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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON PLAGES




Dernier dimanche d'été à Grand village. Nostalgie des derniers beaux jours. Un été de plus au compteur de la vie. combien d'étés encore avec ceux que l'on aime ?
La plage de la Giraudière à Grand Village, 10h30 ce matin. Les surfeurs attendent la vague.


 

Mais elle ne fait pas de gros efforts, la vague. Elle est épuisée d'avoir porté des milliers de pingouins sur planche pendant des mois pourris pour les baigneurs (les baignassous comme les appellent les charentais)  et bénis pour les surfeurs.


Les oiseaux reprennent possession de l'espace. Cette mouette a mis sa coiffure d'hiver, tête blanche et petite attache noire derrière l'oeil. Elle a perdu son bonnet noir de l'été.


  Lui, il n'a toujours pas mis sa culotte d'hiver. il cherche parmi les cailloux le fossile précieux.
 


Au pied des dunes menacées, cette femme retarde au maximum le
moment de remettre son soutien gorge gorge d'hiver!




Il avait posé des filets et il est venu les retirer à marée basse. comme tout pécheur qui se respecte il esquisse un pas de danse  (entrechat)car la récolte est bonne. Malheureusement pour les petits poissons.

      Ces deux là ne sont pas pressés de retrouver leur vélib.

      Et cette petite qui s'appelle Nini aimerait bien que son école se tînt sur la plage avec les coquillages et les étoiles de mer.




Dans la douceur fragile de ces derniers beaux jours un bain d'écume et de lumière.




Voilà c'étaient les dernières images d'Oléron. Demain c'est l'automne, je vais rentrer à Montmartre avec Titiche qui fait semblant de dormir mais a bien repéré les valises. Ne t'en fais pas ma vieille, je t'emmène avec moi et si Dieu veut nous reviendrons l'été prochain

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lien : Les plages d'Oléron :

Oléron. Les Plages. Classement alphabétique.

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER
















     Une carte postale de Bône trouvée dans une brocante.... Je l'achète et la donne à Nicole. Le passé alors, à peine endormi se réveille. L'été 62, les valises, les adieux et l'arrachement à cette ville, ce pays où depuis des siècles et peut-être même avant la conquête arabe, des juifs s'étaient installés après bien d'autres départs et bien d'autres espoirs. Cette carte montre une ville qui n'existe plus. La cathédrale a été détruite, la statue dénudée à la grappe de raisins s'est volatilisée... Les statues meurent aussi...
    Les lotissements ont cerné le stade et la ville qui fut Hippone et Bône s'est donné un nom sonore et ensoleillé : Annaba, cité des jujubes.
   Nicole aimait l'Algérie. Son père aimait les gens de ce pays et cette langue arabe qu'il connaissait bien. Ils n'avaient rien à voir avec les colons et ceux qui par leur attitude avaient permis au fossé de se creuser... On savait bien, étant juifs qu'il était illusoire de se croire habitant d'une terre ou d'un pays. Les lois de Vichy avaient rappelé à ceux qui l'avaient oublié que du jour au lendemain on pouvait vous enlever votre nationalité, votre métier et vous transformer en porteur d'étoile. Mais enfin, ils étaient là les Allouche, ils respiraient l'air clair et parfumé de cette terre.
Eté 62, le départ. L'arrachement. L'adieu à l'enfance, au soleil.















    Au dos de la carte, un appelé écrit ces quelques mots : Chers grand-père et tante. C'est de dessous  la guitoune que je viens vous donner de mes nouvelles. Cet après midi comme tous les jours nous sommes allés à la plage. Avec la chaleur qu'il fait, l'eau était bonne et nous avons passé une partie de la soirée à barboter. Ici c'est vraiment la vie rêvée, pas beaucoup de boulot et la demi journée à se promener. Avec ça les quelques mois qui me restent à faire passeront assez vite. Je ne vais pas vous en raconter davantage car il commence à faire noir et je n'y vois presque plus . Je termine en vous embrassant très fort et à bientôt.
Bernard.

Cette carte est écrite le 26 juin 1962. La vie rêvée des uns et l'exode des autres vers une France glacée et inhospitalière.
Le temps des cerises est toujours nostalgique et cependant c'est à lui que je pense aujourd'hui en évoquant la ville des jujubes. C'est une petite robe légère brodée de fruits rouges et de lettres dansantes que mettait une petite fille en rentrant de la plage. Elle n'en a jamais oublié le contact soyeux sur sa peau, comme elle n'a jamais oublié la lumière, les parfums, les chants et les regards de son Algérie.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Cette enfant du Nord jouant pour un jour les geishas s'est transformée au gré, bon ou mauvais, du temps qui fuit en une octogénaire réfugiée dans sa maison sous les pins de l'île d'Oléron. Mais son regard étonné et mélancolique est resté le même, fidèle
  à ces années baignées de poésie, à son père lui-même poète et qui ne savait pas que la fillette cachée derrière une porte ne perdait pas un mot de ces soirées où il réunissait des amis pour écouter des vers.
   Elle n'a cessé d'écrire, récoltant comme par mégarde de nombreux prix et habillant les mots de ses peines et de ses joies.



    HERITAGE

Je n'avais que douze ans quand j'ai perdu mon père.
Il était tout pour moi. Ce fut un drame affreux.
Nous habitions Arras et nous étions en guerre
J'ai vu notre maison détruite par le feu

Nous avions tout perdu et, même la vaillance
Ne pouvait nous aider à supporter la peur.
Nous étions occupés, inquiets pour la France
Sous les bombardements et frappés de stupeur.

Ma mémoire a gardé mes souvenirs d'enfance
Cachés profondément, impalpable trésor.
Mon père était poète et maître en éloquence;
Ses vers m'ensorcelaient, rutilants comme l'or.

Dans le salon feutré, attentive à l'extême,
J'écoutais ses amis déclamer leur poème.
J'étais émerveillée, en rêvant qu'à mon tour
Je pourrais égaler leur talent un beau jour.

Avant de refermer le livre de sa vie,
Mon père m'a légué le don de poésie.
Je rassemblais les mots dispersés dans ma tête
Et ce fut par amour que je devins poète.




    



     Par amour certes... et pour l'amour... Chacun sur cette terre où il est passager recherche l'impossible amour, l'être unique qui se donne et accueille. Cette fille du Nord, belle et solaire va donc naviguer d'étoile en étoile, de coup de foudre en désillusion.
 


EQUIVOQUE

Tu es ma joie, tu es ma peine,
Mon ciel d'été ou mon enfer
Tu es mon Dieu, mon Lucifer,
Tu es l'amour, tu es la haine.

Tu es l'éternelle rengaine
Dont les mots rentrent dans ma chair
Tu es ma joie, tu es ma peine,
Mon ciel d'été ou mon enfer.

Tu es mon espérance vaine,
Le labyrinthe où je me perds,
Une traversée du désert,
Sans même la moindre fontaine,
Tu es ma joie, tu es ma peine
.


DESIR

Je te veux je te veux je te veux
Toi et ta bouche en feu
Toi et tes mains qui glissent
Le long de mon corps
Comme un ancien remords
Je te veux avec les cheveux
Sur les yeux


MALENTENDU

Je ne serai pas le miroir
Où se reflète ton visage.
Je ne suis pas la vierge sage
A enfermer dans un manoir.

Je ne suis pas le reposoir
Où tu m'adores, frêle idole.
Je suis plutôt la vierge folle
Que tu revêts de ton espoir.

Je ne peux que te décevoir,
Pauvre Pierrot sans Colombine.
Moi je ne suis qu'une Arlequine,
Un oiseau libre, sans perchoir.

Il faut que je garde mes ailes,
Je ne veux pas de bague au doigt.
Qu'importe si parfois j'ai froid :
Le Ciel et l'Océan m'appellent.



















Dans une société française encore conformiste et hypocrite, elle ose affirmer son désir profond de liberté. Sa sensibilité la pousse vers la nature menacée et vers les animaux muets que l'hégémonie des hommes méprise et exploite .

POLLUTION

Que sonne mon heure dernière
Quand les fleurs ne pousseront plus
Quand les oiseaux ne seront plus,
C'est ma plus instante prière.

Quand les berges de la rivière
Disparaîtront sous les rebuts,
Que sonne mon heure dernière,
Quand les fleurs ne pousseront plus.

A l'orée de la clairière,
La biche et le cerf éperdus
Bondissent dans les détritus,
Le bois n'est plus qu'un cimetière,
Que sonne mon heure dernière.



















     Elle découvre la joie et la difficulté d'être mère. Connaissez-vous beaucoup d'enfants qui ne reprocheront pas à leur mère des manques, des égoïsmes et des blessures ? Mais il est des sourires qui ne trompent pas.

NE SOIS PAS UN MOUTON

Ne sois pas un mouton, surtout mon petit homme,
Ta laine, sur ton dos, on te l'enlèvera,
Ne sois pas un mouton, surtout, ne sois pas comme
Moi qui t'ai mis au monde un soir de Mardi-Gras.

J'en demande pardon, à toi, mon petit homme.
Le renard m'a trompée. Mon chemin était droit.
Il m'a dit qu'il m'aimait et j'ai croqué la pomme;
Quand tu me fus donné, je n'ai pas su pourquoi.

Il m'a dit qu'il m'aimait, qu'il avait un royaume
Dont je serais la reine, avec la bague au doigt.
Il m'a dit que l'amour y serait toujours roi.
Je suis seule aujourd'hui, je n'ai pas de royaume

Et je n'ai jamais eu de bagues à mes doigts.
Ne sois pas un mouton, surtout, mon petit homme,
Ne sois pas un mouton, ne sois pas comme moi.



    Elle peut être rassurée et soucieuse à la fois car son fils n'est certes pas devenu un mouton bêlant. Il voyage sur cette terre avec sa guitare et ses chansons. Il joue avec les mots dans l'espoir de trouver la formule magique qui ouvre les coeurs et rend la vie lumineuse.







       









 Parmi les rencontres qui ont compté dans sa vie, celle de Maurice Fombeure avec qui elle est ici photographiée chez Lipp nest pas des moindres. Avec ce poète solide et fantaisiste, elle aime partager sa fragilité et son inquiétude. Son influence légère se fera sentir parfois dans ses poèmes.

A BAYONNE

A Bayonne
Je ronronne
Comme un chat
Gros et gras.
Mon amie
Est ravie
De ma joie
Sous son toit.
Sa cuisine
Est divine.
Je jubile
Volubie
Et la pluie
Se replie...
Le bonheur
Baladeur
Nous revient
Magicien.
L'amitié
Retrouvée
Resplendit
Sans répit.
A Bayonne
Je rayonne.



















  Toujours jeune d'esprit et de coeur, elle vit aujourd'hui en insulaire dans une Charente Maritime qui comme il se doit apprécie plus les charentaises que les semelles de vent... 

Mais il reste des oreilles pour entendre et des coeurs pour comprendre...

L'AMI

Quand je rentre le soir dans ma vieille chaumière,
Il est là, il m'attend, heureux de mon retour.
Son intense regard appelle mon amour
Et dans mon coeur ému resplendit la lumière.

Je m'assois près de lui, coutume journalière,
Et lui dis à mi-voix que je l'aime toujours.
Son soupir me répond, approuvant mon discours,
Car pour lui je suis tout, jusqu'à l'heure dernière.

Il ne va pas rejoindre au bistrot les copains;
Il ne boit que de l'eau, sobre, soir et matin.
Il ne cavale pas après quelque donzelle.

Il est vraiment gentil : il n'est jamais grognon.
Je peux compter sur lui, assidûment fidèle,
C'est mon chien, mon ami, il est mon compagnon.










































































 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER

 Une vidéo antisémite fait beaucoup parler d'elle en ce moment. Elle est hébergée par Daily motion et certains commentaires qui s'offusquent des réactions indignées font froid dans le dos.  


Réagir ou ne pas réagir?
En réagissant on risque de donner encore plus de publicité à cette sale entreprise. En ne réagissant pas on risque de laisser s'installer la banalisation du racisme ordinaire.
Un diaporama de personnalités  désignées comme étant juives défile sur les paroles d'une chanson dont il faut lire le texte pour bien comprendre à quel point elle dégouline de clichés vulgaires et primaires qui caractérisent l'antisémitisme rigolard. Une photo plus explicite que les autres montre Anouk Aimée sur fond d'Auschwitz. Une autre représente Simone Weil dont on sait qu'elle a perdu sa mère dans les camps. Mais bien sûr comme dit l'auteur dans sa question à "deux schekels" son montage n' a rien de raciste, il faut seulement deviner ce qu'ont en commun toutes ces personnalités qui défilent...
C'est sans doute par hasard qu'en ouverture de diporama apparaît un petit animal connu pour s'emparer des gîtes des autres animaux et pour leur sucer le sang.
Je vous propose le texte de la chanson de Georgius afin de ne pas parler pour rien et pour se rappeler qu'on a pu en France produire de telles oeuvres et puis après ce texte, je suggère à l'auteur de cette belle entreprise de préparer un autre montage  avec des arabes puis des homos puis...
Enfin je lui propose d'enrichir sa liste avec un autre juif qu'l a malencontreusement oublié. Question à trois shekels : Qui cela peut-il bien être???
Réponse après la chanson.


La noce à rebecca

La fille de Monsieur Mayer
Rébecca s'est mariée avant-hier
Elle a épousé l'fils Lévy
Le marchand d'rob's du passage Brady
Y avait là Madam' Pomeratzbaum
Monsieur Schmoutz, Monsieur Olimbaum
L'oncle Schwartz la cousin' Kaufmann'
et les onz' frèr's hartmann'
Le docteur Blum égal'ment
Qui était de la fête
En l'honneur de c't'évènement
Avait changé d'chaussettes !

Refrain :
Ah ! mes enfants
On s'en souviendra longtemps
Dans dix ans on parlera
Encor' de la noce à Rebecca

Il y avait eu un grand déjeuner
La p'tit' Rébecca avait l'ventre gonflé
Son mari, un typ' sans façon
Dut déboutonner son pantalon
L'docteur Blum mangeait avec ses doigts
Sa femme lui dit deux fois :
"ça te donne un très mauvais air
Tu n'as donc pas de couvert?"
Il lui répondit viv'ment :
"Ne me fais pas d'reproche
Comme il était en argent
Je l'ai mis dans ma poche"

Refrain

Après l'déjeuner on dansa
Les onz' frères Hartmann n'attendaient que ça
Mais ça provoqua des malheurs
Ils y mirent un peu trop d'ardeur
Voilà que de la poch' d'un gousset
Deux sous tombèr'nt sur le parquet
Tout le mond' se précipita
Un' bagarre éclata
Madam' Kaufmann fut blessée
Et conduite à l'hospice
Les deux sous fur'nt retrouvés
Cachés entre ses cuisses

Refrain

Pour calmer tous les invités
Qui se montraient un peu surexcités
Rébecca joua du piano
Le fils Lévy vendit deux manteaux
L'oncle Schwartz offrit des cigares
Monsieur Schmoutz en prit un dar'-dar'
Mais il dit au moment d'fumer :
"J'ai l'bout qu'est pas coupé !"
L'pèr' Mayer crie très fort :
"Pas coupé !... C'est tragique
Foutez-moi c't'homme-là dehors
C'est un sal' catholique !..."

Refrain


Voilà le chef d'oeuvre, pas du tout raciste bien sûr !!!!


Et voilà un des oubliés de la liste :


 

 























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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON

 

















    Comme chaque matin en Oléron, je vais me lancer sur les pistes cyclables pour une balade de deux heures, celle que je préfère entre toutes et qui va de Grand Village à St Trojan en passant par la plage. La chatte Titiche me regarde partir avec réprobation. Elle se demande ce que je peux trouver de plaisant loin d'elle alors qu'elle a encore tant de confidences à me couiner à l'oreille...

 















      Je quitte malgré tout ma petite bavarde. Ma monture m'attend déjà et piaffe à la porte bleue. Je n'ai plus qu'à me laisser guider vers le centre de la commune où commence la piste qui mène à la plage.

 

 

 










      La piste a été refaite il y a deux ans et n'est plus envahie de piétons comme elle l'était quand elle ressemblait à un chemin de randonnée caillouteux. Elle traverse la forêt avant d'arriver aux dunes qui en cette saison fleurissent jaune :

 

 

 

 

 

 

 

    Les dunes de Grand Village sont aujourd'hui menacées. Elles reculent chaque année avec les marées, les vents et le sable qui les étouffe. Il est étrange de se dire qu'une dune peut mourir ensablée... Mais c'est une agonie visible... Les pins meurent les premiers; Ils se dessèchent et noircissent. Ils ressemblent à certains endroits à une forêt de Max Ernst ou à des barbelés dérisoires.  Oléron est en première ligne pour subir la montée des eaux et les conséquences de nos folies industrielles. Je pense à Léo Ferré en regardant la lente dégradation de la nature sauvage : "Le capital qui joue aux dés notre royaume"....

















     Allons! Adoptons une positive attitude  comme dit la chanson débile citée en son temps par le très cultivé et très distingué  Raffarin..          La piste débouche sur la plage, l'espace, les oiseaux. C'est beau comme un premier matin du monde. Il suffit d'arriver vers 9 heures et l'univers est à vous. Aucun pêcheur, aucun baigneur ( les gens du pays les appellent les baignassous!) aucun chasseur (ils attendront Septembre pour se mesurer avec courage et vaillance aux terribles invasions de canards et d'oies qui menacent notre planète).

 



















     Le sable dur de l'estran permet de filer à bonne allure sur la plage de la Giraudière qui change de nom quand elle dépend de la commune de St Trojan et devient la Grande Plage. Une épave marque la frontière entre les deux communes.



















    De nombreux navires ont connu un triste sort à l'approche de Maumusson où les courants sont violents et les vents puissants. Cette silhouette noire est le fantôme d'un cargo uruguayen, le Presidente Vieira qui vint s'échouer sur la Grande Plage une nuit de novembre 1916. Les prisonniers allemands détenus dans la citadelle du Château furent alors requis pour vider le navire. 





















       Un mat permet aux nageurs de situer la carcasse rouillée lorsque la marée haute la dissimule et devient dangereuse. Un goéland apprécie la vue imprenable... 

                                                                                                                    

















 Il faut parfois mettre pied à terre et franchir les baïnes le vélo à bout de bras.
       En voici une qui permet de comprendre pourquoi chaque été des nageurs sont emportés au large. La baïne est ici en train de se vider dans l'océan mais lorsque la mer monte , les vagues dévalent dans le lit creusé dans le sable et ce mouvement provoque un fort courant d'évacuation auquel aucun nageur ne peut résister. La seule solution est alors de se laisser entraîner en mer et de faire signe aux bateaux de pêche ou aux plaisanciers....

 

 

 















 

 

















    Vous arrivez à la pointe de l'île, face aux dunes du continent, un des endroits les plus préservés qui soient : le sable, la mer, la forêt, pas une construction à l'horizon.... C'est pour moi le lieu privilégié où vous pouvez un instant exposer votre tête et votre corps au vent et à la lumière. Vous êtes seul au monde avec le chant des vagues et le cri des oiseaux.




 


















       Après cette halte aux confins de l'île, la balade continue sur la plage qui longe le pertuis. Une petite anse mène vers Gatseau. A marée basse les chasseurs de coquillages envahissent l'espace et débusquent coques et louisettes (palourdes locales).





















       Devant la plage de Gatseau, comme un rappel du saccage des côtes dans les année 70, se dresse le centre de thalassothérapie. Il est heureusement une exception dans l'île où les rivages restent peu construits et où aucun complexe touristique à l'espagnole ne vient détruire irrémédiablement  la nature.























      Après l'hôtel, la piste longe la plage du soleil où les bains ne sont possibles qu'à marée haute et un peu dangereux à cause des parcs à huîtres. Nous sommes au sud de l'île, à l'endroit le plus abrité des vents du nord-ouest avec un petit air méditerranéen.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Le circuit passe ensuite par le digue Pacaud qui vient d'être refaite et vous permet d'observer les oiseaux des marais d'un côté et de l'autre les effets de lumière entre Marennes, la Seudre et Oléron. Parfois le clocher de Marennes émergeant au dessus des eaux me rappelle Venise et San Giorgio. Modestement.
Un regard sur cette villa et son clocher, ma préférée de St Trojan.

 

 


















Maintenant je dois filer vers la maison car l'heure de l'apéro approche et je connais quelqu'un qui commence à regarder sa montre.

 

 

 

 

 

 

 

     



      Après le port de St Trojan et la forêt, la piste passe par Petit Village et le port des Salines, quelques cabanes pour touristes avec écomusée, boutiques, restaurant et grenier à sel. Tout est faux mais c'est un beau décor qui plaît aux parigots (dont je suis) et aux producteurs locaux qui viennent chaque mercredi vendre les produits du terroir.

 

 

 

 

 

 

 







Maintenant je file vers Grand Village et je lèverai mon verre de Pineau  à la santé de tous ceux que j'aime.

lien : La chapelle de Grand Village (Oléron) Elie Murat.  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER






















(L'auteur des lettres est la deuxième femme à gauche. L'homme au milieu est Paul Wacrenier, son frère. L'enfant devant lui est Louis Wacrenier)
    

           Loin de Montmartre et de ses secrets, je profite de mon séjour oléronnais pour fouiller dans les cartons entassés dans le grenier de ma tante. J'y ai trouvé des lettres écrites en 1916 par une grand-tante que j'ai à peine connue, Berthe Wacrenier, une femme humble et douce qui perdit comme tant d'autres son fiancé pendant la Grande Guerre et qui lui resta fidèle jusqu'à la mort. La première lettre que je vous propose raconte une exécution dont elle fut témoin à Liévin.


EXECUTION

     Escorté de deux gendarmes allemands, un homme parcourt la grand'route de Douai à Lens. Sans doute sa figure très pâle trahit-elle une intense émotion; mais sa démarche fière et ferme n'est pas celle d'un coupable. La bravoure est un crime aux yeux de l'ennemi. Ce français décoré de médailles n'a donc pu trouver grâce devant le conseil de guerre et d'ailleurs il n'a pas daigné se défendre. Pour faire plaisir à son fils qui est soldat, il a voulu sauver ses deux pigeons préférés et c'est pour cela que Paul Busière jugé et condamné à mort à Douai doit être fusillé à Liévin sa ville natale. Cependant il marche d'un pas ferme et décidé. Le voici maintenant dans sa commune. Pour la dernière fois il revoit ces champs où il jouait jadis, ces chemins qu'il suivait pour se rendre au travail, cette grand'route qui le conduit vers la mort. Des amis, ignorant la sentence, sortent des maisons et le saluent amicalement. D'autres le suivent à distance et cherchent à se renseigner. Ah oui !  on le sait bien, il a voulu cacher deux pigeons; un allemand l'a dénoncé. Sans doute il fera plusieurs jours de prison; il a été trop téméraire.... Mais il arrive bientôt à la brasserie transformée en Kommandantur et l'on fait appeler sa femme. Elle arrive, très inquiète, reçoit sans explications quelques objets appartenant à son mari puis froidement on lui montre la porte. Au moment où elle franchit le seuil, des détonations retentissent et lui apprennent que son mari n'est plus...
     Deux mois plus tard, des affiches placardées en ville portent le libellé suivant : Par ordre de l'autorité allemande, le mineur Paul Busière a été fusillé pour avoir conservé chez lui deux pigeons voyageurs.
















Berthe Wacrenier est la première à droite.



EVACUATION


     Décembre 1916
 

    Le moment du départ est arrivé. Après un long regard d'adieu sur la cave qui nous sert d'abri depuis 27 mois, je monte rapidement l'escalier encombré des débris de ses deux murs croulants.
    Me voici dans la cour. Je veux voir pour la dernière fois la maison où s'écoula notre heureuse enfance. De nombreux obus l'ont atteinte mais elle est foujours debout et son toit qui pend lamentablement, domine encore toutes les habitations voisines. D'énormes trous crèvent la maçonnerie de toutes parts. Derrière le bâtiment principal se trouve notre cuisine que le bombardement a épargnée. La cheminée seule est abattue. Et voici le long châssis de bois qui jadis se prêtait si complaisamment à nos jeux. Je traverse la salle à manger qui abrita nos joyeuses réunions de famille. Ici encore la guerre a fait son oeuvre. Le buffet et une table défoncés gisent sur un tas de bois qui protège l'entrée de la cave. Vivement, car le temps presse et la patience des allemands a ses limites, je me dirige vers le magasin, naguère l'orgueil de mes parents. Comme en rêve, je revois la foule bruyante qui s'y pressait aux jours de fête; j'entends encore la voix de mon père stimulant son personnel et les appels familiers des clients...
     Hélas ! Les vitrines étincelantes ne sont plus qu'un tas de débris informes, les coiffures s'écrasent sur des morceaux de comptoirs et l'eau qui filtre de partout tombe lentement, goutte à goutte, comme de grosses larmes, sur le carrelage couvert de briques et de plâtre.
     Pour la dernière fois, je franchis le seuil de la maison qu'il faut abandonner à l'oeuvre de destruction. Tristement, le père Cornet nous regarde partir. Ah pauvre vieux du pays ! Tu symbolises tout ce que j'aime et que je dois quitter. C'est à notre chère demeure, au sol natal, à ses malheureux habitants que je dis adieu en pressant sur mes lèvres ta dure figure flétrie. 


J'ai retrouvé avec ces lettres ce mouchoir sur lequel Berthe avait écrit au crayon afin de pouvoir passer les lignes sans être inquiétée.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES. AMOUR.


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 Qu'Apollinaire me pardonne d'avoir "déposé " des dessins au long de ses vers.  Ce n'est pourtant qu'un début, la première partie de ce long poème qui est pour moi le plus beau écrit en notre langue : La Chanson du Mal-aimé

 

 

 

 

 

 

 

    

LA CHANSON DU MAL-AIME

 


























Et je chantais cette romance
En 1903 sans savoir
Que mon amour à la semblance
Du beau Phénix s'il meurt un soir
Le matin voit sa renaissance





























Un soir de demi-brume à Londres
Un voyou qui ressemblait à
Mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu'il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte


 

 

 

 

 

 

 




 Je suivis ce mauvais garçon
Qui sifflotait mains dans les poches
Nous semblions entre les maisons
Onde ouverte de la Mer Rouge
Lui les Hébreux moi Pharaon



























Que tombent ces vagues de briques
Si tu ne fus pas bien aimée
Je suis le souverain d'Egypte
Sa soeur-épouse son armée
Si tu n'es pas l'amour unique






 














Au tournant d'une rue brûlant
De tous les feux de ses façades
Plaies du brouillard sanguinolent
Où se lamentaient les façades
Une femme lui ressemblant

C'était son regard d'inhumaine
La cicatrice à son cou nu
Sortit saoule d'une taverne
Au moment où je reconnus
La fausseté de l'amour même




























Lorsqu'il fut de retour enfin
Dans sa patrie le sage Ulysse
Son vieux chien de lui se souvint
Près d'un tapis de haute lisse
Sa femme attendait qu'il revînt



























L'époux royal de Sacontale
Las de vaincre se réjouit
Quand il la retrouva plus pâle
D'attente et d'amour yeux pâlis
Caressant sa gazelle mâle



















J'ai pensé à ces rois heureux
Lorsque le faux amour et celle
Dont je suis encore amoureux
Heurtant leurs ombres infidèles
Me rendirent si malheureux

Regrets sur quoi l'enfer se fonde
Qu'un ciel d'oubli s'ouvre à mes voeux
Pour son baiser les rois du monde
Seraient morts les pauvres fameux
Pour elle eussent vendu leur ombre






















J'ai hiverné dans mon passé
Revienne le soleil de Pâques
Pour chauffer un coeur plus glacé
Que les quarante de Sébaste
Moins que ma vie martyrisée























Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir


























Adieu faux amour confondu
Avec la femme qui s'éloigne
Avec  celle que j'ai perdue
L'année dernière en Allemagne
Et que je ne reverrai plus




















Voie lactée ô soeur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons-nous d'ahan
Ton cours vers d'autres nébuleuses

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières














     En venant du viaduc, un panneau "Monuments historiques" attire votre attention et vous promet la découverte d'une chapelle du dix-huitième siècle. Vous êtes alléché et pensez qu'un minimum de culture entre deux bains de mer ne peut vous faire de mal. Vous tournez donc vers le centre de Grand Village et vous êtes accueilli aussitôt par une minuscule chapelle fermée à double tour, la chapelle Saint Joseph. Vous regardez l'édifice assez banal et qui ne cache pas lui son origine résolument dix-neuvième pour ne pas dire début du vingtième!!!





















     Renseignement pris, votre impression sera confirmée. Il y eut bien une chapelle en ce lieu mais elle fut détruite complètement et un nouvel édifice vint prendre sa place à la fin du XIXème... Qu'importe, elle a son petit charme et certains villageois m'ont parlé d'une époque pas si éloignée où elle se dressait, solitaire au milieu des champs et des prés envahis de roses trémières. Aujourd'hui, il faut bien cadrer pour que la photo cache son environnement de maisonnettes de vacances qui se sont multipliées comme les pains de la parabole évangélique...

















     Mais ne vous découragez pas et réclamez la clef à Ginette, une adorable dame qui vit tout près de là (la première maison) avec un chien aboyeur qui ne vous mordra pas si vous franchissez la grille vaillamment mais qui attrapera votre main si vous avez l'imprudence de la passer à travers les barreaux.

















     L'intérieur vous réserve une agréable surprise. Murs et voûtes sont peints et vous proposent un voyage naïf dans les campagnes environnantes. Deux anges tendent une banderole enjoignant Dieu de donner son amour au Grand Village. Ce qui est sans nul doute dans ses possibilités étant donnée la modestie de l'endroit  peuplé en hiver de moins de quatre cents âmes...

















    L'artiste Elie Murat  a peint ces fresques qu'il a tenu à offrir à sa petite commune. Sa maison est à quelques pas de là. Vous la reconnaîtrez aux dinosaures composés de cailloux et de coquillages dont les murs du jardin sont ornés. Ainsi sont les artistes, doués ou non, reconnus ou pas, ils ont ce besoin de créer, de saisir les objets et d'en faire des monstres ou des paysages.
    Je l'ai rencontré avant qu'il ne rejoigne ses anges, il y a quelques années. Il était vigoureux, le visage hâlé par les vents d'ouest, le cheveu dru et blanc. Il parcourait les petits chemins et s'arrêtait, émerveillé devant les oiseaux ou les animaux si présents dans la chapelle.


































































































































        Il a souvent peint des ânes. Il devait savoir que ces humbles travailleurs nous précéderont. C'est ce que savait aussi Francis Jammes lorsqu'il écrivait sa prière pour aller au paradis avec les ânes.
    Les oiseaux de toutes plumes habitent le ciel des voûtes. On y reconnaît des habitués de l'île d'Oléron : mouettes, aigrettes, hérons, chouettes chevêches, oies sauvages ou canard patauds.
  Elie Murat a représenté également les hameaux proches de Grand Village : les Allassins, le Chaudron, le Maine, Trillou...


































































    Il n'a pas oublié Grand Village...Il a même représenté la très vilaine mairie dont l'architecture est indigente et les accès à la plage aujourd'hui encombrés de bagnoles, de vélos, de piétons, de bateaux gonflables, de bouées, de poussettes et de quelques malheureux chiens qui risqueront d'être renvoyés dans leur niche. En effet, depuis deux ans les chiens sont interdits de plage. Cette héroïque décision prise après une ou deux plaintes de grincheux qui ne supportaient pas de voir à l'horizon, sur des plages de plusieurs kilomètres nettoyées par les marées, un animal à poils, a sans doute contribué au remplissages des refuges ou à l'abandon pur et simple de compagnons devenus encombrants à l'approche des vacances. Un chien ça pisse et ça chie, voilà le problème.... mais les milliers de baigneurs comme chacun sait ne sont pas pourvus de ces fonctions animales et respectent trop l'océan pour y laisser quelque déchet organique.... Je vous avoue pourtant que j'ai ramassé plusieurs couches garnies aujourd'hui même et qu'elles ne provenaient ni de chiots ni de chiottes....même si elles en avaient l'odeur...
    Si vous avez un chien, je vous conseille la grande plage à St Trojan où familles, naturistes, sportifs
et toutous vivent en parfaite harmonie.

















































































   Au moment de quitter la chapelle, vous faites face au mur nocturne avec ses oiseaux de nuit, le viaduc et ses réverbères allumés comme un passage entre vie et mort.... Le Fort Boyard semble refermé sur lui même dans sa carapace de pierres et au-dessus de l'île, dans un frémissement d'ailes blanches apparait le Christ de la résurrection.



    





























   Sur cette bonne nouvelle, j'envoie un grand salut à l'artiste qui ne manquera pas de le recevoir et je vous souhaite de belles vacances en Oléron ou ailleurs sous la protection du dragon de cailloux et de coquillages d'Elie Murat.



lien : Roses tremieres















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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON

          Rappelez-vous Nosferatu de Murnau et le fameux passage de la réalité au fantastique : Passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre...

          En ce juillet ensoleillé pas question d'errer sur les landes brumeuses;  je vous propose de franchir un autre viaduc qui vous mènera sur une île où les fleurs essayent de rivaliser avec la surpopulation estivale.

                      Passé le pont, les roses trémières viendront à votre rencontre
....


                                                                                                                                




       Dès l'arrivée, avant même d'atteindre la première ville, le Château d'Oléron, vous les verrez sur le bord des routes, devant les cabanes ostréicoles, sur les talus....Roses, mauves, violettes, blanches, jaunes ou presque noires, elles sont chez elles de juin à septembre et semblent ignorer quelque temps encore le piétinement des promoteurs, le martèlement des touristes, le vrombissement des 4x4....




 Les spécialistes vous citeront le véritable nom de cette étrange fleur; ils vous diront qu'on la nomme Alcea Rosa ou Althaea Rosea. Les amoureux des mots vous affirmeront que son véritable nom, altéré au fil des ans n'est autre que Rose d'Outremer. La fleur serait venue dans les cales des croisés avec bien d'autres plantes et bien d'autres trésors.




 Elle a reçu d'autres noms comme passerose, primerose ou bâton de Jacob et parfois les enfants l'appellent rose crémière. Elle fut un certain temps utilisée par les teinturiers qui en tiraient une teinte violine un peu triste mais aujourd'hui elle n'est d'aucune utilité marchande; elle monte vers le ciel pour l'amour du geste et l'éclosion de ses corolles.






 Les poètes aiment cette fleur sauvage dont les racines s'accrochent aux cailloux et dont les pétales se déploient sur le ciel. Gérard de Nerval lui ouvre un de ses poèmes les plus mystérieux des Chimères, poème d'amour et de mort : Artemis :

               Celle que j'aimais seul m'aime encor tendrement (...)

                   La rose qu'elle tient c'est la rose trémière.




 C'est elle encore qui entraîne la métamorphose de la femme étrange d'Aurélia :


                        La dame que je suivais développant sa taille élancée dans un mouvement qui faisait miroiter les plis de sa robe de taffetas changeant, entoura gracieusement de son bras une longue tige de rose trémière puis elle se mit à grandir sous un clair rayon de lumiére...


  
    En ce Juillet un peu frisquet, elles sont plus belles que jamais. Il faut se hâter de les saluer au passage car très vite elles se dessécheront, leurs feuilles appréciées des bestioles de toutes sortes se transformeront en dentelles, leurs fleurs tomberont, leur hampe jaunira et fléchira.... Elles auraient pu inspirer Ronsard qui leur préféra la rose classique pour nous inviter à jouir du moment présent!






  Mais qu'il est beau ce moment fugitif où nous sommes vivants dans le soleil, avec les chats, les oiseaux et les roses trémières....







 

 

 

lien :
Le Grand Village Plage Oléron début mai.

Oléron. Roses trémières. Saint-Trojan. (2)

Oléron. Roses trémières. (1).

Poème : Rose trémière. Oléron.

 

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mm

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers
     Ainsi donc on peut haïr avec force, avec passion, avec désespoir. J'ai retrouvé ces encres noires écrites pour quelqu'un qui ne les a jamais lues.  Je les jette à la mer de l'internet qui les engloutira ou qui sait les fera naviguer comme une bouteille d'un mauvais millésime vers une plage où un vieux promeneur se baissera, l'ouvrira, se reconnaîtra, aura envie de pleurer ou de se moucher et utilisera le papier naufragé pour s'essuyer les yeux ou se vider le nez...






                                       I


                  Arracher la haine
                     Herbe mauvaise
                     Vivace avec ses veines noires
                     Et ses racines accrocheuses

                     Arracher la haine
                     Et voir s'éparpiller des milliers de fourmis
                     A la lumière criarde
                     Des oiseaux.
 


                                       II


                  C'est fait
                  Je t'ai perdu avec mon sang
                  Cette nuit d'eau tiède et de rasoir

                  Tu es parti de moi
                  Avec ce qui me restait de jeunesse
                  Avec mon jardin sous le ciel
                  Avec mon chat qui ne veut pas mourir
                  Mais ne peut résister à ta main qui l'entraîne

                  C'est fait
                  Je t'ai perdu avec mon sang
                  Et je m'éveille dans le matin blanc
                  Mort peut-être
               Mais libéré de toi.





                                                 III

             Remise tes mensonges
             Range-les au fond de ta gorge
             Tu devrais bien savoir
             Depuis juillet
             Que je vois sur ta langue
             Chaque fois que tu parles
             Des taches noires
             Comme le cancer de Kaposi.


                                                 IV

                    Tiens, ça vit là-bas dans les cailloux
                    Un rien, une zébrure, un éclat

                    Tiens, ça vit au delà des murets
                    Que tu as détruits
                    Au-delà des jardins
                    Que tu as asséchés

                     Tiens, ça vit, ça vit encore
                     ça bouge encore
                     Sous ton talon.

           
                                              V

                  Crains
                  Le quai désert et plus désert d'être secoué
                  Du grondement qui s'éloigne

                  Crains la méchante nuit et plus méchante
                  d'être imbibée de jour

                   Crains le silence et plus silence
                   De résonner des dernières syllabes

                   Crains la mort et plus mort
                   D'être à côté de la cigarette qui fume

                   Et crains-moi qui n'ai plus rien de moi
                   Que ce ricanement.





                                                    VI

              
                                          Vivre ?


               Il y en avait du sang dans cette bête noire

                Encore et encore et encore
                Cette mise à mort
                Dans une arène blanche
                Où les ombres remuent comme les algues

                Il y en avait du sang dans cette bête noire

                Tu as serré les mains sur ton coeur
                Quand elle a levé les yeux
                Tu as serré ton coeur
                Quand le soleil et l'épée l'ont traversée

                Il y en avait du sang dans cette bête noire

                Encore et encore et encore
                Cette porte qui bat
                Ce fauve aux senteurs d'herbes sèches
                Qui entre en dansant
                Fou de liberté et d'espérance. 


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