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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

oleron

Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON


Par un jour d'été un peu gris, pourquoi ne pas se promener dans les vieilles rues de Saint-Pierre? Les maisons y ont souvent gardé leur authenticité malgré la tendance irrésistible des propriétaires à remplacer les vieilles portes de bois par des portes de plastique blanc, pratique et consternant.
Je commence la balade par la rue Pierre Loti où l'écrivain est enterré, dans le jardin de la maison familiale : "Ici, dans le jardin de la maison des aïeules, Pierre Loti repose sous le lierre et le laurier."

 

Derrière cette porte, datée de 1739, nous savons, sans pouvoir entrer, que l'écrivain, tant attaché à son île, passe son éternité avec quelques uns des chats qu'il aimait.
Derrière les autres portes, nous ignorerons quelles joies ou quelles peines se réfugient... Nous resterons à la surface des apparences...

 

 

 

Comme presque partout dans l'île, les roses trémières grimpent vers le ciel. Celle-ci a choisi sa couleur rose pour être assortie au bleu de la porte.






 
Une de mes portes préférées... J'imagine derrière les murs, un bassin entre les palmiers...Un air d'Orient, une odeur de jasmin...



 

 

 

A vous de découvrir d'autres portes dans les ruelles et les impasses de la capitale de l'île! Mais avant de vous lancer, jetez un oeil sur cette porte en trompe-l'oeil  qui ne s'ouvrira jamais que sur le rêve et admirez ce chat qui ne tuera jamais les oiseaux bleus et insouciants...

 

 

Lien : Eglise Saint-Pierre. Oléron. Nicolas Greschny.  

... 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON

 

















    Comme chaque matin en Oléron, je vais me lancer sur les pistes cyclables pour une balade de deux heures, celle que je préfère entre toutes et qui va de Grand Village à St Trojan en passant par la plage. La chatte Titiche me regarde partir avec réprobation. Elle se demande ce que je peux trouver de plaisant loin d'elle alors qu'elle a encore tant de confidences à me couiner à l'oreille...

 















      Je quitte malgré tout ma petite bavarde. Ma monture m'attend déjà et piaffe à la porte bleue. Je n'ai plus qu'à me laisser guider vers le centre de la commune où commence la piste qui mène à la plage.

 

 

 










      La piste a été refaite il y a deux ans et n'est plus envahie de piétons comme elle l'était quand elle ressemblait à un chemin de randonnée caillouteux. Elle traverse la forêt avant d'arriver aux dunes qui en cette saison fleurissent jaune :

 

 

 

 

 

 

 

    Les dunes de Grand Village sont aujourd'hui menacées. Elles reculent chaque année avec les marées, les vents et le sable qui les étouffe. Il est étrange de se dire qu'une dune peut mourir ensablée... Mais c'est une agonie visible... Les pins meurent les premiers; Ils se dessèchent et noircissent. Ils ressemblent à certains endroits à une forêt de Max Ernst ou à des barbelés dérisoires.  Oléron est en première ligne pour subir la montée des eaux et les conséquences de nos folies industrielles. Je pense à Léo Ferré en regardant la lente dégradation de la nature sauvage : "Le capital qui joue aux dés notre royaume"....

















     Allons! Adoptons une positive attitude  comme dit la chanson débile citée en son temps par le très cultivé et très distingué  Raffarin..          La piste débouche sur la plage, l'espace, les oiseaux. C'est beau comme un premier matin du monde. Il suffit d'arriver vers 9 heures et l'univers est à vous. Aucun pêcheur, aucun baigneur ( les gens du pays les appellent les baignassous!) aucun chasseur (ils attendront Septembre pour se mesurer avec courage et vaillance aux terribles invasions de canards et d'oies qui menacent notre planète).

 



















     Le sable dur de l'estran permet de filer à bonne allure sur la plage de la Giraudière qui change de nom quand elle dépend de la commune de St Trojan et devient la Grande Plage. Une épave marque la frontière entre les deux communes.



















    De nombreux navires ont connu un triste sort à l'approche de Maumusson où les courants sont violents et les vents puissants. Cette silhouette noire est le fantôme d'un cargo uruguayen, le Presidente Vieira qui vint s'échouer sur la Grande Plage une nuit de novembre 1916. Les prisonniers allemands détenus dans la citadelle du Château furent alors requis pour vider le navire. 





















       Un mat permet aux nageurs de situer la carcasse rouillée lorsque la marée haute la dissimule et devient dangereuse. Un goéland apprécie la vue imprenable... 

                                                                                                                    

















 Il faut parfois mettre pied à terre et franchir les baïnes le vélo à bout de bras.
       En voici une qui permet de comprendre pourquoi chaque été des nageurs sont emportés au large. La baïne est ici en train de se vider dans l'océan mais lorsque la mer monte , les vagues dévalent dans le lit creusé dans le sable et ce mouvement provoque un fort courant d'évacuation auquel aucun nageur ne peut résister. La seule solution est alors de se laisser entraîner en mer et de faire signe aux bateaux de pêche ou aux plaisanciers....

 

 

 















 

 

















    Vous arrivez à la pointe de l'île, face aux dunes du continent, un des endroits les plus préservés qui soient : le sable, la mer, la forêt, pas une construction à l'horizon.... C'est pour moi le lieu privilégié où vous pouvez un instant exposer votre tête et votre corps au vent et à la lumière. Vous êtes seul au monde avec le chant des vagues et le cri des oiseaux.




 


















       Après cette halte aux confins de l'île, la balade continue sur la plage qui longe le pertuis. Une petite anse mène vers Gatseau. A marée basse les chasseurs de coquillages envahissent l'espace et débusquent coques et louisettes (palourdes locales).





















       Devant la plage de Gatseau, comme un rappel du saccage des côtes dans les année 70, se dresse le centre de thalassothérapie. Il est heureusement une exception dans l'île où les rivages restent peu construits et où aucun complexe touristique à l'espagnole ne vient détruire irrémédiablement  la nature.























      Après l'hôtel, la piste longe la plage du soleil où les bains ne sont possibles qu'à marée haute et un peu dangereux à cause des parcs à huîtres. Nous sommes au sud de l'île, à l'endroit le plus abrité des vents du nord-ouest avec un petit air méditerranéen.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Le circuit passe ensuite par le digue Pacaud qui vient d'être refaite et vous permet d'observer les oiseaux des marais d'un côté et de l'autre les effets de lumière entre Marennes, la Seudre et Oléron. Parfois le clocher de Marennes émergeant au dessus des eaux me rappelle Venise et San Giorgio. Modestement.
Un regard sur cette villa et son clocher, ma préférée de St Trojan.

 

 


















Maintenant je dois filer vers la maison car l'heure de l'apéro approche et je connais quelqu'un qui commence à regarder sa montre.

 

 

 

 

 

 

 

     



      Après le port de St Trojan et la forêt, la piste passe par Petit Village et le port des Salines, quelques cabanes pour touristes avec écomusée, boutiques, restaurant et grenier à sel. Tout est faux mais c'est un beau décor qui plaît aux parigots (dont je suis) et aux producteurs locaux qui viennent chaque mercredi vendre les produits du terroir.

 

 

 

 

 

 

 







Maintenant je file vers Grand Village et je lèverai mon verre de Pineau  à la santé de tous ceux que j'aime.

lien : La chapelle de Grand Village (Oléron) Elie Murat.  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON

          Rappelez-vous Nosferatu de Murnau et le fameux passage de la réalité au fantastique : Passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre...

          En ce juillet ensoleillé pas question d'errer sur les landes brumeuses;  je vous propose de franchir un autre viaduc qui vous mènera sur une île où les fleurs essayent de rivaliser avec la surpopulation estivale.

                      Passé le pont, les roses trémières viendront à votre rencontre
....


                                                                                                                                




       Dès l'arrivée, avant même d'atteindre la première ville, le Château d'Oléron, vous les verrez sur le bord des routes, devant les cabanes ostréicoles, sur les talus....Roses, mauves, violettes, blanches, jaunes ou presque noires, elles sont chez elles de juin à septembre et semblent ignorer quelque temps encore le piétinement des promoteurs, le martèlement des touristes, le vrombissement des 4x4....




 Les spécialistes vous citeront le véritable nom de cette étrange fleur; ils vous diront qu'on la nomme Alcea Rosa ou Althaea Rosea. Les amoureux des mots vous affirmeront que son véritable nom, altéré au fil des ans n'est autre que Rose d'Outremer. La fleur serait venue dans les cales des croisés avec bien d'autres plantes et bien d'autres trésors.




 Elle a reçu d'autres noms comme passerose, primerose ou bâton de Jacob et parfois les enfants l'appellent rose crémière. Elle fut un certain temps utilisée par les teinturiers qui en tiraient une teinte violine un peu triste mais aujourd'hui elle n'est d'aucune utilité marchande; elle monte vers le ciel pour l'amour du geste et l'éclosion de ses corolles.






 Les poètes aiment cette fleur sauvage dont les racines s'accrochent aux cailloux et dont les pétales se déploient sur le ciel. Gérard de Nerval lui ouvre un de ses poèmes les plus mystérieux des Chimères, poème d'amour et de mort : Artemis :

               Celle que j'aimais seul m'aime encor tendrement (...)

                   La rose qu'elle tient c'est la rose trémière.




 C'est elle encore qui entraîne la métamorphose de la femme étrange d'Aurélia :


                        La dame que je suivais développant sa taille élancée dans un mouvement qui faisait miroiter les plis de sa robe de taffetas changeant, entoura gracieusement de son bras une longue tige de rose trémière puis elle se mit à grandir sous un clair rayon de lumiére...


  
    En ce Juillet un peu frisquet, elles sont plus belles que jamais. Il faut se hâter de les saluer au passage car très vite elles se dessécheront, leurs feuilles appréciées des bestioles de toutes sortes se transformeront en dentelles, leurs fleurs tomberont, leur hampe jaunira et fléchira.... Elles auraient pu inspirer Ronsard qui leur préféra la rose classique pour nous inviter à jouir du moment présent!






  Mais qu'il est beau ce moment fugitif où nous sommes vivants dans le soleil, avec les chats, les oiseaux et les roses trémières....







 

 

 

lien :
Le Grand Village Plage Oléron début mai.

Oléron. Roses trémières. Saint-Trojan. (2)

Oléron. Roses trémières. (1).

Poème : Rose trémière. Oléron.

 

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mm

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Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON

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    Un jour d'octobre à Grand Village.

 

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oleron-2007-030.JPG    Les touristes partis, les chars à voile reprennent possession de la plage (à Saint Trojan)

oleron-2007-033.JPG    L'épave échouée sur la grande plage à Saint Trojan.

 

oleron-2007-041.JPG   Sur le port, à Saint Trojan, une cabane ostréicole.

oleron-2007-050.JPG    Les goélands se reposent sur une barque retraitée.



oleron-2007-035.JPG     Un sage en contemplation.

LIEN : Eglise Saint-Pierre. Oléron. Nicolas Greschny.  

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