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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE


A l'entrée du musée Guimet, impossible de le manquer, il est là, immense, colossal, c'est le Naga de la Chaussée des Géants d'Angkor. Un fragment plutôt : la tête du Naga et deux divinités qui portent son corps. Il a été volé par nos archéologues en 1874 sur le site d'un des temples d'Angkor, le Preah Khan (l'Epée Sacrée). 

 

Le fragment rapporté avec d'autres statues remarquables provoqua l'engouement du public lors de l'exposition universelle de 1878. Les visiteurs découvraient alors un art monumental qui avait su donner aux pierres une douceur de chair et aux visages un sourire qui ne se retrouve en Occident que dans le meilleur de l'art roman..

 

Le Naga est un génie-serpent, venu tout droit de la mythologie indienne et omniprésent dans les temples cambodgiens. Il symbolise les eaux et les richesses souterraines.



Alors que Bouddha était en méditation, un violent orage éclata. Les eaux tumultueuses menaçaient de l'emporter. Le cobra Naga sortit alors du fond des abysses, se lova autour du sage pour le réchauffer et  déploya sa tête au-dessus de lui.
Bouddha est rarement représenté recouvert par le serpent.  Le plus souvent il est assis sur ses anneaux, la tête protégée comme par un parapluie vivant.

 

Symboliquement, sur les ponts qui traversent les douves et mènent vers les sanctuaires d'Angkor, les rampes sculptées représentent le Naga, trait d'union entre le monde des hommes et le monde des dieux. Il est à la fois divinité des eaux et arc en ciel qui après la pluie relie ciel et terre. 

 

Il est fermement tenu par des divinités (les devas) et des démons (les asuras). Ici vient s'ajouter une autre légende sacrée : le barattage de la mer de lait. Dieux et démons en quête de la liqueur d'éternité que recèle l'océan, remuent les eaux avec une montagne, le Mandara. ils sont un instant unis dans la recherche du trésor des trésors.

 

Mais peu importe que l'on connaisse ou non la mythologie indienne. La force et la douceur qui émanent de ces pierres nous touchent. Elles nous donnent envie d'écarter les murs pour permettre au Serpent-montagne de prendre le large. Il saura guetter l'arc en ciel et retrouver le temple qu'il n'aurait jamais dû quitter, entre les arbres-lianes et les visages des dieux.

 

Lien : Un paravent japonais. Ecole de Kano.Guimet  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.

     Merci Delanoë pour ce boulevard ressuscité, passé de parking à promenade, de béton à plantations.... C'est un plaisir en ce printemps estival de flâner de l'Elysée Montmartre à la place Clichy, sous les arbres et dans le parfum des massifs de fleurs. Avant de m'élancer, je tiens à pousser un grand coup de gueule contre les cyclistes. Quoi ! On s'est battus pour eux, on a fait le siège des mairies, des élus pour qu'ils aient enfin des pistes cyclables dignes de ce nom, on leur livre la ville aux dépens des bagnoles bruyantes et polluantes et eux, au lieu d'être heureux, de planer sur leur vélo, ils agissent en hordes de barbares, roulant sur les trottoirs, prenant les sens interdits, renversant les grands-mères, jouant de la queue de poisson avec les taxis, flirtant avec les bus... N'importe quoi!!!  On va finir par les haïr, foi de piéton. Aujourd'hui j'ai failli me faire renverser par un énergumène qui non content de brûler le feu rouge m'a engueulé alors que je me hâtais dans le passage réservé aux bipèdes! Bon oublions-les un instant et jetons un oeil sur l'Elysée Montmartre qui, au métro Anvers inaugure la promenade.

  L'Elysée Montmartre eut une histoire mouvementée; il peut être considéré comme le véritable temple du French Cancan qui y fut inauguré sous le nom de quadrille naturaliste avec des artistes comme le fameux Valentin le Désossé ou la môme Vide Bouteille, la Goulue. Tous deux seront débauchés par Ollier qui les entraînera dans son Moulin Rouge. Cette agréable leveuse de jambe orne à juste  titre le fronton de l'établissement qui après un incendie fut reconstruit au début du XIXème siècle.


   Et maintenant, nous empruntons la belle promenade appréciée des touristes et des parisiens. Un démenti à Bénichou et Ruquier qui dans leur émission du soir un tantinet démago (et qui est enregistrée non loin de là, au Moulin Rouge) déclaraient que l'espace  offert aux piétons restait désert et qu'il n'y avait pas un chat sur le boulevard!!! Jetez un petit oeil à gauche sur le lycée Jacques Decour, très représentatif des lycées-casernes du XIXème.

 




  Sur votre droite le Trianon.  Sa façade est aujourd'hui dans un triste état. Il serait grand temps de lui redonner un peu de jeunesse... L'intérieur avec son escalier monumental, ses statues, son foyer, sa salle en fer à cheval donne une idée de son ancienne splendeur. Le Trianon fut affublé de différents noms avant de ne garder que l'essentiel : Trianon-Concert (où triompha la Miss), Trianon-Théâtre, Trianon-Victor Hugo, Trianon-Lyrique....Avec tous ses patronymes flatteurs, il ne mérite certes pas qu'on le laisse se dégrader ainsi. La dernière fois que j'y suis allé, c'était pour Brigitte Fontaine, pour un tour de chant déjanté et parfois génial. Mais c'était dans un autre temps car la Diva encourageait ses fans à fumer dans la salle qui se transforma assez vite en Hammam toxique et très vraisemblablement parfumé d'autres parfums que celui de l'herbe à Nicot!

 




  Un peu plus loin, au 120 du boulevard Rochechouart, nous voyons la Cigale. Il est difficile de l'imaginer telle qu'elle était au début du siècle avec son style art nouveau qui ne craignait ni la fantaisie ni l'exubérance. La salle accueillit tout comme sa voisine du Trianon, les grandes stars de la chanson française comme Mistinguett, Maurice Chevalier ou Arletty. Dans les années 40, la salle déchue devint un cinéma un peu louche qui se spécialisa dans les films de Kung-Fu. Il fallut attendre l'initiative des Rita Mitsouko pour qu'elle retrouve sa vocation. Elle fut rénovée par Philippe Starck et est désormais protégée par son classement Monument Historique...



 

 Quelques mètres plus loin s'ouvre la rue des Martyrs où vous aurez le choix entre Michou et Madame Arthur. Mais c'est le Divan du Monde que vous découvrez d'abord. Au 2nd Empire, il y avait là une brasserie qui devint après s'être habillée de rococo japonisant le Divan Japonais. Vous y étiez accueillis par de charmantes hôtesses plus ou moins nippones et plus ou moins geishas... Baudelaire, Lautrec ou Picasso apprécièrent l'endroit. Lautrec lui assura une renommée durable en créant à la demande du directeur une affiche restée célèbre où l'on voit deux de ses modèles fétiches : Jane Avril au premier plan et à l'arrière, Yvette Guilbert et ses longs gants noirs .







 Contrastant avec le kitch de Madame Arthur, de l'autre côté du boulevard, le consternant immeuble le Bouglione. Ce hideux cube gris posé en pleine ville par des concepteurs sans talent a remplacé le très beau cirque Medrano où Boum Boum le clown eut son heure de gloire. Paris a souffert sous Pompidou et consorts de destructions de vandales qui n'ont jamais connu que leurs intérêts et l'obésité de leur porte monnaie. Je me souviens avoir assisté dans le cirque qui allait disparaître peu après à un très beau spectacle d'Ariane Mnouchkine : le Songe d'une Nuit d'Eté. Un cauchemar d'une nuit d'hiver amena grues et promoteurs qui nous imposèrent cette ignominie glaçante.






  Continuons la balade entre les pistes cyclables.... Côté gauche du boulevard les immeubles abritent de nombreux ateliers d'artistes. Ils sont  toujours orientés vers le nord afin d'accueillir la lumière précise propice à la création picturale. Mais je me demande combien de véritables peintres les occupent aujourd'hui où la spéculation prive les artistes de tels lieux au profit des enrichis du CAC 40 qui très souvent n'ont d'artiste que le lieu qu'ils investissent.




           Sur le côté droit grand soleil sur les immeubles dont les balcons s'en donnent à fleur-joie. Nous arrivons place Pigalle (sculpteur dont la dernière demeure est perchée tout en haut de la butte dans le petit cimetière de l'église Saint Pierre). La station de métro de Guimard qui en son temps fit hurler les gens de goût nous surprend toujours par son délire de fonte  et ses fleurs oranges au bout de leurs tiges, à la fois végétales et mantes religieuses. Un petit coup d'oeil au fameux jet d'eau que chanta Ulmer et qui a repris depuis peu son service rafraichissant.








 

  Le cinéma Atlas, connu pour ses rencontres très sexuelles et très gay (lien : cinéma atlas pigalle me rappelle les films de Jacques Nolot : la Chatte à deux têtes et surtout Avant que j'oublie. La fin de ce dernier film se situe dans l'entrée du cinéma où Nolot qui a accepté de se travestir reste un instant contre le mur avant de descendre vers la salle comme vers un gouffre, un appel de la mort.
  Nous ne serions pas à Pigalle si ne se succédaient les boîtes, les clubs, les temples du porno, les super marchés du sexe. Je ne sais pas pourquoi Ganesh s'est perché sur le Moon City, club libertin de 1200m2 avec hammam, sauna, jaccuzi...(comme dit la pub!)





  Un peu plus loin, une plaque rappelle que le peintre Pascin vécut à Pigalle. Ce peintre des femmes qui fréquenta les cabarets de la butte vécut ses dernières années derrière ces murs où il s'ouvrit les veines un jour de juin.
  Impossible de ne pas remarquer la très belle villa des Platanes construite à la fin du XIXème par Edmond Deloeuvre dans un style néo Renaissance. A travers les grilles on peut apercevoir l'escalier à double volée agrémenté de porte-torchères.





  L'étonnant Hôtel Radio construit dans les années 30 et qui a été récemment réhabilité.


 Le musée de l'érotisme vous permettra de parfaire votre culture en ce domaine primordial. De nombreuses oeuvres de différentes cultures permettent de mesurer l'imagination créatrice et fantasmatique de notre espèce. Deux gros bonshommes très peu érotiques vous attendent à l'entrée et ne semblent pas impressionner ces touristes qui vont leur chemin comme si de rien n'était...

    Bon, nous arrivons au métro Blanche près du célèbre Moulin Rouge qui vit sur sa réputation et qui du point de vue esthétique ne présente que peu d'intérêt. Il eut son heure de gloire et fait partie de la mythologie montmartroise. Ayons une petite pensée pour la Goulue qui passe son éternité à proximité.


 Terminons notre balade en regardant avec consternation l'immeuble de castorama et de l'hôtel Ibis. Il y avait là un cinéma Gaumont d'un remarquable style art deco (il avait lui même succédé à l'hippodrome). La salle était un chef d'oeuvre (j'ose à peine dire que j'y ai vu Ben Hur) et par chance l'orgue a été sauvé et a été remonté dans le survivant des pavillons Baltard à Nogent. En ces temps immémoriaux les salles de cinéma assuraient des spectacle d'entracte avec chanteurs, jeux d'eaux, jeux de lumière... Mais gardons un peu d'espoir, sur le chemin de retour, vous pourrez entrer dans la chapelle sainte Rita très fréquentée par les dames de Pigalle et qui est, comme chacun sait, la patronne des causes désespérées...

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES ENFANTS








Petit homme perdu dans le grand hôpital
Petit prince tombé sur la planète étrange
Où sur des arbres peints au feuillage trop pâle
Se taisent les oiseaux qu'aucun vent ne dérange

Petit homme perdu dans le grand hôpital
Je suis venu ce soir t'emmener loin d'ici
Dans un pays de fleurs et de bois de santal
Où sous les feuilles d'or les statues vous sourient

Ne perdons pas de temps, l'éléphant nous attend
Il connaît le chemin vers ce pays heureux
Où les gars de ton âge habillés de safran
Sont très beaux comme toi et n'ont plus de cheveux. 

 

 

Liste des poèmes pour les enfants. Liens.

 

poème enfant : La semaine.  

Poème enfant malade. Retour de l'hôpital.


 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités



 Un beau jour de printemps qui ressemble à l'été, un jour idéal pour aller à la rencontre de Dalida dont le nom malgré le tragique et la solitude évoque la vie et le soleil. Je passe par les vignes de Montmartre, reliquat d'un vignoble qui du temps des Abbesses dévalait les pentes et occupait un vaste espace aujourd'hui loti. Il fournissait un petit vin de bon renom qu'on appelait Goutte d'or et qui a donné son nom à un quartier populaire de Paris non loin de là. La dernière cuvée a été baptisée Cuvée Dalida !









  Nous voici Place Dalida, une très jolie petite place ombragée située à quelques centaines de mètres de sa maison. Un buste un peu sévère regarde passer sans le voir un groupe d'enfants. Ce buste commence à faire l'objet d'un véritable culte de la part d'adultes qui caressent les seins de bronze. Il y a ainsi, ici et là de telles vénérations : le pied de Saint Pierre à Rome et dans l'église de Montmartre, le sexe de Victor Noir au Père Lachaise... Les seins de Dalida. Ces derniers me paraissent et de loin mériter plus que les autres un tel hommage !



 Je prends la rue Girardon et sur le chemin j'accepte le salut de Marcel Aymé qui en hommage à son Passe-Muraille a été représenté par Cocteau, traversant les murs. Il semble venir de la nuit et de la mort où il repose et n'avoir pas la force de faire le dernier pas qui le projetterait parmi nous. Je remarque que sa main a reçu elle aussi bien des caresses... Je l'ai moi-même saisie et j'ai cru un moment que ce petit coup de main l'aiderait à se dégager de ce vilain mur...

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 J'arrive rue d'Orchampt, devant la maison de Dalida. Elle l'aima ce refuge qu'elle avait choisi au plus haut de la butte et qui ouvre ses fenêtrtes sur Paris tout entier.
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                            Rue d'orchampt. L'escalier...
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                                      La chambre de Dalida
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                                                          Le salon
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                                               La salle à manger
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                           La petite Austin de Dalida, rue d'Orchampt.

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                                                Sur le perron

 Dalida réservait deux étages aux amis qu'elle aimait recevoir et qu'elle aurait voulu regrouper comme une grande famille dans ce "village" qu'elle avait élu.







Je descends la rue Lepic et j'arrive très vite au cimetière de Montmartre la dernière demeure de Dalida. Elle y est représentée debout, les yeux clos sur elle même, fermés à la lumière du jour mais comme ouverts  sur un monde plus vaste et plus lumineux. Le soleil qu'elle ne voit plus, ce soleil d'Egypte où elle est née, semble irradier d'elle même. Un coeur de fleurs blanches a été dépopsé à ses pieds... Il n'est pas si loin ce jour de mai où Dalida décida de mettre fin à ses jours. Aujourd'hui le soleil et les fleurs viennent lui dire qu'on ne l'oublie pas.
 
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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES ENFANTS

Le Père la Semaine
 
Le père La Semaine
Promène
Ses enfants main dans la main
 
Le premier est dans la lune
Il possède un petit chien
Qui aboie dès le matin
Et ne mange que des prunes
 
Le deuxième est un martien
Etrange et végétarien
Qui avale des salades
Pour n'être jamais malade
 
Le Père La Semaine
promène
Ses enfants main dans la main
 
Le troisième cherche de l'or
Il saccage la nature
Et tue les alligators
En répandant du mercure
 
Le quatrième est vantard
Il se prend pour Jupiter
Quand il brandit un pétard
En criant : "C'est le tonnerre" 
 
Le Père la Semaine
Promène
Ses enfants main dans la main
 
Le cinquième est une fille
Si jolie que les garçons
Dans la cour offrent leurs billes
Pour un baiser sur son front
 
Le sixième a une montre
Aux aiguilles de diamant
Il embroche les secondes
Sur un fil de cheveu blanc
 
Le Père la Semaine
Promène
Ses enfants main dans la main
 
Mais le plus beau c'est Dimanche
On dit qu'il est paresseux
Quand il saute dans les vagues
Le soleil dans les cheveux
 
Et si parfois il se penche
C'est pour cueillir dans les algues
Un coquillage de nacre
Qu'il envoie aux amoureux.

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES ENFANTS



Marchand de sable

Quand vient l'heure de se coucher
C'est toujours la même histoire
Tu dis :"J'ai trop peur du noir" 
Et tu te mets à chouiner

Mais regarde dans le ciel
Il arrive à tire-d'aile
Avec son âne fidèle
Le marchand de grains de sable

Il vient tout droit du désert
Où pour les enfants aimables
Il a rempli ses grands sacs
De rêve et de sable en vrac

Si tu veux devenir fée
Dans sa robe de mariée
Il t'envoie une pincée
De quelques grains argentés

Si tu rêves de voler
Comme l'aigle ou l'épervier
Il t'envoie une poignée
De grains bleu et blanc nacré

Si tu veux te transformer
En guépard ou en lionceau
Il saupoudre sur ta peau
le mica fauve et doré

Mais si tu as toujours peur
Du noir et des cauchemars
Ne crains rien dans un quart-d'heure
C'est papa qui vient te voir

Il n'a pas de sablière
Mais dans son coeur il y a
Des baisers qu'il posera
Sans compter sur tes paupières. 



poème amour enfant.

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux


lIl y avait jadis un musée du vieux montmartre, kitch et poussiéreux, avec décors en carton et mannequins de cire... Il a cédé la place à quelques créatures étranges imaginées par Dali qui fut un peu montmartrois puisqu'il habita quelque temps rue Becquerel dans l'appartement qu'Eluard avait déniché pour Gala. Dali en bon prédateur s'empara aussi de la femme...



Il faut croire que son érection permanente n'était pas qu'intellectuelle!

 

      Dans un espace sombre les bronzes sont disposés un peu n'importe comment. Il est vrai que l'espace réduit empêche une vraie mise en valeur. Lorsqu'on veut prendre un peu de recul pour apprécier une oeuvre, on se heurte inévitablement à une autre... Ici Saint-Georges se défend en terrassant de sa lance le dragon. Groupe assez classique, peut-être un des plus beaux parce que le moins chargé de théories. Ou alors, vieille métaphore du combat du bien et du mal... 



      La femme en feu se consume avec tous ses tiroirs entrouverts. La fameuse béquille l'empêche de se renverser. La mémoire, l'inconscient, tous ces tiroirs que nous n'ouvrons que la nuit, lorsque l'obscurité nous protège des découvertes trop cruelles et lorsque les flammes sont femmes...



L'escargot en pleine vitesse, ailes déployées, porte l'ange en équilibre, béquille brandie... Fascinant animal, dur à l'extérieur et mou à l'intérieur. Créature privilégiée puisque mâle et femelle à la fois. Plus de problème d'identité sexuelle! L'ange le choisit comme véhicule, comme s'il était un dieu indien qui avait besoin d'un animal pour voyager sur terre. Et cette béquille que l'artiste ne quittait jamais... elle est tenue par le messager du ciel, elle est la réalité, le vecteur entre deux mondes.




Le rhinocéros monté sur des pattes fragiles articulées par plusieurs rotules. Lui aussi porte une carapace qui ne le protège pas des braconniers et ne lui évitera pas une disparition programmée. Il porte sur le dos une pyramide d'oursins, carapace à l'extérieur et chair tendre et fragile au-dedans. L'oursin n'était pas qu'un symbole pour Dali qui en dévorait une bonne douzaine par repas! Nicole va être jalouse!



L'éléphant porteur de pyramide. Ses pattes sont frêles et menacées comme celles du rhinocéros. Si vous lisez toute l'explication qui accompagne la sculpture, vous risquez d'être perdu. On vous parlera de la tentation de Saint-Antoine, de la pyramide qui est le pouvoir (Pharaon) et la maîtrise et patati et patata... Arrête ton char Dali, il risque d'être englouti avec celui de Pharaon dans la Mer Rouge.



Notre amie Alice de Lewis, saute à la corde, les mains et le visage métamorphosés en fleurs. Elle a les seins de Lolita et la coiffure de Marie-Antoinette. A ses côtés, prête à lui servir d'appui, une béquille fichée en terre.



      Terpsichore, muse de la danse est à la fois mâle et femelle. La femelle, sensuelle et brillante, le mâle maladroit et en formation. Il prend forme et vie en essayant d'imiter la belle. C'est le mythe de la création, mais cette fois, c'est l'homme qui naît de la femme. Ce qui est bien plus vraisemblable et bien plus réconfortant!



Attention symboles à gogo : la femme coupée, l'oeuf devant le sexe, la montre molle sur le cou, les fourmis dévoreuses... Amusez-vous avec tout ça, ou plus simplement, lorsque le gardien détourne les yeux, caressez l'oeuf, caressez les seins. Frissons garantis!



Dans une vitrine, cette femme au collier de maïs, coiffée d'une baguette couronnée par un encrier figurant le fameux Angelus. Labeur des paysans pour gagner leur pain; labeur de l'écrivain ou de l'artiste. Indifférence de la belle qui semble participer au carnaval de Venise. Le pain est paraît-il chez Dali un symbole phallique.
Mais enfin, ce n'est pas en cet endroit, madame que le pain doit être placé!

l

L'esclave Michelin... Dali a représenté avec quelques années d'avance la dure condition des ouvriers exploités et jetés. Il suffit de remplacer Michelin par Continental pour être dans l'actualité.



La belle Amanda Lear qui était déjà jeune et portait comme Sainte-Lucie ses yeux (ses oeufs) sur un plat.



Et pour terminer la visite, cette crucifixion. Saint-Jean le bien-aimé devant la souffrance jaillissante, devant la nuit qui encre le jour chaque fois que meurt un homme.

Nous avons quitté les salles sombres pour déboucher rue Poulbot.  Un pigeon sortait d'une poubelle; un chat dormait entre deux géraniums; un enfant s'envolait dans le ciel...Sans béquille, le réel et le surréel se promenaient sur la butte...

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES Chats.. photos..articles



Nous avons emmené Titiche à Oléron pour les vacances de printemps. Evidemment, elle a râlé pendant une vingtaine de kilomètres et puis elle s'est calmée, apaisée par Leonard Cohen dont le CD passait en boucle dans la voiture. Sur cette photo, elle est tapie dans les lauriers du jardinet.   elle a une vue imprenable sur la place du village et sur la maison. Rien ne peut lui échapper.



Elle aime se percher sur le tronc de l'arbousier. Le pauvre arbre avait pris une telle ampleur qu'il envahissait la petite cour et venait cogner contre les volets. Je l'ai coupé, je le confesse. Nicole ne me le pardonne pas, ni les fauvettes qui y nichaient, ni Titiche qui recherche vainement les branches où elle aimait s'installer.



Elle aime, petite concierge parisienne, regarder tout ce qui se passe et tout ce qui passe dans notre rue. C'est la rue des Saulniers, la bien nommée, car la commère ajoute en miaulant son grain de sel aux potins du village.



Dans la maison, son poste de guet est sur la mezzanine. Rien ne lui échappe. Elle y ronronne en paix loin des mauvais souvenirs qu'elle a gardés de notre voyage au Laos pendant les vacances d'hiver. Aucun ami n'avait voulu la garder et nous l'avions confiée à notre vieille voisine du quatrième étage qui a voulu la caresser. Titiche l'a griffée et la voisine surprise a hurlé...La chatte effrayée s'est réfugiée sous l'évier. Allez savoir comment elle est passée par un trou de souris et s'est retrouvée dans un petit espace entre le mur et l'évier.
Impossible de l'en extraire. Elle y était entrée, poussée par la panique qui avait modelé son corps. 
La voisine a cherché pendant des heures où Tiche était passée...
Quand plusieurs heures plus tard elle a entendu ses miaulis, elle n'a pu la faire sortir. Elle a dû aller chercher un ouvrier qui travaillait sur un chantier dans la rue. Il a découpé à la scie la paroi de l'évier et Titiche a été libérée.
La voisine l'a remontée chez nous et lui a rendu visite plusieurs fois par jour jusqu'à notre retour. Elle a eu la délicatesse de ne rien nous dire quand nous téléphonions de Luang Prabang ou de Vientiane...



A Oléron, elle est heureuse, comme à Paris... Elle ne nous quitte pas d'une patte et ne supporte pas que nous fermions les portes. 

La voilà qui saute sur le bureau...Elle sait que je parle d'elle et déboule sur le clavier où je tapote. Je suis obligé d'arrêter...
Bonne nuit! 
 

Aventure de Titiche à Montmartre.

Titiche a 20 ans.

Tiche. Chatte en mai.  

Ma chatte à Oléron

Poème à Titiche 17 ans

Liens: Chats. Poèmes, Art, photos....

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières


La ville de Saint-Pierre ne manque pas de charme. Pierre Loti, enfant, aimait y flâner et la maison des aïeules est restée, telle qu'il l'a connue, dans la rue qui aujourd'hui porte son nom. Son corps est enterré dans le jardin protégé de hauts murs :"Ici, dans le jardin de la maison des aïeules, Pierre Loti repose sous le lierre et les lauriers."
L'église se dresse non loin de là. 



Elle n'a rien de bouleversant et semble plutôt ingrate dans une région où l'art roman s'est épanoui dans la blondeur des pierres et la fantaisie des décors. Son histoire est tourmentée et le bâtiment que vous voyez aujourd'hui ne date que du XVIIème. Le clocher que les visiteurs aiment escalader pour jouir d'une vue imprenable sur la petite ville ne date que de la fin du XVIIIème! Quant aux nefs latérales...elles sentent bon leur XIXème! La tribune cependant et le buffet d'orgue ne manquent pas d'une certaine élégance. 



Dans la chapelle du transept gauche, subsistent quelques vestiges romans, comme des bribes de mémoire qui nous permettent d'imaginer et de reconstruire...




Un vitrail conventionnel montre l'apparition du Sacré-Coeur à Marguerite-Marie. Comme j'habite à l'ombre de la Basilique, je ne peux
m'empêcher de lui faire un petit clin d'oeil!



Dans la chapellle de la Vierge, une fresque de Nicolas Greschny se détériore lentement. Greschny est pourtant un grand peintre méconnu. Il est né en Estonie et a dû s'exiler lors de la révolution russe. Il s'est réfugié en Allemagne et a dû fuir devant les nazis... Il est allé en Belgique (université théologique de Louvain) et a dû fuir devant les troupes allemandes...Il est allé en france et...il a été arrêté et interné au camp d'Argelès sur mer!
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Sans rancune, il est resté dans notre beau pays où il a peint de nombreuses fresques, essentiellement dans le sud et le sud-ouest. Il était avant tout peintre d'icônes, dans la tradition orientale et il a donné aux figures des gens les plus simples, une grande noblesse et une grande dignité. Comme ici, ces paysans de l'île d'Oléron, devant la mer et les moulins sous un ciel remué par les vents ou les anges.



Comme ces enfant qui joignent les mains, émerveillés par la mer où naissent les étoiles. L'un d'entre eux est peut-être le petit Julien Viaud, futur Pierre Loti, qui rêve de grands voyages devant les bateaux....

Si vous visitez cette église, ne manquez pas d'aller regarder cette fresque. Vous y découvrirez parmi les artisans, le peintre lui même qui d'une main tient son pinceau comme un cierge et de l'autre, paume ouverte, vous invite à entrer dans la beauté du monde


lien : La lanterne des morts. Saint Pierre, Oléron.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers




Ta déprime

Quand tu souffres
 Tu fermes ta porte à ceux qui souffrent
 Et n'osent pas sonner une deuxième fois

Quand tu as peur
 Tu fermes tes fenêtres à ceux qui ont peur
 Et cognent du bout de l'ongle contre tes vitres

Quand tu ne t'aimes pas
 Tu détestes les autres
 Et fouilles sans te lasser dans les valises
 Qu'ils ont depuis longtemps égarées sur les quais

Quand tu n'acceptes plus le regard des miroirs
 Tu repousses les autres                                                                               
  Dans la nuit sans barreaux où ils perdent leurs yeux

 


Quand tu ne veux plus vivre                                                                              Tu enfermes les autres                                                                                     Dans les wagons plombés                                                                                 Qui arrêtent leur course au pied des cheminées

 


Quand un jour par hasard tu te réveilles                                                          Avec le désir clair de parler et de rire                                                                Tu ouvres tes fenêtres et tu ne comprends pas                                       Pourquoi plus rien ne bouge                                                                   Pourquoi plus rien ne vit

 

...Tes chats avant de fuir te regardent crier...

 

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