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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

montmartre. rues et places.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.
La rue Robert Planquette. Montmartre.

C'est une courte rue de 100 mètres de long sur 7 mètres de large. Une rue un peu prétentieuse car elle n'est en réalité qu'une impasse prenant naissance 22 rue Lepic et venant se cogner au bout de sa course sur les grilles qui la séparent de la Villa des Platanes.

                             Villa des Platanes, côté boulevard de Clichy

La rue Robert Planquette. Montmartre.

Elle faisait partie de la commune de Montmartre comme "impasse Gaillard" du nom du propriétaire des terrains qui furent lotis.

En 1843, l'impasse prend du galon et se baptise "Avenue des Tilleuls". Il y avait en effet tout au long de l'artère de ces arbres abondamment plantés en France à l'époque révolutionnaire.  

La rue Robert Planquette. Montmartre.

Les arbres furent coupés et l'avenue sans tilleuls fut appelée par un décret de 1926 "rue Robert Planquette".

Un compositeur (1848-1903) un peu oublié aujourd'hui mais qui connut en son temps un grand succès populaire.

Il avait commencé par des marches militaires parmi lesquelles "le Régiment de Sambre et Meuse" connut et connaît encore une grande popularité.

Parmi ses nombreuses opérettes, une seule a survécu grâce à sa grande notoriété qui lui permit de s'exporter aux Etats-Unis ou en Angleterre : "Les Cloches de Corneville".

La rue modeste n'a pas compté beaucoup de célébrités parmi ses habitants.

Le plus notoire est sans doute François Coppée (1842-1908), le poète des humbles et du Paris des pauvres qui y passa quelques années.

Il a vécu au fond de l'impasse, un petit immeuble disparu derrière une ancienne folie de 1830 qui sera détruite ,pour être remplacée par un ensemble immobilier néo Renaissance vers 1880. Le terrain s'était appelé Clos Lucas avant de devenir par ironie La petite Californie. en raison des quelques palmiers qui y furent plantés.

                                         Coppée par Jules Emmanuel Valadon

Ses poèmes traduisent sa proximité avec les "petites gens" et avec les animaux. Je ne résiste pas au plaisir de publier quelques vers de son poème sur la mort des oiseaux :

(...) Pendant les tristes jours de l’hiver monotone
Les pauvres nids déserts, les nids qu’on abandonne,

Se balancent au vent sur le ciel gris de fer.

Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l’hiver !

Pourtant lorsque viendra le temps des violettes,

Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes.

Dans le gazon d’avril où nous irons courir.

Est-ce que « les oiseaux se cachent pour mourir ? »

La rue Robert Planquette. Montmartre.

Le début de la rue côté pair est occupé par un café-restaurant dont l'adresse est rue Lepic mais dont la plus grande façade se développe rue Planquette. "Chez Marie" succède à un autre restaurant qui lui même avait succédé à un autre restaurant.... comme le prouve la photo de 1902...

La carte postale nous permet de constater que sur le côté impair un important commerce de bouche occupait l'espace. Aujourd'hui c'est le Cocci market, petite supérette dont les murs sur la rue Planquette sont une aubaine pour les artistes de rue :

 

L'immeuble de pierres de taille est bien représentatif de l'embourgeoisement d'une rue restée longtemps populaire.

 

Il porte le nom de ses architectes :  V. Lesage et Ch. Miltgen (1904) qui ont collaboré à de nombreuses constructions dont le Palais de la Mutualité aujourd'hui classé.

 

Il n'y a pas beaucoup d'éléments remarquables dans la rue. Ce qui frappe avant tout c'est le nombre de commerces abandonnés, rideaux tirés, façades taguées. L'impasse échappe aux nombreux passants de la rue Lepic. Le contraste entre les deux est impressionnante.  Commençons par le côté pair :

                                                                      Le 2

                                                            Le 2 bis

                                                             Le 6

                                                             Le 8

Beaucoup de petits immeubles modestes se succèdent côté pair. Ils sont le témoignage du Montmartre de la deuxième moitié du XIXème siècle, habité par des artisans, des ouvriers. Une classe populaire qui aujourd'hui n'existe plus et dont les logements se vendent à des prix qui l'exclut.

passage Lepic rue Planquette

passage Lepic rue Planquette

                                                Passage Lepic rue Lepic

Le 10 est particulier car il protège derrière ses grilles un passage, le passage Lepic qui commence rue Lepic, fait un coude avant de se terminer à la grille de la rue Planquette. Le passage a survécu aux projets de lotissements et il a reçu son nom par décret en 1867.

 

La rue Robert Planquette. Montmartre.

    Au 10 toujours, une librairie-bibliothèque anarchiste a fermé boutique. "La rue" se couvre de tags et d'affiches en attendant sa destruction. Un habitant de l'immeuble m'a affirmé que Brassens avait mis la main à la poche pour permettre sa création. On aimerait y croire mais la mort du chanteur poète plusieurs années avant l'implantation de la librairie rend la chose contestable!

                              Sur les volets de la librairie. Le vin de la Commune!

Les derniers immeubles construits dans les années 1970 sont aussi peu montmartrois que possible.

Ils nous projettent dans une improbable banlieue sans âme. Le seul point positif, hommage au passé, c'est la présence de quelques tilleuls qui ne parviendront pas à cacher une façade sans grâce.

Le côté impair collectionne lui aussi les boutiques fermées.

                                   (dans l'ordre les 1bis, 3, 5, 7 et 9)

Nous pouvons apprécier une tentative assez réussie de modernisation de deux de ces immeubles dont les lignes et la modification sont harmonieuses.

Les grilles qui ferment la rue et la séparent de la Villa des Platanes portent dans un cœur les lettres A et J. Je n'ai pas trouvé l'origine de ces lettres. Imaginons pour quitter la rue en beauté que ce sont deux amoureux qui ont voulu symboliser leur union !

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.
2017

2017

Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.

Je mets à jour cet article en y ajoutant des photos de ce mois de juin 2024. On verra qu'aujourd'hui la plantation de simples n'est pas vraiment entretenue. Espérons qu'elle le sera bientôt pour le plaisir de tous!

2017

2017

2024. Sur l'arcade : "Avancer sans voir avec les yeux fermés, avancer sans voir"

2024. Sur l'arcade : "Avancer sans voir avec les yeux fermés, avancer sans voir"

2017

2017

C'est un jardin caché dans le passage des Abbesses, souvent inaccessible derrière sa  grille cadenassée.

                                                              2024

C'est un endroit dont la discrétion vous attire comme le font dans les contes les jardins secrets...

 

2017

2017

2017

2017

Un beau jour vous tombez pile poil au bon moment, dans le bon créneau. Vous n'en croyez pas vos yeux : la grille est ouverte, le jardin se révèle!

                                                             2017

Vous avez pu y accéder par le square Jehan-Rictus, celui du fameux mur des "Je t'aime" sur la place des Abbesses.

2017

2017

2017

2017

 

Vous découvrez un monde nouveau, à la fois ordonné et sauvage avec des plantes exubérantes qui grimpent sur les murs et s'entrelacent!

 

Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.

Cette terre nouvelle porte le nom de "jardin des Abbesses"...

Un panneau informatif donne un petit cours d'histoire au visiteur et lui rappelle l'importance de l'Abbaye de Montmartre dont il ne resta presque rien après les années révolutionnaires...

Abbaye de Montmartre (abbaye d'en-haut et abbaye d'en-bas)

Abbaye de Montmartre (abbaye d'en-haut et abbaye d'en-bas)

Si la jeune République de 1789 prit possession des bâtiments de l'Abbaye, ce fut pour la dépecer et la vendre...

On sait qu'il valait mieux alors ne pas être "abbesse" et qu'on courait le risque comme la dernière titulaire, Mme de Montmorency Laval, de finir sur la guillotine!

La vieille femme, sourde et aveugle fut condamnée pour avoir conspiré "sourdement et aveuglément". L'accusateur public avait le sens de l'humour noir.

                                         Destruction de l'abbaye 1794

Les temps changent et la République de 1936, celle du Front Populaire, arracha à la spéculation immobilière qui allait bon train à Montmartre, ce bout de terrain resté sauvage, pour le transformer en jardin ouvert à tous.

Un jardin qui prit le nom des Abbesses!

2017

2017

2024

2024

La bonne idée des jardiniers est d'avoir créé un espace qui évoque un cloître, avec un puits en son centre.

                                                         2017

 

Autour de ce puits, ils ont planté des simples comme on en cultivait dans les monastères qui pratiquaient une médecine naturelle en utilisant les plantes dont on connaissait alors les vertus. 

 

Ainsi trouve t-on dans ce jardin, entre autres plantes bénéfiques, la sauge dont le nom vient du latin "salvare" (sauver).

                                                                      2017

                                                                2024

Céleri perpétuel ou livèche

Céleri perpétuel ou livèche

On trouve encore le céleri perpétuel ou livèche, apprécié pour ses vertus diurétiques et stomachiques...

La véronique

La véronique

La véronique était cultivée dans tous les monastères et abbayes qui s'occupaient des lépreux car elle était censée cicatriser les plaies. On lui donnait aussi le nom "d'herbe aux ladres" mais on lui préférait celui de Véronique, la sainte femme dont le linge qui avait essuyé le visage du Christ avait guéri l'empereur Tibère de la lèpre.

l'absinthe

l'absinthe

Parmi les simples remarquables du jardin des Abbesses, comment ne pas s'arrêter devant l'artemisia absinthium?

L'absinthe était utilisée comme vermifuge et pourtant ce sont des faiseurs de vers comme Rimbaud, Baudelaire ou Verlaine (qui l'appelait "herbe sainte") qui l'apprécièrent sous forme de liqueur qui faisait "voyager"...

 

Ode à l'absinthe écrite par Musset :

 

Salut verte liqueur, Némésis de l'orgie!

Bien souvent, en passant sur ma lèvre rougie,

Tu m'as donné l'ivresse et l'oubli de mes maux;

J'ai vu plus d'un géant pâlir sous ton étreinte!

Salut sœur de la mort! Apportez de l'absinthe;

Qu'on la verse à grands flots!

2017

2017

2024

2024

2017

2017

2017

2017

Un habitué, le moineau du jardin des Abbesses qui en apprécie les plantes!

Un habitué, le moineau du jardin des Abbesses qui en apprécie les plantes!

Et on pense à lui comme le montre cette photo de 2024

Et on pense à lui comme le montre cette photo de 2024

Les abbesses, si elles pouvaient revenir pour faire un petit tour dans notre époque, trouveraient ici de quoi se purger, se calmer, soigner les petits bobos et parfumer les armoires.

Enfin... disons qu'elles le trouvaient en 2017 mais qu'elles seraient bredouilles en 2024. J'espère qu'avant longtemps, les simples seront de nouveau plantées et que les abbesses trouveront de quoi apaiser leurs maux!

 

Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.
2017

2017

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Street art. 13 bis. Impasse Marie Blanche.
La vague.

La vague.

L'Art des Rues peut être agressif, provocateur, insolent et inventif. Il peut être aussi rêveur, poète, mystérieux. C'est à cette catégorie qu'appartient une artiste qui signe pourtant d'un nom peu romantique : "13 bis".

                                                     Eglise Saint Merry (juin 2016)

Street art. 13 bis. Impasse Marie Blanche.

Voilà qu'elle a choisi pour s'exprimer une impasse de Montmartre, parmi les plus paisibles, les plus provinciales.

Il s'agit de l'impasse Marie blanche qui donne dans la rue Constance et la rue Cauchois. Un endroit habité par bien des fantômes qui ne se résolvent pas à disparaître. Copi, Koltès, Souplex, Mac Orlan, Morelli, Cormon...

Street art. 13 bis. Impasse Marie Blanche.

Quand on avance dans la ruelle, ce qui attire tout d'abord c'est la douceur, le velouté mauve des teintes, la transparence, avant même de découvrir ce qui émerge de cette douceur.

Street art. 13 bis. Impasse Marie Blanche.

Il s'agit d'une femme mélancolique telle que les peintres aimaient les représenter au début du XIXème siècle. On pense à Ingres sans être sûr de reconnaître le modèle repris pas l'artiste. 

 

Beauté, tristesse, rêverie autour de laquelle se posent des fleurs, des papillons, des oiseaux.

Fidèle à son art, 13bis utilise ces éléments comme des collages surréalistes qui nous laissent libre interprétation.

 

 

Street art. 13 bis. Impasse Marie Blanche.

Autour de la porte d'entrée, la flore devient luxuriante, presque étouffante.

Une porte est invitation à l'aventure, à ce qui se cache derrière elle, rassurant ou inquiétant. 

Street art. 13 bis. Impasse Marie Blanche.

Des sphinx protégeaient les temples d'Egypte. Ici ce sont des chats, divinités sensuelles et vigilantes.

Ils font corps avec la femme que l'on devine sur un divan dans un monde de luxe, calme et volupté.

Street art. 13 bis. Impasse Marie Blanche.

Et puis notre œil est attiré par un objet mis en valeur, protégé de la profusion de fleurs et de feuillage. C'est une serrure ouvragée, comme celles des secrétaires précieux où se cachaient les lettres secrètes et interdites. Non pas la bonne serrure utilitaire de la porte verte qu'un cambrioleur avisé saurait forcer mais celle qui ne s'ouvre qu'aux rêveurs audacieux

Street art. 13 bis. Impasse Marie Blanche.

La femme aux chats peut nous aider.

 

Il faut savoir l'approcher, l'apprivoiser peut-être afin qu'elle accepte que notre main se tende vers son oreille et saisisse le sésame, la clé qui nous permettra d'entrer dans son jardin!

 

Et je vous avoue que je suis entré dans ce jardin mélancolique où devisaient à l'ombre des grands arbres, Koltès et Copi, Mac Orlan et Morelli...

Montmartre corps et âmes.

 

Montmartre secret. Nombreux articles sur le street art. Quelques exemples :

Rue Véron. Levalet

Gregos

Miss.Tic

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

     N'oublions pas que Montmartre avant la construction du mur des Fermiers Généraux s'étendait sur une partie du IXème arrondissement actuel et que ce quartier en faisait partie.

Quelle animation en 1906! C'est la seule carte postale à ma connaissance de cette rue.

Quelle animation en 1906! C'est la seule carte postale à ma connaissance de cette rue.

     La rue de l'agent Bailly est une des plus étroites et des plus courtes de Paris. Il y eut tout d'abord à cet endroit l'impasse de l'école. En 1877 elle fut prolongée et porta le nom, dans sa partie qui commençait rue Rodier, d'impasse Rodier puis passage Rodier. 

Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

     En 1899 l'impasse Rodier fut prolongée jusqu'à la rue Milton et devint une rue, laissant l'impasse de l'école vivre sa vie et se protéger derrière une grille digicodée interdite aux curieux.

   

C'est en 1904 que fut donné à cette modeste artère le nom de l'agent Bailly dont peu de gens à vrai dire sauraient dire qui il fut.

    Charles Gaston Bailly (1871-1901) était gardien de la paix de la brigade fluviale. Le 2 novembre 1901, Il tenta de secourir une femme, Emilie Vallée, 38 ans, concierge. On ne sait si elle s'était jetée dans la Seine volontairement ou si elle y était tombée. Ce que l'on sait, c'est que l'agent Bailly n'hésita pas une seule seconde et se jeta dans le fleuve pour la secourir.

Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

    C'était au niveau du pont Marie entre l'île Saint-Louis et les quais où de nombreuses barges étaient amarrées. L'homme rejoignit la femme qu'il saisit mais le courant était si fort ce jour-là qu'il les entraîna vers le fond, sous les barges. Le fait divers eut un grand retentissement et l'héroïsme du jeune gardien de la paix impressionna les parisiens. Il fut donc décidé de donner son nom à une rue de la capitale et ce fut cette modeste rue du IXème arrondissement qui fut choisie.

Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

Les 1 et 2, petits immeubles modestes en début de rue. 

Le 3

Le 3

  Le 3 : Un harmonieux porche de pierre ferme la cour Saint-Hilaire. Un endroit secret de Paris, accessible aux seuls habitants.

Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.
Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

     Il ouvre sur une cour pavée ombragée par des arbres, aujourd'hui très recherchée mais qui fut en son temps une cité ouvrière. Les immeubles appartinrent à la famille des Bérard, gros négociants en vins. Dans la première moitié du XIXème siècle, c'était le commerce le plus lucratif, le gros rouge étant l'opium du peuple!

Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

     L'ensemble fut construit en 1830 afin d'abriter les ouvriers qui construisaient le quartier à la mode de la Nouvelle Athènes. Quelques ateliers ainsi que des boxes pour les chevaux occupaient le rez de chaussée. 

Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

     Un clocheton et une horloge ont traversé le temps. Le mécanisme n'a été électrifié qu'en 2001. La cloche est historique puisqu'elle fut fondue par Osmond Dubois, le fondeur de Charles X.

Georges de Feure

Georges de Feure

     Un tel endroit ne pouvait manquer de plaire aux artistes. Certains dont le nom a été avalé par le temps y ont créé sans jamais trouver la renommée, d'autres, ou plutôt UN autre qui a sa place aujourd'hui dans les musées comme représentant majeur de l'art symboliste y a eu son atelier. 

Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

     Il s'agit de Georges de Feure. Il est avec Mucha un des peintres de la femme, femme-fleur, femme-poison, femme-poésie...

Admirateur de Baudelaire il est comme lui attiré et effrayé par la beauté féminine.  

Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

     Il a été choisi, pour décorer la façade du pavillon Art Nouveau de l'exposition universelle de 1900.

   

 

  Il a créé de nombreuses affiches qui sont parmi les plus belles de son temps. 

 Enfin certaines de ses toiles démontrent s'il en était besoin qu'il fut un vrai peintre, influencé par les courants les plus forts de la fin de siècle, dans la mouvance d'un Toulouse Lautrec.

Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.
Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

     Le 4 est précédé d'un corps de bâtiment sur rue d'un étage. Des "maisons" y remplacent un ancien bistro. Je me rappelle avoir visité l'endroit quand je cherchais à me loger dans le quartier. Beaucoup de charme et même une cave voûtée de pierres... mais évidemment la lumière y est chiche et les barreaux du rez-de-chaussée ne sont pas franchement gais!

Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

Le 5 protégé par une grille est l'impasse de l'école (qui doit son nom, ô surprise à la présence d'une école dans sa continuité). Elle fut ouverte en 1829 et prit, en 1877 le nom d'impasse Rodier avant de récupérer son nom originel en 1904. 

Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

      Tout un côté est occupé par l'imposant immeuble (construit en 1905) qui fait quelques efforts décoratifs et possède dans sa cour un édicule charmant.

 

L'impasse réserve une surprise, avec le 5bis.

En poussant la porte, on découvre une autre courette avec d'anciens ateliers. On y jouit d'un calme absolu dans ce quartier vibrant.

 

 

Nous quittons cette impasse pour retrouver la rue de l'agent Bailly.

 

Le 8

Le 8

Nous n'avons plus qu'un numéro à découvrir avant la rue Milton...

Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

     C'est le 8 bien connu des amateurs d'art qui font le détour pour le découvrir. Il y avait là une vieille menuiserie qui après le départ de son menuisier fut occupée pendant 40 ans par un peintre étonnant et messager de vie, Yvon Taillandier.

Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

     Né à Paris en 1926, il mourut en Avignon en 2010 après avoir créé son univers, son pays, le Taillandier-Land où nous sommes invités à entrer sans visa!

Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

     Son monde est foisonnant. Les habitants y sont en mouvement, unis les uns aux autres par des tubes en mouvement. Ils pilotent des machines amusantes et vivantes qui participent à leur voyage intérieur. Rien de dur, de cassant, de mécanique mais une fête des voisins autour de totems sympathiques.

Yvon Taillandier a décoré son atelier, donnant à son quartier l'ouverture sur son univers.

Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

     Les fresques ont été restaurées et aucun taggeur jusqu'à présent ne les a recouvertes. C'est sur cette fête de l'imaginaire et de la vie que nous quittons cette rue qui porte le nom d'un homme qui n'hésita pas à donner sa vie pour tenter d'en sauver une autre, avec ce peintre qui n'hésita pas à donner son temps et son talent pour permettre à la ville de sortir de sa monotonie et de sa déprime hivernale. 

Rue de l'agent Bailly Paris 9ème.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux
Les cinémas  sur le boulevard de Rochechouart (et à proximité). Jadis et aujourd'hui.

Après avoir ranimé le souvenir des cinémas du boulevard de Clichy, de la place et de l'avenue éponymes, complétons le tableau avec le boulevard Marguerite de Rochechouart (et à proximité).

Les cinémas  sur le boulevard de Rochechouart (et à proximité). Jadis et aujourd'hui.

Il y avait là onze salles dont ne subsiste aujourd'hui en tant que cinéma qu'une seule et unique et précieuse. Quelques unes n'ont pas disparu et ont retrouvé leur vocation théâtrale ou musicale.

Les cinémas  sur le boulevard de Rochechouart (et à proximité). Jadis et aujourd'hui.

Commençons par le 15 du boulevard. Une salle qui a son histoire dans l'épopée musicale de Montmartre. La Gaité Rochechouart.

Nous lui avons consacré un article complet, aussi ne nous répéterons nous pas.

En 1923, le café-concert où ont chanté (entre autres) Mistinguett, Fréhel, Maurice chevalier disparaît dans les flammes. Reconstruit il poursuit sa carrière jusqu'en 1933 où il se métamorphose en cinéma.

 

En 1941, ses propriétaires en sont dépossédés par les lois d'aryanisation de Pétain.

Le cinéma ne ferme ses portes qu'une année avant de reprendre son activité lucrative, ayant trouvé repreneur trop heureux de l'acquérir à un prix bradé.

Il ferme en 1987. Il devient un  magasin CELIO. Aujourd'hui Celio a été remplacé par un bazar qui propose objets et ustensiles pour la maison...

 

 

Les cinémas  sur le boulevard de Rochechouart (et à proximité). Jadis et aujourd'hui.

Voisin à un numéro près, se trouvait le Delta Palace, au 17 bis boulevard de Rochechouart sur un espace arrondi que les habitants du quartier appellent encore aujourd'hui, à tort,  place du Delta, du nom d'une rue voisine.

 

Le cinéma a ouvert ses portes en 1925 et les a fermées en 1985 après avoir tenté de survivre en ne projetant que des films indiens, Bollywood surtout. Mais la population indienne n'était pas vraiment proche, plus près de La Chapelle que de Barbès.

Ce qui est intéressant pour les amoureux du passé et les archéologues des détails et des éléments qui survivent sous la "modernité" c'est que le magasin de fripes a gardé la structure et certains décors du vieux cinéma.

 

Modiano l'évoque en passant dans "Pedigree" : "Nous étions entrés à l'abri du soleil, dans l'obscurité d'une petite salle, le Delta."

65 rue de Rochechouart.

65 rue de Rochechouart.

Deux cinémas qui étaient à proximité non pas sur le boulevard mais dans la rue Marguerite de Rochechouart ont été démolis pour laisser place à deux des plus laids immeubles du quartier  construits dans les grandes années vandales de Pompidou premier ministre qui trouveront leur apothéose sous sa présidence ave entre autres la destruction des Halles, chef d'œuvre de Baltard.

En 1912 fut inaugurée une salle de music-hall qui fut en son temps, paraît-il "le plus beau dancing de Paris". Le Coliseum Cinéma-Music Hall possédait une belle salle de plus de 1000 fauteuils qui pouvait se métamorphoser en dance floor.

 

 en 1961 l'ensemble fut détruit au profit d'un garage Renault (aujourd'hui remplacé par un super marché) et un immeuble d'habitation massif et sans grâce.

Presque en face, il y eut une autre salle au 66 rue de Rochechouart :  le Rochechouart-Pathé qui fut cinéma-brasserie de 1907 à 1956. Il eut le même sort que son voisin de l'autre côté de la rue et il se métamorphosa comme lui en immeuble banal et sans originalité. Je n'ai trouvé aucun document qui permette de transmettre son image évanouie.

Remontons sur le boulevard pour évoquer un des plus vastes cinémas du quartier au 56.

Il s'agit du Palais-Rochechouart.

Il est construit en 1912 dans le style composite des salles de cette époque. Sa riche décoration n'émeut pas les repreneurs qui en 1930 le rénovent façon élégante de dire qu'ils le détruisent pour ériger à sa place un cinéma massif de béton brut dont le seul ornement est une immense verrière.

Sous le nom de Palais Rochechouart Aubert il peut accueillir plus de 1500 spectateurs

En 1969, selon Gainsbourg année érotique, il ne cède pas à la mode des films pornos qui prolonge quelques uns de ses congénères. Non, il cesse son activité de cinéma. Il devient un immense bazar qui bazardera sa camelote pendant plus de trente ans.

 

C'est en 2000 qu'il est anéanti. Il laisse place à un immeuble d'habitation qui abrite une filiale de Darty. Aujourd'hui Boulanger.

Le Trianon

Le Trianon

Le Trianon, 80 boulevard de Rochechouart. Par chance cette belle salle a survécu au grand saccage du boulevard. Un article lui est consacré sur ce blog. Sa carrière cinématographique commence en 1938 sous le nom de Cinéphone Rochechouart. Elle durera jusqu'en 1992. Le Trianon redeviendra un théâtre, Music Hall, une des salles de concert les plus actives de Paris.

Son architecte Cassien Bernard n'est autre que celui du plus beau pont de Paris, le pont Alexandre III.

 

Les cinémas  sur le boulevard de Rochechouart (et à proximité). Jadis et aujourd'hui.

Non loin du Trianon il y eut au 114 un petit cinéma ouvert en 1933 à côté de la Cigale et qui portait évidemment le nom de Studio La Fourmi!

Il subsista jusqu'en 1986 aussi longtemps que sa voisine la Cigale qui, elle avait abandonné le music hall pour l'écran en 1927.

La façade modern style a été ratiboisée comme beaucoup d'autres dans le quartier. L'intérieur de la salle en revanche a gardé  quelque souvenir de son passé de théâtre.

C'est en 1987 qu'elle redevint une salle de concert dont le succès fut immédiat. La Fourmi sa voisine fut intégrée à la salle, faisant mentir la fable. C'est la cigale qui triompha et qui continua de chanter saison après saison après avoir dévoré la fourmi!

 

 

Juste à quelques pas de là, 75 rue des Martyrs un autre lieu mythique de Montmartre nous attend.

Il s'agit du célébrissime Divan Japonais, immortalisé par Lautrec et Yvette Guilbert entre autres gloires des années glorieuses du quartier. Un article est consacré sur le blog à cette salle avant qu'elle ne devienne cinéma.

Lorsque les revues ne firent plus recette, le Divan se transforma en "Comédie Mondaine" qui monta des pièces plus ou moins légères et le plus souvent boulevardières.

C'est en 1930 qu'il céda à la mode du cinéma sous le nom de "Nouvelle Comédie Cinéma". Il changea encore de nom en 1980 "Amsterdam Pigalle" allusion aux rues chaudes de la capitale des Pays-Bas. Evidemment il proposait des comédies érotiques avant d'opter pour le porno pur et dur (!)

Il est redevenu salle de concerts en 1992, reprenant en partie son nom de naissance en l'élargissant à tous les pays : "le Divan du Monde" et consacrant sa programmation aux musiques venues de tous les horizons. Une belle renaissance.

 

Puisque nous sommes rue des Martyrs, continuons à grimper jusqu'à la rue La Vieuville, là où elle s'achève depuis le début de son ascension au chevet de Notre-Dame de Lorette.

Un peu à gauche, au début de la rue rien ne peut nous permettre d'imaginer qu'il y eut là, entre le square Jehan-Rictus et le premier petit immeuble, un cinéma de quartier qui échappait à l'ambiance du Rochechouart nettement érotisée pour accueillir un public familial.

 

 

Le cinéma ouvrit en 1939 et ferma en 1960. Il n'a pas connu de métamorphose mais disparut corps et âme, ne laissant de souvenir que dans la mémoire des vieux Montmartrois.

Avec lui s'achève notre promenade sur le boulevard et à proximité.

Nous n'avons plus qu'à jeter un  œil sur le plus beau, celui dont la résurrection a été une chance pour le quartier de Barbès. Le Louxor, au carrefour Rochechouart, Magenta, La Chapelle dresse ses disques solaires dans le ciel bleu ou gris de Paris.

Son décor de mosaïques et de vitraux est exceptionnel.. Il a connu quelques avatars avant de devenir un centre de culture et d'échange où les réalisateurs aiment présenter leurs films.

Il commence sa carrière en 1921 et il ne cessera ses activités qu'en 1983.

Il est alors cédé à Tati qui l'utilise comme entrepôt. En 1986, il change d'activité pour muer en discothèque, "la Dérobade" puis "Megatown" pour des nuits gay.

Mal géré, il ferme ses portes et il est laissé à l'abandon. Il se dégrade peu à peu dans une déchéance qui semble irréversible. C'était compter sans une association très motivée qui pétitionne, rencontre le maire, Delanoé, et obtient que la ville le rachète (2003) pour en faire après 10 ans de travaux, le lieu exceptionnel qu'il est devenu et qui fait de Barbès un pôle culturel du nord parisien.

Il est agréable pour moi de conclure cet article avec cette résurrection alors que nous avons déploré tant de vandalisme et de destruction irrémédiable dans ce quartier que nous aimons.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #album, #MONTMARTRE. Rues et places.
Album photo Montmartre mai 2024 jour après jour

1er mai. Mickey a perdu la tête (devant le square Louise Michel)

Voilà nous sommes enfin en Mai fais ce qu'il te plaît!

Mais en mai il pleut encore!

Montmartre ruisselle depuis des semaines!

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2 mai. Nuit mouillée rue Chappe.

Avec de temps en temps des tombées de lumière, des échappées de soleil qui permettent de croire en des jours meilleurs.

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3 mai. Envolée de poulbots rue du Chevalier de La Barre

Des vers d'Apollinaire me reviennent, parmi les plus beaux que je connaisse :

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin

Des dames regardaient du haut de la montagne

Vous êtes si jolie mais la barque s'éloigne

Qui donc a fait pleurer les saules riverains?

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4 mai. Apollinaire ne saurait aider cet émigrant qui se love dans un rayon de soleil.

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5 mai. Le vieil homme et son chien. Un couple uni pour la vie.

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6 mai. Couleurs rue du Calvaire.

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7 mai. Un couple tragique échappé d'un film de Bergman? (square Bleustein-Blanchet)

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8 mai. Les poulbots d'aujourd'hui comme ceux d'hier jouent sur les rampes des escaliers.

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9 mai. Le regard du chien. 

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10 mai. Un enfant contre les grilles.

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11 Mai, à voile  et à trottinette. (bd de La Chapelle)

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12 mai. Ma rue André Del Sarte et son jardin vertical!

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13 mai. Rue des Saules. Couple moderne.

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14 mai. La lectrice, le chien et le pigeon. Place Dalida.

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14 mai. Les réverbères du passage Cottin.

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15 mai. La solitude. (Bd de La Chapelle.)

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16 mai. La femme aux pigeons. Square Louise Michel.

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17 mai. Rue Berthe. Un couple sur la pente montante. 

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18 mai. Les parapluies à l'assaut!

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19 mai. Lectrice en couleur à Monceau

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20 mai. Un jour d'épaules nues où les gens s'aimeront.... sous le soleil!!!!

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21 mai. Place du Calvaire. Un barbu au coeur tendre.

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22 mai: le musicien verbalisé, rue Azaïs. 

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23 mai. Cours de dessin face au moulin de la Galette, rue Lepic. 

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23 mai. Un sommeil de pierre. (square Louise Michel)

Album photo Montmartre mai 2024 jour après jour

24 mai. Le clarinettiste et son compagnon place Jean Marais. 

Album photo Montmartre mai 2024 jour après jour

25 mai. Une aussi longue attente. Les fans attendent sagement l'ouverture de l'Elysée Montmartre pour le concert de Benson Boone, un parfait inconnu pour le dinosaure que je suis et qui apparemment n'attire que les demoiselles!

Album photo Montmartre mai 2024 jour après jour

26 mai. La main et le museau faits l'une pour l'autre (Square Nadar)

Album photo Montmartre mai 2024 jour après jour

27 mai. Cinq petits canidés tirés par deux humains. Ben Hur inversé!

Album photo Montmartre mai 2024 jour après jour

28 mai. Le bassin des Tritons et ses canards qui reviennent chaque mois de mai.

Album photo Montmartre mai 2024 jour après jour

29 mai. Il a plu de 7h du matin à 23h!!! 

Album photo Montmartre mai 2024 jour après jour

30 mai. Soir de pluie après un jour de pluie après une semaine de pluie!

Album photo Montmartre mai 2024 jour après jour

31 mai. C'est par cet escalier secret de l'avenue Junot que le mois de mai se carapate sur la pointe de ses pieds mouillés.

Il y a eu à Paris 70 pour cent de pluie de plus que la moyenne de mai.

Demain je m'envole pour Venise où d'après la météo

 il va pleuvoir!

Liste des albums photos mois après mois depuis des années

                     Mosaïques sur la maison de Poulbot avenue Junot

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #MONTMARTRE. Rues et places.
Jean Baptiste Clément. Ses adresses à Montmartre. Le Temps des Cerises.

La dernière maison de Jean Baptiste Clément.

Pour l'anniversaire de la Semaine Sanglante, je republie cet article consacré à ce héros de la Commune, humaniste et poète.

Photo de Nadar.

Photo de Nadar.

Il est l'un des plus montmartrois des Montmartrois.

Il a donné à la Butte son hymne amoureux et tragique.

Pour l'éternité (aussi longtemps qu'elle durera) il chantera le Temps des Cerises, le temps de la Commune, de la jeunesse...

Comment une chanson d'amour écrite plusieurs années avant la Commune a t-elle pu s'imposer comme un étendard du rêve assassiné?

Les poètes ne sont-ils pas prophètes?

 

Jean Baptiste Clément. Ses adresses à Montmartre. Le Temps des Cerises.

                    Clément fut un piéton de Montmartre, un inlassable arpenteur de la Butte et l'on sera à peine surpris qu'il y ait habité en 12 endroits différents...

12 adresses qui offriront à ses admirateurs l'occasion d'une balade nostalgique et rêveuse d'une rue à l'autre...

Jean Baptiste Clément. Ses adresses à Montmartre. Le Temps des Cerises.

Il n'a jamais été un poulbot du village puisqu'il passa son enfance à Montfermeil où son père avait un moulin.

Etrange coïncidence que ces moulins qui jalonnent sa vie! Moulin de son père, moulin de ses grands-parents à l'Isle Saint-Denis, moulins de la rue Lepic!  

Rue Chappe (ancienne rue du Télégraphe) en 1904

Rue Chappe (ancienne rue du Télégraphe) en 1904

Rue Chappe en février 2017

Rue Chappe en février 2017

Il a 24 ans quand il arrive sur la Butte, l'année où Montmartre est rattaché à Paris en 1860. 

Il a pour premier domicile le 3 de la rue du Télégraphe. Une rue qui aujourd'hui porte le nom de son inventeur : Chappe.

Le 3 (disparu)

Le 3 (disparu)

Aujourd'hui la numérotation de la rue passe du 1 au 5, en sautant par-dessus le 3 dont il ne reste que des traces de l'ancienne entrée.

Le fantôme de Clément se fera passe-muraille pour y pénétrer!

Jean Baptiste Clément. Ses adresses à Montmartre. Le Temps des Cerises.
Passage de l'Arcade (des Abbesses)

Passage de l'Arcade (des Abbesses)

Il n'y demeure qu'une année avant de trouver refuge chez son oncle, Christian Poullain

qui habite passage de l'Arcade, aujourd'hui passage des Abbesses.

 

rue Véron 1903

rue Véron 1903

Rue Véron février 2016

Rue Véron février 2016

Lui qui aime la liberté, malgré la gentillesse de son oncle, préfère s'échapper du Passage pour aller habiter rue Véron au 15.

Il aime rencontrer les journalistes qui écrivent pour des journaux socialistes, avec une prédilection pour "le Cri du Peuple" de Vallès. Lui-même écrit des articles dans quelques uns de ces  journaux étroitement surveillés.

 

Jean Baptiste Clément. Ses adresses à Montmartre. Le Temps des Cerises.

Nous sommes en 1862.

Il quitte la rue Véron pour trouver refuge dans le vieux Montmartre et ses maisons modestes encore debout, rue Saint-Vincent.

Projet (en construction) rue St-Vincent

Projet (en construction) rue St-Vincent

Près de la maison de Berlioz, jouxtant le Carmel, la petite maison du village a disparu comme toutes celles de la rue qui est devenue triste et sans style.

C'est un des endroits de Montmartre les plus saccagés et définitivement enlaidis. Un complexe touristique va s'élever bientôt entre le 3 et le 7 de la rue St-Vincent.

Le cerisier du jardin  de Berlioz n'est pas près de refleurir!

Conchy-les-Pots, aujourd'hui Conchy Saint-Nicaise.

Conchy-les-Pots, aujourd'hui Conchy Saint-Nicaise.

Il fait un voyage en Belgique et passe par un village de l'Oise, Conchy les Pots, aujourd'hui Conchy Saint-Nicaise. C'est là que faisant escale, il se repose dans un jardin planté de cerisiers où il écrit son poème "Le Temps des Cerises".

Cité du Midi.

Cité du Midi.

De retour de son voyage, Clément quitte le vieux Montmartre pour habiter dans une ruelle du bas-Montmartre qui donne aujourd'hui sur l'avenue de Clichy, la Cité du Midi, au 10.

C'est pendant les années où il vit dans cette impasse qu'il est poursuivi pour ses chroniques qu'il appelle "Carmagnoles" publiées dans le journal La Réforme. Il est condamné pour injure envers l'Empereur et appel à la haine et au soulèvement et emprisonné à Sainte-Pélagie.

Il est libéré le 4 septembre 1870, jour de l'insurrection républicaine.

En 1871 il s'engage de toute sa foi républicaine dans la Commune. Il est élu dans le XVIIIème arrondissement et pendant la Semaine Sanglante, il risque sa vie avec le peuple de Paris sur les barricades.

Après l'écrasement de la Commune, il est condamné à la déportation.

Il quitte alors la Cité du Midi pour se réfugier en Angleterre.

Jean Baptiste Clément. Ses adresses à Montmartre. Le Temps des Cerises.

Il écrit alors un de ses textes les plus connus : La Semaine Sanglante

.

Sauf des mouchards et des gendarmes

On ne voit plus par les chemins

Que des vieillards tristes en larmes

Des veuves et des orphelins

Paris suinte la misère

Les heureux même sont tremblants

La mode est aux conseils de guerre

Et les pavés sont tout sanglants

 

.

7 rue Constance.

7 rue Constance.

Grâce à l'amnistie de 1880, il peut revenir à Montmartre où il habite quelques mois rue Constance, au 7.

12 rue Ganneron

12 rue Ganneron

... Puis rue Ganneron, au 12, chez sa tante Louise. La rue conduit au cimetière Montmartre qu'elle longe sur une bonne partie. Mais c'est au Père Lachaise que sont inhumés de nombreux communards et non dans ce cimetière Montmartre...

C'est alors qu'il reprend ses poèmes qu'il groupe dans un recueil. Il dédie "le Temps des Cerises" à une infirmière:

"A la vaillante citoyenne Louise, l'ambulancière de la rue Fontaine au Roi le 28 mai 1871..."

Barricade de la Fontaine au Roi.

Barricade de la Fontaine au Roi.

La barricade de la rue de la Fontaine au Roi est une des dernières et des plus héroïques de la Commune. Clément s'y bat aux côtés de Varlin et de Théo Ferré. Il voit arriver une jeune infirmière d'une vingtaine d'années. Il tente de la dissuader de rester là, le dénouement étant annoncé et tragique. Elle reste. Clément se souvient qu'elle fut courageuse et s'occupa des premiers blessés.

Jean Baptiste Clément. Ses adresses à Montmartre. Le Temps des Cerises.

Il ne la revit pas.

"Qu'est-elle devenue? A-t-elle été avec tant d'autres fusillée par les Versaillais?

N'était-ce pas à cette héroïne obscure que je devais dédier la chanson?..."

 

Tombe de Jean-Baptiste Clément au Père Lachaise

Tombe de Jean-Baptiste Clément au Père Lachaise

Et l'on comprend pourquoi le Temps des Cerises est associé à la Commune et à la Semaine Sanglante.

Le mois de mai, saison des cerises

 Les fruits tombant en gouttes de sang...

L'amour perdu et le rêve massacré partagent les mêmes images et la même mélancolie.

 

"J'aimerai toujours le temps des cerises :

C'est de ce temps-là que je garde au coeur

Une plaie ouverte!

Et Dame Fortune en m'étant offerte,

Ne pourra jamais fermer ma douleur,

J'aimerai toujours le temps des cerises

et le souvenir que je garde au cœur!"

 

 

Rue Lepic (53)

Rue Lepic (53)

La vie continue et les pérégrinations de Jean Baptiste dans les rues de Montmartre aussi...

En 1885, année où il fonde la fédération socialiste des Ardennes, il commence l'ascension de la rue Lepic et "s'installe" au 53 où il reste deux ans...

Rue Androuet

Rue Androuet

En 1887 le voilà rue Androuet, au 7, dans cette petite rue montagnarde qui accueille sur ses murs des artistes de rue....

14 rue Germain Pilon

14 rue Germain Pilon

Trois ans plus tard, il redescend vers Pigalle et la rue Germain Pilon, au 14.

45 rue des Abbesses.

45 rue des Abbesses.

... Il y reste quelques mois et lui préfère bientôt la rue des Abbesses (45) encore populaire à cette époque et dont la vieille mairie qui joua un rôle central pendant la Commune est encore debout pour peu de temps...

.

... et puisqu'il faut bien que tout s'arrête un jour, il ne reste à Clément qu'une dernière adresse montmartroise, la plus durable, celle qui méritera une plaque commémorative alors qu'aucune autre n'aura eu cet honneur!

110 rue Lepic

110 rue Lepic

Nous sommes au 110 rue Lepic, presque au sommet de la Butte.

La plaque posée par les Amis du Vieux Montmartre se trompe de quelques années car c'est de 1892 à 1903 (date de sa mort) et non de 1885  à 1903 qu'il y vécut.

La plaque qui n'est pas à une erreur près prétend qu'il a été maire de Montmartre, ce qui est faux.... archi faux!

Enfin, elle colle un trait d'union entre Jean et Baptiste, ce qui est encore une erreur puisque les parents du petit n'en mirent pas afin de le distinguer de son père qui avait le même prénom!

Mêmes erreurs sur la plaque! Il ne fut jamais maire de Montmartre! Il n'eut jamais de trait d'union!

Mêmes erreurs sur la plaque! Il ne fut jamais maire de Montmartre! Il n'eut jamais de trait d'union!

La place qui commence là, entre les rues Ravignan et Lepic, porte (avec les mêmes erreurs) le nom du combattant poète, ou du poète combattant....

En cet endroit où  Montmartre rêva de fraternité et de justice et où les balles des Versaillais étoilèrent de sang les révoltés.

Jean baptiste Clément veille pour toujours (le toujours relatif de notre humanité) en Haut de la Butte.

Il guette le retour du Temps des Cerises....

 

Jean Baptiste Clément. Ses adresses à Montmartre. Le Temps des Cerises.
Jean Baptiste Clément. Ses adresses à Montmartre. Le Temps des Cerises.

Je tiens à remercier André Roussard pour son travail minutieux et exigent sur les Montmartrois, sur les lieux, sur les peintres... Trois livres qui sont pour les amoureux de la Butte et les chercheurs une véritable Bible (plus utile que celle qui est psalmodiée dans le Sacré-Cœur!)

La visite de sa galerie, rue du Mont-Cenis, est un plaisir car les toiles exposées sont souvent intéressantes. Vous pourrez par la même occasion vous procurer ces livres qui font référence.

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La Gaîté-Rochechouart. Un music-hall disparu.
Simone Valéry à la Gaîté Rochechouart

Simone Valéry à la Gaîté Rochechouart

     Ils sont nombreux les music-halls dont ne subsistent que le nom dans la mémoire de notre quartier… La Gaîté Rochechouart est un de ceux-là.

La Gaîté-Rochechouart. Un music-hall disparu.

     Ce n'était à l'origine, au 15 du boulevard de Rochechouart, qu'un vaste hangar qui servait d'entrepôt. Un dénommé Flécheux l'acquit pour le transformer en music-hall. Disons plutôt pour y installer chaises, tables, estrade rudimentaire. Le lieu était triste et banal, une bonne raison pour l'appeler "La Gaîté"!

Nous sommes en 1867, date de naissance de ce "music-hall" qui l'année suivante compléta son nom et devint "La Gaîté-Rochechouart".

Emilie Bécat

Emilie Bécat

     Il passa ensuite entre les mains de plusieurs propriétaires parmi lesquels, la plus originale fut Emilie Bécat, chanteuse aux nombreux admirateurs fascinés par son talent et son énergie. 

Paulus qui l'aimait beaucoup a parlé d'elle dans ses mémoires : "C'était du vif argent. Elle courait, bondissait, se tordait avec des gestes câlins et canailles". elle inaugura un genre qu'on qualifia d'épileptique!

 

     C'est en 1876 que grâce à un riche protecteur, elle put réaliser son rêve et acquérir ce music-hall. Elle en prit possession comme un capitaine ignorant des règles de la navigation.

Elle présenta sur scène Jean Richepin qui interprétait ses textes et qui malgré son succès populaire fut poursuivi par la justice à cause de ses "Chansons des gueux". Amende et prison pour avoir décrit une étreinte entre deux clochards!

 

Jean Richepin

Jean Richepin

 La jeune Mistinguett y fit ses débuts en 1876 mais n'y chanta que quelques mois avant de choisir l'Eldorado dont le nom et le renom nom lui promettaient une riche carrière!

    Ni Richepin ni Mistinguett ne suffirent à assurer la rentabilité de la salle qu'Emilie ne savait gérer. Elle perdit l'argent que ses charmes lui avaient rapporté et elle quitta Paris pour Saint-Pétersbourg où elle espérait se refaire une santé!

Jane d'Alma à la Gaîté Rochechouart

Jane d'Alma à la Gaîté Rochechouart

     La salle fut reprise par Auguste Richard qui créa les premiers cafés- concerts jusqu'en 1892 où les Varlet prirent le relais et firent de la Gaîté un des lieux les plus vivants et les plus appréciés des amateurs.

Roussel à la Gaîté Rochechouart

Roussel à la Gaîté Rochechouart

Mauricette d'Arbois à la Gaîté Rochechouart

Mauricette d'Arbois à la Gaîté Rochechouart

    Pendant 24 ans la Gaîté-Rochechouart vécut sa grande période. La plupart de ses vedettes d'une saison sont aujourd'hui oubliées mais il suffit de regarder leurs photos pour que revive la Belle Epoque avec sa fantaisie, son kitsch, ses artifices et ses charmes.

De Vincenzi à la Gaîté Rochechouart

De Vincenzi à la Gaîté Rochechouart

Ces "beautés" fin de siècle nous étonnent parfois tant elles sont, pour la plupart, éloignées des canons actuels. 

De morlaix à la Gaîté Rochechouart

De morlaix à la Gaîté Rochechouart

    Parmi les vedettes les plus appréciées, une certaine Merelli occupa une des premières places si l'on en juge au grand nombre de cartes postales la représentant. 

Léotor à la Gaîté Rochechouart

Léotor à la Gaîté Rochechouart

Verly à la Gaîté Rochechouart

Verly à la Gaîté Rochechouart

Sterly à la Gaîté Rochechouart

Sterly à la Gaîté Rochechouart

     Pendant cet âge d'or, la Gaîté faisait sa publicité sur les murs de Paris et recevait parmi ses spectateurs des poètes et des peintres de Montmartre.

 

                                       

 

     Certes les autres music halls du boulevard, surtout après l'ouverture du Moulin Rouge, avaient-ils plus de succès et plus de "stars" que la Gaîté mais on connaît au moins un dessin de Lautrec y représentant Nicolle en pierreuse (prostituée de la rue)

 

 

     Une autre artiste qui marquera l'histoire de la chanson française passa par la Gaîté en 1910.

Il s'agit de Fréhel. Elle venait de divorcer d'un comédien bellâtre, Roberty qui après avoir fait un enfant qui ne survivra que quelques mois, lui avait préféré Damia, la grande rivale aux accents tragiques, voire mélodramatiques.

 

    Fréhel qui avait abandonné son nom de scène "Pervenche" pour celui du cap breton qui lui rappelait ses origines, impressionne encore aujourd'hui par sa voix forte et populaire, par ses textes réalistes qui avec le temps ont pris une teinte poétique et mélancolique.

Le bas Montmartre où elle a vécu et où elle est morte, misérable, dans une chambre sordide d'un hôtel de Pigalle, reste lié à son histoire. Elle a d'ailleurs chanté le quartier saccagé par la spéculation immobilière:

"Mais Montmartre semble disparaître

Car déjà de saison en saison

Des Abbesses à la place du tertre

On démolit nos vieilles maisons.

Sur les terrains vagues de la Butte

De grandes banques naîtront bientôt,

Où ferez-vous alors vos culbutes,

Vous les pauvres gosses à Poulbot? (…)"

Colette

Colette

     Une autre grande dame se produisit à la Gaîté. Il s'agit de Colette qui y donna ses pantomimes avec un certain succès.

La Gaîté-Rochechouart. Un music-hall disparu.

Elle évoque cette période de sa vie dans son roman "La Vagabonde" où la Gaîté-Rochechouart est appelée "L'Empirée-Clichy". La romancière y a rencontré de nombreuses artistes fauchées et a porté sur elles un regard fraternel (on dirait aujourd'hui sororal) et quelques fois amoureux.

"L'espèce n'est pas rare en ce pays montmartrois de ces filles qui vivent de misère et d'orgueil, belles de leur dénuement éclatant."

La Gaîté-Rochechouart. Un music-hall disparu.

    En 1923 un incendie détruisit le théâtre qui fut remanié et reconstruit.

Pendant quelques années de nombreuses pièces légères y furent données comme "Quand on a fait ça une fois"... "La mariée en vadrouille"... Certaines y furent créées : "C'est un enfant de l'amour", "Jojo le livreur d'amour", "L'Ecole des courtisanes"...

La Gaîté-Rochechouart. Un music-hall disparu.

    Mais comme la plupart des théâtres du boulevard, la Gaîté ne faisait plus recette. L'avènement du cinématographe lui porta le coup de grâce. Tout en gardant son nom, la salle se transforma en cinéma en 1932.

La Gaîté-Rochechouart. Un music-hall disparu.

   En attendant que la télévision à son tour ne le détrône et provoque la fermeture des grandes salles aux trois-quarts vides.

Le nom même de  "Gaîté -Rochechouart" disparut définitivement en 1988.

La Gaîté-Rochechouart. Un music-hall disparu.

    Des commerces variés et éphémères se sont installés à sa place. Une enseigne de vêtements masculins tout d'abord pour des hommes qui pour la plupart ignoraient que leurs lointains aînés venaient là, au temps du music hall, non pour acheter des jeans et des joggings mais pour rêver devant des femmes vêtues de plumes, de strass et de lumière.

Aujourd'hui c'est un bazar qui peaufine son installation. Il proposera des objets utiles ou inutiles pour la cuisine, la décoration, le loisir...

Il n'y aura plus que les casseroles pour nous permettre d'organiser un concert!

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Restaurant l'Artiste 27 rue Gabrielle. Fresque de chats. Meyali.

J'avais depuis longtemps envie d'entrer dans ce minuscule restaurant idéalement situé en bas de la rue du Calvaire bien nommée pour l'épreuve qu'impose aux touristes l'ascension de son escalier abrupt.

Restaurant l'Artiste 27 rue Gabrielle. Fresque de chats. Meyali.

La façade est gaie et parfois un gros nounours repu est assis à côté de l'entrée, laissant entendre par son air satisfait qu'il sort de table, comblé et extatique.

 

 

 

Restaurant l'Artiste 27 rue Gabrielle. Fresque de chats. Meyali.
Restaurant l'Artiste 27 rue Gabrielle. Fresque de chats. Meyali.

Il y a quelques années le restaurant s'appelait "Chez Marie", nom qu'il avait reçu dès sa création.

Et qui lui porta chance pendant une trentaine d'années. Une fois Marie à la retraite, c'est l'Artiste qui prit la place.

J'y suis allé malgré ma méfiance et la réputation pour le moins médiocre de la plupart des restaurants de la Butte.. Un jour d'anniversaire, après avoir lu quelques avis proches de la glorification publiés sur des sites connus des consommateurs venus des quatre coins de la planète (qui n'en est pas moins ronde) j'ai franchi le seuil. "Salut l'Artiste!"

Restaurant l'Artiste 27 rue Gabrielle. Fresque de chats. Meyali.

L'accueil est souriant, chaleureux, ensoleillé. Le lieu paraît un peu trop resserré, bas de plafond et décoré de reproductions d'affiches et de tableaux qui forment un camaïeu indistinct et luisant. 

Restaurant l'Artiste 27 rue Gabrielle. Fresque de chats. Meyali.

Mais dans ce fouillis, émerge une fresque qui a aussitôt attiré mon attention de catophile, que dis-je, de catolâtre absolu. Une fresque venue du temps de "Chez Marie"

Restaurant l'Artiste 27 rue Gabrielle. Fresque de chats. Meyali.

Au pays du Chat Noir de Bruant, les matous sont partout chez eux.

D'autant plus que leur plus grand admirateur, Steinlen qui habitait sur l'autre versant, leur a consacré la majeure partie de son  œuvre, hymne à leur beauté, leur sauvagerie, leur noblesse, leur nonchalance.

Restaurant l'Artiste 27 rue Gabrielle. Fresque de chats. Meyali.

Le peintre qui a créé la fresque s'appelle J. Meyali. Il a daté son travail de 1995. Point final. Je ne peux en dire plus sur cet artiste après avoir cherché en vain  sur la toile quelques renseignements, quelques bribes de sa vie. Rien, rien de rien.

 

Je lance un appel à mes amis Montmartrois (et autres) au cas où ils auraient quelque information qui me permettrait de rendre hommage à ce peintre méconnu qui peut-être paya son écot grâce à sa joyeuse assemblée de chats.

Restaurant l'Artiste 27 rue Gabrielle. Fresque de chats. Meyali.

C'est évidemment à Steinlen qu'il fait penser, surtout avec ses chats au premier plan, moins avec ceux qui singent des attitudes humaines à l'arrière plan. Steinlen n'aurait jamais abaissé les félins jusqu'à leur donner des allures humaines!

Restaurant l'Artiste 27 rue Gabrielle. Fresque de chats. Meyali.

Les stars de cette assemblée qui trinque et fait la fête, ce sont le  blanc et le noir aux yeux d'or.

Restaurant l'Artiste 27 rue Gabrielle. Fresque de chats. Meyali.

On les retrouve presque identiques, passant la tête au-dessus du comptoir pour jeter un œil dans la salle sur les consommateurs qui envahissent leur espace. Ils n'ont pas l'air d'apprécier cette intrusion, pas plus qu'ils ne participent à la fiesta alcoolisée de leurs congénères.

Ce sont donc de vrais chats qui n'aspirent qu'au calme, à l'harmonie, éventuellement à la caresse d'un humain capable de les comprendre et de s'abaisser à leur hauteur!

 

         Si vous voulez les rencontrer, entrez avant ou après les heures d'affluence, vous serez bien accueillis et pourrez, si vous en avez envie, boire un petit verre.

Mais, je vous donne un conseil d'ami, n'y mangez pas.

Je ne veux pas être méchant, je ne dis que ça.

Croyez-en le regard mécontent de ces matous. 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #album, #MONTMARTRE. Rues et places.
Album photos jour après jour Montmartre. Avril 2024

1er avril. Un décor de théâtre. (rue Chevalier de La Barre et passage Cottin)

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2 avril. Les yeux dans les yeux. Square Nadar.

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3 avril. Un instant de bleu intense sur le campanile qui a la tête en Italie.

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4 avril. Des élèves attentifs! Square Nadar.

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5 avril. Magasin porte-bonheur? (rue du Mont-Cenis).

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6 avril. Quand la place du Calvaire est celle de la passion.

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7 avril. Un des passages les moins connus du quartier, Briquet.

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8 avril. Qu'on est bien dans les bras d'une humaine!

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9 avril. La gourmandise en marche.

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10 avril. Devant la basilique. Zorro est femme.

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11 avril. Jeune couple devant le plus vieil arbre de Montmartre.

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12 avril. Belle rencontre rue Utrillo.

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13 avril. Il est revenu avec le soleil, sans son bonnet mais avec son chat noir. Malin il offre aux touristes l'image de Montmartre qui leur convient

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14 avril. "Je connais gens de toutes sortes"

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15 avril. Les barreaux de la cage?

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16 avril. Les beaux rêves.

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17 avril. Le cycliste et son ombre (Square Louise Michel).

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18 avril. Les mariés et la horde des touristes! Feront-ils le poids? (Rue du Chevalier de La Barre).

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19 avril. Pluie pluie pluie...

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20 avril. Le décor J.O. pour les escaliers, ça fait crier les uns et ravit les autres.

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20 avril encore: Coupe du monde de VTT sur la Butte. Vieille tradition de vélo dans les escaliers.

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21 avril. Danser malgré le vent glacé!

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22 avril. La lectrice et le pigeon.

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22 avril. La fillette et les canards (pelouse du square Louise Michel).

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23 avril. Montmartre est un théâtre.

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24 avril. Les chiens et leurs ombres.  Square Nadar.

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25 avril. Le peintre punk et son portrait (Place du Calvaire)

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26 avril. Blanc et noir. Le clochard et la statue vivante.

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27 avril. L'amour à trois!

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28 avril. Les grandes découvertes.

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29 avril. Les marches du Sacré Cœur ont été peintes pour les J.O. mais pas sûr que ce sportif là obtienne la médaille d'or des trottineurs!

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30 avril. Les mariés prennent le Montmartrobus!

C'est avec eux, avec ce rayon de soleil entre deux averses que se termine ce mois d'avril. On entend déjà tintinnabuler les clochettes du muguet!

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