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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE


Il y a des fleuves qui vous entraînent dans des contrées sauvages où le temps n'est pas le nôtre, où les les hommes, les animaux et les esprits se partagent et se disputent parfois le territoire mouvant des eaux. Le Mékong est de ceux-là. Il traverse plusieurs pays, naît au Tibet, passe sans rancune par la Chine avant d'être frontière entre Birmanie et Laos, Thaïlande et Laos, faire un tour au Cambodge et se perdre dans la mer au Vietnam. Son nom laotien signifie : "Mère des eaux". Une mère qu'on a violentée en de certains endroits, en coulant du béton dans son lit pour jeter d'une rive à l'autre des barrages, gros fournisseurs d'hydroélectricité et de catastrophes écologiques. Ainsi des villages ont-ils été rayés de la carte et des territoires où vivaient des espèces rares et parfois non encore recensée ont-ils été noyés.

 

Sur les 4 400 km qu'il parcourt, presque 1 900 sont au Laos qui est donc le pays où il semble être le plus à l'aise malgré ces violences. Il est vrai que la traversée de la Chine l'avait bien préparé à ces brutalités. 


 Un jeune pêcheur jette son filet. Le rêve de chacun est de capturer un de ces poissons chats mythiques (le pa beuk ) dont on dit que certains pèsent plus de 350 kg. Les Thaïlandais les payent un bon prix, ce qui a  précipité sa raréfaction. Il continue cependantd'être bien vivant dans les légendes villageoises et dans les peurs des enfants. Lorsqu'ils se baignent, ils veillent à ne pas s'éloigner et à ne pas tomber dans les trous où le poisson-dragon guette ses proies avec une prédilection particulière pour la chair fraîche des petits laotiens.
Les buffles élevés pour aider les paysans dans les champs et les rizières ont plus de chance que le dauphin blanc qui comme le pa beuk est en voie de disparition. On l'appelle dauphin de l'Irrawady, du nom du fleuve birman où il prospérait jadis. Il rejoindra bientôt à son corps défendant le Nirvâna, la bienheureuse non-existence promise par  bouddha!
Une photo du bateau qui nous permit de naviguer jusqu'au Vat Phou (dont il porte le nom), temple Khmer plus ancien qu'Angkor et construit au pied d'une colline appelée Linga Parvata, les hindouiste y voyant un phallus, un Linga, image même de Shiva.
Le temple dont on ne voit ici qu'un bâtiment fait partie aujourd'hui du patrimoine de l'humanité. Une humanité qui ne sera  pas dépaysée avec la pierre sacrificielle et les serpents qui recevaient le sang des victimes.

Le sang cascadait sur les marches avant de couler entre les têtes des serpents. Mais revenons au fleuve qui nous réserve de belles surprises... comme les chutes de Khong Pha Beng.

 Un peu plus loin, le fleuve s'élargit et avant d'arriver au Cambodge. Il enserre de nombreuses îles. la région de Khong est appelée pays des 4000 îles...

Comme l'île de Khone que les guides présentent comme une petite enclave dans le passé colonial français! Il faut beaucoup de bonne volonté pour débusquer ce passé... Quelques maisons, une ligne de chemin de fer recouverte de lianes et dans la forêt, une vieille locomotive en train de rouiller. Une nostalgie à la Duras..; Elle n'est pas très loin la concession de "la femme blanche" de Barrage contre le Pacifique et moins loin encore la plainte de la mendiante de Savannakhet qui obsèdait à la folie le vice consul amoureux d'India Song.

L'île est aujourd'hui le domaine de jeunes venus de toute l'Europe, des Etats Unis et d'Australie... Ils louent pour quelques sous des chambres dans les guest houses, se balancent dans des hamacs, se laissent flotter dans des bouées sur les eaux tièdes, assistent aux prières des moines, chantent et s'aiment dans un monde dont la moiteur et le calme les entourent d'un liquide amniotique

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Tandis que les Laotiens s'activent et les regardent avec bienveillance ...
Et que ce rocher immuable continue d'abriter dans ses flancs des milliers de statues qui regardent de haut couler le fleuve et la vie des hommes...

Lien : Laos. Les enfants du Mékong. Photos.  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE

Les enfants du Laos... Ils sont comme leur pays, souriants et doux. Nulle agressivité, aucune mendicité. Ils ne sont pas habitués comme en Inde à poursuivre les touristes et à quémander une pièce. Ils ne sont pas surchargés de bricoles ou de souvenirs à vendre aux étrangers. Je n'en ai pas vu un seul mal réagir au mitraillage photographique. Et pourtant... Nous avions bonne mine avec nos accoutrements d'occidentaux ! Avec nos numériques tenus à bout de bras ! Je crois qu'ils avaient bien conscience que les bêtes curieuses, c'était nous...Au bord du Mékong, ils font penser au Paradis. Ils sont nus dans la chaleur tropicale, ils jouent sur les plages et se plongent dans l'eau tiède. le village est plus haut avec ses maisons sur pilotis, ses ruelles poussiéreuses, ses chiens faméliques. La pauvreté prend de la hauteur, elle s'établit sur les falaises, à l'abri des crues. Au bord du fleuve, on pourrait croire qu'elle n'existe pas.

   
Un des chapeaux les plus appréciés, c'est la casquette à oreilles. On la trouve plantée sur la tête de nombreux bébés comme si elle préfigurait une future réincarnation.



Les écoles des villages nous ouvrent leurs portes. Nous entrons avec nos gros sabots dans les classes où attentifs et soyeux comme des chats les enfants ouvrent leurs grands yeux sur les intrus.





J'ai vu tant de sourires et tant de gentillesse sur tant de dénuement... Ce petit garçon ne ressemble-t-il pas déjà à Bouddha?


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Dans ce village où cette mère berce un enfant, je n'ai presque pas pris de photos. La misère était telle et notre passage si lourd et si voyeur que j'en ai eu honte. Les villages font partie du circuit "ethnique" comme disent les guides. On vous explique les différents groupes, leur origine, leur culture. et vous numérisez à mort... jusqu'au moment où vous croisez le regard de cette mère. Grave et résigné. Non loin de là des enfants moins rieurs que ceux du Mékong, des enfants saisis de toux, des enfants à peine vêtus de loques. Notre guide nous parle de tuberculose et d'autres maladies.

Notre guide, Somphone, accepte mal mes critiques de ce tourisme là. Elle me dit qu'ils sont contents de nous voir. Elle m'affirme que des touristes de retour chez eux aident ces villages. Peut-être a-telle raison. Peut-être cette mère qui lave sa fillette dans la fontaine du village nous dit-elle l'illusion du bonheur et des richesses et nous rappelle-t-elle l'émerveillement de l'instant, éphémère et amoureux.


Lien : Laos moines et novices

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Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE



Un des plus beaux souvenirs qu'on puisse rapporter d'Asie est sans doute celui d'une errance entre ciel et eaux dans un paysage d'estampes. Le pays des grottes de Tam Coc que les occidentaux ont pris l'habitude d'appeler la baie d'Along terrestre vous ouvre un autre monde qui hésite  entre rêve et réalité. 



La brume, le contour indistinct des pitons rocheux, l'eau et la terre... Très vite vous ne savez plus où vous êtes... Vous croisez des buffles, des singes, des oiseaux qui jouent les créatures fantastiques, comme ce trio qui semble naviguer sur un radeau d'herbes.
Le nom touristique de cette région lui vient de sa ressemblance avec le site inouï de la baie D'along maritime aux innombrables pitons calcaires couverts de végétation et aux rochers étranges en forme de dragons. Le nom vietnamien évoque les grottes sacrées dont certaines ont été transformées pendant les années de résistance aux Français et aux Américains en hôpitaux, en prisons pour les ennemis capturés ou en caches.




Les barques glissent sans un bruit; elles sont le seul moyen de transport possible et elles ajoutent par leur lenteur et leur silence à l'atmosphère irréelle. Les rameurs n'utilisent pas leurs mains mais leurs pieds, ce qui leur permet de nous saluer tout en nous souriant.




Et le sourire au Vietnam n'est pas mesuré chichement comme chez nous... C'est ce qui frappe tout voyageur : la gentillesse et le sourire. On pourrait penser qu'après des années d'occupation, de tortures, de massacres, de napalm, les Vietnamiens auraient gardé un fort ressentiment envers l'Occident comme le font tant de peuples dans des pays pourtant moins exploités et détruits que celui là...Mais il n'en est rien. Ce sont des vainqueurs modestes qui ne vous tiennent en rien rigueur de ce qu'ont pu commettre nos armées égarées.




Rivières, rizières...séparées par de légers talus...et toujours ces barques à fond plat...Le temps s'arrête peut-être près de Ninh Binh et de la grotte de jade et ses pagodes miniatures. Vous apercevrez quelques maisons de pêcheurs contre les falaises abruptes et parfois une modeste église. On est surpris en effet du nombre de chapelles et d'églises dans ce pays incertain. A quelques kilomètres de là, à Phat Diem, vous pourrez même visiter une cathédrale étonnante avec son plafond en forme de coque de navire renversé et son mélange baroque mêlant les cultures et les époques.




J'ai cru reconnaître Delanoé et son velib venu convaincre les paysans de l'intérêt de la chose. Aux dernières nouvelles, il n'a pas vraiment convaincu et Decaux s'est vu refuser l'utilisation des falaises comme supports à la pub.










Aujourd'hui le ciel de Paris est aussi gris que celui de Ninh Binh et les rochers de Montmartre ont un air très approximatif de pitons vietnamiens. L'envie me prend de retourner au Vietnam, dans cette région précise où tout est imprécis, dans cet univers de gris et de vert où les femmes glissent sur les eaux et vous sourient avant de disparaître.

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Un aperçu de l'extraordinaire cratère du Kawah Ijen. Les fumeroles causent une légère brume qui n'empêche pas le regard de plonger vers ce lac turquoise dont le bleu varie, s'approfondit ou s'éclaircit selon les caprices des nuages. Il faut une heure trente de marche sur un sentier abrupt pour aller de la base de départ jusqu'au sommet.

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Les fumeroles peuvent s'épaissir soudain et vous environner. Vous vous trouvez alors dans un brouillard acide qui vous brûle la gorge et vous picote les poumons. Il vaut mieux prévoir un masque afin de se protéger et envisager de descendre à l'intérieur du cratère.

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La base de départ se situe à 3 km du cratère. Plusieurs baraques permettent à des jeunes voyageurs de s'installer s'ils ont déja beaucoup marché et de reprendre des forces avant la dernière étape. Ce sont souvent de jeunes indonésiens, étudiants ou scolaires qui les occupent mais rien à voir avec le cirque du Bromo que tous les touristes qui viennent à Java ne manquent de visiter. Il leur suffit de prendre place dans la foule épaisse et de gravir une centaine de marches avant de pouvoir photographier le cratère sec du Bromo. Si vous le pouvez choisissez le Kawah Ijen (Cratère Vert) avant que le tourisme de masse ne vous concocte un télécabine !

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Fière de son exploit, Nicole pose pour l'éternité. Elle qui ne supporte pas les balades dans la forêt d'Ermenonville, elle se retrouve à plus de 2300 mètres, les armes à la main devant ce lac exceptionnel, le plus grand de tous les lacs de cratère : 700 mètres sur 600 et d'une profondeur de 200. Sa température varie entre 20 et 40°C.

bali-110.JPGUne mine fonctionne dans le cratère. Des tuyaux canalisent le souffre qui à la sortie se solidifie en blocs de couleur jaune vif. Des hommes se relaient dans la chaleur, les fumeroles acides pour remonter ces blocs. Ils se chargent le plus possible car ils sont payés au kilo transporté. Leurs paniers portés en balancier sur l'épaule peut peser 90kilos. Nous les croisons ces forçats, et ils trouvent le moyen de nous sourire...sur leur trajet difficile, semé de rocs et de cailloutis glissant par temps de pluie. Le plus souvent ils sont chaussés de bottes de caoutchouc ou de simples tongs rendues moins coupantes par des chiffons entourant les lanières.
bali-111.JPGLe kilo sera payé à peu près 10 centimes d'euro. J'ai lu sur un site que c'était un bon salaire en Indonésie...C'étaient des touristes français qui écrivaient de telles appréciations car je me demande combien d'années on peut vivre à un tel régime, avec dans les poumons ces fumées acides et sur les articulations le poids toujours renouvelé de ces charges excessives.
Pour les touristes le Cratère Vert est un spectacle inoubliable, une attraction forte et pour ces hommes condamnés à ce travail terrible pour pouvoir nourrir leur famille, cest un enfer. Je pense à cette scène de Fellini dans La Nave Va où l'on voit les riches oisifs descendre dans les cales du navire pour admirer les manoeuvres dégoulinant de sueur qui s'occupent des machines brûlantes et bruyantes qui permettent au navire d'emmener ses hôtes privilégiés.
En quittant le volcan pour aller vers Banyuangui, quelques échappées vers les rizières et une rencontre avec des poussins d'une école musulmane....
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Lien Temples à Bali. Ratan. Ulu Watu. Taman Ayun. (1)

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La chance d'être à Bali la semaine de Nyepi, le Nouvel An Hindouiste fêté par tous les Balinais. Cette année Nyepi tombait le 7 mars. Quelques jours avant, toute l'île déjà si habituée aux processions, aux offrandes, aux prières était comme saisie d'une frénésie de cérémonies. Sur la plage de Jimbaran, les habitants des villages environnants se réunissent l'avant veille avec les oriflammes, les gamelans, les offrandes. Les quelques touristes présents sont acceptés comme ils le sont partout dans cette île souriante. Ventre rouge en avant et maillots moule-bite, ils détonent à côté de ces hommes en sarong et vestes immaculées et de ces femmes parées et maquillées.
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Après les processions et les offrandes, la journée du 6 mars commence au ralenti. Beaucoup de commerces sont fermés, les restaurants ont baissé leur rideau, la circulation se fait moins dense. Chacun semble se préparer pour le soir et l'extraordinaire défilé des ogoh ogoh.

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Les ogoh ogoh sont des créatures maléfiques qui représentent le mal. Chaque quartier, chaque rue en confectionne un pendant les jours qui précèdent la grande fête. Pour les enfants, c'est un moment de grande récréation. Ils participent à la confection des monstres et c'est l'occasion pour eux de rires et de jeux.

bali-220.JPGCirculer le 6 mars dans la campagne balinaise est un vrai voyage dans la fantaisie et le baroque. Tout est possible dans l'imagination et la démesure. Tous les personnages les plus grotesques ou les plus grimaçants prennent vie et jouent les gros bras comme ce sinistre ivrogne, cigare entre les doigts, bouteille à la main et dollars dans le slip. Il aimerait bien écraser de sa tong noire la piétaille des gamins du village.

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Celui là a embroché un petit cochon de lait et lève son verre d'arak avant de s'élancer dans les rues cherchant d'autres proies à embrocher. Il ne semble pas impressionner ces petites filles très sages.

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Un monstre un peu plus humain par la taille et l'expression pour ces enfants assis sur le cadre de bambou qui servira le soir à porter et promener l'ogoh ogoh dans les rues. Le sourire et la gentillesse des balinais frappent tout visiteur qui peut s'étonner que le tourisme à outrance n'ait pas atteint l'âme de cette île. Peut-être la représentation du mal, du vice , de la méchanceté  dans les statues de démons qui habitent à profusion les temples et les maisons, permet-elle d'exorciser la violence et la peur.

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Une sorte de méduse prête à vous dévorer plutôt qu'à vous pétrifier.
Ce soir, elle aussi sortira dans les rues mais elle ignore encore quel sera son sort. En effet tous ces monstres vont être anéantis dans des feux de joie. Leur voracité, leur violence, leur désir de meurtre et de viol, tout cela va flamber sur les places et dans les rues. C'est le sens profond de la fête : la possibilité d'anéantir le mal, de croire possible son éradication, ne serait-ce que pour un moment.

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Et après la nuit où l'on fera un maximum de bruits : gamelans, chak a chak des hommes qui imitent les cris de singes, sifflets et cymbales, demain le silence total tombera sur Bali. Après cette nuit où toute la population sera dehors, chantera, mangera et boira, demain il n'y aura plus personne dans les rues; Pas une voiture, pas une moto, pas un vélo... Les fenêtres seront fermées, les volets clos.

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Les touristes n'auront pas le droit de quitter leur hôtel. Ils n'auront pas accès à la plage. Ils resteront confinés dans leur enclos et leurs chambres devront elles aussi avoir leurs volets fermés afin qu'aucune lumière ne puisse filtrer. Les jardins des hôtels ne seront pas éclairés et les restaurants tendront de grandes toiles noires sur leurs vitres.

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Ainsi quand les démons après avoir brûlé voudront revenir à Bali, plus déchaînés que jamais et plus désireux de se venger du honteux traitement qu'on leur a infligé, les démons découvriront une île déserte. Pas un homme, pas une voiture, pas un bruit, pas une lumière. Ils comprendront que l'île est inhabitée et ne présente donc aucun intérêt pour eux qui ne désirent que s'abattre sur des proies humaines. Ils repartiront donc et chercheront d'autres îles à se mettre sous le croc.

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Le jour de l'an à Bali, NYEPI, c'est ce désir de voir triompher le bien mais sans trop d'illusions, c'est ce moment où toute une population joue le jeu de la ruse pour tromper l'adversité. C'est un jour de silence et de prière et c'est aussi un conte dans lequel sont entraînés les visiteurs étrangers, heureux de partager avec les Balinais ce jour hors du temps.

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Publié le par chriswac
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    A Polonnaruwa, le Bouddha couché reste une des plus belles rencontres que l'on puisse faire. Long de 14 mètres, il entre au Nirvana, les paupières closes, il rejoint la grande communion avec tout ce qui vit et respire. La paix, la sérénité qui rayonnent de  cette représentation de pierre vous enveloppent comme le ferait le soleil. 

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A ses côtés se tient le Bouddha debout, haut de 7 mètres. La position des bras et l'expression attristée du visage ont conduit certains à identifier Ananda, fidèle disciple de Bouddha allongé à sa gauche. En réalité, il était à l'origine séparé de la statue couchée par une enceinte; d'autres statues ont été retrouvées avec le même croisement de bras. Vraisemblablement, il s'agirait bien de Bouddha, toutes les statues du site de Gal Vihara le représentant. 

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     Toujours sur le même site, Bouddha en méditation. Un petit singe s'est perché au sommet de la falaise. Nul doute que lui aussi à l'image du maître soit en train de méditer. A quoi? C'est une autre histoire...

 

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Près de Dambulla se trouvent les temples troglodytiques qui abritent de très nombreuses représentations de Bouddha. les 5 grottes abritent en réalité 150 bouddhas...Elles remonteraient au 1er siècle av J.C. quand le roi chassé de sa capitale s'y réfugia. Quand il retrouva son trône, il aménagea ces grottes et ses successeurs parachevèrent son oeuvre, notamment le roi Nissanka Malla qui les fit recouvrir de feuilles d'or. Dans la grotte de Vishnu, la première, un grand Bouddha allongé vous accueille, les yeux à la fois ouverts et fermés. 

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    Au sommet de l'extraordinaire rocher de Sigirya, rencontre avec quelques moines.

Lien :
Laos statues de Bouddha  

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     Lopburi, c'est en Thaïlande, une ville étonnante où dans certains quartiers les singes sont les maîtres absolus. Ils vont, viennent, se poursuivent, se chamaillent, s'aiment... comme si un Dieu singe avait créé le monde pour eux et comme si les humains n'avaient d'intérêt que pour être observés comme de drôles d'animaux et pour être pourvoyeurs d'offrandes très comestibles.

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     Ceux-là se prélassent comme des parisiens sur la côte d'azur. Ils investissent en réalité un temple khmer du XIème siècle, le wat san phra kan. C'est en fait leur quartier général puisqu'on leur a quasiment abandonné ce sanctuaire où les touristes s'en donnent à coeur joie et à pixels rabattus... Il y a toujours une guenon pour jouer les coquettes devant les objectifs, un mâle pour se livrer à des actes paraît-il répréhensibles... et de jeunes voyous pour s'emparer des appareils numériques qu'ils adorent fracasser comme des noix de coco contre les pierres vénérables.

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     Ils ne sont pas très intéressés par la prière malgré la présence de Bouddha qui médite depuis des siècles sur l'impermanence du monde. Des envoyés de Louis XIV eurent peut-être l'occasion d'apercevoir cette statue lorsqu'ils vinrent offrir des présents au roi D'Ayutthaya qui voulait contruire à Lopburi un "Versailles siamois". J'y pense... ils ont bien pu se réincarner en singes, ces ambassadeurs. Leur métier les y préparait assurément...

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               Comme on doit se sentir bien, serrés l'un contre l'autre, à l'abri du postérieur le plus apaisant du monde. Et puis il n'y a aucun risque de connaître la disette quand on vit à proximité de celui qui reçoit chaque jour des offrandes de fleurs, de fruits et de pâtisseries...

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     Je ne crois pas qu'il s'agisse de King Kong mais je me sens envahi d'une jalousie féroce et envieuse quand je vois où Nicole s'asseoit ...


Lien :  Laos moines et novices

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Publié le par chriswac
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Photo21.jpg                                                                                            Aujourd'hui encore il fait froid sur Montmartre et en ces jours de préparation de fêtes, les solitudes se font plus lourdes. Que ces regard d'enfants rencontrés au nord de la Thaïlande viennent se poser sur votre coeur.
La douceur, la résignation et l'obéissance de cette petite fille, réfugiée birmane....

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L'école du village aux enfants appliqués.Savez-vous qu'ils apprennent à maîtriser plusieurs alphabets? latin pour l'anglais; birman et thaïlandais!

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Cette terrible tradition des anneaux qui distendent le cou, alourdissent les jambes et les chevilles et qui semble cependant acceptée et même revendiquée comme un symbole de résistance par ces populations fières et pourchassées en Birmanie... Sans doute si les hommes y étaient contraints auraient-elles été abandonnées depuis longtemps... Mais n'est-ce pas vrai un peu partout dans le monde? Si les hommes étaient obligés de porter la burka ou le voile, ces habitudes vestimentaires perdureraient-elles?
                           
Une raison possible de ces lourdes parures serait la protection contre les morsures des tigres...
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Une petite fille à Chiang Maï. Une élégance naturelle et un sens des couleurs à faire pâlir Kenzo!
Photo14-copie-2.jpgDans un village karen, des petits marchands de souvenirs si gentils si souriants si peu insistants qu'on rêverait pouvoir acheter tout leur stock de sacs et de bracelets.

Voilà... Il fait un peu moins froid sur Montmartre où les poulbots ne se déguisent plus que pour les vendanges...

Lien : Les singes de Lopburi


 

 

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Publié le par chriswac
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Aujourd'hui grand soleil sur la butte. Ce temps me rappelle les hivers de Téhéran, clairs et glacés et les kakis orange vif sur le bleu du ciel. Près de chez moi, il y avait une école élémentaire. A la sortie, des petites filles hautes comme trois pommes et déjà enveloppées dans leur tchador, s'égaillaient en piaillant.
 
A propos de tchador, j'ai un "joli" souvenir. Il y avait une jeune femme très rieuse qui venait parfois faire le ménage dans le grand appartement sinistre où je logeais. Elle gardait son tchador pendant son travail et surtout en présence d'hommes, qui plus est d'occidentaux.

Je précise que le tchador n'a rien à voir avec la burka; ce n'est qu'un grand tissu de couleur sombre en général dont se drapent les femmes et qu'elles maintiennent en mordant les bords. 

Un jour je suis rentré plus tôt de l'université où je travaillais. Je suis entré dans la grande pièce du rez de chaussée. Chirine (ainsi s'appelait-elle, vous l'avez deviné!) était au travail. Elle me tournait le dos et frottait le sol. Elle portait son tchador mais ne s'était pas rendu compte que sa position l'avait relevé et laissait à nu son superbe postérieur. Or, elle ne portait pas de culotte.

Je me suis éloigné très discrètement afin de revenir en me faisant remarquer en heurtant bruyamment la porte.

Quant je suis entré de nouveau, elle s'était redressée et souriait en me souhaitant la bienvenue et en me demandant si j'allais bien : "allé shoma rubé"?

Voilà.
Le tchador réserve bien des surprises! 

 
Lien : Le nouvel an hindouiste à Bali, les ogoh ogoh.


005.JPG  Un regard de ma chatte Missou que j'ai peinte sur son fauteuil favori.

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Publié le par chriswac
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                 Dimanche 16 décembre, rue André Del Sarte,un jour glacé mais lumineux qui m'emporte par la pensée bien loin des escaliers de la butte, dans un pays que j'aime et où j'ai longtemps vécu : le Liban.
C'était pendant des jours sombres et rouges où la mort et le sang s'insinuaient dans l'air que l'on inspirait par habitude et par nécessité. Quelles images sont restées comme des griffes sur la cornée ? Quelles horreurs ont laissé leur résille noire  dans la mémoire ?  Il suffit d'en susciter une pour qu'aussitôt reviennent comme les vagues toutes celles que l'on essayait tant bien que mal de maintenir dans leur coffre cadenassé. Cet homme tiré par une voiture au bout d'une corde et dont le corps se disloquait au gré des cahots et des pierres... Ces morceaux de viande humaine accrochés aux branches d'un arbre mort...

                 Dans ce Liban civilisé où la barbarie se vautrait en riant, les animaux n'étaient pas épargnés. Chats lapidés, cigognes abattues de la première à la dernière alors qu'un vent hostile les rabattait sur la côte, chiens pendus et jetés dans le port de Byblos...

                  Aujourd'hui ce sont deux chiennes qui frottent leur museau à ma mémoire, deux libanaises aux yeux de larmes et de lumière. La première est venue à ma rencontre un soir d'octobre. Elle était maigre et résignée. Elle s'approchait cependant, la tête basse, la queue serrée entre ses pattes et s'attendant à recevoir la pierre ou le bâton. Je me suis accroupi et lui ai parlé. Elle a paru très surprise puis est venue très doucement avec une interrogation angoissée dans le regard. Quand elle fut assez près de moi, je la caressais délicatement et promenais la paume sur son crâne chaud. Alors... Je n'oublierai jamais la longue plainte qui sortit de sa gueule. Il y avait là dedans une telle souffrance mêlée à une telle joie que je sentis aussitôt que nos deux vies se rencontraient.

                       Je ne pouvais la faire entrer dans mon immeuble habité par des palestiniens très religieux. Je décidais donc de l'installer dans ma voiture en attendant de trouver un autre appartement dans un autre quartier. Elle entra dans la Datsun et se coucha sur la banquette arrière. Elle ne put s'empêcher alors que je lui parlais et la caressais de s'abandonner et de laisser une flaque d'urine sur le sol.  Je montai chez moi, trouvai dans le frigo un peu de fromage, redescendis et lui offris ce festin qu'elle avala sans me quitter des yeux.

                         En sortant de la voiture, je vis à la fenêtre du deuxième étage un homme dont je ne compris pas les vociférations mais dont je vis clairement le poing serré  dirigé vers moi et l'autre main passée à l'horizontale sur le cou. Me menaçait-il de mort pour oser nourrir un chien au pied de son immeuble?

                          Je reçus assez vite la réponse. Je n'étais pas menacé n'étant pas encore classé parmi les animaux impurs mais ma chienne elle, elle l'était... J'étais allé faire quelques courses non loin de là  afin de nous trouver pour tous deux de quoi manger plus correctement. Quand je revins, je vis que la porte de ma voiture avait été forcée. Je me précipitai et vis le corps de ma chienne étendu sur les cailloux, la tête cachée par un carton. Je soulevai le carton et vis sa pauvre tête fracassée. La pierre qui avait servi à cet exploit était posée sur le capot de la voiture.
 
                         J'ai vomi. J'ai porté ma chienne qui n'avait même pas reçu de nom sur la banquette où elle avait cru trouver un refuge. J'ai roulé longtemps, longtemps. Je détestais ce pays. Il y avait en moi comme une absence de couleurs, la présence blanche et froide de la douleur.



     La deuxième chienne avait un nom et vivait une vie de chienne pénarde chez Hélène, une amie qui enseignait au centre culturel français de Tripoli. Elle s'appelait Pussy et ce nom lui allait à ravir, tant elle était câline et je dirais même féline!

          Un soir, Hélène vint sonner à ma porte. Il fallait que je vienne de toute urgence chez elle. Des soldats syriens  en longeant le jardin à peine clos avaient tiré sur Pussy pour s'amuser. Nous revînmes en courant. Pussy était étendue devant la porte, un énorme trou d'où s'échappait un sang lourd entre les omoplates. Nous la portâmes dans la voiture... La nuit était tombée et nous ne savions où aller. L'unique vétérinaire de Tripoli n'était plus chez lui et il n'existait aucune clinique vétérinaire. Nous décidâmes d'aller à l'hôpital. J'allai à l'accueil. Il y eut des murmures. Je pensais que nous allions être insultés et je l'aurais compris. Arriver ainsi dans un hôpital qui voyait chaque jour tant de mutilations, tant de blessures et qui ne savait comment faire face...

                       On prévint un médecin. Il arriva et me dit d'aller avec le chien derrière l'hôpital devant une porte de service dont il m'indiqua l'emplacement. Nous l'y retrouvâmes. Il était accompagné d'un autre homme et d'une infirmière. Ils prirent le chien et l'emmenèrent dans une salle d'opération. Une heure et demie plus tard, ils rapportèrent Pussy, déguisée en momie égyptienne... Ils nous expliquèrent qu'elle allait s'en tirer, que la blessure était spectaculaire mais bénigne. Nous voulûmes payer mais ils refusèrent catégoriquement. Nous nous perdîmes en remerciements et en sourires. C'est alors que le chirurgien nous dit : "Excusez-nous pour ce qu'est devenu le Liban."

                   Je n'oublierai jamais cette phrase, les risques qu'avaient acceptés ces Libanais en soignant une chienne dans un hôpital, leur gentillesse et leur générosité.

                    La face sombre et la face lumineuse d'un même pays. La mort et la vie. La grimace et le sourire. Ce liban auquel je pense par ce beau dimanche glacé et que j'aime comme une seconde patrie....



                 
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LIEN : Lucie et Nino. Roman. Deux amoureux à Montmartre.

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