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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES. AMOUR.





Ma femme est si petite qu'il m'a fallu beaucoup de temps pour la découvrir. Quand elle fumait une gauloise, la fumée bleue la cachait à ma vue...Quand elle lisait un poème, les mots de Supervielle ombrageaient son visage.... Quand elle pleurait, il n'y avait qu'un lotus à la surface des eaux. 
Et puis un jour je l'ai vue...
Il m'a suffi de lever les yeux.
 



Sur ses genoux se tient Missou que nous avons recueillie tous les deux à la S.P.A. de Gennevilliers. Le tableau derrière Nicole représente l'Agneau Vainqueur. Que vient-il faire en ce lieu? Je vais vous l'expliquer.
Dans l'iconographie chrétienne Jésus est souvent représenté comme l'agneau du sacrifice, la plus faible et la plus innocente des créatures, celle qui va se laisser égorger par le couteau du boucher en tendant le cou. On connaît la suite. L'agneau sera plus fort que la mort.
Eh bien, le croirez-vous, ma femme, ma petite juive, ma fragile épouse s'appelle Allouche, ce qui signifie agneau en arabe et son prénom est Nicole, ce qui signifie la victoire en grec. Ainsi est-elle mon Agneau Vainqueur.





Et puis un jour de Mars à Montmartre, nous nous sommes mariés. Ni à l'église ni à la synagogue, mais ce jour-là, le Sacré-Coeur avait invité tous les anges, ceux qui portaient la ménorah et ceux qui tenaient l'Hostie. Il n'y a pas d'amour heureux dit le poète... Je pense qu'il n'y a pas d'amour profane. Tout amour est sacré. Tout amour est divin. Là où deux êtres s'aiment une cathédrale s'élève. Et quand l'un des deux meurt, la cathédrale s'écroule. Ne restent contre le ciel que les vitraux.


Nicole attend la mer qui va venir lécher ses pieds. Elle se croit à l'abri sur son château de sable avec Missou prête à déguerpir. Sait-elle qu'elle m'a redonné les plages que j'avais perdues, les dunes et le phare de mon enfance. Sait-elle que l'écume qui va frôler ses pieds n'est autre qu'un baiser de ma bouche?



Evidemment je n'ai pour la célébrer que le maigre talent d'un peintre du Dimanche après-midi! Mais ça ne m'empêche pas d'esquisser cette expression d'inquiétude et d'appel qui  traduit sa vulnérabilité et sa peur de n'être pas aimée. Les poissons rouges sont le signe astrologique qui lui convient. Ils sont symbole de vie. "Le Haïm" comme on dit chaque fois qu'on cogne nos verres : "A la Vie"!
                        




Toutes les nuits avec elle sont bleues. Les wagons de la mort passent au loin sans un éclat à nos fenêtres.





C'est la nuit ou le jour
C'est dedans ou dehors
C'est Nicole les yeux ouverts
Qui fait tourner dans un lac vert
Les poissons rouges de ses rêves
.

Liens :

Liens : poèmes d'amour de Christian Wacrenier.

Saint Valentin quelques poèmes pour Nini

un poème d'amour
 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux



Sur la façade plate et sans grand intérêt de l'église, les trois portes de bronze de Gismondi attirent l'attention. Elles donnent l'impression au premier coup d'oeil d'être anciennes alors qu'elles ne sont venues orner l'édifice qu'en 1980. Tommasso Gismondi dégage dans le bronze des formes qui semblent avoir subi l'érosion du temps. Pas de préciosité chez lui, pas de détail, mais l'épure des formes... Comme si les siècles avaient raviné la surface et laissé apparaître l'essentiel, le plus indestructible et le plus profond.
 

Les portes se lisent comme les vitraux : de gauche à droite et de bas en haut. La première scène représente l'Annonciation. Comme devant la télé ou l'écran de cinéma, Marie voit apparaître l'ange Gabriel au fond d'une grotte qui fait penser à la caverne de Platon. La réalité divine ne nous  est révélée qu'imparfaitement, comme une ombre sur le mur... Il est facile de n'y pas croire, comme de ne pas croire en l'amour...



La deuxième scène est la nativité du Christ. Toujours une grotte, toujours un univers de rocs. On a l'impression que Marie est une bonne ménagère qui saisit un panier; Joseph à ses côtés la laisse faire. Une femme seule connaît le prix d'un nouveau né dérisoire, jeté dans le monde, sans autre protection que les bras d'une mère. Gismondi a été fidèle en ne représentant ni âne ni boeuf. Les Evangiles ne les mentionnent pas. Dommage. Ils font partie de la création et participent au même mystère de la naissance et de la souffrance.

Troisième scène: Les noces de Cana. Un repas de fête, le vin vient à manquer... Marie demande à son fils de venir en aide au maître du repas. On connaît l'histoire: Jésus fait remplir d'eau les jarres destinées aux purifications des juifs et demande d'y puiser... L'eau changée en vin digne du plus grand millésime de nos terroirs réjouit les invités... Il faut reconnaître qu'en dehors de son symbolisme, ce miracle est très sympathique!

Quatrième scène : Jésus rencontre sa mère (4ème station du chemin de croix). En montant vers la mort, l'homme voudrait se réfugier dans les bras, dans le ventre de celle qui lui a donné la vie. Et la femme voudrait le saisir, l'arracher à ses bourreaux. Lorsqu'un homme entre en agonie, très souvent, c'est sa mère qu'il appelle. Elle est la seule à pouvoir s'affranchir du temps et des lois matérielles pour recueillir en elle et emporter avec elle son enfant.

Cinquième scène : la Crucifixion. 
Marie nous représente. Elle est chacun de nous devant la souffrance et la mort des êtres aimés. Elle est anéantie. Une des plus belles scènes de cinéma la montre, bras en croix, soutenue par ses compagnes. C'est dans l'Evangile selon Saint-Mathieu de Pasolini. Et Pasolini qui allait mourir quelques années plus tard, violenté et torturé, a choisi pour être Marie, sa propre mère...
Gismondi préfère la montrer debout devant son fils cloué. Dernier regard avant l'effondrement.

Sixième scène : la Déposition.
Gismondi ne montre le fils mort et la mère déchirée que debout. C'est un parti pris de foi et d'espérance. Sur le magma des roches, Marie et Jésus sont soutenus par une force qui vient les habiter...Le fils plie les genoux, sa mère le soutient et l'empêche de tomber. J'aime cette représentation même si je l'avoue mon coeur bat plus fort devant la Piéta d'Avignon et son Christ raidi par la mort. Le plus beau tableau que je connaisse.

Septième scène : la Pentecôte.
Apparition de Jésus après sa mort. Apparition devant les disciples et sa mère. Triomphe de la vie ; la scène est confuse, presque effacée. A chacun de la lire comme il voudra. Si vous croyez que ceux que vous avez perdus ne sont pas réduits à néant, mais bien présents dans votre vie, pas de problème....


La dernière scène représente l'Assomption de Marie.
Marie est enlevée au ciel. Elle a connu la mort comme chacun de nous la connaîtra et elle nous précède dans la vie. Aucun texte évangélique ne parle de cette Assomption qui est un dogme récent. Son sens est cependant profond et lumineux. Moi, je suis sûr que ceux que j'aime et qui ne sont plus ont connu le même chemin. C'est ce que me dit Manguite, chaque fois que je pense à elle!!!
Lors d'une prochaine visite, nous étudierons la porte centrale, celle du Saint Patron des lieux, Pierre. 

Lien : Saint Pierre de Montmartre (3) Le Guerchin, Ribéra, Parrocel...  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers




                    Ma mère 

Elle a crié au mois de mai 
Le ciel était gris sur la mer
Les Bourgeois de Calais prenaient la pose
Et elle était si peu de chose

Il suffisait de presque rien
La négligence ou un cancer
Pour la tuer à la naissance
Comme un chaton sans résistance

Elle m'a donné la vie le Jour des Rois
Le ciel était blanc sur les toits
Le lion sur le beffroi prenait la pose
Et moi j'étais si peu de chose

Il suffisait de presque rien
La négligence ou un cancer
Pour me tuer à la naissance
Comme un chaton sans résistance

Depuis des mois elle voit le ciel
A sa fenêtre en se penchant
Et ne connaît plus le printemps
Que par le vol d'une hirondelle

Il suffira de presque rien
La grippe un oedème un cancer
Pour arrêter son coeur de mère
Son coeur qui bat contre le mien. 

 





Lien : Maman. Photos d'enfance...




.. 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers



                                                  
A ma mère

Tu ne peux plus sortir
                                                 Je vais dormir
Tu ne peux plus marcher 
                                                 Je vais tomber
Tu as peur de la nuit
                                                 Je vais rêver
Tu es maigre et légère
                                                 Je vais voler
Tu es ma mère, tu m'as porté
                                                 Je suis ta mère et tu me portes...







lien : Maman. Photos d'enfance...



lien: Poème. Ma mère (3) Anniversaire.



...
                      

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers


Qui a volé la clé
De la porte du clapier ?

Qui a jeté tous les lapins
Sur le trottoir des magasins?



Ce n'est pas moi dit Lapin Rose
Rue Saint-Lazare je me repose
La Gay-Pride est au mois de Juin
J'ai invité tous les copains

Qui a volé la clé
De la porte du clapier?



Ce n'est pas moi dit Lapin Vert
Rue Caumartin je prends un verre
Et tous les écolos j'invite                                                                                   A la santé de Cohn-Bendit                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         Qui a jeté tous les lapins                                                                                   Sur le trottoir des magasins?                                                                                                                                                                                                        
                                                                                                                               Ce n'est pas moi dit Lapin Rouge                                                                     J'ai mes drapeaux et je me couche                                                                 Sur les marches de l'Opéra                                                                               En attendant Che Guevara                                                                                                                                                                                                             Qui a volé la clé                                                                                                   De la porte du clapier?                                                                                                                                                                                                                      
                                                                                                                                Ce n'est pas moi dit Lapin Bleu                                                                        Depuis que je suis amoureux                                                                            J'ai rendez-vous rue Lafayette                                                                        Avec mon amie la Schtroumpfette                                                                                                                                                                                                  Qui a jeté tous les lapins                                                                                     Sur le trottoir des magasins?                                                                                                                                                                                                        

Ce n'est pas moi dit Lapin Jaune                                                                     Qui s'est perdu place du Trône                                                                       J'ai un ictère, suis mal foutu                                                                             Et je crois que je suis cocu                                                                                                                                                                                                                Qui a volé la clé                                                                                                  De la porte du clapier?


                                                                                                                           C'est moi c'est moi la responsable                                                                 Je ne veux plus voir sur vos tables                                                                 lapin-civet lapin-moutarde                                                                               Je veux que mes amis gambadent                                                                 Et qu'ils apportent du bonheur                                                                       De tous leurs poils de tout leur coeur                                                             Aux Parisiens                                                                                                       Souvent chagrins.


 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE


A l'entrée du musée Guimet, impossible de le manquer, il est là, immense, colossal, c'est le Naga de la Chaussée des Géants d'Angkor. Un fragment plutôt : la tête du Naga et deux divinités qui portent son corps. Il a été volé par nos archéologues en 1874 sur le site d'un des temples d'Angkor, le Preah Khan (l'Epée Sacrée). 

 

Le fragment rapporté avec d'autres statues remarquables provoqua l'engouement du public lors de l'exposition universelle de 1878. Les visiteurs découvraient alors un art monumental qui avait su donner aux pierres une douceur de chair et aux visages un sourire qui ne se retrouve en Occident que dans le meilleur de l'art roman..

 

Le Naga est un génie-serpent, venu tout droit de la mythologie indienne et omniprésent dans les temples cambodgiens. Il symbolise les eaux et les richesses souterraines.



Alors que Bouddha était en méditation, un violent orage éclata. Les eaux tumultueuses menaçaient de l'emporter. Le cobra Naga sortit alors du fond des abysses, se lova autour du sage pour le réchauffer et  déploya sa tête au-dessus de lui.
Bouddha est rarement représenté recouvert par le serpent.  Le plus souvent il est assis sur ses anneaux, la tête protégée comme par un parapluie vivant.

 

Symboliquement, sur les ponts qui traversent les douves et mènent vers les sanctuaires d'Angkor, les rampes sculptées représentent le Naga, trait d'union entre le monde des hommes et le monde des dieux. Il est à la fois divinité des eaux et arc en ciel qui après la pluie relie ciel et terre. 

 

Il est fermement tenu par des divinités (les devas) et des démons (les asuras). Ici vient s'ajouter une autre légende sacrée : le barattage de la mer de lait. Dieux et démons en quête de la liqueur d'éternité que recèle l'océan, remuent les eaux avec une montagne, le Mandara. ils sont un instant unis dans la recherche du trésor des trésors.

 

Mais peu importe que l'on connaisse ou non la mythologie indienne. La force et la douceur qui émanent de ces pierres nous touchent. Elles nous donnent envie d'écarter les murs pour permettre au Serpent-montagne de prendre le large. Il saura guetter l'arc en ciel et retrouver le temple qu'il n'aurait jamais dû quitter, entre les arbres-lianes et les visages des dieux.

 

Lien : Un paravent japonais. Ecole de Kano.Guimet  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.

     Merci Delanoë pour ce boulevard ressuscité, passé de parking à promenade, de béton à plantations.... C'est un plaisir en ce printemps estival de flâner de l'Elysée Montmartre à la place Clichy, sous les arbres et dans le parfum des massifs de fleurs. Avant de m'élancer, je tiens à pousser un grand coup de gueule contre les cyclistes. Quoi ! On s'est battus pour eux, on a fait le siège des mairies, des élus pour qu'ils aient enfin des pistes cyclables dignes de ce nom, on leur livre la ville aux dépens des bagnoles bruyantes et polluantes et eux, au lieu d'être heureux, de planer sur leur vélo, ils agissent en hordes de barbares, roulant sur les trottoirs, prenant les sens interdits, renversant les grands-mères, jouant de la queue de poisson avec les taxis, flirtant avec les bus... N'importe quoi!!!  On va finir par les haïr, foi de piéton. Aujourd'hui j'ai failli me faire renverser par un énergumène qui non content de brûler le feu rouge m'a engueulé alors que je me hâtais dans le passage réservé aux bipèdes! Bon oublions-les un instant et jetons un oeil sur l'Elysée Montmartre qui, au métro Anvers inaugure la promenade.

  L'Elysée Montmartre eut une histoire mouvementée; il peut être considéré comme le véritable temple du French Cancan qui y fut inauguré sous le nom de quadrille naturaliste avec des artistes comme le fameux Valentin le Désossé ou la môme Vide Bouteille, la Goulue. Tous deux seront débauchés par Ollier qui les entraînera dans son Moulin Rouge. Cette agréable leveuse de jambe orne à juste  titre le fronton de l'établissement qui après un incendie fut reconstruit au début du XIXème siècle.


   Et maintenant, nous empruntons la belle promenade appréciée des touristes et des parisiens. Un démenti à Bénichou et Ruquier qui dans leur émission du soir un tantinet démago (et qui est enregistrée non loin de là, au Moulin Rouge) déclaraient que l'espace  offert aux piétons restait désert et qu'il n'y avait pas un chat sur le boulevard!!! Jetez un petit oeil à gauche sur le lycée Jacques Decour, très représentatif des lycées-casernes du XIXème.

 




  Sur votre droite le Trianon.  Sa façade est aujourd'hui dans un triste état. Il serait grand temps de lui redonner un peu de jeunesse... L'intérieur avec son escalier monumental, ses statues, son foyer, sa salle en fer à cheval donne une idée de son ancienne splendeur. Le Trianon fut affublé de différents noms avant de ne garder que l'essentiel : Trianon-Concert (où triompha la Miss), Trianon-Théâtre, Trianon-Victor Hugo, Trianon-Lyrique....Avec tous ses patronymes flatteurs, il ne mérite certes pas qu'on le laisse se dégrader ainsi. La dernière fois que j'y suis allé, c'était pour Brigitte Fontaine, pour un tour de chant déjanté et parfois génial. Mais c'était dans un autre temps car la Diva encourageait ses fans à fumer dans la salle qui se transforma assez vite en Hammam toxique et très vraisemblablement parfumé d'autres parfums que celui de l'herbe à Nicot!

 




  Un peu plus loin, au 120 du boulevard Rochechouart, nous voyons la Cigale. Il est difficile de l'imaginer telle qu'elle était au début du siècle avec son style art nouveau qui ne craignait ni la fantaisie ni l'exubérance. La salle accueillit tout comme sa voisine du Trianon, les grandes stars de la chanson française comme Mistinguett, Maurice Chevalier ou Arletty. Dans les années 40, la salle déchue devint un cinéma un peu louche qui se spécialisa dans les films de Kung-Fu. Il fallut attendre l'initiative des Rita Mitsouko pour qu'elle retrouve sa vocation. Elle fut rénovée par Philippe Starck et est désormais protégée par son classement Monument Historique...



 

 Quelques mètres plus loin s'ouvre la rue des Martyrs où vous aurez le choix entre Michou et Madame Arthur. Mais c'est le Divan du Monde que vous découvrez d'abord. Au 2nd Empire, il y avait là une brasserie qui devint après s'être habillée de rococo japonisant le Divan Japonais. Vous y étiez accueillis par de charmantes hôtesses plus ou moins nippones et plus ou moins geishas... Baudelaire, Lautrec ou Picasso apprécièrent l'endroit. Lautrec lui assura une renommée durable en créant à la demande du directeur une affiche restée célèbre où l'on voit deux de ses modèles fétiches : Jane Avril au premier plan et à l'arrière, Yvette Guilbert et ses longs gants noirs .







 Contrastant avec le kitch de Madame Arthur, de l'autre côté du boulevard, le consternant immeuble le Bouglione. Ce hideux cube gris posé en pleine ville par des concepteurs sans talent a remplacé le très beau cirque Medrano où Boum Boum le clown eut son heure de gloire. Paris a souffert sous Pompidou et consorts de destructions de vandales qui n'ont jamais connu que leurs intérêts et l'obésité de leur porte monnaie. Je me souviens avoir assisté dans le cirque qui allait disparaître peu après à un très beau spectacle d'Ariane Mnouchkine : le Songe d'une Nuit d'Eté. Un cauchemar d'une nuit d'hiver amena grues et promoteurs qui nous imposèrent cette ignominie glaçante.






  Continuons la balade entre les pistes cyclables.... Côté gauche du boulevard les immeubles abritent de nombreux ateliers d'artistes. Ils sont  toujours orientés vers le nord afin d'accueillir la lumière précise propice à la création picturale. Mais je me demande combien de véritables peintres les occupent aujourd'hui où la spéculation prive les artistes de tels lieux au profit des enrichis du CAC 40 qui très souvent n'ont d'artiste que le lieu qu'ils investissent.




           Sur le côté droit grand soleil sur les immeubles dont les balcons s'en donnent à fleur-joie. Nous arrivons place Pigalle (sculpteur dont la dernière demeure est perchée tout en haut de la butte dans le petit cimetière de l'église Saint Pierre). La station de métro de Guimard qui en son temps fit hurler les gens de goût nous surprend toujours par son délire de fonte  et ses fleurs oranges au bout de leurs tiges, à la fois végétales et mantes religieuses. Un petit coup d'oeil au fameux jet d'eau que chanta Ulmer et qui a repris depuis peu son service rafraichissant.








 

  Le cinéma Atlas, connu pour ses rencontres très sexuelles et très gay (lien : cinéma atlas pigalle me rappelle les films de Jacques Nolot : la Chatte à deux têtes et surtout Avant que j'oublie. La fin de ce dernier film se situe dans l'entrée du cinéma où Nolot qui a accepté de se travestir reste un instant contre le mur avant de descendre vers la salle comme vers un gouffre, un appel de la mort.
  Nous ne serions pas à Pigalle si ne se succédaient les boîtes, les clubs, les temples du porno, les super marchés du sexe. Je ne sais pas pourquoi Ganesh s'est perché sur le Moon City, club libertin de 1200m2 avec hammam, sauna, jaccuzi...(comme dit la pub!)





  Un peu plus loin, une plaque rappelle que le peintre Pascin vécut à Pigalle. Ce peintre des femmes qui fréquenta les cabarets de la butte vécut ses dernières années derrière ces murs où il s'ouvrit les veines un jour de juin.
  Impossible de ne pas remarquer la très belle villa des Platanes construite à la fin du XIXème par Edmond Deloeuvre dans un style néo Renaissance. A travers les grilles on peut apercevoir l'escalier à double volée agrémenté de porte-torchères.





  L'étonnant Hôtel Radio construit dans les années 30 et qui a été récemment réhabilité.


 Le musée de l'érotisme vous permettra de parfaire votre culture en ce domaine primordial. De nombreuses oeuvres de différentes cultures permettent de mesurer l'imagination créatrice et fantasmatique de notre espèce. Deux gros bonshommes très peu érotiques vous attendent à l'entrée et ne semblent pas impressionner ces touristes qui vont leur chemin comme si de rien n'était...

    Bon, nous arrivons au métro Blanche près du célèbre Moulin Rouge qui vit sur sa réputation et qui du point de vue esthétique ne présente que peu d'intérêt. Il eut son heure de gloire et fait partie de la mythologie montmartroise. Ayons une petite pensée pour la Goulue qui passe son éternité à proximité.


 Terminons notre balade en regardant avec consternation l'immeuble de castorama et de l'hôtel Ibis. Il y avait là un cinéma Gaumont d'un remarquable style art deco (il avait lui même succédé à l'hippodrome). La salle était un chef d'oeuvre (j'ose à peine dire que j'y ai vu Ben Hur) et par chance l'orgue a été sauvé et a été remonté dans le survivant des pavillons Baltard à Nogent. En ces temps immémoriaux les salles de cinéma assuraient des spectacle d'entracte avec chanteurs, jeux d'eaux, jeux de lumière... Mais gardons un peu d'espoir, sur le chemin de retour, vous pourrez entrer dans la chapelle sainte Rita très fréquentée par les dames de Pigalle et qui est, comme chacun sait, la patronne des causes désespérées...

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES ENFANTS








Petit homme perdu dans le grand hôpital
Petit prince tombé sur la planète étrange
Où sur des arbres peints au feuillage trop pâle
Se taisent les oiseaux qu'aucun vent ne dérange

Petit homme perdu dans le grand hôpital
Je suis venu ce soir t'emmener loin d'ici
Dans un pays de fleurs et de bois de santal
Où sous les feuilles d'or les statues vous sourient

Ne perdons pas de temps, l'éléphant nous attend
Il connaît le chemin vers ce pays heureux
Où les gars de ton âge habillés de safran
Sont très beaux comme toi et n'ont plus de cheveux. 

 

 

Liste des poèmes pour les enfants. Liens.

 

poème enfant : La semaine.  

Poème enfant malade. Retour de l'hôpital.


 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités



 Un beau jour de printemps qui ressemble à l'été, un jour idéal pour aller à la rencontre de Dalida dont le nom malgré le tragique et la solitude évoque la vie et le soleil. Je passe par les vignes de Montmartre, reliquat d'un vignoble qui du temps des Abbesses dévalait les pentes et occupait un vaste espace aujourd'hui loti. Il fournissait un petit vin de bon renom qu'on appelait Goutte d'or et qui a donné son nom à un quartier populaire de Paris non loin de là. La dernière cuvée a été baptisée Cuvée Dalida !









  Nous voici Place Dalida, une très jolie petite place ombragée située à quelques centaines de mètres de sa maison. Un buste un peu sévère regarde passer sans le voir un groupe d'enfants. Ce buste commence à faire l'objet d'un véritable culte de la part d'adultes qui caressent les seins de bronze. Il y a ainsi, ici et là de telles vénérations : le pied de Saint Pierre à Rome et dans l'église de Montmartre, le sexe de Victor Noir au Père Lachaise... Les seins de Dalida. Ces derniers me paraissent et de loin mériter plus que les autres un tel hommage !



 Je prends la rue Girardon et sur le chemin j'accepte le salut de Marcel Aymé qui en hommage à son Passe-Muraille a été représenté par Cocteau, traversant les murs. Il semble venir de la nuit et de la mort où il repose et n'avoir pas la force de faire le dernier pas qui le projetterait parmi nous. Je remarque que sa main a reçu elle aussi bien des caresses... Je l'ai moi-même saisie et j'ai cru un moment que ce petit coup de main l'aiderait à se dégager de ce vilain mur...

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 J'arrive rue d'Orchampt, devant la maison de Dalida. Elle l'aima ce refuge qu'elle avait choisi au plus haut de la butte et qui ouvre ses fenêtrtes sur Paris tout entier.
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                            Rue d'orchampt. L'escalier...
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                                      La chambre de Dalida
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                                                          Le salon
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                                               La salle à manger
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                           La petite Austin de Dalida, rue d'Orchampt.

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                                                Sur le perron

 Dalida réservait deux étages aux amis qu'elle aimait recevoir et qu'elle aurait voulu regrouper comme une grande famille dans ce "village" qu'elle avait élu.







Je descends la rue Lepic et j'arrive très vite au cimetière de Montmartre la dernière demeure de Dalida. Elle y est représentée debout, les yeux clos sur elle même, fermés à la lumière du jour mais comme ouverts  sur un monde plus vaste et plus lumineux. Le soleil qu'elle ne voit plus, ce soleil d'Egypte où elle est née, semble irradier d'elle même. Un coeur de fleurs blanches a été dépopsé à ses pieds... Il n'est pas si loin ce jour de mai où Dalida décida de mettre fin à ses jours. Aujourd'hui le soleil et les fleurs viennent lui dire qu'on ne l'oublie pas.
 
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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES ENFANTS

Le Père la Semaine
 
Le père La Semaine
Promène
Ses enfants main dans la main
 
Le premier est dans la lune
Il possède un petit chien
Qui aboie dès le matin
Et ne mange que des prunes
 
Le deuxième est un martien
Etrange et végétarien
Qui avale des salades
Pour n'être jamais malade
 
Le Père La Semaine
promène
Ses enfants main dans la main
 
Le troisième cherche de l'or
Il saccage la nature
Et tue les alligators
En répandant du mercure
 
Le quatrième est vantard
Il se prend pour Jupiter
Quand il brandit un pétard
En criant : "C'est le tonnerre" 
 
Le Père la Semaine
Promène
Ses enfants main dans la main
 
Le cinquième est une fille
Si jolie que les garçons
Dans la cour offrent leurs billes
Pour un baiser sur son front
 
Le sixième a une montre
Aux aiguilles de diamant
Il embroche les secondes
Sur un fil de cheveu blanc
 
Le Père la Semaine
Promène
Ses enfants main dans la main
 
Mais le plus beau c'est Dimanche
On dit qu'il est paresseux
Quand il saute dans les vagues
Le soleil dans les cheveux
 
Et si parfois il se penche
C'est pour cueillir dans les algues
Un coquillage de nacre
Qu'il envoie aux amoureux.

 

 

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