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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

montmartre. rues et places.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #MONTMARTRE. Rues et places.

     Les murs de la Butte sont très appréciés des artistes de rues parce qu'ils donnent une grande visibilité à leurs créations et que défile le monde entier devant eux!

                                                   Passage des Abbesses

Plusieurs articles du blog sont consacrés à ces poètes de la ville.

Art des rues. Street Art. Au hasard de Montmartre. Robert Vargas, Miss.Tic, Manfred Scharpf, Smile, Den,

Mais aujourd'hui, en ces jours gris et pluvieux de décembre, je vous propose une nouvelle balade au hasard des nouvelles créations... 

                                                    Passage des abbesses

    Dépêchons-nous, les œuvres éphémères s'offrent à nous avant le passage des services de nettoyage de la ville. Services qui ont effacé à jamais quelques unes des plus belles créations de Miss.Tic.

Rue androuet

Rue androuet

Rue Androuet

Rue Androuet

Rue androuet

Rue androuet

Rue Androuet

Rue Androuet

Rue Androuet

Rue Androuet

Rue Androuet

Rue Androuet

Les collages, variation-hommage à Vinci sont une préparation, une imprégnation de la rue avant l'exposition du peintre Manfred Scharpf (né en 1945) dont le talent n'est plus à prouver. 

 

 

Rue Androuet. L'artiste dans son atelier

Rue Androuet. L'artiste dans son atelier

Rue Androuet

Rue Androuet

Art des rues. Street Art. Au hasard de Montmartre. Robert Vargas, Miss.Tic, Manfred Scharpf, Smile, Den,

Den qui a commencé en peignant des cartes de petit format, imagine des murs habités par la vie en abondance, l'énergie des rencontres et des mélanges. Son art en mouvement est une éruption de vie. Dans la rue Androuet, il n'hésite pas à souffler sur la Joconde.

 

Art des rues. Street Art. Au hasard de Montmartre. Robert Vargas, Miss.Tic, Manfred Scharpf, Smile, Den,

Un article de ce blog est consacré aux métamorphoses de la même rue Androuet par le peintre Jacques Servoz

 

Passage des Abbesses

Passage des Abbesses

Nô est depuis longtemps pochoiriste engagé dans un appel à la solidarité. Des femmes en lutte, des enfants perdus, des regards qui accrochent le passant, ralentissent sa marche, modifient peut-être son regard.

                                                             Rue Antoine

Rue Véron

Rue Véron

Alors que les murs ont été décapés sans discernement, subsistent ici ou là quelques animaux de SMILE moins sauvages que les citadins et plus qu'eux menacés!

                                                 Rue d'orchampt

Rue Véron

Rue Véron

Dans la chère rue Véron, impossible de ne pas avoir le cœur gros devant le panneau de l'épicerie où a été lessivée une des plus belles fresques de Miss.Tic (article sur Miss.Tic dans le blog)

                               Fresque vandalisée par les services municipaux

Nous nous consolerons (un peu) en retrouvant dans la même rue deux autres fresques protégées par les propriétaires avisés et intelligents :

 

Art des rues. Street Art. Au hasard de Montmartre. Robert Vargas, Miss.Tic, Manfred Scharpf, Smile, Den,

Et ne serons pas convaincus par Mass.Toc dont le dessin humoristique ne rend pas hommage à l'original.

 

    Dans la même rue un mur aveugle reçoit depuis des années des fresques d'artistes connus. Leur peinture subsiste quelques mois avant d'être remplacées... Art généreux de l'éphémère.

    En ce moment une fresque de Robert Vargas invite au baiser entre humains tout simplement, quel que soit leur orientation ou leur couleur.

 

Encore faudrait-il pour le voir, lever le nez de son smartphone!

(Robert Vargas est un artiste américain, auteur de nombreuses fresques qui le plus souvent chantent la vie.)

Les animaux sont souvent présents dans l'art des rues. La préoccupation écologique est naturelle chez les artistes qui par définition sont sensibles à la violence exercée contre les plus faibles.

                                      (collaboration avec Ledentelier)

Ainsi Henri Maître, d'industrie.tarte, les représente t-il comme dans les boucheries où ils sont des produits pré découpés qui n'existent pas en tant qu'êtres vivants et souffrants mais en tant que produits de consommation.

Je ne résiste pas au plaisir de citer Apollinaire qui allait acheter son pain dans cette rue et qui était attiré par la belle vendeuse :

"Boulangère de la rue Garreau, vos tétons sont des bigarreaux".

Art des rues. Street Art. Au hasard de Montmartre. Robert Vargas, Miss.Tic, Manfred Scharpf, Smile, Den,

Avec Codex Urbanus très présent à Montmartre, nous rencontrons des animaux en voie d'apparition, mélange improbable d'espèces et de poésie! (codex urbanus sur le blog)

 

Rue d'Orchampt

Rue d'Orchampt

Rue Antoine

Rue Antoine

Rue Livingstone

Rue Livingstone

Malgré la variété et la diversité des pochoirs et peintures, les murs, peut-être victimes des nettoyages préolympique sont en train de perdre leurs couleurs.

 

Nous sommes plus près se Waterloo que d'Austerlitz pour le Street Art montmartrois! 

Quelques autres balades dans l'art des rues à Montmartre  avec ce blog Montmartre secret.

Art des rues (3)

Rue Véron (Levalet)

Combo Gregos...à Montmartre

Codex, Jay Ray Mie

Art des rues (1) Le Chat, Cyclop et..

 

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Le singe qui lit. Montmartre. Place du Tertre. Emile Boyer.
Le singe qui lit. Montmartre. Place du Tertre. Emile Boyer.
Le singe qui lit. Montmartre. Place du Tertre. Emile Boyer.

     Je republie cet article qui est devenu "historique" puisque la spéculation a fait disparaître en 2018 le Singe qui lit, dévoré par l'agrandissement de la Mère Catherine aux appétits d'ogresse et parce que en l'an de grâce 2023, il a refait son apparition là où se tint quelques années le syndicat d'initiative, au 11 place du Tertre.

 

Le singe qui lit. Montmartre. Place du Tertre. Emile Boyer.

   Le Singe qui lit faisait partie des enseignes montmartroises qui avaient survécu à la mutation touristico-immobilière de notre quartier.

Depuis 1908 il y avait à son emplacement, jouxtant le Cadet de Gascogne, une brocante tenue pendant des années par un personnage haut en couleurs comme en suscite souvent la Butte : Emile Boyer.

Le singe qui lit. Montmartre. Place du Tertre. Emile Boyer.
Le singe qui lit. Montmartre. Place du Tertre. Emile Boyer.
On voit sur cette carte qu'avant la brocante, il y eut une crémerie...

On voit sur cette carte qu'avant la brocante, il y eut une crémerie...

Le singe qui lit. Montmartre. Place du Tertre. Emile Boyer.

     Emile Boyer (1877-1948) est fils de chiffonnier. Il pratique plusieurs métiers avant de se percher place du Tertre où il gère un bric à brac hétéroclite, à la fois épicerie et brocante! On dit que Gen Paul le chargeait de vendre ses aquarelles qu'il accrochait à l'aide de pinces à linge à un fil suspendu dans la boutique.

On raconte encore qu'Utrillo payait son ardoise de gros rouge avec des toiles que notre brocanteur-épicier collectionnait.

Le singe qui lit. Montmartre. Place du Tertre. Emile Boyer.
Rue de Montmartre sous la neige. (Emile Boyer)

Rue de Montmartre sous la neige. (Emile Boyer)

Montmartre; (Emile boyer)

Montmartre; (Emile boyer)

     C'est ainsi que le virus pictural qui circule librement par les rues de Montmartre contamine notre homme qui s'achète un chevalet et bien des années avant l'invasion de la place du Tertre par les barbouilleurs, s'installe sur le trottoir devant son échoppe..

Indifférent aux courants nouveaux et aux précurseurs, il peint à sa manière, réaliste et colorée, sans se soucier des modes. Son oeuvre est restée dans l'ombre malgré une exposition en 1973 au musée de Montmartre. Dans les salles de vente, il est possible d'acquérir une de ses toiles pour un millier d'euros.

Le livre de Martine et Bertrand Willot.

Le livre de Martine et Bertrand Willot.

Un livre lui a été consacré : "Emile Boyer -Années folles-" par Martine et Bertrand Willot.

Voici en quels termes leurs auteurs le présentent :

"Brocanteur, anarchiste, fort en gueule, caractériel, marchand de frites et peintre"!

Bref! un homme complet!

Emile Boyer et sa friteuse!

Emile Boyer et sa friteuse!

...Car... il est le précurseur à Montmartre des "baraques à frites" chères à nos amis nordistes!

Le singe qui lit. Montmartre. Place du Tertre. Emile Boyer.
Le singe qui lit. Montmartre. Place du Tertre. Emile Boyer.

     Pourquoi la boutique porte-t-elle ce nom : Le Singe qui lit?

Il y aurait eu à Montmartre à la fin du XIXème siècle une revue d'artistes qui s'appelait ainsi. J'en ai cherché la trace et ne l'ai pas trouvée. Aucun document, aucun témoignage... rien ne permet de confirmer cette source!

Un singe en argot est un patron mais aussi un ouvrier typographe, un typo. Or, parmi ses multiples activités, Emile boyer fut ouvrier typographe! Il est plausible et réjouissant de lui accorder la paternité du nom!

Le singe lecteur. Gabriel von Max (1904)

Le singe lecteur. Gabriel von Max (1904)

Après Emile Boyer, la boutique connaît divers avatars...

Le singe qui lit. Montmartre. Place du Tertre. Emile Boyer.
Le singe qui lit. Montmartre. Place du Tertre. Emile Boyer.

     Elle s'appelle pompeusement "Relais des Arts" et se spécialise dans la marionnette.

     Le Relais disparaît à son tour avec ses petits personnages qui laissent le Singe reprendre possession de sa boutique pour ne plus la lâcher.

On voit à droite la brocante de Grémillet

On voit à droite la brocante de Grémillet

     Comme à l'époque d'Emile Boyer un joyeux bric à brac s'y installe, une brocante foutraque encombrée d'objets hétéroclites ou incongrus.

Eau forte de Georges Gremillet

Eau forte de Georges Gremillet

... et c'est un autre artiste qui succède à Emile Boyer : Georges Gremillet.

Il fait sa publicité en vendant ses dessins et ses eaux fortes exposés sur les murs et dans la vitrine...

Le singe qui lit. Montmartre. Place du Tertre. Emile Boyer.
Le singe qui lit. Montmartre. Place du Tertre. Emile Boyer.

     Quand il cède son commerce, c'est la fantaisie et la créativité qui s'en vont avec lui.

Les nouveaux propriétaires en font une boutique de souvenirs made in China, semblable aux dizaines de boutiques qui jalonnent le circuit touristique.

Par chance, ils conservent l'enseigne qui faisait encore il y a peu partie du patrimoine montmartrois.

Le singe qui lit. Montmartre. Place du Tertre. Emile Boyer.

    Mais allez comprendre pourquoi en l'année 2018, le restaurant de la Mère Catherine a pu obtenir l'autorisation de tuer le Singe ?      

N'aurait-elle pas pu conserver au moins l'enseigne?.... et conserver ainsi une petite partie de l'histoire de la Butte!

Il faut croire que les responsables chargés de veiller sur la défense de la Butte, s'ils ne sont pas des singes, ne doivent pas lire beaucoup

Hier

Hier

aujourd'hui

aujourd'hui

Le singe qui lit. Montmartre. Place du Tertre. Emile Boyer.
Bazar made in China

Bazar made in China

Singe.. (Gabriel von max 1913)

Singe.. (Gabriel von max 1913)

>Plus une trace, plus un poil du Singe qui lisait.

>Plus une trace, plus un poil du Singe qui lisait.

La vieille enseigne de bois a disparu à jamais si la boutique est revenue place du Tertre, bazar made in China. Mais réjouissons-nous malgré tout de voir notre singe en bonne place!

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Saisons. Divers, #MONTMARTRE. Rues et places., #album
14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.

        Comme chaque année, le défilé des Vendanges est un moment festif qui associe les Montmartrois à cet évènement qui rappelle la sauvegarde par Poulbot et les amoureux de la Butte de l'espace qui devait être bâti et où grâce à eux a été plantée la vigne qui rappelle le grand vignoble montmartrois disparu sous les lotissements.

14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.

L'été n'a pas jugé bon de persévérer jusqu'à ce 14 octobre.

Il a cédé la place à un automne frisquet et gris. Un temps qui correspond à la tristesse et à la peur que font naître les guerres et, hier, l'assassinat d'un professeur. 

14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.

Est-ce la conjonction des deux qui explique qu'il n'y ait pas eu grand monde sur le parcours du défilé qui, parti du clos de Montmartre devait arriver à la mairie? 

14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.
14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.

       L'Ukraine était présente bien sûr comme l'année dernière. Les drapeaux jaune et bleu étaient les plus nombreux. Certains flottaient dans le ciel à côté des drapeaux français.

L'hymne ukrainien a été chanté à plusieurs reprises. Les spectateurs se sont tus et ont applaudi à la fin. Longuement.

14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.
14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.

La Géorgie aussi était présente avec ses jeunes habillés de rouge et de noir qui dansaient et chantaient pour rappeler que leur pays dévoré en partie par les Russes compte sur nous pour les soutenir s'il leur arrivait ce qui est arrivé à l'Ukraine.

 

 

 

    J'aurais dû commencer par le commencement!

Le défilé a été comme toujours ouvert par les poulbots fidèles au poste.

Comme l'on sait leur nom leur vient de Francisque Poulbot qui soucieux d'aider les plus démunis, ouvrit rue Lepic en 1923 un dispensaire "Les p'tits poulbots" transformé plus tard en Association.

 

 

14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.

Après les poulbots, marchent en tête les membres, déguisés en Aristide Bruant, de la République de Montmartre avec le garde-champêtre, Bernard Beaufrère.

 

Je remarque depuis quelques années l'un d'eux qui vient avec son chien dans un sac à roulettes. Longue vie à tous les deux!

14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.

    En bonne place avancent comme si elles glissaient sous leur robes à crinoline Miss Montmartre 2023, ses dauphines et Miss 2022...

Bon! Montmartre n'a pas encore revu sa copie féministe! 

14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.

La Capoeira Viola de la rue Durantin

14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.

Envie d'un gros dodo

Les autres participants se partagent entre associations viticoles, sportives ou plus fantaisiste, dans l'esprit montmartrois.

14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.

Bandauê. Percussions samba-reggae.

14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.

Les Chapeaux Fous.

14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.
14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.

Les Déjantés. Je crois que je serais à ma place parmi eux!

14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.
14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.

     Il n'y a pas que les viticulteurs qui profitent de la fête pour faire leur publicité.

Une créatrice de santiags Marion Fériel est du défilé avec un petit chien qui n'a pas besoin de santiags ni de talons hauts pour se dresser sur ses pattes!

14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.

Les Serbes très disciplinés!

14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.
14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.
14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.

     Pour fermer la marche, des invités venus de la Forêt Noire, la Stadtmusik St- Georgen. 

14 octobre. Le défilé des Vendanges 2023 à Montmartre.

      J'ai fait un choix personnel qui oublie pour une fois les confréries des vins de France et celle du célébrissime Clos de Montmartre.

Je penserai à elles l'année prochaine et je termine avec ces ballons rouges et gais devant la maison de Poulbot avenue Junot. 

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.
Pissotières écologiques boulevard de Clichy. Laideur et ridicule. Uritrottoirs. Coup de gueule!

    Les pissotières Decaux, laides et toujours occupées, ne suffisent pas puisque Paris sent la pisse des hommes (jamais les femmes) qui soulagent leur vessie gonflée de bière ou autre liquide, contre les murs, dans les squares, entre les voitures.

Pissotières écologiques boulevard de Clichy. Laideur et ridicule. Uritrottoirs. Coup de gueule!

     Un exemple repoussoir est la pissotière de la rue Ronsard, contre la Halle Saint-Pierre, véritable cloaque avec ruissellement d'urine sur le trottoir, stagnation dans les caniveaux et, cerises sur le gâteau, étrons de toute forme entre la pissotière et le mur.

Il vaut mieux avancer en kangourou en faisant des sauts sur le trottoir afin d'éviter de s'éclabousser !

Pissotières écologiques boulevard de Clichy. Laideur et ridicule. Uritrottoirs. Coup de gueule!

    Un autre exemple est la pissotière de la place Valadon, près du funiculaire. Elle est moins sale mais tout à fait insuffisante pour les milliers de touristes qui font "la queue" devant elle, si longtemps que parfois ils n'ont pas d'autre choix que de se soulager à travers les grilles du jardin.

Photo Le Parisien. Eric Le Mitouard.

Photo Le Parisien. Eric Le Mitouard.

   La ville consciente du problème lance de nombreuses opérations pour disposer aux endroits critiques des "uritrottoirs" afin d'inviter les hommes à respecter l'espace public et en même temps de récupérer l'urine qui s'avère être un engrais naturel et écolo.

Photo Le Soir

Photo Le Soir

   Ces nouvelles pissotières (œuvres de Laurent Lebot) sont souvent ridicules et d'une esthétique discutable.

Elles  comportent un bac supérieur avec de maigres géraniums ou fleurs anémiques. Dans la partie inférieure, de la paille permet de recueillir l'urine pour les composts. Situées à des endroits pittoresques du Paris romantique, elles ont suscité indignation et moqueries et d'uritrottoirs sont devenues horritrottoirs. Des fuites nombreuses ayant obligé les passants à marcher dans l'urine. 

Pissotières écologiques boulevard de Clichy. Laideur et ridicule. Uritrottoirs. Coup de gueule!

    

Devant le fiasco de ces uritrottoirs et le gaspillage de dizaines de milliers d'euros (et non d'uros) d'autres modèle sont apparus sur le boulevard de Clichy, non loin de Pigalle et du Moulin Rouge. Pauvre Montmartre!

 Trois mâles peuvent s'y soulager ensemble, la hauteur des colonnes varie et permet aux grands comme aux petits d'opérer sans faire de gymnastique.

Pissotières écologiques boulevard de Clichy. Laideur et ridicule. Uritrottoirs. Coup de gueule!

   Elles sont le plus souvent  inutilisées car elles sont exposées bien en évidence et obligent le pisseur à se hisser comme sur une estrade et à devenir un sujet de curiosité et de déclenchement de photos que ne manquent pas de prendre les touristes interloqués ou hilares.

 

Pissotières écologiques boulevard de Clichy. Laideur et ridicule. Uritrottoirs. Coup de gueule!

 Je me demande si des études d'acceptabilité ont été faites avant d'installer ces "machins" qui doivent être surélevés pour recevoir la fameuse paille.  

Pissotières écologiques boulevard de Clichy. Laideur et ridicule. Uritrottoirs. Coup de gueule!

    La majorité des hommes n'aiment pas pisser sous le regard des autres. Pour être acceptées les pissotières doivent séparer par une cloison quelconque les urinoirs. Evidence négligée par les concepteurs ! On voit sur cette photo le regard inquiet jeté sur la piste cyclable, de l'utilisateur.

Le prix de ces ridicules édicules est exorbitant. Nous comprenons pourquoi les Parisiens ont vu leurs impôts fonciers augmenter de plus de 60%!

Et pour les filles????

Et pour les filles????

Pissotières écologiques boulevard de Clichy. Laideur et ridicule. Uritrottoirs. Coup de gueule!

     Ces trucs moches et idiots sont je pense amovibles. Qu'ils disparaissent au plus vite ou bien qu'ils soient offerts aux élus responsables de ces merveilles avec obligation de  les installer dans leurs jardins ou leurs cours!

                                                 Urinoirs aux Halles

       Les très vieux parisiens qui ont connu les anciennes pissotières vous diront que c'était mieux avant.

  Formule rabâchée et contestable qui pour une fois semble juste!!!!! 

 

                                                   Urinoirs (Champs Elysées)

Pissotières écologiques boulevard de Clichy. Laideur et ridicule. Uritrottoirs. Coup de gueule!

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.
Montmartre. Square Saint pierre. Square Louise Michel.

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    Je republie cet article écrit il y a 13 ans car depuis 4 ans la plus belle partie du square est interdite aux riverains et aux touristes. Cette partie ombragée et pittoresque manque vivement aux Montmartrois. Il paraît que quelques rocailles présentent des dangers et doivent être restaurées. Peut-être mais  depuis 4 ans, aucun début de commencement de travaux n'est entrepris! J'ai contacté la mairie et n'ai reçu pour réponse que de vagues propos. En ces temps où les Parisiens recherchent des refuges d'ombres et fraîcheur cette confiscation du jardin est un scandale.

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Les jardins du square Saint-Pierre (aujourd'hui Louise Michel) sont parmi les plus pittoresques de Paris. Ne croyez pas Wikipédia ou autres sites qui les font naître en 1927! Ils ont été imaginés par Alphand en 1880. Des glissements de terrain en retardèrent l'achèvement qui fut l'oeuvre de Formigé à la fin du XIXème siècle.

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La carte postale de 1904 montre les faucheurs au travail sur la grande pelouse qui accueille de nos jours les promeneurs et les touristes désireux de poser un instant leur derrière à l'ombre des grands arbres.

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      Quelques uns de ces arbres sont remarquables. Citons entre autres un marronnier d'Inde de 153 ans, un ptérocarya du Caucase de 111 ans et d'étonnants orangers des osages plantés en 1922. Nous leur rendrons visite dans un prochain article.

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      Le "pont rustique" franchit une gorge  qui a perdu de son charme depuis que la cascade qui ruisselait sur les rochers et terminait sa course dans la grotte de la rue Ronsard a été asséchée. 

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      Cette carte de 1905 nous en fait regretter l'aspect alpestre ...

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Les allées en escaliers étaient un endroit idéal pour la photo.

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Les arbres ont poussé, la végétation cache aujourd'hui les immeubles de briques et pierres de la rue Utrillo.

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                       Photo de François Gabriel (voir : Montmartre. Rue Utrillo (ancienne rue Muller).

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      Et les chats libres de Montmartre ont remplacé les petits poulbots disparus depuis longtemps de ce quartier où l'on rencontre plutôt des petits bobos!

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      L'entrée du jardin côté rue paul Albert.

 

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Une des allées principales... On pouvait alors voir l'ensemble de la rue Utrillo (Muller) qui dressait comme un décor les immeubles qui attristaient  Aristide Bruant : "Des maisons d'six étages, ascenseur et chauffage, ont r'couvert les anciens talus..." Ce qui n'empêcha pas notre révolté d'acheter un grand appartement dans un opulent immeuble de pierres, rue Christiani!

rue Ronsard 020

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      Encore une vue impossible à reproduire à cause de la végétation. Sur l'allée qui surplombe la Halle Saint-Pierre, des Montmartrois prennent le soleil...

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Le vieil immeuble derrière la halle a été remplacé dans les années 30 par le bâtiment aux larges baies vitrées des magasins de tissus Dreyfus, au coeur du Marché Saint-Pierre.   

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Parmi les curiosités du jardin, cette petite fontaine, dite des Innocents (1907) due au sculpteur Emile Derré

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Elle est surmontée d'une citation de Rabelais : "Mieux est de ris que de larmes escrire"... qu'on pourrait remplacer par : "Mieux est de vie que de mort sculpter..."     Ce que réalise Derré en représentant des enfants rieurs, une mère épanouie et charnelle, un gros bébé pisseur!  

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Dans la grotte d'amour, au-dessus du "pont rustique", le même sculpteur a représenté un couple enlacé. Nul doute qu'il y avait dans le choix de ces oeuvres une volonté affirmée de se démarquer des "bondieuseries" du Sacré-Coeur. Emile Derré était proche des anarchistes. C'est lui qui sculpta le buste de la tombe de Louise Michel.

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Après la première guerre, il fit scandale en représentant sous le titre : "Tu ne tueras point" un soldat allemand et un soldat français tombant dans les bras l'un de l'autre. Il était à ce point pacifiste qu'il se suicida à l'annonce de la 2ème guerre.

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La fontaine monumentale avec ses trois vasques est due à Paul Gasq (1932). Elle refuse elle aussi les sujets religieux pour préférer les dieux marins et les tritons.

Aujourd'hui dans la partie Est du square, la plus pittoresque et la plus variée, vous rencontrerez les mères aux chats qui viennent nourrir les petits félins à heures fixes, les tresseurs, immigrés africains, qui tenteront de nouer des fils de laines multicolores à vos poignets, les vendeurs de souvenirs made in China, les mendiants insistants, les touristes photographes, quelques Montmartroises tricoteuses et un raton laveur...comme dirait Prévert... qui habita pendant des années à une encablure de là...

(C'est ce que j'écrivais il y a 13 ans! Rien de tel aujourd'hui. Des barrières, des interdictions, aucune restauration, une confiscation inacceptable.)

(J'ai découvert grâce à un lecteur de l'article le métier de rocailleur et l'art que représente la création des faux rochers comme ceux du square Louise Michel. C'est un patrimoine menacé qu'il convient d'entretenir et non de sacrifier comme c'est le cas au zoo de Vincennes  :le rocailleur)

 

Liens: Montmartre:

Montmartre. Place Saint Pierre.

Montmartre. La tour du philosophe. Impasse Girardon.

Montmartre. Moulin de la Galette. Histoire. peintres.

Montmartre. Rue Muller.

Montmartre: rue Foyatier.

Montmartre. Rue Utrillo (ancienne rue Muller).

Musée de l'érotisme. Pigalle.

Le nom de Montmartre. Origine.

Square Louise Michel Montmartre jour d'hiver

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #MONTMARTRE. Rues et places.
Rue Biot

Rue Biot

...Bien sûr quand on pense à Gainsbourg on pense à la rue de Verneuil où il a vécu et où il a tiré sa révérence, mais c'est oublier l'importance qu'a eue Montmartre dans sa vie.

A l'occasion de l'ouverture de sa maison-musée, je republie cet article écrit il y a plus d'un an.

Gainsbourg et Montmartre.

     C'est dans la Nouvelle Athènes, 11 bis rue Chaptal qu'il vient vivre en 1932  alors qu'il n'a que 4 ans  avec ses parents Joseph et Olia Ginsburg.

 

       Il est né près de Notre-Dame, à l'Hôtel-Dieu, de parents qui ont fui Odessa.  Tous deux artistes, elle chanteuse lyrique, lui pianiste, ils courent les cachets aussi modestes fussent-ils pour permettre à leur famille de vivre correctement.

Serge qui s'appelle alors Lucien a une sœur jumelle, Liliane, et une sœur aînée, Jacqueline, de deux ans plus âgée. Le frère aîné, Marcel, n'a pas survécu à une pneumonie.

Gainsbourg et Montmartre.

     La rue Chaptal n'est pas une adresse passagère. C'est là que pendant quinze ans la petite famille va vivre.

   

               Lucien, Jacqueline et Liliane Ginsburg

         C'est dans le petit appartement que Lucien subit avec ses sœurs des leçons de piano. En effet quand on a 6 ou 7 ans, on apprécie moyennement l'heure d'exercice pianistique que vous imposent vos parents, chaque jour à la sortie de l'école. Exercices qui se terminent souvent dans les larmes.

Gainsbourg et Montmartre.

    Il est comme il le dira, un enfant trouillard qui a du mal à s'endormir et dont les rêves sont peuplés d'images inquiétantes venues des contes qu'il dévore (Grimm, Andersen). Sur le petit lit pliant installé dans la salle à manger qui lui sert de chambre, il appelle Jacqueline afin qu'elle le rassure la nuit tombée.

Ecole 15 rue Chaptal.

Ecole 15 rue Chaptal.

    Enfant solitaire, il joue seul le plus souvent avec son meccano ou des voitures miniatures. Il  aime son fusil à air comprimé qui lui est confisqué lorsqu'il casse un carreau de l'école maternelle en face de chez lui.

Gainsbourg et Montmartre.

    Il descend la rue Blanche pour aller au square de la Trinité, devant l'église qu'il n'aime pas " la plus laide église que j'aie jamais vue".

Il joue au ballon ou il fait flotter un bateau sur le petit bassin aux fontaines.

La cité Chaptal où vivait Fréhel.

La cité Chaptal où vivait Fréhel.

    Parmi ses souvenirs liés à la chanson, il y a cette rencontre avec Fréhel qui habitait le même quartier, cité Chaptal et qui était alors très populaire.

 

   Le jeune Lulu venait de recevoir la croix d'honneur dans son école et rentrait fièrement, en l'exhibant.

     Fréhel passait par là et émue par le gamin se pencha sur lui.

 

 

  Voici comment en parle sans ménagement Gainsbourg :

"J'avais neuf-dix ans et voilà que je croise Fréhel qui ressemblait à un tas immonde et qui habitait à deux pas, dans l'impasse Chaptal où il y avait le Grand Guignol. Elle se baladait dans la rue avec un pékinois sous chaque bras, en peignoir, avec un gigolo à distance réglementaire, cinq mètres derrière, comme à l'armée. Je revenais de mon école communale et j'avais la croix d'honneur sur mon tablier. Fréhel m'a arrêté, elle m'a passé la main dans les cheveux, elle m'a dit : T'es un bon petit garçon (elle ne me connaissait pas!). Tu es sage à l'école, je vois que tu as la croix d'honneur, alors je vais te payer un verre. Je revois parfaitement la scène, c'était en terrasse du café qui fait le coin de la rue Chaptal avec la rue Henner. Elle s'est pris un ballon de rouge et m'a payé un diabolo grenadine et une tartelette aux cerises."

Gainsbourg et Montmartre.

Au 15 rue Chaptal, le café et sa terrasse sont toujours là. A nous d'imaginer Fréhel et ses deux pékinois, son gigolo à proximité, assise à côté de Lulu qui arborait sa croix d'honneur, peu de temps avant de la remplacer par l'étoile jaune, son "étoile de shérif".

Gainsbourg et Montmartre.

     "L'étoile de shérif" c'est ainsi que Lulu appelle l'étoile jaune qu'il est contraint de porter, cousue sur son tablier.

Il fréquente l'école de la rue Blanche où son instituteur, monsieur Charlet, plutôt que de prononcer son nom l'appelle "le petit juif".

 

Antoine Doinel. Le vol de la machine à écrire. (Les 400 coups)

Antoine Doinel. Le vol de la machine à écrire. (Les 400 coups)

     Cette période de sa vie fait penser à celle d'un autre enfant, moins aimé cependant, le jeune héros des 400 coups. Rappelons que Truffaut passa son enfance non loin de la rue Chaptal,  33 rue de Navarin dans le 9ème arrondissement où il fera habiter dans son film, sorti en 1959, Antoine Doinel et ses parents.

     Lucien n'aime pas l'école. Il rêve, il fait la classe buissonnière, il chaparde dans les magasins : "Je deviens un petit voleur. Je chaparde des soldats de plomb de grand prix, des petites voitures de course, des pistolets que j'arrachais des panoplies et faisais tomber dans mon cartable."

   

Joseph entouré de Lucien , Liliane et Jacqueline (debout)

      La famille depuis la fin des années 30 passe l'été à Dinard où Josef exerce son art de pianiste dans des établissements comme le Balnéum. L'été 40, la famille envisage de ne pas rentrer à Paris afin d'échapper aux menaces qui se précisent. Lucien ne souffre pas de ce premier exil temporaire à Dinard. Jacqueline parlera de cet été comme un temps de vacances et d'insouciance : "Comme les enfants sont inconscients, la grande attraction c'était d'aller sur la place du Marché regarder l'arrivée des camions et des charrettes de l'exode."

Collège de Saint-Léonard de Noblat

Collège de Saint-Léonard de Noblat

    Mais il faut renoncer au retour à Paris où la chasse aux Juifs est de plus en plus active, avec un peu plus haut à Montmartre, un Céline dont les écrits violemment antisémites sont largement diffusés.

    C'est à Limoges, ville accueillante aux persécutés que se réfugient les Ginsburg. Il est cependant plus prudent de changer de nom et Ginsburg se mue en Guimbard, allusion peut-être à la guimbarde, modeste instrument de musique, appelé aussi "jew's harp" aux Etats-Unis où il accompagne les récits d'humour juif. Pour plus de sécurité, il est interne au collège de Saint Léonard de Noblat.

 

    Par chance le proviseur protège les Juifs et lorsqu'il apprend la visite de la milice, il prévient Lucien.

"Petit Ginsburg, il va y avoir une descente des miliciens pour voir, s'il n'y a pas de sémite ici. Je te donne une hache, tu files dans les bois et si tu croises des SS ou des miliciens, tu dis que tu es fils de bûcheron. J'ai attendu quelques jours et il m'a contacté en disant: tu peux rentrer."

    La guerre finie, Lucien reprend ses études à Condorcet où il s'ennuie. Il provoque la colère de ses parents en refusant d'aller jusqu'au bout de la terminale et de passer le bac (1945).

     Académie de Montmartre (Fernand léger) 104 bd de Clichy

Il continue de fréquenter avec plaisir l'Académie Montmartre devenue Académie Fernand Léger où il apprend le dessin et la peinture.

    C'est là qu'il rencontre en 1947 Elisabeth Levitsky, fille d'immigrés russes et mannequin.

 

      Elle habite près de la place Clichy où il la raccompagne après les cours et où il finit, malgré sa timidité par lui demander s'il peut monter chez elle. C'est Elisabeth qui évoque ce moment : "On se disait vous, il m'expliquait tous les accords de guitare très compliqués. Moi j'étais sur le lit de ma toute petite chambre et je me disais : "Qu'est-ce qu'il attend?" Il était trop tard pour son dernier métro. Alors je me suis poussée et je lui ai dit : "Viens donc!" Il s'est assis à côté de moi, il a posé sa guitare et il a éteint..."

                                            Autoportrait

    C'est le début d'une vie de bohême marquée par "la dèche" et l'amour. Serge continue de peindre sans oser vendre ses toiles. Il dira plus tard que cette période a été malgré la misère une des plus belles de sa vie :

        Enfants au square, tableau offert par Gainsbourg à Greco.

"J'avais trouvé là un art majeur qui m'équilibrait... La chanson et la gloire m'ont déséquilibré. J'ai tellement aimé la peinture..."

Rue Royer Collard

Rue Royer Collard

    Bientôt les amoureux vont quitter Montmartre pour changer de rive et  habiter notamment à l'hôtel Royer Collard (aujourd'hui disparu) près de la Sorbonne,  dans la chambre où avaient vécu un temps Verlaine et Rimbaud et à côté d'un autre couple, Léo Ferré et Madeleine.

L'histoire de Gainsbourg et Montmartre s'arrête là. Ses rêves d'être un grand peintre cesseront un peu plus tard.

        Il a épousé Elisabeth en 1951 et a divorcé six ans plus tard. Elle ne supportait pas les nombreuses conquêtes de son mari qui avouera: "Parce que je suis con... Parce que je suis polygame."

Gainsbourg et Montmartre.

   Nous pouvons encore citer quelques attaches avec Montmartre comme le cabaret "chez Madame Arthur" où il remplace son père au piano, ou les Trois Baudets où il rencontre Canetti qui le pousse à se lancer sur scène.

      C'en est fini du Gainsbourg de la Butte. On prétend que l'homme est l'enfant ce celui qu'il a été avant son adolescence... Serge Gainsbourg est donc l'enfant du montmartrois Lucien Ginsburg de la rue Chaptal et du boulevard de Clichy!

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Ellen Andrée fut une actrice d'un certain renom, interprète de Courteline, de Guitry, et choisie par André Antoine pour jouer dans Poil de Carotte de Jules Renard ou La Terre de Zola.

Pourtant, si son nom reste connu aujourd'hui c'est parce qu'elle a servi de modèle à quelques uns des plus grands peintres de son temps.

Ellen Andrée par Nadar

Ellen Andrée par Nadar

Ellen Andrée (1857-1925) commence tôt sa carrière d'actrice. Elle a 17 ans quand elle débute au théâtre du Palais Royal.

Elle jouera par la suite aux Variétés, à la Renaissance, aux Folies Bergères...ng>

Elle est vite remarquée par les artistes qui sont attirés par sa "présence", sa sensualité et sa bonne humeur.

Parmi les premiers à lui demander de poser, Manet n'est pas le moindre !

Manet. La parisienne (Ellen Andrée) 1874

Manet. La parisienne (Ellen Andrée) 1874

Dans la Parisienne (1874) elle est une femme élégante et digne, vêtue de noir. Etonnant tableau qui prend le contrepied de ce que son titre peut suggérer. La Parisienne n'est pas la coquette, piquante et accueillante qui fait fantasmer l'Europe mais une femme endeuillée, figure austère et hiératique, un portrait qui évoque Goya (la Marquise de la Solana).g>

Elle semble sortir du poème "A une passante" de Baudelaire:

(...) Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,

Une femme passa, d'une main fastueuse

Soulevant, balançant le feston et l'ourlet.

(...)

Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,

Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais.

Manet. La Prune. (Ellen Andrée) 1878

Manet. La Prune. (Ellen Andrée) 1878

Peint quatre ans plus tard, le tableau "La Prune" donne une autre image de la femme. Ellen Andrée en bonne comédienne, peut jouer tous les rôles!

Elle est attablée dans un café, le verre avec le fruit et l'eau de vie devant elle. Le décor est celui de la Nouvelle Athènes que fréquentait Manet, place Pigalle. Les lignes du cadre à l'arrière-plan mettent en valeur le visage de la femme, une femme du peuple, soeur de celles que décrit Zola. Fatiguée, dans une attitude de laisser-aller, elle s'abandonne un moment, la cigarette éteinte, au plaisir d'un moment de solitude et de rêverie.

Manet. Chez le père Lathuille (1879)

Manet. Chez le père Lathuille (1879)

Dans le célèbre tableau peint chez Lathuille en 1879, on la retrouve avec à ses côtés Louis Gauthier-Lathuille, le fils du cabaretier.

Elle est de nouveau vêtue en bourgeoise, un peu raide, à la fois intéressée et sur la réserve devant un jeune homme sensuel et dragueur. A l'arrière plan, un garçon de café observe la scène. Il est l'image même du peintre ou de l'écrivain naturaliste (Zola, Manet) qui observent la société!

Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)

Quittons Manet et revenons en arrière, en 1874, quand Gervex (un authentique Montmartrois, né en 1852 dans le village que Paris n'avait pas encore annexé) peint Rolla en s'inspirant du poème de Musset. C'est Ellen Andrée qui pose pour lui mais exige que son visage ne soit pas reconnaissable!

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"Henri Gervex répandit mon anatomie sur le lit de son "Rolla". Je ne tenais pas à être reconnue en cette Manon d'une tenue si abandonnée. Je recommandai à Gervex : surtout ne lui donnez pas ma figure!

Bref, pour le visage, c'est une brune qui posa...." ng>Ellen Andrée.

Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)

Elle n'a que 21 ans quand elle pose pour ce tableau et elle ne tient pas à compromettre sa jeune carrière.

De plus, elle subit encore l'influence du milieu familial et d'un père officier qui ne badine pas avec la morale!

Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)

Le tableau fait scandale et il est exclu du salon, ce qui assure sa célébrité! Les curieux émoustillés défilent en rangs serrés dans l'atelier de Gervex pour l'y voir!

Le poème de Musset nous présente un jeune débauché qui, écoeuré par sa vie sans idéal, décide de se suicider alors que Marie, la prostituée avec qui il a une liaison est étendue, abandonnée sur le lit.

J.K. Huysmans remarque surtout la figure masculine dans le tableau de Gervex. Il écrit :

"Le jeune homme regarde, regrettant et dégoûté, la fille inerte, avachie dans un long somme. Cette figure ravagée et sombre, détachée dans un flux de lumière blanche est vraiment belle. Dans ce dépoitraillé de costume, dans cette chemise au plastron et aux manches froissées, cet homme a grande allure et je vois dans cette fille éboulée, après des intimités haletantes, sur un lit, un coin de parisianisme et de modernité qui évoque en moi des souvenirs du grand et divin poète Charles Baudelaire."

Gervex. Avant l'opération. 1887.

Gervex. Avant l'opération. 1887.

Ellen Andrée pose pour un autre tableau de Gervex quelques années plus tard. Le tableau "Avant l'opération" s'intitulait en réalité "Le docteur Péan enseignant à ses élèves à l'hôpital Saint-Louis, sa découverte du pincement des vaisseaux"!g>

C'est un hommage à Rembrandt et à sa Leçon d'anatomie.

La fin du déjeuner; Renoir.

La fin du déjeuner; Renoir.

Renoir ne manque pas de la remarquer chez ses amis et il la fait poser pour plusieurs de ses toiles comme "la fin du déjeuner"....ong>

Ellen andrée. Renoir

Ellen andrée. Renoir

Le déjeuner des canotiers. Renoir.(1881)

Le déjeuner des canotiers. Renoir.(1881)

Dans le célèbre déjeuner des canotiers, elle est présente parmi les 4 personnages du groupe principal, autour de la table. A droite, assis à califourchon sur sa chaise, le peintre Caillebotte semble plus intéressé par la femme en face de lui que par sa voisine (Ellen Andrée) vers laquelle se penche le journaliste italien, Maggiolo.

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Renoir privilégie sa sensualité et sa grâce. Ell sera satisfaite du résultat et considérera que c'est lui qui aura été le plus fidèle à sa nature de femme libre et vivante.

L'Absinthe. Degas. 1873

L'Absinthe. Degas. 1873

Elle ne pense pas la même chose de Degas qui la fait poser pour son tableau "l'Absinthe".

Elle est assise à côté de Marcellin Desboutin dans le café de la Nouvelle Athènes, place Pigalle, où Manet avait déjà peint "la Prune".>

Degas donne à voir l'isolement des buveurs enfermés dans leur monde. Zola apprécie l'oeuvre et il dira à Degas, à propos de "l'Assommoir" : "J'ai tout bonnement décrit quelques uns de vos tableaux."

Ellen Andrée s'inquiète d'être assimilée à la femme alcoolique que le peintre a représentée. Elle insiste pour qu'il précise qu'elle était une femme tout à fait sobre et qu'il lui avait fait jouer un rôle de composition!

Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)

A force de fréquenter les peintres, Ellen Andrée finit par en épouser un!

En 1887, elle devient la femme de Henri Drumont, un vrai Montmartrois puisqu'il est né en 1859 dans la commune libre (comme Gervex), un an avant qu'elle ne soit rattachée à la capitale!

Près de la barque; Henri Drumont.

Près de la barque; Henri Drumont.

Laissons les derniers mots à Ellen Andrée qui évoque son existence d'artiste et de modèle :

"J'ai toujours été fourrée dans les peintres : Degas, Renoir, Manet... Ils m'ont tous fait mon portrait plus ou moins, souvent plutôt deux fois qu'une, mais j'ai perdu tout cela en des ventes, je partais pour l'Amérique, j'étais amoureuse..."

(Ellen Andrée par Jean d'Arc. Le Courrier Français 1891

Un coin d'atelier (1887) Edouard Joseph Dantan (Ellen Andrée)

Un coin d'atelier (1887) Edouard Joseph Dantan (Ellen Andrée)

Ellen Andrée. Degas (1876)

Ellen Andrée. Degas (1876)

Femme dans la rue. Degas. 1879. (Ellen Andrée)M

Femme dans la rue. Degas. 1879. (Ellen Andrée)M

Au café. Manet (1878) (Ellen Andrée)

Au café. Manet (1878) (Ellen Andrée)

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Les rues de Montmartre

Cimetière de Montmartre

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Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE, #MONTMARTRE. Rues et places.
Tama river in the Musashi province

Tama river in the Musashi province

    Taï Taï, magasin-galerie du 15 rue André Del Sarte dédié à l'art et artisanat d'Asie est bien connu des amateurs qui apprécient l'harmonie du lieu, l'accueil qui leur est réservé et la diversité, l'originalité des objets et des œuvres proposés .

Depuis le 15 juin et pour quelques semaines, une exposition des 36 vues du Mont Fuji par Hokusaï attend les curieux et les amateurs.

 

Hokusaï est peut-être l'artiste japonais le plus connu en Occident.

                             (Red Fuji. Southern wind. Clear Morning)

Il y eut entre lui et les peintres français des influences manifestes. Ce que l'on a appelé le japonisme chez nous est fortement marqué par sa personnalité alors que son art était considéré comme "léger" dans son pays. Sait-on que les Européens connurent pour la première fois la"Manga d'Hokusaï par le le papier d'emballage des porcelaines!

                                      (The Fuji from Kanaya on the Tokaido)

Les célèbres 36 vues du Mont Fuji (qui sont 46 comme chacun sait!) ont été éditées pour la 1ère fois entre 1831 et 1833.

                                      (Shore of Tago Bay, Ejiri at Tokaido)

Depuis, elles n'ont cessé de fasciner par leur poésie, leur apparente simplicité qui est le tremplin idéal du rêve.

     Evidemment la "Joconde" d'Hokusaï est la célèbre "vague". Une vague immense, vivante, se dresse au-dessus des frêles embarcations. Elle dit la puissance de la nature et la fragilité des humains. Etonnante composition qui unit dans le même paysage la force mouvante des flots et celle, immuable du Fuji.

La vague sera féconde puisqu'elle inspirera l'Art Nouveau et fera l'admiration de Klimt. Comment ne pas citer un des plus beaux vitraux de Paris, place Gabriel-Kaspereit dans le 9ème arrondissement, près de l'avenue Frochot. Sur toute la façade, la fameuse vague change de couleurs avec la lumière et devient féérique lorsqu'elle est éclairée, la nuit, de l'intérieur.

                                   (Tsukada Island in the Musashi province)

Si la première édition des vues est aujourd'hui dans les musées, la qualité des différentes éditions qui se sont succédé depuis la création assurent à la série une renaissance qui ressemble à celle du phénix et permet grâce à la précision des gravures et des couleurs de distinguer les plus belles et les plus rares. 

Ainsi en est-il pour Yūyūdō 悠々洞 - Takamizawa Tadao, l'éditeur des "vues" présentées chez Taï Taï.

 

Les passionnés s'amusent à relever les légères différences d'une édition à l'autre. L'essentiel étant l'intensité des couleurs et des contrastes. Ici la fameux bleu de Prusse qu'utilisa Hokusaï pour la première fois au Japon donne à l'ensemble une cohérence, une atmosphère rares.

                                          (Sunset across the Ryogoku bridge)

Chacun aura ses préférences et je n'hésite pas à présenter mes "vues" préférées mais l'ensemble forme un tout cohérent.

                                                     (Shore of Tago Bay)

 Le Fuji éternel, témoin des agitations humaines, domine le paysage. Il rappelle l'éphémère de l'existence dans une nature qu'il importe de respecter. 

                                          (Inume pass in the Kai province)

C'est un beau moment que celui que l'on peut passer, à l'écart du bruit, devant cette édition remarquable des "vues" d'Hokusaï.

                             (Village of Sekiya at Samida river)

L'exposition vient de commencer et le Fuji a pris ses quartiers d'été 15 rue André Del Sarte! Vous avez le temps de ne pas le manquer!

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
 La place Ravignan.  La rue Feuchère. Enquête sur une place mystérieuse et une rue disparue.

Apparemment il aurait existé une place Ravignan à Montmartre si l'on en croit les clichés et cartes postales que l'on retrouve en abondance.

 La place Ravignan.  La rue Feuchère. Enquête sur une place mystérieuse et une rue disparue.

Et, mystère montmartrois, il en aurait existé non pas UNE mais DEUX! 

 La place Ravignan.  La rue Feuchère. Enquête sur une place mystérieuse et une rue disparue.

      La première aurait été la continuation de la rue Ravignan qui après quelques marches s'élargit devant le Bateau-Lavoir avant de reprendre son cours jusqu'à sa jonction avec la rue Gabrielle.

 La place Ravignan.  La rue Feuchère. Enquête sur une place mystérieuse et une rue disparue.
 La place Ravignan.  La rue Feuchère. Enquête sur une place mystérieuse et une rue disparue.

Elle faisait partie en réalité de la RUE Ravignan qui s'élargit sur une quarantaine de mètres après les quelques marches. Elle n'a jamais porté officiellement le nom de place, n'en déplaise aux nombreux clichés qui la présentent sous ce nom. Utrillo qui comme l'on sait, peignait souvent en reproduisant des cartes postales, a lui aussi appelé "place Ravignan" certaines de ses œuvres.

                                                        Place Ravignan (Utrillo)

    Ce qui est certain c'est que dès 1911, elle est détachée de la rue Ravignan pour devenir la place Emile Goudeau. Il n'empêche que de nombreux Montmartrois ont continué de lui donner un nom qu'elle n'avait jamais porté.

 

La rue Ravignan dépossédée de cet espace arboré continue son chemin vers les hauteurs comme une rivière qui disparaît soudain en s'enfonçant sous terre pour rejaillir, plus vigoureuse encore un peu plus loin. 

Rue Ravignan après la place Emile Goudeau (à droite rue Berthe, à gauche rue d'Orchampt)

 

          C'est au niveau de la rue Berthe que s'accomplit cette résurgence.

    Mais elle ignore notre chère rue Ravignan qu'elle va de nouveau être amputée, un peu plus loin, un peu plus haut. Cette nouvelle spoliation se fera à sa rencontre avec la rue Gabrielle.

C'est en effet à cet endroit qu'elle finit aujourd'hui sa course, rencontrant le petit immeuble où Picasso eut un atelier et où mourut son ami Casagemas.

 

   Naguère, la rue Ravignan ne s'arrêtait pas en si bon chemin, elle tournait quasiment à angle droit et poursuivait plein nord jusqu'à la rue Norvins. Seul son côté pair était bâti, du numéro 22bis au numéro 34. L'autre côté donnant sur un terrain devenu vague et inconstructible depuis que la guinguette "La Tour de Montmartre" avait été engloutie par un fontis.

Ancienne rue Ravignan devenue un des côtés de la place Clément.

Ancienne rue Ravignan devenue un des côtés de la place Clément.

La rue Ravignan arrivant rue Norvins. La boulangerie devenue bazar.

La rue Ravignan arrivant rue Norvins. La boulangerie devenue bazar.

Quelques vieilles maisons qui ont connu le temps où elles étaient rue Ravignan!

Quelques vieilles maisons qui ont connu le temps où elles étaient rue Ravignan!

Avant la création de la place Clément. On voit que l'endroit était appelé "Place Ravignan" et parfois "rue Ravignan".

Avant la création de la place Clément. On voit que l'endroit était appelé "Place Ravignan" et parfois "rue Ravignan".

  Exit la rue Ravignan et ses derniers numéros (transformés en numéros 2 à 12) lorsque fut créée par un décret de décembre 1905 (effectif en 1906) la place Jean Baptiste Clément.

sur la droite la rue Ravignan, sur la gauche la rue Feuchère et au fond la rue Lepic.

sur la droite la rue Ravignan, sur la gauche la rue Feuchère et au fond la rue Lepic.

Cette place est un triangle dont le côté nord est la partie extrême de la rue Lepic dont les numéros 97 à 101 sont devenus les numéros 7 à 11 de la place

                                     Arrière plan, la rue Lepic et le Réservoir.

 Le côté ouest était formé par une vieille rue, trop courte pour subsister, qui allait de la rue Ravignan à la rue Lepic. 

Il s'agit de la rue Feuchère dont les numéros 1 à 3 subsistèrent, augmentés d'un 5, sur la nouvelle place. 

Ancienne rue Feuchère (aujourd'hui place J.B. Clément)

Souvenons-nous un instant de cette modeste rue du haut Montmartre qui honorait le sculpteur Jean-Jacques Feuchère (1807-1852).

                    La rue Feuchère à gauche (un des rares clichés où elle est mentionnée)

Beaucoup de rues de Montmartre rendent hommage à des sculpteurs ou des graveurs, à commencer par Pigalle en passant par Pilon, Houdon, Coustou, Androuet, Girardon etc...

Jean-Jacques Feuchère malgré sa courte vie fut très sollicité et nous passons souvent à Paris devant ses sculptures ou bas reliefs en ignorant leur auteur...

Le cavalie arabe au pont d'Iéna (Feuchère)

Le cavalie arabe au pont d'Iéna (Feuchère)

   

Le passage du pont d'Iéna sur l'Arc de Triomphe (Feuchère)

 La liste serait trop longue mais contentons nous de mentionner son Bossuet de la Fontaine Saint-Sulpice, son cavalier arabe du pont d'Iéna, sa prise du pont d'Iéna de l'Arc de Triomphe, sa "Loi" place du Palais Bourbon, ses statues de la fontaine nord de la place de la Concorde...

 

Et voilà! Cette place Ravignan, comme celle située plus bas, N'A DONC JAMAIS EU D'EXISTENCE OFFICIELLE sinon dans la langue montmartroise qui donnait à ce terrain vierge le nom de la rue qui le bordait, le vieux chemin qui depuis des temps anciens montait, en courbes capricieuses jusqu'au cœur du village

 La place Ravignan.  La rue Feuchère. Enquête sur une place mystérieuse et une rue disparue.

Notre enquête s'achève sur ce constat qui évitera peut-être des recherches aux collectionneurs de cartes anciennes, dont certains sont des amis. 

                           Place Jean Baptiste Clément (Utrillo)

Nous quittons ce lieu haut perché avec notre Jean Baptiste (sans trait d'union, comme il le voulait pour se différencier de son père Jean-Baptiste Clément), communard, homme au grand cœur, Montmartrois d'âme et de corps puisqu'il eut non moins que 12 adresses sur la Butte, poète bien sûr. Une place où les merles moqueurs s'en donnent à bec joie et où nous revient sur les lèvres la chanson si souvent chantée par nos anciens, chanson qui évoque le printemps éphémère et la couleur des cerises, couleur de la  vie et du sang

Place Jean Baptiste Clément (Utrillo)

Place Jean Baptiste Clément (Utrillo)

 

J’aimerai toujours le temps des cerises:
C’est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte!
Et dame Fortune, en m’étant offerte,
Ne pourra jamais fermer ma douleur…
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur!

 La place Ravignan.  La rue Feuchère. Enquête sur une place mystérieuse et une rue disparue.

Un grand merci à Pierre, ancien poulbot de la rue Lepic, d'avoir aiguillonné ma curiosité et de m'avoir transformé en enquêteur occasionnel!

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Peintres, artistes, célébrités de Montmartre.

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #MONTMARTRE. Rues et places.
Exposition Françoise Pétrovitch. Musée de la Vie romantique.

   Une belle rencontre avec une peintre rare, Françoise Pétrovitch, au musée de la Vie Romantique.

Le musée lui a donné carte blanche pour présenter ses œuvres...  

Le visiteur a ainsi l'impression d'être accueilli dans l'univers de l'artiste, comme dans sa maison. 

La première toile "dans mes mains" représente une adolescente, tenant tendrement un chien.  "C'est rose et ce n'est pas mièvre, c'est une adolescente d'aujourdhui, c'est une jeune fille vive et attentionnée."

Nous descendons dans la grande salle en sous-sol sous l'atelier d'Ary Scheffer. Ce qui frappe immédiatement c'est la paix, l'harmonie...

Nous  sommes invités à entrer dans les paysages mouillés, entre rêve et réalité. Ils sont des îles étranges, à la fois inquiétantes et en apesanteur. 

 

Exposition Françoise Pétrovitch. Musée de la Vie romantique.

Les plus beaux panneaux reprennent le thème du corps porté, soutenu par les bras de celui ou celle dont on ne voit pas le visage.

Les yeux sont fermés. Evanouissement ou mort? Corps sauvé ou cadavre déjà? C'est nous qui décidons, qui interprétons ces scènes puissantes. 

Le lavis laisse des traces sur les corps, comme des blessures, comme du sang. Mais ces mains qui se referment sur la lourdeur du corps sont le lien puissant qui unit les êtres. Ce lien qui porte secours et qui tente de remettre debout ceux qui sont tombés.

 

Exposition Françoise Pétrovitch. Musée de la Vie romantique.

Nous retrouvons ce thème dans la vaste salle qui servait d'atelier à Ary Scheffer. Cette fois les mains sont comme éclairées, vivantes, sur le cœur de celui qui est tenu, comme si la vie se réfugiait là et continuait de battre.

Exposition Françoise Pétrovitch. Musée de la Vie romantique.

Trois toiles formant triptyque représentent des adolescents. Les jeunes apparaissent souvent dans l'œuvre de Françoise Pétrovitch.

C'est l'âge des possibles, la période où l'on est pris entre le désir de rencontre et celui de solitude et de repli.

 Sur la gauche, deux jeune avancent les yeux ouverts contrairement à ceux qui figurent sur la plupart des autres toiles. L'une semble regarder vers le sol, l'autre regarder vers l'avant. Ils sont ensemble et seuls. Ce qu'ils ont en commun c'est la cigarette qui se consume.

Au centre, une des plus belles compositions de l'exposition, les jeunes sont deux encore, yeux clos. La fille semble parler. Le garçon tête baissée, les mains repliées dans les poches de son blouson reste silencieux. Rupture? Explication? Deux mondes séparés.

Sur la droite le garçon est seul. Sa cigarette est éteinte. Il est perdu dans ses pensées. Il est l'écho d'une autre solitude rencontrée dans la salle en sous-sol. Une jeune fille dans un monde qui se liquéfie autour d'elle.

 

Des toiles de plus petit format couvrent le mur sous les verrières. Les mains de la jeune fille entourent comme un nid l'oiseau fragile . Lèvres et ongles rouges ont les couleurs de la vie autour de l'animal fragile, couvert de bleus.

 

Les mains encore, toujours présentes, mains ouvertes pour donner ou recevoir... 

Mains qui se détachent, mains blessées, mains qui cherchent à se rejoindre encore...

Rare scène de tendresse. Mais les visages qui s'abandonnent expriment une grande tristesse. Une douleur, une douceur. Un deuil peut-être. Mère et fille, amie et amie, bleu et rouge et vert... mains que l'on devine réunies, serrées.

Main qui reçoit un oursin d'étoile bleue. Une blessure? Une promesse? 

Un des rares tableaux où les yeux ne sont pas fermés mais à la fois ouverts et aveugles. Les paupières ont-elles été inconscientes, en se levant, du danger d'abolir la frontière entre l'intérieur et le monde. Ne reste que le masque bleu, lèvres closes.

 

Il faut lever les yeux pour voir cette toile. C'est la seule de toute l'expo qui nous demande de regarder vers le haut. Vers l'espoirI

 

Il s'agit d'une jeune fille aux ongles jaunes, abritant la flamme de son briquet. Elle a été peinte le jour de l'invasion de l'Ukraine. Le visage frappé par la lumière est celui de la jeunesse, de l'avenir.

Exposition Françoise Pétrovitch. Musée de la Vie romantique.

Il faut quitter l'atelier pour rejoindre la maison d'Ary Scheffer qui abrite le musée de la Vie Romantique dans ce quartier de la Nouvelle Athènes où vécurent tant d'artistes du XIXème siècle.

 

Et tout d'abord George Sand qui vivait non loin de là avec Chopin. Hommage lui est rendu avec cette femme moderne qui fait penser à Jeanne Moreau et qui fume comme on revendique sa liberté, comme Sand fumait le cigare et portait le pantalon.

 

 

L'expo se termine avec cette rencontre d'une femme peintre et d'une écrivaine, libres toutes deux, engagées dans leur art et dans le partage.

 

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