Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

montmartre. rues et places.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #album
Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

Miss.Tic rue Véron.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

20 novembre glacé rue Utrillo.

J'ai commencé à prendre ces photos à mon retour d'Oléron, le 20 novembre.

Saison grise où l'hiver pousse ses hallebardes mais où parfois le soleil résiste, avec ses oriflammes et ses touches de peinture, jaunes comme les tournesols de Van Gogh ou les feuilles du Gingko dans le square Louise Michel.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

21 novembre place de Clichy. Cette même femme aux chaussettes roses, depuis des années au même endroit avec sa vie dans des sacs poubelles...

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

22 novembre, square Louise Michel. Deux amies au soleil.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

23 novembre. Square Louise Michel. Têtes qui roulent...

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

24 novembre. Square Louise Michel. Le soleil du Gingko.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

25 novembre. Rue du Cardinal Guibert. Elégance des chevaux...

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

26 novembre. Escaliers du Sacré-Coeur. Chevelure peinte par Van Gogh...

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

27 novembre. Parvis du Sacré-Coeur. Danse dans le ciel gris.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

28 novembre. Rue du Calvaire. Guitare rouge.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

28 novembre.. six chevaux rue du cardinal Guibert...

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

29 novembre. La nuit tombe... un dernier rayon de soleil square Louise Michel... le chat noir s'électrise....

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.
Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

30 novembre, dernier jour du mois des morts. Cimetière Montmartre.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.
Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.
Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

Dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre, la neige est venue pour annoncer Noël!

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

1er décembre. Avenue de Clichy. Le plus vieux métier du monde ou Le plus triste...?

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

2 décembre. Depuis ma fenêtre en pensant à mon frère Jean-Loup qui peignait les toits de Paris.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

3 décembre. Parler avec les mains au-dessus de l'échiquier des bouteilles.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

4 décembre. Bisou au sommet sous les bonnets

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

5 décembre. La dame aux pigeons. Square Louise Michel.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

6 décembre. La saison des corbeaux. Square Louise Michel.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

7 décembre. Réincarnation de Dali? Place du Tertre.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

8 décembre. La nuit tombe. Place Clément.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

9 décembre. Rue du Cardinal Dubois. Le guetteur.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

10 décembre. Arbre. Square Louise Michel.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

11 décembre. Rue Gabrielle.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

12 décembre. Le Sacré-Coeur a le blues! Il paraît que c'est en hommage à Johnny enterré à Saint Bart....

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

13 décembre. La tour Eiffel vue de Montmartre  (la rue du Cardinal Guibert).

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

14 décembre. Le père Noël sur 2 chevaux, en attendant les rennes!

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

15 décembre. Rayons du soir entre les branches.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

16 décembre. Sur les marches du Sacré-Coeur. 

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

17 décembre. Reflet dans le velux. Rue Muller.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

18 décembre. Square Louise Michel. Ambiance hivernale..

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

19 décembre. Coucher de soleil rue Foyatier.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

20 décembre. Etat d'urgence dans le square Louise Michel. Il y a de la drague dans l'air!

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

21 décembre. Parapluie pour Paris-pluie!

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

23 décembre. Chipie, la chatte libre du square, se met à l'abri!

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

24 décembre. Guitariste rue du Calvaire (la bien nommée!)

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

25 décembre. Pattes et pas précautionneux dans les escaliers de la rue Paul Albert.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

26 décembre. Rue Androuet. Miss.Tic. Clin d'oeil à Godard : Ana Karina "Je ne suis pas infâme, je suis une femme!" 

 

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

27 décembre. Soir glacé. A travers les branches dans le square Nadar.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.
Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

28 décembre. La statue vivante. Escaliers du Sacré-Coeur

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

29 décembre. L'Elysée Montmartre. Un pâle rayon après la pluie glaçante.

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.
Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

30 décembre. Square Louise Michel. Certains s'ancrent l'un à l'autre pour faire face à la tempête, les autres risquent de s'envoler..... 

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.
Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

31 décembre. Passage des Abbesses.

Un précieux conseil est gravé sur les contremarches, pour ce dernier soir de 2017 et pour tous les jours de 2018!

 

Montmartre. Photos de novembre et décembre 2017 au jour le jour.

Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #MONTMARTRE. Rues et places.
Mademoiselle Duchesnois. Une tragédienne rue de la Tour des Dames.

     C'est le plus charmant hôtel de la rue qui en compte plusieurs. Il est harmonieux et ressemble à un château de contes de fées. C'est l'hôtel de la grande tragédienne du début du XIXème siècle : Mademoiselle Duchesnois (1777-1835).

 

Mademoiselle Duchesnois. Une tragédienne rue de la Tour des Dames.

     Quelle rue que cette rue de la Tour des Dames où vécurent tant de gloires du XIXème siècle et où, au 1, au 3 et au 9 vécurent trois des acteurs les plus fameux du Théâtre Français : Mademoiselle  Mars, Mademoiselle Duchesnois et Talma!

Et que dire, à quelques mètres de là, rue La Rochefoucaud de la maison, devenue musée, de Gustave Moreau, le peintre du rêve et du mystère?

 

Mademoiselle George (Baron Gérard)

Mademoiselle George (Baron Gérard)

Saint Saulve. Une rue porte son nom de tragédienne.

Saint Saulve. Une rue porte son nom de tragédienne.

     Catherine Joséphine Duchesnois est née en 1777 à Saint-Saulve près de Valenciennes où son père est aubergiste.

Elle occupe de petits empois de couturière et de servante avant de découvrir le théâtre en jouant dans une troupe locale. Elle a vingt ans et c'est le coup de foudre.

Mademoiselle Duchesnois. Une tragédienne rue de la Tour des Dames.

     Elle vient à Paris où elle suit les cours de Florence, un acteur de la comédie Française qui ne l'encourage pas car elle manque de charme, elle est hommasse et ingrate selon ses détracteurs.

Elle est cependant engagée à l'essai pour quelques mois à la Comédie Française.

Mademoiselle Duchesnois. Une tragédienne rue de la Tour des Dames.

    Et voilà qu'après des prestations tièdes et sans génie, elle interprète Phèdre et déclenche un tel enthousiasme que peu de temps après elle est engagée et devient sociétaire.

     Phèdre restera son rôle de prédilection et les spectateurs qui ont pu la voir en ont parlé avec des tremblements dans la voix! .... Et chaque fois que la pièce de Racine sera programmée, ce sera à guichets fermés!

Mademoiselle George.

Mademoiselle George.

     Les mauvaises langues ont prétendu que la promotion de Mademoiselle Duchesnois n'était pas due à son seul talent mais aussi à l'influence de Joséphine de Beauharnais qui, mécontente de la relation qu'avait nouée son empereur de mari avec une autre actrice de la Comédie Française, Mademoiselle George, avait tenu à lui donner une rivale de talent...

Mademoiselle George. Héliogravure d'après Gérard.

Mademoiselle George. Héliogravure d'après Gérard.

     D'autres mauvaises langues (espèce invasive) affirment que l'Impératrice eut à s'en mordre les doigts (modérément) car Mademoiselle Duchesnois ne laissa pas l'empereur  indifférent et eut avec lui deux ou trois rendez-vous galants.

     La rivalité entre les deux actrices qui avaient des partisans tapageurs (les Georgiens pour l'une, les Circassiens pour l'autre) donnait du piment aux représentations. 

     Mademoiselle George, belle et sensuelle possédait plus d'atouts que sa "collègue". Elle était soutenue par Napoléon qui la préférait malgré tout à la Duchesnois; elle était également soutenue par une actrice de talent, femme d'influence, Mademoiselle Raucourt, amoureuse de la diva. Mademoiselle Raucourt était une lesbienne qui ne craignait pas de vivre son homosexualité, librement. 

 

    Le départ de Mademoiselle George pour la Russie où elle connaîtra un succès extraordinaire,  va mettre fin aux hostilités et laisser la place libre à Mademoiselle Duchesnois qui règne pendant des années sur la scène du Théâtre Français

 

     Bien qu'elle soit curieuse de la littérature de son temps et reçoive dans son salon les plus célèbres écrivains, comme Victor Hugo, Mademoiselle Duchesnois n'est pas passionnée par le théâtre romantique. Elle crée quelques pièces de ses contemporains mais c'est toujours Racine qui lui procure ses plus grands succès.

 

Mademoiselle Duchesnois. Une tragédienne rue de la Tour des Dames.

     C'est en 1822, alors qu'elle a 45 ans qu'elle achète l'hôtel de la rue de la Tour des Dames. Ce petit château original a été construit en 1820 par un spéculateur notoire, le receveur Lapeyrière. Il est l'œuvre de l'architecte Auguste Constantin et il est considéré comme une des plus belles réalisations de l'architecture de la Restauration.

L'architecte Auguste Constantin (Fragonard).

L'architecte Auguste Constantin (Fragonard).

     Auguste Constantin (1790-1842) est associé avec Lapeyrière au lotissement du quartier Saint-Georges. Elève de Percier (auteur avec Fontaine qui a sa rue non loin de là, de l'arc de triomphe du Carrousel) il est aussi l'architecte du 7 rue de la tour des Dames.

 

Facade sur jardin

Facade sur jardin

     L'hôtel est élégant et romantique avec sa façade sur jardin et son avant-corps qui rythme le bâtiment. Sur rue la réussite est évidente. La façade concave est précédée d'une cour en hémicycle, ce qui lui donne son allure de petit château romantique. 

 

Mademoiselle Duchesnois. Une tragédienne rue de la Tour des Dames.

Le portail est en pierres et prend l'allure d'un arc de triomphe miniature.

L'intérieur est richement décoré. Malheureusement l'hôtel ne se visite pas. Il appartient à des particuliers qui veillent sur lui jalousement. 

 

 

 

Plafond du salon.

Plafond du salon.

Mademoiselle Duchesnois. Une tragédienne rue de la Tour des Dames.
Mademoiselle Duchesnois. Une tragédienne rue de la Tour des Dames.

    Mademoiselle Duchesnois habite pendant une dizaine d'années dans cette maison qu'elle aime et où elle reçoit artistes et romanciers.

Sa vie sentimentale n'est pas marquée par de grands éclats bien qu'elle eût mis au monde trois enfants de géniteurs différents sans jamais éprouver la nécessité de se marier.

Les zouaves à Philippeville;

Les zouaves à Philippeville;

    Son premier garçon, Henri Raffin Duchesnois passe pour être le fruit d'un amour passager avec un homme aux mains caressantes, un harpiste talentueux. Mais quelques fins limiers en font le fils du général Savary, duc de Rovigo, qui le protégea quand il servit sous ses ordres en Algérie. Ce qui ne lui évita pas d'être attaqué par de vilains virus et de mourir en 1839 à Philippeville.

Bône. Aujourd'hui Annaba.

Bône. Aujourd'hui Annaba.

    Son deuxième garçon, Anatole Raffin Duchesnois a pour père le marquis Anatole de la Woëstrine et il est mort lui aussi en Algérie, à Bône (aujourd'hui Annaba) en 1850.

Mademoiselle Duchesnois. Une tragédienne rue de la Tour des Dames.

    Une fille enfin échappa grâce à son sexe à l'aventure algérienne. Elle s'appelait Rosamonde Joséphine Gélinet, son père, le commandant Gélinet l'ayant reconnue et aimée.

Buste de Joséphine Duchesnois

Buste de Joséphine Duchesnois

Avec le temps, va, tout s'en va... le talent aussi quelquefois...

Voici ce que dit Etienne de Lamothe Langon au sujet de la grande actrice :

" Ses qualités disparaissent et ses défauts augmentent. Ses forces qui s'épuisent, sa déclamation toute de l'ancienne école, sa haine pour la tragédie romantique nuisent à ses qualités."

 

En 1833, Mademoiselle Duchesnois quitte le théâtre.  Décision difficile car il est sa vie et sa respiration. Elle trouve quelque consolation dans la religion.  Mais comme la bougie qui s'éteint sur la scène, marquant la fin du dernier acte, elle s'éteint à son tour en 1835.

Elle est enterrée au père Lachaise.

 

Sa commune natale, Saint-Saulve éleva à sa mémoire un premier monument qui fut détruit par les Allemands en 1914.

 

Un deuxième monument le remplaça après la première guerre mais il fut à son tour détruit pour être fondu pendant l'occupation...

 

Mademoiselle Duchesnois. Une tragédienne rue de la Tour des Dames.

     Il n'y eut pas de troisième monument et il n'y en aura sans doute jamais. Il ne nous reste que l'hôtel de la tour des Dames où, certains soirs, le passant romantique, entend une voix douce et forte à la fois dire des vers de Racine....

... les plus beaux vers de notre langue

...Les vers que mademoiselle Duchesnois ne cesse de chanter  car comme chacun sait, la voix ne s'enterre pas....

Elle vole librement rue de la Tour des Dames où elle se mêle à celles de Talma et de Mademoiselle Mars....

Répétition avec Mademoiselle Duchesnois et Talma...

Répétition avec Mademoiselle Duchesnois et Talma...

Mademoiselle Duchesnois. Une tragédienne rue de la Tour des Dames.

"Est-ce un malheur si grand que de cesser de vivre?"

(Phèdre)

Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
17-19 rue Chaptal.

17-19 rue Chaptal.

     Après  Gainsbourg et Xenakis, c'est encore la musique qui est à l'honneur dans la rue Chaptal.

    En effet, c'est au 17 que vécut un violoniste qui fut considéré comme un des plus virtuoses de son époque.

 

Henri Vieuxtemps par Barthélémy Vieillevoye (1828)

Henri Vieuxtemps par Barthélémy Vieillevoye (1828)

    Il s'agit du Belge Henri Vieuxtemps (1820-1881). Interprète prodige, il fut comme Mozart, exhibé dès l'âge de 6 ans dans des concerts où la bonne société venait applaudir un phénomène. 

     Sa virtuosité qui le fit comparer à Paganini, lui fut préjudiciable, comme à ce dernier, car on oublia que le musicien fut aussi un compositeur, ami de Schuman, admiré de Berlioz.

Rue Chaptal. 2ème partie. Du 17 au 33.

     Après une attaque qui le laissa en partie paralysé, il passa les dernières années de sa vie à Paris.

Rue Chaptal. 2ème partie. Du 17 au 33.

     L'immeuble est inscrit sur le plan de protection patrimoniale. Sa façade dissimule un hôtel particulier dont les jardins donnent sur la rue Henner.

 

Rue Chaptal. 2ème partie. Du 17 au 33.

     Nous y rencontrons une poétesse qui fut aimée de Charles Cros et qui y tenait un salon littéraire, un des plus brillants de Paris.

     Il s'agit de Nina de Callias (1843-1884). Elle serait sans doute oubliée aujourd'hui si Manet ne l'avait peinte. Elle est la célèbre "Dame aux éventails" aujourd'hui au musée d'Orsay.

Charles Cros.

Charles Cros.

    Elle eut pour amant le poète Charles Cros à qui elle inspira quelques poèmes de son recueil "Le coffret de Santal"....

..."L'odeur de tes cheveux, la blancheur de tes dents,

Tes souples soubresauts et tes soupirs grondants,

Tes baisers inquiets de lionne joueuse

 

M'ont, à la fois, donné la peur et le désir

De voir finir, après l'éblouissant plaisir,

Par l'éternelle mort, la nuit tumultueuse." 

Cité Chaptal

Cité Chaptal

     Au 20 s'ouvre la cité Chaptal où habitait Fréhel l'année où elle offrit un verre à l'écolier Gainsbourg rencontré à la sortie de l'école. La voie est étroite et éclairée par la façade peinte en jaune de l'International Visual Théâtre, créé en 1976 et installé depuis 2004 au 7 cité Chaptal.

Emmanuelle Laborit (photo Pélerin magazine)

Emmanuelle Laborit (photo Pélerin magazine)

     C'est un haut lieu de culture et de rencontres dédié au langage des signes et au spectacle. Il est dirigé par Emmanuelle Laborit, la bouleversante interprète des "Enfants du Silence".  

 

 

Le Grand Guignol 1947

Le Grand Guignol 1947

     Ce théâtre à l'abri du tumulte et qui laisse libre cours à l'énergie créatrice abrita une des salles les plus tapageuses et les plus sanglantes de Paris : Le Grand Guignol ... qui donna son nom à un genre de spectacle arrosé à l'hémoglobine

 

 

    C'est en 1897 qu'il ouvrit ses portes grinçantes... dans une chapelle qui avait été transformée en atelier par le peintre Rochegrosse.

     Les auteurs des pièces qui y sont jouées sont souvent des écrivains de grand talent comme Jean Lorrain ou Courteline. A la fin du siècle, pour attirer un plus grand public, la mise en scène macabre prend le dessus sur le texte. L'auteur le plus prolifique est alors André de Lorde surnommé "le prince de l'épouvante".

Rue Chaptal. 2ème partie. Du 17 au 33.

     Les sujets de prédilection sont les rapports entre soignants et malades, dans des asiles psychiatriques. 

     Dans les années 30, le cinéma d'horreur concurrence le Grand Guignol qui bat de l'aile et il faut attendre l'après guerre pour que de nouveaux auteurs comme Frédéric Dard lui redonne un peu de sang frais! 

 

Mais ce ne sera pas suffisant et malgré quelques réussites et la prestation d'acteurs talentueux comme Roger Hanin ou Judith Magre, le théâtre ferme ses portes en 1963....

Rochegrosse dans son atelier.

Rochegrosse dans son atelier.

    Nous avons vu que le Grand Guignol s'était installé dans l'atelier de Rochegrosse, un peintre qu'il convient de mentionner maintenant...

Rochegrosse (1859-1938) commença sa carrière de peintre en réalisant des scènes historiques avant de rejoindre le symbolisme...

 

     Il tomba amoureux de l'Algérie où il rencontra sa femme et où il vécut juqu'à sa mort après avoir quitté la rue Chaptal. Sa dernière période le classe alors parmi les peintres orientalistes.

 

Rue Chaptal. 2ème partie. Du 17 au 33.

     Parmi les immeubles de la Cité, le 4 bis actuel mérite notre attention. C'est un bel hôtel de la première moitié du XIXème siècle qui donne une idée de ce qu'était la rue lors de sa création, quand le quartier se targuait d'être "la Nouvelle Athènes" et qu'il était loti d'hôtels particuliers et de jardins.

Le 21

Le 21

     Au 21, le linteau garde mémoire d'un laboratoire pharmaceutique comme il y en avait de nombreux à Paris. Des pharmaciens-Tournesol mettaient au point des remèdes qu'ils commercialisaient.

Scientia connut de nombreux succès avec des médicaments contre la décalcification, d'autres à base d'huile de foie de morue (oh l'horrible souvenir!) et d'autres enfin survitaminés... Il ne ferma ses portes qu'au milieu du XXème siècle et seul le linteau parle encore de lui...

 

Le 22

Le 22

Rue Chaptal. 2ème partie. Du 17 au 33.

     Le 22 abrite une galerie d'art de renom : "La Nouvelle Athènes". L'architecte de l'immeuble est Emile Hennequet, assez théâtral dans son style post haussmannien. Nous l'avons déjà rencontré avenue Trudaine où il signa dans la pierre plusieurs numéros.

Le 24

Le 24

Le 24

Le 24

     Bien différent des hôtels de la Nouvelle Athènes, le 24 est un bel exemple de l'architecture du début du XXème siècle, avec ses larges baies, sa pierre blonde et ses décorations inventives, fleurs, visages, bouc....

 

Rue Chaptal. 2ème partie. Du 17 au 33.

     Il est dû à l'architecte Henri Petit (1856-1926) que nous avons déjà rencontré au début de la rue. Nous avons vu qu'il était, lui aussi, amoureux de l'Algérie où il conçut de nombreux bâtiments dans le style qu'on a qualifié de "mauresque". Une de ses réussites est la Grande Poste d'Alger.

 

Rue Chaptal. 2ème partie. Du 17 au 33.

     Le 26 est un bel immeuble qui comme beaucoup d'autres dans le quartier s'est édifié sur les jardins d'un hôtel particulier (hôtel de Serigny) plus ancien que ceux de l'époque romantique puisqu'il date de 1780.

 

Rue Chaptal. 2ème partie. Du 17 au 33.
Rue Chaptal. 2ème partie. Du 17 au 33.

     Il a été remanié, restructuré au XIXème. La plupart de ses décors et de ses stucs ont été ratiboisés. Seul subsiste celui du grand salon, somptueux, avec ses quatre saisons peintes par Claude Bourgonnier.

 

    Claude Bourgonnier (1860-1921) qui étudia avec Cabanel et Millet fut influencé d'abord par l'impressionnisme avant de préférer le symbolisme décoratif de se consacrer essentiellement à la peinture de fresques dans des hôtels particuliers et des bâtiments publics.

 

 

     Aujourd'hui l'hôtel est un lieu de calme et de culture puisqu'il abrite la bibliothèque Chaptal.

 

Les habitants du 26 aiment leur refuge et y entretiennent amoureusement les plates bandes... 

Le 27

Le 27

     Le 27 est encore un immeuble qui a été construit sur les jardins, à la fin du XIXème siècle. Son architecte, Eugène Blanchet a fait graver son nom sur la façade.

Le 32

Le 32

Rue Chaptal. 2ème partie. Du 17 au 33.

    Le 32 n'a pas l'honneur d'exister entre le 30 et le 34 où il s'est perdu!  C'était une pension connue sous le nom d'Institution Landry dont on se rappelle le nom pour la seule raison qu'elle eut pendant neuf ans un illustre pensionnaire : Paul Verlaine.

 

     Ses parents habitaient alors rue Truffaut (28).

     Le poète parlera de son école dans "Mes prisons" :

"Une grille monumentale sur une cour pavée, menait au réfectoire de la pension."

"Tout cela a disparu pour faire place, bien entendu, à de belles maisons de rapport."

"C'était là qu'il y a trop longtemps, je commençais mes études après avoir achevé d'apprendre à lire, à écrire, à compter (mal), dans la petite classe élémentaire."

 

Angle de la rue Chaptal avec la rue Blanche.

Angle de la rue Chaptal avec la rue Blanche.

     C'est à Montmartre, rue Nicolet qu'il vivra, jeune adulte, avec sa femme Mathilde et son fils Georges.

Mais c'est une autre histoire.... soudain illuminée et bouleversée par une météorite nommée Rimbaud. 

 

34 Le Dit Vin

34 Le Dit Vin

     Nous arrivons rue Blanche et passons devant un café qui rend hommage par un jeu de mot au vin boisson des dieux....

     Alors, non loin de la vigne de Montmartre, comment ne pas citer quelques vers du poème "Vendanges" de Verlaine?

 

"Frère du sang de la vigne rose,

Frère du vin de la veine noire,

O vin, O sang, c'est l'apothéose!

Chantez, pleurez, chassez la mémoire

Et chassez l'âme et jusqu'aux ténèbres

Magnétisez nos pauvres vertèbres."

 

 

 

Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

     C'est une courte rue (249 m) qui va de la rue Pierre Fontaine à la rue Blanche.

     Elle a été créée en 1825 sur des terrains qui appartenaient à la famille Chaptal. Elle recevra le nom de son plus illustre représentant, le chimiste à qui l'on doit l'augmentation du taux d'alcool dans le vin par sucrage. Méthode appelée aujourd'hui "chaptalisation".

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

    Notre savant aurait pu ne jamais honorer Bacchus si, conformément à ses vœux il avait persévéré dans la médecine. Mais, un jour où il pratiquait une dissection sur un jeune homme, il vit ce dernier se réveiller et se lever comme Lazare devant le Christ. Jean Chaptal en ressentit un tel effroi qu'il laissa là son scalpel  pour entamer des études de chimie !

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

    Bon! Il n'est pas désagréable que notre vignoble montmartrois ait pour presque voisin un tel bienfaiteur du genre humain amateur de bonnes bouteilles.

Le 1

Le 1

     A l'angle de la rue Pigalle, il y avait le grand café "GAVARNIE" connu pour ses belles entraîneuses. C'était un des nombreux repaires à Pigalle des trafiquants en tout genre. Mais si nous le mentionnons aujourd'hui c'est parce qu'il accueillit pendant les années de la 2ème guerre un jeune pianiste plein de talent, amateur de jazz... Louis de Funès!

 

 

Pointe entre la rue Chaptal et la rue Fontaaine

Pointe entre la rue Chaptal et la rue Fontaaine

Les 2 et 4
Les 2 et 4

Les 2 et 4

Les 2 et 4, un peu austères sont dus à l'architecte L. Pelte. Ils datent de 1882.

Le 3
Le 3

Le 3

Le 3 est un immeuble lourdement cossu avec ses stalactites de pierre.

Les 6 et 8

Les 6 et 8

Le 7
Le 7

Le 7

     Le 7 aux larges baies et à l'architecture fin de siècle est dû à Henri Petit (1856-1926) qui avait choisi de vivre et de mourir en Algérie où il réalisa de nombreux bâtiments qui font aujourd'hui partie du patrimoine algérien de style néo mauresque.

L'immeuble est une de ses belles et trop rares contributions au bâti parisien.

 

 

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...
Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...
Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

     Le 9 richement décoré est intéressant à plus d'un titre.

     Il fut le siège de la société Goupil de 1860 à 1890. Adolphe Goupil est célèbre pour avoir été un des plus importants marchands  et éditeurs d'art du XIXème siècle.

 

    C'est dans sa galerie qu'à son arrivée à Paris, désargenté et vivant grâce à Théo son frère, Vincent Van Gogh exerça quelques mois l'emploi de vendeur.

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...
Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

    C'est encore au 9 que vécut et mourut le grand compositeur grec Iannis Xenakis. On a oublié parfois qu'il fut adepte et collaborateur de Le Corbusier avant de se consacrer à la musique. Il se réfugia en France en 1947 à cause de la terrible guerre civile qui fit plus de 150 000 morts et causa l'exil de nombreux communistes (ce qu'il était).

    S'il habitait dans ce bel immeuble, c'est rue Massé, au 17, qu'il avait un studio où il travaillait.

Le 10

Le 10

     Au 10, il y eut le siège de la Société des Auteurs, Compositeurs, Editeurs, créée en 1850. Il s'agit de l'ancêtre de la SACEM à laquelle Xenakis devait être inscrit!

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

    Une belle sculpture rappelle cette histoire, avec muses musiciennes et en médaillon un Beethoven hirsute et mécontent

Le 11

Le 11

    Le 11 reçoit parfois la visite de pèlerins admirateurs de Serge Gainsbourg. C'est en effet à cette adresse que vécut pendant des années la famille Ginsburg. Le père est pianiste et se produit dans les bars du quartier, la mère est chanteuse lyrique, deux artistes passionnés qui donneront à leurs enfants le goût de la musique.

 

Joseph et Olia Ginsburg

Joseph et Olia Ginsburg

    Ils ont quitté la Russie pour se réfugier à Paris où ils n'imaginaient pas que les Juifs seraient un jour persécutés. Ils obtiennent la nationalité française mais sont contraints de porter l'étoile jaune, l'étoile de shérif comme dira Serge.

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

     En 1941 ils quittent Paris pour se réfugier d'abord dans la Sarthe, ensuite près de Limoges. L'année de la rafle du Vel d'Hiv qui aurait pu emporter toute la famille si elle avait été présente à Paris, ils sont déchus de leur nationalité.

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

   Juste en face du 11, l'école porte la plaque qui rappelle que 300 enfants de l'arrondissement furent arrêtés et exterminés.

 

Jane birkin et Charlotte Gainsbourg devant le 11.

Jane birkin et Charlotte Gainsbourg devant le 11.

     Quelle belle revanche sur le malheur et sur la haine ce jour où fut apposée sur le mur une simple plaque, en présence de Jane et de Charlotte.... qui rappelait qu'un "artiste majeur" avait vécu à cet endroit!

 

     Serge Gainsbourg a gardé bien des souvenirs de son enfance dans ce quartier. Un des plus marquants fut celui de sa rencontre avec Fréhel, alors très populaire, qui habitait cité Chaptal (elle mourra seule et misérable des années plus tard, rue Pigalle). Le jeune Lulu venait de recevoir la croix d'honneur dans son école et rentrait fièrement, en l'exhibant.

     Fréhel passait par là et émue par le gamin se pencha sur lui.

 

 

    Voici comment en parlera Gainsbourg :

"J'avais neuf-dix ans et voilà que je croise Fréhel qui ressemblait à un tas immonde et qui habitait à deux pas, dans l'impasse Chaptal où il y avait le Grand Guignol. Elle se baladait dans la rue avec un pékinois sous chaque bras, en peignoir, avec un gigolo à distance réglementaire, cinq mètres derrière, comme à l'armée. Je revenais de mon école communale et j'avais la croix d'honneur sur mon tablier. Fréhel m'a arrêté, elle m'a passé la main dans les cheveux, elle m'a dit : T'es un bon petit garçon (elle ne me connaissait pas!). Tu es sage à l'école, je vois que tu as la croix d'honneur, alors je vais te payer un verre. Je revois parfaitement la scène, c'était en terrasse du café qui fait le coin de la rue Chaptal avec la rue Henner. Elle s'est pris un ballon de rouge et m'a payé un diabolo grenadine et une tartelette aux cerises."

 

L'annexe 15 rue Chaptal.

L'annexe 15 rue Chaptal.

     Au 15 rue Chaptal, le café et sa terrasse sont toujours là. A nous d'imaginer Fréhel et ses deux pékinois, assise à côté de Lulu qui arborait sa croix d'honneur, peu de temps avant de la remplacer par l'étoile jaune, son "étoile de shérif".

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

    On pense alors au scandale que provoqua la Marseillaise chantée en reggae...

    On regrette que des esprits étroits n'aient pas compris qu'il s'agissait d'un hymne d'amour pour le pays et les gens qu'il aimait et pour qui il habillait de douceur et de sensualité les paroles guerrières.

Le 14

Le 14

    Le 14 ne paie pas de mine. C'est qu'il a été construit sur un jardin qui agrémentait un petit hôtel particulier qu'on peut apercevoir depuis la Cité Chaptal

    Il fut en 1876 l'adresse de Maurice Barrès. L'écrivain n'aura pas l'occasion de croiser le jeune Lulu qui habitera la rue un demi siècle plus tard ! Il n'aura pas le loisir de lui expliquer pourquoi il écrivit : "Le Juif n'a pas de Patrie au sens où nous l'entendons. Pour nous, la Patrie, c'est le sol et les ancêtres, c'est la terre de nos morts. Pour eux c'est l'endroit où ils placent leur plus grand intérêt." 

 

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...
allée du 16

allée du 16

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

     Ici une allée de grands marronniers conduit à un domaine enchanté où le temps s'est arrêté avec les romantiques.

     Nous sommes dans le jardin qui entoure l'hôtel particulier d'Ary Scheffer, aujourd'hui devenu le musée de la Vie Romantique.

 

    Nous avons consacré plusieurs articles à ce lieu hanté qui semble avoir traversé les années....

 

    Le salon, le bureau semblent encore habités. De nombreuses toiles du peintre ornent les murs et dans les vitrines sont exposés des objets ayant appartenu à Georges Sand. Impressionnants sont les moulages des mains de Chopin et de Sand, si proches et cependant figées, comme interdites de se réunir avant la nuit et le départ des visiteurs, à l'heure où tous les rêves prennent le dessus...

... Et comment n'auraient-ils pas laissé d'empreintes tous ces artistes qui se retrouvèrent ici : Dickens, Tourgueniev, Géricault, Rossini, Delacroix ?

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...
Chopin (Ary Scheffer)

Chopin (Ary Scheffer)

   C'est dans le jardin, dans la douceur de l'automne, saison romantique s'il en est, que nous nous arrêtons.... en écoutant chanter le piano de Chopin...

Nous poursuivrons la visite de la rue Chaptal la prochaine fois....

... Suite au prochain numéro!

Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
La rue d'Aumale vers la rue La Rochefoucaud

La rue d'Aumale vers la rue La Rochefoucaud

...C'est une rue qui ne se monte pas du col et qui sans faire d'histoire suit son petit bonhomme de chemin entre la rue Saint-Georges et la rue de La Rochefoucaud. elle est pourtant exceptionnelle car elle a gardé pour l'essentiel son aspect originel qui fait d'elle un musée architectural de la Restauration et de la Monarchie de Juillet.

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Elle est ouverte en 1846 et porte le nom d'un des fils de Louis-Philippe, Henri d'Orléans, duc d'Aumale (1822-1897).

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Nous sommes dans la période de la colonisation de l'Algérie et le duc D'Aumale s'illustre (si on peut dire) en prenant en 1843 la Smala d'Abd El Kader. Il est considéré comme un héros qui mérite bien que la nouvelle rue porte son nom!

Le jour viendra peut-être où une "communauté" demandera qu'on débaptise la rue, comme si effacer un nom c'était effacer l'histoire avec ses ombres. 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

La rue commence au niveau de la rue Saint-Georges, au cœur du quartier de la Nouvelle Athènes.

Certains immeubles sont construits selon les goût de la Restauration (bien que nous soyons alors sous la Monarchie de Juillet), c'est à dire avec sobriété, peu de décoration mais un rythme régulier. Ils sont en pierre de taille, scandés par des bandeaux d'appui horizontaux.

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Nous sommes dans des années où l'urbanisation se développe avec des immeubles de rapport qui assurent de confortables revenus à la bourgeoisie triomphante. De grands programmes sont lancés dans plusieurs quartiers de Paris, Saint-Vincent de Paul, François 1er et Saint-Georges où se trouve notre rue...

Le 3.

Le 3.

Le 3 est aujourd'hui connu grâce au passage dans ses murs de Wagner, venu à Paris présenter son Tannhäuser.

 

A l'en croire, il n'a pas gardé un très bon souvenir de ce deuxième étage où il déménagea après avoir été chassé de la rue Newton par les travaux du Baron Haussmann!

"Je me suis donc mis à la recherche d'un autre logement et j'en trouvai un, misérable et lugubre, rue d'Aumale. Par un temps exécrable, il nous fallut déménager à la fin de l'automne. Fatigué par ces opérations et les répétitions, je fus finalement terrassé par une fièvre typhoïde."

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Wagner travaille d'arrache-pied pour donner une version en français de son œuvre. Il y ajoute un ballet censé séduire les Parisiens. Mais c'est un fiasco! Sifflets, quolibets, cabale...

Il est vrai que cette cabale prend un tour politique et est menée par les anti-bonapartistes, saisissant l'occasion de s'opposer à Napoléon III qui a voulu que Wagner vienne à Paris et qui a donné l'ordre à l'Opéra de représenter son œuvre.

 

Après la troisième représentation, Wagner retire son œuvre et quitte Paris. Malgré la qualité de ses défenseurs (parmi lesquels Baudelaire, Mendès, Gounod) il ne reviendra pas et ce n'est que trente ans plus tard qu'un de ses opéras sera représenté sur la scène de l'Opéra (Lohengrin en 1891).

 

Le 6

Le 6

Le 6 a pour architecte Emile Godeboeuf (1809-1879) qui s'est illustré en concevant la mairie du XVIème arrondissement et l'église luthérienne de la Résurrection dans le XVème.

Le 8

Le 8

Le 10

Le 10

Les 8 et 10 viennent rompre l'harmonie des immeubles à l'architecture plus simple du début de la rue.  Ils sont spectaculaires et somptueux dans le plus pur style haussmannien. Ce style qui donne à Paris son unité et en fait une ville unique...

 

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Leur architecte est Adrien Sibert et ils ont été construits en 1864, année de l'achèvement du lotissement de la rue.

 

Le 10 possède une remarquable cour en fer à cheval que l'on ne peut pas visiter, hélas. Paris est ainsi fait de trésors cachés derrières des façades hermétiques... 

Mais par chance, je suis repassé par la rue un jour où le portail était entrouvert et où des travaux étaient en cours...

 

J'ai pu admirer la cour aux colonnes corinthiennes, les anciennes remises pour les voitures et la fontaine-abreuvoir pour les chevaux...

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 9

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 11

Le 12

Le 12

Au 12, un historien un peu oublié de nos jours a vécu des années avant d'y rendre l'âme. Il s'agit de François Mignet.

 

Sa grande œuvre est son "Histoire de la Révolution Française" qui se démarque des écrivains-philosophes en privilégiant la narration, aussi objective que possible. Son "Histoire" connaît un grand succès et vaut à son auteur l'admiration du poète Heinrich Heine. tous deux resteront amis et Mignet sera très atteint par la mort de Heine qu'il accompagne lors de son enterrement au cimetière de Montmartre.

 

Une autre amitié indéfectible est celle de Thiers dont l'hôtel somptueux et ses jardins jouxtent la rue d'Aumale. Hôtel qui sera brûlé pendant la Commune. On connaît le rôle que joua Thiers pendant ces jours terribles. Ce personnage ne fait pas partie de ceux que les Montmartrois gardent dans leur cœur!

 

Le 14 qui fait partie du même ensemble ouvre sur une cour classée où étaient construites des écuries autour d'une fontaine-abreuvoir. La cour ouvrait à l'arrière sur les jardins de Thiers, ce qui permettait à Mignet de prendre ce raccourci pour rencontrer son vieil ami!

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
Partie des anciens jardins de l'hötel de Thiers. (aujourd'hui square Alex Biscarre).

Partie des anciens jardins de l'hötel de Thiers. (aujourd'hui square Alex Biscarre).

     Dans cet immeuble a vécu une des créatrice de bijoux les plus célèbres de Paris, Suzanne Belperron. Son histoire est liée à celle de la joaillerie. Venue à Paris (elle habita d'abord rue Lamarck) elle travailla pour Jeanne Boivin, sœur de Poiret, avant de gagner la maison Herz et de "révolutionner le monde du bijou par ses sculptures à la main de pierres précieuses". (Vogue)

 

    Herz fut arrêté par la Gestapo et assassiné dans les camps. Suzanne devint résistante et risqua plus d'une fois sa vie. Après guerre, elle reprend son activité créatrice et travaille pour les stars d'Hollywood, pour les cours d'Europe ou pour les plus grands couturiers.

     Elle meurt en 1985.

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 15 n'est pas très original avec sa façade Louis XIII de briques et de pierres. Il est dû à Pigny architecte qui l'a conçu pour son beau-frère, le peintre chic et snob de la haute bourgeoisie : Edouard Dubufe.

 

Gounod, Pigny et Dubufe

Gounod, Pigny et Dubufe

Notons au passage que ces deux beaux-frères en avaient un troisième, Charles Gounod! Les trois hommes avaient en effet jeté leur dévolu sur trois sœurs Zimmerman. Charles Gounod épousa Anna, Jean-Baptiste Pigny épousa Berthe, Edouard Dubufe épousa Juliette. Il y avait une quatrième sœur, Zéa, qui fut l'épouse de Pigache, un médecin de Napoléon III!

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

     Dubufe avait tant de commandes qu'il ne parvenait pas à les honorer toutes! On faisait queue dans son atelier et toute famille en vue se devait de faire portraiturer la maîtresse de maison...

Zola, ami de Cézanne, parlait de sa peinture "aux effets de crème fouettée"!

     Les amateurs de théâtre auront l'occasion d'y goûter pendant les entractes dans la salle du foyer de la Comédie Française puisque le plafond est l'œuvre de Dubufe!

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

     Un petit arrêt devant le 19, immeuble à pan coupé richement sculpté, dont une partie donne sur la rue Taitbout. Il date de 1854 et les sculptures sont l'œuvre de Joussot. 

 

Il servit de siège à une des premières compagnies d'assurance, le groupe Prévoir créé en 1910, qui devint en 1923 Le Devoir...

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 22

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 23

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

     Le 24 est un bel immeuble post haussmannien (1896) qui écrase un peu ses voisins. Son architecte est Ch. Michel.

 

    C'est ici, au deuxième étage que passa plusieurs années de son enfance et son adolescence une chanteuse qui illustra la période Yéyé mais qui dès ses débuts eut une image à la fois romantique et moderne. Il s'agit de Françoise Hardy dont l'étoile n'a jamais pâli et qui les années passant s'est révélée écrivaine attentive et profonde.

Elle a 16 ans quand elle suit les cours du Petit Conservatoire....

 

Elle a voulu revoir l'appartement où elle vécut avec sa mère et sa sœur. Elle écrit à ce propos :

"Rien n'avait changé. Je me suis arrêtée à la porte de notre ancien appartement. Il y avait du bruit. Je n'ai pas osé frapper."

 

Peut-être pensa t-elle alors à une de ses chansons "La maison où j'ai grandi".

(...) Quand j'ai quitté ce coin de mon enfance

Je savais déjà que j'y laissais mon cœur.

(...)

Le temps a passé et me revoilà

Cherchant en vain la maison que j'aimais..."

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Une plaque rappelle qu'au même 24 vécut Joseph Limon, un jeune homme, arrêté parce que résistant et déporté au camp d'Hersbrück en Bavière, où il mourut.

Savait-il que bien des générations avant lui, un autre Joseph Limon, âgé comme lui de 24 ans, fut fauché sur le champ de bataille de Waterloo?

Mémorail du crématorium d'Hersbrück

Mémorail du crématorium d'Hersbrück

Le camp d'Hersbrück fonctionna moins d'un an mais plus de 4000 déportés y moururent...

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 26 est représentatif de cette rue dont il est l'un des premiers qui ait été édifié (1849). Il date de Louis-Philippe et il s'orne d'un riche décor néo Renaissance.

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 27

     Toute la rue pourrait être classée tant elle est harmonieuse dans son unité qui conjugue pourtant plusieurs styles.

   Elle est un bel exemple de la vitalité architecturale de Paris qui au XIXème siècle devint la capitale artistique de l'Occident!

 Et cela malgré la "crème fouettée" d'Edouard Dubufe!

 

 

Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #MONTMARTRE. Rues et places.
Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.
Mlle Mars (Gérard)

Mlle Mars (Gérard)

....On  imagine mal aujourd'hui la popularité des grandes actrices de la première moitié du XIXème siècle.

     Lorsque Mademoiselle Mars est conduite au cimetière du Père Lachaise, une foule immense l'accompagne. Une foule dans laquelle sans doute étaient minoritaires ceux qui avaient eu la chance de la voir sur scène. 

 

Mlle Mars (Lagrenée)

Mlle Mars (Lagrenée)

     C'est que la sympathie et l'admiration qu'elle suscitait étaient liées à l'histoire tourmentée de la France et à la fidélité d'un grand nombre de Français à Napoléon. Il se trouve que Mademoiselle Mars avait été l'actrice préférée de l'empereur et qu'elle lui était restée attachée, allant jusqu'à le rencontrer après son retour...

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

     Elle voit le monde en 1779. Son père est acteur à la Comédie Française et auteur de pièces appréciées de Marie Antoinette. Sa mère est actrice, elle aussi; elle se fait appeler Madame Mars et désespère de perdre l'accent provençal qui nuit à sa carrière.

     Ils ne sont pas mariés et, lorsque son père revient d'un séjour de plusieurs années en Suède (où il aurait fui des poursuites après avoir été surpris en flagrant délit avec un garçon dans les jardins du Palais Royal) il a convolé en justes noces avec une jolie polonaise qui lui a donné trois enfants.

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

     Mademoiselle Mars est alors une fillette plutôt secrète et taciturne. Le nouveau compagnon de sa mère, Valville, se prend d'affection pour elle et comme il est acteur à Versailles, il lui obtient de petits rôles qui lui donnent à la fois de l'assurance et du goût pour les lumières de la scène.

Mlle Mars en Célimène

Mlle Mars en Célimène

     En 1799, elle entre à la Comédie Française où elle restera pendant plus de 40 ans! Elle excelle dans les pièces de Molière et si à ses débuts elle est une délicieuse Agnès, elle devient plus tard une Célimène spirituelle et charmante. Stendhal qui était exigeant et fin connaisseur écrit à deux reprises dans son journal, après avoir assisté à une représentation : "Elle est divine, elle est parfaite". Il ajoute qu'il fermait les yeux quand l'émotion était trop forte "de crainte de tomber amoureux".

 

     Il n'est pas le seul à apprécier sa grâce, son regard intense, sa diction claire et sensuelle. Napoléon assiste avec plaisir à ses spectacles. Il lui confie son admiration. Sans nul doute lui a-t-elle également confié la sienne! Entre eux deux une estime solide s'établit qui jamais ne se délitera.

     Pendant les Cent jours, elle portera sur scène des violettes nouées à ses rubans, signe de connivence des partisans de l'Empereur.

 

    La vie amoureuse de l'actrice n'est pas des plus simples. A 19 ans elle a pour amant Nicolas Bronner, un homme séduisant mais peu intéressé par le théâtre et occupé à des transactions commerciales qui restent mystérieuses pour son amie. Pendant cinq ans, ils vivent ensemble, pas encore rue de la Tour des Dames mais rue Richelieu (alors rue de la Loi). Trois enfants naissent de cet amour: ils seront plus tard reconnus par leur père. Nul doute que ce fut un amour profond et fécond. On ne sait pourquoi Vicor Bronner disparut mystérieusement en 1801. 

Mlle Mars (Isabey)

Mlle Mars (Isabey)

    Son deuxième amant a un nom romantique, René Ange, et il est le fils d'une actrice de la Comédie Française qui l'avait aidée au début de sa carrière. Nous sommes en 1802. Leur histoire durera 4 ans. Ce qui prouve que mademoiselle Mars n'était pas volage et que ses passions éphémères étaient durables!

Charles de Flahaut

Charles de Flahaut

     Le troisième amant, en 1814, est Charles de Flahaut, lui même amant de la reine Hortense, belle fille de Napoléon. Une lettre enflammée de Mademoiselle Mars tomba subrepticement entre les mains d'Hortense qui mit en demeure son Charles de rompre avec la comédienne. Ce qui fut fait. 

 

     Le quatrième amant se fait appeler Colonel de Brack. Il a toutes les qualités. Il est beau, spirituel, le visage harmonieux et.... il est un ancien de la Garde Impériale! Il a remporté de nombreuses victoires amoureuses et, sûr de ses charmes, il a tendance à profiter des largesses de ses conquêtes!

     C'est à cette époque que Mademoiselle Mars achète le magnifique hôtel de la Tour des Dames  au Maréchal Gouvion de Saint-Cyr. Il avait été construit pour l'explorateur Bougainville en 1820 par Louis Visconti, sur le modèle antique, un peu austère qui plaît dans ce quartier qu'on nommera la Nouvelle Athènes.

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

     Le bâtiment harmonieux possède cinq travées sur la rue de la Tour des Dames et son porche d'entrée est entouré de colonnes doriques. Il faut imaginer le grand jardin sur lequel il donnait et qui descendait jusqu'à la rue Saint-Lazare. Il n'en reste que des souvenirs!

 

     L'intérieur était décoré dans le goût du temps avec une certaine sobriété. Le vestibule d'entrée, aujourd'hui classé, est sans doute la plus belle pièce de l'hôtel. 

 

     L'architecte est Louis Visconti, celui-là même à qui l'on doit le tombeau de l'Empereur aux Invalides.

 

     Pendant qu'elle vit dans cet hôtel, proche de celui de Talma, il arrive deux mésaventures à la diva. Celle que l'on surnommait "le diamant" pour son regard et les facettes éclatantes de son jeu, possédait de nombreux bijoux. Elle était coquette et s'habillait avec recherche. Elle donnait souvent le ton et mettait à la mode rubans et couleurs qu'elle arborait

 

     En 1827, première mésaventure. Deux de ses domestiques, François Scipion l'Africain et son épouse lui volent la plus grande partie de son trésor. Et Dieu sait qu'il était somptueux puisque, par crainte d'une occupation par les alliés en 1815, elle fit fabriquer plus de quarante boites de fer pour les cacher!

Gérard par Isabey

Gérard par Isabey

     En 1837, elle est bouleversée par la mort du peintre Gérard, "un de ces êtres qu'on ne remplace pas", son véritable ami, son confident qu'elle rencontrait régulièrement depuis des années et qui avait assisté à toutes ses créations. Leur lien était si profond que la rumeur tenace courut qu'ils étaient amants. 

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

     En 1838, elle est victime d'une deuxième tentative de vol. Le cambrioleur entre par une fenêtre et la menace avec un couteau quand par chance des domestiques alertés par ses cris le font fuir. Ces deux événements marqueront l'actrice et la conduiront à envisager de quitter son hôtel de la tour des Dames. 

     Mais revenons à ses amours. Nous avons laissé le beau colonel de Brack dans les bras de son amante. Nous le retrouvons en 1825, loin de cette rue, courant d'autres aventures, après avoir rompu militairement. Il n'empêche que leur liaison fut plus qu'une passade puisqu'elle dura 9 ans!

 

     Il reste à notre amoureuse éplorée à espérer trouver enfin le dernier homme de sa vie. Et tout arrive!  Mademoiselle Mars a fait mieux que Brigitte Macron puisque c'est avec un homme de 25 ans son cadet qu'elle trouve le réconfort. Il s'appelle Charles de Marnay. Il sera son dernier amant et lui restera attaché jusqu'à sa mort.

 

     Il y a un grand amour dont nous n'avons pas parlé et qui fut sans doute le plus important de sa vie, c'est le théâtre, c'est le public à qui elle aurait pu chanter comme Barbara :  "Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous"!

 

La bataille d'Hernani. Comédie Française. (Besnard)

La bataille d'Hernani. Comédie Française. (Besnard)

    Car elle ne jouait pas que les grands classiques, elle était passionnée par le théâtre de son temps et ses auteurs d'avant-garde. Le plus audacieux de tous s'appelait Victor Hugo. Pas étonnant qu'elle eût voulu participer à la création tapageuse d'Hernani et à la célèbre "bataille". C'est elle qui interpréta Dona Sol, elle qui tint ferme sous les quolibets et les huées, elle enfin qui reçut au dernier acte un triomphe de hourras et de bouquets! 

     Plus tard, elle jouera encore dans "Angelo Tyran de Padoue" du même Victor Hugo. elle aura alors pour rivale Marie Dorval.

 

     En 1841, elle fait sa dernière apparition au théâtre. En dépit son âge, elle continue de tenir des rôles de jeunes femmes. Pourtant, malgré ses talents et l'intensité de son jeu, son étoile pâlit tandis que monte à l'horizon une étoile plus jeune, une étoile noire et lumineuse à la fois : Rachel.

 

     Mademoiselle Mars vend son hôtel de la Tour des Dames. Elle meurt en 1847. On découvre en ouvrant son testament qu'elle a, avec soin, effacé toutes les dettes de ceux qui lui devaient de l'argent et qui étaient nombreux.

Son hôtel est aujourd'hui une auberge de jeunesse... un lieu de vie et d'échanges...

 

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

Liens :

Personnage célébrités de Montmartre

Rues de Montmartre

 

     Certains sites racontent sans aucune base historique que la mort de Mlle Mars aurait été provoquée par la teinture au plomb qu'elle aurait utilisée pour dissimuler ses cheveux blancs. Je n'ai rien trouvé qui puisse justifier une telle hypothèse. 

   Elle garde pour nous la beauté charnelle à la chevelure noire qu'immortalisa Gérard.

Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #album, #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Saisons. Divers
Montmartre. Octobre. Photos.

Montmartre est un des rendez-vous du monde entier...

Tant de rencontres... tant de surprises... 

Et comment choisir parmi tous ces instants, parmi tous ces passants?

.... Alors c'est un peu au hasard que j'ai choisi ces photos, comme on rapporte à la maison des feuilles d'automne, ramassées parmi d'autres feuilles.... 

 

 

Montmartre. Octobre. Photos.

1er octobre. La rue André del Sarte devient Andrea del Sarto et rend hommage au peintre florentin.

Montmartre. Octobre. Photos.

2 octobre. La musique c'est la couleur!

Montmartre. Octobre. Photos.

3 octobre. Devant le Sacré-Coeur. Le cheval adoucit les mœurs.

Montmartre. Octobre. Photos.

4 octobre. Le croqueur de touristes affiche son autoportrait! Rue du Chevalier de la Barre.

Montmartre. Octobre. Photos.

4 octobre. La chanteuse et son reflet, rue du Calvaire.

Montmartre. Octobre. Photos.

5 octobre. Joconde japonaise sur les marches du Sacré-Coeur.

Montmartre. Octobre. Photos.

6 octobre. Artiste de rue et son mannequin. Rue Ronsard.

Montmartre. Octobre. Photos.

7 octobre. Théâtre des Abbesses. Impératif de Pina Bausch.

Montmartre. Octobre. Photos.

8 octobre. Deux amies. Escalier du Sacré-Coeur.

Montmartre. Octobre. Photos.

9 octobre. Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre. Square Louise Michel.

Montmartre. Octobre. Photos.

9 octobre. Le reflet du Triton. Square Louise Michel.

Montmartre. Octobre. Photos.

10 octobre. Square Frédéric Dard. Apparition en bleu.

Montmartre. Octobre. Photos.

11 octobre. Lectrice. Place Goudeau, devant le Bateau Lavoir.

Montmartre. Octobre. Photos.

12 octobre. Fontaine Wallace place Emile Goudeau.

Montmartre. Octobre. Photos.

13 octobre. Mini Poulbot dans les escaliers rue Berthe.

Montmartre. Octobre. Photos.

13 octobre. Le funambule de la place du Calvaire.

Montmartre. Octobre. Photos.
Montmartre. Octobre. Photos.

14 octobre. Fête des Vendanges rue Caulaincourt. Danse du Portugal et de Bolivie...

Montmartre. Octobre. Photos.

14 octobre. Rue Caulaincourt. Défilé des Vendanges. Spectateur en tenue camouflage!

Montmartre. Octobre. Photos.

15 octobre. Hindouistes square Louise Michel.

Montmartre. Octobre. Photos.

16 octobre. Les sœurs Selfie! Square Louise Michel.

Montmartre. Octobre. Photos.

17 octobre. Un stupa à Montmartre!

Montmartre. Octobre. Photos.

18 octobre. Au bord du ciel. Parvis du Sacré-Coeur.

Montmartre. Octobre. Photos.

19 octobre. Le saxo de JC Yebga... Square Louise Michel

Montmartre. Octobre. Photos.
Montmartre. Octobre. Photos.
Montmartre. Octobre. Photos.

20 octobre. Vacances de Toussaint. La fête. Rue Utrillo.

Montmartre. Octobre. Photos.

21 octobre. Les cheveux du soleil. Square du Sacré-coeur;

Montmartre. Octobre. Photos.

22 octobre. Selfie sur les chevaux du carrousel. Square Louise Michel.

Montmartre. Octobre. Photos.

23 octobre. Achar le chat-vedette du square vient saluer son camarade vendeur de sacs Vuitton!

Montmartre. Octobre. Photos.

24 octobre. L'Homme qui rêve. Rue Ravignan.

Montmartre. Octobre. Photos.

25 octobre. Elégance et couleurs de l'Inde sur la Butte

Montmartre. Octobre. Photos.

26 octobre. Sous le regard du squelette cosmonaute. Rue du Calvaire.

Montmartre. Octobre. Photos.

27 octobre. Chaque homme est un mystère. Boulevard Rochechouart. Métro Anvers

Montmartre. Octobre. Photos.

28 octobre. Rue Azaïs. L'homme qui marche dans le ciel.

Montmartre. Octobre. Photos.

29 octobre. Paris mes amours. Square Louise Michel

Montmartre. Octobre. Photos.

30 octobre. Rencontre black and white. Place Suzanne Valadon

Montmartre. Octobre. Photos.

31 octobre. Boulevard de Clichy. "Cachez cette cigarette que je ne saurais voir".

Montmartre. Octobre. Photos.
Montmartre. Octobre. Photos.

Et maintenant... en noir et blanc, le corbeau du cimetière du Calvaire annonce Novembre et ses brumes...

Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #MONTMARTRE. Rues et places.
La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

Les amoureux de Paris connaissent le somptueux hôtel de la Païva sur les Champs- Elysées. On sait que les Goncourt à la langue vipérine, devant l'abondance d'œuvres d'art et la qualité des décors, le qualifièrent de "Louvre du cul"...

 

Hôtel de la Païva (Atget).

Hôtel de la Païva (Atget).

J'ai tendance à préférer la courtisane, aussi arriviste qu'elle eût été, à ces deux commères! 

Mais comme nous nous arrêtons aux frontières de Montmartre, nous ne suivrons cette grande dame que pendant les premières années de son séjour parisien, dans notre quartier.

 

La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

Celle que l'on connaît sous un nom chatoyant et exotique est née Esther Lachmann (1819) dans une famille modeste de Juifs polonais en Russie. Ses parents, à une époque où on demandait peu leur avis aux jeunes filles, la marient  (elle a 16 ans) à un tailleur français établi à Moscou. Elle mettra au monde un fils, Antoine, qu'elle ne verra quasiment jamais.

Esther a des rêves plein la tête et elle supporte mal son rôle d'épouse soumise. Elle rencontre un bel aventurier qui la convainc sans mal de laisser tomber mari, fils, parents, Russie, pour courir le monde plein de surprises et de promesses.

Les Tuileries sous Louis-Philippe.

Les Tuileries sous Louis-Philippe.

 En ces temps romantiques, tous les chemins mènent à Paris. C'est là que nous retrouvons Esther, lestée de son aventurier et livrée à elle même.

Ici commence son passage de météore dans nos parages.

Rue des Martyrs et le clocher de Notre-Dame de Lorette

Rue des Martyrs et le clocher de Notre-Dame de Lorette

Notre-Dame de Lorette

Notre-Dame de Lorette

Que peut faire une jolie femme sans métier et sans ressources dans un Paris tumultueux et en pleine mutation?

Elle se réfugie dans le quartier à la mode, celui des lorettes, prostituées au cœur généreux puisqu'elles ont par leurs dons contribué à l'édification de l'église Notre-Dame de Lorette dont les caissons dorés, les colonnes de marbre et les fresques témoignent des largesses!

 

Esther a du talent et elle est remarquée. Sur les conseils d'une amie de fortune, elle change de nom et troque Esther contre Thérèse (aujourd'hui c'est le contraire que l'on ferait bien qu'en verlan le premier prénom puisse se métamorphoser en mon deuxième!)

Bref, la jolie femme rencontre en 1840 un pianiste qui tombe amoureux fou de sa beauté sensuelle et de ses mœurs libres et inventives.

Henri Herz.

Henri Herz.

Il s'appelle Henri Herz. Il est le plus fêté des pianistes de la Restauration et il faudra attendre deux géants, Liszt et Chopin pour le détrôner. Il créa une manufacture de pianos pour se consoler...

Il est donc le premier amant connu de Thérèse Lachmann. Sa fortune fait partie de ses charmes comme ses relations et les nombreux salons qu'il fréquente. Notre courtisane voit son carnet d'adresses s'enrichir de noms prestigieux. Elle rencontre grâce à lui Liszt, Wagner venu quelques mois à Paris et locataire rue d'Aumale dans la Nouvelle Athènes pour la présentation de son Tannhäuser, Théophile Gautier qui restera son ami...

 

Henri Herz dans un salon en 1830.

Henri Herz dans un salon en 1830.

Elle épouse son artiste à Londres, en cachant soigneusement qu'elle est déjà mariée. Après tout, elle inaugure la bigamie féminine, n'en déplaise aux polygames mâles!

Une fillette voit le jour en 1847. Elle sera nommée Henriette (remarquons au passage que son premier mari s'appelait Antoine, prénom donné à leur fils, et que le 2ème mari s'appelant Henri, leur fille fut baptisée Henriette! Notre Esther-Thérèse voulait sans doute donner à ses maris le signe que ces enfants étaient bien à eux et très peu à elle!)

Il faut mentionner ici qu'elle eut des trésors auxquels elle donna le nom d'enfants! En effet, ce sont deux diamants considérables, parmi les plus fabuleux, qu'elle appela ainsi! 

Ils ont été vendus par Sotheby's en 2007 pour plusieurs millions de francs suisses.

 

En 1848, Herz part pour une tournée aux Etats-Unis. Thérèse dilapide une partie de sa fortune si bien que la famille, scandalisée, la chasse de la demeure familiale et récupère la fillette dont elle ne se préoccupera jamais et qui mourra à l'âge de 13 ans sans avoir connu sa mère.

Thérèse se rend à Londres où elle espère refaire sa vie. Elle trouve naturellement un riche protecteur en la personne d'Edward Stanley, politicien généreux qui la couvre de présents et lui donne en paiement de ses services, paraît-il exceptionnels, de quoi vivre largement. Mais cet homme l'ennuie, comme la langue anglaise et le brouillard sur la Tamise.

 

 

Thérèse revient à Paris où l'attend une surprise dont elle se serait bien passée. Antoine Villoing, le premier mari et le seul  légitime, débarque et la supplie à genoux de revenir au bord de la Moskova où l'attendent son fils et ses parents. La seule idée de retourner dans un passé qu'elle exècre lui fait horreur. Elle repousse le tailleur amoureux qui, désespéré se suicide.

Après quelques larmes de crocodile, Thérèse rencontre un nouvel amant prestigieux, le duc Antoine de Gramont alors marié à une belle Ecossaise et pas encore le grand personnage politique du 2nd Empire en gestation.

 

L'homme qui lui offre de nombreux présents et paie largement sa compagnie n'est pas de ceux qui s'encombrent longtemps d'une relation de plaisir. Thérèse est de nouveau seule. Situation inconfortable et indigne d'une courtisane dont la réputation est maintenant établie.

Voilà que passe sur le trottoir l'homme providentiel qui allait transformer sa vie, à commencer par son nom.

Il s'agit d'Albino Francisco marquis de Paiva Araujo. Il a 27 ans, il est élégant, il est riche, bref il est paré de toutes les qualités!

 

Thérèse le séduit si habilement qu'après quelques mois il lui propose le mariage, célébré en juin 1851.

Le nouvel époux fait cadeau à sa belle d'un hôtel particulier, élevé place Saint Georges en 1840.

 

C'est un bâtiment remarquable, un des plus beaux du quartier qui pourtant n'en manque pas. Son architecte est Edouard Renaud qui se plie au goût très "Monarchie de Juillet" pour le style néo Renaissance mâtiné de gothique.                                                                                                                                                                                                                                                               

 

La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.
La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

L'Abondance et la Sagesse par Gabriel Garraud.

Les décors théâtraux sont dus aux frères Lechêne et les sculptures sont d'Antoine Desboeufs et Gabriel Garraud.

Antoine Desboeufs est surtout connu comme médailleur, d'où la précision et la finesse de ses réalisations. On peut voir plusieurs de ses œuvres à Paris comme la paix au bas d'une des colonnes de la place de la Nation ...

 

La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

L'Architecture par Antoine Desboeufs

La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

La Sculpture par Antoine Desboeufs

Gabriel Garraud, plus rare, est un des nombreux sculpteurs ayant participé à la galerie des hommes illustres du Louvre. Son Descartes n'est pas bouleversant d'expressivité!

 

On admire aujourd'hui la fantaisie de cette façade qui associe gothique et renaissance... et on imagine la satisfaction de celle qui se nomme désormais la Païva, lorsqu'elle franchissait les grilles de son hôtel, "soulevant, balançant le feston et l'ourlet"! 

 

Thérèse ne supporte pas longtemps son nouveau statut. Elle donne congé au marquis qui repart au Portugal...

Quelques mois plus tard, elle rencontre un cousin richissime du chancelier allemand Bismarck, le comte Guido Henckel von Donnersmarck.

 

Ici s'arrête le séjour de la courtisane dans nos quartiers! 

Le comte lui fait construire le fabuleux hôtel des Champs-Elysées, avec, pièce centrale et grandiose, un escalier d'onyx. Ce qui fera dire à Emile Augier : "Ainsi que la vertu, le vice a ses degrés".

 

 Abrégeons l'histoire de notre courtisane qui fait annuler son mariage avec le marquis en 1871. L'homme qui revient des Amériques à peu près ruiné se suicide. Elle épouse alors le comte allemand.

Après la guerre de 1870, elle sera soupçonnée d'espionnage et contrainte de quitter la France en 1877. Elle ira vivre en Silésie, dans le château de son mari (surnommé "le Petit Versailles") qu'elle a fait rebâtir selon ses goûts par l'architecte parisien Lefuel. Elle y mourra quelques années plus tard, à l'âge de 65 ans.

 

Reste le mystère de la séduction qu'exerça cette femme qui ne se trouvait pas belle et refusait qu'on la photographie....

Reste son passage rue des martyrs, place Saint-Georges.... où son parfum flotte parfois dans l'air avec celui des lorettes...

Seuls peuvent les percevoir aujourd'hui les amoureux de Montmartre...

 

Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

Le défilé des Vendanges  a égayé notre Butte qui rayonnait sous un ciel estival.

 

Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

Evidemment il s'est déroulé sous haute sécurité : voies d'accès bloquées, policiers en nombre parmi lesquels des "caméléons", des flics déguisés en badauds avec casquette et sac à dos, prêts à intervenir à la moindre alerte

 

Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

Mais tout s'est bien passé, depuis le clos Montmartre jusqu'à la mairie, dans une ambiance de fête et de partage.

 

Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

Ces quelques photos garderont quelque temps le souvenir de cette belle journée, de la diversité et de la convivialité des habitants de Montmartre.

 

Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

Les associations culturelles (Croatie, Sri Lanka, japon, Ukraine, Portugal...) étaient cette année plus nombreuses que les joyeux pinardiers. 

 

Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

Nous avons vidé quelques gobelets de Brouilly, de Muscadet... nous avons applaudi les danseurs, les gymnastes et les musiciens....

 

Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

Ce soir, il n'y aura pas de feu d'artifice, annulé depuis l'an passé pour les raisons que l'on sait.

Ce n'est pas grave, nous ferons la fête et danserons au bal "Dalida". 

Les oiseaux et les chats du Square Louise Michel ne seront pas effrayés par les mises à feu des fusées...

 

Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

A l'année prochaine!

 

Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

Voir les commentaires

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

De retour de mes trois mois d'exil dans mon île atlantique, j'ai retrouvé Montmartre qui m'a fait grise mine, comme un chat qui après l'absence de son maître, joue les indifférents.

Si le soleil s'était caché, des artistes des rues moins susceptibles avaient rendu à ma rue son véritable nom et décoré un vieux café désaffecté avec un ange et une vierge droit venus d'une toile du peintre florentin.

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.
Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

La plaque a été modifiée : le 18 ème s'est transformé en 16 s, non pas l'arrondissement mais le siècle de la Renaissance pendant lequel le peintre vécut les 31 dernières années de sa vie.

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

Le nom de la toile représentée est écrit en lettres arabesques ainsi que la date de son exécution : 1528.

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

Cette Annonciation aux couleurs vives et à la théâtralité assumée, j'ai eu la chance de la voir au Palais Pitti à Florence.

Si Andréa del Sarto avait été un homme honnête, elle serait peut-être aujourd'hui au musée du Louvre!

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.
Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

On connaît en effet l'histoire! Le peintre avait été invité à vivre en France, au service de François Ier comme un certain Léonard de Vinci. Pour retrouver sa femme restée à Florence, il obtint de son illustre employeur la permission de retourner quelque temps dans sa ville, avec une somme considérable destinée à acheter sur place des toiles des plus grands peintres dont le roi voulait décorer ses châteaux.

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

Le peintre ne revint jamais en France et avec l'argent qui lui avait été confié se fit construire l'opulente demeure que l'on peut voir aujourd'hui à Florence via dei Caponi!

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

Grâce aux artistes de rues, Andrea del Sarto revient à Paris! 

C'est une belle idée....

 

photo site Toqué

photo site Toqué

Par chance elle est signée!

Leur auteur est double, ce sont deux frères dont le nom est une déclaration de poésie : Toqué frères!

On le sait il faut être un peu (beaucoup?) fous pour se lancer dans de telles aventures, généreuses et lumineuses!

Rue Rochechouart. Mai 2017.

Rue Rochechouart. Mai 2017.

Félix et Marin ont souvent peint sur les murs des villes grises de grands tableaux de mer et de navires.

Parfois ils dessinent en faisant danser les lettres des messages joyeux, des invitations à la vie...

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

En face de l'Annonciation, ils ont tracé quelques lettres sur une boutique abandonnée : Génial avec un cœur.... Ironie du message qui parle à la fois de la toile d'Andrea del Sarto, de sa reproduction en art de rues, du regard du passant qui participe à la rencontre!

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

Je suis rentré trop tard pour voir leur réalisation dans tout son éclat. Déjà elle a été vandalisée par des tagueurs sans talent. Certains détails se sont estompés comme la fleur de lys et le vase, symboles de la virginité et de la maternité. Mais les couleurs vives, le "mouvement immobile" sont restés. L'ange est bien présent, intense, vivant pour chaque passant qui le regarde.

 

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

 

Comme tout art éphémère, la fresque est condamnée à disparaître...

Je le regrette car elle n'est pas seulement une réponse à la question que se posent parfois les habitants du quartier sur le nom de leur rue, elle est aussi une invitation au voyage et à la rencontre.

Bon j'arrête! 

Car moi qui suis un admirateur d'Andrea del Sarto, moi qui habite cette rue, me voilà maintenant toqué des frères Toqué!

 

 

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog