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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux






















Hier jour de grand soleil sur la butte. Je pars à l'assaut et compte les 300 marches qui me séparent de la vieille église tapie à l'ombre de l'imposant Sacré-Coeur. J'ai envie de revoir les vitraux de Max Ingrand dans la lumière de cette belle journée.

















Dans le choeur, les trois grandes verrières représentent le christ au centre, Saint-Pierre à droite et Saint-denis à gauche. A tout Seigneur tout honneur, approchons-nous du vitrail central :






















Le sang jaillit comme des étoiles rouges et les mains crispées autour des clous se referment comme des araignées. Seul l'index de la main gauche trouve la force de montrer le ciel et l'écriteau qui se voulait humiliant et grotesque : Jésus de Nazareth, Roi des Juifs.
La partie basse du vitrail montre Marie, visage de douleur tourné vers son fils et Jean le plus aimé qui soutient la femme brisée 

               
                                                





















Je m'étonne d'un troisième visage au centre exact du vitrail. contrairement aux autres qui sont stylisés, caractéristiques du géométrisme du milieu du XXème siècle, il paraît réaliste. J'ai voulu savoir qui était cette femme qui semble fixer le spectateur.
 Elle serait la propre femme de l'artiste au pied de la croix où elle reçoit chaque matin la lumière du soleil levant.



















A droite, voici Saint-Denis, premier évêque de Paris et martyr bien connu qui perdit la tête sur la butte avant de la reposer sur son cou sanglant et de dévaler la pente jusqu'au lieu où s'élèvera la Basilique où voudront s'étendre, en attente d'éternité tous les rois de la douce France.



















Au bas du vitrail, la tête du martyr semble dormir, bien calée sous sa mitre, les lèvres entrouvertes sur un sourire de bienheureux.

















Et maintenant place au patron! Saint-Pierre lui-même qui a supplanté Saint-Denis dont l'église mérovingienne portait pourtant le nom. Comment a-t-il donc fait? C'est qu'au XIIème siècle, l'abbaye en fort mauvais état est confiée à des religieuses bénédictines venues de l'abbaye Saint-Pierre-des-Dames à Reims. Elles déménagent avec leur saint patron. Le choeur dédié à Saint-Denis sera séparé de la nef consacrée à Saint-Pierre et qui servira d'église paroissiale.

















Au bas du vitrail, le fameux gallinacé rappelle le reniement de Pierre. "Avant que le coq n'ait chanté tu m'auras renié trois fois". Le thème du reniement se retrouve sur un autre vitrail. Huit des vitraux sont consacrés à l'apôtre : La marche sur les eaux, La vocation, Tu es Pierre, La Délivrance, Le martyre, Le reniement, La crucifixion, Le vitrail du choeur.














Le Reniement






Encore le coq (l'avons-nous bien choisi, nous les Gaulois, comme emblême national? Serions-nous enclins à la trahison? Mais non me dit mon frangin, c'est parce que comme lui, les deux pieds dans la M...., nous chantons à tue-tête!)












La marche sur les eaux








                                                      


                                                                                                                        
J'aime beaucoup cette euvre-là. Les pieds pris dans la mouvance des bleus et des verts, comme si nous étions sous l'eau et n'apercevions que la plante brune des pas, entre quelques éclats de soleil.











"Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise."


















La délivrance





Pierre est en prison et un ange vient briser ses chaînes. "Soudain l'ange du Seigneur survint et le cachot fut inondé de lumière. Il frappa Pierre au côté et le fit lever : Debout vite! dit-il. Et les chaînes lui tombèrent des mains."
Allez, au boulot tous les anges! Il n'y a pas que Pierre... Il y a les vieux prisonniers de la maladie et de la démence, il y a les désespérés de la vie, les abandonnés, les meurtris trop faibles pour se relever. Au boulot les anges! Vous savez briser les chaînes et ouvrir les portes... Il y a du pain sur la planche pour toutes vos légions
!






















Avant de quitter l'église, je m'arrête devant ce vitrail qui représente la Vierge protégeant de son manteau la patronne de Paris, la jeune fille de Nanterre, Sainte Geneviève qui tient la Cathédrale que les parisiens ont fait monter vers le ciel. Bizarre me dis-je, il y a bien peu de vitraux  ici consacrés aux femmes. Presque tout est pour  les hommes :Pierre, Ignace, Benoît, Denis, le Christ...


Lien : Visite de l'église Saint Pierre de Montmartre. 1) Des origines à la Renaissance.

 

 

 

 

 

 

 

 



C'est donc avec des femmes que je termine ma promenade sous les vitraux de Max Ingrand. Et à toi ma petite Geneviève, si fragile et si modeste, j'envoie des baisers de terrien, en attendant un jour de frotter mes plumes contre les tiennes entre deux nuages.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers


 

 

 

 

 

 

 



J'ai peur de l'hiver qui vient avec ses oiseaux morts et ses arbres sans feuilles

J'ai peur du mal qui progresse dans le corps de ceux que j'aime

J'ai peur de la paralysie qui se pend aux jambes de ma mère et la tire vers la terre

J'ai peur de la démence qui danse avec ses grelots dans le crâne de mon père

J'ai peur des caresses bleues de la mort sous tes yeux

J'ai peur des cauchemars qui font hurler mes chats

J'ai peur de l'inconnu qu'est devenu mon frère

J'ai peur des faire-part et de leurs lettres noires

J'ai peur du temps qui glisse sur tes joues ses lames de rasoir

Et j'ai peur de te perdre mon amour

De n'avoir plus au ciel pour me guider

Que tes yeux morts.




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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Saisons. Divers



















Samedi 11 octobre le défilé de la fête des Vendanges commence l'ascension de la butte devant la mairie du 18ème. Je me poste rue Ramey pour le saluer et bénéficier au passage de petits gobelets de dégustation. Par prudence je m'arrêterai au dixième! Les géants ouvrent la parade. Pierre Degeyter avance en tête tenant dans sa main droite la partition de l'Internationale.

 

 















A ses côtés sa géante moitié jette un oeil critique dans les appartements des lilliputiens indifférents.




















Mais voici la géante la plus sympathique. C'est Irène, l'inoubliable Yolande Moreau de "Quand la mer monte". On se rappelle la fin du film; comment la géante apparaît sous les fenêtres de la comédienne  comme un cadeau et un adieu.







































Quelques ambassadrices de Venise avec tulle, plumetis et minauderies. Et puis comment ne pas désirer effeuiller une rose avec des mains gantées de bleu?






















Nicole est beaucoup plus attirée par cette bouteille de champagne qui est juste à sa taille et à sa convenance...

















Les Gilles sont venus de Belgique en famille avec leurs oranges et leurs bosses porte-bonheur. Le soir, ils brûlent les soucis en jetant dans un feu de joie un mannequin à leur effigie.


































Après deux heures de folklore plus ou moins naphtaliné, avec des trognes plus ou moins avinées, le cortège se ferme avec les carnavaleux de Dunkerque. Fanfare et bonne humeur assurés en cette journée ensoleillée où tous les montmartrois avaient le sourire. Ce qui n'est pas si fréquent!

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES Chats.. photos..articles

      Nos chats nous accompagnent pendant des années et puis un jour ils meurent. C'est du moins ce que l'on croit. Mais peu de temps après leur départ et nos larmes, on les entend revenir la nuit à pas de velours et se coucher contre notre tête. On perçoit leur ronronnement très doux comme des mots d'amour. Et l'on comprend que jusqu'à la fin, ils seront présents.                                                                                                        Jusqu'à la nuit où nos morts se mêleront comme fleuve et rivière.

     Lui c'est le premier, le plus affectueux, le plus exclusif. Je l'ai souvent laissé pour mes voyages au long cours et il m'a toujours attendu. Sur cette photo il m'attend  encore devant un océan qu'il n'a pas connu et il compte les vagues comme on compte les minutes qui nous séparent du bonheur retrouvé.

Elle c'est Missou, la plus douce des chattes. Je l'ai adoptée un matin de printemps à la S.P.A. de Gennevilliers. Elle s'est laissée soigner sans jamais se révolter malgré la brutalité des traitements qui furent cruels. Il a fallu lui arracher toutes ses dents qui  étaient pourries et qu'un premier vétérinaire plein de compassion refusa d'enlever en prétendant que cet animal était en si mauvais état qu'il ne survivrait que quelques semaines. Elle a vécu huit ans avec moi, toujours heureuse et accueillante aux amis, aux autres chats, aux chiens de passage. Elle m'a donné une sacrée leçon de vie, moi qui si facilement me plains du moindre bobo. Elle est ici devant la baie d'Along où elle est venue avec moi puisque depuis son départ, elle me suit partout.



Et voilà la dernière, la rescapée des terrains vagues de Saint-Denis. Elle est ici en Malaisie où elle guette un aigle pêcheur sur l'île de Langkawi. Elle a un caractère très affirmé, n'aime personne que Nicole et moi, ne supporte pas la contrariété et reste l'héroïne de ma rue montmartroise qui connaît son histoire. Elle disparut dans une cheminée un soir de mai, survécut trois semaines et réapparut, maigre et noire de suie un matin de juin.

      Elle doit être un peu bouddhiste!




Une dernière photo de Missou à Oléron, pour dire bonjour à tous les chats qui mettent des couleurs dans nos vies, à Gribouille, Chloé, Jules, Kochka...Krakotte, Lila, Fanfan, Klaudel...et tous ceux dont le nom ronronne dans votre coeur.

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Liens: Chats. Poèmes, Art, photos....

Ma chatte à Oléron  

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON PLAGES




Dernier dimanche d'été à Grand village. Nostalgie des derniers beaux jours. Un été de plus au compteur de la vie. combien d'étés encore avec ceux que l'on aime ?
La plage de la Giraudière à Grand Village, 10h30 ce matin. Les surfeurs attendent la vague.


 

Mais elle ne fait pas de gros efforts, la vague. Elle est épuisée d'avoir porté des milliers de pingouins sur planche pendant des mois pourris pour les baigneurs (les baignassous comme les appellent les charentais)  et bénis pour les surfeurs.


Les oiseaux reprennent possession de l'espace. Cette mouette a mis sa coiffure d'hiver, tête blanche et petite attache noire derrière l'oeil. Elle a perdu son bonnet noir de l'été.


  Lui, il n'a toujours pas mis sa culotte d'hiver. il cherche parmi les cailloux le fossile précieux.
 


Au pied des dunes menacées, cette femme retarde au maximum le
moment de remettre son soutien gorge gorge d'hiver!




Il avait posé des filets et il est venu les retirer à marée basse. comme tout pécheur qui se respecte il esquisse un pas de danse  (entrechat)car la récolte est bonne. Malheureusement pour les petits poissons.

      Ces deux là ne sont pas pressés de retrouver leur vélib.

      Et cette petite qui s'appelle Nini aimerait bien que son école se tînt sur la plage avec les coquillages et les étoiles de mer.




Dans la douceur fragile de ces derniers beaux jours un bain d'écume et de lumière.




Voilà c'étaient les dernières images d'Oléron. Demain c'est l'automne, je vais rentrer à Montmartre avec Titiche qui fait semblant de dormir mais a bien repéré les valises. Ne t'en fais pas ma vieille, je t'emmène avec moi et si Dieu veut nous reviendrons l'été prochain

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lien : Les plages d'Oléron :

Oléron. Les Plages. Classement alphabétique.

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER
















     Une carte postale de Bône trouvée dans une brocante.... Je l'achète et la donne à Nicole. Le passé alors, à peine endormi se réveille. L'été 62, les valises, les adieux et l'arrachement à cette ville, ce pays où depuis des siècles et peut-être même avant la conquête arabe, des juifs s'étaient installés après bien d'autres départs et bien d'autres espoirs. Cette carte montre une ville qui n'existe plus. La cathédrale a été détruite, la statue dénudée à la grappe de raisins s'est volatilisée... Les statues meurent aussi...
    Les lotissements ont cerné le stade et la ville qui fut Hippone et Bône s'est donné un nom sonore et ensoleillé : Annaba, cité des jujubes.
   Nicole aimait l'Algérie. Son père aimait les gens de ce pays et cette langue arabe qu'il connaissait bien. Ils n'avaient rien à voir avec les colons et ceux qui par leur attitude avaient permis au fossé de se creuser... On savait bien, étant juifs qu'il était illusoire de se croire habitant d'une terre ou d'un pays. Les lois de Vichy avaient rappelé à ceux qui l'avaient oublié que du jour au lendemain on pouvait vous enlever votre nationalité, votre métier et vous transformer en porteur d'étoile. Mais enfin, ils étaient là les Allouche, ils respiraient l'air clair et parfumé de cette terre.
Eté 62, le départ. L'arrachement. L'adieu à l'enfance, au soleil.















    Au dos de la carte, un appelé écrit ces quelques mots : Chers grand-père et tante. C'est de dessous  la guitoune que je viens vous donner de mes nouvelles. Cet après midi comme tous les jours nous sommes allés à la plage. Avec la chaleur qu'il fait, l'eau était bonne et nous avons passé une partie de la soirée à barboter. Ici c'est vraiment la vie rêvée, pas beaucoup de boulot et la demi journée à se promener. Avec ça les quelques mois qui me restent à faire passeront assez vite. Je ne vais pas vous en raconter davantage car il commence à faire noir et je n'y vois presque plus . Je termine en vous embrassant très fort et à bientôt.
Bernard.

Cette carte est écrite le 26 juin 1962. La vie rêvée des uns et l'exode des autres vers une France glacée et inhospitalière.
Le temps des cerises est toujours nostalgique et cependant c'est à lui que je pense aujourd'hui en évoquant la ville des jujubes. C'est une petite robe légère brodée de fruits rouges et de lettres dansantes que mettait une petite fille en rentrant de la plage. Elle n'en a jamais oublié le contact soyeux sur sa peau, comme elle n'a jamais oublié la lumière, les parfums, les chants et les regards de son Algérie.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Cette enfant du Nord jouant pour un jour les geishas s'est transformée au gré, bon ou mauvais, du temps qui fuit en une octogénaire réfugiée dans sa maison sous les pins de l'île d'Oléron. Mais son regard étonné et mélancolique est resté le même, fidèle
  à ces années baignées de poésie, à son père lui-même poète et qui ne savait pas que la fillette cachée derrière une porte ne perdait pas un mot de ces soirées où il réunissait des amis pour écouter des vers.
   Elle n'a cessé d'écrire, récoltant comme par mégarde de nombreux prix et habillant les mots de ses peines et de ses joies.



    HERITAGE

Je n'avais que douze ans quand j'ai perdu mon père.
Il était tout pour moi. Ce fut un drame affreux.
Nous habitions Arras et nous étions en guerre
J'ai vu notre maison détruite par le feu

Nous avions tout perdu et, même la vaillance
Ne pouvait nous aider à supporter la peur.
Nous étions occupés, inquiets pour la France
Sous les bombardements et frappés de stupeur.

Ma mémoire a gardé mes souvenirs d'enfance
Cachés profondément, impalpable trésor.
Mon père était poète et maître en éloquence;
Ses vers m'ensorcelaient, rutilants comme l'or.

Dans le salon feutré, attentive à l'extême,
J'écoutais ses amis déclamer leur poème.
J'étais émerveillée, en rêvant qu'à mon tour
Je pourrais égaler leur talent un beau jour.

Avant de refermer le livre de sa vie,
Mon père m'a légué le don de poésie.
Je rassemblais les mots dispersés dans ma tête
Et ce fut par amour que je devins poète.




    



     Par amour certes... et pour l'amour... Chacun sur cette terre où il est passager recherche l'impossible amour, l'être unique qui se donne et accueille. Cette fille du Nord, belle et solaire va donc naviguer d'étoile en étoile, de coup de foudre en désillusion.
 


EQUIVOQUE

Tu es ma joie, tu es ma peine,
Mon ciel d'été ou mon enfer
Tu es mon Dieu, mon Lucifer,
Tu es l'amour, tu es la haine.

Tu es l'éternelle rengaine
Dont les mots rentrent dans ma chair
Tu es ma joie, tu es ma peine,
Mon ciel d'été ou mon enfer.

Tu es mon espérance vaine,
Le labyrinthe où je me perds,
Une traversée du désert,
Sans même la moindre fontaine,
Tu es ma joie, tu es ma peine
.


DESIR

Je te veux je te veux je te veux
Toi et ta bouche en feu
Toi et tes mains qui glissent
Le long de mon corps
Comme un ancien remords
Je te veux avec les cheveux
Sur les yeux


MALENTENDU

Je ne serai pas le miroir
Où se reflète ton visage.
Je ne suis pas la vierge sage
A enfermer dans un manoir.

Je ne suis pas le reposoir
Où tu m'adores, frêle idole.
Je suis plutôt la vierge folle
Que tu revêts de ton espoir.

Je ne peux que te décevoir,
Pauvre Pierrot sans Colombine.
Moi je ne suis qu'une Arlequine,
Un oiseau libre, sans perchoir.

Il faut que je garde mes ailes,
Je ne veux pas de bague au doigt.
Qu'importe si parfois j'ai froid :
Le Ciel et l'Océan m'appellent.



















Dans une société française encore conformiste et hypocrite, elle ose affirmer son désir profond de liberté. Sa sensibilité la pousse vers la nature menacée et vers les animaux muets que l'hégémonie des hommes méprise et exploite .

POLLUTION

Que sonne mon heure dernière
Quand les fleurs ne pousseront plus
Quand les oiseaux ne seront plus,
C'est ma plus instante prière.

Quand les berges de la rivière
Disparaîtront sous les rebuts,
Que sonne mon heure dernière,
Quand les fleurs ne pousseront plus.

A l'orée de la clairière,
La biche et le cerf éperdus
Bondissent dans les détritus,
Le bois n'est plus qu'un cimetière,
Que sonne mon heure dernière.



















     Elle découvre la joie et la difficulté d'être mère. Connaissez-vous beaucoup d'enfants qui ne reprocheront pas à leur mère des manques, des égoïsmes et des blessures ? Mais il est des sourires qui ne trompent pas.

NE SOIS PAS UN MOUTON

Ne sois pas un mouton, surtout mon petit homme,
Ta laine, sur ton dos, on te l'enlèvera,
Ne sois pas un mouton, surtout, ne sois pas comme
Moi qui t'ai mis au monde un soir de Mardi-Gras.

J'en demande pardon, à toi, mon petit homme.
Le renard m'a trompée. Mon chemin était droit.
Il m'a dit qu'il m'aimait et j'ai croqué la pomme;
Quand tu me fus donné, je n'ai pas su pourquoi.

Il m'a dit qu'il m'aimait, qu'il avait un royaume
Dont je serais la reine, avec la bague au doigt.
Il m'a dit que l'amour y serait toujours roi.
Je suis seule aujourd'hui, je n'ai pas de royaume

Et je n'ai jamais eu de bagues à mes doigts.
Ne sois pas un mouton, surtout, mon petit homme,
Ne sois pas un mouton, ne sois pas comme moi.



    Elle peut être rassurée et soucieuse à la fois car son fils n'est certes pas devenu un mouton bêlant. Il voyage sur cette terre avec sa guitare et ses chansons. Il joue avec les mots dans l'espoir de trouver la formule magique qui ouvre les coeurs et rend la vie lumineuse.







       









 Parmi les rencontres qui ont compté dans sa vie, celle de Maurice Fombeure avec qui elle est ici photographiée chez Lipp nest pas des moindres. Avec ce poète solide et fantaisiste, elle aime partager sa fragilité et son inquiétude. Son influence légère se fera sentir parfois dans ses poèmes.

A BAYONNE

A Bayonne
Je ronronne
Comme un chat
Gros et gras.
Mon amie
Est ravie
De ma joie
Sous son toit.
Sa cuisine
Est divine.
Je jubile
Volubie
Et la pluie
Se replie...
Le bonheur
Baladeur
Nous revient
Magicien.
L'amitié
Retrouvée
Resplendit
Sans répit.
A Bayonne
Je rayonne.



















  Toujours jeune d'esprit et de coeur, elle vit aujourd'hui en insulaire dans une Charente Maritime qui comme il se doit apprécie plus les charentaises que les semelles de vent... 

Mais il reste des oreilles pour entendre et des coeurs pour comprendre...

L'AMI

Quand je rentre le soir dans ma vieille chaumière,
Il est là, il m'attend, heureux de mon retour.
Son intense regard appelle mon amour
Et dans mon coeur ému resplendit la lumière.

Je m'assois près de lui, coutume journalière,
Et lui dis à mi-voix que je l'aime toujours.
Son soupir me répond, approuvant mon discours,
Car pour lui je suis tout, jusqu'à l'heure dernière.

Il ne va pas rejoindre au bistrot les copains;
Il ne boit que de l'eau, sobre, soir et matin.
Il ne cavale pas après quelque donzelle.

Il est vraiment gentil : il n'est jamais grognon.
Je peux compter sur lui, assidûment fidèle,
C'est mon chien, mon ami, il est mon compagnon.










































































 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER

 Une vidéo antisémite fait beaucoup parler d'elle en ce moment. Elle est hébergée par Daily motion et certains commentaires qui s'offusquent des réactions indignées font froid dans le dos.  


Réagir ou ne pas réagir?
En réagissant on risque de donner encore plus de publicité à cette sale entreprise. En ne réagissant pas on risque de laisser s'installer la banalisation du racisme ordinaire.
Un diaporama de personnalités  désignées comme étant juives défile sur les paroles d'une chanson dont il faut lire le texte pour bien comprendre à quel point elle dégouline de clichés vulgaires et primaires qui caractérisent l'antisémitisme rigolard. Une photo plus explicite que les autres montre Anouk Aimée sur fond d'Auschwitz. Une autre représente Simone Weil dont on sait qu'elle a perdu sa mère dans les camps. Mais bien sûr comme dit l'auteur dans sa question à "deux schekels" son montage n' a rien de raciste, il faut seulement deviner ce qu'ont en commun toutes ces personnalités qui défilent...
C'est sans doute par hasard qu'en ouverture de diporama apparaît un petit animal connu pour s'emparer des gîtes des autres animaux et pour leur sucer le sang.
Je vous propose le texte de la chanson de Georgius afin de ne pas parler pour rien et pour se rappeler qu'on a pu en France produire de telles oeuvres et puis après ce texte, je suggère à l'auteur de cette belle entreprise de préparer un autre montage  avec des arabes puis des homos puis...
Enfin je lui propose d'enrichir sa liste avec un autre juif qu'l a malencontreusement oublié. Question à trois shekels : Qui cela peut-il bien être???
Réponse après la chanson.


La noce à rebecca

La fille de Monsieur Mayer
Rébecca s'est mariée avant-hier
Elle a épousé l'fils Lévy
Le marchand d'rob's du passage Brady
Y avait là Madam' Pomeratzbaum
Monsieur Schmoutz, Monsieur Olimbaum
L'oncle Schwartz la cousin' Kaufmann'
et les onz' frèr's hartmann'
Le docteur Blum égal'ment
Qui était de la fête
En l'honneur de c't'évènement
Avait changé d'chaussettes !

Refrain :
Ah ! mes enfants
On s'en souviendra longtemps
Dans dix ans on parlera
Encor' de la noce à Rebecca

Il y avait eu un grand déjeuner
La p'tit' Rébecca avait l'ventre gonflé
Son mari, un typ' sans façon
Dut déboutonner son pantalon
L'docteur Blum mangeait avec ses doigts
Sa femme lui dit deux fois :
"ça te donne un très mauvais air
Tu n'as donc pas de couvert?"
Il lui répondit viv'ment :
"Ne me fais pas d'reproche
Comme il était en argent
Je l'ai mis dans ma poche"

Refrain

Après l'déjeuner on dansa
Les onz' frères Hartmann n'attendaient que ça
Mais ça provoqua des malheurs
Ils y mirent un peu trop d'ardeur
Voilà que de la poch' d'un gousset
Deux sous tombèr'nt sur le parquet
Tout le mond' se précipita
Un' bagarre éclata
Madam' Kaufmann fut blessée
Et conduite à l'hospice
Les deux sous fur'nt retrouvés
Cachés entre ses cuisses

Refrain

Pour calmer tous les invités
Qui se montraient un peu surexcités
Rébecca joua du piano
Le fils Lévy vendit deux manteaux
L'oncle Schwartz offrit des cigares
Monsieur Schmoutz en prit un dar'-dar'
Mais il dit au moment d'fumer :
"J'ai l'bout qu'est pas coupé !"
L'pèr' Mayer crie très fort :
"Pas coupé !... C'est tragique
Foutez-moi c't'homme-là dehors
C'est un sal' catholique !..."

Refrain


Voilà le chef d'oeuvre, pas du tout raciste bien sûr !!!!


Et voilà un des oubliés de la liste :


 

 























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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON

 

















    Comme chaque matin en Oléron, je vais me lancer sur les pistes cyclables pour une balade de deux heures, celle que je préfère entre toutes et qui va de Grand Village à St Trojan en passant par la plage. La chatte Titiche me regarde partir avec réprobation. Elle se demande ce que je peux trouver de plaisant loin d'elle alors qu'elle a encore tant de confidences à me couiner à l'oreille...

 















      Je quitte malgré tout ma petite bavarde. Ma monture m'attend déjà et piaffe à la porte bleue. Je n'ai plus qu'à me laisser guider vers le centre de la commune où commence la piste qui mène à la plage.

 

 

 










      La piste a été refaite il y a deux ans et n'est plus envahie de piétons comme elle l'était quand elle ressemblait à un chemin de randonnée caillouteux. Elle traverse la forêt avant d'arriver aux dunes qui en cette saison fleurissent jaune :

 

 

 

 

 

 

 

    Les dunes de Grand Village sont aujourd'hui menacées. Elles reculent chaque année avec les marées, les vents et le sable qui les étouffe. Il est étrange de se dire qu'une dune peut mourir ensablée... Mais c'est une agonie visible... Les pins meurent les premiers; Ils se dessèchent et noircissent. Ils ressemblent à certains endroits à une forêt de Max Ernst ou à des barbelés dérisoires.  Oléron est en première ligne pour subir la montée des eaux et les conséquences de nos folies industrielles. Je pense à Léo Ferré en regardant la lente dégradation de la nature sauvage : "Le capital qui joue aux dés notre royaume"....

















     Allons! Adoptons une positive attitude  comme dit la chanson débile citée en son temps par le très cultivé et très distingué  Raffarin..          La piste débouche sur la plage, l'espace, les oiseaux. C'est beau comme un premier matin du monde. Il suffit d'arriver vers 9 heures et l'univers est à vous. Aucun pêcheur, aucun baigneur ( les gens du pays les appellent les baignassous!) aucun chasseur (ils attendront Septembre pour se mesurer avec courage et vaillance aux terribles invasions de canards et d'oies qui menacent notre planète).

 



















     Le sable dur de l'estran permet de filer à bonne allure sur la plage de la Giraudière qui change de nom quand elle dépend de la commune de St Trojan et devient la Grande Plage. Une épave marque la frontière entre les deux communes.



















    De nombreux navires ont connu un triste sort à l'approche de Maumusson où les courants sont violents et les vents puissants. Cette silhouette noire est le fantôme d'un cargo uruguayen, le Presidente Vieira qui vint s'échouer sur la Grande Plage une nuit de novembre 1916. Les prisonniers allemands détenus dans la citadelle du Château furent alors requis pour vider le navire. 





















       Un mat permet aux nageurs de situer la carcasse rouillée lorsque la marée haute la dissimule et devient dangereuse. Un goéland apprécie la vue imprenable... 

                                                                                                                    

















 Il faut parfois mettre pied à terre et franchir les baïnes le vélo à bout de bras.
       En voici une qui permet de comprendre pourquoi chaque été des nageurs sont emportés au large. La baïne est ici en train de se vider dans l'océan mais lorsque la mer monte , les vagues dévalent dans le lit creusé dans le sable et ce mouvement provoque un fort courant d'évacuation auquel aucun nageur ne peut résister. La seule solution est alors de se laisser entraîner en mer et de faire signe aux bateaux de pêche ou aux plaisanciers....

 

 

 















 

 

















    Vous arrivez à la pointe de l'île, face aux dunes du continent, un des endroits les plus préservés qui soient : le sable, la mer, la forêt, pas une construction à l'horizon.... C'est pour moi le lieu privilégié où vous pouvez un instant exposer votre tête et votre corps au vent et à la lumière. Vous êtes seul au monde avec le chant des vagues et le cri des oiseaux.




 


















       Après cette halte aux confins de l'île, la balade continue sur la plage qui longe le pertuis. Une petite anse mène vers Gatseau. A marée basse les chasseurs de coquillages envahissent l'espace et débusquent coques et louisettes (palourdes locales).





















       Devant la plage de Gatseau, comme un rappel du saccage des côtes dans les année 70, se dresse le centre de thalassothérapie. Il est heureusement une exception dans l'île où les rivages restent peu construits et où aucun complexe touristique à l'espagnole ne vient détruire irrémédiablement  la nature.























      Après l'hôtel, la piste longe la plage du soleil où les bains ne sont possibles qu'à marée haute et un peu dangereux à cause des parcs à huîtres. Nous sommes au sud de l'île, à l'endroit le plus abrité des vents du nord-ouest avec un petit air méditerranéen.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Le circuit passe ensuite par le digue Pacaud qui vient d'être refaite et vous permet d'observer les oiseaux des marais d'un côté et de l'autre les effets de lumière entre Marennes, la Seudre et Oléron. Parfois le clocher de Marennes émergeant au dessus des eaux me rappelle Venise et San Giorgio. Modestement.
Un regard sur cette villa et son clocher, ma préférée de St Trojan.

 

 


















Maintenant je dois filer vers la maison car l'heure de l'apéro approche et je connais quelqu'un qui commence à regarder sa montre.

 

 

 

 

 

 

 

     



      Après le port de St Trojan et la forêt, la piste passe par Petit Village et le port des Salines, quelques cabanes pour touristes avec écomusée, boutiques, restaurant et grenier à sel. Tout est faux mais c'est un beau décor qui plaît aux parigots (dont je suis) et aux producteurs locaux qui viennent chaque mercredi vendre les produits du terroir.

 

 

 

 

 

 

 







Maintenant je file vers Grand Village et je lèverai mon verre de Pineau  à la santé de tous ceux que j'aime.

lien : La chapelle de Grand Village (Oléron) Elie Murat.  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER






















(L'auteur des lettres est la deuxième femme à gauche. L'homme au milieu est Paul Wacrenier, son frère. L'enfant devant lui est Louis Wacrenier)
    

           Loin de Montmartre et de ses secrets, je profite de mon séjour oléronnais pour fouiller dans les cartons entassés dans le grenier de ma tante. J'y ai trouvé des lettres écrites en 1916 par une grand-tante que j'ai à peine connue, Berthe Wacrenier, une femme humble et douce qui perdit comme tant d'autres son fiancé pendant la Grande Guerre et qui lui resta fidèle jusqu'à la mort. La première lettre que je vous propose raconte une exécution dont elle fut témoin à Liévin.


EXECUTION

     Escorté de deux gendarmes allemands, un homme parcourt la grand'route de Douai à Lens. Sans doute sa figure très pâle trahit-elle une intense émotion; mais sa démarche fière et ferme n'est pas celle d'un coupable. La bravoure est un crime aux yeux de l'ennemi. Ce français décoré de médailles n'a donc pu trouver grâce devant le conseil de guerre et d'ailleurs il n'a pas daigné se défendre. Pour faire plaisir à son fils qui est soldat, il a voulu sauver ses deux pigeons préférés et c'est pour cela que Paul Busière jugé et condamné à mort à Douai doit être fusillé à Liévin sa ville natale. Cependant il marche d'un pas ferme et décidé. Le voici maintenant dans sa commune. Pour la dernière fois il revoit ces champs où il jouait jadis, ces chemins qu'il suivait pour se rendre au travail, cette grand'route qui le conduit vers la mort. Des amis, ignorant la sentence, sortent des maisons et le saluent amicalement. D'autres le suivent à distance et cherchent à se renseigner. Ah oui !  on le sait bien, il a voulu cacher deux pigeons; un allemand l'a dénoncé. Sans doute il fera plusieurs jours de prison; il a été trop téméraire.... Mais il arrive bientôt à la brasserie transformée en Kommandantur et l'on fait appeler sa femme. Elle arrive, très inquiète, reçoit sans explications quelques objets appartenant à son mari puis froidement on lui montre la porte. Au moment où elle franchit le seuil, des détonations retentissent et lui apprennent que son mari n'est plus...
     Deux mois plus tard, des affiches placardées en ville portent le libellé suivant : Par ordre de l'autorité allemande, le mineur Paul Busière a été fusillé pour avoir conservé chez lui deux pigeons voyageurs.
















Berthe Wacrenier est la première à droite.



EVACUATION


     Décembre 1916
 

    Le moment du départ est arrivé. Après un long regard d'adieu sur la cave qui nous sert d'abri depuis 27 mois, je monte rapidement l'escalier encombré des débris de ses deux murs croulants.
    Me voici dans la cour. Je veux voir pour la dernière fois la maison où s'écoula notre heureuse enfance. De nombreux obus l'ont atteinte mais elle est foujours debout et son toit qui pend lamentablement, domine encore toutes les habitations voisines. D'énormes trous crèvent la maçonnerie de toutes parts. Derrière le bâtiment principal se trouve notre cuisine que le bombardement a épargnée. La cheminée seule est abattue. Et voici le long châssis de bois qui jadis se prêtait si complaisamment à nos jeux. Je traverse la salle à manger qui abrita nos joyeuses réunions de famille. Ici encore la guerre a fait son oeuvre. Le buffet et une table défoncés gisent sur un tas de bois qui protège l'entrée de la cave. Vivement, car le temps presse et la patience des allemands a ses limites, je me dirige vers le magasin, naguère l'orgueil de mes parents. Comme en rêve, je revois la foule bruyante qui s'y pressait aux jours de fête; j'entends encore la voix de mon père stimulant son personnel et les appels familiers des clients...
     Hélas ! Les vitrines étincelantes ne sont plus qu'un tas de débris informes, les coiffures s'écrasent sur des morceaux de comptoirs et l'eau qui filtre de partout tombe lentement, goutte à goutte, comme de grosses larmes, sur le carrelage couvert de briques et de plâtre.
     Pour la dernière fois, je franchis le seuil de la maison qu'il faut abandonner à l'oeuvre de destruction. Tristement, le père Cornet nous regarde partir. Ah pauvre vieux du pays ! Tu symbolises tout ce que j'aime et que je dois quitter. C'est à notre chère demeure, au sol natal, à ses malheureux habitants que je dis adieu en pressant sur mes lèvres ta dure figure flétrie. 


J'ai retrouvé avec ces lettres ce mouchoir sur lequel Berthe avait écrit au crayon afin de pouvoir passer les lignes sans être inquiétée.

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