Ier septembre. Dernier jour de surveillance de la plage. Derniers vacanciers dans les vagues!
2 septembre. La plage est aux aînés!
3 septembre. Retour des bécasseaux!
4 septembre. Le goéland… "C'est l'âme d'un matelot qui plane au-dessus des flots".
5 septembre. Surf matinal.
Souvent ce mois est somptueux, estival sans excès. Les vacanciers sont rentrés chez eux. Arrivent alors, avec leur mobil-home, les retraités aux cheveux d'argent, couleur d'écume.
5 septembre. La famille en balade.
6 septembre. L'épave du Presidente Viera. St-Trojan.
7 septembre. Allons à la pêche aux tellines (ici les louisettes).
8 septembre. Châteaux Chapeaux.
9 septembre. Les surfeurs délivrés des "baignassoutes"... (les baigneurs en langage local un tantinet méprisant!)
10 septembre. Le retour du guerrier.
Et puis, après deux semaines ou parfois trois, ils s'en vont à leur tour. L'île appartient aux rêveurs, aux surfeurs, aux promeneurs avec leur chien. Elle redevient sauvage avec ses grandes marées qui dévorent les plages, avec le vent d'ouest qui se fait plus mordant et qui disperse les goélands.
11 septembre. Le repos du surfeur.
12 septembre. Un penchant pour la lecture.
13 septembre. Jouer avec le globe terrestre!
14 septembre. Surfeurs avec l'été revenu!
15 septembre. Le repos de la guerrière.
16 septembre. Le chien et Superman. Plage de St-Trojan
17 septembre. Mon amie la mouette rieuse
18 septembre. Médusées par la méduse.
19 septembre. L'homme meilleur ami du chien.
20 septembre. Chacun sa trajectoire.
21 septembre. Comme un papillon.
22 septembre. Goéland du soir.
C'est le 22 septembre que la décision a été prise d'euthanasier notre petite chatte recueillie il y a 6 ans au refuge de la ville voisine. Le vétérinaire nous attend le 24 à 10h30.
23 septembre. La mère des goélands. La Cotinière.
24 septembre. Aujourd'hui mort de notre Bella. 6 années de tendresse et des larmes.
L'été s'est arrêté pour nous ce jour-là. Dans quelques jours nous rentrerons à Paris sans elle. Avec Plume recueillie le même jour et qui la cherche partout où elle allait, partout où elle dormait, partout où elle se cachait.
25 septembre. L'automne est bien là.
26 septembre. Le rhinocéros.
27 septembre. Le pêcheur et la mer.
28 septembre. Le sauteur de dunes
29 septembre. La marée montante.
30 septembre. L'inquiétude.
"Aimer c'est être inquiet"
Dernière photo de notre île où nous laissons de beaux jours, des moments de tendresse et notre petite compagne.
Dans l'église Notre Dame de la Mer qui domine le port et les chalutiers de La Cotinière, une chapelle est consacrée aux gens de mer.
Les couleurs égaient l'église sombre un peu écrasée par une charpente, remarquable certes, mais lourde.
Les vitraux sont dus au maître verrier Jean Lesquibe (1910-1995) qui a créé des murs de lumière dans plus de 75 églises, chapelles ou oratoires en France et à l'étranger.
Un premier vitrail rappelle la prière bretonne : "Protège-moi mon Seigneur. Ma barque est si petite et ta mer est si grande"
Le deuxième commémore en 1966 le centenaire de la création d'une station de sauvetage (une des premières de France) à La Cotinière.
… ll rend hommage aux Péris en mer et à ceux qui tentent au péril de leur vie de les sauver.
Sur les murs des croix sont alignées. C'est la seule église de l'île où le nom des morts sont inscrits sur des croix et non sur des plaques de cuivre.
Il y aurait là l'influence des marins bretons venus à La Cotinière au XIXème siècle pour apprendre aux pêcheurs oléronnais l'art de piéger les sardines. Dans les îles de Sein et d'Ouessant ces croix qui sont courantes portent le nom de proellas.
Deux maquettes de bateaux naviguent immobiles au-dessus des croix. La première maquette est celle de la Muiron.
Elle a été offerte par un marin pêcheur de La Cotinière, Etienne Tétaud. Il a voulu par cette offrande, remercier le Ciel de l'avoir protégé pendant les tempêtes et les épreuves.
La Muiron au Musée de la Marine
La Muiron est une frégate capturée par Bonaparte pendant la Campagne d'Egypte. Une maquette en a été faite sur demande de l'Empereur pour commémorer l'acte héroïque du colonel Muiron qui lui avait sauvé la vie. Sur le pont d'Arcole il s'était jeté devant lui pour le protéger et recevoir en pleine poitrine la balle qui lui était destinée.
La maquette est exposée au musée de la Marine et c'est elle que copia le marin pêcheur de La Cotinière...
La 2ème maquette est celle du Père Emile. Son origine est mystérieuse, son donateur n'a pas voulu qu'on le connaisse quand il a offert l'ex voto au curé de la paroisse qui s'appelait Emile.
Une croix plus grande porte le nom des dix victimes du naufrage de l'Essor lors de la Fête de la Mer, le 11 août 1996.
Comme chaque année, en mémoire des péris en mer et des disparus, une grande fête avait lieu à La Cotinière. Le port et les bateaux étaient pavoisés, l'ambiance était au sourire… Le patron de l'Essor avait embarqué sa famille et des passagers sans doute trop nombreux (son navire n'avait droit selon le certificat de l'Inspection maritime qu'à une vingtaine de personnes.)
Quand le curé jeta la gerbe de fleurs à la mer après l'avoir bénie, tout le monde se précipita du même côté, une vague prit le bateau par l'arrière et précipita le naufrage.
Loïc Riou patron du bateau perdit 7 membres de sa famille.
En quittant l'église j'ai rencontré sur le port celle que j'appelle "la mère des goélands".
Malgré les interdictions et les remontrances, elle est chaque jour sur le quai où elle nourrit les goélands voraces qui l'entourent...
J'ai pensé, alors que je venais de lire les noms des péris et des disparus en mer dans l'église, à la chanson écrite par Lucien Boyer pour Damia :
Les cabanes ostréicoles du port du Château d'Oléron sont devenues un atout touristique. Repeintes, retapées, elles ont pour la plupart oublié leur vocation huîtrière...
Des artistes de toute sorte les occupent et proposent aux touristes leurs créations. Un pont très fréquenté passe au milieu de ce quartier multicolore et vivant en été.
Ce pont s'appelait "le pont vert" jusqu'au jour où un collectif d'artisans et d'artistes a eu l'idée de lui donner un pouvoir magique, celui de réaliser les rêves de ceux qui passant par là, y accrocheraient une coquille d'huître sur laquelle ils auraient écrit leurs désirs.
Il devint alors alors "le pont des rêves".
Le collectif FOHF (Fournisseur Officiel d'Huîtres à Ficelle) mit à disposition des visiteurs des coquilles lavées, trouées, avec des bouts de ficelle prêts à être noués sur les grilles du pont.
Le Montmartrois que je suis regrette que les commerçants de la Butte n'aient pas eu l'idée de proposer une alternative aux sinistres cadenas accrochés devant le Sacré-Coeur.
Toutes les idées sont bienvenues! Palettes de peintre miniatures, jarretières du Moulin rouge....
Et pourtant… Une huître me contredit avec humour...
On trouve, écrits à l'encre végétale des voeux et des rêves dont la plupart du temps la banalité nous lasse. Mais quoi de plus sincère et de plus évident que de demander l'amour et la santé pour soi et pour ceux qu nous sont chers...
J'ai photographié quelques unes de ces coquilles. Sans doute n'ai-je pas vu les plus étonnantes, les plus rêveuses. Il y en a plus de mille!
Certaines inscriptions sont illisibles, délavées… D'autres ont complétement disparu…
C'est selon les initiateurs du site, leur destinée positive. En effet, les mots emportés par les embruns tombent dans le chenal et sont emportés à la mer.. C'est là dans l'écume et la houle qu'ils se réalisent…
Alors je souhaite à mon tour que l'enfant qui rêvait d'avoir un chien ait rencontré son compagnon à quatre pattes, que celui qui voulait un cheval galope dans ses rêves réalisés...
Un souhait direct et matériel !
Mes deux préférés, je les garde pour la fin! Le premier plein d'humour rêve que Léonardo DiCaprio survive au naufrage du Titanic
Le dernier est le plus beau…
Espérons qu'il se réalisera pour le poète qui l'a écrit.
A défaut il aura toujours pour enchanter ses balades les couleurs des cabanes du port, le ciel et les nuages, les merveilleux nuages...
C'est la période de l'année où l'île est la plus belle avec ses floraisons, ses ciels où les nuages voyagent, ses plages libres….
Grand-Village
Grand-Village
Saint-Trojan Grande Plage
Déjà des amoureux de la mer se risquent dans les vagues…
Saint-Trojan Grande Plage
Plage de Grand-Village
La Perroche
La Perroche
La Perroche
Grand-Village
Vert-Bois
Mais le vent du nord-ouest est aux aguets, avec les pluies et la froidure...
Saint-Trojan
Saint-Trojan
Grand-Village
Vert-Bois
La Perroche
Peu importe!
Les changements de lumière, les brusque éclats de soleil, les tombées de grisaille, le frémissement du vent sur le sable… l'île vit intensément chaque moment, sans souci du lendemain...
Le Château
Les Saumonards Boyardville
Les Saumonards
Les Saumonards
Pointe de Maumusson
Gatseau
Tantôt grise, tantôt bleue, toujours en voyage malgré le pont qui la retient comme une chaîne...
Marais d'Ors
La Cotinière
Plage de la Giraudière
Les Allassins.
Grand-Village
Gatseau
Je l'aime simplement
Humble et fière, familière et sauvage
Avec mon enfance de dunes et d'oyats, de jeux et de peurs…
Avec la maison de mon père comme un feu dans la cheminée..
Avec mes deux chats recueillis dans le refuge du bastion…
Avec ma femme qui est méditerranéenne mais qui accepte par amour de vivre avec moi près du Vieil Océan
Le petit Village fait partie de la commune du Grand Village et n'en est séparé que par la route qui, en été, voit passer à la queue leu leu, comme des fourmis véloces, les voitures venues du viaduc.
Oublions le lotissement qui a dévoré l'espace libre où poussaient les herbes sauvages et les roses trémières. Toutes les maisons s'y ressemblent et forment un de ces innombrables "mitages" qui enlaidissent et banalisent l'île d'Oléron.
Il y a encore quelques vieilles demeures comme celle qui fait l'angle avec la rue du petit village et la rue principale. Elle possède le fameux escalier extérieur caractéristique de l'habitat ancien mais elle a été "restaurée" brutalement avec un tartinage d'enduit…
La porte du premier a été obstruée et l'escalier bute désormais sur un mur!
Allée des pinsons
Il n'y aurait rien à dire de plus si n'avait été créé le port des salines, espace écologique et pédagogique avec écomusée, marais salants, sentier de balade le long des canaux, bornes d'information, location de barques…. commerces… et restaurant sur pilotis.
L'ensemble bien conçu attire de nombreux touristes en quête d'authenticité et bien que tout soit reconstitué, satisfaits de ce contact "naturel" qui alerte notre espèce sur la bio diversité et la nécessité de la préserver.
Le petit musée est organisé pour intéresser les enfants, avec jeux et questionnaires. C'est idéal, les jours de pluie, pour les occuper et faire naître peut-être en eux une vocation d'ostréiculteur ou de saliculteur!
Les marais salants rappellent modestement ceux qui s'étendaient jadis entre Grand Village et Saint -Trojan.
Il est possible d'y voir travailler le saulnier et même de le rencontrer et d'apprendre avec lui à récolter le fameux or blanc qui participa, il y a bien des décennies, à la richesse d'Oléron.
Un entrepôt à sel, une "salorge", accueille les visiteurs heureux d'acheter un petit cadeau, salière, pot à sel, sachets de fleur de sel… de quoi donner du goût à leurs souvenirs.
Des barques vous invitent à ramer dans les canaux sinueux et d'apercevoir, quand les promeneurs sont discrets, quelques oiseaux des marais. Aigrettes, hérons, canards…. paisibles avant la saison de la chasse et les coups de feu qui crépitent autour de l'enclave minuscule des Salines.
Les aigrettes
Parce que ça canarde dur dans l'île d'Oléron où les canardeurs se réjouissent d'avoir pour président de la République un défenseur de leurs intérêts qui vient d'allonger la période de la chasse aux oies sauvages! Hulot, dans son cabinet ministériel fait la hulotte!
Le centre névralgique de ce "port des salines", c'est la place sur laquelle s'ouvrent quelques boutiques : bijoux, souvenirs, épices.
Au centre du centre, fièrement campé sur ses pilotis, un restaurant affiche une carte alléchante de produits du pays. Il annonce la couleur et prévient que les prolos ne seront pas acceptés! Enfin! Avec plus de délicatesse il annonce que soucieux de la noble tradition oléronaise, il ne servira ni moules ni frites prolétariennes!
… Et pourtant! Réussir des frites n'est pas à la portée de tous et quelques restaurants, parmi les meilleurs n'y parviennent pas toujours.
Le site ne manque pas de charme grâce aux cabanes colorées, au ciel immense et au jeu du soleil sur les canaux. Il se veut soucieux de la préservation de l'île et participe à l'obtention par la commune du pavillon bleu.
Chaque mercredi pendant la saison se tient un "marché des producteurs" tout petit mais qui attire les foules.
La piste cyclable passe par Petit Village. D'un côté elle file vers la forêt, les plages, SaintTrojan et de l'autre vers le Château, Dolus etc...
Elle passe devant un élevage de biquettes où l'on peut acheter un délicieux fromage. C'est avec ce goût et cette odeur authentiques que nous laissons le Petit Village!
Le Grand-Village attire chaque été les amoureux des plages immenses où l'on ne se bat pas pour un mètre carré de serviette et où les surfeurs de tout gabarit s'en donnent à vague joie….
On oublierait qu'à l'origine, il y avait là un hameau, entre marais et forêt. Si modeste qu'il n'avait aucune indépendance et faisait partie de la commune de Saint-Trojan les Bains.
Une fronde des habitants des différents bourgs situés au nord de St-Trojan (Les Allassins, Petit-Village, Grand-village, Trillou, le Maine) entraîna une quasi sécession qui aboutit à l'indépendance, le 14 décembre 1949.
C'est donc la date de naissance officielle de Grand-Village et de ses hameaux environnants.
Passage des îles. Gd Village.
Le magazine de la Communauté de communes de l'île en parle dans son numéro d'août 2018 :
"La légende raconte que , furibarde, la municipalité de Saint-Trojan offrit à Grand-Village en cadeau de rupture un ...corbillard."
le symbole funèbre tomba fans l'eau puisque la population du Grand-Village croît plus vite que celle de St-Trojan et l'égalera bientôt si la tendance persiste (1300 habitants à St Trojan, 1050 au Grand-Village)….
Aujourd'hui la commune est entièrement vouée au tourisme avec terrain de camping, meublés, commerces, concentrés dans la partie "moderne" dont l'architecture n'a rien d'éblouissant ni même d'harmonieux si l'on excepte le musée qui sera inauguré le 15 septembre 2018.
La chatte Plume sur les toits du vieux village;
C'est à l'ancien bourg que nous consacrons cette première visite (prochains articles : le centre, la forêt et la plage, Petit-Village, le musée et la maison paysanne.)
Le vieux village était un regroupement modeste de maisons construites, comme presque toujours dans l'île autour d'un lacis de venelles et d'allées.
Si l'on remonte dans le passé, nous trouvons au coeur du vilage quelques maisons typiques avec leur escalier extérieur. Assurément les plus belles.
Les plus vieilles maisons du vieux bourg. Pierres et escalier extérieur.
Belle maison faisant partie du même groupe central.
Une rue (celle où j'habite) porte le nom des saulniers, en souvenir de ceux qui travaillaient dans les marais salants de Saint-Trojan.
Rue des Saulniers.
Notre petite maison et son laurier rouge rue des saulniers.
Une maison pour contes de fées charentaises, rue des saulniers.
Les marais salants s'étendaient de Grand-Village à Saint-Trojan. Nous verrons que pour les touristes, certains ont été recréés au Petit-Village, avec écomusée et vente de sel à la salorge (entrepôt réservé au sel).
D'autres habitants avaient des métiers liés à la vigne, à la silviculture ou à la mer...
Une maison du village, récemment restaurée rappelle la présence d'un résinier qui exploitait la forêt voisine.
On trouvait également quelques viticulteurs et quelques ostréiculteurs:
Un palmier s'épanouit par-dessus les maisons basses. Il est le roi du village , au centre géographique. Il est comme une fontaine végétale, un jeu de palmes qui s'élèvent et retombent avec des éclats de soleil.
Le seul "monument historique" du village, indiqué par un panneau trompeur est la petite chapelle.
Le "monument" en effet n'a pas un poil du XVIIIème!
Le hameau dépendant jadis de Saint-Trojan, c'est l'église de ce village qui servait de clocher aux grands villageois. Mais, par goût de l'indépendance, ces derniers voulurent avoir leur petit clocher bien à eux!
Une chapelle fut donc construite entre bourg et marais au début du XIXème. Elle tomba en ruines et fut reconstruite vaille que vaille mais il fallut attendre la fin du siècle pour qu'elle soit remaniée de fond en comble avec un petit clocher fiérot et la cloche que les enfants n'essayèrent plus d'atteindre avec des cailloux pour la faire tinter. Ce jeu innocent avait provoqué l'effondrement de la toiture sous l'amoncellement des projectiles !
Elle est aujourd'hui bien entretenue et régulièrement restaurée par des habitants du village. Elle n'est plus isolée mais au bord d'une route entre les nouveaux lotissements qui la cernent.
En 1990, un peintre qui habitait rue du Canton la recouvrit de fresques qui représentaient la commune et ses hameaux environnants: les Allassins, Trillou, le Maine, le Chaudron...
Il s'agit d'Elie Murat (1914-1999) qui sans esbrouffe, à sa manière simple et réaliste, réalisa cette œuvre, comme on illustre un livre pour enfants...
Les animaux domestiques ou sauvages parcourent l'espace librement et les goélands s'envolent dans le ciel...
Un ex voto se balance sous les voutes. Il a été offert par un ancien marin qui naviguait sur le porte-missiles, le Duquesne, dans les eaux minées pendant la guerre du golfe et qui vit sauter devant lui un remorqueur américain. A cent mètres près c'est lui qui sautait avec sa cargaison explosive et ses deux cents hommes.
Il a construit cette maquette en souvenir des 2 Américains tués et des 200 Français préservés!
Il y a rue du canton, dans le jardin de la maison qui fut celle d'Elie Murat une fresque de coquillages et de pierres qui témoigne de la créativité et de l'esprit d'enfance du peintre qui repose aujourd'hui dans le petit cimetière de la forêt.
Si vous vous promenez dans le vieux village, vous découvrirez encore quelques jolies rues paisibles comme la rue du Four banal (souvenir du temps où il y avait un four que tous les villageois pouvaient utiliser)
Belle maison rue du Four Banal
D'autres rues sont bordées de maisons qui se ressemblent, comme la rue du puits neuf ou de maisons plus anciennes comme la grande rue où se cache l'ancien four à pain de la vieille boulangerie.
Mais nous aurons vite fait le tour du vieux village qui tourne le dos à la partie plus riche et plus récente de la commune et qui lézarde au soleil avec ses vieilles pierres et ses roses trémières….
..Lieu hors du temps, château magique sur la mer, le fort Louvois évoque, plus que sa vocation militaire, un château de contes de fées.... Un décor pour Cocteau et les rêveurs....
La citadelle du Château
Son origine n'a rien d'idyllique puisqu'il était chargé de protéger Brouage et Rochefort en interdisant le passage entre Oléron et le continent aux navires anglais qui se retrouvaient à portée des tirs croisés entre la citadelle du Château et le fort.
En 1690 Louvois ministre de la guerre du Roi Soleil confie à l'intendant Begon (passionné de botanique dont le nom sera donné par hommage au bégonia) l'édification d'un fort au Chapus.
C'est l'ingénieur François Ferry qui conçoit le plan d'un bâtiment de grande dimension, de forme ovale, préfiguration géante de Fort Boyard. Son coût est si élevé que le successeur de Louvois demande à Vauban de modifier ce plan. C'est ainsi que le Fort se réduit de moitié pour ressembler à un fer à cheval lancé dans l'océan!
Il est construit en trois ans (1691 1694) et parachève l'impressionnante défense des côtes et de l'accès au port de Rochefort.
On peut s'y rendre à pied sec (enfin presque tant la chaussée est glissante) à marée basse ou profiter d'une navette depuis le port du Chapus à marée haute.
Le port du Chapus
La traversés n'est pas vraiment une expédition puisqu'elle ne dure que quelques minutes!
C'est une navette gratuite qui vous dépose sur la rampe d'accès du Fort.
On est tout de suite impressionné par le donjon, polygonal du côté de l'entrée, percé de meurtrières et surmonté d'un campanile qui sert d'amer aux navigateurs.
Un blason orne la façade, symbole du pouvoir royal.
On accède au donjon par un pont levis.
Au-dessus d'un soubassement de quatre mètres de haut, le rez-de-chaussée abrite un magasin à munitions et une poudrière.
Les deux étages sont voutés en coupole. Le premier servait d'appartements aux officiers...
Le deuxième plus haut de plafond était réservé au commandant.
Au sommet, sur la terrasse, était installée la batterie haute qui permettait d'envoyer des boulets de canon sur les mâts des navires ennemis. Aucun navire anglais ne pouvait passer par le coureau...
Le fort bombardé en septembre 1944 par les Allemands. On voit que la tourelle a été détruite....
La tourelle octogonale qui domine le donjon a été reconstituée après les dommages causés au bâtiment par les bombardements de la 2ème guerre.
Le donjon est toujours debout contre vents et marées, il donne sa fière allure à ce château sur les flots....
A l'entrée du fort, le bâtiment restauré était occupé par le Corps de Garde... Il l'est aujourd'hui par de charmantes damoiselles qui tiennent la caisse et renseignent les touristes.
Entre le donjon et la caserne s'ouvre la Place d'Armes sur laquelle se rassemblaient les quelques occupants du fort!
Sur cet espace, des latrines qui ressemblent à celles des châteaux du Moyen Âge laissaient tomber dans la mer le trop plein des vessies et des estomacs des soldats...
La poudrière jouxte ces toilettes rustiques. C'est un beau bâtiment qui a résisté aux outrages du temps et des Allemands.
Le sol a gardé son plancher d'origine, tel qu'on en trouvait dans toutes les poudrières et qui, étant humide, permettait d'éviter les risques d'explosion provoquée par d'éventuelles étincelles
Le toit est formé de dalles de pierres...
La caserne compte deux étages
Au rez de chaussée, un magasin aux affûts, avec une citerne d'eau douce s'ouvre au centre, entre deux cantines.
A l'étage, on trouves les chambres des soldats et au centre, un arsenal où sont stockées les munitions.
Ces chambres donnent au nord sur la batterie d'artillerie en forme de fer à cheval qui comptait à l'origine 16 embrasures à canons.
Une association gère le Fort depuis 2015 et propose l'été des animations qui permettent, pendant les journées du patrimoine de faire la connaissance de Vauban en personne qui, aimablement vous entraîne à la visite de son œuvre.
Ce même Vauban a un double qui mène son troupeau de touristes dans la citadelle du Château d'Oléron, de l'autre côté du Coureau.
Les revenants ont tous les pouvoirs!
Un grand salut à ce Fort qui réjouit le cœur de ceux qui arrivent sur le pont d'Oléron au début de leurs vacances et qui lorsqu'ils repartent, l'âme grise, les console en leur confiant qu'il sera toujours là l'année prochaine, fidèle au poste, prêt à leur souhaiter la bienvenue!
Dans le hall du cinéma Eldorado de Saint-Pierre d'Oléron, de grands animaux et de petits bonshommes ont pris possession des murs le temps d'une exposition estivale qui s'est prolongée ensuite dans la citadelle du Château...
Ce qui frappe au premier coup d'œil c'est la couleur qui chante, comme les cabanes de l'île, des couleurs franches... des couleurs de chalutiers...
Et puis on voit les animaux qui se détachent comme sur le désert, la forêt ou le ciel.
Des animaux stylisés, des archétypes, des formes simples comme les figures de bois des jeux d'enfants, comme les silhouettes des publicités des années 3O...
Enfin on reconnaît les humains, souvent sous dimensionnés, les dominateurs dominés, les prédateurs neutralisés...
Petit bonhomme rose et nu dans la poche marsupiale, protégé par le regard d'une mère qui n'a pas l'air accommodante!
Gros bébé aux allures de Bouddha porté par un panda comme par une grande peluche qui éloigne les peurs de la nuit...
Parfois l'entente se manifeste par un compagnonnage harmonieux. Il y a un pacte entre animaux et humains, quelque chose qui ne ressemble pas à la soumission du plus faible mais à la commune union des êtres qui partagent le mystère d'exister...
L'humain et l'animal sont complices, peau contre peau. Le temps de la grande complicité entre les espèces annoncé par Isaïe est arrivé... enfin!
Le contact charnel entre les créatures se fait d'autant plus sensuel que l'humain est nu. Dans l'étrange recouvrement du lézard, inévitablement la figure érotique s'impose. Marylène, qui a choisi pour nom d'artiste Mary m'a confié qu'elle préparait une série érotique. Je lui fais confiance que la couleur et la poésie seront au rendez-vous et que nous resterons avec elle dans le royaume des contes (érotiques)!
D'autres fois la ressemblance est une métaphore.... l'homme ou la femme-chrysalide qui attend dans le sommeil paisible la métamorphose en papillon... La femme qui danse et ouvre les ailes...
... Celle qui se coiffe en coccinelle et se recueille sous ses élytres...
... L'homme qui se replie dans sa coquille et lentement, dans le sens inverse des aiguilles, redevient fœtus...
La femme "médusée" qui monte dans les eaux en parachute ascensionnel...
Mais la communion peut être aussi dévoration et capture.
L'animal trop averti de la prédation humaine ne se laisse pas faire et prend le dessus...
Dans ces représentations "carnivores", nulle complaisance, nulle hémorragie... tout se passe naturellement, avec douceur et sensualité pourrait-on dire!
Aucun animal n'aura la perversité ni le sadisme du torero charcutant le taureau... cette perversion est l'apanage des humains...
... Quand l'humain et l'animal sont de même taille, à égalité, alors il n'y a plus qu'à vivre pleinement la plénitude de la relation...
Comme avec le hibou qui a, grâce à son aile posée sur l'épaule de la femme, communiqué à cette dernière la sagesse qui lui manquait peut-être!
Et... le fantasme des amoureux des chats se réalise...
Le chat prend taille humaine...
Il nous donne son regard de magicien...
Imaginez les roulades joyeuses, les ronrons assourdissants, les concours de sommeil l'un contre l'autre!
Mais... non!
Mary! Soyez raisonnable!
Taille humaine avons-nous dit!
Pas plus!
Le chat n'a pas besoin d'être surdimensionné pour nous obliger à faire tous ses caprices! Le plus minuscule des chats y parvient ans peine!
L'expo de Mary ne dure que quelques jours (jusqu'au 13 août).
Exposition généreuse puisque non commerciale. Mary ne vend pas ses toiles. Elle crée pour elle et pour la joie des autres, dans son village oléronais sous le ciel immense et la lumière.
Nulle prétention chez elle, nulle quête de reconnaissance....
Seulement la respiration en couleurs et l'imagination, la folle du logis, toujours en éveil...