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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 12:02

 

















    Comme chaque matin en Oléron, je vais me lancer sur les pistes cyclables pour une balade de deux heures, celle que je préfère entre toutes et qui va de Grand Village à St Trojan en passant par la plage. La chatte Titiche me regarde partir avec réprobation. Elle se demande ce que je peux trouver de plaisant loin d'elle alors qu'elle a encore tant de confidences à me couiner à l'oreille...

 















      Je quitte malgré tout ma petite bavarde. Ma monture m'attend déjà et piaffe à la porte bleue. Je n'ai plus qu'à me laisser guider vers le centre de la commune où commence la piste qui mène à la plage.

 

 

 










      La piste a été refaite il y a deux ans et n'est plus envahie de piétons comme elle l'était quand elle ressemblait à un chemin de randonnée caillouteux. Elle traverse la forêt avant d'arriver aux dunes qui en cette saison fleurissent jaune :

 

 

 

 

 

 

 

    Les dunes de Grand Village sont aujourd'hui menacées. Elles reculent chaque année avec les marées, les vents et le sable qui les étouffe. Il est étrange de se dire qu'une dune peut mourir ensablée... Mais c'est une agonie visible... Les pins meurent les premiers; Ils se dessèchent et noircissent. Ils ressemblent à certains endroits à une forêt de Max Ernst ou à des barbelés dérisoires.  Oléron est en première ligne pour subir la montée des eaux et les conséquences de nos folies industrielles. Je pense à Léo Ferré en regardant la lente dégradation de la nature sauvage : "Le capital qui joue aux dés notre royaume"....

















     Allons! Adoptons une positive attitude  comme dit la chanson débile citée en son temps par le très cultivé et très distingué  Raffarin..          La piste débouche sur la plage, l'espace, les oiseaux. C'est beau comme un premier matin du monde. Il suffit d'arriver vers 9 heures et l'univers est à vous. Aucun pêcheur, aucun baigneur ( les gens du pays les appellent les baignassous!) aucun chasseur (ils attendront Septembre pour se mesurer avec courage et vaillance aux terribles invasions de canards et d'oies qui menacent notre planète).

 



















     Le sable dur de l'estran permet de filer à bonne allure sur la plage de la Giraudière qui change de nom quand elle dépend de la commune de St Trojan et devient la Grande Plage. Une épave marque la frontière entre les deux communes.



















    De nombreux navires ont connu un triste sort à l'approche de Maumusson où les courants sont violents et les vents puissants. Cette silhouette noire est le fantôme d'un cargo uruguayen, le Presidente Vieira qui vint s'échouer sur la Grande Plage une nuit de novembre 1916. Les prisonniers allemands détenus dans la citadelle du Château furent alors requis pour vider le navire. 





















       Un mat permet aux nageurs de situer la carcasse rouillée lorsque la marée haute la dissimule et devient dangereuse. Un goéland apprécie la vue imprenable... 

                                                                                                                    

















 Il faut parfois mettre pied à terre et franchir les baïnes le vélo à bout de bras.
       En voici une qui permet de comprendre pourquoi chaque été des nageurs sont emportés au large. La baïne est ici en train de se vider dans l'océan mais lorsque la mer monte , les vagues dévalent dans le lit creusé dans le sable et ce mouvement provoque un fort courant d'évacuation auquel aucun nageur ne peut résister. La seule solution est alors de se laisser entraîner en mer et de faire signe aux bateaux de pêche ou aux plaisanciers....

 

 

 















 

 

















    Vous arrivez à la pointe de l'île, face aux dunes du continent, un des endroits les plus préservés qui soient : le sable, la mer, la forêt, pas une construction à l'horizon.... C'est pour moi le lieu privilégié où vous pouvez un instant exposer votre tête et votre corps au vent et à la lumière. Vous êtes seul au monde avec le chant des vagues et le cri des oiseaux.




 


















       Après cette halte aux confins de l'île, la balade continue sur la plage qui longe le pertuis. Une petite anse mène vers Gatseau. A marée basse les chasseurs de coquillages envahissent l'espace et débusquent coques et louisettes (palourdes locales).





















       Devant la plage de Gatseau, comme un rappel du saccage des côtes dans les année 70, se dresse le centre de thalassothérapie. Il est heureusement une exception dans l'île où les rivages restent peu construits et où aucun complexe touristique à l'espagnole ne vient détruire irrémédiablement  la nature.























      Après l'hôtel, la piste longe la plage du soleil où les bains ne sont possibles qu'à marée haute et un peu dangereux à cause des parcs à huîtres. Nous sommes au sud de l'île, à l'endroit le plus abrité des vents du nord-ouest avec un petit air méditerranéen.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Le circuit passe ensuite par le digue Pacaud qui vient d'être refaite et vous permet d'observer les oiseaux des marais d'un côté et de l'autre les effets de lumière entre Marennes, la Seudre et Oléron. Parfois le clocher de Marennes émergeant au dessus des eaux me rappelle Venise et San Giorgio. Modestement.
Un regard sur cette villa et son clocher, ma préférée de St Trojan.

 

 


















Maintenant je dois filer vers la maison car l'heure de l'apéro approche et je connais quelqu'un qui commence à regarder sa montre.

 

 

 

 

 

 

 

     



      Après le port de St Trojan et la forêt, la piste passe par Petit Village et le port des Salines, quelques cabanes pour touristes avec écomusée, boutiques, restaurant et grenier à sel. Tout est faux mais c'est un beau décor qui plaît aux parigots (dont je suis) et aux producteurs locaux qui viennent chaque mercredi vendre les produits du terroir.

 

 

 

 

 

 

 







Maintenant je file vers Grand Village et je lèverai mon verre de Pineau  à la santé de tous ceux que j'aime.

lien : La chapelle de Grand Village (Oléron) Elie Murat.  

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Published by chriswac - dans OLERON
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commentaires

MioModus 23/08/2010 16:35



J'ai souvent pris ces chemins. Ils sont une ressource de vie et l'île d'Oléron est vraiment magnifique. Une superbe balade.


MioModus.


 



chriswac 23/08/2010 19:22



Oui... Mais cette vie et cette magnificence sont menacées... centres commerciaux, lotissements, saccage des dunes, invasion des mobil home... Sans parler de Xynthia qui a dévoré plus de 30 mètres
de rivage.


Merci pour votre visite qui a été pour moi l'occasion de lire quelques uns de vos poèmes...et de les aimer.



mouette 30/05/2010 17:40



très beau texte qui illustre bien les photos ! moi qui aime la mer je peux te dire que je suis heureuse de venir découvrir l'île que je ne connais que sur photographie ! merci et bonne
fin de journée !! mouette  



Noémie 22/10/2009 17:55


un récit bien agréable ...et de bien jolies photos  d'une ile que je connais pour y aller régulièrement depuis plus de 20 ans.


chriswac 23/10/2009 14:42


Peut-être nous rencontrerons-nous au hasard des pistes cyclables...
Si par hasard, vous qui êtes familière de cette île, connaissiez des endroits plus secrets, n'hésitez pas à me le dire.
Oléronnement et cordialement... 


Eric Ménard 15/08/2008 19:47

Merci, Christian, de nous avoir permis de t'accompagner dans cette ballade pleine de poésie. Il est bientôt huit heures, pour nous aussi c'est l'apéro. On boit à notre amitié.

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