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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

montmartre monuments. cabarets. lieux

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux

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      On la voit sur les cartes postales anciennes, sur des photos du maquis, sur une toile d'Utrillo... la tour du philosophe, impasse Girardon.

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    On l'appelle parfois "maison du philosophe" ou "castel d'un philosophe"... 

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Ce n'était en fait qu'une construction approximative de planches et de matériaux de récupération. Mais elle tranchait par son originalité dans le maquis composé de cabanes et de baraques.

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Elle était composée de deux pièces sans confort et d'un balcon qui donnait sur le terrain vague. Son occupant s'y tenait souvent, perdu dans ses pensées. Parfois il s'asseyait devant le jardinet et regardait passer les saisons.

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Et comme sa tour ressemblait à une barrique, il fut comparé à Diogène dans son tonneau. Ainsi devint-il "le philosophe" du maquis!    

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La tour a été balayée avec le maquis pour laisser place à des immeubles bourgeois. Elle subsiste cependant sur ces carreaux de céramique de Poulbot, rue Damrémont. Des gosses de Montmartre défilent fièrement devant elle pour le 14 juillet...

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      On la retrouve sur cette toile d'Elisée Maclet. Elle n'y a pas belle allure avec ses planches goudronnées. Ce qui nous intéresse surtout, c'est de voir, au premier plan Utrillo en personne, peint par son ami, main sur la hanche, chapeau planté sur le crâne....

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Utrillo qui sut la sublimer et la peindre dans une belle lumière.

Elle ressemble à une tour de pierres caressée par le soleil, veillant sur un quartier populaire condamné à disparaître avec elle...

 

 

Liens : Montmartre ancien.

Montmartre: Jane Avril, Toulouse Lautrec.

Montmartre. La Goulue et Toulouse Lautrec.

Chateau Rouge historique

Montmartre. Rue Utrillo (ancienne rue Muller).

Poulbot. Panneaux de Faïence. Rue Damrémont. Montmartre.

Magasins Dufayel. Palais de la Nouveauté. Montmartre.

La maison l'Escalopier. Impasse Marie-Blanche.

Saint Pierre de Montmartre (3) Le Guerchin, Ribéra, Parrocel...

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux

 

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Il y a sur la Butte, rue Lepic, deux moulins. Chacun d'eux porte aujourd'hui le même nom, un nom célèbre: Moulin de la Galette!

Mais quel est le vrai? Quel est celui qui mérite ce nom prestigieux?

C'est ce que nous allons essayer de savoir...

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                                                     Le 1er moulin rue Lepic                                  

      Si l'on remonte aux origines, nous apprenons que le 1er moulin est né en 1622 et qu'il a été baptisé : le Blute fin. ( Les moulins de Montmartre, les meuniers Debray.) Il a été plusieurs fois remanié mais, contrairement à son rival, il n'a jamais changé de place, se trouvant très à l'aise sur sa terrasse exposée aux vents.

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C'est une famille de meuniers, les Debray, qui acquiert les deux moulins  en 1809. Ils servent alors à moudre le grain et à presser le raisin qui donne le petit vin aigrelet de Montmartre dont subsiste de nos jours une mini production folklorique.

Les Parisiens aiment venir sur la Butte pour respirer l'air de la campagne et jouir d'une vue imprenable sur la capitale. Le meunier qui a la tête près du bonnet, flaire la bonne affaire et propose aux promeneurs des galettes de seigle, arrosées d'un verre de vin ou de lait!

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                                     Le 2ème moulin rue Lepic-Girardon

Ce n'est pas le Blute-fin, mais le 2ème moulin, le Radet, qui accueille la guinguette.  ce moulin a vu le jour bien plus tard que son aîné, en 1717. Il a été, lui aussi, restauré plusieurs fois.  Il a même été déplacé de quelques mètres pour descendre vers la rue Lepic d'où il n'a plus l'intention de bouger. 

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Les Debray sont les héros d'une des belles histoires de la Butte et de sa tradition d'indépendance et de révolte. En 1814, au cours du siège de Paris, toute la famille, père, mère et fils résistent à l'armée russe qu'ils accueillent en tirant le canon!

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Trois des quatre frères sont tués et le survivant se réfugie avec son fils dans le moulin d'où il continue à mitrailler les assaillants. Il est capturé, découpé en quatre morceaux qui sont ficelés sur les ailes de son moulin. Son fils est embroché par une lance. Il survivra à sa blessure mais sera condamné à ne boire que du lait. C'est lui qui aura l'idée géniale de transformer le Radet en guinguette et à lui donner son nouveau nom : Moulin de la Galette.

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La femme du malheureux tronçonné récupère nuitamment les restes de son époux et les enterre dans le cimetière paroissial. (voir Cimetière du Calvaire. Saint-Pierre de Montmartre.)

La tombe familiale est aisément reconnaissable!

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 Utrillo Tour philosophe

Revenons au Blute-fin que l'on reconnaît sur cette photo et sur le tableau d'Utrillo avec la ferme Debray au centre et  le castel du philosophe à gauche. Il ne serait donc pas le vrai moulin de la Galette!

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Mais attention!

l'histoire ne s'arrête pas là!

Nicolas-Charles Debray le choisit  pour y installer une nouvelle guinguette et y ouvrir un bal qui devient vite très populaire. 

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En 1895, le "Bal Debray" est officiellement baptisé, "Bal du Moulin de la Galette". Le Blute-fin a donc pris le nom de son voisin!

A la fin du XIXème siècle, il est le dernier survivant avec "Le Moulin Rouge" des nombreux bals qui ont donné à la Butte sa réputation de joie de vivre et de légèreté.

Parmi les disparus, citons pour le plaisir : la Belle en Cuisses, Le Grand Turc, Le bal du Bossu, le Bal du Poirier Sans Pareil, Le château rouge.... 

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Le bal du Moulin de la Galette sera croqué par de nombreux artistes qui lui assureront l'immortalité.

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Quelques tableau célèbres :

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Moulin Utrillo

 

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Utrillo en piéton de Montmartre a souvent représenté ce moulin emblématique. Ses toiles sont plus ou moins inspirées et n'évitent pas toujours une épaisseur qui ne restitue pas la légèreté de l'air de la Butte. 

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                                                               Van Dongen

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                                                        Renoir

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                                                        Renoir

Renoir s'intéresse surtout au petit monde qui cherche à se divertir sous les feuillages du jardin. Son Moulin gris bleu semble correspondre à cette femme qui sourit mélancoliquement tandis que les couples tournent autour d'elle.  

Moulin Lautrec

                                                                 Lautrec

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                                                               Jean Forain

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                                                             Van Gogh

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                                                           Van Gogh

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                                                             Van Gogh

Van Gogh se rappelle peut-être dans ces trois oeuvres, les moulins de son plat pays. Il fait tourner les ailes dans un ciel tourmenté ou dans un ciel bleu... Dans ce troisième tableau, les oiseaux évoquent déjà les envols tragiques  des toiles ultimes d'Auvers-sur-Oise.

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                                                                   Signac

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                                                                     Picasso

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 Après cette visite vous saurez mieux que les montmartrois eux-mêmes pourquoi il est si dificile d'affirmer lequel des deux moulins est le vrai Moulin de la Galette!

Le Radet qui le premier reçut ce nom?

Le Blute-fin qui le récupéra 60 ans plus tard et fut immortalisé par les peintres?

Les deux qui l'arborent aujourd'hui en même temps au-dessus de leur porte?

Pour terminer par un clin d'oeil, je pense à T.S. Eliott qui disait à propos des chats qu'ils avaient trois noms : celui qu'on leur donne, celui que l'affection transforme peu à peu en diminutif, et le troisième, le vrai, qu'ils sont seuls à connaître...

Et si les moulins étaient comme les chats?

Le vent qui ne fait plus tourner leurs ailes ne vous soufflera pas la réponse....


 

Liens : Montmartre. La Goulue et Toulouse Lautrec.

Montmartre: Jane Avril, Toulouse Lautrec.

 

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Publié le par chriswac
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Saint-Jean des Abbesses ou Saint-Jean des briques comme l'appellent les vieux montmartrois est une église originale et qui mérite votre visite ( Eglise Saint-jean de Montmartre)

Parmi les oeuvres intéressantes, les vitraux ne sont pas les moindres.

Le grand vitrail du choeur représente la crucifixion. 

Il est dû aux frères Destournel qui le mirent en place en 1901 alors que l'édifice était en plein chantier. Il n'a pas la vigueur et le relief des autres verrières de l'église mais ses couleurs franches, son ciel d'azur où voyagent les anges, lui confèrent un charme naïf.

Il illustre de près l'Evangile de Saint-Jean en représentant les quatre Marie au pied de la croix : "Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la soeur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala."

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Pas de problème pour Marie, femme de Clopas (épouse de jacques), pour Marie de Magdala (Madeleine) mais je laisse les spécialistes polémiquer sur l'autre Marie, soeur de la Vierge.

Sur la droite, les soldats sont représentés, toujours en rapport avec l'Evangile de jean : "Ne déchirons pas la tunique mais tirons au sort qui l'aura."

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Le visage du Christ est tourné vers Jean "le disciple qu'il aimait" et à qui il confie sa mère "Voici ta mère"...

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Les autre grandes verrières figurent parmi les plus beaux vitraux du début du XXème siècle. Ils n'ont plus l'aspect convenu et parfois saint sulpicien de ceux que le siécle précédent avait produits à profusion.

Ils sont l'oeuvre du maître verrier Jac Galland qui les a réalisés d'après des cartons de Pascal Blanchard.

Le premier ensemble sur la gauche, près du choeur représente la multiplication des pains.

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 Jean nous relate cet épisode célèbre. Une grande foule suit Jésus et il n'y a pour la nourrir que cinq pains d'orge et deux poissons. Jésus demande aux gens de s'installer sur l'herbe, prend les pains, rend grâce et les distribue ainsi que les poissons. Chacun des cinq mille convives en mangera autant qu'il en voudra et il faudra ramasser les restes.

Parabole de la fécondité de la parole divine, cette manne que reçurent les Hébreux dans le désert... Parabole pour l'incroyant de la fécondité de l'amour et de l'attention aux autres...

La composition est forte. Jésus, les pieds sur terre et la tête dans le ciel, bénit les pains tandis qu'autour de lui on sourit, on partage, on s'émerveille...

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La grande verrière, à gauche, près de l'entrée représente l'épisode de la femme adultère. Les scribes et les pharisiens amènent à Jésus une femme prise en flagrant délit d'adultère. Ils évoquent la Loi de Moïse qui prescrit de lapider ces femmes-là. Ils demandent à Jésus son avis, dans le but de le piéger.

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Jésus se penche vers le sol où il écrit avec son doigt. Puis il se redresse et dit :"Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre!"... Et on connaît la suite... 

Il faut croire que ceux qui aujourd'hui encore lapident des femmes ont une pierre à la place du coeur et des cailloux dans la cervelle.

Belle composition du vitrail. Comme dans le premier, Jésus est représenté, vêtu de blanc, presque au centre. Le doigt pointé vers la terre, il nous rappelle notre fragilité, la brièveté de nos vies, et l'urgence de ne pas juger, de ne pas blesser, mais d'aimer...

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La femme condamnée se cache le visage tandis qu'autour d'elle les mains sont fermées sur la pierre qu'elles s'apprêtent à lancer.

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Une troisième verrière, à droite de l'entrée, est partie pour la restauration. Je ne manquerai pas de la photographier dès son retour.

Elle représente la Résurrection de Lazare

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Le Christ accueille à la vie celui qui se dégage du linceul...

Une quatrième verrière, à droite du choeur, est restée à l'état de projet. L'argent nécessaire à sa réalisation a manqué, alors que la guerre réclamait de terribles sacrifices financiers et surtout humains...

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Parmi les plus beaux vitraux de l'église figurent ceux de l'apocalypse.

 Le cavalier du deuxième sceau au cheval rouge annonce la guerre et les massacres...

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  Le cavalier du quatrième sceau au cheval blême annonce la mort

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les quatre vitraux sous la coupole illustrent de nouveau les Evangélistes... 

L'aigle...

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Le lion...

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Le taureau...

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L'ange...

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Avant de quitter l'église, dépéchez-vous de regarder le buffet d'orgue avant que les tuyaux que l'on rénove ne reviennent cacher pour longtemps la colombe du Saint-Esprit...






lien : Eglise Saint-jean de Montmartre

Saint Jean de Montmartre. L'autel d'Anatole de Baudot.

 

 

 

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Publié le par chriswac
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Château Rouge est aujourd'hui une station de métro parisienne des plus populaires et des plus exotiques. Elle donne accès au Marché Dejean et aux rues de la Goutte d'Or où l'Afrique Noire et le Maghreb se côtoient dans une ambiance à la fois épicée et colorée. Mais qui s'interroge aujourd'hui sur l'origine de ce nom presque inquiétant? Y-avait-il à cet endroit un château? Se serait-il illustré comme l'Auberge des Adrets par des meurtres qui auraient coloré à jamais son nom?


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 Eh bien, voici l'histoire de notre Château Rouge et de sa lente disparition puisqu'il n'en reste de nos jours que le nom!

Il y avait à la fin du  XVIIIème siècle un parc dont la frontière longerait les rues des Poissonniers, Doudeauville, Christiani, Ramey et Clignancourt (ancienne chaussée de Clignancourt). Ceux qui connaissent le quartier peuvent imaginer l'importance de ce parc qui s'étendait autour d'un château dont l'appareillage de pierres et de briques rouges lui valut très vite d'être baptisé Château Rouge. Nous savons que la demeure appartenait à un sieur Christophe qui ne la vendit quà la fin de la période révolutionnaire. Un dénommé Feutrier en devint propriétaire.

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En 1814, le 30 mars,  le conseil de défense est réuni dans le Château Rouge, sous la présidence du roi Joseph, frère de Napoléon. Il étudie la marche des armées coalisées et les plans de résistance. Mais l'avancée des ennemis est fulgurante et un aide de camp de Marmont déboule pour annoncer que toute bataille serait perdue d'avance devant l'importance des troupes dont les cosaques ne sont pas les moins cruels. Courage! Fuyons!
Et ils s'enfuirent... Le roi Joseph signe un ordre de capitulation et se carapate loin de Paris, à Blois où il va retrouver l'Impératrice régente. Pendant ce temps de braves montmartrois se défendent héroïquement et n'hésitent pas à donner leur vie pour la défense de la patrie. Ainsi en est-il des meuniers de la butte, les quatre frères Debray qui périrent le même jour.

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Citons pour mémoire qu'un des enfants Feutrier, Jean-François Hyacinthe, secrétaire de la grande aumônerie de France a donné son nom à une rue du quartier qui tournicote de la rue André Del Sarte à la rue Paul Albert. Seul le patronyme est resté et c'est dommage car il eût été très chic de pouvoir dire : "J'ai ma demeure rue Jean -François Hyacinthe Feutrier" plutôt que "Ben j'crèche rue Feutrier!"

Sautons les années et débarquons au milieu du XIXème. Une charmante dame Ozanne n'a pas les moyens d'entretenir sa demeure où elle recueille les animaux abandonnés ainsi que les oiseaux et les chauves-souris qui apprécient les briques disjointes et les poutres couvertes de toiles d'araignées. Â la mort de dame Ozanne, les héritiers indifférents à la cause animale mettent la propriété en vente. des promoteurs s'emparent d'une partie du parc, abattent les arbres comme font tous les promoteurs et tracent les rues Poulet, Myrrha, du Château Rouge... Seul le pavillon central reste debout. C'est un certain Boboeuf qui en devient propriétaire (sa femme se nommait-elle Bellevache?) et c'est lui qui en 1845 ouvre le Bal du Château Rouge.


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Pour lancer la mode du lieu, les publicitaires qui ne sont pas à un mensonge près, inventent la légende de la Belle Gabrielle qui aurait abrité dans le Château ses amours avec le Vert Galant.

Gabrielle d'Estrée

              La belle Gabrielle et sa soeur (la pincée du téton permettait de savoir si l'on était enceinte...)

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                         Gabrielle et le Vert-Galant (Château rouge pour Amant Vert!)

Et le Bal devint incontournable. Pas de visite à Paris sans une escapade au Château Rouge!
Les affaires sont prospères pour Boboeuf qui engraisse. En Juillet 1847, ses jardins accueillent le premier des banquets réformistes qui seront à l'origine de la Révolution de 1848.

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Le bal fera tourner les crinolines jusqu'en 1870.
            Pendant la Commune, les belles ne dansent plus et leurs pendants d'oreilles sont des cerises, couleur sang. Le général lecomte est enfermé au Château avant d'être conduit sur le lieu de son exécution.

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En 1881, le bâtiment à moitié ruiné est vendu. Les promoteurs toujours à l'affût se précipitent sur leur proie, arrachent les dernières fleurs, font monter des immeubles de rapport rue de Clignancourt et rue Custine. Des façades uniformes dues aux architectes Richelieu frères et Corbon.

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                      Immeubles du 42 au 54 rue de Clignancourt, à l'emplacement du Bal.


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Immeubles du 7  au 13bis rue Custine, sur les anciens jardins.


Et voilà la triste histoire de notre Château rouge. Pourtant Les soirs de brume, il n'est pas rare d'entendre les flonflons de l'orchestre et de voir tournoyer des couples heureux dans le reflet des vitres. Montmartre sera toujours Montmartre!

 

 

Liens : Rue Feutrier. Rosa Luxembourg.

Montmartre.La rue Andre Del Sarte (rue Saint-André) au 19ème siècle.

Montmartre. Rue Feutrier.

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 Dans le jardin de l'église Saint-Pierre de Montmartre ( Visite de l'église Saint Pierre de Montmartre. 1) Des origines à la Renaissance.) un calvaire dresse ses trois croix contre le ciel, sombres face à la Basilique de pierres blanches. C'est lui qui a donné son nom au petit cimetière qui n'ouvre ses portes qu'une fois par an, à la Toussaint.


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Il s'élève sur un monticule rocailleux qui se couvre au printemps d'une anarchie de fleurs vivaces.    

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      L'abbé Ottin espérait en l'installant dans ce lieu sacré, attirer les pieux visiteurs dont la générosité aurait contribué à assainir les finances paroissiales.

En 1833, il installa un chemin de croix monumental, venu du Mont Valérien et aujourd'hui en restauration. Mais il ne connut pas le succès escompté et l'entreprise le ruina.

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      Le Christ et les larrons ont mal résisté aux intempéries et le béton armé dont ils sont faits, laisse ici et là, apparaître des tiges de fer rouillé, comme de méchantes prothèses.

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Au centre, le Christ penche la tête sur la droite qui est comme chacun sait le "bon" côté... Il accueille la prière du bon larron....    

 

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      Un athlète au visage ouvert et presque souriant qui vient de recevoir la promesse de la vie.

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        De l'autre côté, le mauvais larron se détourne du supplicié dont il vient de se moquer.

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      Son visage torturé ne regarde ni le Christ, ni l'église, mais est dirigé vers l'extérieur, vers la rue du Chevalier de la Barre, vers la rue qui porte le nom du jeune homme torturé pour n'avoir pas salué le Saint Sacrement.

 

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      Sous les croix s'ouvre la chapelle souterraine, le tombeau où le corps fut déposé. 

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      Il y avait là de nombreux ex-votos et sous l'autel, le cadavre du Christ émergeant de son linceul.

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La porte du tombeau a été ouverte... Le corps a disparu... Ne reste sur l'autel que la statuette de la Vierge des Douleurs qui n'a plus aucune raison de se lamenter puisque son fils est ressuscité pour l'Eternité....

 

 

 

lien : Cimetière du Calvaire. Saint-Pierre de Montmartre.

 

lien Gustave Moreau. Le christ et les deux larrons.

 

 

 

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    Le 43 bis rue Damrémont vous offre dans son couloir d'entrée de remarquables panneaux conçus par Poulbot (voir 
Poulbot. Panneaux de Faïence. Rue Damrémont. Montmartre. ) Après les avoir admirés, continuez dans le long couloir et passez sous la verrière et les treillis de fleurs....


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     Essayez d'ignorer les grands placards de bois badigeonnés de blanc, montés contre les parois qu'ils dissimulent en partie. 

    Un peu plus loin, vous allez rencontrer des oiseaux exotiques, des flamants roses venus se poser sur les murs de faïence, en plein Montmartre, pour décorer ce qui fut un établissement de bains-douches et qui s'est transformé plus tard en laboratoire médical.
 
     C'est grâce à ce labo que la porte d'entrée de l'immeuble reste ouverte dans la journée, et permet aux piétons de Paris, de découvrir ces murs dont le décor  date de la fin du XIXème siècle, bien avant celui conçu par Poulbot (1910).


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   Les flamants roses prennent possession d'un lac bordé de roseaux.


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D'autres oiseaux volent dans le ciel blanc comme cet étonnant chasseur de libellule, le guépier,  amateur d'insectes qu'il fracasse contre son perchoir avant dégustation...


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   Ou ce bruant qui rend sans doute hommage à notre Aristide à l'écharpe rouge, dont les chansons hantent toujours nos rues... 

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    Ou encore cette hirondelle qui sans être du faubourg, apporte avec elle le printemps et le bonheur.

    Tous ces panneaux ont été réalisés par Hippolyte Boulenger dont l'entreprise avait pour siège social, le 18 rue de Paradis, immeuble classé dont la visite s'impose, avec ses murs somptueux recouverts de
 faïences.



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     Enfin, il ne vous est pas interdit de regarder où vous mettez les pieds... Vous marcherez sur des mosaïques de nénuphars stylisés qui font écho aux nénuphars de faïence des murs aux flamants.

 Un enchantement!





Lien : 43 bis rue Damrémont  :  Poulbot. Panneaux de Faïence. Rue Damrémont. Montmartre.



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lien :Nouvel An. Poulbot. Hiver. voeux.
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Publié le par chriswac
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     Les cinéphiles montmartrois n'ont pas beaucoup de chance. Il n'y a dans l'arrondissement que des salles-cabines pour films X, de Pigalle à Clichy.
    Bien entendu il y avait Place Clichy un somptueux cinéma, art déco, le Gaumont Place, une salle exceptionnelle dont l'architecture à la fois sobre et majestueuse provoquait l'admiration.
   Dans les grandes années pompidoliennes, il a été détruit, en même temps que les Halles. Il n'en reste aujourd'hui que l'orgue qui a été remonté à Nogent, dans le pavillon Baltard rescapé!
  A sa place, admirez l'immeuble bête et méchant où se tapissent le castorama, le Flunch,et les hôtels Ibis aux petites fenêtres et aux chambres exigües....

     Alors, réjouissons-nous de la présence, rue Tholozé, à deux pas de la rue des Abbesses et du moulin de la Galette, du célèbre Studio 28, dernier ilôt de résistance cinéphilique dans notre 18ème sinistré! 

 

   La salle de modeste dimension (170 places) fut créée dans les années 20 par Jean-Placide Mauclaire.
  C'est dès le début, un cinéma d'avant-garde qui présente des films audacieux. La projection de l'Âge d'or de Bunuel, provoque un scandale et une interdiction qui pèse lourd sur les finances de Mauclaire, contraint de vendre sa salle.
   Elle retrouvera une bonne santé grâce aux comédies américaines, projetées en VO, puis en 1950, elle connaît son heure de gloire lorsqu'Abel Gance et jean Cocteau deviennent ses parrains. 


 
    Dans l'entrée, des affiches de Napoléon d'Abel Gance rappellent ce parrainage illustre. 
   Un couloir assez long permet d'accueillir des expositions de peintures ou de photos dans la rue "Rouge-Gorge".

  

    Au début du couloir, vous pouvez prendre votre pied.
    En effet, sont exposées sous vitrine, les empreintes illustres de comédiens et de réalisateurs.
    Clin d'oeil très montmartrois à Hollywood Boulevard!
 
     Même si elle n'a pas tourné dans La Comtesse aux pieds nus, Jeanne Moreau est bien présente et nous conseille de toujours partir du bon pied, le gauche.




     Un petit dessin d'Agnès Varda... Comme un graffiti... Il est vrai que le port d'attache d'Agnès est rue Daguerre, très loin de Montmartre. Mais on imagine bien Jacques Demy choisissant pour décor d'une comédie musicale, ce cinéma romantique! 




    Signoret et Montand sont passés par là... Comme tant d'autres artistes avant eux.




     Un petit restaurant, et un jardin d'hiver vous permettent de prendre un verre et de déguster les tartes salées ou les gâteaux de Francine...


 

         ...sous le regard de Gérard Philippe et d'une assemblée amicale de comédiens que le 7ème art a rendus immortels...


 
    Et maintenant vous entrez dans la salle et vous découvrez le grand rideau rouge, le ciel étoilé et..... les lustres, les fameux lustres de Cocteau!





 Petits chapeaux de lumière
 Petits lutins
 Lanternes dans les arbres
 Fées en vadrouille....


 
Ils entourent les colonnes bleues
Ils vous font entrer avant que l'écran ne vous capture, dans un monde féérique...
 La Belle peut glisser dans le couloir entre les candélabres tenus par des bras vivants... 



Orphée peut sortir de la nuit...
La séance peut commencer...









...
lien Cité du midi. Paris Montmartre (Pigalle).



   

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     La chapelle, dans l'axe du choeur, semble vous entraîner vers les hauteurs célestes.
    Il faut d'ailleurs gravir plusieurs marches pour y accéder et découvrir sa voûte étoilée.
    Elle est plus chaleureuse que la grande église un peu glaçante. Les peintures sont dues à Romain Cazes, élève d'Ingres dont il a retenu les leçons d'académisme mais ni le génie, ni l'inquiétude diffuse. Il a été, comme bien des peintres conventionnels de son temps, très apprécié par la bourgeoisie pieuse qui lui a confié la décoration de nombreuses églises.

    Cinq panneaux nous donnent un raccourci de la vie de Marie.



    L'annonciation : Marie, les bras ouverts reçoit, à genoux, les paroles stupéfiantes de l'ange qui ne manque pas d'allure dans sa belle tunique vieux rose mais dont les ailes seraient bien incapables de le soutenir dans les airs.
   Etrange, cette habitude de doter les créatures divines d'ailes minuscules.

    Le deuxième panneau représente la visitation : Marie et Elisabeth se rencontrent, sous le vol immobile de l'Esprit Saint.
    Le petit que porte Elisabeth remue et s'enthousiasme dans le ventre maternel. Il a reconnu à quelques centimètres de lui, un autre petit, dont il annoncera plus tard la venue...

    Peinture convenue, aussi peu spirituelle que possible. 



     Le couronnement de la Vierge : Père et fils sont assis confortablement comme s'ils trônaient dans un canapé Second Empire.
     L'Esprit volète au-dessus d'eux et les réunit dans le triangle trinitaire tandis que Marie, agenouillée, reçoit la couronne des mains de son fils...



     Marie au pied de la croix: Le plus médiocre tableau de la série.
     Marie est plantée devant le crucifié comme si elle lui reprochait d'avoir fait une bêtise.
     Le peintre lui a donné l'allure d'une lourde ménagère.
     Nous sommes très loin de l'absolu chef d'oeuvre qu'est la Piéta d'Avignon qui représente la vierge de douleur comme peu d'artistes ont su le faire. Nous sommes très loin aussi de Pasolini qui fit jouer le rôle de Marie à sa propre mère, comme s'il pressentait qu'elle se tiendrait un jour devant le corps martyrisé de son fils, ramassé dans un terrain vague.

    Nous sommes très loin de la souffrance indicible de toutes les mères du monde devant la mort de leur enfant



Le dernier panneau : l'Assomption de Marie.

     Des anges vigoureux entraînent vers les cieux, celle qui ouvre déjà les bras pour serrer contre elle son fils. 
     La scène est peinte bien avant la proclamation du dogme qui ne sera institué que sous Pie XII, en 1950.
     Mais depuis des siècles, l'église fêtait la Vierge, le 15 août. Au VIème siècle, à Byzance, l'empereur Maurice avait inauguré ce jour-là, la fête de la Dormition de la Vierge.
     L'iconographie orthodoxe, profondément spirituelle, représente Marie "endormie" tandis que son fils emporte dans ses bras un nouveau-né emmailloté. C'est l'âme de sa mère. Extraordinaire image que celle de ce fils portant sa mère, comme il avait été porté par elle. Pressentiment de l'achèvement et de l'éternité. Notre assomption catholique est bien fade, comparée au vertige de la Dormition orthodoxe.



    Un vitrail rouge et bleu adresse une prière à la Vierge en majesté. 

    A l'entrée de la chapelle deux fresques représentent, à gauche, la naissance de Marie et à droite, sa présentation au Temple.





    Tableaux de bonne facture mais théâtralisés et peu inspirés.

    Signalons encore les fresques des évangélistes dans le choeur, plates et convenues.


    
   Saint-Jean se tourne vers le ciel comme pour écrire sous la dictée céleste... Son aigle familier veille à ses côtés.

    Enfin, avant de quitter l'église, jetez un oeil dans le transept gauche sur les représentations de Saint-Ignace de Loyola, lié à Montmartre par le voeu fameux, prononcé dans l'abbaye d'en-bas, et que rappelle une plaque dans l'actuelle crypte du martyrium, rue Yvonne le Tac. (voir: Montmartre. Crypte du martyrium.)  


François-Xavier est envoyé en mission, en Inde, par Ignace avec lequel il pria, le fameux 15 août 1534.

Dans l'autre transept, un autre saint lié à l'histoire de Montmartre : Saint-Denis...



   ...Ce qui peut vous inciter à prendre le métro, avant de perdre la tête, et vous rendre à St Denis, visiter la basilique, véritable merveille qui vous réconciliera avec l'art sacré!


Lien: Eglise Notre Dame de Clignancourt. (1) Extérieur, entrée.




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     Après avoir visité les chapelles de l'entrée, il est temps de lever la tête vers les vitraux.
     Ils ont une certaine force expressive et font défiler dans la nef, une procession de saints et d'images pieuses.

     Le Sacré-Coeur voisin m'incite à commencer par cette vision de Marguerite-Marie Alacoque (ce nom m'a toujours réjoui) à laquelle apparaît Jésus désignant sa poitrine :
"Voici ce coeur qui a tant aimé les hommes..."



     Les vitraux de Lorin ont été créés dans les années 1930. Leur style vigoureux avec, parfois quelques réminiscences Art Déco, jette ses couleurs franches dans une église un peu terne.


 

     En commençant par la travée de gauche, le premier vitrail représente Jean-Baptiste : "Je suis la voix qui crie dans le désert..."



    Il est suivi d'Adélaïde. C'est la composition, à mon avis, la plus proche du style art-déco. Simplification, géométrie, le rouge et le bleu...

    Adélaïde, reine d'Italie et d'Allemagne, fut la première Impératrice du Saint-Empire-Romain-Germanique.
   Elle fut à deux reprises régente et s'imposa par son sens de la Justice et son attention aux plus pauvres.
   Elle est représentée ici, comme la Vierge dont le manteau protège à la fois l'empereur agenouillé (Othon Ier) et le fils (Othon II) dont elle assura la régence.
Elle mourut en odeur de sainteté en 999... 



    La suivante, c'est Odile "Fille de lumière". Après la guerre, cette Sainte Patronne de l'Alsace est souvent représentée dans les églises.
    Elle mourut en 720 après avoir retrouvé miraculeusement la vue.
    Elle est représentée ici avec un livre (sans doute la règle bénédictine) sur lequel s'impriment les yeux qui vont lui être rendus.
    A ses genoux, Saint Erhard, moine irlandais, guidé par une vision vient lui donner le baptême au cours duquel s'opère le miracle.


 

     Dans une lumière de mousse et de sous-bois, Hubert le massacreur de bêtes innocentes, voit apparaître entre les bois du cerf qu'il s'apprête à tuer, le crucifix rayonnant.
     Il tombe à genoux et lâche son arme.
     Il ne la reprendra plus.
     Il a compris de quel côté était le Christ : celui des victimes, des pourchassés, des torturés... Bêtes et hommes.
     Hubert se convertit et se tourne vers les humbles et les rejetés.
     Il consacre sa vie aux pauvres et respecte la vie animale au point de devenir végétarien.

   Allez comprendre pourquoi les chasseurs ont choisi pour patron celui qui leur montre par son exemple la cruauté de leurs méfaits!
   L'ont-ils fait par provocation ou par bêtise?

   Les deux sans doute...


 

    Sainte Eugénie, martyre chrétienne et romaine, eut la tête tranchée après avoir triomphé de plusieurs supplices.
    Elle est un des plus anciens "travestis" puisque, pour avoir la paix, elle se déguisa en homme et prit le nom d'Eugène.
    Une femme dont elle repoussa les avances, l'accusa de l'avoir violée...       Pour faire triompher, la vérité, Eugénie se dévoila devant la foule des spectateurs du cirque, éblouis de découvrir une poitrine parfaite.
    La vérité sort toujours toute nue des épreuves...

 

     Jules est là, lui aussi.
     Rien à voir avec Jules Joffrin, proche station de métro et Place sur laquelle s'élève l'église (Place qui, au moment de la construction se nommait  Sainte-Euphrasie).
     Jules premier est un pape, réputé pour sa bienveillance (les autres papes n'en seraient-ils pas pourvus?) et pour sa lutte contre les ariens.



    Sainte Cécile, martyre des premiers temps, résolut de rester vierge et se refusa à son mari qu'elle parvint à convertir et qui accepta d'avoir pour rival un ange qui apparut au moment du supplice, environné d'une céleste musique.
    Cécile devint la patronne des musiciens et des luthiers. 
    La musique divine ne sut pourtant adoucir les moeurs des bourreaux... comme elle n'avait su convaincre Cécile que la sexualité était de nature divine quand l'amour s'y mêlait...



     Le dernier vitrail de la travée représente la Sainte Famille.
     Jésus, blondinet, bien que juif de Palestine, s'initie aux joies du rabotage.
     Combien plus rude sera le bois qui le portera et le hissera, cloué et sanglant, contre le ciel!



     La travée de droite s'ouvre avec Saint-Michel au regard sévère, penché vers l'abbaye, édifiée au péril de la mer, que lui présente Saint- Aubert, évêque d'Avranches.
     Aubert avait l'habitude de se retirer pour prier sur le Mont Tombe (tel était alors le nom du futur Mont Saint-Michel) où l'Archange lui apparut.
     La représentation est ici un tantinet étriquée. La carapace, le visage mécontent ne collent guère avec la jeunesse solaire de l'archange foudroyant.


 
    Comme dans un conte de fées, la petite Jeanne se promène sous les feuillages remués par la voix de Michel, Catherine et Marguerite, qui lui confient la mission de bouter les Anglais hors de France. 

 

    Saint Louis a royalement droit à deux vitraux.
    Il est assis sous son chêne et rend la justice.
    Il est vêtu de la tunique bleue parsemée de fleurs de lys.
    Peut-être pour rappeler qu'il imposa aux Juifs de France de porter sur leur habit la rouelle jaune, censée représenter les deniers de Judas.
    Il ignorait alors quelle serait la sinistre postérité de cette humiliation.



     Saint-Denis ne pouvait manquer de figurer dans la galerie.
     Il  a cheminé non loin de là, portant sa tête dans les mains et se dirigeant vers la plaine où sera édifiée la Basilique qui porte son nom.
     A l'arrière, deux de ses compagnons, Rustique et Eleuthère attendent de connaître la même mort. 



     Saint Jérôme et Sainte Paule partagent le même vitrail.
     Jérôme, traducteur de la Bible en latin (la Vulgate), s'emportait facilement et fulminait conte le christianisme mondain.
     Il choisit d'aller vivre en Palestine dans un monastère qu'il fonda au IVème siècle.
         Paule, riche romaine devenue veuve, le suivit jusqu'à Bethleem et l'aida grâce à sa fortune et à sa grande patience, car le Jérôme prenait feu comme bois d'amadou...


    Un dernier vitrail orne la chapelle de la Vierge (voir article III). Ne prêtons pas trop d'attention au vitrail du choeur qui représente la colombe du Saint Esprit et qui est aussi peu spirituel que possible...

    Cette galerie de saints fait voler avec le soleil, des ailes de couleurs sous les voûtes grises. Si l'inspiration n'est pas toujours au rendez-vous, elle a le mérite d'être un livre d'images et de lumière. 


Lien :

Notre-Dame de Clignancourt (3) (chapelle de la Vierge)

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     Elle n'est pas vraiment belle cette église dont la construction fut décidée peu d'années avant le rattachement de Montmartre (dont dépendait le village de Clignancourt) à Paris.
    Malgré ses dimensions (presque cent mètres de long), elle paraît, de l'extérieur, étriquée et ingrate.



     Les grands travaux du Baron Haussmann battent leur plein...
     C'est le Baron lui-même qui vient poser la première pierre le 2 mai 1859.
     On ne peut s'empêcher de penser aux gares parisiennes devant cette façade due, comme l'ensemble du bâtiment, à l'architecte Paul-Eugène Lequeux,  élève de Baltard, qui a eu le temps de réaliser quelques mairies et églises, avec un grand souci de fonctionnalité et peu d'inventivité créatrice (mairie de Saint-Ouen, de Puteaux, église de la Villette, de Villetaneuse...).



     Le clocher étroit et le chevet donnent sur une rue de Paris qui m'est chère. Elle ne comporte que deux numéros, le 2 et le 4. C'est une des plus courtes de Paris et pourtant son nom est tout un programme : Aimez la vie!
Enfin... presque...

 

     La construction de l'église s'impose car les villageois de plus en plus nombreux rechignent à grimper jusqu'au sommet de la Butte, pour atteindre l'église Saint-Pierre, perchée sur son belvédère.

 

     C'est en 1863 que la paroisse est créée par décret impérial et que Notre-Dame de Clignancourt ouvre ses portes aux fidèles.
     La construction a été rapide, grâce aux largesses de l'Empereur qui a cassé sa tirelire, et à celles de l'Impératrice qui a offert l'ameublement et les ornements liturgiques.

Et maintenant, passons le portail...

 

 

   Impression d'espace un peu ombreux...  Le bronze des suspensions et le faux marbre des colonnes sont les seules touches de luxe dans la nef dépouillée.

   La première surprise vient de la chapelle de droite : La Piéta de Michel-Ange se détache sur un fond de ciel nocturne et de croix. Le linceul semble couler, comme une montre molle de Dali vers la mère et son fils mort pour les recouvrir...

   La chapelle est dédiée aux morts de la première guerre dont les noms par centaines sont gravés sur le mur de la nef.



    Sur la gauche, le soldat foudroyé, aperçoit dans le ciel, Jeanne d'Arc, prête à l'accueillir, comme les walkyries accueillaient dans le walhalla les valeureux guerriers...

 

  Sur la droite, la veuve s'agenouille avec l'orphelin sur la tombe, croix de bois mort parmi les autres croix... forêt qui ne sortira plus de l'hiver.

 

...Ou qui en sortira si l'on en croit le monument, érigé entre les listes interminables des noms des jeunes gens sacrifiés. Le tombeau est ouvert, le mort reprend vie.
  Cela s'appelle la Résurrection...




    Le vitrail, comme un oeil au plafond de la chapelle représente Dieu lui-même, dans les nuées, consterné de voir ses créatures s'entre déchirer... Et pourtant depuis Abel et Caïn, il aurait dû en avoir une certaine habitude!



 

Au début de la nef mais sur la gauche, une autre chapelle attire l'attention. un incendie l'a ravagée récemment et elle offre un spectacle désolant. Le Christ aussi noir qu'un arbre calciné, se dresse devant des murs écaillés.

 

     La cloche, dont le bronze, à force de résonner pour les alertes, les fêtes et les deuils, s'est fêlé, a été remplacée par une consoeur plus jeune en 1991. Elle porte, gravées pour l'éternité, des inscriptions qui rappellent son origine.
                     "
Amédée Constance sont les noms que m'ont donnés mon parrain, Amédée Thayer, pieux et illustre sénateur de l'Empereur et ma marraine, Constance Lequeux, épouse très dévouée de l'architecte de cette église."  



     Le sacré-Coeur apparaît sur le mur de droite. Il a résisté aux flammes mais il semble s'élever au-dessus d'un Montmartre de cendres! 



   Une autre toile a subsisté vaille que vaille. Peut-être grâce à l'eau du baptême versée sur Sainte-Geneviève!
  Elle est due au talent théâtral de Glaize (Pierre-Paul-Léon), peintre montmartrois qui réalisa, entre autres une partie du salon des Arts de l'Hôtel de Ville et la salle des mariages de la mairie du XXème.  Le musée d'Orsay expose deux de ses toiles.



  La chapelle abritait les fonts baptismaux. Le baptistère a été transporté au bas des marches du choeur, mais la mosaïque du sol continue de faire tourner ses poissons dans le courant...

   N'allez pas mettre sur le dos des communards cet incendie dévastateur! D'abord parce que les toiles ont été peintes après la Commune, ensuite parce que s'il est vrai que l'église fut perquisitionnée en avril 1871, l'édifice lui-même n'eut guère à en souffrir. Ne disparurent que les linges et les objets sacerdotaux. Les officiers utilisèrent les glands en or des étoles pour en faire des dragonnes à leur sabre, ce qui n'a pas suffi, hélas, à leur donner la victoire!





   Suite de la visite dans les prochains articles : les vitraux (2), la chapelle de la Vierge(3)






Lien : Eglise Notre-Dame de Clignancourt (2) Les vitraux.

   

 

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