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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.

Dimanche 15 mars, place des Abbesses, dans le petit square...  c'est l'anniversaire de notre mariage (16 ans déjà !) et nous nous promenons en amoureux dans ce Montmartre où un jour de mars très doux nous sommes allés à la mairie...

Le mur de l'amour dit "Je t'aime" dans toutes les langues... Comme si les mots étaient utiles entre ceux qui n'ont qu'à se regarder pour lire Le Cantique des Cantiques...

Le café sur la place. Les chaises au soleil sont chères... On y baille, on y écrit, on y parle, on regarde passer le monde entier...
Les amoureux..
Les enfants qui tournent avec la terre sur leur manège...

Les touristes qui s'asseoient sur un banc pour respirer Paris.
Nous rentrons par la rue d'Orsel où Nicole habita (au 49) et où je me suis réfugié quelques mois. Je ne résiste pas au plaisir photographier quelques boutiques dont les noms forment un poème surréaliste :





A l'angle de la rue d'Orsel et Dancourt la boutique de mode masculine a gardé le vieux décor peint du XIXème
Et l'agence immobilière expose des oeuvres fortes et angoissantes de Tessa Zerbib

Et comme aujourd'hui est un jour de soleil et de fête, nous passons par le square Louise Michel et envoyons des primevères à tous ceux que nous aimons, à tous ceux qui nous oublient, à tous ceux que nous oublions...

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux


65 boulevard de Clichy, au rez-de-chaussée d'un immeuble banal, une croix et une inscription sur la pierre indiquent la présence de la chapelle Sainte Rita. La sainte étant la patronne des cas désespérés reçoit d'innombrables visites dont le flot n'est pas près de se tarir.





Le vitrail, pile et face. Côté rue, il reflète la ville, les fenêtres, les voitures, les passants, les amateurs de sexe facile et de spectacles érotiques. Côté chapelle, Rita serre des roses contre son coeur. On ne sait pas grand chose de cette Margarita italienne contemporaine de jeanne d'Arc sinon qu'elle connut bien des malheurs sur lesquels elle flotta dans sa petite barque de douceur et de prières.... Elle transforma son mari violent et macho en type sympa. Ce qui n'empêcha pas le brave homme d'être assassiné, comme le seront ses deux garçons.  Elle eut ensuite beaucoup de mal à se faire accepter dans un couvent où elle fut gratifiée d'une plaie sur le front alors qu'elle priait devant un Christ couronné d'épines. Sa plaie saigna pendant des années et indisposa ses consoeurs.

Elle mourut en odeur de sainteté, au propre comme au figuré car il paraît que lorsqu'elle ferma les yeux, un parfum céleste, infiniment plus suave que Kenzo ou autre Guerlain, se répandit dans sa cellule et sur tout le couvent. un parfum de roses.


De vieilles femmes dont le mari est à l'hôpital, entre vie et mort, de jeunes femmes dont l'enfant est malade, des désespérés de l'amour, des rêveurs d'avenir viennent allumer une petite flamme devant la lourde statue. J'ai envie de citer Villon : "Ici n'est point de moquerie"...et j'abandonne mon esprit critique et rigolard devant la douleur et les rêves de notre humanité.


Je m'asseois devant la verrière turquoise, couleur Maldives et jeprie avec mes pauvres mots pour ceux que j'aime et qui souffrent. 



Rita

Je viens te prier pour te demander de l'aide
Je viens te prier dans le malheur
Donne-moi de savoir avec mon âme avec mon coeur
Que Dieu est aux côtés de ceux que j'aime
De ceux qui souffrent                                                                                       De ceux qui doutent                                                                                          
Il tient la main de mon père qui n'a plus de mémoire
Il soutient ma mère qui ne peut plus marcher 
Il veille sur mon amie qui meurt de son cancer
 
Que Dieu m'aide à les accompagner
A leur donner à boire 
A leur tenir chaud
A leur sourire
A les soutenir
Non pas avec mes pauvres forces 
mais avec celles que de Lui je reçois
Lui qui désaltère celui qui a soif
Lui qui réchauffe celui a froid
Lui qui aime celui que nul ne regarde
Lui qui relève celui qui tombe.

Aide-moi, Sainte Rita
A dire comme un enfant
Mon père
Que ta volonté soit faite
Mon Père
Que ta volonté d'AMOUR soit faite. 


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Publié le par chriswac
Publié dans : #MES ROMANS et RECUEILS

Voilà... Ils sont sur papier mes deux amoureux montmartrois. Ils m'ont échappé et vivent désormais d'éventuelles rencontres avec d'éventuels lecteurs. le début du livre pourra décontenancer, voire choquer. C'est une sorte de provocation. Je désirais suivre la piste d'un roman érotique, ne pas parler de choses sérieuses après Chat Gris dont l'écriture m'avait secoué. Je voulais écrire l'histoire d'un nain montmartrois pourvu d'un sexe respectable. Le roman devait s'appeler pour s'afficher sans ambiguïté Le Nain Grosse Bite! Et puis très vite, le nain a grandi jusqu'au mètre soixante-quatre et il a été confronté à la mort. Mort d'un frère, mort de la mère de celle qu'il aime, mort d'un chat, mort de Monique Morelli, la chanteuse qu'il admire, mort de la mémoire de son père...Toutes ces morts qui griffent nos vies pour les faire saigner et perdre peu à peu force et désir. Mais Nino est amoureux. Amoureux des jeux sexuels certes mais surtout de celle qu'il a rencontrée un jour d'affluence dans le métro et qui porte un nom de flamme : Lucie. Il va essayer de la ramener dans la réalité après la mort de sa mère qui l'a vidée de toute volonté de vivre. Tout se dénouera un vendredi soir, jour de shabbat, jour de lecture du Cantique des Cantiques, le plus beau des poèmes d'amour jamais écrit. Même si la mort finit toujours par gagner, tant qu'on est amoureux, on la tient à distance

.
Aujourd'hui j'ai pris quelques photos des lieux où se déroule l'aventure.
Gravir les escaliers de la rue Paul Albert a toujours fait bander Nino. Les autres escaliers de la Butte ne lui font aucun effet mais ceux-là, allez comprendre pourquoi, provoquent dès la troisième marche une érection incontrôlable qui fait cogner sa queue conte la toile rêche du jeans...

...Quand il avait emménagé dans cette rue de Montmartre qu'il avait choisie parce qu'elle grimpait vers le ciel avec ses immeubles de guingois qui s'appuyaient les uns sur les autres  et faisaient dangereusement tanguer les plus faibles...
...Il ignorait que la maison voisine était celle de Morelli...


...Nino ne répondit pas; il l'entraîna vers le lit et n'écarta pas Raymond qui, comprenant qu'il en avait l'autorisation, sauta sur l'oreiller. Nino et Lucie firent l'amour avec tant de tendresse que le chien en reçut des caresses sur tout le corps.


B
on vent à mes deux amoureux!

interview www.sacremontmartre.fr

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.


Connaissez-vous l'une des plus petites rues de Paris? Elle parcourt quelques mètres entre la rue Nodier et la rue Ronsard qui longe les jardins du Sacré Coeur.
On la voit ici du début à la fin ! J'allais dire du premier au dernier numéro mais elle n'en affiche qu'un, le 2, au milieu du seul immeuble du côté pair. Un bel immeuble du début du siècle dernier, opulent et bourgeois dans un quartier qui était alors en mutation et avait l'ambition de chasser prolos et poulbots au delà de la barrière.
L'immeuble forme un triangle dont la pointe est dirigée vers les escaliers de la rue Paul Albert. Il ressemble à un navire de pierres dont la proue chercherait à contourner les rochers de la Butte pour aller s'ancrer près de la Basilique.

,Personne n'habite du côté impair qui n'est occupé que par les arrières de la Halle Saint-Pierre et qui n'ouvre que sur un gymnase bien connu des écoliers du quartier. Savent-ils qui est ce Cazotte dont la rue porte le nom? Nicole me dirait, faussement ingénue, que c'est le nom d'un de ses ours en peluche préférés. Elle a lu bien sûr Le Diable Amoureux, une des oeuvres les plus connues du susdit ! Je citerais bien pour le plaisir La patte du Chat, Conte Zinzinois ou Les Mille et Une Fadaises.

Nerval le classa parmi les Illuminés du XVIIIème siècle et apprécia son mysticisme. L'homme ne put échapper à la guillotine. Il avait écrit une prophétie qui annonçait son arrestation. Elle eut lieu un onze septembre (!) et c'est sur la place du Carrousel qu'il perdit la tête en 1792.


Côté rue Nodier, une mercerie et ses galons multicolores... Nodier ! Comme c'est étrange de le retrouver là ! Lui aussi a écrit des contes fantastiques comme La Fée aux Miettes ou Smarra, les Démons de la Nuit. Il a surtout admiré un certain Cazotte à qui il consacra un ouvrage qui s'appelle... qui s'appelle... Monsieur Cazotte. Il dit de lui : "Il avait au moins sur la triste philosophie du siècle passé, l'avantage de parler à l'imagination et à l'âme."


Deux amoureux à queue de cheval viennent de quitter la rue Cazotte. Ils l'ont parcourue sans se méfier. Je les ai retrouvés un peu plus loin dans le jardin...
Encore une facétie de Cazotte !
Méfiez-vous quand vous passerez par là !

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES. ALZHEIMER PERE


Elle a bu comme on sirote un Bloody Mary
Comme on aspire la moelle dans un os
Comme on gobe les oeufs

Elle a décollé les images et léché les photos des albums
Elle y a mélangé les mots de tes poèmes
Elle t'a regardé dormir sur leur sable noir

Elle a détaché un à un tes enfants
En coupant chaque fil qui les nouait à toi

Elle a tué les morts que tu aimais encore
Le père dont tu sentais la main sur ton épaule
Ce garçon trop chéri dont tu portais la corde

Elle est descendue dans ta mémoire
Pour y déchirer les miroirs

Elle a soufflé la brume sur les plages du Nord
Elle a tenu sous l'eau ton île d'Oléron
Elle a réduit en cendres les beffrois et les places

Elle a mis dans les trains
Les vivants de ta vie
Pour les mener au crématoire

Elle est partie de toi quand tu n'avais plus rien
Plus un sou à laisser plus une pièce d'or
Plus un baiser plus une larme

Et toi tu te réveilles dans la chambre étrangère
Tu poses tes pieds nus sur les dalles glacées
tu vois la porte ouverte et le couloir
Et tu as peur.

 

giraudière soir 016

 

 

 

 

...............................................................................................

 

 

Liste et liens des poèmes Alzheimer. Mon père.
Poème. Alzheimer (3). Mon père, mon disparu.



Lien :Louis Wacrenier par Maurice Fombeure


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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES. AMOUR.


7 mars 2009. Anniversaire de Nini.



Un poème d'amour


Comment?

Comment fais-tu pour m'aimer encore
Comment ton coeur et ton corps
Tremblent-ils en ma présence
Comme dans la chambre d'Ispahan
Où nous avons fait l'amour
Pour la première fois?

Comment fais-tu pour découvrir encore
Cet étudiant au pull marin
Venu s'asseoir à tes côtés
Et dont aussitôt tu compris
Qu'il prenait place dans ta vie?

Comment fais-tu pour me désirer encore
Après mes années de mépris et de courtisans travestis
Après le fol amour que j'avais préféré
A l'amour fou que tu m'offrais?

Comment te dire que je t'aime
Alors que la nuit vient endeuiller l'été
Comment te dire que sur le marbre
Qui couvrirait la terre où l'on t'aurait jetée
Je viendrais me coucher
Pour dormir près de toi?










                                                                                                                                                                                                                      





Lien :

Liens : poèmes d'amour de Christian Wacrenier.

Un autre poème d'amour. Square Louise Michel.


A Nini for ever.

... 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE

Encore quelques images de ce Laos que j'ai bien du mal à quitter.  J'aime ce garçon et son petit chien qui pose la tête dans le soleil. 




Quelques visages de Laotiens qui ont l'âge d'avoir connu la colonisation française. Pas de ressentiment envers nous bien que des récits peu flatteurs parlent de notre brutalité, notamment pour la construction des routes, de la fameuse route 13 par exemple qui servira un  jour aux combattants pour acheminer de l'aide vers Dien Bien Phu et chasser les Français du Vietnam. Une vieille femme nous a confié qu'elle avait pu grâce aux Français aller à l'école jusque là réservée aux garçons. Serait-ce un aspect positif de la colonisation? Bon! Je ne vais quand même pas devenir réac! Non, mais il est frappant de voir que les peuples d'Asie qui ont subi une colonisation souvent très dure ne vivent pas dans la rancune ou l'amertume

.
La modestie de cette femme, la douceur et la tristesse de son sourire, je les garde en moi comme l'image même de ce pays.



Les dunes de sable, les pirogues légères, l'eau qui s'écoule, les sourires fragiles...




Dernières images de moines. L'élégance, la simplicité, le calme... Une sacrée leçon pour l'impatient que je suis si souvent!
Allez vite voir ce pays mais allez-y les pieds nus, le coeur ouvert et l'âme disponible. C'est ainsi que j'espère y retourner un jour.

Lien : Laos statues de Bouddha  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE

Dans la grotte de Pak Ou sur une falaise qui domine le Mékong, des milliers de statues ont été apportées par des fidèles. Il paraît que certaines d'entre elles d'une grande valeur artistique ont été volées ou dans le meilleur des cas transportées dans des musées. Ne reste donc qu'une foule de petits personnages poussiéreux dont chacun est venu ici porté par des mains respectueuses et messager d'un voeu secret ou d'une espérance profonde.

Souvent dans les temples, à côté de l'effigie principale, devant et derrière elle, vit tout un peuple de statues. Bouddha sous toutes ses formes. Celui qui tient les bras le long du corps, légérement écartés, les mains vers la terre, c'est la plus laotienne de ses représentations. Il figure le don, la charité, les faveurs répandues. On l'appelle aussi Bouddha de la pluie. Il est élégant, androgyne. Il porte sur le sommet du crâne, une protubérance effilée qui en Thaïlande prendra forme de flamme. Son visage est long, la bouche mince et le nez fin et étroit.

Dans le Vat Visoun, le grand Bouddha est représenté dans la pose de l'illumination, la main droite, paume en dedans touche la terre pour la prendre à témoin.Il symbolise la victoire sur Mâra qui est à la fois la mort et le dieu des désirs. Mâra tente d'interrompre la méditation de Bouddha en lui présentant toutes sortes de distractions sensuelles. Le sage touche la terre pour la prendre à témoin et lui demander de l'aider. 

Il  est entouré de statues debout dans la pose de l'argumentation, une main levée, paume en dehors. Je dois avouer que la multiplication des bouddhas, leur prolifération, leur répétition ont sur moi un effet soporifique. Ils sont partout. D'immenses statues couronnent des collines, de minuscules effigies s'entassent dans les grottes.... Je finis par avoir une overdose. Le bouddhisme souvent présenté comme une philosophie a-t-il besoin de toutes ces idoles? Les  jeunes occidentaux réfractaires aux saint-sulpiceries et aux pratiques bigotes d'un certain christianisme semblent accepter sans problème les superstitions et les rituels magiques du bouddhisme. Ainsi en est-il de cette religion comme des autres... elle apporte à ceux qui en ont besoin tout un attirail de gestes et de pratiques superstitieuses et à ceux qui veulent aller plus loin un enseignement qui se moque des pratiques... Jésus et Bouddha sont frères. Ils n'ont besoin ni de statues, ni de cierges, ni d'encens, ni de formules magiques.

En contournant la statue principale, je découvre une autre statue qui forme avec son frand frère un couple d'oursins.
Ce petit temple, je l'ai beaucoup aimé. Il est à l'écart d'un village, au-dessus du Mékong. c'est le Vat Lonkhoune. De jeune moines habitent  dans son enclos. A l'intérieur, une atmosphère calme et dorée vous accueille. Vous pouvez vous y asseoir et écouter tourner la terre.

La statue de taille humaine vous regarde et vous sourit. Prends le temps de t'arrêter. Débarrasse-toi de tes préoccupations vaines. Ecoute respirer le monde et toutes ses créatures. Tu fais partie de cette respiration qui porte avec elle tant d'illusions et de souffrances. Un jour peut-être, toi aussi tu atteindras l'illumination. Tu t'assiéras, jambes croisées, la main vers le sol. Tu atteindras le Nirvâna. Tu n'existeras plus.
Bon! C'est pas tout, j'ai bien envie d'un petit verre de rouge et d'un bon sandwich...

Au Vat Xieng Dong, les Bouddhas de la pluie sont si nombreux qu'une inondation est à craindre... Ici et là, vous apprenez que Bouddha est passé. Il a laissé son empreinte, une immense trace de pied... Il y en a au bord du fleuve au Vat Tich (que j'aime beaucoup car il porte le nom de ma chatte et que j'y ai vu effectivement plusieurs petits félins se prélassant dans les chars de procession), il y en a sur la falaise du Vat Phou, il yen a.... A croire que Bouddha était chaussé des bottes de sept lieues et qu'il mesurait quelques dizaines de mètres. Nicole fut irritée en Thaïlande de ne pouvoir pénétrer dans le temple qui abritait une de ces traces... Interdit aux femmes.

Les deux mains levées, c'est le geste de l'apaisement, de l'absence de craintes.

A Vientiane (Ville de la Lune ou Ville du Santal) ils sont plus de deux mille au Vat Sisaket. Assis, debout, couchés....et toujours souriants.
Je reconnnais humblement mon manque de connaissance profonde de cette religion qui à en juger par la gentillesse, le sourire, l'accueil de ses pratiquants a bien des vertus sociales et humaines. Pas de foules fanatisées, pas de tristes intégristes...

Et puis, je crois comprendre que le véritable bouddhiste, respectueux de toute vie et sensible à toute souffrance devrait être végétarien. J'en ai vu au Sri Lanka et parfois au Népal. Mais que dire de la Chine où tout animal provoque des désirs d'accommodation et de dégustation. Au Laos même où vous rencontrerez les êtres les plus doux et les plus attachants, cochons, poulets et poissons passent à la casserole.  Nobody is perfect.
Il y a une histoire que j'ai entendue ici et que j'ai bien aimée. Bouddha et ses compagnons furent contraints de manger du porc. Les compagnons moururent en se tordant de douleur. Bouddha s'éloigna en se tenant le ventre, persuadé qu'il était menacé du même sort. Il essaya de s'apaiser, de calmer ses entrailles. La libération lui fut apportée : il mit au monde une belle crotte qui le débarrassa de tous ses maux. Un temple s'élève aujourd'hui à l'endroit précis où le colombin atterrit. Cette histoire nous dit peut-être que nous nous empoisonnons à manger des animaux, que nous ajoutons de la souffrance à la souffrance et qu'il est très possible de changer nos habitudes et de rendre le monde moins cruel...

Le grand Bouddha naïf qui a remplacé Shiva dans le temple Khmer du Vat Phou m'a fait un petit clin d'oeil. Il veut sans doute me dire gentiment que j'ai encore beaucoup à apprendre
... 

Lien : Laos. Le Mékong. Photos.  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE


Il y a des fleuves qui vous entraînent dans des contrées sauvages où le temps n'est pas le nôtre, où les les hommes, les animaux et les esprits se partagent et se disputent parfois le territoire mouvant des eaux. Le Mékong est de ceux-là. Il traverse plusieurs pays, naît au Tibet, passe sans rancune par la Chine avant d'être frontière entre Birmanie et Laos, Thaïlande et Laos, faire un tour au Cambodge et se perdre dans la mer au Vietnam. Son nom laotien signifie : "Mère des eaux". Une mère qu'on a violentée en de certains endroits, en coulant du béton dans son lit pour jeter d'une rive à l'autre des barrages, gros fournisseurs d'hydroélectricité et de catastrophes écologiques. Ainsi des villages ont-ils été rayés de la carte et des territoires où vivaient des espèces rares et parfois non encore recensée ont-ils été noyés.

 

Sur les 4 400 km qu'il parcourt, presque 1 900 sont au Laos qui est donc le pays où il semble être le plus à l'aise malgré ces violences. Il est vrai que la traversée de la Chine l'avait bien préparé à ces brutalités. 


 Un jeune pêcheur jette son filet. Le rêve de chacun est de capturer un de ces poissons chats mythiques (le pa beuk ) dont on dit que certains pèsent plus de 350 kg. Les Thaïlandais les payent un bon prix, ce qui a  précipité sa raréfaction. Il continue cependantd'être bien vivant dans les légendes villageoises et dans les peurs des enfants. Lorsqu'ils se baignent, ils veillent à ne pas s'éloigner et à ne pas tomber dans les trous où le poisson-dragon guette ses proies avec une prédilection particulière pour la chair fraîche des petits laotiens.
Les buffles élevés pour aider les paysans dans les champs et les rizières ont plus de chance que le dauphin blanc qui comme le pa beuk est en voie de disparition. On l'appelle dauphin de l'Irrawady, du nom du fleuve birman où il prospérait jadis. Il rejoindra bientôt à son corps défendant le Nirvâna, la bienheureuse non-existence promise par  bouddha!
Une photo du bateau qui nous permit de naviguer jusqu'au Vat Phou (dont il porte le nom), temple Khmer plus ancien qu'Angkor et construit au pied d'une colline appelée Linga Parvata, les hindouiste y voyant un phallus, un Linga, image même de Shiva.
Le temple dont on ne voit ici qu'un bâtiment fait partie aujourd'hui du patrimoine de l'humanité. Une humanité qui ne sera  pas dépaysée avec la pierre sacrificielle et les serpents qui recevaient le sang des victimes.

Le sang cascadait sur les marches avant de couler entre les têtes des serpents. Mais revenons au fleuve qui nous réserve de belles surprises... comme les chutes de Khong Pha Beng.

 Un peu plus loin, le fleuve s'élargit et avant d'arriver au Cambodge. Il enserre de nombreuses îles. la région de Khong est appelée pays des 4000 îles...

Comme l'île de Khone que les guides présentent comme une petite enclave dans le passé colonial français! Il faut beaucoup de bonne volonté pour débusquer ce passé... Quelques maisons, une ligne de chemin de fer recouverte de lianes et dans la forêt, une vieille locomotive en train de rouiller. Une nostalgie à la Duras..; Elle n'est pas très loin la concession de "la femme blanche" de Barrage contre le Pacifique et moins loin encore la plainte de la mendiante de Savannakhet qui obsèdait à la folie le vice consul amoureux d'India Song.

L'île est aujourd'hui le domaine de jeunes venus de toute l'Europe, des Etats Unis et d'Australie... Ils louent pour quelques sous des chambres dans les guest houses, se balancent dans des hamacs, se laissent flotter dans des bouées sur les eaux tièdes, assistent aux prières des moines, chantent et s'aiment dans un monde dont la moiteur et le calme les entourent d'un liquide amniotique

.
Tandis que les Laotiens s'activent et les regardent avec bienveillance ...
Et que ce rocher immuable continue d'abriter dans ses flancs des milliers de statues qui regardent de haut couler le fleuve et la vie des hommes...

Lien : Laos. Les enfants du Mékong. Photos.  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE

Les enfants du Laos... Ils sont comme leur pays, souriants et doux. Nulle agressivité, aucune mendicité. Ils ne sont pas habitués comme en Inde à poursuivre les touristes et à quémander une pièce. Ils ne sont pas surchargés de bricoles ou de souvenirs à vendre aux étrangers. Je n'en ai pas vu un seul mal réagir au mitraillage photographique. Et pourtant... Nous avions bonne mine avec nos accoutrements d'occidentaux ! Avec nos numériques tenus à bout de bras ! Je crois qu'ils avaient bien conscience que les bêtes curieuses, c'était nous...Au bord du Mékong, ils font penser au Paradis. Ils sont nus dans la chaleur tropicale, ils jouent sur les plages et se plongent dans l'eau tiède. le village est plus haut avec ses maisons sur pilotis, ses ruelles poussiéreuses, ses chiens faméliques. La pauvreté prend de la hauteur, elle s'établit sur les falaises, à l'abri des crues. Au bord du fleuve, on pourrait croire qu'elle n'existe pas.

   
Un des chapeaux les plus appréciés, c'est la casquette à oreilles. On la trouve plantée sur la tête de nombreux bébés comme si elle préfigurait une future réincarnation.



Les écoles des villages nous ouvrent leurs portes. Nous entrons avec nos gros sabots dans les classes où attentifs et soyeux comme des chats les enfants ouvrent leurs grands yeux sur les intrus.





J'ai vu tant de sourires et tant de gentillesse sur tant de dénuement... Ce petit garçon ne ressemble-t-il pas déjà à Bouddha?


ùù



Dans ce village où cette mère berce un enfant, je n'ai presque pas pris de photos. La misère était telle et notre passage si lourd et si voyeur que j'en ai eu honte. Les villages font partie du circuit "ethnique" comme disent les guides. On vous explique les différents groupes, leur origine, leur culture. et vous numérisez à mort... jusqu'au moment où vous croisez le regard de cette mère. Grave et résigné. Non loin de là des enfants moins rieurs que ceux du Mékong, des enfants saisis de toux, des enfants à peine vêtus de loques. Notre guide nous parle de tuberculose et d'autres maladies.

Notre guide, Somphone, accepte mal mes critiques de ce tourisme là. Elle me dit qu'ils sont contents de nous voir. Elle m'affirme que des touristes de retour chez eux aident ces villages. Peut-être a-telle raison. Peut-être cette mère qui lave sa fillette dans la fontaine du village nous dit-elle l'illusion du bonheur et des richesses et nous rappelle-t-elle l'émerveillement de l'instant, éphémère et amoureux.


Lien : Laos moines et novices

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