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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

montmartre. rues et places.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux, #MONTMARTRE. Rues et places.
Le lion de la place des Abbesses.

     La place des Abbesses enlaidie par un vilain manège plastic et fluo était jadis protégée par un lion furieux qui aurait sans doute protégé son territoire s'il avait été là. 

Le lion de la place des Abbesses.

    C'est en 1901 que la Ville en fait l'acquisition, ce qui prouve qu'elle avait bon goût car la sculpture ne manque ni de force ni d'intensité.

Le lion de la place des Abbesses.

     Le lion a été sculpté par Henri Léon Cordier (1857-1926).

Sculpteur, fils de sculpteur, il a fait ses armes dans l'atelier d'Emmanuel Fremiet, connu pour ses œuvres animalières, parmi lesquelles le spectaculaire "éléphant pris au piège" sur l'esplanade du musée d'Orsay, son "gorille enlevant une femme" du musée de Nantes

 

N'oublions pas son St Michel au somment de l'abbaye du Mont éponyme, occupé à massacrer un dragon, ou sa Jeanne d'Arc qui assiste sans pouvoir descendre de son cheval aux meetings traditionnels d'un parti politique créé par un breton borgne.

Cordier fils obtint de nombreuses commandes officielles parmi lesquelles le monument aux frères Montgolfier (Annonay) ou le monument au général Lasalle (Lunéville).

 

    Son "lion rugissant, patte gauche tendue" est installé au milieu de la place, là où actuellement un cercle de pierre rescapé et une grille protègent une bouche d'aération.

                   L'ancien socle et en arrière fond l'abominable manège!

Le lion de la place des Abbesses.

    Le lion fut  bien accueilli par les riverains bien qu'il eût été nécessaire de le protéger des poulbots qui aimaient s'accrocher à sa queue pour se balancer comme Tarzan avec des lianes.

 

Hélas il ne resta qu'une dizaine d'années. Aujourd'hui il n'y a plus un seul Montmartrois vivant pour se souvenir de lui.

Ligne Nord-Sud, station Lamarck

Ligne Nord-Sud, station Lamarck

En effet, en 1910 les travaux du métro (nous sommes sur la ligne Nord-Sud entre Montparnasse et Montmartre) chassent le fauve qui est remisé dans les entrepôts de la Ville.

Le lion de la place des Abbesses.

    Rappelons que la station Guimard classée qui orne la place n'a pas été conçue pour elle mais a été transportée en 1974 depuis la place de l'Hôtel de Ville où elle avait été érigée. C'est ce qui s'appelle déshabiller Jacques pour habiller Paul!

Le lion de la place des Abbesses.

    Notre place ne reverra pas son lion. Nulle autre statue ne viendra l'agrémenter. La ville d'Orly en revanche récupère avec enthousiasme le fauve qui se morfondait dans les entrepôts. Nous sommes en 1931 et c'est dans le parc de la Cloche qu'il est installé. Sa queue qui servait de balançoire aux poulbots a disparu dans les divers transports. Nul ne sait où elle est passée....

 

    Et nul ne sait malgré tous les Dupont et Dupont du Val de Marne qui a volé le pauvre lion sans queue. Il disparut malgré toute l'attention que lui portait la ville qui assura sa restauration en 2010.

Cette restauration aurait dû lui porter chance quand on connaît le nom de sa restauratrice : Zelinski! Et bien non! en 2012 le lion fut kidnappé et les barbares qui s'en emparèrent courent toujours! Il fut remplacé par un autre lion en granit dû au scupteur Harut Yekmalian.

               Le lion de Yekmalian (non pas celui d'Orly mais celui d'Arras en lavedan)

Notre place des Abbesses, site classé, a vu débarquer un vilain manège qui à l'origine était décoré de poulbots botoxés.

 

Devant la réaction des riverains, les gnomes boursouflés furent effacés mais le manège resta. Il est là depuis plus de dix ans et personne n'est venu nuitamment le voler!

Il faut croire que les malfaiteurs ont bon goût!

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Rues Chevalier de La Barre, Lamarck, Paul Albert. Un carrefour sous les bombes. Diorama de Jerusalem. Maison Fernand Jobert. Centre Israélite de Montmartre. Le Rocher Suisse. Morelli.
Rues Chevalier de La Barre, Lamarck, Paul Albert. Un carrefour sous les bombes. Diorama de Jerusalem. Maison Fernand Jobert. Centre Israélite de Montmartre. Le Rocher Suisse. Morelli.

Voilà un endroit de Montmartre qui semble préservé et qui pourtant est l'un de ceux qui a été ravagé par les bombes alliées en 1944.

 

Quand tombe la nuit il reste vibrant de l'âme montmartroise et il nous transporte, avec la voix de Morelli qui habitait à deux pas, dans un autre monde, une autre histoire.

Rues Chevalier de La Barre, Lamarck, Paul Albert. Un carrefour sous les bombes. Diorama de Jerusalem. Maison Fernand Jobert. Centre Israélite de Montmartre. Le Rocher Suisse. Morelli.

Je l'aime profondément. J'y ai vécu alors que je commençais à enseigner, au 19 de la rue Paul Albert, tout contre la maison où vivaient Monique Morelli et Léonardi.

la maison n'a pas changé. Le chapeau de paille de Morelli est resté accroché à la fenêtre comme si, un jour de soleil, elle allait le remettre avant de sortir et dévaler la rue jusqu'au marché qu'elle aimait avenue Trudaine.

Rues Chevalier de La Barre, Lamarck, Paul Albert. Un carrefour sous les bombes. Diorama de Jerusalem. Maison Fernand Jobert. Centre Israélite de Montmartre. Le Rocher Suisse. Morelli.

Presque en face de chez elle, dans la rue du Chevalier de la Barre, au 23, elle ouvrit le cabaret, "Chez Ubu" en 1962 où elle reçut ses amies Brigitte Fontaine et Colette Magny entre autres.

                                               Morelli et Colette Magny

Mais, cornegidouille, elle n'était pas bonne gestionnaire et, trop accaparée par ses tours de chant, elle ferma boutique en 1969, année où elle chanta en 1ère partie de Brassens à Bobino.

                                      Morelli, Brassens et Mac Orlan

 Voilà 15 ans qu'elle a quitté sa maison sous le lierre pour le grand jardin du cimetière de Montmartre.

                                                 Travaux du funiculaire

Revenons en arrière, du temps où elle n'était pas encore née à l'ombre du beffroi de Béthune. Nous sommes à la fin du XIXème siècle. La Butte est sens dessus-dessous depuis que les travaux de la Basilique ont commencé avec leurs charrois, leur multitude de terrassiers, de maçons, de sculpteurs...

Au fond les 2 maisons rescapées du village

Au fond les 2 maisons rescapées du village

Les lotissements vont bon train et  le quartier va être bouleversé.

 Exception faite des maisons qui sont de part et d'autre du passage Cottin et qui sont restées telles qu'elles étaient quand Montmartre était un village. 

Rues Chevalier de La Barre, Lamarck, Paul Albert. Un carrefour sous les bombes. Diorama de Jerusalem. Maison Fernand Jobert. Centre Israélite de Montmartre. Le Rocher Suisse. Morelli.
Rues Chevalier de La Barre, Lamarck, Paul Albert. Un carrefour sous les bombes. Diorama de Jerusalem. Maison Fernand Jobert. Centre Israélite de Montmartre. Le Rocher Suisse. Morelli.

Celle du 18 date de 1850 et abritait un bougnat. Un tableau de Lucien Génin en perpétue la mémoire.

                                                       Lucien Génin

Quelques commerces lui succédèrent jusqu'à ce qu'un restaurant s'y installe pendant une dizaine d'années, sous le nom d'Atmosphère, bien que nous soyons loin  de l'hôtel du Nord.

Les 18 et 20 Chevalier de la Barre (1937. Takanori Ogisu)

Les 18 et 20 Chevalier de la Barre (1937. Takanori Ogisu)

Le pan coupé, sur le passage Cottin fut longtemps décoré par un portrait d'Arletty. Plus rien ne l'orne aujourd'hui et le petit immeuble campagnard avec ses volets bleus a repris ses airs d'antan.

 

Des plaques de grès dissociées qui formaient une frise avec vrilles, pampres, grappes et  divinités bachiques décorent la façade.

Elles auraient été récupérées dans la célèbre Tour de Solférino qui était située un peu plus haut, rue Lamarck.

                                            Les 18 et 22 et le passage Cottin (Gazi)

Rues Chevalier de La Barre, Lamarck, Paul Albert. Un carrefour sous les bombes. Diorama de Jerusalem. Maison Fernand Jobert. Centre Israélite de Montmartre. Le Rocher Suisse. Morelli.

Le petit immeuble rescapé qui lui fait face, de l'autre côté du passage Cottin, au 20, abrite aujourd'hui une crèche.

Le CIM, "Centre Israélite de Montmartre" en fit l'acquisition en 1989. Le bâtiment était près de s'effondrer et il fallut entreprendre d'importants travaux pour le consolider et sauvegarder la façade classée. Une dizaine de piles furent nécessaires pour l'ancrer à la roche à une cinquantaine de mètres de profondeur. De tels travaux furent financés en majeure partie par une donation de Marcel Bleustein-Blanchet dont la crèche porte le nom.

Rues Chevalier de La Barre, Lamarck, Paul Albert. Un carrefour sous les bombes. Diorama de Jerusalem. Maison Fernand Jobert. Centre Israélite de Montmartre. Le Rocher Suisse. Morelli.

Le 22 est une reconstruction à l'identique après les bombardements de 1944 qui ont détruit une partie de cet immeuble et de la grande maison qui en était voisine. 

 

On peut voir sur la gauche le bâtiment qui abritait le panorama de Rome

On peut voir sur la gauche le bâtiment qui abritait le panorama de Rome

La maison, au 24, saccagée par les bombes avait elle même été élevée sur le terrain où était proposé en 1900 aux badauds et aux pèlerins un "panorama", alors très à la mode, grande fresque circulaire qui donnait l'illusion au spectateur placé au milieu de la rotonde, d'être immergé dans le paysage

On en comptait plusieurs sur la Butte : le panorama de Patay, rue Becquerel, celui du Sacré-Cœur rue saint-Eleuthère, celui de Jérusalem qui nous intéresse aujourd'hui et qui en 1905 se transforma en panorama de Rome.

Le panorama lorsqu'il était animé par des jeux de lumière prenait le nom de diorama...

le diorama de Jerusalem

le diorama de Jerusalem

toile peinte par Olivier Pichat pour le panorama de Jérusalem.

toile peinte par Olivier Pichat pour le panorama de Jérusalem.

Les attractions s'avérant peu rentables, le panorama fut supprimé et sur son terrain fut édifiée en 1913 une maison avec atelier, construite pour le peintre Fernand Jobert (1876-1949).

Cette gravure d'Eugène Veder (1921) permet de se faire une idée de cette maison qui présente quelques similitudes avec la maison Neumont place du Calvaire. Son architecte est Albert d'Hont qui associé avec Félix Le Nevé, mort en 1906, a conçu plusieurs immeubles à Paris, notamment 98 boulevard Malesherbes et 11 rue Magellan.

Maison Neumont côté place du Calvaire.

Elle fut réalisée selon les indications du peintre qui avait largement les moyens d'en faire un une habitation-atelier idéale.

Bien qu'il passât une bonne partie de son temps en Bretagne, à Moëlan, il aimait l'atmosphère de la Butte et faisait partie de "la bande à Dorgelès" qui parle de lui comme d'un "peintre riche" opposé à Maclet "peintre pauvre."

 

 

Il aimait les peintres de Pont-Aven et fréquentait les Nabis. Montmartre ne semble pas l'avoir beaucoup inspiré, amoureux qu'il était des rivages bretons.

Le peintre quitta donc sa belle maison qui fut occupée alors par l'historien d'art, petit-fils de Gustave Eiffel, Georges Salles (1889-1966) spécialiste de l'Orient et, au temps de sa jeunesse, archéologue en Iran, Afghanistan et Chine.

Pendant les années où il vivait rue du chevalier de La Barre, il était directeur du musée Guimet.

Après guerre il deviendra directeur des musées de France. Il luttera alors pour la création d'un musée d'Art Moderne au Palais de Tokyo (aujourd'hui le MAM) et sera à l'origine de la commande pour le Louvre d'un superbe plafond peint par Braque et d'un mur par Picasso. 

Rues Chevalier de La Barre, Lamarck, Paul Albert. Un carrefour sous les bombes. Diorama de Jerusalem. Maison Fernand Jobert. Centre Israélite de Montmartre. Le Rocher Suisse. Morelli.

Cet homme remarquable à l'esprit ouvert et audacieux a également publié un recueil de nouvelles qu'il serait temps de redécouvrir : "Le Regard". Il y parle de la sensualité du regard, indispensable à qui désire comprendre un tableau. Un beau tableau selon lui est semblable à un bon repas : "Sa plus ou moins grande spiritualité ne sera jamais que la prolongation d'une jouissance organique."

Il n'est pas à Montmartre dans la nuit du 20 avril1944 quand ont lieu les bombardements alliés sur Paris destinés à toucher les bases arrières allemandes et les entrepôts de la RATP.

            Clichés Roger Violet. La maison à gauche est celle du peintre Fernand Jobert.

La maison gravement touchée ne sera pas reconstruite, contrairement à l'immeuble du 22.

Rues Chevalier de La Barre, Lamarck, Paul Albert. Un carrefour sous les bombes. Diorama de Jerusalem. Maison Fernand Jobert. Centre Israélite de Montmartre. Le Rocher Suisse. Morelli.

On peut voir sur ce cliché de 1948 le terrain arasé où s'élevaient la maison et l'immeuble du 22.

Rues Chevalier de La Barre, Lamarck, Paul Albert. Un carrefour sous les bombes. Diorama de Jerusalem. Maison Fernand Jobert. Centre Israélite de Montmartre. Le Rocher Suisse. Morelli.

Aujourd'hui un ensemble assez banal occupe cet espace. Il ne porte aucun vestige des dioramas ou de la demeure d'artiste qui occupèrent un temps cet endroit si particulier de Montmartre.

Rues Chevalier de La Barre, Lamarck, Paul Albert. Un carrefour sous les bombes. Diorama de Jerusalem. Maison Fernand Jobert. Centre Israélite de Montmartre. Le Rocher Suisse. Morelli.

Le côté impair de la rue du Chevalier est occupé par le CIM, Centre Israélite de Montmartre qui accueille des personnes en grande difficulté, notamment des mamans.

Pendant la guerre de nombreux orphelins y étaient hébergés jusqu'au jour où, transférés dans un autre abri après les bombardements, Ils furent raflés par la Gestapo et envoyés dans les camps de la mort.

Une plaque rappelle ce crime, une plaque semblable à celles si nombreuses qui ont été apposées sur le mur de nos écoles. 

Rues Chevalier de La Barre, Lamarck, Paul Albert. Un carrefour sous les bombes. Diorama de Jerusalem. Maison Fernand Jobert. Centre Israélite de Montmartre. Le Rocher Suisse. Morelli.

Avant la construction de ce centre, un restaurant avec jardins occupait tout l'espace de ce côté de la rue. Il s'agit du célèbre Rocher Suisse auquel nous avons consacré dans ce blog un long article.

Immeuble remplacé aujourd'hui par le CIM

Immeuble remplacé aujourd'hui par le CIM

Rappelons qu'à l'origine, un savoyard avisé, Mr Daudens acheta les terrains à un gros propriétaire dont une rue voisine porte le nom, Mr Feutrier. Peu à peu il le transforma en restaurant rustique qui évoquait ses Alpes natales.

Rues Chevalier de La Barre, Lamarck, Paul Albert. Un carrefour sous les bombes. Diorama de Jerusalem. Maison Fernand Jobert. Centre Israélite de Montmartre. Le Rocher Suisse. Morelli.

L'établissement connut divers avatars et divers propriétaires avant de rendre l'âme définitivement en 1921, racheté par la Société Israélite caritavive.

Rues Chevalier de La Barre, Lamarck, Paul Albert. Un carrefour sous les bombes. Diorama de Jerusalem. Maison Fernand Jobert. Centre Israélite de Montmartre. Le Rocher Suisse. Morelli.

Il y aurait bien des anecdotes encore à raconter sur ce petit quartier montmartrois que nous aimons et qui a, comme l'aurait dit Arletty,  "une gueule d'atmosphère"

                                                 Le 18 avec Arletty

Liens

Les rues et places de Montmartre

Les peintres, artistes et célébrités de Montmartre

Monuments et curiosités

Je tiens à remercier Hélène, grande amie montmartroise qui m'a fourni des éléments indispensables et précieux pour cet article. 

 

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Chez Mimiche. Temple Debray. 48 rue du Chevalier de La Barre. Michel Lafond dit Mimiche.

Voilà une maison devant laquelle on passe, entre colifichets et tableaux montmartrois peints en Chine, sans savoir qu'elle a sa modeste part dans l'histoire de la Butte.

Chez Mimiche. Temple Debray. 48 rue du Chevalier de La Barre. Michel Lafond dit Mimiche.

Lorsque la rue s'appelait rue des rosiers, cette maison était située au 20. Elle était au XIXème siècle la propriété d'Auguste Pierre Debray. Un nom bien connu sur la Butte, celui d'une famille de meuniers qui a su en temps voulu passer des moulins aux affaires.

Abside de l'église et jardins (1900)

Abside de l'église et jardins (1900)

La maison commence à se faire remarquer quand les archéologues à la recherche des vestiges gallo romains de Montmartre situent le temple de Mars à proximité de l'église Saint-Pierre. 

Abside vers l'endroit où s'élevait le temple.

Abside vers l'endroit où s'élevait le temple.

L'un d'eux, Vacquer, émet l'hypothèse qu'il s'élevait à l'emplacement de la maison, dans le prolongement du cimetière du Calvaire. 

                           Une des colonnes gallo-romaines de réemploi dans l'église

Il appelle "Temple Debray" le fameux édifice qui aurait pu donner son nom à Montmartre bien que linguistes et spécialistes soutiennent la thèse selon laquelle c'est du temple de Mercure, situé plus à l'ouest que viendrait ce nom  (Mont Mercure.... Montmarcre.... Montmartre).

 L'explication la plus serinée "le mont des martyrs", est assurément la plus fantaisiste.

Chez Mimiche. Temple Debray. 48 rue du Chevalier de La Barre. Michel Lafond dit Mimiche.

Ce même Vacquer  que contredisent ses collègues reconnaîtra s'être trompé quand il découvrira les substructions du temple de Mars à l'est du chevet de l'église, sur un espace aujourd'hui occupé par la rue du Cardinal Guibert et le flanc ouest du Sacré-Cœur. Peu importe! Le nom de Temple Debray subsistera longtemps après la rectification.

Le restaurant dans la 3ème maison en partant de la gauche.

Le restaurant dans la 3ème maison en partant de la gauche.

La maison n'a pas fini son voyage historique. Elle se transforme en restaurant au début du XXème siècle. Restaurant dont le nom n'est pas forcément engageant : "Chez ma concierge".

Chez Mimiche. Temple Debray. 48 rue du Chevalier de La Barre. Michel Lafond dit Mimiche.

Et puis un beau jour, une belle personne haute en couleurs et au cœur plus grand que lui, le clown Mimiche remplace la concierge pour donner son nom au nouveau restaurant : "Chez Mimiche".

 

Mimiche a abandonné sa tenue de clown blanc mais il continue de pratiquer son instrument favori, le violoncelle. Il aime jouer avec Marcel Aymé avec qui il a noué des liens d'amitié, dans la fanfare créée par le peintre Gen Paul : "la Chignolle à Gégène".

                                                       La Chignolle à Gégène

L'enseigne aujourd'hui disparue le représentait penché sur son instrument.

 

     Il faut dire quelques mots maintenant de cet homme exceptionnel dont le vrai nom est Michel Lafond, né à Boulogne sur mer en 1899.  Il entre au Conservatoire pour apprendre le violoncelle. En même temps il est attiré par le cirque installé près de la boulangerie de ses parents. Il est doué et descend à Paris pour parfaire sa formation. La guerre le rattrape, il est mobilisé. Il échappe à la tuerie et quand il revient, il trouve un poste de violoncelliste au Café de Paris à Monaco. Ainsi jouera-t-il dans la cathédrale Saint-Charles pour le baptême du Prince Rainier.

 

Il n'a pas oublié son désir d'une autre vie, tournée vers les autres, afin de les faire rire et parfois pleurer. Quand il découvre les Fratellini, il décide de remettre sa tenue de clown blanc et de chanter, de raconter des histoires tout en ponctuant son numéro avec les mélodies joyeuses ou plaintives de son violoncelle. Il rencontre le succès sous le nom de Melody's et joue dans des salles prestigieuses comme l'Olympia ou le Lido. 

                                                       Les Fratellini

Il se produit souvent bénévolement afin d'aider des orphelinats, notamment à Bruxelles, ville dont il recevra une décoration reconnaissante. Quand il rencontre les clowns Antonet et Baby, il se laisse entraîner par eux et, changeant de nom pour devenir Mimiche, petit nom affectueux qu'employaient ses parents, il se produit dans de grands cirques en France et à l'étranger.

 

Quand il revient à Paris, le poste convoité de chef d'orchestre des Folies bergère lui est proposé. Il l'accepte comme il acceptera celui du Caveau du Moulin Rouge. C'est l'époque où il se lie d'amitié avec quelques personnalités comme Edith Piaf ou Mermoz.

 

La 2ème guerre, on n'ose écrire la seconde, le rattrape une fois encore. Quand il est libéré, il passe d'un orchestre à l'autre, de Léo Vali à Ray Ventura et sa générosité naturelle, sa curiosité des autres font qu'il est apprécié de nombreux artistes comme Dufy, Lorjou, Jean-Pierre Cassel ou Marlène Dietrich.

                                                    Ray Ventura

 Il décide de jeter l'ancre sur la Butte qu'il connaît bien puisque qu'elle est habitée par des gens qui sont devenus ses amis et avec lesquels il aime passer de longues soirées. Il y devient brocanteur-antiquaire puis, l'occasion faisant le larron, il tombe sur le 48 rue du Chevalier où ses économies lui permettent de créer son restaurant, ouvert aux amis, aux artistes, aux chanteurs des rues qui sont nourris dans cette bonne auberge!

 

André Roussard dans son dictionnaire des lieux de Montmartre évoque le restaurant dans ses heures joyeuses : "Une faune bien particulière de personnages farfelus, amateurs de canulars, attirait un grand nombre de jeunes femmes assez libres de moeurs. On y montait des canulars qui feraient dans les jours suivants l'actualité de la Butte. Par exemple, un jour on avait décidé d'installer nuitamment un panneau de rue avertissant le piéton du passage de gros gibiers. Ce panneau resta plusieurs mois...

 

Mimiche n'oublie pas sa ville natale où il se rend souvent pour parrainer l'orphelinat de la Marine dont il devient bienfaiteur. Sans avoir connu Poulbot, c'est à lui cependant qu'il ressemble le plus. 

                                                      Poulbot et les gosses

Quand Jeanne, sa femme qui gérait le restaurant, meurt, il se retrouve seul et désemparé. Il passe des nuits entières à jouer sur son violoncelle. (Les sanglots longs des violons...)

Son instrument est un Cecilium qui résonne un peu comme un harmonium et qui fut souvent utilisé dans les églises quand leur orgue avait été détruit pendant la guerre.

Il meurt peu de temps après Jeanne.

Il a pris soin de donner son argent à des œuvres caritatives et de léguer son violoncelle aimé au Conservatoire de Boulogne où, silencieux, protégé par une vitrine, il attend le Jugement Dernier pour retrouver Mimiche.

 

La suite n'a pas grand intérêt. L'enseigne de Mimiche disparut.

Le restaurant connut plusieurs avatars, service rapide, trattoria, avant de devenir récemment un commerce qui attire les passants narcissiques qui désirent se faire photographier l'iris! Opération qui ne se fait pas à l'oeil!

 

Chez Mimiche. Temple Debray. 48 rue du Chevalier de La Barre. Michel Lafond dit Mimiche.

C'est donc une parcelle de notre histoire montmartrois que raconte ce numéro 48 de la rue du Chevalier de la Barre. Une étincelle du joyeux kaléidoscope que fut notre Butte. Un temple romain, un clown, un violoncelle, du vin, des canulars, des rencontres amoureuses.... parfums d'une époque révolue mais que continuent de humer en passant les amoureux de Montmartre!

Mais je laisse la dernière parole à Mimiche qui a confié sa devise à son ami journaliste Roger Lemaire :

"Tu vois, ne penser qu'aux autres, c'est comme ça qu'on meurt heureux." 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #MONTMARTRE. Rues et places.
Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

     Nous reprenons notre ascension de la rue Blanche où nous nous étions arrêtés au 25, devant l'église protestante allemande.

Où s'élève aujourd'hui le 27 a vécu un peintre oublié, Achille Gratien Gallier (1814-1871).

L'immeuble de 1910 qui a remplacé l'hôtel où vivait Gratien mort en 1871.

    Il fait partie de ces peintres paysagistes très appréciés au milieu du XIXème siècle dont les paysages (surtout italiens) étaient à la mode. Il paraît banal aujourd'hui bien que Corot paraît-il l'eût admiré.

                                               Vue de la campagne romaine

Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

Les 24-28 sont l'adresse des pompiers! Ils accueillent le 1er groupement d'incendie et de secours de la 7ème compagnie.

La partie la plus ancienne a servi d'hôpital à la maison militaire de Louis XVIII puis d'école pour les musiques de la garnison de Paris sous Louis-Philippe avant d'être intégrée à l'ensemble construit entre 1901 et 1907 par l'architecte Louis Sauffroy.

Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

Il s'agit d'ailleurs du dernier ouvrage de Louis Sauffroy (1847-1907). Parmi ses réalisations  les plus spectaculaires, citons le Grand Hôtel de Saint-Lunaire et le Castel Sauffroy qui est aujourd'hui le siège de la mairie..

 

     Le 43 rue Blanche est connu des fans de Berlioz bien qu'il n'y ait jamais vécu.

Il utilisa pour lui-même cette adresse postale mais c'est surtout là qu'en 1844 vint vivre Harriet Smithson alors que son mari après l'avoir quittée s'était installée avec Marie Recio rue de Provence. Harriet y vivra pendant 4 ans avant de déménager au 65 rue Blanche puis rue Saint-Vincent où elle mourra non loin de la maison où elle avait vécu avec Berlioz et où son fils était né. 

Aujourd'hui une même adresse réunit au cimetière de Montmartre, un peu plus haut, Berlioz et les deux femmes de sa vie.

     Toujours au 43 a vécu en 1836 Paul Gavarni, dessinateur, illustrateur qui reste très lié au quartier (il habita rue Fontaine et rue Saint-Lazare).

Il a immortalisé les petits métiers de Paris et a donné l'image la plus connue des lorettes et des grisettes. Le monument de la place Saint-Georges lui rend hommage.

   Afficher l’image source

 Avant la construction du 44, immeuble assez banal, il y avait à cet emplacement un hôtel particulier où vivait Jean-François Boursault dont le nom de comédien était Boursault-Malherbe (nom choisi pour l'admiration qu'il portait au poète).

     Jean-François Boursault (1750-1842) fut un révolutionnaire prudent mais surtout un homme de théâtre passionné.

                                                        Charles-Philippe Ronsin (1751-1794)

    Il fit construire à paris en 1791 près de la rue Quincampoix le théâtre Molière où il monta les pièces révolutionnaires de Ronsin, général de division de la Révolution et auteur dramatique. Ses pièces cessent d'être jouées et le théâtre est fermé le jour où il est guillotiné, accusé à tort de complot militaire. En 1795 (an IV) Boursault reprend la salle qu'il nomme "théâtre des Variétés nationales et étrangères" et y monte des pièces de son auteur favori Shakespeare.

Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

   Ce personnage étonnant était passionné d'horticulture et fit installer des serres sur des terrains alors campagnards qui allaient jusqu'au Pigalle actuel. Il introduisit de nouvelles fleurs en France et fut le créateur de la rose "Boursault" qui existe encore aujourd'hui, contrairement à la Rose de son poète, préféré : "Et Rose elle a vécu ce que vivent les roses, l'espace d'un matin"

   

                                Alberte de Rubempré peinte par Delacroix en Catherine d'Alexandrie

 

       Pour l'anecdote, notons qu'une de ses filles, d'une grande beauté, Alberte Alexandrine, mariée à 17 ans à Marie Emile Cozette de Rubempré, malheureuse dans son couple, fut la maîtresse de Stendhal à qui elle inspira quelques aspects du personnage de Mathilde de la Mole dans "Le Rouge et le Noir". Elle avait fort bon goût puisqu'elle fut également la maîtresse de Mérimée, Delacroix et Rossini!

Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

   Au 45 vécut Pierre Humbert (1848-1919) un des plus importants architectes parisiens qui contribua à la transformation de Paris. On ne compte plus ses réalisations parisiennes, hôtels particuliers, immeubles, notamment dans le XVIème arrondissement. Un Montmartrois ne manquera pas de retenir qu'il fut l'auteur du 58 rue Caulaincourt où vécut Steinlen et qu'il créa l'élégant square de Montmartre (aujourd'hui Kriegel-Valrimont). 

124 av. Victor Hugo (Pierre Humbert)

124 av. Victor Hugo (Pierre Humbert)

    J'ai une sympathie particulière pour le 124 avenue Victor Hugo, élevé à l'emplacement d'un hôtel où vécut l'écrivain représenté au-dessus de l'entrée.

Le 47

Le 47

    Au 47 (à son emplacement plus exactement) a vécu Manuel Francisco de Barros e Sousa  (1791-1856),homme politique portugais qui fut ministre d'Etat et ministre des Affaires étrangères.

Jugé trop modéré il s'exila à Paris où il se consacra aux études historiques qu'il aimait. Il fut à l'origine du terme de "cartographie".

                                                 Carte de l'Atlas de Barros e Sousa 

Le 49 a perdu la mémoire. Il s'est transformé en un passage qui conduit à une résidence Alzheimer! "Les parentèles de la rue Blanche".

Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

   Les notes de piano qui s'y élevaient ont disparu elles aussi. C'est pourtant un des plus grands pianistes français qui y vécut : Louis Diémer (1849_1919). Il se produisit dans de nombreux pays et il redécouvrit le répertoire du clavecin.

Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

    Il eut pour élèves au Conservatoire, à la fin du XIXème siècle, entre autres, Robert Casadesus, Alfred Cortot, Georges Enesco, Marcel Dupré.

Il fut aussi compositeur apprécié. Il repose aujourd'hui au cimetière de Montmartre où son buste semble humer le ciel et entendre venues des nuages, des notes légères de clavecin. 

51

51

    Le 51 est un immeuble protégé, typique de l'architecture de la Restauration avec sa cour en U et son portail fermé orné de vasques. 

    Le 54 est plus récent, construit dans la deuxième moitié du XIXème et adresse aujourd'hui d'un restaurant.

 

     Il y eut à cet endroit une institution-pension pour jeunes-filles dont l'une des directrices fut Euphémie Vauthier, autrice, journaliste, enseignante qui marque une date dans l'histoire toujours à approfondir des femmes.

     

 

Elle dirige avec trois de ses soeurs l'institution du 54 rue Blanche tout en ne cessant d'écrire. Sa rencontre avec Lamartine l'impressionne et l'encourage. C'est lui qui écrira la préface de son roman "Léonie" (1860) après l'avoir incitée à se lancer : "Mademoiselle il faut tout quitter pour écrire".

Féministe, elle milite dans plusieurs associations comme celle du "Droit des femmes". Son nom restera célèbre car il est celui de la première femme à avoir été poursuivie pour un délit commis par voie de presse. 

                                                         Louis Rossel

En effet, engagée dans la défense des victimes de la Commune, elle écrit un article après l'exécution de Louis Rossel, colonel qui a rejoint la Commune et après l'écrasement a refusé l'exil que lui proposait Thiers soucieux de ne pas en faire un martyr. Il fut fusillé à 27 ans  :

"Ils croient l'avoir tué et à jamais ils le font vivre" écrit Euphémie.

 

Lors de son procès en cour d'assises, elle est soutenue par Victor Hugo. Elle sera acquittée et restera dans l'histoire!

    C'est toujours au 54 que Firmin Gémier mourut en 1933. Cet acteur marqué par les théories d'Antoine fut un de ces hommes qui œuvra pour un vrai théâtre populaire. Il est d'ailleurs le créateur du TNP (Théâtre National Populaire) en 1920. 

   Notons qu'il fut, comme Malraux le sera pour Jean Moulin l'organisateur du transfert de Jean Jaurès au Panthéon.

Le fils qu'il eut avec Mary Marquet, mourut au camp de Buchenwald en 1943.

     Le 70 fut le domicile (1er étage) de la baronne Copens, de son vrai nom Stéphanie Marie Arnoult de Joyeuse. Elle fut une adversaire active du coup d'Etat du Prince Président en 1851 et elle réunit dans son appartement de la rue Blanche, le 2 décembre,  une soixantaine d'opposants dont Victor Hugo, Arago, Edgar Quinet... 

 

    C'est aussi à cette adresse que vécut, après son exil, le patriote vénitien Daniele Manin (1804-1857) qui lutta contre les Autrichiens et fut chef de la République de Saint-Marc. Il mourra à Paris sans avoir vu se créer l'unité italienne pour laquelle il s'était engagé corps et âme. Une statue lui rend hommage à Venise.

Une rue de Paris, près des Buttes Chaumont, le rappelle à notre mémoire.

Vue d'ensemble

Vue d'ensemble

Au 72 a vécu presque toute sa vie Jules Garcin (1830-1896) violoniste, chef d'orchestre et compositeur. Il déménagea quelques années avant sa mort pour la rue Victor Massé voisine.  

 

     Il fut élève de maîtres célèbres comme Adolphe Adam et Ambroise Thomas. Premier prix de violon, il rejoignit l'orchestre de l'Opéra de paris où il fut ensuite chef d'orchestre.

                                Il est enterré au cimetière de Montmartre.

Toujours au 72 nous rencontrons un auteur dramatique, vaudevilliste à succès, bien oublié aujourd'hui : Paul Barré (1854-1910).

   Il a écrit des livrets d'opérettes, des pièces qu'on pourrait appeler "de boulevard" dans lesquelles il aimait laisser libre cours à sa verve gauloise. Ce qui le rend un peu plus actuel, c'est le titre de sa première pièce, en 1877, "Les Gilets Jaunes"!

Le 75

Le 75

     La façade du 75 porte une plaque, fait rarissime dans cette rue qui a pourtant abrité de nombreuses célébrités.

Cette plaque prend une valeur particulière car il est impossible de se recueillir sur la tombe d'une belle actrice qui a voulu donner son corps à la science et dont les cendres ont été dispersées dans la fosse commune du cimetière de Thiais.

     Entrée à la Comédie Française, elle y a passé l'essentiel de sa vie professionnelle. Quand en 1966, elle la quitte c'est pour être professeur au Conservatoire et former de jeunes comédiens parmi lesquels Daniel Auteuil, Patrick Chesnais, Nicole Garcia, Sabine Azéma, Francis Huster... 

                                                  Dans la Marseillaise de Renoir

     Elle a connu une brillante carrière cinématographique sous la direction de quelques uns des grands cinéastes français (Renoir, Tourneur, Cayatte, René Clair).

                                                 Dans le Capitan de Hunebelle

Le 77

Le 77

     Au 77 Edgar Degas eut un atelier de 1873 à 1876, une de ses nombreuses adresses à Montmartre. Ces années correspondent à une intense créativité du peintre.

 

Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

   Le 78, classé, est un des beaux immeubles de la rue. Il s'agit d'un hôtel particulier construit dans la deuxième moitié du XIXème siècle dans le style néo Renaissance par l'architecte Théodore Ballu, pour lui-même.

 

    L'architecte qui est grand connaisseur de l'histoire de l'architecture et des styles, a laissé de nombreux témoignages à Paris de son talent et de son éclectisme.

Le "etc" de la plaque aurait pu être précisé par l'église Saint Ambroise, l'église Saint-Joseph, le beffroi de la mairie du Ier arrondissement entre Saint-Germain l'Auxerrois et la mairie construite par Hittorf, la restauration de la tour Saint-Jacques....

                           Une rue qui commence rue Blanche porte son nom

Voilà que nous arrivons à la fin de cette rue qui avait tant à nous raconter. Un dernier numéro, le 96, aura droit à notre attention. C'est en effet dans cet immeuble qu'André Antoine, si présent à Montmartre, loua en 1887 un atelier. C'est l'année où il crée au 37 de la rue Antoine actuelle "le Théâtre Libre".

Rue Blanche. Deuxième partie. Du 27 à la place Blanche.

    Et maintenant nous sommes sur la place Blanche qui, elle aussi, a bien des souvenirs à nous raconter pendant que le Moulin Rouge laisse entendre à l'ombre de ses ailes immobiles le frou frou des dentelles qui affolèrent les noctambules!

                                                                              Camoin

Liens :

Rue Blanche 1ère partie (de la Trinité au 25)

Liste des rues de Montmartre visitées sue ce blog

                                                           Bassin de la Trinité

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La rue Blanche. Première partie, du début au 25.

    La couleur de la place Blanche c'est le rouge du moulin que photographient tous les touristes! C'est sur cette place que commence la rue homonyme qui descend plein sud vers l'église de la Trinité. Une des rues les plus riches en histoire et histoires de Montmartre.

La rue Blanche. Première partie, du début au 25.

    Pourquoi ce nom?

La tradition affirme qu'il est dû aux carrières de gypse de la Butte. Les charrois descendaient les rues pentues, chargées de plâtre qui ne manquait pas sous l'effet des cahots et du vent de se disperser en partie sur la chaussée. 

Les Porcherons avec le château du Coq dont il ne reste que le ,om d'une impasse sur la rue Saint-Lazare.

Les Porcherons avec le château du Coq dont il ne reste que le ,om d'une impasse sur la rue Saint-Lazare.

     L'étude des différents noms des rues depuis leur création raconte une autre histoire. Il y avait en effet, succédant à l'ancien chemin qui allait du village des Porcherons à la place une rue qui avait pris le nom de "rue de la Croix Blanche". Elle le devait à  l'enseigne d'un cabaret très fréquenté, le cabaret de la Croix Blanche. En 1793, alors qu'on efface autant que possible toute référence religieuse dans les noms, la rue prend le nom qu'elle a gardé : rue Blanche. 

Sur la droite de l'église, début de la rue Blanche.

Sur la droite de l'église, début de la rue Blanche.

    Partons donc du bas de la rue, là où elle commence, place d'Estienne d'Orves, à quelques pas de l'église de la Trinité.

 

    Il y avait là en 1765 ce qu'on appelait "la clôture", un poste d'octroi qui taxait les marchandises entrant dans Paris.

Le poste existera jusqu'à la construction du fameux mur des Fermiers Généraux qui passera plus au nord, à la hauteur de la place Blanche actuelle.

La rue Blanche. Première partie, du début au 25.

Au n° 2, bel immeuble avec cariatides où a vécu le général Charles Guillemaut (1809-1886) inhumé au cimetière de Montmartre.

Il faisait partie de cette gauche républicaine et laïque qui nous manque aujourd'hui. Il a pour titre d'honneur de s'être illustré dans la bataille du plateau d'Avron en 1870. Il était vigilant quant au respect de la laïcité et s'est opposé à la création d'aumôniers militaires.

La rue Blanche. Première partie, du début au 25.

Le bel immeuble post-haussmannien est dû à l'architecte Charles Forest dont j'ignore malgré quelques recherches quelles ont été ses autres réalisations. Qu'importe! son nom restera gravé sur la pierre sur l'un des plus beaux immeubles du IXème arrondissement!

                                                       16 rue de Penthièvre (Forest)

     (Je rajoute après publication de l'article, grâce aux informations que m'a données Maxime B. que l'on doit plusieurs immeubles parisiens à cet architecte, boulevard Saint-Germain, rue de Florence, rue de Penthièvre. Aucun cependant n'a l'allure ni le développement de celui de la rue Blanche.)

La rue Blanche. Première partie, du début au 25.

    Là où s'élève le 3 vivait Camille Paganel (1795-1859).  Encore un homme politique mais du bord opposé. Un conservateur bon teint bien que fils du conventionnel Pierre Paganel qui, prêtre avant la Révolution, fut élu à l'Assemblée où il attaqua les prêtres réfractaires et vota la mort du roi, ce qui lui valu d'être exilé pour régicide en 1816.

                                                               Pierre Paganel

Camille eut une vie moins tumultueuse;  il fut député du Lot et Garonne puis Secrétaire d'Etat au Ministère de l'Agriculture et Directeur des Haras bien que ne connaissant rien à la gent chevaline.

La rue Blanche. Première partie, du début au 25.

    Le 5 qui fait partie du même groupe d'immeubles est une adresse intéressante à plusieurs titres. Elle est celle depuis 35 ans de la fondation Danielle Mitterrand qui se présente comme radicale et utopiste.

Ses engagements politiques et écologiques sont nombreux. Il suffit de mentionner la défense constante du peuple kurde ou celle du peuple tibétain pour tirer son chapeau!

     Il y eut avant la construction de l'immeuble un hôtel où vécut Martin Gaudin duc de Gaëte (1756-1841) qui fut ministres des finances sous le consulat et l'Empire.

Il fit preuve de rigueur et d'honnêteté, ayant acquis sa réputation d'homme intègre pendant la période révolutionnaire. En effet il accepta d'être nommé en 1795 au poste périlleux de responsable des recettes (pour ne pas dire des impôts), ce qui lui valut de nombreuses dénonciations. Il n'en sauva pas moins sa tête comme il parvint à sauver celle des 48 receveurs généraux que Robespierre voulait envoyer à la guillotine!

     

        Toujours au 5 a vécu Emile Paul Salmson (1893-1966) qui a été un des plus grands constructeur aéronautique et automobile français.

Le 6

Le 6

    Le 6 abrita les premiers locaux de la librairie Simon et Lucien Kra qui créèrent les Editions du Sagittaire bien connue pour avoir publié quelques livres essentiels.

De 1921 à 1923 elles furent dirigées par André Malraux avant de devenir la maison d'édition des surréalistes avec Breton comme auteur attitré!

     Au 8 a vécu (et est mort) un des auteurs dramatiques les plus joués dans la deuxième moitié du XIXème siècle.

 Il s'agit de Léon Laya dont la pièce "le Duc Job", jouée au Théâtre Français fut un des plus grands succès de son temps. On le retrouva pendu au bout de sa cravate à son domicile de la rue Blanche. Il laissait deux lettres, l'une au directeur du Gymnase où devait être donnée sa dernière pièce (elle contenait tout le 4ème acte qui manquait encore) et l'autre à son actrice principale. Il est inhumé au cimetière de Montmartre.

Le 10

Le 10

     Au 10 a vécu Léon Faucher, homme politique qui fut sous Louis Napoléon Bonaparte Ministre de l'Intérieur et donc Président du Gouvernement en 1851, année où refusant de cautionner le coup d'Etat, il quitta définitivement la vie politique.

                                                     Léon Faucher (Daumier)

Ce qui lui, permit de se consacrer à ses études sur l'économie et d'aller en Italie pour suivre une cure qui ne lui porta pas chance, puisqu'au retour il mourut de la fièvre typhoïde à Marseille. 

La rue Blanche. Première partie, du début au 25.
Au 15, le Théâtre de Paris.

Au 15, le Théâtre de Paris.

     Nous trouvons au 15 un théâtre qui a son histoire puisqu'il y eut à l'origine, là où il est établi, un pavillon de fêtes créé par le duc de Richelieu en 1730. Nous étions alors dans la campagne aux portes de Paris. Ce pavillon isolé sous les arbres fut, dit-on fréquenté par Louis XV et la Pompadour.

 

     Au XIXème siècle il connut plusieurs avatars, passant d'un parc d'attractions à une église puis à une patinoire pour les amateurs de patin à roulettes devenus très tendance

 

    C'est en 1891 que renaît le Théâtre qui sur l'impulsion de Lugné Poe fait connaître Ibsen et les auteurs nordiques.

     Réjane, quelques années plus tard, alors qu'elle est au sommet de sa gloire, en devient propriétaire et le baptise "Théâtre Réjane". "Madame sans-Gêne" y est donné à guichets fermés! 

    En 1918 le théâtre est racheté par Léon Volterra qui lui donne le nom, très original, de "Théâtre de Paris".

En 1929 Pagnol y crée sa fameuse trilogie. Une deuxième salle sera ouverte plus tard, en 1958, sur l'initiative d'Elvire Popesco, le "Petit Théâtre de Paris". Différents directeurs se succèdent dont Robert Hossein et des acteurs célèbres s'y produisent comme Delon, Romy Schneider, Belmondo, Depardieu, Giraudeau.

   

Au début du XXIème siècle le théâtre connaît un nouvel essor avec la direction de Stéphane Hillel. Aujourd'hui il reste un des théâtres parisiens très fréquentés même s'il a un peu oublié qu'il fut un théâtre d'avant-garde.

17

17

 

    Le 17, classé, est l'hôtel le Marois, construit en 1829 par l'architecte Antoine Joseph Pellechet pour le général comte Le Marois, ancien garde de camp de Napoléon. L'immeuble de pierres de style palladien était jadis orné d'une statue au centre de la cour.

21

21

    Le 21  est le plus bel immeuble de la rue, chef d'œuvre Art Nouveau : l'hôtel de Choudens construit par l'architecte Charles Girault en 1901 pour l'éditeur de musique Paul de Choudens.

 

    Charles Girault est sans conteste un des grands architectes fin de siècle, marqué à la fois par le baroque italien et les audaces de l'Art Nouveau.

 

On lui doit un des monuments les plus élégants et les plus originaux de Paris : le Petit Palais édifié pour l'expo de 1900. Léopold II fut tellement séduit par le monument qu'il demanda sa réplique exacte à Bruxelles. Girault refusa de dupliquer son oeuvre mais il reçut de nombreuses commandes en Belgique.

   

A Paris, il coordonna également les travaux du Grand Palais et il réalisa à la demande de la famille  le très beau tombeau de Pasteur dans l'Institut qui porte son nom.

   

Paul de Choudens pour qui l'hôtel a été construit est moins célèbre que son architecte. Il fut musicien et éditeur de musique. L'hôtel fut construit grâce aux revenus considérables que lui assura la publication du Faust de Gounod et du Carmen de Bizet.

Hôtel à l'abandon après le départ de l'Ecole.

Hôtel à l'abandon après le départ de l'Ecole.

      L'hôtel connut quelques vicissitudes. Il abrita la fameuse école  de théâtre connue sous le nom d'école de la rue Blanche qui prit possession du bâtiment abandonné. Elle y restera jusqu'à don déménagement pour Lyon en 1997. L'hôtel alors n'est pas en bon état et plusieurs années de vacance et d'occupation sauvage le dégradent.

 

    En 2003 il est vendu par la Ville à une société immobilière qui le restaure. Il abrite aujourd'hui des salles de sport qui ont essayé tant bien que mal de respecter l'originalité et la valeur d'un décor unique.

 

25

25

     Le 25 est une église. Il s'agit de l'église du Christ, église évangélique allemande qui de 1933 à 1945 fut ressentie comme ennemie par les riverains. Elle l'était puisque financée par la tendance protestante la plus proche du régime nazi et tint le rôle de paroisse militaire. On pense à Dylan : "Though they murdered six million in the oven they fried, the Germans too have God on their side".

 

Elle a été construite en 1894 par l'architecte Edouard-Jean Niermans (1859-1928) qui fut un représentant brillant de l'Art Nouveau et de l'Art Déco. 

Pas loin de là, rue Saint-Lazare, on peut admirer la brasserie Mollard qui est son oeuvre, comme le sont à des degrés divers les Folies Bergère, le Casino de Paris ou le Moulin Rouge (dessiné par Willette, le fameux bal est transformé en théâtre concert en 1903 par Niermans).

La rue Blanche. Première partie, du début au 25.

On lui doit également l'hôtel le plus célèbre de Nice, le Négresco.

La rue Blanche. Première partie, du début au 25.

Nous nous arrêtons un moment avant de reprendre la prochaine fois la montée vers le Moulin Rouge, sûrs de faire d'autres découvertes surprenantes dans cette rue Blanche qui nous en fait voir de toutes les couleurs!

 

(Deuxième partie de la rue Blanche, du 27 à la place)

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C'est un cabaret qui a laissé son nom dans l'histoire (politique et artistique) mais sans le tableau de Manet, ce nom aurait sans doute moins d'éclat!

Tout commence au XVIIIème siècle quand la frontière de Paris s'arrête à ce qui sera plus tard la place de Clichy.

Le village de Clichy la Garenne a sur son territoire plusieurs hameaux dont celui des Batignolles où une ferme accueille les parisiens pour leur servir le petit vin guinguet.

Les affaires étant rentables, la ferme se transforme en cabaret, vraisemblablement vers 1765, "Au père Lathuille".

La construction de la barrière des Fermiers Généraux est une aubaine pour le cabaret où viennent de plus en plus nombreux les parisiens qui apprécient de payer moins cher le vin et les alcools qui n'ont pas eu à passer la barrière de l'octroi.

La barrière de Clichy (bureau de l'octroi, pavillon de Ledoux)

La barrière de Clichy (bureau de l'octroi, pavillon de Ledoux)

Horace Vernet.30 mars 1814

Le cabaret entre dans l'histoire le 30 mars 1814.

Le tableau d'Horace Vernet rappelle ce jour héroïque.

On y voit le maréchal Moncey dirigeant la défense de Paris et donnant des ordres à un colonel.

On remarque le pavillon de l'octroi de Ledoux sur la gauche et au fond le cabaret du père lathuille. g>

Le peintre rend hommage au cabaretier qui ouvre les portes de son établissement aux gardes nationaux, leur sert à boire et à manger sans lésiner. On lui prête la phrase historique adressée aux combattants qui allaient affronter l'armée russe :

"Mangez, buvez, mes enfants! Il ne faut rien laisser à l'ennemi!"

La résistance menée par Moncey fut assez héroïque pour tenir jusqu'à l'armistice. Des boulets russes détruisirent une partie du cabaret, l'un d'eux se ficha dans le comptoir. On l'y laissa et il put être caressé comme une relique par les clients jusqu'en 1860!

Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.
Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.

Le cabaret se trouvait au n°7 actuel de l'avenue de Clichy qui s'appelait alors grande rue des Batignolles.

Aujourd'hui à son emplacement s'élève un cinéma militant qui promeut les oeuvres de création, c'est le Cinéma des Cinéastes, apprécié des cinéphiles,

Chez Aubry

La paix revenue, le cabaret accueille une clientèle plus large et son restaurant est apprécié pour ses plats originaux comme "la sole Moncey" ou "le poulet Lathuille" (aux fonds d'artichaut).

Jouxtant l'établissement, au n°9 de l'avenue actuelle, Aubry, gendre du père Lathuille ouvre en 1830 un café au décor luxueux. La grande salle est décorée de peintures et, comble de luxe, éclairée au gaz. On peut jouer au billard dans une deuxième salle ou profiter du soleil dans un jardin à l'arrière.

Une porte de communication permet de passer du cabaret du père Lathuille au café Aubry. Ce café deviendra célèbre quand Guerbois le rachètera.

Beaucoup d'artistes fauchés habitent le quartier où les loyers sont moins élevés que dans la Nouvelle Athènes voisine. Les peintres, s'approvisionnent en matériel chez Hennequin, ami de Manet, dont la boutique est au 11 rue Grande des Batignolles.

De la boutique au café Guerbois, il n'y a qu'un pas. Entre 1866 et 1875, le café est un lieu de rencontres et de réunions. On y voit Monet, Cézanne, Degas, Renoir, Pissaro, Sisley, Manet!

Le café figurera dans le roman de Zola "l'Oeuvre" sous le nom de café Baudequin (contraction de Baudelaire qui fréquenta le café Guerbois et Hennequin le marchand de peintures)

Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.

Manet peint son fameux tableau en 1880.

Zola le décrit ainsi :

"Il y a au salon de cette année une scène de plein air, Chez le père Lathuille, deux figures à une table de cabaret, d'une gaieté et d'une délicatesse de tons charmantes (...) "

Manet représente Louis, le fils du patron attablé à côté d'Ellen Andrée, actrice de renom qui joue notamment dans les pièces de Courteline et qui sert de modèle à de nombreux peintres comme Renoir ou Degas. Manet l'a déjà représentée dans un tableau peint en 1875 : la Prune.

Manet. La prune. (Ellen André)

Manet. La prune. (Ellen André)

La jeune-fille en blanc.

Manet habitué du cabaret choisit encore pour modèle la fille du père Lathuille, Marguerite Gauthier-Latuille, pour son tableau, "La jeune-fille en blanc".g>

Louis Gauthier-lathuille (1879)

Il peint une nouvelle fois Louis, le fils du père Lathuille, déjà représenté avec Ellen Andrée, dans un autre tableau...

Le restaurant du père Lathuille cesse d'être à la mode dans les dernières années du XIXème siècle et Louis Gauthier-Lathuille qui a succédé à son père ne parvient pas à lui redonner le lustre d'antan.

Il est vrai que la plupart des grands peintres qui fréquentaient l'établissement sont morts!

avenue de Clichy (à gauche le Kursaal)

avenue de Clichy (à gauche le Kursaal)

Le cabaret ferme ses portes en 1906.

Il est remplacé entre 1907 et 1927 par un Music-Hall, le Kursaal où se produisent, entre autres, Maurice Chevalier, Fréhel, Lucienne Boyer ou Berthe Silva...

Tampon de l'Eden.

Tampon de l'Eden.

Le music-hall périclite comme la plupart des établissements montmartrois quand la vogue du 7ème art se répand. Il est transformé en cinéma-music-hall, l'Eden, avant de n'être plus qu'un cinéma le Mirage puis le Pathé Clichy (1943).strong>

En 1987 Claude Berri en prend la direction avec la Société des Auteurs réalisateurs et producteurs (l'ARP)

Dernière métamorphose en 1996 quand le cinéma est baptisé par sa marraine Fanny Ardant : Le Cinéma des Cinéastes!

On y trouve au 1er étage "le bistrot des cinéastes" sympathique mais un peu terne, sans un père Lathuille pour lui donner du panache!

Y aura t-il des cinéastes pour utiliser son décor et lui assurer comme l'ont fait les Impressionnistes pour le cabaret du père Lathuille une renommée internationale?!!!

Fresque dans le Cinéma des Cinéastes.

Fresque dans le Cinéma des Cinéastes.

En complément les panneaux historiques (pelles Starck) devant le 7 et le 9 de l'avenue de Clichy....

Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.
7 avenue de Clichy. Le Père Lathuille.

7 avenue de Clichy. Le Père Lathuille.

Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.
9 avenue de Clichy. Guerbois.

9 avenue de Clichy. Guerbois.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.

    Comme chaque année au printemps, les enfants des écoles sont pendant une journée, propriétaires de quelques escaliers où avec des craies, ils mettent en couleurs les marches grises. Si les escaliers de la Butte sont durs aux miséreux, ils sont pour les poulbots terrains de jeux!

Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.
Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.

    Rue Jules Méthivier, ils accueillent des ours polaires et des pingouins sur la banquise qui disparaît jour après jour. 

Rue Barsacq

Rue Barsacq

    Rue Barsacq ce sont des gosses de l'école de la Plaine dans le XXème arrondissement qui sont venus dessiner cet arbre de vie aux fruits colorés comme des oiseaux.

Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.

 Rue Gabrielle, l'école élémentaire Torcy va droit au but avec un cœur sur des marches couleurs de l'Ukraine.

Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.

Rue Girardon, les petits artistes du centre de loisirs Constantin Pecqueur n'ont pas cherché le réalisme!

Des plages de couleurs où l'on est libres de voir des oiseaux, des palais, ou simplement des paysages de craie. Un croissant de lune est pourtant reconnaissable, celle que chantait Bruant, "La lune en croissant qui brillait blanche et fatidique, sur la p'tite croix d'la basilique..." 

Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.

     Rue du Mont-Cenis, les petits de la maternelle ont imaginé leurs vacances, sable jaune, vagues bleues, palmier, soleil orange et ciel d'azur.

Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.

     Rue Patureau, les marches se transforment en un mur de briques multicolores organisées comme les motifs d'un tapis ou les ailes d'un papillon géométrique!

Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.

     Rue Chappe, longeant les arènes, l'école Maurice Genevoix a jeté ces couleurs dans des rectangles et des carrés, pastels abstraits, caresses de craie qui me font penser à la palette de Marie Laurencin.

Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.

      Voilà un des escaliers les plus rudes et les plus célèbres de Montmartre, la rue Foyatier.  Impossible aux petits artistes de peindre ses 222 marches!

La première partie est un escalier dans l'escalier, savant trompe l'œil qui a dû amuser les enfants.

Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.

     La 2ème volée correspond mieux à l'imaginaire enfantin avec ce débonnaire mille pattes sur l'herbe verte, sous le ciel bleu.

Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.

Rue Paul Albert, l'école Christiani a déjà la tête dans les jeux Olympiques de 2024. 

Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.

    L'école Cugnot a planté un lion au bas de la rue Becquerel, la rue que tous les amoureux connaissent car c'est celle où vivait Nadja "aux yeux de fougère" de l'Amour Fou.

André Breton aurait aimé ce lion débonnaire capable de veiller sur son amoureuse guettée par la folie.

Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.

    Dans les volées supérieures, les mains ouvertes laissent échapper des cœurs.  "L'amour est toujours devant vous. Aimez." (André Breton)

Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.

    Rue du Chevalier de La Barre, l'école Flocon (quel joli nom!) raconte le Petit Chaperon Rouge.

Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.

    Le loup bien sympa malgré ses crocs est dominé par un Chaperon rouge immense. C'est comme ça que les enfants conjurent la peur que pourrait inspirer le prédateur. 

Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.

Au-dessus, un petit bonhomme qui ressemble au Petit prince vole dans les nuages.

Les escaliers mis en couleurs par les enfants de maternelle et des écoles le 1er juin 2022.

... Salut les p'tits poulbots!

Merci pour vos sourires, pour vos couleurs, et merci à vos profs qui vous font gravir des marches en jouant.

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Publié le par chriswac
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 Rue du Mont Cenis. Sculpture d'Anna Waisman. La gloire des démolisseurs.

     En ce lieu central de Montmartre, près de la place du Tertre, une pierre sculptée voit passer la foule des visiteurs rue du Mont-Cenis au tournant de la plus ancienne ruelle du village, la rue Saint-Rustique.

 Rue du Mont Cenis. Sculpture d'Anna Waisman. La gloire des démolisseurs.

    Elle semble être là de toute éternité, avant que la Butte ne fût devenue romaine autour des temples de Mars et de Mercure, avant le cheminement de Saint-Denis portant sa tête ensanglantée et de ses compagnons Rustique et Eleuthère....

 Rue du Mont Cenis. Sculpture d'Anna Waisman. La gloire des démolisseurs.

  Elle évoque des temps primitifs où les pierres ne jouaient pas à faire joli mais étaient porteuses de forces venues du profond de la terre pour que dialoguent  le ciel et les hommes.

   

     Je me suis souvent arrêté devant elle et quand Montmartre retrouve en hiver la paix et l'humilité de ses origines, j'ai posé les mains sur elle comme on les pose sur le tronc d'un arbre centenaire. 

     Et le 15 mai 2022, jour de soleil et de fanfare, j'ai appris son histoire... au cours d'une "ré-inauguration" et de la pose d'une plaque qui paraît-il exista avant de disparaître.

Comme on le sait nous sommes dans le quartier du "passe-murailles"! Ce qui est vrai pour les hommes peut l'être pour les plaques!

 Rue du Mont Cenis. Sculpture d'Anna Waisman. La gloire des démolisseurs.

    L'histoire commence loin de la Butte, là où un pont-viaduc franchissait la Seine reliant la gare d'Auteuil à la gare de Grenelle-ceinture. Ouvrage imposant, construit (en 1867) par l'architecte Bassompierre, il faisait l'admiration des Parisiens. Théophile Gautier parlait d'une "merveilleuse résurrection de l'architecture romaine".

 Rue du Mont Cenis. Sculpture d'Anna Waisman. La gloire des démolisseurs.

    Avec la disparition du chemin de fer de ceinture, il fut jugé démodé et peu pratique. Donc on le démolit comme on aime démolir à Paris ce que l'on trouve ringard. Période de vandalisme qui aura son âge d'or sous Pompidou, maire de la ville, donnant son accord à la destruction des Halles de Baltard, du cirque Médrano, du Palais de marbre rose.... et la liste peut se dérouler longtemps.

Démolition du viaduc d'Auteuil par Pierre Louis Jamet

Démolition du viaduc d'Auteuil par Pierre Louis Jamet

    Les démolisseurs se mirent au travail et l'ouvrage majestueux fut jeté à bas, pierre à pierre. C'est alors qu'apparaît une femme qui, comme le colibri participe avec sa goutte d'eau à éteindre l'incendie, va avec sa passion, redonner vie à ce pont, ce viaduc qui justement, comme son nom l'indique, était fait pour permettre à la vie de circuler.

 

     Elle s'appelle Anna Waisman. Elle est belle et légère et forte et fragile. Adjectifs qui définissent bien les danseurs, car elle a été danseuse, de celles qui touchent les étoiles.

De celles qui sont frappées et qui tombent soudain parce le corps a ses limites et qu'il cède quand on exige trop de lui.  

 

     La danseuse privée de danse a par chance une autre passion, celle de la création bien sûr, non plus de l'éphémère des corps qui s'envolent, mais de l'éternité des pierres qui se transforment par la volonté du sculpteur.

 

     Anna Waisman trouve avec le chantier du viaduc une carrière de belles pierres où elle va s'installer, dans une cabane de planches, et jour après jour donner une vie nouvelle aux pierres sacrifiées.

 

   

                                                   Zadkine (La Sainte Famille)

     Elle a connu Zadkine qui vivait dans le même quartier qu'elle. Son œuvre ne va cesser d'évoluer et il faudrait un livre pour en parler. Aujourd'hui contentons nous de cette sculpture que ce 15 mai remet en valeur.

 Rue du Mont Cenis. Sculpture d'Anna Waisman. La gloire des démolisseurs.

  Jour de fête, de fanfare, un peu foutraque, montmartrois donc, où "les Joyeux Lurons" dont la devise est un art de vivre : "Pour ce qui est contre et contre ce qui est pour" avec les autorités du folklore local, maire de Montmartre en tête, après des discours plus ou moins inspirés re-dévoilent la sculpture d'Anna Waisman.

 

     En effet le dévoilement inaugural a eu lieu, il y a belle lurette, le 26 mai 1960 avec le maire Pierre Labric et ses adjoints Gabriello et Fred Bretonnière.

  En 2022 le fils d'Anna, Samuel et sa femme Sibylle sont présents, heureux et émus. Le soleil aussi est là et comme il brille pour tout le monde et rayonne pour la foule des touristes qui tentent de se frayer un chemin pour passer vaille que vaille rue Saint Rustique. Pieds écrasés, côtes endolories, petits noms d'oiseaux.... Tout est là pour que  la fête soit complète!

     La maire de Montmartre, le député, Samuel fils d'Anna, le fils de Fred Bretonnière, Sibylle la femme de Samuel.

    La sculpture s'est exprimée par la voix des orateurs, elle qui est là, muette et impassible depuis 62 ans. Elle a été amenée à cet endroit par celui qui dirige l'entreprise de démolition qui a mis à bas le viaduc, Jean Valentin, lui aussi adjoint au maire.

                                                      Tableau de Renoux

     Il l'offrit à la Commune de Montmartre qui l'installa devant le Grenier 7 rue du Mont Cenis. Le patron du bistro, Fred Bretonnière, était peintre et marin et vénérait Gauguin. La référence à Gauguin n'est pas anodine quand on voit notre sculpture.

Le Ceni's ou la statue prise en otage

Le Ceni's ou la statue prise en otage

     Le tableau de Renoux nous permet de voir comment la sculpture était mise en valeur au temps pas si lointain où le Grenier la respectait. Aujourd'hui un nouveau restaurant, le Ceni's n'a pas la même éthique et prend possession de l'espace sans égard pour l'œuvre qui ne lui appartient pas mais fait partie du patrimoine. Des tables sont installées autour d'elle. Certains jours elles envahissent une partie de l'étroite rue Saint-Rustique. Il y a du vandalisme à traiter ainsi cette sculpture. Tout Montmartrois et tout amoureux de l'art ne peut que pousser un coup de gueule. 

   

     Après cette juste colère revenons à Jean Valentin, le donateur, à qui l'on prêta un lien familial avec Valentin le Désossé dont il aurait été le petit-fils.

Une galéjade de plus direz-vous, non, une légende de plus sur une Butte qui les adore.

 Rue du Mont Cenis. Sculpture d'Anna Waisman. La gloire des démolisseurs.

     La statue est dédiée aux démolisseurs, plus exactement à leur gloire. On y voit un marteau et on y ressent la force des figures qui l'entourent. Etrange dédicace à ceux qui ont jeté à bas un ouvrage d'art qui était admiré de tous. Ou bien accusation indirecte à ceux, politiques, urbanistes, qui ont planifié cette démolition. Les ouvriers n'avaient pas le choix. Ils exécutaient un ordre. Anna a sympathisé avec eux et leur a rendu justice.

 Rue du Mont Cenis. Sculpture d'Anna Waisman. La gloire des démolisseurs.

Aujourd'hui la statue est là, bien plantée au sommet de la Butte. Une plaque a été apposée qui lui redonne mémoire.

        Et nous attendrons la paix du matin pour poser de nouveau nos mains sur ces têtes de pierre et entendre le fracas des pierres qui tombent, le marteau de celle qui les ressuscita, et plus ténu, à peine audible, le pas léger d'une danseuse qui à défaut d'atteindre l'inaccessible étoile a conquis l'Himalaya parisien, notre Butte sacrée! 

Anna Waisman

Anna Waisman

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Publié le par chriswac
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La rue Saint-Rustique à Montmartre.
La rue Saint-Rustique à Montmartre.

    La plus ancienne rue de Montmartre est aussi la plus haut perchée. Elle est, modeste et villageoise, au sommet de la Butte avec ses 110 mètres de long et ses 2,6 mètres de large.

 

        Par chance elle ne fut pas détruite comme tant de rues du vieux village, écrasées par de lourds immeubles. Il s'en fallut de peu pour qu'elle ne soit rasée. Les plans du baron Haussmann prévoyaient déjà d'élargir la rue Lepic qui aurait rejoint par la rue Norvins la place du Tertre en détruisant les maisons anciennes. La rue Saint Rustique faisait partie des plans et transformée en artère de 12 mètres de large  aurait relié les rues du Mont-Cenis et des Saules. Comment réussit-elle, vers 1920 à se faire oublier quand les promoteurs s'abattirent sur la rue du Mont Cenis et réduisirent en miettes les maisons de Mimi Pinson et de Berlioz?

 

    Au Moyen-Âge, simple chemin de terre entre jardins et vergers, elle ne se couvre de maisons qu'au XVIème siècle. Elle s'appelait alors chemin Notre-Dame, puis rue Notre-Dame avant d'être baptisée Saint-Rustique en 1867.

La rue Saint-Rustique à Montmartre.

     Saint Rustique doit plaire aux adversaires du genre car des sites qui se prétendent sérieux, comme de nombreuses cartes postales font de lui une sainte. Rue Sainte Rustique!

                                 Un exemple parmi d'autres de "Sainte-Rustique".

Saint Rustique est pourtant un homme et sa légende est connue. 

Basilique de St-Denis. Au centre St Denis, à gauche et à droite St Rustique et St Eleuthère.

   Il était avec Eleuthère un compagnon de Saint-Denis avec qui il subit le martyre, c'est à dire qu'il fut décapité sur la Butte. La chapelle du martyrium rue Yvonne le Tac perpétue le souvenir de ce supplice.

Panneau sculpté (XVIème) représentant le martyre dans un Montmartre imaginaire. Le panneau jadis prêté au musée de

Panneau sculpté (XVIème) représentant le martyre dans un Montmartre imaginaire. Le panneau jadis prêté au musée de

   Si Eleuthère et Rustique ont leur rue à Montmartre, St Denis n'en a plus depuis que celle qui portait son nom a été rebaptisée rue du Mont Cenis en 1863.

La rue Saint-Rustique à Montmartre.

   La rue commence 5 rue du Mont Cenis avec un café-restaurant très fréquenté par les touristes  mais assez décrié en réalité pour la qualité de sa cuisine et l'amabilité de l'accueil, le Ceni's (on se met à la mode comme on peut!)

La rue Saint-Rustique à Montmartre.

    Les maisons dont bon nombre datent du XVIème siècle n'ont rien de remarquable sinon qu'elles participent au charme authentique de la rue. Les rez de chaussée sont souvent humides et peu agréables. Au 2 ont vécu jusque dans les années 2000 deux vrais Montmartrois, gouailleurs, misérables, généreux : Christiane et Pépère. Leur rez de chaussée sans électricité et sans lumière sert aujourd'hui d'annexe (je crois) au Ceni's. Je suis peut-être un des derniers qui pense à eux chaque fois que je passe dans cette rue dont ils gardaient quelque chose de l'âme et la mémoire. 

La rue Saint-Rustique à Montmartre.

    Parfois les numéros impairs de la rue sont l'arrière d'établissements donnant sur la place du Tertre ou sur la rue Norvins. C'est le cas de la façade rouge de La Mère Catherine un des plus célèbres cabarets de Montmartre qui vit sur sa légende avec assez de profit pour avoir dévoré pour s'agrandir la vieille brocante-librairie du Singe qui lit, aujourd'hui disparue.

Chez ma cousine.

Chez ma cousine.

La rue Saint-Rustique à Montmartre.

      Un autre cabaret ouvert en 1928 a lui aussi son arrière sur la rue Saint-Rustique :"chez ma cousine".

La rue Saint-Rustique à Montmartre.
La rue Saint-Rustique à Montmartre.

  Au 7 habitait Georges Roudière, plombier de 28 ans qui après avoir abondamment arrosé le réveillon, alla, sans doute pour éviter une diète trop brutale, dans un café de la rue Lepic. Il se prit de querelle avec un consommateur et "s'affaissa soudain en gémissant. Son adversaire l'avait frappé d'un coup de couteau à l'aine. Il a été transporté à l'hôpital Bichat. L'agresseur a pris la fuite." (journal Le Temps, 26/12/1925)

La rue Saint-Rustique à Montmartre.

    Toujours dans le domaine des faits divers voici le 8 qui se dissimule derrière ses hauts murs. C'est là qu'habitait en 1869 le maréchal ferrant Louis H. Il rendit visite à un voisin qui lui montra  fièrement sa collection de rasoirs. Le maréchal en saisit un et se tourna contre la muraille. Il s'enfonça le rasoir dans la gorge avec une telle force que la lame ne fut arrêtée que par les vertèbres cervicales (...) Le blessé qui perdait tout son sang , ne tarda pas à succomber. La cause de ce suicide accompli de façon si étrange, est restée ignorée. (Le Temps 01/07/1869)

La rue Saint-Rustique à Montmartre.

    Pas grand chose à dire des vieilles maisons qui se succèdent jusqu'à la fin de la rue. En revanche ces derniers numéros font partie du Montmartre mythique. Avant de les rejoindre, mentionnons le 18 où vécut Charles Aznavour dans les années 50.

 

    Il habitait un petit deux pièces sur cour et si la vie était dure pour lui, elle lui a laissé les souvenirs éblouis d'une jeunesse artiste et fauchée dans un Montmartre accueillant où la vie de Bohême était difficile mais joyeuse....

"Montmartre en ce temps-là

Accrochait ses lilas

Jusque sous nos fenêtres...."

De la rue des Saules

De la rue des Saules

Entre Bonne Franquette et Consulat.

Entre Bonne Franquette et Consulat.

      La rue se termine entre La Bonne Franquette et le Consulat auxquels nous avons consacré des articles sur ce blog.

La guinguette (Van Gogh) Les jardins existent toujours. Le restaurant s'appelait alors "les Billards en bois".

     Les deux établissements furent fréquentés et peints par quelques uns des plus grands peintres qui vécurent à Montmartre.

 

Utrillo.

Utrillo.

Nous quittons cette rue qui garde malgré la fréquentation touristique un charme et une simplicité venus du vieux village de Montmartre.

Utrillo et quelques autres l'ont aimée et l'ont peinte....

La rue Saint-Rustique à Montmartre.

    Il existe de nombreuses représentations de la rue par Utrillo. Elles n'ont pas toutes la même valeur et parfois trahissent une répétition, une facilité dues à l'urgence de gagner un peu d'argent. Mais quand elles échappent à cette nécessité, elles prennent une dimension onirique, la rue s'élargit, change de couleurs...

Quelques passants sont happés par elle et disparaissent. L'angle de vue est presque toujours le même, à partir de la rue des Saules vers la basilique dont le dôme se tasse ou s'affine selon l'humeur du jour...

La rue Saint-Rustique à Montmartre.
La rue Saint-Rustique à Montmartre.
La rue Saint-Rustique à Montmartre.
La rue Saint-Rustique à Montmartre.

  De nombreux peintres ont essayé après Utrillo de représenter cette rue si pittoresque, avec plus ou moins de bonheur....

                                                              César Bron (1930)

                                                               Jean-Pierre Sahuc

                                                  André Renoux, le seul à ma connaissance qui ait choisi une autre orientation, depuis la rue du Mont-Cenis.

Monique Langlois

Monique Langlois

Elysée Maclet Utrillo pas loin!)

Elysée Maclet Utrillo pas loin!)

    De grands photographe l'ont eue dans leur collimateur. Parmi eux Atget qui l'a saisie vers l'ouest, déserte comme d'habitude sur ses clichés...

 

 

Je vous conseille de parcourir cette rue le matin quand elle est encore elle-même, simple et calme, surgie du passé presque intacte. Vous y serez un passant d'Utrillo....

La rue Saint-Rustique à Montmartre.

    Ou bien vous retrouverez quelques poulbots comme cet écolier qui n'est autre qu'un ami, un vrai Montmartrois.... Pierre C. qui l'empruntait chaque jour pour aller à l'école.

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Publié le par chriswac
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Utrillo

Utrillo

     Il est incontestablement une des stars de Montmartre, le "monument" le plus photographié avec le Sacré-Cœur et le Moulin rouge, celui que le monde entier connaît sous le nom de Moulin de la Galette.

Le moulin de la Galette. Le Radet.

    Beaucoup d'études lui ont été consacrées mais il me semble que la plus précise et la plus claire soit celle que propose "Montmartre en revue" de décembre dernier, signée Jean-Manuel Gabert.

Le moulin de la Galette. Le Radet.

    Sur son origine les spécialistes se disputent mais la plus simple des hypothèses et sans doute la plus vraisemblable est celle qui fait de lui un authentique Montmartrois dont l'existence est mentionnée dès le début du XVIIIème siècle (ce qui n'empêche pas les cartes postales de le faire naître en 1295!)

 

   En effet c'est en 1717 que le meunier François Chapon après s'être constitué un beau domaine qui, pour ceux qui connaissent la Butte, couvrirait toute la Cité des Arts, entre les rues Norvins, Girardon et de l'Abreuvoir, exploite le petit moulin qui existait à cet endroit. 

Le moulin de la Galette. Le Radet.

     

Les Montmartrois lui donnent alors pour nom : "Moulin Chapon".

Le moulin de la Galette. Le Radet.

    Il reste Chapon jusqu'au milieu du XVIIIème siècle quand il est saisi (1744) peu après la mort du meunier en faillite et qu'il change de propriétaire.

Impossible de connaître la date exacte de son nouveau baptême qui le voit passer de Chapon à Radet. 

Années 50

Années 50

          Aucun de ses propriétaires ou de ses meuniers ne porte ce nom qui semble venir de nulle part. Nous avons évoqué dans notre article sur la rue des Moulins (Norvins) plusieurs hypothèses plus ou moins fantaisistes.

Alors que la future rue Lepic est appelée rue de l'Empereur (1852) le moulin aurait pris dans la foulée le nom d'un glorieux général de la Grande Armée, Etienne Radet.

Autre hypothèse, un montmartrois connaisseur des moulins à eaux, appelés moulins à radet aurait pu par comparaison avec un assemblage de planches qui ressemblent à un radeau, l'appeler ainsi.

Enfin, le plus vraisemblable serait que ce nom n'aurait été autre que celui d'un des meuniers qui s'y sont succédé et dont nous n'avons gardé aucune trace.

Le Blute-Fin aujourd'hui, toujours au même emplacement que lors de son baptême!

Le Blute-Fin aujourd'hui, toujours au même emplacement que lors de son baptême!

    C'est  sous ce nom de Radet qu'il est acquis en 1812 par Nicolas-Charles Debray qui depuis 1809 est déjà propriétaire du majestueux Blute-Fin toujours en place rue Lepic.

Le 1 avenue Junot, avant-dernier emplacement du Radet.

Le 1 avenue Junot, avant-dernier emplacement du Radet.

    Le meunier avisé décide de "rapprocher "ses deux moulins et en 1834 après avoir démonté le Radet l'installe à l'entrée de sa ferme, à peu près au 1 avenue Junot actuel. Les deux moulins se trouvent inclus dans la même propriété Debray et peuvent comme des sémaphores communiquer entre eux!

Le moulin de la Galette. Le Radet.

    L'emplacement du Radet est idéal et il est l'endroit rêvé pour boire le petit vin de la Butte et manger les bons produits de la ferme, sans oublier les galettes bien dorées confectionnées par la meunière avisée. Le Radet est alors appelé avec reconnaissance par les promeneurs du dimanche, "moulin de la galette".

Le moulin de la Galette. Le Radet.

     Moulin de la Galette il est, moulin de la Galette il restera.

                                     Dernier déménagement du Radet

     Pourtant, il lui reste à franchir quelques mètres encore pour s'arrêter définitivement là où nous le voyons aujourd'hui, à l'angle des rues Lepic et Girardon.

Le moulin de la Galette. Le Radet.

   C'est en hommes d'affaires avisés que les Debray engagent un  orchestre pour faire guincher les Parisiens qui se dépaysent à Montmartre. Le Blute-Fin est agrémenté d'une terrasse avec vue sur tout Paris et entre lui et son petit frère sont construites des salles de bal.

Renoir. Bal au Moulin de la Galette;

Renoir. Bal au Moulin de la Galette;

     C'est la grand époque du Radet devenu Moulin de la Galette. Peintres, poètes, écrivains l'immortalisent.

                                 Bal au Moulin de la Galette.(Lautrec).

     Il ne sait pas qu'il est menacé par Auguste Debray, "le petit père Auguste", qui pour agrandir son domaine veut le faire disparaître au profit de salles plus grandes et d'un restaurant.

   

 En 1925, le moulin est démonté et à sa place une laide construction commerciale et fonctionnelle est érigée. Montmartre gronde, les amoureux de la Butte n'acceptent pas ce sacrilège. Debray pour calmer le vent de révolte décide de remonter son moulin au-dessus de ses nouveaux bâtiments. L'effet est franchement désastreux. Le pauvre moulin n'en croit pas ses ailes. Et pourtant il restera là, moulin juché sur son béton, pendant presque un demi siècle.

 

    En 1977,  la restauration du vieux Montmartre est menée tambour battant, le moulin est restauré, le porche d'entrée belle époque est reconstruit après qu'eut été rasée la hideuse construction de Debray.

Le moulin de la Galette. Le Radet.

     Et voilà! Notre moulin de la Galette peut attendre, heureux face au vent et au soleil, le Jugement Dernier. Il reste impassible quand il entend certains guides affirmer qu'il n'est pas le vrai moulin de la Galette et que celui qui mérite ce nom est situé à une centaine de mètres, altier et intact sur sa terrasse.

Il est vrai qu'une entrée au pied du moulin en haut de la rue Tholozé, peut tromper. C'est que la famille Debray avait donné ce nom à tout son domaine, une enseigne commerciale rêvée et qui faisait fi de la susceptibilité du plus grand, du mieux conservé des deux derniers moulins de Montmartre qui était fier d'être le Blute fin!

 

     Et pour terminer notre coup de chapeau par dessus les moulins, voici quelques hommages rendus au Moulin de la galette, alias Radet, par les peintres, le principal, le plus amoureux étant bien sûr Utrillo.

 

Utrillo

Utrillo

Utrillo

Utrillo

Van Gogh

Van Gogh

           Buffet (à l'époque où le moulin était perché sur la vilaine construction de béton

Jacques Ruiz

Jacques Ruiz

Merio Ameglio

Merio Ameglio

Elysée Maclet (un peu copié d'Utrillo)

Elysée Maclet (un peu copié d'Utrillo)

Gen Paul

Gen Paul

                                                 Le Radet par la fenêtre (Camoin)

Le Moulin de la Galette (Yaki)

Le Moulin de la Galette (Yaki)

Utrillo pour finir en beauté!

Utrillo pour finir en beauté!

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