Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /2009 07:30





                                     Retraite


Il s'arrête un instant
Il tremble sur ses jambes
Comme un chevreuil qui vient de naître

Il hésite il repart dans la salle commune
Patineur débutant sur le lino de glace

Il va vers la porte vitrée
Vers le jardin fermé où survit une rose

Il tâtonne il s'appuie sur les panneaux de verre 
Sa main est un oiseau qui se cogne affolé
Contre les vitres

Enfin la porte cède
Le vieil homme se lance 
À petits pas sur la terrasse

Il écarte les bras
Il respire le vent
Il s'offre à la lumière 

La maison de retraite 
Au loin s'évanouit
Dans son odeur de pissotière

Il incline la tête
Sans lever les paupières
Un sourire léger
Lui écarte les lèvres :

"Non ma chérie
Il fait trop frais ce soir
Nous ne mangerons pas dehors".










Lien : Poème. Alzheimer (3). Mon père, mon disparu.


...




 
Par chriswac - Publié dans : poèmes - Communauté : vos poèmes
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