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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières



     Le vieux village de La Brée est un des plus pittoresques de l'île.
     Pierre Loti y a passé des vacances. Il en parle longuement dans Le roman d'un enfant:

     "Nous étions allés demeurer dans un village de pêcheurs absolument ignoré et perdu en ce temps-là...
...village aux maisonnettes basses, aussi blanches de chaux que des kasbah d'Algérie et entourées de certaines espèces de fleurs qui peuvent résister au vent marin..." 

      J'ai recherché en vain la maison décrite par sa soeur. De vieilles habitantes n'ont pu me renseigner. Il s'agit pourtant de la demeure du maire de Saint-Georges dont dépendait alors le village.





    J'ai donc visité l'église récente (1958).
    Beaucoup de brénais bénévoles ont participé à sa construction. Certains ont donné les vieilles pierres de leur chai pour les murs et le campanile.



                                    Saint Antoine
   

     D'autres ont offert les vitraux.
     Ils ont choisi leur saint patron dont ils ont confié au maître verrier Van Guy, la réalisation.




                              Saint-Eutrope (premier évêque de Saintes)...



                                           Sainte-Véronique...



                                                    Saint-Paul...



                                            Sainte-Marie


     La Vierge est représentée ici avec la bête de l'Apocalypse qui guette son enfant...

" ...Voici un grand dragon rouge feu avec sept têtes, dix cornes et sept diadèmes sur ses têtes. Sa queue entraîne le tiers des étoiles du ciel, et les jette sur la terre; et le dragon se tient devant la femme qui va enfanter, pour dévorer son enfant quand elle enfantera." 



                                             Le baptême du Christ...




                                           Saint Pierre...



                                             Sainte Anne...




     Et un petit salut à Jacqueline qui m'a accueilli avec son sourire et m'a raconté des histoires du passé.
     Elle a toujours vécu à La Brée dont elle est une partie de la mémoire.




Un mois après cet article, j'ai trouvé grâce à une amie la maison dont parle Pierre Loti dans le roman d'un enfant : Pierre Loti. Oléron. La Brée.

 

 

 

Autres églises dans l'île :

La Perroche. Oléron. Le prieuré, chapelle et cloître.

Oléron. Eglise de Saint-Georges.

Oléron.Eglise de Saint-Denis.

Eglise Saint-André. Dolus. Oléron.

Eglise de Saint-Trojan. Oléron.

Eglise Notre-Dame Le Château d'Oléron. Le retable.

Eglise Saint-Pierre. Oléron. Nicolas Greschny.







...

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES ENFANTS





                                                     Koala


- C'est quoi là ?

- Où là? 

- Là!    C'est quoi?

- Ah! là!

- Oui!  là!   C'est quoi là?

- Là!   C'est mon copain!  le koala! 

- Mais c'est quoi? 

- Quoi? Tu sais pas?

- Ben non! Jamais vu ça
  Dis-moi comment tu l'as
  Dis-moi ce qu'il fait là 
  Pourquoi il est chez toi 

- Parle plus bas et assieds-toi
  Je vais te raconter pourquoi
  Il est chez moi 
  Et puis après tu partiras
  Sans effrayer mon koala

Je suis allé en Australie l'été dernier
J'ai visité ce grand pays avec mes pieds
J'ai vu des kangourous tout roux
Des dingos rigolos
Et des wombats à nez poilu

J'ai vu des animaux
Que tu n'as jamais vus
Des wallabys et des bilbys
Des potorous et des gorfous
des goannas des casoars

J'ai vu, me croiras-tu
Trois quatre ou cinq
Ornithorynques
Et courant sur le sable
J'ai vu le diable
Le fameux diable
Venu tout droit de Tasmanie

- Arrête un peu ton dictionnaire
Ton inventaire à la Prévert
Je suis sûr que dans un quart d'heure
J'aurai droit au raton laveur
En attendant je ne sais pas
Ce qu'il fait là ton koala

- Je vais te parler de lui
Tu lui fais peur avec tes cris
Il est fragile il est peureux
Il est curieux et paresseux
Je l'ai sauvé d'un incendie
Qui a dévasté son pays

Un jour brûlant couleur de cendre
De son arbre il a dû descendre
Déboussolé il a couru
Sur le chemin où je marchais
A mon dos il s'est accroché
Et n'a plus voulu me lâcher

Il m'a refilé quelques puces
Mais il est doux comme un agneau
Il est gentil et sans astuce
Il n'a pour moi qu'un seul défaut
Il n'aime que l'eucalyptus
Or c'est un arbre un peu trop gros 
Pour mon jardinet minus
Où ne poussent que des poireaux

Demain je repars avec lui
Je le ramène en Australie
Il faut qu'il y vive sa vie
Et qu'il y fasse des petits
Les yeux brillants et le poil gris
Qui un jour auront des petits
Le nez tout noir et le poil gris
Qui un jour auront des petits
L'oreille ronde et le poil gris
Qui un jour auront des petits
avec deux griffes sur un doigt
Et caetera.... et caetera.....







Lien:

 

Liste des poèmes pour les enfants. Liens.

 

Poème enfant. Chasser le chasseur.


 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER



     Louis Wacrenier n'écrira plus de poèmes.
     Dans la maison de retraite où il vivait jusqu'à son transfert, le 2 novembre dans un service fermé, il a écrit de nombreux textes : prières, chansons, poèmes d'amour.
     Les derniers sont datés de 2008. Beaucoup sont inspirés par la femme qu'il a aimée et qui aujourd'hui, murée dans sa douleur, pleure de ses yeux aveugles.





                                         Tristesse


Si c'est toi quelque jour qui dois fermer mes yeux
Donne-leur un baiser qui soit un long adieu
Car ils auront encor tout l'amour passionné
Que j'ai toujours voulu malgré moi te donner

Que se penche vers eux ton tendre et beau visage
Pour qu'il cisèle en moi sa lumineuse image
Qui rendrait rayonnant le plus froid des tombeaux
Et que tes douces mains, en sublime cadeau

Caressent mon vieux coeur une dernière fois
comme un frisson laissé par nos anciens émois,
Et qu'après je m'en aille avec toi dans ce coeur

qui brûlerait alors d'une flamme si forte
Qu'au jardin où j'irais parmi les feuilles mortes
Autour de moi les morts en sentiraient l'ardeur.








Lien : Louis Wacrenier un poète à Montmartre

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER



      Violence de ce dimanche de Toussaint.
      Nous nous retrouvons dans le studio de mon père pour le vider et pour ramasser les quelques affaires qui le suivront dans sa nouvelle résidence fermée, là où il ne pourra plus franchir les portes vers la ville des vivants.

      Les livres rescapés, les livres qu'il n'ouvre plus depuis des années, nous les mettons dans un sac poubelle. Tous les objets d'un quotidien si banal qu'il lui faut disparaître pour que se révèle sa fragilité qui est l'autre nom du bonheur. Les couverts, les verres, les assiettes...

     Je récupère les photos. Une collection de sourires. C'est drôle comme on sourit sur les photos. Comme pour affirmer à l'objectif que tout va bien et qu'il  n'y a pas de raison que cela change.
     Il y a ses parents,ses enfants, sa femme, ses amis, ses petits enfants.        Il y a des morts, de nombreux morts.
     Dans le ciel gris de Sceaux, on voit voler les feuilles jaunes des grands arbres. 
    Sur une photo, mon père, ma mère, mon petit frère ne sourient pas. Une seule. Ils sont devant une tombe, un jour de Toussaint. Ils ont la tête baissée. Devant eux, sous la pierre, loin de leurs baisers et de leur chaleur, ma petite soeur Marianne repose, comme on dit.

    Les sacs poubelles s'entassent. Nous les descendons au sous-sol. Ma soeur marque avec un fer les vêtements qu'il portera à Massy. Comme on marque le linge des enfants qui partent en colo. Il ne doit pas se perdre le linge. Il doit avoir de la mémoire, lui.

   Je ramasse dans de vieux dossier, les écrits de mon père. Je découvre qu'il a beaucoup écrit depuis qu'il est à Sceaux. Et savez-vous ce qu'il a écrit, alors qu'il s'était déjà dépouillé de presque tout?
   Il a écrit des poèmes d'amour. Aucune lamentation, aucune plainte, aucune amertume. Des poèmes d'amour. Poèmes pour les résidents malades, pour ceux qui perdaient la vue, poèmes pour les handicapés, pour les mourants, poèmes pour ses petits enfants...

    Et puis, il a écrit sa dernière aventure.
   Je lis comme on pénètre sur un territoire sacré, comme on passe derrière l'iconostase, je lis des lettres et des poèmes pour cette femme qu'il a aimée pendant 10 ans.

Dans ses papiers, il n'y a que ça, de l'amour.

   Quand ils sont repassés par la cave où les sacs poubelles avaient été déposés, mes frères ont vu qu'ils avaient été éventrés et fouillés.




Lien : Alzheimer.Poème. Dans la maison de retraite.



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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.




    Paris est fait de mille villages...
    Au coeur de Pigalle, à deux pas du Moulin Rouge, l'un d'eux s'ouvre à vous : la Cité du Midi.

 

     Un gardien vous surveille du coin de l'oeil.
     Son oreille déchirée vous avertit qu'il est prêt à en découdre pour garantir la quiétude des villageois de la Cité...

 

     Sans doute n'a-t-il pas connu la Belle Epoque des bains Douches Pigalle dont ne subsistent que les carreaux de faïence, style Métro...



   Il connaît bien par contre les étonnants jardins qui rappellent le maquis de Montmartre et permettent à cette ruelle parisienne de vivre au rythme des saisons...




 

    La villa Amandine ouvre ses volets maritimes et fleuris.
    Elle me fait penser au conte de Michel Tournier, "Amandine et les deux jardins" dans lequel un chat montre à la fillette le chemin du jardin sauvage... 



     L'allée s'ouvre sur une minuscule place ronde dont les immeubles suivent la courbe.  Elle se ferme harmonieusement sur une autre placette que l'ombre et le soleil se partagent.



Côté impair :





     Un vieil atelier de bois garde le souvenir d'un Paris populaire.
     Un Paris qui aimait ses artisans...
     Un Paris qui chantait et grondait avec eux...


 
   Un petit immeuble et son arbre qui hésite entre deux saisons...



    Des amoureux du jazz habitent là...
    Ils sont discrets et on n'entend pas la  le saxo, ni le piano de ces gens-là.
    Chut... !
     Ils font des recherches, ils sont plongés dans des bouquins et des revues dont le papier n'a qu'une idée, c'est de frémir et s'envoler sous la tempête d'une trompette...

 

     Côté pair, de petits immeubles romantiques, des cours et des arbres...

 

 

 

     ...Et "The box", un nom bien français ! Il est vrai que "La boîte" sonnerait moins branché!
     C'est une maison d'art contemporain qui s'est installée dans ce qui fut un cabaret puis un musée de trains miniatures. 
     "La box" ou "The boîte" se revendique comme un lieu d'échanges et de rencontres, artistiques et culinaires. (miam miam).


     Les habitants de la Cité ont un goût prononcé pour la numérotation émaillée comme le prouvent ces quelques photos  :











     Et maintenant vous retrouvez le boulevard animé et bruyant...
     Vous avez respiré dans cette Cité du Midi, un air différent, à la fois très parisien et très champêtre.
     Vous n'avez pas découvert de merveilles mais, peut-être mieux que ça, vous avez rêvé un instant de poser vos valises, en vous disant que les gens qui habitent là ne pouvaient qu'être des amis...






Lien : Musée de l'érotisme. Pigalle.  


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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières



    A l'orée de la forêt maritime, le petit cimetière de Saint-Trojan se fait aussi modeste que possible.
   Pas de monuments ostentatoire, une seule chapelle familiale.
   De simples pierres et quelques croix...
   Le calvaire offert par une veuve éplorée fait exception avec ses statues dorées qui brillent dans le soleil.



  Il ne parvient pas à atteindre la cime des grands arbres.



    La tombe la plus massive est celle de Henri Masse, notable local.
   Ce conseiller général, maire de Dolus et Saint-Trojan repose sous un bas relief (oeuvre d'Yvon) représentant des pêcheurs accablés et des femmes en quichenotte penchées sur le caveau...
 Tout un peuple inconsolable d'avoir perdu son conseiller général...



   A côté du monument, le sable reprend ses droits...



  Car les dunes ne sont pas éloignées qui ont déjà recouvert l'ancien village et son église et qui un jour peut-être recouvriront le cimetière.



  Sur les croix de pierre, les oiseaux chantent avec des cris de pierre.



  Un ange est tombé de son piedestal et s'est brisé. Voilà ce qui arrive aux anges des cimetières qui essaient de s'envoler.



   Une main affectueuse a déposé un poisson de couleurs près d'un proche qui aimait la pêche...



  Arbre mort et croix de pierre.



 Croix de lierre...



    Et comme dans tous les cimetières, un chat...
    Petite vie inquiète et vigilante... dont le passage léger sur les tombes est la seule caresse que reçoivent encore les morts.





Lien Eglise de Saint-Trojan. Oléron.



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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES. ALZHEIMER PERE






                                     Retraite


Il s'arrête un instant
Il tremble sur ses jambes
Comme un chevreuil qui vient de naître

Il hésite il repart dans la salle commune
Patineur débutant sur le lino de glace

Il va vers la porte vitrée
Vers le jardin fermé où survit une rose

Il tâtonne il s'appuie sur les panneaux de verre 
Sa main est un oiseau qui se cogne affolé
Contre les vitres

Enfin la porte cède
Le vieil homme se lance 
À petits pas sur la terrasse

Il écarte les bras
Il respire le vent
Il s'offre à la lumière 

La maison de retraite 
Au loin s'évanouit
Dans son odeur de pissotière

Il incline la tête
Sans lever les paupières
Un sourire léger
Lui écarte les lèvres :

"Non ma chérie
Il fait trop frais ce soir
Nous ne mangerons pas dehors".










Lien :

Liste et liens des poèmes Alzheimer. Mon père.

Poème. Alzheimer (3). Mon père, mon disparu.


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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux




     La chapelle, dans l'axe du choeur, semble vous entraîner vers les hauteurs célestes.
    Il faut d'ailleurs gravir plusieurs marches pour y accéder et découvrir sa voûte étoilée.
    Elle est plus chaleureuse que la grande église un peu glaçante. Les peintures sont dues à Romain Cazes, élève d'Ingres dont il a retenu les leçons d'académisme mais ni le génie, ni l'inquiétude diffuse. Il a été, comme bien des peintres conventionnels de son temps, très apprécié par la bourgeoisie pieuse qui lui a confié la décoration de nombreuses églises.

    Cinq panneaux nous donnent un raccourci de la vie de Marie.



    L'annonciation : Marie, les bras ouverts reçoit, à genoux, les paroles stupéfiantes de l'ange qui ne manque pas d'allure dans sa belle tunique vieux rose mais dont les ailes seraient bien incapables de le soutenir dans les airs.
   Etrange, cette habitude de doter les créatures divines d'ailes minuscules.

    Le deuxième panneau représente la visitation : Marie et Elisabeth se rencontrent, sous le vol immobile de l'Esprit Saint.
    Le petit que porte Elisabeth remue et s'enthousiasme dans le ventre maternel. Il a reconnu à quelques centimètres de lui, un autre petit, dont il annoncera plus tard la venue...

    Peinture convenue, aussi peu spirituelle que possible. 



     Le couronnement de la Vierge : Père et fils sont assis confortablement comme s'ils trônaient dans un canapé Second Empire.
     L'Esprit volète au-dessus d'eux et les réunit dans le triangle trinitaire tandis que Marie, agenouillée, reçoit la couronne des mains de son fils...



     Marie au pied de la croix: Le plus médiocre tableau de la série.
     Marie est plantée devant le crucifié comme si elle lui reprochait d'avoir fait une bêtise.
     Le peintre lui a donné l'allure d'une lourde ménagère.
     Nous sommes très loin de l'absolu chef d'oeuvre qu'est la Piéta d'Avignon qui représente la vierge de douleur comme peu d'artistes ont su le faire. Nous sommes très loin aussi de Pasolini qui fit jouer le rôle de Marie à sa propre mère, comme s'il pressentait qu'elle se tiendrait un jour devant le corps martyrisé de son fils, ramassé dans un terrain vague.

    Nous sommes très loin de la souffrance indicible de toutes les mères du monde devant la mort de leur enfant



Le dernier panneau : l'Assomption de Marie.

     Des anges vigoureux entraînent vers les cieux, celle qui ouvre déjà les bras pour serrer contre elle son fils. 
     La scène est peinte bien avant la proclamation du dogme qui ne sera institué que sous Pie XII, en 1950.
     Mais depuis des siècles, l'église fêtait la Vierge, le 15 août. Au VIème siècle, à Byzance, l'empereur Maurice avait inauguré ce jour-là, la fête de la Dormition de la Vierge.
     L'iconographie orthodoxe, profondément spirituelle, représente Marie "endormie" tandis que son fils emporte dans ses bras un nouveau-né emmailloté. C'est l'âme de sa mère. Extraordinaire image que celle de ce fils portant sa mère, comme il avait été porté par elle. Pressentiment de l'achèvement et de l'éternité. Notre assomption catholique est bien fade, comparée au vertige de la Dormition orthodoxe.



    Un vitrail rouge et bleu adresse une prière à la Vierge en majesté. 

    A l'entrée de la chapelle deux fresques représentent, à gauche, la naissance de Marie et à droite, sa présentation au Temple.





    Tableaux de bonne facture mais théâtralisés et peu inspirés.

    Signalons encore les fresques des évangélistes dans le choeur, plates et convenues.


    
   Saint-Jean se tourne vers le ciel comme pour écrire sous la dictée céleste... Son aigle familier veille à ses côtés.

    Enfin, avant de quitter l'église, jetez un oeil dans le transept gauche sur les représentations de Saint-Ignace de Loyola, lié à Montmartre par le voeu fameux, prononcé dans l'abbaye d'en-bas, et que rappelle une plaque dans l'actuelle crypte du martyrium, rue Yvonne le Tac. (voir: Montmartre. Crypte du martyrium.)  


François-Xavier est envoyé en mission, en Inde, par Ignace avec lequel il pria, le fameux 15 août 1534.

Dans l'autre transept, un autre saint lié à l'histoire de Montmartre : Saint-Denis...



   ...Ce qui peut vous inciter à prendre le métro, avant de perdre la tête, et vous rendre à St Denis, visiter la basilique, véritable merveille qui vous réconciliera avec l'art sacré!


Lien: Eglise Notre Dame de Clignancourt. (1) Extérieur, entrée.




...







 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux




     Après avoir visité les chapelles de l'entrée, il est temps de lever la tête vers les vitraux.
     Ils ont une certaine force expressive et font défiler dans la nef, une procession de saints et d'images pieuses.

     Le Sacré-Coeur voisin m'incite à commencer par cette vision de Marguerite-Marie Alacoque (ce nom m'a toujours réjoui) à laquelle apparaît Jésus désignant sa poitrine :
"Voici ce coeur qui a tant aimé les hommes..."



     Les vitraux de Lorin ont été créés dans les années 1930. Leur style vigoureux avec, parfois quelques réminiscences Art Déco, jette ses couleurs franches dans une église un peu terne.


 

     En commençant par la travée de gauche, le premier vitrail représente Jean-Baptiste : "Je suis la voix qui crie dans le désert..."



    Il est suivi d'Adélaïde. C'est la composition, à mon avis, la plus proche du style art-déco. Simplification, géométrie, le rouge et le bleu...

    Adélaïde, reine d'Italie et d'Allemagne, fut la première Impératrice du Saint-Empire-Romain-Germanique.
   Elle fut à deux reprises régente et s'imposa par son sens de la Justice et son attention aux plus pauvres.
   Elle est représentée ici, comme la Vierge dont le manteau protège à la fois l'empereur agenouillé (Othon Ier) et le fils (Othon II) dont elle assura la régence.
Elle mourut en odeur de sainteté en 999... 



    La suivante, c'est Odile "Fille de lumière". Après la guerre, cette Sainte Patronne de l'Alsace est souvent représentée dans les églises.
    Elle mourut en 720 après avoir retrouvé miraculeusement la vue.
    Elle est représentée ici avec un livre (sans doute la règle bénédictine) sur lequel s'impriment les yeux qui vont lui être rendus.
    A ses genoux, Saint Erhard, moine irlandais, guidé par une vision vient lui donner le baptême au cours duquel s'opère le miracle.


 

     Dans une lumière de mousse et de sous-bois, Hubert le massacreur de bêtes innocentes, voit apparaître entre les bois du cerf qu'il s'apprête à tuer, le crucifix rayonnant.
     Il tombe à genoux et lâche son arme.
     Il ne la reprendra plus.
     Il a compris de quel côté était le Christ : celui des victimes, des pourchassés, des torturés... Bêtes et hommes.
     Hubert se convertit et se tourne vers les humbles et les rejetés.
     Il consacre sa vie aux pauvres et respecte la vie animale au point de devenir végétarien.

   Allez comprendre pourquoi les chasseurs ont choisi pour patron celui qui leur montre par son exemple la cruauté de leurs méfaits!
   L'ont-ils fait par provocation ou par bêtise?

   Les deux sans doute...


 

    Sainte Eugénie, martyre chrétienne et romaine, eut la tête tranchée après avoir triomphé de plusieurs supplices.
    Elle est un des plus anciens "travestis" puisque, pour avoir la paix, elle se déguisa en homme et prit le nom d'Eugène.
    Une femme dont elle repoussa les avances, l'accusa de l'avoir violée...       Pour faire triompher, la vérité, Eugénie se dévoila devant la foule des spectateurs du cirque, éblouis de découvrir une poitrine parfaite.
    La vérité sort toujours toute nue des épreuves...

 

     Jules est là, lui aussi.
     Rien à voir avec Jules Joffrin, proche station de métro et Place sur laquelle s'élève l'église (Place qui, au moment de la construction se nommait  Sainte-Euphrasie).
     Jules premier est un pape, réputé pour sa bienveillance (les autres papes n'en seraient-ils pas pourvus?) et pour sa lutte contre les ariens.



    Sainte Cécile, martyre des premiers temps, résolut de rester vierge et se refusa à son mari qu'elle parvint à convertir et qui accepta d'avoir pour rival un ange qui apparut au moment du supplice, environné d'une céleste musique.
    Cécile devint la patronne des musiciens et des luthiers. 
    La musique divine ne sut pourtant adoucir les moeurs des bourreaux... comme elle n'avait su convaincre Cécile que la sexualité était de nature divine quand l'amour s'y mêlait...



     Le dernier vitrail de la travée représente la Sainte Famille.
     Jésus, blondinet, bien que juif de Palestine, s'initie aux joies du rabotage.
     Combien plus rude sera le bois qui le portera et le hissera, cloué et sanglant, contre le ciel!



     La travée de droite s'ouvre avec Saint-Michel au regard sévère, penché vers l'abbaye, édifiée au péril de la mer, que lui présente Saint- Aubert, évêque d'Avranches.
     Aubert avait l'habitude de se retirer pour prier sur le Mont Tombe (tel était alors le nom du futur Mont Saint-Michel) où l'Archange lui apparut.
     La représentation est ici un tantinet étriquée. La carapace, le visage mécontent ne collent guère avec la jeunesse solaire de l'archange foudroyant.


 
    Comme dans un conte de fées, la petite Jeanne se promène sous les feuillages remués par la voix de Michel, Catherine et Marguerite, qui lui confient la mission de bouter les Anglais hors de France. 

 

    Saint Louis a royalement droit à deux vitraux.
    Il est assis sous son chêne et rend la justice.
    Il est vêtu de la tunique bleue parsemée de fleurs de lys.
    Peut-être pour rappeler qu'il imposa aux Juifs de France de porter sur leur habit la rouelle jaune, censée représenter les deniers de Judas.
    Il ignorait alors quelle serait la sinistre postérité de cette humiliation.



     Saint-Denis ne pouvait manquer de figurer dans la galerie.
     Il  a cheminé non loin de là, portant sa tête dans les mains et se dirigeant vers la plaine où sera édifiée la Basilique qui porte son nom.
     A l'arrière, deux de ses compagnons, Rustique et Eleuthère attendent de connaître la même mort. 



     Saint Jérôme et Sainte Paule partagent le même vitrail.
     Jérôme, traducteur de la Bible en latin (la Vulgate), s'emportait facilement et fulminait conte le christianisme mondain.
     Il choisit d'aller vivre en Palestine dans un monastère qu'il fonda au IVème siècle.
         Paule, riche romaine devenue veuve, le suivit jusqu'à Bethleem et l'aida grâce à sa fortune et à sa grande patience, car le Jérôme prenait feu comme bois d'amadou...


    Un dernier vitrail orne la chapelle de la Vierge (voir article III). Ne prêtons pas trop d'attention au vitrail du choeur qui représente la colombe du Saint Esprit et qui est aussi peu spirituel que possible...

    Cette galerie de saints fait voler avec le soleil, des ailes de couleurs sous les voûtes grises. Si l'inspiration n'est pas toujours au rendez-vous, elle a le mérite d'être un livre d'images et de lumière. 


Lien :

Notre-Dame de Clignancourt (3) (chapelle de la Vierge)

...



 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux



     Elle n'est pas vraiment belle cette église dont la construction fut décidée peu d'années avant le rattachement de Montmartre (dont dépendait le village de Clignancourt) à Paris.
    Malgré ses dimensions (presque cent mètres de long), elle paraît, de l'extérieur, étriquée et ingrate.



     Les grands travaux du Baron Haussmann battent leur plein...
     C'est le Baron lui-même qui vient poser la première pierre le 2 mai 1859.
     On ne peut s'empêcher de penser aux gares parisiennes devant cette façade due, comme l'ensemble du bâtiment, à l'architecte Paul-Eugène Lequeux,  élève de Baltard, qui a eu le temps de réaliser quelques mairies et églises, avec un grand souci de fonctionnalité et peu d'inventivité créatrice (mairie de Saint-Ouen, de Puteaux, église de la Villette, de Villetaneuse...).



     Le clocher étroit et le chevet donnent sur une rue de Paris qui m'est chère. Elle ne comporte que deux numéros, le 2 et le 4. C'est une des plus courtes de Paris et pourtant son nom est tout un programme : Aimez la vie!
Enfin... presque...

 

     La construction de l'église s'impose car les villageois de plus en plus nombreux rechignent à grimper jusqu'au sommet de la Butte, pour atteindre l'église Saint-Pierre, perchée sur son belvédère.

 

     C'est en 1863 que la paroisse est créée par décret impérial et que Notre-Dame de Clignancourt ouvre ses portes aux fidèles.
     La construction a été rapide, grâce aux largesses de l'Empereur qui a cassé sa tirelire, et à celles de l'Impératrice qui a offert l'ameublement et les ornements liturgiques.

Et maintenant, passons le portail...

 

 

   Impression d'espace un peu ombreux...  Le bronze des suspensions et le faux marbre des colonnes sont les seules touches de luxe dans la nef dépouillée.

   La première surprise vient de la chapelle de droite : La Piéta de Michel-Ange se détache sur un fond de ciel nocturne et de croix. Le linceul semble couler, comme une montre molle de Dali vers la mère et son fils mort pour les recouvrir...

   La chapelle est dédiée aux morts de la première guerre dont les noms par centaines sont gravés sur le mur de la nef.



    Sur la gauche, le soldat foudroyé, aperçoit dans le ciel, Jeanne d'Arc, prête à l'accueillir, comme les walkyries accueillaient dans le walhalla les valeureux guerriers...

 

  Sur la droite, la veuve s'agenouille avec l'orphelin sur la tombe, croix de bois mort parmi les autres croix... forêt qui ne sortira plus de l'hiver.

 

...Ou qui en sortira si l'on en croit le monument, érigé entre les listes interminables des noms des jeunes gens sacrifiés. Le tombeau est ouvert, le mort reprend vie.
  Cela s'appelle la Résurrection...




    Le vitrail, comme un oeil au plafond de la chapelle représente Dieu lui-même, dans les nuées, consterné de voir ses créatures s'entre déchirer... Et pourtant depuis Abel et Caïn, il aurait dû en avoir une certaine habitude!



 

Au début de la nef mais sur la gauche, une autre chapelle attire l'attention. un incendie l'a ravagée récemment et elle offre un spectacle désolant. Le Christ aussi noir qu'un arbre calciné, se dresse devant des murs écaillés.

 

     La cloche, dont le bronze, à force de résonner pour les alertes, les fêtes et les deuils, s'est fêlé, a été remplacée par une consoeur plus jeune en 1991. Elle porte, gravées pour l'éternité, des inscriptions qui rappellent son origine.
                     "
Amédée Constance sont les noms que m'ont donnés mon parrain, Amédée Thayer, pieux et illustre sénateur de l'Empereur et ma marraine, Constance Lequeux, épouse très dévouée de l'architecte de cette église."  



     Le sacré-Coeur apparaît sur le mur de droite. Il a résisté aux flammes mais il semble s'élever au-dessus d'un Montmartre de cendres! 



   Une autre toile a subsisté vaille que vaille. Peut-être grâce à l'eau du baptême versée sur Sainte-Geneviève!
  Elle est due au talent théâtral de Glaize (Pierre-Paul-Léon), peintre montmartrois qui réalisa, entre autres une partie du salon des Arts de l'Hôtel de Ville et la salle des mariages de la mairie du XXème.  Le musée d'Orsay expose deux de ses toiles.



  La chapelle abritait les fonts baptismaux. Le baptistère a été transporté au bas des marches du choeur, mais la mosaïque du sol continue de faire tourner ses poissons dans le courant...

   N'allez pas mettre sur le dos des communards cet incendie dévastateur! D'abord parce que les toiles ont été peintes après la Commune, ensuite parce que s'il est vrai que l'église fut perquisitionnée en avril 1871, l'édifice lui-même n'eut guère à en souffrir. Ne disparurent que les linges et les objets sacerdotaux. Les officiers utilisèrent les glands en or des étoles pour en faire des dragonnes à leur sabre, ce qui n'a pas suffi, hélas, à leur donner la victoire!





   Suite de la visite dans les prochains articles : les vitraux (2), la chapelle de la Vierge(3)






Lien : Eglise Notre-Dame de Clignancourt (2) Les vitraux.

   

 

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