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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES Chats.. photos..articles
Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.
Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.

    Comme chaque été je reviens au refuge des chats du Château d'Oléron et comme chaque été je découvre de nouveaux chats recueillis dans les rues ou les campagnes, abandonnés, meurtris, blessés parfois. Ils ont pris la place laissée par ceux qui sont morts pendant l'année, au bout de leur vie que la bonté des bénévoles du refuge a permis de prolonger à l'abri de la misère et des cruautés.

Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.
Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.

    J'ai rencontré leur regard levé vers moi et comme à chaque fois qu'un animal me regarde j'ai senti à quel point l'homme n'était pas à la hauteur du rôle qui devrait être le sien de protecteur des êtres vivants. L'homme le plus souvent dispose d'eux à son gré pour son plaisir ou ses intérêts. Le Création est en souffrance et en agonie, les forêts, les rivières, les animaux... et les humains les plus vulnérables.

Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.
Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.

    Cosette qui a créé ce refuge et y consacre un temps qu'elle ne compte pas, fait partie avec les bénévoles, des humains qui sont aux avant-postes et qui tentent de colmater les brèches de notre égoïsme et de notre inconscience.

 Elle m'a donné quelques nouvelles du refuge qui a remodelé ses espaces. Une nursery a été installée pour recevoir les chatons dans un espace paisible.

Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.

     Parmi les nouveaux pensionnaires j'ai rencontré Miaou, un beau chat qui a été recueilli après la mort de son ami, de son maître, avec qui il avait vécu une dizaine d'année dans une complicité et une affection si profondes qu'il ne voulait s'éloigner, ne serait-ce qu'un moment de celui avec qui il mangeait, dormait, rêvait. 

 

     Quand son ami, son maître est mort, le chat est resté terré dans un recoin de la maison. Personne ne pouvait l'approcher, il n'y avait qu'un humain au monde pour lui. Quand enfin il a pu être capturé et emmené au refuge, il a fallu l'enfermer à part. Il ne supportait pas les autres chats et il avait décidé de se laisser mourir. Des mois sans manger, maintenu en vie grâce à des soins vétérinaires, il attendait que cesse cette vie dont il ne voulait plus.

Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.

     Et puis un jour, Cosette qui avait remarqué que dans son ancienne maison il y avait sur le sol quelques crevettes desséchées, a eu l'idée de lui proposer sa pâtée avec sur le dessus quelques unes de ces crevettes qu'il avait dû aimer. Miaou a respiré son plat, il a ronronné et s'est mis à manger pour la première fois depuis son arrivée. Les crevettes lui rappelaient son ami, son maître qui se privait pour les lui offrir. 

Mon chat Loulou recueilli dans un refuge ressemble

Mon chat Loulou recueilli dans un refuge ressemble

   Maintenant Miaou accepte de manger, après quatre mois de repli, comme si cette habitude retrouvée allait lui ramener son ami. Il reste farouche mais accepte de cohabiter avec d'autres chats. Il commence à comprendre qu'il est chez lui dans ce refuge où il a sa corbeille où la nuit il peut rêver à celui qui viendra le rechercher, il en est sûr.

Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.
Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.

    Parmi les autres nouvelles des mois écoulés, comment ne pas dire un mot de deux belles histoires. Un chat recueilli qu'il a fallu câliner, nourrir, surveiller, soigner. Le vétérinaire a pu l'identifier. Il venait de l'autre côté du Pertuis, de la Tremblade. Comment avait-il pu traverser ce bras de mer aux courants redoutables?

Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.
Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.

     Son maître contacté par le refuge est venu sans attendre le chercher. Il nous a donné la résolution de l'énigme.  Son chat avait disparu 10 mois plus tôt, le jour où son fils était venu avec sa camionnette de l'autre côté du Pertuis pour lui rendre visite. Sans doute le chat avait-il sauté dans le véhicule sans qu'il s'en rende compte. Au retour, le camion a été garé dans la cour de la maison du Château d'Oléron. Le chat a dû sauter, effrayé sans doute par le voyage bruyant qu'il venait de faire et il s'est réfugié là où il avait pu, tentant de survivre jour après jour jusqu'au moment où maigre et terrorisé il a été cueilli par un bénévole du refuge. 

Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.

    Des histoires comme celles-là, il y en a beaucoup, comme celle de cette chatte que son maître parisien avait perdue pendant les vacances et qui a retrouvé son foyer trois mois plus tard grâce à son identification. Il y eut des retrouvailles faites de sourires, de caresses et de ronrons, interminables, toujours recommencés...

Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.

     Inutile de dire à tous ceux qui ont des chats que l'identification est une nécessité. Nous en avons la preuve chaque jour dans l'île où les propriétaires de chats viennent passer les vacances avec leur petit compagnon. Les chats sont curieux, enivrés de senteurs et de découvertes. Ils trouvent le moyen de sortir d'une maison qu'ils ne connaissent pas assez pour la retrouver et ils se perdent, devenant la proie des gens malveillants, des autos, et en automne des chasseurs.

Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.
Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.
Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.

     Voilà quelques uns de ces visages avec les interrogations et les prières que nous pouvons lire dans les regard levés vers nous.

Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.
Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.
Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.
Les chats du refuge des Pachats du Bastion à Oléron. août 2022.

Les Pachats du Bastion : 10 rue des Remparts. Le Château. 17480. 0666974178

 

Liens. articles sur les Pachats, année après année.  (liste des articles sur les Pachats en fin de page)

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #MONTMARTRE. Rues et places.
Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

     Nous reprenons notre ascension de la rue Blanche où nous nous étions arrêtés au 25, devant l'église protestante allemande.

Où s'élève aujourd'hui le 27 a vécu un peintre oublié, Achille Gratien Gallier (1814-1871).

L'immeuble de 1910 qui a remplacé l'hôtel où vivait Gratien mort en 1871.

    Il fait partie de ces peintres paysagistes très appréciés au milieu du XIXème siècle dont les paysages (surtout italiens) étaient à la mode. Il paraît banal aujourd'hui bien que Corot paraît-il l'eût admiré.

                                               Vue de la campagne romaine

Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

Les 24-28 sont l'adresse des pompiers! Ils accueillent le 1er groupement d'incendie et de secours de la 7ème compagnie.

La partie la plus ancienne a servi d'hôpital à la maison militaire de Louis XVIII puis d'école pour les musiques de la garnison de Paris sous Louis-Philippe avant d'être intégrée à l'ensemble construit entre 1901 et 1907 par l'architecte Louis Sauffroy.

Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

Il s'agit d'ailleurs du dernier ouvrage de Louis Sauffroy (1847-1907). Parmi ses réalisations  les plus spectaculaires, citons le Grand Hôtel de Saint-Lunaire et le Castel Sauffroy qui est aujourd'hui le siège de la mairie..

 

     Le 43 rue Blanche est connu des fans de Berlioz bien qu'il n'y ait jamais vécu.

Il utilisa pour lui-même cette adresse postale mais c'est surtout là qu'en 1844 vint vivre Harriet Smithson alors que son mari après l'avoir quittée s'était installée avec Marie Recio rue de Provence. Harriet y vivra pendant 4 ans avant de déménager au 65 rue Blanche puis rue Saint-Vincent où elle mourra non loin de la maison où elle avait vécu avec Berlioz et où son fils était né. 

Aujourd'hui une même adresse réunit au cimetière de Montmartre, un peu plus haut, Berlioz et les deux femmes de sa vie.

     Toujours au 43 a vécu en 1836 Paul Gavarni, dessinateur, illustrateur qui reste très lié au quartier (il habita rue Fontaine et rue Saint-Lazare).

Il a immortalisé les petits métiers de Paris et a donné l'image la plus connue des lorettes et des grisettes. Le monument de la place Saint-Georges lui rend hommage.

   Afficher l’image source

 Avant la construction du 44, immeuble assez banal, il y avait à cet emplacement un hôtel particulier où vivait Jean-François Boursault dont le nom de comédien était Boursault-Malherbe (nom choisi pour l'admiration qu'il portait au poète).

     Jean-François Boursault (1750-1842) fut un révolutionnaire prudent mais surtout un homme de théâtre passionné.

                                                        Charles-Philippe Ronsin (1751-1794)

    Il fit construire à paris en 1791 près de la rue Quincampoix le théâtre Molière où il monta les pièces révolutionnaires de Ronsin, général de division de la Révolution et auteur dramatique. Ses pièces cessent d'être jouées et le théâtre est fermé le jour où il est guillotiné, accusé à tort de complot militaire. En 1795 (an IV) Boursault reprend la salle qu'il nomme "théâtre des Variétés nationales et étrangères" et y monte des pièces de son auteur favori Shakespeare.

Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

   Ce personnage étonnant était passionné d'horticulture et fit installer des serres sur des terrains alors campagnards qui allaient jusqu'au Pigalle actuel. Il introduisit de nouvelles fleurs en France et fut le créateur de la rose "Boursault" qui existe encore aujourd'hui, contrairement à la Rose de son poète, préféré : "Et Rose elle a vécu ce que vivent les roses, l'espace d'un matin"

   

                                Alberte de Rubempré peinte par Delacroix en Catherine d'Alexandrie

 

       Pour l'anecdote, notons qu'une de ses filles, d'une grande beauté, Alberte Alexandrine, mariée à 17 ans à Marie Emile Cozette de Rubempré, malheureuse dans son couple, fut la maîtresse de Stendhal à qui elle inspira quelques aspects du personnage de Mathilde de la Mole dans "Le Rouge et le Noir". Elle avait fort bon goût puisqu'elle fut également la maîtresse de Mérimée, Delacroix et Rossini!

Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

   Au 45 vécut Pierre Humbert (1848-1919) un des plus importants architectes parisiens qui contribua à la transformation de Paris. On ne compte plus ses réalisations parisiennes, hôtels particuliers, immeubles, notamment dans le XVIème arrondissement. Un Montmartrois ne manquera pas de retenir qu'il fut l'auteur du 58 rue Caulaincourt où vécut Steinlen et qu'il créa l'élégant square de Montmartre (aujourd'hui Kriegel-Valrimont). 

124 av. Victor Hugo (Pierre Humbert)

124 av. Victor Hugo (Pierre Humbert)

    J'ai une sympathie particulière pour le 124 avenue Victor Hugo, élevé à l'emplacement d'un hôtel où vécut l'écrivain représenté au-dessus de l'entrée.

Le 47

Le 47

    Au 47 (à son emplacement plus exactement) a vécu Manuel Francisco de Barros e Sousa  (1791-1856),homme politique portugais qui fut ministre d'Etat et ministre des Affaires étrangères.

Jugé trop modéré il s'exila à Paris où il se consacra aux études historiques qu'il aimait. Il fut à l'origine du terme de "cartographie".

                                                 Carte de l'Atlas de Barros e Sousa 

Le 49 a perdu la mémoire. Il s'est transformé en un passage qui conduit à une résidence Alzheimer! "Les parentèles de la rue Blanche".

Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

   Les notes de piano qui s'y élevaient ont disparu elles aussi. C'est pourtant un des plus grands pianistes français qui y vécut : Louis Diémer (1849_1919). Il se produisit dans de nombreux pays et il redécouvrit le répertoire du clavecin.

Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

    Il eut pour élèves au Conservatoire, à la fin du XIXème siècle, entre autres, Robert Casadesus, Alfred Cortot, Georges Enesco, Marcel Dupré.

Il fut aussi compositeur apprécié. Il repose aujourd'hui au cimetière de Montmartre où son buste semble humer le ciel et entendre venues des nuages, des notes légères de clavecin. 

51

51

    Le 51 est un immeuble protégé, typique de l'architecture de la Restauration avec sa cour en U et son portail fermé orné de vasques. 

    Le 54 est plus récent, construit dans la deuxième moitié du XIXème et adresse aujourd'hui d'un restaurant.

 

     Il y eut à cet endroit une institution-pension pour jeunes-filles dont l'une des directrices fut Euphémie Vauthier, autrice, journaliste, enseignante qui marque une date dans l'histoire toujours à approfondir des femmes.

     

 

Elle dirige avec trois de ses soeurs l'institution du 54 rue Blanche tout en ne cessant d'écrire. Sa rencontre avec Lamartine l'impressionne et l'encourage. C'est lui qui écrira la préface de son roman "Léonie" (1860) après l'avoir incitée à se lancer : "Mademoiselle il faut tout quitter pour écrire".

Féministe, elle milite dans plusieurs associations comme celle du "Droit des femmes". Son nom restera célèbre car il est celui de la première femme à avoir été poursuivie pour un délit commis par voie de presse. 

                                                         Louis Rossel

En effet, engagée dans la défense des victimes de la Commune, elle écrit un article après l'exécution de Louis Rossel, colonel qui a rejoint la Commune et après l'écrasement a refusé l'exil que lui proposait Thiers soucieux de ne pas en faire un martyr. Il fut fusillé à 27 ans  :

"Ils croient l'avoir tué et à jamais ils le font vivre" écrit Euphémie.

 

Lors de son procès en cour d'assises, elle est soutenue par Victor Hugo. Elle sera acquittée et restera dans l'histoire!

    C'est toujours au 54 que Firmin Gémier mourut en 1933. Cet acteur marqué par les théories d'Antoine fut un de ces hommes qui œuvra pour un vrai théâtre populaire. Il est d'ailleurs le créateur du TNP (Théâtre National Populaire) en 1920. 

   Notons qu'il fut, comme Malraux le sera pour Jean Moulin l'organisateur du transfert de Jean Jaurès au Panthéon.

Le fils qu'il eut avec Mary Marquet, mourut au camp de Buchenwald en 1943.

     Le 70 fut le domicile (1er étage) de la baronne Copens, de son vrai nom Stéphanie Marie Arnoult de Joyeuse. Elle fut une adversaire active du coup d'Etat du Prince Président en 1851 et elle réunit dans son appartement de la rue Blanche, le 2 décembre,  une soixantaine d'opposants dont Victor Hugo, Arago, Edgar Quinet... 

 

    C'est aussi à cette adresse que vécut, après son exil, le patriote vénitien Daniele Manin (1804-1857) qui lutta contre les Autrichiens et fut chef de la République de Saint-Marc. Il mourra à Paris sans avoir vu se créer l'unité italienne pour laquelle il s'était engagé corps et âme. Une statue lui rend hommage à Venise.

Une rue de Paris, près des Buttes Chaumont, le rappelle à notre mémoire.

Vue d'ensemble

Vue d'ensemble

Au 72 a vécu presque toute sa vie Jules Garcin (1830-1896) violoniste, chef d'orchestre et compositeur. Il déménagea quelques années avant sa mort pour la rue Victor Massé voisine.  

 

     Il fut élève de maîtres célèbres comme Adolphe Adam et Ambroise Thomas. Premier prix de violon, il rejoignit l'orchestre de l'Opéra de paris où il fut ensuite chef d'orchestre.

                                Il est enterré au cimetière de Montmartre.

Toujours au 72 nous rencontrons un auteur dramatique, vaudevilliste à succès, bien oublié aujourd'hui : Paul Barré (1854-1910).

   Il a écrit des livrets d'opérettes, des pièces qu'on pourrait appeler "de boulevard" dans lesquelles il aimait laisser libre cours à sa verve gauloise. Ce qui le rend un peu plus actuel, c'est le titre de sa première pièce, en 1877, "Les Gilets Jaunes"!

Le 75

Le 75

     La façade du 75 porte une plaque, fait rarissime dans cette rue qui a pourtant abrité de nombreuses célébrités.

Cette plaque prend une valeur particulière car il est impossible de se recueillir sur la tombe d'une belle actrice qui a voulu donner son corps à la science et dont les cendres ont été dispersées dans la fosse commune du cimetière de Thiais.

     Entrée à la Comédie Française, elle y a passé l'essentiel de sa vie professionnelle. Quand en 1966, elle la quitte c'est pour être professeur au Conservatoire et former de jeunes comédiens parmi lesquels Daniel Auteuil, Patrick Chesnais, Nicole Garcia, Sabine Azéma, Francis Huster... 

                                                  Dans la Marseillaise de Renoir

     Elle a connu une brillante carrière cinématographique sous la direction de quelques uns des grands cinéastes français (Renoir, Tourneur, Cayatte, René Clair).

                                                 Dans le Capitan de Hunebelle

Le 77

Le 77

     Au 77 Edgar Degas eut un atelier de 1873 à 1876, une de ses nombreuses adresses à Montmartre. Ces années correspondent à une intense créativité du peintre.

 

Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

   Le 78, classé, est un des beaux immeubles de la rue. Il s'agit d'un hôtel particulier construit dans la deuxième moitié du XIXème siècle dans le style néo Renaissance par l'architecte Théodore Ballu, pour lui-même.

 

    L'architecte qui est grand connaisseur de l'histoire de l'architecture et des styles, a laissé de nombreux témoignages à Paris de son talent et de son éclectisme.

Le "etc" de la plaque aurait pu être précisé par l'église Saint Ambroise, l'église Saint-Joseph, le beffroi de la mairie du Ier arrondissement entre Saint-Germain l'Auxerrois et la mairie construite par Hittorf, la restauration de la tour Saint-Jacques....

                           Une rue qui commence rue Blanche porte son nom

Voilà que nous arrivons à la fin de cette rue qui avait tant à nous raconter. Un dernier numéro, le 96, aura droit à notre attention. C'est en effet dans cet immeuble qu'André Antoine, si présent à Montmartre, loua en 1887 un atelier. C'est l'année où il crée au 37 de la rue Antoine actuelle "le Théâtre Libre".

Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

    Et maintenant nous sommes sur la place Blanche qui, elle aussi, a bien des souvenirs à nous raconter pendant que le Moulin Rouge laisse entendre à l'ombre de ses ailes immobiles le frou frou des dentelles qui affolèrent les noctambules!

                                                                              Camoin

Liens :

Rue Blanche 1ère partie (de la Trinité au 25)

Liste des rues de Montmartre visitées sue ce blog

                                                           Bassin de la Trinité

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Publié le par chriswac
Publié dans : #album
Juillet 2022. Album photos Oléron.

1er juillet. Retour dans l'île.

"Fuir là-bas fuir, je sens que des oiseaux sont ivres d'être parmi l'écume inconnue et les cieux."

Juillet 2022. Album photos Oléron.

2 juillet. L'élégance des sportifs...

Juillet 2022. Album photos Oléron.

3 juillet. Corps de ballet de la Grande Plage.

Juillet 2022. Album photos Oléron.

4 juillet. Le nuage et son double. (Vertbois)

Juillet 2022. Album photos Oléron.

5 juillet. Le petit prince sur sa planète.

Juillet 2022. Album photos Oléron.

6 juillet. Créature des sables.

Juillet 2022. Album photos Oléron.

7 juillet. La salle de classe idéale.

Juillet 2022. Album photos Oléron.

8 juillet. Matin sur le port des Salines.

Juillet 2022. Album photos Oléron.

9 juillet. Champion en herbe.

Juillet 2022. Album photos Oléron.

10 juillet. Le commencement du monde. 

Juillet 2022. Album photos Oléron.

11 juillet. Avant la glissade. (skimboard)

Juillet 2022. Album photos Oléron.

12 juillet. Debout sur la vague.

Juillet 2022. Album photos Oléron.

13 juillet. le rivage de dentelle.

Juillet 2022. Album photos Oléron.

14 juillet. La bataille navale le jour de la prise de la Bastille!

Juillet 2022. Album photos Oléron.

15 juillet. La balle couleur d'écume.

Juillet 2022. Album photos Oléron.

16 juillet. Se laisser caresser par la mer

Juillet 2022. Album photos Oléron.

17 juillet. La pêche aux tellines (appelées ici "louisettes")

Juillet 2022. Album photos Oléron.

18 juillet. La grenouille et la naïade!

Juillet 2022. Album photos Oléron.

19 juillet. Duel pour un film de Bergman!

Juillet 2022. Album photos Oléron.

20 juillet. Les moussaillons sur le pertuis.

Juillet 2022. Album photos Oléron.

21 juillet. Lutte avec le vent.

Juillet 2022. Album photos Oléron.

22 juillet. Les demoiselles de Rochefort et les parapluies qui ne sont pas de Cherbourg.

 

23 juillet. Le passage des îles à Grand-Village.

Juillet 2022. Album photos Oléron.

24 juillet. Oléron sur Rajasthan

Juillet 2022. Album photos Oléron.

26 juillet. Premier matin gris et pluvieux. (Marais de Petit Village)

Juillet 2022. Album photos Oléron.

27 juillet. Les vacances c'est le pied!

Juillet 2022. Album photos Oléron.

28 juillet. Ecole de bodyboard.

Juillet 2022. Album photos Oléron.

29 juillet. L'église de Saint-Pierre. Le clocher-phare.

Juillet 2022. Album photos Oléron.

30 juillet. Dans le marais d'Ors. Les cigognes vont à la pêche aux anguilles!

Juillet 2022. Album photos Oléron.

31 juillet. Le bonheur et son reflet rose.

Juillet 2022. Album photos Oléron.

Le mois s'est envolé. Les jours comme les oiseaux migrateurs s'envolent mais ne reviennent que dans la mémoire éphémère.

Il a fait beau, trop beau. Il a fait chaud, trop chaud. La terre est lancée comme un train fou vers un horizon en flammes.

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON
Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

Certains de mes lecteurs m'ont interrogé sur Pierre Loti qui est pour moi un de nos grands écrivains (pas seulement pour moi!)

              La maison des aïeules choisie comme dernière demeure par Pierre Loti

Profitant d'une nouvelle visite à Saint-Pierre où il dort, délivré du "grand épouvantement" je republie cet article, un de ceux que j'ai consacrés à cet homme que j'admire.

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

      Contemporain de Proust mais combien différent, aussi voyageur que l'autre était casanier, Loti n'en reste pas moins obsédé par le passage du temps et la disparition des êtres chers. Ses romans autobiographiques sont, à leur manière, une recherche du temps perdu... une tentative sans illusion de le retrouver et de lui donner un sursis de mémoire, aussi durable que le succès de librairie,  "l'éternité" de papier.

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.
Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

   Dans l'île d'Oléron où je passe l'été, je pense souvent à lui qui aimait ce berceau de ses aïeux huguenots et qui désira être enterré dans le jardin de la maison de Saint-Pierre.

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

     J'ai relu son "Roman d'un enfant" et "Prime jeunesse" et j'ai noté quelques passage révélateurs de sa sensibilité tourmentée, de son incapacité à vivre pleinement le présent menacé de disparition. La mort qu'il appelle "la reine des épouvantements" est présente dans son œuvre où elle règne en despote...

     Il écrit le "Roman d'un enfant" à 40 ans, en pleine maturité et en pleine gloire (il sera reçu bientôt à l'Académie) tandis que "Prime jeunesse", plus amer, plus désabusé paraît 30 ans plus tard, quatre ans avant sa mort.

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.
Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

"... Laisser un journal que des survivants liront peut-être… C'est ce que j'ai fait ici, et je prie ceux qui jetteront les yeux sur ce livre, de l'excuser, comme la tentative désespérée d'un de leurs frères qui va sombrer demain dans l'abîme et voudrait, au moins pour un temps, sauver ses plus chers souvenirs."

Prime Jeunesse (Un court prélude)

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.
Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

" Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges Jeter l'ancre un seul jour?...

(…) Oserai-je dire ici que Lamartine m'était déjà antipathique, dès le collège, par sa poserie et son grand profil pompeux; cependant le début incontestablement splendide de ce poème, que je m'étais presque lassé d'accompagner si souvent au piano, avait peut-être amené en moi le premier éveil de mes terreurs en présence de notre course au néant…"

Prime jeunesse (chap.III)

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.
Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

"Ce fut sans doute un des malheurs de ma vie d'avoir été beaucoup plus jeune que tous les êtres qui m'aimaient et que j'aimais, d'avoir surgi parmi eux comme une sorte de petit Benjamin tardif sur lequel devaient converger fatalement trop de tendresses, - et puis d'être laissé si affreusement seul pour les suprêmes étapes de la route!"

Prime jeunesse (chap. III)

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

"Pour nous qui n'avons pas de durée et qui ne devinerons jamais le pourquoi de rien, la presque éternité des plantes frêles ajoute encore à l'immense étonnement douloureux que l'ensemble de la Création nous cause…"

Prime jeunesse (chap.XX)

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

Après la mort de sa chère tante Claire, il conserve sa chambre intacte, comme un sanctuaire.

"Voici trente ans bientôt qu'elle nous a quittés, et sa chambre est restée telle que si elle venait d'en sortir pour revenir demain; dans ses tiroirs, dans ses armoires, elle retrouverait toutes ses petites affaires, devenues pour moi des reliques."

Prime jeunesse (chap. XXIII)

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.
Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

"La pensée que le visage de ma mère pourrait un jour disparaître à mes yeux pour jamais, qu'il ne serait qu'une combinaison d'éléments susceptibles de se désagréger et de se perdre sans retour dans l'abîme universel, cette pensée, non seulement me fait saigner le cœur, mais aussi me révolte, comme inadmissible et monstrueuse."

Le Roman d'un enfant (chap.V)

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.
Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

      Il raconte comment une lecture qui lui est faite, alors qu'il n'a que 7 ans le touche… Tante Claire lit l'histoire d'un petit garçon qui s'est enfui de la maison familiale et n'y revient que des années plus tard. ses parents et sa sœur sont morts. L'enfant va dans le vieux jardin abandonné et trouve sur le sol une perle bleue qui a appartenu à sa sœur...

"Oh! Alors je me levai, demandant que l'on cessât de lire, sentant les sanglots qui me venaient… J'avais vu, absolument vu, ce jardin solitaire, et, à moitié cachée sous ces feuilles rousses, cette perle bleue, souvenir d'une sœur morte… Tout cela me faisait mal, affreusement, me donnait la conception de la fin languissante des existences et des choses, de l'immense effeuillement de tout…"

Le Roman d'un enfant (chap.XIII)

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.
Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

Il se rappelle les veillées dans le salon rouge avec, autour de lui sa mère, sa grand-mère, ses tantes, sa sœur….

"Hélas! avec quel recueillement triste je les passe en revue, ces figures aimées ou vénérées, bénies, qui m'entouraient ainsi les dimanches soir; la plupart ont disparu et leurs images, que je voudrais retenir, malgré moi se ternissent, s'embrument,, vont s'en aller aussi…"

Le Roman d'un enfant (chap.XXIII)

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

Adolescent, il regarde les objets du quotidien utilisés par sa mère et il pense au jour où elle ne sera plus là pour les utiliser :

"Et sa corbeille à ouvrage, toujours celle d'autrefois, que je l'ai priée de ne jamais changer, même malgré un peu d'usure, - et les différents bibelots qui s'y trouvent, étuis, boîtes pour les aiguilles, écrous pour tenir les broderies! - L'idée que je pourrai connaître un temps où les mains bien-aimées qui touchent journellement ces choses ne les toucheront jamais plus, m'est une épouvante horrible contre laquelle je ne me sens aucun courage. Tant que je vivrai, évidemment, on conservera tout tel quel, dans une tranquillité de reliques; mais après, à qui écherra cet héritage qu'on ne comprendra plus; que deviendront ces pauvres petits riens que je chéris?

Le Roman d'un enfant (chap. LIII)

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

Quand il pense à la profession qu'il devra exercer (il est question qu'il étudie à Polytechnique) et qu'il regarde les hommes mûrs qui sont passés par là :

"Il faudra un jour être comme l'un d'eux, vivre utilement, posément, dans un lieu donné, dans une sphère déterminée, et puis vieillir, et puis ce sera tout… alors une désespérance sans bornes me prenait; je n'avais envie de rien de possible ni de raisonnable; j'aurais voulu plus que jamais rester un enfant, et la pensée que les années fuyaient, qu'il faudrait bientôt, bon gré, mal gré, être un homme, demeurait pour moi angoissante."

Le Roman d'un enfant (chap.LIII)

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.
Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

Il tient un journal et il souhaite qu'il soit brûlé à sa mort et que personne ne lise ses pensées secrètes. Plus tard, il se rend compte qu'il a changé :

"J'en suis venu à chanter mon mal et à le crier aux passants quelconques, pour appeler à moi la sympathie des inconnus les plus lointains; - et appeler avec plus d'angoisse à mesure que je pressens davantage la finale poussière… Et, qui sait? en avançant dans la vie, j'en viendrai peut-être à écrire d'encore plus intimes choses qu'à présent on ne m'arracherait pas, - et cela pour essayer de prolonger, au-delà de ma propre durée, tout ce que j'ai été, tout ce que j'ai pleuré, tout ce que j'ai aimé…"

Le Roman d'un enfant (chap.LVIII)

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.
Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

Le moment du réveil, le matin, est particulièrement important, c'est alors que se présentent à nous les tristesses, les inquiétudes….

"Plus tard, ils devaient bien s'assombrir , mes réveils! Et ils sont devenus aujourd'hui l'instant de lucidité effroyable où je vois pour ainsi dire les dessous de la vie dégagés de tous ces mirages encore amusants qui, dans le jour, reviennent me les cacher; l'instant où m'apparaissent le mieux la rapidité des années, l'émiettement de tout ce à quoi j'essaie de raccrocher mes mains, et le néant final, le grand trou béant de la mort, là tout près, que rien ne déguise plus."

Le Roman d'un enfant (chap. LXVIII)

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

     Le roman d'un enfant se termine sur une évocation des étés passés dans le midi, des étés de soleil et de jeux. Pierre Loti revient dans la maison où il a connu ces vacances de rêve. Tout a changé, tout s'est "rapetissé".... Il lui semble entendre une chanson des rondes du passé...

"(…) La petite voix était flutée, bizarre; surtout elle était triste, triste à faire pleurer, triste comme pour chanter, sur une tombe, la chanson des années disparues, des étés morts."

Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.
Obsession du temps qui passe chez Pierre Loti.

La reine des épouvantements a cessé de tourmenter Pierre Loti. Pourtant il lui échappe en partie et reste vivant grâce à ses écrits. La maison de Rochefort dont il a tant parlé, où il a été si heureux et si malheureux rouvrira bientôt ses portes, rénovée, telle qu'elle était jadis…avec les bibelots, les collections, les objets qu'il aimait tant... 

     Il est le seul à ne pas le savoir là où ses restes reposent, dans le jardin de la maison des aïeules dans l'île d'Oléron..

 

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Oléron

 

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La rue Blanche. Première partie, du début au 25.

    La couleur de la place Blanche c'est le rouge du moulin que photographient tous les touristes! C'est sur cette place que commence la rue homonyme qui descend plein sud vers l'église de la Trinité. Une des rues les plus riches en histoire et histoires de Montmartre.

La rue Blanche. Première partie, du début au 25.

    Pourquoi ce nom?

La tradition affirme qu'il est dû aux carrières de gypse de la Butte. Les charrois descendaient les rues pentues, chargées de plâtre qui ne manquait pas sous l'effet des cahots et du vent de se disperser en partie sur la chaussée. 

Les Porcherons avec le château du Coq dont il ne reste que le ,om d'une impasse sur la rue Saint-Lazare.

Les Porcherons avec le château du Coq dont il ne reste que le ,om d'une impasse sur la rue Saint-Lazare.

     L'étude des différents noms des rues depuis leur création raconte une autre histoire. Il y avait en effet, succédant à l'ancien chemin qui allait du village des Porcherons à la place une rue qui avait pris le nom de "rue de la Croix Blanche". Elle le devait à  l'enseigne d'un cabaret très fréquenté, le cabaret de la Croix Blanche. En 1793, alors qu'on efface autant que possible toute référence religieuse dans les noms, la rue prend le nom qu'elle a gardé : rue Blanche. 

Sur la droite de l'église, début de la rue Blanche.

Sur la droite de l'église, début de la rue Blanche.

    Partons donc du bas de la rue, là où elle commence, place d'Estienne d'Orves, à quelques pas de l'église de la Trinité.

 

    Il y avait là en 1765 ce qu'on appelait "la clôture", un poste d'octroi qui taxait les marchandises entrant dans Paris.

Le poste existera jusqu'à la construction du fameux mur des Fermiers Généraux qui passera plus au nord, à la hauteur de la place Blanche actuelle.

La rue Blanche. Première partie, du début au 25.

Au n° 2, bel immeuble avec cariatides où a vécu le général Charles Guillemaut (1809-1886) inhumé au cimetière de Montmartre.

Il faisait partie de cette gauche républicaine et laïque qui nous manque aujourd'hui. Il a pour titre d'honneur de s'être illustré dans la bataille du plateau d'Avron en 1870. Il était vigilant quant au respect de la laïcité et s'est opposé à la création d'aumôniers militaires.

La rue Blanche. Première partie, du début au 25.

Le bel immeuble post-haussmannien est dû à l'architecte Charles Forest dont j'ignore malgré quelques recherches quelles ont été ses autres réalisations. Qu'importe! son nom restera gravé sur la pierre sur l'un des plus beaux immeubles du IXème arrondissement!

                                                       16 rue de Penthièvre (Forest)

     (Je rajoute après publication de l'article, grâce aux informations que m'a données Maxime B. que l'on doit plusieurs immeubles parisiens à cet architecte, boulevard Saint-Germain, rue de Florence, rue de Penthièvre. Aucun cependant n'a l'allure ni le développement de celui de la rue Blanche.)

La rue Blanche. Première partie, du début au 25.

    Là où s'élève le 3 vivait Camille Paganel (1795-1859).  Encore un homme politique mais du bord opposé. Un conservateur bon teint bien que fils du conventionnel Pierre Paganel qui, prêtre avant la Révolution, fut élu à l'Assemblée où il attaqua les prêtres réfractaires et vota la mort du roi, ce qui lui valu d'être exilé pour régicide en 1816.

                                                               Pierre Paganel

Camille eut une vie moins tumultueuse;  il fut député du Lot et Garonne puis Secrétaire d'Etat au Ministère de l'Agriculture et Directeur des Haras bien que ne connaissant rien à la gent chevaline.

La rue Blanche. Première partie, du début au 25.

    Le 5 qui fait partie du même groupe d'immeubles est une adresse intéressante à plusieurs titres. Elle est celle depuis 35 ans de la fondation Danielle Mitterrand qui se présente comme radicale et utopiste.

Ses engagements politiques et écologiques sont nombreux. Il suffit de mentionner la défense constante du peuple kurde ou celle du peuple tibétain pour tirer son chapeau!

     Il y eut avant la construction de l'immeuble un hôtel où vécut Martin Gaudin duc de Gaëte (1756-1841) qui fut ministres des finances sous le consulat et l'Empire.

Il fit preuve de rigueur et d'honnêteté, ayant acquis sa réputation d'homme intègre pendant la période révolutionnaire. En effet il accepta d'être nommé en 1795 au poste périlleux de responsable des recettes (pour ne pas dire des impôts), ce qui lui valut de nombreuses dénonciations. Il n'en sauva pas moins sa tête comme il parvint à sauver celle des 48 receveurs généraux que Robespierre voulait envoyer à la guillotine!

     

        Toujours au 5 a vécu Emile Paul Salmson (1893-1966) qui a été un des plus grands constructeur aéronautique et automobile français.

Le 6

Le 6

    Le 6 abrita les premiers locaux de la librairie Simon et Lucien Kra qui créèrent les Editions du Sagittaire bien connue pour avoir publié quelques livres essentiels.

De 1921 à 1923 elles furent dirigées par André Malraux avant de devenir la maison d'édition des surréalistes avec Breton comme auteur attitré!

     Au 8 a vécu (et est mort) un des auteurs dramatiques les plus joués dans la deuxième moitié du XIXème siècle.

 Il s'agit de Léon Laya dont la pièce "le Duc Job", jouée au Théâtre Français fut un des plus grands succès de son temps. On le retrouva pendu au bout de sa cravate à son domicile de la rue Blanche. Il laissait deux lettres, l'une au directeur du Gymnase où devait être donnée sa dernière pièce (elle contenait tout le 4ème acte qui manquait encore) et l'autre à son actrice principale. Il est inhumé au cimetière de Montmartre.

Le 10

Le 10

     Au 10 a vécu Léon Faucher, homme politique qui fut sous Louis Napoléon Bonaparte Ministre de l'Intérieur et donc Président du Gouvernement en 1851, année où refusant de cautionner le coup d'Etat, il quitta définitivement la vie politique.

                                                     Léon Faucher (Daumier)

Ce qui lui, permit de se consacrer à ses études sur l'économie et d'aller en Italie pour suivre une cure qui ne lui porta pas chance, puisqu'au retour il mourut de la fièvre typhoïde à Marseille. 

La rue Blanche. Première partie, du début au 25.
Au 15, le Théâtre de Paris.

Au 15, le Théâtre de Paris.

     Nous trouvons au 15 un théâtre qui a son histoire puisqu'il y eut à l'origine, là où il est établi, un pavillon de fêtes créé par le duc de Richelieu en 1730. Nous étions alors dans la campagne aux portes de Paris. Ce pavillon isolé sous les arbres fut, dit-on fréquenté par Louis XV et la Pompadour.

 

     Au XIXème siècle il connut plusieurs avatars, passant d'un parc d'attractions à une église puis à une patinoire pour les amateurs de patin à roulettes devenus très tendance

 

    C'est en 1891 que renaît le Théâtre qui sur l'impulsion de Lugné Poe fait connaître Ibsen et les auteurs nordiques.

     Réjane, quelques années plus tard, alors qu'elle est au sommet de sa gloire, en devient propriétaire et le baptise "Théâtre Réjane". "Madame sans-Gêne" y est donné à guichets fermés! 

    En 1918 le théâtre est racheté par Léon Volterra qui lui donne le nom, très original, de "Théâtre de Paris".

En 1929 Pagnol y crée sa fameuse trilogie. Une deuxième salle sera ouverte plus tard, en 1958, sur l'initiative d'Elvire Popesco, le "Petit Théâtre de Paris". Différents directeurs se succèdent dont Robert Hossein et des acteurs célèbres s'y produisent comme Delon, Romy Schneider, Belmondo, Depardieu, Giraudeau.

   

Au début du XXIème siècle le théâtre connaît un nouvel essor avec la direction de Stéphane Hillel. Aujourd'hui il reste un des théâtres parisiens très fréquentés même s'il a un peu oublié qu'il fut un théâtre d'avant-garde.

17

17

 

    Le 17, classé, est l'hôtel le Marois, construit en 1829 par l'architecte Antoine Joseph Pellechet pour le général comte Le Marois, ancien garde de camp de Napoléon. L'immeuble de pierres de style palladien était jadis orné d'une statue au centre de la cour.

21

21

    Le 21  est le plus bel immeuble de la rue, chef d'œuvre Art Nouveau : l'hôtel de Choudens construit par l'architecte Charles Girault en 1901 pour l'éditeur de musique Paul de Choudens.

 

    Charles Girault est sans conteste un des grands architectes fin de siècle, marqué à la fois par le baroque italien et les audaces de l'Art Nouveau.

 

On lui doit un des monuments les plus élégants et les plus originaux de Paris : le Petit Palais édifié pour l'expo de 1900. Léopold II fut tellement séduit par le monument qu'il demanda sa réplique exacte à Bruxelles. Girault refusa de dupliquer son oeuvre mais il reçut de nombreuses commandes en Belgique.

   

A Paris, il coordonna également les travaux du Grand Palais et il réalisa à la demande de la famille  le très beau tombeau de Pasteur dans l'Institut qui porte son nom.

   

Paul de Choudens pour qui l'hôtel a été construit est moins célèbre que son architecte. Il fut musicien et éditeur de musique. L'hôtel fut construit grâce aux revenus considérables que lui assura la publication du Faust de Gounod et du Carmen de Bizet.

Hôtel à l'abandon après le départ de l'Ecole.

Hôtel à l'abandon après le départ de l'Ecole.

      L'hôtel connut quelques vicissitudes. Il abrita la fameuse école  de théâtre connue sous le nom d'école de la rue Blanche qui prit possession du bâtiment abandonné. Elle y restera jusqu'à don déménagement pour Lyon en 1997. L'hôtel alors n'est pas en bon état et plusieurs années de vacance et d'occupation sauvage le dégradent.

 

    En 2003 il est vendu par la Ville à une société immobilière qui le restaure. Il abrite aujourd'hui des salles de sport qui ont essayé tant bien que mal de respecter l'originalité et la valeur d'un décor unique.

 

25

25

     Le 25 est une église. Il s'agit de l'église du Christ, église évangélique allemande qui de 1933 à 1945 fut ressentie comme ennemie par les riverains. Elle l'était puisque financée par la tendance protestante la plus proche du régime nazi et tint le rôle de paroisse militaire. On pense à Dylan : "Though they murdered six million in the oven they fried, the Germans too have God on their side".

 

Elle a été construite en 1894 par l'architecte Edouard-Jean Niermans (1859-1928) qui fut un représentant brillant de l'Art Nouveau et de l'Art Déco. 

Pas loin de là, rue Saint-Lazare, on peut admirer la brasserie Mollard qui est son oeuvre, comme le sont à des degrés divers les Folies Bergère, le Casino de Paris ou le Moulin Rouge (dessiné par Willette, le fameux bal est transformé en théâtre concert en 1903 par Niermans).

La rue Blanche. Première partie, du début au 25.

On lui doit également l'hôtel le plus célèbre de Nice, le Négresco.

La rue Blanche. Première partie, du début au 25.

Nous nous arrêtons un moment avant de reprendre la prochaine fois la montée vers le Moulin Rouge, sûrs de faire d'autres découvertes surprenantes dans cette rue Blanche qui nous en fait voir de toutes les couleurs!

 

(Deuxième partie de la rue Blanche, du 27 à la place)

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C'est un cabaret qui a laissé son nom dans l'histoire (politique et artistique) mais sans le tableau de Manet, ce nom aurait sans doute moins d'éclat!

Tout commence au XVIIIème siècle quand la frontière de Paris s'arrête à ce qui sera plus tard la place de Clichy.

Le village de Clichy la Garenne a sur son territoire plusieurs hameaux dont celui des Batignolles où une ferme accueille les parisiens pour leur servir le petit vin guinguet.

Les affaires étant rentables, la ferme se transforme en cabaret, vraisemblablement vers 1765, "Au père Lathuille".

La construction de la barrière des Fermiers Généraux est une aubaine pour le cabaret où viennent de plus en plus nombreux les parisiens qui apprécient de payer moins cher le vin et les alcools qui n'ont pas eu à passer la barrière de l'octroi.

La barrière de Clichy (bureau de l'octroi, pavillon de Ledoux)

La barrière de Clichy (bureau de l'octroi, pavillon de Ledoux)

Horace Vernet.30 mars 1814

Le cabaret entre dans l'histoire le 30 mars 1814.

Le tableau d'Horace Vernet rappelle ce jour héroïque.

On y voit le maréchal Moncey dirigeant la défense de Paris et donnant des ordres à un colonel.

On remarque le pavillon de l'octroi de Ledoux sur la gauche et au fond le cabaret du père lathuille. g>

Le peintre rend hommage au cabaretier qui ouvre les portes de son établissement aux gardes nationaux, leur sert à boire et à manger sans lésiner. On lui prête la phrase historique adressée aux combattants qui allaient affronter l'armée russe :

"Mangez, buvez, mes enfants! Il ne faut rien laisser à l'ennemi!"

La résistance menée par Moncey fut assez héroïque pour tenir jusqu'à l'armistice. Des boulets russes détruisirent une partie du cabaret, l'un d'eux se ficha dans le comptoir. On l'y laissa et il put être caressé comme une relique par les clients jusqu'en 1860!

Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.
Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.

Le cabaret se trouvait au n°7 actuel de l'avenue de Clichy qui s'appelait alors grande rue des Batignolles.

Aujourd'hui à son emplacement s'élève un cinéma militant qui promeut les oeuvres de création, c'est le Cinéma des Cinéastes, apprécié des cinéphiles,

Chez Aubry

La paix revenue, le cabaret accueille une clientèle plus large et son restaurant est apprécié pour ses plats originaux comme "la sole Moncey" ou "le poulet Lathuille" (aux fonds d'artichaut).

Jouxtant l'établissement, au n°9 de l'avenue actuelle, Aubry, gendre du père Lathuille ouvre en 1830 un café au décor luxueux. La grande salle est décorée de peintures et, comble de luxe, éclairée au gaz. On peut jouer au billard dans une deuxième salle ou profiter du soleil dans un jardin à l'arrière.

Une porte de communication permet de passer du cabaret du père Lathuille au café Aubry. Ce café deviendra célèbre quand Guerbois le rachètera.

Beaucoup d'artistes fauchés habitent le quartier où les loyers sont moins élevés que dans la Nouvelle Athènes voisine. Les peintres, s'approvisionnent en matériel chez Hennequin, ami de Manet, dont la boutique est au 11 rue Grande des Batignolles.

De la boutique au café Guerbois, il n'y a qu'un pas. Entre 1866 et 1875, le café est un lieu de rencontres et de réunions. On y voit Monet, Cézanne, Degas, Renoir, Pissaro, Sisley, Manet!

Le café figurera dans le roman de Zola "l'Oeuvre" sous le nom de café Baudequin (contraction de Baudelaire qui fréquenta le café Guerbois et Hennequin le marchand de peintures)

Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.

Manet peint son fameux tableau en 1880.

Zola le décrit ainsi :

"Il y a au salon de cette année une scène de plein air, Chez le père Lathuille, deux figures à une table de cabaret, d'une gaieté et d'une délicatesse de tons charmantes (...) "

Manet représente Louis, le fils du patron attablé à côté d'Ellen Andrée, actrice de renom qui joue notamment dans les pièces de Courteline et qui sert de modèle à de nombreux peintres comme Renoir ou Degas. Manet l'a déjà représentée dans un tableau peint en 1875 : la Prune.

Manet. La prune. (Ellen André)

Manet. La prune. (Ellen André)

La jeune-fille en blanc.

Manet habitué du cabaret choisit encore pour modèle la fille du père Lathuille, Marguerite Gauthier-Latuille, pour son tableau, "La jeune-fille en blanc".g>

Louis Gauthier-lathuille (1879)

Il peint une nouvelle fois Louis, le fils du père Lathuille, déjà représenté avec Ellen Andrée, dans un autre tableau...

Le restaurant du père Lathuille cesse d'être à la mode dans les dernières années du XIXème siècle et Louis Gauthier-Lathuille qui a succédé à son père ne parvient pas à lui redonner le lustre d'antan.

Il est vrai que la plupart des grands peintres qui fréquentaient l'établissement sont morts!

avenue de Clichy (à gauche le Kursaal)

avenue de Clichy (à gauche le Kursaal)

Le cabaret ferme ses portes en 1906.

Il est remplacé entre 1907 et 1927 par un Music-Hall, le Kursaal où se produisent, entre autres, Maurice Chevalier, Fréhel, Lucienne Boyer ou Berthe Silva...

Tampon de l'Eden.

Tampon de l'Eden.

Le music-hall périclite comme la plupart des établissements montmartrois quand la vogue du 7ème art se répand. Il est transformé en cinéma-music-hall, l'Eden, avant de n'être plus qu'un cinéma le Mirage puis le Pathé Clichy (1943).strong>

En 1987 Claude Berri en prend la direction avec la Société des Auteurs réalisateurs et producteurs (l'ARP)

Dernière métamorphose en 1996 quand le cinéma est baptisé par sa marraine Fanny Ardant : Le Cinéma des Cinéastes!

On y trouve au 1er étage "le bistrot des cinéastes" sympathique mais un peu terne, sans un père Lathuille pour lui donner du panache!

Y aura t-il des cinéastes pour utiliser son décor et lui assurer comme l'ont fait les Impressionnistes pour le cabaret du père Lathuille une renommée internationale?!!!

Fresque dans le Cinéma des Cinéastes.

Fresque dans le Cinéma des Cinéastes.

En complément les panneaux historiques (pelles Starck) devant le 7 et le 9 de l'avenue de Clichy....

Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.
7 avenue de Clichy. Le Père Lathuille.

7 avenue de Clichy. Le Père Lathuille.

Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.
9 avenue de Clichy. Guerbois.

9 avenue de Clichy. Guerbois.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux, #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités

     Il faut beaucoup d'imagination pour se représenter ce qu'était au XIXème siècle l'avenue de Clichy nommée dans cette partie avant 1868 Grande rue des Batignolles.

                                                                         1904

      Imaginez qu'aux premiers numéros impairs se succédaient une guinguette "chez le père Lathuille" et un restaurant "le café Guerbois", tous deux connus pour avoir été lieux de rendez-vous de quelques uns des plus grands peintres et des plus grands écrivains de leur temps.

Le café Guerbois 9 avenue de Clichy.

    Ces deux établissements étaient situés aux numéros 7 et 9, espace aujourd'hui occupé par un cinéma et par un magasin de vêtements pour hommes. 

Le café Guerbois 9 avenue de Clichy.

     Avant l'implantation de ces commerces modernes il y eut à la fin du XIXème un music hall qui connut de belles heures : le Kursaal.

Quelques grands artistes s'y produisirent comme Lucienne Boyer, Maurice chevalier, Fréhel ou Berthe Sylva.

Le café Guerbois 9 avenue de Clichy.

      Aujourd'hui nous nous intéresserons au Café Guerbois mais reviendrons plus tard sur le Père Lathuille qui le mérite bien.

 

                                         Auguste Guerbois (Henri Michel-Levy)

        Au 9 donc, Auguste Guerbois reprend un restaurant créé par le gendre du "Père Lathuille"  mitoyen de ce dernier (situé au 7) et qui se voulait plus chic. Il était possible de passer directement d'un restaurant à l'autre.

Edmond Duranty (Degas 1879)

Edmond Duranty (Degas 1879)

Le romancier réaliste Duranty le fréquente et le décrit ainsi :

 [...] Il est curieux et agréable [...] fondé en pleine banlieue jadis, il a conservé en partie son ancien aspect de province […] Ainsi, la première salle, blanche et dorée, pleine de glaces, criblée de lumières, ressemble à la terrasse des cafés du boulevard […] dans la seconde salle l’endroit devient étonnant. A l’entrée, six colonnes trapues forment une avenue qui la divise en deux espèces de chapelles rétrécies, derrière lesquelles s’étend au fond, comme un chœur, un champ de billards. Des vitrages irrégulièrement ouverts dans le plafond […] créent partout des recoins mystérieusement éclairés. Il n’y a ni glace ni dorures […] Au fond, un grand vitrage qui garnit toute la largeur de la salle fait voir en pleine clarté un jardin avec des arbres, entre lesquels apparaît une maisonnette à galerie, à petites colonnes peintes en vert tendre. »

Le café Guerbois 9 avenue de Clichy.

      Cet écrivain aujourd'hui oublié aimait les marionnettes au point d'installer au jardin des Tuileries un petit théâtre dont il demanda à Courbet de réaliser les décors. Il proposa également à George Sand, qui partageait le même goût que lui, plusieurs dizaine de saynètes enjouées et spirituelles. Les livres illustrés qui contiennent ses saynètes ainsi que des indications de mise en scène sont très recherchés.

   

                                  Manet et Duranty attablés (Antoine de Specht)

   Duranty qui manie l'humour british avec talent s'oppose à Manet au sujet de Vallès. Ce n'est qu'un prétexte pour Manet pour le provoquer en duel. En effet, le peintre n'a pas apprécié les comptes rendus de Duranty après le salon de 1869. Il lui envoie une gifle bien appliquée qui ne peut qu'être suivie d'un duel!

    Le duel a lieu le 23 février 1870 avec Zola pour témoin (le même Zola qui sera l'exécuteur testamentaire de Duranty.) Après le duel arrêté à la première écorchure, les deux hommes se réconcilient.  

Le café Guerbois 9 avenue de Clichy.

     L'atelier de Manet (34 rue des Batignolles) est proche du Café Guerbois. Un célèbre tableau de Fantin-Latour nous en donne une image

    

     On voit sur la toile quelques uns des peintres (plus Zola) qui font partie du "groupe, des Batignolles" et se retrouvent au café Guerbois.

                                                                 Bazille

     On peut reconnaître Manet assis devant son chevalet, Renoir avec un chapeau, Zola, Bazille (qui mourra en 1870 en tentant de protéger une femme et ses enfants pendant la guerre franco-prussienne.)

       

                               La tireuse de cartes. (Bazille, un an avant sa mort)

      Regrettons au passage la mort de ce peintre pré impressionniste fauché dans sa jeunesse et dont l'œuvre portait la promesse d'un bel épanouissement à côté de ses amis Renoir ou Monet.

 

                                                   Hennequin en 2015

     Manet aime acheter ses peintures chez Hennequin à côté de "chez Guerbois", au 11. Cette boutique historique avait survécu bon an mal an aux destructions du quartier et ce n'est qu'en 2016 qu'elle disparut. On s'étonnera toujours du peu d'attention que nos élus portent à notre patrimoine jugé par eux sans importance quand il n'est pas spectaculaire.

                                                Hennequin devenu Rudy! 

     C'est dans le Café Guerbois que les peintres, sans Manet, décident d'organiser une exposition indépendante chez Nadar. C'est la dernière fois que le Café joue un rôle dans l'histoire artistique du quartier.

                                        ateliers de Nadar boulevard des Capucines

L'exposition a lieu boulevard des Capucines, dans les studios de Nadar qui prête ses locaux par conviction et aussi (surtout?) par besoin d'argent.

                                                           Aujourd'hui

     Cette exposition qui regroupe de  nombreux peintres dont un certain nombre n'ont rien à voir avec les courants en pointe, sera appelée par les critiques "la première exposition impressionniste". Elle se tient du 15 avril au 15 mai 1874 et expose entre autres Eugène boudin, Cézanne, Degas, Berthe Morisot, Pissarro, Renoir, Sisley....

La lecture ou l'ombrelle verte (Morisot)

La lecture ou l'ombrelle verte (Morisot)

    Après cette apothéose, le Café Guerbois cesse d'être fréquenté par les peintres qui trouvent dans le quartier de Pigalle de nouveaux ateliers et choisissent pour se réunir "Le Café de la Nouvelle Athènes".

                                 La Nouvelle Athènes 1904

                                                    Aujourd'hui!

     Le café Guerbois n'est plus qu'un nom sur une  plaque commémorative de l'avenue de Clichy. Aucune toile célèbre ne le représente vraiment bien que l'on sache que "le Bon Bock" de Manet y eût trouvé son inspiration et son modèle, comme "l'Absinthe" de Toulouse Lautrec qui donne un petit aperçu de l'endroit. Enfin un dessin de Manet en donne un croquis enlevé: 

Au café. (Manet 1869)

                                                  Le Bon Bock (Manet 1873)

                                                     L'Absinthe (Degas 1875)

    Pour tous les piétons de Paris, il reste dans l'air quand on marche sur l'avenue, des bruits confus de discussions, de rires... comme si le groupe des Batignolles n'avait jamais quitté le Café Guerbois! Reste aussi la tristesse de la buveuse d'absinthe de Degas si proche de la solitude que l'on rencontre parfois dans les bistros du quartier.

 

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Publié le par chriswac
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1er juin. Le théâtre et son double! (Répétition aux arènes de Montmartre)

Photos de juin 2022 à Montmartre (album)

2 juin. L'escalier de la rue Méthivier mis en couleur par les enfants de l'école Lepic. Alerte au changement climatique et menace sur les ours polaires et les pingouins. 

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3 juin. Square Louise Michel. Sous un parapluie il fait toujours beau à Paris!

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4 juin. Les parapluies de la rue Foyatier.

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5 juin. Square Louise Michel. L'amour à trois.

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6 juin. Miroir magique, suis-je la plus belle sur mon fier coursier?

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7 juin. L'homme aux corneilles.

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8 juin. Enfants, heureux enfants...

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9 juin. Paris sur grand écran.

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10 juin. "Et pourtant je vous dis que le bonheur existe..."

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11 juin. M'enfin il y a un funiculaire! 

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12 juin. Les pompes matinales avant d'aller voter.

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13 juin. Le matin à 8h et demie.... Avant les touristes. 

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14 juin. La vie sauvage rue Muller.

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15 juin. Amoureux sur une île déserte!

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16 juin. Le petit Chaperon Rouge a pris de la bouteille..

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17 juin. Papa est un super héros!

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18 juin. Montmartre sur mer. (La fontaine de Gasq).

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19 juin. Une bonne douche dans la fontaine aux tritons.

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20 juin. Le bonheur à poils.

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21 juin. Le chien de sable.

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22 juin. Tant qu'il y aura des chiens...

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23 juin. Le soir en technicolor!

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24 juin. Le Triton n'a pas l'air d'apprécier ce qu'il voit!

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25 juin. Art des rues pas très joyeux, rue André del Sarte.

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26 juin. Mais comment va t-il passer dans cette rue? Il va y avoir du jus de tomates!

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27 juin. Accordez accordez donc l'aumône à l'accordéon! 

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28 juin. Classe écolo?

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29 juin. Halte au sommet.

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30 juin. Métro Black and White!

Et maintenant trois mois loin de Montmartre qui vivra loin de mon objectif mais qui gardera une part de moi-même!

Bel été à tous!

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Publié le par chriswac
Madame Arthur cabaret rue des martyrs

    Qui ne connait Madame Arthur? Le premier cabaret de travestis de Paris (1946) a très vite rencontré une célébrité qui lui a permis de traverser les décennies sans disparaître comme tant de ses semblables.

 

    Si l'on remonte au début du XIXème siècle, à l'emplacement du Divan du Monde et de Madame Arthur, on trouve un bal populaire, le Bal des Chiffonniers. Nous n'énumérerons pas toutes ses transformations mais nous nous attarderons un instant en 1873 lorsqu'après la Commune Théophile Lefort crée le Divan Japonais.

 

    C'est en effet sur la scène de ce cabaret que se produit Yvette Guibert, immortalisée par Toulouse Lautrec et par la chanson qu'écrivit pour elle Paul de Kock  "Madame Arthur".

 

     Cette chanson célébrissime reprise depuis sa création par bien des interprètes reste un tube qui illustre à merveille le Paris frivole de la fin du XIXème siècle. 

Patachou la chante dans "French-Cancan" de Renoir et Barbara la reprend entre malice et dérision.

"Madame Arthur est une femme
Qui fit parler, parler, parler, parler d'elle longtemps,
Sans journaux, sans rien, sans réclame
Elle eut une foule d'amants,
Chacun voulait être aimé d'elle,
Chacun la courtisait, pourquoi ?
C'est que sans être vraiment belle,
Elle avait un je ne sais quoi !(...)"

     

 Nous sommes toujours au "Divan Japonais" devenu "Divan du Monde" quand cette chanson est choisie en 1946 par Marcel Wutsman, Monsieur Marcel, pour servir d'enseigne au cabaret de travestis qu'il ouvre de l'autre côté du mur mitoyen.  

Joseph et Olia Ginsburg

Joseph et Olia Ginsburg

     Dès le début le pianiste de la maison n'est autre que Joseph Ginsburg, père de Lucien le futur Serge Gainsbourg. Bien que pianiste classique de concert, il a besoin de ce travail pour faire vivre sa petite famille qui habite à quelques rues de là, rue Chaptal. Il n'a pas vraiment de goût pour les spectacles qu'il accompagne et ne peut se départir de sa discrète réprobation. "Joseph Ginsburg qu'on appelait le père Jo, était très gentil mais quand il se déplaçait, on aurait dit un croque-mort."

Les premiers animateurs, Floridor et sieur Bigoudi restent peu de temps, tous deux tirant leur révérence pour aller à la rencontre des anges qui comme chacun sait vivent dans les nuages où leur sexe indéfinissable ne leur pose pas de problème.

     C'est Maslowa, "la Maslowa" qui leur succède avec son complice Loulou.

Elle est vêtue d'un pyjama de satin rose, ses lèvres sont maquillées en forme de cœur à la mode 1925. Ses yeux immenses et verts fascinent les clients...

Ancien danseur professionnel, elle devient le pilier de l'établissement et elle le reste pendant presque 30 ans. Elle aurait pu le rester plus longtemps encore si elle n'avait sombré dans la dépression après que son amant, encore un "Marcel" ne s'était pas marié.

   

Quand en 1954 Serge Gainsbourg remplace son père, il écrit pour elle une chanson qui sera sa préférée , "Zita la panthère". Serge écrira d'ailleurs plusieurs chansons dont la plupart sont perdues. Exception faite pour "Antoine le casseur" qu'il écrit pour un travesti qui avait fait partie des danseurs de Mistinguett :

"C'est pour lui qu'j'fais l'tapin......Que j'vends mon valseur et toutim....Et si lui c'est un chaud lapin....On peut dire que moi j'suis une chaude lapine                                                           

 

Elle meurt le 7/07/77 comme le relate Bambi, amie et meneuse de revue, dans son livre "J'invente la vie". Elle précise qu'il y avait 7 personnes à son enterrement. Il faut croire qu'elle avait de la chance.

Son compère, Loulou a eu une plus longue vie, 55 ans de bonheur avec son ami travesti. Jeune, il désirait être prêtre et avait été séminariste. Il ne l'avait pas oublié et quand il rentrait chez lui, il s'agenouillait dans l'oratoire qu'il avait installé dans son appartement.

 

 Plusieurs personnages marquent l'histoire du cabaret. En voici quelques uns, à commencer par Bambi, femme trans, de son vrai nom Jean-Pierre (Marie Pierre après sa mutation).

   

Elle est meneuse de revue pendant presque 20 ans et a marqué pour toujours le cabaret par sa beauté, son humour et son intelligence. Elle a 33 ans quand elle passe le bac pour poursuivre des études et devenir prof de français. Elle écrit plusieurs, ouvrages dont des livres de mémoire qui font revivre "Madame Arthur".

Madame Arthur cabaret rue des martyrs

     Parmi les fortes personnalités qui ont laissé, leur empreinte rue des Martyrs il y aurait beaucoup de noms à citer car le monde le l'artifice et de la nuit attire les artistes à la créativité et la sensibilité exacerbées, hors du commun, des conventions, de la banalité.

Madame Arthur cabaret rue des martyrs

     Coccinelle en fait partie bien sûr! Elle est célèbre et il est inutile de retracer sa carrière. Contentons-nous d'évoquer sa présence chez Madame Arthur où elle est amie de Bambi.

Elle est la première à faire une vaginoplastie. De son vrai nom Jacques Charles Dufresnoy, elle devient officiellement Jacqueline Charlotte Dufresnoy et elle est assistée dans les combats juridiques qu'elle doit mener par Robert Badinter.

 

     Elle connaît une riche carrière, de revues, tournages et performances théâtrales qui la mènent loin du cabaret de ses débuts. Elle y reviendra pourtant pendant quelques années, en 1986, presque 40 ans après y avoir débuté. 

 

     En mai 2010, une promenade est baptisée de son nom sur le boulevard Marguerite de Rochechouart.

Pour la première fois en Europe le nom d'une femme trans était inscrit sur une plaque !

Madame Arthur cabaret rue des martyrs

    Alors que le XXème siècle s'achève, Madame Arthur connaît quelques difficultés due à une gestion approximative. Le cabaret doit fermer boutique pour des vacances qui vont durer une dizaine d'années. Il faut attendre 2009 pour qu'il retrouve une nouvelle jeunesse.

Madame Arthur cabaret rue des martyrs

     Aujourd'hui le cabaret ne compte plus les créations originales sous la direction de Fabrice Laffon.

Talent, humour, inventivité, dérision, fantaisie, sensibilité sont au rendez-vous, incarnés par des artistes qui nous ouvrent les frontières du monde de la nuit où revivent les stars du passé et où s'inventent celles du futur! 

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Halle Saint-Pierre. Hey le dessin, exposition. Laurie Lipton.

     l'exposition que propose la Halle Saint-Pierre (22 janvier-31 décembre 2022) en collaboration avec la revue HEY ne manquera pas de vous faire réagir. Non pour vous séduire mais pour vous remuer, vous exaspérer, vous interroger, vous arrêter ou vous faire fuir. Bref, elle joue pleinement son rôle d'agitatrice et de grenade dans le ronron et la grisaille établie.

Autoportrait (Leslie Lipton)

Autoportrait (Leslie Lipton)

    La folie, la déprime, l'enfermement y sont présents dans des dessins créés par ceux qu'on appelle fous ou par d'autres qui essaient d'échapper aux prisons où ils ont été incarcérés.

Aujourd'hui je voudrais parler d'une artiste évidente, d'une créatrice puissante qui si elle n'a que quelques œuvres exposées dans la Halle, n'en est pas moins, à mon avis la plus créatrice et la plus dérangeante.

Halle Saint-Pierre. Hey le dessin, exposition. Laurie Lipton.

    Il s'agit de Laurie Lipton (née en 1953 à New York).

Un court métrage qui a reçu de nombreux prix ouvre l'exposition. Il ne faut pas le manquer. Laurie y est montrée en train de dessiner et c'est elle qui nous raconte sur un ton neutre son histoire, ses études, sa fuite vers l'Europe où elle a vécu 36 ans. 

 

    C'est là qu'elle découvre les peintre flamands du XVème siècle et qu'elle est fascinée par la précision et la lumière de leurs tableaux. Comme eux qui obtiennent la netteté et le rayonnement grâce à une infinité de touches très fines, elle transposera cet art dans ses dessins par des millions et des millions de minuscules coups de crayon.

Halle Saint-Pierre. Hey le dessin, exposition. Laurie Lipton.
Halle Saint-Pierre. Hey le dessin, exposition. Laurie Lipton.

     Chaque œuvre (souvent de grands formats) nécessite des mois et des mois de travail. Elle ne peut se conduire que dans l'isolement, l'éloignement de l'agitation et du bruit. 

 

   Le court métrage étonne par le contraste entre la figure vivante et colorée de Laurie et le noir et blanc de ses dessins peuplés de squelettes.

   

                                       Danse macabre (Niklaus Manuel, 1516)

     Le thème de la vanité a souvent été traité dans la peinture. Les têtes de mort que l'on voit à profusion sur les Tee shirts, les tatouages, les accessoires, grimaçaient déjà dans les danses macabres des fresques gothiques.

Halle Saint-Pierre. Hey le dessin, exposition. Laurie Lipton.

   Laurie ne cherche pas à donner de leçons, non, elle partage sa vision du monde social, du monde en représentation du passé comme du monde contemporain, occupé de lui même, sûr de sa technologie, inconscient d'être habité par des squelettes rivés à leurs smartphones et leurs ordinateurs.

 

    C'est la fin du court métrage qui va nous donner une des clés de l'obsession de Laurie. Elle qui n'a pas voulu se marier, qui n'a pas voulu d'enfants, elle qui a choisi la solitude et la création, nous parle de son enfance, de sa famille. 

 

    Sur un ton simple, de conversation banale où l'on peut aussi bien parler de la pluie que des vacances,  elle raconte ce jour de soleil où elle jouait dans la nature avec une bande de gamins quand survint un homme, grand, impressionnant qui demanda qui voulait l'accompagner pour jouer avec lui.

 

    Laurie, bravache malgré ses cinq ans, se désigna et suivit l'homme tandis que les autres gosses marchaient à distance sur leurs pas. C'est donc sous leur regard qu'elle fut brutalisée.

 

     L'univers de la fillette bascula alors sans qu'elle en prît pleinement conscience. Le monde de l'enfance et des contes deviendra dans ses dessins un univers de frayeurs et de menaces... 

 

Halle Saint-Pierre. Hey le dessin, exposition. Laurie Lipton.

    La famille figée dans des représentations traditionnelles, des photos qu'on encadre, des moments de fêtes, sera marquée par la mort, évidente, souriante de toutes ses dents.

 

    les tableaux du passé, des reines et des saints, s'ils gardent leur pompe vestimentaire, leurs bijoux et leurs riches étoffes, ne pourront dissimuler la réalité de leur finitude.

 

 

    Quand le squelette ne perce pas sous l'apparence, l'inquiétude n'en est pas moins grande, les corps devenant mannequins réalistes, poupées aux yeux fixes...

 

Halle Saint-Pierre. Hey le dessin, exposition. Laurie Lipton.
Halle Saint-Pierre. Hey le dessin, exposition. Laurie Lipton.

     Nous chercherons en vain un contrepoint souriant à ces dessins où le noir domine. Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir. Les fêtes foraines sont des fêtes macabres. Les mariages sont des étreintes d'ossements, les enfants dominés par des adultes mutants sont eux mêmes porteurs de menaces.

 

          Et les trains bondés rappellent ceux qui avaient pour terminus Auschwitz.

 

    Vision effrayante et sans illusions d'une humanité dont la seule certitude est ce terminus.

Le titre du court métrage projeté à la Halle Saint-Pierre est "Love Bite". Morsure d'amour, dévoration d'amour...

    Il est une référence claire au "Saturne (assimilé à Cronos) dévorant son fils" de Goya.  Le même que l'on rencontre chez Rubens. Mais avec Laurie il devient une femme qui semble croquer une pomme,  une mère qui en donnant la vie donne aussi la mort.

 

 

   Si l'on voulait terminer par une note moins sombre, on pourrait avec ce "dernier enlacement" imaginer que les os gardent le souvenir des moments heureux du temps où ils animaient des êtres de sang et de sens. 

 

            Mais Laurie Lipton sourirait sans doute de notre romantisme! 

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Artistes peintres etc.. à Montmartre

 

                                                        Laurie Lipton

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