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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #album
album photos Montmartre décembre 2021

1er décembre. Travail de force. Les escaliers de la Butte sont durs aux éboueurs. (rue Utrillo)

album photos Montmartre décembre 2021

2 décembre. Tendresse.

album photos Montmartre décembre 2021

3 décembre. Le photographe surpris. (square Louise Michel)

album photos Montmartre décembre 2021

4 décembre. La robe rouge. 'rue du cardinal Dubois)

album photos Montmartre décembre 2021
album photos Montmartre décembre 2021

5 décembre. Apparition des pères Noël avec quelques semaines d'avance!

album photos Montmartre décembre 2021

Le 6 décembre. Le peintre et son reflet sous la pluie, place du Tertre.

album photos Montmartre décembre 2021

Le 7 décembre. Le ginkgo met des couleurs dans la brume. (de la rue Ronsard)

album photos Montmartre décembre 2021

8 décembre. La Tour Eiffel vue depuis Montmartre, le soir. (square Nadar)

album photos Montmartre décembre 2021

9 décembre. Une photo pour que le petit chien n'oublie pas sa visite à Montmartre.

album photos Montmartre décembre 2021

10 décembre. Photo de famille. (escaliers du Sacré-Coeur)

album photos Montmartre décembre 2021

11 décembre . Le Cadet de Gascogne en tenue de Noël. (place du Tertre)

album photos Montmartre décembre 2021

12 décembre.  Rue Chappe. 

L'autrice de ce collage est Marianne Mazel. Je me suis dépêché de photographier une autre de ses œuvres, très montmartroise, place Emile Goudeau :

 

album photos Montmartre décembre 2021

13 décembre. Tenue assortie pour la Maison rose. (rue de l'abreuvoir)

album photos Montmartre décembre 2021

14 décembre. Entraînement à la lutte (rue Foyatier).

album photos Montmartre décembre 2021

15 décembre. Un sourire d'Asie qui nous manquait sur la Butte. (square louise Michel)

album photos Montmartre décembre 2021

16 décembre. La tête engazonnée! (square Louise Michel)

album photos Montmartre décembre 2021

17 décembre.  Le penseur. (fontaine de Gasq)

album photos Montmartre décembre 2021

18 décembre... "Je cherche fortune tout autour du Chat Noir, et au clair de la lune à Montmartre le soir."

album photos Montmartre décembre 2021

19 décembre. La musicienne à la cithare chinoise (guzheng) ressemble à la mère Noël!

album photos Montmartre décembre 2021

20 décembre. Les escaliers avec le ciel de Paris le 1er décembre et le 1er juillet par Henri Alekan, directeur de la photo chez Cocteau, Carné, Wenders...

album photos Montmartre décembre 2021

21 décembre. Les sœurs guitaristes....

album photos Montmartre décembre 2021

22 décembre. La statue rentre chez elle. (rue St Eleuthère)

album photos Montmartre décembre 2021

23 décembre. Le moulin de la Galette dans le ciel et les nuages.

album photos Montmartre décembre 2021

24 décembre. Distribution de colis alimentaires.

album photos Montmartre décembre 2021

25 décembre. Coiffure-pompons dans le ciel de Noël. 

album photos Montmartre décembre 2021

26 décembre. Rue du Calvaire, lendemain de fête.

album photos Montmartre décembre 2021

27 décembre. Un éveil? Une danse? Un envol?

album photos Montmartre décembre 2021

28 décembre. Comme sur un balcon pour regarder les lumières du dernier mardi de l'année sur Paris.

album photos Montmartre décembre 2021

29 décembre. Le petit prince a des oreilles.

album photos Montmartre décembre 2021

29 décembre. Moment de tendresse volé, square Nadar.

album photos Montmartre décembre 2021

30 décembre. Couple en couleurs, l'avant-dernier jour de l'année sqare Nadar

album photos Montmartre décembre 2021

31 décembre. Dernier jour de l'année. Des mariés dans la foule. Le soleil au rendez-vous!

Belle année à tous!

 

Lien pour les albums photos de Montmartre mois après mois, année après année.

C'est la dernière photo que j'aie prise en 2021. C'était hier sur le bassin de la Villette. Des mouettes autour d'un éclat de soleil.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités

                                                  Affiche de Lucien Métivet (1896)

      Elle est une des figures les plus étonnantes et les plus originales de la Butte où malgré le succès qu'elle rencontra dans les plus grands cabarets, elle continua de chanter dans les rues pour rester au contact des gens simples et pour donner ce qu'elle récoltait aux pauvres et aux malades. Elle est unique parmi les artistes montmartrois, on pourrait la qualifier de sainte laïque!

     Enfin! On aurait pu si ses engagements politiques n'avaient été, hélas, pour le moins contestables : la Ligue des Patriotes où elle soutint Boulanger (elle fut d'ailleurs emprisonnée pour avoir crié "Vive Boulanger au passage de Carnot) et les Croix de Feu où elle obtint le grade de sergent! Plus tard, elle acquerra une autre image, patriotique et engagée en chantant pour les poilus de la première guerre. Elle sera nommé "caporale des poilus"  et deviendra pour les soldat la caporale Nini!

                                                    Eugénie Buffet (Steinlen)

     Elle est née à Tlemcen, en Algérie en 1866

     Elle évoque son enfance dans un livre de souvenirs : "Ma vie, mes amours, mes aventures".

                                           Couverture illustrée par Steinlen pour les mémoires d'Eugénie Buffet (recueillis par Maurice Hamel)

      Après avoir été violée par son cousin, elle est contrainte par sa mère d'aller à Oran, où elle est employée comme femme de ménage.

 Sa patronne l'envoie régulièrement porter des pâtisseries à un homme qui vit seul, plongé dans l'étude du Coran et de la Bible, Charles de Foucauld.

      Eugénie n'oublia jamais cette rencontre.

                                                                                     Charles de Foucauld

 "Ah les bons regards de Charles de Foucauld !   Regards d'amour sincère, de tendresse vraie. Comme ils me soutinrent aux heures de défaillance."

legay-eugenie-buffet4.jpg

 Lorsqu'elle a 20 ans, Eugénie quitte l'Algérie. Après être passée par Marseille, elle arrive à Paris où elle prend pour chanter et se faire connaître, la dégaine et la toilette des "pierreuses", nom que l'on donnait alors aux femmes qui racolaient dans les rues. 

                                                       Dessin de Toulouse Lautrec

                                                       Elle est très vite remarquée et invitée à chanter dans les cabarets, notamment à la Cigale sur le boulevard de Rochechouart.

                                                         Affiche de Luc Métivet

    Elle habite alors non loin de là, 3 avenue Frochot, au rez de chaussée, et vit une liaison qui durera 18 ans avec Léopold Stévens.

                                                                                            Entrée de l'avenue Frochot

                                                                     Léopold Stevens: affiche pour Eugénie Buffet "la chanteuse populaire".

     Elle connait un grand succès et très vite, Botrel et Bruant composent pour elle.

Son plus grand succès, son "drapeau", c'est "la sérénade du pavé", sérénade reprise en choeur par les montmartrois qui s'arrêtent sur le boulevard ou sur les petites place pour l'écouter... 

 "Sois bonne ô ma chère inconnue                                                                                                       Pour qui j'ai si souvent chanté!                                                                                                           Ton offrande est la bienvenue,                                                                                                          Fais-moi la charité!"  

      Elle plaît aux poètes et aux compositeurs montmartrois pour qui elle est le type même de la chanteuse des rues. Richepin écrit à son sujet :

                                                          Richepin (Ensor)

"Pour ma gloire de poète, je ne souhaiterais qu'une chose, c'est d'écrire beaucoup de chansons naïves et profondes dont elle pût répandre la belle aumône, sans en dire l'auteur, dans cette affreuse et étrange forêt parisienne où les bêtes de proie et les bêtes immondes ont besoin de pleurer parfois, en écoutant pleurer leur âme avec celle du rossignol". 

eugenie-buffet-piaf2.jpg

                                      Piaf-Eugénie Buffet dans "French Cancan"

         Jean Renoir choisira pour incarner Eugénie Buffet dans son film "French Cancan", celle qui lui ressemble le plus et qui comme elle se fit connaître en chantant dans les rues : Edith Piaf.                                

                                        Willette, caricature d'Eugénie Buffet et son cabaret

    Mais elle n'a pas l'étoffe d'une femme d'affaires... Elle ne sait pas en fondant, au 75 boulevard de Clichy, le Cabaret de la Purée, que ce nom sera prémonitoire! Toutes ses économies et celles de Stevens y sont englouties et les restrictions que lui impose le préfet de police Louis Lépine inquiet de l'influence de la chanteuse sur les électeurs de 1902 précipitent la fermeture de l'établissement.

      Eugénie chante alors au cabaret de la Nouvelle Athènes, place Pigalle. Mais les soucis ont eu raison de son couple. Elle quitte Stevens et va habiter seule rue Fontaine.

   Elle tente de se refaire une santé financière aux dépens de sa santé physique en s'embarquant dans d'épuisantes tournées en Amérique, aux Antilles...

    Lorsqu'éclate la guerre, elle se consacre corps et âme aux blessés. Elle chante pour les poilus et donne tout l'argent qu'elle récolte aux malheureux et aux veuves. Elle sera décorée plus tard, en reconnaissance de son dévouement, la Légion d'Honneur.

En 1915, les Poilus la nomment caporale! Elle écrit dans ses mémoires :

" L'un d'entre eux détacha le galon rouge de sa veste et vint l'accrocher sur ma manche. Ce jour-là j'ai failli mourir de bonheur".

C'est ainsi qu'Eugénie Buffet devient la Caporale Nini!

     Après la guerre, elle continue de chanter pour les pauvres, pour les grévistes dont elle soutient le combat. Elle s'épuise, sa santé se dégrade et lorsqu'elle a besoin d'être soignée, à une époque où la Sécurité Sociale n'existe pas, une véritable mobilisation des artistes (Gaby Morlay, Maurice Chevalier...) et du public permet de récolter des fonds au cours d'un gala mémorable organisé "pour donner un peu de pain à la cigale qui toute sa vie, n'avait songé qu'à empêcher les malheureux de mourir de faim".

                                                                           Eugénie Buffet, quelques mois avant sa mort.

Elle y apparaît sous un tonnerre d'applaudissements et chante "Ma chanson" :

J'ai chanté comme une cigale

Soeur pauvre des déshérités,

Laissant aux fourmis la fringale

De l'argent et des vanités.

j'ai chanté de toute mon âme

A l'âge de Mimi Pinson

J'avais donné mon cœur de femme

À la chanson

                         eugenie-buffet-flickr.jpg

                                              Photo-montage de Navema. "Eugénie Buffet in Mexico". (flickr)

      Eugénie Buffet meurt en 1934. Elle est enterrée loin de la Butte, dans le cimetière de Montrouge, 51ème division. Sur sa stèle, deux mots sont gravés après son nom : Cigale nationale... Les lettres s'effacent peu à peu...

 

                          Eugenie-buffet-montrouge.jpg

                                                    Cimetière de Montrouge. 

Mais si la cigale a rendu l'âme, elle ne cesse de chanter et d'émouvoir ceux qui ont la curiosité de se promener dans le passé

 

Liens : chanteurs et cabarets de Montmartre:

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #Peintres

 

    Sans Toulouse Lautrec, on aurait sans doute oublié ce personnage hors-normes des nuits montmartroises, à la fois danseuse, contorsionniste et clownesse : Cha-U-Kao.

 

Son nom pourrait faire penser qu'elle est Japonaise en un temps où le pays du Soleil levant inspirait les peintres et les artistes  (à commencer par Lautrec lui-même).

Mais il n'en est rien! Son nom vient d'une danse dérivée du cancan, très en vogue au Moulin Rouge : le chahut, mis à la mode par la Goulue et Valentin le désossé. Quant au chaos, il s'agit de l'agitation et des cris qui s'élevaient de la salle quand les artistes faisaient leur entrée.

 

                                                                           Au Moulin Rouge. Entrée de Cha U Kao. (1896)

Parce qu'elle était spectaculaire l'entrée de la dame!

 Perchée sur une mule, encadrée de gardes, elle déboulait dans le hall du Moulin Rouge et gagnait la salle, sous les ovations! 

Sans Lautrec il n'y aurait presque plus de traces (quelques rares photos) de cette femme à laquelle il a offert une "éternité" dans quelques-uns des plus grands musées...

 

... Mais que savons-nous d'elle? Si peu de choses!

Quel était son véritable nom? D'où venait-elle? Pourquoi n'a t-elle suscité aucune recherche d'un quelconque plumitif soucieux de faire revivre le passé glorieux du Moulin Rouge?

     Elle s'est produite au Nouveau Cirque de la rue Saint-Honoré, établissement très à la mode grâce à son éclairage électrique et à sa piste escamotable et transformable en piscine..

Le Nouveau Cirque qui aimait exhiber nains et lilliputiens, avait aussi l'habitude de ponctuer ses spectacles par des apparitions de clowns, parmi lesquels les célèbres Footit et Chocolat. 

                                     cha-u-kao-006.JPG

Une photo nous montre la danseuse nue au temps de sa splendeur. Elle a sur ce cliché une petite allure de Cambodgienne!

     Quand elle se produit au Moulin Rouge, elle n'est plus la jeune et svelte danseuse de ses débuts. Les années ont empâté son visage et alourdi son corps.

C'est alors que ne pouvant plus séduire par sa nudité, elle se déguise, se campe sur ses jambes, prend une allure canaille et apostrophe les spectateurs... Elle devient pour la postérité :  la clownesse Cha U Kao...

       Sur cette toile de 1895, on la voit arriver, avec son costume de scène, au bras de Gabrielle qui ressemble à une concierge mais qui est en réalité une prostituée et modèle que Lautrec a représentée maintes fois comme sur cette huile sur carton: le sofa...

                                     Le Sofa (1894). Au premier plan, Gabrielle.

 

Sur "l'entrée au Moulin Rouge",Cha U Kao est légèrement tournée vers l'arrière comme si elle retardait le moment de son exhibition alors que Gabrielle avance sans hésitation comme une paroissienne allant à la messe!

La clownesse a le regard triste malgré le maquillage et les rubans jaunes de sa coiffure grotesque.

Lautrec n'essaye pas de l'embellir ni de tricher sur son âge. Pourtant ce portrait loin d'être une caricature comme sait les réaliser brillamment le peintre est empreint d'une douceur et d'une mélancolie qui émeuvent. 

                                                                                     La clownesse assise. British Museum. Londres

Là encore, elle sourit, comme surprise par le regard d'un client, alors qu'elle se repose un instant sur la banquette rouge, lasse peut-être d'avoir une fois de plus fait son numéro d'amuseuse. Il y a dans ce sourire de coin quelque chose de désabusé et d'ironique à la fois, l'air de dire que le véritable clown n'est pas celui qu'on pense!

 

            Et cette toile... Une des plus belles, par sa composition, ses couleurs...

La clownesse qui a contraint son corps à entrer dans son déguisement, semble ici sortir de son carcan, la poitrine libérée, le soleil de tulle jaune glissant sur ses hanches.

Elle représente pour Lautrec tout ce qui remet en cause un ordre et des conventions qui font souffrir ceux qui ne correspondent pas aux normes (ce qu'était le peintre).

Cha U Kao est une femme qui joue le rôle réservé aux hommes, celui de clown...

                   Cha U kao est aussi une femme qui aime les femmes.

                                                                              Les deux valseuses. Prague.

Lautrec la peint en train de valser avec une compagne :                                        

Moment de paix, intervalle de tendresse. Le monde des plaisirs et des fêtes frelatées s'efface un instant. Aucune caricature dans cet instant volé, dans cette chaude complicité.

Cha U Kao, sobrement habillée, son déguisement au vestiaire, guide son amie dont la main est posée sur son épaule.

                                                              Le baiser. (1892)

                                                                                              Les deux amies. Albi. (1894)

 

Pour nous, Cha U kao garde son mystère et pour toujours émerge de sa collerette de soleil...

Liens: 

Montmartre: Jane Avril, Toulouse Lautrec.

Montmartre. La Goulue et Toulouse Lautrec.

 

Tous les articles sur les peintres et les personnages montmartrois :

Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique.

 

 

 

 

 

 

 

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Valadon.

Valadon.

Suzanne Valadon (Renoir)

Quand elle vient habiter avec sa mère le bas Montmartre, la jeune Marie-Clémentine Valadon a 16 ans.

Sa beauté qui allie grâce et vigueur attire les peintres qui font d'elle des portraits aujourd'hui célèbres.

Garçon avec un chat (Renoir)

La jeune femme, pendant les séances de pose chez Puvis de Chavannes, Renoir ou Lautrec, ressemble aux chats indifférents qui en réalité observent et méditent...

Raminou (Valadon 1920)

Raminou (Valadon 1920)

Etude de chats (Valadon) 1918

C'est ainsi qu'elle fait l'apprentissage d'un art pour lequel elle avait sans le savoir un véritable don. Elle devient elle même peintre et il n'est pas étonnant qu'elle ait aimé représenter les chats auxquels elle ressemblait!

Etude pour le chat Raminou (Valadon) 1917? Au crayon "mon chat Raminou"

Etude pour le chat Raminou (Valadon) 1917? Au crayon "mon chat Raminou"

Suzanne Valadon et les chats rue Cortot. Raminou.

Sur cette photo prise dans l'atelier de la rue Cortot, on la voit entre son fils et son mari.

C'est un moment heureux, un moment de pose et de pause, d'autant plus harmonieux qu'il y a sur ses genoux le chat Raminou, tête levée vers elle. 

On imagine qu'il ronronne.

Utrillo l'envie peut-être, lui qui a tant souffert de l'absence de sa mère pendant son enfance, lui qui a vu son meilleur ami, André Utter, plus jeune que lui, devenir l'amant puis le mari de sa mère.

Suzanne Valadon et les chats rue Cortot. Raminou.

Raminou

Raminou s'enfuit sous un meuble ou dans les jardins quand Utrillo est en proie à l'un de ses accès de folie. Il attend que le calme revienne avant de retrouver l'atelier lumineux où Suzanne Valadon travaille.

Raminou (Valadon) 1920

Raminou (Valadon) 1920

Raminou  (Valadon1922)

De temps en temps, c'est lui qui se retrouve sur la toile ou sur le carton. Il ignore qu'il sera un jour admiré par les visiteurs des plus grands musées! Les chats n'ont aucune vanité et ne trouvent d'intérêt qu'à la seconde présente!

Suzanne Valadon (Steinlen)

Renoir a croqué Raminou.

Steinlen, l'ami qui vient , en voisin de la rue Caulaincourt dans les jardins de la rue Cortot, l'a souvent caressé. C'est un chat sociable et bien nourri, différent des matous efflanqués du maquis que Steinlen aime saisir dans leur fière indépendance.

Chat sur une balustrade (Steinlen)

Chat sur une balustrade (Steinlen)

Portrait de miss Lily (Valadon) 1922

Portrait de miss Lily (Valadon) 1922

Sur cette toile de 1922 Raminou s'est posé sur les genoux de miss Lily Walton. Il profite de ce temps de silence pour regarder sa maîtresse et s'interroger sur son étrange activité, sur ce pinceau qui court sur la toile comme un moineau. Il a bien essayé alors qu'il était petit de l'attraper mais il a reçu une tape sur l'arrière train qui l'a dissuadé de recommencer!

Parfois d'autres chats que le seigneur Raminou se laissent peindre....

 

 

     Mais le plus souvent, c'est Raminou qui reçoit sur la toile, les caresses de sa maîtresse. Entre le tableau de 1917 et celui de 1932 le représentant, le temps a passé, les jours agités mais souvent heureux de la rue Cortot se sont enfuis.

11 avenue Junot. Maison où mourut Suzanne Valadon.

11 avenue Junot. Maison où mourut Suzanne Valadon.

Suzanne Valadon et André Utter se sont séparés en 1926.

Elle quitte la rue Cortot pour habiter avenue Junot (au 11) dans la maison achetée par son fils avec l'argent qu'a rapporté la vente de ses tableaux.

Suzanne Valadon et les chats rue Cortot. Raminou.

De ces années date le dernier portrait de Raminou. De 1932 exactement. Le chat est âgé d'au moins 16 ans, peut-être 18 puisqu'il a été recueilli adulte.

Le portrait est émouvant. Le vieux Raminou a perdu son éclat fauve. Il est couché sur une table de jardin près d'un bouquet d'œillets dans un pichet.

A côté de lui est posé un linge blanc qui évoque un linceul. Il a les yeux ouverts et regarde toujours sa maîtresse.

Utrillo, Lucie Valore et un chat, au Vésinet.

Utrillo, Lucie Valore et un chat, au Vésinet.

Suzanne Valadon et les chats rue Cortot. Raminou.

     Peut-être vivra t-il encore quelques mois après cet ultime portrait. Trois ans plus tard, c'est Suzanne qui sera hospitalisée et consciente de sa fragilité poussera son fils à quitter l'avenue Junot pour épouser Lucie Valore et vivre avec elle au Vésinet.

Les trois dernières années de Suzanne sont terribles. Elle supporte mal sa solitude, ne sort plus que la nuit pour traîner avec les clochards de la Butte.

Elle meurt d'une hémorragie cérébrale en 1938.

On dit que les chats ont des pouvoirs magiques.

Raminou, le petit compagnon des années heureuses est sans doute venu, à pattes de velours, dans cette nuit brutale. Il a entraîné sa maîtresse dans le grand jardin de la rue Cortot qu'elle aimait tant et où le printemps les a accueillis...

Jardins rue Cortot et atelier de Suzanne Valadon

Jardins rue Cortot et atelier de Suzanne Valadon

Raminou (Valadon)

Raminou (Valadon)

Avec des brins de mimosa et un coussin bleu...

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités

 

      Voilà une figure inoubliable de Montmartre ...

Un homme qui a marqué la Butte de sa gouaille et de sa fantaisie. Un épouvantail, un ivrogne, un dépravé, un magouilleur...

Clochard sublime, roi de la bohême, mythomane kleptomane, affabulateur narquois... Que n'a-t-on dit de lui ! 

    De son vrai nom, André Joseph Salis de Saglia, Bibi La Purée était un trouble personnage, fascinant et repoussant à la fois...

Il était mendiant, pique-assiettes, cireur de chaussures, entremetteur et selon certaines langues vipérines (ou non), indic !

 

    Ce qui est certain c'est qu'il errait dans Montmartre, entre deux vins ou deux absinthes, vêtu de hardes malodorantes. Il assurait aux passants qu'il était en mesure de leur fournir tout ce dont ils avaient besoin. Ainsi était-il souvent chargé d'objets hétéroclites, selon les demandes qu'il avait reçues.

Il s'était spécialisé dans les vols de parapluie et le cirage des pompes.

                                          Bibi cireur de chaussures (Jacques Villon)

    Ce Bibi (1847- 1903) fut aussi compagnon de Verlaine qu'il rejoignait au Quartier latin. Il prétendait être son secrétaire et avoir été son amant. On ne prête qu'aux riches !

                    Verlaine, Bibi et Mallarmé au Procope. (1890, Serafino Macchiati)

    C'est en partie grâce à cette relation avec le poète que l'on parle encore de lui aujourd'hui.

C'est aussi parce qu'il a attiré l'attention de peintres et de poètes qui fréquentaient la Butte et le choisirent pour modèle...

                                                           Bibi la Purée. Picasso.

 

                                                    Bibi la Purée assis. Picasso.

                                                           Bibi (Jacques Villon)

                                                         Bibi la purée (Bottini)

 

                                           Bibi à la pittoresque allure a été peint par Picasso, jacques Villon, Bottini et croqué par Steinlen qui avait l'habitude des matous efflanqués...

Il aurait pu l'être par Renoir dont il fréquentait la cuisine, rue Girardon, où Adèle le laissait vider un bocal de cornichons et un litre de rouge, en écoutant d'une oreille distraite les poèmes qu'il débitait pour payer son écot !

                     Il a même été immortalisé dans le bronze par Bailleul!

...Et il apparaît ici ou là dans des poèmes ou des romans.

Jehan Rictus lui consacre une complainte :

                                             Bibi-Rictus-Steinlen.jpg

                                   Dessin de Steinlen pour "Les Soliloques du Pauvre" de Rictus.

 

Complainte pour complaire à Bibi-La-Purée

 

"Stupeur du badaud, gaîté du trottin,

Le masque à Sardou, la gueule à Voltaire,

La tignasse en pleurs sur maigres vertèbres

Et la requinquette au revers fleuri

D'horribles bouquets pris à la poubelle,

 

Ainsi se balade à travers Paris,

Du brillant Montmartre au Quartier latin

Bibi-La-Purée, le pouilleux célèbre,

Prince des crasseux et des Purotins.

 

(...) Va comédien, noble compagnon,

Cabot de misère, ami de Verlaine,

Errant de Paris, spectre d'un autre âge

Que ne renieraient Gringoire ou Villon."

                                                         Dessin de Sophie Pimberton

    Paul Fort le cite dans son poème "L'Enterrement de Verlaine", comme compagnon fidèle et garde du corps du poète !

Poème que Brassens enregistrera un demi siècle plus tard ! 

 

                                                       L'enterrement de Verlaine.

(...) N'importe ! Je suivrai toujours, l'âme enivrée

Ah ! Folle d'une espérance désespérée

Montesquiou-Fezensac et Bibi-la-Purée

Vos deux gardes du corps - entre tous moi dernier."

                                                      Bibi par Géo Dupuis

 

                               Raoul Ponchon lui consacre un poème sans concession :

 

(...) "Qui étais-tu? D'où venais-tu?

Espèce de Bibi têtu,

Entre le vice et la vertu.

 

Paresseux jusqu'au délire

Et maigre au point qu'on pouvait lire

Toutes les cordes de ta lyre !

 

Que le Seigneur et Notre-Dame

Prennent pitié de ta pauvre âme

Ta pauvre loque et chiffe d'âme !"

 

Voilà qui n'est pas très flatteur, mais que savait Ponchon de l'âme de Bibi?

 Ce Bibi qui lui-même se prétendait poète. Ce qui à en juger par ses vers n'est pas évident... 

                                                                 Portrait d'homme (Bibi la purée) Picasso.

 

La Lettre à deux sous

 

"Depuis Monsieur Grévy, l'on corne à nos oreilles

Des journaux, chaque matin

Qu'on nous mijote un beau destin

Tout de velours, d'or, de satin :

Des impôts pour la frime et des lois sans pareilles,

Du pain garni de beurre, au-dessus, en-dessous,

Rien que des folles nuits, après des jours bien calmes,

Des rubans et des croix, des poireaux et des palmes

Et surtout la lettre à deux sous !!!"     (...) 

                                             Portrait de Bibi (Sophie Pimberton)

       Après la mort de Verlaine, en 1896, Bibi se transforme en revendeur officiel d'objets, de lettres, ayant appartenu au poète. Il en fait un commerce lucratif, comme le fut le celui des reliques de la vraie croix au Moyen-Âge!

Ainsi, parvint-il à fourguer plusieurs dizaines de cannes ayant appartenu à Verlaine

                                  

                                            bibi_la_puree-Biscot.jpg

         Bibi meurt quelques années plus tard à l'hôpital de la Pitié. Pendant quelques années son souvenir reste vivace à Montmartre et au Quartier latin. Un char à son effigie est promené par les étudiants lors d'un carnaval et plus tard, en 1934, le film de Léo Joannon portera son nom!

     Personnage étrange qui semble faire un pied de nez à la mort avec son sourire matois et sa dégaine de j'menfoutiste, il n'a pas disparu de la Butte...

Vous le rencontrerez peut-être, rue Lepic ou rue Norvins, et comme il pleut souvent sur la Butte, vous aurez l'occasion de lui acheter un parapluie!

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                                                           bibi la purée (Pablo Tillac)

 

 

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Liens : 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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             Jardin de Paris: Jane Avril, 1893. Lithographie 4 couleurs (124 x 91,5 cm)

 Jane Avril est à part dans le monde nocturne de Montmartre. Elle n'a pas la sensualité débridée de Nini patte en l'air ou de la Goulue. Elle séduit sans se prostituer; elle danse sans se déshabiller. Etrange et mystérieuse, elle traverse la nuit comme un navire traverse un détroit houleux.  

 

         Toulouse Lautrec ne s'y trompe pas... Il la reconnaît comme une soeur douloureuse. Pour elle, il délaisse la Goulue à la sensualité débordante. Il la regarde, il l'aime, il saisit sa solitude, son désarroi, sa dignité. Il la montre telle qu'elle est quand elle danse, avec cette énergie qui stupéfie, avec cette distinction qu'on retrouvera plus tard chez Marlène dietrich...

    Dans la rue, elle marche seule, avec son lourd passé de petite fille mal aimée, d'enfant battue par une mère alcoolique qui n'était préoccupée que d'elle et d'elle seule. Elle se sait fragile, à la merci d'une crise d'épilepsie. Elle a rendu visite à Charcot à la Salpétrière. Elle a espéré qu'il la guérirait de ses angoisses et de cette hystérie qui parfois la submerge et lui vaut des surnoms sans pitié : Jane la folle, Mélinite...

                                              Jane-Avril-008.JPG

      Entre artistes on se comprend. On voit ce que les autres ne voient pas. Cette tristesse, ce refuge du corps dans les étoffes fermées.

     Ce désir inexprimé d'un ailleurs. D'une vie avec un homme aimé, loin des paillettes et des bulles de champagne.

                               Jane-Avril-012.JPG

 

     Comment imaginer que ce visage-là déchaîne l'enthousiasme et la passion?

C'est qu'elle est double Jane Avril. Elle est la danseuse montmartroise, du Divan Japonais, des Folies Bergères... Elle est en même temps l'amie d'écrivains rares comme Huysmans ou Alphonse allais qui rêve de l'épouser...

       Sur l'affiche du Divan Japonais, elle est assise devant la scène où Yvette Guilbert croise ses gants noirs, mais c'est elle la vedette. Elle est la longue dame noire. Elle est l'élégante à l'éventail vers qui se penche Edouard Dujardin, ami de Mallarmé et passionné de Wagner ...

      Elle est l'ambassadrice d'un French-Cancan qui serait dansé par une reine. C'est elle qui à Londres ou à Madrid, en donnera l'image la plus vive et la plus poétique. Une danse violente de sexe et de passion, mais aussi une danse de l' immédiat, du moment réel contre l'éternité abstraite.

                                   Jane-Avril-018.JPG

Jusqu'à la mort du peintre, elle restera son amie. Il y eut entre eux une proximité plus forte que l'union des corps.

 

                       Le peintre l'a vue, l'a peinte comme un voyant sait peindre. Le mouvement, l'ondulation, le jeu, la tragédie...

Le serpent qui frôle le sein sur la robe noire. Le serpent de Cléopâtre. Le serpent du temps qui glisse...

 

      Jane Avril a fini par trouver l'homme de sa vie, le journaliste et dessinateur Maurice Blais qu'elle a suivi à Jouy en Josas pour y vivre 16 années plus paisibles...

                                                        Jane Avril par Maurice Blais

Quand il meurt, il la laisse sans un sou et Jane n'a même pas la ressource de vendre les dessins et les croquis que Toulouse Lautrec lui a offerts. Il y a longtemps déjà qu'elle en a fait cadeau à des amants de passage...

Sacha Guitry interviendra pour la faire entrer dans un hospice où elle passera les dix dernières années de sa vie.

 Elle dansera une ultime fois, à 67 ans, invitée par Max Dearly.

     Elle mourra huit ans plus tard et sera enterrée au Père Lachaise.

            Sans doute eût-elle préféré Montmartre où elle rencontra son  grand ami, Toulouse Lautrec, celui grâce à qui elle est vivante aujourd'hui....

 

 

Liens :

Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique.

Musée de l'érotisme. Pigalle.

Poulbot. Panneaux de Faïence. Rue Damrémont. Montmartre.

 

avril-005.JPG

 

 

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Louise Weber est devenue une légende montmartroise et c'est grâce à Toulouse Lautrec qu'elle est aujourd'hui connue dans le monde entier.

Elle ne pouvait naître qu'en été (juillet 1866) dans une banlieue populaire (Clichy La Garenne).

Ses parents sont des Juifs alsaciens modestes qui ne se doutaient certes pas que leur fille poserait ainsi, les seins offerts aux regards avides de ses admirateurs.

 

.la goulue nue

     Elle passe à la postérité sous le nom de "La Goulue" que lui aurait valu sa propension à vider tous les verres qui se trouvaient sur son passage. Peut-être se souvint-on également, en la baptisant, qu'elle fut plus ou moins découverte par un dénommé Goulu-Chilapane qui l'accueillit dans son hôtel particulier de l'avenue du Bois.

Son corps sensuel, un peu provocant correspond au goût de l'époque qui appréciait la féminité généreuse.

goulue st vincent 056

                                      La Goulue (à droite) et Casque d'or (à gauche)

    C'est au Moulin Rouge qu'elle rencontre la gloire, après avoir dansé au Moulin de la Galette, à l'Elysée-Montmartre et au Jardin de Paris.

Il est difficile d'imaginer en voyant ces photos, avec quelle vitalité canaille elle danse le cancan. Elle en est le vedette et elle a toutes les audaces, interpellant les mâles quel que fût leur rang.

Elle n'hésite pas à lancer au prince de Galles, futur Edouard VII : "Hé Galles! Tu paies l'champagne! C'est  toi qui régales ou c'est ta mère qui invite?"

     Imaginez la meneuse de revue du Moulin-Rouge, lançant une telle question à notre président ? 

goulue st vincent 053

                         La Goulue et Valentin le Désossé à l'Elysée-Montmartre

Valentin le désossé en fait son élève préférée. C'est avec elle qu'il danse le chahut. Toulouse Lautrec les représente tous les deux sur la célèbre afffiche du Moulin rouge.

 

Etonnante affiche d'une simplicité qui n'est qu'apparente. Valentin apparaît, silhouetté en gris au premier plan tandis qu'à l'arrière des ombres chinoises suggèrent tout un monde de noceurs, chapeaux hauts- de-forme et aigrettes, tournés vers la vedette, celle qui saute comme "une chèvre" et lève la jambe comme aucune autre, faisant tourbillonner ses jupons affolants.

Le regard est attiré vers ses cuisses, vers la corolle blanche qui accroche la lumière. En quelques traits Lautrec suggère le mouvement et l'audace.

                                                       La Goulue et Valentin

                   Le peintre reste l'ami de la Goulue bien après les triomphes.

               Sur cette photo, ils sont côte à côte, comme un couple de bons vivants...

    Elle est représentée sur cette litho, croquée de dos, silhouette nerveuse et coiffure portée comme un emblème, une plume d'apache!

La femme à ses côtés a parfois été prise pour sa soeur car elle l'accompagnait souvent. Il s'agit en réalité de la Môme Fromage, grande amie de la Goulue.

                                                        Au Moulin-Rouge ou la Promenade (La Goulue). 1892. Peinture sur carton

                                                                        La goulue entrant au Moulin-Rouge. 1892. Huile sur carton.

C'est un des portraits les plus célèbres de la Goulue. Lautrec ne l'a pas flattée. Elle arrive en tenue provocante, les seins presque nus, le corps souple et cambré.

  Elle est saisie à son insu, un sourire amer, un sourire qui tourne à la grimace et qui est empreint de lassitude sur un visage fatigué. Le corps joue toujours le jeu mais le visage tombe le masque. Le temps commence à gagner la partie...  

     Bientôt la goulue plaira moins. Elle se mettra à son compte et s'exhibera dans les foires foraines. Son ami peint pour elle les grands panneaux décoratifs exposés en façade de sa baraque.                                

                                          La danse au Moulin rouge 1895

           Pour attirer le passant, il rappelle le prestigieux passé de l'artiste. Il la représente au Moulin-Rouge avec Valentin le Désossé (Jane Avril apparaît à l'arrière-plan, avec son immense chapeau).

                                                              La danse mauresque, les Almées, 1895.

     Le deuxième panneau est une annonce de son nouveau spectacle donné dans la baraque. On reconnaît au premier plan Jane Avril, Lautrec lui-même, blotti contre elle, le critique Félix Fénéon.

Quelques années plus tard, la Goulue endettée devra vendre ces panneaux qui seront découpés par un marchand cupide et stupide. Ce n'est qu'en 1929 qu'ils seront rachetés et restaurés par le Louvre. Ils sont aujourd'hui exposés au musée d'Orsay.

    Les dernières année de La Goulue ressemblent à un roman tragique. Elle apprend à dompter les fauves qui  l'agressent au cours d'un spectacle. Son mari, Joseph Nicolas Droxler, épousé en 1900, magicien de métier,  ne parvient pas à s'escamoter devant les balles prussiennes et meurt à la guerre de 1914.

        Le Petit Journal. La Goulue et son mari agressés par un puma le 24 janvier 1904

            

               Son fils, né de père inconnu mais qu'elle prétend "prince"meurt à 27 ans.

Goulue-et-Simon.JPG

                                                      La Goulue fait la parade à côté de son fils Simon... 

Elle va vivre dans une roulotte à Saint-Ouen. Elle recueille sans rancune des animaux de cirque éclopés, des chiens et des chats qu'elle nourrit en se privant du nécessaire. 

 

Elle retourne au Moulin-Rouge mais sans y entrer, sur le trottoir où elle vend des cacahuètes et des cigarettes.

Elle meurt à l'hôpital Lariboisière en janvier 1929 et elle est enterrée à Pantin. C'est en 1992 que ses restes sont transférés à quelques dizaines de mètres du Moulin-Rouge, au cimetière de Montmartre où sa tombe est toujours fleurie.

 

          A en croire les nuages qui juponnent si souvent dans le ciel de Paris, La Goulue danse toujours le french-cancan avec les anges tandis que Lautrec, un verre d'absinthe (herbe sainte) dans une main et fusain dans l'autre crayonne sur le ciel blanc.

 

 

Liens : Montmartre: Jane Avril, Toulouse Lautrec.

 

Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique

 

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Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

1er novembre

C'est une tradition et l'on n'y peut rien changer, Novembre commence toujours par le jour des morts, le jour où les cimetières fleurissent sous les feuillages embrasés des grands arbres.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

Les larmes des statues coulent sur les visages de pierre ou de bronze. Visages de femmes surtout, les hommes dissimulent leur peine de peur d'être jugés trop sensibles, même quand ils sont statues!

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.
Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

Le 2 novembre

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

Sur la rue Muller et la rue de Clignancourt, soleil et pluie jettent leurs couleurs

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

Le 3 novembre. Ma rue André del Sarte et le jardin vertical.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

Le 4 novembre square Louise Michel. Mais que regardent l'enfant et le triton?

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

5 novembre. Place des Abbesses. Dans le soleil, en écoutant les musiciens.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

Le 6 novembre. Reflet dans le vélux.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

7 novembre. Les bulles légères!

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

8 novembre. En vert et contre tout!

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

10 novembre. La tour derrière les barreaux. Rue saint-Eleuthère.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

11 novembre. La foule, le soir, la basilique.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

12 novembre. Maquillage du roi doré, "statue vivante" place St-Pierre.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

13 novembre. Amour toujours à Montmartre!

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

14 novembre. Dis-moi la vérité ou ton nez va grandir!

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

15 novembre. Elle n'a pas l'air contente mais que dira t-elle quand elle verra son "portrait"?

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

16 novembre. Un rayon de soleil froid.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

17 novembre. Reflet du soir dans le vélux.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

18 novembre. Jeux dangereux.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

19 novembre. Triplette à roulettes devant la réalisation expresse de Kayone aujourd'hui....

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

20 novembre. Brocante rue Azaïs.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

21 novembre. Elégance du chanteur.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

22 novembre. Le ginkgo, le magnolia et le Sacré-Coeur.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

23 novembre. L'arbre aux perruches square Louise Michel.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.
Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

24 novembre. Amour sans paroles, square Nadar.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

25 novembre. Sur les carrières de Montmartre, les rues dansent! (rue Paul Albert).

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

26 novembre. Solitude de Mickey rue de Steinkerque.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

27 novembre. Soir tourmenté.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

28 novembre. Comme au sommet d'une falaise.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

29 novembre. Laurel et Charlot et Hardy à la fenêtre rue Muller.

Novembre à Montmartre. Album de photos jour après jour.

30 novembre. La statue termine le mois dans la bonne humeur.

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Le théâtre de l'Œuvre, Lugné Poe.

    Il est bien caché dans son impasse pompeusement appelée "Cité Monthiers".

Qui passe rue de Clichy ne peut imaginer qu'il est caché là, de l'autre côté de l'arcade! 

Le théâtre de l'Œuvre, Lugné Poe.

Le théâtre de l'Œuvre!

Il n'est pas tout jeune mais porte beau ses presque 130 ans! Son histoire est quelque peu mouvementée.

C'est un comédien, Lugné-Poe qui en est à l'origine en créant une nouvelle troupe venue du Théâtre libre d'Antoine, soucieuse de se dégager du réalisme pour défendre les jeunes auteurs du Symbolisme.

Le théâtre de l'Œuvre, Lugné Poe.

    Une petite salle est disponible 55 rue de Clichy, Cité Monthiers, la salle Berlioz où la troupe s'installe en 1893. La salle est alors appelée "maison de l'œuvre", puis "théâtre de l'œuvre".

 

    Les auteurs nordiques (Ibsen, Strindberg) sont mis à l'honneur ainsi que de jeunes auteurs français comme Bataille ou Jarry, jusqu'en 1899 où la salle ferme une première fois.

                                                  Autoportrait (Vuillard 1890)

   Pendant ces années fécondes Lugné Poe s'assure la collaboration de Vuillard qui est engagé comme lui dans la défense des Nabis. C'est d'ailleurs Vuillard qui suggère à Lugné Poe le nom donné au théâtre en ouvrant au hasard un dictionnaire et tombant sur le mot œuvre.

Théâtre de l'Œuvre (Vuillard)

Théâtre de l'Œuvre (Vuillard)

     Le peintre qui partage avec Bonnard, Maurice Denis et Lugné Poe l'atelier du 28 rue Pigalle crée de nombreux programmes et décors, malheureusement perdus pour la plupart. Entre autres "Rosmersholm" d'Ibsen en 1893, "Solness le constructeur" d'Ibsen en 1894, "Salomé" de Wilde en 1896, "Ubu roi" de Jarry en 1898.

 

    En 1912, Lugné Poe redonne vie au théâtre qu'il dirige jusqu'à sa deuxième fermeture pour cause de guerre en 1914.

                                                          Claudel et Lugné Poe

Cette renaissance éphémère est marquée par une création qui fera date, celle de "l'Annonce faite à Marie" de Claudel, mise en scène par Lugné Poe avec le concours de Claudel lui-même.

                                                Décor de Jean Variot

C'est Jean Variot qui, sans le talent de Vuillard assume le décor trop "signifiant" de cette création. 

    Pendant les années de guerre, le théâtre reste muet. Il ne retrouvera la parole qu'en 1919, toujours avec Lugné Poe.

                                                Autoportrait 1920. Artaud

C'est cette année qu'Antonin Artaud rencontre Lugné Poe qui ne manque pas d'être frappé par l'intensité et la présence de son regard. Il lui confie quelques petits rôles, essentiellement pour l'aider financièrement mais c'est grâce à Dullin qui l'intègre dans sa troupe en 1921 qu'Artaud se révèle vraiment comme acteur. 

   

 En 1929, Lugné Poe qui est âgé de 60 ans quitte le théâtre. Lucien Beer et Paulette Pax prennent alors la relève.  

     Paulette Pax est actrice en même temps que metteuse en scène.

Dans l'Hermine de Jean Anouilh (dont elle assure la mise en scène), elle a pour partenaire Pierre Fresnay.

Les acteurs de grand talent ne manquent pas sur la scène du théâtre de l'Œuvre : Jules Berry, Odette Joyeux, Jean Dasté, Edwige Feuillère, Jean Servais, Tania Balachova...

                                                   Paulette Pax par Van Dongen

Seule sa mort en 1942 interrompra la belle carrière de Pauline Pax.

      Citons pendant ces années créatrices, parmi les représentations remarquables : "Les chevaliers de la Table ronde" de Cocteau avec Jean Marais ou  "Rois de France" de Rostand avec Harry Baur... 

 

     Lucien Beer se voit interdit de direction à cause de la loi de Vichy sur le statut des Juifs . Jacques Hébertot assure la relève pendant les années d'occupation. A la Libération Lucien Beer, assisté de Raymond Rouleau retrouve son théâtre.

     

      Plusieurs directeurs se succéderont jusqu'à nos jours, notamment Georges Wilson, directeur artistique de 1978 à 1995. Il signera pendant ces années les principales mises en scène comme Eurydice de Jean Anouilh ou Sarah et le cri de la langouste de John Murrell avec Delphine Seyrig.

 

    Dans les années 2000, Michel Bluwal signera plusieurs mises en scène et dans les années 2010 Alain Françon et Michel Fau... Du beau monde!

Michel Aumont et Michel Duchaussoy dans David et Edward mis en scène par Bluwal.

      Aujourd'hui le théâtre va son petit bonhomme de chemin et ne fait plus parler de lui. Des humoristes (Alex Vizorek, Félix Demaison) s'y produisent.

                                              Lugné Poe par Vuillard

 L'innovation et l'audace ont quitté la cité Monthiers. Elles reviendront peut-être un jour, nostalgiques de Lugné Poe, curieuses de mises en scène nouvelles et de décorateurs audacieux. La Belle au bois ronflant sera-t-elle réveillée par le baiser d'un Lugné Poe contemporain?

Le théâtre de l'Œuvre, Lugné Poe.

Liens:

Les rues de Montmartre

Les lieux et curiosités de Montmartre

Les artistes et célébrités de Montmartre.

                                                Vuillard. Ubu roi.

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1ère partie de la rue de Liège (au fond la rue de Clichy)

1ère partie de la rue de Liège (au fond la rue de Clichy)

     Dans la quartier de l'Europe, la rue de Liège a oublié qu'elle s'appelait à sa création rue de Berlin!

 

   

                                                         Jardins de Tivoli

      Elle a été ouverte en 1826 à l'emplacement des jardins de Tivoli, tout d'abord jusqu'à la rue d'Amsterdam qu'elle atteint en 1840 avant d'être prolongée jusqu'à la rue de Clichy par l'élargissement du passage Grammont. Telle qu'elle est aujourd'hui, elle va donc de la rue de Clichy à la place de l'Europe- Simone Veil sur 400 mètres. 

Rue de Liège à Paris. Entre Nouvelle Athènes et quartier de l'Europe.

   En 1914, Berlin n'étant pas vraiment dans le cœur des Français, la rue est débaptisée et prend le nom d'une ville amie, Liège, où la résistance à l'envahisseur allemand  en août a été héroïque. Sur cette photo nous pouvons voir l'ancien nom à moitié caché par un volet et le nouveau inscrit sur un carton.

                     Le 1 rue de Liège.

Le 1 rue de Liège.

    La rue commence dans le IXème arrondissement, son premier numéro est un bel immeuble construit en 1900 qui fait partie de l'ensemble qui a pour adresse le 37 rue de Clichy. Bel immeuble typique de l'art bourgeois du début du XXème siècle rétif aux audaces de l'art nouveau.

                                           Le 37 rue de Clichy

Rue de Liège à Paris. Entre Nouvelle Athènes et quartier de l'Europe.

   Le 2 en voie de ravalement abrite toujours un café dont il nous reste des photos du début du XXème siècle :

 

 

Le 3 est un des rares immeubles de la rue à être classé au titre de la protection patrimoniale.

Original avec ses grandes arcades qui entourent les deux premiers étages, avec la saillie de la corniche et sa frise décorée de briques émaillées, il date de 1926 et a été construit par l'architecte Paul Marozeau.

Cet architecte qui vécut de 1879 à 1942 a réalisé plusieurs immeubles à Paris.

L'un d'eux, quai de la Rapée, était une extension du "château urbain" édifié par Paul Friezé en 1899 et détruit sans vergogne pour être remplacé par les immeubles plats et sans imagination qui jouxtent la gare de Lyon.

Rue de Liège à Paris. Entre Nouvelle Athènes et quartier de l'Europe.

     Le 3 a été l'adresse d'un célèbre cabaret : le "Shéhérazade" qui est un lieu historique et devrait porter une plaque commémorative comme Paris les affectionne. Il a été créé en 1928 et a accueilli la  chanteuse, compositrice et guitariste russe Anna Marly (Anna Yurievna, 1917-2006).

 

    Cette Anna Marly devrait être célébrissime car c'est elle qui composa la musique et les paroles russes dont s'inspirèrent Kessel et Druon, du Chant des partisans!

Elle est également l'autrice d'une chanson qui fut popularisée par Léonard cohen et Joan Baez, "The partisan".

 

    L'ironie de l'histoire fait que ce cabaret (sans Anna Marly qui avait fui le Paris de l'occupation) fut très apprécié des officiers nazis et vanté par les guides touristiques allemands!

 

4 rue de Liège

4 rue de Liège

    Le 4 s'est appelé à sa création "Grand hôtel de Liège" avant de se mettre à la mode en se baptisant "New hôtel".

       Un nom qui après quelques années cesse d'être pertinent! Il est difficile d'être "new" très longtemps!

5 rue de Liège.

5 rue de Liège.

Le 5 est un bel hôtel particulier construit en 1851 et remanié à plusieurs reprises.

Le 6

Le 6

    Le 6 est un immeuble construit dans la première moitié du XIXème. Rien à dire sinon qu'il abrite le cabinet de mon gastéropode (gastro entérologue)!

Rue de Liège à Paris. Entre Nouvelle Athènes et quartier de l'Europe.

     Le 7 a grande allure, sorte de petit château urbain... il fut propriété du célèbre collectionneur d'art John Bowes qui y entreposa de nombreuses acquisitions. Pour les abriter il fit construire en Angleterre un château à la française connu de nos jours sous le nom de Bowes Museum.

Il fit l'acquisition du Théâtre des Variétés où il rencontra sa future épouse, une actrice lyrique, Joséphine Coffin-Chevalier qui, admiratrice de Victor Hugo se faisait appeler Mademoiselle Delorme.

Le 8. (1849)

Le 8. (1849)

Le 9.

Le 9.

     Ne vous fiez pas aux sites qui continuent de faire du 9 rue de Liège le siège de la Fédération Française de rugby. Ils n'ont pas mis leur montre à l'heure depuis 2010, année où la Fédération déménagea à Marcoussis où elle a toujours ses bureaux! L'immeuble est devenu un hôtel 4 étoiles, l'Opéra Liège.

Le 10 (1880)

Le 10 (1880)

Le 11

Le 11

     Viennent ensuite quelques beaux immeubles de la première moitié ou de la fin du XIXème siècle...

Le 12 (1850)

Le 12 (1850)

Le 13 (1892)

Le 13 (1892)

     Le 13 porte le nom de son architecte, Antonin Flandre et sa date de construction,1892.  

Rue de Liège à Paris. Entre Nouvelle Athènes et quartier de l'Europe.

   Quelques immeubles encore se succèdent sans rien avoir à nous raconter jusqu'à la rue d'Amsterdam..

    Seul le 18 porte le nom de son architecte : Mortier 1846, ce qui est assez rare pour les immeubles de style Restauration ou Louis-Philippe (ce qui est le cas du 18). Je n'ai trouvé à l'actif de cet architecte que la réalisation du clocher de l'église Saint-Martin à, Savenay!

 (Grâce à un ami lecteur de ce blog, je peux compléter les informations sur Athanase Mortier. certains croquis de ses réalisations sont conservés, comme celui du 11 rue de Milan, toujours debout, dans le quartier de l'Europe :

     Il fut chargé de la constructions de bâtiments à l'emplacement de ceux qui avaient été incendiés sous la Commune. Cette activité lui valut d'être honoré du titre de Chevalier de la Légion d'Honneur, d'autant plus que l'hôtel de Salm, siège de la chancellerie, incendié en 1871, fut restauré par ses soins. Il conserva les élégantes façades restées debout et repensa  l'aménagement intérieur.)

 

     Nous quittons maintenant le IXème arrondissement avec les deux immeubles à pan coupé qui donnent sur le carrefour avec la rue d'Amsterdam.

En réalité la frontière n'est pas si nette entre la Nouvelle Athènes et le quartier de l'Europe.

Rue de Liège à Paris. Entre Nouvelle Athènes et quartier de l'Europe.

    Nous sommes au métro Liège (ancien Berlin). La station a été construite par la Société du Nord-Sud et ouverte en février 1911. Fermée en 1938, elle a été pendant presque trente ans une de ces "stations-fantômes" parisiennes où les rames ne faisaient que passer sans s'arrêter. Elle ne sera rouverte qu'en 1968.

 

    Elle a la particularité d'avoir deux quais qui ne se font pas face. On peut parler de deux demi-stations. Cette bizzarerie est due à l'étroitesse de la rue d'Amsterdam sous laquelle le tunnel a été creusé.

 

    Des céramiques évoquent les paysages et les monuments de la province de Liège. Direction nord elles sont l'oeuvre de Daniel Hicter et sont polychromes.

Direction sud elles ont été créées par Marie claire van Vuchelen et sont en bichromie bleue.

Le 24

Le 24

    Le 24 est un bel hôtel néo Renaissance élevé en 1877 par l'architecte Albert Duclos. Portes géminées en anse de panier, rinceaux et médaillons lui confèrent un charme qui lui valent d'être classé.

Eden théâtre.

Eden théâtre.

Albert Duclos qui aimait l'orient est resté célèbre grâce à l'Eden théâtre avec ses clochetons en pagode en grande partie détruit mais dont l'un des foyers est devenu la Comédie Parisienne, aujourd'hui théâtre de l'Athénée.

Il subsiste en revanche son hammam de la rue des Mathurins, un des immeubles les plus dépaysants de la capitale!

Le 26

Le 26

   Le 26 de 1885,  est l'oeuvre de Charles Taisne (1850-1900), architecte post-haussmannien dont on connaît à Paris quelques réalisations comme le 7 rue d'Odessa.. Il s'agit de l'hôtel de Madame Mareuse

Rue de Liège à Paris. Entre Nouvelle Athènes et quartier de l'Europe.

     L'hôtel aurait été été habité dans la première moitié du XXème siècle par cette femme haute en couleurs, ardente féministe qui s'est illustrée en participant à des courses automobiles, notamment aux 24 heures du Mans. En 1930, c'est la première fois que des femmes y étaient admises! Marguerite Mareuse et Odette Siko sa co-équipière étaient arrivées à la 7ème place sur leur Bugatti!

Le 27.

Le 27.

Le 27 a perdu le souvenir de sa vie antérieure lorsqu'il abritait bureaux et ateliers de matériel chirurgical.

                          Le 25 (petit hôtel Restauration) et le 27

La photo permet de deviner au 25 un bel hôtel de style restauration aujourd'hui remplacé par une de ces verrues sans style qui se soucient comme d'une guigne de l'harmonie urbaine!

Le 25 qui a obtenu, on n'essaie pas de savoir comment, une dérogation pour dépasser de plusieurs étages la hauteur imposée. 

Le 28

Le 28

    Le 28 ne porte pas de plaque et pourtant il n'est pas banal! Il est en effet construit par un architecte dont on ne dira jamais assez le génie : Viollet le Duc. Si on connaît son travail immense (travail à la fois d'érudit et de poète) pour la restauration de monuments menacés ou en ruines, on connaît moins ses immeubles civils. 

68 rue Condorcet. On remarquera le hibou grand duc, totem choisi par l'architecte, en console sous le balcon du 4ème.

68 rue Condorcet. On remarquera le hibou grand duc, totem choisi par l'architecte, en console sous le balcon du 4ème.

... Et pourtant! Notre quartier nous offre quelques unes de ses réalisations où se manifestent à la fois sa culture influencée par le gothique et son sens de la simplicité, du pratique et du rationnel. Citons le 68 rue Condorcet (sa demeure)...

 le 15 rue de Douai, Le 23 rue Chauchat, le 42 rue Lafayette. 

     Le 28 a été construit pour Henri Courmont (1813-1891), secrétaire de la commission des Monuments Historiques, son ami qui était aussi photographe.

Un de ses clichés montre le château de Pierrefonds avant sa restauration par Viollet-le-duc.

Le 31

Le 31

Au 31 un académicien à la plume prolifique est venu habiter en 1935 jusqu'à la fin de sa vie.

Il s'agit de Georges Duhamel qui rédigea une bonne partie de sa "Chronique des Pasquier" rue de Liège!

Le 35

Le 35

Le 41

Le 41

     Le 41 a été édifié en 1880 par Eugène Bardon (1843-1901), architecte qui édifia de nombreuses villas à Chatou et qui fut en vogue grâce à son pavillon de l'expo de 1878 très apprécié des visiteurs.

 

     Les derniers numéros de la rue sont d'opulents immeubles post haussmanniens très représentatifs de l'architecture du quartier de l'Europe.

Des deux côtés de la rue, ils font penser avec leur jardin qui épousent la forme arrondie de la place Simone Veil aux immeubles construits par Hittorf pour la place de l'Etoile.

 

     Nous voilà maintenant sur la place, au-dessus des voies de la gare St-Lazare... autre quartier, autres histoires.

Mais si vous vous asseyez à la terrasse d'un café de la rue de Vienne qui est dans le prolongement de la rue de Liège, vous vous étonnerez peut-être que cette dernière ait gardé son nom alors que la même année où l'on débaptisait la rue de Berlin, on décidait que les cafés viennois seraient pour toujours appelés cafés liégeois!  

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