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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 13:30




     Après avoir visité les chapelles de l'entrée, il est temps de lever la tête vers les vitraux.
     Ils ont une certaine force expressive et font défiler dans la nef, une procession de saints et d'images pieuses.

     Le Sacré-Coeur voisin m'incite à commencer par cette vision de Marguerite-Marie Alacoque (ce nom m'a toujours réjoui) à laquelle apparaît Jésus désignant sa poitrine :
"Voici ce coeur qui a tant aimé les hommes..."



     Les vitraux de Lorin ont été créés dans les années 1930. Leur style vigoureux avec, parfois quelques réminiscences Art Déco, jette ses couleurs franches dans une église un peu terne.


 

     En commençant par la travée de gauche, le premier vitrail représente Jean-Baptiste : "Je suis la voix qui crie dans le désert..."



    Il est suivi d'Adélaïde. C'est la composition, à mon avis, la plus proche du style art-déco. Simplification, géométrie, le rouge et le bleu...

    Adélaïde, reine d'Italie et d'Allemagne, fut la première Impératrice du Saint-Empire-Romain-Germanique.
   Elle fut à deux reprises régente et s'imposa par son sens de la Justice et son attention aux plus pauvres.
   Elle est représentée ici, comme la Vierge dont le manteau protège à la fois l'empereur agenouillé (Othon Ier) et le fils (Othon II) dont elle assura la régence.
Elle mourut en odeur de sainteté en 999... 



    La suivante, c'est Odile "Fille de lumière". Après la guerre, cette Sainte Patronne de l'Alsace est souvent représentée dans les églises.
    Elle mourut en 720 après avoir retrouvé miraculeusement la vue.
    Elle est représentée ici avec un livre (sans doute la règle bénédictine) sur lequel s'impriment les yeux qui vont lui être rendus.
    A ses genoux, Saint Erhard, moine irlandais, guidé par une vision vient lui donner le baptême au cours duquel s'opère le miracle.


 

     Dans une lumière de mousse et de sous-bois, Hubert le massacreur de bêtes innocentes, voit apparaître entre les bois du cerf qu'il s'apprête à tuer, le crucifix rayonnant.
     Il tombe à genoux et lâche son arme.
     Il ne la reprendra plus.
     Il a compris de quel côté était le Christ : celui des victimes, des pourchassés, des torturés... Bêtes et hommes.
     Hubert se convertit et se tourne vers les humbles et les rejetés.
     Il consacre sa vie aux pauvres et respecte la vie animale au point de devenir végétarien.

   Allez comprendre pourquoi les chasseurs ont choisi pour patron celui qui leur montre par son exemple la cruauté de leurs méfaits!
   L'ont-ils fait par provocation ou par bêtise?

   Les deux sans doute...


 

    Sainte Eugénie, martyre chrétienne et romaine, eut la tête tranchée après avoir triomphé de plusieurs supplices.
    Elle est un des plus anciens "travestis" puisque, pour avoir la paix, elle se déguisa en homme et prit le nom d'Eugène.
    Une femme dont elle repoussa les avances, l'accusa de l'avoir violée...       Pour faire triompher, la vérité, Eugénie se dévoila devant la foule des spectateurs du cirque, éblouis de découvrir une poitrine parfaite.
    La vérité sort toujours toute nue des épreuves...

 

     Jules est là, lui aussi.
     Rien à voir avec Jules Joffrin, proche station de métro et Place sur laquelle s'élève l'église (Place qui, au moment de la construction se nommait  Sainte-Euphrasie).
     Jules premier est un pape, réputé pour sa bienveillance (les autres papes n'en seraient-ils pas pourvus?) et pour sa lutte contre les ariens.



    Sainte Cécile, martyre des premiers temps, résolut de rester vierge et se refusa à son mari qu'elle parvint à convertir et qui accepta d'avoir pour rival un ange qui apparut au moment du supplice, environné d'une céleste musique.
    Cécile devint la patronne des musiciens et des luthiers. 
    La musique divine ne sut pourtant adoucir les moeurs des bourreaux... comme elle n'avait su convaincre Cécile que la sexualité était de nature divine quand l'amour s'y mêlait...



     Le dernier vitrail de la travée représente la Sainte Famille.
     Jésus, blondinet, bien que juif de Palestine, s'initie aux joies du rabotage.
     Combien plus rude sera le bois qui le portera et le hissera, cloué et sanglant, contre le ciel!



     La travée de droite s'ouvre avec Saint-Michel au regard sévère, penché vers l'abbaye, édifiée au péril de la mer, que lui présente Saint- Aubert, évêque d'Avranches.
     Aubert avait l'habitude de se retirer pour prier sur le Mont Tombe (tel était alors le nom du futur Mont Saint-Michel) où l'Archange lui apparut.
     La représentation est ici un tantinet étriquée. La carapace, le visage mécontent ne collent guère avec la jeunesse solaire de l'archange foudroyant.


 
    Comme dans un conte de fées, la petite Jeanne se promène sous les feuillages remués par la voix de Michel, Catherine et Marguerite, qui lui confient la mission de bouter les Anglais hors de France. 

 

    Saint Louis a royalement droit à deux vitraux.
    Il est assis sous son chêne et rend la justice.
    Il est vêtu de la tunique bleue parsemée de fleurs de lys.
    Peut-être pour rappeler qu'il imposa aux Juifs de France de porter sur leur habit la rouelle jaune, censée représenter les deniers de Judas.
    Il ignorait alors quelle serait la sinistre postérité de cette humiliation.



     Saint-Denis ne pouvait manquer de figurer dans la galerie.
     Il  a cheminé non loin de là, portant sa tête dans les mains et se dirigeant vers la plaine où sera édifiée la Basilique qui porte son nom.
     A l'arrière, deux de ses compagnons, Rustique et Eleuthère attendent de connaître la même mort. 



     Saint Jérôme et Sainte Paule partagent le même vitrail.
     Jérôme, traducteur de la Bible en latin (la Vulgate), s'emportait facilement et fulminait conte le christianisme mondain.
     Il choisit d'aller vivre en Palestine dans un monastère qu'il fonda au IVème siècle.
         Paule, riche romaine devenue veuve, le suivit jusqu'à Bethleem et l'aida grâce à sa fortune et à sa grande patience, car le Jérôme prenait feu comme bois d'amadou...


    Un dernier vitrail orne la chapelle de la Vierge (voir article III). Ne prêtons pas trop d'attention au vitrail du choeur qui représente la colombe du Saint Esprit et qui est aussi peu spirituel que possible...

    Cette galerie de saints fait voler avec le soleil, des ailes de couleurs sous les voûtes grises. Si l'inspiration n'est pas toujours au rendez-vous, elle a le mérite d'être un livre d'images et de lumière. 


Lien :

Notre-Dame de Clignancourt (3) (chapelle de la Vierge)

...



 

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commentaires

Frederique 05/12/2009 15:23


Les chasseurs ont conscience de mal agir c'est pourquoi leur saint patron est un repenti végétarien (?)
Il aurait connu le diable avant de servir ses frères "inférieurs".
C'est mon interprétation...


vera 23/10/2009 19:09


Je connais cette église et n'avais jamais prêté attention aux vitraux. Je les trouve beaux; merci de me les faire découvrir.


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