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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 16:35
Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.
Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     Il y a dans l'île d'Oléron un endroit unique où l'on a l'impression de marcher dans un paysage de début du monde, fait de sable et de ciel, d'eau et de forêt. C'est la plage qui va de Saint-Trojan à la baie de Gatseau.

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     Pas une maison, pas un pylône, pas une trace de présence humaine. La mer parcourue de courants violents n'en fait qu'à sa tête et nul ne s'est avisé de la dompter. Les imprudents qui se sont aventurés à s'y baigner ont parfois été avalés....

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     C'est sur cette plage que l'été, des amoureux de la nature viennent s'installer pour la journée, loin des foules et des cris des baignassoutes (comme on appelle ici les touristes balnéaires)!

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     Pour se protéger du soleil et du vent, ils ont construit des cabanes de bric et de broc, élevées avec le bois flotté et les branches des arbres morts. En effet à cet endroit, la dune a été attaquée et la forêt trop proche de la côte a péri peu à peu.

 

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     Une de ces cabanes plus grande que les autres ne manque pas d'attirer l'attention. Amoncellement de bois, bazar de troncs et de branches, improbable construction foutraque et pourtant solide. On peut parler à son sujet d'art brut....

 

     Le toit de serviettes ou de branches qui la couvre pendant l'été a disparu mais il reviendra, espérons-le, l'année prochaine.

 

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     Les promeneurs qui s'y sont arrêtés y ont laissé une trace de leur passage, faisant de ce refuge un lieu de rencontre et de partage...

 

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     Les cabanes sont souvent, pour nous, liées à l'enfance, à ces jours où l'on aimait se construire une maison à soi, à l'abri des adultes, une maison où l'on se réfugiait quand on avait le cœur gros et où on refaisait le monde afin qu'il nous soit plus doux.

 

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

    Avant de reprendre ma marche je m'y suis arrêté. J'y ai entendu des rires, des chansons, mêlés au rythme des vagues...

     J'ai retrouvé l'enfant qui se cachait dans les dunes de Berck dans une hutte de branches et d'oyats...

 

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     C'est le pouvoir magique de la cabane du rêve... chacun y retrouve, mélancolique, des instants de sa jeunesse... douceur et solitude... soleil et pluie...

 

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     Après les tempêtes de l'hiver, il se peut que la cabane parte à la mer.... 

     Le rêve, lui, reviendra, mouillé d'écume et de sel et il conduira d'autres architectes de l'éphémère à lui construire une nouvelle cabane....

 

 

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

Liens : Oléron.

Les plages

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9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 17:02
Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.
Mlle Mars (Gérard)

Mlle Mars (Gérard)

....On  imagine mal aujourd'hui la popularité des grandes actrices de la première moitié du XIXème siècle.

     Lorsque Mademoiselle Mars est conduite au cimetière du Père Lachaise, une foule immense l'accompagne. Une foule dans laquelle sans doute étaient minoritaires ceux qui avaient eu la chance de la voir sur scène. 

 

Mlle Mars (Lagrenée)

Mlle Mars (Lagrenée)

     C'est que la sympathie et l'admiration qu'elle suscitait étaient liées à l'histoire tourmentée de la France et à la fidélité d'un grand nombre de Français à Napoléon. Il se trouve que Mademoiselle Mars avait été l'actrice préférée de l'empereur et qu'elle lui était restée attachée, allant jusqu'à le rencontrer après son retour...

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

     Elle voit le monde en 1779. Son père est acteur à la Comédie Française et auteur de pièces appréciées de Marie Antoinette. Sa mère est actrice, elle aussi; elle se fait appeler Madame Mars et désespère de perdre l'accent provençal qui nuit à sa carrière.

     Ils ne sont pas mariés et, lorsque son père revient d'un séjour de plusieurs années en Suède (où il aurait fui des poursuites après avoir été surpris en flagrant délit avec un garçon dans les jardins du Palais Royal) il a convolé en justes noces avec une jolie polonaise qui lui a donné trois enfants.

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

     Mademoiselle Mars est alors une fillette plutôt secrète et taciturne. Le nouveau compagnon de sa mère, Valville, se prend d'affection pour elle et comme il est acteur à Versailles, il lui obtient de petits rôles qui lui donnent à la fois de l'assurance et du goût pour les lumières de la scène.

Mlle Mars en Célimène

Mlle Mars en Célimène

     En 1799, elle entre à la Comédie Française où elle restera pendant plus de 40 ans! Elle excelle dans les pièces de Molière et si à ses débuts elle est une délicieuse Agnès, elle devient plus tard une Célimène spirituelle et charmante. Stendhal qui était exigeant et fin connaisseur écrit à deux reprises dans son journal, après avoir assisté à une représentation : "Elle est divine, elle est parfaite". Il ajoute qu'il fermait les yeux quand l'émotion était trop forte "de crainte de tomber amoureux".

 

     Il n'est pas le seul à apprécier sa grâce, son regard intense, sa diction claire et sensuelle. Napoléon assiste avec plaisir à ses spectacles. Il lui confie son admiration. Sans nul doute lui a-t-elle également confié la sienne! Entre eux deux une estime solide s'établit qui jamais ne se délitera.

     Pendant les Cent jours, elle portera sur scène des violettes nouées à ses rubans, signe de connivence des partisans de l'Empereur.

 

    La vie amoureuse de l'actrice n'est pas des plus simples. A 19 ans elle a pour amant Nicolas Bronner, un homme séduisant mais peu intéressé par le théâtre et occupé à des transactions commerciales qui restent mystérieuses pour son amie. Pendant cinq ans, ils vivent ensemble, pas encore rue de la Tour des Dames mais rue Richelieu (alors rue de la Loi). Trois enfants naissent de cet amour: ils seront plus tard reconnus par leur père. Nul doute que ce fut un amour profond et fécond. On ne sait pourquoi Vicor Bronner disparut mystérieusement en 1801. 

Mlle Mars (Isabey)

Mlle Mars (Isabey)

    Son deuxième amant a un nom romantique, René Ange, et il est le fils d'une actrice de la Comédie Française qui l'avait aidée au début de sa carrière. Nous sommes en 1802. Leur histoire durera 4 ans. Ce qui prouve que mademoiselle Mars n'était pas volage et que ses passions éphémères étaient durables!

Charles de Flahaut

Charles de Flahaut

     Le troisième amant, en 1814, est Charles de Flahaut, lui même amant de la reine Hortense, belle fille de Napoléon. Une lettre enflammée de Mademoiselle Mars tomba subrepticement entre les mains d'Hortense qui mit en demeure son Charles de rompre avec la comédienne. Ce qui fut fait. 

 

     Le quatrième amant se fait appeler Colonel de Brack. Il a toutes les qualités. Il est beau, spirituel, le visage harmonieux et.... il est un ancien de la Garde Impériale! Il a remporté de nombreuses victoires amoureuses et, sûr de ses charmes, il a tendance à profiter des largesses de ses conquêtes!

     C'est à cette époque que Mademoiselle Mars achète le magnifique hôtel de la Tour des Dames  au Maréchal Gouvion de Saint-Cyr. Il avait été construit pour l'explorateur Bougainville en 1820 par Louis Visconti, sur le modèle antique, un peu austère qui plaît dans ce quartier qu'on nommera la Nouvelle Athènes.

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

     Le bâtiment harmonieux possède cinq travées sur la rue de la Tour des Dames et son porche d'entrée est entouré de colonnes doriques. Il faut imaginer le grand jardin sur lequel il donnait et qui descendait jusqu'à la rue Saint-Lazare. Il n'en reste que des souvenirs!

 

     L'intérieur était décoré dans le goût du temps avec une certaine sobriété. Le vestibule d'entrée, aujourd'hui classé, est sans doute la plus belle pièce de l'hôtel. 

 

     L'architecte est Louis Visconti, celui-là même à qui l'on doit le tombeau de l'Empereur aux Invalides.

 

     Pendant qu'elle vit dans cet hôtel, proche de celui de Talma, il arrive deux mésaventures à la diva. Celle que l'on surnommait "le diamant" pour son regard et les facettes éclatantes de son jeu, possédait de nombreux bijoux. Elle était coquette et s'habillait avec recherche. Elle donnait souvent le ton et mettait à la mode rubans et couleurs qu'elle arborait

 

     En 1827, première mésaventure. Deux de ses domestiques, François Scipion l'Africain et son épouse lui volent la plus grande partie de son trésor. Et Dieu sait qu'il était somptueux puisque, par crainte d'une occupation par les alliés en 1815, elle fit fabriquer plus de quarante boites de fer pour les cacher!

Gérard par Isabey

Gérard par Isabey

     En 1837, elle est bouleversée par la mort du peintre Gérard, "un de ces êtres qu'on ne remplace pas", son véritable ami, son confident qu'elle rencontrait régulièrement depuis des années et qui avait assisté à toutes ses créations. Leur lien était si profond que la rumeur tenace courut qu'ils étaient amants. 

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

     En 1838, elle est victime d'une deuxième tentative de vol. Le cambrioleur entre par une fenêtre et la menace avec un couteau quand par chance des domestiques alertés par ses cris le font fuir. Ces deux événements marqueront l'actrice et la conduiront à envisager de quitter son hôtel de la tour des Dames. 

     Mais revenons à ses amours. Nous avons laissé le beau colonel de Brack dans les bras de son amante. Nous le retrouvons en 1825, loin de cette rue, courant d'autres aventures, après avoir rompu militairement. Il n'empêche que leur liaison fut plus qu'une passade puisqu'elle dura 9 ans!

 

     Il reste à notre amoureuse éplorée à espérer trouver enfin le dernier homme de sa vie. Et tout arrive!  Mademoiselle Mars a fait mieux que Brigitte Macron puisque c'est avec un homme de 25 ans son cadet qu'elle trouve le réconfort. Il s'appelle Charles de Marnay. Il sera son dernier amant et lui restera attaché jusqu'à sa mort.

 

     Il y a un grand amour dont nous n'avons pas parlé et qui fut sans doute le plus important de sa vie, c'est le théâtre, c'est le public à qui elle aurait pu chanter comme Barbara :  "Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous"!

 

La bataille d'Hernani. Comédie Française. (Besnard)

La bataille d'Hernani. Comédie Française. (Besnard)

    Car elle ne jouait pas que les grands classiques, elle était passionnée par le théâtre de son temps et ses auteurs d'avant-garde. Le plus audacieux de tous s'appelait Victor Hugo. Pas étonnant qu'elle eût voulu participer à la création tapageuse d'Hernani et à la célèbre "bataille". C'est elle qui interpréta Dona Sol, elle qui tint ferme sous les quolibets et les huées, elle enfin qui reçut au dernier acte un triomphe de hourras et de bouquets! 

     Plus tard, elle jouera encore dans "Angelo Tyran de Padoue" du même Victor Hugo. elle aura alors pour rivale Marie Dorval.

 

     En 1841, elle fait sa dernière apparition au théâtre. En dépit son âge, elle continue de tenir des rôles de jeunes femmes. Pourtant, malgré ses talents et l'intensité de son jeu, son étoile pâlit tandis que monte à l'horizon une étoile plus jeune, une étoile noire et lumineuse à la fois : Rachel.

 

     Mademoiselle Mars vend son hôtel de la Tour des Dames. Elle meurt en 1847. On découvre en ouvrant son testament qu'elle a, avec soin, effacé toutes les dettes de ceux qui lui devaient de l'argent et qui étaient nombreux.

Son hôtel est aujourd'hui une auberge de jeunesse... un lieu de vie et d'échanges...

 

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

Liens :

Personnage célébrités de Montmartre

Rues de Montmartre

 

     Certains sites racontent sans aucune base historique que la mort de Mlle Mars aurait été provoquée par la teinture au plomb qu'elle aurait utilisée pour dissimuler ses cheveux blancs. Je n'ai rien trouvé qui puisse justifier une telle hypothèse. 

   Elle garde pour nous la beauté charnelle à la chevelure noire qu'immortalisa Gérard.

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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 09:00
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C'est un des tableaux les plus célèbres de la Renaissance, emblématique de l'Ecole de Fontainebleau. Il est une source inépuisable de rêverie, de fantasmes, de questions...

Et une fois qu'on en a donné une explication rationnelle, il garde toute son étrangeté. 

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A gauche la duchesse de Villars, Julienne d'Estrées, pince le téton de sa soeur Gabrielle. La "belle Gabrielle" est la favorite du roi Henri IV depuis 1591 (le tableau est peint en 1594) et elle attend un premier enfant de lui. On la voit dans sa baignoire de cuivre recouverte d'un drap comme on le faisait alors pour éviter tout contact du corps avec le métal.

La duchesse prend délicatement entre pouce et index le téton gonflé de sa soeur qui attend un enfant. 

Ces doigts qui enserrent avec tendresse le téton donnent à la scène sa force troublante. Ils évoquent ceux de l'amant, de l'amoureux des femmes qui connaît la douceur et la délicatesse de ce bourgeon de chair.

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Gabrielle tient avec la même délicatesse une bague. Main de la femme, main de l'amante qui elle aussi connaît la sensibilité de son amant dont elle effleure et touche la "bague" du sexe.

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      Henri IV en Mars (Jacob Bunel. 1605). Tableau peint pour la Galerie de Diane à Fontainebleau. Allusion à peine voilée dans la main droite du sexe royal!

Cette bague a une histoire et rappelle la quasi royauté de la favorite. C'est un cadeau du roi qui désirait l'épouser et en était empêché par l'impossible répudiation de la reine officielle, Marguerite de Valois  avec laquelle il ne vivait plus depuis des années.    

En février 1599, cinq ans après ce tableau et comme pour en réaliser la prédiction, le roi, lors d'un bal donné au Louvre annonce son intention de passer outre aux obstacles dressés par la reine et par le pape. Il offre à Gabrielle l'anneau du sacre. Une fois de plus l'art devance la réalité! 

Ce que n'annoncent pas les corps gracieux et clairs, les chairs épanouies, la sérénité des visages, c'est que six semaines après le bal du Louvre, la belle Gabrielle, enceinte d'un quatrième enfant est emportée par une apoplexie foudroyante. Son agonie est épouvantable. Son beau visage convulsé noircit, au point que les rares témoins diront qu'elle a été étranglée par le diable.

Le roi ne se remettra pas de cette mort. Alors qu'il lui était interdit comme à tous les rois de France, de porter le deuil, il s'habille de noir. Il dit  "la racine de mon coeur est morte". Il ajoute qu'elle ne "rejettera pas", c'est à dire qu'elle ne donnera aucun rejet, aucun espoir de renaissance. Ce roi galant et amateur de femmes est aussi un grand amoureux, fidèle à celle qu'il aime passionnément depuis des années.

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Le tableau se présente comme une scène théatrale. Les rideaux rouges s'écartent et les deux stars apparaissent dans le plus simple appareil, avec un naturel étonnant. Elles sont nues et elles sont belles. Peu importe l'avis des grincheux! Elles se savent regardées et n'en éprouvent aucune gêne, leur regard est tourné vers le spectateur qui entre dans la pièce intime. Un instant nous sommes nous-mêmes, devant le tableau, le roi qui regarde, ému, la beauté de ces corps.

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Dans la perspective une couturière est penchée sur son ouvrage, sans doute un vêtement destiné à l'enfant qui va naître. Au-dessus de la cheminée, un tableau nous laisse entrevoir les jambes écartées d'un homme dont le sexe est recouvert d'un tissu rouge. Allusion au royal amant censé cacher sa relation!

Ce qui frappe dans cette scène, c'est la sensualité et l'élégance. Un équilibre entre hiératisme quasi religieux et érotisme. Les deux femmes sont droites, leur port de tête élancé évoque les tableaux de la Vierge.

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La nudité et le gonflement des seins n'est pas sans rappeler l'Agnès Sorel de Fouquet.

La rencontre de la théâtralité de la scène, des échos mystiques et de la nudité charnelle est sans doute la source de la  fascination qu'exerce cette oeuvre.

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Le tableau s'inspire d'une oeuvre de Clouet fort connue, représentant Diane de Poitiers. 

On y voit Diane au premier plan, la main droite posée sur une planche recouverte d'une toile chargée de fruits et de bijoux. Cette habitude de tendre une toile sur la table avant d'y disposer les parfums, les brosses et les bijoux, a donné en français le mot "toilette".

En perspective une solide nourrice donne le sein à un poupon, tandis qu'un enfant la main sur le rebord de la baignoire louche vers la coupe de fruits et tend la main vers une grappe de raisin. Toujours dans la perspective, comme sur la toile qui nous intéresse, on voit une servante devant une cheminée.

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Le tableau de Clouet est quasiment copié en 1596, Diane étant remplacée par Gabrielle.  Le garconnet gourmand et chapardeur serait alors César, l'enfant annoncé dans le premier tableau. Le poupon dans les bras de la nourrice serait Catherine Henriette, soeur de César.

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Le thème est souvent traité par les peintres de Fontainebleau. On en voit ici une autre version. On reconnaît le même geste de la main dont les doigts tiennent une bague. En perspective une servante est penchée sur un coffre. La nudité de la femme est pudiquement recouverte d'un voile transparent comme on le devine sur le tableau précédent. 

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Il existe au musée de Lyon un 3ème tableau de Gabrielle au bain. L'attitude des jeunes femmes est différente. Julienne ne touche plus sa soeur. Il n'est pas nécessaire de vérifier si elle attend un enfant puisque le rejeton est né. On le voit dans les bras de la nourrice. Le sein de sa mère s'est donc gonflé de lait pour rien! A moins que le royal amant n'en ait profité. Le collier de perles rares est sans doute un cadeau du roi reconnaissant à sa maîtresse de lui avoir donné un garçon.

Ce tableau qui ne manque ni d'élégance ni d'étrangeté a cependant moins de mystère, moins de magie que le premier, celui qui est exposé aujourd'hui au Louvre, là où le roi Henri un soir de février eut l'audace d'annoncer son mariage avec son amoureuse peu de temps avant que sa beauté ne fût saccagée par la souffrance et anéantie par la mort.

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Le peintre qui a réalisé cette oeuvre ne l'a pas signée. Il est un des anonymes les plus célèbres de la longue histoire de la peinture!

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Comme la Joconde, comme beaucoup d'oeuvres célèbres, le tableau se prête à la parodie et à la caricature. Il est particuliérement parodié dans le monde gay. On peut s'en amuser avant de revenir à l'original et à sa trouble sensualité.

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                                                                     Eleazar

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                                 A la manière de Gabrielle d'Estrées. Qiu Mei Xian

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                                                                      Harald

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                                                                Robert Combas

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                                                                            Luzier

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                                         Nils and Phil. Polaroïd. Bertrand David.

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                                                           Francesco Marero

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                               François et Jean-François par Large


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Liens tableaux célèbres :


Chagall. Abraham et les Anges. L'hospitalité.

Camille Bombois. La femme. (II)

Séraphine de Senlis

Fontevraud. Fresques de Thomas Pot.

Tombeau d'Agnès Sorel. Loches.


Gustave Moreau. Le christ et les deux larrons.

Gustave Moreau. La Vie de l'Humanité.

Gustave Moreau. Jupiter et Sémélé.

Gustave Moreau. Prométhée foudroyé.


Lautrec. CHA-U-KAO la clownesse.

Lautrec. André Gill. Le Lapin agile.

 

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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 08:38
Montmartre. Octobre. Photos.

Montmartre est un des rendez-vous du monde entier...

Tant de rencontres... tant de surprises... 

Et comment choisir parmi tous ces instants, parmi tous ces passants?

.... Alors c'est un peu au hasard que j'ai choisi ces photos, comme on rapporte à la maison des feuilles d'automne, ramassées parmi d'autres feuilles.... 

 

 

Montmartre. Octobre. Photos.

1er octobre. La rue André del Sarte devient Andrea del Sarto et rend hommage au peintre florentin.

Montmartre. Octobre. Photos.

2 octobre. La musique c'est la couleur!

Montmartre. Octobre. Photos.

3 octobre. Devant le Sacré-Coeur. Le cheval adoucit les mœurs.

Montmartre. Octobre. Photos.

4 octobre. Le croqueur de touristes affiche son autoportrait! Rue du Chevalier de la Barre.

Montmartre. Octobre. Photos.

4 octobre. La chanteuse et son reflet, rue du Calvaire.

Montmartre. Octobre. Photos.

5 octobre. Joconde japonaise sur les marches du Sacré-Coeur.

Montmartre. Octobre. Photos.

6 octobre. Artiste de rue et son mannequin. Rue Ronsard.

Montmartre. Octobre. Photos.

7 octobre. Théâtre des Abbesses. Impératif de Pina Bausch.

Montmartre. Octobre. Photos.

8 octobre. Deux amies. Escalier du Sacré-Coeur.

Montmartre. Octobre. Photos.

9 octobre. Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre. Square Louise Michel.

Montmartre. Octobre. Photos.

9 octobre. Le reflet du Triton. Square Louise Michel.

Montmartre. Octobre. Photos.

10 octobre. Square Frédéric Dard. Apparition en bleu.

Montmartre. Octobre. Photos.

11 octobre. Lectrice. Place Goudeau, devant le Bateau Lavoir.

Montmartre. Octobre. Photos.

12 octobre. Fontaine Wallace place Emile Goudeau.

Montmartre. Octobre. Photos.

13 octobre. Mini Poulbot dans les escaliers rue Berthe.

Montmartre. Octobre. Photos.

13 octobre. Le funambule de la place du Calvaire.

Montmartre. Octobre. Photos.
Montmartre. Octobre. Photos.

14 octobre. Fête des Vendanges rue Caulaincourt. Danse du Portugal et de Bolivie...

Montmartre. Octobre. Photos.

14 octobre. Rue Caulaincourt. Défilé des Vendanges. Spectateur en tenue camouflage!

Montmartre. Octobre. Photos.

15 octobre. Hindouistes square Louise Michel.

Montmartre. Octobre. Photos.

16 octobre. Les sœurs Selfie! Square Louise Michel.

Montmartre. Octobre. Photos.

17 octobre. Un stupa à Montmartre!

Montmartre. Octobre. Photos.

18 octobre. Au bord du ciel. Parvis du Sacré-Coeur.

Montmartre. Octobre. Photos.

19 octobre. Le saxo de JC Yebga... Square Louise Michel

Montmartre. Octobre. Photos.
Montmartre. Octobre. Photos.
Montmartre. Octobre. Photos.

20 octobre. Vacances de Toussaint. La fête. Rue Utrillo.

Montmartre. Octobre. Photos.

21 octobre. Les cheveux du soleil. Square du Sacré-coeur;

Montmartre. Octobre. Photos.

22 octobre. Selfie sur les chevaux du carrousel. Square Louise Michel.

Montmartre. Octobre. Photos.

23 octobre. Achar le chat-vedette du square vient saluer son camarade vendeur de sacs Vuitton!

Montmartre. Octobre. Photos.

24 octobre. L'Homme qui rêve. Rue Ravignan.

Montmartre. Octobre. Photos.

25 octobre. Elégance et couleurs de l'Inde sur la Butte

Montmartre. Octobre. Photos.

26 octobre. Sous le regard du squelette cosmonaute. Rue du Calvaire.

Montmartre. Octobre. Photos.

27 octobre. Chaque homme est un mystère. Boulevard Rochechouart. Métro Anvers

Montmartre. Octobre. Photos.

28 octobre. Rue Azaïs. L'homme qui marche dans le ciel.

Montmartre. Octobre. Photos.

29 octobre. Paris mes amours. Square Louise Michel

Montmartre. Octobre. Photos.

30 octobre. Rencontre black and white. Place Suzanne Valadon

Montmartre. Octobre. Photos.

31 octobre. Boulevard de Clichy. "Cachez cette cigarette que je ne saurais voir".

Montmartre. Octobre. Photos.
Montmartre. Octobre. Photos.

Et maintenant... en noir et blanc, le corbeau du cimetière du Calvaire annonce Novembre et ses brumes...

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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 11:11
Cimetière du Calvaire. Saint-Pierre de Montmartre.  Ajout de photos 2017.
Cimetière du Calvaire. Saint-Pierre de Montmartre.  Ajout de photos 2017.

Ouverture des portes sous haute surveillance le 1er novembre 2017!

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    La porte de la Résurrection de Gismondi, ne s'ouvre qu'une fois par an, le 1er novembre.
    Elle donne accès au petit cimetière, dit du Calvaire, un des plus secrets de Paris.


 

     Par un matin brumeux, un matin de fantômes et de souvenirs, j'ai donc gravi les trois cents marches qui me séparent de l'enclos funéraire.


 

    Je suis entré, presque seul, dans le cimetière.
    Ce qui surprend tout d'abord, c'est l'abandon...
    Des pierres tombales cassées, des morceaux de colonnes, de la mousse sur les inscriptions.      
    Tout semble en place pour un film d'épouvante, avec vampires et revenants. 




     Le cimetière date de 1688 et a été créé à l'emplacement d'une nécropole mérovingienne plus étendue.

     Au XVIIème siècle, Marie-Anne d'Harcourt, abbesse bénédictine de Montmartre cède une partie du verger de l'abbaye à la paroisse. L'enclos de 600m2 recevra des sépultures jusqu'à la Révolution.
     D'Artagnan n'en a jamais été l'hôte malgré la rumeur persistante, par contre Pigalle y fut réellement inhumé. Il ne reste rien de sa tombe, pillée à la Révolution, mais n'hésitez pas à entrer dans l'église pour contempler une de ses oeuvres : un Christ athlétique, prêt à s'envoler de l'étroite chapelle du baptistère où il a été exilé depuis peu par un curé qui ne le trouvait pas à son goût!


 

     Le cimetière a été réouvert en 1801 et a reçu jusqu'en 1835 les sépultures de familles aristocratiques qui avaient choisi d'habiter, sous la Restauration, le quartier à la mode, la Nouvelle Athènes, qui s'étend au pied de la Butte, dans le IXème arrondissement actuel.



     Edouard de Fitz James (1776-1838) jouit d'une tombe bien entretenue.
    C'est un personnage sans grande envergure, ultra royaliste, pair de France (...etc).
    En 1815, lors des procès conduits par les monarchistes contre ceux qui s'étaient ralliés à l'empereur, il réclame la mort du maréchal Ney, comme il le fait contre son propre beau frère, le général Bertrand, fidèle parmi les fidèles à Napoléon. Les journaux de l'époque fustigent sa conduite :

"Fitz-James de Judas renouvelant le crime
Vient de vendre son frère et de trahir sa foi...."




     Une simple colonne est le vestige de la tombe de louis Antoine Bougainville (1729-1811). Elle se dresse devant la stèle de son épouse, Marie Joséphine Flore qui passait pour une des plus jolies femmes de son temps.


   L'homme est bien connu pour ses expéditions, notamment en Océanie, la découverte d'îles nouvelles, sa participation à la guerre d'indépendance des Etats-Unis.
  Le botaniste Philibert Commerson embarqué avec lui, baptisera une fleur, inconnue jusque là en Europe, la bougainvillée.
 Le corps de Bougainville repose au Panthéon, et seul son coeur est resté à Montmartre...



  
    Bien des représentants des Montesquiou (famille d'ancienne noblesse dont l'origine remonte aux mérovingiens) sont regroupés ici, à l'ombre du clocher de Saint-Pierre. Le célèbre homme de lettres, Robert de Montesquiou qui inspira Huysmans (Des Esseintes de "A rebours") et Proust (le baron Charlus) n'est pas admis ici parmi ces gens bien! Il est enterré à Versailles dans une tombe anonyme surmontée de la statue de l'ange du silence.


  Notons que la légende de d'Artagnan inhumé dans ce cimetière, vient de ce que la famille des Montesquiou s'est divisée en deux branches dont l'une a fait la souche des seigneurs d'Artagnan. 




     La tombe du général Mathieu Dumas est en assez bon état. Elle a été restaurée par une association attachée à sauvegarder les monuments napoléoniens.

 


    Ce général a une longue carrière. Il a traversé bien des régimes, tout en restant fidèle à Napoléon. 
    Il a été aide de camp de Lafayette. C'est lui qui fut chargé de ramener à Paris, Louis XVI arrêté à Varennes. 
   Malgré ses diverses occupations, il trouva le temps d'écrire en 18 tomes (!) un Précis des Evènements militaires de 1799 à 1812.




   La curiosité du cimetière est assurément ce moulin, perché sur la tombe des Debray.



    Ces meuniers font partie de la grande histoire, en partie légendaire, de Montmartre.


    En 1814, les Russes veulent prendre position sur la Butte. Ils doivent affronter les habitants valeureux et notamment les 4 frères Debray qui défendent leur moulin. Trois frères sont tués. Le dernier qui a été artilleur dans les troupes napoléoniennes, parvient à récupérer des canons et à décimer une partie de la colonne russe.  Il est fait prisonnier, découpé en morceaux qui sont attachés aux ailes de son moulin!
   Son fils aîné est transpercé par une lance et laissé agonisant au pied du moulin. Il survivra cependant et restera invalide. Une cruelle invalidité puisque cet amateur de bon vin ne pourra plus jamais boire que du lait!


  C'est lui qui transformera plus tard son moulin en guinguette.
  C'est ainsi que le Blute-fin changera de nom pour devenir le moulin de la Galette.

   Notons que plusieurs centaines de soldats anonymes, tués lors des combats de 1814, furent jetés dans une fosse commune, creusée hâtivement dans ce cimetière.



     Une modeste stèle porte le nom de Louis Philippe de Rigaud, marquis de Vaudreuil (1723-1802), officier de marine dont les parents sont nés au Québec. Il participe à la guerre d'indépendance des Etats-Unis et remporte plusieurs succès. C'est lui qui revient en France en 1783, avec la flotte victorieuse.


 



    Et voici une gloire locale bien de chez nous : Félix Desportes,

premier maire de Montmartre, surnommé bien avant Kouchner et autres Besson, le caméléon politique!
Il se rallia au Directoire, au Ier Consul, à l'Empire, aux Bourbons et de nouveau à Napoléon.... (ouf!)



   Sophie Swetchine, née Sophia Petrovna Soïmonov, est la fille du conseiller le plus proche de l'impératrice Catherine II. Elle vient vivre à Paris après s'être convertie au catholicisme (à la lecture paraît-il des oeuvres de Joseph de Maistre). Elle tient un salon où se rencontrent et discutent Victor Cousin, Dupanloup, Lacordaire, Tocqueville...


   Elle poursuit avec ces deux derniers une correspondance suivie qui a été éditée et a provoqué une réaction très négative du héros de Huysmans, des Esseintes (rencontré plus haut à propos de Montesquiou) :

"Ses oeuvres avaient dégagé pour lui un inaltérable et accablant ennui ; elles étaient plus que mauvaises, elles étaient quelconques..."

 


    Parmi les gloires oubliées ou contestées du cimetière, on peut citer Monseigneur Bernier (1762-1806) évêque d'Orléans. Il est considéré comme un des chefs vendéens qui n'eut de cesse de combattre la République. Aujourd'hui, il est l'hôte d'une République bonne fille, celle de Montmartre et des poulbots!



   Antoine Portal (1742-1832), médecin anatomiste et biologiste qui est nommé premier médecin du roi Louis-Philippe puis de Charles X. Il contribue à la création de l'Académie de médecine qui regroupe les meilleurs médecins et chirurgiens français. Comme Desportes, il passe aisément d'un régime politique à un autre et se montre assez courtisan pour obtenir de chacun d'eux, titres, médailles et récompenses! Exercice qui le maintient en forme jusqu'à 90 ans!



   Jean Sébastien Calanis n'a pas eu le loisir d'atteindre un tel âge. Ce capitaine au long cours disparut en mer pendant la guerre, en novembre 1940. À sa mémoire quelques vers de Valéry :

Que la nuit s'éclaircisse ou que le jour succombe
Le tourment de la mer berce la mort sans tombe
                Et chante amèrement
D'une voix éternelle errante entre deux mondes
Un sacrifice sombre accompli sous les ondes



Quelques souvenirs encore...






Le calvaire qui a donné son nom au cimetière... 

 




     Et puis... J'ai compris que,poussant la porte de la Résurrection et filant entre les doigts de bronze, une petite fille avait brisé sa tombe et était passée à travers le miroir de la mort :

Liens

Cimetière Montmartre. Classement alphabétique. Calvaire et Saint-Vincent.

  le cimetière saint Vincent fin d'annee

 

 




 



 




 







 




Lien :

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 08:44
Place Saint-Georges. Le monument à Gavarni. Denis Puech.
Place Saint-Georges. Le monument à Gavarni. Denis Puech.

Il est le principal ornement de cette place où opère le charme indéfinissable de Paris. Il est l'épicentre des immeubles qui l'entourent.... L'hôtel de Thiers, le théâtre où fut tourné "le dernier métro", l'hôtel où vécut en ses débuts parisiens la Païva.....

 

L'hôtel de Thiers.

L'hôtel de Thiers.

Ni Thiers (vilain bonhomme) ni la Païva ne le connurent puisqu'il ne fut édifié qu'en 1911 à la place d'une fontaine qui servait d'abreuvoir aux chevaux.

 

L'ancienne fontaine semblable à plusieurs autres installées pendant la Restauration datait de 1821. C'est lorsque fut construite la ligne de métro Nord-Sud et la station Saint-Georges qu'elle fut démontée.

 

Une pétition accompagnée d'une souscription demanda qu'on érigeât à sa place un monument à la gloire de Gavarni qui avait habité le quartier et illustré la vie parisienne d'alors.

Place Saint-Georges. Le monument à Gavarni. Denis Puech.

Autoportrait. Gavarni.

Nous avons rencontré Gavarni dans ce blog! Il est plus que beaucoup d'artistes qui se réclament de Montmartre, un véritable amoureux de nos quartiers (et de ses belles passantes)!

Place Saint-Georges. Le monument à Gavarni. Denis Puech.

La rue des Rosiers (Chevalier de la Barre) où habita Gavarni, aujourd'hui chevet du Sacré-coeur.

Rappelons qu'il est venu à 25 ans habiter au sommet de la Butte, rue des Rosiers, future rue du Chevalier de la Barre avant de choisir la rue Ravignan

Il aime alors croquer le petit peuple parisien avec une prédilection marquée pour les jolies grisettes du genre Mimi Pinson.

 

1 rue Fontaine.

1 rue Fontaine.

Il descend ensuite de la Butte pour s'installer 1 rue fontaine, non loin du monument qui lui rend hommage, puis rue Saint-Georges.

Malgré l'élégance de ses dessins de mode, il est un critique acerbe de la comédie humaine et s'il fréquente les salons, c'est pour mieux en dénoncer les hypocrisies. Il n'est pas surprenant qu'il soit ami des Goncourt qui lui consacreront une biographie.

 

Place Saint-Georges. Le monument à Gavarni. Denis Puech.

Comme eux, il est un observateur de la société et consacre des recueils à ses acteurs.  Les lorettes ont sa préférence et c'est avec une certaine tendresse qu'il les dessine.

Place Saint-Georges. Le monument à Gavarni. Denis Puech.

Son monument rappelle aussi qu'il fut le "reporter" du Carnaval de Paris, une coutume ancienne et vivace qui ne disparut qu'en 1950.

Pierrot

Pierrot

Le décor sculpté représente des personnages de la fête : Pierrot, un débardeur, la mort avec sa faucille....

Le Débardeur

Le Débardeur

Quelques mots sur le Débardeur....

Il s'agit d'une femme qui pour l'occasion avait le droit de porter un pantalon masculin, ou débardeur (rien à voir avec le marcel actuel!). Il y avait une forte charge érotique dans ce travestissement exceptionnel.

 

Place Saint-Georges. Le monument à Gavarni. Denis Puech.

On rencontre encore, détérioré par les vents d'ouest, une figure massive, un personnage en haillons, le regard insistant, semblant apostropher le passant. Il est la face noire du carnaval, le vieillard habillé de haillons, à la fois bonhomme et menaçant. Il tient dans la main droite un bâton et au bout du bras gauche une faucille. Il évoque "la grande faucheuse" la mort grimaçante, toujours présente dans les carnavals.

 

On peut discerner encore la jeune modiste qui passe avec sa boîte dans un arrière plan qui disparaît peu à peu, grain à grain, avec l'usure de la pierre. Derrière elle se profile l'artiste, un peintre assurément, qui ressemble à Gavarni...

 

Au sommet de la colonne Gavarni lui-même est représenté, occupé à dessiner et à saisir au vol ses contemporains.

 

Place Saint-Georges. Le monument à Gavarni. Denis Puech.
Place Saint-Georges. Le monument à Gavarni. Denis Puech.

Quatre mascarons de bronze laissent couler de leur bouche entrouverte un mince filet d'eau, les jours trop rares où la fontaine joue son rôle de fontaine.

La lorette y est à l'honneur, tournée vers la rue Notre-Dame de Lorette!

Place Saint-Georges. Le monument à Gavarni. Denis Puech.

L'artiste bohême avec son chapeau de feutre...

Place Saint-Georges. Le monument à Gavarni. Denis Puech.

Le mendiant quémandeur et menaçant

Place Saint-Georges. Le monument à Gavarni. Denis Puech.
Place Saint-Georges. Le monument à Gavarni. Denis Puech.

La mégère, hommasse et ronchonneuse... à la fois entremetteuse et espionne!

Monument à Leconte de Lisle. Jardin du Luxembourg. (Denys Puech)

Monument à Leconte de Lisle. Jardin du Luxembourg. (Denys Puech)

Les sculptures sont l'œuvre de Denys Puech (1854-1942) qui venu de son Aveyron natal où il gardait les moutons, se forma à son art avec tant de talent qu'il obtint prix et commandes officielles. Parmi ses nombreuses réalisations, retenons son monument à Leconte de Lisle dans le jardin du Luxembourg...

 

Oublions qu'en 1925 il sculpta sans que son ciseau ne fondît de réprobation Benito Mussolini!

Le buste inexpressif et verdâtre lui valut l'inimitié de ses contemporains!

 

Combien est plus poétique et sympathique le buste de Gavarni, cheveux au vent, belle gueule d'artiste libre, regard à la pointe sèche sur la société de son temps, ses injustices et ses hypocrisies.... 

 

 

Laissons-lui le dernier mot :

"Pourquoi mépriser les prostituées? Ce sont des femmes qui gagnent à être connues."

 

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 07:12
La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

Les amoureux de Paris connaissent le somptueux hôtel de la Païva sur les Champs- Elysées. On sait que les Goncourt à la langue vipérine, devant l'abondance d'œuvres d'art et la qualité des décors, le qualifièrent de "Louvre du cul"...

 

Hôtel de la Païva (Atget).

Hôtel de la Païva (Atget).

J'ai tendance à préférer la courtisane, aussi arriviste qu'elle eût été, à ces deux commères! 

Mais comme nous nous arrêtons aux frontières de Montmartre, nous ne suivrons cette grande dame que pendant les premières années de son séjour parisien, dans notre quartier.

 

La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

Celle que l'on connaît sous un nom chatoyant et exotique est née Esther Lachmann (1819) dans une famille modeste de Juifs polonais en Russie. Ses parents, à une époque où on demandait peu leur avis aux jeunes filles, la marient  (elle a 16 ans) à un tailleur français établi à Moscou. Elle mettra au monde un fils, Antoine, qu'elle ne verra quasiment jamais.

Esther a des rêves plein la tête et elle supporte mal son rôle d'épouse soumise. Elle rencontre un bel aventurier qui la convainc sans mal de laisser tomber mari, fils, parents, Russie, pour courir le monde plein de surprises et de promesses.

Les Tuileries sous Louis-Philippe.

Les Tuileries sous Louis-Philippe.

 En ces temps romantiques, tous les chemins mènent à Paris. C'est là que nous retrouvons Esther, lestée de son aventurier et livrée à elle même.

Ici commence son passage de météore dans nos parages.

Rue des Martyrs et le clocher de Notre-Dame de Lorette

Rue des Martyrs et le clocher de Notre-Dame de Lorette

Notre-Dame de Lorette

Notre-Dame de Lorette

Que peut faire une jolie femme sans métier et sans ressources dans un Paris tumultueux et en pleine mutation?

Elle se réfugie dans le quartier à la mode, celui des lorettes, prostituées au cœur généreux puisqu'elles ont par leurs dons contribué à l'édification de l'église Notre-Dame de Lorette dont les caissons dorés, les colonnes de marbre et les fresques témoignent des largesses!

 

Esther a du talent et elle est remarquée. Sur les conseils d'une amie de fortune, elle change de nom et troque Esther contre Thérèse (aujourd'hui c'est le contraire que l'on ferait bien qu'en verlan le premier prénom puisse se métamorphoser en mon deuxième!)

Bref, la jolie femme rencontre en 1840 un pianiste qui tombe amoureux fou de sa beauté sensuelle et de ses mœurs libres et inventives.

Henri Herz.

Henri Herz.

Il s'appelle Henri Herz. Il est le plus fêté des pianistes de la Restauration et il faudra attendre deux géants, Liszt et Chopin pour le détrôner. Il créa une manufacture de pianos pour se consoler...

Il est donc le premier amant connu de Thérèse Lachmann. Sa fortune fait partie de ses charmes comme ses relations et les nombreux salons qu'il fréquente. Notre courtisane voit son carnet d'adresses s'enrichir de noms prestigieux. Elle rencontre grâce à lui Liszt, Wagner venu quelques mois à Paris et locataire rue d'Aumale dans la Nouvelle Athènes pour la présentation de son Tannhäuser, Théophile Gautier qui restera son ami...

 

Henri Herz dans un salon en 1830.

Henri Herz dans un salon en 1830.

Elle épouse son artiste à Londres, en cachant soigneusement qu'elle est déjà mariée. Après tout, elle inaugure la bigamie féminine, n'en déplaise aux polygames mâles!

Une fillette voit le jour en 1847. Elle sera nommée Henriette (remarquons au passage que son premier mari s'appelait Antoine, prénom donné à leur fils, et que le 2ème mari s'appelant Henri, leur fille fut baptisée Henriette! Notre Esther-Thérèse voulait sans doute donner à ses maris le signe que ces enfants étaient bien à eux et très peu à elle!)

Il faut mentionner ici qu'elle eut des trésors auxquels elle donna le nom d'enfants! En effet, ce sont deux diamants considérables, parmi les plus fabuleux, qu'elle appela ainsi! 

Ils ont été vendus par Sotheby's en 2007 pour plusieurs millions de francs suisses.

 

En 1848, Herz part pour une tournée aux Etats-Unis. Thérèse dilapide une partie de sa fortune si bien que la famille, scandalisée, la chasse de la demeure familiale et récupère la fillette dont elle ne se préoccupera jamais et qui mourra à l'âge de 13 ans sans avoir connu sa mère.

Thérèse se rend à Londres où elle espère refaire sa vie. Elle trouve naturellement un riche protecteur en la personne d'Edward Stanley, politicien généreux qui la couvre de présents et lui donne en paiement de ses services, paraît-il exceptionnels, de quoi vivre largement. Mais cet homme l'ennuie, comme la langue anglaise et le brouillard sur la Tamise.

 

 

Thérèse revient à Paris où l'attend une surprise dont elle se serait bien passée. Antoine Villoing, le premier mari et le seul  légitime, débarque et la supplie à genoux de revenir au bord de la Moskova où l'attendent son fils et ses parents. La seule idée de retourner dans un passé qu'elle exècre lui fait horreur. Elle repousse le tailleur amoureux qui, désespéré se suicide.

Après quelques larmes de crocodile, Thérèse rencontre un nouvel amant prestigieux, le duc Antoine de Gramont alors marié à une belle Ecossaise et pas encore le grand personnage politique du 2nd Empire en gestation.

 

L'homme qui lui offre de nombreux présents et paie largement sa compagnie n'est pas de ceux qui s'encombrent longtemps d'une relation de plaisir. Thérèse est de nouveau seule. Situation inconfortable et indigne d'une courtisane dont la réputation est maintenant établie.

Voilà que passe sur le trottoir l'homme providentiel qui allait transformer sa vie, à commencer par son nom.

Il s'agit d'Albino Francisco marquis de Paiva Araujo. Il a 27 ans, il est élégant, il est riche, bref il est paré de toutes les qualités!

 

Thérèse le séduit si habilement qu'après quelques mois il lui propose le mariage, célébré en juin 1851.

Le nouvel époux fait cadeau à sa belle d'un hôtel particulier, élevé place Saint Georges en 1840.

 

C'est un bâtiment remarquable, un des plus beaux du quartier qui pourtant n'en manque pas. Son architecte est Edouard Renaud qui se plie au goût très "Monarchie de Juillet" pour le style néo Renaissance mâtiné de gothique.                                                                                                                                                                                                                                                               

 

La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.
La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

L'Abondance et la Sagesse par Gabriel Garraud.

Les décors théâtraux sont dus aux frères Lechêne et les sculptures sont d'Antoine Desboeufs et Gabriel Garraud.

Antoine Desboeufs est surtout connu comme médailleur, d'où la précision et la finesse de ses réalisations. On peut voir plusieurs de ses œuvres à Paris comme la paix au bas d'une des colonnes de la place de la Nation ...

 

La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

L'Architecture par Antoine Desboeufs

La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

La Sculpture par Antoine Desboeufs

Gabriel Garraud, plus rare, est un des nombreux sculpteurs ayant participé à la galerie des hommes illustres du Louvre. Son Descartes n'est pas bouleversant d'expressivité!

 

On admire aujourd'hui la fantaisie de cette façade qui associe gothique et renaissance... et on imagine la satisfaction de celle qui se nomme désormais la Païva, lorsqu'elle franchissait les grilles de son hôtel, "soulevant, balançant le feston et l'ourlet"! 

 

Thérèse ne supporte pas longtemps son nouveau statut. Elle donne congé au marquis qui repart au Portugal...

Quelques mois plus tard, elle rencontre un cousin richissime du chancelier allemand Bismarck, le comte Guido Henckel von Donnersmarck.

 

Ici s'arrête le séjour de la courtisane dans nos quartiers! 

Le comte lui fait construire le fabuleux hôtel des Champs-Elysées, avec, pièce centrale et grandiose, un escalier d'onyx. Ce qui fera dire à Emile Augier : "Ainsi que la vertu, le vice a ses degrés".

 

 Abrégeons l'histoire de notre courtisane qui fait annuler son mariage avec le marquis en 1871. L'homme qui revient des Amériques à peu près ruiné se suicide. Elle épouse alors le comte allemand.

Après la guerre de 1870, elle sera soupçonnée d'espionnage et contrainte de quitter la France en 1877. Elle ira vivre en Silésie, dans le château de son mari (surnommé "le Petit Versailles") qu'elle a fait rebâtir selon ses goûts par l'architecte parisien Lefuel. Elle y mourra quelques années plus tard, à l'âge de 65 ans.

 

Reste le mystère de la séduction qu'exerça cette femme qui ne se trouvait pas belle et refusait qu'on la photographie....

Reste son passage rue des martyrs, place Saint-Georges.... où son parfum flotte parfois dans l'air avec celui des lorettes...

Seuls peuvent les percevoir aujourd'hui les amoureux de Montmartre...

 

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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 08:21
Mon dernier roman : Les Lettres de craie.

Après tout, un peu de pub pour soi-même ne saurait nuire! 

C'est donc avec émotion que je vous informe de la naissance de mon dernier rejeton : Les Lettres de craie.

Mon dernier roman : Les Lettres de craie.

Mes fidèles lecteurs seront sans doute surpris d'y retrouver les personnages d'un roman publié il y a quelques années "Une Saison de Neige". Mais tout y est différent : point de vue, intrigue, dénouement.

 

Mon dernier roman : Les Lettres de craie.

Une histoire d'amour, c'est banal me direz-vous! Certes mais aimer une mendiante bulgare et accepter qu'elle vienne vivre chez vous avec son compagnon de manche, l'est déjà un peu moins.

Mon dernier roman : Les Lettres de craie.

Surtout, ne pas savoir qui elle est, n'obtenir de son enfance que des versions suspectes, toujours tragiques... Ne pas savoir si elle ment, quand elle ment, pourquoi elle ment, mais l'aimer malgré tout, comme si ce sentiment étrange nous dépossédait de nous-mêmes et de notre sens critique.

Il est vrai que la vérité physique est sans appel. Deux corps s'accordent et dansent, se donnent et se prennent... ça marche ou ça ne marche pas mais quand il y a harmonie, alors les mensonges ne sont plus qu'un décor sans importance.

Mon dernier roman : Les Lettres de craie.

Pourtant, la vérité, enfin ce qu'on peut appeler ainsi, finit par poindre son nez... Un secret terrible, une tragédie de l'adolescence, sans appel... que l'amoureux ne découvrira que trop tard.

Mon dernier roman : Les Lettres de craie.

Il écrit, il écrit... il lui écrit... il lui rappelle leurs moments d'éblouissement et de doute... Il se dépêche de raconter leur histoire, afin qu'elle subsiste quelque temps, afin qu'elle garde trace de leur passion, comme les cailloux ramassés sur la plage de l'île où ils s'étaient réfugiés, gardent encore la trace de leurs deux noms, en lettres de craie....

Mon dernier roman : Les Lettres de craie.

Les Lettres de craie sont disponibles sur Edilivre, Amazon, Fnac... et aussi en me contactant sur mon blog.

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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 16:03
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

Le défilé des Vendanges  a égayé notre Butte qui rayonnait sous un ciel estival.

 

Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

Evidemment il s'est déroulé sous haute sécurité : voies d'accès bloquées, policiers en nombre parmi lesquels des "caméléons", des flics déguisés en badauds avec casquette et sac à dos, prêts à intervenir à la moindre alerte

 

Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

Mais tout s'est bien passé, depuis le clos Montmartre jusqu'à la mairie, dans une ambiance de fête et de partage.

 

Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

Ces quelques photos garderont quelque temps le souvenir de cette belle journée, de la diversité et de la convivialité des habitants de Montmartre.

 

Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

Les associations culturelles (Croatie, Sri Lanka, japon, Ukraine, Portugal...) étaient cette année plus nombreuses que les joyeux pinardiers. 

 

Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

Nous avons vidé quelques gobelets de Brouilly, de Muscadet... nous avons applaudi les danseurs, les gymnastes et les musiciens....

 

Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

Ce soir, il n'y aura pas de feu d'artifice, annulé depuis l'an passé pour les raisons que l'on sait.

Ce n'est pas grave, nous ferons la fête et danserons au bal "Dalida". 

Les oiseaux et les chats du Square Louise Michel ne seront pas effrayés par les mises à feu des fusées...

 

Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.

A l'année prochaine!

 

Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
Fête des Vendanges. Le défilé. 14 octobre.
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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 09:34
Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

De retour de mes trois mois d'exil dans mon île atlantique, j'ai retrouvé Montmartre qui m'a fait grise mine, comme un chat qui après l'absence de son maître, joue les indifférents.

Si le soleil s'était caché, des artistes des rues moins susceptibles avaient rendu à ma rue son véritable nom et décoré un vieux café désaffecté avec un ange et une vierge droit venus d'une toile du peintre florentin.

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.
Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

La plaque a été modifiée : le 18 ème s'est transformé en 16 s, non pas l'arrondissement mais le siècle de la Renaissance pendant lequel le peintre vécut les 31 dernières années de sa vie.

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

Le nom de la toile représentée est écrit en lettres arabesques ainsi que la date de son exécution : 1528.

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

Cette Annonciation aux couleurs vives et à la théâtralité assumée, j'ai eu la chance de la voir au Palais Pitti à Florence.

Si Andréa del Sarto avait été un homme honnête, elle serait peut-être aujourd'hui au musée du Louvre!

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.
Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

On connaît en effet l'histoire! Le peintre avait été invité à vivre en France, au service de François Ier comme un certain Léonard de Vinci. Pour retrouver sa femme restée à Florence, il obtint de son illustre employeur la permission de retourner quelque temps dans sa ville, avec une somme considérable destinée à acheter sur place des toiles des plus grands peintres dont le roi voulait décorer ses châteaux.

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

Le peintre ne revint jamais en France et avec l'argent qui lui avait été confié se fit construire l'opulente demeure que l'on peut voir aujourd'hui à Florence via dei Caponi!

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

Grâce aux artistes de rues, Andrea del Sarto revient à Paris! 

C'est une belle idée....

 

photo site Toqué

photo site Toqué

Par chance elle est signée!

Leur auteur est double, ce sont deux frères dont le nom est une déclaration de poésie : Toqué frères!

On le sait il faut être un peu (beaucoup?) fous pour se lancer dans de telles aventures, généreuses et lumineuses!

Rue Rochechouart. Mai 2017.

Rue Rochechouart. Mai 2017.

Félix et Marin ont souvent peint sur les murs des villes grises de grands tableaux de mer et de navires.

Parfois ils dessinent en faisant danser les lettres des messages joyeux, des invitations à la vie...

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

En face de l'Annonciation, ils ont tracé quelques lettres sur une boutique abandonnée : Génial avec un cœur.... Ironie du message qui parle à la fois de la toile d'Andrea del Sarto, de sa reproduction en art de rues, du regard du passant qui participe à la rencontre!

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

Je suis rentré trop tard pour voir leur réalisation dans tout son éclat. Déjà elle a été vandalisée par des tagueurs sans talent. Certains détails se sont estompés comme la fleur de lys et le vase, symboles de la virginité et de la maternité. Mais les couleurs vives, le "mouvement immobile" sont restés. L'ange est bien présent, intense, vivant pour chaque passant qui le regarde.

 

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.

 

Comme tout art éphémère, la fresque est condamnée à disparaître...

Je le regrette car elle n'est pas seulement une réponse à la question que se posent parfois les habitants du quartier sur le nom de leur rue, elle est aussi une invitation au voyage et à la rencontre.

Bon j'arrête! 

Car moi qui suis un admirateur d'Andrea del Sarto, moi qui habite cette rue, me voilà maintenant toqué des frères Toqué!

 

 

Les frères Toqué. Rue André Del Sarte. Annonciation.
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