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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 20:24

Nous arrivons dans la dernière partie de l'avenue, celle qui file après un tournant vers la rue Caulaincourt. Après la villa Léandre, le 26 est une maison originale avec grandes surfaces vitrées.

le 26

le 26

L'immeuble harmonieux et audacieux a pour architecte Adolphe Thiers (ne pas confondre avec l'autre, le massacreur de 1871!).

Nous aurons l'occasion de le rencontrer plusieurs fois dans l'avenue. Les immeubles les plus intéressants sont ses oeuvres!

Le 28 côté Junot
Le 28 côté Junot

Le 28 côté Junot

Côté rue Simon Dereure) Bas-relief, le sculpteur au travail.

Côté rue Simon Dereure) Bas-relief, le sculpteur au travail.

Le 28 est de lui!

C'est le seul immeuble, avec la maison d'Adolf Loos à être classé "monument historique". Ce qui est mystérieux, avouons-le! Toutes les réalisations de Thiers devraient l'être!

Flore (Louis Lejeune). Photo blog Nitescences.

Flore (Louis Lejeune). Photo blog Nitescences.

Il a été construit en 1927 pour le sculpteur Louis Lejeune alors en pleine activité.

Louis Lejeune se double d'un humaniste soucieux d'aider les artistes et il défend le projet de construction sur le maquis de la rue Ordener d'une "Cité" aux loyers modérés réservée aux créateurs.

Cité "Montmartre aux Artistes" rue Ordener (photo Structurae)

Cité "Montmartre aux Artistes" rue Ordener (photo Structurae)

Nous consacrerons des articles à cette cité : "Montmartre aux artistes"

C'est un endroit exceptionnel dont l'architecte, choisi par Louis Lejeune n'est autre que notre Adolphe Thiers.

Claude Nougaro au 28 (photo Ginies 1952)

Claude Nougaro au 28 (photo Ginies 1952)

Lejeune aurait été heureux d'apprendre que sa maison serait un jour la propriété d'un artiste aux dons multiples, poète, musicien, chanteur, dessinateur... Claude Nougaro!

Claude Nougaro (photo Claude Delorme)

Claude Nougaro (photo Claude Delorme)

Nougaro y vécut des années. Il appréciait Montmartre et fréquentait en voisin le Lapin Agile.

Il dut à contrecoeur abandonner son domaine montmartrois quand les créanciers lui tombèrent sur le dos. Le succès foudroyant de Nougayork vint trop tard remettre à flot celui qui des années après sa mort continue de pulser son énergie et sa sensibilité à fleur de peau...

Pour moi, l'avenue Junot c'est l'avenue Nougaro!

Le 30.

Le 30.

Avenue Junot (3). Montmartre. Du 26 à la fin. Clouzot. Lucienne boyer. Nougaro...
Avenue Junot (3). Montmartre. Du 26 à la fin. Clouzot. Lucienne boyer. Nougaro...
Avenue Junot (3). Montmartre. Du 26 à la fin. Clouzot. Lucienne boyer. Nougaro...
Photos du 36

Photos du 36

Le 36 étonamment moderne avec ses grandes baies vitrées et ses volumes cubistes est encore une réalisation d'Adolphe Thiers, la dernière de l'avenue, hélas

Le 35. Son architecte a laissé son nom qur la façade : Dargent 1931.

Le 35. Son architecte a laissé son nom qur la façade : Dargent 1931.

Le 37.

Le 37.

Le 39 aujourd'hui et hier.
Le 39 aujourd'hui et hier.

Le 39 aujourd'hui et hier.

Suzy Delair et Pierre Fresnay (l'assassin habite au 21)
Suzy Delair et Pierre Fresnay (l'assassin habite au 21)

Le 39...encore un numéro qui a son importance dans la riche histoire cinématographique de la Butte.

L'ancien hôtel Alsina servi en effet de décor en 1941 au film de Clouzot "l'assassin habite au 21".

Il fallut bien sûr changer la plaque! L'hôtel devint la pension "les mimosas".

Avenue Junot (3). Montmartre. Du 26 à la fin. Clouzot. Lucienne boyer. Nougaro...
Léaud et Harry Max dans Baisers Volés.
Léaud et Harry Max dans Baisers Volés.

Deux ans plus tôt en 1968, on le reconnait dans le film de Truffaut "Baisers Volés". Antoine Doisnel (Jean-Pierre Léaud) veilleur de nuit y reçoit la visite du détective. Les escaliers qui longent l'hôtel, rue Juste Métivier servent également de décor à une des scènes du film.

Le 39

Le 39

Avenue Junot (3). Montmartre. Du 26 à la fin. Clouzot. Lucienne boyer. Nougaro...

Edith (Piaf qui eut plusieurs adresses à Montmartre) y loua une chambre à l'année et c'est là qu'il lui arrivait de recevoir Yves Montand ( mais Chutt!!!! ne jouons pas les colporteurs de ragots!)

Dans le même immeuble mais au 41, une triste vitrine ne peut nous laisser deviner qu'il y eut à cette adresse le cabaret "Chez elle".

Le 41

Le 41

Celle qu'on surnommait "la Dame en bleu" ouvrit son établissement avec Van Parys au piano, en 1940, pendant les années noires.

Le cabaret qui se voulait différent des autres et plus intime, une "bonbonnière" disait la dame, portait, apposé sur sa façade un écriteau : "Interdit aux Juifs".

La chose n'était pas rare dans le Paris vichyssois mais elle peut surprendre quand on sait que la "patronne" n'était autre que Lucienne Boyer et qu'un an avant l'ouverture de son cabaret, elle avait épousé Jacques Pills qui était juif.

"Chez nous"! et non pas "Chez elle"!

"Chez nous"! et non pas "Chez elle"!

L'immortelle interprète de "Parlez-moi d'amour" avait-elle voulu par cette ruse détourner l'attention des autorités qui faisaient la chasse aux Juifs et protéger son mari?

C'est ce qu'elle a affirmé après guerre.

Modiano fait allusion à elle, pendant l'année 1942, dans "Livret de famille" :

Ce soir-là, Lucienne Boyer se produisait en vedette, et juste avant qu'on annonçât la nouvelle année, elle a chanté une chanson interdite, parce que l'un de ses auteurs était juif :

"Parlez-moi d'amour... Redites-moi... Des choses tendres..."

Cette audace de la chanteuse plaide en sa faveur et rend plus crédible la raison qu'elle donna d'avoir apposé le fameux écriteau sur son établissement.

Lucienne Boyer en 1940. (studio Harcourt)

Lucienne Boyer en 1940. (studio Harcourt)

Lucienne Boyer. Le Clair de Terre de Guy Gilles. Au 1er plan Patrick Jouané.
Lucienne Boyer. Le Clair de Terre de Guy Gilles. Au 1er plan Patrick Jouané.

Guy Gilles (Juif lui même) n'en douta pas, lui qui l'invita dans son film bouleversant "le Clair de Terre" où elle joua son propre rôle de chanteuse.

Les 45 et 47.

Les 45 et 47.

Les derniers immeubles de la rue ressemblent à ceux de la rue Caulaincourt. Ils ont été élevés dans les mêmes années. Ce sont des constructions de style composite post-hausmannien. Ils n'ont pas l'originalité des maisons art-déco de Thiers.

Le 49

Le 49

Le 49. Cage d'escalier originale en façade.

Le 49. Cage d'escalier originale en façade.

Dernier immeuble côté impair.

Dernier immeuble côté impair.

L'avenue Junot qui avait cédé sa première partie à l'impasse Girardon se rattrape en fin de parcours en ne comptant plus que des numéros pairs jusqu'à la place Constantin Pecqueur.

Le 40, signé Griès frères 1910.

Le 40, signé Griès frères 1910.

Le 42 et la place Constantin Pecqueur.

Le 42 et la place Constantin Pecqueur.

Avenue Junot (3). Montmartre. Du 26 à la fin. Clouzot. Lucienne boyer. Nougaro...
Avenue Junot (3). Montmartre. Du 26 à la fin. Clouzot. Lucienne boyer. Nougaro...
D'une banque à l'autre!

D'une banque à l'autre!

Arrivé à cet endroit vous pouvez vous intéresser au square Joël Le Tac où est érigé le monument à Steinlen, à la rue Caulaincourt ou à la statue d'Eugène Carrière

Vous n'aurez que l'embarras du choix.. Montmartre a des trésors inépuisables qu'il offre aux promeneurs, aux curieux et aux rêveurs...

Avenue Junot. Leprin (1912)

Avenue Junot. Leprin (1912)

Avenue Junot. Percement de l'avenue. Renaudin (1913)

Avenue Junot. Percement de l'avenue. Renaudin (1913)

Avenue Junot. Sous le Blutefin (Galette). Eugène Schlumberger (1912)

Avenue Junot. Sous le Blutefin (Galette). Eugène Schlumberger (1912)

Avenue Junot. Course cycliste. Bruno Emile Laurent.

Avenue Junot. Course cycliste. Bruno Emile Laurent.

Avenue Junot. Maison de Poulbot. Utrillo.

Avenue Junot. Maison de Poulbot. Utrillo.

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commentaires

BAZAS 22/02/2015 19:43

Bjr. Je vais archiver toute votre précieuse documentation sur Montmartre. J'ai habité un peu en dessous, dans le 9ème. Au bout de 40 années de vie parisienne, j'ai voulu retourner à la vie de province. J'ai arpenté Montmartre en long, en large et en travers, du temps où il y avait Bld Clichy, un café-restaurant à l'enseigne "au café du curé" (un café qui était tenu par des religieux, aidés par des bénévoles qui voulaient repêcher les âmes égarées. (le café a fermé en 2002 ) Au fur et à mesure des années, j'ai vu Montmartre se transformer et les cafés de la rue Lepic aligner leurs tables tout le long de la rue. De ma province, les souvenirs de mes déambulations parisiennes me reviennent parfois avec nostalgie. Je ne peux que constater que lorsqu'on a été amoureuse de cette ville, on reste fidèle à ses anciennes amours. Aussi, c'est avec beaucoup de plaisir que je visualise votre blog et vous remercie. Cordialement. Jacqueline.

chriswac 23/02/2015 12:51

Bonjour
Je suis bien d'accord avec vous, Paris est une ville qui ensorcelle même si souvent on la déteste! Je connais bien le 9ème où j'ai longtemps habité. C'est un quartier passionnant avec les hôtels particuliers de la Nouvelle Athènes, l'église des lorettes, la maison de Gustave Moreau etc... j'ai fréquenté le bistrot du curé, à côté de Ste Rita. C'était un endroit chaleureux. Je vous remercie de votre appréciation et je suis heureux de partager avec une parisienne de coeur mes déambulations. J'espère que la province que vous avez choisie vous comble également.
Très cordialement

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