent un bon prix, ce qui a  précipité sa raréfaction. Il continue cependantd'être bien vivant dans les légendes villageoises et dans les peurs des enfants. Lorsqu'ils se baignent, ils veillent à ne pas s'éloigner et à ne pas tomber dans les trous où le poisson-dragon guette ses proies avec une prédilection particulière pour la chair fraîche des petits laotiens.
Les buffles élevés pour aider les paysans dans les champs et les rizières ont plus de chance que le dauphin blanc qui comme le pa beuk est en voie de disparition. On l'appelle dauphin de l'Irrawady, du nom du fleuve birman où il prospérait jadis. Il rejoindra bientôt à son corps défendant le Nirvâna, la bienheureuse non-existence promise par  bouddha!
Une photo du bateau qui nous permit de naviguer jusqu'au Vat Phou (dont il porte le nom), temple Khmer plus ancien qu'Angkor et construit au pied d'une colline appelée Linga Parvata, les hindouiste y voyant un phallus, un Linga, image même de Shiva.
Le temple dont on ne voit ici qu'un bâtiment fait partie aujourd'hui du patrimoine de l'humanité. Une humanité qui ne sera  pas dépaysée avec la pierre sacrificielle et les serpents qui recevaient le sang des victimes.

Le sang cascadait sur les marches avant de couler entre les têtes des serpents. Mais revenons au fleuve qui nous réserve de belles surprises... comme les chutes de Khong Pha Beng.

 Un peu plus loin, le fleuve s'élargit et avant d'arriver au Cambodge. Il enserre de nombreuses îles. la région de Khong est appelée pays des 4000 îles...

Comme l'île de Khone que les guides présentent comme une petite enclave dans le passé colonial français! Il faut beaucoup de bonne volonté pour débusquer ce passé... Quelques maisons, une ligne de chemin de fer recouverte de lianes et dans la forêt, une vieille locomotive en train de rouiller. Une nostalgie à la Duras..; Elle n'est pas très loin la concession de "la femme blanche" de Barrage contre le Pacifique et moins loin encore la plainte de la mendiante de Savannakhet qui obsèdait à la folie le vice consul amoureux d'India Song.

L'île est aujourd'hui le domaine de jeunes venus de toute l'Europe, des Etats Unis et d'Australie... Ils louent pour quelques sous des chambres dans les guest houses, se balancent dans des hamacs, se laissent flotter dans des bouées sur les eaux tièdes, assistent aux prières des moines, chantent et s'aiment dans un monde dont la moiteur et le calme les entourent d'un liquide amniotique

.
Tandis que les Laotiens s'activent et les regardent avec bienveillance ...
Et que ce rocher immuable continue d'abriter dans ses flancs des milliers de statues qui regardent de haut couler le fleuve et la vie des hommes...

Lien : Laos. Les enfants du Mékong. Photos.  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE

Les enfants du Laos... Ils sont comme leur pays, souriants et doux. Nulle agressivité, aucune mendicité. Ils ne sont pas habitués comme en Inde à poursuivre les touristes et à quémander une pièce. Ils ne sont pas surchargés de bricoles ou de souvenirs à vendre aux étrangers. Je n'en ai pas vu un seul mal réagir au mitraillage photographique. Et pourtant... Nous avions bonne mine avec nos accoutrements d'occidentaux ! Avec nos numériques tenus à bout de bras ! Je crois qu'ils avaient bien conscience que les bêtes curieuses, c'était nous...Au bord du Mékong, ils font penser au Paradis. Ils sont nus dans la chaleur tropicale, ils jouent sur les plages et se plongent dans l'eau tiède. le village est plus haut avec ses maisons sur pilotis, ses ruelles poussiéreuses, ses chiens faméliques. La pauvreté prend de la hauteur, elle s'établit sur les falaises, à l'abri des crues. Au bord du fleuve, on pourrait croire qu'elle n'existe pas.

   
Un des chapeaux les plus appréciés, c'est la casquette à oreilles. On la trouve plantée sur la tête de nombreux bébés comme si elle préfigurait une future réincarnation.



Les écoles des villages nous ouvrent leurs portes. Nous entrons avec nos gros sabots dans les classes où attentifs et soyeux comme des chats les enfants ouvrent leurs grands yeux sur les intrus.





J'ai vu tant de sourires et tant de gentillesse sur tant de dénuement... Ce petit garçon ne ressemble-t-il pas déjà à Bouddha?


ùù



Dans ce village où cette mère berce un enfant, je n'ai presque pas pris de photos. La misère était telle et notre passage si lourd et si voyeur que j'en ai eu honte. Les villages font partie du circuit "ethnique" comme disent les guides. On vous explique les différents groupes, leur origine, leur culture. et vous numérisez à mort... jusqu'au moment où vous croisez le regard de cette mère. Grave et résigné. Non loin de là des enfants moins rieurs que ceux du Mékong, des enfants saisis de toux, des enfants à peine vêtus de loques. Notre guide nous parle de tuberculose et d'autres maladies.

Notre guide, Somphone, accepte mal mes critiques de ce tourisme là. Elle me dit qu'ils sont contents de nous voir. Elle m'affirme que des touristes de retour chez eux aident ces villages. Peut-être a-telle raison. Peut-être cette mère qui lave sa fillette dans la fontaine du village nous dit-elle l'illusion du bonheur et des richesses et nous rappelle-t-elle l'émerveillement de l'instant, éphémère et amoureux.


Lien : Laos moines et novices

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux


L'étrange église édifiée  au début du XXème siècle par Anatole de Baudot, architecte révolutionnaire et trop peu reconnu abrite un autel unique en son genre qui fut dessiné par Baudot lui-même. Il est comme l'église en ciment armé et orné de motifs de grès semblables à ceux qui ornent une partie de la façade et du porche.

Le procédé Bigot consiste à poser les motifs de grès sur le ciment frais. il a été utilisé sur les parties courbes du porche, sur les cordons qui courent entre les briques et sur les fenestrages. Il me rappelle la technique iranienne des décors floraux de céramique posés à même l'enduit. Nous sommes loin évidemment de la splendeur d'Ispahan mais on ne peut s'empêcher de voir dans ce rayon de soleil un clin d'oeil que se font deux religions et deux époques.


Baudot aimait l'Orient, comme beaucoup des artistes de son temps et comme les créateurs du Modern Style, mais il ne laissa cette influence s'exercer que sur quelques éléments décoratifs de ses constructions. Quelques éléments trop rares serais-je tenté de dire. Le futur dépouillement et la froideur de l'architecture des années trente me font horreur. Ils accompagnent sans les trahir les fascismes, nazismes et autres joyeusetés. Il faut aimer l'excès, les paillettes, les lumières et les guirlandes. L'art français s'en méfie comme du mauvais goût mais le facteur Cheval chez nous et Gaudi à Barcelone faisant fi de cette critique donneront au monde des palais qui feront rêver les enfants et les fous.




Des motifs de bronze représentent les quatre évangélistes, tels qu'ils apparaissent dans l'Apocalypse : le jeune homme symbolise Mathieu, le lion Marc, le taureau Luc et l'aigle Jean. "Au milieu du Trône et autour de Lui, se tiennent quatre Vivants, constellés d'yeux par-devant et par-derrière. Le premier Vivant est comme un lion; le deuxième vivant est comme un jeune taureau; le troisième vivant a comme un visage d'homme; le quatrième Vivant est comme un aigle en plein vol."

Les bronzes sont l'oeuvre de Pierre Roche (ainsi que les "cul-de-lampe" du porche.)


Au centre de l'autel, la porte du tabernacle avec les symboles eucharistiques : les épis de blé et les feuilles de vigne, le pain et le vin. Sur la croix, l'agneau du sacrifice tend le cou au couteau du boucher.

 Religion des victimes, des abandonnés, des persécutés, le christianisme oublie parfois ses origines, n'est-ce pas Benoît?


Je rentre à la maison et jette un coup d'oeil aux vignes encore enneigées. Confiance! le printemps va finir par arriver!

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER

Un beau jour d'hiver au soleil clair, la gare de Sceaux... Je vais voir mon père, avec joie, avec tristesse. La petite gare est familière. "Voyageur déjà de tant de voyages sans valise..." Les gares fussent-elles de banlieue génèrent une mélancolie douce. Dans quelques jours je serai au Laos. Je ne verrai pas mon père pendant trois semaines. Bien que je sache qu'il oublie ma visite une minute après mon départ, je ne me débarrasse pas d'une inquiétude diffuse. Il paraît que Mishima, avant de se faire hara-kiri a écrit quelques mots sur une feuille : "une vague inquiétude..."

Le studio est inondé de soleil. Mon père est là, dans son fauteuil. Il semble heureux. Heureux et inquiet. Depuis des mois, cette frayeur légère, une ombre, un éclat me frappe quand je le regarde dans les yeux. Sylvie ma soeur dit qu'il est beau. Elle prend sa main tachée de rouille et elle dit qu'elle est belle. Aujourd'hui je sais qu'elle dit vrai.

Bientôt 90 ans! Les années ont emporté en passant sur ce visage, la vivacité, la fierté, la certitude. Elles ont fait apparaître le plus profond, le plus indestructible : la douceur. La vulnérable douceur. Le dernier rempart des plus faibles contre l'agressivité et la hâte du monde.

Sur les murs, les quelques tableaux qu'il a gardés avec lui après tant de déménagements et de dons. Ce dessin d'un moine canadien que Jean-Loup son fils aîné avait connu et apprécié. Il le lui avait offert, lui qui avait si peu pour vivre. Mon père suit mon regard et me demande ce que ça représente. Mais papa, c'est l'ange de la résurrection qui vient réveiller les morts!
Ah! bon! c'est une bonne idée!
Papa c'est Jean-Loup qui te l'a offert.
Ah! Il faudra que je lui écrive pour le remercier!
Comme il aurait aimé en recevoir des lettres de son père, Jean-Loup qui fit appel à son amour et à son aide jusqu'à son dernier jour. Il ne le sentit pas cet amour pourtant bien réel.

Une croix marquetée de nacre. Il ne sait plus d'où elle vient. Elle a pourtant sa place dans notre famille. Elle a appartenu à un arrière grand-oncle, missionnaire en Chine et torturé à mort avec Chapdeleine et ses compagnons, tous béatifiés par Jean-Paul II. Sa mort fut horrible. c'est celle qu'on inflige aujourd'hui aux chiens dans ce beau pays de Chine; La strangulation lente : Dans une cage, le condamné est suspendu, la tête passée dans une planche, le corps pendant dans le vide, jambes lestées de plomb. Le malheureux essaye de respirer, de prendre appui sur sa nuque mais il étouffe peu à peu, une dizaine d'heures en général. Les chiens, eux sont écorchés vifs alors qu'ils luttent contre l'étouffement. Je préfère que tout cela soit sorti de la mémoire de mon père!
Un peu de douceur avec cette icône que je lui ai rapportée du Liban, du monastère de Mar Yacoub, à côté de Tripoli. La religieuse qui l'a peinte a écrit son nom derrière le panneau de bois. Elle lui souhaite longue vie. Elle a été exaucée.
Pendant le repas, mon père est comme un enfant. Il écoute, parle à peine. Mauricette me dit comme s'il n'était pas présent que la veille, vers 21 heures, il avait voulu sortir en pantoufles dans la neige et le froid glaçant, qu'il avait fallu le retenir de force et l'emmener dans son studio qui n'a toujours pas de clé. Elle me dit qu'elle s'inquiète de plus en plus. Soudain, elle change de conversation; Elle a perdu une de ses boucles d'oreille. Mon père plonge sous la table, il ramasse des miettes qu'il pose sur la nappe. Il finit par émerger, piteusement et il lui promet de lui en acheter une autre.
Dans le couloir, alors que je le reconduis à son studio, nous croisons une femme de ménage dont le grand sourire me paraît exagéré. Nous lui disons bonjour. Elle se met alors à rire, d'un rire éclatant, infini. Elle parvient à prononcer entre deux rafales : "Bonjour monsieur Wacrenier". Son rire nous poursuit dans le couloir.
Est-il devenu la risée de tous ?

Quand je l'embrasse, il me répète que nous sommes, nous ses enfants, ce qu'il a de plus précieux au monde. Il me dit qu'il priera pour moi quand je serai au Laos. Je l'embrasse. Je sais que dans cinq minutes, il ne saura plus que je suis venu le voir.

J'éprouve le besoin de marcher, de passer par le jardin de la Ménagerie. Je regarde l'urne sous laquelle la Duchesse du Maine enterra son chat adoré. Sur la pierre on peut lire : "Ici repose Marlamin, le roi des animaux".
Et je trouve ça très gai et très réconfortant!


Alzheimer. Un poème. (2)





Lien : Visite à mon père. alzheimer. 2juin.


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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER

Une des premières oeuvres de Jean Loup Wacrenier fut cet homme crucifié dont la bouche a cherché jusqu'à l'ultime seconde un peu d'air et de vie. La croix ne se limite pas à deux poutres ajustées mais divise la toile et l'espace sans permettre au regard d'errer au-delà, d'échapper à ce cloisonnement. Elle se soulève sur la droite, du côté de ce bras qui fait signe peut-être et qui bien que cloué appelle à l'aide. "Frères humains". En vain
 L'ocre rouge de la terre atteint avec l'ombre du bois noir une partie du ciel alors que le blanc du ciel descend vers la terre, vers ceux qui regardent et lisent le nom en lettres noires, la signature qui semble être celle-là même de l'homme supplicié.

Comme elle est rude la matière de ce bois, ce dernier contact du mourant avec la réalité du monde !
Le visage ne se penche pas vers le sol, il se disloque et cherche l'épaule où se reposer. Le regard blanc a perdu son iris. Il est le ciel sans couleur, il est l'interrogation douloureuse. Il est l'espoir peut-être comme dans nos nuits, la lueur familière qui passe sous la porte.

Il est l'invitation muette à la fraternité et le silence de notre refus.

Lien Jean-Loup Wacrenier poème et dessins de Masques





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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER
                  J'ai rêvé une église débarrassée de tous ses vieux démons, une église soucieuse de vivre l'Evangile et non de multiplier décrets, dogmes et interdits, une église ouverte aux femmes, une église qui n'inventerait pas une obligation de célibat à ses prêtres, pas plus que Jésus ne l'avait exigé de ses disciples, une église définitivement purgée de ses tentations antisémites... le fameux peuple déïcide! Comme si ce n'était pas nous, les Chrétiens qui chaque jour mettions à mort notre Dieu!
Je me réveille sonné, avec une gueule de bois qui me pousse à gueuler. Arrête ton char Benoît! Ne laisse pas remonter en toi les souvenirs de l'enfance et les défilés nazis, n'ouvre pas les bras à des hommes qui nient jusqu'à l'existence de la Shoah! C'est comme si toi-même niais l'existence du Christ! tu aurais bonne mine!
Quand je refais l'histoire, je donne à Pie XII le rôle du grand héros de la résistance et du courage. Je lui enlève ses mitaines de velours rouge, sa tiare trop raide et ses phrases contournées et diplomatiques. Il parle. Il s'adresse aux Chrétiens. Refusez. N'obéissez pas au diktat nazi. C'est votre âme qui serait en péril. Vivez l'Evangile : "Ce que vous ferez au plus petit, au plus faible, au plus persécuté, c'est à moi que vous le ferez". Faites barrière de vos corps pour empêcher que l'on arrête vos frères juifs. Refusez les lois iniques. Accrochez tous une étoile jaune à vos vêtements.
Pie XII, si tu avais parlé ainsi tu aurais changé la face du monde et tu aurais fait comprendre à tous ce que signifiait être chrétien. Peut-être aurais-tu comme l'a fait Salièges permis que nous retrouvions enfin nos frères juifs. Mais ton ami Benoït trouve que tu as été impeccable puisqu'aujourd'hui, il envisage de te canoniser!
Et toi André, mon évêque, qui n'as de vint-trois que le nom, il paraît que la décision du pape te met une arête dans la gorge, mais, t'empresses-tu de préciser, cette arête ne t'empêche pas de respirer! Respire donc André! Quelle taille devra avoir l'arête pour provoquer quelque gêne à ta respiration tranquille?
Dernier point. Puisque ceux qui ont refusé les décisions de Vatican II et Jean Paul II sont absous de cette désobéissance et qu'ils peuvent librement s'en moquer, on ne pourra rien reprocher aux chrétiens qui comme moi refusent le décret de Benoît XVI.

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