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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

oleron eglises cimetieres

Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières


                                                                 Plage de la Perroche

   Il y avait à la Perroche un prieuré voué à Saint-Médard et qui relevait de l'abbaye de Sablonceaux. Le prieuré fut ruiné par les révoltes de la gabelle puis par les guerres de religion. Il fut pillé à plusieurs reprises et son prieur fut assassiné (1561).



     En venant de la route, vous découvrez une massive tour crénelée aux gros moellons apparents. Elle veille sur ce qui reste des bâtiments conventuels, sur le cloître et la chapelle.



     On peut voir cette chapelle en contournant la propriété. Elle est le plus souvent fermée car l'ensemble est privé et vous devez vous contenter de tourner autour et de faire travailler votre imagination.



     La chapelle date du XIIème siécle. Elle a été remaniée à plusieurs reprises mais son style reste très simple et dépouillé.



    Le portail de pierres nues a la modestie et l'harmonie qui conviennent à cette île.



    Le 14 août un concert est offert dans la chapelle. Un vaste programme qui va de Bach (et avant précise le programme) à Offenbach (et après?)...
C'est le moment où jamais de visiter l'endroit! 

...Je reviens du concert! Plus de trois cents personnes pour cent places! Mais le pire, c'est que la batterie de mon appareil photo était déchargée!

Heureusement, une messe est annoncée pour le 15. Je vais enfourcher mon vélo et me harnacher de deux appareils...

Intérieur de la chapelle : 










        La chapelle est en partie romane avec des modifications plus tardives. Ses pierres prennent la couleur du temps, couleur de sable et de mousse.

 






    De part et d'autre de l'autel, deux belles statues de bois. Bien que modernes, elles restent dans l'esprit roman : allongement des corps, simplicité des formes.

     Enfin, je vous laisse saisir quelques vues sur le cloître toujours fermé. Ce jour de l'Assomption, le prêtre qui préparait la messe m'a autorisé à y glisser mon objectif tout en me confiant que les propriétaires n'appréciaient pas du tout cette intrusion. Mais si je remercie les propriétaires et leur hospitalité par prêtre interposé, je voudrais les convaincre d'ouvrir de temps en temps leur domaine à tous les amoureux  de la beauté que nous ont léguée les bâtisseurs de pierres vivantes.





 










Lien : Oléron. Eglise de Saint-Georges.







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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières


     Elle est la plus belle de l'île (je le reconnais, bien que ma préférée soit celle de Saint-Denis) et elle aime qu'on l'admire sous le soleil qui dore ses pierres...
L'église de Saint-Georges est aussi la mieux préservée.  En partie mutilée, elle a échappé à la destruction complète qu'ont connue la plupart de ses consoeurs pendant les guerres de religion. La Réforme avait trouvé sur l'île une terre d'élection et il faudra la terrible répression et les dragonnades pour l'en chasser. Bien des réformés émigreront alors pour les Pays-Bas ou l'Angleterre.

 

     Le prieuré bénédictin de Saint-Georges fut fondé avant 1040, date à laquelle Agnès de Poitiers en fit don à l'abbaye de Vendôme (qu'elle avait elle-même créée) ainsi que de toutes ses dépendances qui représentaient près du quart de tout Oléron. L'église fut reconstruite au XIIème. De cette époque datent la nef et le bras sud du transept.

 

     Les proportions de la nef donnent une impression d'espace et de clarté. Une architecture d'harmonie et de recueillement que l'on trouve souvent dans les églises romanes de Saintonge.





     La nef a été surhaussée pour abriter un chemin de ronde.



   Le bras sud du transept a conservé ses fenêtres romanes ouvragées. Mais allons voir le portail, partie la plus ancienne de l'édifice et, comme pour l'église de Saint-Denis, la plus remarquable :



     Deux arcs étroits encadrent la porte. Les chapiteaux et les colonnes sont finement sculptés de décors végétaux et animaliers que le vent et les embruns ont pris plaisir à retravailler à leur manière...
Quatre grosses colonnes adossées rythment la façade. Leurs chapiteaux sont ornés de petites têtes humaines accolées, motifs inhabituels en Saintonge.













    Ces pierres racontent l'orient, le fantastique, le spirituel... Elles gardent la mémoire des mains de ceux qui les ont métamorphosées, il y a presque 1000 ans!

Au XIIIème, Aliénor d'Aquitaine fait don de l'église à l'Abbaye des Dames de Saintes.

Au XVIème, pendant les guerres dites de religion (étonnante non, cette haine entre adeptes de celui qui a dit "Aimez-vous les uns les autres?") les bandes de Condé, de Sainte-Hermine et de Montluc, s'amusent tour à tour à saccager l'édifice.

Au XVIIème, il est restauré et agrandi, en sauvegardant les parties romanes. Il a juste le temps de souffler avant la Révolution qui, bonne fille, le choisit pour les réunions du Club Révolutionnaire et se contente de mutiler la statue de la Vierge et quelques autres objets religieux.





C'est au XVIIème qu'est construit le chevet plat et ses trois hautes fenêtres.



  Dans le choeur, le jour de notre visite, de jeunes musiciens français et allemands répétaient pour le concert qu'ils allaient offrir le soir..



     La statue de Notre Dame en l'Isle a retrouvé son bras. Elle est en bois polychrome et date du XVIIIème. Une légende oléronnaise en fait la figure de proue d'un navire danois venu s'échouer avec le prince Darmar qui, pour remercier la Vierge de l'avoir sauvé du naufrage, fit édifier une chapelle dans le village qui porte toujours le nom de Notre Dame en l'Isle.



     Un autre rescapé de la Révolution : l'autel Régence avec sa gloire de nuages et de chérubins autour du triangle trinitaire. Il provient comme la statue, de la chapelle Notre Dame en l'Isle, détruite en 1793. 



    Dans le transept sud, une belle statue de Sainte-Barbe vous sourit. La Sainte est reconnaissable à ses attributs : la tour où elle fut enfermée et suppliciée et l'épée de son martyre. La statue ( elle aussi du XVIIIème) est réellement une ancienne figure de proue.



   Un bel ex voto de la "Louise" est exposé dans le transept. Il date sans doute de la deuxième moitié du XIXème.



    En quittant l'église, jetons un coup d'oeil (rapide) au cadran solaire qui est aussi scolaire puisqu'il nous fait la leçon :

"Nous passons ici-bas
Comme une ombre légère.
Nous marchons à grands pas
Vers notre heure dernière."

Je vous suggère de lui répondre en mordant la vie à pleines dents et en faisant, comme dit Brassens, "la tombe buissonnière".

Le haïm!

Oléron.Eglise de Saint-Denis.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières



Montmartre me fait un petit clin d'oeil alors que je vais rendre visite à l'église de Saint-Denis. Outre que le saint en question a été décapité à quelques mètres de chez moi, sur la butte, il y a dans la rue qui mène au centre un moulin de la Galette!

 

La petite église est avec celle de Saint-Georges, la seule de l'île à avoir préservé quelques souvenirs de sa naissance romane. La façade classée donne une idée de ce qu'elle a pu être au XIème et au XIIème siècles, alors qu'elle était propriété de l'abbaye aux Dames de Saintes.

 

La pierre claire qui a survécu aux pillages des pirates espagnols, aux saccages des Guerres de Religions, à la tourmente révolutionnaire, a subi néanmoins l'érosion du temps, des pluies et des vents marins particulièrement violents à l'extrême nord de l'île.

 

La façade garde malgré tout un grand attrait. Elle est à la fois simple dans sa structure et riche dans sa décoration géométrique qui nous paraît aujourd'hui inventive et moderne.

 

 

Les motifs végétaux qui ornent les fûts des colonnes rappellent certaines réalisations de l'époque gallo-romaine que l'on peut admirer au musée archéologique de Saintes.



Les scupteurs ne se privaient pas de copier les belles colonnes antiques rudentées ou à feuilles imbriquées qui subsistaient alors (l'église de Pont-l'Abbé-d'Arnoult, sur le continent, en est un autre exemple). Sur une des colonnes, on peut voir la marguerite rectangulaire qui est une figure très ancienne déjà gravée sur un couvercle de sarcophage mérovingien





 Une partie de la nef est ancienne. On y voit ces chapiteaux rescapés. Le reste de l'édifice reconstruit au XVIème siècle, saccagé, remanié, date en grande partie du début du XIXème siècle. Le clocher n'est venu se dresser avec son coq qu'en 1877...





L'intérieur est simple et familier. Il invite à la pause et à la rêverie (à la prière pour ceux qui prient). Peu de mobilier, pas de tableaux... Quelques vitraux, comme celui de l'assomption qui rappelle l'oeuvre d'Omer Charlet au Château :

 


 
Les apôtres découvrent le tombeau vide... Ils sont incrédules et s'étonnent... Jean, le disciple que jésus aimait  et à qui il a confié sa mère, sourit et pose son visage sur sa main, comme s'il sentait une tendresse venue de loin, une caresse divine...

Il y a également, sous vitrine, une belle maquette de bateau qui est un ex- voto du XVIIIème, remanié au siècle suivant par un ancien marin du Napoléon
qui a modifié son gréement et sa mâture ainsi que sa poupe.

 

Il a ainsi "modernisé" cette frégate de 52 canons avant de la rebaptiser : "Napoléon
"!



Avant de quitter cette petite église, ma préférée de l'île, un dernier regard sur ses pierres vivantes où les fleurs s'accrochent pour monter vers le ciel...




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lien:
Eglise Saint-André. Dolus. Oléron.






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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières


L'église de Dolus, comme toutes les églises de l'île a été en grande partie détruite pendant les guerres de religion. Telle que nous la voyons aujourd'hui, elle est une construction composite avec son clocher et son choeur du XVIIIème siècle.



Mais dans la première travée, subsistent des éléments du XVème, comme ces départs de voûtes qui fuient dans le vide...



L'intérieur ne présente pas de grand intérêt architectural et l'oeil est aussitôt attiré par le maître autel, le tabernacle et le retable de style Louis XVI (mais en réalité fin du XIXème). Le tableau qui orne la contretable est une oeuvre d'Omer Charlet, gloire oléronnaise et grand admirateur du Titien.



Le tableau porte l'inscription "Benedicta sit insula nostra Olerum". Que bénie soit notre île d'Oléron. Il représente la Vierge et l'enfant devant lesquels viennent se prosterner les Saints patrons des églises oléronnaises : Saint-André, Saint-Georges, Saint-Pierre, Saint-Denis et Saint-Trojan.

 

Au premier plan, Elisabeth de Hongrie et Thérèse d'Avila symbolisent les oeuvres de charité et la contemplation mystique.
Pourquoi des roses dans le tablier de la sainte qui à la suite de François d'Assise consacrait tout son temps et sa fortune à soulager les pauvres?Son mari, furieux de la rencontrer sur les chemins des villages, lui demanda ce qu'elle cachait sous son manteau. Elle prétendit que c'étaient des roses. Il arracha le manteau et le pain se transforma en fleurs....

L'oeuvre est un peu conventionnelle et manque de vigueur. Rien à voir avec l'étonnante Vierge des tempêtes peinte par le même artiste et qui se dégrade jour après jour dans l"église de Saint-Trojan.







A gauche, un bel autel en bois peint et doré... Il date du début du XVIIIème siècle. Marie et Joseph sont représentés en buste dans les médaillons mais il ne reste sur les dix statuettes qui l'ornaient que les anges qui soutiennent le dais. Les huit autres ont été volées et trônent peut-être dans des salons de Bruxelles ou d'ailleurs!



L'autel de droite est surmonté d'une toile maniérée et douceâtre. Jésus blond et rose est présenté par sa mère blanche et souriante à celui qui plus tard le baptisera dans le Jourdain... Dieu porté par des angelots grassouillets surveille la scène. On a l'impression que sa main auguste va faire tomber sur le monde une pluie de bonbons.



Quelques vitraux sans grande imagination ont été installés à la fin du XIXème siècle. Ils sont l'oeuvre d'un maître verrier bordelais alors renommé, un certain Gustave-pierre Dagrant. Une grande partie des vitraux de l'île (St-Trojan, Le Château) lui sont dus.



Le baptistère, dans la première travée, à droite. Il a été restauré en 1959. Lors des travaux, des ossements furent exhumés. D'après un récit ancien, il s'agirait de ceux d'un prêtre assassiné en 1713, alors qu'il disait la messe. Son corps aurait été enterré à l'endroit même de sa mort.

Le banc de pierres a été dégagé et restauré. La coquille Saint-Jacques est soutenue par un ancien rouleau à battre le blé.

Un vitrail rescapé représente le baptême du Christ.



J'ai gardé pour la fin l'oeuvre la plus forte de cette église. Elle est perchée dans une travée :




Elle est due à Edouard Armand-Dumaresq et a été peinte en 1854. Elle représente le Christ mort. La nuit entoure le corps posé sur le linceul qui brille comme une écume. Le cadavre ne descend pas vers la terre mais semble s'élever.
L'écume se fait nuage.
L'écume devient barque qui entraîne le mort sur les flots noirs.
Etrange solitude.
Contrairement aux dépositions traditionnelles, ni Marie, ni Jean, ni Madeleine ne sont présents.
Au premier plan, la couronne d'épines, le plat et l'éponge imbibée de vinaigre...
La souffrance a cessé.  
Commence le grand voyage vers l'oubli ou vers la résurrection...

A vous de voir!
 
 



Lien :
Eglise de Saint-Trojan. Oléron.  



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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières



Il y avait à Saint-Trojan une église romane assez importante puisqu'elle comportait cinq autels. Elle fut en partie saccagée par les réformés et totalement recouverte par les sables qui firent disparaître le village dont les fondations subsistent sans doute sous les dunes de la maison forestière.

 

 La première pierre de l'église actuelle dont la façade plate s'élève à peine au-dessus des maisons, fut posée en 1660. L'édifice tel que nous le voyons aujourd'hui fut achevé au milieu du XIXème siècle.



L'intérieur, comme l'extérieur ne vous bouleversera pas... Pourtant, je vous engage à y faire quelques pas. De belles surprises vous y attendent.



Vous y rencontrerez d'abord le patron du lieu, un certain Trojan... On ne sait pas grand chose de lui, sinon qu'il fut évêque de Saintes au VIème siècle et qu'on lui attribue de nombreux miracles.



La proue d'un navire naufragé, l'Espérance, a été offerte en ex-voto par le capitaine Allard de Toulon et son second, Levilain, sauvés avec deux de leurs matelots le 2 novembre 1863. On peut avoir une petite pensée pour les autres matelots disparus dans la tempête...

 

Les vitraux se reflètent sur la vitre qui protège la maquette impressionnante d'un navire ennemi. Il s'agit, non pas, comme on pourrait le penser, d'un ex-voto mais de la reproduction du Vistary que commanda l'amiral Nelson! La maquette est l'oeuvre d'un saint-trojanais qui y consacra quelques années de sa vie.



 Et voilà Une des surprises annoncées... Notre-Dame de la mer. Le tableau est dû à Omer Charlet peintre oléronnais de la deuxième moitié du XIXème.
La vierge semble faire partie des éléments qui lui donnent naissance : la mer qui se confond avec les vagues de sa robe et les nuages qui la voilent. Un naufragé, au premier plan, à droite voit la main qui lui montre le salut, là-bas, dans un rayon de lumière... ce petit point sur l'océan.  La femme sourit doucement et semble porter vers la vie, comme elle porte son enfant, cet homme qui se croyait perdu.
Cette belle toile se détériore lentement et mériterait que notre Mitterrand, ministre de la culture, apparaisse au-dessus des flots de l'indifférence pour montrer d'un doigt auguste, un petit point à l'horizon : l'atelier de restauration.



Une autre surprise : cette toile un peu naïve peinte en 1872 par A. Gaboriaux. La tempête apaisée, Jésus marche sur les flots et demande à Pierre de venir vers lui. Pierre se lance mais après quelques pas, il doute et s'enfonce dans les eaux... Jésus lui saisit la main et le remet debout. Le tableau est étonnant, avec à l'arrière plan, la barque surchargée comme le radeau de la Méduse et, au premier plan, le Christ bien droit dans la tempête, les cheveux et la tunique dans le vent, devant Pierre, théâtral et excessif, comme il l'est si souvent!



Et maintenant, retour à Grand Village, en passant par le marché derrière l'église et en regrettant un peu le sanctuaire roman enfoui sous les sables!

Lien : autres églises dans l'île d'oléron:

  Eglise Notre-Dame Le Château d'Oléron. Le retable.

Oléron. La Brée. L'église.

La Cotinière. Oléron. Eglise.

Le Château. Oléron. Eglise, un peintre inconnu...

La Perroche. Oléron. Le prieuré, chapelle et cloître.

Oléron. Eglise de Saint-Georges.

Oléron.Eglise de Saint-Denis.

Eglise Saint-André. Dolus. Oléron.

Eglise Notre-Dame Le Château d'Oléron. Le retable.

Eglise Saint-Pierre. Oléron. Nicolas Greschny.

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières


Dans cette île où les Guerres de Religion se sont ébrouées joyeusement, rares sont les vestiges anciens d'architecture religieuse. L'église du Château ne fait pas exception à la règle. Sa reconstruction commença en 1700, alors que la place forte était organisée pour tenir tête à l'Anglais. Le choeur financé par le curé ne sera achevé qu'en 1764 et le clocher banal et sans inspiration, en 1883.



Je l'aime bien cependant. Elle me rappelle tant d'étés en famille... Mon père toujours volontaire pour animer les messes et lire comme il aimait le faire, les textes liturgiques, avec un certain sens théâtral... 
Si vous visitez la petite ville, n'hésitez pas à y entrer. Vous y trouverez un peu de fraîcheur et vous découvrirez un retable qui mérite le détour. Il a été installé dans le choeur en 1764 et payé par le fameux curé qui avait déjà financé le choeur. Son nom mérite d'être cité! Jean-Baptiste Descordes.


 
Couronnant le retable, le triangle trinitaire dans lequel est inscrit en hébreu le nom imprononçable de Dieu et deux angelots aux ailes vives.
L'inscription rappelle que l'église est dédiée à la Vierge de l'Assomption.
Les quatre Evangélistes sont représentés selon la tradition inspirée de l'Apocalypse.



Saint Luc et le taureau (un brave animal confiant qui ne sera pas torturé dans les arènes humaines).



Saint Jean, le disciple bien-aimé et son aigle dévoué qui lui tient l'encrier et la plume (d'aigle?) alors qu'il écrit avec un stylet sur une plaque d'argile!



 Saint-Marc et son lion perruqué et souriant...

 

Saint-Mathieu et son ange qui lui tend l'encrier pour l'encourager à poursuivre son oeuvre...
Je plaisante un tantinet mais je trouve que ce peintre inconnu ne manque ni de fraîcheur ni de force. Bien que ses représentations soient académiques, il échappe au conformisme grâce à sa naïveté et à la douceur des traits, légèrement soulignés.
Les panneaux sont peints sur bois et disposés dans des lambris de faux marbre et de dorures très élégants. Pour les protéger, on tirait de lourdes tentures rouges qui les dissimulaient et évitaient que la poussière et la lumière ne les détériorent.
D'autres panneaux représentent la vie de la Vierge.


 
Marie présentée au Temple. La fillette est déjà auréolée de sainteté. La petite Juive ignore cependant quel "cadeau" le Père eternel lui prépare!

 

Marie et sa mère, Anne, sous le regard bienveillant de Dieu...


 
L'Annonciation. Un ange séduisant aux belles jambes que le vent dénude volète près de Marie qui s'étonne d'être choisie et accepte humblement de devenir mère porteuse.



La visitation. Marie rend visite à sa cousine Elisabeth, elle-même enceinte. L'enfant tressaille en Elisabeth qui s'écrie : "Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de ton sein est béni..."  Ce même enfant qui l'a avertie ce jour-là sera celui qui le premier reconnaîtra Jésus comme le messie attendu par les Juifs et le baptisera dans le Jourdain.



L'adoration des bergers. Mes amis le boeuf et l'âne sont bien présents. Grâce à leur bonne chaleur, le bébé ne meurt pas de froid.
Les bergers sont venus voir ce nouveau-né dans sa mangeoire. Extraordinaire symbolisme que ce berceau... L'enfant qui y est posé est venu nourrir l'humanité...
A Bethleem, la place, devant l'église de la Nativité se nomme Place de la Mangeoire. Espérons qu'un jour, Palestiniens et Israéliens y partageront ensemble des repas de fête.



L'Adoration des mages ou Epiphanie. Le fond de ces panneaux est souvent remué de nuages gris rose, un peu cendré. Le peintre a refusé un fond pastel et mièvre. Cette brume qui semble venir d'un incendie lointain annonce au-delà des apparences, des jours d'épreuves et de souffrances.
L'enfant reçoit de ses augustes visiteurs : l'or, symbole de la richesse matérielle et du pouvoir royal; l'encens utilisé pour les dieux; la myrrhe pour embaumer les cadavres... L'enfant est Roi, Dieu et Homme à la fois.

Les autres panneaux montrent Jésus au Temple et enseignant aux docteurs de la Loi.


 
L'enfant semble s'envoler avant l'heure sous le regard émerveillé de sa mère et un peu inquiet de son père...


 
Le panneau est moins inspiré que les autres. Tout ce petit monde semble poser. Seule touche ironique, le binoclard du premier plan. Le peintre s'est sans doute amusé, oserais-je dire qu'il a fait un clin d'oeil à cette mode qui se répandait au début du XVIIIème siècle chez les intellectuels...

Le grand tableau central est l'oeuvre d'un peintre assez coté à l'époque : Etienne Garot-Dubuisson, peintre reconnu puisque entretenu par le roi au port de Rochefort. Il représente l'Assomption de Marie. Le tombeau est vide :

 

Marie est partie dans les nuages, environnée d'anges et de cantiques.



Le dogme de l'Assomption n'est corroboré par aucune écriture sacrée. Il a été établi en 1950 par Pie XII mais la croyance en la montée aux cieux de Marie est populaire depuis bien des siècles.

Personnellement, je préfère l'iconographie orthodoxe de la Dormition de la Vierge. Marie est représentée "endormie" et son fils apparaît devant elle. Il saisit un enfant emmailloté qu'il tient dans ses bras et protège. Le nouveau-né, c'est l'âme de sa mère. L'image me touche beaucoup. Celle qui a porté son fils est à son tour portée par lui. N'est-ce pas notre destin d'humain de porter dans nos bras notre mère devenue légère et fragile comme un enfant?

Je ne parle pas aujourd'hui des autres tableaux de cette église. Je consacrerai un article à la gloire locale : Omer Charlet.

Il fait grand soleil. Je vais me baigner avec Nicole, malgré la foule et les méduse
s! Bonnes vacances à tous! 



Eglise Saint-Pierre. Oléron. Nicolas Greschny.



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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières


La ville de Saint-Pierre ne manque pas de charme. Pierre Loti, enfant, aimait y flâner et la maison des aïeules est restée, telle qu'il l'a connue, dans la rue qui aujourd'hui porte son nom. Son corps est enterré dans le jardin protégé de hauts murs :"Ici, dans le jardin de la maison des aïeules, Pierre Loti repose sous le lierre et les lauriers."
L'église se dresse non loin de là. 



Elle n'a rien de bouleversant et semble plutôt ingrate dans une région où l'art roman s'est épanoui dans la blondeur des pierres et la fantaisie des décors. Son histoire est tourmentée et le bâtiment que vous voyez aujourd'hui ne date que du XVIIème. Le clocher que les visiteurs aiment escalader pour jouir d'une vue imprenable sur la petite ville ne date que de la fin du XVIIIème! Quant aux nefs latérales...elles sentent bon leur XIXème! La tribune cependant et le buffet d'orgue ne manquent pas d'une certaine élégance. 



Dans la chapelle du transept gauche, subsistent quelques vestiges romans, comme des bribes de mémoire qui nous permettent d'imaginer et de reconstruire...




Un vitrail conventionnel montre l'apparition du Sacré-Coeur à Marguerite-Marie. Comme j'habite à l'ombre de la Basilique, je ne peux
m'empêcher de lui faire un petit clin d'oeil!



Dans la chapellle de la Vierge, une fresque de Nicolas Greschny se détériore lentement. Greschny est pourtant un grand peintre méconnu. Il est né en Estonie et a dû s'exiler lors de la révolution russe. Il s'est réfugié en Allemagne et a dû fuir devant les nazis... Il est allé en Belgique (université théologique de Louvain) et a dû fuir devant les troupes allemandes...Il est allé en france et...il a été arrêté et interné au camp d'Argelès sur mer!
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Sans rancune, il est resté dans notre beau pays où il a peint de nombreuses fresques, essentiellement dans le sud et le sud-ouest. Il était avant tout peintre d'icônes, dans la tradition orientale et il a donné aux figures des gens les plus simples, une grande noblesse et une grande dignité. Comme ici, ces paysans de l'île d'Oléron, devant la mer et les moulins sous un ciel remué par les vents ou les anges.



Comme ces enfant qui joignent les mains, émerveillés par la mer où naissent les étoiles. L'un d'entre eux est peut-être le petit Julien Viaud, futur Pierre Loti, qui rêve de grands voyages devant les bateaux....

Si vous visitez cette église, ne manquez pas d'aller regarder cette fresque. Vous y découvrirez parmi les artisans, le peintre lui même qui d'une main tient son pinceau comme un cierge et de l'autre, paume ouverte, vous invite à entrer dans la beauté du monde


lien : La lanterne des morts. Saint Pierre, Oléron.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières

,,L'île d'Oléron par un jour gris...
J'espère trouver un peu de lumière en m'approchant de la Lanterne. Elle est plantée en pleine ville de Saint-Pierre depuis bientôt neuf cents ans. Elle est un des rares vestiges romans d'une île qui fut en proie aux incursions anglaises et aux joyeuses destructions fratricides des guerres de religion.

Elle est là, comme un cierge de pierre, comme un phare en pleine terre... Elle est svelte et nerveuse et je la crois capable, dans les nuits d'hiver, quand tous les volets sont fermés, de jouer les fusées et d'aller se balader dans les étoiles...
Un oeil averti vous dira qu'elle n'est en réalité qu'une tour octogonale d'une vingtaine de mètres de haut et que ses faisceaux de fines colonnes se terminent par des chapiteaux réunis par des arcades. Mais l'oeil averti n'aura rien vu de son mystère. Pourquoi cette élégance? Cette harmonie de pierres vivantes?
Son mystère et sa beauté viennent-elles de sa fonction de Lanterne des Morts?
A l'interieur de la tour, un escalier permet d'accéder à la petite terrasse sous le lanternon. Il faudrait aujourd'hui être médaillé d'or du saut à la perche pour accéder à la porte d'entrée. Mais comme nous sommes au centre d'un ancien cimetière, il y a fort à parier que les revenants n'éprouvent aucune difficulté pour voleter jusque là!
Chaque fois que quelqu'un mourait dans la commune, un feu était allumé au sommet de la tour, dans le lanternon. Et le feu brûlait jusqu'à l'inhumation du défunt. Il brillait dans la nuit pour que les vivants pensent à celui qui s'en allait, celui qui avait déjà pris de la hauteur et dont l'âme etait devenue flamme et lumière.
Un autel, au pied de la tour permettait au prêtre de célébrer la messe avant que le corps ne soit porté en terre. Etrange et double mouvement : le corps qu'on enfouit et le feu qu'on élève...
Pour dire à ceux qui pleurent que ce n'est pas en baissant les yeux mais en les levant vers le ciel qu'on peut apercevoir encore ceux que nous aimons.

Quelques signes gravés dans la pierre... Une croix, un coeur, un cercle, des seins peut-être...J'avoue ne pas savoir déchiffrer ces hiéroglyphes. Mais est-ce bien nécessaire?
Aujourd'hui le cimetière a disparu. Vous pensez que la municipalité, pour mettre en valeur ce monument unique a dessiné à ses pieds un jardin de fleurs et de lauriers. Vous vous méprenez. La lanterne des morts veille aujourd'hui sur.....UN PARKING!!!

LIEN : Oléron plage de Grand-Village  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières














     En venant du viaduc, un panneau "Monuments historiques" attire votre attention et vous promet la découverte d'une chapelle du dix-huitième siècle. Vous êtes alléché et pensez qu'un minimum de culture entre deux bains de mer ne peut vous faire de mal. Vous tournez donc vers le centre de Grand Village et vous êtes accueilli aussitôt par une minuscule chapelle fermée à double tour, la chapelle Saint Joseph. Vous regardez l'édifice assez banal et qui ne cache pas lui son origine résolument dix-neuvième pour ne pas dire début du vingtième!!!





















     Renseignement pris, votre impression sera confirmée. Il y eut bien une chapelle en ce lieu mais elle fut détruite complètement et un nouvel édifice vint prendre sa place à la fin du XIXème... Qu'importe, elle a son petit charme et certains villageois m'ont parlé d'une époque pas si éloignée où elle se dressait, solitaire au milieu des champs et des prés envahis de roses trémières. Aujourd'hui, il faut bien cadrer pour que la photo cache son environnement de maisonnettes de vacances qui se sont multipliées comme les pains de la parabole évangélique...

















     Mais ne vous découragez pas et réclamez la clef à Ginette, une adorable dame qui vit tout près de là (la première maison) avec un chien aboyeur qui ne vous mordra pas si vous franchissez la grille vaillamment mais qui attrapera votre main si vous avez l'imprudence de la passer à travers les barreaux.

















     L'intérieur vous réserve une agréable surprise. Murs et voûtes sont peints et vous proposent un voyage naïf dans les campagnes environnantes. Deux anges tendent une banderole enjoignant Dieu de donner son amour au Grand Village. Ce qui est sans nul doute dans ses possibilités étant donnée la modestie de l'endroit  peuplé en hiver de moins de quatre cents âmes...

















    L'artiste Elie Murat  a peint ces fresques qu'il a tenu à offrir à sa petite commune. Sa maison est à quelques pas de là. Vous la reconnaîtrez aux dinosaures composés de cailloux et de coquillages dont les murs du jardin sont ornés. Ainsi sont les artistes, doués ou non, reconnus ou pas, ils ont ce besoin de créer, de saisir les objets et d'en faire des monstres ou des paysages.
    Je l'ai rencontré avant qu'il ne rejoigne ses anges, il y a quelques années. Il était vigoureux, le visage hâlé par les vents d'ouest, le cheveu dru et blanc. Il parcourait les petits chemins et s'arrêtait, émerveillé devant les oiseaux ou les animaux si présents dans la chapelle.


































































































































        Il a souvent peint des ânes. Il devait savoir que ces humbles travailleurs nous précéderont. C'est ce que savait aussi Francis Jammes lorsqu'il écrivait sa prière pour aller au paradis avec les ânes.
    Les oiseaux de toutes plumes habitent le ciel des voûtes. On y reconnaît des habitués de l'île d'Oléron : mouettes, aigrettes, hérons, chouettes chevêches, oies sauvages ou canard patauds.
  Elie Murat a représenté également les hameaux proches de Grand Village : les Allassins, le Chaudron, le Maine, Trillou...


































































    Il n'a pas oublié Grand Village...Il a même représenté la très vilaine mairie dont l'architecture est indigente et les accès à la plage aujourd'hui encombrés de bagnoles, de vélos, de piétons, de bateaux gonflables, de bouées, de poussettes et de quelques malheureux chiens qui risqueront d'être renvoyés dans leur niche. En effet, depuis deux ans les chiens sont interdits de plage. Cette héroïque décision prise après une ou deux plaintes de grincheux qui ne supportaient pas de voir à l'horizon, sur des plages de plusieurs kilomètres nettoyées par les marées, un animal à poils, a sans doute contribué au remplissages des refuges ou à l'abandon pur et simple de compagnons devenus encombrants à l'approche des vacances. Un chien ça pisse et ça chie, voilà le problème.... mais les milliers de baigneurs comme chacun sait ne sont pas pourvus de ces fonctions animales et respectent trop l'océan pour y laisser quelque déchet organique.... Je vous avoue pourtant que j'ai ramassé plusieurs couches garnies aujourd'hui même et qu'elles ne provenaient ni de chiots ni de chiottes....même si elles en avaient l'odeur...
    Si vous avez un chien, je vous conseille la grande plage à St Trojan où familles, naturistes, sportifs
et toutous vivent en parfaite harmonie.

















































































   Au moment de quitter la chapelle, vous faites face au mur nocturne avec ses oiseaux de nuit, le viaduc et ses réverbères allumés comme un passage entre vie et mort.... Le Fort Boyard semble refermé sur lui même dans sa carapace de pierres et au-dessus de l'île, dans un frémissement d'ailes blanches apparait le Christ de la résurrection.



    





























   Sur cette bonne nouvelle, j'envoie un grand salut à l'artiste qui ne manquera pas de le recevoir et je vous souhaite de belles vacances en Oléron ou ailleurs sous la protection du dragon de cailloux et de coquillages d'Elie Murat.



lien : Roses tremieres















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