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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

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Valadon.

Valadon.

Suzanne Valadon (Renoir)

Quand elle vient habiter avec sa mère le bas Montmartre, la jeune Marie-Clémentine Valadon a 16 ans.

Sa beauté qui allie grâce et vigueur attire les peintres qui font d'elle des portraits aujourd'hui célèbres.

Garçon avec un chat (Renoir)

La jeune femme, pendant les séances de pose chez Puvis de Chavannes, Renoir ou Lautrec, ressemble aux chats indifférents qui en réalité observent et méditent...

Raminou (Valadon 1920)

Raminou (Valadon 1920)

Etude de chats (Valadon) 1918

C'est ainsi qu'elle fait l'apprentissage d'un art pour lequel elle avait sans le savoir un véritable don. Elle devient elle même peintre et il n'est pas étonnant qu'elle ait aimé représenter les chats auxquels elle ressemblait!

Etude pour le chat Raminou (Valadon) 1917? Au crayon "mon chat Raminou"

Etude pour le chat Raminou (Valadon) 1917? Au crayon "mon chat Raminou"

Suzanne Valadon et les chats rue Cortot. Raminou.

Sur cette photo prise dans l'atelier de la rue Cortot, on la voit entre son fils et son mari.

C'est un moment heureux, un moment de pose et de pause, d'autant plus harmonieux qu'il y a sur ses genoux le chat Raminou, tête levée vers elle. 

On imagine qu'il ronronne.

Utrillo l'envie peut-être, lui qui a tant souffert de l'absence de sa mère pendant son enfance, lui qui a vu son meilleur ami, André Utter, plus jeune que lui, devenir l'amant puis le mari de sa mère.

Suzanne Valadon et les chats rue Cortot. Raminou.

Raminou

Raminou s'enfuit sous un meuble ou dans les jardins quand Utrillo est en proie à l'un de ses accès de folie. Il attend que le calme revienne avant de retrouver l'atelier lumineux où Suzanne Valadon travaille.

Raminou (Valadon) 1920

Raminou (Valadon) 1920

Raminou  (Valadon1922)

De temps en temps, c'est lui qui se retrouve sur la toile ou sur le carton. Il ignore qu'il sera un jour admiré par les visiteurs des plus grands musées! Les chats n'ont aucune vanité et ne trouvent d'intérêt qu'à la seconde présente!

Suzanne Valadon (Steinlen)

Renoir a croqué Raminou.

Steinlen, l'ami qui vient , en voisin de la rue Caulaincourt dans les jardins de la rue Cortot, l'a souvent caressé. C'est un chat sociable et bien nourri, différent des matous efflanqués du maquis que Steinlen aime saisir dans leur fière indépendance.

Chat sur une balustrade (Steinlen)

Chat sur une balustrade (Steinlen)

Portrait de miss Lily (Valadon) 1922

Portrait de miss Lily (Valadon) 1922

Sur cette toile de 1922 Raminou s'est posé sur les genoux de miss Lily Walton. Il profite de ce temps de silence pour regarder sa maîtresse et s'interroger sur son étrange activité, sur ce pinceau qui court sur la toile comme un moineau. Il a bien essayé alors qu'il était petit de l'attraper mais il a reçu une tape sur l'arrière train qui l'a dissuadé de recommencer!

Parfois d'autres chats que le seigneur Raminou se laissent peindre....

 

 

     Mais le plus souvent, c'est Raminou qui reçoit sur la toile, les caresses de sa maîtresse. Entre le tableau de 1917 et celui de 1932 le représentant, le temps a passé, les jours agités mais souvent heureux de la rue Cortot se sont enfuis.

11 avenue Junot. Maison où mourut Suzanne Valadon.

11 avenue Junot. Maison où mourut Suzanne Valadon.

Suzanne Valadon et André Utter se sont séparés en 1926.

Elle quitte la rue Cortot pour habiter avenue Junot (au 11) dans la maison achetée par son fils avec l'argent qu'a rapporté la vente de ses tableaux.

Suzanne Valadon et les chats rue Cortot. Raminou.

De ces années date le dernier portrait de Raminou. De 1932 exactement. Le chat est âgé d'au moins 16 ans, peut-être 18 puisqu'il a été recueilli adulte.

Le portrait est émouvant. Le vieux Raminou a perdu son éclat fauve. Il est couché sur une table de jardin près d'un bouquet d'œillets dans un pichet.

A côté de lui est posé un linge blanc qui évoque un linceul. Il a les yeux ouverts et regarde toujours sa maîtresse.

Utrillo, Lucie Valore et un chat, au Vésinet.

Utrillo, Lucie Valore et un chat, au Vésinet.

Suzanne Valadon et les chats rue Cortot. Raminou.

     Peut-être vivra t-il encore quelques mois après cet ultime portrait. Trois ans plus tard, c'est Suzanne qui sera hospitalisée et consciente de sa fragilité poussera son fils à quitter l'avenue Junot pour épouser Lucie Valore et vivre avec elle au Vésinet.

Les trois dernières années de Suzanne sont terribles. Elle supporte mal sa solitude, ne sort plus que la nuit pour traîner avec les clochards de la Butte.

Elle meurt d'une hémorragie cérébrale en 1938.

On dit que les chats ont des pouvoirs magiques.

Raminou, le petit compagnon des années heureuses est sans doute venu, à pattes de velours, dans cette nuit brutale. Il a entraîné sa maîtresse dans le grand jardin de la rue Cortot qu'elle aimait tant et où le printemps les a accueillis...

Jardins rue Cortot et atelier de Suzanne Valadon

Jardins rue Cortot et atelier de Suzanne Valadon

Raminou (Valadon)

Raminou (Valadon)

Avec des brins de mimosa et un coussin bleu...

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités

 

      Voilà une figure inoubliable de Montmartre ...

Un homme qui a marqué la Butte de sa gouaille et de sa fantaisie. Un épouvantail, un ivrogne, un dépravé, un magouilleur...

Clochard sublime, roi de la bohême, mythomane kleptomane, affabulateur narquois... Que n'a-t-on dit de lui ! 

    De son vrai nom, André Joseph Salis de Saglia, Bibi La Purée était un trouble personnage, fascinant et repoussant à la fois...

Il était mendiant, pique-assiettes, cireur de chaussures, entremetteur et selon certaines langues vipérines (ou non), indic !

 

    Ce qui est certain c'est qu'il errait dans Montmartre, entre deux vins ou deux absinthes, vêtu de hardes malodorantes. Il assurait aux passants qu'il était en mesure de leur fournir tout ce dont ils avaient besoin. Ainsi était-il souvent chargé d'objets hétéroclites, selon les demandes qu'il avait reçues.

Il s'était spécialisé dans les vols de parapluie et le cirage des pompes.

                                          Bibi cireur de chaussures (Jacques Villon)

    Ce Bibi (1847- 1903) fut aussi compagnon de Verlaine qu'il rejoignait au Quartier latin. Il prétendait être son secrétaire et avoir été son amant. On ne prête qu'aux riches !

                    Verlaine, Bibi et Mallarmé au Procope. (1890, Serafino Macchiati)

    C'est en partie grâce à cette relation avec le poète que l'on parle encore de lui aujourd'hui.

C'est aussi parce qu'il a attiré l'attention de peintres et de poètes qui fréquentaient la Butte et le choisirent pour modèle...

                                                           Bibi la Purée. Picasso.

 

                                                    Bibi la Purée assis. Picasso.

                                                           Bibi (Jacques Villon)

                                                         Bibi la purée (Bottini)

 

                                           Bibi à la pittoresque allure a été peint par Picasso, jacques Villon, Bottini et croqué par Steinlen qui avait l'habitude des matous efflanqués...

Il aurait pu l'être par Renoir dont il fréquentait la cuisine, rue Girardon, où Adèle le laissait vider un bocal de cornichons et un litre de rouge, en écoutant d'une oreille distraite les poèmes qu'il débitait pour payer son écot !

                     Il a même été immortalisé dans le bronze par Bailleul!

...Et il apparaît ici ou là dans des poèmes ou des romans.

Jehan Rictus lui consacre une complainte :

                                             Bibi-Rictus-Steinlen.jpg

                                   Dessin de Steinlen pour "Les Soliloques du Pauvre" de Rictus.

 

Complainte pour complaire à Bibi-La-Purée

 

"Stupeur du badaud, gaîté du trottin,

Le masque à Sardou, la gueule à Voltaire,

La tignasse en pleurs sur maigres vertèbres

Et la requinquette au revers fleuri

D'horribles bouquets pris à la poubelle,

 

Ainsi se balade à travers Paris,

Du brillant Montmartre au Quartier latin

Bibi-La-Purée, le pouilleux célèbre,

Prince des crasseux et des Purotins.

 

(...) Va comédien, noble compagnon,

Cabot de misère, ami de Verlaine,

Errant de Paris, spectre d'un autre âge

Que ne renieraient Gringoire ou Villon."

                                                         Dessin de Sophie Pimberton

    Paul Fort le cite dans son poème "L'Enterrement de Verlaine", comme compagnon fidèle et garde du corps du poète !

Poème que Brassens enregistrera un demi siècle plus tard ! 

 

                                                       L'enterrement de Verlaine.

(...) N'importe ! Je suivrai toujours, l'âme enivrée

Ah ! Folle d'une espérance désespérée

Montesquiou-Fezensac et Bibi-la-Purée

Vos deux gardes du corps - entre tous moi dernier."

                                                      Bibi par Géo Dupuis

 

                               Raoul Ponchon lui consacre un poème sans concession :

 

(...) "Qui étais-tu? D'où venais-tu?

Espèce de Bibi têtu,

Entre le vice et la vertu.

 

Paresseux jusqu'au délire

Et maigre au point qu'on pouvait lire

Toutes les cordes de ta lyre !

 

Que le Seigneur et Notre-Dame

Prennent pitié de ta pauvre âme

Ta pauvre loque et chiffe d'âme !"

 

Voilà qui n'est pas très flatteur, mais que savait Ponchon de l'âme de Bibi?

 Ce Bibi qui lui-même se prétendait poète. Ce qui à en juger par ses vers n'est pas évident... 

                                                                 Portrait d'homme (Bibi la purée) Picasso.

 

La Lettre à deux sous

 

"Depuis Monsieur Grévy, l'on corne à nos oreilles

Des journaux, chaque matin

Qu'on nous mijote un beau destin

Tout de velours, d'or, de satin :

Des impôts pour la frime et des lois sans pareilles,

Du pain garni de beurre, au-dessus, en-dessous,

Rien que des folles nuits, après des jours bien calmes,

Des rubans et des croix, des poireaux et des palmes

Et surtout la lettre à deux sous !!!"     (...) 

                                             Portrait de Bibi (Sophie Pimberton)

       Après la mort de Verlaine, en 1896, Bibi se transforme en revendeur officiel d'objets, de lettres, ayant appartenu au poète. Il en fait un commerce lucratif, comme le fut le celui des reliques de la vraie croix au Moyen-Âge!

Ainsi, parvint-il à fourguer plusieurs dizaines de cannes ayant appartenu à Verlaine

                                  

                                            bibi_la_puree-Biscot.jpg

         Bibi meurt quelques années plus tard à l'hôpital de la Pitié. Pendant quelques années son souvenir reste vivace à Montmartre et au Quartier latin. Un char à son effigie est promené par les étudiants lors d'un carnaval et plus tard, en 1934, le film de Léo Joannon portera son nom!

     Personnage étrange qui semble faire un pied de nez à la mort avec son sourire matois et sa dégaine de j'menfoutiste, il n'a pas disparu de la Butte...

Vous le rencontrerez peut-être, rue Lepic ou rue Norvins, et comme il pleut souvent sur la Butte, vous aurez l'occasion de lui acheter un parapluie!

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                                                           bibi la purée (Pablo Tillac)

 

 

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Liens : 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #Peintres

  

             Jardin de Paris: Jane Avril, 1893. Lithographie 4 couleurs (124 x 91,5 cm)

 Jane Avril est à part dans le monde nocturne de Montmartre. Elle n'a pas la sensualité débridée de Nini patte en l'air ou de la Goulue. Elle séduit sans se prostituer; elle danse sans se déshabiller. Etrange et mystérieuse, elle traverse la nuit comme un navire traverse un détroit houleux.  

 

         Toulouse Lautrec ne s'y trompe pas... Il la reconnaît comme une soeur douloureuse. Pour elle, il délaisse la Goulue à la sensualité débordante. Il la regarde, il l'aime, il saisit sa solitude, son désarroi, sa dignité. Il la montre telle qu'elle est quand elle danse, avec cette énergie qui stupéfie, avec cette distinction qu'on retrouvera plus tard chez Marlène dietrich...

    Dans la rue, elle marche seule, avec son lourd passé de petite fille mal aimée, d'enfant battue par une mère alcoolique qui n'était préoccupée que d'elle et d'elle seule. Elle se sait fragile, à la merci d'une crise d'épilepsie. Elle a rendu visite à Charcot à la Salpétrière. Elle a espéré qu'il la guérirait de ses angoisses et de cette hystérie qui parfois la submerge et lui vaut des surnoms sans pitié : Jane la folle, Mélinite...

                                              Jane-Avril-008.JPG

      Entre artistes on se comprend. On voit ce que les autres ne voient pas. Cette tristesse, ce refuge du corps dans les étoffes fermées.

     Ce désir inexprimé d'un ailleurs. D'une vie avec un homme aimé, loin des paillettes et des bulles de champagne.

                               Jane-Avril-012.JPG

 

     Comment imaginer que ce visage-là déchaîne l'enthousiasme et la passion?

C'est qu'elle est double Jane Avril. Elle est la danseuse montmartroise, du Divan Japonais, des Folies Bergères... Elle est en même temps l'amie d'écrivains rares comme Huysmans ou Alphonse allais qui rêve de l'épouser...

       Sur l'affiche du Divan Japonais, elle est assise devant la scène où Yvette Guilbert croise ses gants noirs, mais c'est elle la vedette. Elle est la longue dame noire. Elle est l'élégante à l'éventail vers qui se penche Edouard Dujardin, ami de Mallarmé et passionné de Wagner ...

      Elle est l'ambassadrice d'un French-Cancan qui serait dansé par une reine. C'est elle qui à Londres ou à Madrid, en donnera l'image la plus vive et la plus poétique. Une danse violente de sexe et de passion, mais aussi une danse de l' immédiat, du moment réel contre l'éternité abstraite.

                                   Jane-Avril-018.JPG

Jusqu'à la mort du peintre, elle restera son amie. Il y eut entre eux une proximité plus forte que l'union des corps.

 

                       Le peintre l'a vue, l'a peinte comme un voyant sait peindre. Le mouvement, l'ondulation, le jeu, la tragédie...

Le serpent qui frôle le sein sur la robe noire. Le serpent de Cléopâtre. Le serpent du temps qui glisse...

 

      Jane Avril a fini par trouver l'homme de sa vie, le journaliste et dessinateur Maurice Blais qu'elle a suivi à Jouy en Josas pour y vivre 16 années plus paisibles...

                                                        Jane Avril par Maurice Blais

Quand il meurt, il la laisse sans un sou et Jane n'a même pas la ressource de vendre les dessins et les croquis que Toulouse Lautrec lui a offerts. Il y a longtemps déjà qu'elle en a fait cadeau à des amants de passage...

Sacha Guitry interviendra pour la faire entrer dans un hospice où elle passera les dix dernières années de sa vie.

 Elle dansera une ultime fois, à 67 ans, invitée par Max Dearly.

     Elle mourra huit ans plus tard et sera enterrée au Père Lachaise.

            Sans doute eût-elle préféré Montmartre où elle rencontra son  grand ami, Toulouse Lautrec, celui grâce à qui elle est vivante aujourd'hui....

 

 

Liens :

Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique.

Musée de l'érotisme. Pigalle.

Poulbot. Panneaux de Faïence. Rue Damrémont. Montmartre.

 

avril-005.JPG

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #Peintres

 

Louise Weber est devenue une légende montmartroise et c'est grâce à Toulouse Lautrec qu'elle est aujourd'hui connue dans le monde entier.

Elle ne pouvait naître qu'en été (juillet 1866) dans une banlieue populaire (Clichy La Garenne).

Ses parents sont des Juifs alsaciens modestes qui ne se doutaient certes pas que leur fille poserait ainsi, les seins offerts aux regards avides de ses admirateurs.

 

.la goulue nue

     Elle passe à la postérité sous le nom de "La Goulue" que lui aurait valu sa propension à vider tous les verres qui se trouvaient sur son passage. Peut-être se souvint-on également, en la baptisant, qu'elle fut plus ou moins découverte par un dénommé Goulu-Chilapane qui l'accueillit dans son hôtel particulier de l'avenue du Bois.

Son corps sensuel, un peu provocant correspond au goût de l'époque qui appréciait la féminité généreuse.

goulue st vincent 056

                                      La Goulue (à droite) et Casque d'or (à gauche)

    C'est au Moulin Rouge qu'elle rencontre la gloire, après avoir dansé au Moulin de la Galette, à l'Elysée-Montmartre et au Jardin de Paris.

Il est difficile d'imaginer en voyant ces photos, avec quelle vitalité canaille elle danse le cancan. Elle en est le vedette et elle a toutes les audaces, interpellant les mâles quel que fût leur rang.

Elle n'hésite pas à lancer au prince de Galles, futur Edouard VII : "Hé Galles! Tu paies l'champagne! C'est  toi qui régales ou c'est ta mère qui invite?"

     Imaginez la meneuse de revue du Moulin-Rouge, lançant une telle question à notre président ? 

goulue st vincent 053

                         La Goulue et Valentin le Désossé à l'Elysée-Montmartre

Valentin le désossé en fait son élève préférée. C'est avec elle qu'il danse le chahut. Toulouse Lautrec les représente tous les deux sur la célèbre afffiche du Moulin rouge.

 

Etonnante affiche d'une simplicité qui n'est qu'apparente. Valentin apparaît, silhouetté en gris au premier plan tandis qu'à l'arrière des ombres chinoises suggèrent tout un monde de noceurs, chapeaux hauts- de-forme et aigrettes, tournés vers la vedette, celle qui saute comme "une chèvre" et lève la jambe comme aucune autre, faisant tourbillonner ses jupons affolants.

Le regard est attiré vers ses cuisses, vers la corolle blanche qui accroche la lumière. En quelques traits Lautrec suggère le mouvement et l'audace.

                                                       La Goulue et Valentin

                   Le peintre reste l'ami de la Goulue bien après les triomphes.

               Sur cette photo, ils sont côte à côte, comme un couple de bons vivants...

    Elle est représentée sur cette litho, croquée de dos, silhouette nerveuse et coiffure portée comme un emblème, une plume d'apache!

La femme à ses côtés a parfois été prise pour sa soeur car elle l'accompagnait souvent. Il s'agit en réalité de la Môme Fromage, grande amie de la Goulue.

                                                        Au Moulin-Rouge ou la Promenade (La Goulue). 1892. Peinture sur carton

                                                                        La goulue entrant au Moulin-Rouge. 1892. Huile sur carton.

C'est un des portraits les plus célèbres de la Goulue. Lautrec ne l'a pas flattée. Elle arrive en tenue provocante, les seins presque nus, le corps souple et cambré.

  Elle est saisie à son insu, un sourire amer, un sourire qui tourne à la grimace et qui est empreint de lassitude sur un visage fatigué. Le corps joue toujours le jeu mais le visage tombe le masque. Le temps commence à gagner la partie...  

     Bientôt la goulue plaira moins. Elle se mettra à son compte et s'exhibera dans les foires foraines. Son ami peint pour elle les grands panneaux décoratifs exposés en façade de sa baraque.                                

                                          La danse au Moulin rouge 1895

           Pour attirer le passant, il rappelle le prestigieux passé de l'artiste. Il la représente au Moulin-Rouge avec Valentin le Désossé (Jane Avril apparaît à l'arrière-plan, avec son immense chapeau).

                                                              La danse mauresque, les Almées, 1895.

     Le deuxième panneau est une annonce de son nouveau spectacle donné dans la baraque. On reconnaît au premier plan Jane Avril, Lautrec lui-même, blotti contre elle, le critique Félix Fénéon.

Quelques années plus tard, la Goulue endettée devra vendre ces panneaux qui seront découpés par un marchand cupide et stupide. Ce n'est qu'en 1929 qu'ils seront rachetés et restaurés par le Louvre. Ils sont aujourd'hui exposés au musée d'Orsay.

    Les dernières année de La Goulue ressemblent à un roman tragique. Elle apprend à dompter les fauves qui  l'agressent au cours d'un spectacle. Son mari, Joseph Nicolas Droxler, épousé en 1900, magicien de métier,  ne parvient pas à s'escamoter devant les balles prussiennes et meurt à la guerre de 1914.

        Le Petit Journal. La Goulue et son mari agressés par un puma le 24 janvier 1904

            

               Son fils, né de père inconnu mais qu'elle prétend "prince"meurt à 27 ans.

Goulue-et-Simon.JPG

                                                      La Goulue fait la parade à côté de son fils Simon... 

Elle va vivre dans une roulotte à Saint-Ouen. Elle recueille sans rancune des animaux de cirque éclopés, des chiens et des chats qu'elle nourrit en se privant du nécessaire. 

 

Elle retourne au Moulin-Rouge mais sans y entrer, sur le trottoir où elle vend des cacahuètes et des cigarettes.

Elle meurt à l'hôpital Lariboisière en janvier 1929 et elle est enterrée à Pantin. C'est en 1992 que ses restes sont transférés à quelques dizaines de mètres du Moulin-Rouge, au cimetière de Montmartre où sa tombe est toujours fleurie.

 

          A en croire les nuages qui juponnent si souvent dans le ciel de Paris, La Goulue danse toujours le french-cancan avec les anges tandis que Lautrec, un verre d'absinthe (herbe sainte) dans une main et fusain dans l'autre crayonne sur le ciel blanc.

 

 

Liens : Montmartre: Jane Avril, Toulouse Lautrec.

 

Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique

 

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Le théâtre de l'Œuvre, Lugné Poe.

    Il est bien caché dans son impasse pompeusement appelée "Cité Monthiers".

Qui passe rue de Clichy ne peut imaginer qu'il est caché là, de l'autre côté de l'arcade! 

Le théâtre de l'Œuvre, Lugné Poe.

Le théâtre de l'Œuvre!

Il n'est pas tout jeune mais porte beau ses presque 130 ans! Son histoire est quelque peu mouvementée.

C'est un comédien, Lugné-Poe qui en est à l'origine en créant une nouvelle troupe venue du Théâtre libre d'Antoine, soucieuse de se dégager du réalisme pour défendre les jeunes auteurs du Symbolisme.

Le théâtre de l'Œuvre, Lugné Poe.

    Une petite salle est disponible 55 rue de Clichy, Cité Monthiers, la salle Berlioz où la troupe s'installe en 1893. La salle est alors appelée "maison de l'œuvre", puis "théâtre de l'œuvre".

 

    Les auteurs nordiques (Ibsen, Strindberg) sont mis à l'honneur ainsi que de jeunes auteurs français comme Bataille ou Jarry, jusqu'en 1899 où la salle ferme une première fois.

                                                  Autoportrait (Vuillard 1890)

   Pendant ces années fécondes Lugné Poe s'assure la collaboration de Vuillard qui est engagé comme lui dans la défense des Nabis. C'est d'ailleurs Vuillard qui suggère à Lugné Poe le nom donné au théâtre en ouvrant au hasard un dictionnaire et tombant sur le mot œuvre.

Théâtre de l'Œuvre (Vuillard)

Théâtre de l'Œuvre (Vuillard)

     Le peintre qui partage avec Bonnard, Maurice Denis et Lugné Poe l'atelier du 28 rue Pigalle crée de nombreux programmes et décors, malheureusement perdus pour la plupart. Entre autres "Rosmersholm" d'Ibsen en 1893, "Solness le constructeur" d'Ibsen en 1894, "Salomé" de Wilde en 1896, "Ubu roi" de Jarry en 1898.

 

    En 1912, Lugné Poe redonne vie au théâtre qu'il dirige jusqu'à sa deuxième fermeture pour cause de guerre en 1914.

                                                          Claudel et Lugné Poe

Cette renaissance éphémère est marquée par une création qui fera date, celle de "l'Annonce faite à Marie" de Claudel, mise en scène par Lugné Poe avec le concours de Claudel lui-même.

                                                Décor de Jean Variot

C'est Jean Variot qui, sans le talent de Vuillard assume le décor trop "signifiant" de cette création. 

    Pendant les années de guerre, le théâtre reste muet. Il ne retrouvera la parole qu'en 1919, toujours avec Lugné Poe.

                                                Autoportrait 1920. Artaud

C'est cette année qu'Antonin Artaud rencontre Lugné Poe qui ne manque pas d'être frappé par l'intensité et la présence de son regard. Il lui confie quelques petits rôles, essentiellement pour l'aider financièrement mais c'est grâce à Dullin qui l'intègre dans sa troupe en 1921 qu'Artaud se révèle vraiment comme acteur. 

   

 En 1929, Lugné Poe qui est âgé de 60 ans quitte le théâtre. Lucien Beer et Paulette Pax prennent alors la relève.  

     Paulette Pax est actrice en même temps que metteuse en scène.

Dans l'Hermine de Jean Anouilh (dont elle assure la mise en scène), elle a pour partenaire Pierre Fresnay.

Les acteurs de grand talent ne manquent pas sur la scène du théâtre de l'Œuvre : Jules Berry, Odette Joyeux, Jean Dasté, Edwige Feuillère, Jean Servais, Tania Balachova...

                                                   Paulette Pax par Van Dongen

Seule sa mort en 1942 interrompra la belle carrière de Pauline Pax.

      Citons pendant ces années créatrices, parmi les représentations remarquables : "Les chevaliers de la Table ronde" de Cocteau avec Jean Marais ou  "Rois de France" de Rostand avec Harry Baur... 

 

     Lucien Beer se voit interdit de direction à cause de la loi de Vichy sur le statut des Juifs . Jacques Hébertot assure la relève pendant les années d'occupation. A la Libération Lucien Beer, assisté de Raymond Rouleau retrouve son théâtre.

     

      Plusieurs directeurs se succéderont jusqu'à nos jours, notamment Georges Wilson, directeur artistique de 1978 à 1995. Il signera pendant ces années les principales mises en scène comme Eurydice de Jean Anouilh ou Sarah et le cri de la langouste de John Murrell avec Delphine Seyrig.

 

    Dans les années 2000, Michel Bluwal signera plusieurs mises en scène et dans les années 2010 Alain Françon et Michel Fau... Du beau monde!

Michel Aumont et Michel Duchaussoy dans David et Edward mis en scène par Bluwal.

      Aujourd'hui le théâtre va son petit bonhomme de chemin et ne fait plus parler de lui. Des humoristes (Alex Vizorek, Félix Demaison) s'y produisent.

                                              Lugné Poe par Vuillard

 L'innovation et l'audace ont quitté la cité Monthiers. Elles reviendront peut-être un jour, nostalgiques de Lugné Poe, curieuses de mises en scène nouvelles et de décorateurs audacieux. La Belle au bois ronflant sera-t-elle réveillée par le baiser d'un Lugné Poe contemporain?

Le théâtre de l'Œuvre, Lugné Poe.

Liens:

Les rues de Montmartre

Les lieux et curiosités de Montmartre

Les artistes et célébrités de Montmartre.

                                                Vuillard. Ubu roi.

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1ère partie de la rue de Liège (au fond la rue de Clichy)

1ère partie de la rue de Liège (au fond la rue de Clichy)

     Dans la quartier de l'Europe, la rue de Liège a oublié qu'elle s'appelait à sa création rue de Berlin!

 

   

                                                         Jardins de Tivoli

      Elle a été ouverte en 1826 à l'emplacement des jardins de Tivoli, tout d'abord jusqu'à la rue d'Amsterdam qu'elle atteint en 1840 avant d'être prolongée jusqu'à la rue de Clichy par l'élargissement du passage Grammont. Telle qu'elle est aujourd'hui, elle va donc de la rue de Clichy à la place de l'Europe- Simone Veil sur 400 mètres. 

Rue de Liège à Paris. Entre Nouvelle Athènes et quartier de l'Europe.

   En 1914, Berlin n'étant pas vraiment dans le cœur des Français, la rue est débaptisée et prend le nom d'une ville amie, Liège, où la résistance à l'envahisseur allemand  en août a été héroïque. Sur cette photo nous pouvons voir l'ancien nom à moitié caché par un volet et le nouveau inscrit sur un carton.

                     Le 1 rue de Liège.

Le 1 rue de Liège.

    La rue commence dans le IXème arrondissement, son premier numéro est un bel immeuble construit en 1900 qui fait partie de l'ensemble qui a pour adresse le 37 rue de Clichy. Bel immeuble typique de l'art bourgeois du début du XXème siècle rétif aux audaces de l'art nouveau.

                                           Le 37 rue de Clichy

Rue de Liège à Paris. Entre Nouvelle Athènes et quartier de l'Europe.

   Le 2 en voie de ravalement abrite toujours un café dont il nous reste des photos du début du XXème siècle :

 

 

Le 3 est un des rares immeubles de la rue à être classé au titre de la protection patrimoniale.

Original avec ses grandes arcades qui entourent les deux premiers étages, avec la saillie de la corniche et sa frise décorée de briques émaillées, il date de 1926 et a été construit par l'architecte Paul Marozeau.

Cet architecte qui vécut de 1879 à 1942 a réalisé plusieurs immeubles à Paris.

L'un d'eux, quai de la Rapée, était une extension du "château urbain" édifié par Paul Friezé en 1899 et détruit sans vergogne pour être remplacé par les immeubles plats et sans imagination qui jouxtent la gare de Lyon.

Rue de Liège à Paris. Entre Nouvelle Athènes et quartier de l'Europe.

     Le 3 a été l'adresse d'un célèbre cabaret : le "Shéhérazade" qui est un lieu historique et devrait porter une plaque commémorative comme Paris les affectionne. Il a été créé en 1928 et a accueilli la  chanteuse, compositrice et guitariste russe Anna Marly (Anna Yurievna, 1917-2006).

 

    Cette Anna Marly devrait être célébrissime car c'est elle qui composa la musique et les paroles russes dont s'inspirèrent Kessel et Druon, du Chant des partisans!

Elle est également l'autrice d'une chanson qui fut popularisée par Léonard cohen et Joan Baez, "The partisan".

 

    L'ironie de l'histoire fait que ce cabaret (sans Anna Marly qui avait fui le Paris de l'occupation) fut très apprécié des officiers nazis et vanté par les guides touristiques allemands!

 

4 rue de Liège

4 rue de Liège

    Le 4 s'est appelé à sa création "Grand hôtel de Liège" avant de se mettre à la mode en se baptisant "New hôtel".

       Un nom qui après quelques années cesse d'être pertinent! Il est difficile d'être "new" très longtemps!

5 rue de Liège.

5 rue de Liège.

Le 5 est un bel hôtel particulier construit en 1851 et remanié à plusieurs reprises.

Le 6

Le 6

    Le 6 est un immeuble construit dans la première moitié du XIXème. Rien à dire sinon qu'il abrite le cabinet de mon gastéropode (gastro entérologue)!

Rue de Liège à Paris. Entre Nouvelle Athènes et quartier de l'Europe.

     Le 7 a grande allure, sorte de petit château urbain... il fut propriété du célèbre collectionneur d'art John Bowes qui y entreposa de nombreuses acquisitions. Pour les abriter il fit construire en Angleterre un château à la française connu de nos jours sous le nom de Bowes Museum.

Il fit l'acquisition du Théâtre des Variétés où il rencontra sa future épouse, une actrice lyrique, Joséphine Coffin-Chevalier qui, admiratrice de Victor Hugo se faisait appeler Mademoiselle Delorme.

Le 8. (1849)

Le 8. (1849)

Le 9.

Le 9.

     Ne vous fiez pas aux sites qui continuent de faire du 9 rue de Liège le siège de la Fédération Française de rugby. Ils n'ont pas mis leur montre à l'heure depuis 2010, année où la Fédération déménagea à Marcoussis où elle a toujours ses bureaux! L'immeuble est devenu un hôtel 4 étoiles, l'Opéra Liège.

Le 10 (1880)

Le 10 (1880)

Le 11

Le 11

     Viennent ensuite quelques beaux immeubles de la première moitié ou de la fin du XIXème siècle...

Le 12 (1850)

Le 12 (1850)

Le 13 (1892)

Le 13 (1892)

     Le 13 porte le nom de son architecte, Antonin Flandre et sa date de construction,1892.  

Rue de Liège à Paris. Entre Nouvelle Athènes et quartier de l'Europe.

   Quelques immeubles encore se succèdent sans rien avoir à nous raconter jusqu'à la rue d'Amsterdam..

    Seul le 18 porte le nom de son architecte : Mortier 1846, ce qui est assez rare pour les immeubles de style Restauration ou Louis-Philippe (ce qui est le cas du 18). Je n'ai trouvé à l'actif de cet architecte que la réalisation du clocher de l'église Saint-Martin à, Savenay!

 (Grâce à un ami lecteur de ce blog, je peux compléter les informations sur Athanase Mortier. certains croquis de ses réalisations sont conservés, comme celui du 11 rue de Milan, toujours debout, dans le quartier de l'Europe :

     Il fut chargé de la constructions de bâtiments à l'emplacement de ceux qui avaient été incendiés sous la Commune. Cette activité lui valut d'être honoré du titre de Chevalier de la Légion d'Honneur, d'autant plus que l'hôtel de Salm, siège de la chancellerie, incendié en 1871, fut restauré par ses soins. Il conserva les élégantes façades restées debout et repensa  l'aménagement intérieur.)

 

     Nous quittons maintenant le IXème arrondissement avec les deux immeubles à pan coupé qui donnent sur le carrefour avec la rue d'Amsterdam.

En réalité la frontière n'est pas si nette entre la Nouvelle Athènes et le quartier de l'Europe.

Rue de Liège à Paris. Entre Nouvelle Athènes et quartier de l'Europe.

    Nous sommes au métro Liège (ancien Berlin). La station a été construite par la Société du Nord-Sud et ouverte en février 1911. Fermée en 1938, elle a été pendant presque trente ans une de ces "stations-fantômes" parisiennes où les rames ne faisaient que passer sans s'arrêter. Elle ne sera rouverte qu'en 1968.

 

    Elle a la particularité d'avoir deux quais qui ne se font pas face. On peut parler de deux demi-stations. Cette bizzarerie est due à l'étroitesse de la rue d'Amsterdam sous laquelle le tunnel a été creusé.

 

    Des céramiques évoquent les paysages et les monuments de la province de Liège. Direction nord elles sont l'oeuvre de Daniel Hicter et sont polychromes.

Direction sud elles ont été créées par Marie claire van Vuchelen et sont en bichromie bleue.

Le 24

Le 24

    Le 24 est un bel hôtel néo Renaissance élevé en 1877 par l'architecte Albert Duclos. Portes géminées en anse de panier, rinceaux et médaillons lui confèrent un charme qui lui valent d'être classé.

Eden théâtre.

Eden théâtre.

Albert Duclos qui aimait l'orient est resté célèbre grâce à l'Eden théâtre avec ses clochetons en pagode en grande partie détruit mais dont l'un des foyers est devenu la Comédie Parisienne, aujourd'hui théâtre de l'Athénée.

Il subsiste en revanche son hammam de la rue des Mathurins, un des immeubles les plus dépaysants de la capitale!

Le 26

Le 26

   Le 26 de 1885,  est l'oeuvre de Charles Taisne (1850-1900), architecte post-haussmannien dont on connaît à Paris quelques réalisations comme le 7 rue d'Odessa.. Il s'agit de l'hôtel de Madame Mareuse

Rue de Liège à Paris. Entre Nouvelle Athènes et quartier de l'Europe.

     L'hôtel aurait été été habité dans la première moitié du XXème siècle par cette femme haute en couleurs, ardente féministe qui s'est illustrée en participant à des courses automobiles, notamment aux 24 heures du Mans. En 1930, c'est la première fois que des femmes y étaient admises! Marguerite Mareuse et Odette Siko sa co-équipière étaient arrivées à la 7ème place sur leur Bugatti!

Le 27.

Le 27.

Le 27 a perdu le souvenir de sa vie antérieure lorsqu'il abritait bureaux et ateliers de matériel chirurgical.

                          Le 25 (petit hôtel Restauration) et le 27

La photo permet de deviner au 25 un bel hôtel de style restauration aujourd'hui remplacé par une de ces verrues sans style qui se soucient comme d'une guigne de l'harmonie urbaine!

Le 25 qui a obtenu, on n'essaie pas de savoir comment, une dérogation pour dépasser de plusieurs étages la hauteur imposée. 

Le 28

Le 28

    Le 28 ne porte pas de plaque et pourtant il n'est pas banal! Il est en effet construit par un architecte dont on ne dira jamais assez le génie : Viollet le Duc. Si on connaît son travail immense (travail à la fois d'érudit et de poète) pour la restauration de monuments menacés ou en ruines, on connaît moins ses immeubles civils. 

68 rue Condorcet. On remarquera le hibou grand duc, totem choisi par l'architecte, en console sous le balcon du 4ème.

68 rue Condorcet. On remarquera le hibou grand duc, totem choisi par l'architecte, en console sous le balcon du 4ème.

... Et pourtant! Notre quartier nous offre quelques unes de ses réalisations où se manifestent à la fois sa culture influencée par le gothique et son sens de la simplicité, du pratique et du rationnel. Citons le 68 rue Condorcet (sa demeure)...

 le 15 rue de Douai, Le 23 rue Chauchat, le 42 rue Lafayette. 

     Le 28 a été construit pour Henri Courmont (1813-1891), secrétaire de la commission des Monuments Historiques, son ami qui était aussi photographe.

Un de ses clichés montre le château de Pierrefonds avant sa restauration par Viollet-le-duc.

Le 31

Le 31

Au 31 un académicien à la plume prolifique est venu habiter en 1935 jusqu'à la fin de sa vie.

Il s'agit de Georges Duhamel qui rédigea une bonne partie de sa "Chronique des Pasquier" rue de Liège!

Le 35

Le 35

Le 41

Le 41

     Le 41 a été édifié en 1880 par Eugène Bardon (1843-1901), architecte qui édifia de nombreuses villas à Chatou et qui fut en vogue grâce à son pavillon de l'expo de 1878 très apprécié des visiteurs.

 

     Les derniers numéros de la rue sont d'opulents immeubles post haussmanniens très représentatifs de l'architecture du quartier de l'Europe.

Des deux côtés de la rue, ils font penser avec leur jardin qui épousent la forme arrondie de la place Simone Veil aux immeubles construits par Hittorf pour la place de l'Etoile.

 

     Nous voilà maintenant sur la place, au-dessus des voies de la gare St-Lazare... autre quartier, autres histoires.

Mais si vous vous asseyez à la terrasse d'un café de la rue de Vienne qui est dans le prolongement de la rue de Liège, vous vous étonnerez peut-être que cette dernière ait gardé son nom alors que la même année où l'on débaptisait la rue de Berlin, on décidait que les cafés viennois seraient pour toujours appelés cafés liégeois!  

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La vachalcade de Montmartre (Pelez)

La vachalcade de Montmartre (Pelez)

   Fernand Pelez (1848-1913) est contemporain de Toulouse Lautrec et de Degas. Comme eux il s'est intéressé aux artistes mais plus qu'eux son regard a été marqué par la fraternité et la compassion. Pas étonnant qu'il ait eu peu de succès, ses toiles ne montrent pas les lumières des théâtres, ni les belles passantes des rues. Elles disent la misère et le rude labeur de survivre.

 

   Celui qui dans le Montmartre du XXème siècle lui ressemblera le plus, non par le style, non par la palette mais par la générosité du regard, c'est Poulbot, le peintre des gosses.

 

 

   Parce que les gosses, il les connait Fernand Pelez. Il voit sur le boulevard de Clichy où il a son atelier les mendiants qui espèrent attendrir les noctambules et les amateurs de jolies danseuses.

le martyr. Le marchand de violettes.

le martyr. Le marchand de violettes.

... Et quand il peint le petit vendeur de violettes, épuisé, affamé, presque mort, il appelle sa toile : le martyr. Quand il y a martyr, il y a bourreau. On ne peut s'empêcher de le rechercher ce bourreau, devant ces victimes dont la tristesse détruit la joie et la vitalité.

 

                                              Le petit marchand de citrons

   Certes Fernand Pelez a dû regarder Murillo et ses mendiants exposés au Louvre, mais le choix qu'il a fait après des études académiques avec pour maître un grand peintre, Cabanel, c'est un engagement, un renoncement au succès, à la fortune, alors que ses toiles avaient été remarquées et honorées au salon.

Adam et Eve. Première période de Fernand Pelez, encore académique.

Adam et Eve. Première période de Fernand Pelez, encore académique.

    Il y a au Petit Palais une toile exceptionnelle qu'il faut voir à tout prix pour mesurer le génie de Fernand Pelez "Grimaces et misère" de 1888.

Fernand Pelez. Un grand peintre de Montmartre à la Belle époque. Le peintre des pauvres.

     Et quelle toile!

 Sept mètres de largeur! (2 mètres 61 de hauteur). Présentée au salon de 1888, elle fit sensation. Elle resta dans l'atelier du peintre jusqu'à sa mort. Elle entra alors au musée où elle continue d'impressionner les visiteurs.

La toile dans l'atelier du peintre, 62 boulevard de Clichy.

La toile dans l'atelier du peintre, 62 boulevard de Clichy.

      Elle représente une troupe foraine telle qu'on en voyait sur les boulevards. Les dix forains sur une estrade font face aux spectateurs et sont censés leur donner envie d'entrer sous le petit chapiteau pour assister au spectacle. 

Fernand Pelez. Un grand peintre de Montmartre à la Belle époque. Le peintre des pauvres.

    À gauche, un garçon qui tient un tambour pleure tandis que des adolescentes en maillot, attendent le début du spectacle qui commencera comme l'indique le panneau tenu par la plus âgée, dans trente secondes.

 

    Les visages sont las, comme ailleurs. Ils ne regardent pas les curieux qui les fixent. Les animaux font partie du spectacle, perroquets et singes. Privés de liberté, enchaînés, ils connaissent le même sort que les enfants. 

Fernand Pelez. Un grand peintre de Montmartre à la Belle époque. Le peintre des pauvres.

      Au centre, un nain réduit à son rôle de "curiosité", de petit monstre amusant, a le visage fermé, seule façon de résister à l'humiliation.

Un clown blanc au costume coloré déclame sans baisser la tête vers les spectateurs. 

Un "bonimenteur" plus âgé prend un air exagérément réjoui.

Fernand Pelez. Un grand peintre de Montmartre à la Belle époque. Le peintre des pauvres.

     À droite sous la banderole "orchestre français" (sur laquelle un singe enchaîné, compagnon de misère, tourne le dos), trois vieillards amaigris sont assis. Ils sont accablés. Deux semblent dormir, le 3ème fixe le vide. leurs instruments sont la clarinette, le trombone et l'ophicléide (ancêtre du tuba).

Le petit berger endormi (Jules Bastien-Lepage)

Le petit berger endormi (Jules Bastien-Lepage)

    Dans cette attention aux humbles, à ceux que la société ne veut pas voir, le peintre a été proche d'un artiste qui l'influença et qui comme lui fréquenta l'atelier de Cabanel : Jules Bastien-Lepage.

                                             Jules Bastien-Lepage

    Mais si Jules Bastien-Lepage reste fidèle à ses origines paysannes et représente des campagnards dans leur rude condition, Fernand Pelez est citadin et c'est la misère des villes qu'il veut peindre.

Fernand Pelez. Un grand peintre de Montmartre à la Belle époque. Le peintre des pauvres.

    Comme dans cette toile : "sans asile - les expulsés". Une œuvre toujours actuelle qu'appréciera un autre montmartrois connu pour son amour des chats, Steinlen, qui fut aussi un homme engagé dans la défense des pauvres du maquis.

 

     Parmi les autres toiles de Pelez comment ne pas citer "la victime ou l'asphyxie" qui représente une femme que les émanations d'oxyde de carbone d'un mauvais poêle ont tuée.

Pelez ne pouvait savoir que quelques années après cette représentation, un écrivain qu'il admire, Zola, mourrait de la même manière. Il s'agirait alors d'un crime.

Un nid de misère. (Pelez)

Un nid de misère. (Pelez)

     Une exposition de 2009 au Petit Palais a remis dans la lumière ce grand peintre.

    Patrick Cauvin écrivait alors : "Montmartrois, foncez au petit Palais! Courez voir Pelez, ne serait-ce que pour le temps d'un regard, faire revivre, par un peintre oublié, le carnaval des traîne-savates".

 

Liste des liens:

Artistes, peintres célébrités de Montmartre

Etude de toiles de grands peintres

                                                    Les lingères. (Pelez 1880)

 

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Byblis changée en source. Hu

Byblis changée en source. Hu

     Ce peintre alsacien fait partie de l'histoire montmartroise puisque pendant des années c'est à Pigalle qu'il travailla, au 11, aujourd'hui disparu, sur cette place où tant d'artistes vécurent.

C'est rue La Bruyère qu'il mourut et c'est au cimetière de Montmartre qu'il repose.

                            Atelier de Jean-Jacques henner, 11 place Pigalle

     Nous l'avons déjà rencontré, loin de la Butte, au musée Fabre de Montpellier avec une de ses plus belles oeuvres, "le bon samaritain".

 

   Un chef d'oeuvre qui ne représente qu'un aspect de l'art et de l'originalité de Jean-Jacques Henner (1829-1905).

Autoportrait (1866. Huile sur toile)

Autoportrait (1866. Huile sur toile)

    S'il ne fallait retenir que quelques éléments de sa vie féconde, il faudrait bien sûr parler de son séjour en Italie après l'obtention du Prix de Rome en 1858 pour sa toile "Adam et Eve trouvant le corps d'Abel".

 

     Comme tout artiste, il est fasciné par l'Italie et passe des heures dans les musées à reproduire les oeuvres des peintres qu'il admire. Il a le temps pendant son séjour de 5 années de parcourir le pays. La dernière année ce sont Titien et Corrège qui l'attirent.

                                               La femme au miroir (Titien)

     Certains verront dans l'influence de Titien le goût de Henner pour les femmes rousses si présentes dans son oeuvre.

                                                 Le Corrège (Noli me tangere)

Du Corrège il retiendra le contour adouci, comme nimbé, des corps. On le retrouvera dans ses toiles avec ce savant "fumato" qui leur donne un aspect onirique. 

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

    Henner est bouleversé par la chute de l'Empire qui entraîne la perte de la région qu'il aime plus que toutes, l'Alsace. Il peint alors une toile qui devient célèbre et même iconique : l'Alsace, elle attend attend.

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

    Une jeune alsacienne en deuil porte sur sa coiffe la cocarde tricolore. L'oeuvre devient vite populaire et assure à son auteur la gloire!

     

                                 Alsacienne tricotant (1871. Huile sur toile)

     Henner ne manquera pas de peindre de jeunes alsaciennes parmi lesquelles sa nièce Eugénie à laquelle il était très attaché.

Eugénie Henner en alsacienne.

Eugénie Henner en alsacienne.

Il reçoit de nombreuses commandes et ses femmes nues à la rousseur incandescente rencontrent un grand succès.

Les Naïades (1861. Peint pour la salle à manger des Soyer, 43 fbg Saint-Honoré)

Succès tel qu'il donne parfois dans la facilité et reproduit les mêmes toiles.

                 Femme nue couchée dans une fourrure (1892. Huile sur bois)

Aujourd'hui ces "rousseurs" bien que remarquables nuisent à son oeuvre en faisant oublier ou négliger les autres facettes de son talent.

                                            Femme au voile rouge (1870)

                                                  Judith (1887. Huile sur carton)

     Pourtant nous pouvons admirer avec ces toiles un art qui, sans adhérer aux mouvements picturaux de son temps, est tout à fait moderne. Gustave Moreau n'est pas loin, ni le symbolisme. Déjà la touche picturale se fait plus audacieuse, peu soucieuse de réalisme. N'oublions pas que Henner reste proche de ses contemporains et qu'il admire Manet qu'il impose à un jury du Salon.   

                           Mlle Dodey (1893)

Mlle Dodey (1893)

                         La Vérité (Pour la Sorbonne)

La Vérité (Pour la Sorbonne)

     Lorsqu'il faut illustrer Zola, disant à propos de l'affaire Dreyfus "La vérité est en marche et rien ne l'arrêtera", c'est encore une femme rousse qui incarne l'allégorie de ce credo.

 

Le peintre ne manque pas de recevoir également des commandes de tableaux religieux, comme nous l'avons vu avec le Bon Samaritain du musée Fabre.

                             Le Christ au tombeau (1884)

Le Christ au tombeau (1884)

     Le paysage disparaît ou ne se laisse qu'à peine deviner sur un fond uni.

La série des Saint-Sébastien au corps androgyne montre à l'évidence la parenté avec Gustave Moreau, même si à l'inverse de ce dernier Henner ne se soucie pas de décor et d'ornementations.

 

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

Henner a également peint des paysages.

Route de Galfingen avec le vieux cerisier et la croix. (1876)

Route de Galfingen avec le vieux cerisier et la croix. (1876)

    Ils sont à peine esquissés et annoncent l'impressionnisme et les touches picturales peu soucieuses de précision réaliste.

                                     Paysage d'Alsace (1890)

     Il serait injuste de ne pas mentionner l'engagement féministe de Henner qui faisait partie de ceux, trop rares à l'époque, qui ne comprenaient pas que l'école des Beaux Arts pût être interdite aux femmes. Il créa avec Carolus Duran "l'atelier des dames" où il eut pour élèves bien des artistes de talent.

 

Louise Abbéma que nous avons rencontrée sur ce blog est l'une d'elles et non la moindre! 

Les repasseuses (Marie Petiet)

Les repasseuses (Marie Petiet)

Citons encore Marie Petiet 

                              Madame Silvestre et ses enfants (Joséphine Houssaye)

Joséphine Houssaye

Juana Romani (qui fut aussi son modèle)

                                            His first offence (Dorothy Tennant)

ou Doroty Tennant.

   Comme pour Gustave Moreau rue La Rochefoucaud, la rencontre du peintre et de ses oeuvres se fait dans un hôtel particulier.

Mais contrairement à Moreau qui avait pour demeure son propre hôtel devenu musée, Henner n'a jamais vécu avenue de Villiers.

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

   C'est un autre artiste, neveu de Gounod, Guillaume Dubufe (1853-1909) qui, enrichi par de nombreuses commandes, put l'acquérir.

                                          Hôtel de Sarah bernhardt

L'hôtel a été construit en 1840 par un architecte-peintre-décorateur de grand talent, Félix Escalier, qui réalisa également, entre autres, celui de Sarah Bernhardt rue Fortuny.

Hall et jardin d'hiver

Hall et jardin d'hiver

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

La visite dans cette maison qui semble toujours habitée est un plaisir...

Dans l'atelier inondé de lumière qui restitue l'original, le visiteur a l'impression que le peintre va pousser la porte et s'asseoir devant son chevalet. 

Jean-Jacques Henner. Musée Henner.

Je ne résiste pas au plaisir de terminer cette visite avec le mimétisme "gardienne-statue" dans une des salles du musée!

 

Liens:

Artistes, peintres, célébrités de Montmartre.

Peintres et oeuvres étudiées

                                Le lévite d'Ephraïm et sa femme morte (1895)

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Rue Jean-Baptiste Say. 9ème arrondissement. Jean-Joseph Bellel.

     C'est une petite rue parallèle à l'avenue Trudaine qui court entre la rue Bochart-de-Saron et la rue Lallier. 

Rue Jean-Baptiste Say. 9ème arrondissement. Jean-Joseph Bellel.

    Elle est construite sur les terrains des anciens abattoirs de Montmartre libérés à la suite des plaintes des riverains importunés par les cris de souffrance et d'agonie. Ce qui conduira l'industrie de la viande à cacher hors des villes ces camps de mise à mort. 

 

     Elle prend en 1858 le nom de Jean-Baptiste Say (1767-1832), économiste libéral qui eut une grande influence et dont on a oublié aujourd'hui la carrière d'auteur dramatique.

    Il est juste, dans ce quartier de la Nouvelle Athènes, de rappeler ses œuvres oubliées : "la tante et le prétendu" (courte pièce) "le Curé amoureux"(pièce anticléricale) "les deux perdrix" (opéra comique.)

   Quelques "pensées" non sucrées de celui dont le frère Louis créa les fameuses raffineries qui portèrent son nom et existent toujours, devenues en 1972 Beghin-Say: 

"Tout peut se dire, seule la manière de s'y prendre fait tout passer."

"Une des preuves de la médiocrité, c'est de ne pas savoir reconnaître la supériorité là où elle se trouve."

"L'exagération dans les discours révèle la faiblesse, comme le charlatanisme décèle l'ignorance."

"Un bon esprit vaut mieux qu'un bel esprit."

"Le cachet de la médiocrité, en tout genre, est de ne savoir pas se décider."

Le 1

Le 1

Le n°1 est l'arrière d'un des plus beaux hôtels particuliers du quartier dont l'entrée se trouve 14 avenue Trudaine.

 

     Il a été construit pour lui-même par l'architecte Léon Ohnet (1813-1874) à qui l'on doit plusieurs hôtels particuliers parisiens et la restauration de quelques monuments comme la cathédrale de Carcassonne (avec Viollet-le-Duc, son voisin de la rue Condorcet). 

                                                    Léon Ohnet (par Couture)

     C'est dans son hôtel qu'il mourut en 1874. Son fils Georges y habita quelques années. Georges Ohnet (1848-1918) fut un écrivain à succès. son ouvrage le plus populaire est "le Maître des Forges".  

Le 2

Le 2

Le 2-4

Le 2-4

Côté pair le deux a la même entrée que le 4. C'est un immeuble post-haussmannien de belle facture.

Le 3

Le 3

Le 3 a pour originalité de n'avoir pas d'entrée sur la rue mais de dépendre du 16 avenue Trudaine.

 

Le 16 avenue Trudaine

Le 5

Le 5

    De la même manière le 5, petit hôtel particulier dont la façade a été maltraitée, a pour entrée principale le 18 avenue Trudaine élevé en 1850! Il faut croire que l'adresse sur l'avenue était plus prestigieuse!

                                                          Le 18 avenue Trudaine

Le 6 construit en 1885.

Le 6 construit en 1885.

Le 7

Le 7

    Le 7 comme ses voisins a une entrée sur l'avenue Trudaine, au 20.

   Adresse qui fut celle d'une actrice bien  oubliée aujourd'hui, Amélie Villetard (1853-1888) qui écrivit quelques pièces courtes et qui s'illustra en interprétant Dame Rose dans "Les Neiges d'antan" de Jules Marthold, son mari! Mais où sont les neiges d'antan?

Le 8

Le 8

Le 8 construit en 1860

Rue Jean-Baptiste Say. 9ème arrondissement. Jean-Joseph Bellel.
Rue Jean-Baptiste Say. 9ème arrondissement. Jean-Joseph Bellel.

Les 9 et 11, deux jumeaux.... très classiques et sans relief. 

Rue Jean-Baptiste Say. 9ème arrondissement. Jean-Joseph Bellel.

     Le 10 se distingue par son ornementation et son harmonie. Il est surmonté d'un décor d'angelots encadrant un écusson avec les lettres enlacées. Il est un des plus anciens de la rue dont il a la même date de naissance (1858).

 

Rue Jean-Baptiste Say. 9ème arrondissement. Jean-Joseph Bellel.

    Construit à l'origine pour un propriétaire dont les initiales sont P et L et qui je l'avoue me reste inconnu, il a abrité jusqu'à sa mort le peintre Jean-Joseph Bellel (1816-1898) qui y avait son atelier. 

 

La fuite en Egypte (Bellel)

La fuite en Egypte (Bellel)

     Bellel eut une certaine renommée qui lui permit de recevoir des commandes officielles pour le palais de l'Elysée ou pour l'Hôtel de ville. Les panneaux de ce dernier disparurent pendant la Commune dans l'incendie qui ravagea le bâtiment construit sous François 1er.  

Rue Jean-Baptiste Say. 9ème arrondissement. Jean-Joseph Bellel.

     Bellel a également dessiné un projet de tapisserie réalisée par les Gobelins pour le Sénat.

     Il aimait voyager en Italie et en Algérie. Ses toiles dites "orientalistes" connurent un grand succès.

C'est dans cet immeuble de la rue Say qu'il aimait recevoir son ami Théophile Gautier.

Rue Jean-Baptiste Say. 9ème arrondissement. Jean-Joseph Bellel.

    Regardez bien le 11 construit en 1865 comme son voisin le 11 bis. Un personnage célèbre y habite. Vous pouvez le découvrir avec un minimum d'attention.

Rue Jean-Baptiste Say. 9ème arrondissement. Jean-Joseph Bellel.

    C'est lui, installé sur un garde-corps du 1er étage, c'est Mister Cat qui surveille tout ce qui se passe dans la rue et tape sur les vitres quand il désire rentrer... 

Le 12

Le 12

    Le 12 donne en partie sur la rue Lallier avant le 14, dernier immeuble de la rue Jean-Baptiste say, à pan coupé comme il se doit.

 

     Cette petite rue sans histoire est bien caractéristique d'un quartier qui, proche de l'animation des boulevards, s'arrange néanmoins pour mener une vie paisible et confortable.

Une petite rue préservée de l'invasion des rats et des souris par Mister Cat.

 

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Les escaliers peints par les petits des écoles pour la fête des Vendanges 2021 à Montmartre  ( ruesFoyatier, Barsacq, Gabrielle, Mont-Cenis, Becquerel)

 La tradition de confier aux petits des écoles la décoration des escaliers de la Butte a été pendant deux ans interrompue par un virus qui n'aime pas les artistes...

Les escaliers peints par les petits des écoles pour la fête des Vendanges 2021 à Montmartre  ( ruesFoyatier, Barsacq, Gabrielle, Mont-Cenis, Becquerel)

C'est d'habitude pour accueillir en couleurs le printemps que les contremarches se mettent à chanter mais cette année elles le font pour les Vendanges retrouvées.

Les escaliers peints par les petits des écoles pour la fête des Vendanges 2021 à Montmartre  ( ruesFoyatier, Barsacq, Gabrielle, Mont-Cenis, Becquerel)

C'est "pour fêter le futur" que les élèves et leurs profs d'art plastique ont réalisé ces peintures éphémères.

Il leur a été donné le nom de "montées futuristes". Oublions que ce sont aussi des "descentes" !

Les escaliers peints par les petits des écoles pour la fête des Vendanges 2021 à Montmartre  ( ruesFoyatier, Barsacq, Gabrielle, Mont-Cenis, Becquerel)

Plusieurs écoles ont participé à la métamorphose des escaliers.

La rue Foyatier reprend quatre fois  le même motif du Sacré-Coeur pastellisé sur lequel vont et viennent les coureurs et les promeneurs.

 

Les escaliers peints par les petits des écoles pour la fête des Vendanges 2021 à Montmartre  ( ruesFoyatier, Barsacq, Gabrielle, Mont-Cenis, Becquerel)

Rue Barsacq un arbre a été planté par l'école Cavé... 

Les escaliers peints par les petits des écoles pour la fête des Vendanges 2021 à Montmartre  ( ruesFoyatier, Barsacq, Gabrielle, Mont-Cenis, Becquerel)

Rue Gabrielle (école Houdon) c'est un robot en mosaïque qui semble assis face au funiculaire. 

Les escaliers peints par les petits des écoles pour la fête des Vendanges 2021 à Montmartre  ( ruesFoyatier, Barsacq, Gabrielle, Mont-Cenis, Becquerel)

Le CM1 de la rue Lepic a signé son oeuvre!

Les escaliers peints par les petits des écoles pour la fête des Vendanges 2021 à Montmartre  ( ruesFoyatier, Barsacq, Gabrielle, Mont-Cenis, Becquerel)

Joyeuse symphonie de couleurs et de formes, fruits, animaux, visages dans une tapisserie imaginative et foutraque...

Les escaliers peints par les petits des écoles pour la fête des Vendanges 2021 à Montmartre  ( ruesFoyatier, Barsacq, Gabrielle, Mont-Cenis, Becquerel)
Les escaliers peints par les petits des écoles pour la fête des Vendanges 2021 à Montmartre  ( ruesFoyatier, Barsacq, Gabrielle, Mont-Cenis, Becquerel)

Enfin, le dernier escalier est celui de la rue Becquerel (école Hermel)

Le plus beau peut-être et c'est normal dans une rue où vécut Nadja et qu'empruntèrent souvent Gala, Eluard, Dali...

Les escaliers peints par les petits des écoles pour la fête des Vendanges 2021 à Montmartre  ( ruesFoyatier, Barsacq, Gabrielle, Mont-Cenis, Becquerel)
Les escaliers peints par les petits des écoles pour la fête des Vendanges 2021 à Montmartre  ( ruesFoyatier, Barsacq, Gabrielle, Mont-Cenis, Becquerel)

Un petit clin d'oeil à Eluard (même si la Terre ici n'est pas bleue comme une orange) et à Dali et son obsession du temps et des montres... 

Les escaliers peints par les petits des écoles pour la fête des Vendanges 2021 à Montmartre  ( ruesFoyatier, Barsacq, Gabrielle, Mont-Cenis, Becquerel)

Maintenant, libre à vous d'emprunter ces "montées futuristes" que les pluies d'automne effaceront bientôt.

En attendant qu'au printemps les escaliers de la Buttes redeviennent la palette géante des enfants!

Les escaliers peints par les petits des écoles pour la fête des Vendanges 2021 à Montmartre  ( ruesFoyatier, Barsacq, Gabrielle, Mont-Cenis, Becquerel)

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