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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.

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Aujourd'hui encore, il fait un froid vif et clair sur Montmartre, un froid à enfiler une bonne canadienne et à se lancer à l'assaut de la rue Paul Albert, rue bien raide et qui file vers le campanile et sa grosse Savoyarde. Les faux rochers qui limitent le square Louise Michel cachent l'endroit où fut découvert par un carrier de Montmartre un bloc de gypse où des empreintes fossiles bien conservées permirent à Cuvier de rapprocher l'animal mystérieux de mammifères marsupiaux vivant il y a fort longtemps en Amérique du Sud ! Ainsi notre butte connut-elle un climat tropical, hypothèse confirmée par la découverte peu de temps après de crocodiles fossiles! C'est agréable d'y penser à soufflant dans nos doigts endoloris et en se frottant des oreilles en voie d'ankylose.

 

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 La rue Paul Albert, alors Escaliers Sainte-Marie, par Utrillo.

 

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  Et puis la rue commence son ascension par une volée de marches qui au début du siècle portaient le nom d"escalier Notre Dame". Si les escaliers de la butte sont durs aux miséreux, ils le sont encore plus aux éboueurs, ces hommes verts de nos villes, souvent venus d'Afrique. "Ces grands Seigneurs en exil qui balayent nos trottoirs" comme écrit Prévert (je crois).


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 Au début de la rue, un  immeuble de pierres et de briques et qui m'a toujours semblé  mystérieux. Il abrite en effet de très belles et très petites personnes et notamment une femme toujours  élégante et souriante dont la taille ne doit pas dépasser le mètre 10 et qui, je ne sais pourquoi me semble être la maîtresse des lieux et régner sur un monde poétique et menacé.

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  Et puis on arrive sur une petite place avec des restaurants variés. La passerelle, L'été en pente douce (qui a pris la place d'une ancienne boulangerie aux plafonds de verre peint et qui en a gardé le décor), le Botak café qui a remplacé Les Canons de Montmartre (Pourquoi ont-ils caché les fresques représentant cet épisode héroïque de l'histoire de la butte? J'espère qu'ils ne les ont pas détruites) et  enfin Le Soleil de la Butte... Bref, vous aurez l'embarras du choix si une petite faim vous tenaille au cours de votre périple ascendant.

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 Voilà Le Soleil de la Butte entre les deux rues qui viennent rejoindre cette placette : la rue Müller et la rue Feutrier. Ce côté ci de la butte est moins coté, moins touristique et sans doute plus authentique. Le quartier file vers la rue de Clignancourt, Chateau Rouge, Barbès et la Goutte d'Or. Il change certes mais reste mêlé et vivant.

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 De l'autre côté de la placette, les escaliers de la rue Utrillo. Elle continue la rue Müller dont elle gardait le nom au début du siècle. Depuis le bas de la rue Paul Albert, vous aurez 320 marches à gravir si vous voulez atteindre le Sacré Coeur. J'ai habité quelque temps à quelques pas de là. Je voyais de ma fenêtre l'envolée des escaliers et au loin les coupoles blanches. J'appelais cette rue l'Echelle de Jacob et certains soirs il était difficile de savoir si c'étaient des enfants ou des anges qui survolaient les marches.

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  Continuez votre route et passez devant un restaurant très sympathique, un des rares restaurants afghans de Paris. Vu son nom, vous ne pouvez pas vous tromper. Si vous voulez, un jour je vous parlerai de ce pays sublime d'aridité et de lumière, des rencontres humaines, des fantômes bleus.

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Au 17 de la rue, la maison où vivaient Monique Morelli et Leonardi. Dimanche, je vous raconterai ma rencontre avec elle, avec cette femme rare au talent aussi profond et passionné que sa voix. Je ne sais pas qui habite désormais cette maison. La voix de Morelli est présente ici. Elle chante les poètes et les complaintes. Elle est pour moi comme une sirène de brume. Vous ne la voyez plus mais c'est elle qui vous guide.

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  Nous arrivons maintenant en haut de la rue Paul Albert, à l'endroit où comme une rivière elle va perdre son nom en se jetant dans la rue du Chevalier de la Barre, cette rue qui file vers la rue Ramey de ce côté et vers le campanile de l'autre.

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     Ce petit immeuble très montmartrois avec ses stucs de silènes... Il abritait, il y a quelques année un restaurant convivial : Atmosphère. Peut-être avec un nom comme celui là aurait-il été plus à sa place vers le canal et l'hôtel du Nord ?
 

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    Votre petit périple est terminé puisqu'apparaît le campanile contre ce ciel hivernal. Avant de s'embarquer dans une autre rue, regardez l'immeuble de gauche qui donne en partie rue Paul Albert et en partie rue du Chevalier de la Barre. C'est le Centre Israélite qui abrite une école et un restaurant ouvert à ceux qui n'ont pas de quoi se nourrir. Une plaque rappelle une triste époque et des enfants de Montmartre arrachés à l'amour et à la vie :
 

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     Leurs rires et leurs courses joyeuses hantent toujours le quartier. Ils ont aujourd'hui leur prénom et leur nom sur les écoles. Mais leurs étoiles brillent sur un ciel noir.

Un chat vient se frotter à mes jambes. Il attend l'arrivée des veuves nourricières.
J'emporte chez moi sa chaleur soyeuse et ma tristesse survenue.

 

 

 

Lien : Monique Morelli n'a pas quitté Montmartre

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE

 

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                                 Cheval debout. Sichuan. Han postérieurs (1er-3ème siècle).

  Après une visite au musée Cernuschi ( Art chinois. Chevaux. Cernuschi.
), J'ai eu envie d'aller au Musée Guimet pour y rencontrer d'autres chevaux chinois.
 Je n'ai pas été déçu.
 Tout un haras m'y attendait!


                            Chevaux debout. Sichuan. Han postérieurs (1er-3ème)

  Ces deux premiers nous accueillent dans le grand escalier. Leur stylisation très moderne est le fruit d'une observation attentive...
 
  Il y a en eux quelque chose de spirituel...
  Ce n'est pas étonnant quand on se rappelle qu'ils datent de cette dynastie des Han postérieurs qui introduisit le bouddhisme en Chine.





          Cheval sellé. Wei (VIème siècle). Terre cuite moulée. cheval harnaché pour la parade.

   Oeuvre étonnante par la déformation du cou et du visage. Tout le corps semble projeté en avant dans un mouvement de danse.




                                 Cavalier musicien. Wei (VIème). Terre cuite moulée.

    Même déformation pour ce cheval qui ne respecte pas les proportions académiques et qui malgré ses jambes trop courtes et son encolure trop large donne une impression d'élégance et de force. 





        Cavalier. Shaanxi. Han antérieurs. (IIème siècle avant notre ère). Terre cuite polychrome.

    Ce cavalier nous rappelle que la dynastie des Han antérieurs fut fondée par un paysan devenu officier (Lieou Pang) qui  ne quittait son cheval qu'à regret, lorsqu'il fallait dormir, et qui ne pouvait gouverner que juché sur son animal favori!


         Cheval blanc debout. Shaanxi. Han antérieurs (IIème siècle avant notre ère). Terre cuite.


    Ce cheval me fait penser à une légende chinoise bouddhiste.
    Un cheval blanc porta sur son dos, à travers l'Asie, les textes sacrés. A l'endroit où il s'arrêta, fut bâti le Monastère du Cheval Blanc, un des plus anciens centres bouddhiques du pays.

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 Tête de cheval. Sichuan. Han postérieurs (Ier-3ème siècle). Terre cuite.






                                         Joueuses de polo. Dynastie Tang (VIIIème siècle). Terre cuite.

    La dynastie Tang accorde une grande place au cheval.
    Le polo devient un sport très apprécié.
    Il permet de se divertir tout en restant lié à son animal favori!
    Les joueuses de polo sont souvent représentées.
    Alliance parfaite de la puissance et de la grâce.
   "Le galop volant" montre la cavalière sur un cheval dont les pattes sont tendues, presque à l'horizontale.
   Ces figurines, comme les musiciennes de Cernuschi faisaient partie des objets déposés dans les tombeaux, pour accompagner le mort dans sa nouvelle existence. 








                                                                    Cheval bondissant. Tang. Terre cuite.

Quelle force et quelle vie dans ce cheval libre malgré sa selle...




                                                   Cheval sellé. Tang. (VIIIème siècle).

    La crinière de celui-là est nouée en trois touffes (les trois fleurs) selon une mode venue des steppes.
    La couleur rouge fait allusion à la légende populaire des chevaux volants et peut évoquer la sueur de sang, ou la robe pommelée.
    Les chevaux célestes étaient d'une longévité exceptionnelle qu'ils pouvaient communiquer à leur cavalier.



                          Cavalier à l'oiseau. Tang. 2ème moitié du VIIème siècle. Terre cuite.

     Ce groupe est un peu raide malgré la présence de l'oiseau. Le cheval semble mécontent. Rassurons-le, il est beaucoup plus beau que son cavalier dont une bonne ruade pourra le débarrasser!









                                              Cheval et palefrenier. Tang (VIIIème siècle).

    Celui-là montre son meilleur profil. On ne peut en dire autant du palefrenier, malgré son sourire forcé.


                          Cavalier musicien. Tang (fin VIIème) Terre cuite à glaçure "trois couleurs".

     L'époque Tang marque l'apogée de la céramique chinoise.
     Les pièces les plus typique de l'art funéraire sont des chevaux montés par des musiciens, des musiciennes ou des joueuses de polo.
     On les appelle les "minqji".
     Les trois couleurs les plus fréquentes sont le jaune, le vert et le brun.
  
    Les siècles passés et la distance n'empêchent pas ce musicien et ce cheval d'accompagner dans son exil intemporel, le mort pour lequel ils ont été créés. 



                     Cavalier europeen.Dynastie Qing. Ière moitié XVIIIème. Porcelaine.

    Redescendons sur terre avec ce groupe un peu ridicule.
    Un Europeen qui ressemble à Guignol sur son cheval hippopotamesque.     Nous sommes loin du grand art des dynasties précédentes. Il s'agit sans doute d'un produit conçu pour l'exportation et qui en annonce bien d'autres!

   Impossible de quitter le musée avec ce personnage.
   Heureusement qu'une joueuse de polo accourt au grand galop pour nous saluer avant de reprendre sa partie commencée il y a 14  siècles....




Le Bouddha Amida (Amitâbha) Cernushi.

Chevaux. art chinois. Guimet.

Art chinois. Chameaux. Figuriness funéraires.

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières

             Une des rues principales du Château porte le nom de la gloire locale, Omer Charlet, peintre qui eut son heure de gloire et dont quelques oeuvres sont visibles dans l'île.

              Pierre-Louis-Omer Charlet (son nom exact et un peu encombrant) naquit le 2 janvier 1809 au Château, dans une familles de propriétaires (!)
              A Paris où il étudia aux Beaux-Arts, notre Oléronnais fut élève d'Ingres et du Baron Gros qui lui donna le goût des scènes historiques.
Peintre accompli, il fut médaillé au Salon et plusieurs de ses toiles furent achetées par l'Etat.
Il mourut à paris en 1882.

La Charente maritime conserve un certain nombre de ses oeuvres, notamment dans les musées de La Rochelle et de Rochefort. Il est possible également d'en découvrir dans la cathédrale de la Rochelle et dans trois églises de l'île d'Oléron.

 I  
Dans l'église Notre-Dame de l'Assomption au Château :



          Une grande toile peinte entre 1860 et 1869 (le dernier chiffre peint  n'est pas visible) représente les trois vertus théologales
: la Foi qui porte la croix, l'Espérance qui tient une ancre marine et la Charité (l'Amour) entourée d'enfants. L'oeuvre est de bonne facture mais un peu froide et académique. L'angelot, au premier plan brandit les épîtres de Paul, dans lesquelles l'apôtre cite ces trois vertus, en précisant que la plus grande des trois, c'est l'Amour:

"
Quand j'aurais la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes,
S'il me manque l'amour, je ne suis rien..."



          Le peintre a bien situé l'Amour au sommet d'une composition pyramidale mais il lui a donné des traits fades et conventionnels.

 

           Une deuxième toile représente Thérèse d'Avila, si l'on se fie au village et au paysage qui apparaissent sur la gauche et au costume de carmélite de la sainte.
          Geste convenu et théâtral, main droite posée sur le coeur en signe d'étonnement d'être "élue" et d'humble acceptation, bouche qui semble faire la moue, regard tourné vers les hauteurs d'où parvient un rayon arc-en-ciel divin...
           Peu d'originalité pour représenter une femme qui, lorsqu'une de ses soeurs avait des visions mystiques, lui conseillait de manger un bon beefsteack!



          Une troisième toile représente Pierre, un gaillard que j'aime bien. Il est le Patron de ma paroisse montmartroise.
          Son emballement, son côté chien fou et en même temps son manque de courage et de parole au moment du chant du coq, me le rendent sympathique...

          Là encore, peu d'originalité. Pierre est représenté en barbu (et Dieu sait que je me méfie des barbus de tout poil). Il tient les clés du Paradis qui apparemment est protégé par des portes épaisses aux serrures géantes.
Le rocher porte l'inscription latine : "Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise..."

II Dans l'église Saint-André de Dolus.




           Le peintre regroupe autour de la Vierge à l'enfant, les saints honorés dans l'île d'Oléron : Denis (en arrière plan avec sa crosse d'évêque), à ses côtés Saint-Trojan, évêque lui aussi, Georges le combattant, Pierre et ses clés, André le martyr crucifié...



          Au premier plan la Foi est incarnée par Thérès d'Avila et l'Amour par Elisabeth de Hongrie ( Eglise Saint-André. Dolus. Oléron. )

          L'oeuvre est elle aussi, un peu théâtrale, dans le goût du XIXème. On remarquera l'inscription sous les pieds de marie : Benedicta sit Insula Nostra Olerum. Que soit bénie notre Île d'Oléron. 

III Dans l'église de Saint-Trojan.

Pour terminer l'inventaire, la toile de Charlet que je préfère et qui n'est pas classée : Notre-Dame des Tempêtes.



             Elle est plus sombre et romantique, elle évoque malgré le message qu'elle veut donner, le destin de l'homme pris dans les eaux noires d'un naufrage et qui soudain voit un salut auquel il serait bon de croire si tout l'équipage était guidé vers lui...

             Omer Charlet est plus inspiré dans son romantisme tardif. Vous pouvez passer le pont pour visiter le musée de Rochefort qui expose quelques oeuvres de la même qualité, comme les orphelines de la mer. La toile représente deux jeunes filles sur un fond de ciel sombre, avec au loin, le navire au mât brisé qui entraîna vers la mort leur père à qui la Vierge des Tempêtes oublia d'apparaître...   

 

 

 

 

     Non loin d'Oléron, dans l'église de Marennes, une très belle toile représente le martyre de Saint André... Peut-être était-elle prévue pour l'église de Dolus.

Le saint y est représenté comme un jeune homme séduisant et sensuel, jambes écartées sur le bois de la croix en X.

 

2010 0422Marennes0047           


Lien  Eglise de Saint-Trojan. Oléron.

Omer Charlet. Orphelines de la mer. Rochefort. Musée Hèbre de saint clément.

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES ENFANTS



Saint-Georges.-N-025.JPG


Il y aura des pommes au pommier
Et des oiseaux sur les nuages
Un arc en ciel sur les bagages
Et des chansons dans l'escalier

Le jour où tu reviendras mon petit

Il y aura le chat sur l'oreiller
Dans le creux que tu as laissé
Il bondira pour ronronner
En se frottant contre ton nez

Le jour où tu reviendras mon petit

Il y aura le chien qui a gardé
Ton vieux tee-shirt abandonné
Et qui joyeux comme un bon chien
Voudra te mordiller les mains 

Le jour où tu reviendras mon petit

Il y aura des crayons de couleur
Sur les cadrans pour dessiner les heures
Et un soleil si lumineux
Que pour te voir je fermerai les yeux

Le jour où tu reviendras mon petit. 

Gd-village.-La-Br-e-019.jpg

      Liens :

 

Liste des poèmes pour les enfants. Liens.


 Poème pour un enfant malade.


Poème enfant. Le Koala.  







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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON



      Les touristes pressés qui passent dans la région sans y séjourner ne connaissent souvent de l'île d'Oléron que son viaduc et le phare de Chassiron. 
     Ils empruntent pour gagner la pointe nord de l'île, une route encombrée avec embouteillages garantis avant les feux et les tartes qui se sont multipliées, plus nombreuses que les pains de la parabole!
    Cette route est bordée de centres commerciaux qui rivalisent de gigantisme et de laideur : Dolus et ses hangars de la consommation,Saint-Pierre et ses kilomètres de publicités, son Leclerc monumental... Une catastrophe de laideur et de démesure dans un paysage délicat où toute agression paraît démesurée.



     Il faut du temps, de la disponibilité pour apprécier les petits villages et les petites routes dans les marais. Il faut y flâner et voir passer les nuages et changer les couleurs. Il faut regarder les marées métamorphoser les côtes...
   Une fois que vous aimerez cette île, vous pourrez prendre le temps d'aller comme tout le monde visiter Chassiron.
    Evitez Juillet et août où le parking du phare est saturé et où fleurissent les baraques à pizzas et les boutiques de souvenirs effroyables

   Préférez un jour d'automne ou d'hiver, un jour de vent et de goélands...



   Un peu d'histoire avant de gravir les 189 marches de granit et les deux échelles de meunier (35 marches) qui mènent à l'astragale.



   C'est Colbert qui décida la construction de ce phare et de celui des Baleines dans l'île de Ré. Il était important de baliser le passage dangereux des navires dans le pertuis. Le premier phare est mis en service en 1685. Il s'agit d'une tour avec feux de bois.L'importance du trafic maritime rend nécessaire l'édification d'un phare de plus grande portée. Ce sera le phare actuel qui commencera à envoyer ses signaux le 1er décembre 1836.


Vue du haut du phare, vers Saint-Denis... On aperçoit le Fort Boyard sur la droite.

     Le phare s'inspire d'un plan dû à un ingénieur français : Augustin Fresnel. A sa base une rotonde sert de logement aux gardiens. La tour mesure 46,2 mètres de hauteur. L'alternance des bandes noires et blanches permet d'identifier Chassiron de jour. Identification nécessaire, étant donnée la proximité d'autres phares comme celui des Baleines (couleur pierre) ou de la Coubre (rouge et blanc).

    La nuit, c'est un éclat blanc toutes les dix secondes qui le signale aux navires (quatre éclats blancs toutes les 15 secondes pour les Baleines, 2 éclats blancs toutes les dix secondes pour la Coubre.


Vue du haut du phare. Marée haute et tamaris.


Vue vers le nord. Marée haute.


La balise d'Antioche.

 


La croix d'anneaux de chaînage.

     Une croix très simple, tournée vers le large rend hommage aux Péris en mer. Antioche était surnommé "le mauvais rocher" tant les naufrages y étaient fréquents. Le dernier d'importance date de 1925. Le Port Caledonia vient se fracasser sur le rocher. Tout l'équipage périt. Les 23 corps rejetés à la côte, reposent aujourd'hui dans le petit cimetière de Saint-Denis. Mais combien de corps, jamais retrouvés, n'ont eu pour sépulture que l'océan?


Vue du phare. La maison des gardiens de l'ancien phare.

     Cette petite maison est une dépendance de la tour à feu construite sur ordre de Colbert en 1685.

    Une plaque gravée est apposée sur le mur : "Ici, depuis la nuit des temps, les hommes et l'île ont subi ensemble la dure loi de l'océan qui est toujours vainqueur."

   On aimerait ne pas voir dans ces paroles une prophétie.
   Le changement climatique ne risque-t-il pas de donner à l'océan la victoire définitive sur une île qui n'est qu'à quelques mètres au-dessus du niveau des eaux?



Vue de la côte ouest vers le sud.


Même vue à marée basse


Les falaises de calcaire.

       Avec un peu de chance vous ramasserez un fossile enroulé sur lui même depuis des millénaires et que les vents et les marées ont libéré de son long sommeil.


Côte est vers Saint-Denis


Même côte à marée basse.

 

Les goélands à l'abri dans une crique


La forme du vent.

   Par un sentier côtier, vous pourrez prolonger votre promenade vers les Huttes, avec une pensée pour les arbres dont la chevelure cherche le sud mais dont les pieds comme ceux du phare restent enracinés au nord!




Lien  Goélands et autres oiseaux.... Oléron


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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES Chats.. photos..articles



Un jour d'ombre et de pluie
Un jour d'ambre et de gris
Un de ces jours sans nom
Ni âme ni raison

Je n'avais nul désir
J'allais à la dérive
J'avais fermé mes livres
Je me laissais survivre

C'est le moment qu'elle a choisi
Pour tomber dans ma vie
Comme une étoile dans un puits
Comme une plume dans un nid

Après des saisons d'abandon
Dans un refuge de banlieue
Elle est entrée dans ma maison
Sans se poser une question

Elle a ouvert en grand les yeux
Pour explorer tous les recoins
Elle a essayé les coussins
Elle a pissé dans les fusains

Elle est venue sans hésiter
Se coucher sous mon abat-jour
Et dans la nuit sans un détour
Elle a choisi mon oreiller

J'ai dormi pendant des années
Comme un chaton émerveillé
Le nez contre son ventre rond
Sa patte oubliée sur mon front

Elle accueillait tous mes amis
Qu'ils soient gentils qu'ils soient bougons
En ronronnant à la folie
le corps fondant comme un bonbon

Elle aimait tous les animaux
Qui se trouvaient sur son chemin
Elle embrassait de son museau
Les chats les souris ou les chiens

Mais elle a laissé s'approcher
Les doigts rapaces de la mort
Le cancer qui s'est accroché
Comme une portée carnivore
 
Quand il a fallu la piquer
Ses yeux sont restés dans les miens
Son coeur ne s'est pas arrêté
Il bat toujours au coeur du mien.


 

Liens:

Poème. La mort d'un chat.

 La chatte Missou.

Poème chat. Mort de Minouche.

poèmes pour mon chat. Mort.

Liens: Chats. Poèmes, Art, photos....

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux









     Les cinéphiles montmartrois n'ont pas beaucoup de chance. Il n'y a dans l'arrondissement que des salles-cabines pour films X, de Pigalle à Clichy.
    Bien entendu il y avait Place Clichy un somptueux cinéma, art déco, le Gaumont Place, une salle exceptionnelle dont l'architecture à la fois sobre et majestueuse provoquait l'admiration.
   Dans les grandes années pompidoliennes, il a été détruit, en même temps que les Halles. Il n'en reste aujourd'hui que l'orgue qui a été remonté à Nogent, dans le pavillon Baltard rescapé!
  A sa place, admirez l'immeuble bête et méchant où se tapissent le castorama, le Flunch,et les hôtels Ibis aux petites fenêtres et aux chambres exigües....

     Alors, réjouissons-nous de la présence, rue Tholozé, à deux pas de la rue des Abbesses et du moulin de la Galette, du célèbre Studio 28, dernier ilôt de résistance cinéphilique dans notre 18ème sinistré! 

 

   La salle de modeste dimension (170 places) fut créée dans les années 20 par Jean-Placide Mauclaire.
  C'est dès le début, un cinéma d'avant-garde qui présente des films audacieux. La projection de l'Âge d'or de Bunuel, provoque un scandale et une interdiction qui pèse lourd sur les finances de Mauclaire, contraint de vendre sa salle.
   Elle retrouvera une bonne santé grâce aux comédies américaines, projetées en VO, puis en 1950, elle connaît son heure de gloire lorsqu'Abel Gance et jean Cocteau deviennent ses parrains. 


 
    Dans l'entrée, des affiches de Napoléon d'Abel Gance rappellent ce parrainage illustre. 
   Un couloir assez long permet d'accueillir des expositions de peintures ou de photos dans la rue "Rouge-Gorge".

  

    Au début du couloir, vous pouvez prendre votre pied.
    En effet, sont exposées sous vitrine, les empreintes illustres de comédiens et de réalisateurs.
    Clin d'oeil très montmartrois à Hollywood Boulevard!
 
     Même si elle n'a pas tourné dans La Comtesse aux pieds nus, Jeanne Moreau est bien présente et nous conseille de toujours partir du bon pied, le gauche.




     Un petit dessin d'Agnès Varda... Comme un graffiti... Il est vrai que le port d'attache d'Agnès est rue Daguerre, très loin de Montmartre. Mais on imagine bien Jacques Demy choisissant pour décor d'une comédie musicale, ce cinéma romantique! 




    Signoret et Montand sont passés par là... Comme tant d'autres artistes avant eux.




     Un petit restaurant, et un jardin d'hiver vous permettent de prendre un verre et de déguster les tartes salées ou les gâteaux de Francine...


 

         ...sous le regard de Gérard Philippe et d'une assemblée amicale de comédiens que le 7ème art a rendus immortels...


 
    Et maintenant vous entrez dans la salle et vous découvrez le grand rideau rouge, le ciel étoilé et..... les lustres, les fameux lustres de Cocteau!





 Petits chapeaux de lumière
 Petits lutins
 Lanternes dans les arbres
 Fées en vadrouille....


 
Ils entourent les colonnes bleues
Ils vous font entrer avant que l'écran ne vous capture, dans un monde féérique...
 La Belle peut glisser dans le couloir entre les candélabres tenus par des bras vivants... 



Orphée peut sortir de la nuit...
La séance peut commencer...









...
lien Cité du midi. Paris Montmartre (Pigalle).



   

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER





Absence (Marée basse)


Tu n'es plus là mais il faut bien
Que la mer se retire au loin
Laissant des rides sur le sable
Parmi les épaves minables.

tu n'es plus là, je reste seul
Dans les plis du drap chiffonné
Qui sans toi devient un linceul
triste et froid d'être abandonné.

Mais dans une vague du lit,
fil de la vierge, cheveu d'ange,
Un cheveu d'or est là qui luit
Comme un brin de soie dans la fange

Et je l'enferme dans ma main
Avant de m'endormir enfin
Avec ce talisman en gage
de ton tendre amour en partage. 

 





Lien : Louis wacrenier. Derniers poèmes d'amour (1)  



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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON PLAGES



     Fin d'automne sur les plages de l'île d'Oléron...
     Les touristes sont partis depuis plusieurs semaines.
     Les oiseaux retrouvent leur royaume. Ils sont là, par centaines, face au vent....




   Ce sont surtout des goélands.
   Goélands bruns, goélands cendrés et, dominant les autres d'une bonne tête, goélands marins....



     La fine, l'élégante aigrette garzette, cherche sa nourriture. Elle a failli disparaître, tant ses plumes de parade excitaient les chasseurs qui les monnayaient à bon prix. Elle est protégée aujourd'hui et commence à reprendre confiance. 





    Sur un rocher, une étrange famille : des goélands, une aigrette et un héron cendré!







    Goélands en vol...

    Comment ne pas penser à Damia :

Ne tuez pas le goéland
Qui plane sur le flot hurlant
Ou qui l'effleure
Car c'est l'âme d'un matelot
Qui plane au-dessus d'un tombeau
Et pleure...pleure!







    Et voici mon amie la mouette.
    La mouette rieuse, plus précisément.
    Même en plein été, elle n'a pas peur de s'approcher des familles installées avec glacières et baguettes de pain, pour quémander quelques miettes.
   Elle est fine et précieuse.
   Elle est menacée par la horde envahissante des goélands.
   Elle a ici sa tête blanche avec une petite tache sombre en arrière de l'oeil. Son plumage nuptial lui donnera une belle calotte sombre qui cernera son oeil de blanc... 

    Quand j'ai la nostalgie d'Oléron, je descends de la Butte Montmartre et vais jusqu'à l'île Saint-Louis où quelques mouettes rieuses passent l'hiver!



Lien: Les plages d'Oléron :

Oléron. Les Plages. Classement alphabétique.

 





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Publié le par chriswac
Publié dans : #VOYAGES...



           L'abbaye de Fontevraud réserve bien des rencontres et des étonnements.
          La salle capitulaire fait partie de ces surprises qui vous marquent, comme vous marque une rencontre inattendue avec quelqu'un que vous n'oublierez pas....



                                       Eléonore de Bourbon (1575-1611)

     L'abbaye vivait sous le gouvernement des femmes. Les abbesses étaient obéies des moniales et des moines qui y priaient. L'une d'elle, Louise de Bourbon passa commande en 1534, à un peintre angevin, Thomas Pot, de fresques destinées à orner les murs de la salle du Chapître. Elles devaient rappeler, en cette période troublée par les luttes religieuses, la prééminence du catholicisme et la place primordiale de la femme. 

    Cette place est rappelée par les portraits des abbesses devant les scènes de la Passion.
    Seules Renée et louise de Bourbon ont été peintes par Thomas Pot. Les autres ont été rajoutées, génération après génération, jusqu'au couperet de la Révolution et la dernière abbesse. (Julie d'Antin, arrière-arrière petite fille de la Montespan qui s'enfuit, en septembre 1792, déguisée en paysanne.)
 
    Dans ces peintures, les femmes jouent le beau rôle... elles accompagnent le Christ, participent à ses souffrances... alors que les soldats et les traîtres ne sauraient être que des mâles!



                                                  Marie madeleine de Rochechouart (1645-1704),"la reine des abbesses". Soeur de Mme de Montespan et grande érudite, elle était connue pour sa beauté et sa culture. Elle a traduit, entre autres, les trois premiers livres de l'Iliade, et en collaboration avec Racine, le Banquet de Platon.




                          Louise Françoise de Rochechouart (1664-1742) nièce de mme de Montespan.

   L'abbesse agenouillée, à droite, est plus intéressée par le spectateur qui la regarde que par le lavement de pieds qu'elle doit juger un peu prosaïque!


                                                                  La trahison

    Le style du peintre apparaît ici avec force. Les corps sont allongés, les visages individualisés, les yeux en amande...
   Un style maniériste dit-on, tout à fait à la mode du XVIème siècle et de l'Ecole de Fontainebleau. Un mélange de sinuosité et de rigueur, de formes fluides et de visages réalistes.

     Le Christ est immobile devant judas qui l'embrasse et cherche à poser ses lèvres sur les siennes.
     Tout autour, on entend un remuement d'armes et de rumeurs.
     Un soldat au panache blanc (allusion aux troupes prostestantes) saisit vigoureusement la tunique de l'homme dénoncé par le baiser.
     Alors que le cercle de la violence se resserre autour de lui, le Christ reste droit,  visage élevé au-dessus de la brutalité et de la trahison comme une hostie.



    Judas s'est coiffé et parfumé comme un mignon d'Henri III. Il se précipite, corps et visage tendus vers celui qui a compris et détourne les yeux.  


                                                        La crucifixion

                Sur fond de Jérusalem  Renaissance, le Christ est élevé sur la croix. A ses pieds, Jean et les Saintes femmes sont présents, au plus près de la douleur. 





      Madeleine entoure le bois de la croix, délicatement, comme si elle craignait d'ajouter à la souffrance du Christ.
     Ses mains jouent de la harpe,  caresse légère, à peine un effleurement.





   A l'arrière plan, le peintre a eu l'audace de représenter la croix couchée, celle sur laquelle des soldats minuscules clouent l'homme immense.
   Le corps démesuré, les bras démesurés s'étendent pour recouvrir le monde...
   Pour ramasser toutes les douleurs du monde...

   Etonnante scène.
   Audace de la composition.
   Etirement des corps livides qui évoque le Gréco.


                                            Descente de la croix.

         Les femmes sont toujours présentes ainsi que Nicomède et Joseph d'Arimathie.
        Madeleine se penche pour embrasser les pieds décloués.
        Lent glissement du corps vers le sol, vers les bras de ceux qui l'aiment.

        La nuit est tombée sur la terre et dans les coeurs : "C'était presque midi et il y eut des ténèbres sur la terre".


                                                            La mise au tombeau

         Sur le cadavre, se penchent Jean et les femmes.
         Comme pour descendre avec lui dans le tombeau.
         Comme pour se laisser envelopper dans le même linceul.
 
          Il en est ainsi à chaque enterrement.


                                                          Résurrection

       Mais il faut croire à la victoire de l' amour.
       L'amour c'est la résurrection, c'est la tunique rouge et le temps des cerises...
      C'est le disparu qui revient comme dans nos rêves, entouré de lumière et de chaleur.
     Les soldats peuvent s'enfuir. ils sont vaincus. La force brutale est vaincue. 


                                                              Ascension

        Au moment de nous quitter de nouveau, le Christ s'en va comme une fusée...
       Nous ne voyons plus que ses pieds, comme s'il nous rappelait que c'est à nous désormais de continuer le chemin, de péleriner jusqu'au bout de la route, vers notre Cap Canaveral, vers notre Kourou!


                                                    Mort de la vierge

      Et quand Marie arrive au bout de la route, elle s'endort. Elle attend que son fils vienne la porter comme elle l'a elle-même porté.






       En quittant la salle capitulaire et ses fresques, Nicole et moi, nous nous sommes arrêtés au chevet de l'abbatiale, et main dans la main, on s'est dit qu'on avait décollé avec elle et qu'on avait fait un voyage qu'on n'oublierait pas de si tôt.




Lien
Oléron. Eglise de Saint-Georges.  



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