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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 10:24
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".

.

Il y a un an, en juillet, tu es revenue dans l'île que tu aimais

.

Après des mois de solitude et de nuit

Tu as dit : "Je suis ressuscitée"

.

Tu as retrouvé le goût de vivre et d'écrire des poèmes.

Tu as retrouvé tes amis

Tu as retrouvé la forêt

La rumeur de la mer

La lumière du premier matin

Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".

.

Ton petit chien revivait avec toi

.

Les animaux ne sont pas compliqués

Ils partagent notre joie et notre peine

Ils respirent l'air que nous respirons

Ils ont peur de notre peur

Ils ont vie de notre vie

Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".

.

Le 31 octobre, je t'ai vue pour la dernière fois

.

Tu as dit :

Je n'arrive pas à réaliser que je suis vieille

Dans ma tête dans mon coeur

Je suis jeune

J'ai envie de rire

J'ai envie d'aimer

Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".

.

Une semaine plus tard tu es morte à l'hôpital de Rochefort

Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".

.

Aujourd'hui je suis passé devant ta maison où vivent des étrangers

Il n'y a qu'un chemin à traverser entre ton jardin et le cimetière

.

Tu entends le vent dans les arbres que tu as plantés

Tu veilles à ce que personne ne dérange les animaux

Que tu as enterrés sous le mimosa

Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".

Il n'y a pas de pierre sur ta tombe

Il n'y a que le sable et les plantes sauvages

.

Toi qui croyais au mystère

Tu es libre d'aller où bon te semble

Tu es libre de confier aux vagues

Tes poèmes

Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".

.

Je suis resté près de toi

Dans le soleil du soir

Il faisait si doux que la tristesse

A glissé sur ma peau comme une caresse

.

Je suis rentré à la maison

J'ai cherché dans un vieux carton tes photos

Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".

.

Tu es jeune

Tu es belle

Tu ris à la vie

.

Tu es ressuscitée

Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
Aline Wacrenier. "Je suis ressuscitée".
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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 09:20

2013_0615enfance0001.JPG

Photo retrouvée au hasard de rangements... Photo un peu troublée... 

Deux garçons devant une tente, deux louveteaux qui sourient à l'objectif, deux frères dont les genoux se touchent et qui semblent proches.

Il ne faut pas croire ce que racontent les images. Les frères ne s'entendent pas. Il y a le premier, le brun, le loup, celui qui a reçu tous les dons des bonnes fées. Il y a le cadet le blond, celui qui rêve d'être ailleurs, dans une autre famille, dans un autre temps.

C'est moi. Je me rappelle. J'ai tout haï de cette époque. Les tentes et la promiscuité, les fourmis qu'il fallait balayer sur le tapis de sol, les jeux de piste interminables et idiots, les tinettes à creuser dans la terre, les ordres et les prières. Déjà je ne savais pas nouer mon foulard, déjà je savais que je ne serais jamais soldat. Combien d'années après j'ai la même haine intacte de tout ce qui ressemble à un enrégimentement.

Image de solitude et de tristesse. Je me regarde et je sais qu'à ce moment précis, j'aurais aimé quiconque m'aurait pris dans ses bras.

2013_0615enfance0006.JPG

Autre image quelques années plus tôt.

Raphaël Mischkind, photographe déjà connu et ami de mon père est invité à la maison. Il offre de photographier un des quatre enfants en guise de remerciement. C'est Loup qui est proposé par mon père mais c'est moi que choisit le photographe. Il a eu tort, l'aîné a plus de caractère et par l'intensité de son regard exalte le talent du photographe ou du peintre.

Photo posée, photo artificielle d'un gosse pour catalogue. On m'habille d'une chemise blanche, on me coiffe comme un angelot de guimauve. 

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Bien des années plus tard... à Berck, place de l'Entonnoir. Les trois frères accompagnent leur grand-mère au retour de la plage.

Nous avons les même sandales bizarres.

Je revois le grand sac de cuir vert. Ma grand-mère, Manguite, en sortait les fruits et les biscuits qu'elle nous donnait après le bain. Il y avait quand elle l'ouvrait une odeur de prune chaude. Je revois son collier de perles oblongues et nacrées. Son amour était rude mais rassurant. Je l'ai aimée plus que ma mère.

2013_0615enfance0010.JPG

Loup porte le cerf volant. C'est le privilège de l'aîné. 

2013_0615enfance0013.JPG

La communion solennelle.

J'ai le souvenir d'un jour de peur.

J'avais peur d'être ridicule, étant le seul garçon à ne pas porter de pantalon.

J'avais peur d'être foudroyé au moment de recevoir l'hostie tant je me sentais indigne. Je cachais tous mes désirs et toutes mes révoltes. Je croyais alors que Dieu les voyait et les condamnait.

Sur cette photo, ne restent vivants que ma mère et moi. Ces adultes vêtus de noir qui marchent d'un pas décidé semblent porter les couleurs du deuil et accompagner un convoi funéraire.

2013_0615enfance0019.JPG

 

Dans le jardin du boulevard Vauban, chez les grands-parents. Loup et moi sommes deux gros poupons.

Nous entendions-nous alors? Sentions-nous couler dans nos veines le même sang? 

Loup a réussi son suicide et j'ai loupé le mien. Nous n'avons jamais parlé, nous ne sommes jamais connus. Restent les photos illusoires.

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Liens: 

Maman. Photos de jeunesse.

Maman. Photos d'enfance...

Jean Loup Wacrenier. Le crucifié.

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 16:25

 

27-mai-annif-006.JPG

C'est un gâteau d'anniversaire improvisé...

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91 ans...

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1921 à Calais. J'imagine qu'on entendait les mouettes et les goélands...

On entendait la mer...

Les villes de la côte d'opale ont la tête dans les nuages et les pieds dans le sable. Calais bouge avec les marées. Le beffroi de briques essaye en vain de la clouer sur le sol. 

27-mai-annif-010.JPG

On lui a raconté quand elle a eu l'âge de comprendre les adultes que le 27 mai, le jour de sa naissance, son père, son dieu, avait dit en la voyant :

"Encore une fille! Et en plus elle brait comme un âne".

27-mai-annif-011.JPG

Est-ce une de ces blessures qui l'ont empêchée de grandir, de ne pas rester l'enfant qui quête un regard d'amour, un geste de tendresse?

maman-oleron-021-copie-1.JPG

Elle ne grandit pas, elle ne vieillit pas. C'est son corps qui vieillit, tout seul.

Elle voudrait être l'enfant de ses enfants. 

Elle est l'enfant de ses enfants

Une enfant de 91 ans

Je te prends dans mes bras. Tu es légère

Si légère que l'âne de la crèche dira un jour en te voyant :

"La jolie petite fille, je vais l'emporter au paradis!".


2009 1222maman0006

 

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27 mai annif 025

                                                               Titou le 27 mai

Maman :

Liens :

Maman à la plage. Eté 2011.

Anniversaire Mère 90 ans.

Poème. mère. anniversaire.

Poème. Mère. Quatre-vingt-dix ans.

Maman Titou Nicole et moi. 20 novembre

Maman et Minouche. Photos.

Maman. Photos d'enfance...

Anniversaire maman. 89 ans.

Maman. Photos de jeunesse.

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 08:00

2011_1205maman-jeune0005.JPG

C'est une des photos que je préfère.

Celle de l'âge des possibles, de tous les rêves, de tous les amours...

Et pourtant un de ces amours, présent sur la photo, va bientôt disparaître.

2011_1205maman-jeune0009.JPG

Hiris, la petite chienne.

Mon grand-père l'avait choisie pour l'accompagner à la chasse. Malgré tous les dressages, elle a toujours refusé de se prêter au jeu. Au moindre coup de fusil, elle détalait et s'aplatissait sous les buissons.

Hiris aimait ma mère. Elle avait choisi son camp. Quand ma mère a commencé à fréquenter mon père, elle est devenue triste.

Quelques jours avant le mariage, elle a profité d'une porte ouverte pour s'enfuir.

Un char allemand l'a écrasée.

2011_1205maman-jeune0007.JPG

il y avait aussi un chat, Frimousset.

Il avait une spécialité... Il se perchait sur une armoire, sous un fauteuil, derrière les rideaux, à l'heure où l'on fermait portes et fenêtres pour la nuit.

On l'appelait, on le recherchait dans le jardin, on insistait, on s'inquiétait.

Frimousset, heureux d'être le centre du monde, ronronnait d'aise.

C'est ce ronron qui a fini par le trahir.

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Dans le jardin de la maison d'Arras...

La grande maison du boulevard Vauban. Pendant la guerre la famille en a été chassée et les Allemands y ont installé leurs officiers.

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Dans l'exode vers le sud, ma mère n'a eu le droit d'emporter qu'une seule valise. Une valise si lourde que chacun s'en est étonné.

Arrivés à Marseille, on l'a ouverte et on n'y a trouvé que des lettres !

Le garçon que ma mère fréquentait alors était poète et un peu baratineur.

Il avait la plume prolixe!

Je devrais me méfier, c'était mon père.

 

2011 1205maman-jeune0014

Chez ses grands parents... Elle ignore alors que plus tard, elle vivra à Paris.

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Le goût des plages immenses et de la mer...

 Bien que fille d'un Marseillais, elle est née à Calais, elle a passé tous ses étés d'enfant et de jeune fille sur la Côte d'Opale... et elle nous a transmis cette attirance pour les mers sans limites et pour les marées... 

2011_1205maman-jeune0006.JPG

La photo est trouble, ce n'est pas Doisneau qui l'a faite... Heureusement d'ailleurs, car comme chacun sait, le fameux "baiser de l'Hôtel de Ville" est un faux. Un baiser de comédiens.

Les années sont passées sur ce baiser-là.

Lourdement.

Avec leurs souliers ferrés.

Mais aujourd'hui, ce baiser tremblant, je veux penser que c'est de lui que nous sommes nés, mes trois soeurs, mes trois frères et moi...

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Liens :

Anniversaire Mère 90 ans.

Maman. Photos d'enfance...

Poème. mère. anniversaire.

Poème. Mère. Quatre-vingt-dix ans.

Anniversaire maman. 89 ans.

Poème. Ma mère (3) Anniversaire.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 10:00

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Pour le calendrier 2012, il me faut des photos de Nini ! Allons-y pour une séance de pose....

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Nini et sa copine Betty. 

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Les cadeaux de l'avent sont déjà exposés...

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Sous le regard du prince Qadjar, Nini s'apprête à gravir l'escalier. Ce qu'elle fait à peu près 365 fois par jour, du salon au gynécée et du gynécée au salon...

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Il y a toujours un bijou à changer, un parfum à vaporiser, un petit contrôle de routine...

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Une pause dans la salle de bains privée où il m'est interdit ou presque de pénétrer... 

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Devant le petit peuple de nos marionnettes, immigrées sans papiers des pays où nous les avons trouvées...

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La menorah, Betty Boop, la lumière et Nini

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Petit assoupissement dans mon bureau que Nini refuse d'appeler ainsi. Ce n'est pas ton bureau, c'est chez moi! (elle dit souvent, c'est chez Bentafat, l'ancien occupant des lieux, un voisin adorable qui nous offrait des oranges).

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C'est encore dans mon bureau...

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Et encore...  Mes deux femmes... Titiche en haut, peinte d'après une photo prise dans le laurier d'Oléron...

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Ce n'est qu'un petit échantillon.... Qu'importe l'ivresse pourvu qu'on ait les flacons !

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Dialogue amoureux et intéressé (de la part de Titiche)

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Voilà deux petits museaux faits pour les bisous !

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Liens : Poème d'amour. Anniversaire de Nicole. Amour Brûlant.

Poème: Petite Juive.

poème amour. Anniversaire de Nini

Nicole Wacrenier en peinture!

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 16:10

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Dimanche 20 novembre

C'est un beau dimanche d'automne comme Paris sait en créer parfois. Ciel bleu à peine voilé, feuillages roux, Parisiens décontractés et souriants.

Eh oui ! Il faut croire qu'ils ont tous vu le film de Guédiguian "Les Neiges du Kilimandjaro" et que ça leur a donné le moral pour toute la semaine !

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Titou ne va pas au cinéma mais il a toujours le moral.

Il a décidé que tous les humains étaient bons et il porte à chacun d'eux une attention bienveillante et curieuse. Et puis il commence à vivre une histoire d'amour avec cette Dame qui l'a recueilli et dont tous les gestes sont doux et tendres.

Parfois il ne comprend pas pourquoi elle l'appelle Minouche et parle de lui au féminin.

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Rassure-toi Titou, ce n'est pas grave ! Moi j'ai parfois été appelé "Black" par ma mère, quand ce n'était pas "Flash" ou "Bassoum".

Black et Bassoum des chiens jamais oubliés, Flash et Minouche, des chats inoubliables...

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Après le repas, maman a voulu sortir.

Nous sommes allés dans le petit square des Haies, à côté de chez elle.

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Un peu de soleil, un peu d'amour... et voilà...

Elle marche d'un bon pas, sans hésiter et sans trembler, elle est prête à gravir l'Annapurna!

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Elle qui a si peur de marcher seule, voilà qu'elle lâche nos bras et part à vive allure...

Elle est fière, elle est heureuse, c'est elle l'enfant qui joue sous le regard de ses parents!

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Dans l'enclos réservé aux petits des écoles, elle s'asseoit sur un banc et s'exclame !

Le banc est encore trempé de rosée ! 

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Vite ! Un autre banc au soleil !

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Quelques minutes rares qui tiennent pour un instant  toutes les douleurs et tous les deuils à distance. 

Petite balade avec ma mère de 90 ans et ma femme qui ne connaît plus son âge depuis qu'elle a eu 20 ans...

Banalité d'un dimanche de novembre, unique et précieux et fragile comme la vie.

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"Les feuilles

Qu'on foule

Un train

Qui roule

La vie

S'écoule"

 

...et je t'aime.

 

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Liens: maman:

Maman à la plage. Eté 2011.

Anniversaire Mère 90 ans.

Maman. Photos d'enfance...

etc...

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 07:25

maman-oleron-004.JPG

A quoi pense-t-elle devant la mer? Sur cette plage où elle n'était pas revenue depuis plus de dix ans... 

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Au bras de sa fille elle marche.

Elle qui ne pouvait presque plus bouger, elle marche...

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Elle marche vers l'océan qu'elle aime...

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Elle est l'enfant qui courait sur les plages du nord...

Elle est la jeune femme qui se baignait dans les vagues...

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Elle est la mère de famille qui surveillait ses petits...

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Elle est la femme âgée, déjà... 90 ans et 4 mois...

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Et voilà qu'elle touche l'écume...

Voilà qu'une fois encore elle sent sous ses pas la fraîcheur salée de la mer

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Elle sourit. Elle est heureuse. Elle sait.

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Elle sait qu'un jour avec la marée descendante, elle partira...

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Et moi je sais qu'avec la marée montante, elle reviendra...

 

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 Liens maman :

Anniversaire Mère 90 ans.

Poème chat. Mort de Minouche.

Maman et Minouche. Photos.

Maman. Photos d'enfance...

Poème. mère. anniversaire.

Poème. Mère. Quatre-vingt-dix ans.

Anniversaire maman. 89 ans.

Poème. Ma mère. Mots secrets.

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 09:25

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Un dimanche de printemps, quatre générations et un chat sont réunis dans un jardin près de Paris.

C'est pour fêter les 90 ans d'une mère, grand-mère, arrière-grand-mère...

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Sous le regard attentif de Lola qui malgré son petit air modeste apprécie moyennement l'invasion de son domaine.

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C'est le moment d'en griller une et de faire la nique aux anti fumeurs...

Ma mère se promène dans le monde avec une petite fumée au-dessus de la tête. 

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Lola s'installe sur un transat, histoire de rappeler qu'elle est chez elle. 

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Pas de discours, pas de grandes phrases... L'affection se dit dans la banalité comme pour ne pas peser, ne pas en rajouter. 

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Lola fait sa toilette. Elle ne pense pas au temps qui passe. Elle ne sait pas qu'elle a, dans son univers de chat, un âge pas très éloigné de celui de l'héroïne de la fête.  Les chats ne font pas tant d'histoires. 

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On souffle sur les bougies. Peu de spectateurs attentifs en ce moment crucial! De vieux amis de toujours, quelques enfants... Les autres vivent leur vie aux quatre coins du jardin

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90 roses... Nous ne sommes pas loin de la roseraie de l'Haÿe.  A quelques dizaines de mètres!

Donc il y a encore pour toi, ma mère une bonne réserve d'années! 

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Il paraît que Lola a sept vies... Plusieurs roseraies...

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Pas d'anniversaire sans cadeaux. Mais le plus beau cadeau, celui qui manque le plus dans notre monde de tapoteurs d'internet, c'est la tendresse...

La tendresse que tu réclames, maman, et qu'il nous est si difficile de donner. Nous les aînés, sommes des handicapés de la tendresse. Pourquoi?

Ce n'est pas le bon jour pour se poser la question.

90-ans-029.JPG 

Lola sait ce que c'est... Elle en est tout ensoleillée...

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Le bonheur de ma mère ce sont ses petits enfants. Le lourd passé s'allège grâce à eux. 

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Bon! Certains invités s'en vont... 

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Et voilà... C'est une belle après midi qui s'achève...

Derrière les sourires et les regards de chacun, tant d'images, tant de rêves, de déceptions parfois...

Mais ce n'est pas en famille qu'on les dit. J'ai aperçu mes neveux et mes nièces. Ils sont beaux. J'ai pensé à un recueil de Supervielle: Les Amis Inconnus.

Voilà, c'est ça... Les Neveux Inconnus... 

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Mon petit frère ma petite soeur... un peu moins inconnus

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A l'année prochaine! A dans dix ans! Dans vingt ans (c'est moins sûr)!

A la prochaine occasion de tenter de se dire sans le dire que l'on s'aime!

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Minouche sait le dire... elle attend le retour de sa maîtresse pour ronronner contre son coeur...

 

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Coeur tremblant

 

Dans un jardin de la banlieue

Où dort un chat sur l'herbe bleue

Combien de gens sont réunis

combien d'oiseaux pour un seul nid

 

Dans son fauteuil au beau milieu

Une femme a le coeur tremblant

Devant les bougies redoublant

Leur feu dans le tain de ses yeux

 

Une femme avec ses enfants

Et les enfants de ses enfants

Se dit qu'il n'est pas déplaisant

De fêter quatre-vingt-dix ans

 

C'est ainsi que la vie est faite

Après les deuils et les défaites

Pour une heure ou deux on s'arrête

On descend de notre charrette

 

C'est un moment d'éternité

C'est un caillou jeté en l'air

Un caillou qui semble hésiter

Suspendu entre ciel et terre

 

Je t'aime au fond et c'est assez

Pour ne plus penser au passé

Pour oublier l'enfant cassé

Qui tant rêvait d'être embrassé

 

Je t'aime au fond et c'est pourquoi

Je n'espère plus rien de toi

Vis cent dix ans et des poussières

Ne va jamais au cimetière

 

Je t'aime au fond et je te dois

D'être vivant et amoureux

De tracer avec un seul doigt

Un coeur sur le sol poussiéreux

 

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   Liens : Mère

  Poème: Celle qui n'a jamais pleuré.

  Poème. Mère. Quatre-vingt-dix ans.

Anniversaire maman. 89 ans.

Poème. Ma mère (2)

Poème. Ma mère. Mots secrets.

poème. A ma mère.

Maman et Minouche. Photos.

Maman. Photos d'enfance...

 

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 17:25

2010 1224marianne0002

Lycée d'Arras. un jour de février glacé. Tout est gris : les pierres, la cour, les arbres, les blouses des pensionnaires rangés devant la porte de la cantine. 

Je suis prisonnier dans cette ancienne caserne, à deux cents kilomètres de ma famille. Le pion me fait signe de me hâter. Il regarde sa montre. Je suis le dernier, comme d'habitude. 

Alors que j'arrive en traînant les pieds, les garçons se tournent vers moi et chantent à tue-tête : "Mari... Mari... Marianne  -  Prends garde à toi Marianne -  Plus l'homme est poli, jolie Marianne -  Moins il se conduit comme un gentleman"...

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Le pion qui sera chassé deux mois plus tard pour pédophilie, s'approche de moi et me serre la main : "Ton père a téléphoné ce matin. Tu as une nouvelle petite soeur. elle s'appelle Marianne..."

...Tous mes condisciples avaient décidé comme un seul homme de beugler, à la manière des adolescents, le refrain des Compagnons de la Chanson, très en vogue alors.

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Une petite soeur! Un cadeau plus grand que ma vie triste, plus grand que le dortoir de soixante lits! Une petite soeur, en plein hiver! 

Me manquaient cruellement mes deux soeurs auxquelles je pensais pendant les cours en griffonnant pour elles des dessins maladroits... Et maintenant, une troisième petite soeur déboulait dans ma vie!

J'étais heureux et souriais comme un benêt, tout en sentant bouger en moi une révolte... J'étais loin de ce bébé dont je ne verrais pas les premiers sourires...

2010 1224marianne0004

Quand je suis revenu vivre à la maison, le bébé avait deux ans. Il était mal tombé dans cette famille-là, mais tombe-t-on jamais bien?

Pourtant, Marianne n'était que douceur et sourire. Elle aimait chacun, admirait chacun, croyait chacun. Des années de présence douce...

Parfois, apeurée devant une colère qu'elle ne comprenait pas ou une phrase coupante, elle se réfugiait dans sa cachette comme un animal dans son terrier

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Je me rappelle comme si c'était hier, le moment où il fallait dormir. Elle devait gagner son lit avant nous. Elle nous appelait alors, l'un ou l'autre, l'un et l'autre, les uns et les autres... à tour de rôle... et elle nous réclamait dix baisers sur les joues. A droite, à gauche, à droite...

Et quand les dix baisers avaient été donnés, elle en réclamait dix autres... On commençait à perdre patience quand on arrivait à quarante!

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Et pourtant... j'ai le souvenir précis de son parfum de petite fille, de la douceur de ses joues, de sa chaleur... j'ai tout gardé, comme un soleil de poche, que je ressors les jours sinistres et que je promène sur mes joues, à droite, à gauche, à droite...

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Le premier disque que mon père m'ait offert était un album des Compagnons de la chanson : "Elle va mourir la mamma"...

Je n'ai jamais compris comment Marianne qui savait juste parler, avait retenu toutes les paroles de la chanson qu'elle débitait avec d'autant plus de plaisir que nous en étions amusés et réjouis...

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 j'ai quitté la maison, je suis allé le plus loin possible, comme un rescapé s'enfuit du lieu de la catastrophe. J'ai perdu de vue cette petite soeur qui était alors au lycée. Je n'ai rien deviné de ce qu'elle vivait et des coups en plein coeur.

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Celle qu'elle est devenue plus tard, l'amoureuse, la mère attentive et fière, la femme de coeur à l'écoute des autres... il ne m'appartient pas d'en parler. Je ne l'ai pas assez connue. Je sais que son bonheur, comme tous les vrais bonheurs était parfois secoué par les orages...

Je sais que je rêvais de me rapprocher d'elle, comme un imbécile qui remet toujours à demain l'essentiel, le nez dans son agenda aux pages noircies de rendez-vous inutiles. 

J'ai gardé le grand livre des oiseaux qu'elle m'a offert après avoir passé quelques jours, pour son voyage de noces, dans mon appartement berckois.

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Depuis cette nuit de Noël où elle est morte, je ne peux plus entendre chanter un oiseau sans penser à elle.

 

                                                                    Liens :
                                                      Poème. Ma petite soeur de Noël.
                                                    Poème: Petite soeur au cimetière.
                                                      Poème. Mort de ma petite soeur.
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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 09:30

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Il y a un an commençait la passion de mon père. Elle allait durer trois mois. Disparition dans la nuit...déménagement...chute et fracture...agonie.

J'ai reçu hier cette lettre de ma petite soeur Sylvie. C'est une lettre en croix. Une croix d'ébène incrustée de nacre, comme celle qui veilla sur les dernières années de mon père.

Avec l"agrément de Sylvie, je la publie aujourd'hui, en ce temps de Toussaint où le soleil tente vainement de passer les nuages.

 

Lettre de Sylvie

 

Instant volé

 

Je cherche à débusquer en moi l'endroit où j'ai si mal. Le mal à vivre, le mal à dire, le mal d'écrire de ce point-là, enfoui en moi et qui use mes os. Tenir debout, avancer, marcher pas à pas, sanglot après sanglot, depuis ce mois de janvier où tu as décidé de t'en aller pour de vrai.

Pour moi, le départ se passe le samedi 30 janvier et mon corps tout entier se souvient de chaque instant. J'ai cru mourir et je n'avais pas peur, mais la douleur a pénétré si fort dans mon coeur que les battements se sont emballés et que la tension qui monte ne s'arrête plus de déglinguer ma respiration. J'étouffe des silences que tu m'as imposés. J'ai perdu mes mots, l'envie de partager et de rire. Pas un jour, pas une heure sans que ma marche ne titube.

C'était ce jour-là de ce mois de janvier où le téléphone a sonné. Un frère, loin de la ville où je tente d'habiter, dit simplement : "Papa est à l'hôpital. Ils ne feront rien pour le réanimer. C'est la fin."

J'ai couru, j'ai sauté dans un train, seule, si seule et si proche de toi. Je me suis assise comme une somnambule en retenant mes larmes. J'arrive Papa, j'arrive. Attends-moi, s'il-te-plaît, encore un instant.

Je regarde ma montre. Je n'avais jamais remarqué combien les aiguilles tournaient lentement. A 15 heures, j'appelle ma petite Emilie, la fille de ma soeur mal chérie et partie avant même que je ne lui aie murmuré à l'oreille tous les mots de l'enfance (...)

Emilie! Je suis dans le train pour Paris! Papa est à l'hôpital. Il va mal!

-Sylvie... Il est mort...

Je ne sais comment s'est passé le reste du voyage mais si Dieu existe, il m'a envoyé un signe. Jamais je n'ai vu un ciel aussi beau, des nuages blancs comme la neige au soleil et soudain un nuage noir, profond, obscurcissant le monde. Je n'ai rien perdu de ces toutes petites secondes... 

Gare de Lyon. Le monde. Le bruit. Mes pas titubants jusqu'au RER emprunté si souvent pour venir jusqu'à toi. Et ces aiguilles du temps qui ne tournent pas rond... Pourtant je suis calme, étrangement calme. Est-ce la douleur qui paralyse?

Les stations défilent. Les gens me regardent bizarrement. Je m'aperçois que les larmes mouillent mon visage.

Arrivée Massy. Arrivée?

Je suis arrivée trop tard. même si je le savais, je le mesure à cet instant précis. J'entre dans ta chambre. Je ne vois rien ni personne. Je ne vois que toi, toujours aussi beau. je pose les mains sur drap. j'ai peur papa.

Je suis seule. Je soulève le drap pour tenir entre mes mains tes si belles mains, si chaudes encore. Je te parle. Je prie parce que rien d'autre que la prière ne vient jusqu'à mes lèvres: Je vous salue Marie, accueillez aujourd'hui Louis, mon papa qui a toujours été si près de vous, protégez-le du vent et du froid, serrez-le dans vos bras, emportez-le jusqu'à Dieu le père tout puissant, pour qu'il se repose enfin, en paix. Il a payé si cher, si fort, sa venue sur la Terre. bercez-le tendrement, Marie, amenez-le là où la douceur, les couleurs vont lui permettre de dormir et de veiller sur ceux qui l'ont accompagné. Je vous salue Marie, je vous confie mon papa, pardonnez-lui Marie tout ce qu'il n'a pas dit, pas fait, emportez-le au chaud, près de votre Seigneur.

Je l'ai embrassé doucement.

J'ai quitté la chambre où il n'était plus...

Le temps a passé!

Comme les aiguilles continuent de tourner lentement!

Un matin je me suis réveillée, épuisée, cassée par l'arthrose, par la tension qui continuait de monter dangereusement. Et j'ai pensé au poète Edgar Poe, à la Lettre Volée. j'ai pensé à Lacan, à Derrida qui avaient repris cette nouvelle. J'ai compris! 

Ce n'est pas une lettre qu'on m'a volée! C'est ta mort! c'est cet instant précis dont je me suis sentie dépossédée.

J'ai beaucoup réfléchi depuis, je me suis souvenue des nuages, et comme la lettre volée bien en évidence pour qui sait regarder, j'ai vécu cet instant avec toi papa, et avec mon grand frère!

J'en ai pour preuve un texte écrit quelques jours après ton départ. Il s'appelle "chanson pour Sylvie" et il me disait: la lettre n'a pas été volée, cet instant ne t'a pas été volé, petite, tu l'avais devant toi mais tu ne le voyais pas.!

Alors pourquoi cet endroit que je ne trouve pas? Cette douleur que je n'identifie pas? Ce silence entré en moi qui ne désarme pas? Que me faut-il parcourir encore pour le trouver, cet endroit?

Je sais que jamais je n'y arriverai. Car cet endroit s'appelle LE MANQUE, L'ABSENCE. 

Le chemin, aujourd'hui, c'est de laisser ce manque en moi naviguer, danser, chanter, parce que j'ai eu cette chance de te rencontrer, de t'aimer, d'être aimée, et maintenant je vais l'apprivoiser cet endroit-là qui est en moi.

Même si c'est long, très long, trop long, quelle chance d'avoir connu cet endroit-là!

 

 

Sylvie.

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Lien.  Poème. Chanson de Sylvie.

 

 

 

....

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