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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.



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La rue Saint-André en 1880. (Pour la rue aujourd'hui voir : rue André Del Sarte Montmartre. )

      Le Bulletin du Vieux Montmartre  nous donne de précieux renseignements sur notre rue du temps où elle s'appelait rue Saint-André.
La gravure ci-dessus nous montre l'escalier Sainte-Marie (aujourd'hui rue Paul Albert) avec à droite, au niveau de l'arbre, la rue Saint André qui se prolongeait tout au long de l'actuelle rue Ronsard pour arriver Place Saint-Pierre.

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                                          La rue André Del Sarte au moment où elle change de nom pour s'appeler rue Ronsard. 

    Pour redonner vie à la rue du 19ème siècle, je cite le texte écrit par Eugène Gaignette dans le Bulletin du Vieux Montmartre de 1922.

"Mes parents sont venus, un peu avant la guerre de 1870, habiter  le logement que j'occupe actuellement. C'est vous dire que j'ai connu toutes les transformations de l'ancienne rue Saint-André, d'abord simple sentier aboutissant à la Butte, ensuite rue finissant en impasse, aboutissant ensuite à la place Saint-Pierre, par un retour en équerre, qui englobait alors les rues actuelles Charles Nodier, Cazotte, le marché couvert, la rue Ronsard et de l'autre côté, la rue Foyatier."


Ière surprise : Gaignette écrit :

" Au numéro 15, Benjamin Constant eut son atelier. Il ne reste personne pour parler de lui."

del-sarter-001.JPG
                                           Le 15 aujourd'hui. 
 
         Benjamin Constant, une des grandes figures politiques et littéraires de la  fin du 18ème et de la 1ère moitié du 19ème, aurait travaillé dans notre rue!
         L'amant de Mme de Staël, l'auteur d'Adolphe, aurait respiré l'air rupestre de Montmartre!

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Benjamin Constant. La butte (1878). On reconnaît le coude que fait la rue vers la rue Ronsard actuelle et à droite on devine l'escalier Sainte-marie (paul Albert aujourd'hui) le long des baraques.


  Eh bien non!
 Il ne s'agit pas de lui mais d'un peintre qui eut un grand renom en son temps : Jean-Joseph Benjamin Constant(1845-1902). Il fut élève de Cabanel avant d'être influencé par Delacroix et de s'inspirer de l'Orient. On lui doit entre autres oeuvres, le plafond de l'Hôtel de ville de Paris, celui de l'Opéra Comique et quelques fresques murales de la Sorbonne. C'est lui qui aurait milité pour que la rue porte le nom du peintre florentin.

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                        "Entrée de Mohamed II à Constantinople" Benjamin Constant (1876).
 
 "La rue Saint-André prit le nom de Luc-Lambin, à l'époque de la Séparation de l'Eglise et de l'Etat et quelques années après celui d'André Del Sarte, à l'instigation, je crois de Benjamin Constant."

 Poursuivons la lecture de Gaignette :

 " La poste, peu familiarisée avec le grand peintre italien, dirigeait nos lettres rue Saint-André-des-Arts, d'autant plus que le public les adressait souvent rue Saint André-del-Sarthe!"
 
   Les habitants de la rue souriront, eux qui reçoivent si souvent des enveloppes libellées rue "André del Sarthe" quand ce n'est pas "André del Sartre"!

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               Le 2 et le 4, modestes immeubles qui sont restés tels que Gaignette les a connus. Le 2, comme le 10 sont protégés. Le 2 date du tout début du 19ème puisqu'il figure sur le cadastre de 1810.Il est très caractéristique de l'ancien village de Montmartre.

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                                 Le 6 où a vécu Gaignette.


"Quand nous sommes venus là, les numéros 2, 4 et 6 étaient ce qu'ils sont aujourd'hui. Le 8 était un petit pavillon séparé du 6 par un jardin tonnelle où l'on venait banqueter "à la campagne". Lisbonne était mon voisin au numéro 8. Il avait acquis une voiture ayant appartenu au duc de Brunswick, et qu'il avait peinte en rouge. Dans cet équipage, attelé de deux chevaux étiques, adornés de grelots, le colonel revenait se coucher à 2 ou 3 heures du matin et réveillait toute la rue par le bruit de ferraille de son véhicule."

Deuxième surprise : Maxime Lisbonne, un des héros de la Commune dont il fut surnommé le d'Artagnan, l'homme de théâtre, le créateur de cabarets, le combattant infatigable pour la justice et la mémoire... Cet homme exceptionnel a vécu, de retour du bagne en 1880, dans notre rue qu'il n'a quittée que dans les dernières années de sa vie pour aller mourir à la Ferté Allais, en mai 1905, quelques mois après sa vieille amie, Louise Michel!


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                       Le 8 aujourd'hui. Un immeuble de briques a remplacé la maison du colonel Lisbonne et la tonnelle qui abrita des repas champêtres! Même le café, le Del Sarte qui s'y était installé a fermé ses portes il y a une dizaine d'années!

   Il y aurait beaucoup à dire sur ce personnage hors du commun, patriote, républicain qui s'éleva contre le silence, l'indifférence et le mépris des radicocos et des saucissialistes (dixit Willette) sur le sort fait aux fédérés traités comme des criminels et envoyés au bagne.

  Il créa plusieurs journaux : l'Ami du Peuple et plus tard, le Citoyen de Montmartre.
  Il dirigea les Bouffes du Nord où il monta Nadine, une pièce de Louise Michel. 
  Il ouvrit sur le boulevard Clichy, la Taverne du Bagne, décorée de fresques dénonçant les horreurs de la déportation.
  Plus tard, il créa la Brasserie des Frites Révolutionnaires où les frites étaient servies par une voiture cellulaire. C'est là que Marcel Legay chanta "Ecoute ô mon coeur", la chanson qui fait toujours monter aux yeux des Artésiens, quelques larmes!

Chapeau l'artiste! Nous sommes fiers d'être, à quelques générations près, tes voisins!

Revenons à notre Gaignette :

"Il y avait deux puits dans la rue. L'un au numéro 4, partie de la boutique où le marchand de vin serre maintenant son charbon, un autre entre le 17 et le 19 affectant une forme circulaire au-dessus de l'échoppe".

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Le puits cadenassé au 17 bis. C'est l'ancienne échoppe dont parle Gaignette.


Ce dernier puits existe toujours, c'est celui que les habitants du quartier nomment le puits des insurgés et qui aurait permis aux combattants de la Commune de se désaltérer.

"Au 12 était une vacherie qui disparut peu avant celle de la rue Carrière, aujourd'hui Seveste, et attenante au bureau de tabac au coin de la rue d'Orsel."

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                        Le 12. Plus de vaches mais un marchand de BD pour bédéphiles éclairés et un cabinet d'infirmières!


   "Après le 12, des petites cabanes, comme aux deux côtés de l'escalier Sainte-Marie de si curieux aspect. (...) derrière les cabanes de gauche, une chaumière occupée par la Mère aux Chèvres dont les élèves étaient les libres occupants."

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           Cabanes du maquis (peuvent donner une idée des cabanes de la rue Saint-André)



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                                              cabanes du maquis de Montmartre


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                Un des immeubles bâtis à l'emplacement des cabanes.


Ultime précision donnée par Gaignette sur la dernière maison au 24:

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"Au 24 actuel, maison avec statuette en terre cuite entre deux jardins dont le second était limité par la rue pierre Picard. A la suite petit monticule, au tournant de la rue (...) Sur cet emplacement un hôtel borgne et une masure d'un étage, le tout au lieu-dit la Butte aux Cochons."

Et voilà! Ne manquaient que les cochons!

Et la panthère... qui surveille la rue, depuis son appui de fenêtre, au numéro 13...

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Je tiens à remercier Hélène G., qui m'a fait parvenir ce document exceptionnel qui m'a permis d'écrire cette page.  

Liens : 

rue André Del Sarte Montmartre.

Rue Andre Del Sarte. Cartes postales anciennes.

 

Autres rues à proximité :


Montmartre. Rue Feutrier.


rue Ronsard Montmartre.

 

Rues de Montmartre. Classement alphabétique.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES. AMOUR.

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                         J'ai bu où ta bouche avait bu
           Et depuis
           Je vous aime

____________________________________________


           Dors-tu en cet instant
           Sens-tu que je te regarde
           Et que j'embrasse tes paupières fragiles



_____________________________________________

          Comme un petit animal
          Nicole en boule sur son lit
          Ne pense à rien
          Et puis pour s'échapper du banal
          D'un battement de ses longs cils
          Très doucement devient coussin


___________________________________________


          Avant toi
          Je ne le savais pas
          Que tu étais pour moi
          Comme la main pour l'eau
          Le ventre chaud pour les chatons
          Le ciel pour les orages
          Avant toi
          Je ne le savais pas
          Que tu étais la femme où je serais un homme
          Qu'au minuit de ma nuit
          Tu serais mon Noël


___________________________________________


Laisse peser la tête sur mon épaule
 Laisse peser la tête jusqu'à cette douleur
 Qui me fait me tourner vers un autre sommeil
 Qui me fait doucement me détacher de toi
Comme on laisse un soleil pour se coucher à l'ombre

Laisse peser la tête jusqu'à cette prière :
Mon Dieu gardez toujours ma femme auprès de moi
Ne me laissez jamais tendre les mains dans le vide
Comme un aveugle
Comme un mort

___________________________________________

Lien : Liens : poèmes d'amour de Christian Wacrenier.


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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.



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   A l'écart du flot touristique, la rue Feutrier dévale la pente Est de Montmartre, entre la rue Paul Albert et la rue André Del Sarte (
rue André Del Sarte Montmartre. )


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   Elle s'ouvre sur le ciel et les arbres du square Louise Michel.
  
      Mais qui était ce Feutrier dont elle porte le nom?
 
      Il y a bien à Beauvais une artère à la gloire de François-Jean-Hyacinthe Feutrier, évêque de cette bonne ville et fils héritier de Jean
  le propriétaire des terrains qui furent lotis dans la première moitié du XIXème et dont la partie basse était incluse dans la commune de Montmartre. C'est vraisemblablement de ce propriétaire que la rue perpétue le nom...  

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    Le dernier immeuble abrite au numéro 40, un lieu convivial qui porte un nom exotique (le français est ringard paraît-il). Ce n'est pas une école d'art mais une Art school. Précisément : Paglieri Art School. 
 On y "customise des fringues, crée des accessoires, apprend la peinture, achète des créations..."

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    On y apprend peut-être à consolider les immeubles de la rue qui ont une fâcheuse tendance à se disloquer, comme tant d'autres dans ce quartier construit sur les carrières.


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   Mais je vous invite à descendre la rue et à vous arrêter un instant devant le 21.

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   Petit immeuble montmartrois à la porte bleue que des touristes allemands viennent photographier.
  De 1894 à 1896, il abrita Rosa Luxembourg. Elle y reçut quelques amis engagés dans la rédaction du journal social-démocrate : La Cause Ouvrière.

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    Si j'en crois les délibérations des élus parisiens, une plaque commémorative devrait être apposée sur la façade :
"Lors de son exil parisien, Rosa Luxembourg (1871-1919) militante internationaliste, a résidé ici."
Cette inauguration est prévue le 8 mars 2010, journée de la femme.

Voir : inauguration du 8 mars : Rue Feutrier. Rosa Luxembourg.

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Quelques jolies portes de fonte...

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Un tournant d'où l'on aperçoit le Sacré-Coeur...

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   Et au croisement avec la rue Müller, le Blue Note, bar musical, ancien Jazz'O'Brasil, venu de la rue Mouffetard, pour s'installer en 2001 sur les pentes de la Butte.

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Une brocante...

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Un bar et un hôtel meublé (il faut payer très cher quand on est pauvre pour pouvoir habiter Paris).

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Un immeuble pittoresque comme on dit...

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Quelques couleurs dans le gris dominant...

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Et puis un pincement au coeur devant la devanture des Editions Sindbad, liquidées en 1994. Elles faisaient un travail remarquable en traduisant la littérature arabe et persane. Aujourd'hui, le nom s'efface peu à peu... Un bon génie sortira-t-il de la lampe pour lui redonner vie?

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Une boulangerie dont l'entrée donne sur la rue André Del sarte... Elle existe depuis la création de la rue.

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Peut-être Rosa Luxembourg y acheta-t-elle son pain quotidien... 

En quittant cette rue de Montmartre, pourquoi ne pas souhaiter la voir changer de nom? Que le propriétaire Feutrier laisse la place à Rosa Luxembourg qui pourrait ainsi dialoguer avec Louise Michel dont le square n'est qu'à quelques pas...


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            Non ce ne sont pas nos deux révolutionnaires mais des passantes insolites, rue Feutrier...



.. rue Ronsard Montmartre.


... 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers



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Pour ma petite soeur Sylvie qui prit le TGV de Montpellier pour venir voir son père mourant et qui arriva trop tard. Apparemment.




Entre Montpellier et Paris




Galopez chevaux noirs
Galopez chevaux blancs
Que vos sabots frappent les rails
Qu'ils soulèvent le train
sur le tapis des étincelles

Mon père va mourir
Et je sais qu'il m'attend

Volez crinières noires
Volez crinières blanches
Que vos drapeaux prennent le vent
Qu'ils emportent le train
dans le battement de leurs ailes

Mon père va mourir
Et je sais qu'il m'attend

Hennissez bouches noires
Hennissez bouches blanches
Que vos cris dégagent la route
qu'ils libèrent le train
Et pulvérisent les barrières

Mon père va mourir 
Et je sais qu'il m'attend

Couchez-vous chevaux noirs
Couchez-vous chevaux blancs
Que vos genoux se ploient 
Et que le train s'arrête
Je vois descendre un cheval d'or

Mon père est mort
Il vient me bénir en passant


...


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Lien :  Poème.Dernier Visage de mon père.




...




 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER

   

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 Matin clair, matin de lumière sur la petite église de Sceaux. Nous sommes réunis, enfants et petits enfants autour du cercueil, comme autour d'une barque qui va s'éloigner du quai et partir en pleine mer, dans le scintillement du soleil.

Pour ceux qui ont connu mon père et qui l'ont aimé, voici les textes de cet au-revoir.
 
Accueil :

Vincent, mon petit frère lit les mots que papa a écrits, dix ans plus tôt, en prévision de ce jour.

   J'aurais aimé vous accueillir moi-même pour vous remercier d'être venus ici autour de mon épouse et de notre famille, mais pour des raisons que vous comprendrez, je suis sans micro, et contraint d'emprunter le système vocal de celui de mes fils qui sera volontaire!

  Je voudrais vous associer à ma joie d'être retourné dans la demeure éternelle de Dieu. Je voudrais vous demander de chasser la tristesse. Ne me cherchez pas parmi les morts mais dans vos souvenirs des moments partagés, dans la communion de la vie.

 J'ai retrouvé au moment où je vous parle, tous ceux qui sont partis avant moi. J'ai retrouvé mon fils Jean-Loup et ma fille Marianne avec lesquels je n'ai cessé de vivre.

  Vous qui êtes présents aujourd'hui, je continuerai de vous protéger plus intensément parce que la mort n'est qu'un passage et que mes prières pour vous seront désormais des intercessions directes.

  Avec ceux que j'ai rejoints, avec vous tous, réunis dans cette église, dans la sérénité, avec le sourire de l'Espérance, que la messe commence!

 Que mes petits enfants allument les cierges dont la flamme prise au Cierge pascal, symbolise la continuité de la Vie et la Résurrection du Christ qui préfigure la mienne et la vôtre. 


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 Première lecture :  Première épître  de saint-Paul aux Corinthiens.

  Quand je parlerais la langue des hommes et des anges, si je n'ai pas l'amour, je ne suis qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit.
  Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter les montagnes, si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien.
  Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas l'amour, cela ne me sert de rien.
  L'amour est indulgent; l'amour est serviable; il n'est pas envieux; il ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas; il ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal; il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il met sa joie dans la vérité. Il excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout.
  L'amour ne passe jamais.
  Les prophéties? Elles disparaîtront; Les langues? Elles se tairont. La science? elle disparaîtra. Car partielle est notre science, partielle aussi notre prophétie. Mais quand viendra ce qui est parfait, ce qui est partiel disparaîtra.
  Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Une fois devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant.
 Car nous voyons à présent à travers un miroir obscur, mais alors ce sera face à face.
 A présent, je connais d'une manière partielle, mais alors je connaîtrai comme je suis connu.
 Maintenant donc trois choses demeurent : la foi, l'espérance et l'amour. Mais la plus grande des trois, c'est l'amour.

A propos de ce texte, une chose extraordinaire s'est produite... Mon père l'avait prévu, il y a dix ans. Or, c'est le texte que la liturgie avait choisi cette année 2010 pour la messe anticipée du samedi 30 janvier, le jour de sa mort. Il a donc été lu dans toutes les églises, deux heures après sa mort.


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Psaume 22

Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien.
Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre;
Il me conduit par le juste chemin pour l'honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal,
Car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis:
Tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m'accompagnent tous les jours de ma vie;
J'habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours.


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Dessin offert par jean-Loup à son père. L'ange de la Résurrection vient ouvrir les tombeaux.


Evangile (Luc 24)

Le premier jour de la semaine, à la pointe de l'aurore, elles allèrent à la tombe, portant les aromates qu'elles avaient préparés. Elles trouvèrent la pierre roulée devant le tombeau, mais étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Et il advint, comme elles demeuraient perplexes, que deux hommes se tinrent devant elles, en habit éblouissant; Et tandis que, saisies d'effroi, elles tenaient leur visage incliné vers le sol, ils leur dirent : "Pourquoi cherchez-vous parmi les morts, Celui qui est vivant?"

C'est 
ce même évangile que mon père avait choisi après la mort de son fils aîné. C'est lui qui demanda qu'on arrêtât la lecture sur cette interrogation. La réponse vient après. "il est ressuscité". Mais papa ne voulait pas donner la réponse à la question, sachant que ses enfants et petits enfant n'étaient pas chrétiens pour la plupart. Il voulait que chacun réponde à la question avec son coeur.


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Prière universelle . Lue par ses deux filles, Rosine et Sylvie et par son plus jeune fils Vincent.

"Ne cherchez pas parmi les morts celui qui est vivant."

  Nous te bénissons Seigneur pour les parents que tu nous as donnés et qui se sont unis devant toi, un jour de février, dans la cathédrale d'Arras.
  Pour notre père qui nous réunit aujourd'hui aujourd'hui et qui reste vivant.
 Vivant dans ses enfants, ses petits enfants, ses arrière petits enfants Mila et Nino.
 Vivant dans les ombres et les lumières qui nous habitent. Les étés de l'île d'Oléron, les repas qu'il aimait servir, les poèmes dont il nous fit cadeau, l'humour qui animait son regard.
 Vivant dans les mots qu'il nous laisse et cette phrase, sans cesse répétée ces dernières années : "Mes enfants, vous êtes mon bonheur, vous êtes ce qu'il y a de plus beau dans ma vie."

"Maintenant, trois choses demeurent, la foi, l'espérance et l'amour. Mais la plus grande des trois, c'est l'amour."

 Nous te bénissons Seigneur
 Pour celui qui prend son père dans ses bras et le lave comme on lave un enfant.
 Pour celui qui choisit de devenir infirmier, de mettre sa jeunesse, sa force et son sourire au service des malades.
 Pour ceux qui s'engagent dans le service des autres, des malheureux, des isolés, des réfugiés, des personnes âgées.

"Là ou deux ou trois sont réunis pour prier, je suis au milieu d'eux."

 Nous te bénissons Seigneur
 Pour notre assemblée de ce jour, pour ceux qui sont venus te dire ce que peut-être ils n'ont jamais dit et que tu entends aujourd'hui.
 Pour toutes ces vies réunies autour de toi, avec leurs pensées, leurs rêves, leurs projets, leurs secrets, comme autant de flammes autour d'un départ.
 Permets que chacun de nous, alors que se taisent un instant les bruits du monde, entende résonner dans son coeur les mots que papa veut lui dire : "Je t'aime".

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Témoignages :

Mon frère Bruno lit la dédicace que papa a écrite sur un livre qu'il lui a offert pour un Noël du passé. Ce livre, c'est l'Almanach du jardinier.

"Pour que tu plantes parmi tes graines, celles des fleurs qui disent :
 "Je t'aime"
 "J'espère"
 "Ne m'oublie pas..."

Ton vieux papa, en ce Noël 94.

Bruno ajoute ces mots :
 
 J'ai regardé ce qui était écrit dans cet almanach à la date du 30 janvier, jour de la mort de papa :

"Commandez maintenant les graines à semer au printemps."

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Ma soeur Sylvie lit la dédicace que papa a écrite sur un de ses recueils de poésie, " Sur fond de Gueule" avec l'acrostiche de son prénom :   

Sous l'ombrage de mes années
Y veille un hibou qui hulule...
Le temps où tu n'étais pas née
Voyait fleurir des campanules
Il en reste ces brins fanés
Et l'amour que l'on s'est donné.

A celle qui  est et restera la petite princesse blonde de son papa.

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Enfin, je lis un petit texte que j'ai écrit la veille.

  Il s'est dépouillé de tout ce qu'il avait.
  Il a tout donné.
  Et quand il n'avait plus rien, la maladie est venue se servir et se repaître de sa mémoire.
 Un matin, il s'est réveillé comme un enfant apeuré qui ne reconnaît rien autour de lui.
  Il y avait dans sa résidence de la Faïencerie, une amie, une artiste qui peignait chaque jour pour lui une aquarelle nouvelle.
  Il y avait un de ses fils qui en retenant ses larmes, prenait soin de lui avec des gestes de tendresse dont on imagine seules les mères capables.
  Il y avait une de ses filles qui s'étendait près de lui, lui prenait la main et lui parlait.
  Et puis il y eut ce soir de novembre.
  La disparition dans la nuit.
  Il y eut ce départ de Sceaux. 
  Il y eut cette chute et cette ultime opération.
  Trois mois terribles.
  Trois mois de nudité et d'exil.
  Trois mois pendant lesquels les seuls mots qui venaient à ses lèvres étaient des remerciements pour ceux qui le soignaient et des "je t'aime" pour ceux dont le nom émergeait de l'oubli.
 Il ne jouait plus de jeu.
 Il ne portait plus de masque.
 Il était loin de notre comédie et de nos mensonges.
 Il avait le visage de la pauvreté et de l'humilité.

Et c'est alors que sur lui se refléta un autre visage.
Un visage de pauvre.
Un visage d'humilié.
Le visage du Christ.
 
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                         Un des premiers tableaux de Jean-Loup Wacrenier, offert à son père. 

 

Pendant la communion, j'ai demandé au prêtre de passer le Laudate Dominum de Mozart que mon père aimait particulièrement. Nous n'avons eu droit qu'à une vague musique en sourdine... à peine audible. Voici donc ce que nous aurions dû entendre :






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Petite famille, mon père et les quatre premiers enfants. Jean-Loup, Christian, Bruno et Rosine.


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Grande famille: mon père, ma mère, ma grand-mère paternelle et les sept enfants. Sylvie derrière ma grand-mère, Marianne sur la chaise et Vincent au premier plan.


Lien : Poème. Mon père est mort.


...

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES. ALZHEIMER PERE


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Il s'est dépouillé
Il a donné tout ce qu'il avait
Et quand il n'avait plus rien la maladie est venue se servir
Et se repaître de sa mémoire

Un matin il s'est réveillé comme un enfant apeuré
Qui ne reconnaît rien autour de lui

Il y avait à la Faïencerie une artiste
Qui peignait chaque jour pour lui
Une aquarelle nouvelle

il y avait un de ses fils qui en retenant ses larmes
Prenait soin de lui avec des gestes de tendresse
Dont on imagine seules les mères capables
  
Il y avait une de ses filles qui s'étendait près de lui
Tenait sa main serrée dans la sienne et lui parlait sans fin

Et puis il y eut ce soir de novembre
La disparition dans la nuit
il y eut ce départ de Sceaux
Il y eut cette chute et cette ultime opération

Trois mois terribles
Trois mois de nudité et d'exil
Trois mois pendant lesquels les seuls mots qui venaient à ses lèvres
Etaient des remerciements pour ceux qui le soignaient
et des "je t'aime" pour ceux dont le nom émergeait de l'oubli

Il ne jouait plus le jeu
Il ne portait plus le masque
Il était loin de notre comédie et de nos mensonges
Il avait le visage de la pauvreté
Il avait le visage de l'humilité

Et c'est alors que vint se refléter sur lui un autre visage
Un visage de pauvre
Un visage d'humilié
Le visage du Christ

 

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Liens :

 

Liste et liens des poèmes Alzheimer. Mon père.

 

Poème. Mon père est mort.

Poème. Alzheimer. Dernier lien.

Poème. Dernier repas. Mort.

Poème. Père. cimetière.

Poème. Mon père. Après la mort.

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES Chats.. photos..articles

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    Les chats aiment les rochers du square Louise Michel, au pied du Sacré-Coeur.
   La Vierge Rouge veille sur eux, elle qui les aimait tant et qui revint de son exil en Nouvelle Calédonie, avec une bande de vieux matous qu'elle avait recueillis et qui n'auraient pas survécu sans elle.

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  La Mère Michel n'a pas perdu ses chats...
  Il sont là, petite troupe que des montmartrois au grand coeur viennent nourrir, été comme hiver.

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        Il y a quelques années, de petits abris de bois en forme de chalets, dissimulés sous les buissons, servaient de refuges aux chats du jardin. Les abris ont disparu.
       Il paraît qu'il y a trop de chats.
       Il paraît qu'ils font des dégâts...

 J'ai vu des fleurs arrachées, des arbustes déracinés...
 J'ai vu des canettes de bière en mille éclats sur les escaliers...
 J'ai vu des papiers sales, des épluchures et des ordures...
 J'ai vu des recoins transformés en pissotières...
 
  Tout ça à cause des chats? 

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 Des chats qui vont acheter leur bière chez Carrefour et leurs repas chez Mac Do, rue de Clignancourt ?

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  Ces deux-là, je les connais bien.
  Ils passent leur journée ensemble.
  La femelle tricolore et le mâle au poil noir.

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   Savez-vous qu'ils ont des noms?
   Les dames qui le soir viennent les nourrir, connaissent chacun d'eux et bien qu'elles les baptisent différemment, ils viennent vers elles en confiance.
   Leur voix leur est familière.
   Et puis, c'est sûr, ils  apprécient d'être honorés de plusieurs noms.
   Même si, comme chacun sait, le vrai, le seul, l'authentique, ne soit connu que d'eux ...

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    Cette après-midi, bien avant l'heure des dames, c'est un monsieur qui est venu.
   Je le connais.
   Depuis des années, je le voyais dans le quartier avec ses chats.
   Il sortait avec eux.
   Les chats le suivaient où qu'il aille et à la moindre alerte sautaient sur ses épaules.

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   Maintenant, il n'a plus de chats chez lui.
    Il se sent trop vieux.
   Il n'est pas certain de leur survivre.
   Alors il vient là, chaque jour, avec des assiettes en plastique, des croquettes et des boîtes de pâtée.
   Il ne gagne pas grand chose mais il n'aurait pas d'appétit si les chats du jardin n'étaient pas nourris.

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   Les chats le voient venir de loin, depuis la rue Müller et la petite place.      Lui, il s'arrête sur un banc et il dispose les écuelles un peu à l'écart de l'allée, là où les chats se sentent à l'abri.

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                                    Bouboule qui sort de sa cachette...

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                                             robin, le moins sauvage, toujours à se prélasser sur les marches et à faire sa toilette, si intime soit-elle, sans se soucier du qu'en-dira-t-on...

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                                                Lili...

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                                                 Pacha... 

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 Et quelques autres encore qui n'ont pas voulu se montrer,
 ou qui ne sont pas en forme,
 ou bien...

 Un panneau placardé dans le jardin rappelle qu'il est interdit de nourrir les chats. Une amende qui dépasse ce que touche en une semaine mon voisin, est prévue pour les contrevenants.

 Ne serait-il pas plus intelligent, messieurs nos élus, de stériliser ces chats et de laisser les bons Samaritains du quartier, les nourrir, pour le bonheur des enfants et pour la beauté du monde...


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Liens: Chats. Poèmes, Art, photos....


 Le chat et la mort de sa maîtresse.

 





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Publié le par chriswac
Publié dans : #Paris


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    Camille Bombois dont le nom est déjà promesse de partage et de chaleur a aimé sa femme et l'a peinte de nombreuses fois. Chair opulente, chair attirante, femme accueillante... Le grain de la toile est grain de la peau.
 Les mains de l'homme sont faites pour se poser en coupe sous les mamelles opulentes.
 Le téton appelle le baiser.


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Le peintre est fasciné par les femmes, fasciné par ce qu'elles révèlent sans toujours le vouloir, de leur intimité.
 Fesses des femmes, jambes des femmes...
 Nature bienfaisante
 Mère primitive
 Femme première
 Epouse inépuisée...

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    Et cette cachette-là
    refuge de mousse où le temps s'abolit, où la peur disparaît, où l'éternité devient un instant concevable...
 Origine du monde pour Courbet.
 Permanence du monde pour Bombois.
 Brahma pour l'un,
 Vishnu pour l'autre.
 Shiva le destructeur sera plus à l'aise avec Schiele par exemple, mais il n'a rien à voir avec notre Bombois pour qui la nature est permanence, avec ses saisons et ses rythmes, pour qui la femme est présence rassurante et désirée.


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  Certes il aime regarder les jeunes filles. Mais son regard ne recèle aucune perversité.
  Elles sont les femmes que d'autres auront la chance d'aimer plus tard.
 Il voit en elles les promesses de l'amour.
 Elles sont cueilleuses de cerises, ces fruits que l'on prend entre les lèvres...
  Les cerises posées sur la jupe, entre les jambes, comme une toison, comme l'annonce en cet endroit d'un autre fruit...


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Et ce regard rieur... et cette main qui semble découvrir le plaisir...


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Fille encore qui tombe, jambes ouvertes, au pied de l'arbre et parmi les pommes qu'elle essayait de gauler.
Fruits défendus
Fruits désirés


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Tandis que son amie ne peut s'empêcher de rire et de conjurer, les mains sur le ventre et le sexe, l'envie pressante que suscite son hilarité.


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   Plus tard, devenue femme, elle sera entourée des enfants de l'amour. Mère et épouse, ses mains tricoteront la laine chaleureuse
Ses jambes écartées et paisibles resteront le refuge
Douceur de la laine aux couleurs de cerise
Douceur du sexe


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 Les paysages pour Bombois sont femmes.
 Il peint des rivières nonchalantes qui se glissent sous les ponts
 Il peint des confluents comme des jambes 
 Il peint le ciel et le château dans l'ouverture touffue des feuillages


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Il peint sur ce vase au ventre fécond le sexe de la femme
 La possibilité de tous les bouquets, tous les feuillages, tous les rêves...





Lien : Camille Bombois peintre à Montmartre  







Vous pouvez voir les tableaux de Camille Bombois (la plupart de ceux reproduits dans cet article) au musée Maillol, 59 rue de Grenelle.
Tel : 01 42 22 59 58
Fax : 01 42 84 14 44
Email : contact@museemaillol.com
Métro : Rue du Bac
Autobus : 63--68--69--83--84--94

Ouverture :
Tous les jours de 11 h à 18 h sauf mardi et jours fériés 


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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #Peintres

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      Dans la maison de Gustave Moreau, il vous faudra des heures et des heures pour découvrir les milliers de dessins, esquisses et tableaux du peintre et voyager de l'orient fabuleux surchargé de bijoux et d'effluves, au dépouillement quasi abstrait de certaines de ses oeuvres.
   Voyager aussi de la sensualité à l'inquiétude et au questionnement.


    Le Christ entre les deux larrons fait partie de cette interrogation et de cette recherche.
 
    La grande toile nous donne à voir  les trois suppliciés sur un fond de ciel menaçant.
    Les ténèbres vont bientôt recouvrir la terre. Les nuées s'accumulent déjà, à droite, du côté du "mauvais larron".

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    Ce qui frappe tout d'abord, c'est la composition qui décentre le Christ pour le rapprocher du "bon larron" sur la gauche du tableau, et qui isole l'autre supplicié dont le visage se détourne.
   Le Christ, aérien, ne montre aucun signe de souffrance, malgré la plaie ouverte sur son flanc.
   Ses bras étendus comme des ailes, le portent comme s'ils n'étaient pas cloués sur le bois qui s'efface.
Il penche la tête et regarde celui qui lui parle et se tend vers lui...



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    Un dessin préparatoire montre à quel point le peintre voulait projeter en avant l'homme, qui au dernier moment de sa vie, au plus douloureux, se détachait de lui-même pour avoir compassion devant l'innocent :
"Pour nous c'est justice, mais lui n'a rien fait d'injuste.
Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu seras dans ton règne".

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     L'homme semble en mouvement, comme décollé du bois du supplice. Tout son visage est tendu, le regard intense, la bouche ouverte pour la dernière supplique avant de mourir.

     Il va recevoir en réponse, les paroles de la vie :

"Crois-moi, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis."


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    L'autre supplicié consacre ses dernières forces à se détourner, le corps noueux et douloureux.
   Ce n'est pas son refus de croire en la divinité du Christ qui l'isole mais son manque de compassion pour l'innocent, son manque de "fraternité" dans l'épreuve partagée.
   Il n'est préoccupé que de lui même et s'il s'adresse au Christ c'est pour le provoquer et l'insulter :
"C'est toi le messie!
Viens à ta rescousse et à la nôtre!"

   C'est sur cet homme que les couleurs sont les plus vives. C'est lui dont le corps est le plus sensuel, bassin en avant, sexe à peine caché par un linge qui glisse...
Il ne croit pas à un après. Il se réfugie dans la chaleur vivante de ses bras, comme s'il cherchait une caresse humaine.

Le linge vole autour de lui comme des flammes blanches.
Son visage semble recevoir les derniers feux d'un astre qui disparaît. 

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    Au pied des arbres du supplice dont le tronc est parcouru de filets sanglants, se presse une foule indistincte et confuse. N'en émergent que les têtes des chevaux blancs.

   Les condamnés sont élevés très au-dessus... Ils sont déjà dans le ciel ou contre le ciel, pour celui qui refuse un au-delà mais qui, par l'expérience terrible qu'il est en train de vivre, s'est dégagé du magma humain. 


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    Cette élévation est encore plus manifeste dans un autre tableau qui projette les croix dans le ciel comme des fusées. Dali s'en souviendra peut-être quand il représentera le Christ penché, depuis sa croix sur la planète entière...


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Lien : Gustave Moreau. Les rois mages.

 

Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique.

Musée Gustave Moreau
14 rue de La Rochefoucauld
75009 Paris
Tel : 01 48 74 38 50
Lundi et mercredi de 11 h à 17 h 15
Autres jours de 10 h à 12 h 45 et de 14 h à 17 h 15


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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES ENFANTS


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L'enfant qui ne voulait pas dormir et avait peur du noir


Dans un pays très loin d'ici
Quand il fallait se mettre au lit
Le petit roi tapait des pieds
Et refusait de se coucher

J'ai trop peur, je suis malheureux
Vite allumez-moi de grands feux
Au sommet des plus hauts clochers
Sur les tours et sur les rochers

Alors les flammes s'élevaient 
Mangeant la nuit au coeur du ciel
Et les étoiles se perdaient
Dans le volcan des étincelles 

Les oiseaux chantaient dans les haies
Les renards quittaient leur terrier
Les ours oubliaient d'hiberner
Et les fleurs de se refermer

Les gamins restaient à l'école
Ils ne voyaient plus leurs parents
Et les hiboux et leurs enfants
N'osaient plus prendre leur envol

Mon petit si tu ne dors pas
Si la nuit tu veux la lumière
Pas une fleur ne survivra
Pas un tigre ou une panthère
 
Oui j'ai compris, je sais mon père
Que si je ferme les paupières
Demain matin sera plus beau
Pour les habitants de la Terre
Pour les fleurs et les animaux

Tu peux éteindre la lumière

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Liens :

 

Liste des poèmes pour les enfants. Liens.


 Poème enfant. Peur de la nuit.




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