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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

poemes...divers

Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers

cabanes-Le-Ch-teau-025.jpg

Nuit du 24 décembre. La nuit sombre.


Ce soir je pense à toi petite soeur
La ville est secouée d'étincelles
Les étoiles de verre clignent sur les trottoirs

Ce soir je pense à toi petite soeur
Aux milliers de baisers qu'il fallait te donner
Pour éloigner la peur au moment de dormir

C'est la nuit de Noël ma vivante asphyxiée
La nuit noire où tu as cessé de vivre
Malgré l'ange aux yeux clairs qui voulait te sauver

C'est la nuit de Noël mon oiseau mazouté
La nuit où le goudron t'a englué les yeux
La nuit où le coura
nt t'a entraînée au fond

C'est la nuit de Noël ma douce et ma rebelle
La nuit où ton enfant t'a serrée dans ses bras
Pour t'arracher aux algues noires

C'est la nuit de Noël ma lointaine ma soeur
La nuit sans un canot sans une voile blanche
Le lent écroulement des falaises de glace

Ce soir je pense à toi petite soeur
Ce soir j'attends sur le noir sans limites
Que ton sourire enfin se prenne à mon filet. 




cabanes-louvois-008.jpg


Liens :

Poème. Ma petite soeur de Noël.

Poème: Petite soeur au cimetière.

Marianne ou la vie


Poème. Ma mère. Mots secrets.



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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers



Etoile noire


Mes enfants je suis née sept fois en vous mettant au monde
Avant vous je n'étais que moi
Je n'avais qu'un village et vous m'avez ouvert les frontières
Je n'avais qu'un amour et vous m'avez donné l'amour
Sept fois j'ai appris à marcher
Sept fois j'ai appris à parler
sept fois j'ai été amoureuse pour la première fois

Mes enfants je suis morte deux fois quand la mort vous a pris
J'ai refermé ma porte et je me suis pendue un soir d'automne
Après avoir en vain appelé au secours
J'ai cessé de respirer dans la nuit de Noël
Et j'ai replié mes poumons 
Comme un oiseau dans le goudron

Mes enfants vous avez détaché ma corde
Vous m'avez donné vos poumons 
J'ai continué de vivre
Malgré l'étoile noire
Cousue à vif sur ma poitrine

Mes enfants grâce à vous je suis encore au monde
J'ai joie de votre joie et j'ai peur de vos peurs
Je ris avec vous dans les vagues
Je prends avec vous des avions
Je m'endors avec vous près du Gange
Et quand le temps malade se pend à mes genoux
Et tire mes paupières
Je marche avec vos jambes
Je vois avec vos yeux

Mes enfants je vivrai avec vous dans le monde
Bien après que la mort m'aura couchée en terre
Je serai dans l'éclat d'un miroir
Dans un de vos sourires
Ou dans un de vos gestes
Dans la veilleuse auprès du lit
Dans le chat qui dormira contre vous
Je serai dans le vent léger qui passera sous vos yeux
Quand vous ne pourrez pas y retenir vos larmes






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Poème. Ma mère (3) Anniversaire.



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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers




Le chasseur

Admirez le valeureux chasseur
Déguisé en guerrier ou en trappeur
Avec son treillis et ses bottes
Son nez de clown et sa culotte

Avant le coq il est levé
Pour aller avec ses coquins
Dans le marais ou la forêt
Tirer son coup sur les lapins

Tout ce qui tremble et fuit l'affole
La perdrix le faisan la grive
Au point que son arme dérive
Sur l'aigrette ou le rossignol

Malheur à vous les chats errants
Malheur à vous les oies sauvages
Le tueur vous montre les dents
Ici s'arrête le voyage

Si les canards étaient armés
Le héros resterait couché
Il aurait alors le temps pour
Apprendre à mieux faire l'amour.





lien :Poème. La mort est un toréador.



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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers



 Automne sale saison


Automne
Saison du linge sale
Les maillots sont rangés dans les armoires
Le ciel étend ses draps mouillés
Et le soleil trop pâle
N'essaie plus de cacher ses taches de vieillard

Automne
Saison de mise à mort
Les animaux s'enfuient au son du cor
Les oies décrochent sous le plomb
Et le jour moribond
Ne peut plus déplier ses ailes de goudron

Automne
Saison des hôpitaux
Les amis fatigués se préparent
Ils oublient leurs vieilles photos
Et la nuit sous ses voiles
N'a plus pour les guider un seul éclat d'étoile

Automne
Saison du temps qui passe
Les amoureux s'étreignent du regard
Les draps recueillent leur tendresse
Mais un sommeil de glace
Paralyse leur main qui tente la caresse.





lien : Poème. Amour-miracle.


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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers

 






S'il est un Dieu dans les nuages
Qu'il revienne un instant sur terre
Et qu'il jette un regard de père
Sur cette femme sans bagages

Qu'a-t-elle encore à déclarer
Qui la retienne d'embarquer 
Ni compte en banque ni livret
Ni pièces d'or ni bracelet 

Son corps est plus léger que l'air
Il n'a jamais eu de prison
Il n'est pas le propriétaire
D'un terrain ou d'une maison

Et pourtant elle est arrimée
Au lit de fer de la clinique
Avec des tubes de plastique
Ancrés profonds dans ses poignets

Sur son visage un masque gris
Lui interdit de respirer
Le ciel et les rues de Paris
Où elle aimait tant divaguer

Qu'a-t-elle encore à déclarer
Qui la retienne d'embarquer
Plus un ami plus un amant
Pas un enfant pas un parent

Tout ce qu'elle a c'est un cancer
Qui dans sa gorge est installé
Aucun voyou pour le voler
Aucun scalpel pour le trancher

Il se vautre et il se prélasse
Avec l'air de n'y pas toucher
Il distribue ses métastases
Comme il enverrait des baisers

Il pèse et pose, il prend son temps
Il va et vient sans s'étonner
Il la goûte du bout des dents
Pour mieux savourer la curée

S'il est un Dieu dans les nuages
Qu'il donne l'ordre à ce cancer
D'aller plus vite et plus sauvage
Pour la laisser quitter la terre.







lien : Poème pour Elisabeth (cancer)


 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers


Disparaître

Je suis loin je suis bien
Sous le ciel sans mensonge

Je flotte à la face des eaux
Comme un requin blessé
Et sur mon ventre blanc
Se posent les oiseaux

Les portables peuvent sonner
de leurs mélodies ridicules
Le courrier peut s'entasser
Dans la boîte inutile
Avec les nouvelles abominables
Avec les plaies et les cancers
Avec les mots gantés de blanc 
Précis comme des chirurgiens

Je suis si loin déjà
Où le courant m'entraîne
Je glisse en souriant
Vers ce point qui m'aspire
Vers cette mer sans fond
Où je vais redescendre

Déjà me paralyse
Le froid délicieux
Déjà les algues noires
passent devant mes yeux

Je me prends les chevilles
Je me love sur moi
Comme une pierre fossile
Je m'engloutis
Dans l'argile des eaux

Rien ne parviendra plus
Des rumeurs du rivage
Je ne saurai plus rien
Des saisons et de l'âge
Et jamais
Non jamais
Je n'apprendrai la mort
De ceux que j'aime.






Lien : Poème. Tristesse.


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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers





Je ne peux me détacher de ma tristesse
Elle est sur moi comme un manteau de cuir
Si je m'en dévêtais
ma chair serait à vif

Tristesse lourde tristesse
Crachin sans fin sur les semaines
Sur les mois sur les années peut-être
Que je ne veux pas vivre

Endors-toi, mon père, dans le brouillard
Eloigne-toi, ma mère, dans la pluie de satin
Arrache-toi de toi, mon amie cancéreuse
Et laisse dans ton lit la tumeur qui te dévore

Partez tous loin de moi
Je veux rester dans le sommeil
Je n'ai rien à donner
De mes poings fermés
De mon moignon de coeur
Qui bat dans son terrier

Reste avec moi tristesse
Baisse un rideau de fer sur la fenêtre
Embrasse-moi comme une mère
Enlace-moi comme un noyé
Garde-moi comme un enfant
Dans ton ventre de morte.



Lien : Poème. Fuir. Disparaître.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers


Devant les murs de la maison Jeanne Garnier (soins palliatifs)


Prière pour Elisabeth

Emportez-la très loin d'ici
Arrachez-la de l'hôpital
N'attendez pas je vous en prie
Que son cancer lui soit fatal

Remettez-la dans l'escalier
Avec son chat sur les genoux
Que les vivants pas trop pressés 
Fassent l'aumône de quelques sous

Vous savez bien qu'elle donnait
La moitié de ce qu'elle gagnait
A des mendiants plus pauvres qu'elle
Qui l'appelaient Mademoiselle

Vous savez bien qu'elle gardait
Du pain pour nourrir les moineaux
Quand l'hiver glaçait les pavés
A la sortie de son métro

Fermez le café-bar d'en bas
Où elle achetait le tabac
Et la fumée et le goudron
Qui ont englué ses poumons

Emportez-la très loin d'ici
Arrachez-la de l'hôpital
N'attendez pas je vous en prie
Que son cancer lui soit fatal. 

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Lien : Une amie en soins palliatifs

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers
Ce matin, je lui ai téléphoné pour lui dire que ce 27 mai était une belle journée, celle de sa naissance et donc de la mienne... 
Je lui ai demandé si elle savait à quelle heure elle était née. Elle m'a répondu que non, tout ce qu'on lui avait dit c'est que son père était furieux d'avoir une deuxième fille et que lorsqu'il l'avait vue, il avait dit qu'elle criait comme un âne.
C'est aujourd'hui, jour de ses 88 ans qu'elle me confie cette souffrance.

 

Que sonnent les cloches dans tous les clochers
Que monte le soleil comme au coeur de l'été
Que les fleurs oublient de se faner
Que le sable arrête de couler

Elle a 88 ans aujourd'hui

Que son chat la regarde avec ses yeux de chat
Que ses enfants lui parlent avec des mots d'enfant
Que son mari perdu lui dise tendrement
Qu'elle est son seul amour, qu'il ne le savait pas

Elle a 88 ans aujourd'hui

Et moi qui tais en moi les mots de la tendresse
Moi qui retiens ma main et retiens les caresses
Ô que je puisse enfin m'arracher de moi-même
Et dire simplement : Maman je t'aime







Poème. Ma mère (2)

poème. A ma mère.


 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES...Divers




                    Ma mère 

Elle a crié au mois de mai 
Le ciel était gris sur la mer
Les Bourgeois de Calais prenaient la pose
Et elle était si peu de chose

Il suffisait de presque rien
La négligence ou un cancer
Pour la tuer à la naissance
Comme un chaton sans résistance

Elle m'a donné la vie le Jour des Rois
Le ciel était blanc sur les toits
Le lion sur le beffroi prenait la pose
Et moi j'étais si peu de chose

Il suffisait de presque rien
La négligence ou un cancer
Pour me tuer à la naissance
Comme un chaton sans résistance

Depuis des mois elle voit le ciel
A sa fenêtre en se penchant
Et ne connaît plus le printemps
Que par le vol d'une hirondelle

Il suffira de presque rien
La grippe un oedème un cancer
Pour arrêter son coeur de mère
Son coeur qui bat contre le mien. 

 





Lien : Maman. Photos d'enfance...




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