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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

oleron eglises cimetieres

Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières

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      Le clocher de l'église de Saint-Pierre est une attraction oléronnaise... Allez savoir pourquoi, en vacances, une des principales activités du touriste consiste à se coltiner des centaines de marches en ahanant et en se collant contre les murs à chaque croisement dans les escaliers étroits... 

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      Ce clocher, construit en 1776, n'est pas remarquable, architecturalement parlant. Il a un côté étriqué et n'est sauvé que par sa belle pierre blanche. Il culmine à 40 mètres, très en-dessous de son orgueilleux voisin de Marennes ( Oléron. Marennes. Le clocher.)

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Comme ce dernier, il permettait aux navires qui croisaient au large de se repérer. Il servait d'amer comme bien des clochers de la région.

Les premières marches sont en bois...

 

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      Puis en pierres... Le passage est toujours très étroit et problématique lorsqu'un buveur de bière ou un mangeur de choucroute apparaît soudain en face de vous...

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Une première étape (interdite) permet d'accéder à la tribune d'orgue...   

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      Et de voir (sans vous faire voir) l'orgue classé et la très belle ferronnerie XVIIIème.

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 La dernière partie de l'ascension se fait par une structure de bois et des échelles de meunier...

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 Un bonjour à la cloche qui a le bon goût de ne pas carillonner à nos oreilles...

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  Un bonjour aux pigeons qui ont laissé des fientes sur les planches... 

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 Et la récompense... Le beau panorama sur Saint-Pierre...

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 Sur la lanterne des morts...

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Et la mer au loin...

 

Renseignements pratiques : Visites du clocher en été, le matin de 9h à 13h. Tarif : 2 €.

A déconseiller fortement aux petits, aux personnes âgées, aux handicapés, aux paresseux et à tous ceux qui ont le vertige....

 

Autres articles sur Saint-Pierre d'Oléron :

Oléron. Nicolas Greschny. Eglise Saint-Pierre.

Saint-Pierre Oléron. Portes.

Eglise Saint-Pierre. Oléron. Nicolas Greschny.

La lanterne des morts. Saint Pierre, Oléron.

 

 Autres articles sur les églises d'Oléron:

Oléron. La Brée. L'église.

La Cotinière. Oléron. Eglise.

La Perroche. Oléron. Le prieuré, chapelle et cloître.

Oléron. Eglise de Saint-Georges.

Oléron.Eglise de Saint-Denis.

Eglise Saint-André. Dolus. Oléron.

Eglise de Saint-Trojan. Oléron.

Eglise Notre-Dame Le Château d'Oléron. Le retable.

La chapelle de Grand Village (Oléron) Elie Murat.

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières

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L'église Saint-Pierre d'Oléron abrite, sur le mur de sa chapelle latérale gauche une fresque remarquable d'un artiste qui commence à être reconnu et étudié : Nicolas Greschny. ( Eglise Saint-Pierre. Oléron. Nicolas Greschny.)

Dans une mandorle, trône la Vierge, son fils sur les genoux, entourée de neuf anges tournés vers elle.

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Son visage grave et souriant regarde le monde. Elle tient tendrement sans le retenir, son fils promis à ce monde, à la vie et ses souffrances, à la mort et sa gloire.

Les lettres grecques dans la mandorle disent que Marie est la mère de Dieu. Les trois étoiles sur le front et les épaules symbolisent la virginité, avant, pendant et après la naissance du Christ.

Le peintre, fils de peintre et de pope, possède l'art très codifié et très "orthodoxe" de la représentation sacrée. Mais il possède aussi une grande liberté qui donne à son trait cette vivacité et cette légèreté qui le caractérisent.

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Au-dessus de la mandorle, l'ange de l'Annonciation, Gabriel, porte la salutation à la Vierge sur un rouleau qui semble se déplier de lui-même, message entre le ciel et la terre.

L'ange est vêtu de rouge (la divinité) et de bleu (l'humanité). La fresque entremêle le divin et l'humain. Elle est l'oeuvre d'un croyant pour qui les deux sont indissociables: humanité de Dieu, divinité de l'homme.

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L'ange de gauche tient la lance, celle qui percera le coeur du Christ et qui atteindra aussi le coeur de sa mère.

Tous les anges ont le visage grave et ouvert à la fois. C'est un élément frappant de cette fresque : la gravité et la douceur mêlées..

Remarquons le fond tourbillonnant de nuages et de vent. Un fond quasi abstrait de volutes que le pinceau jette librement sur le mur, avec l'art et la spontanéité d'un peintre inspiré. 

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L'ange de gauche porte lui aussi la lance, miroir de son vis à vis...

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La partie basse de la fresque représent l'île d'Oléron et ses habitants. Nicolas Greschny a peint des Oléronnais de rencontre, comme cette famille devant une maison à escalier extérieur, si typique des villages autour de Saint-Pierre ( Maisons rurales à escalier extérieur. Oléron. La Chefmalière.) et sur la droite, la lanterne des morts...

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Sur le mur de droite, l'artiste a peint les artisans. Il a fait son auto- portrait, le pinceau dans une main et l'autre main ouverte, comme celle des anges, en signe de bénédiction.

Pas de plus beau symbole que cette représentation de celui qui "représente" et qui reçoit de Dieu les talents qu'il fera fructifier...

 

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A gauche, des enfants sont assis, les yeux tournés vers Marie. Une étoile de mer sur la plage, rappelle un des noms de la Vierge : Stella Maris...

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Sur le mur de gauche, des paysans de l'île cheminent avec bouquets et chapelet vers l'apparition céleste.

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Une fresque paisible et sereine qu'on peut contempler longuement...

 On remarquera qu'il y a douze personnages humains, comme les douze tribus d'Israel... et qu'ils sont toujours peints par groupes de trois : trois enfants, trois paysans, trois artisans, trois membres d'une famille...

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Dans le ciel remué et lumineux, les nuages et les étoiles rappellent les mosaïques byzantine, les peintures de Klimt, les dessins d'enfants...

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Autres articles sur Saint-Pierre et sur les peintures dans l'île d'Oléron:

Saint-Pierre Oléron. Portes.

La lanterne des morts. Saint Pierre, Oléron.

Eglise Saint-Pierre. Oléron. Nicolas Greschny.

Oléron. Chapelle de Grand-Village. Les animaux. Elie Murat.

La chapelle de Grand Village (Oléron) Elie Murat.

Omer Charlet à Oléron.

Le Château. Oléron. Eglise, un peintre inconnu...

Eglise Notre-Dame Le Château d'Oléron. Le retable.

 

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Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières

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La chapelle Saint-Joseph de Grand-Village était jadis au milieu de la nature, entre prairies et marais. Elle est aujourd'hui cernée par les lotissements aux noms frimeurs : Logis du Pertuis, Clos de la chapelle..

C'est un enfant du pays, Elie Murat, peintre et poète qui a voulu quelques années avant sa mort peindre ses murs comme un ultime hommage à ce qui n'est plus, un chant à la beauté du monde.

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      Sur les voûtes, il a peint le vol migratoire des oies qui passent au-dessus de l'île et s'y arrêtent parfois...

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      Il a représenté des bernaches cravants qui comme les bernaches nonnettes ne volent ni en chevrons ni en ligne mais dans un joyeux désordre! elles apprécient notre île riche en vasières et en étiers.

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Sur le mur opposé à l'autel, c'est dans un ciel nocturne que le Christ de la Résurrection apparaît au-dessus des oiseaux de nuit comme cette chouette hulotte...

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Ce hibou moyen-duc avec ses aigrettes dressées comme des oreilles...

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Ou cette chouette Effraie, semblable à celle qui habitait le petit clocher avant que les lotissements et la disparition des champs riches en mulots ne la contraignent à aller voir ailleurs.

Elle a attendu qu'Elie ait terminé son oeuvre pour s'envoler...

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Sur le même mur, un vol de chauves-souris, représenté dans un fourmillement d'ailes qui en devient presque abstrait...

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Des oiseaux marins, mouettes et goélands, volent sur les murs latéraux, dans un ciel de tempête...

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La partition musicale des hirondelles, petites amoureuses des beaux jours, habituées des villages de la côte...

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  Dans les marais, se rencontrent et se reflètent les oiseaux les plus élégants, les demoiselles qui marchent sur des talons-aiguilles et qui se coiffent d'une mèche canaille : les aigrettes garzettes... 

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Non loin du héron pourpré, cousin du héron cendré,  bel oiseau dont l'existence est menacée par la raréfaction des zones humides et des roselières.

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Bien plus familier, le canard pilet, le plus élégant des canards de surface, très amusant à observer lorsqu'il bascule sur l'eau pour se nourrir en ne laissant voir que son derrière...

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Des canetons couleur poussin se racontent des histoires de canetons...

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Tandis que la basse-cour vit en liberté sa vie de basse-cour faite de flirts et de chasse aux vers!

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Caché par les herbes, le Martin-pêcheur, très discret malgré son beau costume orange, bleu et vert... Il faut le voir tomber comme un caillou sur la proie qu'il a repérée ... Ici c'est un poisson bleu qui a été pris dans la tenaille de son bec!

 

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Les petits lapins, oreilles dressées, museau frémissant, profitent de quelques mois sans chasseurs pour vivre sans plombs leur petite vie...

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En se méfiant du renard, tapi sur le sol, et plus qu'eux menacé...

Bonne chance petit renard, tu n'es pas aimé en ce pays et la chapelle risque d'être ton dernier refuge...

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Dans la forêt les chevreuils jouent à Bambi...

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Toujours inquiets... vous les rencontrerez parfois, sur les pistes cyclables. Vous vous arrêterez, ne bougerez plus, suspendrez votre souffle...

Avant de fuir, ils vous regarderont et croyez-moi ce regard-là fera de vous pour toute votre vie un adversaire résolu de la chasse...

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Sangliers et marcassins, affairés et fouineurs...

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L'âne, le compagnon des saulniers, celui dont on protégeait les pattes avec des pantalons rayés afin de lui épargner les piqûres de moustiques...

Celui que Nicolas aime et élève au nord de l'île (voir: Les ânes de Nicolas. Le Château. Oléron.)

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Un cheval rouge qui fait penser à ses ancêtres des peintures rupestres...

   Mais... Pas un chat! Pas un chien! Alors que dans le jardin d'Elie, il y a toujours eu ces petits compagnons...

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Sans doute a-t-il  gardé leur image dans son coeur, avant de mourir d'un cancer de la gorge, quelques années après avoir peint les murs de la chapelle.

 

Liens : La chapelle de Grand Village (Oléron) Elie Murat.

Plage naturiste La Giraudière.Grand Village. Oléron.

Vélo à Oléron. De Grand Village à Gatseau. (2)

La maison paysanne. La thieuzine. Grand Village. Oléron.

Plage de Grand Village. La Giraudière.

Oléron plage de Grand-Village

 


 

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                  Jésus marchant sur les eaux. (huile : 2 m30 sur 2 m05) 1872

 

Dans l'église de Saint-Trojan vous pouvez contempler deux tableaux remarquables. A droite de la nef, Notre-Dame des naufragés d'Omer Charlet (voir : Omer Charlet à Oléron.) et à gauche, Jésus marchant sur les flots, d'Alcide Gaboriaux.

C'est une oeuvre à la fois savante et naïve. Savante par la maîtrise des couleurs et l'art de la matière, naïve par le traitement du sujet.

 

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      Le peintre s'inspire de l'Evangile de Matthieu (14. 22-33) :

"Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l'autre côté, pendant qu'il renverrait la foule. Quand il l'eut renvoyée, il monta sur la montagne, pour prier à l'écart; et comme le soir était venu, il était là seul.

La barque déjà au milieu de la mer, était battue par les flots; car le vent était contraire.

A la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers eux, marchant sur la mer.

Quand les disciples le virent marcher sur la mer, ils furent troublés et dirent : C'est un fantôme! Et dans leur frayeur, ils poussèrent des cris.

Jésus leur dit aussitôt : rassurez-vous, c'est moi; n'ayez pas peur !  Pierre lui répondit : Seigneur, si c'est toi, ordonne que j'aille vers toi sur les eaux. 

Jésus dit : Viens!

Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers lui. Mais voyant que le vent était fort, il eut peur. Comme il commençait à s'enfoncer, il s'écria : Seigneur, sauve-moi !

Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?

Et ils montèrent dans la barque et le vent cessa."

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Le tableau représente le moment où Jésus tout en saisissant la main de Pierre, lui reproche son manque de confiance.

Il est droit, face au vent qui fait voler la tunique et le coiffe en arrière. Son visage est doux. Il ne s'étonne pas, il ne se montre pas sévère. c'est le regard d'un bon enseignant qui s'attend à la faute de son élève et le reprend sans brutalité.

Pierre, lui, gesticule, les bras ouverts, une jambe hors de l'eau, le visage inquiet et suppliant. Il en fait toujours un peu trop. Il est le chien fou qui se jette à l'eau et regrette aussitôt son audace. Ses bons instincts de survie lui reviennent, comme ils lui reviendront quand avant que le coq n'ait chanté trois fois, il reniera le Christ au moment du supplice et prétendra ne l'avoir jamais connu, de peur d'être à son tour condamné.  

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      Alors que le Christ pose les pieds sur un une eau plus ferme que la terre, plus solide qu'une banquise, Pierre voit la même eau l'attirer et le menacer de mort.

 

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      A l'arrière-plan, la barque dont le bord touche la mer... Un homme n'a pas lâché les filets malgré la tempête. Figure symbolique de Pierre lui-même, appelé à traverser des épreuves bien plus terribles et à ne pas perdre de vue la mission qui lui a été confiée.

Entre Pierre et Jésus, on voit les disciples serrés les uns contre les autres, pris dans un mouvement ascendant, une pyramide, avec à sa pointe le tissu qui flotte dans le vent comme un drapeau. On ne peut s'empêcher de penser au Radeau de la Méduse dont le succès avait été immense et qui représente lui aussi une composition pyramidale avec au sommet, ce tissu remué... geste ultime d'espérance

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Le ciel menaçant de Gaboriaux n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui de Géricault...

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J'ai voulu connaitre un peu mieux ce peintre de talent et je n'ai presque rien trouvé, sinon qu'il figure dans une Anthologie des peintres de Vendée et de Charente et qu'il a publié en 1861 un Guide des Amateurs des Beaux Arts :"La peinture réduite à des principes simples et naturels".

Enfin, j'ai trouvé une rue, une seule qui porte son nom : Alcide Gaboriaux. Elle est située dans une commune de Charente Maritime : Saint-Dizant du Gua... qui serait donc sa ville natale!

Et c'est tout...

Est-ce à cause de ce peu de renommée que la toile pourtant inscrite à l'inventaire général du patrimoine culturel, s'étiole lentement dans l'indifférence des Saint-Trojanais?

 

Liens : autres peintres dans les églises d'Oléron :

Le Château. Oléron. Eglise, un peintre inconnu...

Eglise Saint-André. Dolus. Oléron.

Eglise de Saint-Trojan. Oléron.

Eglise Notre-Dame Le Château d'Oléron. Le retable.

Eglise de Saint-Trojan. Oléron.


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On le découvre de loin le clocher de Marennes...

 Sur ce plat pays charentais, il évoque, à sa manière, la chanson de Jacques Brel :..."Avec des cathédrales pour uniques montagnes"...

 

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Et il est vrai, qu'avec ses 85 mètres, il surpasse bien des tours gothiques (les tours de Notre-Dame de Paris, par exemple, culminent à 69 mètres).

Vauban qui s'y connaissait un peu en architecture (!) a dit de lui qu'il était le plus beau des clochers gothiques de France.

 

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Elevé sur une base carrée, sur laquelle on peut lire la date de construction : 1380, le clocher commence par des étages pleins.

Des ouvertures étroites, fines et élégantes, n'apparaissent que dans la deuxième partie.

  Au sommet, les clochetons d'angle prolongent les contreforts et contribuent à l'élancement de la tour vers le ciel.

 

 

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 De la terrasse à balustrade, vous découvrez la petite ville de Marennes et, posée sur l'horizon, l'île d'Oléron.

La tour a longtemps servi de phare. Des feux étaient alors allumés sur la plate-forme et permettaient aux navires de se repérer dans le passage délicat de Maumusson (ce qui en patois charentais, signifie "mauvais"), entre Oléron et le continent.

 

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Sur les clochetons d'étranges animaux ont trouvé refuge depuis le XVème siècle.

 Celui-là qui se couvre de mousse semble sourire. Il est  sans doute l'ancêtre de Mickey, si j'en crois ses oreilles! 

 

 

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Cet autre joue les dragons avec sa tête ébouriffée sur laquelle on a du mal à distinguer  les yeux, la gueule et le museau...

 

Au XVIème siècle, pendant les Guerres  fratricides, il a assisté,  au saccage et à la destruction de l'église par les Huguenots.

 Il n'en revient toujours pas d'avoir été épargné, lui et son clocher protecteur. 

 

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 La flèche octogonale percée de petites fenêtres, s'élève avec une étonnante légèreté.

 Le soleil et le vent y jouent avec les pierres qui semblent vivre et tourner... C'est un endroit d'une beauté cosmique qui mérite largement l'effort que vous demanderont les 289 marches qui y mènent.

 

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Vous passerez le portail ogival à volutes avec ses pinacles ornés de feuilles de chicorée.

 Vous entrerez  dans le narthex et trouverez l'escalier qui vous conduira vers le ciel.

 

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Vous verrez sur les pierres, des signatures laissées par des compagnons ou par des visiteurs...

 

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Comme cet insigne du compagnonnage : l'équerre et le compas...

 

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...que nous retrouverons à l'intérieur de l'église pour la suite de la visite!

 

 

  Lien :Oléron. Marennes. L'église.

 

 

 

 

Lien :Fort Louvois. Bourcefranc, Le Chapus.

 

 

 

 

 

 

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             Une des rues principales du Château porte le nom de la gloire locale, Omer Charlet, peintre qui eut son heure de gloire et dont quelques oeuvres sont visibles dans l'île.

              Pierre-Louis-Omer Charlet (son nom exact et un peu encombrant) naquit le 2 janvier 1809 au Château, dans une familles de propriétaires (!)
              A Paris où il étudia aux Beaux-Arts, notre Oléronnais fut élève d'Ingres et du Baron Gros qui lui donna le goût des scènes historiques.
Peintre accompli, il fut médaillé au Salon et plusieurs de ses toiles furent achetées par l'Etat.
Il mourut à paris en 1882.

La Charente maritime conserve un certain nombre de ses oeuvres, notamment dans les musées de La Rochelle et de Rochefort. Il est possible également d'en découvrir dans la cathédrale de la Rochelle et dans trois églises de l'île d'Oléron.

 I  
Dans l'église Notre-Dame de l'Assomption au Château :



          Une grande toile peinte entre 1860 et 1869 (le dernier chiffre peint  n'est pas visible) représente les trois vertus théologales
: la Foi qui porte la croix, l'Espérance qui tient une ancre marine et la Charité (l'Amour) entourée d'enfants. L'oeuvre est de bonne facture mais un peu froide et académique. L'angelot, au premier plan brandit les épîtres de Paul, dans lesquelles l'apôtre cite ces trois vertus, en précisant que la plus grande des trois, c'est l'Amour:

"
Quand j'aurais la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes,
S'il me manque l'amour, je ne suis rien..."



          Le peintre a bien situé l'Amour au sommet d'une composition pyramidale mais il lui a donné des traits fades et conventionnels.

 

           Une deuxième toile représente Thérèse d'Avila, si l'on se fie au village et au paysage qui apparaissent sur la gauche et au costume de carmélite de la sainte.
          Geste convenu et théâtral, main droite posée sur le coeur en signe d'étonnement d'être "élue" et d'humble acceptation, bouche qui semble faire la moue, regard tourné vers les hauteurs d'où parvient un rayon arc-en-ciel divin...
           Peu d'originalité pour représenter une femme qui, lorsqu'une de ses soeurs avait des visions mystiques, lui conseillait de manger un bon beefsteack!



          Une troisième toile représente Pierre, un gaillard que j'aime bien. Il est le Patron de ma paroisse montmartroise.
          Son emballement, son côté chien fou et en même temps son manque de courage et de parole au moment du chant du coq, me le rendent sympathique...

          Là encore, peu d'originalité. Pierre est représenté en barbu (et Dieu sait que je me méfie des barbus de tout poil). Il tient les clés du Paradis qui apparemment est protégé par des portes épaisses aux serrures géantes.
Le rocher porte l'inscription latine : "Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise..."

II Dans l'église Saint-André de Dolus.




           Le peintre regroupe autour de la Vierge à l'enfant, les saints honorés dans l'île d'Oléron : Denis (en arrière plan avec sa crosse d'évêque), à ses côtés Saint-Trojan, évêque lui aussi, Georges le combattant, Pierre et ses clés, André le martyr crucifié...



          Au premier plan la Foi est incarnée par Thérès d'Avila et l'Amour par Elisabeth de Hongrie ( Eglise Saint-André. Dolus. Oléron. )

          L'oeuvre est elle aussi, un peu théâtrale, dans le goût du XIXème. On remarquera l'inscription sous les pieds de marie : Benedicta sit Insula Nostra Olerum. Que soit bénie notre Île d'Oléron. 

III Dans l'église de Saint-Trojan.

Pour terminer l'inventaire, la toile de Charlet que je préfère et qui n'est pas classée : Notre-Dame des Tempêtes.



             Elle est plus sombre et romantique, elle évoque malgré le message qu'elle veut donner, le destin de l'homme pris dans les eaux noires d'un naufrage et qui soudain voit un salut auquel il serait bon de croire si tout l'équipage était guidé vers lui...

             Omer Charlet est plus inspiré dans son romantisme tardif. Vous pouvez passer le pont pour visiter le musée de Rochefort qui expose quelques oeuvres de la même qualité, comme les orphelines de la mer. La toile représente deux jeunes filles sur un fond de ciel sombre, avec au loin, le navire au mât brisé qui entraîna vers la mort leur père à qui la Vierge des Tempêtes oublia d'apparaître...   

 

 

 

 

     Non loin d'Oléron, dans l'église de Marennes, une très belle toile représente le martyre de Saint André... Peut-être était-elle prévue pour l'église de Dolus.

Le saint y est représenté comme un jeune homme séduisant et sensuel, jambes écartées sur le bois de la croix en X.

 

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Lien  Eglise de Saint-Trojan. Oléron.

Omer Charlet. Orphelines de la mer. Rochefort. Musée Hèbre de saint clément.

 

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     Le vieux village de La Brée est un des plus pittoresques de l'île.
     Pierre Loti y a passé des vacances. Il en parle longuement dans Le roman d'un enfant:

     "Nous étions allés demeurer dans un village de pêcheurs absolument ignoré et perdu en ce temps-là...
...village aux maisonnettes basses, aussi blanches de chaux que des kasbah d'Algérie et entourées de certaines espèces de fleurs qui peuvent résister au vent marin..." 

      J'ai recherché en vain la maison décrite par sa soeur. De vieilles habitantes n'ont pu me renseigner. Il s'agit pourtant de la demeure du maire de Saint-Georges dont dépendait alors le village.





    J'ai donc visité l'église récente (1958).
    Beaucoup de brénais bénévoles ont participé à sa construction. Certains ont donné les vieilles pierres de leur chai pour les murs et le campanile.



                                    Saint Antoine
   

     D'autres ont offert les vitraux.
     Ils ont choisi leur saint patron dont ils ont confié au maître verrier Van Guy, la réalisation.




                              Saint-Eutrope (premier évêque de Saintes)...



                                           Sainte-Véronique...



                                                    Saint-Paul...



                                            Sainte-Marie


     La Vierge est représentée ici avec la bête de l'Apocalypse qui guette son enfant...

" ...Voici un grand dragon rouge feu avec sept têtes, dix cornes et sept diadèmes sur ses têtes. Sa queue entraîne le tiers des étoiles du ciel, et les jette sur la terre; et le dragon se tient devant la femme qui va enfanter, pour dévorer son enfant quand elle enfantera." 



                                             Le baptême du Christ...




                                           Saint Pierre...



                                             Sainte Anne...




     Et un petit salut à Jacqueline qui m'a accueilli avec son sourire et m'a raconté des histoires du passé.
     Elle a toujours vécu à La Brée dont elle est une partie de la mémoire.




Un mois après cet article, j'ai trouvé grâce à une amie la maison dont parle Pierre Loti dans le roman d'un enfant : Pierre Loti. Oléron. La Brée.

 

 

 

Autres églises dans l'île :

La Perroche. Oléron. Le prieuré, chapelle et cloître.

Oléron. Eglise de Saint-Georges.

Oléron.Eglise de Saint-Denis.

Eglise Saint-André. Dolus. Oléron.

Eglise de Saint-Trojan. Oléron.

Eglise Notre-Dame Le Château d'Oléron. Le retable.

Eglise Saint-Pierre. Oléron. Nicolas Greschny.







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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières



    A l'orée de la forêt maritime, le petit cimetière de Saint-Trojan se fait aussi modeste que possible.
   Pas de monuments ostentatoire, une seule chapelle familiale.
   De simples pierres et quelques croix...
   Le calvaire offert par une veuve éplorée fait exception avec ses statues dorées qui brillent dans le soleil.



  Il ne parvient pas à atteindre la cime des grands arbres.



    La tombe la plus massive est celle de Henri Masse, notable local.
   Ce conseiller général, maire de Dolus et Saint-Trojan repose sous un bas relief (oeuvre d'Yvon) représentant des pêcheurs accablés et des femmes en quichenotte penchées sur le caveau...
 Tout un peuple inconsolable d'avoir perdu son conseiller général...



   A côté du monument, le sable reprend ses droits...



  Car les dunes ne sont pas éloignées qui ont déjà recouvert l'ancien village et son église et qui un jour peut-être recouvriront le cimetière.



  Sur les croix de pierre, les oiseaux chantent avec des cris de pierre.



  Un ange est tombé de son piedestal et s'est brisé. Voilà ce qui arrive aux anges des cimetières qui essaient de s'envoler.



   Une main affectueuse a déposé un poisson de couleurs près d'un proche qui aimait la pêche...



  Arbre mort et croix de pierre.



 Croix de lierre...



    Et comme dans tous les cimetières, un chat...
    Petite vie inquiète et vigilante... dont le passage léger sur les tombes est la seule caresse que reçoivent encore les morts.





Lien Eglise de Saint-Trojan. Oléron.



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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières



    Le port de La Cotinière attire l'été, des foules de touristes. C'est assurément son activité, ses retours de pêche, ses envolées de goélands qui en font le charme...



    Car, il faut bien le dire, les bâtiments du port, les parkings, les commerces de fripes n'ont rien de pittoresque.
     L'église elle-même, aperçue depuis la plage ou au-dessus des bassins, est une construction sans inspiration, à la fois austère et triste.
     Elle est née en 1967... et n'annonce en rien les bouleversements de 1968!




     L'intérieur n'en est que plus surprenant et attachant. L'église est dédiée aux "péris en mer" dont chaque nom est inscrit sur une croix de bois.




    De petites flammes brûlent toujours sous les croix solidaires, regroupées comme un équipage qui se tient les coudes pour la traversée.




Un ex-voto, le Père Emile, est peut-être chargé de leur assurer un voyage sans heurts.



    Les vitraux disent avec la lumière qui les anime, une prière :
        Protège-moi mon Seigneur...



     Ma barque est si petite et ta mer est si grande...





     La charpente est posée sans peser sur les murs de pierres. 






     Un autre ex-voto y navigue entre ciel et terre...



     Tandis qu'à deux pas de l'église accostent les chalutiers avec leurs jeune pêcheurs en figures de proue.. et qui ont presque tous dans leur famille un homme dont le nom est gravé sur une croix de bois au-dessus des flammes qui ne s'éteignent pas. 



 
lien: Saint-Pierre Oléron. Portes.

Autres églises d'Oléron :

Oléron. La Brée. L'église.

La Perroche. Oléron. Le prieuré, chapelle et cloître.

Oléron. Eglise de Saint-Georges.

Oléron.Eglise de Saint-Denis.




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Publié le par chriswac
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      Dans l'église N.D. de l'Assomption au Château, une grande toile se détériore saison après saison. Une large déchirure comme une plaie se soulève près de la partie inférieure du cadre.
Son auteur est inconnu et c'est peut-être la raison de cette déréliction.

 

     Et pourtant, l'oeuvre a plus de force que les figures convenues d'Omer Charlet, dans la même église.
Elle frappe dès l'abord par son intensité.
le rouge de la tunique étonne dans cette composition grise. Il est la seule couleur franche avec le jaune de l'auréole. Il est couleur de vie et de mort. Rouge du sang qui court dans les veines, rouge du sang qui se fige.

La croix est le sommet d'une composition pyramidale, dont le centre serait l'homme aux mains liées.



  La main du Christ effleure sa tête comme une caresse.
Le Christ est debout.
Il se penche légèrement vers l'homme dont le regard exprime l'angoisse et les lèvres fermées  la peur d'affronter la souffrance.
Le religieux qui lui parle à l'oreille et enserre son torse, tient contre sa peau nue une croix noire. Il paraît un peu inquiétant dans sa bure sombre, avec ce visage qui s'approche comme pour un baiser. Qui est-il? Peut-être Saint léonard de Noblat? ( Saint, honoré dans le limousin et patron des prisonniers).
L'architecture sombre que l'on devine en arrière-plan suggère bien un cachot sinistre.



        La toile est inquiétante : le sourire carnivore du saint dont les dents sont découvertes, le regard fermé du condamné  qui s'appuie sur les genoux pour se rejeter en arrière, le rouge de la tunique...
       On ressent un  peu d'effroi devant ce religieux qui fait penser aux inquisiteurs. On se dit que l'amour de Dieu pourrait se manifester en dénouant les liens, en ouvrant les cachots. Je sais, on me répondra qu'il en est ainsi, que cette libération est intérieure et que Jésus a repris les paroles d'Isaïe à son compte : "L'esprit du Seigneur est sur moi, il m' a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, aux captifs la délivrance." Et c'est cet esprit qu'il fait descendre, de sa main étendue, sur le malheureux.

      Oui... mais... cette toile qui s'efface et perd ses couleurs comme les ailes d'un papillon, inquiète et interroge celui qui la contemple et qui n'a pas forcément la foi. Cette inquiétude et cette interrogation sont le signe manifeste d'une oeuvre forte.

    

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Lien Eglise Notre-Dame Le Château d'Oléron. Le retable.

 

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