Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES Chats.. photos..articles

Babette--Toto--Moi-004.jpg

    Elisabeth est morte le 12 janvier. La femme qui mendiait dans le métro et qui un matin d'hiver a ramassé un chaton qu'on avait jeté dans une poubelle, ne parlera plus à son chat, ne l'accueillera plus la nuit dans le creux de son bras.


2010 0117totoAtelier0003

    Toto le chat, pendant des années l'a accompagnée, station Strasbourg-Saint-Denis. Il se dressait, bien droit devant la coupelle où des passants parfois laissaient tomber une pièce de monnaie.


2010_0117totoAtelier0005.JPG

        Un jour, le hasard des rencontres mit un peu de soleil dans la vie d'Elisabeth et de son chat. Ce ne fut certes pas une vie de cocagne mais ce fut la vie, tout simplement. Un petit studio, quelques aides. On oublia le métro.


2010_0117totoAtelier0008.JPG

    Et puis, le 4 Janvier, alors que le monde entier échangeait encore des voeux de bonheur et de réussite, l'ambulance est venue chercher Elisabeth. Elle l'a emmenée dans une maison de soins palliatifs. Une maison sans espoir, même si jusqu'au bout Elisabeth a gardé l'Espérance.




2010_0117totoAtelier0006.JPG

    J'ai pris Toto quelques jours chez moi. Je l'aurais gardé si ma chatte Titiche n'avait hurlé chaque nuit, désemparée de ne plus dormir contre moi et si elle n'avait cessé de manger.


2010_0117totoAtelier0009.JPG

    Des amis ont recueilli Toto. Des amis formidables qu'Elisabeth aimait. Toto vit maintenant à Montmartre et il regarde par la fenêtre les vignes de la rue Saint-Vincent.

Le 12 janvier, jour de la mort de sa maîtresse,  il n'a pas bougé. Il est resté contre la porte jusqu'à la nuit. Il n'a pas mangé.

 

 

Liens:
Poème. La mort d'un chat.

Poème chat. Mort de Minouche.

poèmes pour mon chat. Mort.

...
Le chat contre le cancer

 

Liens: Chats. Poèmes, Art, photos....




...



Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.

rue Ronsard 004

      La rue Ronsard longe les rochers du jardin du Sacré-Coeur. Elle porte le nom du poète des Amours mais les jardiniers n'ont pas planté un seul rosier dans les massifs que l'on découvre à travers les grilles. 
     Pas un montmartrois n'habite cette rue.
     Pas un seul!
     En effet, aucun immeuble n'y a sa porte d'entrée!
Les seules adresses de la rue sont celles de la Halle Saint-Pierre, le musée d'art naïf, du gymnase et de l'atelier du tapissier, Elie. 

2010_0102Ronsard0006.JPG

       Au début du XXème siècle, la grotte permettait aux promeneurs d'entrer dans le jardin. Elle est aujourd'hui condamnée et sert de remise à outils aux jardiniers.
      Dommage! On se demande ce qui a poussé nos têtes d'oeuf, responsables du site, à condamner cette curiosité, comme a été condamnée également la cascade qui donnait aux falaises un air alpestre.

 
rue-Paul-Albert.jpg

    La rue Ronsard vient se terminer sur les escaliers de la rue Paul Albert, appelés autrefois escaliers Sainte-Marie. (voir : les escaliers de Montmartre côté est. (1)

andre-del-sarte-001.jpg

On aperçoit sur la gauche, avant les escaliers le chemin qui passait sous la grotte.



rue Ronsard 025

     Le bel immeuble de pierres, le seul de la rue, n'ouvre ses portes que sur la rue Cazotte (voir  rue Cazotte.)
 et sur la rue Charles Nodier, mais les plus heureux locataires et propriétaires ont leurs fenêtres sur les jardins, plein ouest. 

rue Ronsard 007

     La Halle Saint-Pierre, édifiée en 1868 par un élève de Baltard, plus heureux que son maître puisque son oeuvre a survécu à la bêtise et à l'appétit des promoteurs et des élus (merci Pompidou!) abrite aujourd'hui le musée d'Art naïf.
     La collection de max Fourny, remarquable, laisse souvent  place à des artistes divers et variés...représentants de l'art brut ou de l'art naïf. Drôle de classification d'ailleurs, comme si l'on pouvait saucissonner la création, comme si l'acte, le geste de créer pouvait se mettre dans des casiers.
 

rue Ronsard 015

2010_0102Ronsard0013.JPG

     La Halle, les jardins, la rue avec ses passants...
    C'est presque la même image à plus d'un siècle de distance, les voitures en plus et l'espace Velib, sur la gauche, presque toujours vide... Les vélos descendent le matin mais ne remontent pas! Les cyclistes seraient-ils paresseux? Qu'ils aillent s'entraîner dans le gymnase et muscler leurs mollets déficients!


2010_0102Ronsard0015.JPG


rue Ronsard 020



2010_0102Ronsard0010.JPG

     Les jardins au pied du Sacré-Coeur.
     Les arbres se sont élevés et leur feuillage cache en partie la Basilique.        Quelques chats se font les griffes sur leur tronc. Ils nous rappellent Louise Michel, revenue de Nouvelle Calédonie avec quelques vieux matous qu'elle ne pouvait abandonner et qui fut raillée en chanson pour son amour des félins :  
            "C'est la Mère Michel qui a perdu son chat..."



rue Ronsard 027

       Une grotte et un maigre filet d'eau en abrite quelques uns que de braves femmes viennent nourrir.

pr-vot--Chats.-Mur-peint-004.jpg

      C'est en passant devant cette grotte que nous quittons la rue Ronsard, avec un clin d'oeil au poète qui aimait la grotte de Meudon et les rochers du Vendômois. 
       Un peu plus haut, rue Paul Albert habitait la grande Monique Morelli qui consacra au poète un de ses plus beaux albums. ( Monique Morelli n'a pas quitté Montmartre


Autres rues du quartier : rue Ronsard Montmartre.

Montmartre.La rue Andre Del Sarte (rue Saint-André) au 19ème siècle.

Montmartre. Rue Feutrier.

Montmartre. Rue Barsacq.

Montmartre. Rue Chappe.

Montmartre. Rue Utrillo (ancienne rue Muller).


lien : Montmartre. Neige de décembre.

 







...


Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers




babette-et-Montmartre-011.jpg






12 janvier. Mort d'Elisabeth.





Sur la pierre
La date est gravée
Nul ne pourra l'en effacer
La porte noire
S'est refermée
Nul ne pourra l'entrebâiller

Tu es morte sans déranger
Sans un seul cri sans un appel
Le corbeau noir n'a pas bougé
De la branche où blanchit le gel

Il va neiger sur le jardin
La neige va tomber sans fin
La neige va couvrir la terre
De l'hôpital au cimetière

Je t'ai dit que je t'aimais bien
Quand j'ai pris dans mes mains ta main
Il est trop tard mon coeur est blême
Pourquoi n'ai-je pas dit je t'aime?





2009 1217MontmartreNeige0056


lien : Le chat contre le cancer  (Elisabeth et Toto)



... 

Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers


cimeti--re-montmartre-26-janvier-073.JPG




Neige il neige
Depuis la voie lactée il neige
Les blancs flocons de laine blanche
De tous les moutons sacrifiés
De tous les agneaux égorgés

Neige il neige
Depuis la voie lactée il neige
Les blancs flocons de plume blanche
Des oies plumées pour leur duvet
Des oies gavées pour nous gaver

Neige il neige
Depuis la voie lactée il neige
Les blancs flocons des larmes blanches
Des ours qui se noient dans la mer
Des oursons qui n'ont plus de mère

Neige il neige
Depuis la voie lactée il neige
Les blancs flocons de la mort blanche
Sur les chasseurs
Les profiteurs
Les égorgeurs
Et les tueurs.




saint-vincent-041.JPG


... Lien :    Poème: le chasseur



...




...

Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux


poulbot 021


    Le 43 bis rue Damrémont vous offre dans son couloir d'entrée de remarquables panneaux conçus par Poulbot (voir 
Poulbot. Panneaux de Faïence. Rue Damrémont. Montmartre. ) Après les avoir admirés, continuez dans le long couloir et passez sous la verrière et les treillis de fleurs....


poulbot 016

     Essayez d'ignorer les grands placards de bois badigeonnés de blanc, montés contre les parois qu'ils dissimulent en partie. 

    Un peu plus loin, vous allez rencontrer des oiseaux exotiques, des flamants roses venus se poser sur les murs de faïence, en plein Montmartre, pour décorer ce qui fut un établissement de bains-douches et qui s'est transformé plus tard en laboratoire médical.
 
     C'est grâce à ce labo que la porte d'entrée de l'immeuble reste ouverte dans la journée, et permet aux piétons de Paris, de découvrir ces murs dont le décor  date de la fin du XIXème siècle, bien avant celui conçu par Poulbot (1910).


poulbot 008



   Les flamants roses prennent possession d'un lac bordé de roseaux.


poulbot 007


poulbot 009



poulbot 010

D'autres oiseaux volent dans le ciel blanc comme cet étonnant chasseur de libellule, le guépier,  amateur d'insectes qu'il fracasse contre son perchoir avant dégustation...


poulbot 017

   Ou ce bruant qui rend sans doute hommage à notre Aristide à l'écharpe rouge, dont les chansons hantent toujours nos rues... 

poulbot 018

    Ou encore cette hirondelle qui sans être du faubourg, apporte avec elle le printemps et le bonheur.

    Tous ces panneaux ont été réalisés par Hippolyte Boulenger dont l'entreprise avait pour siège social, le 18 rue de Paradis, immeuble classé dont la visite s'impose, avec ses murs somptueux recouverts de
 faïences.



poulbot-014.JPG


poulbot 023

     Enfin, il ne vous est pas interdit de regarder où vous mettez les pieds... Vous marcherez sur des mosaïques de nénuphars stylisés qui font écho aux nénuphars de faïence des murs aux flamants.

 Un enchantement!





Lien : 43 bis rue Damrémont  :  Poulbot. Panneaux de Faïence. Rue Damrémont. Montmartre.



....

lien :Nouvel An. Poulbot. Hiver. voeux.
.....

Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON

  

Loti1

      Elle existe bien la maison où pierre Loti, enfant, a passé des vacances inoubliables qu'il a racontées avec émotion dans Le roman d'un enfant.
     Je l'avais cherchée en vain l'été dernier et puis, fin novembre, j'ai reçu grâce à Christine qui habite Saint-Pierre, là où, derrière un grand mur, l'écrivain passe son éternité, avec ses chats, des photos de la fameuse maison.



    J'y suis allé en cette fin novembre et je me suis demandé comment j'avais fait pour passer à côté d'elle, alors qu'un chat blanc prenait le soleil sur le trottoir...
   Un chat blanc!  Mais bien sûr! j'aurais dû y penser!
   Pierre Loti, l'amoureux de ses chats pour lesquels il faisait imprimer des cartes de visite, avait délégué un de ces petits félins pour me montrer le chemin!



    Au cas où je n'aurais pas compris, un bon chien, à la fenêtre d'en face, m'indiquait de la tête la direction à prendre.

 

    A l'angle de la rue du Général de Gaulle (comment s'appelait-elle du temps de Loti?) et de la rue de Saint-Denis, je l'ai vue cette maison qui appartenait alors au maire de Saint-Georges dont dépendait le village de la Brée.
    J'ai ouvert le livre de Pierre loti  et j'y ai lu les mots qu'il emprunte à sa soeur, Marie, pour la présenter....



C'était au milieu du village, sur la place, chez M. le maire.
Car la maison de M. le maire avait deux ailes, bien étendues sans mesurer l'espace.
Elle éclatait au soleil, éblouissante de chaux; ses contrevents massifs, tenus par de gros crochets de fer, étaient peints en vert foncé suivant l'usage de l'île.


     J'ai lu ces pages en m'approchant de la maison. C'était à la fois très doux et très triste de confronter les époques, l'été merveilleux de l'enfance et la réalité d'aujourd'hui. 

 

Un parterre était planté en guirlande tout alentour, poussant vigoureusement dans le sable. 

 

Des belles-de-jour , qui dépassaient de leurs jolies têtes jaunes, roses ou rouges, des fouillis de résédas, et qui s'épanouissaient à midi, avec une douce odeur d'oranger.



 

En face, un petit chemin creux ensablé descendait rapidement à la plage.



Pierre Loti parle longuement de la grand'côte:

  Cette partie de l'île qui regarde le large, les infinis de l'océan; partie sans cesse battue par les vents d'ouest. Ses plages s'étendent sans aucune courbure, droites, infinies, et les brisants de la mer, arrêtés par rien, aussi majestueux qu'à la côte saharienne, y déroulent, sur des lieues de longueur, avec de grands bruits, leurs tristes volutes blanches.

C'est à La Brée que le jeune garçon connaît son premier amour pour une petite fille du village, Véronique, que sa soeur décrit longuement :

     A peu près de son âge, un peu plus jeune peut-être, six ou sept ans. Un petit visage doux et rêveur, au teint mat, avec deux admirables yeux gris; tout cela abrité sous une kichenote blanche (kichenote, un très vieux mot du pays, désignant une très vieille coiffure : espèce de béguin cartonné, qui s'avance comme les cornettes des bonnes soeurs, pour abriter du soleil). Véronique se glissait tout près de Pierre, finissait par s'emparer de sa main et ne la quittait plus. Ils marchaient comme des bébés qui se plaisent, se tenant ferme à pleins doigts...Puis un baiser, par-ci par-là. Voudris ben vous biser (je voudrais bien vous embrasser), disait-elle en lui tendant ses petits bras avec une tendresse touchante.



      Mais les vacances prennent fin. Pierre ramasse tous ses trésors, ses coquillages et ses cailloux. Il prend place avec Marie dans la voiture qui les emmène. Il voit s'éloigner le village, et, debout sur le chemin de la plage, Véronique qui sanglote...

Marie écrit  :  
                          Alors je me sentis prise d'une rêverie inquiète en regardant Pierre. Je me demandai : "Que sera-ce de cet enfant?"
"Que sera-ce aussi de sa petite amie, dont la silhouette apparaît, persistante, au bout du chemin? Qu'y a-t-il de désespérance dans ce tout petit coeur; qu'y a-t-il d'angoisse, en présence de cet abandon?"

 




Lien : Oléron. La Brée. L'église.

Promenade dans Saint-Georges. Oléron.

Oléron. Eglise de Saint-Georges.  

Oléron.Eglise de Saint-Denis.

 

....

Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #Paris

Musee-Maillol-049.JPG
Feuilles, fleurs, fruits, vers 1929 (huile sur toile).

     Sans avoir jamais appris la peinture ou le dessin, Séraphine Louis a peint des toiles qui nous font entrer dans un monde de lumière, de couleurs, de vie et d'exubérance.
     Un monde d'inquiétude aussi, avec dans son foisonnement, une angoisse diffuse.

Musee-Maillol-050.JPG
Feuilles.... (détail)

    Il est difficile d'imaginer femme plus modeste.
    Sa mère est fille de ferme et son père petit horloger.
    A 13 ans, elle est placée comme bonne à Paris.
    A 18 ans, elle est engagée comme femme à tout faire par les soeurs du couvent Saint-Joseph-de-Cluny à Senlis. Elle y reste 20 ans. Et Dieu sait(!) combien les religieuses alors étaient dures avec leur domesticité...
    Elle est ensuite bonne à Senlis.


Musee-Maillol-052.JPG
 Les marguerites. Huile.

       C'est là qu'elle est remarquée par un amateur éclairé, un allemand à la sensibilité et au goût rares qui est un des premiers à "voir" le jeune Picasso, le douanier Rousseau et cette étonnante Séraphine.
   Cet allemand, c'est Wilhelm Uhde qui prend Séraphine à son service, surtout pour lui permettre d'exercer sa passion de peindre.

Musee-Maillol-055.JPG
 Buisson de feuilles. 1925-1928. Huile.

   Anne-Marie Uhde (soeur de Wilhelm) écrit a propos de Séraphine Louis : " Elle s'adressait au ciel, aux nuages, aux arbres, aux fleurs des champs, à tous les êtres de la nature. Elle était directement en communication avec les puissances cosmiques."

Musee-Maillol-056.JPG
Buisson... (détail)

   Ce lien avec la nature la conduit à ne peindre que des feuilles, des fleurs, des plumes, des coquillages, qu'elle fait vivre sur d'étranges arbres ou des buissons touffus.
  Une de ses toiles représente l'arbre de vie, mais on peut penser aux arbres mystiques comme celui de Jessé qui relie ciel et terre et dont elle  voit une représentation chatoyante sur les vitraux de la cathédrale de Senlis où elle va souvent prier.

Musee-Maillol-058.JPG
 Bouquet de feuilles. Huile.

     Son ange gardien s'adresse à elle pour la pousser à peindre. Séraphine vit dans un univers aux frontières floues, entre réalité et surnaturel.
   Elle a souvent des visions, des apparitions.
   Il lui arrive, comme à Jeanne d'Arc, d'entendre des voix célestes lorsqu'elle regarde les vitraux.

  Nul doute que la profondeur lumineuse des verrières gothiques n'ait influencé son art.
 Le passage du soleil à travers les vitraux... l'aspect mouvant et vivant qu'il confère aux personnages et aux paysages de verre coloré...
  Comme si le soleil traversait la matière, en mélangeant les formes, en les faisant  mouvoir, en les projetant selon l'intensité, vers l'intérieur ou vers l'extérieur.

   Séraphine juxtapose et emmêle ses feuilles, ses fleurs, ses plumes, au point de leur donner un mouvement, un foisonnement de planètes. 


Musee-Maillol-059.JPG
Bouquet. Détail.

  Feuilles, fleurs, fruits... C'est la création qui tourne et monte vers son créateur.
  Il y a dans ses toiles la vitalité, la richesse, l'imagination médiévales.    Certaines ressemblent à des tapisseries.
 Elles en ont presque la texture, l'épaisseur des laines colorées.


Musee-Maillol-063.JPG

     La "matière" des oeuvres de Séraphine est unique. On la reconnait sans mal, comme on reconnait la "pâte" et la patte de Van Gogh.
    Nul ne pourra la reproduire.
    L'artiste était jalouse de ses préparations dont elle gardait le secret.    Elle pouvait utiliser de la peinture industrielle, comme du Ripolin, et des mélanges de couleurs et de laque.

   Ce tableau de feuilles part de la terre avec ce vase de roches en fusion, ce volcan qui projette les feuilles qui tournoient et relient dans leur mouvement le ciel et la terre.


Musee-Maillol-064.JPG


  Séraphine se recueillait longuement et priait avant de peindre. Cette concentration lui permettait ensuite de se libérer, de libérer ses forces, ses pulsions. 
  Elle en sortait, épuisée, comme après l'amour.



Musee-Maillol-066.JPG
Feuilles diaprées sur fond bleu. 1929. Huile.

Ces feuilles diaprées sont comme un broderie de soie et de perles sur du velours.



Musee-Maillol-073.JPG
Grappes de raisin. 1930.

       Les grappes de raisin sont portées par un tronc de palmier qui donne naissance à des feuilles et des fleurs. L'arbre est entouré de petites antennes végétales qui le font vibrer.
      Les grappes sont souvent représentées dans les églises.
      Elles donnent le vin qui est corps du Christ.
      Le vin, c'est la communion et l'ivresse.
      La toile se fait vibration et chair.
      Le fruit mystique est fruit érotique.

 



Musee-Maillol-074.JPG
Grappes de raisin; Détail.

     La peinture épuise Séraphine qui donne des signes de dérèglement psychique.
    Elle doit être internée en 1932.
    On diagnostique alors une psychose hallucinatoire.
    Elle a 68 ans.



Musee-Maillol-076.JPG
Fleurs et fruits. 1920.

"Idées délirantes systématisées de persécution, hallucinations psycho-sensorielles, troubles de la sensibilité profonde."
 L'ange gardien a les ailes coupées et les pieds enchaînés.
 Il ne peut plus aider Séraphine qui est internée dans l'asile de Clermont-de-l'Oise.

Musee-Maillol-077.JPG
Fleurs et fruits; Détail.

Séraphine ne peindra plus. 
Elle vivra encore dix ans entre les murs de l'asile.


Musee-Maillol-079.JPG
Bouquet de fleurs sur fond rouge. 1925-1930

Elle meurt à 78 ans et elle est jetée dans la fosse commune.





Musee-Maillol-081.JPG
Pommes aux feuilles.

Son corps se mêle à la terre. Il devient fleur, feuille, fruit...


Musee-Maillol-083.JPG

Il est là, modeste et puissant, charnel et rêveur...
Il est dans chacune de ses toiles
Et comme un ange, il nous entraîne vers les étoiles
Toile-étoile
Univers de vie intense, corps et âme.



seraphine-002.JPG


Toutes les toiles de cet article peuvent être vues au musée Maillol.

59-61 rue de Grenelle.
Paris 75007.
Tous les jours de 11 h à 18 h sauf mardi et jours fériés.




Lien :Camille Bombois peintre à Montmartre 




.... 




 

Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE


Dimanche au musée Guimet...
Un des plus beaux musées de Paris.
Et pour les amoureux de l'Asie, une inépuisable source d'émerveillement. Nous nous promenons longtemps au rez-de-chaussée parmi les statues d'Angkor que nous aimons et qui nous rappellent un de nos plus beaux voyages.
Avant d'aller déjeuner au restaurant des porcelaines, nous nous arrêtons un instant devant ce paravent japonais de l'école de Kano.

guimet-030.JPG


guimet-031.JPG

 Il date du XVIIème siècle et représente des hérons sur un saule enneigé. Le titre à lui seul est un poème. Quelques mots vous introduisent dans un monde de silence et de mystère.
 L'art japonais est souvent l'art de l'ellipse.
 A vous d'entrer ou non dans la tristesse que ces quelques mots suggèrent. La tristesse, le froid et la vie.

guimet-033.JPG


guimet-036.JPG

Le fond du décor est recouvert de feuilles d'or.
 Il a pâli avec le temps. Comme pâlissent les icônes.
 Imaginez la lumière du jour venant éveiller l'or.
 Imaginez la nuit, les flammes des bougies miroitant entre les branches de  l'arbre mort.
 Le héron se réfugie dans ses plumes chaudes.
 Son bec est tourné vers le ciel.
 Il guette peut-être le premier souffle du printemps.


guimet-039.JPG


guimet-040.JPG

  Celui-là regarde vers le sol gelé.
 Il lui faut survivre.
 Il va survivre, malgré l'arbre couvert de neige
 Malgré la branche qui se penche devant lui, dans le même mouvement, comme un squelette d'oiseau
 Malgré le soleil plus blafard que la lune.
 La beauté et la vie sont ici symbolisés par cet oiseau fragile qui traversera l'hiver.


guimet-045.JPG

 L'arbre se tord prisonnier de ses racines... Les hérons s'y reposent, reprennent des forces avant de s'envoler dans le ciel d'or. 



Lien : paravent coréen : Paravent Corée. Epoque Choson.

Lien : La chaussée des géants. Guimet. Preah Khan.  

Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES Chats.. photos..articles

toto-005.JPG


      Il a mendié pendant des années dans le métro.
      Enfin, c'est beaucoup dire.
      Un chat ne mendie jamais.
      Il nous autorise à laisser une pièce dans la coupelle qui est devant lui et qui permettra à son amie de survivre.

     Un jour, son amie et lui ont quitté le métro et son ciel de faïence.
     La vie s'est adoucie.
     Ils ont vécu dans un petit studio parisien. C'était bien. Une vie simple pour des coeurs simples.
     La vie quoi!
     La seule!

toto 002

     Mais il faut croire que c'était trop demander que de vouloir ce simple bonheur-là.
    Alors l'amie a commencé à tousser.
    Depuis le temps qu'elle fumait, ce n'était pas très étonnant.
    Les fumeurs s'habituent à avoir une voix grave, à tousser un peu trop...
    Ils ne s'en font pas. Ils sont plus malins que le tabac.

toto 004


    Mais le tabac, il sait y faire.
    Il attend calmement, cigarette après cigarette, que la tumeur, maligne, se développe et se prélasse.
   Un cancer de l'oesophage.
   L'amie ne mange plus.
   Elle boit quelques liquides énergétiques.
   Elle tient le coup grâce aux patchs de morphine.
   N'importe qui serait mort depuis des mois.
   Mais elle survit.
   Son chat est avec elle.
   Il ne la quitte pas du regard et il ne ferme les yeux que lorsqu'elle s'endort enfin.

toto 016

    Dans quelques jours, son amie va retourner dans la maison de soins palliatifs.
    Dans quelques jours, le chat va être recueilli.
    Dans quelques jours...
    Mais qu'elles sont précieuses ces heures où il la regarde et où il pense de toutes ses forces de chat, que rien de mal n'arrivera tant qu'ils seront ensemble.


....


lien :poème : le chat du métro

Liens: Chats. Poèmes, Art, photos....





....

Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Saisons. Divers


poulbot 101

    Pour vous souhaiter une belle année avec beaucoup de rencontres et de surprises, je suis retourné au 43bis rue Damrémont et j'ai demandé aux petits Poulbots d'être mes ambassadeurs....


poulbot-029.JPG


  De la tendresse


poulbot 027


De la confiance

poulbot 104

Du plaisir


poulbot 047

De la patience





poulbot 055

Et un petit nez rouge, non pas de froid mais d'ivresse!!!


Meilleurs voeux!




Lien : Poulbot. Panneaux de Faïence. Rue Damrémont. Montmartre.




....




Voir les commentaires

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog