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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Cimetière., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

     C'est par hasard que je suis passé devant sa tombe après être allé rendre visite à Monique Morelli et au chat roux qui dort au pied de son caveau.

 

 

 

Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

      Le bonhomme bleu, une main montrant le ciel et l'autre la terre a attiré mon attention.

     J'ai lu le nom de celui qui avait élu domicile sous la pierre étrangement vermoulue où on l'a couché quelques jours après sa mort le 28 décembre 2016.

 

    Quelle belle définition pour un homme que celle-là! Auteur, compositeur, promeneur! L'élégance de ne pas trop se prendre au sérieux et de rappeler que l'on est nomade dans le monde.

 

    Je ne connais pas tous les liens de Pierre Barouh avec Montmartre mais j'imagine que dans sa jeunesse chantante il a fréquenté la Butte où vivaient nombre de ses amis chanteurs et compositeurs.

Il est certain que son studio Saravah était situé sur la Butte, passage des Abbesses où il tiendra le cap entre 1965 et 1977, année de sa vente...

Anouk Aimée et Pierre Barouh. "Un homme et une femme".

Anouk Aimée et Pierre Barouh. "Un homme et une femme".

    Comme tout le monde, j'ai dans la tête le refrain entêtant de la chanson qu'il a écrite pour "Un homme et une femme" de Lelouch (un vrai Montmartrois), avec la complicité de Francis Lai pour la musique. C'est sur le tournage du film qu'il rencontra Anouk Aimée qu'il aima et épousa.

Leur amour dura trois ans comme les amours intenses. 

 

     Et puis, il connut d'autres amours sans jamais renier personne. Dominique bien sûr, dix années de complicité et de créativité. Au sens propre du terme car ils ont un fils qui porte le même prénom que sa mère.

Je crois (bien qu'il soit un peu prétentieux de ma part de l'affirmer alors que je le connais si peu) qu'il n'y avait en lui ni ressentiment ni haine. Ce sont ses poèmes qui m'en convainquent.

 

    Pourtant, la haine, il aurait pu la nourrir....

    En effet, le flâneur, l'amoureux aurait pu ne jamais flâner, ne jamais aimer s'il n'avait été caché en Vendée pendant l'occupation. Il serait parti en fumée comme les milliers d'enfants juifs déportés et assassinés. Anouk Aimée, elle aussi avait été cachée dans un département voisin la Charente.

Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

     Est-ce la conscience de la précarité de la vie et de ses hasards qui firent de lui un humaniste, un vivant, un homme aux yeux ouverts sur les autres?

 

Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

     Un homme qui ne cessa d'être un passeur. Il aimait plus que tout faire connaître les artistes qu'il aimait. C'est à cette fin qu'il créa son propre label "Saravah" pour y recevoir Higelin, Brigitte fontaine, Maurane, Caussimon..

 

... les musiciens brésiliens et africains qu'il aimait d'une passion qu'il tenait à partager.

     Il aima également le Japon, pays de sa femme Atsuko Ushioda avec qui il eut trois enfants.

 

Parmi eux sa fille Maïa qui comme lui chante la vie...

 

Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

     Le 28 décembre 2016, c'est un infarctus qui l'emporta. Le jour de son enterrement, le 4 janvier, il y eut autour de son cercueil décoré de pastels, la petite foule de ceux pour qui il comptait. Sa femme bien sûr et ses enfants, ses amis de toujours...

Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

    Claude Lelouch était là, avec Anouk Aimée, avec Francis Lai....

Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

    Comment ne pas rappeler un témoignage qui a pris un relief particulier avec les attentats de Paris?

 

    Dans les années 70, une association caritative organise un concert afin de récolter des fonds. Pierre Barouh fait partie des artistes qui ont tenu à y participer. Comme souvent dans ces manifestations, la salle est indisciplinée et brouillonne.

Pierre Barouh prend le micro et chante a capella.

Les spectateurs font soudain silence et l'écoutent jusqu'à la dernière parole, recueillis et attentifs...

Ce concert avait lieu au Bataclan et le titre de la chanson était   "Vivre".

Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

" Moi si j'étais de bois

Je serais de ce bois qui fait les goélettes

Et je giflerais l'eau sans penser aux complots

Des grands fonds qui me guettent"

Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

     C'est ce qui dit le petit bonhomme bleu sur sa stèle.

Il montre les grands fonds de la main gauche et le ciel de la main droite.

Entre les deux, le promeneur poursuit son voyage.... et prend le temps de faire des ronds dans l'eau!

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

     C'est une courte rue (249 m) qui va de la rue Pierre Fontaine à la rue Blanche.

     Elle a été créée en 1825 sur des terrains qui appartenaient à la famille Chaptal. Elle recevra le nom de son plus illustre représentant, le chimiste à qui l'on doit l'augmentation du taux d'alcool dans le vin par sucrage. Méthode appelée aujourd'hui "chaptalisation".

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

    Notre savant aurait pu ne jamais honorer Bacchus si, conformément à ses vœux il avait persévéré dans la médecine. Mais, un jour où il pratiquait une dissection sur un jeune homme, il vit ce dernier se réveiller et se lever comme Lazare devant le Christ. Jean Chaptal en ressentit un tel effroi qu'il laissa là son scalpel  pour entamer des études de chimie !

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

    Bon! Il n'est pas désagréable que notre vignoble montmartrois ait pour presque voisin un tel bienfaiteur du genre humain amateur de bonnes bouteilles.

Le 1

Le 1

     A l'angle de la rue Pigalle, il y avait le grand café "GAVARNIE" connu pour ses belles entraîneuses. C'était un des nombreux repaires à Pigalle des trafiquants en tout genre. Mais si nous le mentionnons aujourd'hui c'est parce qu'il accueillit pendant les années de la 2ème guerre un jeune pianiste plein de talent, amateur de jazz... Louis de Funès!

 

 

Pointe entre la rue Chaptal et la rue Fontaaine

Pointe entre la rue Chaptal et la rue Fontaaine

Les 2 et 4
Les 2 et 4

Les 2 et 4

Les 2 et 4, un peu austères sont dus à l'architecte L. Pelte. Ils datent de 1882.

Le 3
Le 3

Le 3

Le 3 est un immeuble lourdement cossu avec ses stalactites de pierre.

Les 6 et 8

Les 6 et 8

Le 7
Le 7

Le 7

     Le 7 aux larges baies et à l'architecture fin de siècle est dû à Henri Petit (1856-1926) qui avait choisi de vivre et de mourir en Algérie où il réalisa de nombreux bâtiments qui font aujourd'hui partie du patrimoine algérien de style néo mauresque.

L'immeuble est une de ses belles et trop rares contributions au bâti parisien.

 

 

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...
Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...
Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

     Le 9 richement décoré est intéressant à plus d'un titre.

     Il fut le siège de la société Goupil de 1860 à 1890. Adolphe Goupil est célèbre pour avoir été un des plus importants marchands  et éditeurs d'art du XIXème siècle.

 

    C'est dans sa galerie qu'à son arrivée à Paris, désargenté et vivant grâce à Théo son frère, Vincent Van Gogh exerça quelques mois l'emploi de vendeur.

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...
Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

    C'est encore au 9 que vécut et mourut le grand compositeur grec Iannis Xenakis. On a oublié parfois qu'il fut adepte et collaborateur de Le Corbusier avant de se consacrer à la musique. Il se réfugia en France en 1947 à cause de la terrible guerre civile qui fit plus de 150 000 morts et causa l'exil de nombreux communistes (ce qu'il était).

    S'il habitait dans ce bel immeuble, c'est rue Massé, au 17, qu'il avait un studio où il travaillait.

Le 10

Le 10

     Au 10, il y eut le siège de la Société des Auteurs, Compositeurs, Editeurs, créée en 1850. Il s'agit de l'ancêtre de la SACEM à laquelle Xenakis devait être inscrit!

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

    Une belle sculpture rappelle cette histoire, avec muses musiciennes et en médaillon un Beethoven hirsute et mécontent

Le 11

Le 11

    Le 11 reçoit parfois la visite de pèlerins admirateurs de Serge Gainsbourg. C'est en effet à cette adresse que vécut pendant des années la famille Ginsburg. Le père est pianiste et se produit dans les bars du quartier, la mère est chanteuse lyrique, deux artistes passionnés qui donneront à leurs enfants le goût de la musique.

 

Joseph et Olia Ginsburg

Joseph et Olia Ginsburg

    Ils ont quitté la Russie pour se réfugier à Paris où ils n'imaginaient pas que les Juifs seraient un jour persécutés. Ils obtiennent la nationalité française mais sont contraints de porter l'étoile jaune, l'étoile de shérif comme dira Serge.

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

     En 1941 ils quittent Paris pour se réfugier d'abord dans la Sarthe, ensuite près de Limoges. L'année de la rafle du Vel d'Hiv qui aurait pu emporter toute la famille si elle avait été présente à Paris, ils sont déchus de leur nationalité.

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

   Juste en face du 11, l'école porte la plaque qui rappelle que 300 enfants de l'arrondissement furent arrêtés et exterminés.

 

Jane birkin et Charlotte Gainsbourg devant le 11.

Jane birkin et Charlotte Gainsbourg devant le 11.

     Quelle belle revanche sur le malheur et sur la haine ce jour où fut apposée sur le mur une simple plaque, en présence de Jane et de Charlotte.... qui rappelait qu'un "artiste majeur" avait vécu à cet endroit!

 

     Serge Gainsbourg a gardé bien des souvenirs de son enfance dans ce quartier. Un des plus marquants fut celui de sa rencontre avec Fréhel, alors très populaire, qui habitait cité Chaptal (elle mourra seule et misérable des années plus tard, rue Pigalle). Le jeune Lulu venait de recevoir la croix d'honneur dans son école et rentrait fièrement, en l'exhibant.

     Fréhel passait par là et émue par le gamin se pencha sur lui.

 

 

    Voici comment en parlera Gainsbourg :

"J'avais neuf-dix ans et voilà que je croise Fréhel qui ressemblait à un tas immonde et qui habitait à deux pas, dans l'impasse Chaptal où il y avait le Grand Guignol. Elle se baladait dans la rue avec un pékinois sous chaque bras, en peignoir, avec un gigolo à distance réglementaire, cinq mètres derrière, comme à l'armée. Je revenais de mon école communale et j'avais la croix d'honneur sur mon tablier. Fréhel m'a arrêté, elle m'a passé la main dans les cheveux, elle m'a dit : T'es un bon petit garçon (elle ne me connaissait pas!). Tu es sage à l'école, je vois que tu as la croix d'honneur, alors je vais te payer un verre. Je revois parfaitement la scène, c'était en terrasse du café qui fait le coin de la rue Chaptal avec la rue Henner. Elle s'est pris un ballon de rouge et m'a payé un diabolo grenadine et une tartelette aux cerises."

 

L'annexe 15 rue Chaptal.

L'annexe 15 rue Chaptal.

     Au 15 rue Chaptal, le café et sa terrasse sont toujours là. A nous d'imaginer Fréhel et ses deux pékinois, assise à côté de Lulu qui arborait sa croix d'honneur, peu de temps avant de la remplacer par l'étoile jaune, son "étoile de shérif".

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

    On pense alors au scandale que provoqua la Marseillaise chantée en reggae...

    On regrette que des esprits étroits n'aient pas compris qu'il s'agissait d'un hymne d'amour pour le pays et les gens qu'il aimait et pour qui il habillait de douceur et de sensualité les paroles guerrières.

Le 14

Le 14

    Le 14 ne paie pas de mine. C'est qu'il a été construit sur un jardin qui agrémentait un petit hôtel particulier qu'on peut apercevoir depuis la Cité Chaptal

    Il fut en 1876 l'adresse de Maurice Barrès. L'écrivain n'aura pas l'occasion de croiser le jeune Lulu qui habitera la rue un demi siècle plus tard ! Il n'aura pas le loisir de lui expliquer pourquoi il écrivit : "Le Juif n'a pas de Patrie au sens où nous l'entendons. Pour nous, la Patrie, c'est le sol et les ancêtres, c'est la terre de nos morts. Pour eux c'est l'endroit où ils placent leur plus grand intérêt." 

 

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...
allée du 16

allée du 16

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

     Ici une allée de grands marronniers conduit à un domaine enchanté où le temps s'est arrêté avec les romantiques.

     Nous sommes dans le jardin qui entoure l'hôtel particulier d'Ary Scheffer, aujourd'hui devenu le musée de la Vie Romantique.

 

    Nous avons consacré plusieurs articles à ce lieu hanté qui semble avoir traversé les années....

 

    Le salon, le bureau semblent encore habités. De nombreuses toiles du peintre ornent les murs et dans les vitrines sont exposés des objets ayant appartenu à Georges Sand. Impressionnants sont les moulages des mains de Chopin et de Sand, si proches et cependant figées, comme interdites de se réunir avant la nuit et le départ des visiteurs, à l'heure où tous les rêves prennent le dessus...

... Et comment n'auraient-ils pas laissé d'empreintes tous ces artistes qui se retrouvèrent ici : Dickens, Tourgueniev, Géricault, Rossini, Delacroix ?

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...
Chopin (Ary Scheffer)

Chopin (Ary Scheffer)

   C'est dans le jardin, dans la douceur de l'automne, saison romantique s'il en est, que nous nous arrêtons.... en écoutant chanter le piano de Chopin...

Nous poursuivrons la visite de la rue Chaptal la prochaine fois....

... Suite au prochain numéro!

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
La rue d'Aumale vers la rue La Rochefoucaud

La rue d'Aumale vers la rue La Rochefoucaud

...C'est une rue qui ne se monte pas du col et qui sans faire d'histoire suit son petit bonhomme de chemin entre la rue Saint-Georges et la rue de La Rochefoucaud. elle est pourtant exceptionnelle car elle a gardé pour l'essentiel son aspect originel qui fait d'elle un musée architectural de la Restauration et de la Monarchie de Juillet.

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Elle est ouverte en 1846 et porte le nom d'un des fils de Louis-Philippe, Henri d'Orléans, duc d'Aumale (1822-1897).

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Nous sommes dans la période de la colonisation de l'Algérie et le duc D'Aumale s'illustre (si on peut dire) en prenant en 1843 la Smala d'Abd El Kader. Il est considéré comme un héros qui mérite bien que la nouvelle rue porte son nom!

Le jour viendra peut-être où une "communauté" demandera qu'on débaptise la rue, comme si effacer un nom c'était effacer l'histoire avec ses ombres. 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

La rue commence au niveau de la rue Saint-Georges, au cœur du quartier de la Nouvelle Athènes.

Certains immeubles sont construits selon les goût de la Restauration (bien que nous soyons alors sous la Monarchie de Juillet), c'est à dire avec sobriété, peu de décoration mais un rythme régulier. Ils sont en pierre de taille, scandés par des bandeaux d'appui horizontaux.

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Nous sommes dans des années où l'urbanisation se développe avec des immeubles de rapport qui assurent de confortables revenus à la bourgeoisie triomphante. De grands programmes sont lancés dans plusieurs quartiers de Paris, Saint-Vincent de Paul, François 1er et Saint-Georges où se trouve notre rue...

Le 3.

Le 3.

Le 3 est aujourd'hui connu grâce au passage dans ses murs de Wagner, venu à Paris présenter son Tannhäuser.

 

A l'en croire, il n'a pas gardé un très bon souvenir de ce deuxième étage où il déménagea après avoir été chassé de la rue Newton par les travaux du Baron Haussmann!

"Je me suis donc mis à la recherche d'un autre logement et j'en trouvai un, misérable et lugubre, rue d'Aumale. Par un temps exécrable, il nous fallut déménager à la fin de l'automne. Fatigué par ces opérations et les répétitions, je fus finalement terrassé par une fièvre typhoïde."

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Wagner travaille d'arrache-pied pour donner une version en français de son œuvre. Il y ajoute un ballet censé séduire les Parisiens. Mais c'est un fiasco! Sifflets, quolibets, cabale...

Il est vrai que cette cabale prend un tour politique et est menée par les anti-bonapartistes, saisissant l'occasion de s'opposer à Napoléon III qui a voulu que Wagner vienne à Paris et qui a donné l'ordre à l'Opéra de représenter son œuvre.

 

Après la troisième représentation, Wagner retire son œuvre et quitte Paris. Malgré la qualité de ses défenseurs (parmi lesquels Baudelaire, Mendès, Gounod) il ne reviendra pas et ce n'est que trente ans plus tard qu'un de ses opéras sera représenté sur la scène de l'Opéra (Lohengrin en 1891).

 

Le 6

Le 6

Le 6 a pour architecte Emile Godeboeuf (1809-1879) qui s'est illustré en concevant la mairie du XVIème arrondissement et l'église luthérienne de la Résurrection dans le XVème.

Le 8

Le 8

Le 10

Le 10

Les 8 et 10 viennent rompre l'harmonie des immeubles à l'architecture plus simple du début de la rue.  Ils sont spectaculaires et somptueux dans le plus pur style haussmannien. Ce style qui donne à Paris son unité et en fait une ville unique...

 

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Leur architecte est Adrien Sibert et ils ont été construits en 1864, année de l'achèvement du lotissement de la rue.

 

Le 10 possède une remarquable cour en fer à cheval que l'on ne peut pas visiter, hélas. Paris est ainsi fait de trésors cachés derrières des façades hermétiques... 

Mais par chance, je suis repassé par la rue un jour où le portail était entrouvert et où des travaux étaient en cours...

 

J'ai pu admirer la cour aux colonnes corinthiennes, les anciennes remises pour les voitures et la fontaine-abreuvoir pour les chevaux...

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 9

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 11

Le 12

Le 12

Au 12, un historien un peu oublié de nos jours a vécu des années avant d'y rendre l'âme. Il s'agit de François Mignet.

 

Sa grande œuvre est son "Histoire de la Révolution Française" qui se démarque des écrivains-philosophes en privilégiant la narration, aussi objective que possible. Son "Histoire" connaît un grand succès et vaut à son auteur l'admiration du poète Heinrich Heine. tous deux resteront amis et Mignet sera très atteint par la mort de Heine qu'il accompagne lors de son enterrement au cimetière de Montmartre.

 

Une autre amitié indéfectible est celle de Thiers dont l'hôtel somptueux et ses jardins jouxtent la rue d'Aumale. Hôtel qui sera brûlé pendant la Commune. On connaît le rôle que joua Thiers pendant ces jours terribles. Ce personnage ne fait pas partie de ceux que les Montmartrois gardent dans leur cœur!

 

Le 14 qui fait partie du même ensemble ouvre sur une cour classée où étaient construites des écuries autour d'une fontaine-abreuvoir. La cour ouvrait à l'arrière sur les jardins de Thiers, ce qui permettait à Mignet de prendre ce raccourci pour rencontrer son vieil ami!

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
Partie des anciens jardins de l'hötel de Thiers. (aujourd'hui square Alex Biscarre).

Partie des anciens jardins de l'hötel de Thiers. (aujourd'hui square Alex Biscarre).

     Dans cet immeuble a vécu une des créatrice de bijoux les plus célèbres de Paris, Suzanne Belperron. Son histoire est liée à celle de la joaillerie. Venue à Paris (elle habita d'abord rue Lamarck) elle travailla pour Jeanne Boivin, sœur de Poiret, avant de gagner la maison Herz et de "révolutionner le monde du bijou par ses sculptures à la main de pierres précieuses". (Vogue)

 

    Herz fut arrêté par la Gestapo et assassiné dans les camps. Suzanne devint résistante et risqua plus d'une fois sa vie. Après guerre, elle reprend son activité créatrice et travaille pour les stars d'Hollywood, pour les cours d'Europe ou pour les plus grands couturiers.

     Elle meurt en 1985.

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 15 n'est pas très original avec sa façade Louis XIII de briques et de pierres. Il est dû à Pigny architecte qui l'a conçu pour son beau-frère, le peintre chic et snob de la haute bourgeoisie : Edouard Dubufe.

 

Gounod, Pigny et Dubufe

Gounod, Pigny et Dubufe

Notons au passage que ces deux beaux-frères en avaient un troisième, Charles Gounod! Les trois hommes avaient en effet jeté leur dévolu sur trois sœurs Zimmerman. Charles Gounod épousa Anna, Jean-Baptiste Pigny épousa Berthe, Edouard Dubufe épousa Juliette. Il y avait une quatrième sœur, Zéa, qui fut l'épouse de Pigache, un médecin de Napoléon III!

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

     Dubufe avait tant de commandes qu'il ne parvenait pas à les honorer toutes! On faisait queue dans son atelier et toute famille en vue se devait de faire portraiturer la maîtresse de maison...

Zola, ami de Cézanne, parlait de sa peinture "aux effets de crème fouettée"!

     Les amateurs de théâtre auront l'occasion d'y goûter pendant les entractes dans la salle du foyer de la Comédie Française puisque le plafond est l'œuvre de Dubufe!

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

     Un petit arrêt devant le 19, immeuble à pan coupé richement sculpté, dont une partie donne sur la rue Taitbout. Il date de 1854 et les sculptures sont l'œuvre de Joussot. 

 

Il servit de siège à une des premières compagnies d'assurance, le groupe Prévoir créé en 1910, qui devint en 1923 Le Devoir...

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 22

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 23

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

     Le 24 est un bel immeuble post haussmannien (1896) qui écrase un peu ses voisins. Son architecte est Ch. Michel.

 

    C'est ici, au deuxième étage que passa plusieurs années de son enfance et son adolescence une chanteuse qui illustra la période Yéyé mais qui dès ses débuts eut une image à la fois romantique et moderne. Il s'agit de Françoise Hardy dont l'étoile n'a jamais pâli et qui les années passant s'est révélée écrivaine attentive et profonde.

Elle a 16 ans quand elle suit les cours du Petit Conservatoire....

 

Elle a voulu revoir l'appartement où elle vécut avec sa mère et sa sœur. Elle écrit à ce propos :

"Rien n'avait changé. Je me suis arrêtée à la porte de notre ancien appartement. Il y avait du bruit. Je n'ai pas osé frapper."

 

Peut-être pensa t-elle alors à une de ses chansons "La maison où j'ai grandi".

(...) Quand j'ai quitté ce coin de mon enfance

Je savais déjà que j'y laissais mon cœur.

(...)

Le temps a passé et me revoilà

Cherchant en vain la maison que j'aimais..."

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Une plaque rappelle qu'au même 24 vécut Joseph Limon, un jeune homme, arrêté parce que résistant et déporté au camp d'Hersbrück en Bavière, où il mourut.

Savait-il que bien des générations avant lui, un autre Joseph Limon, âgé comme lui de 24 ans, fut fauché sur le champ de bataille de Waterloo?

Mémorail du crématorium d'Hersbrück

Mémorail du crématorium d'Hersbrück

Le camp d'Hersbrück fonctionna moins d'un an mais plus de 4000 déportés y moururent...

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 26 est représentatif de cette rue dont il est l'un des premiers qui ait été édifié (1849). Il date de Louis-Philippe et il s'orne d'un riche décor néo Renaissance.

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 27

     Toute la rue pourrait être classée tant elle est harmonieuse dans son unité qui conjugue pourtant plusieurs styles.

   Elle est un bel exemple de la vitalité architecturale de Paris qui au XIXème siècle devint la capitale artistique de l'Occident!

 Et cela malgré la "crème fouettée" d'Edouard Dubufe!

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #MONTMARTRE. Rues et places.
Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.
Mlle Mars (Gérard)

Mlle Mars (Gérard)

....On  imagine mal aujourd'hui la popularité des grandes actrices de la première moitié du XIXème siècle.

     Lorsque Mademoiselle Mars est conduite au cimetière du Père Lachaise, une foule immense l'accompagne. Une foule dans laquelle sans doute étaient minoritaires ceux qui avaient eu la chance de la voir sur scène. 

 

Mlle Mars (Lagrenée)

Mlle Mars (Lagrenée)

     C'est que la sympathie et l'admiration qu'elle suscitait étaient liées à l'histoire tourmentée de la France et à la fidélité d'un grand nombre de Français à Napoléon. Il se trouve que Mademoiselle Mars avait été l'actrice préférée de l'empereur et qu'elle lui était restée attachée, allant jusqu'à le rencontrer après son retour...

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

     Elle voit le monde en 1779. Son père est acteur à la Comédie Française et auteur de pièces appréciées de Marie Antoinette. Sa mère est actrice, elle aussi; elle se fait appeler Madame Mars et désespère de perdre l'accent provençal qui nuit à sa carrière.

     Ils ne sont pas mariés et, lorsque son père revient d'un séjour de plusieurs années en Suède (où il aurait fui des poursuites après avoir été surpris en flagrant délit avec un garçon dans les jardins du Palais Royal) il a convolé en justes noces avec une jolie polonaise qui lui a donné trois enfants.

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

     Mademoiselle Mars est alors une fillette plutôt secrète et taciturne. Le nouveau compagnon de sa mère, Valville, se prend d'affection pour elle et comme il est acteur à Versailles, il lui obtient de petits rôles qui lui donnent à la fois de l'assurance et du goût pour les lumières de la scène.

Mlle Mars en Célimène

Mlle Mars en Célimène

     En 1799, elle entre à la Comédie Française où elle restera pendant plus de 40 ans! Elle excelle dans les pièces de Molière et si à ses débuts elle est une délicieuse Agnès, elle devient plus tard une Célimène spirituelle et charmante. Stendhal qui était exigeant et fin connaisseur écrit à deux reprises dans son journal, après avoir assisté à une représentation : "Elle est divine, elle est parfaite". Il ajoute qu'il fermait les yeux quand l'émotion était trop forte "de crainte de tomber amoureux".

 

     Il n'est pas le seul à apprécier sa grâce, son regard intense, sa diction claire et sensuelle. Napoléon assiste avec plaisir à ses spectacles. Il lui confie son admiration. Sans nul doute lui a-t-elle également confié la sienne! Entre eux deux une estime solide s'établit qui jamais ne se délitera.

     Pendant les Cent jours, elle portera sur scène des violettes nouées à ses rubans, signe de connivence des partisans de l'Empereur.

 

    La vie amoureuse de l'actrice n'est pas des plus simples. A 19 ans elle a pour amant Nicolas Bronner, un homme séduisant mais peu intéressé par le théâtre et occupé à des transactions commerciales qui restent mystérieuses pour son amie. Pendant cinq ans, ils vivent ensemble, pas encore rue de la Tour des Dames mais rue Richelieu (alors rue de la Loi). Trois enfants naissent de cet amour: ils seront plus tard reconnus par leur père. Nul doute que ce fut un amour profond et fécond. On ne sait pourquoi Vicor Bronner disparut mystérieusement en 1801. 

Mlle Mars (Isabey)

Mlle Mars (Isabey)

    Son deuxième amant a un nom romantique, René Ange, et il est le fils d'une actrice de la Comédie Française qui l'avait aidée au début de sa carrière. Nous sommes en 1802. Leur histoire durera 4 ans. Ce qui prouve que mademoiselle Mars n'était pas volage et que ses passions éphémères étaient durables!

Charles de Flahaut

Charles de Flahaut

     Le troisième amant, en 1814, est Charles de Flahaut, lui même amant de la reine Hortense, belle fille de Napoléon. Une lettre enflammée de Mademoiselle Mars tomba subrepticement entre les mains d'Hortense qui mit en demeure son Charles de rompre avec la comédienne. Ce qui fut fait. 

 

     Le quatrième amant se fait appeler Colonel de Brack. Il a toutes les qualités. Il est beau, spirituel, le visage harmonieux et.... il est un ancien de la Garde Impériale! Il a remporté de nombreuses victoires amoureuses et, sûr de ses charmes, il a tendance à profiter des largesses de ses conquêtes!

     C'est à cette époque que Mademoiselle Mars achète le magnifique hôtel de la Tour des Dames  au Maréchal Gouvion de Saint-Cyr. Il avait été construit pour l'explorateur Bougainville en 1820 par Louis Visconti, sur le modèle antique, un peu austère qui plaît dans ce quartier qu'on nommera la Nouvelle Athènes.

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

     Le bâtiment harmonieux possède cinq travées sur la rue de la Tour des Dames et son porche d'entrée est entouré de colonnes doriques. Il faut imaginer le grand jardin sur lequel il donnait et qui descendait jusqu'à la rue Saint-Lazare. Il n'en reste que des souvenirs!

 

     L'intérieur était décoré dans le goût du temps avec une certaine sobriété. Le vestibule d'entrée, aujourd'hui classé, est sans doute la plus belle pièce de l'hôtel. 

 

     L'architecte est Louis Visconti, celui-là même à qui l'on doit le tombeau de l'Empereur aux Invalides.

 

     Pendant qu'elle vit dans cet hôtel, proche de celui de Talma, il arrive deux mésaventures à la diva. Celle que l'on surnommait "le diamant" pour son regard et les facettes éclatantes de son jeu, possédait de nombreux bijoux. Elle était coquette et s'habillait avec recherche. Elle donnait souvent le ton et mettait à la mode rubans et couleurs qu'elle arborait

 

     En 1827, première mésaventure. Deux de ses domestiques, François Scipion l'Africain et son épouse lui volent la plus grande partie de son trésor. Et Dieu sait qu'il était somptueux puisque, par crainte d'une occupation par les alliés en 1815, elle fit fabriquer plus de quarante boites de fer pour les cacher!

Gérard par Isabey

Gérard par Isabey

     En 1837, elle est bouleversée par la mort du peintre Gérard, "un de ces êtres qu'on ne remplace pas", son véritable ami, son confident qu'elle rencontrait régulièrement depuis des années et qui avait assisté à toutes ses créations. Leur lien était si profond que la rumeur tenace courut qu'ils étaient amants. 

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

     En 1838, elle est victime d'une deuxième tentative de vol. Le cambrioleur entre par une fenêtre et la menace avec un couteau quand par chance des domestiques alertés par ses cris le font fuir. Ces deux événements marqueront l'actrice et la conduiront à envisager de quitter son hôtel de la tour des Dames. 

     Mais revenons à ses amours. Nous avons laissé le beau colonel de Brack dans les bras de son amante. Nous le retrouvons en 1825, loin de cette rue, courant d'autres aventures, après avoir rompu militairement. Il n'empêche que leur liaison fut plus qu'une passade puisqu'elle dura 9 ans!

 

     Il reste à notre amoureuse éplorée à espérer trouver enfin le dernier homme de sa vie. Et tout arrive!  Mademoiselle Mars a fait mieux que Brigitte Macron puisque c'est avec un homme de 25 ans son cadet qu'elle trouve le réconfort. Il s'appelle Charles de Marnay. Il sera son dernier amant et lui restera attaché jusqu'à sa mort.

 

     Il y a un grand amour dont nous n'avons pas parlé et qui fut sans doute le plus important de sa vie, c'est le théâtre, c'est le public à qui elle aurait pu chanter comme Barbara :  "Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous"!

 

La bataille d'Hernani. Comédie Française. (Besnard)

La bataille d'Hernani. Comédie Française. (Besnard)

    Car elle ne jouait pas que les grands classiques, elle était passionnée par le théâtre de son temps et ses auteurs d'avant-garde. Le plus audacieux de tous s'appelait Victor Hugo. Pas étonnant qu'elle eût voulu participer à la création tapageuse d'Hernani et à la célèbre "bataille". C'est elle qui interpréta Dona Sol, elle qui tint ferme sous les quolibets et les huées, elle enfin qui reçut au dernier acte un triomphe de hourras et de bouquets! 

     Plus tard, elle jouera encore dans "Angelo Tyran de Padoue" du même Victor Hugo. elle aura alors pour rivale Marie Dorval.

 

     En 1841, elle fait sa dernière apparition au théâtre. En dépit son âge, elle continue de tenir des rôles de jeunes femmes. Pourtant, malgré ses talents et l'intensité de son jeu, son étoile pâlit tandis que monte à l'horizon une étoile plus jeune, une étoile noire et lumineuse à la fois : Rachel.

 

     Mademoiselle Mars vend son hôtel de la Tour des Dames. Elle meurt en 1847. On découvre en ouvrant son testament qu'elle a, avec soin, effacé toutes les dettes de ceux qui lui devaient de l'argent et qui étaient nombreux.

Son hôtel est aujourd'hui une auberge de jeunesse... un lieu de vie et d'échanges...

 

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

Liens :

Personnage célébrités de Montmartre

Rues de Montmartre

 

     Certains sites racontent sans aucune base historique que la mort de Mlle Mars aurait été provoquée par la teinture au plomb qu'elle aurait utilisée pour dissimuler ses cheveux blancs. Je n'ai rien trouvé qui puisse justifier une telle hypothèse. 

   Elle garde pour nous la beauté charnelle à la chevelure noire qu'immortalisa Gérard.

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C'est un des tableaux les plus célèbres de la Renaissance, emblématique de l'Ecole de Fontainebleau. Il est une source inépuisable de rêverie, de fantasmes, de questions...

Et une fois qu'on en a donné une explication rationnelle, il garde toute son étrangeté. 

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A gauche la duchesse de Villars, Julienne d'Estrées, pince le téton de sa soeur Gabrielle. La "belle Gabrielle" est la favorite du roi Henri IV depuis 1591 (le tableau est peint en 1594) et elle attend un premier enfant de lui. On la voit dans sa baignoire de cuivre recouverte d'un drap comme on le faisait alors pour éviter tout contact du corps avec le métal.

La duchesse prend délicatement entre pouce et index le téton gonflé de sa soeur qui attend un enfant. 

Ces doigts qui enserrent avec tendresse le téton donnent à la scène sa force troublante. Ils évoquent ceux de l'amant, de l'amoureux des femmes qui connaît la douceur et la délicatesse de ce bourgeon de chair.

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Gabrielle tient avec la même délicatesse une bague. Main de la femme, main de l'amante qui elle aussi connaît la sensibilité de son amant dont elle effleure et touche la "bague" du sexe.

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      Henri IV en Mars (Jacob Bunel. 1605). Tableau peint pour la Galerie de Diane à Fontainebleau. Allusion à peine voilée dans la main droite du sexe royal!

Cette bague a une histoire et rappelle la quasi royauté de la favorite. C'est un cadeau du roi qui désirait l'épouser et en était empêché par l'impossible répudiation de la reine officielle, Marguerite de Valois  avec laquelle il ne vivait plus depuis des années.    

En février 1599, cinq ans après ce tableau et comme pour en réaliser la prédiction, le roi, lors d'un bal donné au Louvre annonce son intention de passer outre aux obstacles dressés par la reine et par le pape. Il offre à Gabrielle l'anneau du sacre. Une fois de plus l'art devance la réalité! 

Ce que n'annoncent pas les corps gracieux et clairs, les chairs épanouies, la sérénité des visages, c'est que six semaines après le bal du Louvre, la belle Gabrielle, enceinte d'un quatrième enfant est emportée par une apoplexie foudroyante. Son agonie est épouvantable. Son beau visage convulsé noircit, au point que les rares témoins diront qu'elle a été étranglée par le diable.

Le roi ne se remettra pas de cette mort. Alors qu'il lui était interdit comme à tous les rois de France, de porter le deuil, il s'habille de noir. Il dit  "la racine de mon coeur est morte". Il ajoute qu'elle ne "rejettera pas", c'est à dire qu'elle ne donnera aucun rejet, aucun espoir de renaissance. Ce roi galant et amateur de femmes est aussi un grand amoureux, fidèle à celle qu'il aime passionnément depuis des années.

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Le tableau se présente comme une scène théatrale. Les rideaux rouges s'écartent et les deux stars apparaissent dans le plus simple appareil, avec un naturel étonnant. Elles sont nues et elles sont belles. Peu importe l'avis des grincheux! Elles se savent regardées et n'en éprouvent aucune gêne, leur regard est tourné vers le spectateur qui entre dans la pièce intime. Un instant nous sommes nous-mêmes, devant le tableau, le roi qui regarde, ému, la beauté de ces corps.

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Dans la perspective une couturière est penchée sur son ouvrage, sans doute un vêtement destiné à l'enfant qui va naître. Au-dessus de la cheminée, un tableau nous laisse entrevoir les jambes écartées d'un homme dont le sexe est recouvert d'un tissu rouge. Allusion au royal amant censé cacher sa relation!

Ce qui frappe dans cette scène, c'est la sensualité et l'élégance. Un équilibre entre hiératisme quasi religieux et érotisme. Les deux femmes sont droites, leur port de tête élancé évoque les tableaux de la Vierge.

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La nudité et le gonflement des seins n'est pas sans rappeler l'Agnès Sorel de Fouquet.

La rencontre de la théâtralité de la scène, des échos mystiques et de la nudité charnelle est sans doute la source de la  fascination qu'exerce cette oeuvre.

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Le tableau s'inspire d'une oeuvre de Clouet fort connue, représentant Diane de Poitiers. 

On y voit Diane au premier plan, la main droite posée sur une planche recouverte d'une toile chargée de fruits et de bijoux. Cette habitude de tendre une toile sur la table avant d'y disposer les parfums, les brosses et les bijoux, a donné en français le mot "toilette".

En perspective une solide nourrice donne le sein à un poupon, tandis qu'un enfant la main sur le rebord de la baignoire louche vers la coupe de fruits et tend la main vers une grappe de raisin. Toujours dans la perspective, comme sur la toile qui nous intéresse, on voit une servante devant une cheminée.

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Le tableau de Clouet est quasiment copié en 1596, Diane étant remplacée par Gabrielle.  Le garconnet gourmand et chapardeur serait alors César, l'enfant annoncé dans le premier tableau. Le poupon dans les bras de la nourrice serait Catherine Henriette, soeur de César.

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Le thème est souvent traité par les peintres de Fontainebleau. On en voit ici une autre version. On reconnaît le même geste de la main dont les doigts tiennent une bague. En perspective une servante est penchée sur un coffre. La nudité de la femme est pudiquement recouverte d'un voile transparent comme on le devine sur le tableau précédent. 

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Il existe au musée de Lyon un 3ème tableau de Gabrielle au bain. L'attitude des jeunes femmes est différente. Julienne ne touche plus sa soeur. Il n'est pas nécessaire de vérifier si elle attend un enfant puisque le rejeton est né. On le voit dans les bras de la nourrice. Le sein de sa mère s'est donc gonflé de lait pour rien! A moins que le royal amant n'en ait profité. Le collier de perles rares est sans doute un cadeau du roi reconnaissant à sa maîtresse de lui avoir donné un garçon.

Ce tableau qui ne manque ni d'élégance ni d'étrangeté a cependant moins de mystère, moins de magie que le premier, celui qui est exposé aujourd'hui au Louvre, là où le roi Henri un soir de février eut l'audace d'annoncer son mariage avec son amoureuse peu de temps avant que sa beauté ne fût saccagée par la souffrance et anéantie par la mort.

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Le peintre qui a réalisé cette oeuvre ne l'a pas signée. Il est un des anonymes les plus célèbres de la longue histoire de la peinture!

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Comme la Joconde, comme beaucoup d'oeuvres célèbres, le tableau se prête à la parodie et à la caricature. Il est particuliérement parodié dans le monde gay. On peut s'en amuser avant de revenir à l'original et à sa trouble sensualité.

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                                                                     Eleazar

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                                 A la manière de Gabrielle d'Estrées. Qiu Mei Xian

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                                                                      Harald

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                                                                Robert Combas

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                                                                            Luzier

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                                         Nils and Phil. Polaroïd. Bertrand David.

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                                                           Francesco Marero

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                               François et Jean-François par Large


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Liens tableaux célèbres :


Chagall. Abraham et les Anges. L'hospitalité.

Camille Bombois. La femme. (II)

Séraphine de Senlis

Fontevraud. Fresques de Thomas Pot.

Tombeau d'Agnès Sorel. Loches.


Gustave Moreau. Le christ et les deux larrons.

Gustave Moreau. La Vie de l'Humanité.

Gustave Moreau. Jupiter et Sémélé.

Gustave Moreau. Prométhée foudroyé.


Lautrec. CHA-U-KAO la clownesse.

Lautrec. André Gill. Le Lapin agile.

 

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La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

Les amoureux de Paris connaissent le somptueux hôtel de la Païva sur les Champs- Elysées. On sait que les Goncourt à la langue vipérine, devant l'abondance d'œuvres d'art et la qualité des décors, le qualifièrent de "Louvre du cul"...

 

Hôtel de la Païva (Atget).

Hôtel de la Païva (Atget).

J'ai tendance à préférer la courtisane, aussi arriviste qu'elle eût été, à ces deux commères! 

Mais comme nous nous arrêtons aux frontières de Montmartre, nous ne suivrons cette grande dame que pendant les premières années de son séjour parisien, dans notre quartier.

 

La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

Celle que l'on connaît sous un nom chatoyant et exotique est née Esther Lachmann (1819) dans une famille modeste de Juifs polonais en Russie. Ses parents, à une époque où on demandait peu leur avis aux jeunes filles, la marient  (elle a 16 ans) à un tailleur français établi à Moscou. Elle mettra au monde un fils, Antoine, qu'elle ne verra quasiment jamais.

Esther a des rêves plein la tête et elle supporte mal son rôle d'épouse soumise. Elle rencontre un bel aventurier qui la convainc sans mal de laisser tomber mari, fils, parents, Russie, pour courir le monde plein de surprises et de promesses.

Les Tuileries sous Louis-Philippe.

Les Tuileries sous Louis-Philippe.

 En ces temps romantiques, tous les chemins mènent à Paris. C'est là que nous retrouvons Esther, lestée de son aventurier et livrée à elle même.

Ici commence son passage de météore dans nos parages.

Rue des Martyrs et le clocher de Notre-Dame de Lorette

Rue des Martyrs et le clocher de Notre-Dame de Lorette

Notre-Dame de Lorette

Notre-Dame de Lorette

Que peut faire une jolie femme sans métier et sans ressources dans un Paris tumultueux et en pleine mutation?

Elle se réfugie dans le quartier à la mode, celui des lorettes, prostituées au cœur généreux puisqu'elles ont par leurs dons contribué à l'édification de l'église Notre-Dame de Lorette dont les caissons dorés, les colonnes de marbre et les fresques témoignent des largesses!

 

Esther a du talent et elle est remarquée. Sur les conseils d'une amie de fortune, elle change de nom et troque Esther contre Thérèse (aujourd'hui c'est le contraire que l'on ferait bien qu'en verlan le premier prénom puisse se métamorphoser en mon deuxième!)

Bref, la jolie femme rencontre en 1840 un pianiste qui tombe amoureux fou de sa beauté sensuelle et de ses mœurs libres et inventives.

Henri Herz.

Henri Herz.

Il s'appelle Henri Herz. Il est le plus fêté des pianistes de la Restauration et il faudra attendre deux géants, Liszt et Chopin pour le détrôner. Il créa une manufacture de pianos pour se consoler...

Il est donc le premier amant connu de Thérèse Lachmann. Sa fortune fait partie de ses charmes comme ses relations et les nombreux salons qu'il fréquente. Notre courtisane voit son carnet d'adresses s'enrichir de noms prestigieux. Elle rencontre grâce à lui Liszt, Wagner venu quelques mois à Paris et locataire rue d'Aumale dans la Nouvelle Athènes pour la présentation de son Tannhäuser, Théophile Gautier qui restera son ami...

 

Henri Herz dans un salon en 1830.

Henri Herz dans un salon en 1830.

Elle épouse son artiste à Londres, en cachant soigneusement qu'elle est déjà mariée. Après tout, elle inaugure la bigamie féminine, n'en déplaise aux polygames mâles!

Une fillette voit le jour en 1847. Elle sera nommée Henriette (remarquons au passage que son premier mari s'appelait Antoine, prénom donné à leur fils, et que le 2ème mari s'appelant Henri, leur fille fut baptisée Henriette! Notre Esther-Thérèse voulait sans doute donner à ses maris le signe que ces enfants étaient bien à eux et très peu à elle!)

Il faut mentionner ici qu'elle eut des trésors auxquels elle donna le nom d'enfants! En effet, ce sont deux diamants considérables, parmi les plus fabuleux, qu'elle appela ainsi! 

Ils ont été vendus par Sotheby's en 2007 pour plusieurs millions de francs suisses.

 

En 1848, Herz part pour une tournée aux Etats-Unis. Thérèse dilapide une partie de sa fortune si bien que la famille, scandalisée, la chasse de la demeure familiale et récupère la fillette dont elle ne se préoccupera jamais et qui mourra à l'âge de 13 ans sans avoir connu sa mère.

Thérèse se rend à Londres où elle espère refaire sa vie. Elle trouve naturellement un riche protecteur en la personne d'Edward Stanley, politicien généreux qui la couvre de présents et lui donne en paiement de ses services, paraît-il exceptionnels, de quoi vivre largement. Mais cet homme l'ennuie, comme la langue anglaise et le brouillard sur la Tamise.

 

 

Thérèse revient à Paris où l'attend une surprise dont elle se serait bien passée. Antoine Villoing, le premier mari et le seul  légitime, débarque et la supplie à genoux de revenir au bord de la Moskova où l'attendent son fils et ses parents. La seule idée de retourner dans un passé qu'elle exècre lui fait horreur. Elle repousse le tailleur amoureux qui, désespéré se suicide.

Après quelques larmes de crocodile, Thérèse rencontre un nouvel amant prestigieux, le duc Antoine de Gramont alors marié à une belle Ecossaise et pas encore le grand personnage politique du 2nd Empire en gestation.

 

L'homme qui lui offre de nombreux présents et paie largement sa compagnie n'est pas de ceux qui s'encombrent longtemps d'une relation de plaisir. Thérèse est de nouveau seule. Situation inconfortable et indigne d'une courtisane dont la réputation est maintenant établie.

Voilà que passe sur le trottoir l'homme providentiel qui allait transformer sa vie, à commencer par son nom.

Il s'agit d'Albino Francisco marquis de Paiva Araujo. Il a 27 ans, il est élégant, il est riche, bref il est paré de toutes les qualités!

 

Thérèse le séduit si habilement qu'après quelques mois il lui propose le mariage, célébré en juin 1851.

Le nouvel époux fait cadeau à sa belle d'un hôtel particulier, élevé place Saint Georges en 1840.

 

C'est un bâtiment remarquable, un des plus beaux du quartier qui pourtant n'en manque pas. Son architecte est Edouard Renaud qui se plie au goût très "Monarchie de Juillet" pour le style néo Renaissance mâtiné de gothique.                                                                                                                                                                                                                                                               

 

La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.
La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

L'Abondance et la Sagesse par Gabriel Garraud.

Les décors théâtraux sont dus aux frères Lechêne et les sculptures sont d'Antoine Desboeufs et Gabriel Garraud.

Antoine Desboeufs est surtout connu comme médailleur, d'où la précision et la finesse de ses réalisations. On peut voir plusieurs de ses œuvres à Paris comme la paix au bas d'une des colonnes de la place de la Nation ...

 

La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

L'Architecture par Antoine Desboeufs

La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

La Sculpture par Antoine Desboeufs

Gabriel Garraud, plus rare, est un des nombreux sculpteurs ayant participé à la galerie des hommes illustres du Louvre. Son Descartes n'est pas bouleversant d'expressivité!

 

On admire aujourd'hui la fantaisie de cette façade qui associe gothique et renaissance... et on imagine la satisfaction de celle qui se nomme désormais la Païva, lorsqu'elle franchissait les grilles de son hôtel, "soulevant, balançant le feston et l'ourlet"! 

 

Thérèse ne supporte pas longtemps son nouveau statut. Elle donne congé au marquis qui repart au Portugal...

Quelques mois plus tard, elle rencontre un cousin richissime du chancelier allemand Bismarck, le comte Guido Henckel von Donnersmarck.

 

Ici s'arrête le séjour de la courtisane dans nos quartiers! 

Le comte lui fait construire le fabuleux hôtel des Champs-Elysées, avec, pièce centrale et grandiose, un escalier d'onyx. Ce qui fera dire à Emile Augier : "Ainsi que la vertu, le vice a ses degrés".

 

 Abrégeons l'histoire de notre courtisane qui fait annuler son mariage avec le marquis en 1871. L'homme qui revient des Amériques à peu près ruiné se suicide. Elle épouse alors le comte allemand.

Après la guerre de 1870, elle sera soupçonnée d'espionnage et contrainte de quitter la France en 1877. Elle ira vivre en Silésie, dans le château de son mari (surnommé "le Petit Versailles") qu'elle a fait rebâtir selon ses goûts par l'architecte parisien Lefuel. Elle y mourra quelques années plus tard, à l'âge de 65 ans.

 

Reste le mystère de la séduction qu'exerça cette femme qui ne se trouvait pas belle et refusait qu'on la photographie....

Reste son passage rue des martyrs, place Saint-Georges.... où son parfum flotte parfois dans l'air avec celui des lorettes...

Seuls peuvent les percevoir aujourd'hui les amoureux de Montmartre...

 

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Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

De retour de mes trois mois d'exil dans mon île atlantique, j'ai retrouvé Montmartre qui m'a fait grise mine, comme un chat qui après l'absence de son maître, joue les indifférents.

Si le soleil s'était caché, des artistes des rues moins susceptibles avaient rendu à ma rue son véritable nom et décoré un vieux café désaffecté avec un ange et une vierge droit venus d'une toile du peintre florentin.

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.
Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

La plaque a été modifiée : le 18 ème s'est transformé en 16 s, non pas l'arrondissement mais le siècle de la Renaissance pendant lequel le peintre vécut les 31 dernières années de sa vie.

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

Le nom de la toile représentée est écrit en lettres arabesques ainsi que la date de son exécution : 1528.

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

Cette Annonciation aux couleurs vives et à la théâtralité assumée, j'ai eu la chance de la voir au Palais Pitti à Florence.

Si Andréa del Sarto avait été un homme honnête, elle serait peut-être aujourd'hui au musée du Louvre!

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.
Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

On connaît en effet l'histoire! Le peintre avait été invité à vivre en France, au service de François Ier comme un certain Léonard de Vinci. Pour retrouver sa femme restée à Florence, il obtint de son illustre employeur la permission de retourner quelque temps dans sa ville, avec une somme considérable destinée à acheter sur place des toiles des plus grands peintres dont le roi voulait décorer ses châteaux.

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

Le peintre ne revint jamais en France et avec l'argent qui lui avait été confié se fit construire l'opulente demeure que l'on peut voir aujourd'hui à Florence via dei Caponi!

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

Grâce aux artistes de rues, Andrea del Sarto revient à Paris! 

C'est une belle idée....

 

photo site Toqué

photo site Toqué

Par chance elle est signée!

Leur auteur est double, ce sont deux frères dont le nom est une déclaration de poésie : Toqué frères!

On le sait il faut être un peu (beaucoup?) fous pour se lancer dans de telles aventures, généreuses et lumineuses!

Rue Rochechouart. Mai 2017.

Rue Rochechouart. Mai 2017.

Félix et Marin ont souvent peint sur les murs des villes grises de grands tableaux de mer et de navires.

Parfois ils dessinent en faisant danser les lettres des messages joyeux, des invitations à la vie...

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

En face de l'Annonciation, ils ont tracé quelques lettres sur une boutique abandonnée : Génial avec un cœur.... Ironie du message qui parle à la fois de la toile d'Andrea del Sarto, de sa reproduction en art de rues, du regard du passant qui participe à la rencontre!

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

Je suis rentré trop tard pour voir leur réalisation dans tout son éclat. Déjà elle a été vandalisée par des tagueurs sans talent. Certains détails se sont estompés comme la fleur de lys et le vase, symboles de la virginité et de la maternité. Mais les couleurs vives, le "mouvement immobile" sont restés. L'ange est bien présent, intense, vivant pour chaque passant qui le regarde.

 

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

 

Comme tout art éphémère, la fresque est condamnée à disparaître...

Je le regrette car elle n'est pas seulement une réponse à la question que se posent parfois les habitants du quartier sur le nom de leur rue, elle est aussi une invitation au voyage et à la rencontre.

Bon j'arrête! 

Car moi qui suis un admirateur d'Andrea del Sarto, moi qui habite cette rue, me voilà maintenant toqué des frères Toqué!

 

 

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

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     Chargé d'illustrer un recueil de chansons militaires (quelques-unes grivoises) harmonisées par Charles Cuvillier, Poulbot s'en donne à coeur joie et dessine de braves types à la trogne réjouie. Ses dessins sont francs et drôles. Ils ne sont pas "érotiques" comme ceux d'autres illustrateurs des mêmes chansons.

18 dessins d'inégale valeur accompagnent le livre.

Charles Cuvillier (1877-1955) dont la gloire dépassait les frontières nationales est aujourd'hui bien oublié et son illustrateur l'éclipse aisément !

Une partie de son renom vient de ses coréligionnaires Fauré et Massenet avec lesquels il étudia la musique! Il composa de nombreuses opérettes qui furent jouées en Allemagne, en Angleterre et même à Broadway...

Il aimait se promener sur notre Butte où il venait en voisin du IXème arrondissement où il vécut de sa naissance à sa mort. Il rencontra à plusieurs reprises Poulbot avec lequel il sympathisa.

La Reine Joyeuse (Cuvillier). "Ah la troublante volupté!" un des plus grands tubes de Cuvillier!

La Reine Joyeuse (Cuvillier). "Ah la troublante volupté!" un des plus grands tubes de Cuvillier!

Poulbot après avoir illustré la première de couverture et la page du titre, propose un dessin pour chaque chanson (15 chansons).

 

    Certaines de ces chansons restent célèbres, d'autres ont perdu de leur mordant et sommeillent dans de vieux cartons ou de vieilles mémoires...

La première, les fils de Chateaudun, fait partie de ces dernières. Je n'ai rien trouvé sur elle et si j'en crois l'illustration de Poulbot, elle met en scène une femme éplorée qui montre à un gros sodat moustachu et bedonnant une progéniture qui est peut-être née pendant son absence...

Auprès de ma blonde

Auprès de ma blonde

La deuxième est toujours chantée. Auprès de ma blonde est un classique dont Poulbot nous donne une représentation souriante et sous couette avec petits oiseaux à la fenêtre:

La chanson date du XVIIIème siècle, le texte est d'André Joubert du Collet. Elle s'appelait à l'origine "Le prisonnier de Hollande" (le pays pas le président!)>

"Auprès de ma blonde

Qu'il fait bon, fait bon, fait bon

Auprès de ma blonde

Qu'il faut bon dormir!

Passant par Paris

Passant par Paris

     "Passant par Paris" est également une chanson du XVIIIème siècle mais qui devint populaire pendant la guerre de 1870. C'était à l'origine une chanson de marins que l'on chantait dans les ports. Quand pendant la Défense de Paris les marins se firent terriens et vinrent prêter main forte à l'artillerie, ils l'apportèrent avec eux... Les parisiens s'en emparèrent.

.

"Le bon vin m'endort, l'amour me réveille (bis)

J'ai eu de son coeur la fleur la plus belle

Dans un grand lit blanc gréé de dentelles

J'ai eu trois garçons, tous trois capitaines."

Poulbot. Cuvillier. Chansons de route. Gauloiseries militaires. 1909.

"Les godillots" est une chanson de route qui remonte au XVIIème siècle.

.

"La-haut sur la colline

Il y a un moulin (bis)

Le meunier sur sa porte

Voit Rosette de loin (bis)

(il en existe de nombreuses variantes mais l'histoire reste la même. Rosette se retrouve avec le "sac plein" et au bout de neuf mois à peine, met au monde un p'tit meunier!.

Comme les autres font

Comme les autres font

"Comme les autres font" est une chanson gauloise aux origines incertaines.

.

"Oh ma mère ma pauvre mère, je voudrais me marier

Je voudrais me marier comme les autres

Pour avoir fille et garçon comme les autres font.

.

-Mais ma fille, ma pauvre fille

De l'argent en auras-tu?

.

-Le soir derrière les buissons, comme les autres,

Je trousserai mes blancs jupons

Comme les autres font." (...)

.

La Tradériquette

La Tradériquette

Avec mes sabots

Avec mes sabots

Avec mes sabots

Voilà une très ancienne chanson qui remonterait au XVIème siècle et qui reprit du poil de la bête en 1870...

.

"En passant par la Lorraine

Avec mes sabots (bis)

Rencontrai trois capitaines

Avec mes sabots...."

L'enfant du bataillon

L'enfant du bataillon

L'Enfant du bataillon

Chanson du début du XIXème siècle qui montre la solidarité des soldats sur tous les fronts!

"La plus belle est Fleur de rose

Fleur de rose est un beau nom

Verse à boire

Les soldats l'ont emmenée

A Paris près de leur maison

Au bout de neuf mois à peine

Elle accoucha d'un garçon

Il ne ressemble à personne

C'est le fils du bataillon

Verse à boire "

Marlbrough

Marlbrough

Marlbrough

Cette chanson-là est connue de tous les enfants. Elle date du XVIIIème siècle. Dans sa pièce, "le mariage de Figaro" Beaumarchais la fait chanter à Chérubin mais c'est Marie-Antoinette qui la mit à la mode en la chantant sur son clavecin. La tour du Hameau de la Reine porte d'ailleurs le nom de Marlbrough. ....

Il s'agit de se moquer d'un ennemi de la France dont la nouvelle de la mort est apportée à sa femme :

"Elle voit venir un page

Mironton mironton mirontaine

Elle voit venir un page

Tout de noir habillé

Aux nouvelles que j'apporte

Mironton mironton mirontaine

Aux nouvelles que j'apporte

Vos beaux yeux vont pleurer...."

Pauline

Pauline

Pauline

Encore une histoire de femme légère, d'amant et de cocu! Dans le domaine de la chanson légère, la lourdeur et la misogynie sont souvent de mise!

Cendrinette

Cendrinette

Cendrinette

Chanson pleine de sous entendus, tels qu'on les aimait dans les cabarets montmartrois. la bouteille et son contenu suggèrent  ici le sexe du soldat entreprenant!

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" Veux-tu goûter Cendrine

Du vin de ma bouteille

Du vin de mon flacon..."

Le navire

Le navire

Le Navire

Poulbot nous montre une belle dame qui perd sa coiffe et s'accroche au mât du navire.

Mais de quelle chanson s'agit-il? Quelle est son origine? Mystère! Je n'ai rien trouvé sur cette œuvre qui survit grâce à notre dessinateur...

Le cantonnier

Le cantonnier

Le Cantonnier

La chanson du cantonnier date du XVIIIème siècle et a inspiré Aristide Bruant qui en a donné sa version.

C'est cette version de Bruant qui s'est imposée :

"Sur la route de Louviers (bis)

Y avait un cantonnier (bis)

Et qui cassait (bis)

Des tas de cailloux

Pour mettre sur le passage des roues..."

Poulbot. Cuvillier. Chansons de route. Gauloiseries militaires. 1909.

C'est le texte de Bruant qui s'est imposé avec sa liberté poétique et sa teinture socialisante!

 

 

Un' bell' dam' vint à passer

Dans un beau carross' doré

Et qui lui dit : Pauv' cantonnier

Et qui lui dit : "Pauv' cantonnier

Tu fais un fichu métier!

.

Le cantonnier lui répond :

Faut qu' j' nourrissons nos garçons

Car si j' roulions

Carross' comm' vous

Car si j'roulions carross' comm' vous

Je n'casserions pas d' cailloux!

.

Cette répons' se fait r'marquer

Par sa grande simplicité

c'est c'qui prouv' que

Les malheureux

C'est c'qui prouv' que les malheureux

S'ils le sont c'est malgré eux.

 

 

La fille de Gennevilliers

La fille de Gennevilliers

La fille de Gennevilliers

C'est une triste histoire qui parle d'une fille si belle qu'elle rend amoureux fous les hommes qui se battent pour elle.

.

"A Gennevilliers y a si tant belles filles

Mais y en a une si parfaite en beauté

Qu'elle a séduit tambours et grenadiers

Ah Ah

(...)

Sur le terrain provoqua son rival

Et dans le corps son épée a passé

Si bien passé qu'il en a trépassé

Ah Ah"

C'est à boire

C'est à boire

C'est à boire

La dernière chanson du recueil raconte une orgie née du désir d'une serveuse d'auberge pour les beaux soldats venus boire...

.

"C'est à boire, à boire, à boire

C'est à boire qu'il nous faut Oh Oh

(...) Et quand ils furent en chemise, ils montèrent sur des tonneaux

Nom de nom dit la patronne, qu'ils sont noirs mais qu'ils sont beaux

Sacrebleu fit la servante tous les six il me les faut!"

Le recueil devenu rare est recherché par les admirateurs de Poulbot et il faut débourser plusieurs centaines d'euros pour en acheter un exemplaire!

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Liens :

Articles sur les artistes et peintres de Montmartre. Poulbot.

Poulbot. Cuvillier. Chansons de route. Gauloiseries militaires. 1909.
Poulbot. Cuvillier. Chansons de route. Gauloiseries militaires. 1909.

Les documents utilisés pour cet article viennent pour la plupart du beau livre de Jean-Pierre Doche : Poulbot et le livre. (éditions l'àpart)

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Publié le par chriswac
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Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75
49

49

Nous avions quitté la première partie de la rue avec Baudelaire et Jeanne Duval et nous la retrouvons avec un autre poète, Germain Nouveau qui habita au 49 en 1879...

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75

Germain Nouveau (1851-1920) est un de ces météores de la poésie française dont l'œuvre reste à redécouvrir. Il rencontra Rimbaud à Paris et partit avec lui pour vivre à Londres en 1874. Il aurait selon certains critiques participé à l'écriture des Illuminations.

Ce qui est certain, c'est que cet "illuminé" fut admiré par les surréalistes. Aragon dit qu'il est un poète majeur, l'égal de Rimbaud.

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75

Je me rappelle avoir été impressionné par un de ses poèmes dans lequel il parle de son enterrement. En voici juste trois strophes :

 

Je ne veux pas que l'on m'enferre

Ni qu'on m'emmarbre, non, je veux

Tout simplement que l'on m'enterre,

En faisant un trou... dans ma Mère,

C'est le plus ardent de mes vœux.

(...)

Et retournez-la sur le ventre,

Car, il ne faut oublier rien

Pour qu'en son regard le mien entre.

Nous serons deux tigres dans l'antre,

Mais deux tigres qui s'aiment bien.

.

Ah! Comme je vais bien m'étendre

Avec ma mère sur le nez,

Comme je vais pouvoir lui rendre

Les baisers qu'en mon âge tendre

Elle ne m'a jamais donnés.

 

 

 

Le 51

Le 51

Nous avons déjà parlé de la brasserie qui se situait à l'angle de la rue Fontaine lorsque nous avons parcouru cette rue. Elle donne également rue Jean-Baptiste Pigalle, au 51. Elle était en 1861 le lieu où se rencontraient des artistes, autour de Courbet.

Un marchand de vins l'a remplacée. Un faune disciple de Bacchus tire la langue et dresse les oreilles sur la façade, se réjouissant d'avoir de bonnes bouteilles à sa disposition!

 

Le 52

Le 52

Le 52.  Un restaurant chinois, donne sur une placette où son aspect tristounet nous ferait oublier qu'il fut pendant des années un cabaret de renom : le Grand Duc.

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75

C'est là qu'Ada Brickstop commença à danser et popularisa le charleston avant d'ouvrir sa propre boîte dans la même rue,  "chez Brickstop".

Elle était également chanteuse et sa voix émouvait des écrivains comme Aragon ou Leiris.

Le 53

Le 53

Nous restons sur la planète Jazz avec le 53 où un modeste cabaret "Music box" fut dans les années 30 un des temples du jazz hot.

 

Le 54

Le 54

Au 54, encore une boîte de jazz qui nous rappelle que cette musique avait dans les années 30 Paris pour capitale et Pigalle pour épicentre.

Le cabaret s'appelait "l'Heure bleue" et Bill Coleman notamment y joua...

 

Le 54

Le 54

Le cabaret aurait dû s'appeler l'heure brune pendant l'occupation car il fut un lieu de prédilection des collabos de tout poil.

Après la guerre, dans les années 50, il passa au rose quand Monique Carton, alias Moune, le transforma en cabaret féminin, haut lieu du lesbianisme parisien "Chez Moune".

Il s'est banalisé aujourd'hui pour n'être qu'une quelconque boîte de nuit sans originalité.

 

Rue J.B. Pigalle à l'endroit où la rue La Rochefoucauld la rejoint.

Rue J.B. Pigalle à l'endroit où la rue La Rochefoucauld la rejoint.

La rue Jean-Baptiste Pigalle s'élargit sur quelques mètres en delta quand elle reçoit, en formant une placette, la rue La Rochefoucauld....

Le 55

Le 55

Le 55 peut nous émouvoir car c'est à cette adresse que vécut quelques années Juliette Drouet, la grande amoureuse, fidèle contre vents et marées à Victor Hugo à qui elle écrivit plus de 20 000 lettres. 

 

Hôtel Rousseau, face au 55 rue Pigalle.

Hôtel Rousseau, face au 55 rue Pigalle.

Quand en 1871, après la mort de son fils Charles, Hugo loua au 66 rue La Rochefoucauld un appartement au 1er étage de l'hôtel Rousseau, elle s'installa en face, dans ce petit immeuble où il vint vivre avec elle un peu plus tard.

Calamity building!

Calamity building!

Le 58 est un des endroits les plus déprimants de la rue. Un immeuble sans grâce, indigent, a écrasé quelques uns des lieux mythiques du Pigalle des années folles.

 

A l'angle avec la rue Victor Massé. Tabarin et la Boîte à Fursy

A l'angle avec la rue Victor Massé. Tabarin et la Boîte à Fursy

 Il y avait là un music hall, "la Boîte à Fursy" animée par le chansonnier Henri Fursy (Dreyfus) qui avait repris "le Tréteau de Tabarin" après avoir tenté de redonner vie au Chat Noir de la rue Victor Massé.

Ce fut un des cabarets les plus animés et les plus créatifs de Montmartre.

 

Sur les vieilles cartes postales, on peut voir le restaurant Lajunie qui faisait l'angle avec le rue Victor Massé et qui prit de l'importance quand ouvrit le Bal Tabarin.

 

Le restaurant fameux qui a été remplacé par la monstruosité d'immeuble que nous savons, était un lieu très fréquenté par les demi-mondaines qui y entraînaient leurs conquêtes du Bal Tabarin.

 

Toute cette histoire mouvementée et pittoresque de Montmartre n'est plus que souvenirs qui flottent dans l'air... et qui tentent de donner un peu de vie aux tristes constructions qui ont, pour des raison financières, saccagé notre Paris. Comme chante Léo Ferré "le capital qui joue aux dés notre royaume"....

 

Tabarin

Tabarin

Aujourd'hui!

Aujourd'hui!

Bon! On n'arrête pas le progrès! On ne s'arrête pas non plus devant ce bloc qui n'est pas le seul à avoir écrasé des lieux historiques (que dire du consternant blockhaus qui a remplacé le cirque Medrano sur le boulevard Rochechouart?)...

 

Le 60

Le 60

Le 60 a échappé à la destruction et, bien que mutilé, survit vaille que vaille. On y retrouve en 1854 Baudelaire que nous avons déjà rencontré plus bas et qui allait alors de logement modeste en logement modeste :

En rouvrant mes yeux pleins de flamme,

J'ai vu l'horreur de mon taudis,

Et senti, rentrant dans mon âme,

La pointe des soucis maudits (...)

Le 62

Le 62

Le 62 d'une laideur exemplaire a pris la place d'un petit immeuble qui abrita l'atelier du photographe Etienne Carjat (entre 1866 et 1869).

Ami de Baudelaire, cet artiste, photographe, journaliste, caricaturiste et poète est surtout connu aujourd'hui pour ses photos célèbres de Rimbaud.

 

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75

Il avait fait du jeune poète toute une série d'épreuves qui ont malheureusement été détruites par lui-même après une altercation au cours d'un repas où il fut blessé par Rimbaud qui lui fit une estafilade avec une canne-épée.

Il était également ami de Verlaine et de quelques artistes du groupe des "Vilains bonshommes".

Ajoutons qu'il fut ardent partisan de la Commune et qu'il publia pendant ces jours héroïques et tragiques des poèmes politiques dans le journal "La Commune".

Un de ses recueils "Artistes et Citoyens" a été préfacé par Victor Hugo.

 

Bien plus tard, quelques années avant la 2ème guerre, un club de jazz s'installe au 62. Il s'agit d'une boîte de la rue de Douai qui déménage, avec son nom : "La Roulotte".

Django Reinhardt s'y produit et, en 1943 rachète le club et le baptise "Chez Django Reinhardt".

 

Le Sans Souci

Le Sans Souci

Côté impair, une brasserie avec une passante qui aurait pu être Romy Schneider!

 L'actrice dont "La passante du Sans-Souci" fut le dernier film avait insisté pour qu'il soit réalisé après avoir été bouleversée par le roman de Kessel. Or Kessel avait situé l'action au Sans-Souci de la rue Pigalle et non dans le XVème arrondissement choisi par le réalisateur (Jacques Rouffio).

 

Le 65 un jour de déménagement.

Le 65 un jour de déménagement.

Le 67

Le 67

Dans la cour du 67

Dans la cour du 67

Le 67 est un immeuble banal, plutôt moche. Il occupe l'emplacement de la poste aux chevaux qui très active sous la Restauration ne sera détrônée que par la Compagnie des Omnibus. On peut apercevoir dans l'entrée de l'immeuble une tête sculptée et dans la cour un ancien abreuvoir épargné par les démolisseurs.

 

Le 73

Le 73

Plus on approche de la place Pigalle et plus sont nombreux les anciens cabarets qui rayonnaient dans le voisinage du célèbre jet d'eau.

Au 73, il y eut à la fin du XIXème siècle un établissement ouvert par le tonitruant et fantasque Maxime Lisbonne qui laissa son empreinte sur le Montmartre des chansonniers et des créateurs de cabarets iconoclastes. il s'agit du Casino des Concierges, appelé aussi Cabaret Bruyant.

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75

Lisbonne est une des grandes figures de Montmartre. On a écrit sur lui quelques livres parmi lesquels le plus complet et le plus "amoureux" est "Le banquet des Affamés" de Didier Deaninckx. Mention également au d' "Artagnan de la Commune" de Marcel Cerf.

 

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75

Il fut un des plus courageux combattants de la Commune qui le nomma Colonel. Louise Michel parle de lui souvent  et rapporte ses paroles sous la mitraille :" Puisqu'il semble que tout cœur qui bat pour la liberté n'a droit qu'à un peu de plomb, j'en réclame ma part!"

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75

Deux fois condamné à mort après la Commune, il vit sa peine commuée en travaux publics à perpétuité.

Après la grâce accordée aux Communards, il revint à Montmartre et habita dans une rue qui m'est chère : la rue André Del Sarte, alors rue Saint André.

Il se lança dans une vie à la fois joyeuse et généreuse. Il créa de nombreux cabarets parmi lesquels : la Taverne du Bagne, 2 boulevard de Clichy (où bien avant Coluche il organisa des repas pour les pauvres du XVIIIème) Les Frites Révolutionnaires, 54 du même boulevard...

 

Dans son Casino des Concierges, il organisa un grand bal pour les chiffonniers du quartier. Mais le fait "historique" fut la création de la première revue de cabaret "les emmurés de Montmartre" qui allait faire des petits dans de nombreux établissements montmartrois.

Citons pour mémoire que c'est au Divan Japonais, devenu Divan Lisbonne que fut offert aux spectateurs le premier effeuillage sur scène! Le premier nu de ce quartier qui allait en voir bien d'autres!

Le 75. Mais... encore un déménagement de matelas!

Le 75. Mais... encore un déménagement de matelas!

Au 75, nous trouvons encore un cabaret : "Le Hanneton". Il était dirigé par Madame Armande et accueillait les amours lesbiennes. Lautrec y était admis et en fit plusieurs tableaux (1897-1898) notamment le portrait de Madame Armande.

 

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75

Nous arrivons maintenant sur la place Pigalle qui n'a pas droit au prénom Jean-Baptiste. C'est malgré son apparente banalité actuelle un haut lieu de l'histoire de Montmartre, politique et artistique....

Un lieu où laisser libre cours à notre imagination, où retrouver les personnages de quelques uns des plus beaux tableaux peints ici par Degas, Lautrec, Manet et quelques autres....

On respire sans réticence le poison qui flotte dans l'air...  l'odeur de l'absinthe.... celle des barricades.... On entend les chansons canailles, les refrains anarchistes... 

On s'attend à voir les arbres du boulevard se transformer en cerisiers!

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Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.
Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

La place Pigalle est le cœur du Montmartre des cabarets.... et la rue qui va de la rue Blanche jusqu'au petit jet d'eau célébré par la chanson de Georges Ulmer en fait partie...

 

Mais dans l'histoire mouvementée de Montmartre, place et rue sont avant tout l'épicentre de la création et de l'émulation artistique....

Nous avons consacré trois articles à la place, aussi est-ce à la rue que nous voulons aujourd'hui rendre justice...

Rue Pigalle à partir de la rue Blanche.

Rue Pigalle à partir de la rue Blanche.

Le 1.

Le 1.

Remontons donc le temps et la rue qui commence à quelques pas de l'église de la Trinité, rue Blanche.

Au n°1, dans un hôtel particulier aujourd'hui disparu, le sculpteur dont elle porte le nom : Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785) a vécu... La rue s'appelait alors rue Royale...

 

Elle suivait le tracé du vieux chemin qui montait vers la Butte. Ce ne fut pas son dernier avatar puisqu'en 1795 elle devint rue de la République, en 1800 rue de l'An Huit, en 1803 rue Pigalle et enfin en 1993 rue Jean-Baptiste Pigalle!

 

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Pour revenir à notre sculpteur, rappelons que c'est grâce à la protection de Mme de Pompadour qu'il connut le succès et reçut de nombreuses commandes d'aristocrates dont il immortalisa dans le marbre le visage.

Mais parmi ses œuvres, son "Mercure attachant sa talonnière" fut sans doute la plus appréciée.

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Aujourd'hui, le sculpteur est en bonne place dans les encyclopédies et les dictionnaires pour avoir représenté Voltaire, à la fois fragile et volontaire, nu et spirituel...

Il mourut quatre ans avant la Révolution et fut inhumé dans le minuscule cimetière du Calvaire qui jouxte la vieille église de Montmartre. Vous pouvez lui rendre visite, une fois par an, le jour de la Toussaint, quand le cimetière est ouvert à tous.

 

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Encore un peu d'imagination pour se représenter au n°2  un des moulins qui appartenaient aux religieuses de l'abbaye de Montmartre : le Moulin de la Tour des Dames.

Il s'élevait sur un terrain qui se situerait aujourd'hui entre la rue Jean-Baptiste Pigalle et la rue qui fait référence à ce moulin, la rue de la Tour des Dames.

Les 1, 3, 5.

Les 1, 3, 5.

Au 3 vécurent des peintres qui furent célèbres en leur temps : Thomas Couture et William Hunt.

Les romains de la Décadence. thomas Couture.

Les romains de la Décadence. thomas Couture.

 

Thomas Couture (1815-1879) a formé dans son atelier pendant plus de six ans Edouard Manet et s'il est connu grâce à cet élève de génie, c'est aussi une de ses œuvres qui lui assura en 1847 la notoriété. Il s'agit des fameux "Romains de la Décadence" qui nous paraissent aujourd'hui très peu romains et très peu décadents!

Il quitta Paris en 1860 pour vivre dans sa ville natale : Senlis.

L'immeuble du 3 rue Jean-Baptiste Pigalle où il vécut a été remplacé par celui que nous voyons aujourd'hui.

Paysage. William Hunt.

Paysage. William Hunt.

William Hunt (1824-1879) est un peintre américain qui séjourna quelques années à Paris et étudia chez Couture. C'est Millet cependant qui l'influença comme l'école de Barbizon dont on retrouve des correspondances dans ses toiles.

Le 7

Le 7

Au 7, c'est encore un peintre que nous rencontrons. Il s'agit d'Eugène Berthelon (1829-1916) spécialisé dans les paysages de campagne et dans les marines. Il appréciait ce bas Montmartre puisqu'après avoir vécu 7 ans rue Pigalle, il eut pour adresses successives le boulevard de Clichy, la rue Alfred Stevens et le boulevard de Rochechouart.

 

Les 8-10-12

Les 8-10-12

Les 8-10-12 sont une horreur architecturale absolue. Une de ces verrues modernes innommables qui ont enlaidi Paris sans complexe! Au nom de la rentabilité et de l'argent, il fallait créer des parkings pour "adapter Paris à la voiture", comme disait le fin lettré Pompidou. Des immeubles qui portaient une partie de l'histoire artistique de la capitale ont donc disparu sans vergogne.

 

Citons, pour mémoire, au 8, la boutique du marchand de couleurs Mullard où Renoir venait se fournir en voisin.

 

Théâtre Pigalle

Théâtre Pigalle

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.
Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Ironie du sort, le parking qui permet aux spectateurs des théâtres voisins de trouver une place de stationnement a remplacé un théâtre! Le théâtre Pigalle.

Ce chef d'œuvre de l'Art Déco avait été Inauguré en 1929, il était par son architecture et sa machinerie un des plus audacieux d'Europe. Il fut, à ses débuts, dirigé par Antoine, puis par Jouvet. Faute de bonne gestion, il fut vendu en 1948 et remplacé par le garage-parking calamiteux que l'on sait.

 

 

Pour mémoire, c'est dans un hôtel particulier qu'il s'était fait construire en 1857, à l'emplacement du théâtre devenu parking que vécut et mourut l'écrivain de théâtre le plus célèbre et le plus joué en son temps, en France comme en Europe : Eugène Scribe (1791-1861).

 

On peut dire qu'il est l'écrivain le plus célébré pendant la Restauration. Il a écrit des centaines de pièces, vaudevilles, livrets.... Il avait l'art à partir d'un incident souvent anodin de dérouler une série d'enchaînement implacables. Il reste un maître de la mécanique théâtrale et il est surprenant qu'aucun metteur en scène actuel ne s'intéresse à lui!

C'est grâce aux livrets qu'il écrivit pour Rossini, Meyerbeer, Auber, Donizetti, Verdi qu'il n'est pas tombé complétement dans l'oubli comme son hôtel du 12 rue Pigalle...

 

Rue Jean-Baptiste Pigalle, vers la Butte Montmartre.

Rue Jean-Baptiste Pigalle, vers la Butte Montmartre.

Le 17.

Le 17.

Le 17 nous ramène une nouvelle fois à Jean-Baptiste Pigalle qui y avait son atelier. Il n'avait donc qu'une trentaine de mètres à franchir pour aller de chez lui à son lieu de travail...

 

Le nom de Lemoine apparaît sur la façade de l'immeuble qui ne garde aucun souvenir du passage de Pigalle. Les Editions Lemoine sont une des plus vieilles entreprises françaises. Elles ont été créées en 1772 et se spécialisaient dans les œuvres musicales. L'immeuble actuel date de 1867. Achille Lemoine a en effet racheté l'ancien hôtel à la place duquel il a fait édifier les bâtiments actuels sur les plans de l'architecte de l'Hôtel-Dieu : Arthur Stanislas Diet.

 

Il est permis de préférer cet immeuble élégant et composite à la caserne de l'Hôtel-Dieu!

Le 18, inscrit comme le 17 au patrimoine architectural de l'arrondissement est un hôtel construit pour le duc d'Aumale dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Il a été fortement remanié extérieurement. Son intérêt réside dans les pièces d'apparat qui ont gardé plafonds à caissons, panneaux et lambris mais qui ne se visitent pas!

 

Le 20

Le 20

Le hall du 20

Le hall du 20

Une plaque commémorative nous apprend qu'au 20 (qui était alors le 16 de la rue Pigalle)dans des pavillons remplacés par des immeubles modernes dans le jardin sacrifié à l'arrière, George Sand et Chopin ont vécu pendant près de quatre ans...

 

C'est au retour du fameux voyage à Majorque que le couple occupa les deux pavillons d'été au fond du jardin. Sand partageait le sien avec sa fille Solange et l'autre était occupé par Chopin qui y donnait des leçons de piano et par Maurice, le fils de Sand.

 

Tout ce que Paris comptait comme artistes romantiques  fut reçu par Georges Sand rue Pigalle.

Balzac décrit ainsi son logis : Elle demeure rue Pigalle, au fond d'un jardin, au-dessus des remises et des écuries d'une maison qui est sur rue. Son petit salon est couleur café au lait et le salon où elle reçoit plein de vases chinois superbes...

 

Le 21

Le 21

Au 21 s'élevait un immeuble où vécut Edgar Degas de 1882 à 1890. Degas était un familier de ce quartier dans lequel il eut plusieurs adresses et plusieurs ateliers. Une fois encore le lieu a été effacé, remplacé par d'autres immeubles. 

 

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.
Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Rien de spécial à signaler pour les 25 et 27 sinon qu'ils forment un des plus beaux ensembles de la rue.

L'architecte peut être fier de sa création! Il s'agit d'Albert Tournaire (1862-1958) qui fut architecte en chef de la Ville de Paris et à qui on doit bon nombre d'immeubles remarquables comme l'Hôpital Pasteur de Nice, la villa Arnaga d'Edmond Rostand à Cambo..ou la villa Ephrussi à Saint-Jean-Cap-Ferrat...

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Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Le 28! Il faudrait des encyclopédies pour en parler! Ce petit immeuble sans prétention a vu peindre dans un atelier quelques chefs d'œuvres. Imaginez!  Pierre Bonnard y travailla tout en partageant l'espace avec Vuillard. Le même atelier quand il fut laissé libre par ces peintres reçut Lugné-Poé et Maurice Denis! 

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Une plaque rappelle que c'est dans cette maison que Bonnard, Vuillard et quelques jeunes peintres ont créé le groupe des Nabis, ou "prophètes" après une polémique née de discussions enflammées autour de la toile de Sérusier "Le Talisman".

 

Le 34

Le 34

Le 34 abrita, dans un immeuble disparu une loge maçonnique en 1787 : La Loge des Amis Réunis.

Dans l'immeuble qui fut construit à son emplacement, vécut un compositeur dont, je l'avoue humblement, j'ignorais le nom, ne connaissant qu'un seul Godard, demi dieu du cinéma!

Il s'agit de Benjamin Godard.

 

Il a composé deux opéras, des sonates, des symphonies et il est paraît-il connu pour son "Jocelyn" composé d'après Lamartine. J'ai écouté la "célèbre berceuse" extraite de cette œuvre;  elle est effectivement très touchante.

 

Le 45

Le 45

Le 45 ne paie pas de mine... Pourtant il n'est plus l'hôtel de passes qu'il fut après guerre. C'est là que mourut dans la misère une des chanteuses les plus populaires de son époque : Fréhel.

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Sa voix puissante et gouailleuse, tantôt émouvante, tantôt drôle, trouve aujourd'hui encore un public qui a pu la découvrir dans Pépé le Moko ou dans La Maman et la Putain de Jean Eustache.

Cette grande amoureuse fut malheureuse en amour. Son premier mari l'abandonna pour sa rivale Damia... Elle eut une courte relation avec Maurice Chevalier mais ne trouva jamais l'homme de sa vie, remplacé par l'alcool et la drogue...

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Elle a chanté Montmartre comme peu d'artistes ont su le faire. 

Des maisons d'six étages

Ascenseur et chauffage

Ont r'couvert les anciens talus

Le P'tit Louis réaliste

Est dev'nu garagiste

Et Bruant a maint'nant sa rue

... et toutes ces chansons qu'on fredonne encore sans se lasser : La Java Bleue... Où est-il donc... Où sont tous mes amants... Tel qu'il est il me plaît....

Le 46

Le 46

Les adresses de Baudelaire à Paris sont nombreuses et variées mais on sait qu'il vécut quelques mois avec Jeanne Duval au 46.

Je suis ému de penser que l'un des plus grands poètes français a peut-être écrit quelques uns de ses poèmes des Fleurs du Mal (qui allaient être condamnées par le juge Pinard) dans cette maison, en 1855.

Nous continuerons notre visite de la rue la prochaine fois mais là où nous sommes, avec tout ce passé qui déjà a resurgi, avec tous ces endroits exceptionnels qui ont été détruits, comment ne pas laisser le dernier mot à Baudelaire ?

"La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le cœur des humains."

Baudelaire (Rochegrosse)

Baudelaire (Rochegrosse)

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