Dans le vaste hall d'entrée du musée de la rue Ronsard, des ustensiles de cuisine sont pendus aux murs.
Peut-être sommes nous dans la cuisine de la reine de coeur d'Alice, mais sans aucun risque de nous faire couper la tête!
Approchons nous pour entendre chanter ou murmurer les casseroles, les couvercles, les plats de métal.
Tous ces ustensiles du quotidien n'ont plus aucune envie de retenir l'eau bouillante ou de garder au chaud les purées et les ragoûts. Ils ont pris leur indépendance. Ils sont libres et le disent.
Ils ne cachent pas leur état d'âme, d'objets inanimés enfin considérés.
Ils sont tombés par le plus heureux des hasards entre les mains d'un poète
Un poète musicien et sculpteur dont les mains caressent les objets, les auscultent, entend battre en eux une vie que les autres n'entendent pas.
Il respecte leur apparence, ne les détourne pas de leur essence, non, mais il laisse monter à la surface du métal, leur visage.
Un visage qui exprime un sentiment comme un regard où vous rencontrerez la tristesse ou la joie, l'humour ou la lassitude.
Le poète qui réveille l'âme des objets, vit au Mozambique. Il s'appelle Zeferino Chilaule. Il a un prénom de vent et de douceur. Il donne vie au métal comme s'il était sous ses mains, léger et fluide.
Vous pouvez recontrer ses objets vivants jusqu'au 3 octobre à la Halle Saint Pierre. Vous verrez qu'une fois dans la rue vous ne manquerez pas de voir onduler les réverbères et sourire les plaques de fonte sur les pavés!