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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 11:06
Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75
49

49

Nous avions quitté la première partie de la rue avec Baudelaire et Jeanne Duval et nous la retrouvons avec un autre poète, Germain Nouveau qui habita au 49 en 1879...

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75

Germain Nouveau (1851-1920) est un de ces météores de la poésie française dont l'œuvre reste à redécouvrir. Il rencontra Rimbaud à Paris et partit avec lui pour vivre à Londres en 1874. Il aurait selon certains critiques participé à l'écriture des Illuminations.

Ce qui est certain, c'est que cet "illuminé" fut admiré par les surréalistes. Aragon dit qu'il est un poète majeur, l'égal de Rimbaud.

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75

Je me rappelle avoir été impressionné par un de ses poèmes dans lequel il parle de son enterrement. En voici juste trois strophes :

 

Je ne veux pas que l'on m'enferre

Ni qu'on m'emmarbre, non, je veux

Tout simplement que l'on m'enterre,

En faisant un trou... dans ma Mère,

C'est le plus ardent de mes vœux.

(...)

Et retournez-la sur le ventre,

Car, il ne faut oublier rien

Pour qu'en son regard le mien entre.

Nous serons deux tigres dans l'antre,

Mais deux tigres qui s'aiment bien.

.

Ah! Comme je vais bien m'étendre

Avec ma mère sur le nez,

Comme je vais pouvoir lui rendre

Les baisers qu'en mon âge tendre

Elle ne m'a jamais donnés.

 

 

 

Le 51

Le 51

Nous avons déjà parlé de la brasserie qui se situait à l'angle de la rue Fontaine lorsque nous avons parcouru cette rue. Elle donne également rue Jean-Baptiste Pigalle, au 51. Elle était en 1861 le lieu où se rencontraient des artistes, autour de Courbet.

Un marchand de vins l'a remplacée. Un faune disciple de Bacchus tire la langue et dresse les oreilles sur la façade, se réjouissant d'avoir de bonnes bouteilles à sa disposition!

 

Le 52

Le 52

Le 52.  Un restaurant chinois, donne sur une placette où son aspect tristounet nous ferait oublier qu'il fut pendant des années un cabaret de renom : le Grand Duc.

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75

C'est là qu'Ada Brickstop commença à danser et popularisa le charleston avant d'ouvrir sa propre boîte dans la même rue,  "chez Brickstop".

Elle était également chanteuse et sa voix émouvait des écrivains comme Aragon ou Leiris.

Le 53

Le 53

Nous restons sur la planète Jazz avec le 53 où un modeste cabaret "Music box" fut dans les années 30 un des temples du jazz hot.

 

Le 54

Le 54

Au 54, encore une boîte de jazz qui nous rappelle que cette musique avait dans les années 30 Paris pour capitale et Pigalle pour épicentre.

Le cabaret s'appelait "l'Heure bleue" et Bill Coleman notamment y joua...

 

Le 54

Le 54

Le cabaret aurait dû s'appeler l'heure brune pendant l'occupation car il fut un lieu de prédilection des collabos de tout poil.

Après la guerre, dans les années 50, il passa au rose quand Monique Carton, alias Moune, le transforma en cabaret féminin, haut lieu du lesbianisme parisien "Chez Moune".

Il s'est banalisé aujourd'hui pour n'être qu'une quelconque boîte de nuit sans originalité.

 

Rue J.B. Pigalle à l'endroit où la rue La Rochefoucauld la rejoint.

Rue J.B. Pigalle à l'endroit où la rue La Rochefoucauld la rejoint.

La rue Jean-Baptiste Pigalle s'élargit sur quelques mètres en delta quand elle reçoit, en formant une placette, la rue La Rochefoucauld....

Le 55

Le 55

Le 55 peut nous émouvoir car c'est à cette adresse que vécut quelques années Juliette Drouet, la grande amoureuse, fidèle contre vents et marées à Victor Hugo à qui elle écrivit plus de 20 000 lettres. 

 

Hôtel Rousseau, face au 55 rue Pigalle.

Hôtel Rousseau, face au 55 rue Pigalle.

Quand en 1871, après la mort de son fils Charles, Hugo loua au 66 rue La Rochefoucauld un appartement au 1er étage de l'hôtel Rousseau, elle s'installa en face, dans ce petit immeuble où il vint vivre avec elle un peu plus tard.

Calamity building!

Calamity building!

Le 58 est un des endroits les plus déprimants de la rue. Un immeuble sans grâce, indigent, a écrasé quelques uns des lieux mythiques du Pigalle des années folles.

 

A l'angle avec la rue Victor Massé. Tabarin et la Boîte à Fursy

A l'angle avec la rue Victor Massé. Tabarin et la Boîte à Fursy

 Il y avait là un music hall, "la Boîte à Fursy" animée par le chansonnier Henri Fursy (Dreyfus) qui avait repris "le Tréteau de Tabarin" après avoir tenté de redonner vie au Chat Noir de la rue Victor Massé.

Ce fut un des cabarets les plus animés et les plus créatifs de Montmartre.

 

Sur les vieilles cartes postales, on peut voir le restaurant Lajunie qui faisait l'angle avec le rue Victor Massé et qui prit de l'importance quand ouvrit le Bal Tabarin.

 

Le restaurant fameux qui a été remplacé par la monstruosité d'immeuble que nous savons, était un lieu très fréquenté par les demi-mondaines qui y entraînaient leurs conquêtes du Bal Tabarin.

 

Toute cette histoire mouvementée et pittoresque de Montmartre n'est plus que souvenirs qui flottent dans l'air... et qui tentent de donner un peu de vie aux tristes constructions qui ont, pour des raison financières, saccagé notre Paris. Comme chante Léo Ferré "le capital qui joue aux dés notre royaume"....

 

Tabarin

Tabarin

Aujourd'hui!

Aujourd'hui!

Bon! On n'arrête pas le progrès! On ne s'arrête pas non plus devant ce bloc qui n'est pas le seul à avoir écrasé des lieux historiques (que dire du consternant blockhaus qui a remplacé le cirque Medrano sur le boulevard Rochechouart?)...

 

Le 60

Le 60

Le 60 a échappé à la destruction et, bien que mutilé, survit vaille que vaille. On y retrouve en 1854 Baudelaire que nous avons déjà rencontré plus bas et qui allait alors de logement modeste en logement modeste :

En rouvrant mes yeux pleins de flamme,

J'ai vu l'horreur de mon taudis,

Et senti, rentrant dans mon âme,

La pointe des soucis maudits (...)

Le 62

Le 62

Le 62 d'une laideur exemplaire a pris la place d'un petit immeuble qui abrita l'atelier du photographe Etienne Carjat (entre 1866 et 1869).

Ami de Baudelaire, cet artiste, photographe, journaliste, caricaturiste et poète est surtout connu aujourd'hui pour ses photos célèbres de Rimbaud.

 

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75

Il avait fait du jeune poète toute une série d'épreuves qui ont malheureusement été détruites par lui-même après une altercation au cours d'un repas où il fut blessé par Rimbaud qui lui fit une estafilade avec une canne-épée.

Il était également ami de Verlaine et de quelques artistes du groupe des "Vilains bonshommes".

Ajoutons qu'il fut ardent partisan de la Commune et qu'il publia pendant ces jours héroïques et tragiques des poèmes politiques dans le journal "La Commune".

Un de ses recueils "Artistes et Citoyens" a été préfacé par Victor Hugo.

 

Bien plus tard, quelques années avant la 2ème guerre, un club de jazz s'installe au 62. Il s'agit d'une boîte de la rue de Douai qui déménage, avec son nom : "La Roulotte".

Django Reinhardt s'y produit et, en 1943 rachète le club et le baptise "Chez Django Reinhardt".

 

Le Sans Souci

Le Sans Souci

Côté impair, une brasserie avec une passante qui aurait pu être Romy Schneider!

 L'actrice dont "La passante du Sans-Souci" fut le dernier film avait insisté pour qu'il soit réalisé après avoir été bouleversée par le roman de Kessel. Or Kessel avait situé l'action au Sans-Souci de la rue Pigalle et non dans le XVème arrondissement choisi par le réalisateur (Jacques Rouffio).

 

Le 65 un jour de déménagement.

Le 65 un jour de déménagement.

Le 67

Le 67

Dans la cour du 67

Dans la cour du 67

Le 67 est un immeuble banal, plutôt moche. Il occupe l'emplacement de la poste aux chevaux qui très active sous la Restauration ne sera détrônée que par la Compagnie des Omnibus. On peut apercevoir dans l'entrée de l'immeuble une tête sculptée et dans la cour un ancien abreuvoir épargné par les démolisseurs.

 

Le 73

Le 73

Plus on approche de la place Pigalle et plus sont nombreux les anciens cabarets qui rayonnaient dans le voisinage du célèbre jet d'eau.

Au 73, il y eut à la fin du XIXème siècle un établissement ouvert par le tonitruant et fantasque Maxime Lisbonne qui laissa son empreinte sur le Montmartre des chansonniers et des créateurs de cabarets iconoclastes. il s'agit du Casino des Concierges, appelé aussi Cabaret Bruyant.

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75

Lisbonne est une des grandes figures de Montmartre. On a écrit sur lui quelques livres parmi lesquels le plus complet et le plus "amoureux" est "Le banquet des Affamés" de Didier Deaninckx. Mention également au d' "Artagnan de la Commune" de Marcel Cerf.

 

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75

Il fut un des plus courageux combattants de la Commune qui le nomma Colonel. Louise Michel parle de lui souvent  et rapporte ses paroles sous la mitraille :" Puisqu'il semble que tout cœur qui bat pour la liberté n'a droit qu'à un peu de plomb, j'en réclame ma part!"

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75

Deux fois condamné à mort après la Commune, il vit sa peine commuée en travaux publics à perpétuité.

Après la grâce accordée aux Communards, il revint à Montmartre et habita dans une rue qui m'est chère : la rue André Del Sarte, alors rue Saint André.

Il se lança dans une vie à la fois joyeuse et généreuse. Il créa de nombreux cabarets parmi lesquels : la Taverne du Bagne, 2 boulevard de Clichy (où bien avant Coluche il organisa des repas pour les pauvres du XVIIIème) Les Frites Révolutionnaires, 54 du même boulevard...

 

Dans son Casino des Concierges, il organisa un grand bal pour les chiffonniers du quartier. Mais le fait "historique" fut la création de la première revue de cabaret "les emmurés de Montmartre" qui allait faire des petits dans de nombreux établissements montmartrois.

Citons pour mémoire que c'est au Divan Japonais, devenu Divan Lisbonne que fut offert aux spectateurs le premier effeuillage sur scène! Le premier nu de ce quartier qui allait en voir bien d'autres!

Le 75. Mais... encore un déménagement de matelas!

Le 75. Mais... encore un déménagement de matelas!

Au 75, nous trouvons encore un cabaret : "Le Hanneton". Il était dirigé par Madame Armande et accueillait les amours lesbiennes. Lautrec y était admis et en fit plusieurs tableaux (1897-1898) notamment le portrait de Madame Armande.

 

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 2ème partie du n°49 au 75

Nous arrivons maintenant sur la place Pigalle qui n'a pas droit au prénom Jean-Baptiste. C'est malgré son apparente banalité actuelle un haut lieu de l'histoire de Montmartre, politique et artistique....

Un lieu où laisser libre cours à notre imagination, où retrouver les personnages de quelques uns des plus beaux tableaux peints ici par Degas, Lautrec, Manet et quelques autres....

On respire sans réticence le poison qui flotte dans l'air...  l'odeur de l'absinthe.... celle des barricades.... On entend les chansons canailles, les refrains anarchistes... 

On s'attend à voir les arbres du boulevard se transformer en cerisiers!

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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 09:35
Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.
Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

La place Pigalle est le cœur du Montmartre des cabarets.... et la rue qui va de la rue Blanche jusqu'au petit jet d'eau célébré par la chanson de Georges Ulmer en fait partie...

 

Mais dans l'histoire mouvementée de Montmartre, place et rue sont avant tout l'épicentre de la création et de l'émulation artistique....

Nous avons consacré trois articles à la place, aussi est-ce à la rue que nous voulons aujourd'hui rendre justice...

Rue Pigalle à partir de la rue Blanche.

Rue Pigalle à partir de la rue Blanche.

Le 1.

Le 1.

Remontons donc le temps et la rue qui commence à quelques pas de l'église de la Trinité, rue Blanche.

Au n°1, dans un hôtel particulier aujourd'hui disparu, le sculpteur dont elle porte le nom : Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785) a vécu... La rue s'appelait alors rue Royale...

 

Elle suivait le tracé du vieux chemin qui montait vers la Butte. Ce ne fut pas son dernier avatar puisqu'en 1795 elle devint rue de la République, en 1800 rue de l'An Huit, en 1803 rue Pigalle et enfin en 1993 rue Jean-Baptiste Pigalle!

 

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Pour revenir à notre sculpteur, rappelons que c'est grâce à la protection de Mme de Pompadour qu'il connut le succès et reçut de nombreuses commandes d'aristocrates dont il immortalisa dans le marbre le visage.

Mais parmi ses œuvres, son "Mercure attachant sa talonnière" fut sans doute la plus appréciée.

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Aujourd'hui, le sculpteur est en bonne place dans les encyclopédies et les dictionnaires pour avoir représenté Voltaire, à la fois fragile et volontaire, nu et spirituel...

Il mourut quatre ans avant la Révolution et fut inhumé dans le minuscule cimetière du Calvaire qui jouxte la vieille église de Montmartre. Vous pouvez lui rendre visite, une fois par an, le jour de la Toussaint, quand le cimetière est ouvert à tous.

 

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Encore un peu d'imagination pour se représenter au n°2  un des moulins qui appartenaient aux religieuses de l'abbaye de Montmartre : le Moulin de la Tour des Dames.

Il s'élevait sur un terrain qui se situerait aujourd'hui entre la rue Jean-Baptiste Pigalle et la rue qui fait référence à ce moulin, la rue de la Tour des Dames.

Les 1, 3, 5.

Les 1, 3, 5.

Au 3 vécurent des peintres qui furent célèbres en leur temps : Thomas Couture et William Hunt.

Les romains de la Décadence. thomas Couture.

Les romains de la Décadence. thomas Couture.

 

Thomas Couture (1815-1879) a formé dans son atelier pendant plus de six ans Edouard Manet et s'il est connu grâce à cet élève de génie, c'est aussi une de ses œuvres qui lui assura en 1847 la notoriété. Il s'agit des fameux "Romains de la Décadence" qui nous paraissent aujourd'hui très peu romains et très peu décadents!

Il quitta Paris en 1860 pour vivre dans sa ville natale : Senlis.

L'immeuble du 3 rue Jean-Baptiste Pigalle où il vécut a été remplacé par celui que nous voyons aujourd'hui.

Paysage. William Hunt.

Paysage. William Hunt.

William Hunt (1824-1879) est un peintre américain qui séjourna quelques années à Paris et étudia chez Couture. C'est Millet cependant qui l'influença comme l'école de Barbizon dont on retrouve des correspondances dans ses toiles.

Le 7

Le 7

Au 7, c'est encore un peintre que nous rencontrons. Il s'agit d'Eugène Berthelon (1829-1916) spécialisé dans les paysages de campagne et dans les marines. Il appréciait ce bas Montmartre puisqu'après avoir vécu 7 ans rue Pigalle, il eut pour adresses successives le boulevard de Clichy, la rue Alfred Stevens et le boulevard de Rochechouart.

 

Les 8-10-12

Les 8-10-12

Les 8-10-12 sont une horreur architecturale absolue. Une de ces verrues modernes innommables qui ont enlaidi Paris sans complexe! Au nom de la rentabilité et de l'argent, il fallait créer des parkings pour "adapter Paris à la voiture", comme disait le fin lettré Pompidou. Des immeubles qui portaient une partie de l'histoire artistique de la capitale ont donc disparu sans vergogne.

 

Citons, pour mémoire, au 8, la boutique du marchand de couleurs Mullard où Renoir venait se fournir en voisin.

 

Théâtre Pigalle

Théâtre Pigalle

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.
Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Ironie du sort, le parking qui permet aux spectateurs des théâtres voisins de trouver une place de stationnement a remplacé un théâtre! Le théâtre Pigalle.

Ce chef d'œuvre de l'Art Déco avait été Inauguré en 1929, il était par son architecture et sa machinerie un des plus audacieux d'Europe. Il fut, à ses débuts, dirigé par Antoine, puis par Jouvet. Faute de bonne gestion, il fut vendu en 1948 et remplacé par le garage-parking calamiteux que l'on sait.

 

 

Pour mémoire, c'est dans un hôtel particulier qu'il s'était fait construire en 1857, à l'emplacement du théâtre devenu parking que vécut et mourut l'écrivain de théâtre le plus célèbre et le plus joué en son temps, en France comme en Europe : Eugène Scribe (1791-1861).

 

On peut dire qu'il est l'écrivain le plus célébré pendant la Restauration. Il a écrit des centaines de pièces, vaudevilles, livrets.... Il avait l'art à partir d'un incident souvent anodin de dérouler une série d'enchaînement implacables. Il reste un maître de la mécanique théâtrale et il est surprenant qu'aucun metteur en scène actuel ne s'intéresse à lui!

C'est grâce aux livrets qu'il écrivit pour Rossini, Meyerbeer, Auber, Donizetti, Verdi qu'il n'est pas tombé complétement dans l'oubli comme son hôtel du 12 rue Pigalle...

 

Rue Jean-Baptiste Pigalle, vers la Butte Montmartre.

Rue Jean-Baptiste Pigalle, vers la Butte Montmartre.

Le 17.

Le 17.

Le 17 nous ramène une nouvelle fois à Jean-Baptiste Pigalle qui y avait son atelier. Il n'avait donc qu'une trentaine de mètres à franchir pour aller de chez lui à son lieu de travail...

 

Le nom de Lemoine apparaît sur la façade de l'immeuble qui ne garde aucun souvenir du passage de Pigalle. Les Editions Lemoine sont une des plus vieilles entreprises françaises. Elles ont été créées en 1772 et se spécialisaient dans les œuvres musicales. L'immeuble actuel date de 1867. Achille Lemoine a en effet racheté l'ancien hôtel à la place duquel il a fait édifier les bâtiments actuels sur les plans de l'architecte de l'Hôtel-Dieu : Arthur Stanislas Diet.

 

Il est permis de préférer cet immeuble élégant et composite à la caserne de l'Hôtel-Dieu!

Le 18, inscrit comme le 17 au patrimoine architectural de l'arrondissement est un hôtel construit pour le duc d'Aumale dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Il a été fortement remanié extérieurement. Son intérêt réside dans les pièces d'apparat qui ont gardé plafonds à caissons, panneaux et lambris mais qui ne se visitent pas!

 

Le 20

Le 20

Le hall du 20

Le hall du 20

Une plaque commémorative nous apprend qu'au 20 (qui était alors le 16 de la rue Pigalle)dans des pavillons remplacés par des immeubles modernes dans le jardin sacrifié à l'arrière, George Sand et Chopin ont vécu pendant près de quatre ans...

 

C'est au retour du fameux voyage à Majorque que le couple occupa les deux pavillons d'été au fond du jardin. Sand partageait le sien avec sa fille Solange et l'autre était occupé par Chopin qui y donnait des leçons de piano et par Maurice, le fils de Sand.

 

Tout ce que Paris comptait comme artistes romantiques  fut reçu par Georges Sand rue Pigalle.

Balzac décrit ainsi son logis : Elle demeure rue Pigalle, au fond d'un jardin, au-dessus des remises et des écuries d'une maison qui est sur rue. Son petit salon est couleur café au lait et le salon où elle reçoit plein de vases chinois superbes...

 

Le 21

Le 21

Au 21 s'élevait un immeuble où vécut Edgar Degas de 1882 à 1890. Degas était un familier de ce quartier dans lequel il eut plusieurs adresses et plusieurs ateliers. Une fois encore le lieu a été effacé, remplacé par d'autres immeubles. 

 

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.
Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Rien de spécial à signaler pour les 25 et 27 sinon qu'ils forment un des plus beaux ensembles de la rue.

L'architecte peut être fier de sa création! Il s'agit d'Albert Tournaire (1862-1958) qui fut architecte en chef de la Ville de Paris et à qui on doit bon nombre d'immeubles remarquables comme l'Hôpital Pasteur de Nice, la villa Arnaga d'Edmond Rostand à Cambo..ou la villa Ephrussi à Saint-Jean-Cap-Ferrat...

.

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Le 28! Il faudrait des encyclopédies pour en parler! Ce petit immeuble sans prétention a vu peindre dans un atelier quelques chefs d'œuvres. Imaginez!  Pierre Bonnard y travailla tout en partageant l'espace avec Vuillard. Le même atelier quand il fut laissé libre par ces peintres reçut Lugné-Poé et Maurice Denis! 

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Une plaque rappelle que c'est dans cette maison que Bonnard, Vuillard et quelques jeunes peintres ont créé le groupe des Nabis, ou "prophètes" après une polémique née de discussions enflammées autour de la toile de Sérusier "Le Talisman".

 

Le 34

Le 34

Le 34 abrita, dans un immeuble disparu une loge maçonnique en 1787 : La Loge des Amis Réunis.

Dans l'immeuble qui fut construit à son emplacement, vécut un compositeur dont, je l'avoue humblement, j'ignorais le nom, ne connaissant qu'un seul Godard, demi dieu du cinéma!

Il s'agit de Benjamin Godard.

 

Il a composé deux opéras, des sonates, des symphonies et il est paraît-il connu pour son "Jocelyn" composé d'après Lamartine. J'ai écouté la "célèbre berceuse" extraite de cette œuvre;  elle est effectivement très touchante.

 

Le 45

Le 45

Le 45 ne paie pas de mine... Pourtant il n'est plus l'hôtel de passes qu'il fut après guerre. C'est là que mourut dans la misère une des chanteuses les plus populaires de son époque : Fréhel.

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Sa voix puissante et gouailleuse, tantôt émouvante, tantôt drôle, trouve aujourd'hui encore un public qui a pu la découvrir dans Pépé le Moko ou dans La Maman et la Putain de Jean Eustache.

Cette grande amoureuse fut malheureuse en amour. Son premier mari l'abandonna pour sa rivale Damia... Elle eut une courte relation avec Maurice Chevalier mais ne trouva jamais l'homme de sa vie, remplacé par l'alcool et la drogue...

Rue Jean-Baptiste Pigalle. 1ère partie du 1 au 46.

Elle a chanté Montmartre comme peu d'artistes ont su le faire. 

Des maisons d'six étages

Ascenseur et chauffage

Ont r'couvert les anciens talus

Le P'tit Louis réaliste

Est dev'nu garagiste

Et Bruant a maint'nant sa rue

... et toutes ces chansons qu'on fredonne encore sans se lasser : La Java Bleue... Où est-il donc... Où sont tous mes amants... Tel qu'il est il me plaît....

Le 46

Le 46

Les adresses de Baudelaire à Paris sont nombreuses et variées mais on sait qu'il vécut quelques mois avec Jeanne Duval au 46.

Je suis ému de penser que l'un des plus grands poètes français a peut-être écrit quelques uns de ses poèmes des Fleurs du Mal (qui allaient être condamnées par le juge Pinard) dans cette maison, en 1855.

Nous continuerons notre visite de la rue la prochaine fois mais là où nous sommes, avec tout ce passé qui déjà a resurgi, avec tous ces endroits exceptionnels qui ont été détruits, comment ne pas laisser le dernier mot à Baudelaire ?

"La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le cœur des humains."

Baudelaire (Rochegrosse)

Baudelaire (Rochegrosse)

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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 13:07
Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

Dans le hall du cinéma Eldorado de Saint-Pierre d'Oléron, de grands animaux et de petits bonshommes ont pris possession des murs le temps d'une exposition estivale qui s'est prolongée ensuite dans la citadelle du Château...

 

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

Ce qui frappe au premier coup d'œil c'est la couleur qui chante, comme les cabanes de l'île, des couleurs franches... des couleurs de chalutiers...

 

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

Et puis on voit les animaux qui se détachent comme sur le désert, la forêt ou le ciel.

Des animaux stylisés, des archétypes, des formes simples comme les figures de bois des jeux d'enfants, comme les silhouettes des publicités des années 3O...

 

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

Enfin on reconnaît les humains, souvent sous dimensionnés, les dominateurs dominés, les prédateurs neutralisés...

 

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

Petit bonhomme rose et nu dans la poche marsupiale, protégé par le regard d'une mère qui n'a pas l'air accommodante!

 

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

Gros bébé aux allures de Bouddha porté par un panda comme par une grande peluche qui éloigne les peurs de la nuit...

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

Parfois l'entente se manifeste par un compagnonnage harmonieux. Il y a un pacte entre animaux et humains, quelque chose qui ne ressemble pas à la soumission du plus faible mais à la commune union des êtres qui partagent le mystère d'exister...

 

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.
Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.
Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

L'humain et l'animal sont complices, peau contre peau. Le temps de la grande complicité entre les espèces annoncé par Isaïe est arrivé... enfin!

 

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.
Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

Le contact charnel entre les créatures se fait d'autant plus sensuel que l'humain est nu. Dans l'étrange recouvrement du lézard, inévitablement la figure érotique s'impose. Marylène, qui a choisi pour nom d'artiste Mary m'a confié qu'elle préparait une série érotique. Je lui fais confiance que la couleur et la poésie seront au rendez-vous et que nous resterons avec elle dans le royaume des contes (érotiques)! 

 

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

D'autres fois la ressemblance est une métaphore.... l'homme ou la femme-chrysalide qui attend dans le sommeil paisible la métamorphose en papillon... La femme qui danse et ouvre les ailes...

 

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

... Celle qui se coiffe en coccinelle et se recueille sous ses élytres...

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

... L'homme qui se replie dans sa coquille et lentement, dans le sens inverse des aiguilles, redevient fœtus...

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

La femme "médusée" qui monte dans les eaux en parachute ascensionnel...

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

Mais la communion peut être aussi dévoration et capture.

L'animal trop averti de la prédation humaine ne se laisse pas faire et prend le dessus...

 

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

Dans ces représentations "carnivores", nulle complaisance, nulle hémorragie... tout se passe naturellement, avec douceur et sensualité pourrait-on dire!

Aucun animal n'aura la perversité ni le sadisme du torero charcutant le taureau... cette perversion est l'apanage des humains...

 

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.
Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.
Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.
Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.
Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

... Quand l'humain et l'animal sont de même taille, à égalité, alors il n'y a plus qu'à vivre pleinement la plénitude de la relation...

Comme avec le hibou qui a, grâce à son aile posée sur l'épaule de la femme, communiqué à cette dernière la sagesse qui lui manquait peut-être!

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.
Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

Et... le fantasme des amoureux des chats se réalise...

Le chat prend taille humaine...

Il nous donne son regard de magicien...

Imaginez les roulades joyeuses, les ronrons assourdissants, les concours de sommeil l'un contre l'autre!

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

Mais... non!

Mary! Soyez raisonnable!

Taille humaine avons-nous dit!

Pas plus! 

Le chat n'a pas besoin d'être surdimensionné pour nous obliger à faire tous ses caprices! Le plus minuscule des chats y parvient ans peine!

Peintures animaux et humains. Marylène Moquay. Exposition COMMUNION. Oléron. MARY.

L'expo de Mary ne dure que quelques jours (jusqu'au 13 août).

Exposition généreuse puisque non commerciale. Mary ne vend pas ses toiles. Elle crée pour elle et pour la joie des autres, dans son village oléronais sous le ciel immense et la lumière.

Nulle prétention chez elle, nulle quête de reconnaissance....

Seulement la respiration en couleurs et l'imagination, la folle du logis, toujours en éveil...

Moi je lui dis merci. Simplement merci. 

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Oléron

 

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 07:26
31 juillet. Grand Village.

31 juillet. Grand Village.

31 juillet. Grand Village.

31 juillet. Grand Village.

Un mois d'été déjà envolé, avec ses ombres et ses lumières.

Les photos au jour le jour ne le ressusciteront pas...

Elles transmettront sans prétendre à l'objectivité (l'objectif du photographe est subjectif comme chacun sait) quelques couleurs, quelques gestes, quelques senteurs....

Fragiles et fugaces

En voyage comme l'île d'Oléron qui malgré le pont, chaîne illusoire, dérive librement dans l'Atlantique, le "Vieil Océan" !

30 juillet. St Trojan. Grande Plage

30 juillet. St Trojan. Grande Plage

30 juillet. La Giraudière. Grand village.

30 juillet. La Giraudière. Grand village.

29 juillet Grand Village.

29 juillet Grand Village.

Juillet à Oléron. Une photo par jour.
28 juillet Plage de Grand village.

28 juillet Plage de Grand village.

28 juillet. Maris d'Ors.

28 juillet. Maris d'Ors.

27 juillet plage des Saumonards. Boyardville.

27 juillet plage des Saumonards. Boyardville.

27 juillet Boyardville.

27 juillet Boyardville.

26 juillet Les Goélands à La Cotinière

26 juillet Les Goélands à La Cotinière

26 juillet.

26 juillet.

26 juillet

26 juillet

26 juillet. La Cotinière.
26 juillet. La Cotinière.

26 juillet. La Cotinière.

25 juillet. Plage de Grand Village.

25 juillet. Plage de Grand Village.

24 juillet. Sur le plongeoir à Saint-Trojan. Petite plage. Clocher de Marennes.

24 juillet. Sur le plongeoir à Saint-Trojan. Petite plage. Clocher de Marennes.

23 juillet. Sauveteurs contemplant les vagues. Oiseaux de passage.
23 juillet. Sauveteurs contemplant les vagues. Oiseaux de passage.

23 juillet. Sauveteurs contemplant les vagues. Oiseaux de passage.

22 juiillet. Pêche aux palourdes. Saint-Trojan.

22 juiillet. Pêche aux palourdes. Saint-Trojan.

21 juillet. Prière au Soleil levant. Petite plage. Saint-Trojan

21 juillet. Prière au Soleil levant. Petite plage. Saint-Trojan

20 juillet. Orage sur Marennes

20 juillet. Orage sur Marennes

20 juillet Orage sur le pont de la Seudre

20 juillet Orage sur le pont de la Seudre

20 juillet. Pêcheurs de palourdes. Saint-Trojan.

20 juillet. Pêcheurs de palourdes. Saint-Trojan.

19 juillet. Rue de la République. Saint-Pierre. Trompe l'oeil ou ivresse...

19 juillet. Rue de la République. Saint-Pierre. Trompe l'oeil ou ivresse...

18 juillet. Plage de Grand Village. Couple sortant de la mer. 1427 Couple chassé du Paradis (Masaccio)
18 juillet. Plage de Grand Village. Couple sortant de la mer. 1427 Couple chassé du Paradis (Masaccio)

18 juillet. Plage de Grand Village. Couple sortant de la mer. 1427 Couple chassé du Paradis (Masaccio)

17 juillet. Un chat Zen en méditation. Refuge des "Pachats du Bastion". Le Château d'Oléron.

17 juillet. Un chat Zen en méditation. Refuge des "Pachats du Bastion". Le Château d'Oléron.

16 juillet. Paradis retrouvé. Plage de la Giraudière. Grand Village.

16 juillet. Paradis retrouvé. Plage de la Giraudière. Grand Village.

15  juillet. Port de Saint-Trojan.

15 juillet. Port de Saint-Trojan.

14 juillet Plage de Grand-Village

14 juillet Plage de Grand-Village

13 juillet le kiosque. Saint-Pierre d'Oléron.

13 juillet le kiosque. Saint-Pierre d'Oléron.

12 kjuillet. Plage de la Giraudière.

12 kjuillet. Plage de la Giraudière.

11  juillet. Où est le surfeur? Plage de Grand-Village.

11 juillet. Où est le surfeur? Plage de Grand-Village.

10 juillet. Pierrot le Fou maître nageur. Grand Village.

10 juillet. Pierrot le Fou maître nageur. Grand Village.

9 juillet. Un grain plage des Allassins. Deux réfugiés climatiques!

9 juillet. Un grain plage des Allassins. Deux réfugiés climatiques!

8 juillet. Grand Village. Avant la chute.

8 juillet. Grand Village. Avant la chute.

7 juillet. Titanic plage de Grand Village.

7 juillet. Titanic plage de Grand Village.

6 juillet. Rue de la République. Saint-Pierre.

6 juillet. Rue de la République. Saint-Pierre.

5 juillet. Les corps qui dansent plage de la Giraudière.

5 juillet. Les corps qui dansent plage de la Giraudière.

4 juillet. Exercices avant le surf. Plage de la Giraudière.

4 juillet. Exercices avant le surf. Plage de la Giraudière.

3 juillet. Port des Salines. Petit Village.

3 juillet. Port des Salines. Petit Village.

2 juillet. Plage de la Giraudière.

2 juillet. Plage de la Giraudière.

1er juillet. Centre équestre Montravail. Le Château d'Oléron. Cheval double!

1er juillet. Centre équestre Montravail. Le Château d'Oléron. Cheval double!

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 13:10
Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.
Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.
Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.

C'est un jardin caché dans un passage de Montmartre, souvent protégé par une grille cadenassée.

C'est un endroit dont la discrétion vous attire comme le font dans les contes les jardins secrets...

 

Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.
Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.

Un beau jour vous tombez pile poil au bon moment, dans le bon créneau. Vous n'en croyez pas vos yeux : la grille est ouverte, le jardin se révèle!

 

Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.
Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.

Vous passez de l'autre côté...

Vous découvrez un monde nouveau, à la fois ordonné et sauvage avec des plantes exubérantes qui grimpent sur les murs et s'entrelacent!

Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.

Cette terre nouvelle porte le nom de "jardin des Abbesses"...

Un panneau informatif donne un petit cours d'histoire au visiteur et lui rappelle l'importance de l'Abbaye de Montmartre dont il ne resta presque rien après les années révolutionnaires...

Abbaye de Montmartre (abbaye d'en-haut et abbaye d'en-bas)

Abbaye de Montmartre (abbaye d'en-haut et abbaye d'en-bas)

Si la jeune République de 1789 prit possession des bâtiments de l'Abbaye, ce fut pour la dépecer et la vendre...

On sait qu'il valait mieux alors ne pas être "abbesse" et qu'on courait le risque comme la dernière titulaire, Mme de Montmorency Laval, de finir sur la guillotine!

La vieille femme, sourde et aveugle fut condamnée pour avoir conspiré "sourdement et aveuglément". L'accusateur public avait le sens de l'humour noir.

 

Les temps changent et la République de 1936, celle du Front Populaire, arracha à la spéculation immobilière qui allait bon train à Montmartre, ce bout de terrain resté sauvage, pour le transformer en jardin ouvert à tous.

Un jardin qui prit le nom des Abbesses!

Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.

La bonne idée des jardiniers est d'avoir créé un espace qui évoque un cloître, avec un puits en son centre.

 

Autour de ce puits, ils ont planté des simples comme on en cultivait dans les monastères qui pratiquaient une médecine naturelle en utilisant les plantes dont on connaissait alors les vertus. 

 

Ainsi trouve t-on dans ce jardin, entre autres plantes bénéfiques, la sauge dont le nom vient du latin "salvare" (sauver).

 

Céleri perpétuel ou livèche

Céleri perpétuel ou livèche

On trouve encore le céleri perpétuel ou livèche, apprécié pour ses vertus diurétiques et stomachiques...

La véronique

La véronique

La véronique était cultivée dans tous les monastères et abbayes qui s'occupaient des lépreux car elle était censée cicatriser les plaies. On lui donnait aussi le nom "d'herbe aux ladres" mais on lui préférait celui de Véronique, la sainte femme dont le linge qui avait essuyé le visage du Christ avait guéri l'empereur Tibère de la lèpre.

l'absinthe

l'absinthe

Parmi les simples remarquables du jardin des Abbesses, comment ne pas s'arrêter devant l'artemisia absinthium?

L'absinthe était utilisée comme vermifuge et pourtant ce sont des faiseurs de vers comme Rimbaud, Baudelaire ou Verlaine (qui l'appelait "herbe sainte") qui l'apprécièrent sous forme de liqueur qui faisait "voyager"...

 

Ode à l'absinthe écrite par Musset :

 

Salut verte liqueur, Némésis de l'orgie!

Bien souvent, en passant sur ma lèvre rougie,

Tu m'as donné l'ivresse et l'oubli de mes maux;

J'ai vu plus d'un géant pâlir sous ton étreinte!

Salut sœur de la mort! Apportez de l'absinthe;

Qu'on la verse à grands flots!

Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.
Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.
Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.
Un habitué, le moineau du jardin des Abbesses qui en apprécie les plantes!

Un habitué, le moineau du jardin des Abbesses qui en apprécie les plantes!

Les abbesses, si elles pouvaient revenir pour faire un petit tour dans notre époque, trouveraient ici de quoi se purger, se calmer, soigner les petits bobos et parfumer les armoires.

... De quoi s'enivrer peut-être... mais hélas! pas de quoi recoller les têtes!

Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.
Le jardin des Abbesses. Passage des Abbesses. Les simples.
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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 12:36
Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.

De retour dans l'île pour l'été, ma première visite est pour le refuge des chats, "Les Pachats du Bastion" au Château d'Oléron.

 

Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.

Depuis quelques mois j'y ai trouvé quelques changements :

De nouvelles cabanes colorées ont été installées dans le jardin, aussitôt adoptées par les chats, des bancs, des arbres de jeux ont été disposés ici et là...

 

 

 

Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.
Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.

Mais ce qui n'a pas changé, c'est le nombre d'animaux secourus, sauvés d'une mort certaine par des gens qui estiment que leur petite vie n'est pas indifférente, que leur souffrance n'est pas anodine.

Il a fallu isoler certains d'entre eux atteints de calicivirose, causée par un sale virus qui provoque des ulcérations de la bouche.

Lui c'est Saphir, un chat doux et affectueux dont il a fallu toute l'attention et la persévérance des bénévoles pour le guérir d'une maladie de peau. Le voilà atteint de cette maladie qui le rend triste et prostré.

De la même manière, ont été mis à part ceux qui, recueillis dans la nature, sont malades du FIV, le "sida" du chat qui affaiblit leurs défenses immunitaires.

Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.

Il y a ceux qui sont morts, accompagnés jusqu'au bout par les bénévoles qui ont tout fait pour les sauver.

Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.
Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.
Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.

Parmi les nouveaux arrivés, il y a Dumbo, un chat roux qui a été abandonné par ses maîtres et qui est resté non loin de son ancienne maison sans qu'on s'occupe de lui. Il a été retrouvé famélique, le poil en partie arraché, un œil presque crevé....

 

Il est sauvé aujourd'hui. Il est doux et réclame de la tendresse. Je m'étonne toujours de la confiance que gardent les animaux maltraités envers notre espèce.

Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.
Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.

Nouvelles venues encore, quatre chattes retrouvées un matin dans un carton laissé devant le refuge. Beau courage et belle honnêteté de ces "maîtres" qui n'ont pas ce minimum de dignité d'assumer leur abandon....

Il est vrai que sur l'échelle de la lâcheté et de la cruauté, ils se situent quelques échelons plus bas que ceux qui vont jeter leurs animaux dans la forêt ou la campagne.....

 

Elles habitent pour le moment dans l'infirmerie, en attendant de partager l'existence des autres chats si personne ne les adopte.

 

Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.
Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.
Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.

Il y a parfois de bonnes nouvelles sur le front de la lutte pour la défense des animaux. Cosette, grâce à qui "les Pachats" existent, m'a appris que dans cette île où le seul refuge était celui du Château, plusieurs initiatives ont vu le jour et désormais il y a de tels lieux pour toutes les communes, sauf pour celle où je passe l'été, Le Grand Village!

Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.
Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.

Et pourtant ce ne sont pas les chats errants qui manquent!

Un ancien maire dont nous tairons le nom disait que ce n'était pas grave car en automne, les chasseurs réglaient le problème!

Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.
Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.
Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.

Mes deux chattes, Plume et Bella viennent de ce refuge. Elles sont un cadeau précieux pour nous. Elles nous enseignent, à leur manière de chats, l'art de cueillir de jour!

 

Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.
Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.

Je voudrais photographier chaque chat du Bastion.

Chacun a sa personnalité, son mystère, son histoire.

Ce qui les unit, outre le malheur de leur passé, et la chance d'avoir croisé le chemin de belles personnes au cœur ouvert, c'est leur beauté, leur noblesse et leur art de trouver la position la plus confortable, la plus ronde, la plus parfaite pour somnoler ou dormir.

 

Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.
Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.
Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.

Si vous voulez rendre visite aux "Pachats du Bastion", vous les trouverez :

10 rue des Remparts

17480 Le Château d'Oléron

08 90 10 91 16

 

Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.
Les Pachats du Bastion. Refuge des chats. juillet 2017. Le Château d'Oléron.
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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 11:15
Le 18

Le 18

Commençons cette deuxième partie de la rue Victor Massé par le 18 qui donne en partie sur la Cité Malesherbes.

Il est mentionné par le site ô combien riche et précis "Paris Révolutionnaire" pour avoir abrité l'atelier de Pierre Bonnard.

Bonnard. Montmartre sous la pluie (1897).

Bonnard. Montmartre sous la pluie (1897).

J'ai cherché trace de cet atelier et je n'ai rien trouvé. Les spécialistes de Bonnard ne mentionnent pas cette adresse même s'il est vrai que le peintre a aimé ce quartier, a vécu rue de Douai, rue Lepic, et a eu son dernier atelier rue Tourlaque. Je ne cautionne donc pas l'information de Paris-Révolutionnaire!

Pas plus que l'adresse de Géricault au 21 alors que c'est au 49 rue des Martyrs que le peintre vécut jusqu'à sa mort.

 

Le 20

Le 20

Au 20 s'ouvre la Cité Malesherbes, si diverse et si riche en histoires que nous lui consacrerons un article sinon deux!

Avant Solferino et la Bérézina de 2017, le Parti Socialiste y eut son siège, succédant à la SFIO qui s'y installa en 1936...

Une extraordinaire maison décorée de panneaux émaillés en lave de Volvic y a abrité la demeure et l'atelier de Jolivet.

 

 

Le 23

Le 23

Le 23

Le 23

Le 23 est le premier de trois immeubles remarquables et classés. Ils ont été construits par Davrange et Durupt entre 1847 et 1850 et sont typiques du style Louis-Philippe néo Renaissance. Leur fantaisie, la richesse de leur décor donnent à leur trio quelque chose de vénitien!

 

Au 23 se trouvait l'atelier de Thomas Couture qui reçut des élèves illustres comme Puvis de Chavannes et surtout Manet qui fréquenta l'endroit pendant plus de six ans!

Le 25

Le 25

Théo Van Gogh avait bon goût puisque c'est au 25, dans ce bel immeuble qu'il habitait quand il y reçut Vincent au début de son deuxième séjour à Paris en mars 1886. Un peu plus tard, il déménagera pour la rue Lepic où vivra Vincent de 1886 à 1888. 

Le 25

Le 25

Berthe Weill (Picasso)

Berthe Weill (Picasso)

Berthe Weill ouvrit au rez de chaussée une galerie d'art où elle exposa Derain, Vlaminck Matisse...

 

 

Elle est la première femme  galeriste à Paris et c'est elle qui fait connaître les Fauves. C'est encore elle qui consacre à Modigliani la seule exposition qu'a connue ce peintre avant 1907 !

 

Elle est la première à avoir pressenti le génie de Picasso et c'est elle qui organisa l'exposition de Diego Rivera à Paris.

 

Mais elle ne pensait pas à ses propres intérêts et elle vécut et mourut dans la pauvreté alors que les toiles qu'elle a vendues s'arrachent aujourd'hui à des sommes vertigineuses.

Le 27

Le 27

Le 27

Le 27

Face au 27, côté pair, la rue Victor Massé cède la place à une....place... baptisée en 2013 Gabriel  Kaspereit.

Cet homme politique exerça de hautes fonctions (secrétaire d'Etat, député....) pendant les grandes années où Paris subit quelques unes des destructions irréparables de son patrimoine architectural.

 

Rue Victor Massé du 18 au 37. (2ème partie)
Rue Victor Massé du 18 au 37. (2ème partie)

S'ouvre sur cette place la très secrète et très prestigieuse Villa Frochot où nous entrerons bientôt sur la pointe des pieds pour en découvrir les trésors.

Rue Victor Massé du 18 au 37. (2ème partie)

A l'entrée, protégée par les grilles, subsiste la petite maison villageoise où vécut de 1937 à 1969 Jean Renoir, le cinéaste qui après avoir passé son enfance sur la Butte, ne put jamais s'en éloigner vraiment malgré ses séjours en Amérique.

Villa Frochot

Villa Frochot

Rue Victor Massé du 18 au 37. (2ème partie)
Rue Victor Massé du 18 au 37. (2ème partie)

On ne peut manquer d'admirer une des plus belles œuvres art Déco de Paris, l'immense vitrail japonisant de l'ancien cabaret "le Shangai".

Il s'inspire d'Hokusai et change de teintes avec la nuit quand s'allument les lumières du cercle de jeux, du bleu du jour à l'or des nuits.

Cette placette est un des endroits de Paris où l'on sent le mieux l'esprit artiste de Montmartre. On ne peut s'empêcher de regretter les cabarets et les music halls, riches de leur décor et détruits sans état d'âme....

Traversons le carrefour avec les rues Frochot et Monnier....

Le 29. Angle avec la rue Henri Monnier

Le 29. Angle avec la rue Henri Monnier

Nous arrivons devant le 29 dont l'ancienne entrée a été détruite depuis qu'un restaurant au nom bien français "le wine & dine" s'est installé sur tout le rez de chaussée.

Rue Victor Massé du 18 au 37. (2ème partie)

Une plaque apposée sur la façade rafraîchit ma mémoire. Enfin! Soyons honnête, elle m'apprend ce que j'ignorais! Un jeune poète portugais a vécu et est mort à 26 ans dans cet immeuble.

Sa courte biographie nous apprend qu'il était proche des symbolistes et que, venu à Paris, il connut une brève aventure amoureuse  (la première paraît-il) qui le laissa désemparé et dolent. Il écrivit depuis cet hôtel une lettre à Fernando Pessoa où il annonçait son désir de se suicider.

Un mois plus tard, il se donna la mort, 29 rue Victor Massé. 

Sa vie de météore m'a donné envie de le lire. Par chance son œuvre est en partie traduite.

 

"Tout a eu son commencement... et tout a raté...

-Oh! la douleur d'être presque, cette douleur sans fin...

Je me suis fourvoyé parmi les autres, fourvoyé en moi,

Aile déployée qui n'a pas su voler."

Le 29

Le 29

Toujours au 29, pas de plaque pour rappeler que le jeune Maurice Ravel y vécut de 1880 à 1886, du temps où l'immeuble bourgeois n'était pas encore un hôtel.

Six années de jeunesse (de 5 à 11 ans) avec ses parents et son frère Edouard, ce n'est pas rien et ça mériterait bien une petite plaque dont Paris est pourtant si friand!

 

Rue Victor Massé du 18 au 37. (2ème partie)
Le 32 bis

Le 32 bis

Au 32 bis, l'hôtel a traversé les décennies et a gardé son nom, chef d'œuvre d'inventivité et d'audace : hôtel Victor Massé!

Au-delà, ce qu'il reste de la rue n'est que fantômes.

Victime de la politique systématique d'élargissement des rues parisiennes, notre rue s'est vue massacrer sans pitié.

Rue Victor Massé du 18 au 37. (2ème partie)

Tout d'abord, ce sont les numéros impairs qui furent abattus. Du point de vue architectural, ce fut un moindre mal. Vers 1910, les architectes étaient encore exigeants. La dernière partie de la rue est donc constituée d'immeubles de belle facture mais inconscients d'avoir saccagé des lieux qui faisaient partie de l'histoire montmartroise.

Rue Victor Massé du 18 au 37. (2ème partie)

 

Au 37 s'élevait un petit hôtel particulier sur trois étages, demeure de Degas dont l'atelier était aménagé dans les combles.

On retrouve souvent Degas dans ce quartier qui était le sien depuis sa naissance. En 1890, il se consacre surtout à la sculpture quand il habite rue Victor Massé. C'est alors qu'il rencontre Suzanne Valadon et se lie d'amitié avec elle.

Tout a disparu de sa maison.

Rue Victor Massé du 18 au 37. (2ème partie)

Côté pair, le saccage est plus évident tant est laide la lourde construction qui a écrasé l'espace. Cette architecture inepte a dévoré le Bal Tabarin, au 35. C'était un des hauts lieux du Montmartre des plaisirs et des fêtes.

C'est sur les flonflons disparus et les danses effrénées des fantômes que nous quittons la rue Victor Massé, une de ces rues qui ont plus de souvenirs que si elles avaient mille ans!

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 11:55
Rue Victor Massé.  ( 1ère parie du 1 au 16  ).
Fin de la rue Victor Massé et rue Pigalle.

Fin de la rue Victor Massé et rue Pigalle.

Entre la rue des Martyrs et la rue Pigalle, la rue Victor Massé semble modeste et pourtant....

Elle pourrait s'enorgueillir d'avoir abrité de nombreux hommes exceptionnels sur ses 312 mètres, quelques uns des artistes qui ont contribué à la renommée de Montmartre...

Rue Victor Massé.  ( 1ère parie du 1 au 16  ).

Elle a été ouverte en 1797 et portait le nom d'un propriétaire des terrains sur lesquels elle s'implantait : Ferrand.

La rue après le croisement avec la rue Monier.

La rue après le croisement avec la rue Monier.

Quand le quartier voulut rendre hommage aux Abbesses de Montmartre, elle fut baptisée rue Laval.

Mme de Laval Montmorency est la dernière abbesses qui, à  71 ans, presque aveugle et sourde fut conduite à la guillotine pour avoir "conspiré sourdement et aveuglément contre la République" selon l'accusation de Fouquier-Tinville.

Rue Victor Massé.  ( 1ère parie du 1 au 16  ).

En 1887, elle reçut le nom de Victor Massé,  compositeur qui habitait à proximité, avenue Frochot.

On imagine mal la renommée de cet homme aujourd'hui tombé dans un oubli abyssal. Il composa pourtant plus de vingt opéras dont certains comme Les Noces de Jeannette ou Paul et Virginie furent de grands succès!

Rue Victor Massé.  ( 1ère parie du 1 au 16  ).

Le numéro 3 porte gravé le nom de son sculpteur et non de son architecte, contrairement à l'habitude. Pas étonnant car Valadon est un nom qui va bien à Montmartre même si l'Emmanuel en question n'a aucun rapport avec Suzanne.

Le 4

Le 4

Au 4, vécut de 1916 à 1933 Vicente Huidobro (1893-1948) bien connu des Chiliens puisqu'il est considéré comme un des plus grands poètes de son pays.

Rue Victor Massé.  ( 1ère parie du 1 au 16  ).

Il est le fondateur du "Créationnisme" (rien à voir avec les illuminés qui interprètent la bible littéralement), un mouvement qui bouleverse les règles de la poésie, supprime la ponctuation, ose les images les plus étonnantes.

Rue Victor Massé.  ( 1ère parie du 1 au 16  ).

Il est venu à Paris où il a connu Apollinaire, Cocteau, Eluard et Breton! Les vrais poètes se reconnaissent et s'estiment!

Il est mort à Carthagène où il est enterré sur une colline face à la mer. Son épitaphe porte ces mots :

"Ici gît le poète Vicente Huidobro

Ouvrez la tombe

Au fond de la tombe on voit la mer"

Rue Victor Massé.  ( 1ère parie du 1 au 16  ).

Le 6 abrita entre deux guerres la Librairie Populaire (du Parti Communiste français). On y vendait des livres évidemment mais aussi des statuettes, des bustes d'hommes célèbres comme Lénine ou Staline, des bonnets phrygiens, des drapeaux rouges.... mais pas de ratons laveurs qui n'avaient pas encore fondé leur syndicat.

5 et 9

5 et 9

Entre le 5 et le 9, le 7 a été oublié! Il aurait eu sans doute des complexes à voisiner avec le splendide 9 et sa profusion d'oiseaux, de fruits et d'amours néo Renaissance.

 

Rue Victor Massé.  ( 1ère parie du 1 au 16  ).
Rue Victor Massé.  ( 1ère parie du 1 au 16  ).

Sur sa façade est gravé le nom de l'architecte et la date de construction : V. Courtiller 1840. Le sculpteur n'a pas signé son œuvre!

Rue Victor Massé.  ( 1ère parie du 1 au 16  ).

Il aurait été construit pour le peintre Paul Delaroche qui y aurait vécu. Rien ne semble l'attester malgré les allégations de sites sérieux. On ne prête qu'aux riches! Delaroche était un peintre académique à succès et sa fortune lui aurait certes permis de se bâtir des châteaux dans la Nouvelle Athènes!

Ce qui est sûr en revanche et qu'une plaque de marbre nous rappelle au cas où nous aurions pu l'oublier (!) c'est que Paul Eudel y vécut de 1885 à1898.

Il aimait à la folie l'argenterie et il écrivait une chronique sur les grandes ventes de Drouot. Son frère, voyageur préférait collectionner les coquillages. L'un et l'autre aimaient donc les couteaux!

 

Le 9 n'a pas fini de nous étonner! De nous éclairer devrais-je dire car c'est dans cet immeuble que Georges Leclanché eut son second atelier après son retour d'exil, après la chute de Napoléon III.

 

Rue Victor Massé.  ( 1ère parie du 1 au 16  ).

Il était ami de Victor Hugo qui lui aussi choisit d'habiter ce quartier.  L'ingénieur est un véritable découvreur puisqu'il est le premier à mettre au point et à fabriquer des piles.

C'est au 9 qu'il meurt en 1882 à 42 ans.

Rue Victor Massé.  ( 1ère parie du 1 au 16  ).

Pour parachever la prestigieuse histoire du 9, rappelons qu'il fut le siège du journal "Le Populaire de Paris" en 1918, celui de la Section Française de l'Internationale Ouvrière en 1928 et enfin celui du journal du Front Populaire en 1936 "le Populaire".

Pas étonnant que le Parti socialiste, au temps des idéaux encore vivants, ait choisi son siège presque en face, cité Malesherbes!

Le 12

Le 12

Le 12 a été, avant de devenir célèbre, l'hôtel du peintre belge Alfred Stevens.

Quand Salis voulut agrandir son Chat Noir du boulevard de Rochechouart, il racheta l'hôtel à Stevens. C'est ainsi que ce lieu devint un des endroits les plus créatifs et les plus fréquentés de Montmartre.

Un article de ce blog raconte l'histoire mouvementée de ce 2ème Chat Noir qui réunit quelques uns des artistes les plus emblématiques de Montmartre : Steinlen, Willette, Caran d'Ache et ses silhouettes du théâtre d'ombres.

Enseigne de Willette

Enseigne de Willette

C'est pour ce deuxième Chat Noir que Willette conçut l'enseigne avec son croissant de lune et Steinlen son fameux chat que l'on retrouve aujourd'hui sur les assiettes et les T-shirts! La Joconde de la Butte!

Quand le cabaret après ses années de succès commença à être détrôné par les music-halls, Salis le vendit et, découragé et malade, n'eut pas le temps, comme il l'envisageait de créer un troisième Chat Noir.

L'hôtel fut acheté et débité. Il eut un petit quart d'heure de survie quand en 1903, il abrita la librairie de propagande socialiste de Jean Baptiste Clément.

 

Le 15 en juin 2017

Le 15 en juin 2017

Le 15 en voie de ravalement, a été à partir de 1886, l'adresse d'Adolphe Tavernier, escrimeur célèbre, auteur de plusieurs ouvrages sur cet art. Il était également passionné par la peinture et, ami de Sisley, il a collectionné de nombreuses œuvres de celui qui était devenu son ami.

Le 16

Le 16

Le 16 est un bel immeuble qui porte des médaillons représentant les Arts.

Rue Victor Massé.  ( 1ère parie du 1 au 16  ).
Rue Victor Massé.  ( 1ère parie du 1 au 16  ).

Jules Garcin, chef d'orchestre du Conservatoire, violoniste et compositeur à ses heures y mourut en 1896. Il avait été très lié à l'effervescence musicale de son époque et avait dirigé la première de certaines œuvres de César Franck et de Saint-Saens.

C'est avec lui que nous nous arrêtons quelques instants, le temps d'écouter la sonate pour violon et piano de Saint-Saëns qui inspira à Proust la "petite sonate de Vinteuil".... 

 

 

(à suivre...)

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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 07:13
Le vieil homme et sa chatte. Poème pour Pedro.

 

Le vieil homme et sa chatte

 

 

 

Il la tient contre lui  La serre sur sa poitrine

Elle est chaude et calme et abandonnée

Elle dort enfin  Elle dort  C’est ça  Elle dort

Elle ne se réveillera pas la nuit avec une plainte qui fait trembler le rayon de la lune

Entre les rideaux rouges

Elle dort contre lui  Il ferme les yeux  Il sourit

 

Il craignait ce moment  Il l’attendait depuis le jour où il était tombé sur le carrelage

Il était resté là conscient et immobile avec contre son visage la petite tête inquiète

Le museau contre sa joue  Le ronron dans les oreilles

Elle ronronnait  Elle était là  Elle ronronnait

Elle disait  Réveille-toi  Je suis là  Je suis près de toi  Ne pars pas

 

Il était parti mais pas pour de bon  Parti pour l’hôpital

Trois semaines à l’hôpital  Quand il était revenu elle était derrière la porte

Une voisine l’avait nourrie

Une voisine gentille qui n’aimait pas les chats et ne savait pas qu’ils ont besoin de paroles

Dans n’importe quelle langue mais des paroles des vraies qui disent les choses simples

Ne t’inquiète pas  Il va revenir  Il pense à toi  Tu es belle

 

Il avait changé  Il marchait avec une canne  Il dormait souvent

Il n’utilisait plus qu’une main  C’était la main des caresses

Les sons qui sortaient de sa bouche étaient différents

Elle les comprenait  Elle n'en perdait pas une miette

Tous les deux s’aimaient à vivre  Ils regardaient la même télé  Lui dans le fauteuil

Elle sur ses genoux  Elle ronronnait comme un ventilateur

Ils mangeaient à la même heure

Lui sur sa chaise Elle sur la table

 

Quel âge avait-elle  Quinze ans peut-être

Dans les refuges on connaît mal le passé des chats qu'on ramasse

A moitié morts sur le trottoir

Son âge à lui il le savait  Depuis ses soixante ans il feignait de l’ignorer

85 ans c’est un âge considérable pour un jeune homme qui avait essayé

Comme un poète romantique de se tuer à 24 ans

 

Maintenant il désirait vivre 

Aller quelques centimètre Quelques secondes plus loin qu’elle

Pour être là le jour venu

Pas question de mourir avant elle

Pas question de laisser des hommes avec des gants de cuir la saisir

Elle  la précieuse au poil soyeux aux narines roses

Aux yeux dorés bordés de mascara

 

Il la caressait avec une délicatesse de brume

A peine il effleurait la boule sur son cou

La boule qui grossissait

Une mandarine  C’était une mandarine

Impossible d’opérer a dit le véto  Il n’y a rien à faire

Il regardait grossir la boule  Serpenter les fines craquelures sur la peau

Il était terrifié  Il était rassuré

Il vivrait plus longtemps qu’elle  Il serait là le jour venu

 

La nuit il se levait quand sa plainte faisait trembler le rayon de la lune

Entre les rideaux rouges 

Il la prenait contre lui  Il chantait

C’est comme ça qu’elle est partie Poliment

Elle est partie avant lui  Avec délicatesse

 

Il sourit en se couchant sur le carrelage

Il est heureux  Il a chaud 

Il la serre fort contre lui

Personne ne pourra l'arracher

Il ferme les yeux Il dit merci à la vie

C’est comme ça

Et c’est bien

 

Le vieil homme et sa chatte. Poème pour Pedro.
 



THE OLD MAN AND HIS CAT

 


A poem for Pedro

(Translation by R.G. Brito-Santalo of Le vieil homme et sa chatte, written by Christian Wacrenier.

He holds her close
Sweetly over his breast
She is warm and calm with abandon
She sleeps finally
She sleeps
That’s all
She sleeps
She will never wake up
Night was rising with a moan that made the rays of the moon tremble
Amongst the red curtains
She sleeps close to his heart
He closes his eyes
And smiles

He feared that moment
He expected it since the day he fell on the tiled floor
He lay there
Conscious but paralyzed
The small worried head against his face
Her muzzle against his cheek
Purring against his ears
Purring
She was there
She purred
Saying
Wake up!
I am here
I am next to you
Do not leave

He was gone but not for long
Taken to the hospital
A three week stay
Upon his return she waited behind the door
A good neighbor who did not love cats and who didn’t know they need words
In any language but words that mean simple things
Don’t worry
He’ll be back
He’s thinking of you
You are pretty

He had changed
Walked with a cane
He slept often now
Used only one hand
His caressing hand
The sounds from his mouth were different
But she knew what he meant
She did not miss a beat
Both loved life
Both watched TV together
He in his favorite chair
She on his lap
Her purring sounded like a fan
Both ate together
He in his chair
She on the table

How old she was no one knew
Perhaps fifteen
At the animal shelter no one knew the history of the rescued cats
Half dead on the sidewalk
He knew his own age
Although after his sixtieth birthday he tried to ignore it
85 a ripe old age for a man who at 24 tried to kill himself
Imitating some Romantic poet

He desired to live now
Go at least an inch more
Several seconds longer than she
To be there when the fateful day arrives
Perish the thought of dying before her
Perish the thought of letting men with leather gloves lift her up
The beautiful one with silky fur and pink nose
The one with golden eyes lined with mascara
He caressed her delicately with the softness of mist
Tenderly touching the ball on her neck
An ever-growing ball
A mandarin
It was a mandarin
The vet declared it could not be operated
Couldn’t be done
He gazed at the growing ball
A crawling serpent on her skin
He was terrified
He was reassured
He would live longer than her
He would be there on that fateful day

Night was rising as her moaning made the rays of the moon tremble
Amongst the red curtains
He held her sweetly against his breast
He sang
Just like that she was gone
Quietly
She was gone in front of him
Delicately

He smiled as he lay down on the tile floor
He is content
He is warm
He holds her tightly against his breast
No one will snatch her
He closes his eyes
He thanks life
Just like that
It is good





TRADUCTION de R.G.  Brito-Santalo

 
 
  
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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 11:56
Canicule à Montmartre. Juin 2017
Canicule à Montmartre. Juin 2017
Canicule à Montmartre. Juin 2017

Il y a des Parisiens qui, pour trouver un peu de fraîcheur grimpent sur la Butte. Mais sans compter l'effort de se hisser jusqu'au sommet, la désillusion sera au rendez-vous. La Butte n'évite pas la fournaise....

Canicule à Montmartre. Juin 2017
Canicule à Montmartre. Juin 2017
Canicule à Montmartre. Juin 2017

Mon poète préféré, Apollinaire, un habitué de Montmartre et de ses ruelles, écrit à propos du mois de juin :

"Juin ton soleil ardente lyre

Brûle mes doigts endoloris

Triste et mélodieux délire

J'erre à travers mon beau Paris

Sans avoir le cœur d'y mourir "

Canicule à Montmartre. Juin 2017
Canicule à Montmartre. Juin 2017
Canicule à Montmartre. Juin 2017
Canicule à Montmartre. Juin 2017

Belle image du poète qui, en ce jour de fête de la musique, joue avec les rayons du soleil comme avec les cordes d'une lyre. Nouvel Orphée qui joue avec le feu du ciel.

Canicule à Montmartre. Juin 2017
Canicule à Montmartre. Juin 2017
Canicule à Montmartre. Juin 2017
Canicule à Montmartre. Juin 2017

Mais il n'y a plus de soleil, plus de lyre... Il n'y a qu'une incandescence sans rayons, un smog torride sans consistance...

Les pigeons ne marchent plus sur les toits de zinc chauffés à blanc

Les chats ne jouent plus dans l'herbe asséchée du jardin

On s'attend à ce que le Sacré Cœur fonde comme une glace à la vanille

A ce que la Tour Eiffel au loin pique du nez et plonge la tête dans la Seine

Canicule à Montmartre. Juin 2017
Canicule à Montmartre. Juin 2017
Canicule à Montmartre. Juin 2017

Je voudrais couper tous les liens qui ancrent Montmartre à Paris

M'envoler avec la Butte comme Gambetta dans son ballon

Me poser sur la banquise

Et faire du toboggan avec les manchots

Entre la place du Tertre et le boulevard Rochechouart

Rrédéric Andrès

Rrédéric Andrès

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