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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #OLERON

  

Loti1

      Elle existe bien la maison où pierre Loti, enfant, a passé des vacances inoubliables qu'il a racontées avec émotion dans Le roman d'un enfant.
     Je l'avais cherchée en vain l'été dernier et puis, fin novembre, j'ai reçu grâce à Christine qui habite Saint-Pierre, là où, derrière un grand mur, l'écrivain passe son éternité, avec ses chats, des photos de la fameuse maison.



    J'y suis allé en cette fin novembre et je me suis demandé comment j'avais fait pour passer à côté d'elle, alors qu'un chat blanc prenait le soleil sur le trottoir...
   Un chat blanc!  Mais bien sûr! j'aurais dû y penser!
   Pierre Loti, l'amoureux de ses chats pour lesquels il faisait imprimer des cartes de visite, avait délégué un de ces petits félins pour me montrer le chemin!



    Au cas où je n'aurais pas compris, un bon chien, à la fenêtre d'en face, m'indiquait de la tête la direction à prendre.

 

    A l'angle de la rue du Général de Gaulle (comment s'appelait-elle du temps de Loti?) et de la rue de Saint-Denis, je l'ai vue cette maison qui appartenait alors au maire de Saint-Georges dont dépendait le village de la Brée.
    J'ai ouvert le livre de Pierre loti  et j'y ai lu les mots qu'il emprunte à sa soeur, Marie, pour la présenter....



C'était au milieu du village, sur la place, chez M. le maire.
Car la maison de M. le maire avait deux ailes, bien étendues sans mesurer l'espace.
Elle éclatait au soleil, éblouissante de chaux; ses contrevents massifs, tenus par de gros crochets de fer, étaient peints en vert foncé suivant l'usage de l'île.


     J'ai lu ces pages en m'approchant de la maison. C'était à la fois très doux et très triste de confronter les époques, l'été merveilleux de l'enfance et la réalité d'aujourd'hui. 

 

Un parterre était planté en guirlande tout alentour, poussant vigoureusement dans le sable. 

 

Des belles-de-jour , qui dépassaient de leurs jolies têtes jaunes, roses ou rouges, des fouillis de résédas, et qui s'épanouissaient à midi, avec une douce odeur d'oranger.



 

En face, un petit chemin creux ensablé descendait rapidement à la plage.



Pierre Loti parle longuement de la grand'côte:

  Cette partie de l'île qui regarde le large, les infinis de l'océan; partie sans cesse battue par les vents d'ouest. Ses plages s'étendent sans aucune courbure, droites, infinies, et les brisants de la mer, arrêtés par rien, aussi majestueux qu'à la côte saharienne, y déroulent, sur des lieues de longueur, avec de grands bruits, leurs tristes volutes blanches.

C'est à La Brée que le jeune garçon connaît son premier amour pour une petite fille du village, Véronique, que sa soeur décrit longuement :

     A peu près de son âge, un peu plus jeune peut-être, six ou sept ans. Un petit visage doux et rêveur, au teint mat, avec deux admirables yeux gris; tout cela abrité sous une kichenote blanche (kichenote, un très vieux mot du pays, désignant une très vieille coiffure : espèce de béguin cartonné, qui s'avance comme les cornettes des bonnes soeurs, pour abriter du soleil). Véronique se glissait tout près de Pierre, finissait par s'emparer de sa main et ne la quittait plus. Ils marchaient comme des bébés qui se plaisent, se tenant ferme à pleins doigts...Puis un baiser, par-ci par-là. Voudris ben vous biser (je voudrais bien vous embrasser), disait-elle en lui tendant ses petits bras avec une tendresse touchante.



      Mais les vacances prennent fin. Pierre ramasse tous ses trésors, ses coquillages et ses cailloux. Il prend place avec Marie dans la voiture qui les emmène. Il voit s'éloigner le village, et, debout sur le chemin de la plage, Véronique qui sanglote...

Marie écrit  :  
                          Alors je me sentis prise d'une rêverie inquiète en regardant Pierre. Je me demandai : "Que sera-ce de cet enfant?"
"Que sera-ce aussi de sa petite amie, dont la silhouette apparaît, persistante, au bout du chemin? Qu'y a-t-il de désespérance dans ce tout petit coeur; qu'y a-t-il d'angoisse, en présence de cet abandon?"

 




Lien : Oléron. La Brée. L'église.

Promenade dans Saint-Georges. Oléron.

Oléron. Eglise de Saint-Georges.  

Oléron.Eglise de Saint-Denis.

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #Paris

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Feuilles, fleurs, fruits, vers 1929 (huile sur toile).

     Sans avoir jamais appris la peinture ou le dessin, Séraphine Louis a peint des toiles qui nous font entrer dans un monde de lumière, de couleurs, de vie et d'exubérance.
     Un monde d'inquiétude aussi, avec dans son foisonnement, une angoisse diffuse.

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Feuilles.... (détail)

    Il est difficile d'imaginer femme plus modeste.
    Sa mère est fille de ferme et son père petit horloger.
    A 13 ans, elle est placée comme bonne à Paris.
    A 18 ans, elle est engagée comme femme à tout faire par les soeurs du couvent Saint-Joseph-de-Cluny à Senlis. Elle y reste 20 ans. Et Dieu sait(!) combien les religieuses alors étaient dures avec leur domesticité...
    Elle est ensuite bonne à Senlis.


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 Les marguerites. Huile.

       C'est là qu'elle est remarquée par un amateur éclairé, un allemand à la sensibilité et au goût rares qui est un des premiers à "voir" le jeune Picasso, le douanier Rousseau et cette étonnante Séraphine.
   Cet allemand, c'est Wilhelm Uhde qui prend Séraphine à son service, surtout pour lui permettre d'exercer sa passion de peindre.

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 Buisson de feuilles. 1925-1928. Huile.

   Anne-Marie Uhde (soeur de Wilhelm) écrit a propos de Séraphine Louis : " Elle s'adressait au ciel, aux nuages, aux arbres, aux fleurs des champs, à tous les êtres de la nature. Elle était directement en communication avec les puissances cosmiques."

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Buisson... (détail)

   Ce lien avec la nature la conduit à ne peindre que des feuilles, des fleurs, des plumes, des coquillages, qu'elle fait vivre sur d'étranges arbres ou des buissons touffus.
  Une de ses toiles représente l'arbre de vie, mais on peut penser aux arbres mystiques comme celui de Jessé qui relie ciel et terre et dont elle  voit une représentation chatoyante sur les vitraux de la cathédrale de Senlis où elle va souvent prier.

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 Bouquet de feuilles. Huile.

     Son ange gardien s'adresse à elle pour la pousser à peindre. Séraphine vit dans un univers aux frontières floues, entre réalité et surnaturel.
   Elle a souvent des visions, des apparitions.
   Il lui arrive, comme à Jeanne d'Arc, d'entendre des voix célestes lorsqu'elle regarde les vitraux.

  Nul doute que la profondeur lumineuse des verrières gothiques n'ait influencé son art.
 Le passage du soleil à travers les vitraux... l'aspect mouvant et vivant qu'il confère aux personnages et aux paysages de verre coloré...
  Comme si le soleil traversait la matière, en mélangeant les formes, en les faisant  mouvoir, en les projetant selon l'intensité, vers l'intérieur ou vers l'extérieur.

   Séraphine juxtapose et emmêle ses feuilles, ses fleurs, ses plumes, au point de leur donner un mouvement, un foisonnement de planètes. 


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Bouquet. Détail.

  Feuilles, fleurs, fruits... C'est la création qui tourne et monte vers son créateur.
  Il y a dans ses toiles la vitalité, la richesse, l'imagination médiévales.    Certaines ressemblent à des tapisseries.
 Elles en ont presque la texture, l'épaisseur des laines colorées.


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     La "matière" des oeuvres de Séraphine est unique. On la reconnait sans mal, comme on reconnait la "pâte" et la patte de Van Gogh.
    Nul ne pourra la reproduire.
    L'artiste était jalouse de ses préparations dont elle gardait le secret.    Elle pouvait utiliser de la peinture industrielle, comme du Ripolin, et des mélanges de couleurs et de laque.

   Ce tableau de feuilles part de la terre avec ce vase de roches en fusion, ce volcan qui projette les feuilles qui tournoient et relient dans leur mouvement le ciel et la terre.


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  Séraphine se recueillait longuement et priait avant de peindre. Cette concentration lui permettait ensuite de se libérer, de libérer ses forces, ses pulsions. 
  Elle en sortait, épuisée, comme après l'amour.



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Feuilles diaprées sur fond bleu. 1929. Huile.

Ces feuilles diaprées sont comme un broderie de soie et de perles sur du velours.



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Grappes de raisin. 1930.

       Les grappes de raisin sont portées par un tronc de palmier qui donne naissance à des feuilles et des fleurs. L'arbre est entouré de petites antennes végétales qui le font vibrer.
      Les grappes sont souvent représentées dans les églises.
      Elles donnent le vin qui est corps du Christ.
      Le vin, c'est la communion et l'ivresse.
      La toile se fait vibration et chair.
      Le fruit mystique est fruit érotique.

 



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Grappes de raisin; Détail.

     La peinture épuise Séraphine qui donne des signes de dérèglement psychique.
    Elle doit être internée en 1932.
    On diagnostique alors une psychose hallucinatoire.
    Elle a 68 ans.



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Fleurs et fruits. 1920.

"Idées délirantes systématisées de persécution, hallucinations psycho-sensorielles, troubles de la sensibilité profonde."
 L'ange gardien a les ailes coupées et les pieds enchaînés.
 Il ne peut plus aider Séraphine qui est internée dans l'asile de Clermont-de-l'Oise.

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Fleurs et fruits; Détail.

Séraphine ne peindra plus. 
Elle vivra encore dix ans entre les murs de l'asile.


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Bouquet de fleurs sur fond rouge. 1925-1930

Elle meurt à 78 ans et elle est jetée dans la fosse commune.





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Pommes aux feuilles.

Son corps se mêle à la terre. Il devient fleur, feuille, fruit...


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Il est là, modeste et puissant, charnel et rêveur...
Il est dans chacune de ses toiles
Et comme un ange, il nous entraîne vers les étoiles
Toile-étoile
Univers de vie intense, corps et âme.



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Toutes les toiles de cet article peuvent être vues au musée Maillol.

59-61 rue de Grenelle.
Paris 75007.
Tous les jours de 11 h à 18 h sauf mardi et jours fériés.




Lien :Camille Bombois peintre à Montmartre 




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Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE


Dimanche au musée Guimet...
Un des plus beaux musées de Paris.
Et pour les amoureux de l'Asie, une inépuisable source d'émerveillement. Nous nous promenons longtemps au rez-de-chaussée parmi les statues d'Angkor que nous aimons et qui nous rappellent un de nos plus beaux voyages.
Avant d'aller déjeuner au restaurant des porcelaines, nous nous arrêtons un instant devant ce paravent japonais de l'école de Kano.

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 Il date du XVIIème siècle et représente des hérons sur un saule enneigé. Le titre à lui seul est un poème. Quelques mots vous introduisent dans un monde de silence et de mystère.
 L'art japonais est souvent l'art de l'ellipse.
 A vous d'entrer ou non dans la tristesse que ces quelques mots suggèrent. La tristesse, le froid et la vie.

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Le fond du décor est recouvert de feuilles d'or.
 Il a pâli avec le temps. Comme pâlissent les icônes.
 Imaginez la lumière du jour venant éveiller l'or.
 Imaginez la nuit, les flammes des bougies miroitant entre les branches de  l'arbre mort.
 Le héron se réfugie dans ses plumes chaudes.
 Son bec est tourné vers le ciel.
 Il guette peut-être le premier souffle du printemps.


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  Celui-là regarde vers le sol gelé.
 Il lui faut survivre.
 Il va survivre, malgré l'arbre couvert de neige
 Malgré la branche qui se penche devant lui, dans le même mouvement, comme un squelette d'oiseau
 Malgré le soleil plus blafard que la lune.
 La beauté et la vie sont ici symbolisés par cet oiseau fragile qui traversera l'hiver.


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 L'arbre se tord prisonnier de ses racines... Les hérons s'y reposent, reprennent des forces avant de s'envoler dans le ciel d'or. 



Lien : paravent coréen : Paravent Corée. Epoque Choson.

Lien : La chaussée des géants. Guimet. Preah Khan.  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES Chats.. photos..articles

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      Il a mendié pendant des années dans le métro.
      Enfin, c'est beaucoup dire.
      Un chat ne mendie jamais.
      Il nous autorise à laisser une pièce dans la coupelle qui est devant lui et qui permettra à son amie de survivre.

     Un jour, son amie et lui ont quitté le métro et son ciel de faïence.
     La vie s'est adoucie.
     Ils ont vécu dans un petit studio parisien. C'était bien. Une vie simple pour des coeurs simples.
     La vie quoi!
     La seule!

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     Mais il faut croire que c'était trop demander que de vouloir ce simple bonheur-là.
    Alors l'amie a commencé à tousser.
    Depuis le temps qu'elle fumait, ce n'était pas très étonnant.
    Les fumeurs s'habituent à avoir une voix grave, à tousser un peu trop...
    Ils ne s'en font pas. Ils sont plus malins que le tabac.

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    Mais le tabac, il sait y faire.
    Il attend calmement, cigarette après cigarette, que la tumeur, maligne, se développe et se prélasse.
   Un cancer de l'oesophage.
   L'amie ne mange plus.
   Elle boit quelques liquides énergétiques.
   Elle tient le coup grâce aux patchs de morphine.
   N'importe qui serait mort depuis des mois.
   Mais elle survit.
   Son chat est avec elle.
   Il ne la quitte pas du regard et il ne ferme les yeux que lorsqu'elle s'endort enfin.

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    Dans quelques jours, son amie va retourner dans la maison de soins palliatifs.
    Dans quelques jours, le chat va être recueilli.
    Dans quelques jours...
    Mais qu'elles sont précieuses ces heures où il la regarde et où il pense de toutes ses forces de chat, que rien de mal n'arrivera tant qu'ils seront ensemble.


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lien :poème : le chat du métro

Liens: Chats. Poèmes, Art, photos....





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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Saisons. Divers


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    Pour vous souhaiter une belle année avec beaucoup de rencontres et de surprises, je suis retourné au 43bis rue Damrémont et j'ai demandé aux petits Poulbots d'être mes ambassadeurs....


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  De la tendresse


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De la confiance

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Du plaisir


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De la patience





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Et un petit nez rouge, non pas de froid mais d'ivresse!!!


Meilleurs voeux!




Lien : Poulbot. Panneaux de Faïence. Rue Damrémont. Montmartre.




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