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Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.
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Villa Rose, boulevard de la plage aujourd'hui .
Villa Rose début XXème.
A la fin du XIXème siècle, le petit village de Saint-Trojan devient à la mode et les villas poussent comme champignons en automne!
La comparaison entre les cartes postales fin XIXème-début XXème et la réalité d'aujourd'hui suscite parfois la mélancolie.
Villas symétriques Marie et Octave, fin XIXème, boulevard de la Plage.
Les mêmes aujourd'hui. Seule Marie a conservé son nom.
Les villas donnaient alors directement sur la plage. Elles étaient souvent commandées sur catalogue et les architectes se souciaient peu de la couleur locale. On retrouvera donc ce genre de maisons sur de nombreuses côtes françaises, du nord au sud!
Villas boulevard de la Plage
Ce groupe de villas n'a pas changé mais semble tristounet. Est-ce à cause de la route qui a fait reculer la plage?
Celles-là ont conservé leur nom : La Brise, Marie-Stella, Rose...
Villas crépuscule et Aurore, début XXème
Villas Crépuscule et Aurore aujourd'hui.
A la pointe, près du centre nautique, boulevard Félix Faure, il faut un très grand effort d'imagination pour retrouver les anciennes maisons. Elles ont gardé le même nom : "Clair de lune", "Aurore" et "Crépuscule" mais les originales ont disparu. Ont-elles brûlé? Ont-elles été détruites pendant la guerre? Ont-elles été modernisées par leur propriétaire? Je n'en sais rien et n'ai rien trouvé à ce sujet.
Villa Clair de lune (fin XIXème) à droite. Sur la gauche villa Aurore.
Aujourd'hui!
villa Clair de lune (fin XIXème)
...Et aujourd'hui! Même emplacement, même nom... Même charme?
Une étonnante villa à l'orée de la forêt: "La Toquade".
Sans ce mur latéral sur lequel on peut reconnaitre l'escalier et les fenêtres, je ne l'aurais jamais trouvée!

Elle s'appelle cependant toujours "la toquade"... bien qu'elle se soit banalisée et qu'elle ait perdu toute fantaisie.
Villas "Bocage" et "Ermitage".
Deux villas plus difficiles encore à dénicher. Elles étaient seules sur une petite route de forêt mais sont aujourd'hui dans une rue qui ne permet pas un recul suffisant pour les photographier comme elles le furent il y a plus d'un siècle.
villa "Boccage" rue de l'ermitage...
Villa "l'Ermitage" rue de l'Ermitage!
"Saint Antoine de Padoue" (1895)
Près du centre de la petite ville, s'élève une des plus imposantes villas : "Saint Antoine de Padoue" construite en 1887.
Villa Saint Antoine de Padoue aujourd'hui.
Une partie du boulevard de la plage dans les années 30
Et aujourd'hui...
L'Hôtel Soleil Levant est devenu une colonie de vacances de la ville de Limoges.
Détail datant de l'ancien hôtel.
L'hotel Beauséjour, avenue de la Plage.
Le même reconverti en résidence d'été...
La villa Speranza en 1903
La même aujourd'hui...
Les villas de front de mer, sur la petite plage en 1905
Et sous un crachin automnal de 2010!
Espérons que ce patrimoine de l'architecture balnéaire sera respecté. Même s'il parle d'une époque où seuls les privilégiés pouvaient aller aux bains de mer, ils font partie d'une histoire et d'une mémoire au même titre que les moulins ou les maisons paysannes de l'île.
Espérons que ces villas résisteront mieux que la trop bien nommée "Au revoir" classée parmi les demeures à sauvegarder et que j'ai retrouvée après l'été....
Liens: Saint-Trojan:
Grande Plage. Saint-Trojan. La forêt morte.
Saint-Trojan. Grande plage. Les goélands.
Saint-Trojan.Epave Grande Plage. Presidente Viera.
Saint-Trojan. Oléron. Maisons...
Le petit train de Saint-Trojan.
Eglise Saint Trojan. Jesus marchant sur les eaux.
le cimetière de Saint-Trojan. Oléron.
Cabanes ostréicoles. Saint-Trojan. Oléron. Photos. (I)
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L'ancien réservoir de Montmartre, rue Lepic, ne manque pas d'étonner les touristes qui, partis du bas de la Butte, atteignent le coeur du village et la rue Norvins.
Il monte la garde, entre la rue Norvins (face à la Folie Sandrin) et la place Jean-Baptiste Clément (haut Lepic). Il est là depuis 1835. Les sources de la Butte se tarissaient et il était urgent d'assurer aux villageois un approvisionnement correct en eau. Le réservoir fut donc construit, à cet emplacement idéal, un des points les plus élevés de Montmartre.
Il est construit en pierres sur un plan octogonal harmonieux. Il est agrémenté d'une fontaine Renaissance très ornementée dont la niche abrite une urne de bronze.
L'urne porte des naïades et des tritons (comme la fontaine de Gasq sous le Sacré- Coeur) et laisse couler un maigre filet d'eau que vous ne boirez pas, l'accès étant protégé par une grille bien cadenassée.
La fontaine était alimentée grâce à une pompe hydraulique installée à Saint-Ouen, au nord de la Butte et relayée par une pompe à feu, passage Cottin, à quelques centaines de mètres, au bas des escaliers.
En 1860, la demande étant pressante, un étage supplémentaire fut ajouté au réservoir qui passa ainsi d'une capacité de 125 000 litres à plus de 260 000! Peu importait alors la lourdeur et l'inélégance de l'adjonction écrasante...qui reçoit les eaux puisées dans l'Ourcq et dans la Dhuys.
Le fronton est sculpté dans le style Renaissance, peut-être pour rappeler le séjour du Vert-Galant à l'abbaye voisine et son idylle avec Marie de Beauvilliers!
En 1930, l'édifice est désaffecté. Il est débarrassé en 1969 de son étage éléphantesque et retrouve son élégance.
Le réservoir, côté Norvins.
Aujourd'hui il abrite des expositions de peinture ou de sculpture et fait office de mini-musée qui conserve les affiches des vendanges et quelques objets liés à la vigne de Montmartre dont subsistent 1556 m2!
Il est le siège d'une association folklorique, la Compagnie du Clos de Montmartre, chargée de promouvoir la piquette locale !
Ne manquez pas de jeter un oeil sur l'urne de bronze... Tendez l'oreille et écoutez le murmure de l'eau qui chante le Temps des Cerises que composa Jean Baptiste Clément, assis sur les marches du réservoir près duquel il vivait et qui fut témoin des jours glorieux et des jours sombres de la Commune...
Liens Montmartre:
Montmartre. Impasse Traînée. Rue Poulbot.
Montmartre. Maison Neumont. Place du Calvaire.
Montmartre. Square Saint pierre. Square Louise Michel.
Montmartre. La tour du philosophe. Impasse Girardon.
Montmartre. Moulin de la Galette. Histoire. peintres.
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Le buste de Jacques Fromental Halévy (1799-1862) domine d'une bonne tête la ville de pierres dans l"ancien quartier juif du cimetière Montmartre.
Il est normal qu'il ait une telle place et qu'on aille vers lui par le chemin des Israélites quand on sait qu'il connut un extraordinaire triomphe avec son opéra "La Juive", toujours joué avec succès aujourd'hui.
Opéra Garnier. Buste de Jacques Halévy.
Eglise Notre-Dame de Lorette, rue de Chateaudun (IXème)
Sa chapelle est due à l'architecte, très apprécié en son temps, Hippolyte Lebas, à qui l'on doit, entre autres, l'église Notre-Dame de Lorette, non loin du cimetière.
Halévy fut un élève de Cherubini qui resta, sa vie durant, un véritable ami. A son tour professseur au Conservatoire, il eut pour élèves, excusez du peu, Georges Bizet, Victor Massé et Charles Gounod!
Faut-il rappeler qu'un des airs les plus célèbres du répertoire français reste l'inusable "Rachel, quand du Seigneur... de "La Juive".
Proust surnomme ainsi dans "la Recherche" une jeune prostituée juive qu'il découvrira plus tard être la maîtresse de Saint-Loup.
Le buste de Jacques Halévy aurait pu être sculpté par sa femme Léonie, artiste de talent qui prit souvent son mari pour modèle. En réalité, ce buste, rescapé d'une statue en pied brisée, est dû à Francisque Duret (1804-1865), professeur aux Beaux Arts de Paris où il eut pour élève Carpeaux et Dalou...
Cirque d'Hiver. rue Amelot, (XIème).
Francisque Duret est l'auteur de la frise du Cirque d'hiver, construit par Hittorf (dont la tombe n'est pas loin). Il est aussi et surtout l'auteur du Saint-Michel terrassant le dragon de la Fontaine du quartier latin...
Fontaine Saint-Michel sur la place du même nom (Vème).
Jacques Halévy eut deux filles : Esther, morte à 21 ans et Geneviève. Cette dernière a joué un rôle non négligeable dans la vie littéraire et artistique de son temps.
Sa jeunesse a pourtant été difficile. Elle n'a que 13 ans lorsque son père meurt à Nice, de la tuberculose. Deux ans plus tard c'est sa soeur aînée qui meurt, entraînant sa mère dans une dépression qui nécessitera son internement dans la clinique du docteur Blanche à Montmartre.
Geneviève
A 20 ans, Geneviève épouse l'élève de son père, Georges Bizet.
Carmen devient un peu une affaire de famille puisque c'est le cousin de Geneviève, Ludovic Halévy, qui écrit, avec Meilhac, le livret de l'opéra le plus joué au monde!
Madame Straus en costume de deuil. Jules Elie Delaunay (musée d'Orsay)
Après la mort de Bizet, Geneviève devient, en 1889 madame Straus, épouse d'Emile Straus, avocat de renom. Elle reçoit le tout-paris des arts dans son salon de la rue de Miromesnil. Elle est l'une de celles qui ont inspiré Proust pour son Oriane de Guermantes.
Elle a été, avec son fils Jacques Bizet et Proust, un des défenseurs passionnés de Dreyfus, ce qui vida son salon d'une bonne moitié de ses habitués.
Femme d'esprit, on a rapporté d'elle une réplique qui me ravit. Alors qu'à la fin de sa vie, elle vivait à Trouville, une amie lui suggéra de se convertir au catholicisme. Elle sourit et répondit : Mon amie, j'ai trop peu de religion pour en changer.
En jetant un oeil à l'intérieur de la chapelle funéraire, on découvre un autre buste de Jacques Halévy et, gravé sur la pierre le nom de Daniel Halévy, fils de Ludovic, essayiste et biographe qui collabora avec Péguy aux Cahiers de la Quinzaine...
Une sacrée famille...
Et maintenant, en levant notre coupe à Jacques Fromental Halévy, à sa fille Geneviève Straus, à Jacques Bizet, à Daniel et... aux autres, écoutons l'air qui à lui seul suffirait à la gloire de son auteur, dans l'interprétation inégalée de Georges Thill
"Rachel quand du Seigneur..."
Liens Cimetière Montmartre.
Cimetière Montmartre. Classement alphabétique.
Calvaire et Saint-Vincent.
Aujourd'hui je reviens rue Paul Albert, tout en haut, au 19, petit immeuble de céramique jaune où j'ai vécu, avec pour voisins, au 21, le Centre Israélite et au 17, Monique Morelli et Leonardi. Ceux qui ont entendu Morelli ne peuvent oublier cette voix profonde et intense, une voix à rameuter tous les piafs de Paris, à dresser des barricades, à faire jaillir la mer sous les pavés... A faire honte à la mort, comme dans ce poème de Villon:
J'habitais au premier étage de cet immeuble, tout contre la maison de Morelli. Quand j'emménageais, j'ignorais que j'allais avoir à côté de moi cette artiste que j'admirais et dont je passais sans me lasser les albums. Un soir, les fenêtres de ma chambre étaient ouvertes...J'entendis monter cette voix que je connaissais, accompagnée de l'accordéon.. J'ai cru d'abord qu'un voisin partageait avec moi le même amour de Morelli... Mais la voix s'arrêta puis reprit, monta puis s'arrêta de nouveau... C'était bien elle, Morelli qui répétait avec son fidèle Léonardi ! Je me suis assis sur le lit et j'ai écouté pendant deux heures, sans perdre une miette de ce récital inespéré.
Je n'ai vécu qu'un an rue Paul Albert et je n'ai jamais osé lui parler. J'aurais rencontré Sylvie Vartan ou Sheila, j'aurais trouvé le hasard amusant et je n'aurais eu aucun mal à leur dire quelques mots. Mais Morelli !!! C'était comme si je tombais nez à nez avec Villon, Ronsard, Aragon, Carco, Mac Orlan, Rictus, Couté, Corbière....groupés autour leur interprète drapée de rouge.
J'ai bourlingué ensuite par le monde et ses mirages. Je transportais avec moi des enregistrements de ma voisine et je ne manquais pas de les utiliser lorsque j'étudiais avec mes élèves libanais les poètes français. Un silence profond suivait chaque audition et cette voix sensuelle et tragique semblait être chez elle dans ce pays de rochers et d'eaux vives.
Bien des années plus tard, je suis revenu vivre à Montmartre. Un peu plus bas, rue Müller. De mes fenêtres pourtant, je pouvais voir la rue Paul Albert et la maison de Morelli. Un soir, je remontais la rue et j'ai rencontré Léonardi. J'ai osé lui parler, lui dire à quel point j'admirais sa compagne et comment je l'avais emmenée avec moi au Liban. Il me dit alors qu'elle était très mal et il m'invita à entrer pour la voir, lui parler, lui dire comment des jeunes, si loin d'ici, aimaient l'entendre et entendre grâce à elle des poèmes vivants et vibrants. J'ai dit que j'avais un rendez-vous mais que je viendrais dès que possible.
Deux jours après, elle était morte.
Morelli de Montmartre, Léonardi est mort aujourd'hui, ton fils Patrick est mort... Ta maison a été vendue... Tes tableaux, tes souvenirs ont été dispersés dans des ventes aux enchères...
Mais ta voix, ta voix Morelli, elle est là, dans nos rues de la Butte, avec Carco ou Mac Orlan, elle est là dans nos coeurs, vivante comme une flamme dans notre nuit.
Photo Christine Söhns
La Chouette effraie
Dans le clocher qui carillonne
La chouette effraie n'effraie personne
Je la regarde et je l'espionne
Dans son nid entre les colonnes
Si j'étais un petit mulot
Je montrerais moins de culot
Je filerais incognito
Sous un tracteur ou une auto
Et si j'étais une grenouille
Je tremblerais j'aurais la trouille
Je m'en irais en sautillant
Me réfugier dans un étang
Mais moi je la trouve trop belle
Le soir quand elle ouvre ses ailes
Je vois son coeur sur son visage
Un coeur de neige et de plumage
Liens. Poèmes pour les enfants.
Liste des poèmes pour les enfants. Liens.
Etc...
Division 31, comme sur une scène de théâtre, une jeune femme ou un ange, esquisse un pas de danse.
Admettons que ce soit plutôt un ange... Pas de poitrine, finesse androgyne des traits, mouvement de la robe qui dessine des ailes.
L'ange donc prend son élan, il s'élève, il suit son doigt levé qui montre le ciel.
Il danse sous une arche de marbre de Balmoral qui encadre un décor d'arbres et de pierres.
La danse? Le décor? Il manque la chanson... car la tombe est celle de Francis Lopez et de son épouse Anja.
Francis Lopez (1916-1995)! Un créateur, un musicien prolifique qui ne provoquait chez les jeunes intellos dont je faisais partie que ricanements! La Belle de Cadix! Le Chanteur de Mexico! Mediterranée! Luis Mariano, Annie Cordy, Bourvil, Maurice Chevalier, Guétary... Une époque de strass et de roucoulades, d'espagnolades et de romances...
L'ange lève le doigt. Il veut peut-être parler. Il veut rabattre le caquet des persifleurs et des gens de goût, ou qui se croient tels.
Ces airs dont vous souriez, ces histoires d'amour qui vous indiffèrent, ces décors de lumière et d'artifice, ils ont séduit des générations et des générations. Ils ont apporté un peu de soleil dans les jours monotones. Ils ont fait rêver...
Voilà ce que dit l'ange qui danse. Il suggère aussi au visiteur sceptique d'aller faire un tour du côté d'Offenbach, de l'autre côté du cimetière. Un Offenbach dont se moquaient les gens de goût, un Offenbach qui sans la fortune d'Hortense Schneider n'aurait pu représenter ses oeuvres. Un Offenbach qui au XXIème siècle n'a pas pris une ride et dont le délire ravageur et hilarant provoque toujours l'enthousiasme...
Francis Lopez qui vécut à ses débuts à Montmartre, 18 rue Ravignan, aimait à dire à ses détracteurs qu'après sa mort, on ferait peut-être de lui un Offenbach.
Etait-ce une boutade, était-ce un voeu?
Il n'avait sans doute pas la prétention de le croire! Il savait bien qu'il lui manquait l'irrévérence, l'audace et osons le mot, le génie (et l'Eugénie!) de l'auteur des "Contes d'Hoffmann"...
Il nous salue, main levée, comme son ange.
Devant lui, Anja, la belle Anja morte à 41 ans, le 20 mai 1986, dans un accident d'hélicoptère qui se brisa dans la baie de Cannes (Méditerranée!), sourit elle aussi.
Comme sourient les chanteurs, à la fin d'une représentation, quand la salle enthousiaste applaudit, les yeux brillants, la tête pleine de refrains qu'elle n'oubliera pas.
Petit regret. J'ai cherché quelques renseignements sur l'auteur de la statue. Ce n'est certes pas un génie mais j'aurais aimé connaître quelques-unes de ses réalisations afin de me faire une idée plus juste... Je n'ai rien trouvé. Qui est donc E. Cearascaj?
L'ange dansant est-il le seul à le savoir?
Avez-vous remarqué qu'il tenait dans la main une petite boule de cristal?
... Liens. Cimetière Montmartre:
Cimetière Montmartre. Classement alphabétique.
Calvaire et Saint-Vincent.
Amour Eternité
Nous dormirons ensemble et nous ferons l'amour
Dans un lit plus profond que le puits de la cour
Où jamais ne descend la lumière du jour
Nos draps auront le grain des fonds de sable noir
Et nous les toucherons sans nous apercevoir
Que le noir est mouvant bien plus que les miroirs
Avant de s'y poser nos deux corps inféconds
Glisseront l'un sur l'autre et se reconnaîtront
Quand sur nos ventres blancs nos sexes s'uniront
C'est ainsi mon amour que nous nous poserons
Embrassés plus serrés que mortaise et tenon
Au fond d'un océan qui n'aura pas de nom
Nous dormirons ensemble et nous ferons l'amour
Dans un lit plus profond que le puits de la cour
Où notre éternité se moquera du jour
Liens : poèmes d'amour de Christian Wacrenier.
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Anniversaire de notre mariage.
Saint Valentin quelques poèmes pour Nini
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Chouette Chevêche (photo Denis Simonin)
La chouette chevêche
La nuit bien au chaud sous ma couette
J'entends les "kiou kiou" de ma chouette
Ma soeur qui sait tout et qui bêche
Prétend que c'est une chevêche
Le curé qui chante Hosannah
Dit que c'est l'oiseau d'Athéna
Elle habite au creux du pommier
Que mes parents veulent scier
"Ne t'en fais pas boule de plumes
Avec tes grands yeux qui s'allument
J'ai pris mon sac et mon vélo
J'ai prévenu les écolos
Tu es un oiseau protégé
Nul ne viendra te déloger"
La nuit bien au chaud sous ma couette
J'entends les "kiou kiou" de ma chouette

Liens poèmes pour enfants, les animaux.
Liste des poèmes pour les enfants. Liens.
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Il y a un an commençait la passion de mon père. Elle allait durer trois mois. Disparition dans la nuit...déménagement...chute et fracture...agonie.
J'ai reçu hier cette lettre de ma petite soeur Sylvie. C'est une lettre en croix. Une croix d'ébène incrustée de nacre, comme celle qui veilla sur les dernières années de mon père.
Avec l"agrément de Sylvie, je la publie aujourd'hui, en ce temps de Toussaint où le soleil tente vainement de passer les nuages.
Lettre de Sylvie
Instant volé
Je cherche à débusquer en moi l'endroit où j'ai si mal. Le mal à vivre, le mal à dire, le mal d'écrire de ce point-là, enfoui en moi et qui use mes os. Tenir debout, avancer, marcher pas à pas, sanglot après sanglot, depuis ce mois de janvier où tu as décidé de t'en aller pour de vrai.
Pour moi, le départ se passe le samedi 30 janvier et mon corps tout entier se souvient de chaque instant. J'ai cru mourir et je n'avais pas peur, mais la douleur a pénétré si fort dans mon coeur que les battements se sont emballés et que la tension qui monte ne s'arrête plus de déglinguer ma respiration. J'étouffe des silences que tu m'as imposés. J'ai perdu mes mots, l'envie de partager et de rire. Pas un jour, pas une heure sans que ma marche ne titube.
C'était ce jour-là de ce mois de janvier où le téléphone a sonné. Un frère, loin de la ville où je tente d'habiter, dit simplement : "Papa est à l'hôpital. Ils ne feront rien pour le réanimer. C'est la fin."
J'ai couru, j'ai sauté dans un train, seule, si seule et si proche de toi. Je me suis assise comme une somnambule en retenant mes larmes. J'arrive Papa, j'arrive. Attends-moi, s'il-te-plaît, encore un instant.
Je regarde ma montre. Je n'avais jamais remarqué combien les aiguilles tournaient lentement. A 15 heures, j'appelle ma petite Emilie, la fille de ma soeur mal chérie et partie avant même que je ne lui aie murmuré à l'oreille tous les mots de l'enfance (...)
Emilie! Je suis dans le train pour Paris! Papa est à l'hôpital. Il va mal!
-Sylvie... Il est mort...
Je ne sais comment s'est passé le reste du voyage mais si Dieu existe, il m'a envoyé un signe. Jamais je n'ai vu un ciel aussi beau, des nuages blancs comme la neige au soleil et soudain un nuage noir, profond, obscurcissant le monde. Je n'ai rien perdu de ces toutes petites secondes...
Gare de Lyon. Le monde. Le bruit. Mes pas titubants jusqu'au RER emprunté si souvent pour venir jusqu'à toi. Et ces aiguilles du temps qui ne tournent pas rond... Pourtant je suis calme, étrangement calme. Est-ce la douleur qui paralyse?
Les stations défilent. Les gens me regardent bizarrement. Je m'aperçois que les larmes mouillent mon visage.
Arrivée Massy. Arrivée?
Je suis arrivée trop tard. même si je le savais, je le mesure à cet instant précis. J'entre dans ta chambre. Je ne vois rien ni personne. Je ne vois que toi, toujours aussi beau. je pose les mains sur drap. j'ai peur papa.
Je suis seule. Je soulève le drap pour tenir entre mes mains tes si belles mains, si chaudes encore. Je te parle. Je prie parce que rien d'autre que la prière ne vient jusqu'à mes lèvres: Je vous salue Marie, accueillez aujourd'hui Louis, mon papa qui a toujours été si près de vous, protégez-le du vent et du froid, serrez-le dans vos bras, emportez-le jusqu'à Dieu le père tout puissant, pour qu'il se repose enfin, en paix. Il a payé si cher, si fort, sa venue sur la Terre. bercez-le tendrement, Marie, amenez-le là où la douceur, les couleurs vont lui permettre de dormir et de veiller sur ceux qui l'ont accompagné. Je vous salue Marie, je vous confie mon papa, pardonnez-lui Marie tout ce qu'il n'a pas dit, pas fait, emportez-le au chaud, près de votre Seigneur.
Je l'ai embrassé doucement.
J'ai quitté la chambre où il n'était plus...
Le temps a passé!
Comme les aiguilles continuent de tourner lentement!
Un matin je me suis réveillée, épuisée, cassée par l'arthrose, par la tension qui continuait de monter dangereusement. Et j'ai pensé au poète Edgar Poe, à la Lettre Volée. j'ai pensé à Lacan, à Derrida qui avaient repris cette nouvelle. J'ai compris!
Ce n'est pas une lettre qu'on m'a volée! C'est ta mort! c'est cet instant précis dont je me suis sentie dépossédée.
J'ai beaucoup réfléchi depuis, je me suis souvenue des nuages, et comme la lettre volée bien en évidence pour qui sait regarder, j'ai vécu cet instant avec toi papa, et avec mon grand frère!
J'en ai pour preuve un texte écrit quelques jours après ton départ. Il s'appelle "chanson pour Sylvie" et il me disait: la lettre n'a pas été volée, cet instant ne t'a pas été volé, petite, tu l'avais devant toi mais tu ne le voyais pas.!
Alors pourquoi cet endroit que je ne trouve pas? Cette douleur que je n'identifie pas? Ce silence entré en moi qui ne désarme pas? Que me faut-il parcourir encore pour le trouver, cet endroit?
Je sais que jamais je n'y arriverai. Car cet endroit s'appelle LE MANQUE, L'ABSENCE.
Le chemin, aujourd'hui, c'est de laisser ce manque en moi naviguer, danser, chanter, parce que j'ai eu cette chance de te rencontrer, de t'aimer, d'être aimée, et maintenant je vais l'apprivoiser cet endroit-là qui est en moi.
Même si c'est long, très long, trop long, quelle chance d'avoir connu cet endroit-là!
Sylvie.
Lien. Poème. Chanson de Sylvie.
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