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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES ENFANTS



Saint-Georges.-N-025.JPG


Il y aura des pommes au pommier
Et des oiseaux sur les nuages
Un arc en ciel sur les bagages
Et des chansons dans l'escalier

Le jour où tu reviendras mon petit

Il y aura le chat sur l'oreiller
Dans le creux que tu as laissé
Il bondira pour ronronner
En se frottant contre ton nez

Le jour où tu reviendras mon petit

Il y aura le chien qui a gardé
Ton vieux tee-shirt abandonné
Et qui joyeux comme un bon chien
Voudra te mordiller les mains 

Le jour où tu reviendras mon petit

Il y aura des crayons de couleur
Sur les cadrans pour dessiner les heures
Et un soleil si lumineux
Que pour te voir je fermerai les yeux

Le jour où tu reviendras mon petit. 

Gd-village.-La-Br-e-019.jpg

      Liens :

 

Liste des poèmes pour les enfants. Liens.


 Poème pour un enfant malade.


Poème enfant. Le Koala.  







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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON



      Les touristes pressés qui passent dans la région sans y séjourner ne connaissent souvent de l'île d'Oléron que son viaduc et le phare de Chassiron. 
     Ils empruntent pour gagner la pointe nord de l'île, une route encombrée avec embouteillages garantis avant les feux et les tartes qui se sont multipliées, plus nombreuses que les pains de la parabole!
    Cette route est bordée de centres commerciaux qui rivalisent de gigantisme et de laideur : Dolus et ses hangars de la consommation,Saint-Pierre et ses kilomètres de publicités, son Leclerc monumental... Une catastrophe de laideur et de démesure dans un paysage délicat où toute agression paraît démesurée.



     Il faut du temps, de la disponibilité pour apprécier les petits villages et les petites routes dans les marais. Il faut y flâner et voir passer les nuages et changer les couleurs. Il faut regarder les marées métamorphoser les côtes...
   Une fois que vous aimerez cette île, vous pourrez prendre le temps d'aller comme tout le monde visiter Chassiron.
    Evitez Juillet et août où le parking du phare est saturé et où fleurissent les baraques à pizzas et les boutiques de souvenirs effroyables

   Préférez un jour d'automne ou d'hiver, un jour de vent et de goélands...



   Un peu d'histoire avant de gravir les 189 marches de granit et les deux échelles de meunier (35 marches) qui mènent à l'astragale.



   C'est Colbert qui décida la construction de ce phare et de celui des Baleines dans l'île de Ré. Il était important de baliser le passage dangereux des navires dans le pertuis. Le premier phare est mis en service en 1685. Il s'agit d'une tour avec feux de bois.L'importance du trafic maritime rend nécessaire l'édification d'un phare de plus grande portée. Ce sera le phare actuel qui commencera à envoyer ses signaux le 1er décembre 1836.


Vue du haut du phare, vers Saint-Denis... On aperçoit le Fort Boyard sur la droite.

     Le phare s'inspire d'un plan dû à un ingénieur français : Augustin Fresnel. A sa base une rotonde sert de logement aux gardiens. La tour mesure 46,2 mètres de hauteur. L'alternance des bandes noires et blanches permet d'identifier Chassiron de jour. Identification nécessaire, étant donnée la proximité d'autres phares comme celui des Baleines (couleur pierre) ou de la Coubre (rouge et blanc).

    La nuit, c'est un éclat blanc toutes les dix secondes qui le signale aux navires (quatre éclats blancs toutes les 15 secondes pour les Baleines, 2 éclats blancs toutes les dix secondes pour la Coubre.


Vue du haut du phare. Marée haute et tamaris.


Vue vers le nord. Marée haute.


La balise d'Antioche.

 


La croix d'anneaux de chaînage.

     Une croix très simple, tournée vers le large rend hommage aux Péris en mer. Antioche était surnommé "le mauvais rocher" tant les naufrages y étaient fréquents. Le dernier d'importance date de 1925. Le Port Caledonia vient se fracasser sur le rocher. Tout l'équipage périt. Les 23 corps rejetés à la côte, reposent aujourd'hui dans le petit cimetière de Saint-Denis. Mais combien de corps, jamais retrouvés, n'ont eu pour sépulture que l'océan?


Vue du phare. La maison des gardiens de l'ancien phare.

     Cette petite maison est une dépendance de la tour à feu construite sur ordre de Colbert en 1685.

    Une plaque gravée est apposée sur le mur : "Ici, depuis la nuit des temps, les hommes et l'île ont subi ensemble la dure loi de l'océan qui est toujours vainqueur."

   On aimerait ne pas voir dans ces paroles une prophétie.
   Le changement climatique ne risque-t-il pas de donner à l'océan la victoire définitive sur une île qui n'est qu'à quelques mètres au-dessus du niveau des eaux?



Vue de la côte ouest vers le sud.


Même vue à marée basse


Les falaises de calcaire.

       Avec un peu de chance vous ramasserez un fossile enroulé sur lui même depuis des millénaires et que les vents et les marées ont libéré de son long sommeil.


Côte est vers Saint-Denis


Même côte à marée basse.

 

Les goélands à l'abri dans une crique


La forme du vent.

   Par un sentier côtier, vous pourrez prolonger votre promenade vers les Huttes, avec une pensée pour les arbres dont la chevelure cherche le sud mais dont les pieds comme ceux du phare restent enracinés au nord!




Lien  Goélands et autres oiseaux.... Oléron


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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES Chats.. photos..articles



Un jour d'ombre et de pluie
Un jour d'ambre et de gris
Un de ces jours sans nom
Ni âme ni raison

Je n'avais nul désir
J'allais à la dérive
J'avais fermé mes livres
Je me laissais survivre

C'est le moment qu'elle a choisi
Pour tomber dans ma vie
Comme une étoile dans un puits
Comme une plume dans un nid

Après des saisons d'abandon
Dans un refuge de banlieue
Elle est entrée dans ma maison
Sans se poser une question

Elle a ouvert en grand les yeux
Pour explorer tous les recoins
Elle a essayé les coussins
Elle a pissé dans les fusains

Elle est venue sans hésiter
Se coucher sous mon abat-jour
Et dans la nuit sans un détour
Elle a choisi mon oreiller

J'ai dormi pendant des années
Comme un chaton émerveillé
Le nez contre son ventre rond
Sa patte oubliée sur mon front

Elle accueillait tous mes amis
Qu'ils soient gentils qu'ils soient bougons
En ronronnant à la folie
le corps fondant comme un bonbon

Elle aimait tous les animaux
Qui se trouvaient sur son chemin
Elle embrassait de son museau
Les chats les souris ou les chiens

Mais elle a laissé s'approcher
Les doigts rapaces de la mort
Le cancer qui s'est accroché
Comme une portée carnivore
 
Quand il a fallu la piquer
Ses yeux sont restés dans les miens
Son coeur ne s'est pas arrêté
Il bat toujours au coeur du mien.


 

Liens:

Poème. La mort d'un chat.

 La chatte Missou.

Poème chat. Mort de Minouche.

poèmes pour mon chat. Mort.

Liens: Chats. Poèmes, Art, photos....

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux









     Les cinéphiles montmartrois n'ont pas beaucoup de chance. Il n'y a dans l'arrondissement que des salles-cabines pour films X, de Pigalle à Clichy.
    Bien entendu il y avait Place Clichy un somptueux cinéma, art déco, le Gaumont Place, une salle exceptionnelle dont l'architecture à la fois sobre et majestueuse provoquait l'admiration.
   Dans les grandes années pompidoliennes, il a été détruit, en même temps que les Halles. Il n'en reste aujourd'hui que l'orgue qui a été remonté à Nogent, dans le pavillon Baltard rescapé!
  A sa place, admirez l'immeuble bête et méchant où se tapissent le castorama, le Flunch,et les hôtels Ibis aux petites fenêtres et aux chambres exigües....

     Alors, réjouissons-nous de la présence, rue Tholozé, à deux pas de la rue des Abbesses et du moulin de la Galette, du célèbre Studio 28, dernier ilôt de résistance cinéphilique dans notre 18ème sinistré! 

 

   La salle de modeste dimension (170 places) fut créée dans les années 20 par Jean-Placide Mauclaire.
  C'est dès le début, un cinéma d'avant-garde qui présente des films audacieux. La projection de l'Âge d'or de Bunuel, provoque un scandale et une interdiction qui pèse lourd sur les finances de Mauclaire, contraint de vendre sa salle.
   Elle retrouvera une bonne santé grâce aux comédies américaines, projetées en VO, puis en 1950, elle connaît son heure de gloire lorsqu'Abel Gance et jean Cocteau deviennent ses parrains. 


 
    Dans l'entrée, des affiches de Napoléon d'Abel Gance rappellent ce parrainage illustre. 
   Un couloir assez long permet d'accueillir des expositions de peintures ou de photos dans la rue "Rouge-Gorge".

  

    Au début du couloir, vous pouvez prendre votre pied.
    En effet, sont exposées sous vitrine, les empreintes illustres de comédiens et de réalisateurs.
    Clin d'oeil très montmartrois à Hollywood Boulevard!
 
     Même si elle n'a pas tourné dans La Comtesse aux pieds nus, Jeanne Moreau est bien présente et nous conseille de toujours partir du bon pied, le gauche.




     Un petit dessin d'Agnès Varda... Comme un graffiti... Il est vrai que le port d'attache d'Agnès est rue Daguerre, très loin de Montmartre. Mais on imagine bien Jacques Demy choisissant pour décor d'une comédie musicale, ce cinéma romantique! 




    Signoret et Montand sont passés par là... Comme tant d'autres artistes avant eux.




     Un petit restaurant, et un jardin d'hiver vous permettent de prendre un verre et de déguster les tartes salées ou les gâteaux de Francine...


 

         ...sous le regard de Gérard Philippe et d'une assemblée amicale de comédiens que le 7ème art a rendus immortels...


 
    Et maintenant vous entrez dans la salle et vous découvrez le grand rideau rouge, le ciel étoilé et..... les lustres, les fameux lustres de Cocteau!





 Petits chapeaux de lumière
 Petits lutins
 Lanternes dans les arbres
 Fées en vadrouille....


 
Ils entourent les colonnes bleues
Ils vous font entrer avant que l'écran ne vous capture, dans un monde féérique...
 La Belle peut glisser dans le couloir entre les candélabres tenus par des bras vivants... 



Orphée peut sortir de la nuit...
La séance peut commencer...









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lien Cité du midi. Paris Montmartre (Pigalle).



   

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER





Absence (Marée basse)


Tu n'es plus là mais il faut bien
Que la mer se retire au loin
Laissant des rides sur le sable
Parmi les épaves minables.

tu n'es plus là, je reste seul
Dans les plis du drap chiffonné
Qui sans toi devient un linceul
triste et froid d'être abandonné.

Mais dans une vague du lit,
fil de la vierge, cheveu d'ange,
Un cheveu d'or est là qui luit
Comme un brin de soie dans la fange

Et je l'enferme dans ma main
Avant de m'endormir enfin
Avec ce talisman en gage
de ton tendre amour en partage. 

 





Lien : Louis wacrenier. Derniers poèmes d'amour (1)  



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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON PLAGES



     Fin d'automne sur les plages de l'île d'Oléron...
     Les touristes sont partis depuis plusieurs semaines.
     Les oiseaux retrouvent leur royaume. Ils sont là, par centaines, face au vent....




   Ce sont surtout des goélands.
   Goélands bruns, goélands cendrés et, dominant les autres d'une bonne tête, goélands marins....



     La fine, l'élégante aigrette garzette, cherche sa nourriture. Elle a failli disparaître, tant ses plumes de parade excitaient les chasseurs qui les monnayaient à bon prix. Elle est protégée aujourd'hui et commence à reprendre confiance. 





    Sur un rocher, une étrange famille : des goélands, une aigrette et un héron cendré!







    Goélands en vol...

    Comment ne pas penser à Damia :

Ne tuez pas le goéland
Qui plane sur le flot hurlant
Ou qui l'effleure
Car c'est l'âme d'un matelot
Qui plane au-dessus d'un tombeau
Et pleure...pleure!







    Et voici mon amie la mouette.
    La mouette rieuse, plus précisément.
    Même en plein été, elle n'a pas peur de s'approcher des familles installées avec glacières et baguettes de pain, pour quémander quelques miettes.
   Elle est fine et précieuse.
   Elle est menacée par la horde envahissante des goélands.
   Elle a ici sa tête blanche avec une petite tache sombre en arrière de l'oeil. Son plumage nuptial lui donnera une belle calotte sombre qui cernera son oeil de blanc... 

    Quand j'ai la nostalgie d'Oléron, je descends de la Butte Montmartre et vais jusqu'à l'île Saint-Louis où quelques mouettes rieuses passent l'hiver!



Lien: Les plages d'Oléron :

Oléron. Les Plages. Classement alphabétique.

 





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Publié le par chriswac
Publié dans : #VOYAGES...



           L'abbaye de Fontevraud réserve bien des rencontres et des étonnements.
          La salle capitulaire fait partie de ces surprises qui vous marquent, comme vous marque une rencontre inattendue avec quelqu'un que vous n'oublierez pas....



                                       Eléonore de Bourbon (1575-1611)

     L'abbaye vivait sous le gouvernement des femmes. Les abbesses étaient obéies des moniales et des moines qui y priaient. L'une d'elle, Louise de Bourbon passa commande en 1534, à un peintre angevin, Thomas Pot, de fresques destinées à orner les murs de la salle du Chapître. Elles devaient rappeler, en cette période troublée par les luttes religieuses, la prééminence du catholicisme et la place primordiale de la femme. 

    Cette place est rappelée par les portraits des abbesses devant les scènes de la Passion.
    Seules Renée et louise de Bourbon ont été peintes par Thomas Pot. Les autres ont été rajoutées, génération après génération, jusqu'au couperet de la Révolution et la dernière abbesse. (Julie d'Antin, arrière-arrière petite fille de la Montespan qui s'enfuit, en septembre 1792, déguisée en paysanne.)
 
    Dans ces peintures, les femmes jouent le beau rôle... elles accompagnent le Christ, participent à ses souffrances... alors que les soldats et les traîtres ne sauraient être que des mâles!



                                                  Marie madeleine de Rochechouart (1645-1704),"la reine des abbesses". Soeur de Mme de Montespan et grande érudite, elle était connue pour sa beauté et sa culture. Elle a traduit, entre autres, les trois premiers livres de l'Iliade, et en collaboration avec Racine, le Banquet de Platon.




                          Louise Françoise de Rochechouart (1664-1742) nièce de mme de Montespan.

   L'abbesse agenouillée, à droite, est plus intéressée par le spectateur qui la regarde que par le lavement de pieds qu'elle doit juger un peu prosaïque!


                                                                  La trahison

    Le style du peintre apparaît ici avec force. Les corps sont allongés, les visages individualisés, les yeux en amande...
   Un style maniériste dit-on, tout à fait à la mode du XVIème siècle et de l'Ecole de Fontainebleau. Un mélange de sinuosité et de rigueur, de formes fluides et de visages réalistes.

     Le Christ est immobile devant judas qui l'embrasse et cherche à poser ses lèvres sur les siennes.
     Tout autour, on entend un remuement d'armes et de rumeurs.
     Un soldat au panache blanc (allusion aux troupes prostestantes) saisit vigoureusement la tunique de l'homme dénoncé par le baiser.
     Alors que le cercle de la violence se resserre autour de lui, le Christ reste droit,  visage élevé au-dessus de la brutalité et de la trahison comme une hostie.



    Judas s'est coiffé et parfumé comme un mignon d'Henri III. Il se précipite, corps et visage tendus vers celui qui a compris et détourne les yeux.  


                                                        La crucifixion

                Sur fond de Jérusalem  Renaissance, le Christ est élevé sur la croix. A ses pieds, Jean et les Saintes femmes sont présents, au plus près de la douleur. 





      Madeleine entoure le bois de la croix, délicatement, comme si elle craignait d'ajouter à la souffrance du Christ.
     Ses mains jouent de la harpe,  caresse légère, à peine un effleurement.





   A l'arrière plan, le peintre a eu l'audace de représenter la croix couchée, celle sur laquelle des soldats minuscules clouent l'homme immense.
   Le corps démesuré, les bras démesurés s'étendent pour recouvrir le monde...
   Pour ramasser toutes les douleurs du monde...

   Etonnante scène.
   Audace de la composition.
   Etirement des corps livides qui évoque le Gréco.


                                            Descente de la croix.

         Les femmes sont toujours présentes ainsi que Nicomède et Joseph d'Arimathie.
        Madeleine se penche pour embrasser les pieds décloués.
        Lent glissement du corps vers le sol, vers les bras de ceux qui l'aiment.

        La nuit est tombée sur la terre et dans les coeurs : "C'était presque midi et il y eut des ténèbres sur la terre".


                                                            La mise au tombeau

         Sur le cadavre, se penchent Jean et les femmes.
         Comme pour descendre avec lui dans le tombeau.
         Comme pour se laisser envelopper dans le même linceul.
 
          Il en est ainsi à chaque enterrement.


                                                          Résurrection

       Mais il faut croire à la victoire de l' amour.
       L'amour c'est la résurrection, c'est la tunique rouge et le temps des cerises...
      C'est le disparu qui revient comme dans nos rêves, entouré de lumière et de chaleur.
     Les soldats peuvent s'enfuir. ils sont vaincus. La force brutale est vaincue. 


                                                              Ascension

        Au moment de nous quitter de nouveau, le Christ s'en va comme une fusée...
       Nous ne voyons plus que ses pieds, comme s'il nous rappelait que c'est à nous désormais de continuer le chemin, de péleriner jusqu'au bout de la route, vers notre Cap Canaveral, vers notre Kourou!


                                                    Mort de la vierge

      Et quand Marie arrive au bout de la route, elle s'endort. Elle attend que son fils vienne la porter comme elle l'a elle-même porté.






       En quittant la salle capitulaire et ses fresques, Nicole et moi, nous nous sommes arrêtés au chevet de l'abbatiale, et main dans la main, on s'est dit qu'on avait décollé avec elle et qu'on avait fait un voyage qu'on n'oublierait pas de si tôt.




Lien
Oléron. Eglise de Saint-Georges.  



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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES. ALZHEIMER PERE






Venez venez tous
Rameutez l'amour
Venez avec vos drapeaux rouges
Vos accordéons vos guitares

Il a besoin de vous il est seul
Il a besoin de vous il a peur
Il a besoin de vous il a froid 

Entrez avec vos chansons et vos rires
Faites voler les portes
Comme un essaim de mouettes
Déroulez une plage
Avec ses étincelles

Il vous attend il est seul
Il vous attend il a peur
Il vous attend il a froid

Venez avec vos sacs à dos pleins à craquer
Avec vos encriers d'encre noire
Avec vos vieux cahiers mouillés de larmes

Il a vidé ses armoires
Il a vidé ses tiroirs
Il a vidé sa mémoire

Venez avec les repas du passé
Avec les mots qu'il vous a dits
Avec les soirées de l'été

Venez venez tous
Rameutez l'amour
Venez avec vos drapeaux noirs
avec espoir et désespoir
Venez venez il est si tard

Il vous attend il est seul
Il vous attend il s'endort
Il vous attend il vit encore.





Lien:

Liste et liens des poèmes Alzheimer. Mon père.

Alzheimer.Poème. Dans la maison de retraite.






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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER
 


     Je me suis absenté de Paris pendant une semaine. Je suis allé à Massy aujourd'hui pour voir mon père. Nicole était avec moi.

    Je l'ai revu.

    C'est fait.

    Les portes se sont refermées. Il est là. Seul. Il est à table. Une grande table ronde. Très loin de lui, trois femmes finissent de manger. Sans lever les yeux. Ont-elles des yeux? Y-a-t'il de la lumière derrière ces paupières baissées?
   Mon père est là. Les yeux ouverts. Il ne regarde rien. Il ne voit rien. Nous nous approchons. Il ne réagit pas. Je pose la main sur son épaule. Je l'embrasse. Nicole l'embrasse.

Les murs les murs sans fenêtre ni créneau
Les murs sont montés si haut si haut
Tu es au fond d'un puits sans eau
Et le soleil ne descend pas si bas si bas
Tu ne te lèves pas pourquoi
pourquoi aller d'un bord à l'autre
d'une paroi semblable à la paroi semblable

     Que s'est-il passé en si peu de jours? A t-il décidé d'arrêter de jouer?A-t-il compris inconsciemment qu'il était arrivé?

  Nous avons marché pas à pas vers sa chambre. Il s'est appuyé sur moi. Il est courbé, lui qui était si droit. Il tremble, lui qui ne tremblait pas.

  Il ne reconnaît pas sa chambre. Il ne reconnaît pas le grand fauteuil dans lequel il aimait somnoler.

  Nicole lui parle. Elle lui demande comment il me trouve. Il ne répond pas. Je lui dis que je viendrai souvent le voir. Il s'éveille un instant : "C'est bien, tu pourras discuter avec les autres, avec tous ces.... ces.... ces....trésors...."

  Il repart en arrière.

  J'ai les larmes aux yeux. Je mets un CD qu'il aimait. un chant religieux. Un texte mystique.

Aimer ou mourir, mon coeur c'est ton coeur
Sans toi je ne puis vivre, ton corps c'est ton coeur

Ô Jésus mon Amour, Jésus ma blessure

ÔJésus Roi d'Amour, Jésus ma brûlure

Ô Jésus mon enfant qui dors sur la croix

ÔJésus innocent, ta Croix c'est ma croix.

     Je me suis levé. Je ne pouvais essuyer mes larmes. Je suis allé dans le couloir. J'entendais les paroles. Je ne les ai pas changées, mais ce que j'ai entendu, je l'ai entendu :

Aimer ou mourir, mon coeur c'est ton coeur
Sans toi je ne puis vivre, ton corps c'est ton coeur


Mon père, mon Amour, mon père ma blessure

Mon père roi d'Amour, mon père ma brûlure

Mon père mon enfant qui dors sur la Croix

Mon père innocent, ta croix c'est ma croix.

     Si l'Amour existe, il est là. Si Dieu existe, il est là. Il a ce visage de souffrance. Il est cet homme sans pouvoir ni richesse. Il est cette nudité absolue que seuls notre regard et notre amour peuvent habiller. 





lien : Alzheimer. Poème. Père.


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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER


                       Prière à la Sainte Vierge

Pour Jérémie et les enfants paralysés


Souveraine du Ciel, Notre-Dame Marie,
En ce jour de ta fête, humblement je te prie
Pour l'oiseau désailé, pour la maman meurtrie,
pour l'innocent qu'on frappe et pour mon Jérémie.

Baisse les yeux sur lui, petit prince immobile,
Même s'il ne sait pas que Jésus est ton fils,
Et que s'il a la foi, gros comme un grain de mil,
Il peut tout obtenir, et la rose et le lys,

La joie au fond de lui dans son corps retrouvé,
Dans ses yeux le bonheur en perles de rosée,
Les ébats du poulain qu'on a désentravé,
Les exploits au soleil et le plaisir d'oser...

Il faut au blé semé qu'en terre il s'incarcère
pour devenir un sceptre à l'épi de lumière,
La chrysalide doit hiberner prisonnière
Pour être un papillon saoul de danses légères.

Mais Sainte-Vierge au coeur blessé par ton enfant
Qu'on jeta dans tes bras, décloué tout sanglant,
tu le sais bien : au regard de l'éternité,
Un mois, un an, c'est un instant vite passé,

Un mois, un an, au regard d'un petit garçon,
Un mois, un an ça ne finit pas d'être long.

Sainte-vierge, arrimé pantelant sur sa croix,
Sainte-Vierge, Jésus nous a confiés à toi...
Même si je ne fus qu'un berger peu fidèle,
Prends soin de cet agneau, désormais le plus frêle.


Abrège ses épreuves et rends-lui le bonheur,
Afin que libre alors d'esprit, de corps, de coeur,
Clément, doux, tolérant, sensible aux malheureux,
Il puisse aller courir sur les sentiers de Dieu. 


 




Lien : Louis wacrenier. Derniers poèmes d'amour (1)




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