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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières


L'église de Dolus, comme toutes les églises de l'île a été en grande partie détruite pendant les guerres de religion. Telle que nous la voyons aujourd'hui, elle est une construction composite avec son clocher et son choeur du XVIIIème siècle.



Mais dans la première travée, subsistent des éléments du XVème, comme ces départs de voûtes qui fuient dans le vide...



L'intérieur ne présente pas de grand intérêt architectural et l'oeil est aussitôt attiré par le maître autel, le tabernacle et le retable de style Louis XVI (mais en réalité fin du XIXème). Le tableau qui orne la contretable est une oeuvre d'Omer Charlet, gloire oléronnaise et grand admirateur du Titien.



Le tableau porte l'inscription "Benedicta sit insula nostra Olerum". Que bénie soit notre île d'Oléron. Il représente la Vierge et l'enfant devant lesquels viennent se prosterner les Saints patrons des églises oléronnaises : Saint-André, Saint-Georges, Saint-Pierre, Saint-Denis et Saint-Trojan.

 

Au premier plan, Elisabeth de Hongrie et Thérèse d'Avila symbolisent les oeuvres de charité et la contemplation mystique.
Pourquoi des roses dans le tablier de la sainte qui à la suite de François d'Assise consacrait tout son temps et sa fortune à soulager les pauvres?Son mari, furieux de la rencontrer sur les chemins des villages, lui demanda ce qu'elle cachait sous son manteau. Elle prétendit que c'étaient des roses. Il arracha le manteau et le pain se transforma en fleurs....

L'oeuvre est un peu conventionnelle et manque de vigueur. Rien à voir avec l'étonnante Vierge des tempêtes peinte par le même artiste et qui se dégrade jour après jour dans l"église de Saint-Trojan.







A gauche, un bel autel en bois peint et doré... Il date du début du XVIIIème siècle. Marie et Joseph sont représentés en buste dans les médaillons mais il ne reste sur les dix statuettes qui l'ornaient que les anges qui soutiennent le dais. Les huit autres ont été volées et trônent peut-être dans des salons de Bruxelles ou d'ailleurs!



L'autel de droite est surmonté d'une toile maniérée et douceâtre. Jésus blond et rose est présenté par sa mère blanche et souriante à celui qui plus tard le baptisera dans le Jourdain... Dieu porté par des angelots grassouillets surveille la scène. On a l'impression que sa main auguste va faire tomber sur le monde une pluie de bonbons.



Quelques vitraux sans grande imagination ont été installés à la fin du XIXème siècle. Ils sont l'oeuvre d'un maître verrier bordelais alors renommé, un certain Gustave-pierre Dagrant. Une grande partie des vitraux de l'île (St-Trojan, Le Château) lui sont dus.



Le baptistère, dans la première travée, à droite. Il a été restauré en 1959. Lors des travaux, des ossements furent exhumés. D'après un récit ancien, il s'agirait de ceux d'un prêtre assassiné en 1713, alors qu'il disait la messe. Son corps aurait été enterré à l'endroit même de sa mort.

Le banc de pierres a été dégagé et restauré. La coquille Saint-Jacques est soutenue par un ancien rouleau à battre le blé.

Un vitrail rescapé représente le baptême du Christ.



J'ai gardé pour la fin l'oeuvre la plus forte de cette église. Elle est perchée dans une travée :




Elle est due à Edouard Armand-Dumaresq et a été peinte en 1854. Elle représente le Christ mort. La nuit entoure le corps posé sur le linceul qui brille comme une écume. Le cadavre ne descend pas vers la terre mais semble s'élever.
L'écume se fait nuage.
L'écume devient barque qui entraîne le mort sur les flots noirs.
Etrange solitude.
Contrairement aux dépositions traditionnelles, ni Marie, ni Jean, ni Madeleine ne sont présents.
Au premier plan, la couronne d'épines, le plat et l'éponge imbibée de vinaigre...
La souffrance a cessé.  
Commence le grand voyage vers l'oubli ou vers la résurrection...

A vous de voir!
 
 



Lien :
Eglise de Saint-Trojan. Oléron.  



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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers


Disparaître

Je suis loin je suis bien
Sous le ciel sans mensonge

Je flotte à la face des eaux
Comme un requin blessé
Et sur mon ventre blanc
Se posent les oiseaux

Les portables peuvent sonner
de leurs mélodies ridicules
Le courrier peut s'entasser
Dans la boîte inutile
Avec les nouvelles abominables
Avec les plaies et les cancers
Avec les mots gantés de blanc 
Précis comme des chirurgiens

Je suis si loin déjà
Où le courant m'entraîne
Je glisse en souriant
Vers ce point qui m'aspire
Vers cette mer sans fond
Où je vais redescendre

Déjà me paralyse
Le froid délicieux
Déjà les algues noires
passent devant mes yeux

Je me prends les chevilles
Je me love sur moi
Comme une pierre fossile
Je m'engloutis
Dans l'argile des eaux

Rien ne parviendra plus
Des rumeurs du rivage
Je ne saurai plus rien
Des saisons et de l'âge
Et jamais
Non jamais
Je n'apprendrai la mort
De ceux que j'aime.






Lien : Poème. Tristesse.


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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON



Au XVIème siècle, le Château d'Oléron regroupait un ensemble de demeures de pierres, protégées par les remparts. La ville était alors une seigneurie maritime soumise à un Prévôt qui assurait la double fonction de maire et de juge.



La maison du prévôt, située à l'angle des rues Gambetta et Marceau (anciennement rue Marchande et rue du Paradis) abrite un étonnant four à pain datant du XVIème.
La visite est une vraie surprise. Surprise du lieu, Surprise de la rencontre avec une femme artiste et érudite qui vous parlera amoureusement de sa maison.

 

 Un chat blanc, installé dans le jardin, bien décidé à ne pas se laisser expulser de sa rêverie, feint d'ignorer la présence des visiteurs.
Il se sent bien chez lui. Il sait que sa maîtresse a recouvert les murs de l'ancienne demeure de dessins et de tableaux qui lui rendent hommage ainsi qu'à ceux qui l'ont précédé. 





Un escalier raide comme une échelle vous conduit dans la cave où un autre chat dénommé Tilleul vous précède.



Un petit musée qui sent bon le vieux bois ciré expose des meubles charentais comme ce banc où s'asseyait l'aïeule quand les contrôleurs de la Gabelle venaient vérifier qu'il n'y avait pas de réserve cachée dans la maison. Evidemment le sel était dissimulé dans le coffre, sous les augustes fesses qu'il eût été inconvenant de déranger...
 


Vous aurez tout loisir d'apprendre à quoi servait tel ou tel instrument... Vous subirez un test d'intelligence : parviendrez-vous à ouvrir un collier de chèvre, apparemment cadenassé?



Et vous verrez enfin ce fameux four...



Derrière la lourde porte de fonte, l'assemblage harmonieux des briques fait penser à une voûte romane. C'est là que flambent pendant trois jours les ceps de vigne. Quand les briques blanchissent, que la température est à point, le boulanger peut alors se mettre au travail.
Une fois par an, la fête se renouvelle et réunit des amis heureux de partager un pain chaud au goût d'antan...  




La cheminée d'évacuation est surprenante. Elle ne part pas à la verticale mais presque à l'horizontale. Et pourtant, elle tire parfaitement.



A la fin de la visite, Tilleul reprend possession de son domaine et vérifie que vous fermez bien la porte...



Renseignements pratiques :  Visites guidées le mardi à 11h et le vendredi à 15h pendant la saison touristique. Réservation à l'office de tourisme (Place de la République). Attention l'endroit n'est pas accessible aux personnes handicapées. Les marches de l'escalier sont très hautes et très raides.
( Un petit film vidéo montre la fabrication du pain dans le four de la maison du prévôt.)



Lien : Eglise Notre-Dame Le Château d'Oléron. Le retable.





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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON


Il y avait sur la commune du Château 15 moulins à vent. Il n'en subsiste que 4 aujourd'hui. Restauré il y a quelques années, voici le moulin de la Quille du chien, rue des Romains.

 

La maison du meunier avec son puits est toujours blottie à l'ombre du moulin qui a perdu ses ailes. Ii y avait là un grand terrain sauvage envahi de roses trémières et d'herbes folles. Il y avait là, solide sur ses vieilles jambes, Mimile, toujours d'accord pour bavarder et partager...

 

Un jour, la porte est restée fermée. Mimile est mort. Les fleurs et les herbes folles lui ont rendu hommage en poussant plus haut et plus éclatant, comme pour l'accompagner vers les nuages.

J'ai revu la vieille maison.
J'ai revu le vieux moulin.
Ils ont été restaurés et repeints.

Et devinez ce qu'est devenu le jardin extraordinaire...
Faîtes un effort. Pensez à la Place de la République au Château, pensez à la lanterne des morts à Saint-Pierre... Pensez à cette spécialité des municipalités oléronnaises d'aujourd'hui...



Mais oui! Vous ne rêvez pas (enfin, vous ne cauchemardez pas).... C'est un PARKING!!!




Un parking de super marché.
Il faut bien vivre avec son temps, ma bonne dame!


Lien : Oléron. Mur peint. Le Château.  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON


Voilà un endroit étonnant et qui lentement s'efface... Au coeur de la ville du Château, là où des ruelles fleuries de roses trémières se croisent, un vieil hôtel a fermé ses volets depuis des années et lentement perd la mémoire...


 
A la fenêtre une femme qui pleure peut-être, regarde s'éloigner son amant. Ou bien fixe-t-elle le vide et l'absence ?

 

Ou bien encore ne parvient-elle pas, comme si elle restait sur le quai, à détacher son regard de ces rails qui fuient vers la forêt et la nuit.
Etonnante composition. De l'intérieur vers l'extérieur : la femme à sa fenêtre. De l'extérieur vers l'intérieur : la voie ferrée qui entre dans l'hôtel avec le sable, la forêt de Saint-Trojan, les dunes et l'océan. 



Si vous êtes réaliste, vous comprendrez qu'il ne s'agit là que de panneaux touristiques... Une charentaise en quichenote à l'étage et la reproduction de l'affiche publicitaire du petit train de Saint-Trojan au rez-de-chaussée. Mais le réalisme réduit la réalité comme un Jivaro réduit la tête coupée de son ennemi...

Quoi qu'il en soit, le mur ne racontera bientôt plus rien. Il sera nettoyé et crépi. Il sera repeint de blanc, comme la banalité, comme l'amnésie...



Lien :
Saint-Pierre Oléron. Portes.

Merci à Frédérique qui a dirigé mes pas vers ce mur! 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON

        Si vous désirez voir des femmes "coiffées", vous sillonnerez en vain les routes et les chemins oléronnais. Plus une coiffe à l'horizon. Vous n'en rencontrerez quelques-unes en action que si vous acceptez de subir les groupes folkloriques locaux ou si vous visitez les deux musées qui en exposent : le musée de Saint-Pierre et celui de la maison paysanne de Grand-village.
Celles que j'ai photographiées sont dans une vitrine du musée de Saint-Pierre, petit musée assez pédago, conçu essentiellement pour les enfants.





La plus connue est la quichenote ou le quichenot. Le féminin l'emporte aujourd'hui alors que le masculin était d'usage au XIXème siècle. Elle existe depuis la fin du XVIIIème. La plus courante (1ère photo) était simple et formée d'un cylindre de tissu. Peu à peu, il a été remplacé par des bandes qui servaient d'étuis dans lesquels étaient glissés des rectangles de carton (2ème photo).



D'où vient ce nom de quichenote? La belle histoire voudrait qu'il évoquât la résistance des belles Charentaises aux avances britanniques, grâce à cette protection de tissu rigide et dissuasif : "Kiss not"!
La réalité est plus prosaïque. Le quichon en patois charentais est un tas de foin. Le quichenot serait simplement la coiffe de la faneuse.

 

Et voici la coiffe de deuil. Elle abrite peut-être
le fantôme invisible de la veuve qui le porta...

 

Le ballet est la coiffe la plus rustique. Il date lui aussi de la fin du XVIIIème siècle et doit son nom à l'appentis qui servait à remiser le matériel agricole en Saintonge.

 

Le grand ballet ressemble à une mitre!

 

Modèle plus courant...

 

Cette photo de Pierre Loti (à gauche) prise lors d'une fête paysanne permet de reconnaître, au premier rang, à gauche, Samuel, le fils de l'écrivain et Blanche Franc de Ferrière, sa femme. Elle permet également de voir comment se portaient les coiffes et notamment le ballet...

 

Le ballon était la coiffe de cérémonie, celle des mariages...

 



A l'arrière de la coiffe, un noeud fantaisie et sur la coiffe elle-même, il était d'usage d'accrocher les bijoux en or... On donnait déjà à cette époque dans le bling bling!

 

La coiffe de dentelle se fixait sur la calotte.

Mentionnons pour terminer le bonnet :



Et la coiffette :



Coiffes moins spécifiques de la région et qu'on rencontrait dans de nombreuses provinces...

Et voilà... Fin de la visite. Oléron ne se coiffe plus depuis longtemps.

Comme dirait le poète : "Mais où sont les coiffes d'antan...?" 


Lien : Eglise de Saint-Trojan. Oléron.  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON PLAGES



La plage de la Giraudière à Grand-Village est sans doute la plus fréquentée de l'île. Dès le matin, le petit parking est saturé. Les voitures stationnent tout au long de la route d'accès (un km) et le plus souvent, vous devez marcher sous le soleil, sur le sentier piétonnier étroit et caillouteux pour atteindre l'océan. A moins que vous ne préfériez le petit train touristique... Je vous conseille de venir avec votre vélo, la
 piste cyclable, refaite, est très agréable quand ne s'y aventurent pas les familles avec bouées, canots, parasols et autres ustensiles...



Vous arrivez sur la plage par la dune qui chaque année recule. 





Le drapeau est orange. Au moindre rouleau, il remplace la flamme verte. Il faut reconnaître que la plage est dangereuse à cause des courants de baïnes et que les sauveteurs préfèrent prévenir les "baignassous" (comme les gens du pays les appellent si gentiment.)







Les dunes, les pauvres dunes que les vents de tempête malmènent, ne se reposent guère en été. Malgré les panneaux d'information qui demandent qu'on les respecte en n'y grimpant pas et en ne piétinant pas la flore fragile, elles sont immanquablement envahies par des jeunes et des moins jeunes (qui votent peut-être écolo...)
Les parents émus regardent leurs petits sauter dans les oyats et provoquer en riant l'écroulement de murailles de sable.
 


Les anges de la plage sont perchés sur leurs chaises. Ils ont délimité un espace minimal, une centaine de mètres, entre deux fanions bleus. C'est là que vous êtes autorisés à vous baigner.
Hors des fanions, c'est à vos risques et périls!





A l'entrée de la plage se massent donc les familles et les baigneurs. En cet endroit, la foule est telle qu'il faut slalomer entre les serviettes de bain et les parasols.





Mais si vous marchez quelques centaines de mètres, vous parvenez à la plage naturiste et à l'espace... Malheureusement, depuis quelques années, l'étendue de sable blond est envahi de cailloux. Le phénomène s'aggrave de saison en saison. Il paraît que les travaux d'extension du port de la Cotinière, plus au nord, en sont responsables. C'est dommage car en certains endroits, on a l'impression d'être sur une plage de galets. Les bains peuvent se révéler dangereux à cause de ces pierres que la force des vagues peut vous envoyer sur la tête!





Encore quelques pas après la plage naturiste, et c'est le bonheur! 



Le bonheur aussi pour les chiens... Ils sont en effet interdits de plage à Grand Village. Cette décision stupide ne peut se comprendre sur des espaces balayés par les marées et par les vents. Si vous avez un chien, je vous conseille la Grande Plage de Saint-Trojan, non loin de là (où ils sont les bienvenus).
Ou bien, accédez à la Giraudière en passant par la dune, vers les Allassins.



Bonnes vacances! Et surtout, éloignez-vous de l'entrée de plage pour jouir de la liberté d'un rivage d'écume et de soleil!

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Lien: Les plages d'Oléron :

Oléron. Les Plages. Classement alphabétique.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières



Il y avait à Saint-Trojan une église romane assez importante puisqu'elle comportait cinq autels. Elle fut en partie saccagée par les réformés et totalement recouverte par les sables qui firent disparaître le village dont les fondations subsistent sans doute sous les dunes de la maison forestière.

 

 La première pierre de l'église actuelle dont la façade plate s'élève à peine au-dessus des maisons, fut posée en 1660. L'édifice tel que nous le voyons aujourd'hui fut achevé au milieu du XIXème siècle.



L'intérieur, comme l'extérieur ne vous bouleversera pas... Pourtant, je vous engage à y faire quelques pas. De belles surprises vous y attendent.



Vous y rencontrerez d'abord le patron du lieu, un certain Trojan... On ne sait pas grand chose de lui, sinon qu'il fut évêque de Saintes au VIème siècle et qu'on lui attribue de nombreux miracles.



La proue d'un navire naufragé, l'Espérance, a été offerte en ex-voto par le capitaine Allard de Toulon et son second, Levilain, sauvés avec deux de leurs matelots le 2 novembre 1863. On peut avoir une petite pensée pour les autres matelots disparus dans la tempête...

 

Les vitraux se reflètent sur la vitre qui protège la maquette impressionnante d'un navire ennemi. Il s'agit, non pas, comme on pourrait le penser, d'un ex-voto mais de la reproduction du Vistary que commanda l'amiral Nelson! La maquette est l'oeuvre d'un saint-trojanais qui y consacra quelques années de sa vie.



 Et voilà Une des surprises annoncées... Notre-Dame de la mer. Le tableau est dû à Omer Charlet peintre oléronnais de la deuxième moitié du XIXème.
La vierge semble faire partie des éléments qui lui donnent naissance : la mer qui se confond avec les vagues de sa robe et les nuages qui la voilent. Un naufragé, au premier plan, à droite voit la main qui lui montre le salut, là-bas, dans un rayon de lumière... ce petit point sur l'océan.  La femme sourit doucement et semble porter vers la vie, comme elle porte son enfant, cet homme qui se croyait perdu.
Cette belle toile se détériore lentement et mériterait que notre Mitterrand, ministre de la culture, apparaisse au-dessus des flots de l'indifférence pour montrer d'un doigt auguste, un petit point à l'horizon : l'atelier de restauration.



Une autre surprise : cette toile un peu naïve peinte en 1872 par A. Gaboriaux. La tempête apaisée, Jésus marche sur les flots et demande à Pierre de venir vers lui. Pierre se lance mais après quelques pas, il doute et s'enfonce dans les eaux... Jésus lui saisit la main et le remet debout. Le tableau est étonnant, avec à l'arrière plan, la barque surchargée comme le radeau de la Méduse et, au premier plan, le Christ bien droit dans la tempête, les cheveux et la tunique dans le vent, devant Pierre, théâtral et excessif, comme il l'est si souvent!



Et maintenant, retour à Grand Village, en passant par le marché derrière l'église et en regrettant un peu le sanctuaire roman enfoui sous les sables!

Lien : autres églises dans l'île d'oléron:

  Eglise Notre-Dame Le Château d'Oléron. Le retable.

Oléron. La Brée. L'église.

La Cotinière. Oléron. Eglise.

Le Château. Oléron. Eglise, un peintre inconnu...

La Perroche. Oléron. Le prieuré, chapelle et cloître.

Oléron. Eglise de Saint-Georges.

Oléron.Eglise de Saint-Denis.

Eglise Saint-André. Dolus. Oléron.

Eglise Notre-Dame Le Château d'Oléron. Le retable.

Eglise Saint-Pierre. Oléron. Nicolas Greschny.

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON


Par un jour d'été un peu gris, pourquoi ne pas se promener dans les vieilles rues de Saint-Pierre? Les maisons y ont souvent gardé leur authenticité malgré la tendance irrésistible des propriétaires à remplacer les vieilles portes de bois par des portes de plastique blanc, pratique et consternant.
Je commence la balade par la rue Pierre Loti où l'écrivain est enterré, dans le jardin de la maison familiale : "Ici, dans le jardin de la maison des aïeules, Pierre Loti repose sous le lierre et le laurier."

 

Derrière cette porte, datée de 1739, nous savons, sans pouvoir entrer, que l'écrivain, tant attaché à son île, passe son éternité avec quelques uns des chats qu'il aimait.
Derrière les autres portes, nous ignorerons quelles joies ou quelles peines se réfugient... Nous resterons à la surface des apparences...

 

 

 

Comme presque partout dans l'île, les roses trémières grimpent vers le ciel. Celle-ci a choisi sa couleur rose pour être assortie au bleu de la porte.






 
Une de mes portes préférées... J'imagine derrière les murs, un bassin entre les palmiers...Un air d'Orient, une odeur de jasmin...



 

 

 

A vous de découvrir d'autres portes dans les ruelles et les impasses de la capitale de l'île! Mais avant de vous lancer, jetez un oeil sur cette porte en trompe-l'oeil  qui ne s'ouvrira jamais que sur le rêve et admirez ce chat qui ne tuera jamais les oiseaux bleus et insouciants...

 

 

Lien : Eglise Saint-Pierre. Oléron. Nicolas Greschny.  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON EGLISES Cimetières


Dans cette île où les Guerres de Religion se sont ébrouées joyeusement, rares sont les vestiges anciens d'architecture religieuse. L'église du Château ne fait pas exception à la règle. Sa reconstruction commença en 1700, alors que la place forte était organisée pour tenir tête à l'Anglais. Le choeur financé par le curé ne sera achevé qu'en 1764 et le clocher banal et sans inspiration, en 1883.



Je l'aime bien cependant. Elle me rappelle tant d'étés en famille... Mon père toujours volontaire pour animer les messes et lire comme il aimait le faire, les textes liturgiques, avec un certain sens théâtral... 
Si vous visitez la petite ville, n'hésitez pas à y entrer. Vous y trouverez un peu de fraîcheur et vous découvrirez un retable qui mérite le détour. Il a été installé dans le choeur en 1764 et payé par le fameux curé qui avait déjà financé le choeur. Son nom mérite d'être cité! Jean-Baptiste Descordes.


 
Couronnant le retable, le triangle trinitaire dans lequel est inscrit en hébreu le nom imprononçable de Dieu et deux angelots aux ailes vives.
L'inscription rappelle que l'église est dédiée à la Vierge de l'Assomption.
Les quatre Evangélistes sont représentés selon la tradition inspirée de l'Apocalypse.



Saint Luc et le taureau (un brave animal confiant qui ne sera pas torturé dans les arènes humaines).



Saint Jean, le disciple bien-aimé et son aigle dévoué qui lui tient l'encrier et la plume (d'aigle?) alors qu'il écrit avec un stylet sur une plaque d'argile!



 Saint-Marc et son lion perruqué et souriant...

 

Saint-Mathieu et son ange qui lui tend l'encrier pour l'encourager à poursuivre son oeuvre...
Je plaisante un tantinet mais je trouve que ce peintre inconnu ne manque ni de fraîcheur ni de force. Bien que ses représentations soient académiques, il échappe au conformisme grâce à sa naïveté et à la douceur des traits, légèrement soulignés.
Les panneaux sont peints sur bois et disposés dans des lambris de faux marbre et de dorures très élégants. Pour les protéger, on tirait de lourdes tentures rouges qui les dissimulaient et évitaient que la poussière et la lumière ne les détériorent.
D'autres panneaux représentent la vie de la Vierge.


 
Marie présentée au Temple. La fillette est déjà auréolée de sainteté. La petite Juive ignore cependant quel "cadeau" le Père eternel lui prépare!

 

Marie et sa mère, Anne, sous le regard bienveillant de Dieu...


 
L'Annonciation. Un ange séduisant aux belles jambes que le vent dénude volète près de Marie qui s'étonne d'être choisie et accepte humblement de devenir mère porteuse.



La visitation. Marie rend visite à sa cousine Elisabeth, elle-même enceinte. L'enfant tressaille en Elisabeth qui s'écrie : "Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de ton sein est béni..."  Ce même enfant qui l'a avertie ce jour-là sera celui qui le premier reconnaîtra Jésus comme le messie attendu par les Juifs et le baptisera dans le Jourdain.



L'adoration des bergers. Mes amis le boeuf et l'âne sont bien présents. Grâce à leur bonne chaleur, le bébé ne meurt pas de froid.
Les bergers sont venus voir ce nouveau-né dans sa mangeoire. Extraordinaire symbolisme que ce berceau... L'enfant qui y est posé est venu nourrir l'humanité...
A Bethleem, la place, devant l'église de la Nativité se nomme Place de la Mangeoire. Espérons qu'un jour, Palestiniens et Israéliens y partageront ensemble des repas de fête.



L'Adoration des mages ou Epiphanie. Le fond de ces panneaux est souvent remué de nuages gris rose, un peu cendré. Le peintre a refusé un fond pastel et mièvre. Cette brume qui semble venir d'un incendie lointain annonce au-delà des apparences, des jours d'épreuves et de souffrances.
L'enfant reçoit de ses augustes visiteurs : l'or, symbole de la richesse matérielle et du pouvoir royal; l'encens utilisé pour les dieux; la myrrhe pour embaumer les cadavres... L'enfant est Roi, Dieu et Homme à la fois.

Les autres panneaux montrent Jésus au Temple et enseignant aux docteurs de la Loi.


 
L'enfant semble s'envoler avant l'heure sous le regard émerveillé de sa mère et un peu inquiet de son père...


 
Le panneau est moins inspiré que les autres. Tout ce petit monde semble poser. Seule touche ironique, le binoclard du premier plan. Le peintre s'est sans doute amusé, oserais-je dire qu'il a fait un clin d'oeil à cette mode qui se répandait au début du XVIIIème siècle chez les intellectuels...

Le grand tableau central est l'oeuvre d'un peintre assez coté à l'époque : Etienne Garot-Dubuisson, peintre reconnu puisque entretenu par le roi au port de Rochefort. Il représente l'Assomption de Marie. Le tombeau est vide :

 

Marie est partie dans les nuages, environnée d'anges et de cantiques.



Le dogme de l'Assomption n'est corroboré par aucune écriture sacrée. Il a été établi en 1950 par Pie XII mais la croyance en la montée aux cieux de Marie est populaire depuis bien des siècles.

Personnellement, je préfère l'iconographie orthodoxe de la Dormition de la Vierge. Marie est représentée "endormie" et son fils apparaît devant elle. Il saisit un enfant emmailloté qu'il tient dans ses bras et protège. Le nouveau-né, c'est l'âme de sa mère. L'image me touche beaucoup. Celle qui a porté son fils est à son tour portée par lui. N'est-ce pas notre destin d'humain de porter dans nos bras notre mère devenue légère et fragile comme un enfant?

Je ne parle pas aujourd'hui des autres tableaux de cette église. Je consacrerai un article à la gloire locale : Omer Charlet.

Il fait grand soleil. Je vais me baigner avec Nicole, malgré la foule et les méduse
s! Bonnes vacances à tous! 



Eglise Saint-Pierre. Oléron. Nicolas Greschny.



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